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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
19 juillet 2024 5 19 /07 /juillet /2024 14:51

Depuis le 7 juillet la gauche consacre tous ses efforts à trouver un premier ministre qui ferait consensus entre les différences forces. De Bompard à Faure en passant par Panot et Bello, aucun nom ne semble l’emporter.

Cette recherche qui n’aboutit pas masque en fait la véritable question. Ce gouvernement serait minoritaire et dans ce cadre ne pourrait pas véritablement prendre des mesures de transformation sociale ; or, ce débat sur les limites d’une possible action gouvernementale n’est pas abordé par les forces de gauche.

Certains prétendent gouverner par décret, en omettant de dire que c’est le président de la République qui signe les décrets et que pour qu’ils s’appliquent -par exemple l’abolition de la réforme des retraites-, il faut obtenir de l’assemblée nationale, majoritairement à droite et à l’extrême droite, une loi garantissant les financements nécessaires.

D’autres nous disent que la gauche ne pourra pas faire grand chose mais au moins "il" cessera "de brutaliser" les français ; sauf que ce qui brutalise les français, c’est d’abord la volonté du capital de maintenir son taux de profit et de baisser les dépenses sociales.

Personne ne parle dans cette gauche de l’Union européenne et de la manière dont elle pèsera contre les reformes nécessaires, pour la rigueur budgétaire. Personne ne débat de comment se libérer du carcan européen, à croire que la gauche a tout oublié de Syriza et Tsipras.

Personne ne parle non plus de l’OTAN qui nous engage toujours plus vers une guerre mondialisée. Comment répondre aux besoins du peuple sans rompre avec cette logique de surarmement ?  ...

La suite ci-dessous

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3 janvier 2024 3 03 /01 /janvier /2024 14:59

L’Assemblée nationale a-t-elle l’intention de se saborder ? Certains de ses membres semblent en effet penser que leur institution a trop de pouvoir. Ce ne serait pas gravissime s’ils avaient l’intention d’en rétrocéder une partie au peuple dont ils tirent leur légitimité, mais ce n’est pas le cas : ils estiment nécessaire, bien au contraire, d’en donner davantage aux institutions européistes. Tel est le sens d’une résolution adoptée par la chambre basse du parlement le 29 novembre dernier, dont le but est de faire suite à la « Conférence sur l’Avenir de l’Europe » organisée par les institutions bruxelloises en 2022.

Sur le site "Les Crises" ( sur abonnement ) :

Résolution dangereuse !

Extrait de la Résolution n° 197

 

       1. Soutient le passage par référendum pour toute délégation de souveraineté ou toute réorganisation de la souveraineté déléguée ; ( organisé par chaque Etat ou au niveau européen ?  DANGER ! )

2. Salue le travail mené par les participants à la conférence sur l’avenir de l’Europe, dans un contexte transformé par la crise sanitaire, par l’agression russe en Ukraine et par la fragmentation croissante de la communauté internationale ;

3. Souhaite, s’agissant du processus décisionnel de l’Union et en complément des dispositifs irremplaçables du gouvernement représentatif, la mise en place pérenne de mécanismes de démocratie participative, avec la poursuite et l’approfondissement du système des panels citoyens ; ( ? )

4. Demande une mise en œuvre rapide de l’ensemble des conclusions de la conférence sur l’avenir de l’Europe, tout en respectant le temps démocratique ouvert par les élections du Parlement européen au printemps 2024 ;

5. Appelle les institutions européennes à publier et à actualiser un tableau de bord de la mise en œuvre des recommandations de la conférence ;

6. Souligne la nécessité de réformer la procédure d’adhésion à l’Union européenne, de manière à la rendre plus progressive et plus flexible grâce à une nouvelle méthodologie prévoyant : ( et exclure les peuples et les Etats de la décision ? )

a) Une adhésion graduelle des candidats à l’Union européenne, adhésion dont la première étape serait une déclaration solennelle de reconnaissance des droits fondamentaux définis par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et les traités européens, des exigences de solidarité géopolitique fixées par la boussole stratégique, de l’alignement sur la politique étrangère et de sécurité commune et enfin des principes et des procédures de fonctionnement de l’Union prévus par les traités européens ; ( inscrire l'Union Européenne dans une politique atlantiste durable au service de l'hégémonie américaine ?)

b) Une extension graduelle des politiques de l’Union accordée aux nouveaux adhérents en fonction de leur mérite et de leur capacité effective à en bénéficier ;

c) Une adhésion solennelle intervenant au terme d’un processus réussi de construction des libertés publiques et démocratiques fondamentales et de lutte contre la corruption par des moyens juridiques et administratifs appropriés ;

7. Consciente de la difficulté de parvenir dans des délais rapides à une révision pourtant nécessaire des traités européens, soutient le recours aux clauses passerelles pour permettre le passage de l’unanimité à la majorité qualifiée dans le processus décisionnel au Conseil de l’Union européenne ; ( cela permet de ne pas tenir compte des décisions souveraines des peuples et Etats membres.  Le précédent constitué par le NON des citoyens français au traité constitutionnel fait peur aux gouvernants européens.  La seule solution : détruire la souveraineté des peuples et des Etats)

8. Appelle à améliorer le processus de décision au Conseil en mettant fin au système actuel fondé sur l’unanimité et à y substituer la majorité qualifiée dans tous les domaines des politiques européennes, à l’exception des décisions concernant l’admission de nouveaux États membres ; ( même remarque que sur l'article 7)

9. Appelle à une réforme du mode de composition de la Commission européenne, de la Cour des comptes européenne et de la Cour de justice de l’Union européenne, afin d’assurer un juste équilibre entre les principes d’égalité des États et des citoyens ;

10. Demande l’octroi d’un droit d’initiative législative au Parlement européen, complété par la possibilité pour chaque Parlement national d’inviter les institutions de l’Union à agir dans un domaine où une action au niveau européen serait plus efficace ;

11. Exhorte les institutions européennes à se saisir pleinement des recommandations de la conférence sur l’avenir de l’Europe en convoquant une convention pour la révision des traités, comme le dispose la résolution du Parlement européen 2022/2705 susvisée. ( Les citoyens français seront-ils consultés ?  Il est à craindre que non.  Peu d'entre eux connaissent.  Leur souveraineté, leur pouvoir de citoyen leur sont progressivement retirés en catimini. On leur a déjà imposé un traité, le traité de Lisbonne, qu'ils avaient refusé sous le nom de Traité constitutionnel.  Et quand ils découvrent que la SNCF est privatisée, que la concurrence gangrène les services publics en France, que des décisions sont prises sans qu'ils soient consultés, il est trop tard.  C'est ça la construction européenne.  A tous petits pas, vous serez privés de vos droits de citoyens puisque l'Assemblée nationale ne décide plus l'essentiel de la politique française.  )

A noter que la proposition de rejet a été faite par la LFI-NUPES. 

Les députés communistes sont également intervenus en ce sens et contre le texte de la résolution.

Toutefois les socialistes, membres de la NUPES ont voté le texte ...

 

M. Alain David (SOC):

Le groupe Socialistes et apparentés votera pour ce texte. Vous pourrez toujours compter sur nous pour améliorer les contours et le fonctionnement de l’Union européenne.
(Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs des groupes RE et Dem.)
 
        Les LR se sont abstenus. Pour des raisons électorales évidemment.  Car leur soutien indéfectible à l'UE aurait dû les amener à le voter.
         Les RN ont voté contre
        Le groupe Renaissance a voté pour.  Evidemment.  Ils sont partisans d'une souveraineté européenne. 

Je n'ai pas trouvé le détail nominatif du vote.  Le voici globalement.

Nombre de votants 123
Nombre de suffrages exprimés 118
Majorité absolue 60
Pour l’adoption 72
Contre 46

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1 août 2023 2 01 /08 /août /2023 15:26

Qu'est-ce qu'un contenu qui appelle à la révolte ? La Marseillaise ? Le "ça ira " ? Germinal d'Emile Zola ? Certains écrits de Victor Hugo ? d'Aragon ? Un tract qui appelle à "bloquer l'économie" ? Un appel à la grève générale ? L'Internationale ? Ou un discours d'Emmanuel ou d'Elizabeth Borne  ?  On peut tout faire avec de telles directives ou "lois" européennes ... 

Comment le législateur va-t-il suivre ces injonctions du commissaire européen ? On en apprend de belles en lisant Libération : "On pourra à ce moment-là non seulement donner une amende mais interdire l’exploitation sur notre territoire» dit Thierry Breton. De quel territoire parle le commissaire européen ? De l'Europe ou de la France ? Car si il parle de l'Union Européenne, notre commissaire européen, j'ignorais que la commission de Bruxelles ait de tels pouvoirs de police. Mais si c'est de la France dont il s'agit, il outrepasse ses droits.  Car pour la France, le législateur, ce n'est ni la commission de Bruxelles, ni même E Macron, c'est uniquement le Parlement. 

C'est non seulement la liberté d'expression qui est en danger, mais également la souveraineté nationale.

Mettre sur le même plan, dans une énumération, un appel à la révolte et un appel à tuer, c'est d'une profonde malhonnêté. Si ça s'inscrit dans une loi, c'est tout simplement liberticide.

YG

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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 17:07

paru sur ce blog en 2017 !

La mort du PS ?  Ils l'annonçaient déjà en 2017 ! 

Et pourtant ... Ce sont eux, Hollande, Cazeneuve, Cambadélis, Le Foll ... qui l'ont enterré définitivement lors du calamiteux quinquennat de F. Hollande.

On se rappelle ?

Loi El Khomri, Macron, Loi travail, Ecole, 49-3, les manifestants chargés par la police, baisse des cotisations patronales, CICE, ANI, Pacte de stabilité, précarité accrue,  ...

Ils se sont faits silencieux pendant 5 ans tellement leur image et le rappel de leur politique, douce au patronat et brutale pour les pauvres et les salariés nuisait au Parti Socialiste.  Mais ça n'a servi à rien.  La fuite de bon nombre de membres du PS vers LREM a fait la clarté pour un certain nombre d'électeurs socialistes qui ont choisi soit Macron, soit Mélenchon.  La direction du PS actuel, qui a l'avantage de ne pas avoir été dans les gouvernements Hollande, tente de sauver les meubles.  Sans jamais condamner ni analyser les raisons de l'éclatement du PS.

YG

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26 avril 2022 2 26 /04 /avril /2022 16:02

La prochaine édition de Ruptures sera sous presse le 27 avril

Au sommaire :

– l’éditorial consacré au résultat de la présidentielle française et à ses conséquences en Europe

– un tour d’horizon planétaire qui dément l’image occidentale d’une Russie qui serait isolée

une analyse de l’évolution de la guerre en Ukraine : Washington et Bruxelles se sont désormais placés en co-belligérants par des livraisons massives d’armes lourdes à l’Ukraine, et projettent des sanctions énergétiques… qui pourraient se retourner contre leurs auteurs

– une analyse des élections hongroises du 3 avril, qui ont vu le premier ministre Viktor Orban triompher alors que l’opposition coalisée gauche-droite pro-UE soutenue par Bruxelles s’effondre

– une analyse des scrutins en Serbie le même jour, où les électeurs ont massivement reconduit le président Vucic qui avait fait campagne pour la paix et l’amitié avec la Russie, alors que le pays, candidat à l’UE, est sommé par Bruxelles d’appliquer les sanctions européennes

– et, bien sûr, comme chaque mois, les brèves

Pour recevoir cette édition, il n’est pas trop tard pour s’abonner

 

 
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18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 15:56
Photo: Usine Azovstal – Odessicus (CC)

Photo: Usine Azovstal – Odessicus (CC)

Pas de deadline pour l’opération russe en Ukraine

L’ancien diplomate indien Bhadrakumar analyse les derniers commentaires de Poutine sur la guerre en Ukraine. Alors que les affrontements se concentrent dans l’est du pays, le conflit pourrait encore durer un certain temps selon la stratégie russe. Il pourrait aussi s’intensifier davantage, alors que des unités de l’Otan sont signalées sur le champ de bataille. (IGA)


C’était ses premiers commentaires détaillés sur la guerre en Ukraine depuis un mois. Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mardi que les pourparlers de paix étaient dans une « impasse », et il s’est engagé à ce que « l’opération militaire russe se poursuive jusqu’à son terme ».

Poutine a défini un objectif plus limité pour la guerre, se concentrant sur le contrôle du Donbass – et non de toute l’Ukraine. Poutine a réaffirmé que les actions menées jusqu’à présent par la Russie dans plusieurs régions d’Ukraine visaient uniquement à immobiliser les forces ennemies et à effectuer des frappes de missiles dans le but de détruire l’infrastructure militaire ukrainienne, afin de « créer les conditions pour des opérations plus actives sur le territoire du Donbass. »

Selon ses mots, « notre objectif est de fournir une aide à la population du Donbass, qui ressent un lien indéfectible avec la Russie et qui a été l’objet d’un génocide pendant huit ans. »

Interrogé sur les raisons pour lesquelles l’opération ne peut pas être accélérée, Poutine a déclaré aux journalistes : « On me pose souvent ces questions : « Ne pouvons-nous pas accélérer les choses ? ». Nous le pouvons. Mais cela dépend du niveau d’intensité des combats et, quelle que soit la façon dont vous le tournez, le niveau d’intensité des combats est directement lié aux victimes. »

Il a précisé que « notre tâche est d’atteindre les objectifs fixés tout en minimisant ces pertes. Nous agirons en rythme, calmement et selon le plan qui a été initialement proposé par l’état-major général. » Il a ajouté : « L’opération se déroule conformément au plan. »

[...]

Lire la suite ci-dessous :

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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 17:02

Seine-Maritime : JL Mélenchon en tête au Havre, Rouen, Saint-Etienne du Rouvray, Canteleu,  Darnétal, Petit-Quevilly, Sotteville les Rouen, Amfreville la Mivoie, Oissel, Cléon, Grand-Couronne, Elbeuf  ... Des zones urbaines donc, souvent populaires et ouvrières, davantage favorables à JL Mélenchon.  D'anciennes municipalités communistes devenues socialistes dans la foulée de l'Union de la gauche (Grand-Couronne) et des municipalités socialistes (Rouen, Elbeuf).  Des municipalités communistes ( Saint-Etienne du Rouvray, Oissel ...)

A noter qu'à Dieppe, où le maire et le député communiste soutenaient JL Mélenchon, Marine Le Pen arrive en tête suivie d'E Macron tandis que JL Mélenchon réunit 22,53% des suffrages.  Fabien Roussel rassemble 4,95%.  Tandis qu'à Gonfreville l'Orcher la ville du député communiste Jean-Paul Lecoq, qui fut maire de cette commune et qui soutenait Fabien Roussel, Marine Le Pen devance également JL Mélenchon.  Fabien Roussel y réalise 11,53%.  E. Macron un peu plus de 13%.

Les Normands moins mobilisés qu’en 2017

Un chiffre à retenir : celui de l’abstention, estimée à 25,1% au niveau national.

La Normandie suit cette tendance. [...]

Mise à jour : Les chiffres définitifs de l’abstention en Normandie :

  • Calvados : 23%
  • Eure : 24,63%
  • Manche : 24,30%
  • Orne : 24,78%
  • Seine-Maritime : 25,27%

A Rouen, Caen, Le Havre… on choisit un duel Mélenchon/Macron

Dans la capitale normande c’est Jean-Luc Mélenchon (LFI) qui arrive en tête avec 33% des voix. Les Rouennais placent ensuite Emmanuel Macron (En Marche !) 3 points derrière avec 30,10% des suffrages. La candidate du Rassemblement National Marine Le Pen complète le podium avec près de 12% des voix.

A Caen, vice versa, c’est le Président sortant qui arrive en tête avec près de 33% des voix. Le candidat de la France Insoumise récolte de son côté près de 29% des voix quand Marine Le Pen, 3e, totalise 11,27% des suffrages. A noter la 4e place de Yannick Jadot (Les Verts) avec 8% des voix.

Au Havre, on retrouve le même trio, mais avec Jean-Luc Mélenchon en tête avec un score 30,17 % devant le Président sortant qui totalise 27,53% des voix. Marine Le Pen se classe 3e avec 20,67% des suffrages exprimés.

[...]

Lire l'intégralité ci-dessous :

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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 16:39
Gresea Échos N°109 "Gilets jaunes et violence de classe"

Gresea Échos N°109 "Gilets jaunes et violence de classe"

Éditorial du GRESEA ÉCHOS N°109, mars 2022

Dans ce Gresea Échos, nous nous proposons de revenir sur l’impressionnante mobilisation sociale du mouvement des Gilets jaunes (GJ), qui a marqué l’actualité, fin 2018 et 2019. Elle se situe en France, mais aussi en Belgique ou à l’île de la Réunion, même si dans ces deux derniers cas, la durée du mouvement a été plus courte. Beaucoup d’encre a coulé pour expliquer les raisons, les dynamiques et les spécificités de ce mouvement populaire face aux modes de gouvernement de la France de Macron.

Cependant, très peu d’auteurs ont intégré le fait qu’une même dynamique – celle d’une opposition démocratique aux autorités politiques – s’est déroulée en même temps dans des pays distincts. Ceci permet de proposer des explications qui, détachées du seul contexte de la France, repositionnent le mouvement des Gilets jaunes dans des processus de transformation des réalités politiques beaucoup plus larges.

Une violence politique illégitime

Nous nous concentrons ici sur une seule observation, celle de la violence politique exercée durant ces mobilisations. Nous renversons le regard. Alors que les Gilets jaunes furent largement présentés dans les médias comme une bande de « casseurs », voire d’« assassins », nous interrogeons ici au contraire la légitimité de l’exercice de la violence d’un État à l’encontre d’une partie de ses citoyens qui exerce de facto un de leurs droits fondamentaux : manifester et faire entendre ses désaccords politiques. Il ne s’agit pas de nier que divers dégâts matériels ont bien eu lieu au cours de certaines mobilisations, mais plutôt, d’appliquer une autre grille de lecture sur ces microévénements pour revenir à l’essentiel.

Si l’exercice de la démocratie a banalisé l’idée de la nécessité « d’une violence légitime et proportionnée » afin que l’État protège un ordre public social au bénéfice de tous, la thèse principale développée dans ce numéro est que cette « légitimité » de la violence de l’État est de moins en moins évidente.

Quarante ans de diffusion du néolibéralisme comme doctrine de gouvernement, quels que soient les partis au pouvoir, ont fortement érodé les pratiques démocratiques des autorités politiques. Rappelons ici que c’est la mise en place d’États sociaux de redistribution plus égalitaire des richesses, qui avait constitué le socle de la politique de refondation de la démocratie en Europe occidentale en 1944-1945. Ce déploiement démocratique était né, d’une part, d’un état particulier des rapports de force entre les classes supérieures et le reste de la société : la volonté large d’effacer les horreurs nazies, le profil bas du patronat qui avait collaboré avec les forces d’occupation, la peur de la révolution communiste avec l’attrait pour l’URSS ou via les multiples tensions sociales dans un contexte de reconstruction accélérée des économies et, d’autre part, de la généralisation des amorces d’institutions distributives testées durant l’entre-deux-guerres : les politiques fiscales de captation de « surplus » de profits, le renforcement des missions de services publics ou la mise en place de systèmes de sécurité et de protection sociales à visée universelle. Tout ceci a été invalidé par les politiques néolibérales depuis le milieu des années 1970. [...]

par Anne Dufresne, Corinne Gobin

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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 14:16
Le McKinseygate
Le McKinseygate

Le McKinseygate

Le scandale causé par les informations de la commission sénatoriale d’enquête sur le recours systématique par l’État à des cabinet de consulting, a pris de l’ampleur. Effarés les Français ont appris que l’État avait eu massivement recours à des intervenants externes, en général des cabinets à bases anglo-saxonnes, pour des missions dont l’utilité ne sautait pas aux yeux, c’est le moins que l’on puisse dire. Le tout pour plus d’un milliard d’euros (!) pour la seule année 2021.

Ce que l’on appelle maintenant « l’affaire McKinsey » dégage des fumets particulièrement malodorants, à base de soupçons de corruption, de connivences, de conflits d’intérêts, de fraudes fiscales, de faux témoignages, et autres joyeusetés. Qui donnent avec insistance l’image d’une république bananière.

Tout cela fait particulièrement désordre à 15 jours du premier tour de l’élection présidentielle. Le principal intéressé, qui a manifestement impulsé ces dérives depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, a été contraint de s’exprimer. Et il l’a fait, comme à son habitude en procédant par affirmations invérifiables et en rappelant à nouveau avec arrogance qu’il se considère intouchable. Emmanuel Macron a actualisé le fameux « qu’ils viennent me chercher ! » utilisé au moment de l’affaire Benalla : « Il faut être très clair, parce que là on a l’impression qu’il y a des combines : c’est faux, il y a des règles de marchés publics. S’il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal. » a-t-il asséné sur le plateau de France 3.

On ressort stupéfait de la lecture du rapport de la commission d’enquête du Sénat. Par le volume invraisemblable des achats par l’État de ces missions externes, par leurs fréquentes inutilités, et l’importance vertigineuse des rémunérations. [...]

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23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 17:08

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

La phrase du candidat communiste à la présidentielle est pourtant impeccable, en ce qu’elle pointe la nouvelle forme que prend l’écrasement des prolétaires dans un monde régi par le capitalisme consumériste et le modèle du low cost.
En ce mois de janvier, certains se désolent de voir la gauche réduite à la portion congrue dans un pays dont beaucoup diagnostiquent l’état de « droitisation » avancée. D’autres attendent que « sainte Christiane », entre deux paraboles inspirées, descende de son Olympe pour la rédemption ultime. Et chacun de s’interroger : comment a-t-on pu en arriver là ? La faute aux médias qui « banalisent l’extrême droite » et « usent de son vocabulaire » ? La faute aux « populistes » qui manipulent des électeurs par conséquent manipulables ? Et puis surgit un épisode, tout juste une anecdote, et tout s’éclaire. Et l’on est pris d’une pensée émue pour Jean Jaurès, Léon Blum ou Jean Zay.
On avait déjà remarqué que Fabien Roussel, candidat communiste à l’élection présidentielle, faisait entendre une musique nouvelle. Déjà, il est candidat, quand son parti, depuis longtemps, avait renoncé à toute forme d’existence et s’était rangé derrière des Insoumis chez qui les transfuges du NPA ont pris le pas sur les grognards du Parti de gauche. Et le voilà qui déclare tout de go, en un week-end où Emmanuel Macron et Valérie Pécresse se sont lancés dans un concours de Kärcher : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage : c’est la gastronomie française. Le meilleur moyen de la défendre, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès. » Un esprit naïf considérera qu’il n’y a pas là matière à s’émouvoir et que la proposition n’est pas d’une audace ébouriffante. C’est oublier ce qu’est devenue la gauche. [...]
La suite ci-dessous :
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