Vendredi 24 février 2012
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Le gouvernement grec mis en place par la « Troïka » - FMI (Fonds Monétaire international ), BCE
( Banque Centrale Européenne ), UE - a accepté et fait voter un nouveau plan d’austérité draconien qui sera – selon les syndicats grecs- « le tombeau de la société
grecque ». La Grèce connaît déjà une récession de 6%, conséquence directe des mesures d’austérité déjà mises en œuvre. La majorité des députés de la coalition au pouvoir, socialistes
et droite, ont accédé aux exigences de la « Troïka ».
Les députés de Syriza (version grecque du Front de gauche ou Die Linke) et le KKE ( Parti Communiste grec) ont
voté contre. Tandis que Syriza rêve d’une Europe sociale dont n’ont jamais voulu les créateurs de l’Europe, les communistes grecs appellent à des élections anticipées mais
préviennent : « il ne peut y avoir d'issue dans les intérêts du peuple dans le cadre du système actuel » ( c’est-à-dire l’Union Européenne)
et appellent les peuples d’Europe à suivre la même voie qu’eux, « celle de la lutte pour les droits de la classe ouvrière et des couches populaires afin de mettre
en échec et de renverser notre ennemi commun, la dictature des monopoles, de l'UE, des partis qui les servent » .
Comme les Grecs, les Portugais, les Espagnols… nombreux sont les Européens qui, malgré les pressions médiatiques et
politiques exercées, rejettent, de fait, les décisions supranationales et dictatoriales de l’UE. Mais les gestionnaires européens du capitalisme veulent imposer leur politique : en
Italie, en Grèce, c’est Bruxelles qui a composé le gouvernement. En France le non à la constitution européenne l’avait emporté largement. Les députés de la majorité et une grande part
des socialistes ont trahi ce vote et validé le traité de Lisbonne. Tout récemment les députés socialistes et écologistes européens ont voté la fameuse règle d’or européenne. Les socialistes
français, élections prochaines obligent, se sont abstenus… L’UE veut ainsi contrôler les politiques nationales.
Se battre contre l’austérité, cela doit commencer par le refus du MES en France (Mécanisme européen de stabilité qui ouvre
la voie au traité Merkel-Sarkozy, la fameuse « règle d’or »). Cette règle d’or budgétaire, inscrite dans les constitutions des Etats européens, permettrait aux institutions
européennes de contrôler les politiques mises en œuvre dans chaque pays et d’imposer ce dont les peuples ne veulent pas : l’austérité et la casse des services publics. Les députés
viennent de voter ce MES. La droite et le nouveau centre ont bien sûr voté pour. Les députés communistes et écologistes ont voté contre. Mais, alors que leurs députés européens
l’avaient voté, 130 députés socialistes se sont abstenus, parmi lesquels P. Bourguignon, L. Fabius, F. Loncle, députés de l’Eure et de la Seine-Maritime et F.Hollande. Seuls 20 ont voté
contre. C’est une véritable trahison car si les socialistes continuent sur cette voie au Sénat le 28 Février, le MES sera voté ! ! ! Sans élus capables de résister à cela,
sans élus capables de dire « Non » aux décisions européennes, la France s’enfoncera dans la crise.
Exigeons des candidats aux présidentielles, aux législatives la promesse de consulter par référendum ( car
il s’agit d’un changement constitutionnel ) le peuple français sur cette « règle d’or », sur ce nouveau traité constitutionnel européen qui priverait les Français de leur pouvoir de
décider.
Pourquoi donc aller voter si le Parlement français n’a plus de pouvoirs ? Il n’y a pas de démocratie sans
souveraineté populaire et nationale. Ce sont ceux qui crient le plus fort « Démocratie ! Démocratie » sur la scène internationale qui la bradent dans leur propre
pays ! Pour eux la démocratie n’a décidément rien à voir avec le pouvoir souverain du peuple.
La CES (Confédération Européenne des syndicats), qui avait appelé à approuver le traité constitutionnel européen, organise
une journée d’action le 29 février, à la veille du Conseil européen « pour dire que « trop c’est trop », les mesures d’austérité ne sont pas la seule réponse à la
crise». Il est grand temps …
Emparons nous de cette initiative – sans illusion concernant la CES - pour dénoncer la politique européenne et ses
ravages.
Faisons du 29 Février une journée de luttes contre les politiques européennes d’austérité et de régression sociale.
Solidairement, avec les Grecs, les Portugais, les Irlandais, les Espagnols …, réclamons l’annulation des dettes, de toutes les dettes, dans chaque pays, et refusons la règle d’or de
l’austérité ! Pas plus en France qu’en Grèce, les peuples ne doivent payer pour les capitalistes.
Seules les luttes coordonnées, rassemblées, peuvent contraindre le pouvoir européen et ses agents nationaux au
recul.
A la veille des élections présidentielles et législatives, rappelons qu’il ne saurait y avoir d’alternative à la politique
actuelle sans rupture avec la logique capitaliste mise en œuvre par l’UE et ses institutions.
Rupture, cela veut dire autre logique, nationalisations et réindustrialisations, coopérations internationales mutuellement
avantageuses et non multinationales prédatrices, davantage de pouvoirs pour ceux qui travaillent et produisent, un Etat au service de tous, la santé et l’éducation prioritaires, des services
publics rénovés et élargis.
C’est la construction du socialisme qui est à l’ordre du jour, en France, en Grèce, au Portugal …
Action Communiste
Le 23 Février 2012
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