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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 14:44

pot-echappement.jpg

CGT-UITransports

Communiqué de l’Union Interfédérale des Transports UIT CGT
Au sortir d’une Conférence Environnementale où les transports faisaient l’objet d’une table ronde, on sort un projet de loi (Macron) prévoyant une libéralisation de l’autocar, très loin de faire l’unanimité !

Ce projet de loi prévoit des "services librement organisés" avec "la possibilité", pour les entreprises de transport public routier de personnes, d’assurer — à leur initiative — "toute desserte interurbaine".

On permet ainsi un développement de la concurrence à outrance inter et intra modale. 

 

Dans un période où de nombreuses lignes ferroviaires sont menacées de fermeture par manque d’investissement dans l’entretien et la modernisation des infrastructures ferroviaires tout comme le renouvellement du matériel (Corail-train de nuit …) avec une réforme du système ferroviaire qui n’a pas réglé le problème de la dette du système, dette d’Etat.

Arrêtons d’opposer et de mettre en concurrence les modes de transports et les salariés qui les assurent !

Voyons les dégâts de cette logique politique dans le transport des marchandises, source d’un dumping social conduisant à des milliers de suppressions d’emplois dans le transport routier marchandises, dans le Fret ferroviaire, tout en développant une précarisation de l’emploi, sans oublier les effets négatifs sur les enjeux environnementaux !

Car, contrairement aux annonces faites, il n’y aura pas la création de 10 000 emplois (et de quels emplois parlons-nous : précaires-travailleurs détachés …) pendant que des milliers sont supprimés à la SNCF.

De plus, il faut aussi savoir qu’une partie des usagers du rail ne se reporte pas sur les autocars et reprend la voiture.

On va encore amplifier les inégalités sociales et territoriales :

  • le TGV pour les grandes métropoles et les plus nantis,
  • l’autocar pour les autres villes et les plus démunis.
Comme pour le transport routier marchandises, on ne comptabilise pas — dans le tarif — les coûts externes (accidentologie, usure des infrastructures, pollution …) payés par tous les contribuables !!

La CGT considère que nous avons besoin de tous les modes de transports en complémentarité, dans un concept multimodal, sous contrôle et maîtrise publics.

Cela pour reconstruire un véritable service public de transport répondant à l’intérêt général accessible à tous (y compris tarifaire), quel que soit le territoire… ce que n’est pas la politique du bas coût (low cost) qui conduit à:

  • > une baisse de la qualité de service,
  • fragiliser la sécurité,
  • précariser et supprimer l’emploi,
  • > avec des effets extrêmement négatifs sur l’augmentation des émissions de CO2 –avec un report à l’envers du rail vers la route.
Au final, cette stratégie bas coût, c’est perdant/perdant pour les salariés et les usagers mais gagnant/gagnant pour les grands groupes et leurs actionnaires !

Montreuil, le 22 décembre 2014

 

Lu sur le blog de l'UL CGT de Dieppe

repris par el diablo

 

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 14:42
Après le vote au Conseil de sécurité, il faut aller de l’avant

http://www.france-palestine.org/Apres-le-vote-au-Conseil-de - Communiqué du 31 décembre 2014

La réso­lution pour la recon­nais­sance de l’Etat de Palestine n’a pu être adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU en raison des pres­sions amé­ri­caines (8 pour, 5 abs­ten­tions, 2 contre).

Ainsi les Etats-​​Unis refusent toute ini­tiative en faveur d’un règlement du conflit sur la base du droit inter­na­tional et se posent en garants incon­di­tionnels de l’impunité d’Israël. Non seulement ils ont voté contre, mais ils ont contraint à s’abstenir deux Etats afri­cains, le Nigeria et le Rwanda, qui ont reconnu la Palestine. Le Royaume uni, lui aussi, s’est réfugié dans une piteuse abstention.

Nous nous féli­citons par contre du vote positif de la France (et du Luxem­bourg). Elle doit à présent en tirer tous les enseignements.

Dans ces condi­tions, le projet de confé­rence inter­na­tionale envi­sagée par Laurent Fabius, dans laquelle l’Europe aurait pu jouer un rôle pour imposer une négo­ciation sur la base des seuls para­mètres du droit inter­na­tional, paraît mort né.

La France, forte du vote de ses deux assem­blées en faveur de la recon­nais­sance de l’Etat de Palestine, ne doit pas accepter de se laisser mar­gi­na­liser par les Etats-​​Unis, mais assumer ses res­pon­sa­bi­lités his­to­riques en toute indé­pen­dance. Elle doit s’afficher réso­lument du côté de ceux qui cherchent une paix juste et durable entre Pales­ti­niens et Israéliens.

Elle doit recon­naître sans plus attendre l’Etat de Palestine et, dans le même temps, sou­tenir les Pales­ti­niens dans leurs démarches en direction des agences de l’ONU et de la Cour Pénale Internationale.

Le Bureau national,
Paris, le 31 décembre 2014

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 16:07
Lu sur Rouge-Midi
Loi Macron : le retour au capitalisme pur et dur du 19ème siècle ! 


Dire qu’ils ont essayé, lors des « États généraux » du 6 décembre 2014 de faire plaisir à Valls en remplaçant de facto le mot « socialisme » par le mot « progressisme » ! Quant on découvre la loi Macron il faut au moins inventer le mot « régressisme ». Jamais sans doute, un gouvernement issu de la "gauche" n’a osé proposer une loi aussi rétrograde, libérale, en tout point destructrice des droits des salariés.

C’est un projet qui porte sur le droit du travail, fait par un ministre de l’économie. C’est un retour au milieu du XIXème siècle, avant qu’on invente un ministère du travail.

Un projet dont le titre III, étonnamment intitulé « TRAVAILLER » donne toute la mesure. On ne fera pas l’injure de penser qu’une loi dite « Pour la croissance et l’activité » montre du doigt les fainéants de chômeurs ou l’indolence des travailleurs dans un pays où leur productivité est une des plus fortes du monde, mais on peut sans doute y voir le vivre pour travailler opposé au travailler pour vivre.

Ils la justifient tous les matins dans les radios officielles, en affirmant qu’il faut « déréguler pour libérer les énergies et créer de l’emploi ». C’est évidemment l’inverse.

C’est là ou il y a le moins de réglementation qu’il y a le plus de chômage.

La preuve, on l’a : cela fait dix ans qu’ils dérégulent et depuis dix ans, le chômage s’accroit. L’ANI du 11 janvier 2013 et la loi qui en est issue du 14 juin 2013, devaient, en assouplissant les licenciements, « sécuriser l’emploi » : on a 250 000 chômeurs de plus.

Et la loi Macron propose d’assouplir encore plus les licenciements, cela fera encore plus de chômeurs, bien sur.

En 1992, le travail de nuit a été autorisé pour les femmes, il paraît que c’était pour l’égalité professionnelle hommes femmes et pour l’emploi. Vingt ans plus tard, 7,4 % des salariés travaillent de nuit en 2012, contre 3,5 % en 1991 soit un total de 3,5 millions de personnes. Un million de femmes ont été frappées de plein fouet par cette nuisance. Elles sont aujourd’hui plus de 9 % à être des travailleuses de nuit : deux fois plus qu’il y a 20 ans !

Et il y a un million et demi de chômeurs de plus ! Et Macron nous propose, dans sa nouvelle et maudite loi libérale, de travailler « en soirée » (sic)…

C’est grotesque de chercher à vendre du parfum à minuit ou le dimanche à des touristes chinois présumés alors qu’ils restent en moyenne 7 jours à Paris et que leurs « tours opérators » ont planifié d’avance une demie journée d’achats en plein jour de semaine ! Les touristes chinois de toute façon achètent du parfum en duty free à l’aéroport surtout si l’aéroport a été vendu à une société chinoise ! Alors pourquoi faire venir des femmes pauvres et précaires, qui n’ont pas le choix, vendre des parfums « en soirée » ou le dimanche ?

Ça ne marchera pas, et elles seront obligées de rentrer chez elles en banlieue à 2 h du matin, ou de ne pas voir leurs enfants le dimanche. Pour rien, car maintenant Macron l’avoue, sa loi ne prévoit aucune majoration de salaire le dimanche ni « en soirée ».

La déréglementation à la Macron, (et de ses annexes Mandon, Rebsamen) on va l’étudier ci dessous, frappe tout, l’inspection du travail, la médecine du travail, la justice du travail, le droit pénal du travail, les institutions représentatives du personnel, et même le bulletin de paie qui deviendra opaque.

Elle s’en prend aussi à toutes les professions de droit, avocats, avoués, notaires, huissiers, greffiers, afin de les soumettre aux « firmes » juridiques anglo-saxonnes qui s’empareront ainsi du traitement de nos successions et des ventes. Alors qu’il aurait fallu transformer ces officines en service public et contrôler leurs actes et leurs couts, elles vont, au contraire, être éclatées et davantage soumises aux puissantes et rapaces multinationales juridiques.

Tout comme, les taxis : Macron pousse la G7 à se saborder pour le compte de la multinationale Uber low cost qui fait main basse sur les « VTC » (voiture tourisme avec chauffeur) et vous trouverez bientôt des chauffeurs philippins aux horaires mortels, et aux prix négociés au cas par cas sans compteur.

C’est le principe d’Air France et de Transavia… ça consiste à réserver la sécurité et le confort des services aux riches et créer des alias de seconde zone et second prix pour les pauvres ! Macron ré invente la « troisième classe » des trains à la SNCF, ce seront les autocars pour les jeunes pauvres qui ne peuvent plus se payer le TGV.

Disons le avec force : moins de code du travail c’est moins de travail et plus de chômeurs.

Le seul moment depuis trente ans où l’on a fait reculer le chômage de masse c’est quand on a fait les 35 h sans perte de salaires. Même imparfaitement imposées, même trop compensées par de la flexibilité, elles ont crée 400 000 emplois de plus qu’ailleurs.

Ce qu’il y a de bien dans des durées du travail fixes et fermes, c’est qu’elles sont inflexibles : or la flexibilité crée du chômage, ce sont les salariés, bien formés, bien protégés, bien payés qui produisent le plus et le mieux, pas les flexibles ! Si on veut créer de l’emploi il faut faire reculer la flexibilité !

La loi Macron n’est même pas « sociale libérale » comme le prétendent certains elle est libérale, elle n’a rien de social…

Et comme on va le voir, elle ouvre des champs nouveaux aux revendications les plus intégristes du Medef.
Il faut l’analyser soigneusement – comme l’ANI en 2013 – car le diable est dans les détails.

La grande presse, comme pour l’Ani en 2013 va masquer ces détails et empêcher qu’ils soient connus, appréciés par les salariés et syndiqués. Ils vont prétexter que c’est trop compliqué, trop difficile, peu médiatique, et ils vont faire de la propagande générale sur le texte qui « débloque » « assouplit », « modernise » « casse les corporatismes » etc.…

A nous de faire percer la vérité, dans les détails, sur le fond.

Gérard Filoche

Transmis par la_peniche

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:58

chine-russie1.jpg

Défiant directement les pouvoirs de l'OTAN et leur politique qui consiste à couper l'accès de la Russie au crédit afin de faire diminuer la valeur du rouble et ruiner l'économie russe, la Chine s'engage à procurer de l'aide financière à Moscou.

Le 20 décembre, le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi a insisté sur la nécessité d'aide mutuelle entre la Chine et la Russie lors de remarques par rapport à la crise du rouble, dont la valeur a chuté radicalement de 45 pour cent contre le dollar cette année. «La Russie a la capacité et la sagesse de surmonter les difficultés présentes dans la situation économique», a dit Wang. «Si la Russie en a besoin, nous allons fournir l'assistance nécessaire autant que nos moyens le permettent.»


Lors de remarques faites le lendemain sur Phoenix TV, chaîne de télévision de Hong Kong, le ministre du Commerce chinois Gao Hucheng a dit que Beijing renforcerait ses liens avec Moscou dans les secteurs manufacturiers et de l'énergie, prédisant que l'échange commercial entre la Chine et la Russie atteindrait la cible de 100 milliards de dollars cette année malgré la crise du rouble. Alors que la valeur du rouble en dollars ou en euros varie énormément, Gao a proposé un éloignement du dollar en finançant l'échange sino-russe avec la monnaie chinoise, le yuan ou renminbi.

Gao a dit que la Chine se concentrerait sur «des facteurs fondamentaux, par exemple la façon dont les deux économies se complètent », d'après Reuters. «Il se peut que les investisseurs de capitaux soient plus intéressés par les marchés d'actions ou des changes volatiles. Mais en termes de coopération concrète entre les deux nations, nous aurons une mentalité équilibrée et encouragerons ces coopérations», a dit Gao.


Lundi, le China Daily a cité Li Jianmin de l'Académie chinoise des sciences sociales disant que l'aide pour la Russie pourrait passer par des canaux comme la Shanghai Cooperation Organization (SCO) ou le forum BRICS. Un fait significatif est que le SCO (une alliance entre la Chine, la Russie, et des États d'Asie centrale) et les pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) excluent tous deux les États-Unis et l'Europe.

Li a noté que lors d'une rencontre au Kazakhstan le mois dernier, les premiers ministres chinois et russe, Li Keqiang et Dmitry Medvedev, avaient déjà signé des accords importants concernant les réseaux de chemin de fer, l'infrastructure et le développement dans les régions orientales de la Russie au nord de la Chine. «Des prêts, la coopération pour des projets majeurs, et la participation à l'investissement en infrastructure domestique en Russie sont des options qui sont envisagées», a-t-il ajouté. Lors de l'une de ces ententes le mois dernier, la Chine a signé un accord de 400 milliards de dollars d'une durée de 30 ans pour acheter du gaz russe.


Ces offres d'assistance vont à l'encontre de la guerre économique lancée par l'impérialisme européen et américain afin de punir Moscou pour son opposition à la restructuration néocoloniale de l'Eurasie.

En guise de représailles pour l'appui russe au président Bashar al-Assad contre les guerres par procuration de l'OTAN en Syrie et l'opposition russe au régime ukrainien appuyé par l'OTAN, les puissances de l'OTAN cherchent à étrangler la Russie financièrement. Tandis que les revenus pétroliers de la Russie chutaient avec la baisse du prix du pétrole mondial et que le rouble s'effondrait, elles ont coupé l'accès au crédit à la Russie et exigé qu'elle se plie au régime de Kiev.

Le mécanisme financier à la base de cette stratégie a été développé dans le Financial Times de Londres par Anders Aslund du Petersen Institute for International Economics. «La Russie n'a reçu aucun financement international important – pas même des banques d'État chinoises – parce que tout le monde a peur des contrôles financiers américains», a-t-il écrit. Avec des sorties de capitaux de 125 milliards de dollars, des réserves en devises étrangères liquides de seulement 200 milliards de dollars et un total de dettes étrangères de 600 milliards de dollars, la Russie épuiserait sa réserve de dollars et ferait faillite en aussi peu que deux ans, d'après les calculs d'Aslund.


Mais maintenant, Beijing semble accepter le risque d'une confrontation avec les États-Unis et se prépare publiquement a lancer une bouée de sauvetage financière à la Russie. Les réserves en devise chinoise au montant de 3,89 billions de dollars sont les plus importantes au monde, et, du moins sur papier, permettent à Beijing de payer sans problème les dettes de la Russie.

Il est significatif que les appels de Wang et Gao pour venir en aide à la Russie aient été lancés une journée après un sommet de l'Union européenne (UE) parcouru de divisions au sujet de la Russie tenu plus tôt ce mois-ci. Mais bien que l'UE ait appuyé les sanctions des États-Unis contre la Russie, le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier, le président français François Hollande et le premier ministre italien Matteo Renzi se sont tous opposés publiquement aux propositions de sanctions additionnelles. Des journaux importants européens ont également mis en garde contre le risque d'effondrement de l'État russe.


Alors qu'il évalue sa réponse à la crise du rouble, le régime chinois, qui fait face à un ralentissement économique et à la montée de protestations sociales au sein de la classe ouvrière et des masses paysannes, craint sans doute les conséquences d'une implosion politique et économique de son voisin au nord.

Les conflits économiques qui surgissent entre les grandes puissances autour de la crise du pétrole et la campagne de guerre impérialiste en Eurasie témoignent de l'état avancé de la crise du capitalisme mondial et du risque de guerre mondiale.


L'aide chinoise à la Russie, si elle devait se matérialiser, exacerberait le conflit entre la Chine et les États-Unis. Washington tente de l'encercler militairement à travers son «pivot vers l'Asie», s'alliant avec le Japon, l'Australie et l'Inde. Les plans de guerre contre la Chine, autant militaires qu'économiques, sont sûrement présentement étudiés à Wall Street et au Pentagone.

Il y a un an, un article intitulé «La Chine ne doit pas reproduire les erreurs du Kaiser», le chroniquer du Financial Times Martin Wolf a averti la Chine contre toute action qui pourrait être interprétée comme une remise en question de l'hégémonie mondiale des États-Unis. Il a indiqué qu'une politique chinoise qui reproduirait le défi que le Kaiser allemand avait posé à l'hégémonie britannique avant l'éclatement de la première guerre mondiale en 1914 entraînerait un résultat similaire: un conflit total.

«Si un conflit ouvert se déclenchait, les États-Unis isoleraient la Chine du commerce mondial. Ils séquestreraient une bonne partie des actifs en devises étrangères liquides de la Chine», écrit Wolf, rappelant que les réserves en devise étrangère de la Chine, équivalant à 40 pour cent de son PIB, sont par définition détenues à l'étranger.» Un tel vol flagrant de billions de dollars que la Chine a acquis à travers le commerce avec les États-Unis et l'Europe soulèverait directement la possibilité d'un effondrement du commerce mondial et la préparation à la guerre entre puissances nucléaires.


Avec ses politiques de plus en plus téméraires et violentes, l'impérialisme américain surestime ses chances, se discréditant à l'intérieur du pays et alimentant l'opposition d'États rivaux. Surtout en poussant la Russie et la Chine à s'allier, Washington défait ce qui avait pendant longtemps été perçu comme une grande réalisation de la diplomatie impérialiste: le rapprochement de 1972 entre le président des États-Unis Richard Nixon et le dirigeant chinois Mao Zedong, qui avait transformé la Chine en allié des États-Unis contre l'ex-URSS.

«Beaucoup de Chinois perçoivent la Russie comme un grand frère, et les deux pays sont stratégiquement importants l'un pour l'autre», a dit le doyen associé de l'université de Renmin Jin Canrong, faisant référence au soutien soviétique à la Chine quand elle combattait les États-Unis dans la guerre de Corée, peu après l'arrivée au pouvoir du Parti communiste chinois (PCC) en 1949. «Au nom des intérêts nationaux, la Chine devrait approfondir sa coopération avec la Russie quand une telle coopération est nécessaire.»


«La Russie est un partenaire irremplaçable sur la scène internationale», a écrit le Global Times associé au PCC dans un éditorial de la semaine dernière. «La Chine doit adopter une attitude proactive pour aider la Russie à sortir de la crise actuelle.»

 

(Article paru d'abord en anglais le 23 décembre 2014)

Alex Lantier 
Le 29 décembre 2014

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:47

Lu sur El Diablo

Dimanche 4 janvier 2015

manifparis29janv2015.jpg

Exigeons des négociations !

La Fédération CGT organise, le 29 janvier 2015, une grande manifestation nationale des Cheminots à Paris (RDV à 13h00 place d’Iéna). Elle invite les usagers et leurs associations à se joindre à cette initiative pour reconquérir un Service Public SNCF de qualité.

 

Après le conflit social des cheminots en juin 2014, la Direction SNCF se répandait dans les médias par un spot intitulé « Y en a marre ».

 

Le Premier Ministre et le Président de la SNCF qualifiaient cette grève «d’irresponsable» et «d’incompréhensible».

 

La vérité éclate au grand jour en ce début d’année 2015 !

En juin 2014, les cheminots avec la CGT ont exprimé leur colère sur le contenu de la réforme du système ferroviaire à partir de trois éléments essentiels :

=> Le refus du gouvernement de traiter la dette historique issue de la construction des LGV à la fin des années 80 sur commande de l’Etat ;

=> Le désengagement de l’Etat sur l’indispensable financement du renouvellement et de la maintenance des infrastructures ferroviaires ;

=> L’éclatement de la SNCF en trois entités qui rend plus complexe l’organisation du système ferroviaire dans le seul but de préparer la libéralisation du rail français.

 

Cette réforme, dictée par le Président de la SNCF au Secrétaire d’Etat aux Transports, a été présentée aux usagers comme une solution à tous les maux qu’ils subissent au quotidien. Les cheminots en lutte contre ce texte de loi ont fait l’objet des critiques les plus violentes, les présentant comme des nantis qui ne cherchaient qu’à défendre leurs privilèges.

 

Aujourd’hui, les usagers du rail et plus largement l’ensemble des citoyens peuvent mesurer à quel point l’analyse de la CGT et des cheminots en grève était la bonne.

 

A peine cette réforme se met-elle en place que ses effets les plus néfastes, dénoncés par les cheminots en juin dernier, se font ressentir.

 

L’annonce pendant les fêtes de fin d’année d’une hausse des tarifs SNCF de 2,6% est une des conséquences directes de cette réforme non financée, mais elle n’est pas la seule.

 

Partout en France, la SNCF :

=> Multiplie les fermetures de guichets et de gares ou en réduit les heures d’ouverture ;

=> Supprime le personnel d’accompagnement à bord des trains de voyageurs;

=> Ferme des lignes ferroviaires irrigant les zones rurales ;

=> Menace de suppression les trains « Corail » de nuit ;

=> Etudie la diminution des circulations des trains « Intercités » de jour…

 

Comme elle l’a fait pour le Fret, en réduisant de moitié le tonnage de marchandises transportées par rail, la Direction SNCF s’engage dans une politique de déclin en se concentrant uniquement sur les trafics et les lignes ferroviaires qualifiés de rentables.

 

Le budget 2015 du Groupe Public SNCF prévoit plus de 1500 suppressions d’emplois. Ce sera donc moins de services aux usagers, une qualité de transport en baisse et un impact négatif sur le niveau de sécurité.

 

Alors que le Président de la République annonce en grande pompe la « Conférence Climat 2015 » en décembre à Paris, son Ministre de l’Economie veut inscrire dans la loi le remplacement des trains classiques nationaux par des bus et la Direction de la SNCF détruit le Fret ferroviaire et propose aux régions de renvoyer vers la route certains TER.

 

Alors en ce début d’année, c’est au tour des cheminots et des usagers du rail de dire à ceux qui nous gouvernent comme à ceux qui dirigent la SNCF : « Y en a marre ! ».

 

source : blog de roger colombier

repris par el diablo

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:42

2fairfares 

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

2015 est une année qui commence bien ... avec la hausse des tarifs, en France comme en Grande-Bretagne. De l'autre côté de la Manche, les militants oour la re-nationalisation du rail étaient sur le parvis des gares pour rappeler les effets désastreux pour le porte-monnaie des usagers de la privatisation actée il y a 20 ans de cela.

 

Ils étaient à King's Cross pour éclairer les Londoniens sur le scandale de la privatisation des trains de banlieue. Les militants de la campagne Action for rail (AfR) menée par le Trade Union Congress (TUC), la confédération syndicale unitaire britannique.

 

Vive la privatisation : + 60 % de hausse des tarifs depuis 2008 !

 

Les syndicalistes du RMT (Syndicat majoritaire chez les cheminots, sur des positions de lutte), ASLEF (Syndicat des conducteurs) et TSSA étaient présents également pour dénoncer l'augmentation de 2,5 % des tarifs au 1er janvier.

C'est plus largement sur l'explosion des tarifs du rail depuis la privatisation que les militants syndicats tiraient la sonnette d'alarme : + 60 % en moyenne depuis 2008 seulement.

Depuis la privatisation, au début des années 1990, l'augmentation des tarifs a été trois fois supérieure à celle de l'augmentation des salaires.La Grande-Bretagne dispose désormais des tarifs les plus élevés du monde.

Action for Rail(AfR) a offert de nouveaux chiffres qui font mal, une comparaison du tarif des pass mensuels pour des trains de grande banlieue dans les principales métropoles européens, qui démonte l'argument de la privatisation garante de tarifs moins élevés.

 

Des tarifs 50 % plus élevés qu'en France, quatre fois plus qu'en Espagne !

 

En effet, AfR montre qu'un pass mensuelpour le trajet Londres-Brighton (50 km) coûte 500 €, soit 17 % du revenu mensuel moyen d'un ménage britannique.

A titre de comparaison, un pass mensuel pour Paris-Compiègne (50 km) coûterait 350 €, soit 12 % du revenu mensuel d'un ménage français. Un tarif 50 % inférieur à celui pratiqué sur le réseau régional londonien.

La comparaison est encore plus cruelle avec les autres pays d'Europe de l'ouest : les tarifs d'un Londres-Brighton sont 80 % supérieurs à ceux d'un Cologne-Aix la Chapelle (278 €), 250 % par rapport à un Civitavecchia-Rome (150 €) et 300 % plus élevés qu'un Madrid-Ségovie (125 €) !

En proportion du revenu mensuel moyen dans ces pays, si un Londres-Brighton revient à 17 % du revenu mensuel d'un ménage britannique, les trajets correspondants sus-mentionnés reviennent à 9 % d'un revenu mensuel moyen d'un ménage allemand, 6 % pour les ménages italiens et espagnols. 

On comprend mieux pourquoi l'étude commanditée par le TUC l'an dernier qualifiait la privatisation du rail « de vol généralisé »au profit de grands groupes privés britanniques, ou même de groupes publics étrangers qui contrôlent désormais ¾ des franchises du rail.

La SNCF française, la Deutsche Bahn allemande et la NS hollandaise sont en pôle position sur le « marché » du rail britannique.

 

La re-nationalisation permettrait une baisse immédiate de 18 % des tarifs

 

Il n'est plus à prouver que la privatisation du rail a été synonyme en Grande-Bretagne, outre les tarifs prohibitifs, d'atteintes mortelles à la sécurité, de désinvestissement dans le réseau, de retards chroniques, mais aussi de coûts supplémentaires pour le contribuable qui subventionne la dite libéralisation du secteur.

Une étude récente conduite par l'association Transport for Quality of Life (TFQL) a révélé que la privatisation induit un coût supplémentaire de 1,3 milliard d'euros par an, en effacement de dettes, dividendes payés aux investisseurs privés et en divers coûts administratifs.

Un retour à un monopole public national pourrait, selon TFQL, permettre de baisser immédiatement les tarifs du rail britannique de 18 %.

Il n'est pas étonnant que, selon un sondage de YouGov d'octobre 2013, deux-tiers des personnes interrogées pensent que « les compagnies du rail doivent être publiques », contre 23 % qui préfèrent la gestion par le privé.

 

« Les Britanniques payent les tarifs les plus élevés d'Europe pour des services de plus en plus médiocres » (RMT)

 

Ce vendredi 2 janvier, devant King's Cross, la secrétaire générale du Trade Union Congress, Frances O'Grady, reconnaissait que « le coût pour les passagers de l'échec que constitue cette privatisation ne peut être ignorée. On a maintenant des trains plus lents et des tarifs plus élevés que dans les pays qui ont conservé un rail entre les mains du public ».

Mick Cash, secrétaire-général du syndicat RMT hégémonique chez les cheminots sur des positions combatives, allait plus loin: « Le scandale de la grande arnaque des tarifs du rail britannique contnie avec des hausses bien plus élevés que la moyenne des hausses de salaire, et elle touchera ceux qui sont déjà touchés de plein fouet par l'austérité ».

« Après deux décennies de privatisation, les Britanniques payent les tarifs les plus élevés d'Europe pour voyager, en échange de piètres services : un matériel usé, des trains en sous-effectif et bondés. Les compagnies privées s'en mettent plein les poches pendant ce temps. Les hausses de tarifs d'aujourd'hui ne font qu'alimenter ce scandale ».

« Le RMT déclare qu'il faut diminuer les tarifs et qu'une propriété publique, avec un personnel revenant sous giron public, nous permettrait justement de faire cela ».



Le syndicat RMT vise juste et touche au cœur de ce qu'exigent les Britanniques : oui à la re-nationalisation du rail en Grande-Bretagne, défense du monopole public du rail en France pour ne pas suivre ce désastreux exemple !

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:34
« Non aux sanctions américaines, soutenues par l'UE »

SindicatosVzlaRechaza-USA.jpg

 

 



Communiqué du Parti communiste vénézuélien (PCV)

Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Le secrétaire-général du Parti communiste du Vénézuela (PCV), le député Oscar Figuera, a défendu le fait que ce lundi, « certains faits nous démontrent qu'on installe le cadre pour une nouvelle offensive contre le Venezuela », une conséquence de la « politique agressive de l'impérialisme nord-américain y européen, qui s'intègre à la campagne de la droite vénézuélienne et de franges de l'oligarchie du pays ».

 

Figuera a explicité sa dénonciation comme une mise à garde adressée « à notre peuple » et comme un appel destiné à « attirer l'attention des peuples du monde entier ». C'est pourquoi il faut, dit-il, « défendre la nécessité de renforcer les mécanismes de solidarité et d'échange au niveau international » avec les mouvements populaires et les partis politiques révolutionnaires.

 

 

Contre-Révolution


Figuera a fait sa déclaration à la fin de la réunion hebdomadaire du Bureau politique du PCV, et a réaffirmé le fait que l'impérialisme nord-américain et européen renforcent « de plus en plus » leurs « actions contre-révolutionnaires contre le processeurs politique, social, économique, culturel et militaire vénézuélien ».

 

Il a souligné que le pays n'a cessé, pendant toute l'année, de faire face à des situations difficiles, orchestrées par les « secteurs néo-fascistes ». Il a souligné que cette dernière semaine, « des éléments nous permettent de considérer qu'est en train de se mettre en branle toute la machinerie impérialiste de l'extrême-droite fasciste contre le Venezuela, pour frapper très fort en 2015 ».

Agression contre le Venezuela 
Le dirigeant communiste met en lumière tout un « ensemble de déclarations et de décisions adoptées par le Congrès des États-Unis et le gouvernement nord-américain accompagnant ces politiques », qui comptent aussi sur le soutien de l'Union européenne et du Parlement européen.

Il considère que les sanctions adoptées par les États-Unis visent à lancer une agression contre le peuple vénézuélien, tout en « prétendant défendre les droits de l'Homme et les éléments qui se sont révoltés, en usant de violence, assassinant des citoyens vénézuéliens dans les émeutes de février-mars 2014 ».

Figuera considère que les institutions de l'impérialisme nord-américain et européen « adoptent des décisions pour, en violation de la souveraineté et de la Constitution et la légalité vénézuélienne, pousser à la libération » des leaders de l'opposition actuellement incarcérés.

Le PCV rejette ainsi fermement et intégralement la loi « signée par le président Obama ».

Tout comme il dénonce la résolution du Parlement européen qui reprend telle quelle « la position de la droite vénézuélienne, selon quoi il y a des détenu(e)s, qui sont des citoyen(ne)s vénézuéliens pacifiques ».

 

 

Consolider une direction collective

 

Le dirigeant communiste considère qu'il est de la « plus haute importante », « pour faire face à cette situation, d'agir dans la bonne direction, l'élément fondamental est la nécessité de développer et renforcer les instruments pour l'unité populaire révolutionnaire. Il s'agit de consolider les espaces de direction collective ».

Il a également souligné qu'il est fondamental de renforcer le processus de construction du Grand pôle patriotique Simon Bolivar, comme « espace anti-impérialiste ».



Approfondir le processus

 

Figuera a commenté le fait que, pendant l'année 2014, le « PCV a travaillé en ce sens, non seulement dans l'effort organisationnel et politique, mais aussi en livrant des propositions au président Nicolas Maduro, destinées à construire des politiques qui permettent d'approfondir le processus révolutionnaire ».

Il soutient que la vision du PCV est que pour défendre le processus politique et social vénézuélien, il faut l' « approfondir ». Il défend également le fait de « frapper les secteurs qui ne jouent pas franc jeu », qu'ils soient hors ou dans le processus révolutionnaire.

Sur les propositions, il a indiqué que le PCV a présenté cette année un projet sur la nécessité de développer une nouvelle politique économique révolutionnaire, ainsi qu'un « changement dans la politique travail du gouvernement envers le monde du travail ».

Sur ce dernier point, il a souligné que le PCV est convaincu qu'à mesure que nous avancerons dans les processus de participation ouvrière et populaire, « nous consoliderons ce processus de transformation ».

 

Un autre aspect, a-t-il exposé, est la nécessité fondamentale d'un développement productif souverain : dans les villes, dans le secteur industriel ; dans les campagnes, dans l'agriculture, l'élevage.

Il a également mentionné une transformation profonde du système fiscal vénézuélien, qui permette d’éliminer la TVA, « impôt régressif », et d'élever les taxes sur le grand capital.

 

Il a souligné que l'on doit imposer une politique économique qui permette de revenir sur la dépendance du Venezuela vis-à-vis de la rente pétrolière et des importations, afin de garantir le développement souverain et durable de l'économie du pays.

 

Une autre proposition, a-t-il souligné, est une opération « Main propres » dans le Ministère du Pouvoir populaire pour le Processus social du travail : « Il est nécessaire d'éliminer les mécanismes qui permettent la corruption et les conduites patronales, dans un ministère qui doit être au service de la défense des travailleurs, de la classe ouvrière ».

Sur cet aspect, une grande avancée a été la mise en place de groupes techniques, en accord avec le Ministère du Travail, Jesus Martinez, mais un de ces groupes « a été dissous, selon nous, sur décision du vice-ministre Elio Colmenares, dont nous exigeons la destitution ».

 

Le député a exprimé le fait qu'il aspire à ce que nous « ayons la maturité afin de trouver nos chemins unitaires », face à la situation de la situation complexe de l'économie vénézuélienne, comme conséquence, d'une part, de la « faiblesse productive nationale ».

 

D'autre part, de la politique impérialiste visant à « faire chuter les prix du pétrole » pour toucher les « pays qui ne sont pas subordonnés aux intérêts de l'impérialisme nord-américain ».

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:28
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« La crise nécessite des mesures extraordinaires »
Déclaration du Présidium du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie

 

Traduction LM pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Légende : affiche du KPRF pour expliquer pourquoi le gouvernement russe doit démissionner

 

Avoir suivi les recettes libérales de nos amis, les conseillers occidentaux, a conduit le pays à une crise systémique.

Aucune réforme parmi celle menée dans l'industrie, l'agriculture, l'énergie, le social, la science, l'éducation, les forces armées, la justice n'ont conduit à des améliorations. Bien au contraire, les réformes libérales ont tout détruit.

 

L'économie du pays, la vie de nos concitoyens sont de plus en plus subordonnés aux intérêts des multinationales.

Le renforcement de la position de la Fédération de Russie sur la scène internationale est en contradiction avec l'orientation suivie en Russie, qui conduit à une perte d'indépendance et de souveraineté nationale, à la consolidation de notre statut de fournisseur de matières premières dans le système productif mondial.

60 % des recettes budgétaires proviennent du pétrole et du gaz. En outre, si le pays vend chaque année à l'étranger des matières premières pour près de 20 milliards de roubles, le budget de l’État ne voit la couleur que du tiers de cette somme. Le reste est capté par les oligarques russes et leurs amis étrangers.

La poursuite de la politique économique actuelle va inexorablement saper le développement de notre industrie, contribuer à étrangler nos petites et moyennes entreprises.

La Russie perd ses travailleurs qualifiés. Un demi-million de scientifiques, d'experts sont déjà partis à l'étranger.

 

Dans le même temps, le groupe « Russie unie » à la Douma a adopté une loi « sur l'éducation » qui va continuer à détruire l'école classique russe, elle qui a donné des fruits inestimables à la science.

La loi sur la réforme de l'Académie de sciences de Russie détruira la système actuel de la science académique, elle livrera les bâtiments prestigieux à des bureaucrates voyous. Ce coup menace de pertes irréparables pour le pays.

 

Le pays est embourbé dans la dette. Cette année, la dette extérieure a été creusée, 15 % de plus, à 730 milliards de $. C'est nettement plus que les réserves internationales de la Russie, qui ont diminué à 420 milliards de $. Dont 118 milliards de $ de titres du Trésor américain.

La poursuite de ces politiques financières peut conduire la Russie à un défaut avec toutes ses conséquences. L'effondrement du taux de change va inévitablement conduire à une augmentation des prix, si on n'adopte pas rapidement des mesures de stabilisation des prix.

 

Le gouvernement russe est incapable d'arrêter l'exportation des capitaux. Cette année, les sorties de capitaux s'élèvent à 130 milliards de $. 

La politique monétaire libérale des Gaidar, Koudrino est toujours dominante en Russie, elle est devenue le pivot de la destruction du potentiel économique du pays. L'impuissance de la Banque centrale, son incapacité à s'adapter aux conditions difficiles de la situation internationale ont conduit à l'effondrement du système monétaire, une nette dépréciation du rouble. 

La situation a empiré suite à la décision du Conseil d'administration de la Banque centrale de relever ses taux directeurs à 17 %. Cette mesure signifie un sacrifice pour l'économie réelle, les PME du pays.

 

Le Présidium du Comité central du Parti communiste est très préoccupé, il craint que 2015 ne soit une année de pillage de masse de la population russe. Les conditions de vie de dizaines de millions de personnes sont aujourd'hui proches de la pauvreté absolue.

Le salaire minimum est de 12 700 roubles, si on y ajoute l'impact des lois nouvellement adoptées, c'est 15 600 roubles. Dans le même temps, le minimum de subsistance est fixé à 8 192 roubles, 6 717 pour les retraités, soit trois fois moins que la consommation minimale

D'après les statistiques, 52 % de la population ont des revenus inférieurs de 15 000 roubles par mois (300 €), donc sont en-dessous du minimum vital. C'est la moitié du pays !

Le prix des médicaments et de l'alimentation ne cessent d'augmenter. L'inflation du coût des produits alimentaires s'élève à 12 %. Avec la flambée du dollar, tous les produits importés vont assurément voir leur prix augmenter. La masse salariale globale risque d'être réduite en 2015 de 442 milliards de $.

 

L'expérience nous montre clairement l'échec de cette politique économique et sociale libérale en Russie. Cette politique plonge chaque jour passant l'économie, les finances russes vers la catastrophe. Cette situation appelle des mesures drastiques urgentes. En premier lieu :

 

1 – Le Président de la Russie doit tenir des consultations avec les principaux partis politiques afin de former un gouvernement de rassemblement national. Le gouvernement libéral a épuisé toutes ses possibilités et a conduit le pays dans une impasse. La période difficile actuelle rend nécessaire la formation d'un gouvernement de coalition ouvert à toutes les capacités, à tous les partis et citoyens non inscrits de Russie ;

 

2 – Reconnaître que la direction de la Banque de Russie ne peut assumer ses responsabilités, et ses missions de financement de l'économie ;

 

3 – Prendre les mesures les plus sévères pour lutter contre la spéculation sur le marché financier et le marché interbancaire de devises ;

 

4 – Fixer un taux de refinancement de la Banque centrale, qui promeuve le développement de la production nationale et la réponse à la question sociale ;

 

5 – Imposer le devoir pour les exportateurs de matières premières de déposer au moins 50 % de leurs recettes en devises à la Banque centrale ;

 

6 – Mettre en œuvre un ensemble de mesures visant à freiner les transferts internationaux de devises depuis la Russie ;

 

7 – Fixer une interdiction aux entreprises publiques d'être cotées sur le marché des devises ;

 

8 – Exiger de la Banque centrale qu'elle introduise des prêts aux banques commerciales avec un contrôle sur leur utilisation dans l'économie réelle, avec des comptes à rendre à la Douma ;

 

9 – Lutter contre l'inflation en stimulant la production nationale, en lien avec une planification gouvernementale pour le développement industriel ;

 

10 – Acter un moratoire sur l'augmentation des tarifs pour les produits issus des monopoles naturels, en mettant l'accès sur le contrôle des prix dans l'énergie et l'agriculture ;

 

11 – Établir d'urgence un contrôle sur les prix des biens essentiels inclus dans la liste du minimum de subsistance ;

 

Le Présidium du Comité central du Parti communiste déclare que la sortie de la crise pour la Russie est impossible dans un renforcement du rôle de l’État dans la régulation de l'économie, l'intervention dans la société.

Sans nationalisation du système bancaire, de l'énergie, des chemins de fer, il sera très difficile d'empêcher l'effondrement de l'économie.

Dans le cas contraire, les prédateurs, les spéculateurs continueront à parasiter le potentiel du pays, détruisant les secteurs de base de l'économie par le travail de plusieurs générations de Russes.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 15:53

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Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Qui a confiance aujourd'hui en l'euro, en l'Union européenne ? Même les pays auxquels a été vendu le rêve européen n'y croient plus. Les pays baltes entrent dans l'Euro contre la volonté de leur population. Après la Lettonie en 2014, la Lituanie en 2015.

 

Ce 1er janvier 2015, la Lituanie est le 19ème pays à entrer dans l'euro. L'heure n'est plus à l'euphorie européenne mais au désenchantement de l'Europe. Les derniers sondages européens montrent que l'adhésion à l'euro ne cessent de reculer dans toute la zone euro.

 

Même la Lituanie n'y échappe pas. Selon un sondage réalisé conjointement par l'organisme de sondage américain Gallup et son partenaire local Baltijos Tyrimai (« Enquêtes baltes »), 49 % des Lituaniens désapprouvent l'entrée dans l'Euro alors que seuls 26 % l'approuvent.

Dans le détail, seuls 5 % des Lituaniens approuvent complètement la décision d'adopter l'euro et 21 % « tendent à l'approuver ». 25 % sont en total désaccord avec ce choix et 24 % « tendent à être en désaccord ». Enfin, 22 % ne semblent ni approuver ni désapprouver la décision.

Une majorité se dessine aussi dans la condamnation de la décision du gouvernement de ne pas organiser de référendum sur la question : 57 % pensent que le gouvernement a eu tort de ne pas en organiser un, alors que 32 % pensent que c'était la bonne décision.

Enfin, les chiffres sont encore plus tranchés quand on demande les Lituaniens si ils ont confiance dans les bénéfices de la transition de la monnaie nationale (litas) à l'euro. 64 % ne sont pas confiants (dont 27 % « pas du tout confiants »), 4 % sont très confiants, 23 % « plutôt confiants ».

 

L'analyse sociologique des résultats concernant le « Non » à l'entrée dans l'euro révèlent que le « Non » est majoritaire chez le tiers des ménages les plus pauvres qui vit avec moins de 400 € par mois : c'est le cas de 63 % de ses ménages tandis qu'ils ne sont que 14 % à l'approuver.

Rappelons qu'en Lituanie, le salaire moyen est à peu près à 500 € par mois et que le salaire minimum est fixé à 290 € par mois.

Le désenchantement domine depuis que les « Tigres baltiques » se sont révélés des tigres de papier, l'entrée dans l'Europe et le mirage de l'adhésion à l'euro un prétexte à l'adoption de mesures d'austérité parmi les plus drastiques du continent.

Saignée par une perte démographique de 700 000 habitants depuis la chute de l'URSS (1/5 ème de sa population!), minée par la gangrène de la fraude fiscale et du marché parallèle, la Lituanie reste un paradis fiscal légal pour les entreprises avec un taux d'impôt sur les sociétés de 15 %. C'est le double en France.

Dans le même temps, après la récession record de 15 % en 2009, c'est aux Lituaniens qu'on a demandé de faire des sacrifices : baisse des salaires des fonctionnaires (entre 5 et 50 %), dégraissage des effectifs de la fonction publique (jusqu'à 20 % dans certains ministères), une baisse des pensions de 5 à 10 % ainsi qu'une baisse moyenne des salaires de 20 % dans le secteur privé.

 

Bienvenue aux Lituaniens sans illusions dans l'Euro, ce second cercle de l'enfer européen. Ils ont déjà abandonné toute espérance à leur entrée dans le premier. A eux de trouver la force de se joindre à la lutte de leurs frères européens pour sortir de cette machine infernale.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 15:26
Comment un appareil s’éloigne de sa base
Lu sur Rouge-Midi


Les lecteurs de Rouge Midi trouveront sûrement un intérêt à lire cette analyse du déclin du PCF dont on se prend à regretter qu’elle n’ait jamais été effectuée, même partiellement, par la direction du parti. Cet article fait partie d’un dossier paru dans le Monde Diplomatique de janvier 2015 (en vente actuellement) sous le titre « À quoi servent les formations politiques ? ». A noter que sa pertinence de ne s’applique pas qu’au passé mais bien aussi au présent et au futur, pour ceux qui veulent encore d’une action collective pour changer la société.


Janvier 2014. Nous arrivons au siège du Parti communiste français (PCF), place du Colonel-Fabien à Paris, pour demander des données sur les adhérents. Combien sont-ils ? Mais surtout, qui sont-ils ? D’après tous les indicateurs, les catégories populaires sont de moins en moins présentes au sommet de l’organisation. Mais qu’en est-il à la base ? La réponse devrait être facile à obtenir. Le département « Vie du parti » centralise depuis 2009 les nombreux renseignements que la formation possède sur ses membres : âge, sexe, lieu d’habitation, secteur d’activité... Mais nul mot sur la catégorie socioprofessionnelle. On peut savoir que tel militant travaille à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) ou dans l’aéronautique, mais pas s’il est cadre ou ouvrier. Ce manque d’intérêt pour la condition sociale des adhérents illustre une tendance à l’œuvre au sein du PCF depuis trente ans : jadis centrale, la question de la représentation des classes populaires est devenue secondaire.

De la Libération aux années 1970, au temps où il était le premier parti de gauche en France, le PCF pouvait se présenter comme le porte-parole de la classe ouvrière, car ses responsables étaient majoritairement issus des milieux populaires : ancien mineur comme Maurice Thorez, dirigeant du parti de 1930 à 1964 ; « petit maraîcher » comme son successeur Waldeck Rochet ; apprenti pâtissier comme Jacques Duclos, candidat à l’élection présidentielle de 1969, où il obtint 21 % des voix. Il en allait de même à l’échelon local : avant de devenir maire d’Aubervilliers entre 1945 et 1953, Charles Tillon était ajusteur ; ses successeurs Emile Dubois (1953-1957) et André Karman (1957-1984), respectivement gazier et fraiseur. En propulsant des militants d’origine modeste dans des instances de pouvoir jusque-là réservées aux représentants de la bourgeoisie, le Parti communiste est parvenu, un temps, à bouleverser l’ordre social de la vie politique française. Le caractère populaire de l’organisation était alors perçu comme une nécessité pour inscrire le projet d’émancipation des travailleurs dans les pratiques militantes.

La base du PCF a été frappée de plein fouet par les transformations socio-économiques que connaissent les milieux populaires depuis les années 1970. Confronté à la précarité et au développement du chômage, le monde ouvrier a perdu en cohésion sociale. Pourtant, la crise du parti ne peut être attribuée à une hypothétique disparition des ouvriers : ceux-ci représentent toujours près d’un quart de la population active, et la décrue des effectifs du PCF est bien plus rapide que l’érosion de la classe ouvrière. La France comptait huit millions deux cent mille ouvriers en 1975 et encore sept millions en 1999, alors que, dans le même temps, le PCF perdait plus de la moitié de ses adhérents, passant de cinq cent mille à deux cent mille encartés. En outre, aux côtés des ouvriers, de nouvelles figures populaires ont émergé, dans les services notamment, avec l’essor du groupe des employés. Les ouvriers et les employés demeurent majoritaires dans la population active française, mais les mutations de leurs conditions de vie (relégation spatiale) et de travail (division des collectifs de travail) ont fragilisé leur entrée dans l’action politique. L’affaiblissement du PCF reflète ainsi les profondes transformations sociales et culturelles subies par les classes populaires ; il exprime le reflux du mouvement ouvrier. Ce déclin, qui marque l’épuisement d’une séquence d’intense politisation de la société française durant les « années 1968 », s’explique également par les bouleversements de l’ordre international, en particulier par l’implosion du système soviétique, ou encore par l’évolution du régime politique vers un système présidentiel et bipartisan.

Au cœur du quartier de la Défense, le choix de l’humanisme et de la démocratie

Mais ces explications externes au parti ne suffisent pas, et il serait réducteur d’envisager le déclin du PCF sous l’aspect d’une évolution mécanique, programmée, dont il n’y aurait aucune leçon à tirer.

Pour comprendre l’éloignement du PCF vis-à-vis des classes populaires et son effondrement électoral (il passe de 15,3 % lors de la présidentielle de 1981 à 1,9 % en 2007), il faut analyser les évolutions de son discours et de son organisation. A partir des années 1980 et surtout 1990, le PCF entend représenter non plus seulement les classes populaires, mais la France dans sa « diversité ». La lecture de la société en termes de classes s’efface derrière des thématiques comme la « participation citoyenne » ou la recréation du « lien social ». A l’image de la ville de Montreuil, les municipalités communistes de banlieue adoptent largement la thématique de l’« exclusion » dans les « quartiers » et entérinent sa dimension dépolitisante [1]. Les élus communistes se font les chantres d’une « démocratie locale » censée combler le fossé entre la classe politique et les « citoyens ».

Le projet initial du parti, d’inspiration marxiste, laisse alors place à une rhétorique humaniste largement partagée dans le monde associatif et politique. « Association, partage, mise en commun, coopération, intervention, concertation : ces exigences prennent une vitalité inédite, en lien avec le développement de la révolution technologique et informationnelle et la complexification de la société, l’évolution du travail, le besoin de citoyenneté, de nouvelles relations humaines respectant l’autonomie des individus... », proclame par exemple le document adopté lors du XXIXe congrès de 1996. Ce congrès, qui fait le « choix de l’humanisme et de la démocratie », de la « révolution humaine, citoyenne, solidaire » pour répondre au fait que « c’est la civilisation humaine tout entière qui est en péril », se déroule pour la première fois dans le quartier des affaires de la Défense.

Douze ans plus tard, dans le texte proposé par le Conseil national du PCF comme « base commune » pour le XXXIV econgrès de 2008, le mot « ouvrier » n’apparaît qu’une seule fois, et comme un groupe social au même titre que beaucoup d’autres : il s’agit en effet de rassembler « ouvriers, techniciens, employés ou cadres, femmes et hommes salariés de toutes catégories, précaires, intellectuels, sans-papiers, sans-emploi, paysans, créateurs, étudiants, retraités, artisans ». En rejetant l’ouvriérisme associé au stalinisme, les représentants du PCF ont tendance à abandonner la priorité accordée au rôle des ouvriers et des classes populaires dans le combat politique. Ayant délaissé la réflexion sur les rapports de classe et sur l’organisation de la lutte par ceux-là mêmes qui subissent la domination, ils ont naturellement éprouvé des difficultés à prendre en compte l’essor des nouvelles figures populaires — les employés des services et les descendants des travailleurs immigrés du Maghreb notamment.

L’entreprise de rénovation du communisme français passe par une transformation des modes d’organisation du parti. Les dispositifs de sélection et de formation de cadres militants d’origine populaire sont abandonnés dans les années 1990 et 2000 sous l’effet de la baisse des effectifs, mais aussi d’une remise en cause des pratiques autoritaires du centralisme démocratique (lire « A l’école des militants »). Les écoles, par exemple, disparaissent ou perdent leur fonction d’éducation populaire. La « politique des cadres » — un système de formation qui favorisait les militants ouvriers des entreprises — s’éteint progressivement. Pour le renouvellement du parti, on discute désormais surtout de rajeunissement et de féminisation. Quand il est question de « mixité », il ne s’agit jamais de la promotion explicite des militants issus des classes populaires.

Aux permanents d’origine ouvrière, formés dans les écoles du parti, succèdent des responsables dont la trajectoire (scolaire, professionnelle et militante) est étroitement associée au monde des collectivités territoriales. C’est autour de ces administrations locales que se restructure et survit le communisme contemporain et non, comme jadis, autour des réseaux syndicaux. En 2013, sur l’ensemble des adhérents répertoriés par le département « Vie du parti », 75 % indiquent travailler dans le secteur public, dont 23 % dans une collectivité territoriale. Et il en va de même au sommet de l’appareil. Le dernier dirigeant national passé par des fonctions au sein de la Confédération générale du travail (CGT) fut Georges Marchais : ajusteur de profession, il fut responsable syndical dans la métallurgie avant d’occuper la tête du parti de 1970 à 1994. Ses successeurs, eux, ont partie liée à la gestion des collectivités locales. M. Robert Hue fut le premier édile à devenir le secrétaire national du PCF, en 1994 ; il était alors maire de Montigny-lès-Cormeilles, conseiller général, conseiller régional et surtout président de l’Association nationale des élus communistes et républicains. Mme Marie-George Buffet lui a succédé en 2001. Elle fut d’abord employée à la mairie du Plessis-Robinson avant d’être maire adjointe dans une autre municipalité, puis élue au conseil régional d’Ile-de-France.

Quand les nouveaux dirigeants du PCF passent par le syndicalisme, il s’agit du syndicalisme étudiant. Mme Buffet a fait partie du bureau national de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF). Secrétaire national du PCF depuis 2010, M. Pierre Laurent, lui, a dirigé l’Union des étudiants communistes (UEC). Titulaire d’une maîtrise de sciences économiques de la Sorbonne, cet ancien journaliste et directeur de la rédaction de L’Humanité symbolise la puissance de l’engagement familial au sein du communisme contemporain. Fils de Paul Laurent, député et cadre de l’appareil dans les années 1970-1980, il est aussi le frère de M. Michel Laurent, autre dirigeant national qui fut responsable de la fédération de Seine-Saint-Denis. Les nouveaux dirigeants deviennent communistes davantage par héritage local et par fidélité familiale qu’en faisant l’expérience des inégalités sur leur lieu de travail.

La recherche de sources de financement par les permanents, qui ne peuvent plus être rétribués par un parti en perte de vitesse et cherchent à se salarier sur des postes électifs, explique aussi l’évolution du PCF. En 2013, selon le rapport financier présenté au congrès, la contribution des élus s’établit à 46 % des ressources totales du parti (contre 26 % au Parti socialiste et 3 % à l’Union pour un mouvement populaire). Ainsi, partout en France, les dirigeants communistes ont été appelés à entrer dans les assemblées électives. Il existait jusqu’ici une distinction forte entre les responsables d’appareil et les élus, les premiers étant chargés de « surveiller » les seconds en évitant leur « notabilisation » et en assurant la vitalité des réseaux militants. Or les responsables départementaux du parti ont eu pour consigne d’entrer dans leurs conseils régionaux à partir de 1998. Grâce à une alliance avec le Parti socialiste (PS), beaucoup ont pris des responsabilités dans les exécutifs de leur région. La notabilisation élective des cadres d’appareil est en marche.

Les experts en communication aux manettes lors des campagnes électorales

M. Hue entendait en 1995 libérer « de toute “tutelle” ombrageuse du parti les élus qui détiennent leur mandat non des seuls communistes mais du suffrage universel [2] ». Dès lors, les dirigeants nationaux eux-mêmes peuvent dévaloriser les ressources militantes au profit des élus et des expériences gestionnaires. Sur le terrain, les militants voient leur rôle se réduire, et l’activité électorale devient prioritaire. Les nouveaux adhérents ne restent pas longtemps de simples militants, mais sont rapidement sollicités pour se présenter aux élections municipales, avec pour conséquence un affaiblissement récurrent du militantisme local — d’autant que les élus, cumulant les mandats, délaissent rapidement les réunions du parti. Aux sièges des fédérations départementales, la présence militante s’efface, les réunions se tiennent avant 18 heures, et les militants « bénévoles » laissent la place à des professionnels (permanents, collaborateurs des groupes d’élus, personnel administratif, etc.) absents le week-end.

Or les élus ont leurs propres préoccupations. Pour préparer la prochaine campagne électorale, ils embauchent des experts en communication ; du fait de la technicisation croissante de l’action locale, ils s’entourent de cadres de la gestion publique [3]. Ils peuvent délaisser les relais militants ou associatifs au profit de professionnels, qui leur ressemblent socialement. Résultat : l’univers social des élus communistes se détache de celui de leurs administrés, et les catégories populaires jouent un rôle plus effacé dans la vie politique locale.

Cet éloignement des responsables communistes à l’égard des groupes sociaux qu’ils ont vocation à défendre affecte les pratiques militantes. Pendant longtemps, le PCF a impulsé une sociabilité politique étoffée dans les territoires où il était bien implanté (les « banlieues rouges », certaines communes rurales...). Ses militants animaient un ensemble d’organisations « amies » (Union des femmes françaises, Confédération nationale des locataires, Mouvement de la paix, Fédération sportive et gymnique du travail, etc.), mais aussi des cellules de quartier ou d’entreprise. Au cours des années 1980 et 1990, à mesure que la base militante se réduit et que les responsables se focalisent sur les enjeux électoraux, le militantisme local au PCF se limite de plus en plus à des actions de type associatif. L’essentiel des activités de masse est alors consacré à l’organisation de rassemblements festifs et commémoratifs, à l’image des traditionnels banquets du 1er-Mai ou du 14-Juillet.

Pris au piège de la droitisation de l’allié socialiste

Les communistes tirent en quelque sorte les leçons du moindre impact des réunions politiques d’autrefois, d’autant plus que cette dimension festive a traditionnellement constitué une force du communisme français, à l’image du succès continu de la Fête de L’Humanité au-delà des rangs du parti. Ainsi, au niveau local, la sociabilité autour de rendez-vous festifs perd son caractère politique, car les associations et les municipalités prennent le pas sur le parti dans l’organisation. Dans le village de Treban (Allier), par exemple, trois instances se substituent progressivement au PCF dans l’animation locale : l’amicale laïque, le comité des fêtes et le club du troisième âge. Les adhérents, une cinquantaine dans les années 1960-1970, ne sont plus qu’une dizaine dans les années 1990, essentiellement des agriculteurs à la retraite. Ils ne se rassemblent qu’une fois par an, lors de la remise des cartes organisée par le maire — un enseignant à la retraite — et son épouse. La réduction continue du nombre des travailleurs de la terre et de l’industrie, les déceptions vis-à-vis de la participation du PCF au gouvernement (d’abord en 1981-1984, puis en 1997-2002), la fin de l’Union soviétique : un ensemble de processus contrarie le maintien de l’organisation, qui a pourtant vu différentes générations de communistes se succéder depuis les années 1920. Faute de renouvellement militant, la mairie, communiste depuis l’entre-deux-guerres, est finalement perdue en 2001.

Les élus PCF de cette région rurale axent leurs politiques sur les thèmes de la vitalité associative : à la « citadelle rouge » succèdent des communes à la pointe dans le domaine de l’animation et de la promotion de la vie associative, sans référence à la défense d’une identité populaire ou politique. Dans l’éditorial du journal municipal de Bourbon-l’Archambault (deux mille cinq cents habitants) du début de l’année 2014, le maire communiste remercie « le monde associatif bourbonnais et les acteurs économiques locaux [qui] ont travaillé pour défendre et développer l’activité locale (...). Qu’ils soient commerçants, artisans, agriculteurs, chefs d’entreprise, membres de professions libérales, salariés ou agents de l’administration, retraités ou tout simplement concitoyens, les habitants de notre commune méritent remerciements et encouragements ».

Sur le plan pratique, la thématique de la lutte des classes perd sa position centrale pour les militants et laisse peu à peu place à une multitude de combats ciblés : répartition des richesses, féminisme, environnement, diversité, mondialisation. Il s’agit moins de s’engager au PCF au nom de la société socialiste future que de rejoindre certains réseaux à thème (éducation, immigration, Europe, etc.) qui se développent avec des comités propres et des manifestations particulières. Les militants sélectionnent les domaines qu’ils investissent sans se reconnaître forcément dans l’ensemble du message partisan. Cette segmentation de l’engagement contraste avec la place centrale qu’occupaient le parti et l’idéologie marxiste dans l’univers communiste. Dans ces conditions, certains militants ouvriers investissent la CGT mais se détournent du PCF ; d’autres, souvent plus diplômés, participent aux activités de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac) ; d’autres encore se consacrent exclusivement à leurs tâches d’élu local. Le parti a progressivement perdu sa position centrale dans les réseaux militants de la gauche du PS.

Néanmoins, après une longue période de léthargie et de vieillissement, un certain renouvellement des réseaux militants est intervenu depuis quelques années. D’abord lors de la campagne victorieuse contre le traité constitutionnel européen de 2005, puis dans le cadre du Front de gauche, la coalition électorale mise en place en 2008 entre le PCF et d’autres formations de gauche. Pour la première fois depuis 1980, les effectifs militants annoncés par la direction se sont stabilisés autour de soixante-dix mille adhérents [4], et la part des moins de 30 ans a légèrement augmenté. La campagne présidentielle de 2012 a tout particulièrement remobilisé les rangs communistes. A cette occasion, le PCF a soutenu M. Jean-Luc Mélenchon, responsable du Parti de gauche (PG), qui a obtenu 11,1 % des suffrages. Ce dernier, ancien socialiste, a opéré une certaine radicalisation du discours avec un retour de la thématique des antagonismes sociaux, alors que les campagnes précédentes étaient marquées par une euphémisation des référents communistes et anticapitalistes.

Si la stratégie du Front de gauche a freiné le déclin électoral du PCF aux élections présidentielle (2012) et européennes (2009, 2014), la décrue s’est poursuivie lors des élections législatives (2012) et municipales (2014), c’est-à-dire lors de scrutins où le PCF, plus que le Front de gauche, était en première ligne. Cette stratégie a mis au premier plan le problème de l’influence des élus dans l’appareil communiste et de leur dépendance à l’égard du PS. Le Front de gauche a en effet impulsé une dynamique qui s’accorde mal avec la poursuite d’une configuration classique d’union de la gauche PCF-PS. Les élections municipales de mars 2014 ont d’ailleurs donné lieu à des tensions très fortes entre le PCF et le PG, favorable à des listes autonomes du PS dans les grandes villes dès le premier tour. Elles ont également suscité des contestations internes au PCF, de la part de nouveaux adhérents qui s’opposent à la reconduction de l’alliance avec le PS. Mais, pour les élus et pour une part significative de la direction du PCF, conserver les municipalités à direction communiste avec le soutien du PS et les postes d’adjoint dans les autres mairies d’union de la gauche reste une priorité, au risque, selon certains, d’alimenter le lent déclin du militantisme.

L’équilibre semble compliqué à trouver pour les militants. Les élus locaux ont permis indéniablement le maintien d’une certaine influence du PCF alors que son audience nationale s’est effondrée. Par le passé, les municipalités communistes étaient en outre au cœur de l’implantation du PCF dans les milieux populaires : point d’appui à la diffusion des idées, elles constituaient des bases pratiques d’organisation militante et de résistance aux élites politiques et sociales. Plus que la bolchevisation de 1924-1934, ce sont les compromis du « communisme municipal », tout comme la stratégie du Front populaire d’alliance avec le frère ennemi socialiste, qui ont favorisé l’ancrage populaire du PCF. Néanmoins, dans le contexte contemporain de droitisation du PS, de professionnalisation des collectivités territoriales et de faiblesse des réseaux militants, ce qui fut une force pour le PCF peut parfois constituer un frein à son renouvellement.

Julian Mischi janvier 2015

Transmis par Danièle Jeammet


Chercheur en sociologie à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), auteur de l’ouvrage Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970, Agone, Marseille, 2014.


[1Lire Sylvie Tissot, « L’invention des “quartiers sensibles” », Le Monde diplomatique, octobre 2007.

[2Robert Hue, Communisme : la mutation, Stock, Paris, 1995.

[3Lire Fabien Desage et David Guéranger, « Rendez-vous manqué de la gauche et de la politique locale », Le Monde diplomatique, janvier 2014.

[4Ce chiffre des adhérents à jour de leur cotisation est plus exact que les cent trente mille « cartes placées » annoncées.

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