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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 12:14

Communiqué de l’AFPS, vendredi 16 juin 2017

Il y a 50 ans le Territoire palestinien et ses habitants découvraient les affres de l’occupation militaire et ses corolaires : exode forcé, emprisonnement, massacre, destruction de villages, confiscation de terre… Il aura fallu plus de 5 mois au Conseil de sécurité des Nations unies pour voter la Résolution 242 affirmant notamment la nécessité du « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit ». Pas plus que les autres résolutions de l’ONU, l’État d’Israël ne respectera la 242.

S’en suivirent 50 années de violations des droits humains, du droit international et des droits nationaux du peuple palestinien : emprisonnements arbitraires, confiscation de terres, entrave à la circulation, vol des richesses naturelles, institution d’un régime d’apartheid, violation du droit au retour, colonisation de peuplement massive… Un objectif clair : rendre la vie des Palestiniens impossible pour les forcer à quitter leur terre et construire un État israélien de la Méditerranée au Jourdain en violation totale de la résolution 273 de l’ONU décidant de l’admission d’Israël aux Nations unies.

S’en suivirent 50 années d’hypocrisie des États occidentaux qui, condamnant avec plus ou moins de vigueur – ou pas - ces exactions, se sont toujours refusés à prendre la moindre sanction qui aurait pu contraindre l’État Israël à respecter le droit international.

Comment s’étonner que pour commémorer ces 50 années d’occupation militaire, et six mois à peine après le vote par le Conseil de sécurité de la résolution 2334 condamnant la colonisation, les autorités israéliennes, aient approuvé ces derniers jours, de nouveaux plans pour la construction de 3 000 logements dans différentes colonies de Cisjordanie, portant le nombre de nouveaux logements approuvés dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est à près de 9 000 pour la seule année 2017. Rappelons que ce sont 650 000 colons, citoyens d’Israël, qui vivent en territoire palestinien, en violation des dispositions de la IVe Convention de Genève qui stipule que « La Puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa population civile dans le territoire occupé par elle ».

Alors ? Combien de rivières de larmes de crocodiles et pendant combien de temps, les dirigeants des États occidentaux vont-ils verser avant d’imposer à Israël le respect du Droit international ? Le Quai d’Orsay continue dans cette ligne, se contentant une fois de plus le 14 juin de condamner les dernières annonces de constructions en Cisjordanie.

Seules des sanctions pourront contraindre Israël à se conformer au droit international. Il est de la responsabilité de la France d’en tirer toutes les conséquences. Elle doit mettre fin à toute relation économique avec la colonisation et peser de tout son poids pour la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Le Bureau national

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 15:02
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 14:10

Publié par El Diablo

Le néonazisme en Europe c’est l’OTAN [par Manlio Dinucci]
Le néonazisme en Europe c’est l’OTAN [par Manlio Dinucci]

Le néonazisme en Europe c’est l’OTAN

L’Ukraine, de fait déjà dans l’Otan, veut à présent y entrer officiellement. Le parlement de Kiev, le 8 juin, a voté majoritairement (276 voix contre 25) un amendement législatif qui rend prioritaire cet objectif. Son admission dans l’Otan ne serait pas qu’un acte formel. La Russie se trouve accusée par l’Otan d’avoir annexé illégalement la Crimée et de conduire des actions militaires contre l’Ukraine.

En conséquence, si l’Ukraine entrait officiellement dans l’Otan, les 29 autres membres de l’Alliance, sur la base de l’Article 5, devraient « assister la partie attaquée en entreprenant l’action jugée nécessaire, utilisation de la force armée comprise ». En d’autres termes, ils devraient entrer en guerre contre la Russie.

Le mérite d’avoir introduit dans la législation ukrainienne l’objectif d’entrer dans l’Otan revient au président du parlement Andriy Parubiy. Co-fondateur en 1991 du Parti national-social ukrainien, sur le modèle du Parti national-socialiste d’Adolf Hitler ; chef des formations paramilitaires néo-nazies, utilisées en 2014 dans le putsch de Place Maïdan, sous direction USA/Otan, et dans le massacre d’Odessa ; chef du Conseil de défense et sécurité nationale qui, avec le Bataillon Azov et d’autres unités néo-nazies, attaque les civils ukrainiens de nationalité russe dans la partie orientale du pays et effectue avec les meutes armées de féroces agressions de militants du Parti communiste, dévastant ses sièges et brûlant les livres dans le plus pur style nazi, alors que ce même Parti va être mis officiellement hors la loi. Voilà qui est Andriy Parubiy qui, en habit de président du parlement ukrainien (charge qui lui a été conférée grâce à ses mérites démocratiques en avril 2016), a été reçu le 5 juin à Montecitorio par la présidente de la Chambre, Laura Boldrini. « L’Italie - a souligné la présidente Boldrini- a toujours condamné l’action illégale opérée au détriment d’une partie du territoire ukrainien ». Elle a ce faisant approuvé la version Otan selon laquelle c’est la Russie qui aurait annexé illégalement la Crimée, ignorant le fait que le choix des Russes de Crimée de se détacher de l’Ukraine et de revenir dans la Russie a été prise pour empêcher d’être attaqués, comme les Russes du Donbass, par les bataillons néo-nazis et les autres forces de Kiev.

 

[...]

Manlio Dinucci

Édition de mardi 13 juin 2017 de il manifesto
https://ilmanifesto.it/e-nato-il-neonazismo-in-europa/
Traduit de l’italien par M-A Patrizio

L'article intégral ci-dessous

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 22:03

INTERVENTION IMPORTANTE DU GROUPE PARLEMENTAIRE DU PARTI COMMUNISTE GREC CONTRE LA TRANSFORMATION DE LA GRECE EN POINT NODAL DE L‘OTAN

Les 15 membres du groupe parlementaire du Parti Communiste Grec ont, d’un bloc, pose une question devant le parlement grec adressée aux ministres de défense nationale et des affaires étrangères concernant le dégagement du pays de toute guerre et intervention impérialiste.

 « QUESTION

Adressée aux ministres de défense nationale et des affaires étrangères

Sujet: Le dégagement du pays de toute guerre et intervention impérialiste.

Les décisions prises au cours des années passées par les gouvernements de Nouvelle Démocratie et du PASOK, ainsi que les décisions récentes du gouvernement SYRIZA-ANEL concernant l’implication de la Grèce aux guerres et aux interventions impérialistes continuent de lancer le pays et le peuple grec dans des opérations risquées et dangereuses.

Le slogan « ni de terre, ni de l’eau aux assassins des peuples » est un slogan scandé par le peuple grec aux fils des ans a l’occasion de la guerre menée par les Etats-Unis, l’OTAN et l’UE contre la Yougoslavie en 1999 et plus tard durant les guerres en Afghanistan, Iraq, Syrie et Libye.   Ce slogan est scandé dans les manifestations populaires partout en Grèce ou notre peuple condamne les décisions gouvernementales permettant la participation des forces armées grecques aux exercices militaires de l'OTAN, ainsi que l'utilisation de la base militaire de Souda et autres bases et état-major se trouvant sur le territoire grec pour promouvoir les plans impérialistes générales.

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 12:34
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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 15:19

C'est curieux : D'après les médias occidentaux et libres ( il faut toujours dire "libre" quand on écrit occidental ), il était hors de question que ce soit Daech qui ait utilisé des armes chimiques en Syrie ...

C'est bizarre, à Alep, d'après les très libres médias occidentaux ( qui n'étaient pas sur place ), c'étaient les Russes et l'armée syrienne qui prenaient les civils en otage.

J'imagine que poser ce genre de question, c'est être complotiste ...

Et en plus c'est sur Sputniknews.

Mais il n'y a pas que Sputniknews à le dire ... On a cherché et trouver plusieurs liens vers des médias occidentaux tous très libres évidemment.  Cela devait être difficile d'attribuer cet usage d'armes chimiques aux Russes ou aux Irakiens.  Et puis les Irakiens sont nos amis depuis que Saddam Hussein a été assassiné et l'Irak livrée aux mercenaires, aux islamistes et aux proconsuls américains à la suite d'un grossier mensonge étatsunien resté impuni jusqu'ici.

Y.G.

 

Mossoul

Les terroristes utilisent pour la 9e fois des armes chimiques à Mossoul

© REUTERS/ Muhammad Hamed

International

Les civils, qui souhaitaient fuir les quartiers de Mossoul occupés par Daech, ont été la cible de bombes au chlore larguées par les terroristes. Il s’agit de la neuvième attaque chimique organisée par Daech en trois ans.

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 00:54

Le mardi 6 juin, à la Mairie du 2e arrondissement, 8, rue de la Banque, une projection du film documentaire Maurice Audin, la Disparition, de François Dermerliac, aura lieu, à 19h, suivie d’un débat. Le samedi 10 juin, à 11h, un dépôt de gerbes aura lieu à la Place Maurice Audin, dans le 5e arrondissement.

 

samedi 27 mai 2017, par 4ACG

 

Il y aura bientôt soixante ans, dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien membre du Parti communiste algérien, était arrêté à Alger par une unité de parachutistes, avant de disparaître à jamais. Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, plusieurs personnalités demandent au nouveau Président de la République de se saisir de ce triste anniversaire pour illustrer son engagement à « prendre des actes forts sur cette période de notre histoire », en faisant en sorte que la vérité historique sur cet assassinat soit enfin connue.

En juin 1957, le jeune et brillant mathématicien qu’était Maurice Audin, engagé pour l’indépendance de l’Algérie, a été assassiné à l’âge de 25 ans par les parachutistes du général Massu chargés officiellement du maintien de l’ordre à Alger. Cet assassinat est intervenu au plus fort de la guerre d’Algérie, en plein cœur de la « Bataille d’Alger », ouverte, le 7 janvier 1957, par la décision des autorités françaises de la IVe République de charger la 10e division parachutiste commandée par le général Massu de maintenir l’ordre dans la ville. Pendant six mois, ces hommes ont pratiqué massivement la torture et les exécutions sommaires. Quelque trois mille Algériens, arrêtés par eux, ont disparu. Le secrétaire général de la police d’Alger, Paul Teitgen, ancien résistant déporté, attaché au refus de la torture, écrivait le 29 mars 1957 dans sa lettre de démission : « Depuis trois mois nous sommes engagés […] dans l’anonymat et l’irresponsabilité qui ne peuvent conduire qu’aux crimes de guerre ».

Maurice Audin n’est jamais réapparu. Pendant cinquante-sept ans, les autorités françaises ont affirmé qu’il s’était évadé. Le 18 juin 2014, après la publication quelques mois plus tôt d’un livre relatant les confidences tardives du général Aussaresses disant que l’ordre de l’assassiner avait été donné par le général Massu, le président François Hollande a publié un message avouant que « Maurice Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention ». Le mensonge d’Etat ainsi reconnu par le président de la République est le plus long de notre histoire contemporaine. Dans le cas de l’affaire Dreyfus, le mensonge d’Etat a duré douze ans. Dans le cas de l’affaire Audin, il a duré cinquante-sept ans, jusqu’à cette reconnaissance. Mais cette reconnaissance d’un mensonge n’a pas encore fait place à l’aveu de la vérité.

Comment Maurice Audin est-il mort ? Si un ordre a été donné de le tuer, qui a donné ou partagé cet ordre ? Dans quel but a-t-il été donné ? Soixante ans après les faits, il est temps que sa veuve, Josette Audin, à qui les pouvoirs politiques français successifs ont menti tout en entravant délibérément le travail de la Justice, connaisse enfin la vérité.

C’est ce que demandent les signataires de cette lettre adressée le 26 mai 2017 au nouveau Président de la République :

Monsieur le Président,

Dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, il y aura juste soixante ans dans quelques jours, Maurice Audin, jeune mathématicien membre du Parti communiste algérien, était arrêté à Alger par une unité de parachutistes. Il disparaîtra à jamais. Jusqu’en 2014, la version officielle, à laquelle personne ne portait crédit, était qu’il s’était évadé.

Le 18 juin 2014, M. François Hollande, votre prédécesseur, a publié un communiqué déclarant : « Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention. » Depuis cette déclaration (évoquée la veille devant son épouse Josette Audin, reçue à l’Élysée), ni ces documents ni ces témoignages ainsi évoqués, pourtant concordants et nombreux selon ce communiqué, n’ont été révélés.

En mars 2014, un appel signé de 171 personnalités et publié par les quotidiens L’Humanité et Mediapart, que nous vous joignons, a demandé qu’il soit enfin dit la vérité sur cette affaire.

De nombreuses questions se posent. Un livre paru en janvier 2014 a fait état de confidences tardives du général Paul Aussaresses peu avant sa mort évoquant un ordre d’assassinat donné par le général Jacques Massu. Qu’en est-il ? Dans ce cas, y a-t-il eu des échanges à ce sujet avec le ministre résidant Robert Lacoste, le commandant en chef de l’armée en Algérie Raoul Salan et certains autres ministres ?

Nous pensons qu’à l’occasion de ce triste soixantième anniversaire, la vérité historique relative à cet assassinat doit enfin être connue. Le 5 mai, devant la rédaction de Mediapart, vous avez déclaré : « De fait, je prendrai des actes forts sur cette période de notre histoire… » Nous pensons donc qu’à cette occasion, en recevant Josette Audin ou en vous exprimant lors des commémorations qui auront lieu à cette occasion, vous pourriez ainsi concrétiser cet engagement.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

Alban Liechti, Agir contre le colonialisme aujourd’hui (ACCA),
Charles Silvestre, Société des Amis de l’Humanité, coordinateur de l’Appel des douze — Henri Alleg, Josette Audin, Simone de Bollardière, Nicole Dreyfus, Noël Favrelière, Gisèle Halimi, Alban Liechti, Madeleine Rebérioux, Laurent Schwartz, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet — du 31 octobre 2000,
Gérard Tronel, Association Maurice Audin,
Nils Anderson, éditeur,
Francis Arzalier, Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (AFASPA),
Raphaëlle Branche, historienne,
Patrick Chamoiseau, écrivain,
Didier Daeninckx, écrivain,
Pierre Daum, journaliste au Monde diplomatique,
Michel Broué, mathématicien,
Laurence De Cock, historienne,
Alain Desjardin, Association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4ACG),
Mathias Enard, écrivain,
Jérôme Ferrari, écrivain,
François Gèze, éditeur, La Découverte,
Pierre Joxe, avocat, ancien parlementaire, ancien ministre, membre honoraire du Conseil constitutionnel,
Mehdi Lallaoui, Au Nom de la Mémoire,
Jean-Pierre Mignard, avocat,
Renée Le Mignot, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP),
Gilles Manceron, historien, Ligue des droits de l’Homme,
Olivier Mongin, directeur de la revue Esprit,
Edgar Morin, sociologue et philosophe,
Michel Parfenov, éditeur, Actes Sud,
Claude Pennetier, chercheur CNRS, directeur du Maitron,
Edwy Plenel, directeur de Mediapart,
Henri Pouillot, Sortir du colonialisme,
Jacques Pradel, Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA),
Alain Ruscio, historien,
Bernard Stephan, directeur de la rédaction de Témoignage Chrétien,
Benjamin Stora, historien,
Raphaël Vahé, Association républicaine des anciens combattants (ARAC),
Françoise Vergès, politologue et historienne,
Cédric Villani, mathématicien, président du jury du Prix Maurice Audin.

Le mardi 6 juin, à la Mairie du 2e arrondissement, 8, rue de la Banque, une projection du film documentaire Maurice Audin, la Disparition, de François Dermerliac, aura lieu, à 19h, suivie d’un débat. Le samedi 10 juin, à 11h, un dépôt de gerbes aura lieu à la Place Maurice Audin, dans le 5e arrondissement.

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/270517/nous-demandons-la-verite-sur-l-affaire-audin-lettre-ouverte-au-president-de

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 21:50

Par Bernard Cassen  |  3 mai 2017  sur Mémoire des luttes

On a souvent comparé la construction européenne à un cycliste : s’il n’avance pas, il se trouve en équilibre instable et il tombe à terre. Les dirigeants des Etats et des institutions de l’Union européenne (UE) doivent en effet donner en permanence aux citoyens des raisons d’être ensemble. C’est même la principale activité de la Commission européenne qui produit à jet continu des projets d’actes législatifs baptisés « avancées ».

Le problème se complique lorsqu’il n’y a pas un, mais 28 cyclistes ne pédalant pas tous dans le même sens, et cela dans un environnement international de tous les dangers. Dans un tel cas, la méthode est bien connue : faute de trouver un accord sur les dossiers existants, on en ouvre un nouveau sur lequel des « avancées » seraient possibles et fourniraient le carburant nécessaire à une nouvelle « relance » du projet européen.

Ce dossier est celui de la perspective d’une Europe militaire. La conjoncture est favorable à un tel projet dans la mesure où il peut être présenté aux opinions publiques comme un outil pour se protéger du terrorisme et des autres retombées des conflits armés en cours au Proche-Orient, ainsi que pour faire face aux ambitions prêtées à la Russie.

L’Europe de la défense n’est pas une question nouvelle. Elle s’est posée dès le lendemain de la seconde guerre mondiale, dans le contexte de la guerre froide. Deux problématiques ont structuré les débats à son sujet : quelle implication des Etats-Unis dans la sécurité de l’Europe ? quel mode de décision – intergouvernemental ou supranational – dans un éventuel dispositif militaire européen ?

En fait, il n’a jamais existé de projet consensuel d’une défense européenne qui serait assurée exclusivement par les Européens. Tous les gouvernements, à l’exception de ceux du général de Gaulle (1958- 1969), ont considéré que l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan), créée par le traité de Washington (1949), constituait une assurance tous risques contre l’Union soviétique.

La première tentative d’intégration militaire fut la Communauté européenne de défense (CED) sur le modèle supranational de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca), et elle fut rejetée par le Parlement français en 1954. Elle est encore aujourd’hui abusivement étiquetée « européenne » alors qu’elle plaçait une éventuelle armée européenne sous la tutelle du commandant en chef de l’Otan, un général américain nommé par le président des Etats-Unis.

L’échec de la CED a durablement marqué les esprits et il a tracé la « ligne rouge » de toute initiative en matière de défense européenne : pour Londres et pour la quasi totalité des membres de l’UE, le seul véritable outil de défense européenne est l’Otan [1], et toute nouvelle organisation militaire doit être compatible avec cet impératif. Mais l’élection de Donald Trump a brutalement rebattu les cartes en raison de ses déclarations contradictoires au sujet de l’Otan. La confiance des dirigeants européens dans le lien transatlantique s’est érodée. D’où, pour combler un vide et, en même temps, pour « relancer » l’UE, les propositions franco-allemandes de réalisations concrètes (notamment en matière de recherche militaire et de développement de matériels communs). Additionnées, elles finiraient par constituer une politique européenne comme les autres. La grande faiblesse de ce projet est qu’il ne dit pas quelle est la menace à laquelle il est censé répondre. Ce qui, en première priorité, obligerait l’UE à choisir le statut qu’elle assigne à la Russie dans sa doctrine stratégique : partenaire, alliée ou adversaire ?

 

Illustration : Antti T. Nissinen

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 12:31

« L’armée et tout le complexe de sécurité US sont assujettis à un budget de 1000 milliards de dollars pompés sur les contribuables américains. En menaçant de normaliser les relations avec un ennemi créé uniquement pour justifier ce gigantesque budget, Trump devenait la plus grosse menace pour le pouvoir et les intérêts des forces de l’American National Security State. »

Paul Craig Roberts

Deep_State.jpg
« Enfer ! Savez-vous ce que vous êtes en train de faire ? »
(Inscription sur le camion : « Service de vidange des marécages ».)

Tellement obnubilés par la succession d’événements électoraux en France, nous oublierions presque de regarder ce qui se passe à l’extérieur de notre hexagone. Pourtant, en ce moment, il y a un pays fertile en rebondissements politiques : les États-Unis.

Ça flingue tout azimut là-bas ! D’un côté, le président Trump et sa bande de pieds-nickelés, presque abasourdis par le pouvoir qu’ils ont à exercer ; de l’autre, le Deep State (“l’État profond”), c’est-à-dire celui qui gouverne vraiment, en sous-main, ou essaie de le faire : le FBI, la CIA, le Pentagone, le clergé médiatique, tous ergots dehors pour détrôner l’inconvenant calife peroxydé de la Maison-Blanche.

Et ce n’est pas le limogeage tout chaud de James Comey, le directeur du FBI, par Trump, qui va arranger les relations des deux camps ennemis.

L’assaut contre Trump

C’est encore Paul Craig Roberts, journaliste et ancien sous-ministre de Reagan, qui résume le mieux la bataille de chiffonniers en train de ravager son pays :

« Nous assistons à l’assaut sans précédent de l’American National Security State et de ses médias néolibéraux contre le président des États-Unis. »

Que le président Trump soit un fou furieux complètement déjanté n’est une surprise pour personne. Que son équipe soit une bande de tocards régressifs paumés dans leurs nouveaux habits de gouvernants est une autre incontestable évidence. Mais le sinistre clan d’en face, celui qui compose le fameux “État profond”, est au moins aussi terrifiant que les premiers.

La vraie raison du délire paranoïaque anti-russe

Le délire paranoïaque de la « menace russe » atteint des sommets vertigineux. Dernier délire en date : lors de leur rencontre du 10 mai 2017, le président Trump aurait livré des secrets d’État américains au ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Accusations surréalistes lancées sans le moindre début de preuve par le Washington Post, qui n’avait d’ailleurs aucun journaliste sur place pour vérifier sa tonitruante info. Et qu’importe si l’espiègle Poutine ait proposé l’intégralité de l’enregistrement de la rencontre, aussi sec les élus démocrates du Congrès lancèrent une procédure d’Impeachment contre leur président “panier percé”.

Pour Paul Craig Roberts, la vraie raison du délire paranoïaque anti-russe est bien plus terre à terre et Trump, spécialiste de l’immobilier et du divertissement, n’avait aucune idée de la tempête qu’il allait déclencher en projetant une normalisation des relations avec la Russie. Paul Craig Roberts :

« L’armée et tout le complexe de sécurité US sont assujettis à un budget de 1000 milliards de dollars pompés sur les contribuables américains. En menaçant de normaliser les relations avec un ennemi créé uniquement pour justifier ce gigantesque budget, Trump devenait la plus grosse menace pour le pouvoir et les intérêts des forces de l’American National Security State. »

Un relent de coup d’État en gestation

On pourrait rigoler devant ce piètre et grossier spectacle si ceux qui le donnaient étaient de simples rigolos. Mais rappelez-vous, écrit Paul Craig Roberts, quand en 2016 le président Obama tenta de négocier un accord de coopération militaire avec Poutine sur le problème syrien, le département de la Défense US refusa d’obtempérer et, quelques jours plus tard, tua sans façon quelques soldats syriens pour torpiller l’agreement conclu avec les Russes.

Pire encore, rajoute Paul Craig Roberts, quand dans les années 60, le président Kennedy se mit en tête de bloquer un énième projet d’invasion de Cuba (“the Northwoods project”), refusa une attaque nucléaire “préventive” contre l’URSS, et évoqua l’idée de mettre fin à la Guerre froide, eh bien, ni une ni deux, le Deep State le liquida sans façon à Dallas.

C’est dire si aujourd’hui la situation politique américaine est périlleuse, tendue à l’extrême, menacée d’embûches et de coups tordus. Mais ainsi va la fin de vie des empires finissants, qui passent inévitablement par des soubresauts aussi sanguinolents que ridicules. Carnage en vue !

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 14:49

Le général Curtis Scaparrotti à la tête du Commandement européen des Etats-Unis a déclaré devant le Sénat américain:

« Le théâtre européen reste d’une importance cruciale pour nos intérêts nationaux » et « l’Otan nous donne un avantage unique sur nos adversaires ».

« De significatifs investissements sont nécessaires -souligne le général- pour augmenter dans toute l’Europe notre présence avancée, le pré-positionnement de matériels militaires, les exercices pour la préparation aux conflits ».

 

En préparation de la visite du président Trump en Europe -le 24 mai à Rome, le 25 au Sommet Otan de Bruxelles, les 26-27 au G7 de Taormina- le Pentagone a présenté son plan stratégique pour le « théâtre européen ». Il l’a fait par la voix du général Curtis Scaparrotti qui, étant à la tête du Commandement européen des Etats-Unis, est automatiquement à la tête de l’Otan avec la charge de Commandant suprême allié en Europe. Au Sénat des Etats-Unis, le 2 mai, le général rappelle que « le théâtre européen reste d’une importance cruciale pour nos intérêts nationaux » et que « l’Otan nous donne un avantage unique sur nos adversaires ». Cet avantage se trouve cependant à présent mis en danger par « une Russie résurgente, qui essaie de miner l’ordre international sous conduite occidentale et de se réaffirmer comme puissance mondiale ».

Général Curtis Scaparrotti à la tête du Commandement européen des Etats-Unis

Le Commandant suprême appelle les alliés européens à serrer les rangs autour des Etats-Unis pour défendre par tous les moyens l’ « ordre international » -celui qui est fondé sur la suprématie économique, politique et militaire de l’Occident- mis en péril par l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux.

Il concentre le feu sur la Russie, en l’accusant d’ « activités malignes et actions militaires contre l’Ukraine » (juste au troisième anniversaire du massacre de dizaines de Russes perpétré à Odessa le 2 mai 2014 par des néo-nazis ukrainiens sous direction USA/Otan). Mais la « menace » ne provient pas que de la Russie : les Etats-Unis -déclare l’amiral Harris, chef du Commandement Pacifique- sont défiés dans cette région simultanément par « une Chine agressive et une Russie revancharde ».

En réponse à ces défis, annonce Scaparrotti, le Commandement européen des Etats-Unis « est en train de revenir à son rôle historique de combat, en adaptant ses plans aux menaces que nous avons face à nous ». Il demande donc au Congrès d’augmenter les fonds pour la «European Reassurance Initiative », l’opération lancée par les USA en 2014 officiellement pour « rassurer » les alliés Otan et partenaires européens, pour laquelle 3,4 milliards de dollars ont été attribués en 2017. « De significatifs investissements sont nécessaires -souligne le général- pour augmenter dans toute l’Europe notre présence avancée, le pré-positionnement de matériels militaires, les exercices pour la préparation aux conflits ».

Le plan est clair et il est déjà en acte : transformer l’Europe en première ligne de la confrontation avec la Russie. C’est ce que confirme l’annonce, faite le 4 mai, que l’Armée USA en Europe a constitué un nouveau quartier général à Poznan, en Pologne, pour commander les plus de six mille soldats étasuniens basés en Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, Allemagne, Slovaquie, Hongrie, Roumanie et Bulgarie, dans le but de « renforcer le flanc oriental de l’Otan comme dissuasion envers la Russie ».

Au déploiement sur le flanc oriental -comprenant forces blindées, chasseurs-bombardiers, navires de guerre et unités de missiles y compris nucléaires- participent les puissances européennes de l’Otan, comme le démontre l’envoi de troupes françaises et de chars d’assaut britanniques en Estonie.

Et l’armée européenne ? Dans la rencontre avec les ministres de la défense de l’Union européenne, le 27 avril à Malte, le secrétaire général de l’Otan Stoltenberg n’a laissé aucun doute :

« Il a été clairement convenu par l’Union européenne que son objectif n’est pas de constituer une nouvelle armée européenne ou des structures de commandement en compétition avec celles de l’Otan, mais quelque chose qui soit complémentaire à ce que fait l’Otan ».

Le bâton de commandement reste donc solidement dans les mains du Commandant suprême allié en Europe, un général étasunien nommé par le président des Etats-Unis.

Manlio Dinucci

Ecco il piano del Pentagono per l’Europa

Edition de mardi 9 mai 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/ecco-il-piano-del-pentagono-per-leuropa/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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