Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 11:34


L’opposition aux politiques européennes et à l’UE est majoritaire.  Malgré le matraquage des médias et des partis dominants, l’abstention est à près de 57%.  Le PS s’écroule et les partis de droite sont devancés par le FN qui est à plus de 25% des exprimés.
Les partisans de l’UE, PS-Verts-UDI-UMP,  totalisent un peu plus de 21% des inscrits. Quand au Front de gauche il atteint 2,58% des inscrits mais, tout en progressant en voix par rapport à 2009, perd un député.  Le scrutin par circonscription favorise les grands partis.

Abstention largement majoritaire

Dimanche soir, tous ces partis minoritaires se félicitaient du recul de l’abstention ( - 2,5 %) pour se désoler ensuite des progrès du FN.  On notera que les mêmes soutiennent sans problème un gouvernement ukrainien, soutenu par des groupes fascistes et néo-nazis, comprenant 30% de ministres d’extrême-droite.
Les abstentionnistes sont beaucoup plus nombreux que les électeurs FN !  Près de 57% des inscrits se sont abstenus.  Sans compter les près de 2% de votes blancs ( par rapport aux  inscrits) et les 3 millions d’électeurs potentiels non inscrits…10% des inscrits ont voté FN.  Les électeurs ont choisi massivement l’abstention, le boycott  pour exprimer leur rejet du système.
Ce rejet touche en premier le monde du travail. 69% des chômeurs, 68% des employés et 65% des ouvriers ne se sont pas déplacés. De même 73% des moins de 35 ans.

C’est la faillite des partisans de l’Europe fédéraliste et capitaliste.  C’est la faillite de la Vème République. 

Les citoyens français n’en peuvent plus de ce système qui permet à une minorité d’imposer une politique régressive.  Ils sont exaspérés par ces élections dans lesquelles, une fois les urnes rangées,  leur avis ne compte plus.  Ils ont voté en 2005 et ont refusé cette « concurrence libre et non faussée ».  La droite et le PS n’ont pas tenu compte de leur vote.  Ils ont chassé Sarkozy parce qu’ils ne voulaient plus de cette soumission aux règles de l’UE et voulaient une politique de gauche, une politique de sauvegarde des services publics, la protection de leur industrie, le contrôle des financiers, le progrès du pouvoir d’achat et non des profits grandissants pour les multinationales.  Le PS leur avait fait miroiter l’« Europe sociale ».  Le PCF voulait « faire réussir la gauche » … C’est le contraire qui s’est passé.   Hollande avec Ayrault puis Valls ont mis en oeuvre une politique de droite encore plus destructrice. Ils ont répondu compétitivité, allongement du temps de travail, gel des salaires, casse des services publics.
C’est le capitalisme mondialisé que servent tour à tour ces personnels de droite et socio-libéraux.  Ils font tout pour aider le capitalisme du XXIème à maintenir ses profits élevés, à élargir son champ d’action et à marchandiser tout ce qui peut l’être, très vite. 

Une fois de plus, le choix des salariés, des chômeurs, des classes populaires est méprisé
 
Les Français ont lancé un avertissement aux eurocrates mais ces derniers ne veulent rien entendre. 
Valls a déclaré ne pas avoir l’intention de changer de « feuille de route » et entend poursuivre la même politique de soumission aux objectifs européens.   Et il assène : "Nous avons besoin d'une Europe plus forte, plus solidaire, plus juste, plus généreuse".  L’UMP s’est repliée sur ses problèmes internes pour expliquer son recul.  Le centre-droit a maintenu sa volonté de réformer comme le réclamait l’UE et a stigmatisé « la victoire de la contestation, du repli et des égoïsmes nationaux […] et la peur de l'avenir sur l'aventure collective européenne dont la réussite est pourtant intimement liée à celle de la France".  Hollande a dit comme Valls. Et tous répètent, journalistes et politiques, avec une connivence évidente et exaspérante, qu’on n’a pas bien expliqué l’Europe, qu’on n’a pas su la rendre lisible … 60 ans d’échec pédagogique en quelque sorte.

Le vote FN est un leurre dangereux

Quoique n’ayant fait que 10% des inscrits et ayant perdu 1 700 000 voix par rapport aux présidentielles, Marine Le Pen a les yeux fixés sur 2017.  Elle n’aspire qu’à un but : le pouvoir en France grâce aux institutions de la Vème République et l’élection du président de la République au suffrage universel.  L’UE n’est qu’un tremplin.  Les électeurs qui l’ont choisie pour s’opposer à l’UE et au capitalisme européen se trompent car c’est la roue de secours du capitalisme.  Le FN prône un capitalisme national et des syndicats corporatistes qui collaborent avec le patronat.  Il n’aime ni les luttes syndicales, ni la lutte de classes.  Lors de la grève contre la réforme des retraites Marine Le Pen a reproché aux syndicats de “prendre les usagers en otage” et a souhaité l’intervention policière contre les piquets de grève. Il fut un partisan acharné de R.Reagan et Margaret Thatcher, promoteurs du néo-libéralisme et de la déréglementation, soutiens de Pinochet.  Il se proclame maintenant anti-libéral, une volte face que les leaders frontistes n'ont jamais expliqué. Et pour cause : elle n’est que de circonstance.  Le FN ne dénonce d’ailleurs  ni les actionnaires, ni les dividendes, ni le capitalisme.  Marine Le Pen n’appelle pas à la lutte contre ce capitalisme européen mondialisé.  Elle invite les Français à s’en remettre à elle. Le FN cherche à diviser la classe ouvrière, les salariés sur fond de racisme, à capter des voix, à les détourner du combat de classe. Le FN c’est le choix de l’aventure avec un parti d’extrême-droite qui charrie à sa suite des groupes fascistes et néo-nazis dangereux. C’est pourtant chez les salariés les plus pauvres, chez les chômeurs que les listes du FN ont attiré le plus d’électeurs : 43 % des électeurs ouvriers, 38 % des employés et 37 % des chômeurs. Chez les moins de 35 ans, le parti de Marine Le Pen obtient 30 % des voix sur les 27% qui se sont déplacés …


La sortie de l’Union européenne est à l’ordre du jour

Aujourd’hui la question n’est ni « Plus d’Europe », ni « Europe sociale », c’est quand en sortir et comment. 
Pour des raisons purement électoralistes, pour sauver des sièges avec l’appui du PS, le PCF a renoncé à sa bataille contre l’intégration européenne après son appel à voter “NON” au traité de Maastricht.  Le  FDG et le PCF commettent une erreur dramatique en voulant à tout prix « sauver » l’UE et l’euro, en appelant à voter pour une “Europe sociale” que  droite et PS ont toujours fait miroiter pour appeler à “plus d’Europe”.  Ils ne peuvent pas être entendus par ceux qui perdent leur emploi, ceux qui ne peuvent pas se soigner, ceux dont on bouleverse le travail comme à la SNCF, dans les hôpitaux, dans les télécoms, à la Poste, dans les écoles, dans les communes …  Pierre Laurent, dimanche soir, a  tendu la main aux députés PS qui s’étaient abstenus au vote sur le pacte de stabilité. Les dirigeants du PCF et du FDG rêvent encore d’aider à reconstruire une force socialiste avec laquelle ils pourraient faire l’union… Cette tentative ouvre un boulevard au FN.  Car ces députés socialistes soutenaient les listes PS aux Européennes.  Certains étaient candidats.  Ils n’avaient rien dit contre la forfaiture du traité de Lisbonne.  Il existe une rupture radicale entre les électeurs de gauche qui n’en peuvent plus de l’UE et ces socialistes qui continuent à vouloir aménager l’Europe capitaliste.  Il existe une rupture entre les salariés, les chômeurs, et ceux qui persistent à vouloir refonder l’UE. L’Europe capitaliste ne s’amende pas, elle se combat.  Ce n’est pas un chemin facile, mais c’est la seule solution. 

Pour cela nous avons besoin d’un Parti communiste qui combatte l’Union Européenne et le Capital sans concessions pour que la France sorte du capitalisme mondialisé. Ce parti communiste est à reconstruire.


Le Parlement européen est illégitime

Nous disions : « Voter, c’est légitimer le Parlement européen ».  Aujourd’hui, les salariés, la classe ouvrière, les classes populaires ont largement rejeté ce système européen et l’ont déclaré illégitime. Les partis majoritaires, UMP-PS-UDI, ne veulent pas entendre ce que les électeurs ont souverainement affirmé.  La manifestation des cheminots le 22 mai a été un succès.  Le gouvernement, la commission européenne restent sourds à leurs revendications, pourtant majoritaires chez les travailleurs du rail.  La souveraineté populaire doit pourtant être entendue, fusse-t-elle exprimée par l’abstention massive, la grève ou les manifestations.

 

 

Faisons respecter la souveraineté populaire

Et nous réaffirmons ce que nous disions à la veille des européennes. L’abstention politique  signifie l’opposition à l’UE du Capital. L’ abstention majoritaire renforce le mouvement populaire opposé à la politique austéritaire européenne.  Elle révèle l’exigence de souveraineté nationale et populaire.  Le mouvement d’opposition à l’UE est profond.  Les salariés, la classe ouvrière ont des forces pour résister aux mesures gouvernementales  européennes, et reconquérir la souveraineté populaire.  Le pouvoir de décider est à la portée de ceux qui voulent une France libre, progressiste et républicaine, débarrassée du carcan et de la dictature de l’UE et du capitalisme. 

Non au traité transatlantique !

La première des batailles à mener sera le refus du traité transatlantique qui livrerait notre pays pieds et poings liés aux Etats-Unis et aux règles du capitalisme mondialisé.  Ce mouvement est en train de devenir majoritaire.  La France doit rejeter ce traité.  Les militants d’Action communiste travailleront à le faire grandir.  Et participeront à toutes les luttes contre ce traité.  Mais ce n’est qu’une étape car la logique de l’UE, c’est celle du capitalisme mondialisé.  Il nous faut donc en sortir pour construire des coopérations équitables et mutuellement avantageuses avec les autres peuples, pour contrôler notre économie, proposer des nationalisations utiles aux usagers et aux salariés, pour préserver nos droits sociaux.  C’est le chemin du socialisme à la française que nous proposons, construit avec les premiers intéressés : les travailleurs, les chômeurs, tous ceux qui ont intérêt à se débarrasser du capitalisme. Ils sont nombreux.  C’est leur force.

 

Action Communiste

Partager cet article
Repost0
8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 15:06

UE-France.jpg

La tribune d'Aurélien Bernier, "Front de gauche : changer ou disparaître", publiée sur Marianne.net, n'a de cesse de susciter le débat. C'est au tour de Pierre Lévy *, ancien syndicaliste CGT dans la métallurgie, passé par la rédaction de "L'Humanité" et aujourd'hui rédacteur en chef du mensuel "Bastille-République-Nations" d'apporter sa contribution. Pour lui, la position actuelle du Front de gauche sur l'Europe est intenable : "Il faut être passé maître en casuistique, écrit-il par exemple, pour proposer de rompre avec l’Europe actuelle tout en y demeurant".
**********
Dans une récente tribune publiée sur Marianne.net, Aurélien Bernier proposait des éléments d’analyse pertinents quant au succès électoral du Front national. Il précisait en particulier que l’abandon du terrain de la souveraineté nationale par le Front de gauche (et par le PCF en particulier, qui a historiquement porté ce repère structurant, avant d’opérer un virage sur l’aile au tournant des années 1990) a contribué à ouvrir un boulevard au parti de Marine Le Pen. 
  
Pierre Khalfa a réagi ici même à cette approche, allant jusqu’à affirmer que son auteur « en rajoute dans l’éloge du FN ». C’est évidemment le droit du Front de gauche de considérer que la« refondation d’une autre Europe » constitue plus que jamais un thème de mobilisation populaire prometteur. Il faut cependant être passé maître en casuistique pour proposer de « rompre avec l’Europe actuelle » tout en y demeurant, et de « désobéir aux directives et aux traités » (qui ont, rappelons-le, force juridique), tout en restant un Etat membre de l’UE. Si le Front de gauche indexe son avenir politique sur la percée d’une telle rhétorique, ses derniers partisans ont peut-être du souci à se faire. 
  
 
Mais laissons là l’improbable avenir dudit Front de gauche, et attardons-nous un instant sur la question essentielle : la souveraineté nationale, que Khalfa entend bien séparer de la souveraineté populaire. Comme si cette dernière pouvait exister en quelque sorte hors-sol, sans cadre. Ou comme si l’Europe pouvait servir de cadre de substitution. Un rêve caressé par certains, mais qui se heurte à un détail : s’il existe des peuples – français, britannique, grec, portugais, polonais… – il n’y a pas un peuple européen, au sens politique que la Révolution française a donné à ce terme. Et ce n’est pourtant pas faute que les « élites » du Vieux Continent s’y soient désespérément employées depuis près de sept décennies. 
  
 
Khalfa a cependant raison sur un point : il serait faux d’opposer les actuels gouvernements nationaux aux dirigeants européens : les uns et les autres (qui, du reste, permutent régulièrement) s’unissent en un mécanisme intégré pour imposer les choix politiques des classes dominantes. Mais précisément : les institutions et mécanismes européens ont été inventés, dès l’origine, pour rendre ces choix inévitables et irréversibles. Inévitables parce qu’ils sont inscrits dans ses gênes mêmes – grands principes, traités, procédures, et le cas échéant « pression des pairs » ; irréversibles parce que l’« acquis communautaire » qui joue comme un « effet cliquet » s’impose à tout gouvernement qui voudrait s’inscrire dans une perspective de transformation sociale. 
  
 
Khalfa pointe un autre grief à l’attention de ceux qui tiennent encore la souveraineté pour cruciale : ils voudraient ne pas voir que « la raison essentielle du vote pour le FN concerne l’immigration ». Bref, ces électeurs – des ouvriers et des jeunes, en particulier – sont des racistes. Au fond, c’est tout simple. Et d’ailleurs c’est prouvé par « les enquêtes d’opinion ». Alors… 
  
 
Passons sur le fait que, comme bien d’autres, l’auteur confond donc – ou feint de confondre – l’opinion publique (collection d’individus) et le peuple (entité collective). Il est vrai qu’il est plus aisé d’approcher la première grâce à Ipsos-Steria et consorts, que de comprendre le second, tant les organisations qui disent vouloir s’en inspirer ont perdu le contact avec lui. Plutôt que de se plonger dans les multiples sondages – qui reflètent l’état d’esprit des questionneurs plutôt que celui des questionnés – on en apprend bien plus en se mêlant aux échanges quotidiens autour des machines à café jouxtant ateliers et bureaux. On y trouve par exemple la rage que notre peuple soit dessaisi de la liberté de décider lui-même de son propre avenir (et non de son « destin », selon le vocabulaire euro-banalisé) – une exaspération qui s’exprime évidemment comme elle peut (et en particulier par le refus de vote), et qu’on retrouve à l’évidence chez nombre de nos voisins.
  
 
Au grand désespoir des dirigeants européistes, c’est bien l’idée même d’« aventure européenne » qui suscite partout ou presque réserves croissantes, voire hostilité déclarée. Et c’est tant mieux. D’abord parce que l’UE est intrinsèquement irréformable ; ensuite parce que le projet de constituer un « club » continental tient moins à une nécessité naturelle qu’à une logique de rivalités impériales planétaires (« être plus forts » face aux puissances émergentes…). 
  
 
Au-delà du texte de Pierre Khalfa, il est toujours fascinant de constater la propension de la gauche à jouer les ambulanciers idéologiques pour soutenir la propagande des classes dominantes. Ce fut par exemple le cas lorsqu’elle s’efforça de justifier les guerres « humanitaires » – de la Yougoslavie à la Libye. 
  
 
Aujourd’hui, c’est « l’idée européenne » – qui sombre de toute part – que ladite « gauche de la gauche » tente de sauver. Avec le succès que l’on sait. 


* Ancien syndicaliste CGT dans la métallurgie, puis journaliste à L'Humanité, Pierre Lévy est le rédacteur en chef du mensuel Bastille-République-Nations  depuis 2000. Il est également l'auteur du pamphlet d'anticipation politique L'Insurrection  (Editions AEBRN, 2012). 

 

SOURCE

Partager cet article
Repost0
8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 07:01

Lu sur le site de MARIANNE


manif-FdG.jpg

Pour Aurélien Bernier, auteur de « La gauche radicale et ses tabous », le Front de gauche ne peut plus fuir après ces européennes. Puisque le FN, écrit-il, « représente bien mieux la rupture avec la mondialisation », la gauche radicale doit débattre de tous les sujets sans exclusive : souveraineté nationale et sortie de l'euro compris. Et il en appelle à « convoquer au plus vite des assises sur les questions européennes ».

****

Il aura fallu trente ans au Front national pour améliorer, aux élections européennes, son score historique de 1984. Inexistant au scrutin de 1979 (seuls 0,76 % des inscrits votaient pour lui), le parti de Jean-Marie Le Pen multipliait par huit son nombre de voix cinq ans plus tard et talonnait le Parti communiste français. A cette époque, le vote était protestataire : contre l'insécurité, contre le chômage et la crise attribués en partie à l'immigration, et contre le « tournant de la rigueur » opéré par le Parti socialiste en mars 1983. Mais qui se souvient qu'en 1984 le Front national était ultralibéral et pro-européen tandis que ceux qui s'opposaient radicalement à la construction européenne étaient les communistes ?


 
Trente ans plus tard, les rôles sont inversés. L'extrême-droite française est devenue « anti-mondialiste », « anti-européenne » et « anti-système » tandis que la gauche radicale s'est mise à rêver une « réforme de l'intérieur de l'Union européenne » à laquelle plus grand monde ne croit. En parallèle, l'européisme du Parti socialiste s'est confirmé au point de se confondre avec celui de la droite libérale, tandis que tous les grands événements politiques européens ne cessaient, dans une part croissante l'opinion publique, de nourrir le rejet de « Bruxelles » : l'adoption du traité de Maastricht en 1992, qui inscrivait dans la Constitution française la primauté du droit européen ; la création de l'euro en 1999, qui ajoutait à l'ordre juridique communautaire un ordre monétaire ultralibéral ; le passage en force du traité de Lisbonne, qui rayait d'un trait de plume le non français et néerlandais de 2005 ; la gestion catastrophique et méprisable de la crise par les élites européennes ces six dernières années.


 
Il est donc logique, malheureusement, que la nouvelle stratégie de Jean-Marie Le Pen, perfectionnée depuis 2011 par sa fille, fonctionne et propulse le Front national en tête du scrutin du 25 mai 2014, avec 25 % des suffrages exprimés et 10,3 % des inscrits, quand le Front de gauche n'obtient que 6,5 % des suffrages exprimés et moins de 3 % des inscrits. On entend déjà certains invoquer le taux d'abstention pour minimiser ce résultat. Mais ce serait oublier que l'extrême-droite obtient 1 170 000 bulletins de plus qu'aux législatives de 2012 et près de quatre fois plus de voix que le Front de gauche.



Depuis trente ans, à chaque nouvelle percée du Front national, la gauche radicale assure qu'il faudra « analyser en profondeur » les raisons de cette montée et de son propre échec à l'endiguer. Pourtant, cette analyse n'a jamais été sérieusement faite. On accuse le vote protestataire, l'abstention, la « démagogie » de Marine Le Pen ou de son père, on regrette le recul du « travail de terrain » autrefois réalisé par le Parti communiste dans « les quartiers ». Mais on passe à côté de l'essentiel. Ce qui devrait être évident depuis longtemps, et que le 25 mai 2014 confirme, c'est que le Front national représente bien mieux que la gauche radicale la rupture avec la mondialisation et son cortège de catastrophes.


Le discours du Front de gauche sur l'Europe et l'euro est incompréhensible

Quand Marine Le Pen promet de restaurer la souveraineté nationale, le Front de gauche reste empêtré dans un discours incompréhensible sur l'euro, qu'il veut « subvertir », et sur la construction européenne, qu'il veut « refonder » sans dire précisément comment. Quand Marine Le Pen dénonce avec force « l'UMPS », le Front de gauche reste, pour beaucoup d'électeurs, associé à l'ultra-européiste Parti socialiste, ce qui est le prix à payer pour des listes communes au premier tour d'élections locales.


 
Dans cette situation dramatique, les dirigeants du Parti communiste portent une lourde responsabilité. C'est le cas sur le plan stratégique, puisque le cordon qui les relie au Parti socialiste n'est pas encore coupé, mais c'est aussi le cas sur le plan programmatique, quand une poignée de responsables (les économistes Paul et Frédéric Boccara, Catherine Mills... ou l'ancien eurodéputé Francis Wurtz) s'accroche, envers et contre tout, à la monnaie unique et à la réforme « de l'intérieur » des institutions européennes. Place du Colonel Fabien et dans les locaux du journal L'Humanité, l'esprit « euroconstructif » de Robert Hue rôde encore dans les couloirs...


 
Plus radical sur les alliances et le programme, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon n'est pas irréprochable pour autant. Qu'a-t-il pu passer par la tête de ses dirigeants quand, à quelques semaines du scrutin, ils proposèrent un rapprochement futur à Europe-écologie-Les Verts, qui plaide pour la « dissolution des États-nations » et le fédéralisme européen ? Après cela, quelle crédibilité l'électeur pouvait-il donner au discours, déjà ambigu, du Front de gauche sur les questions européennes ? La réponse est contenue dans le résultat du 25 mai.


 
Enfin, les trotskistes de Lutte ouvrière et du Nouveau parti anticapitaliste peuvent mesurer l'impact de leur rejet absolu de la souveraineté nationale : moins de 300 000 personnes ont voté pour eux, contre seize fois plus pour le Front national.


 
De tout cela, la gauche radicale doit parler, sous peine de disparaître. Pas au détour d'une université d'été ou d'une fête de l'Humanité, mais à l'occasion d'un débat sérieux, nécessairement long, qui devra impliquer un maximum de militants. Il faut convoquer au plus vite des assises sur les questions européennes, qui devront permettre d'entendre d'autres discours que celui de la « réforme de l'intérieur » et qui devront évoquer d'autres stratégies, notamment la sortie de l'euro et de l'ordre juridique européen. Faute de quoi les élections nationales de 2017 risquent d'être encore plus catastrophiques que le scrutin européen de 2014.
 
 
* Aurélien Bernier est l'auteur de La gauche radicale et ses tabous (Seuil, 2014). Retrouvez-le sur son blog : abernier.vefblog.net

Partager cet article
Repost0
7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 13:28
Partager cet article
Repost0
7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 07:28

Lu sur le site "Contre la cour"

 

 

L’opinion publique semble de plus en plus au fait des négociations actuelles entre les Etats-Unis et l’Union européenne pour la conclusion d’un vaste accord de libre échange.

Beaucoup moins nombreux sont ceux qui ont connaissance de l’Accord sur le commerce des services que la Commission européenne négocie avec nos partenaires américains ainsi que 21 autres Etats.


C’est à l’occasion de la reprise des négociations aujourd’hui à Genève, en marge de l’Organisation mondiale du commerce, que j’ai pris connaissance de ce projet d’accord, plus généralement nommé par son acronyme « TISA » pour Trades in Services Agreement.

Un article du journal en ligne suisse « Bilan » a relayé les inquiétudes des ONG exprimées à l’occasion de cette réunion.
L’Internationale des services publics (ISP) a également publié un rapport (traduit dans plusieurs langues, ce qui est à saluer) expliquant les principales interrogations, sinon inquiétudes, soulevées par ces négociations.
Je ne peux que vous conseiller vivement la lecture de ce rapport.

Contexte et objectifs poursuivis

Ce nouvel accord, qui vise à une libéralisation poussée du commerce des services, cherche à sortir de l’impasse des négociations de Doha. Depuis 2011, le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et son « Accord général sur le commerce des services » ne semblent plus être un cadre adéquate à la poursuite des négociations pour les grandes puissances occidentales. L’Union européenne et les Etats-Unis apparaissent réticents aux revendications des pays émergents relatives à l’agriculture et au développement.

De fait, en 2012, les Etats-Unis et l’Australie ont pris l’initiative de lancer ces nouvelles négociations entre les seuls membres de l’OMC qui le souhaitaient.
Les négociations ouvertes aujourd’hui constituent le septième tour de négociations. En février, 21 des 23 participants avaient déposé leurs offres finales (les deux restants étant le Pakistan et le Paraguay).

L’objectif est de conclure ces négociations d’ici 2014. Ses dispositions ont vocation à, par la suite, être réintégrées dans le cadre de l’OMC, une fois qu’un nombre significatif d’Etats y auront pris part.

" Il est difficile d’imaginer comment les pays en développement, qui ont été exclus des pourparlers de façon si peu diplomatique, pourraient être prêts à accepter les termes de l’accord. Les moyens de pression audacieux employés par les pays développés remettent également en question la capacité future de l’OMC à servir d’instance de négociation."
L’Internationale des services publics

La Chine a demandé à rejoindre les négociations. Ses discordances avec les Etats-Unis sur deux autres accords (l’Accord sur les technologies de l’information (ATI) de l’OMC et l’Accord plurilatéral de l’OMC sur les marchés publics) ne lui permettent pas pour l’instant de participer à l’ACS.
Selon l’ISP, « si le pays est autorisé à prendre part aux négociations sur l’ACS, les intérêts de la Chine pourraient se heurter à ceux des États-Unis et de l’UE dans des secteurs de services où elle est très compétitive, tels que le transport maritime et les services de la construction » .
Dans un communiqué de presse de mars dernier, la Commission européenne a indiqué soutenir la participation de la Chine aux négociations.

Qui a lancé l’idée de l’ACS ?
« Il semblerait que la paternité de l’idée de l’ACS revienne à la Coalition of Service Industries américaine (CSI), et plus particulièrement à son ex-président, Robert Vastine. [...] À la mi-2011, Robert Vastine a déclaré que le Cycle de Doha « n’était en rien prometteur » et a suggéré d’abandonner les pourparlers. [...] La GSC a clamé ouvertement que l’ACS avait été conçu « pour apaiser la frustration des entreprises, en raison de l’impasse du Cycle de Doha en matière de services »

Côté Union européenne

La Commission européenne a publié ses directives de négociation d’un accord plurilatéral sur le commerce des services publié par la Commission le 15 février 2013. Cette publication ne s’est accompagnée d’aucune étude d’impact sur les avantages et inconvénients d’un tel accord.

Le 18 mars 2013, le Conseil de l’Union européenne, réuni en session « Agriculture et Pêche », a donné mandat à la Commission pour négocier, au nom de l’UE, un accord plurilatéral sur le commerce des services.


Le mandat n’a pas été publié.
La raison est toujours la même : ne pas dévoiler notre jeu aux divers parties prenantes des négociations.
Les Etats-Unis sont très soucieux de cette confidentialité.

 

Ceux-ci ont indiqué entendre rendre confidentielles leurs propositions pendant « cinq années à dater de l’entrée en vigueur de l’ACS ou, si aucun accord n’est trouvé, cinq années après la clôture des négociations » .

Le 4 juillet 2013, le Parlement européen a donné son appui à l’ouverture des négociations.
Sur 765 eurodéputés, seuls 111 parlementaires ont voté contre.
Parmi les députés français, tous les socialistes, centristes, UDI et UMP ont approuvé le lancement des négociations. En revanche, les parlementaires écologistes, Front de gauche et FN s’y sont opposés.

Les parlementaires prient la Commission de « défendre les sensibilités européennes en ce qui concerne les services publics et les services d’intérêt général » . Ils interdisent « les engagements et les règles en matière de services financiers qui seraient contraires aux mesures récentes visant à réguler les marchés et les produits financiers » .
Le Parlement « se réjouit dès lors que le Conseil ait exclu du mandat les services culturels et audiovisuels » . Et, enfin, les députés estiment que l’accord doit également comprendre « un mécanisme spécifique de règlement des différends, sans préjudice de la possibilité de recours au mécanisme général de règlement des différends de l’OMC » .

Les inquiétudes

Selon l’excellente étude de l’ISP, « l’ACS instaurerait un environnement plus favorable à la privatisation des services publics et entraverait la capacité des gouvernements à remunicipaliser (nationaliser) les services publics ou à en créer de nouveaux. L’accord limiterait aussi la capacité des gouvernements à légiférer dans des domaines tels que la sécurité des travailleurs, l’environnement, la protection du consommateur et les obligations de service universel » . (Source: Bilan)

L’ACS s’appliquerait à tous les moyens possibles de fournir un service à l’échelle internationale.

Par exemple, seraient concernés les procédures d’autorisation et d’octroi de licences, les services internationaux de transport maritime, les services de technologie de l’information et de la communication («TIC») (y compris les transferts de données transfrontaliers), l’e-commerce, les services informatiques, les services postaux et de messagerie, les services financiers, le mouvement temporaire des personnes physiques, les marchés publics de services, etc.

L’objectif est que chaque Etat participant égale voire dépasse le plus haut niveau d’engagement qu’il a contracté dans le domaine des services lors de la signature de tout autre accord sur le commerce et l’investissement.

La principale menace qui pèse sur les services publics provient de la clause du traitement national. Il semble que les participants au projet d’accord envisagent de retenir le principe de la « liste négative » . Ainsi, l’égalité de concurrence concernerait l’ensemble des secteurs, sauf ceux qui seraient expressément exclus par l’Etat signataire, « ce qui signifie que tout soutien financier apporté aux services publics devrait être soit explicitement exclu, soit également ouvert aux prestataires de services privés poursuivant un but lucratif  » .


 

Un document officiel de la Commission européenne note ainsi une « convergence des parties sur le fait que les engagements doivent tenir compte de la pratique («clause de statu quo») et l’élimination des mesures discriminatoires doit être automatiquement verrouillée pour l’avenir (dite « clause de cliquet ») sauf si une exemption est répertoriée » .

Dans sa résolution de juillet dernier, le Parlement européen recommande quant à lui que l’accord conserve la notion de liste positive des engagements. Il ne semble pas être entendu.


Merci d’avance à tous ceux qui publient/relaient mes articles. Merci cependant de sélectionner un extrait et de mettre le lien vers l’article original! Magali

* Participent à ce jour aux négociations : Australie, Canada, Chili, Colombie, Corée, Costa Rica, Etats-Unis, Hong Kong, Islande, Israël, Japon, Liechtenstein, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Suisse, Taïwan, Turquie et UE.

Partager cet article
Repost0
6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 13:20

Lu sur Canaille le Rouge

 

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes.

 

Cheminots juin 2014, appel à la grève

Publié le 4 Juin 2014

Pour le Service Public

pour l'avenir de la SNCF

l'emploi et le statut

des cheminots

Cheminots juin 2014, appel à la grève
Cheminots juin 2014, appel à la grève
Partager cet article
Repost0
6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 01:47
Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique
Par Annie Lacroix-Riz, historienne
 
Le triomphe du mythe de la libération américaine de l’Europe

En juin 2004, lors du 60e anniversaire (et premier décennal célébré au XXIe siècle) du « débarquement allié » en Normandie, à la question « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne » l’Ifop afficha une réponse strictement inverse de celle collectée en mai 1945 : soit respectivement pour les États-Unis, 58 et 20%, et pour l’URSS, 20 et 57% [1]. Du printemps à l’été 2004 avait été martelé que les soldats américains avaient, du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, sillonné l’Europe « occidentale » pour lui rendre l’indépendance et la liberté que lui avait ravies l’occupant allemand et que menaçait l’avancée de l’armée rouge vers l’Ouest. Du rôle de l’URSS, victime de cette « très spectaculaire [inversion des pourcentages] avec le temps » [2], il ne fut pas question. Le (70e) cru 2014 promet pire sur la présentation respective des « Alliés » de Deuxième Guerre mondiale, sur fond d’invectives contre l’annexionnisme russe en Ukraine et ailleurs [3].

La légende a progressé avec l’expansion américaine sur le continent européen planifiée à Washington depuis 1942 et mise en œuvre avec l’aide du Vatican, tuteur des zones catholiques et administrateur, avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale de la « sphère d’influence “occidentale” » [4]. Conduite en compagnie de et en concurrence avec la RFA (puis l’Allemagne réunifiée), cette poussée vers l’Est a pris un rythme effréné depuis la « chute du Mur de Berlin » (1989) : elle a pulvérisé les « buts de guerre » que Moscou avait revendiqués en juillet 1941 et atteints en 1944 (récupération du territoire de 1939-1940) et 1945 (acquisition d’une sphère d’influence recouvrant l’ancien « cordon sanitaire » d’Europe centrale et orientale, vieille voie germanique d’invasion de la Russie) [5]. Le projet américain avançait si vite qu’Armand Bérard, diplomate en poste à Vichy et, après la Libération, conseiller d’ambassade à Washington (décembre 1944) puis à Bonn (août 1949), prédit en février 1952 : « les collaborateurs du Chancelier [Adenauer] considèrent en général que le jour où l’Amérique sera en mesure de mettre en ligne une force supérieure, l’URSS se prêtera à un règlement dans lequel elle abandonnera les territoires d’Europe Centrale et Orientale qu’elle domine actuellement. » [6] Les prémonitions, alors effarantes, de Bérard-Cassandre, sont en mai-juin 2014 dépassées : l’ancienne URSS, réduite à la Russie depuis 1991, est menacée à sa porte ukrainienne.

L’hégémonie idéologique « occidentale » accompagnant ce Drang nach Osten a été secondée par le temps écoulé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Avant la Débâcle, « l’opinion française » s’était fait « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” » transformant l’URSS en loup et le Reich en agneau. La grande presse, propriété du capital financier, l’avait persuadée que l’abandon de l’alliée tchécoslovaque lui vaudrait préservation durable de la paix. « Une telle annexion sera et ne peut être qu’une préface à une guerre qui deviendra inévitable, et au bout des horreurs de laquelle la France courra le plus grand risque de connaître la défaite, le démembrement et la vassalisation de ce qui subsistera du territoire national comme État en apparence indépendant », avait averti, deux semaines avant Munich, une autre Cassandre du haut État-major de l’armée [7]. Trompée et trahie par ses élites, « la France » connut le destin prévu mais ses ouvriers et employés, subissant 50% de baisse des salaires réels et perdant 10-12 kg entre 1940 et 1944, se laissèrent moins « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” ».

Ils perçurent certes les réalités militaires plus tard que « les milieux bien informés », mais, en nombre croissant au fil des mois, ils suivirent sur les atlas ou les cartes de la presse collaborationniste l’évolution du « front de l’Est ». Ils comprirent que l’URSS, qui réclamait en vain depuis juillet 1941 l’ouverture, à l’Ouest, d’un « second front » allégeant son martyre, portait seule le poids de la guerre. L’« enthousiasme » que suscita en eux la nouvelle du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) était « éteint » au printemps suivant : « Aujourd’hui tous les espoirs sont tournés vers la Russie dont les succès remplissent de joie la population tout entière […] Toute propagande du parti communiste est devenue inutile […] la comparaison trop facile entre l’inaction inexplicable des uns et l’héroïque activité des autres prépare des jours pénibles à ceux qui s’inquiètent du péril bolchevique », trancha un rapport d’avril 1943 destiné au BCRA gaulliste [8].

Si duper les générations qui avaient conservé le souvenir du conflit était délicat, l’exercice est aujourd’hui devenu aisé. À la disparition progressive de ses témoins et acteurs s’est ajouté l’effondrement du mouvement ouvrier radical. Le PCF, « parti des fusillés », a longtemps informé largement, bien au-delà de ses rangs, sur les réalités de cette guerre. Ce qui en demeure en traite moins volontiers dans sa presse, elle-même en voie de disparition, voire bat sa coulpe sur le passé « stalinien » contemporain de sa Résistance. L’idéologie dominante, débarrassée d’un sérieux obstacle, a conquis l’hégémonie sur ce terrain comme sur les autres. La sphère académique n’oppose plus rien (voire s’associe) à l’intoxication déchaînée dans la presse écrite et audiovisuelle ou le cinéma [9]. Or, les préparatifs et objectifs du 6 juin 1944 ne sont éclairés ni par le film Il faut sauver le soldat Ryan ni par le long documentaire Apocalypselire la suite

 

Lu sur le site "lafauteàdiderot"

Partager cet article
Repost0
5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 07:17

M-PEP-nouveau

SUPPRESSION DES DÉPARTEMENTS :

LA RÉPUBLIQUE DÉMEMBRÉE
 
 

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
 
Le 2 juin 2014.
 
Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé son intention de supprimer les Départements (1). Il montre ainsi pleinement sur ce sujet, comme sur de nombreux autres, sa proximité avec l'UMP (2). Sous couvert de rationaliser le « millefeuille » administratif français, il s'agit en fait de procéder à une véritable révolution de notre paysage institutionnel avec des intentions moins avouables, par déconstruction des structures administratives et politiques issues de la Révolution française.
 
(…)
 

Partager cet article
Repost0
4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 21:14
Mercredi 4 juin 2014

anciennes-provinces.jpg

Faute d’alternative politique réelle, Hollande et Valls utilisent leurs défaites électorales pour accélérer leurs contre-réformes et même pour charger la barque.

 

A côté de l’annonce de 11 milliards d’euros par an de cadeaux supplémentaires au patronat, dans le cadre du « pacte de responsabilité », ils programment des fusions de régions et la disparition des départements.

 

Sarkozy en avait rêvé mais n’avait pas osé l’entreprendre. Hollande se sent en état de précipiter le démantèlement de la démocratie locale que le rapport Attali de 2008 et la Commission Balladur préconisaient.

 

L’objectif est plus que jamais de détruire l’échelon qui porte historiquement l’égalité des territoires : le département, de constituer de grandes féodalités, « métropoles », ou eurorégions, en concurrence les unes avec les autres, directement liées à l’Union européenne.

 

Les coupes budgétaires annoncées dans les dotations aux collectivités locales atteignent 11 milliards d’euros par an, soit 15% de leurs dépenses d’investissement. Elles vont de pair avec les objectifs de casse structurelle.

 

Le comblement des déficits publics – que les gouvernements creusent eux-mêmes -, l’allègement du soi-disant « millefeuille territorial » servent de prétextes à la contre-réforme. Des dizaines de milliers d’emplois, les services publics et sociaux remplis par les collectivités sont directement menacés.

 

Mais la pénurie de moyens servira aussi à accroître les inégalités entre les nouvelles collectivités et leur dépendance au patronat, aux banques, à l’Union européenne.

 

Le pouvoir sait quelle est la profondeur de l’attachement populaire aux départements, même aux régions. Il louvoie.

 

Il s’y prend en plusieurs étapes en attaquant d’abord les conseils généraux (conseils départementaux), seule institution départementale ayant une légitimité démocratique propre. Hollande et Valls veulent les priver tout de suite de leur « compétence générale » qui leur permet d’intervenir sur toute question relative à la vie départementale, même hors de leurs prérogatives spécifiques. Ensuite, ils veulent carrément les supprimer et supprimer les cantons, les élections cantonales. A terme, l’administration départementale – préfecture, sous-préfectures, directions départementales etc. – tomberaient d’elles-mêmes.

 

Les populations peuvent mesurer le danger. Leur attachement aux départements est bien plus que « sentimental », tel que le refus de la suppression des numéros de département des plaques minéralogiques l’avaient montré.

 

En Martinique, en Guadeloupe en 2003, en Haute-Corse et Corse-du-Sud en 2003, dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin en 2013, à chaque fois, les électeurs ont voté NON à la disparition de leur département.

 

Aussi, la ministre Lebranchu exclut d’emblée toute consultation populaire, tout référendum cette fois-ci. Elle indique que les départements pourraient ne pas être supprimés tous en même temps, ni suivant les mêmes modalités : les uns seraient intégrés à des métropoles, d’autres à des régions, d’autres maintenus un temps.

 

Les agissements du mouvoir traduisent combien les forces existent pour mettre en échec sa « réforme » territoriale. Pour nous communistes, la bataille pour la défense des départements, avec toutes ses contradictions, s’intègre dans les luttes immédiates prioritaires pour commencer à faire reculer la politique au service du capital.

 

Nous reproduisons ci-dessous l’analyse du rapport Attali que nous faisions en février 2008, toujours aussi actuelle.

Pourquoi Attali (et d’autres) veulent-il abattre le département ?

 

Les élections cantonales approchent. Sarkozy a dû désavouer une des propositions du rapport Attali. Difficile en effet de faire élire des conseillers généraux UMP aux assemblées départementales tout en se prononçant pour la suppression des départements. Mais tout laisse entendre que ce n’est que partie remise. D’ailleurs Attali a donné dix ans pour une disparition progressive.

 

L’attaque contre l’échelon gouvernemental ne date pas de ce gouvernement.

 

Son prédécesseur avait tenté de s’attaquer à ceux qu’il considérait comme des maillons faibles.

 

Il a échoué devant la résistance populaire et perdu les référendums visant à supprimer les départements des Antilles et de Corse. Sur un autre plan, avec la complicité de
l’Union européenne, le pouvoir s’attaque à un autre symbole fort : la référence au département sur la plaque d’immatriculation qui devrait être abandonnée à compter du 1
er janvier 2009. Là encore, l’opposition des Français est manifeste.

 

D’où vient cet acharnement des représentants du capital contre le département ?

 

Les gouvernements ont conféré de façon assez arbitraire depuis la décentralisation de 1982 un certain nombre de compétences aux départements, notamment en matière d’action sanitaire et sociale (RMI, aide aux personnes âgées…), de culture et d’éducation (collèges), de transports et d’aménagement du territoire. Une remise en cause du département permettrait de revenir sur un certain nombre d’acquis sociaux dans ces domaines.

 

Mais les raisons principales sont plus fondamentales. L’attaque contre les départements  s’intègre dans la remise en cause des fondements de l’Etat républicain. Le département, créé en 1790 par l’Assemblée constituante, a rompu avec les particularismes et aberrations territoriaux d’origine féodale. Comme division administrative, bien au-delà des prérogatives des conseils généraux, il porte une conception de l’égalité des territoires et des citoyens devant l’Etat.

 

L’amélioration des transports et des communications n’a pas modifié ce caractère structurant de l’unité du pays. Elle a davantage fait du département, des préfectures et sous-préfectures, un maillage de proximité des services de l’Etat et des services publics. Sur cet aspect, on voit comment la volonté de supprimer le département s’apparente à celle de
supprimer, par exemple, les tribunaux, avec la « réforme » de la carte judiciaire de Rachida Dati.

 

Construit par l’Histoire, l’attachement des citoyens au département correspond à une forme d’adhésion au modèle républicain national.

 

Objectivement celui-ci est devenu un obstacle au capitalisme. La Nation en général, la nation française en particulier avec son héritage révolutionnaire et ses acquis démocratiques, l’égalité républicaine, la conception du citoyen, la laïcité… représentent une résistance au développement de la mondialisation capitaliste.

 

Pour la combattre sur le plan des territoires, ses serviteurs s’emploient à renforcer deux échelons:

 

- d’une part l’UE, entité lointaine, incohérente, niant la réalité des peuples et donc leur expression démocratique, correspondant naturellement à la domination des multinationales.

 

- d’autre part les régions, voire les « euro-régions », dont ils sont prêts à inventer de toutes pièces des particularismes identitaires. Entités inégales, nouvelles féodalités, les régions sont conçues en opposition, comme contre-pouvoirs à l’Etat-nation démocratique que l’on veut dévitaliser devant l’UE.

 

Les départements français sont trop petits pour constituer des régions de ce type. Leur histoire comme leur réalité d’aujourd’hui les rattachent indissociablement au modèle républicain et à l’Etat-nation.

 

Pour les Attali, Sarkozy, Barroso : il faut détruire les départements !

 

Source : Vivelepcf, 28 mai 2014

 

Partager cet article
Repost0
4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 14:28

 

Déclaration du Comité Régional de la CGT Centre

 

 

 

Réorganiser les collectivités territoriales sans consulter les citoyens

 

est inacceptable.

 

 

Le salariat veut retrouver la maîtrise de son destin

 

Le 25 mai dernier, dans la Région Centre, comme dans l’ensemble des Régions de France, les résultats des élections au parlement européen -et d’abord la forte abstention des salariés (67 % des ouvriers et 71 % des employés)- ont exprimé massivement et de façons diversifiées une mise en cause radicale des principes fondateurs de l’Union européenne : une concurrence généralisée pour toujours moins de pouvoirs, de salaires, d’emplois et de protection sociale pour chaque peuple ; toujours plus de droits et de profits pour les grandes puissances industrielles et financières !

 

Ce résultat exprime aussi un refus populaire d’être chaque jour un peu plus dépossédé de la maîtrise

politique de son présent et de son avenir. Du fait de l’absence de candidats porteurs de l’exigence d’une souveraineté populaire fondement de l’émancipation sociale et s’exerçant dans le cadre politique de la nation, cette colère s’est partiellement exprimée -10 % des inscrits- à travers le vote FN qui porte une conception ethnico-raciste de la nation. C’est une impasse dangereuse qui appelle pour la combattre efficacement -et permettre le rassemblement démocratique et progressiste de celles et ceux veulent se libérer de l’intégration européenne- de faire vivre une conception politique de la nation qui fonde l’exercice de la souveraineté populaire.

 

Avec la réforme territoriale, c’est exactement le contraire que ce gouvernement entreprend de faire.

 

Avec l’annonce de la poursuite au pas de charge du projet de réorganisation territoriale, le Président Hollande et son Premier Ministre Valls nous ont fait savoir qu’ils ne voulaient rien entendre et, qu’avec le concours des Présidents de Régions, ils entendaient aligner autoritairement l’organisation territoriale de la France sur les exigences des marchés financiers. Tout comme ses prédécesseurs (refus de la victoire du « non » en 2005 ou mépris de la mobilisation populaire contre la casse du système de retraites), ce gouvernement ne veut pas entendre le peuple !

 

En effet, loin de permettre un progrès démocratique et social, la réorganisation territoriale qui se profile vise à la fois à mettre en cause l’Etat Nation et la souveraineté du peuple -en concentrant et en éloignant les lieux de décisions des citoyens- et, ce faisant, à pouvoir imposer l’austérité générale.

 

Derrière la démagogie de l’affichage des promoteurs de la construction fédéraliste et capitaliste de l’Union Européenne, des formations politiques de la Droite et d’une grande partie de la Gauche sur la réduction du millefeuille institutionnel et la nécessaire réduction des dépenses publiques pour réduire leur dette, se cache une attaque en règle contre le social et la démocratie et se prépare une régression sociale et démocratique sans précédent.

 

Aucun des arguments utilisés pour justifier cette réforme ne tient la route !

 

Prétendre, regrouper, densifier les collectivités pour faire face à la concurrence économique relève de l’escroquerie intellectuelle puisque c’est justement le fait qu’existe différentes collectivités avec des représentants élus par le peuple pour les administrer qui freine les tentatives de prise de contrôle et de main mise sur l’ensemble des activités et des biens par les grands groupes. Après la mise en concurrence des salariés, ce projet va accentuer la mise en concurrence entre les collectivités pour permettre aux puissances financières de ponctionner davantage l’argent publique

 

 

 

 

L’expérience collective enseigne que ce sont les mêmes discours qui ont servi à justifier les pires gaspillages de l’argent publique pour toujours moins de réponses aux salariés et au peuple. (Mise en place à marche forcée des communautés d’agglo et de communes, regroupement des Assedic et de l’ANPE, des impôts et du Trésor, destruction des DDASS remplacées par les ARH et ensuite des ARS…). Or ce que propose le gouvernement, avec le pacte de responsabilité applaudi par le MEDEF va accentuer les inégalités, aggraver la situation des populations en milieu rural et aggraver les déséquilibres dans des zones territoriales déjà fragilisées par des restructurations et des coupes claires dans les services publics.

 

Présenter la réorganisation des collectivités territoriales comme une économie pour optimiser la réponse aux citoyens relève du mensonge. Il s’agit dans les faits idéologiquement, de faire passer dans l’opinion publique la volonté de l’Union Européenne aux ordres des grandes firmes multinationales pour se débarrasser de tous les lieux dans lesquels s’exercent la démocratie.

 

Plutôt que de vouloir structurer des grandes régions, mettre en cause les départements, liquider les communes pour imposer des grandes métropoles qui avec ces nouvelles régions imposeront leur vision capitaliste de l’organisation de la société, le gouvernement et les exécutifs régionaux seraient bien avisés d’écouter, d’entendre et de tenir compte de l’avis des citoyens.

 

Les salariés en ont assez de la dictature économique, sociale orchestrée par les actionnaires, les grands monopoles privés, les banques, les agences de notation et ceux qui s’y soumettent.

 

Pour le Comité Régional de la CGT, la clarification des rôles, des compétences et des moyens de chaque collectivité est posée depuis des années. La responsabilité et le rôle de l’Etat garant de l’égalité entre les citoyens, de l’équilibre entre les territoires et les grands principes Républicains l’est également au plan de l’aménagement du territoire, du maillage des services publics, des activités industrielles et de recherche, de l’égalité d’accès à l’enseignement, à la formation, aux soins, aux technologies de la communications, à la culture, aux transports et aux énergies.

 

Les salariés, les habitants réclament d’avantage de proximité, de prise en compte de leurs attentes et besoins sociaux. Les salariés, les citoyens veulent pouvoir donner leurs opinions, décider de leur avenir, c’est pour cela qu’ils ont massivement rejeté le diktat de l’Union européenne et de ceux qui lui prêtent main forte dans les territoires.

 

Vouloir imposer par un marchandage politicien et clientéliste les regroupements de régions, vider les Conseils généraux d’une grande partie de leurs missions et procéder à la destruction des communes, est contraire à l’intérêt général.

 

Pour le comité régional de la CGT Centre, un vrai débat public s’impose sur :

 

  • Le rôle de chaque collectivité locale, de l’Etat, les pouvoirs d’intervention des citoyens et la possible révocation de leurs élus.

  • L’efficacité des politiques publiques et de l’utilisation de l’argent publique aujourd’hui massivement dilapidée dans l’intérêt exclusif du patronat et des grands groupes,

  • La règlementation qui autorise les banques à dicter leurs lois à la puissance publique et à rançonner les citoyens.

 

Pour le Comité Régional de la CGT Centre, qui appelle à l’organisation de débat public dans les villes de la région, il ne peut y avoir de décision légitime sur une réforme institutionnelle des collectivités territoriales, sans une consultation nationale des citoyens.

 

 

Fait à Blois le,

Mardi 3 Juin 2014

Partager cet article
Repost0

Articles Récents