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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 07:20
7 Octobre 2015

Ce 7 octobre, à nouveau 100.000 personnes sont descendues dans les rues de Bruxelles pour protester contre la politique antisociale du gouvernement. Il était frappant de constater le nombre de travailleurs, en particulier les jeunes, qui en ont ras-le-bol des mesures d’austérité et qui exigent que l’on fasse contribuer les nantis. Dans le cortège, on entendait ou lisait un peu partout l’exaspération par rapport au fait que, à chaque fois, ce sont les travailleurs qui doivent payer, alors qu’on laisse les très riches bien tranquilles.

« Au début de cette année, le CD&V a promis un vrai tax shift en échange de la paix sociale. Et il y a eu la paix sociale ; mais, au lieu d’une taxe sur la fortune, le gouvernement a fait passer pendant les vacances un tax shift tout à fait inverse. Le gouvernement espérait que tout le monde avalerait cela sans broncher et que la population s’assoupisse. Mais cette manifestation prouve que ce n’est pas le cas », réagit Peter Mertens, le président du PTB, qui, avec le député fédéral Raoul Hedebouw, s’est adressé d’un podium aux manifestants dans les deux langues.

Egalement frappant : la grande diversité de la manifestation de masse. Beaucoup de Flamands, de Wallons et de Bruxellois ; des syndicalistes verts, rouges, bleus ; des travailleurs des PME et des grandes entreprises, des services publics, de l’enseignement, des maisons de repos…

De très nombreux manifestants portaient également l’autocollant des mouvements citoyens de Tout Autre Chose ou Hart boven Hard, créé voici exactement un an. D’importantes délégations des organisations de lutte contre la pauvreté, du mouvement pour le climat, des réfugiés, des agriculteurs, du secteur associatif et culturel étaient également présentes à la manifestation – toute la variété d’une très large résistance contre le gouvernement Michel - De Wever. Et, aussi, la base immédiate pour une véritable alternative, et très certainement en ce qui concerne une taxe sur les grosses fortunes et une diminution du temps de travail.

« Ce gouvernement fait comme s’il n’avait pas le choix et qu’il "doit" chercher l’argent chez les travailleurs et leur famille, les pensionnés, les isolés ou les malades de longue durée. Or un autre choix est tout à fait possible. Au début de la semaine, nous avons révélé le fait que le gouvernement avait offert un cadeau de 6,5 milliards d’euros aux 50 plus grandes multinationales éludant l’impôt. C’est bien de choix qu’il s’agit. Le gouvernement joue au Père Noël pour ceux qui n’en ont pas besoin. Le tax shift à l’envers du gouvernement doit disparaître. Il est grand temps d’instaurer un vrai impôt sur la fortune, une taxe des millionnaires. Pour pouvoir à nouveau investir dans la société, et passer d’une société du moi à une société du nous. »

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 15:41

Cet article est reposté depuis Ça n'empêche pas Nicolas.

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 15:40

1500 manifestants se sont rassemblés devant le siège du PS à Rouen pour rappeler aux élus PS et au gouvernement Valls-Hollande les promesses trahies et apposer une banderole sur la devanture afin de rafraîchir les mémoires.  Pas trace d'élus du PS, même pas de frondeurs, dans la manifestation, eux qui étaient sinombreux le 1er Mai 2012 ...

Et dans toutes les têtes, il y avait cette insulte lancée par le premier ministre socialiste traitant de voyous les 2000 salariés d'Air France venus manifester contre les licenciements et les conditions de travail aggravées pour tous.  La violence patronale génère la colère.  Elle couve.  Que le patronat, les dirigeants d'entreprises et nos dirigeants politiques ne s'étonnent pas quand elle éclate et se manifeste.

Et les manifestants présents à Rouen étaient en colère.  

1500 manifestants à Rouen contre l'austérité le 8 Octobre 2015

Pascal Morel, secrétaire de l'UD-CGT a pris la parole.  Il dénonça les mesures prises par le gouvernement Hollande en étroit accord avec la finance, le Medef et l'Union Européenne, pour durcir encore davantage la remise en cause des acquis sociaux et de toutes les garanties collectives.  Puis il passa la parole au responsable CGT des territoriaux de Rouen en lutte pour l'amélioration de leur conditions de travail et des salaires, contre la précarisation grandissante. 

Le cortège emprunta ensuite la rue de la République jusqu'à la Préfecture.

1500 manifestants à Rouen contre l'austérité le 8 Octobre 2015
Décidés

Décidés

Déterminés

Déterminés

Dans le cortège salariés du privé  et du public.  Les salariés victimes des fonds vautours et en lutte contre les licenciements et la perte de production industrielle : Chapelle Darblay, Petroplus, Eiffage ( Martot)... D'autres menacées également par la chute de l'industrie en France et les menaces sur l'activité portuaire : Boréalis, Saipol, les dockers.  Les Renault étaient également présents.  Et le commerce avec une belle banderole du printemps portée par des salarié(e)s menacé(e)s par la loi Macron.  Et puis la fonction publique : nombre de territoriaux menacés par la réforme en cours et la précarisation, les hospitaliers, nombreux.  Et enfin une délégation d'étudiants portant une banderole :" Ma salle de cours va craquer".  Au milieu de très nombreux drapeaux de la CGT, on remarquait également  ceux de Solidaires, de FO et de la FSU.

Mais ces délégations nombreuses ne suffisent pas à traduire la colère qui reste encore trop enfermée entre les murs des entreprises et des bureaux et ne se traduit pas par des mobilisations d'ampleur.

Face au carnage et aux attaques gouvernementales tous azimuts les salariés n'ont pas d'autres solutions que se révolter tous ensemble.  Ce serait une illusion de croire que les vautours des multinationales, de la finance et de l'Union européenne vont en rester là.  Chaque contre-réforme et restructuration d'entreprises, chaque perte d'acquis social est la porte ouverte à une aggravation de la situation pour les travailleurs.  Le patronat et l'Union eurropéenne ne s'arrêteront que s'ils trouvent en face d'eux une opposition résolue et massive. Yvette Genestal.

Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen

Les manifestants dans les rues de Rouen

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 15:02
Compte-rendu de la manifestation dans Ouest-France.
Normandie -
  • Vers midi, devant l'usine Sidel, à Octeville-sur-Mer, près du Havre.

    Vers midi, devant l'usine Sidel, à Octeville-sur-Mer, près du Havre. | Xavier Oriot/Ouest-France

  • Des prises de parole se déroulaient vers 12 h 15 devant l'usine Sidel, à octeville-sur-Mer.

    Des prises de parole se déroulaient vers 12 h 15 devant l'usine Sidel, à octeville-sur-Mer. | Xavier Oriot/Ouest-France

Peu avant 10 h, les manifestants présents près du pont de Normandie commençaient à lever les barrages. A midi, entre 1 500 et 2 000 de personnes étaient devant l'usine Sidel.

Les principaux accès routiers du Havre (Seine-Maritime) ont été bloqués jeudi matin par plusieurs centaines de manifestants, principalement de la CGT, provoquant des kilomètres d'embouteillages à l'entrée de la ville portuaire, dans le cadre d'une journée de manifestation nationale, a-t-on appris de source syndicale. 

Des barrages filtrants ont été mis en place peu avant 7 h sur tous les axes principaux permettant d'accéder à la ville et au port, dont le rond-point menant au pont de Normandie. Les Bus verts du Calvados ont notamment interrompu leurs lignes 20, 39 et 50 entre Honfleur et Le Havre.

Des dockers CGT participaient à ces actions qui ont empêché également le passage de poids lourds voulant se rendre dans les principaux terminaux du port.

"Cela s'est très bien passé du côté des manifestants", déclare le capitaine Gildas Reul, de la compagnie de gendarmerie du Havre.

Les manifestants ont brûlé des pneus aux abords du rond-point menant au pont de Normandie. Selon le secrétaire général de l'Union locale havraise de la CGT, Jacques Richer, les automobilistes ont été plutôt compréhensifs. "On a tenté de faire comprendre ce qui se passait", a-t-il dit à l'AFP.

Les manifestants prévoyaient vers 10 h de se rendre à Octeville-sur-mer pour soutenir des salariés du groupe Sidel (bouteilles plastique) qui avaient aussi érigé un barrage pour protester contre le plan social prévu dans leur usine, susceptible de supprimer 190 emplois. 

A midi, entre 1 500 et 2 000 s'étaient rassemblées devant l'usine. La circulation se fait normalement. devant l'usine qui conçoit des machines à fabriquer des bouteilles en plastique. Des prises de paroles étaient prévues à 12 h 30. 

Le plan social prévoit 209 suppressions de postes, dans sa principale unité, Sidel Blowing, et 25 créations ailleurs. Il y a 300 grévistes sur 820 salariés.

Dans Normandie-actu

 

À l’appel des Unions départementales de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de FO et de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France), les salariés du public et du privé étaient invités à se rassembler dans la rue. Reynald Kubecki, le délégué syndical CGT de l’usine Sidel, assurait à Normandie-actu que les salariés de ce fleuron de l’industrie auraient en cette journée de grève nationale, le soutien des dockers et portuaires du Havre. Leur présence aux côtés des Sidel a été confirmée. Les agents territoriaux du Havre avaient également déposé un préavis de grève de 24 heures. Rendez-vous était donné à 6h45 au stade Deschaseaux, à l’entrée du Havre, jeudi 8 octobre 2015.
Les salariés du privé étaient là, eux aussi, pour parvenir au « blocage de l’économie » au Havre, en cette journée de grève. Les manifestants défendaient la hausse des salaires, l’arrêt des suppressions d’emplois. Ils plaidaient également pour la défense du Code du travail et des services et entreprises publiques.

Des perturbations dans les écoles, cantines, garderies

Vers midi, le cortège a convergé vers le site Sidel d’Octeville-sur-Mer pour dénoncer le PSE (Plan social à l’emploi) à venir. Et une nouvelle manifestation pour la défense de l’emploi, est d’ores et déjà programmée samedi 10 octobre 2015, à 14h, devant la maison des Syndicats, avec les Sidel en tête.

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 16:48
8 octobre 2015: 500 manifestants à Dieppe

Sur le blog de l'UL CGT de Dieppe,  Manifestations & actions revendicatives

08 oct. 2015
8 octobre 2015: 500 manifestants à Dieppe

C'est sous le soleil qu'ont eu lieu le rassemblement de Dieppe, puis la manifestation.

Parmi les 500 manifestants, on notait la présence de nombreuses délégations d'entreprises, comme Cégélec, EDF Paluel et Penly, l'Hôpital de Dieppe, Alpine Renault, Orange, Le Syndicat Mixte du Port, Autoliv, des enseignants du primaire et du secondaire, les professeurs d'éducation physique, les employés territoriaux, etc.

Après une prise de parole de Mathias Dupuis, pour la CGT et d'Isabelle Lavieuville, pour la FSU, le cortège se formait et prenait le quai Henri IV.

Après une halte au rond point des barrières, le cortège s'engageaut pour une boucle dans l'ile du Pollet, puis retour quai HenriIV, la grande rue, la rue Victor Hugo, le boulevard Général-de-Gaulle, et se dispersait à la Sous-préfecture.

Au coeur de la manif, les slogan les plus repris tournaient autour de la revalorisation des salaires, et de l'emploi.

8 octobre 2015: 500 manifestants à Dieppe
 
8 octobre 2015: 500 manifestants à Dieppe
8 octobre 2015: 500 manifestants à Dieppe
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8 octobre 2015: 500 manifestants à Dieppe
 
8 octobre 2015: 500 manifestants à Dieppe
8 octobre 2015: 500 manifestants à Dieppe
8 octobre 2015: 500 manifestants à Dieppe
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 16:41
Air France

Par · 7 octobre 2015

Les évènements survenus lors du Comité Central d’Entreprise d’Air France le lundi 5 juillet déchaînent la presse et conduisent à une multiplication de commentaires. Nicolas Sarkozy, empruntant un costume bien trop grand pour lui, reprend le mot de De Gaulle de « chienlit » prononcé en 1968. Comparer un incident, certes violent mais limité, aux événements de mai 1968 nous donne tout le sérieux du personnage. François Hollande, Président de la République, considère que c’est l’image de la France à l’étranger qui est touchée. Venant de qui a compromis la fiabilité de la France comme partenaire industriel avec l’annulation du contrat de vente des deux BPC « Mistral » à la Russie, ceci est pour le moins étrange. Sans doute un cas d’amnésie…Le Premier-ministre, Manuel Valls, parle de violences inacceptables, de « voyou », et de « France sous le choc »[1]. Ceci alors que la Côte d’Azur vient de connaître des inondations dramatiques qui ont fait plus de vingt morts. Voilà ce qui donne le sens de la mesure, et des responsabilités, de la même personne qui accuse Nicolas Sarkozy « d’hysteriser le débat politique ». Bref, il y a eu beaucoup de paroles, beaucoup d’indécence, mais aussi beaucoup de postures politiques à propos d’un incident qui est cependant révélateur d’un trouble profond.

 

Ce qui s’est passé

Que s’est-il donc passé ce lundi 5 octobre lors de la réunion du Comité Central d’Entreprise (CCE) d’Air France ? On sait que les esprits étaient chauffés à blanc par l’annonce de 2900 suppressions d’emploi prévues par la direction. Ces suppressions d’emploi vont toucher prioritairement le personnel au sol qui a pourtant dépassé les objectifs de gains de productivité contenus dans le précédent accord d’entreprise. La salle où se tenait le CCE a été envahie par des manifestants. On sait aussi que Frédéric Gagey, le PDG de la compagnie, a pu sortir précipitamment de la salle[2] et l’on peut se demander pourquoi la totalité des représentants de la direction n’a pas fait de même. A-t-on sciemment décidé de laisser des boucs émissaires à la colère des salariés ? Puisqu’il y a enquête de police, il serait bon, il serait juste, aussi d’enquêter sur ce point.

Dans les minutes qui ont suivi le Directeur des Ressources Humaines d’Air France Xavier Broseta a été violemment pris à partie ainsi que Pierre Plissonnier, responsable de l’activité long courrier à Air France. Xavier Broseta a été évacué torse nu par un important service d’ordre, des manifestants lui ayant arraché sa chemise. Xavier Broseta aurait manqué de se faire lyncher selon certains et en tout les cas a été violemment pris à partie. Il a dû quitter la salle, avec Pierre Plissonnier en escaladant des barrières comme l’a amplement montré la télévision. Les deux hommes ont été protégés par des militants syndicaux, dont des membres de la CGT et de FO. Certains de ces derniers ont été blessés alors qu’ils protégeaient MM Broseta et Plissonnier.

Il semble aujourd’hui avéré que ces deux syndicats avaient prévenu la direction d’Air France du risque d’incidents mais cette dernière n’ait rien voulu entendre et n’ai pris aucune disposition en prévision de possibles incidents. Et l’on ne peut ici que se reposer la question : la direction a-t-elle voulu que ce CCE dégénère ? Cette question est légitime quand on voit dans quelles conditions Frédéric Gagey, le PDG de la compagnie, a été « exfiltré » de la salle, mais que l’on y a laissé un homme concentrant la colère des salariés, le Directeur des Ressources Humaines.

La virulence, et la promptitude, des commentaires tant de Manuel Valls et d’Emmanuel Macron sur cet incident sont des éléments de plus à porter au dossier. La direction d’Air France a-t-elle cherchée délibérément un incident qui lui permettrait de s’adosser au soutien de l’Etat pour procéder à une restructuration brutale de l’entreprise ?

 

La question du « dialogue social apaisé »

Au-delà de ces incidents se pose néanmoins un problème de fond. La violence sociale tend désormais à éclater dans toute une série d’occasions. Certaines sont réprimées et d’autres biens moins voire pas du tout. Il vaut mieux ici être agriculteur que salarié d’entreprise. Mais, dans cette « violence sociale » on ne voit que l’un des éléments. Bien entendu, les événements de lundi sont violents, et ils auraient dû être évités. Ils n’apportent rien à la lutte des travailleurs. Mais, la suppression de 2900 emplois est une violence incomparablement supérieure, surtout dans un pays dans lequel il y a 5 millions de chômeurs au sens plein et 3 millions de quasi-chômeurs ou d’emplois précaires. A ce compte là, deux chemises déchirées ne sont effectivement pas grand-chose.

Il y a plus. Le Président de la République a appelé à un « dialogue social apaisé ». Mais, ce dernier implique des institutions, des tribunaux, et des règles, un code du travail. Or, le gouvernement, sous la direction du même Président de la République, n’a eu de cesse depuis ces derniers mois que de tenter de démanteler les uns et les autres. Les fameuses « loi Macron » démantèlent les tribunaux Prudhommaux et envisagent de s’attaquer au Cde du Travail. Or, la justice Prudhommale, aussi imparfaite soit-elle, constitue une instance nécessaire du dialogue social. Quant au Code du Travail, dont on dénonce un peu légèrement la lourdeur, il ne fait que refléter la complexité croissante des situations réelles. Une partie de la taille du Code du Travail s’explique par la complexification des statuts du salariat et du quasi-salariat, comme j’ai eu l’occasion de le dire sur Sud-radio le 31 août dernier[3]. Une autre partie provient de la multiplication des exceptions aux règles, dont beaucoup sont demandées par les employeurs eux-mêmes.

Il est contradictoire de prétendre vouloir un « dialogue social apaisé » et de tout faire pour démanteler les institutions et les règles qui permettent à ce dialogue social d’exister. François Hollande et Manuel Valls devraient s’en souvenir. Mais, il est clair qu’ils préfèrent s’écharper avec Nicolas Sarkozy, jamais à court d’une indignité, sur le mot « chienlit » plutôt que de regarder les conséquences logiques de leurs propres actions. De plus, François Hollande évoque les conséquences de cet incident sur « l’image, sur l’attractivité » de la France[4]. Est-ce à dire qu’il est plus préoccupé de cette question que de la situation des futurs 2900 familles qui seront touchées par les suppressions d’emploi ? Est-ce à dire qu’il considère que nous sommes à ce point dépendant de l’étranger, alors qu’il y a sur dix ans plus d’argent qui sort de France que d’argent qui n’y entre ?

 

Ce que révèle l’incident d’Air France

Continuons donc d’aller au fond des choses. Qu’est-ce que révèlent ces poussées de violence ? Nous sommes aujourd’hui dans une société de chômage de masse. Nous sommes aujourd’hui dans une société qui est bien plus inégalitaire qu’il y a 20 ans[5]. La montée de l’indicateur de Gini, indicateur qui permet de mesurer de manière synthétique l’inégalité, depuis les années 1990 en témoigne[6].

Indicateur de Gini

A - gini_niveau_vie70-2012-3

Source : Observatoire des inégalités

On peut y ajouter la destruction programmée de l’Ecole publique, réduite à un simple centre de formation des « compétences » par les politiques menées tant par la droite que par la gauche. Cette destruction aboutit à priver les classes populaires de l’accès à la culture. Or, l’Ecole était, ici aussi en dépit de défauts multiples, un vecteur de l’ascension sociale qui permettait une forme, certes imparfaite, d’égalité.

Au-delà de cet aspect matériel de la situation, il y a le sentiment de dépossession de tout pouvoir que ressentent désormais des millions, et même une grande majorité, des français. Ce sentiment de dépossession est la cause réelle, mais pas la cause unique, de ces bouffées de colères qui se multiplieront à l’avenir, on ne doit pas en douter. Ce sentiment de dépossession provient de ce que la politique a été peu à peu vidée de son contenue. Les choix économiques nous sont, du moins on le prétend, dictés de l’extérieur du corps politique par la « mondialisation » ou par l’Euro. Or, et de cela l’immense majorité de la population en a bien conscience, ces choix économiques exercent désormais une influence déterminante sur notre vie.

Tant que nous serons dépossédés des instruments de contrôle sur notre existence, et ce quel que soit ce que nous en feront par la suite, tant que l’on laissera à la mondialisation mais aussi à la trop fameuse « construction européenne » qui n’est bien souvent que le masque de nouvelles régressions sociales, le pouvoir de dicter le cours nos vies, on doit s’attendre à ces explosions de colère sociale. Tous les discours lénifiants sur le « dialogue social apaisé » n’y changeront rien, surtout quand les pratiques de leurs promoteurs leurs apportent le plus direct, et le plus cruel, des démentis.

 

Les véritables « voyous », si tant est que ce terme doive être employé dans ce contexte, ce sont les dirigeants d’Air France mais aussi Manuel Valls et François Hollande, dont la politique et les actes ont conduit, directement et indirectement, aux violences de lundi dernier.

 

 

[1] http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/10/06/crise-a-air-france-valls-affiche-sa-fermete-face-aux-voyous_4783690_823448.html

[2] http://www.leparisien.fr/transports/video-air-france-le-drh-violemment-pris-a-partie-par-les-manifestants-05-10-2015-5156773.php

[3] http://news360x.fr/jacques-sapir-sur-sudradio-le-lundi-31-aout-2015-faut-il-sortir-de-leuro/

[4] http://www.rtl.be/info/monde/economie/air-france-hollande-denonce-les-violences-et-leur-impact-sur-l-image-de-la-france-760115.aspx

[5]http://www.inegalites.fr/spip.php?page=analyse&id_article=2088&id_groupe=9&id_rubrique=28&id_mot=30

[6]http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=632&id_groupe=9&id_mot=130&id_rubrique=208

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 16:38

Cet article est reposté depuis Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges..

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 14:51
En Seine-Maritime le 8 Octobre : Unis contre les politiques d'austérité, pour l'emploi, pour les salaires, pour la défense du Code du travail.  Manifestations à Dieppe, Rouen, Le Havre
En Seine-Maritime le 8 Octobre : Unis contre les politiques d'austérité, pour l'emploi, pour les salaires, pour la défense du Code du travail.  Manifestations à Dieppe, Rouen, Le Havre
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 14:42

Nous publions ci-dessous un article trouvé sur "Toute l'Europe" et quelques extraits d'une interview du nouveau secrétaire de la CES. Comme langue de bois on ne fait pas mieux.  On retrouve le «dialogue social » dont les militants syndicaux savent qu’il signifie "négocier les reculs sociaux" , ou « partenaires sociaux » qui sous-entend qu’actionnaires et salariés ont des intérêts communs alors qu’ils ont des intérêts diamétralement opposés.  C’est d’ailleurs cette opposition fondamentale et les luttes qu’elle génère que Marx appelle « lutte de classes ».  Et puis le secrétaire de la CES vante le « modèle social européen », formule qui n’a aucun sens à l'heure où l’UE veut au contraire détruire tous les acquis sociaux, non seulement en France, mais aussi dans les autres pays européens.
Mais il est des expressions qui devraient alarmer les salariés et les militants syndicaux.
Ainsi «  aider les partenaires sociaux à forger de nouvelles relations industrielles appropriées et un dialogue social convenable ».  Les salariés d'Air France apprécieront.

Il s’agit d’inviter les salariés à collaborer à la bonne marche de l’économie dans leurs entreprises et à supporter stoïquement, et si possible avec le sourire, les baisses de salaires, augmentation de temps de travail, déréglementations, abandon des droits inscrits dans le code du travail …  En bref on leur demande de comprendre un peu les difficultés des patrons et du Medef qui ont tant de mal à remplir les poches de leurs actionnaires.
Enfin Luca Visentini reprend l’expression « économie sociale de marché » que l’on retrouve dans le traité de Lisbonne et semble l’intégrer aux objectifs de la centrale syndicale européenne. On sait depuis dix ans ce que veulent dire les contre-réformes sociales dûes à l’instauration de la dite «économie sociale de marché ».   Il convient pour être clair de rappeler ce dont il s’agit.


Voici quelques extraits de Wikipédia pour tenter d’y voir clair :
 « L’économie sociale de marché est un système économique basé sur le capitalisme de marché, censé être naturellement social. Elle a été développée et mise en place en Allemagne de l'Ouest par l'Union chrétienne-démocrate sous la direction du Chancelier Konrad Adenauer.
La doctrine de l'économie sociale de marché  assume l'idée que le libre-marché est naturellement social.
Au Royaume-Uni, l'expression est reprise dans les années 1970 dans la même acception que celle des ordolibéraux par le Center for Policy Studies, qui réunissait les tories les plus libéraux, dont Margaret Thatcher et Keith Joseph. Le centre se fit un moment l'apologiste de l'économie sociale de marché, expression qui permettait de rappeler que seule une économie de marché pouvait permettre le progrès social.
Le Traité de Lisbonne, tout comme la Constitution européenne qu'il a vocation de remplacer, instaure l' « économie sociale de marché » comme un des objectifs principaux de l'Union européenne : "Elle (L'Union) œuvre pour [...] une économie sociale de marché hautement compétitive [...]".


Bref, avec la CES et Mr. Luca Visentini, tout ira pour le mieux dans la meilleure économie « sociale » de marché possible. La Commission et Mr Juncker sont déjà ravis. La centrale européenne va œuvrer effectivement pour l’"intégration européenne" des salariés rétifs.  Mais là personne ne pourra dire qu’il a été trompé.  C’est dans les statuts de la Confédération Européenne des Syndicats.
Yvette Genestal

 

02.10.2015

 
Luca Visentini

Créée en 1973, la Confédération européenne des syndicats (CES) regroupe aujourd'hui la plupart des fédérations syndicales en Europe. Organisation représentative des travailleurs auprès des institutions européennes, elle s'efforce avec difficulté de faire progresser l'Europe sociale. Elu secrétaire général de la CES lors de son 13e congrès à Paris, Luca Visentini nous expose ses priorités et sa volonté de renouveler le dialogue social européen.

Au cours de cette interview, le nouveau secrétaire général de la CES développe ses priorités pour relancer l'économie européenne : relancer l'investissement public,  augmenter les salaires pour lutter contre la déflation, et instaurer un véritable dialogue social au niveau européen.

Voir l'interview : 

"dialogue social", "modèle social européen", "partenaires sociaux", "stimuler l'économie pour relancer l'emploi" et un petit nouveau : l'"économie sociale de marché"... un vrai langage de technocrate européen versus "social-démocrate"

Luca Visentini souhaite ainsi rencontrer prochainement le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, pour discuter des prochaines mesures sociales à mettre en oeuvre. Lors de son discours d'ouverture du congrès de la CES le 29 septembre, M. Juncker a appelé à "compléter la dimension sociale de l'Europe" avec "un socle de droits sociaux minimaux" et à "relancer le dialogue social européen", tout en affirmant que "le contrat de travail normal est un contrat de travail à durée indéterminée" et que "l'économie sociale de marché doit rester le modèle social européen".

 

Né à Udine (Italie) en 1969, Luca Visentini rejoint l'Union italienne du travail (UIL) à 20 ans. En 2007, il intègre la Confédération européenne des syndicats comme membre du comité Économie et Emploi, puis devient secrétaire confédéral de l'organisation en 2011, lors du 12e congrès. Le 2 octobre 2015, il succède à Bernadette Ségol comme secrétaire général de la CES.

Avec trois recueils publiés en 2004, 2005 et 2007, Luca Visentini est également écrivain et poète. Il a fondé des associations et des réseaux actifs dans le domaine de la littérature et le théâtre.

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 17:26

Le poète syrien Adonis à une chaîne égyptienne : «Seuls les Algériens ont vraiment combattu !»

Lu sur le blog de Danielle Bleitrach

Le grand poète syrien Adonis. D. R.

Le grand poète syrien Adonis. D. R.

Dans une déclaration à la chaîne de télévision égyptienne CBC, le grand poète syrien Adonis, de son vrai nom Ali Ahmed Saïd, a estimé que les Arabes «n’ont jamais eu une histoire de lutte digne de ce nom». «Le seul pays qui a vraiment fait la révolution, c’est l’Algérie !» a-t-il clamé, en expliquant que «tous les autres pays, de la Syrie à l’Irak en passant par le Liban, ont obtenu leur indépendance sur un plateau d’argent». Devant l’insistance de la journaliste égyptienne qui tentait de le convaincre de l’existence de «révolutions contre l’occupation», aussi bien en Libye, en Irak qu’en Egypte contre l’occupant britannique, le poète n’a pas transigé, en répétant, sûr de lui, que «seuls les Algériens ont vraiment combattu». «Il ne faut pas nous mentir à nous-mêmes, renchérit-il. Les Arabes n’ont guère lutté, y compris pour leur indépendance.» «Nous avons, certes, organisé des manifestations au Liban, en Syrie et un peu partout, mais le vrai combat révolutionnaire, tel qu’on l’a connu en Algérie, n’a jamais existé dans nos pays», a-t-il insisté. Interrogé, enfin, sur le sens à donner au «soulèvement actuel des Syriens pour arracher leur liberté», le poète syrien s’est montré offusqué par une telle définition, trouvant absurde qu’on puisse parler de révolution, lorsqu’on sait que «60% à 70% des combattants en Syrie, aujourd’hui, sont de nationalité étrangère». «Au nom de quoi combattent-ils ?» s’est interrogé Adonis avec ironie. Adonis est l’un des premiers intellectuels arabes à s’être franchement opposé aux mouvements du «printemps arabe», affirmant qu’ils étaient sans lendemain. Il a, dès le début, prévenu contre la mainmise «fatale» des islamistes sur les protestations populaires qui avaient secoué certains pays de la région, dont son pays, la Syrie. A cause de ses positions, il a été pendant longtemps censuré dans la plupart des médias à la solde des pays du Golfe, où il est jeté en pâture et décrit tantôt comme «un occidentaliste impie», tantôt comme «un agent du régime d’Al-Assad».
R. Mahmoudi

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