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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 14:58

Nous remettons en ligne ce texte, publié hier, toujours d'actualité.

 

« La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat », disait Krasucki.  

Depuis trente ans les salariés ne cessent de voir disparaître un par un leurs acquis sociaux.  Depuis trente ans, les intérêts des salariés sont vendus au patronat par les gouvernements successifs avec l’aide et l’accompagnement de Bruxelles.  Ainsi ont été privatisées les banques  ( après avoir été nationalisées une courte durée sous la présidence de Mitterand…).  Puis les entreprises publiques à leur tour ont été bradées aux plus offrants les unes après les autres, entièrement ou par morceaux : Renault, EDF-GDF, Air France, SNCF … Ensuite La Poste, le secteur de la santé …  Les Français en étaient propriétaires.  Ils ne le sont plus.  Ils sont maintenant clients.  Vous n’avez pas les moyens de payer pour passer un IRM dans l’hôpital public ?  Attendez trois mois ou payez dans le secteur privé ( dans le même hôpital ).  Vous voulez que votre lettre ou votre colis arrive plus rapidement ?  Payez.  Vous n’avez pas les moyens d’avoir une voiture, vous habitez loin de votre lieu de travail, la gare la plus proche a été fermée : prenez le bus et mettez deux fois plus de temps pour arriver au travail.  Et de surcroît payez pour l’assurance complémentaire privée car la sécurité sociale vous rembourse de moins en moins.  

A chaque fois le pouvoir, quel qu’il soit, le patronat, ont nommé « réformes » ce qui était en réalité des « contre-réformes » sociales. A chaque fois le « dialogue social » a porté sur des reculs sociaux.

 

Dialogue social musclé pour obtenir un « nouvel ordre social »

E. Macron veut une « République contractuelle », soit l'inverse du modèle républicain basé sur la primauté de la loi sur le contrat, de la protection sur le rapport de forces.
Pour le dialogue social, M. Valls n’est pas avare de coups de menton :
«Le pays demande de l'autorité pour combattre le terrorisme mais aussi pour faire avancer les réformes», confie-t-il dans le Journal du Dimanche. Il entend proposer un « nouvel ordre social ».  Ainsi donc tout s’éclaircit, le « dialogue social » doit permettre d’établir ce " nouvel ordre social"  et Valls prévient :"Toujours avec l'esprit de dialogue, mais sans trembler, avec tous les moyens que donne la Constitution, nous continuerons sans relâche à réformer"… Le premier ministre veut une « loi travail » dans laquelle on légifèrera sur l’assurance chômage ( on parle de « réformer » la durée et le montant de l’indemnisation ), les retraites complémentaires, le marché de l’emploi ( il est question de « dérogations temporaires » pour les 35 heures, de « flexibilisation »), les comités d’entreprises, les CHSCT…

Avec le 49-3 ? Manuel Valls ne l’exclut pas.

Il reçoit mercredi à 15 heures à Matignon les leaders de trois organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) et de cinq syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) pour lancer les consultations sur les grandes lignes de cette réforme, qu'il veut créatrice d'emplois.
Le Medef propose une fusion de toutes les instances représentatives - comité d'entreprise, délégués du personnel et comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHST) - dans un "conseil d'entreprise" et davantage de flexibilité du travail. . La CFDT, elle, serait prête à "rationaliser" ( ? ) les procédures entre employeurs et salariés. N’est-ce pas, justement, ce que propose le patronat ? La CGT et FO sont contre cette fusion. Au coeur de la polémique se niche en effet l'avenir des CHSCT, dont le rôle dans l’amélioration des conditions de travail est très apprécié.  La CGT alerte : "il est fondamental de conserver les CHSCT" et de "garder les comités d'entreprise, leur droit d'alerte, leur droit d'expertise".

Devant la surdité du gouvernement qui vient de faire passer en force la loi Macron, CGT, FO et Solidaires appellent à "une journée de grève interprofessionnelle et à manifester le 9 avril 2015".  Il s'agit de lutter "contre l’austérité et ses impacts destructeurs tant socialement, économiquement que démocratiquement".  C'est-à-dire d'exiger du gouvernement qu'il change d'orientation politique.  Ainsi sont visés le « pacte de responsabilité », la rigueur budgétaire, la réforme territoriale, nombre de dispositions de la loi « Macron », le gel des salaires et des pensions. 

Autant dire que ces revendications mettent en cause également, de fait, mais sans que cela soit exprimé franchement dans l'appel commun, directement la politique de Bruxelles qui inspire Mrs. Valls, Hollande et Macron. 

 

Préparons-nous à sortir de l’euro et de l’Union européenne.

Cela intervient après maintes contre-réformes, notamment la suppression des élections prud’homales.  Dans ce contexte, le pire est à craindre pour les salariés.  Leur mobilisation est essentielle.  Mais aussi, la prise de conscience pour les composantes de la gauche radicale que le modèle européen est mortifère pour les progrès sociaux et pour les droits de la grande majorité.  Vouloir à tout prix rester dans l’Union européenne, c’est se condamner à négocier sans cesse en recul.  Comme la Grèce aujourd’hui.

Envisageons donc ensemble qu’il est possible de sortir de l’euro et de l’Union Européenne.  Soyons y prêts. C’est parce qu’ils savent que la majorité des partis politiques de la gauche radicale, notamment le Front de gauche, mais aussi les syndicats ( adhérents tous de la très européenne CES) ne sont pas prêts à cette rupture qu’ils se sentent forts et qu’ils utilisent tous les moyens contre les salariés et les peuples. Il faut en finir avec la dictature de l’Union européenne.  Valls-Hollande font de la France la vassale de Bruxelles et appliquent toutes les directives capitalo-libérales.  Osons la confrontation et disons le haut et fort dans les assemblées d’élus, dans les partis politiques, dans les syndicats : nous sommes prêts à à nous battre contre l’Union européenne et à la quitter pour construire une autre société

C’est de cette perspective politique qu’ont besoin les salariés pour se battre.  Pour faire grève, pour se mobiliser, il faut une perspective politique, il faut espérer gagner.   Les salariés, la classe ouvrière ne croient plus à l’Europe sociale.

 

Pourquoi enfermer les luttes dans l’Union Européenne ?

Le 30 Mai des militants communistes invitent à une manifestation
Pour le 10ème anniversaire de la victoire du NON au Traité Constitutionnel Européen
POUR LA SORTIE DE L'EURO,
DE L'UNION EUROPEENNE ET DE l'OTAN
Pour notre part nous y participerons

 

Action communiste le 25 Février

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 14:48

Vu sur le blog de l'UL-CGT de Dieppe Droits et libertés,

26 févr. 2015

Dialogue social: Le gouvernement doit revoir sa copie et choisir les droits des salariés !

Lu sur le site de la CGT

Les annonces du Premier Ministre concernant la « modernisation du dialogue social » ont de quoi satisfaire le Président du MEDEF, mais inquiéter les syndicats de salariés.

En effet, les options présentées par Manuel Valls, notamment le regroupement des instances représentatives du personnel et le recul sur les prérogatives des CHSCT, reprennent une bonne part des exigences patronales qui ont déjà fait échouer la négociation.

La CGT estime qu’il faut développer une plus grande démocratie sociale dans les entreprises qui permette l’expression et l’intervention des salariés sur leur travail. Ces options annoncées prévoient tout le contraire.

Le Projet gouvernemental ne doit pas valider une discussion qui a échoué mais prendre enfin en compte les propositions des organisations syndicales.

Pour sa part, la CGT a développé de nombreuses propositions visant à améliorer la qualité et l’efficacité du dialogue social dans les petites et dans les grandes entreprises.

Parmi celles-ci :

  • > Permettre la représentation effective des salariés de toutes les entreprises de petite taille. En outre, il faut d’urgence des droits réels pour les salariés des TPE.
  • > Développer partout les droits d’expression des salariés et le droit syndical.
  • > Maintenir les Institutions représentatives et leurs prérogatives.
  • > Renforcer le poids et la légitimité des CHSCT, instaurer des CHSCT de site, surtout à un moment où la santé au travail se dégrade dans de nombreuses entreprises.
  • > La mise en place de comités inter-entreprises, notamment pour mieux prendre en compte les salariés de la sous-traitance.

La CGT continuera à porter ses propositions en s’appuyant sur la mobilisation des salariés durant les prochaines semaines, notamment le 9 avril.

Montreuil, le 26 février 2015

IRP: patronat et gouvernement veulent la réduction des droits des représentants du personnel

IRP: patronat et gouvernement veulent la réduction des droits des représentants du personnel

Le premier ministre réunit les "partenaires" sociaux pour leur présenter les grands axes de réduction des droits et des moyens des instances représentatives du personnel dans les entreprises. C...

http://www.cgt-dieppe.fr/2015/02/irp-patronat-et-gouvernement-veulent-la-reduction-des-droits-des-representants-du-personnel.html

Le jeudi 9 avril 2015: Journée de grève interprofessionnelle et manifestations.

Le jeudi 9 avril 2015: Journée de grève interprofessionnelle et manifestations.

Déclaration des organisations syndicales CGT, FO et Solidaires Combattre et réduire le chômage, permettre la création d'emplois en changeant de politique économique, préserver les droits et t...

http://www.cgt-dieppe.fr/2015/02/le-jeudi-9-avril-2015-journee-de

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 06:14

Publié par Michel El Diablo

Le FRONT DE GAUCHE empêche la création d'un nouveau RAPPORT DE FORCE en faveur des CLASSES dominées

Le FRONT DE GAUCHE empêche la création d'un nouveau RAPPORT DE FORCE en faveur des CLASSES dominées

Le M’PEP a accueilli la création du Front de gauche avec espoir. Il a répondu favorablement à l’appel que ce dernier avait lancé pour le rejoindre. Malgré une activité persévérante pour intégrer le Front de gauche, le M’PEP a été interdit d’entrée au motif que ses positions sur l’Union européenne étaient « incompatibles avec le programme du Front de gauche ». Le Front de gauche a refusé avec persistance de rompre avec l’ordre néolibéral mondial et européen. Il reste dépendant du Parti socialiste tandis que ses résultats électoraux sont décevants. Le M’PEP ne souhaite plus, aujourd’hui, entrer au Front de gauche dont l’évolution politique et organisationnelle montre combien il continue de s’éloigner des intérêts des classes dominées.

Le Front de gauche a pour stratégie de penser que l’on peut faire pression sur le PS pour le faire pencher « vraiment à gauche ». Dans cette démarche, le Front de gauche pense que l’appui de la « gauche » du PS est indispensable. C’est pour cette raison, pour ne pas se couper du PS, qu’il refuse avec obstination de rompre avec l’ordre néolibéral mondial et européen. Au-delà de déclarations parfois tonitruantes, il reste fondamentalement dépendant du Parti socialiste. Les dirigeants du PCF et du PG ont fait ce choix, rien ne les fera changer hormis une révolte des adhérents de leurs partis. C’est aussi pourquoi les résultats électoraux du Front de gauche sont tellement décevants. Il ne parvient pas à susciter une dynamique populaire autour de lui et n’y parviendra pas tant qu’il ne rompra pas avec le PS et ne remettra pas en cause la participation de la France à l’Union européenne et à l’euro. [ Lire la suite ici :  http://www.m-pep.org dans la rubrique Analyses et propositions > politique ]

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 19:01

Publié par Michel El Diablo

Entretien avec Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature : « A terme, rien n’empêcherait d’utiliser l’arsenal anti-terroriste contre les mouvements sociaux »

Entretien avec Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature : « A terme, rien n’empêcherait d’utiliser l’arsenal anti-terroriste contre les mouvements sociaux »

Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, explique la dérive possible des lois antiterroristes vers la répression des luttes écologiques et sociales. Nous publions cet entretien alors qu’une semaine des résistances aux violences policières se conclut dimanche 22 février 2015.

 

Secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, Laurence Blisson est juge d’application des peines au Tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Reporterre - Pourquoi la justice française n’a-t-elle pas utilisé l’attirail antiterroriste contre les militants de luttes environnementales, alors que les poursuites ont été ouvertes dans ce cadre en Italie contre les militants du mouvement No-Tav opposés au projet Lyon-Turin ?

Laurence Blisson - Il y a deux raisons. D’abord l’échec retentissant des procédures du dossier Tarnac qui a suscité beaucoup de contestation, et qui au final s’est retourné contre Michèle Alliot Marie (alors ministre de l’intérieur). La deuxième raison est que l’arsenal répressif permet déjà beaucoup de choses aux enquêteurs et aux juges. L’ajout des dispositions des lois antiterroristes est marginal quand on peut, avec la qualification de « bande organisée », utiliser des pouvoirs de police spéciaux, des allongements de la durée de la garde à vue. Cela ne rend pas nécessaire d’en passer par la catégorie du terrorisme. Le choix a été fait de recourir à des formes de répression rapide, comme la comparution immédiate…

Dans le cas de qualification de terrorisme, il y a un rôle très important des services d’enquête, au départ, qui peuvent réussir à convaincre le parquet d’ouvrir les poursuites à ce titre. A Sivens ou à Notre-Dame-des-Landes, c’est plutôt la police judiciaire qui est à l’œuvre que le renseignement [à la différence du cas de Tarnac].

 

Des magistrats peuvent-ils utiliser des qualifications plus lourdes que les faits le mériteraient pour bénéficier de l’effet d’annonce publique, qui désignerait les militants prévenus comme des gens dangereux ?

Il peut arriver que des magistrats choisissent d’ouvrir une enquête sur la qualification la plus lourde. Cela est motivé par un double souci des magistrats. Premièrement, ne pas aboutir à une relaxe des prévenus, ce qui disqualifierait le travail de ces magistrats. Mais aussi s’associer à la logique d’ordre public, aux stratégies préfectorales, en recherchant l’effet d’exemplarité dans une zone où on pense qu’il peut y avoir d’autres actions du même genre.

Didier Fassin l’explique dans son dernier livre, L’Ombre du monde. Une anthropologie de la condition carcérale : les magistrats ont une relation à la notion insaisissable d’« opinion publique », si tant est qu’elle existe, qui fait qu’ils intériorisent une « attente sociale » des formes de répression.

Cela peut amener un magistrat à choisir des qualifications plus lourdes (et en allant au bout de la logique, jusqu’au terrorisme, même si ce n’est pas arrivé dans le cas des luttes sociales et environnementales). L’ordre public peut devenir un objectif des magistrats sans qu’il y ait besoin d’un injonction hiérarchique ou de pressions. Cela relève de l’intériorisation, dans un corps qui est globalement conservateur. Sur le plan juridique, ça n’aboutira pas forcément, mais sur le plan du renseignement, cela permet de faire ce qu’on veut.

 

Les nouvelles dispositions de la loi antiterroriste votée cette automne changent-elles la donne ?

Disons que ça élargit le champ des infractions pénales très en amont, jusqu’à la formalisation d’une intention, ou l’entreprise individuelle terroriste, avec la possibilité de bloquer un site internet, ou de prononcer l’interdiction de sortie du territoire, l’interdiction de contact. J’ai le sentiment qu’à court terme, ces dispositions antiterroristes ne seront pas appliquées contre des militants de luttes sociales et environnementales. Tout a été pensé, mis en avant, dans le cadre de la lutte contre le jihadisme. Mais le risque existe. À plus long terme, quand le débat public sera passé à autre chose, rien n’empêcherait d’utiliser cet arsenal. Avec cet effet de cliquet, qui fait qu’on ne reviendra jamais en arrière.

Entretien avec Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature : « A terme, rien n’empêcherait d’utiliser l’arsenal anti-terroriste contre les mouvements sociaux »

Tout comme les prélèvements ADN, à l’origine prévus contre les délinquants sexuels, et depuis étendus à tous les délits, y compris les actions militantes.

Oui, exactement.

 

On a vu dans la lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes des mesures d’interdiction de paraître, et d’interdictions de manifestation dans une commune pendant plusieurs années. S’agit-il d’un détournement de mesures répressives prévues pour d’autres cas de figure ?

Je ne sais pas si ça n’a pas déjà existé dans des luttes plus anciennes, mais c’est extrêmement inhabituel. L’interdiction de paraître dans une commune ou un département est d’ordinaire utilisé dans des affaires de grand banditisme, contre des maris violents s’il y a risque de réitération des violences envers la victime, mais aussi dans les périphéries urbaines envers de jeunes trafiquants de drogue, voire dans des affaires criminelles très graves, afin d’éviter un contact avec la famille des victimes ou les victimes elles-mêmes en cas de crime ou de viol. Dans le cas de la ferme-usine des Mille vaches, des militants de la Confédération paysanne ont été condamnés [en plus de peines de 2 à 5 mois de prison avec sursis et des amendes de 300 euros chacun] à des interdictions de paraître dans le département de la Somme, alors que les faits reprochés étaient des dégradations [un tag, des engins de chantier et une salle de traite démontés], la détention de boulons dans leurs poches, et le refus de prélèvement ADN. Des condamnations très inhabituelles. Les magistrats ont aussi mis en difficulté les luttes, les militants de la Confédération paysanne étant interdits de contacts entre eux alors que qu’ils sont des responsables nationaux de ce syndicat.

 

N’est-ce pas contraire à l’idée que seuls les faits comptent, pas les contextes politiques et sociaux ?

Sur la base du droit, on peut trouver des justifications cohérentes, comme le besoin d’éviter la réitération de faits similaires. Dans le cas des militants de la Confédération paysanne, il s’agissait de les empêcher de revenir sur les lieux de la ferme-usine.

 

Des manifestations ont été réprimées avec de nouvelles armes de maintien de l’ordre, les lanceurs de balles de défense (LBD), super flashball. Des manifestants ont perdu un œil suite à ces tirs, trois le même jour lors de la manifestation antiaéroport à Nantes le 22 février 2014. Les procédures lancées par les victimes contre les forces de l’ordre aboutissent à l’impunité de la police. Est-ce dû à la crainte des magistrats de désavouer la confiance en la police qui alimente leurs procédures au quotidien ?

Effectivement, tout travail judiciaire est fondé sur le travail policier. Et tout le travail d’un juge pénal est donc fondé sur la confiance qu’il peut accorder aux rapports d’enquêtes et de constatation, et aux procès verbaux de police. Même si l’article 430 du code de procédure pénale précise bien que ces rapports et procès-verbaux, dans le cas de délits, ne valent qu’à titre de renseignement pour le magistrat. Mais il y a un présupposé qui fait que le juge fait confiance au policier.

Par ailleurs, les contacts sont fréquents entre le parquet et la police au titre du traitement en temps réel des affaires. Je ne dis pas qu’il y a collusion, mais que cette forme de contact permanent favorise une culture proche. Il y a aussi une image commune qui dit que les policiers sont déçus par l’issue de leur procédure, trouvant que que les peines prononcées ne sont pas assez lourdes dans des affaires qu’ils ont conduites. Le magistrat pourrait répondre en réaffirmant son indépendance, et que ce n’est pas au policier de déterminer quelles peines sont prononcées. Mais pour envisager de mettre en cause un policier, il va en falloir vraiment beaucoup de sa part.

 

Après la mort de Rémi Fraisse, des contrôles d’identité se sont déroulées avant les manifestations, avec arrestations et gardes à vue en cas de détention d’un Opinel (le couteau du grand père) ou d’un simple couteau à huîtres ou d’un masque à gaz. Et des condamnations, prison avec sursis, amendes, travaux d’intérêt général.

Cela cadre avec des dispositions créées depuis 2000 contre les attroupements armés et l’extension à partir des années 1990 des possibilités de contrôle d’identité. Le port d’arme blanche permet ces gardes à vue préventives puisque la police dispose de ce motif légal. On mélange ce que permet le droit et des pratiques policières de circonstance. Mais ce n’est pas spécifique aux luttes environnementales. Ce qui leur est spécifique, c’est qu’elles s’inscrivent dans la durée et dans un lieu spécifique. L’action de certains magistrats s’oritente donc vers la déstabilisation de ces formes de luttes, pour tenter de les déraciner.

- Propos recueillis par Nicolas de La Casinière

 

SOURCE:

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 18:25

Publié par Michel El Diablo

AREVA: un plan de restructuration en préparation.

AREVA: un plan de restructuration en préparation.

La société Areva a annoncé lundi 23 février 2015 une perte de 4,9 milliards pour l’année 2014, soit les ¾ de ses capitaux propres et la moitié de son chiffre d’affaire. Elle annoncera le 4 mars « un plan de compétitivité ». Ce terme est synonyme de suppression d’emplois, restructurations, filialisations et privatisations.


Cette société publique, conglomérat dans le secteur minier et nucléaire, propriété de l’Etat à 87%, a subi plusieurs revers : retard dans la construction de l’EPR finlandais, guerre des prix sur les minerais avec des géants miniers plus puissants (ventes en baisse de 24%). Pertes ou menaces sur des zones protégées comme au Niger, ralentissement du nucléaire au Japon. Sa dette de 7 milliards d’euros est très mal classée par les agences de notation. Son action a chuté de 55% en un an.


Pour faire face, le groupe a constitué d’importantes provisions et revu ses comptes sans en donner le détail. La ministre de l’environnement Ségolène Royal annonce le 23 février, des synergies avec EDF, ce qui veut dire soit de faire entrer EDF dans le capital d’Areva (mais EDF ne veut pas d’un tel boulet) soit financer Areva en privatisant davantage EDF qui est propriété de l’Etat à 84%.


En même temps comme pour Alstom, le dépeçage en diverses filiales peut permettre de vendre des parties rentables comme le secteur minier très convoité par les géants américains. Le projet selon le Figaro comprend le regroupement en quatre entités, cette nouvelle organisation va être présentée aux représentants du personnel qui sont particulièrement inquiets.

SOURCE:

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 18:15

La Poste : la CGT y déplore 6 284 suppressions d'emplois malgré un chiffre d'affaires record !

UL CGT Dieppe Emploi & Travail, Communication - Poste - Telecom, Service public

25 févr. 2015

La Poste : la CGT y déplore 6 284 suppressions d'emplois malgré un chiffre d'affaires record !

La CGT de la Poste a publié lundi soir un communiqué de presse, qu'elle diffuse par tracts dans les services, qui demande à la direction des précisions quant à l'utilisation du Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE), et appelle à des actions le mois prochain. Malgré un chiffre d'affaire en Hausse et le bénéfice du CICE, l'emploi y est en forte baisse, dans cette entreprise dont l'État est le seul actionnaire !

 

"Le CICE a pour objet", rappelle la CGT FAPT "de financer les dépenses d'investissement, de recherche, d'innovation, de formation, de recrutement, de prospection de nouveaux marchés, de transition écologique ou énergétiqueIl ne doit donc en aucun cas être considéré comme un effet d’aubaine financier pour le Groupe, d’autant qu’il encourage une nouvelle pression sur le pouvoir d’achat puisque les entreprises touchent d’autant plus d’argent qu’elles maintiennent les salaires en dessous de deux fois et demie le Smic!"

Pourquoi alors y a-t-il des suppressions d'emplois à la Poste ?

 

"Comment donc ont été utilisés les 297 Millions d'€ de CICE de 2013, les 352 M d'€ de CICE de 2014, et comment seront utilisés les 341 M d'€ de CICE prévus en 2015 ?"

Car, alors que la direction de La Poste martelle en permanence sur une prétendue baisse de trafic postal, le Groupe a enregistré en 2014 un chiffre d’affaires de 22,163 milliards d’euros, en hausse de 2% par rapport à 2013, soit un "record jamais atteint", selon la CGT, qui dénonce "6 284 suppressions d’emplois" et s’interroge donc sur l’utilisation concrète du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).

Le résultat d’exploitation de la Poste s’élève lui à "719 millions euros, supérieur de +100 millions d’euros, soit +16% par rapport au budget 2014 alors qu’il est impacté par l’amende pour entente illicite sur les tarifs de Géopost de 45 M euros", poursuit la CGT.

Ces résultats "sont supérieurs aux prévisions alors que le désengagement financier de l’Etat sur les missions de service public est toujours plus important, ce qui laisse La Poste supporter les coûts de la présence territoriale, du service universel, de l’aménagement du territoire et de l’accessibilité bancaire non compensés par l’Etat", dénonce-t-elle.

Pourquoi alors y a-t-il des suppressions d'emplois à la Poste ?

Les postiers et les jeunes, voilà les ennemis de la direction de La Poste, qui aggrave le chômage de la France pour gaver son actionnaire = Bercy !

Car, en réalité, si "ces résultats sont en avance sur le plan stratégique, c’est parce que les postières et les postiers en paient le prix fort avec une nouvelle saignée de 6 864 emplois en équivalent année agent, passant à une répartition des effectifs à 212 077 contre 218 941 en 2013", souligne le communiqué de la CGT.

De fait ce sont 6864 jeunes à qui la direction de la Poste ferme la porte de l'emploi, pendant que, de son coté, le premier ministre et le ministre de l'économie discourrent sur les efforts que ces derniers ne feraient pas assez pour trouver du travail ! C'est un beaucoup "fort de café", lorsqu'on sait que l'État est le seul actionnaire de La Poste, et que c'est, le gouvernement qui le dirige ! "Faites ce que je dis, et pas ce que je fais ? je vous le dit, de plus, droit dans les yeux?"; de qui se moque-t-on ?

Le communiqué de la fédération CGT poursuit : "Contrairement à ce que l’on nous répète à l’envi, le problème n’est pas à chercher dans le "coût du travail " ou le manque de compétitivité des salariés, mais bien du côté du coût du capital et de cette financiarisation de l’économie nationale et internationale (...)", dénonce la CGT qui "propose aux personnels et à toutes les organisations syndicales de La Poste une quinzaine d’actions, du 9 au 20 mars, la plus unitaire possible".

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 17:15

"Le gouvernement Tsipras se plie aux exigences de Bruxelles" Qu'en pensent le PCF et le parti de Gauche ? par Jean LEVY

"Le gouvernement Tsipras se plie aux exigences de Bruxelles" Qu'en pensent le PCF et le parti de Gauche ? par Jean LEVY
 

 

Il a fallu un mois à la direction de Syriza pour trahir ses promesses électorales et l'attente de ses électeurs.

PCF Front de Gauche Gauche européenne

"Le PCF souhaite l’unité du Front de gauche derrière Alexis Tsipras

Le congrès du PGE se conclut dans l‘unité et le rassemblement.

La gauche européenne est en marche pour intensifier son combat contre l’austérité avec Alexis Tsipras "

 

Les dirigeants du PCF et du Parti de Gauche ont bonne mine. Ils s'annonçaient, triomphants, les sosies de Syriza. Jean-Luc Mélenchon se voyait déjà comme le "Tsipras français"...Or, en quatre semaines, celui-ci troquait sa veste de "chevalier rouge" au sein de l'Europe, en politicien sans principe.

Un retournement encore plus rapide que celui opéré par François Hollande ! Un record toutes catégories...

Cette leçon va-t-elle conduire les responsables communistes et ceux du PG à tirer la leçon bien amère des évènements ?

Vont-ils en conclure qu'aucun 'deal' n'est possible entre le capital financier, qui est la tête pensante de l'Union européenne, les politiciens de Bruxelles chargés d'exécuter ses "directives" et les forces de progrès qui se prononcent pour un monde différent ?

Celles-ci vont-elles enfin déduire de l'expérience de Grèce  que nulle avancée démocratique, la plus minime soit-elle, ne peut être envisagée dans le cadre de l'Union européenne , celle-ci n'existant que pour réduire à néant tout rêve d'émancipation des peuples ?  

La réflexion va-t-elle conduire dirigeants PCF et Front de Gauche à considérer enfin que la libération sociale ne peut se concevoir sans libération nationale, et qu'aucun progrès social n'est possible sans que les peuples soient maîtres de leur destin, autrement dit sans que leur souveraineté entièrement recouvrée ?

Au PCF et au Parti de Gauche de répondre.

Choisiront-ils Alexis Tsipras ou Manolis Glezos ?

 

 

MÉconomie

Grèce : la liste des réformes concédées à Bruxelles

LE MONDE ECONOMIE | 

L'essentiel

 

  • Un accord a été validé, à l'issue de longues tractations, vendredi entre la Grèce et les créanciers internationaux pour la poursuite d'un plan de sauvetage au pays.
  • L'initiative des réformes est désormais laissée à Athènes, puis approuvée par les créanciers. La Commission estime qu'il s'agit d'un « point de départ valide » à des discussions.
  • L'aile gauche du parti Syriza fustige un accord qui prolongerait, selon elle, les mesures d'austérité imposées au pays, que le parti de gauche radicale s'était pourtant engagé à supprimer.

 

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, le 21 février à Athènes.

 

Jusqu’au bout, le processus aura été laborieux. Le gouvernement d’Alexis Tsipras n’a envoyé sa liste de réformes exigées par l’Eurogroupe en échange d’une prolongation du plan d’aide à la Grèce qu’à la toute dernière extrémité, lundi 23 février peu avant minuit, quelques heures avant la tenue d’un Eurogroupe (réunion des dix-neuf ministres des finances de la zone euro), mardi. « La liste nous semble assez adéquate pour être un bon point de départ dans la négociation », réagissait, à chaud, une source européenne, mardi matin.

 

Un « draft » de ce texte a fait de multiples allers-retours entre Athènes et Bruxelles, le week-end et le lundi précédant l’échéance : il a dû être retravaillé pendant de longues heures afin d’être assez étayé pour espérer « passer » la barre de l’Eurogroupe. Puis, en fin de semaine, celle d’au moins quatre parlements nationaux, dont le Bundestag en Allemagne – comme son équivalent aux Pays-Bas, en Estonie ou en Finlande, il est consulté sur tout ce qui engage l’argent public du pays.

L’enjeu est considérable : si cette liste de réformes n’est pas validée par l’Eurogroupe, le programme d’aide, qui se termine normalement le 28 février, ne pourra pas être prolongé de quatre mois.

 

Six pages très denses

Dès lors, l’Etat grec se retrouvera sans soutien financier de ses créanciers – la Banque centrale européenne (BCE) et l’Union européenne (UE) – au 1er mars. Selon plusieurs sources, ses banques, qui ont subi de forts retraits de capitaux ces dernières semaines, pourraient vite se retrouver insolvables.

Sur six pages très denses, la fameuse « liste » exigée lors d’un énième « Eurogroupe de la dernière chance », vendredi 20 février, pour trouver un compromis entre les Grecs et leurs créanciers, reprend pour une large part les exigences de Bruxelles. La plupart des réformes figuraient déjà sur le document établi par la « troïka » des créanciers – il faut dire désormais les « institutions » pour ménager la susceptibilité grecque –, qui a imposé une sévère politique de rigueur au pays depuis 2010.

Les mesures « humanitaires » pour venir en aide aux Grecs les plus touchés par l’austérité figurent en toute dernière page de la liste. Le gouvernement de la gauche radicale, élu sur son programme anti-austérité, prévoit de « répondre aux besoins liés à la progression de la grande pauvreté grâce à l’accès à la nourriture, à un logement, aux soins », mais sans entrer dans les détails, et en précisant que ces politiques seront menées « en veillant à ce qu’elles n’aient pas d’impact budgétaire négatif ».

Le gros de la liste concerne la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, censée répondre aux principaux problèmes de l’administration grecque (corruption, fiscalité défaillante). Ces réformes sont réclamées par la troïka depuis 2010, mais aucun gouvernement, ni les socialistes du Pasok ni les conservateurs de Nouvelle démocratie (ND), n’ont eu le courage politique jusqu’ici de les mettre sur les rails. L’objectif est ici la modernisation poussée de l’administration fiscale (avec la poursuite de l’informatisation des déclarations), le renforcement de son indépendance, la recherche d’une plus grande justice fiscale – en Grèce, les grandes fortunes et l’Eglise orthodoxe échappent encore largement à l’impôt.

 

Le message de l’Eurogroupe a été compris

Athènes s’engage aussi sur un vaste programme anti-corruption dans l’administration, « une priorité nationale ». En réduisant, entre autres, le nombre de ministères (de seize à dix), de « conseillers spéciaux » et les frais des députés ; en durcissant la réglementation en matière de financement des partis politiques…

Ces réformes anti-corruption étaient préconisées par Syriza. En revanche, concernant les privatisations, pourtant la bête noire du parti d’ultra-gauche, M. Tsipras s’engage à ne pas revenir sur celles qui ont été engagées sous la pression de la troïka (dont celle du port du Pirée sur laquelle Athènes menaçait de revenir), et « à étudier les privatisations qui n’ont pas encore été lancées, de manière à maximiser les revenus que l’Etat pourrait en tirer ».

Le gouvernement Tsipras évoque bien l’augmentation du salaire minimum – une de ses principales promesses de campagne –, mais sans avancer de chiffres (les fameux 751 euros promis aux Grecs), ni d’échéance (d’ici à 2016). Le gouvernement s’engage « à une approche intelligente de la négociation collective sur les salaires. Cela inclut une volonté d’augmenter le salaire minimum, en préservant la compétitivité (…). L’augmentation de ce salaire minimum et son timing seront décidés en concertation avec les institutions européennes et internationales ».

 

Athènes a visiblement compris le message d’une partie de l’Eurogroupe, pas du tout prêt à financer une augmentation du smic grec. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, qui a beaucoup travaillé, en coulisses, à la conclusion d’un accord entre les Grecs et les Européens, avait prévenu lundi, dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Wirtschaftswoche : si le gouvernement Tsipras passe à l’acte, « il y aura six pays en Europe qui auront un salaire minimum inférieur », entre autres la Slovaquie et l’Espagne, tout en devant continuer à soutenir Athènes financièrement.

Politiquement invendable…

 

L’aile gauche de Syriza se sent flouée

 

En toute vraisemblance, l’Eurogroupe, mardi, devrait valider cette liste. Le gouvernement grec ne sera pas pour autant au bout de ses peines, lui qui a été contraint, moins d’un mois après son arrivée aux commandes, de se plier aux contraintes européennes, mais qui doit déjà composer avec l’aile gauche de Syriza, qui a de plus en plus le sentiment de s’être fait flouer…

 

D’ici à la fin avril, les Grecs et les Européens vont devoir affiner la liste, étudier sa faisabilité, disséquer ses moyens de financement. Puis, jusqu’à fin juin, ils auront deux mois pour mettre les réformes sur les rails… Ce n’est qu’à l’issue d’une « revue » des institutions sur place, que le pays pourra recevoir la dernière tranche d’aide qui lui revient dans le cadre du plan d’aide (environ 7 milliards d’euros).


 

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 17:07

HENRI MARTIN, un communiste contre la guerre d’Indochine

24 Février 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans Front historique

HENRI MARTIN, un communiste contre la guerre d’Indochine La guerre

La guerre d’Indochine a presque complètement disparu des mémoires. Retour sur cette page d’histoire avec Henri Martin, communiste français opposé à la guerre.

 

En 1944, j’avais 17 ans et j’étais dans les maquis FTP du Cher. La libération de Bourges a eu lieu le 6 septembre. J’ai adhéré au Parti le lendemain. Les résistants du Cher avaient formé le 1er régiment populaire berrichon. Nous avons été envoyés sur le front de Royan. Notre capitaine a sauté sur une mine et il est mort le lendemain. Je me suis alors juré de poursuivre le combat contre le fascisme et de m’engager pour la vie. Continuer à combattre le fascisme Pour continuer à combattre, il n’y avait pas d’autre solution que de s’engager : j’ai choisi la marine. En février 1945, j’étais démobilisé mais je n’avais toujours pas de réponse à ma demande d’engagement. J’ai été à Orléans, au Centre de recrutement. Là, on m’a expliqué que ça accélérerait les choses si j’étais volontaire pour l’Extrême-Orient. J’ai signé mon engagement le 1er juin : les Allemands avaient capitulé le 8 mai, mais les Japonais occupaient toujours l’Indochine. En octobre 1945, j’embarque sur un navire de guerre, l’Aviso-Chevreuil. Nous arrivons à Saïgon fin décembre. Les Japonais ont capitulé depuis mi-août. La veille de notre arrivée, le commandant nous a convoqués et nous a expliqué que des déserteurs japonais refusaient de capituler et qu’ils encadraient des pillards. L’armée française venait donc rétablir la sécurité. A peine arrivés, nous partons en opération. Nous transportons des troupes le long des côtés du sud Viêt-nam et nous remontons le Mékong. Dans ces troupes, il y a énormément de soldats allemands engagés dans la Légion étrangère. Ça me fait un choc de me retrouver du même côté que les gens que j’ai combattus. Surtout quand je comprends qu’on incendie des villages comme à Oradour et qu’on s’en prend à une population qui résiste ! Je demande alors ma démobilisation : elle est refusée.

Le bombardement d’Haïphong

Les accords du 6 mars 1946 devaient mettre fin à la guerre. Or, l’armée française poursuit les combats au Viêt-nam du sud. Je vais être témoin du déclenchement de la guerre d’Indochine. Le port de Haiphong était un des rares endroits où l’État vietnamien nouvellement indépendant pouvait collecter des fonds via les droits de douane. Mais, l’armée française s’y oppose régulièrement et lance un ultimatum à l’armée vietnamienne en exigeant son retrait total de Haiphong. L’ultimatum est fixé au 23 novembre 1946 à 10 heures du matin. A 10 heures précises, l’armée française ouvre le feu : navires de guerre, artillerie, aviation, tous bombardent. On nous ordonne de tirer sur les colonnes de l’armée vietnamienne en repli. Mais cette armée ne se replie pas, elle résiste. Ce que l’on bombarde, ce sont des colonnes de civils. Cela dure deux jours. La ville est complètement détruite : il ne reste qu’un gigantesque tas de gravas. Les historiens vietnamiens retiennent le chiffre de 20 000 morts. Après Haiphong, les Vietnamiens décident de résister à toute nouvelle attaque de l’armée française et la guerre se généralise. Moi, je dis à mes supérieurs que je suis opposé à cette guerre injuste. Il ne s’agit pas de combattre le fascisme mais de se battre contre un peuple qui veut son indépendance. Je refuse de prendre les armes et je fais une deuxième demande de démobilisation le 1er juin 1947. elle est également refusée. Retour en France Après deux ans en Indochine, je suis finalement rapatrié en France en décembre 1947. Je suis affecté à l’usine d’essai des combustibles à l’arsenal de Toulon. Je prends discrètement contact avec la fédération du PCF et je continue mon travail de propagande. En juin-juillet 1949, les journaux communistes sont interdits dans les casernes : je suis alors obligé de rédiger mes propres tracts. Durant deux ans, je contacte une soixantaine de marins qui acceptent de distribuer des tracts contre la guerre sur leurs navires. J’amène le matériel à bord et ils le diffusent. Au 2e semestre 49 arrive un quartier-maître mécanicien, dénommé Liebert. Il nous raconte qu’il sort de trois semaines de « maritime » pour s’être engueulé avec un ingénieur. Là, je manque de vigilance : à Toulon, on ne prend que de très bons mécaniciens à condition qu’ils n’aient eu aucun problème de discipline. Il reconnaîtra, devant le Tribunal maritime de Brest au moment de mon procès, s’être engagé volontairement dans l’armée allemande pendant la guerre ! Condamné pour indignité nationale, il ne peut théoriquement pas être incorporé dans l’armée française, sauf en mission policière. Je discute avec lui et je lui dis que je suis contre la guerre. Il se prétend d’accord avec moi. Je lui propose de distribuer des tracts, mais il refuse. Il me met toutefois en contact avec un marin du porte-avion Dixmude, Heimburger, lui aussi opposé à la guerre. Je lui fais connaître les autres marins du Dixmude, et je n’aurai plus aucun contact avec lui par la suite.

L’affaire Henri Martin

Fin 49, on est en pleine guerre froide. Le gouvernement et la police décident de compromettre les partisans de la paix en Indochine. Surveillé depuis plusieurs semaines, je suis arrêté par les gendarmes maritimes le 14 mars 1950. La veille, sept marins qui distribuaient à l’intérieur de l’arsenal avaient été arrêtés. Je n’étais pas avec eux : devant être démobilisé quelques semaines plus tard, je les avait laissés pour qu’ils apprennent à faire sans moi ! Interrogés, ils disent que c’est moi qui leur ai donné les tracts. Après quelques heures d’interrogatoire, je comprends qu’ils ont parlé. Je reconnais donc avoir donné des tracts… à ceux qui ont déclaré en avoir reçus ! Et j’explique que je l’ai fait pour protester contre le caractère profondément injuste de la guerre au Viêt-nam. Le lendemain, l’interrogatoire reprend. Le responsable de la sécurité maritime et les inspecteurs de police veulent me faire dire que c’est la Fédération qui m’a remis les tracts. Je ne le reconnais évidemment pas. Ils me posent également sans arrêt la même question : « Si l’armée russe envahissait notre territoire, que feriez-vous ? » Thorez venait de déclarer que le peuple de France ne combattrait pas l’Armée rouge. Je réponds que jamais l’URSS n’attaquera la France. Je suis mis en « maritime », accusé de participation à une tentative de démoralisation de l’armée française, et un juge d’instruction me demande de choisir un avocat. Je désigne Maître Scarbonchi, un avocat communiste. Trois semaines plus tard, je suis inculpé de complicité de sabotage. Je ne le sais alors pas, mais Heimburger, un mois auparavant, a lancé une poignée de meule émeri dans un bain d’huile, très probablement à l’instigation de Liebert. Il est accusé de sabotage. Mais ce geste a tellement peu de conséquence que même les experts militaires sont gênés. Mon procès s’ouvre en octobre 1950. Là, devant le Tribunal maritime de Brest, Heimburger se rétracte en disant qu’il ne veut pas laisser condamner quelqu’un à sa place. L’opération qui visait à discréditer le Parti a échoué ! Je suis innocenté de l’accusation de complicité de sabotage, mais condamné à cinq ans de réclusion pour « participation en connaissance de cause à une entreprise de démoralisation de l’armée et de la nation ». Heimburger, lui, est condamné à cinq ans de prison. Le jugement sera cassé en appel. Le deuxième procès, qui s’ouvre en juillet 1951, confirme la sentence. Je ne serai libéré qu’en août 1953, en conditionnelle. Cette opération, menée dans le contexte de la guerre froide, visait à discréditer le PCF, seule force politique en France à s’opposer à la guerre coloniale.

Actuellement, le capitalisme n’a plus de force organisée face à lui, ni en France ni ailleurs. Il n’a plus aucune raison de se gêner, et effectivement, il se déchaîne. Le PCF se détruit de lui-même, de l’intérieur. Dans les années 50, nous étions une force organisée avec une conviction idéologique. Aujourd’hui, cette force a disparu : on en voit les conséquences sur les luttes. Faut-il baisser les bras ? Non : les forces communistes existent, elle ne sont pas totalement détruites, mais elles sont éclatées. Si elles réussissaient à se reconstituer, à mener la bataille idéologique, à rassembler au delà de leurs forces, cela pourrait changer beaucoup de choses.

 

Témoignage recueilli par Caroline ANDREANI

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 10:58

Publié par Michel El Diablo

USA : La grève des raffineries touche 20% des capacités de production des Etats-Unis

USA : La grève des raffineries touche 20% des capacités de production des Etats-Unis

Le secteur du raffinage pétrolier aux Etats-Unis est entré dans sa quatrième semaine de grève, depuis le 1er février 2015, son plus important mouvement social depuis 35 ans qui, d’après les responsables syndicaux touche désormais 20% des capacités nationales de la production ; principalement commencé au Texas et en Californie, le mouvement s’étend, ensuite à l’Ohio et à l’Indiana.

Ce mouvement touche 65OO membres du syndicat United Steelworkers (USW), 15 sites dont 12 raffineries. Il résulte de l’échec des pourparlers entre Shell, porte-parole national des compagnies pétrolières, et le syndicat sur le renouvellement de la convention collective. Portant sur trois ans, celle-ci concerne quelque 30 000 salariés dans 63 raffineries représentant les deux tiers de la production nationale. Les discussions portent sur des augmentations de salaires, les effectifs, les conditions de travail et la sécurité des salariés. En effet, les compagnies emploient des travailleurs temporaires pour des opérations de maintenance.

Les négociations une nouvelle fois rompues vendredi dernier, le président du syndicat fait le constat « du refus de l’industrie de résoudre la sécurité à travers des négociations de bonne foi et ne laisse d’autre choix que d’étendre notre mouvement de grève ». Et, de fait ,la plus grande raffinerie du pays Port Arthur au Texas rejoint le mouvement samedi ainsi que deux raffineries et une usine chimique de Louisiane.

Les plus grandes compagnies en Californie, au Kentucky, au Texas et dans l’Etat de Washington sont touchées par la grève.

SOURCE:

 

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 22:37

L’hypothèse d’un “GREXIT”

24 février 2015

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La possibilité d’une sortie de la Grèce de la zone Euro, qu’elle soit voulue ou qu’elle soit subie, devient de plus en plus vraisemblable d’ici le début du mois de juillet prochain. Le fait que le gouvernement grec et l’Eurogroupe aient pu trouver un accord pour les quatre mois nous séparant de cette date ne change rien à l’affaire. Il faudra poser la question soit de l’annulation d’une partie de la dette, soit de sa transformation (en réalité un moratoire sur près de trente ans). Or, l’on sait que ces deux hypothèses sont également rejetées par l’Allemagne. Il convient donc de regarder un certain nombre de paramètres de la Grèce pour se faire une idée réelle de ce qu’un « GREXIT » signifierait.

La question fiscale

Le premier point concerne la question fiscale. On affirme que la Grèce a vécu « au dessus de ses moyens » et qu’elle doit « payer » pour ses errements passés. En réalité, quand on regarde les recettes publiques on constate d’une part que la situation de la Grèce n’était pas en 1995 différente de celles du Portugal et de l’Espagne, et qu’elle a fait un effort important de 1995 à 2000 arrivant au niveau des Pays-Bas.

Graphique 1

 A - FiscaGr1

Source : FMI

Cet effort s’est relâché de 2000 à 2004, mais il a repris par la suite et aujourd’hui la Grèce se trouve avec un même niveau de recettes que l’Allemagne, et un niveau légèrement supérieur au Portugal et aux Pays-Bas, et même très nettement supérieur à celui de l’Espagne. Bien sur, elle reste en-deçà de pays comme l’Italie et la Finlande. Mais rien n’autorise à dire que l’effort fiscal des grecs ne fut pas important, même si on peut penser qu’il est mal réparti et que proportionnellement la partie la plus pauvre de la population paye le plus.

Par contre, les dépenses publiques sont toujours restées très importantes, voire excessive. C’est en partie le problème des JO de 2004, mais pas seulement.

Graphique 2

A - FiscaGR2

Source : FMI

En fait, les dépenses publiques explosent de 2007 à 2009 sous l’influence de trois facteurs : d’une part des mesures anti-crises en 2008, mais aussi (et surtout) des libéralités du gouvernement (conservateur) pour gagner les élections de 2009 (ce qui fut politiquement un échec) et d’autre part la montée des taux d’intérêts qui commencent à créer un « effet Ponzi » de la dette. Alors que la croissance économique se ralentit et que la croissance nominale (croissance du PIB réelle x taux d’inflation) diminue, la hausse des taux, sur un volume élevé de dettes publiques, rend insupportable le poids des intérêts. En fait, ce mécanisme Ponzi (appelé ainsi car il évoque les pyramides financières où les intérêts des premiers déposants sont payés par de nouveaux souscripteurs) explique largement la montée régulière de la dette publique à partir de 2009, et une très large part de l’excès des dépenses publiques.

On sait que la Grèce a atteint un excédent budgétaire primaire (soit hors les remboursements de la dette). Cela veut dire que si la Grèce faisait défaut sur sa dette, estimant que les intérêts payés depuis 2009 ont éteint une grande partie de cette dernière, elle pourrait financer sur ses propres bases ses dépenses publiques. En d’autres termes, si la Grèce fait défaut, et si elle sort de l’Euro, elle n’a plus besoin d’emprunter pour boucler son budget. C’est un premier point qu’il faut avoir à l’esprit quand on parle d’un possible GREXIT. La Banque Centrale de Grèce n’aurait pas à monétiser des sommes importantes, ce qui exclut le risque d’hyperinflation qui est souvent avancé par les adversaires de la solution du Grexit.

Epargne et investissement.

Mais, dira-t-on, la Grèce a besoin d’emprunter pour investir. Elle ne peut se couper des marchés financiers, ce qui arriverait en cas de sortie de la zone Euro. En fait, la chute des investissements a été telle que, depuis 2013, l’épargne interne est supérieure à l’investissement.

Graphique 3

A - InvEpGR

Source : FMI

Si l’on part de l’idée que les recettes fiscales seront égales aux dépenses (et qu’il ne faudra pas emprunter pour couvrir un déficit budgétaire) ce point, bien montré dans le graphique 3 est important. En fait, jusqu’en 1994, l’écart entre les investissements et l’épargne est peu important. Cet écart devient par contre considérable à partir de 1999, très certainement à cause des investissements décidés dans le cadre de la préparation des JO de 2004, mais il continue à croître par la suite. En 2009, le flux d’épargne annule n’est que de 15 milliards alors que les investissements atteignent 37,5 milliards. Aujourd’hui, on est revenu à une situation ou la Grèce exporte son épargne. Ceci est lié à la contraction brutale de l’investissement mais cela signifie AUSSI que la Grèce peut parfaitement vivre « en circuit fermé » d’un point de vue financier. C’est un facteur important quand on cherche à évaluer la possibilité d’un GREXIT.

La question de la balance courante.

On rappelle ici que la balance courante confronte les importations et les exportations de biens et de services. On voit que la situation de la Grèce se caractérise par un léger déficit, le pays exportant environ 20-25% de son PIB. Par contre, par la suite, le déficit de la balance courante se creuse de manière astronomique, en particulier de 2004 à 2007, soit sous le gouvernement conservateur. Cette situation s’explique aussi par l’étouffement des exportations grecques du fait du renchérissement de l’Euro. La Grèce exporte à plus de 60% en dehors de la zone Euro. La hausse de l’Euro que l’on constate alors étrangle les industries et services exportant. La Grèce est, en 2013-2014, revenue à l’équilibre mais au prix d’une contraction dramatique des importations.

Graphique 4

A - BalComGR

Source : FMI

On voit ici qu’une dévaluation de 20% à 30%, rendue possible par une sortie de l’Euro aurait des effets extrêmement positifs sur l’économie[1]. L’effet d’accroissement sur le volume du PIB serait important. La Grèce pourrait donc accroître ses importations (en biens d’équipements notamment) sans compromettre l’équilibre de la balance courante.

 

Ceci confirme donc une analyse intuitive. La Grèce est AUJOURD’HUI bien plus prête à une sortie de l’Euro qu’elle ne l’était en 2009 ou 2010. Une telle sortie, accompagnée d’un défaut sur la dette et d’une dévaluation de 20% à 30% aurait pour effet de dynamiser rapidement et profondément l’économie grecque. Ceci conduirait très certainement à des gains de productivité du travail importants, qui permettrait, dès 2016, des hausses de salaire importante sans compromettre la compétitivité retrouvée de l’économie grecque.

————————————————————————————–

[1] Artus P., « Dévaluer en cas de besoin avait beaucoup d’avantages », NATIXIS, Flash-Economie, note n°365/2012, 29 mai 2012,

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