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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 16:10

rouges-vifs13

Ce gouvernement fait la même politique que l’ancien tant au niveau économique et social en France qu’au niveau de sa politique étrangère.

 

Au plan international, sans avoir tiré les leçons des désastres causés en Côte d’Ivoire, au Mali, en Libye, en Syrie ou ailleurs, le gouvernement Hollande, aux ordres de l’OTAN, persiste et signe dans sa politique guerrière et encourage en Ukraine, les forces fascistes qui luttent contre la démocratie. Les seules finances disponibles au niveau du budget de l’état semblent l’être uniquement pour faire la guerre en Afrique comme au temps fort des guerres coloniales.

 

Au plan national, il n’y a pas un seul secteur de l’activité qui échappe aux ciseaux de la politique budgétaire du gouvernement, services publics, emplois industriels, éducation, santé, protection sociale tout y passe  Quant à la protection sociale, des allocations à la retraite, il ne se passe pas un jour sans une nouvelle annonce de réduction des droits.

 

Dans les Bouches du Rhône ce sont les emplois et des secteurs d’activités stratégiques qui sont massivement attaqués : pétrochimie, métallurgie, agroalimentaire, port, SNCM ou ce sont maintenant 800 à 1000 emplois qui sont menacés, …mais aussi les services publics victimes d’un gigantesque plan de liquidation de l'emploi qui ne dit pas son nom et ce pour le plus grand désarroi des usagers de ceux-ci que nous sommes tous.

 

Il est temps de dire STOP à ces gouvernants qui mènent une véritable lutte des classes !

 

Ce gouvernement tape durement sur les travailleurs, mais dans ce département la classe ouvrière, la CGT en particulier mais aussi d’autres organisations qui agissent avec elle [1] résistent et marquent des points. Après avoir gagné à FRALIB ou ASCOMETAL le bras de fer se joue aujourd’hui entre autres aux moulins Maurel, à la SNCM et sur la réforme territoriale par laquelle l’Etat voudrait faire à terme disparaître communes et départements au profit d’énormes métropoles directement aux ordres de Bruxelles.

 

Dans ces circonstances, la journée d’action du 16 octobre appelée par la CGT est un moment privilégié pour clamer :

 

Le pays, ses industries, ses activités, n’appartiennent pas à ceux qui veulent les brader pour leurs profits mais à celles et ceux qui produisent les richesses : NOUS !

 

Le 16 octobre 2014 à 10h 30 AU VIEUX PORT 

 à MARSEILLE  réaffirmons :

 

Oui les industries et les commerces nous appartiennent !


Oui la sécu, issue de notre salaire socialisé est à nous !


Oui il faut protéger nos productions et nos emplois !


Oui il faut sortir de l’union européenne et de l’OTAN !



[1] FSU, Solidaires, Collectif 1er juin, Mouvement de la paix, NPA, PCF, PG, Rouges Vifs 13…



source : rouge midi

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 10:05

CGT-ULBourges

LE 16 OCTOBRE 2014,

toutes et tous en grève et manifestations à 


BOURGES 10 h 30 Place Séraucourt
 

 

VIERZON 10 h 30 Forum République
 

 

ST-AMAND MONTROND 11 h 00 Sous Préfecture
 

 

ST FLORENT SUR CHER 10 h 30 Place de la République
 

 

LA GUERCHE SUR L’AUBOIS 10 h 30 Place du Gal de Gaulle


Oui ça suffit ! Le patronat, avec ses complices gouvernementaux d’hier et d’aujourd’hui font la chasse aux droits des salariés, des retraités, des chômeurs, de l’ensemble de la population. Par contre, ils entretiennent l’enrichissement et les privilèges d’une infime partie de possédants. Chacun peut s’en rendre compte.

Les «experts» qui nous assènent, à longueur de journée dans les médias, que le travail est un «coût» ne connaissent en rien les conditions de vie des salariés, le monde du travail, la réalité de la précarité, des petits salaires ou pensions.

Cette classe de dirigeants est inféodée à l’idéologie capitaliste qui considère le salaire, la Sécurité Sociale, les congés, le Code du Travail, comme un coût à réduire, rabaisser sans cesse.

Sans notre travail, aucune valeur,
aucune richesse n’est créée.

C’est une réalité, les salariés doivent en être conscients et affirmer ensemble cette évidence pour refuser l’inacceptable programmé, le déclin des droits des citoyens.

Le pacte antisocial dit de «responsabilité» entraîne des milliers de personnes dans la spirale de la précarité. Ce n’est pas un mal nécessaire pour nous sortir de la crise comme le Premier Ministre nous le dit, ce sont des mesures d’austérité pour l’ensemble de la population. C’est une attaque contre notre modèle social, c’est un recul de société sans précédent. Sans exagérer, ils veulent nous ramener dans les conditions de vie et de travail du XIXème siècle :

Plus de droit pour les salariés, fini les prestations collectives pour pouvoir élever ses enfants ou encore survivre lorsqu’on recherche un emploi. Terminé les repos hebdomadaires en famille ou les vacances méritées, la durée légale du travail ou encore les RTT quand elles existent.

La Sécurité Sociale, combattue depuis sa création en 1945, est attaquée de toutes parts : par le patronat qui, en refusant d’augmenter les salaires, en licenciant à tour de bras et en réclamant encore plus d’exonérations, provoquent la chute vertigineuse des recettes, et le gouvernement qui, par sa politique de réduction des politiques publiques, assèche le développement de l’accès aux soins, de l’hôpital public au profit des cliniques ou «hôpitaux privés ».

Pour rappel, car il est nécessaire de démentir cette fausse information, le budget de la Sécurité Sociale n’est pas le budget de l’Etat. Le premier est financé par les cotisations sociales des salariés qui sont du salaire indirect, le deuxième est financé par l’impôt payé par les contribuables et les salariés dans l’entreprise.

A chaque fois qu’ils rognent sur les cotisations ou sur les prestations, qu’elles soient retraite, assurance maladie ou encore allocations familiales, ils nous font les poches.

Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2015 (PLFSS) sera soumis au Parlement dans quelques semaines.

Sous quels auspices est-il placé ?

Sous les auspices des politiques d’austérité, du libéralisme, de la poursuite et de l’amplification de choix et d’orientations qui livrent la santé, la retraite, la famille aux marchés et qui libèrent le patronat, le capital, du financement de la protection sociale, avec pour les salariés, de nouveaux reculs sociaux.

Avec le plan de 50 milliards d’€uros dit «d’économie», pour masquer la politique de désinvestissement public et financer une baisse du coût du travail pour le patronat à hauteur de 40 milliards d’€uros via le CICE (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) et le pacte de responsabilité, c’est une réduction des moyens de la Sécurité Sociale de 21 milliards sur 3 ans (2015-2016-2017).

Ainsi, le gouvernement entend ponctionner 10 milliards d’€uros sur les moyens de l’assurance maladie, dont 5 milliards d’€uros provenant de restrictions imposées aux hôpitaux comme le propose la Fédération hospitalière de France, et amoindrir de 11 milliards d’€uros les moyens des autres branches.

Pour demain, concrètement, ce sont de nouvelles baisses de prestations pour l’assuré social dans toutes les branches (maladie, vieillesse, famille), avec notamment :
Des droits à la retraite et des pensions gelées depuis le 1er avril 2014, qui ne cesseront de se déliter encore davantage,
Des besoins de santé qui passeront à la charge de l’assuré social qui aura de plus en plus de difficultés à accéder aux soins et qui y renoncera,
Des réformes de prestations familiales, tels le congé parental et la prime à la naissance, pour les réduire d’au moins 800 millions d’€uros.

Avec le PLFSS, la Sécurité Sociale est devant une nouvelle offensive qui s’inscrit dans celles d’hier, des réformes successives des retraites qui aboutissent à une baisse des pensions et à un allongement de la durée d’activité, aux plans divers de déremboursement de prestations, en passant par la fiscalisation croissante du financement des prestations via CSG, CRDS et exonération de cotisations (30 milliards d’€uros par an).

La Sécurité Sociale, depuis qu’elle existe, n’a jamais cessé d’être attaquée.

Seuls les salariés créent les richesses.

L’Union Départementale CGT a des propositions. Elles ne sont pas irréalistes :

La revalorisation immédiate du SMIC à 2.000 € bruts ; 1.500 € nets pour sortir de la précarité des millions de salariés.

• Le blocage des prix.

• L’instauration d’une réelle échelle mobile des salaires qui mettrait enfin la qualification au cœur de la reconnaissance des salariés.

• La prise en charge à 100 % des remboursements de toutes les dépenses de santé par la Sécurité Sociale.

• La possibilité d’un départ en retraite à 55 ans pour tous sans durée de cotisation.

• L’arrêt immédiat de toutes exonérations de cotisations qui ne servent qu’à licencier et fermer les entreprises.

• Des Services Publics de proximité de qualité basés sur les besoins des populations, au service des citoyens.

• Des pensions de retraite au minimum du SMIC de la CGT



Discutons-en, c’est possible !
Eh oui, cette politique conjointe du patronat
et du gouvernement nous entraîne dans la récession et dans l’austérité.

Ça suffit, mobilisons-nous !

LE 16 OCTOBRE 2014,
toutes et tous en grève et manifestations à: 


BOURGES 10 h 30 Place Séraucourt
 

 

VIERZON 10 h 30 Forum République
 

 

ST-AMAND MONTROND 11 h 00 Sous Préfecture
 

 

ST FLORENT SUR CHER 10 h 30 Place de la République
 

 

LA GUERCHE SUR L’AUBOIS 10 h 30 Place du Gal de Gaulle

 

source : facebook

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 21:31

 Sur le blog de l'UL CGT de Dieppe

 

Barrage-edf-03.jpgCommuniqué de la fédération Cgt-Mines-Énergie, du 11 octobre 2014

Dans la nuit du vendredi 10 octobre au samedi 11 octobre 2014, lors de l’examen du projet de loi pour la Transition Energétique, l’assemblée nationale a voté en première lecture l’article du texte de loi permettant la privatisation du secteur hydroélectrique français.

Mr Chassaigne, au nom du groupe GDR a demandé un scrutin public afin que chacun se positionne sur un sujet d’une telle importance.

Si L’UMP n’a pas participé au vote, étant absente de l’hémicyle car elle avait épuisée son temps de parole, nous rappelons que le processus de l’ouverture à la concurrence des barrages hydrauliques avait été enclenchée sous un gouvernement de droite

Néanmoins, la rapporteur Mme Battistel (PS) avait noté dans un rapport à l’assemblée la dangerosité d’un tel procédé pour la sécurité du système électrique français, pour la gestion de l’eau .

Ce rapport avait également pointé le manque de réciprocité puisque la France serait le seul pays à offrir à la concurrence ce joyau. Pourtant, et malgré l’opposition des organisations syndicales du secteur, les députés PS, EELV et UDI se sont retrouvés lors de ce vote qui fera date. Mme la Ministre a réussi l’exploit à faire passer un montage ou le public ne serait plus propriétaire qu’à 34% de ces moyens de production pour une reprise en main par un pôle public ! (aujourd’hui ces barrages sont pour 80% d’entre eux exploités par EDF possédé à 85% par l’Etat et pour le reste à 51% propriété publique……..)

Résultat : 32 votants pour la privatisation 29 contre 3.

Les usagers paieront la facture...

La CGT Mines-Énergie

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 17:19

Président blanc et liberté blancheLes États-Unis, mieux qu’aucun autre pays, sont passés maîtres dans l’art d’entretenir les mythes liés à leur histoire. Le rêve américain est un concept qui remonte à l’arrivée des pèlerins, au XVIIème siècle. Aujourd’hui, il repose sur trois éléments majeurs : l’espoir d’une vie prospère, l’égalité comme valeur fondamentale et le sentiment d’appartenance à une Nation à nulle autre pareille.  Les discours du président Obama évoquent ces thèmes de mérite personnel et de possibilité de mobilité sociale pour l’ensemble de la population.

Pourtant, tout ce qui brille n’est pas forcément de l’or et deux mandats successifs d’un président noir ne suffisent pas à effacer les blessures indélébiles d’un passé violent, expansionniste et profondément raciste. Cinquante ans à peine se sont écoulés depuis la signature par Lyndon Johnson du Civil Rights Act déclarant de fait illégale la discrimination reposant sur la race, la couleur, la religion, le sexe ou l’origine nationale. Cinquante ans qui n’ont guère faire bouger les lignes. Le pays reste plus que jamais divisé sur une base ethnique en ce qui concerne le revenu, l’instruction, la santé et la possibilité d’ester ou de se défendre en justice. Récemment, l’actrice noire américaine Danielle Watts, qui a campé le rôle d’une esclave dans Django unchained, a vécu une interpellation de plus humiliantes. Alors qu’elle se trouvait avec son mari dans leur voiture dans un quartier chic de Los Angeles, des policiers sont intervenus pour les interpeller pendant qu’ils s’embrassaient. Les forces de l’ordre ont expliqué avoir reçu l’appel d’un résident qui dénonçait une « exhibition indécente d’un homme et d’une femme à l’intérieur d’une Mercedes avec une porte ouverte ». Les policiers n’ont pas reconnu l’actrice et ont pensé que la jeune femme était une prostituée noire qui embrassait son client blanc. Ces choses sont fréquentes dans la très démocratique Amérique ; elles finissent souvent très mal lorsqu’il s’agit non pas de personnes publiques mais de pauvres hères.

C
et été, un jeune noir américain, Michael Brown, était arrêté à Ferguson parce qu’il marchait sur la route et non pas sur le trottoir. Il rentrait de faire ses courses, accompagné par un de ses copains. Il est alors abattu par un policier. Pour défendre Darren Wilson, l’agent blanc qui a tiré, le chef de la police locale invoque l’agressivité dont aurait fait preuve la victime. Mais Brown n’était pas armé, et son copain affirme que le policier a fait feu alors qu’il avait les mains en l’air. L’autopsie pratiquée à la demande de la famille du jeune homme montre qu’il a été touché par six impacts de balle, dont deux à la tête. Les résultats montrent que la balle responsable de la mort laisse supposer que la victime se tenait tête baissée, un signe de reddition au moment du coup de feu. La flambée de colère qui a suivi  serait incompréhensible si l’on se bornait à l’expliquer à travers les seules circonstances de la tragédie.

« Si l’attitude de la police fut l’étincelle qui a déclenché l’explosion de Ferguson, la pauvreté et le désespoir en sont les causes essentielles », révèle le journaliste du Saint-Louis Post-Dispatch, David Nicklaus. Dans le quartier où Brown a été abattu, habité à plus de 70 % par des Noirs, le revenu annuel moyen ne dépasse pas 27.000 dollars (21.500 euros). Et si l’on observe l’évolution des salaires perçus, les chiffres ne sont pas beaucoup plus folichons. Selon les statistiques officielles, les revenus des habitants ont chuté de 30 % depuis l’an 2000. Au même moment s’affiche une insolente richesse dans les quartiers huppés de Saint-Louis habités quant à eux par des Blancs. 

Les États-Unis ne sont donc pas ce pays libre et tolérant que les scénarios de films hollywoodiens voudraient nous faire croire. Le racisme de l’époque de l’esclavage a persisté même après son abolition. Si les Noirs américains représentent 12 % de la population américaine, ils forment 42 % du fameux couloir de la mort. Le déséquilibre est encore plus frappant si l’on considère l’origine des victimes : un Noir qui a tué un Blanc a beaucoup plus de chance d’être exécuté qu’un Blanc qui a tué un Noir. Au niveau national, la majorité des victimes ne sont pas blanches. Pourtant, 80 % des sentences sont prononcées à l’égard des meurtriers d’Américains blancs. Par ce constat, on remarque d’une part que la peine de mort est un dispositif majoritairement au service des personnes de couleur blanche et d’autre part, que la vie n’a pas le même prix selon la couleur de la peau ou les capacités financières de chacun.

Le fossé entre Noirs et Blancs s’exprime aussi sur le terrain social. Entre 1984 et 2007, l’écart entre les uns et les autres a été multiplié par quatre, les foyers blancs à moyens revenus étant bien plus riches que les foyers noirs qui sont au plus haut de l’échelle. « Même lorsqu’ils font tout ce qu’il faut - c’est-à-dire étudient, travaillent dur, ont une bonne paie – les Afro-Américains ne peuvent atteindre le niveau de richesse de leurs collègues blancs, et cela se traduit par une grande différence de chances dans la vie », écrit dans un communiqué Thomas Shapiro, coauteur d’une étude publiée en 2010 par l’université de Brandeis (Massachusetts).

De même que les peuples d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et du monde arabe sont témoins de la brutalité des États-Unis en dehors de ses frontières, ces mêmes communautés sont confrontées à l’exploitation raciste et coloniale à l’intérieur de ses frontières. Ces deux phénomènes sont inextricablement liés. L’Empire s’est construit sur le dos des esclaves noirs et le génocide des Noirs ainsi que sur la colonisation et le génocide des peuples indigènes. Ceux qui pensent que le destin des peuples aux États-Unis est lié aux partis de la classe dirigeante (les Républicains et les Démocrates) vivent dans l’illusion. La défaite de l’Empire américain n’arrivera que par la lutte et par l’organisation du peuple émergeant à travers les soulèvements et la colère des communautés contre l’injustice.

Capitaine Martin 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 14:08

Lu sur le Monde.fr 

"L'armée turque bombarde des positions rebelles du PKK

Le Monde.fr avec AFP

 

L'opération intervient quelques jours après les émeutes de la communauté kurde en Turquie.

Les chasseurs de l'armée de l'air turque ont bombardé, lundi 13 octobre, des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui attaquaient depuis trois jours un poste des forces

de sécurité turques dans le village de Daglica (sud-est), selon les services de sécurité.

Cette opération – une première depuis le cessez-le-feu décrété par les rebelles kurdes en mars 2013 – intervient quelques jours après les émeutes qui ont enflammé la communauté kurde dans toute la Turquie, faisant au moins 34 morts, des centaines de blessés et de très importants dégâts matériels.

Dans la région voisine de Tunceli, des hélicoptères d'attaque turcs ont également ouvert le feu lundi contre d'autres unités du PKK après des affrontements entre rebelles et armée signalés autour de Geyiksuyu, selon les médias turcs.

Ces manifestations ont été provoquées par le refus du gouvernement islamo-conservateur turc d'intervenir militairement pour sauver la ville kurde syrienne de Kobané, assiégée depuis des semaines par les djihadistes du groupe Etat islamique (EI)."


Notre commentaire.  L'article est alambiqué et embarrassé. A la suite de quelles manoeuvres de l'armée turque, des affrontements ont-ils eu lieu avec les Kurdes du PKK ?  Le président turc, Erdogan,  cherche visiblement, à la faveur de l'émergence islamiste à ses frontières et en territoire kurde en Syrie et en Irak, à liquider son opposition kurde.

Or, que dit la France ? Depuis que le prétendu Etat islamique fait régner la terreur en Irak et en Syrie, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, est beaucoup plus silencieux que lorsqu'il appelait à une intervention armée en Syrie.  N'est-il pas de ceux qui ont favorisé l'armement des rebelles syriens que les chancelleries occidentales et américaines savaient pertinemment très largement infiltrés par les islamistes ?  Mais il fallait à tout prix, à n'importe quel prix, faire tomber Bacher Al Assad pour contrôler cette région au profit du camp occidental avec l'aide de la Turquie qui favorisait les passages d'islamistes et d'armes vers l'armée syrienne libre... Ils n'ont décidément rien appris de ce qui s'est passé en Afghanistan.  Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Ukraine ... Ces gens là sont dangereux. Pendant ce temps-là les actionnaires des industries de l'armement, aux Etats-Unis, en France, au Royaume-Uni comptent leurs dividendes.  Et chaque fois que Laurent Fabius, avec Obama, Hollande ... et BHL, joue les va-t-en guerre, ces dividendes grimpent, grimpent ... 

Les Français ont intérêt à les arrêter avant qu'il ne soit trop tard.  La sortie de l'OTAN est, pour la France, plus que jamais nécessaire.

Un autre article sur Figaro.fr.  Plus détaillé.

"En Turquie, l'armée bombarde des positions kurdes

Ces bombardements marquent la fin du cessez-le-feu entre rebelles kurdes et Turquie datant de mars 2013. Il a volé en éclat ces derniers jours, victime d'un contexte régional chauffé à blanc par le siège de la ville de Kobané.

L‘aviation turque a bombardé plusieurs positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dans le Sud-Est de la Turquie. Depuis trois jours, des attaques avaient été lancées depuis les zones visées contre un poste des forces de sécurité turques. Dans le même secteur, des hélicoptères de l'armée ont ouvert le feu sur d'autres combattants du PKK, qui s'accrochaient avec l'armée.

Les négociations entre le PKK et les autorités turques sont mises à mal depuis le début du siège de Kobané. La communauté kurde de Turquie, composée de 15 millions de personnes, s'est enflammée, il y a quelques jours, pour dénoncer le refus du gouvernement turc de sauver cette ville, qui compte la troisième communauté kurde de Syrie. Au cours de ces émeutes, 34 personnes ont perdu la vie et des centaines ont été blessées. Kobané, située le long de la frontière turco-syrienne, menace de tomber sous le giron de l'État islamique qui mène l'assaut depuis un mois. L'armée turque, postée à quelques centaines de mètres ne bouge pas. S'inquiétant du renforcement des forces kurdes, elle empêche ceux qui souhaitent participer à la défense de la cité de passer la frontière.

«Pas d'accord contre le sang de Kobané»

Des négociations avaient été entamées en 2012 pour tenter de mettre fin à une révolte qui a coûté la vie à 40.000 personnes depuis ses débuts, il y a 30 ans. Plusieurs avancées ont pu avoir lieu: droit d'utiliser la langue kurde, création d'une chaîne de télévision kurde, fin de l'état d'urgence… Les négociations portaient également sur le désarmement des combattants et la libération de prisonniers.

Le leader historique des Kurdes, Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 15 ans, a prévenu que la chute de la ville de Kobané annoncerait la fin du processus de paix. L'actuel leader du PKK, Cemil Bayik, a récemment déclaré que les «négociations [avec les Turcs] ne pouvaient se tenir alors qu'ils sont en train de créer les conditions d'un massacre à Kobané […] Nous ne scellerons pas un accord contre le sang de Kobané.» Dans un autre entretien, il avertissait: «Si la Turquie continue dans cette voie, nous reprendrons notre guérilla pour défendre notre peuple»

Erdogan inflexible

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan a condamné les récentes attaques du PKK, évoquant l'action de «voyous» à la solde d'une «organisation terroriste» (le PKK) et dénoncé une tentative de «sabotage» des pourparlers qu'il a promis, lui, de sauver.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a de son côté accusé le PYD (Parti de l'union démocratique, parti politique kurde de Syrie) d'avoir «torturé» les réfugiés kurdes qui ont fui l'offensive sur la ville de Kobané. «Nos frères (kurdes) sont venus ici (en Turquie) pour échapper à la pression du PYD. Ils ont imposé une très forte pression sur ceux qui ne partagent pas leurs opinions à Kobané».

Depuis 2012, les Kurdes avaient commencé à retirer leurs forces dans leur base des monts Kandil, en Irak. Un mouvement stoppé il y a un an devant le manque d'empressement d'Ankara à faire progresser les réformes. Depuis quelques temps, un mouvement inverse s'est mis en place afin d'apporter des combattants à Kobané et des manifestants lors des émeutes prokurdes."

 


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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 08:15

2014-Ebola-medecins-Cubains.jpgConférence à Genève le 12 septembre dernier, avec le ministre de la Santé cubain, Roberto Morales Ojeda.

C'est le Wall Street Journal — le journal de la finance mondialisée — qui le dit:

"Il n'y a aucune comparaison entre la faible implication des pays européens et des Etats-unis, et la forte implication de Cuba pour lutter contre le virus Ebola."

Mais est-ce si étonnant ? Non !

Car en 2014, la France n'est plus en capacité de former suffisamment de médecins par ses propres moyens: elle importe chaque année 25% de ses nouveaux praticiens, qui sont des médecins formés principalement en Algérie, en Roumanie et en Belgique. Les régions se desertifient ! On en arrive aux expédients !

Car en France c'est le règne du "Numérus Clausus" depuis 40 ans ! Voulu par les technocrates pour réduire les dépenses de santé des Français la conséquence du numérus clausus c'est que l'on forme, en 2014, moins de médecins en France qu'on en formait en 1971, alors que la population française est passée de 50 à 65 millions d'habitants !!!

Donc, pas étonnant qu'avant de penser à soutenir les pays émergeants, la France s'occupe d'elle-même, car elle n'a plus les moyens de s'occuper des autres, et donc pour s'occuper d'Ebola!

Aussi, pour la CGT, est-il urgent d'agir pour défendre notre sécurité sociale ! Tous dans l'action le 16 octobre !

A noter que cette information, sur la forte implication de Cuba en Afrique, a été relayée par de de nombreux médias français, comme Le Figaro, La Croix, le Monde, l'Humanité, etc.

Lire sur notre site:

> Santé: La polémique sur les "sans dents" occulte le fait que la France fait former de plus en plus ses médecins à l'étranger.

> Seine-Maritime: 152 jours d’attente en moyenne pour un rendez-vous chez l’ophtalmo

L'article du Wall Street Journal

"Les docteurs cubains en première ligne dans la lutte contre le virus Ebola.

L'île caribéenne surpasse les grands pays dans l'envoi de personnel médical : un partenaire improbable pour les Etats-unis

Alors que le risque est croissant qu'Ebola puisse s'envoler vers d'autres cieux, les Etats-unis appellent les nations du monde entier à envoyer des docteurs, des infirmières en Afrique occidentale, où des milliers de vie sont en jeu. Rares sont ceux qui ont répondu à l'appel, un pays a répondu en force : Cuba.

Dans les semaines qui ont suivi l'envoi par le président Obama de près de 4 000 troupes en Afrique occidentale, la lutte pour éradiquer Ebola a créé des tandems insolites. Rien n'est plus étrange que le spectacle de médecins cubains rejoignant les militaires américains pour lutter contre Ebola en Afrique occidentale. Cuba est depuis longtemps dans une relation de conflit avec son voisin du nord : les Etats-unis.

Les puissances émergentes comme la Chine, l'Inde, la Russie font des affaires en Afrique, mais leurs contributions à la lutte contre l'épidémie d'Ebola ont été plutôt décevantes jusque-là. Et les nations bénéficiant des meilleurs systèmes de santé ont fourni une aide trop faible, trop tardive à la crise, selon les leaders des pays touchés par Ebola.

Jeudi, le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à une « multiplication par 20 de l'aide », comprenant « un personnel de santé bien formé ».

« La réponse internationale a été lente », a déclaré la présidente du Liberia Johnson Sirleaf. Jeudi, elle a plaidé pour l'envoi de plus de personnel médical, s'adressant depuis la capitale Monrovia à la conférence de la Banque mondiale à Washington. « Plus que jamais, nous avons besoin de personnels qualifiés et dévoués pour participer à la lutte contre Ebola ».

Cuba a répondu à cet appel. Elle a envoyé 165 travailleurs de la santé au Sierra Leone, durement touché, un nombre exceptionnellement élévé pour une petite île de 11 millions d'habitants. Ils ont rejoint les travailleurs médicaux en Afrique occidentale de plusieurs nations qui sont sous les auspices des groupes d'assistance. Médecins sans frontières (MSF) doit que près de 250 travailleurs médicaux internationaux se trouvent la région et près de 3 000 contre Ebola sur place dans son ensemble.

Cuba joue depuis longtemps un rôle énorme en Afrique, envoyant des troupes pour lutter afin de bouter l'armée sud-africaine de l'Apartheid hors d'Angola, et entrainant des guérillas qui ont rejoint la lutte armée de Nelson Mandela contre l'apartheid. Au début des années 1960, Che Guevara s'est rendu en Afrique pour fomenter une révolte dans la tout juste indépendante République démocratique du Congo – bien qu'il ait jugé par la suite qu'ils étaient peu intéressés par le socialisme mondial et plus par le brigandage.

« Nous ne pouvons libérer nous-mêmes un pays qui ne veut pas combattre », a-t-il écrit dans une lettre découragée au leader cubain Fidel Castro.

En revanche, le médecin argentin devenu révolutionnaire cubain a suggéré que Cuba y envoie autre chose : les docteurs. Depuis, Cuba envoyé des dizaines de milliers de travailleurs de la santé à l'étranger. Le pays a envoyé 2 500 travailleurs de la santé au Pakistan après le tremblement de terre de 2005, et 1 500 à Haiti après le séisme de 2010, a déclaré Jorge Delgado Bustillo, responsable de la Brigade médicale cubaine au Sierra Leone.

En comparaison, les 165 médecins représentent presque une réponse prudente.

« Nous travaillons sur la malaria, le choléra, la dengue, une situation de désastre, inondations au Vénezuela, au Guatemala, au Belize », dit M.Bustillo. « Mais Ebola ? C'est une première pour les Cubains ».

Dans un discours datant de ce mois-ci, M.Castro semblait rappeler les exploits militaires de Cuba face au déploitement de docteurs au Sierra Leone. Il les a nommé « une armée de blouses blanches » et a lancé : « Honneur, gloire à nos combattants valeureux de la cause de la santé et de la vie ! » selon les extraits de son discours publié dans le journal Granma.

Les Cubains minimisent l'idée de toute rivalité avec les Américains. « Contre Ebola, nous devons travailler avec tout le monde », dit M.Bustillo. « Les Etats-unis ? Oui, nous pouvons le faire ».

Mercredi, le drapeau cubain flottait sur le mur du palais des congrès ici, alors que les docteurs bouillant d'impatience sur leurs chaises, attendant plus d'une heure que le gouvernement du Sierra Leone ne les accueille officiellement.

Un officiel australien de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chargé de les formes sur Ebola, les regardait avec inquiétude alors que les Cubains multipliaient les mains serrées, les tapes dans le dos et autres gestes hasardeux quoique sincères. Les officiels mettent en garde : Ebola peut se diffuser au contact, le virus peut avoir comme vecteurs des fluides corporels tels que la sueur.

« Ce sont des gens très calins (sic) », dit Katrina Roger, responsable technique à l'agence de l'ONU. « Demain, on va leur expliquer pourquoi il faut qu'ils arrêtent de serrer des mains et de se partager les choses qu'ils touchent ».

Le secrétaire d'Etat John Kerry, mercredi, a demandé à ce qu'un plus grand nombre de nations envoie des travailleurs de la santé ainsi que d'autres formes d'aide. « Nous avons besoin de gens pour aller plus loin », a-t-il dit.

Que les Etats-unis se trouvent désormais depéndants de leur rival de Guerre froide souligne la réponse humanitaire dissymétrique à l'épidémie d'Ebola. Les USA sont la première nation donatrice, ayant promis d'envoyer près de 4 000 soldats et près de 400 millions de $ en aides diverses. Ils ont envoyé 65 responsables du Service public de santé pour former un service Ebola auprès des agents de santé au Liberia. Plus de 2 600 volontaires de santé ont accepté, sur le site du gouvernement, d'aller en Afrique pour aider les organisations de santé sur place.

Le premier partenaire commercial de l'Afrique, la Chine, a dit qu'elle fournirait 1 millions de $ en cash, 2 millions de $ en nourriture et spécialistes pour chacun des pays suivants : Liberia, Sierra Leone et Guinée.

Le géant asiatique envoie aussi 170 travailleurs de la santé au Liberia, a déclaré l'agence de presse Xinhua. Actuellement, 58 chinois forment une équipe de traitement d'Ebola et de tests sanguins, dans une clinique construite par les Chinois. Sur ces 58 personnes, 35 sont des conducteurs, personnels techniques et cadres, selon Guo Tongshing, chef de la clinique.

L'Inde, qui a d'importants liens commerciaux et des connections aériennes avec l'Afrique occidentale, a récemment promis de contribuer à hauteur de 12,5 millions de $ mais sans envoyer de personnel médical. Le Brésil, qui courtise depuis près d'une décennie les nations africaines, a donné 413 000 $.

La Russie, qui cherche aussi à raviver certains liens issus de la Guerre froide, a envoyé une équipe de huit virologistes en Guinée, jadis un avant-poste soviétique, et des vêtements de protection.

L'Afrique du sud – un pays désireux d'affirmer son rôle de leader sur le continent – a envoyé un laboratoire mobile au Sierra Leone. Il n'y a aucune trace de contribution monétaire venant de ce pays.

Les travailleurs de la santé africains sont intégrés à la riposte, toutefois. L'Union africaine a envoyé 75 travailleurs de la santé, et l'Ouganda, qui a une expérience certaine avec Ebola, en a envoyé 15.

Pendant de temps, le Japon, troisième économie du monde après les Etats-unis et la Chine, envoie 40 millions de $ pour la cause, mais pas de personnel. Toyota envisage de donner des voitures pour aider au transport des patients.

Même la France, le pays européen qui dispose du plus grand nombre de bases militaires en Afrique, a été lent à envoyer des personnels médicaux. L'ancienne puissance coloniale construira et gérera une clinique de 50 lits en Guinée, avec 15 médecins français envoyés sur place, en plus des volontaires de la Croix Rouge, d'après ce qu'a dit l'agence publique gérant les réservistes médicaux.

La Grande-Bretagne envoie 750 personnes pour aider à construire des dizaines de cliniques au Liberia et au Sierra Leone. Les cliniques sont nécessaires pour isoler les patients de leurs familles et briser la chaîne virale de transmission. Mais on ne sait toujours pas clairement qui gérera ces cliniques.

Le Liberia a besoin à lui seul de près de 10 000 travailleurs de la santé qualifiés, et un nombre similaire est nécessaire au Sierra Leone, d'après ce qu'en dit le gouvernement américain. Jusqu'à présent, la plus grande brigade médicale, c'est celle de Cuba au Sierra Leone.

« Cuba est le seul pays, à ma connaissance, à répondre avec des ressources humaines, en termes de médecins et d'infimières », déclare Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de l'Union africaine et ex-femme du président sud-africain Jacob Zuma.

Ce ne sera pas suffisant, affirme Abdoulaye Baratay, porte-parole du gouvernement sierra-léonais : « Même si nous apprécions les Cubains (…) nous pensons qu'à la vitesse où le virus se répand, nous aurons besoin de plus de gens sur le terrain ».

Les gouvernements, Chine compris, se plaignent du fait qu'ils n'ont tout simplement pas assez d'expérience avec Ebola pour envoyer du personnel en nombre : « c'est un grand défi pour nos scientifiques », a affirmé Qian Jun, chef d'équipe du Centre chinois pour le contrôle de la maladie dans l'équipe du laboratoire mobile au Sierra Leone.

En fait, il n'y avait aucune station pour se laver les mains et les pieds à l'arrivée de l'équipe Ebola chinoise dans la capitale du Sierra Leone, Freetown, une mesure de sécurité vitale. Par contre, il y avait une famille de chats vivant dans l'embrasure de la porte, l'un dormant sur les marches.

« Chaque jour qui passe, nos médecins, nos infirmières viennent à l'heure ici », déclare M.Guo, chef de la clinique. « Mais parfois, les Sierra-léonais, eux, ne viennent pas ».

Voilà le vide que remplit Cuba. Tandis que les consultants du Centre américain pour le contrôle de la maladie et sa prévention sont longés à l'hôtel Radisson Blu – 200 $ la nuit – les 165 médecins cubains vivent à trois dans une salle dans un des hôtels bon marché de Freetwon. Les toilettes de l'hôtel sont cassés. Les mouches bourdonnent autour de nappes sales, sur lesquels les Cubains mangent sur le pouce.

« Ce n'est pas le Sierra Leone qui a besoin de nous », dit Yosvany Vera, docteur cubain de 36 ans se frayant un chemin, un plat graisseux de riz à la main : « c'est le monde qui a besoin de nous ».


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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 08:12

assises-communistes

DÉCLARATION COMMUNE

En Ukraine, le gouvernement « socialiste » soutient un régime ouvertement pro-nazi qui provoque la Russie, interdit et persécute le Parti communiste ukrainien, discrimine les russophones et bombarde le Donbass ouvrier en quête d’autonomie. Au Sommet de l’OTAN, Hollande a poussé à la roue pour que l’OTAN, étroitement associé à l’Union Européenne, aggrave sa dangereuse pression sur la Russie, seconde puissance nucléaire mondiale et poursuive sa politique d’encerclement straté-gique de ce pays : c’est littéralement jouer avec la guerre mondiale. 

En Syrie et en Irak, le gouvernement Hollande s’associe - sans le moindre débat parlementaire - à la coalition montée par Washington, soi-disant pour en finir avec l’Etat Islamique. En réalité, cet « Etat » de bouchers et de tortionnaires est une créature monstrueuse des politiques impérialistes qui ont poussé à la guerre civile en Syrie en prenant appui sur les pétromonarchies féodales et intégristes du Golfe persique. Le but réel des impérialistes n’est pas de restaurer, mais de liquider totalement les Etats irakien et syrien comme on l’a déjà vu en Libye, où sous prétexte de protéger les populations ci-viles, la coalition franco-anglo-américaine a détruit l’Etat exis-tant en laissant le terrain aux mafieux et aux intégristes. Et c’est maintenant Le Drian qui, mettant ses pas dans ceux de Sarkozy, pousse à une seconde intervention en Libye avec un résultat prévisible : l’aggravation de l’instabilité dans toute la région, y compris en s’attaquant à l’Iran. 

En Afrique, non seulement l’intervention française n’a « pacifié » ni le Mali, ni le Centrafrique, mais la situation y est plus grave que jamais. 

Quant à la situation en Palestine, malgré quelques propos hypocrites sur la situation humanitaire à Gaza, jamais on n’aura vu un gouvernement aller aussi loin dans le blanc-seing à la politique grossièrement colonialiste, raciste et criminelle de Tel-Aviv ! Face au véritable massacre des populations civiles palestiniennes par Israël, l’Exécutif français a honteusement renvoyé dos à dos les agresseurs et leurs victimes, les occupant et les résistants. La déstabilisation des Etats du Moyen-Orient permet à l’Etat d’Israël de poursuivre ses crimes de guerre comme à Gaza et à refuser un Etat au peuple palestinien. Cette nouvelle offensive à Gaza n’a pu se concrétiser qu’avec le soutien des USA et notamment du Gou-vernement français. 

La réalité est que le gouvernement Hollande, totalement inféodé à l’OTAN, à l’UE atlantiste et à la stratégie visant à intégrer la République française dans l’Union transatlantique hégémonique (ce qui répond à l’exigence du MEDEF qui proclame ouvertement son « besoin d’aire ») piétine à la fois la souveraineté des peuples étrangers et celle du peuple français. Celui-ci ne veut pas la guerre tous azimuts à l’étranger, il veut le règlement des problèmes sociaux, la restauration de sa souveraineté nationale et la coopération pacifique avec tous les peuples. 

Plus que jamais il faut imposer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à coopérer à égalité, refuser les aventures impérialistes en Afrique, au Proche-Orient et en Europe orientale, s’opposer à la mise en place d’un Empire euro-atlantique menaçant la paix mondiale, exiger que les sommes énormes dilapidées dans les guerres impérialistes soient utilisées pour l’emploi, le pouvoir d’achat populaire, le logement social, les services publics, la Sécu, les retraites, etc. 

Plus que jamais le mouvement ouvrier et populaire, à l’instar des cheminots et des pilotes d’Air France, doit relever la tête pour stopper l’offensive prédatrice libérale du MEDEF et du pouvoir socialiste et reconquérir sa souveraineté pour décider de son destin. 

Plus que jamais, sans la moindre illusion sur la prétendue « Europe sociale, démocratique et pacifique », les organisations participant aux Assises du Communisme appellent les communistes et les progressistes à militer pour que la France sorte de l’euro, de l’Union Européenne, du Grand Marché Transatlantique et de l’OTAN, antisociale, supranationale, antidémocratique et belliciste, à se battre contre l’impérialisme et donc pour la paix !

10 octobre 2014

 

Lu sur le blog Réveil Communiste

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 22:05

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Article pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/ *

 

Le Mexique est rempli d'effroi. Ce 26 septembre, entre 49 et 63 étudiants ont été massacrés dans l'Etat de Guerrero, au sud du pays – par une alliance sordide entre la police locale et des gangs mafieux. Pour nos dirigeants, il n'y a pas de quoi s'émouvoir dans un pays soumis aux intérêts américains.

 

C'est sans doute le plus grand massacre de militants étudiants au Mexique depuis le tristement fameux 2 octobre 1968 – juste avant les Jeux olympiques – quand le pouvoir avait assassiné 300 étudiants sur la place centrale de Mexico.

 

« Disparus », « massacres », « gangs para-militaires » : bienvenue dans la « démocratie » au Mexique en 2014 !

 

Nous sommes en 2014, et on parle de « disparus », de « massacres », d' « escadrons de la mort ». Et on est au Mexique, présenté comme une « démocratie » en Europe, partenaire économique modèle – car soumis aux USA – dans le Traité de libre-échange nord-américain (ALENA).

Dans ce pays « démocratique », ce 26 septembre, dans le village d'Ayotzinapa, Etat de Guerrero, 6 étudiants ont été tués de sang froid par la police locale qui empêchait le bus des étudiants-professeurs syndicalistes, marqués à gauche, de l'Ecole normale de sortir de la Gare centrale pour se rendre à une mobilisation sociale dans la ville de Chilpancingo.

 

Des 43 « disparus » aux fosses communes

 

RTR49ATL.jpg57 autres ont été arrêtés – ce que confirment les caméras de sécurité –, emmenés au poste de la police de la ville d'Iguala puis portés « disparus » le lendemain. La presse locale fait état par la suite de 43 « disparus ».

Hélas, l'incertitude ne dure pas longtemps. Le 4 octobre, quatre fosses communes révèlent le corps de 28 jeunes gens, calcinés, méconnaissables, mais rapidement identifiés comme correspondant à ceux des « disparus ». Le sort des autres ne fait plus aucun doute.

Le lendemain, 5 octobre, deux tueurs membres du gang mafieux « Guerrero unidos » – lié au puissant cartel de la drogue Beltran-Leyva – reconnaissent en avoir tué au moins 17, les avoir torturés puis ensuite avoir brûlé leurs cadavres.

 

Les liaisons dangereuses : gangs mafieux et police locale

 

Depuis, l'enquête lancée par le Procureur général révèle les liaisons dangereuses entre pouvoir local et trafiquants de drogue

Concernant le massacre, c'est le chef de la sécurité locale qui a donné l'ordre d'arrêter les étudiants – en coordination avec des hommes du gang « Guerrero unidos » – mais ce seraient les mafieux qui auraient décidé finalement de les tuer. Telle est la version officielle. 

Au sens le plus large, il apparaît désormais que la police locale (comme celle régionale) est organiquement liée aux gangs mafieux, para-militaires : 30 policiers ont été identifiés comme proches du gang, 22 arrêtés car impliqués directement dans le massacre. Du sang des étudiants a même été retrouvé sur plusieurs voitures de police.

 

Cela ne se limite pas à la police. Le maire d'Iguala (troisième ville de l'Etat) José Luis Abarca ainsi que sa famille se révèlent avoir conclu un pacte de pouvoir avec les trafiquants de drogue, collaborant avec la police locale pour intimider les opposants, en échange de l'impunité sur leurs kidnappings, cambriolages, racket des commerçants locaux et trafic de drogue naturellement

Actuellement, le maire d'Iguala, comme le chef de la sécurité locale sont en fuite. De plus en plus, l'étau se resserre également sur le gouverneur régional. Mais les responsabilités de l'Etat fédéral ne peuvent être éludées non plus.

 

Entre 50 et 100 000 manifestants dans la rue :

syndicats étudiants, zapatistes, militants communistes

 

A l'ampleur du massacre a répondu l'ampleur de la mobilisation de solidarité, de l'hommage venant de l'ensemble de la gauche militante mexicaine, avec sans doute entre 50 et 100 000 militants dans les rues.

 

Miles-Ciudad-Mexico-Iguala-DPA_CLAIMA20141009_0141_27.jpgCe mercredi 8 octobre, on comptait 15 000 manifestants à Mexico qui ont occupé la place centrale du Zocalo exigeant la justice, militants étudiants mais aussi syndicalistes ouvriers et paysans.

A Chilpancingo, ville majeure de l'Etat de Guerrero, 10 000 manifestants étudiants et enseignants ont participé à une marche de la colère.

Dans l'Etat de Guerrero, les militants du Parti communiste du Mexique (PCM) ont occupé le siège du gouvernement de l'Etat de Guerrero.

Enfin, dans le Chiapas, les militants de l'EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) ont manifesté dans le silence, ils étaient 20 000 dans les rues de San Cristobal de las Casas, fief des révolutionnaires zapatistes.

 

Pourquoi s'indigner face à si peu au Vénézuela, en Chine, et se couvrir de silence au Mexique ou en Colombie ?

 

Les jeunes communistes français ont de quoi être indignés, révoltés même par le traitement médiatique ici, inexistant, de ce scandale.

On se souvient du battage contre le Vénézuela révolutionnaire au printemps, quand des manifestants étudiants violents ont embrasé Caracas, causant la mort de 6 manifestants dans des scénarios de guerre de rue. On remarque aujourd'hui la condamnation de la Chine qui n'a pas tué le moindre manifestant étudiant à Hong-Kong, dans des troubles à l'agenda politique peu clair.

Ici, au Mexique, on abat de sang-froid 49 étudiants désarmés, pacifiques, avec la complicité de la mafia locale, mais rien de nouveau dans la « démocratie » du Mexique, comme on parle de démocratie en Colombie, le pays au monde où on tue le plus de syndicalistes par an.

 

Mexique, un pays à la dérive depuis l'Accord de libre-échange avec les USA : misère, émigration, casse de la production et dépendance américaine

 

Le Mexique, au moins depuis 1994 et l'Accord de libre-échange avec les Etats-unis (ALENA), est un pays à la dérive : l'image même du capitalisme du désastre, alors que ce fut des années 1960 aux années 1980 un pays relativement développé, indépendant.

Aujourd'hui, c'est un pays qui connaît la misère et la famine : 53 % de la population (63 millions de personnes!) sont pauvres, alors que le pays abrite l'homme le plus riche du monde : Carlos Slim.

Le pays – longtemps auto-suffisant en produits alimentaires – connaît désormais la famine, comme l'a révélée la « crise de la tortilla » en 2007, où les Mexicains ne pouvaient plus acheter leur plat de base, victime de la spéculation internationale.

C'est un pays qui brade ses ressources naturelles aux multi-nationales. Ont déjà été vendus les banques, la sidérurgie, les chemins de fer, les télécoms, l'électricité. Maintenant, c'est le joyau national qui va être vendu aux multi-nationales américaines : le pétrole

 

C'est un pays soumis aux intérêts des Etats-unis qui ont cassé l'appareil productif national, et contraint son peuple à la migration de masse.

L'industrie mexicaine a été réduite aux « maquiladoras » à la frontière, fournissant une main d'oeuvre pas chère pour les entreprises américaines de l'automobile ou du textile. Aujourd'hui, un ouvrier mexicain est moins bien payé qu'un ouvrier chinois !

La petite agriculture mexicaine a été détruite forçant des millions de Mexicains à emprunter la voie de l'émigration : environ 7 millions de Mexicains ont quitté le pays pour aller aux Etats-unis entre 1990 et 2010.

 

C'est un pays où le crime organisé règne et sème la terreur avec la complicité du pouvoir. Depuis 8 ans, il y a eu au Mexique 150 000 assassinats, dont seulement 23 000 pour l'an dernier, soit une moyenne terrifiante de 62 assassinats par jour.

Le Mexique est devenu – avec la complicité d'une partie des autorités, l'hypocrisie des Etats-unis – le paradis des trafiquants de drogue, qui règnent en maître sur les territoires.

Car le trafic de drogue brasse des sommes colossales : on parle d'entre 10 et 40 milliards de $ par an, selon les estimations prudentes. De quoi alimenter une corruption généralisée, à tous les niveaux de l'appareil d'Etat.

Sur les dizaines de milliers d'assassinats, un certain nombre sont des personnes « gênantes » pour le pouvoir : syndicalistes paysans et étudiants, militants politiques révolutionnaires.

Le Parti communiste rappelle que dans le seul Etat de Guerrero, 7 de ses militants ont été assassinés depuis 2008. En mai 2006, à San Salvador de Atenco, 5 militants communistes avaient été tués par la police locale.

 

Nous exprimons toutes nos condoléances à nos camarades, nos frères du Mexique. Et nous souhaitons questionner nos dirigeants sur leur silence face à ce crime d'Etat, sur leur indignation sélective qui nous révolte tout particulièrement.

 

* Article d'abord paru sur http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 17:30

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Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



C'est la crise parait-il. C'est vrai que nos écoles, nos universités, nos services publics meurent car sous-financés. C'est vrai que les salaires sont gelés quand les tarifs explosent. Pourtant, il y a au moins secteur qui est en plein boom : l'industrie de l'armement.



Les marchands de canons français ne peuvent cacher leur enthousiasme, ce gouvernement est décidément une « divine surprise » pour eux : en 2013, les commandes militaires françaises ont augmenté de 43 %, avec une vente totale d'armes chiffrée à 6,8 milliards d'euros.

La France reste « compétitive » sur la scène des vendeurs d'instruments de mort, à la 4 ème place mondiale, derrière les Etats-unis, le Royaume-Uni, la Russie, repassant devant Israël qui nous avait devancé l'an dernier.



Le Ministère de la Défense se félicite : l'année 2012 a été bonne pour le secteur de l'armement, l'année 2013 encore meilleure, celle de 2014 s'annonce très prometteuse.

De manière très pragmatique, le Ministère souligne que cette hausse des exportations est dopée par « un contexte international très instable, notamment au Moyen-Orient », alimentée par les « conflits armés à Gaza et en Syrie, la flambée des tensions en Irak, en Libye ».

Les dépenses militaires du Moyen-orient ont explosé ces deux dernières années de 30 %. Dans le même temps, 40 % des commandes françaises viennent des pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite, qui est de très loin la première cliente de la France.

Le secteur de l'armement peut remercier par la France qui a contribué à ce désordre régional par ses interventions en Libye, au Mali, aujourd'hui en Syrie et en Irak. Ce chaos synonyme de destructions, de morts est profitable pour les affaires visiblement.

 

Si on regarder un peu plus dans le détail les chiffres, on s'aperçoit que nos principaux clients en 2013 sont l'Arabie saoudite (2 milliard d'euros) et le Maroc (600 millions) mais on retrouve juste derrière les Émirats arabes unis et le Qatar.

Les trois Etats du Golfe cités, on le sait, financent le terrorisme à l'échelle régionale, jouent un rôle-clé dans la déstabilisation de la région, en plus d'être des régimes dictatoriaux parmi les plus répressifs au monde, niant tout droit humain, légalisant l'esclavage, ou la peine de mort ne serait-ce que pour possession de haschisch !

On est pas à une démonstration de cynisme près. On sait que l'Arabie saoudite, les pays du Golfe financent les terroristes islamistes que nous prétendons combattre avec nos bombes, après les avoir soutenu en Libye et en Syrie. Le climat de terreur entretenu permet d'armer tous les combattants en lice, de fournir tous les Etats de la région en matériels de guerre multi-fonction.


Pendant ce temps, depuis trois ans, le cours de l'action Dassault à la Bourse de Paris a grimpé de 61 %, celui de Thalès de 70 %, celui de Safran de 118 % !


Dieu que la guerre est jolie .. en tout cas pour les marchands de canons. Pour les peuples du Moyen-orient, d'Afrique du nord, cela signifie le chaos, la destruction et la mort. Pour le peuple de France, c'est l'austérité partout, et une armée de moins en moins dévouée à sa mission première : la défense nationale.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 17:23

Lu sur canemepechepasnicolas

 

Marianne

 

ENTRETIEN

Alors que le septième volet des négociations sur le traité transatlantique a débuté lundi près de Washington, "Marianne" s'est entretenu avec l'économiste Thomas Porcher, co-auteur avec Frédéric Farah de l'essai "TAFTA : L’accord du plus fort", sur la question de la création d'emplois.

NICOLAS MESSYASZ/SIPA


 


Traité transatlantique : le mythe des créations d'emplois

TAFTA : L’accord du plus fort, Thomas Porcher et Frédéric Farah, Ed. Max Milo, octobre 2014, 64 p., 6,90 €.

 

Alors que le septième volet des négociations sur le traité transatlantique a débuté lundi près de Washington, "Marianne" s'est entretenu avec l'économiste Thomas Porcher, co-auteur avec Frédéric Farah de l'essai "TAFTA : L’accord du plus fort", sur la question de la création d'emplois.


NICOLAS MESSYASZ/SIPA
NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Marianne : Le traité transatlantique vise à créer une vaste zone de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Europe. Karel de Gucht, le commissaire européen au Commerce, promet la création de « millions d’emplois ». Qu’en pensez-vous ?
 
Thomas Porcher Je ne pense pas que cela soit possible. En 1994, l’Accord de libre-échange nord-américain (NAFTA), qui a donné lieu à la création d’une vaste zone de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, promettait déjà de la création d’emploi. Pourtant en la matière, on peut constater aujourd’hui que le bilan est mauvais : les Etats-Unis ont perdu plus d’un million d’emplois entre 1993 et 1999, quand le Mexique a également perdu à peu près un million d’emplois dans la culture du maïs. En ce qui concerne le traité transatlantique, quatre études ont été commandées par la Commission européenne afin d’évaluer l’impact économique de ce partenariat. Seule l’une d’entre elles prévoit la création de deux millions d’emplois de part et d’autre de l’Atlantique. Mais pour arriver à ce chiffre, l’étude part de l’hypothèse que les barrières non tarifaires, à savoir les normes qui protègent les consommateurs, seraient réduites de 25 %. Et ça, personne ne le dit. Les négociateurs ne parlent que de l’impact prétendument positif sur le marché du travail.
 
Et qu’en serait-il de l’impact sur la croissance ?
 
Dans les meilleurs scénarios, on arrive à une augmentation de 1,3 % du PIB européen… dans dix à vingt ans ! Autant dire que ça ne répond en rien à l’urgence que représente les 25 millions de chômeurs qu’il y a actuellement en Europe. La majorité des études estiment, quant à elles, que cette augmentation sera inférieure à 1%. Ces prévisions, en outre, se basent sur une évolution linéaire et constante du monde et qui font fi de tout changement politique ou économique. Mais des événements peuvent venir altérer ces prévisions, à l’image de la crise des subprimes à la fin des années 2000. Enfin, ces études partent également du principe que la baisse des prix induira forcément une augmentation de la consommation, comme si les consommateurs étaient des robots, des homo economicus. Hors, des études autrement plus concrètes sur le comportement des consommateurs montrent que ceux-ci ne sont pas forcément attirés par les produits à prix bradés, mais se réfugie plutôt vers les valeurs simples et le durable.
 
A qui profite ce double discours ?
 
Aux multinationales. C’est dans leur intérêt que la protection des consommateurs soit rognée. Quand il s’agit de rendre les législations moins contraignantes pour faciliter leur business, les firmes américaines et européennes oublient leur rivalité et parlent d’une même voix. Il y a aussi derrière ce traité un enjeu géopolitique majeur. Si les Etats-Unis convainquent l’Europe de s’aligner à la baisse sur leurs normes, dans l’électronique notamment, les pays extérieurs au traité seront contraints, eux-aussi, de s’y mettre, sous peine de se faire distancer. La volonté d’endiguer la montée en puissance de l’Inde et de la Chine est clairement à l’œuvre dans cette histoire. Là encore, pourquoi le cacher ? 


Traité transatlantique : le mythe des créations d'emplois
TAFTA : L’accord du plus fort, Thomas Porcher et Frédéric Farah, Ed. Max Milo, octobre 2014, 64 p., 6,90 €.

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