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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 16:33

 

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Une sorte de cadeau de Noël mais obtenu sous pression : la TVA sur l’énergie va baisser en Belgique, de 21 à 6 %. Une mesure qui va soulager la vie de millions de ménages belges, non sans arrière-pensées du côté gouvernemental, mais qui peut nous inspirer.

La nouvelle est tombée lors du Conseil des ministres du 29 novembre : la TVA sur l’énergie va bien baisser, de 21 à 6 %, à acter du 1er avril 2014. 

Aucun « cadeau » n’est gratuit, aucune mesure n’est obtenue sans pression populaire. Depuis 2008, le Parti du travail de Belgique (PTB) menait campagne pour cet allégement. Il a obtenu 250 000 signatures et réussi à mettre cette proposition à l’ordre du jour.

 

Une économie de 300 € par an et par ménage : une mesure salutaire !

 

Les arguments du PTB, marqués par le bon sens, ont fait mouche : les tarifs ont augmenté de 40 % pour l’électricité, 70 % pour le gaz en huit ans, pendant qu’Electrabel (l’EDF belge … contrôlé par GDF-Suez !) engrangeait 2,5 milliard de bénéfices l’an dernier.

 Le PTB avait chiffré l’économie de cette mesure : une baisse de la facture de 300 € par an et par ménage. De quoi mettre du beurre dans les épinards, voire de racheter des épinards pour les plus modestes ! 100 000 familles n’ont pu payer leurs factures l’an dernier.

 Cette mesure est aussi une mesure de classe, de justice sociale. En effet, si pour les 25 % des ménages les plus riches, l’énergie occupe 3 % du budget, c’est plus de 13 % du budget pour les 25 % les plus pauvres. 

Ce succès indéniable est donc le fruit d’une campagne de masse du Parti du travail belge, en plein développement ces derniers temps – sa percée aux dernières élections locales n’en étant qu’un reflet partiel – sur des bases de classe et de masse.

 

Un succès du PTB ... à prendre avec prudence :

le patronat donne du main pour reprendre de l’autre ?


  Cela n’exclut pas de maintenir un regard critique sur l’adoption de cette mesure par le gouvernement belge, qui va tenter de donner d’une main pour reprendre de l’autre. 

  D’abord, parce que cette mesure est intégrée au « Plan de relance et compétitivité », et qu’il est couplé à une exonération de cotisations sociales en tout de 1,5 milliards d’euros, en trois phases (2015, 2017 puis 2019), visant le paiement de bas salaires ainsi subventionnés.

  Ensuite, parce que cette mesure sert de prétexte à un recul de la revalorisation de l’index – l’indexation des salaires sur les prix – de fait, une politique de gel des salaires.

  A considérer que ce mauvais coup soit acté, on peut considérer que ce qui est pris n’est plus à prendre. Une baisse de la TVA sur l’énergie constituerait une augmentation du pouvoir d’achat des salariés, aux luttes d’arracher une augmentation des salaires. 

  Il n’est pas impossible que le gouvernement cherche même à remettre en cause l’indexation des salaires sur les prix – supprimée par le gouvernement Mauroy en 1982 en France, que l’on paie encore –, le PTB s’y oppose farouchement.

 

Ces mises en garde soulignent la nécessité de continuer la lutte, peut-être aussi d’élargir les revendications : au gel des tarifs ainsi qu’à la nationalisation du secteur de l’énergie. Mais bravo à nos camarades belges, un exemple à suivre naturellement !

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 15:44

Lu sur El Diablo

Nous reproduisons ces photos de la manifestation qui a eu lieu hier à Marseille.  Les médias ont été beaucoup plus silencieux sur cette manifestation que sur les anti-IVG à Paris ou sur les péripéties de la vie privée du chef de l'Etat.  Des ouvriers, des salariés licenciés, c'est beaucoup moins médiatique et passionnant.  Des centaines de milliers de personnes sont concernées chaque année par la perte de leur emploi mais ils sont invisibles pour les journalistes.  Tout comme les plus de 5 millions de chômeurs.  Sauf quand les salariés réussissent à percer le mur du silence avec des actions spectaculaires ...  Alors il faudra crever les écrans et être des centaines de milliers le 6 Février autour des entreprises en lutte, pour les services publics, contre l'austérité nationale et européenne.

Samedi 18 Janvier 2014 à MARSEILLE:

Des milliers de manifestants malgré la pluie...

LA UNE DU QUOTIDIEN REGIONAL "La Marseillaise" le samedi matin :

 


La-marseillaise-18-01-2014

 

 

MALGRE UNE PLUIE BATTANTE 7000 PERSONNES ONT MANIFESTE A MARSEILLE Une manifestation de colère et d’espoir pour la défense de l’emploi industriel local, du service public, contre l’austérité, pour une autre politique.

 

PHOTOS DE LA MANIFESTATION :

 

marseille-18janvier2014

 

OUI ! LA LUTTE UNIE C'EST LA SOLUTION ! 

ELLE EST NECESSAIRE ET POSSIBLE !

Tous en grève le 6 Février 2014 !

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 18:23

Un article de Jean Lévy en forme d'avertissement à propos d'une manif  " Jours de colère" organisée par un collectif non identifié mais aux accents d'extrême-droite.  Nous avons repris l'essentiel de son texte.

 

 

LES INITIATEURS DE "JOURS DE COLERE"

          qui sont-ils ?
       (voir plus bas)
se gardent bien de dénoncer l'alignement du pouvoir "socialiste" sur les revendications du MEDEF.

POUR EUX PAS QUESTION 
DE DENONCER L'APPEL DE F. HOLLANDE A LA" REDUCTION DU COÛT DU TRAVAIL", 
SA VOLONTE DE FAIRE PAYER AUX SALARIES LES CADEAUX FAITS AU PATRONAT
LES MENACES SUR LA SANTE ET SUR LA SECURITE SOCIALE...
POUR EUX PAS QUESTION DE SOUVERAINETE POPULAIRE, D'INDEPENDANCE NATIONALE, DE MISE EN CAUSE DE L'UNION EUROPEENNE 

Lisez bien les raisons de LEUR "colère"


"Parce que nous avons tous au moins une raison d’être en colère contre ce gouvernement qui : 

- n’écoute pas le peuple, 
- matraque les contribuables, 
- affame nos paysans, 
- enterre notre armée, 
- libère les délinquants, 
- déboussole nos enfants,
- réduit nos libertés,
- assassine notre identité 
- et détruit nos familles"

NE RETROUVEZ-VOUS PAS LE STYLE DE LA DEMAGOGIE FASCISANTE DES ANCIENNES LIGUES D'AVANT-GUERRE QUI SE SONT RETROUVEES SIX ANS PLUS TARD

DANS LA "KOLLABORATION" AVEC LES OCCUPANTS NAZIS

Mais qui sont-ils, ces anonymes  ?

C'est ainsi qu'ils se décrivent...

 

C'est un rassemblement de collectifs (lesquels ?), mouvements et associations (des noms...des noms...) décidés à rétablir une politique plus juste pour la France.

Tous à la Bastille le 26 janvier à 14h pour crier la colère des français contre un président indigne et son gouvernement illégitime !

POURQUOI PAS "A LA CONCORDE" ?

COMME  LE 6 FEVRIER 1934, IL Y A JUSTE 80 ANS,

 

TEXTE D'EPOQUE :

 

QUI A PAYE LES AFFICHES REPRODUITES PLUS HAUT

Ce ne sont tout de même pas "les amis" des réseaux sociaux ?

QUI ONT SUBVENTIONNE PAR AVANCE

L'OPERATION 1€ POUR VIRER HOLLANDE : faites un geste citoyen, donnez 1€ pour financer l'organisation de cette manifestation de la destitution de François Hollande en cliquant ci-dessous :

QUI A REGLE LA NOTE ?

QUI ASSURE LA LOGISTIQUE ?

 

Voilà comment la politique néfaste d'un pouvoir qui se dit

"socialiste" conduit à la résurgence de mouvements dangereux

pour la France et ses citoyens ...

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 15:25

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ON NOUS COMMUNIQUE:

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Nous reproduisons ce texte d'appel à manifester et la pétition en ligne pour soutenir ce militant de la CGT menacé de licenciement malgré le jugement du tribunal des ¨Prudhommes ordonnant sa réintégration immédiate.  Facteur au centre de distribution d'Annecy, militant syndical depuis 18 ans et également conseiller du salarié depuis le mois de mai, il avait refusé d'effectuer des heures non rémunérées.  Mais surtout c'est un militant qui s'oppose depuis des années à la dégradation du service public de La Poste aux dépens des salariés victimes de conditions de travail détériorées et aux dépens des usagers devenus des "clients" à rentabiliser.

 

 

Fédération Nationale des activités postales

et de télécommunications CGT

SYNDICAT CGT FAPT DE HAUTE-SAVOIE

 

 

 

Annecy le 16 janvier 2014,

La CGT FAPT 74 appelle l'ensemble du personnel et des usagers de la Poste à un Rassemblement pour la défense des libertés individuelles et collectives et du service public postal :

 

le Mardi 21 janvier 2014 à 9h 30

devant la Direction Courrier de la Poste,
14 avenue du Rhône à Annecy (Haute-Savoie)
 

 

Monsieur Christian GARRETTE va de nouveau passer devant "un conseil de discipline " mardi 21/01/2014. La Poste s'acharne contre le facteur, titrait le journal l'Humanité du 31 décembre 2013. Une ordonnance du bureau des référés du Tribunal des Prud'hommes d' Annecy en date du 20/12/2013 annulait le licenciement et ordonnait la réintégration immédiate de Christian GARRETTE.
 

La Poste, le 21/12/2013, informait Christian de sa décision de recommencer la procédure et lui signifiait sa " mise à pied à titre conservatoire", pendant deux mois : durée de l'enquête de l'inspection du travail. On constate une accélération de la dégradation du service public postal : le centre de distribution d' Annecy "CDIS" a subi une nouvelle réorganisation en juillet 2013 et qui a encore supprimé des emplois. De plus en plus, des usagers sont mécontents et le disent. 

 

Les postiers subissent chaque jour des conditions de travail dégradées avec son lot de souffrance physiques et psychologiques,certains démissionnent,changent de service ou "craquent". Ensemble, exigeons des emplois pour un service public postal de proximité une distribution en J + 1 (le lendemain du dépôt): courrier, colis, recommandés...
 

Christian GARRETTE ainsi que de nombreux salariés, fonctionnaires et syndicalistes sont victimes de sanctions pour qu'ils se " taisent". La mobilisation s'amplifie....la Poste doit en prendre acte.


La pétition en ligne :

" Libertés et service public en danger" a recueilli plus de 3500 signatures , à ce jour.   

Des courriers de soutien à Christian GARRETTE, de la part des élus locaux et nationaux sont adressés aux Directions Poste. La mobilisation doit encore se renforcer. La CGT, les organisations syndicales, les postières, les postiers, les usagers, les citoyens, les élus se mobiliseront encore ce 21 janvier 2014 et montreront à la Poste qu'ils ne lâcheront rien.

 

LA PETITION EST ICI

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 14:21
Nous publions cet article de J.Nikonoff paru en 2008.  Il est toujours d'actualité.  L'auteur nous présente La Charte de La Havane qui fut élaborée au lendemain de la deuxième guerre mondiale.  Elle fut signée le 24 mars 1948 mais  le congrès américain refusa de la ratifier.  Elle ne fut jamais mise en application.  On y parlait de coopérations économiques entre Etats pour favoriser le développement industriel et le plein emploi, de balances des paiements en équilibre, de possibles limitations d'importations négociées, de conditions de travail équitables, notamment dans les entreprises travaillant pour l'exportation, de contrôle des investissements étrangers .  Depuis les années 80, avec le capitalisme mondialisé, le libre-échange, le dumping social sont devenus la règle et les multinationales dominent la planète, font la politique des Etats et écrivent les traités internationaux du commerce ... La lecture de la Charte de La Havane donne des pistes pour s'opposer à ce capitalisme mondialisé.

 

Préambule à la Charte de La Havane
Jacques NIKONOFF ( MPEP )

Le libre-échange est une croyance fanatique. Ses évangélistes, notamment regroupés au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ont condamné à mort des milliers d’habitants des pays pauvres. Les politiques qu’ils ont imposées ont provoqué, parfois de façon effroyable, l’aggravation des inégalités entre pays et à l’intérieur de chaque pays. Contrairement à ce que prétend la théorie du libre-échange, nulle part l’augmentation du commerce international n’a permis de « tirer » la croissance économique dans chaque pays, pas plus que la suppression des barrières douanières (« libéralisation » dans le langage de l’OMC).


Le libre-échange est une domination monstrueuse et hypocrite des riches des pays riches sur le reste de la planète. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis, aujourd’hui fanatiques du libre-échange, étaient hier protectionnistes. Ce n’est qu’une fois leur position dominante acquise sur le plan industriel qu’ils sont devenus libre-échangistes. Avec le libre-échange, les pays africains, par exemple, n’auront jamais d’agriculture permettant l’autosuffisance et la souveraineté alimentaires, jamais d’industrie pharmaceutique, sidérurgique ou chimique, etc. Lorsque près de 2 milliards de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour, l’expansion du commerce n’a aucun sens. Que vont-elles pouvoir acheter de plus ? Seule l’aide publique au développement, et non le commerce libre-échangiste, est susceptible de réduire puis de supprimer cette pauvreté effroyable. De même que la « financiarisation » de l’économie, la « marchandisation » de toute activité humaine au travers du libre-échange ne sert que les ambitions hégémoniques de l’oligarchie des multinationales.


Le libre-échange est un des principaux piliers de l’idéologie néolibérale. La mondialisation néolibérale, à cet égard, peut être définie comme la réorganisation du travail à l’échelle planétaire, afin de redresser les profits et la productivité, grâce à la libre circulation des marchandises, des capitaux, des services et de la main-d’oeuvre. Le libre-échange a été érigé en tabou. Ceux qui le combattent et qui considèrent que la nation a un rôle à jouer sont qualifiés de nationalistes ou souverainistes ; ceux qui considèrent qu’il faut respecter la souveraineté populaire sont accusés de populistes ; ceux qui considèrent que l’Etat doit réguler les marchés sont stigmatisés comme étatistes ; et ceux qui critiquent le libre-échange sont jugés protectionnistes.


Face au libre-échange, les alternatives proposées par les gouvernements ou les organisations sociales (partis politiques, syndicats, associations) ne sont pas à la hauteur. Elles se limitent, au mieux, à réclamer une réforme démocratique de l’Organisation mondiale du commerce. Une telle réforme, bien sûr, si elle advenait, serait un grand pas en avant. Cependant la question principale n’est pas celle du fonctionnement de l’OMC, mais celle du fonctionnement du commerce international lui-même. C’est le libre-échange qu’il faut frapper au coeur. Or, à cet égard, aucune alternative systémique n’est véritablement proposée pour l’instant et mise en débat afin d’irriguer les luttes sociales et les politiques publiques.


Le moment est venu de briser ce tabou. Telle est la raison de l’exhumation du texte de la Charte de La Havane dont le contenu est susceptible de stimuler les esprits les plus aplatis.


Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un vaste bilan des relations internationales est opéré par les gouvernements victorieux. Les économies européennes sont largement détruites, il faut quasiment tout reconstruire dans plusieurs pays. Les grandes puissances cherchent alors à élaborer des instruments internationaux permettant d’éviter le retour du chaos économique et des guerres commerciales qui avaient caractérisé la décennie de l’avant-guerre. La crise de 1929, en effet, avait entraîné la montée du protectionnisme, l’effondrement du commerce mondial et contribué à précipiter le monde dans la tourmente.

La coopération économique est établie comme l’un des buts et principes de l’ONU, cette dernière reconnaissant les fondements économiques de la paix dans l’article 55 de la Charte des Nations Unies. Déclare-t-on la guerre à ses partenaires commerciaux ? L’ONU s’attelle donc à la reconstruction d’un ordre économique international cohérent. Il fallait créer une institution chargée de maintenir la stabilité monétaire internationale, en prévenant la course aux dévaluations. C’est dans ce but que fut créé le Fonds monétaire international (FMI). A ses côtés, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), appelée Banque mondiale, fut chargée du financement de ce double objectif défini dans son titre. Le troisième pilier devait être une organisation internationale du commerce.


Tout débute en 1946 quand, sous les auspices du Conseil économique et social des Nations unies, est convoquée la Conférence de La Havane en vue d’élaborer la charte constitutive d’une organisation internationale du commerce.

Ce projet très ambitieux, qui vise à la création de cette organisation en tant qu’institution spécialisée de l’ONU, ne verra malheureusement jamais le jour. Même si 53 nations l’ont signée, aucune n’a jamais ratifié la Charte qui est devenue lettre morte après avoir été discrètement retirée à l’étape de son examen par le Sénat américain. C’est donc en dehors du cadre onusien que le système commercial multilatéral va s’organiser.

Le Conseil économique et social des Nations Unies, par une résolution en date du 18 février 1946, décidait de convoquer une « Conférence internationale sur le commerce et l’emploi en vue de favoriser le développement de la production, des échanges et de la consommation des marchandises ». La Conférence s’est réunie à La Havane (Cuba) du 21 novembre 1947 au 24 mars 1948. Elle a arrêté le texte de la Charte de La Havane « instituant une Organisation internationale du commerce » (OIC), qui a été soumis aux gouvernements représentés à la Conférence.

 

Elle a donné lieu à trois documents :

- L’Acte final

- La Charte de La Havane instituant une Organisation internationale du commerce, et ses annexes

- Les résolutions adoptées par la Conférence


Sans attendre la fin des négociations, 23 Etats décidaient, en 1947, de détacher le chapitre du projet de Charte relatif aux échanges de produits manufacturés et d’en faire l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Accident historique, le GATT restera, jusqu’en 1994, le seul instrument multilatéral régissant le commerce mondial. De 1948 à 1994, ce même terme a également désigné l’organisation internationale provisoire destinée à gérer cet accord.

Le rôle le plus visible du GATT au cours de ses quelques décennies d’existence aura été celui de l’organisation de « cycles » périodiques de négociations en vue d’abaisser les barrières douanières, d’obtenir des « concessions » et de régler d’autres questions commerciales.

Huit cycles ou « rounds » se sont tenus sous l’égide du GATT jusqu’à la création de l’OMC, à la suite de l’Uruguay round, lors de la conférence de Marrakech le 15 avril 1994. Jusqu’au milieu des années soixante, les différends commerciaux entre pays sont peu nombreux. On assiste à une diminution progressive des tarifs douaniers sur les produits industriels (mais sur eux seuls) : ils passent de 40 % au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à 5 % environ à notre époque. Un certain consensus règne alors pour plusieurs raisons : les Etats-Unis dominent le monde et ne se sentent pas menacés par un quelconque concurrent commercial. Le capitalisme (les « Trente Glorieuses ») est alors encadré (ou régulé), les Etats interviennent fortement dans l’économie, la croissance est élevée, le chômage très faible. Les Pays en voie de développement (PVD) obtiennent des concessions, car dans le contexte de la guerre froide, les pays occidentaux veulent éviter leur basculement dans le camp soviétique. Le libre-échangisme est très modéré et il ne touche que peu de secteurs.

L’Uruguay Round (1986-93), convoqué sur une idée de Ronald Reagan, va consacrer la fin du libre-échangisme modéré et consensuel, tandis que le triomphe de l’idéologie néolibérale sera favorisé par l’écroulement des Pays de l’Est. Ce long cycle voit s’affronter les Etats-Unis, la Communauté économique européenne (CEE) et le Japon entre eux, mais va aussi voir monter la pression du groupe des PVD oubliés de la prospérité. L’objectif est de supprimer les mesures protectionnistes non tarifaires (autres que les tarifs douaniers) et étendre les mesures libre-échangistes à toutes les activités.


Cette généralisation de la libéralisation du commerce international ne rendait que plus urgente la recherche d’alternatives. C’est en ce sens que la Charte de La Havane présente autant d’intérêt puisqu’elle envisageait les relations commerciales internationales d’un tout autre point de vue. Sa lecture est un véritable bain de jouvence ! Elle devrait fournir aux militants altermondialistes, aux organisations syndicales et politiques, aux élus et fonctionnaires concernés par ces questions une matière particulièrement riche pour renouveler leurs conceptions du commerce international et du développement. Ils devraient donc lire cette Charte toutes affaires cessantes !


L’Organisation internationale du commerce que voulait créer la Charte de La Havane était partie intégrante de l’ONU

Seule l’ONU donne, ou plus exactement devrait donner au système international sa légitimité. Elle est, ou elle devrait être la pierre angulaire du système des organisations internationales. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale c’est donc logiquement dans le cadre politique et juridique de l’ONU que s’est engagée la réflexion sur l’Organisation internationale du commerce. La Charte de La Havane a été élaborée et négociée dans un comité de l’ONU. Même si l’OIC n’a jamais vu le jour, il faut rappeler que c’est l’ONU qui a convoqué la Conférence de La Havane, a aidé à la préparer, puis a ultérieurement fourni le personnel du premier secrétariat du GATT. Une des revendications de la mouvance altermondialiste, d’ailleurs, est l’intégration de l’OMC dans le cadre onusien.

Dans cette perspective le texte de la Charte de La Havane montre comment le FMI, la BIRD, l’OIC, l’OIT pouvaient collaborer.


La Charte de La Havane est probablement le premier texte international à évoquer le développement

La question des liens entre commerce et développement a été évoquée pour la première fois à la Conférence de La Havane par les pays d’Amérique latine. Plus tard, l’accession à l’indépendance des pays en développement d’Afrique et d’Asie, à la suite de la Conférence de Bandung de 1955, a relancé une dynamique mondiale visant à créer un système commercial international qui favorise le développement économique et social. C’est pour réaliser cet objectif que la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) a été créée en 1964. La Charte de La Havane propose une approche qui se situe aux antipodes des conceptions actuelles du commerce international. Pour elle ce commerce ne peut avoir qu’un seul objet : le développement de chaque pays considéré individuellement, dans un cadre de relations internationales fondées sur la coopération et non sur la concurrence.


La Charte de La Havane ne sépare pas le commerce international et emploi

La Conférence de La Havane a tenté de traiter une question essentielle : l’articulation entre le commerce et l’emploi. C’est pourquoi elle s’intitulait « Conférence internationale sur le commerce et l’emploi ». A l’époque, tout le monde croyait au plein emploi. Aujourd’hui, cet objectif a non seulement été abandonné, mais le chômage est devenu la « variable d’ajustement » de l’économie.

On ne trouvera jamais, d’ailleurs, dans la littérature de l’OMC, l’objectif du plein emploi comme raison du commerce international. L’article 1 de la Charte de La Havane, qui en fixe l’objet, est particulièrement clair : « Atteindre les objectifs fixés par la Charte des Nations Unies, particulièrement le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi et les conditions de progrès et de développement. »

On croit rêver !

L’article 2 précise que « les Etats membres reconnaissent qu’il n’est pas uniquement de leur intérêt national de prévenir le chômage et le sous-emploi [...] mais que la prévention du chômage et du sous-emploi est également une condition nécessaire pour [...] le développement des échanges internationaux, et, par conséquent, pour assurer le bien-être de tous les autres pays. »

Ainsi « les Etats membres reconnaissent que, si la prévention du chômage et du sous-emploi dépend, au premier chef, de mesures intérieures, prises individuellement par chaque pays, ces mesures devraient être complétées par une action concertée, entreprise sous les auspices du Conseil économique et social des Nations Unies et avec la collaboration des organisations intergouvernementales qualifiées... »

A quand une réunion sur le plein emploi organisée par l’OMC ?


Un principe fondamental : celui de l’équilibre de la balance des paiements

Ce principe est le plus important de la Charte de La Havane et lui donne sa charpente. Il signifie qu’aucun pays ne doit être en situation structurelle d’excédent ou de déficit de sa balance des paiements. Autrement dit, pour simplifier, dans les échanges commerciaux bilatéraux entre pays, c’est la règle « je t’achète autant que tu m’achètes » qui doit prévaloir.

La balance des paiements retrace l’ensemble des relations entre les agents économiques résidents et les non-résidents (activités sur le territoire national d’une durée inférieure à un an ou agents économiques à l’étranger). Elle mesure l’ensemble des échanges économiques : flux de marchandises, de services et de capitaux.

Pour chaque flux, il y a une opération « réelle » et une opération monétaire. Si j’achète des voitures anglaises, ces voitures (flux réels) entrent en France et des capitaux (flux monétaires) en sortent pour effectuer le paiement. L’importation est inscrite au débit (sortie) de la balance commerciale alors qu’une exportation est inscrite au crédit (entrée). Quand on importe, il y a une baisse des avoirs de réserve (sorties de devises) ; quand on exporte, il y a une augmentation des avoirs de réserve (entrées de devises).

On confond souvent balance des paiements et balance commerciale. La balance commerciale correspond seulement aux flux de biens (la balance des services retraçant les flux de services).

Ce qu’il y a de radicalement nouveau dans la Charte de La Havane par rapport à la situation actuelle, c’est la recherche de l’équilibre de la balance des paiements comme principe général.

Ainsi l’article 3 énonce-t-il que « les Etats membres chercheront à éviter les mesures qui auraient pour effet de mettre en difficulté la balance des paiements d’autres pays. » Autrement dit, la « priorité aux exportations », qui est le mot d’ordre général de tous les pays, et particulièrement de la France depuis l’alignement de 1982-1983 sur les politiques néolibérales, ne saurait être une politique acceptable pour l’OIC. En effet, cette « priorité aux exportations » affiche clairement son ambition : créer chez soi un excédent structurel de la balance des paiements. Comme on n’exporte pas sur la lune et qu’il faut bien que d’autres pays achètent ce qui est exporté, il est créé chez eux un déficit structurel. Une telle situation, par définition, ne peut que déséquilibrer le commerce international et en faire un lieu d’affrontement au lieu d’en faire un outil de coopération..

C’est pourquoi l’article 4 de la Charte de La Havane parle du « rétablissement de l’équilibre interne de la balance des paiements » comme d’un objectif fondamental de l’OIC.

L’article 6 envisage ainsi des « mesures de protection en faveur des Etats membres exposés à une pression inflationniste ou déflationniste extérieure. » Même chose pour l’article 21 qui détaille les « restrictions destinées à protéger la balance des paiements ». Par « restrictions » il faut entendre la méthode des contingents, les licences ou les permis d’importation sans fixation de contingents. Tout Etat membre de l’OIC pourra, par exemple, en vue de sauvegarder sa position financière extérieure et sa balance des paiements, « restreindre le volume ou la valeur des marchandises dont il autorise l’importation ». C’est parfaitement logique : pour rééquilibrer une balance des paiements déficitaire, l’un des moyens principaux est la limitation des importations. Bien entendu ces mesures protectionnistes sont encadrées par la Charte de La Havane et ne sont autorisées que dans les cas suivants :

- pour s’opposer à la menace imminente d’une « baisse importante de ses réserves monétaires ou pour mettre fin à cette baisse » ;

- pour augmenter ses réserves monétaires « suivant un taux d’accroissement raisonnable, dans le cas où elles seraient très basses. »

Ces mesures, en outre, doivent faire l’objet d’une gestion collective et solidaire au sein de l’OIC. L’Etat membre qui applique des restrictions « les atténuera progressivement jusqu’à suppression complète, au fur et à mesure que sa position financière extérieure s’améliorera ». Cette disposition n’est d’ailleurs pas interprétée dans la Charte de La Havane comme obligeant un Etat membre concerné à atténuer ou à supprimer ces restrictions si cela devait créer une situation qui justifierait de nouvelles restrictions.

De la même manière la Charte de La Havane indique que ses Etats membres doivent reconnaître mutuellement les politiques nationales qu’ils mènent à propos « de la réalisation et du maintien du plein emploi productif », du « développement des ressources industrielles et des autres ressources économiques », de l’ « élévation des niveaux de productivité ». Chaque Etat doit donc « considérer que la demande de devises étrangères au titre des importations et des autres paiements courants » peut consommer une part importante des ressources d’un autre Etat pour se procurer des devises étrangères « au point d’exercer sur ses réserves monétaires une pression justifiant l’établissement ou le maintien de restrictions ». Dès lors chaque Etat est invité à accepter des mesures protectionnistes venant des pays concernés.

Celles-ci seront le résultat d’une négociation et non d’une décision unilatérale. Dès lors, tout Etat membre qui envisage d’appliquer des restrictions à ses importations devra, avant de les établir (ou si les circonstances ne permettent pas une consultation préalable, immédiatement après les avoir établies), « entrer en consultation avec l’OIC sur la nature des difficultés qu’il éprouve dans sa balance des paiements, sur les autres correctifs qui peuvent s’offrir à lui ainsi que sur la répercussion possible de ces mesures sur l’économie des autres Etats membres. »

Inversement, tout Etat membre qui considère qu’un autre Etat membre applique des restrictions d’une manière incompatible avec ses propres intérêts, « pourra soumettre la question à l’OIC pour discussion. L’Etat membre qui applique ces restrictions participera à la discussion. Si, au vu des faits avancés par l’Etat membre qui a recours à cette procédure, il apparaît à l’OIC que le commerce de cet Etat membre subit un préjudice, elle présentera ses observations aux parties en vue de parvenir à un règlement de l’affaire satisfaisant pour les parties et pour l’Organisation. Si la question ne peut être réglée et si l’Organisation décide que les restrictions sont appliquées d’une manière incompatible, l’Organisation recommandera la suppression ou la modification de ces restrictions. Si les restrictions ne sont pas supprimées ou modifiées dans les soixante jours, conformément à la recommandation de l’Organisation, celle-ci pourra autoriser un ou plusieurs autres Etat membres à suspendre à l’égard de l’Etat membre qui applique les restrictions, tels engagements ou concessions résultant de la présente Charte ou de son application qu’elle spécifiera. »


Contrairement à une idée reçue, des mesures protectionnistes ne sont pas synonymes de relations conflictuelles entre Etats. Ni de créatrices d’une dynamique de repli du commerce international, aboutissant peu à peu à des formes d’autarcie. Le contenu de la Charte de La Havane montre que le protectionnisme ne peut fonctionner qu’à condition d’être universaliste.


Des normes de travail équitables

L’article 7 de la Charte prévoit que « les Etats membres reconnaissent que les mesures relatives à l’emploi doivent pleinement tenir compte des droits qui sont reconnus aux travailleurs par des déclarations, des conventions et des accords intergouvernementaux. Ils reconnaissent que tous les pays ont un intérêt commun à la réalisation et au maintien de normes équitables de travail en rapport avec la productivité de la main-d’oeuvre et, de ce fait, aux conditions de rémunération et de travail meilleures que cette productivité rend possibles. Les Etats membres reconnaissent que l’existence de conditions de travail non équitables, particulièrement dans les secteurs de la production travaillant pour l’exportation, crée des difficultés aux échanges internationaux. En conséquence, chaque Etat membre prendra toutes les mesures appropriées et pratiquement réalisables en vue de faire disparaître ces conditions sur son territoire. »

Cet article prévoit aussi que « les Etats membres qui font également partie de l’Organisation internationale du travail collaboreront avec cette Organisation, afin de mettre cet engagement à exécution » et que l’Organisation internationale du commerce « consultera l’Organisation internationale du travail et collaborera avec elle. »

Nous sommes à des années-lumière des conceptions et pratiques de l’OMC ! Avec cet article, les « maquilladoras » et autres « zones économiques spéciales » dans lesquelles les travailleurs et le plus souvent les travailleuses sont surexploités ne pourraient exister. Le dumping social serait interdit. Au lieu de l’hypocrite « clause sociale » que certains gouvernements - et même des syndicalistes ! - arborent pour masquer leurs renoncements, la Charte de La Havane permettrait de combattre efficacement le dumping social.


La coopération économique remplace la concurrence

Dans son article 10, la Charte de La Havane traite de la coopération en vue du développement économique et de la reconstruction nécessaires de l’après-guerre : « les Etats membres coopéreront entre eux, avec le Conseil économique et social des Nations Unies, avec l’OIT, ainsi qu’avec les autres organisations intergouvernementales compétentes, en vue de faciliter et de favoriser le développement industriel et le développement économique général ainsi que la reconstruction des pays dont l’économie a été dévastée par la guerre. »

Cet article conserve une parfaite actualité et serait valable, plus que jamais, dans la période actuelle. La mondialisation néolibérale, en effet, a ravagé certains pays comme aurait pu le faire une guerre... Il n’est donc pas extravaguant de parler de « reconstruction », même si pour la plupart des pays pauvres il convient de parler de « construction ».


Le contrôle des mouvements de capitaux

L’article 12 a un côté irréel quand on le compare à la réalité actuelle de la globalisation financière. Selon cet article, en effet, un Etat membre de l’OIC a le droit :

- de prendre toutes mesures appropriées de sauvegarde nécessaires pour assurer que les investissements étrangers « ne serviront pas de base à une ingérence dans ses affaires intérieures ou sa politique nationale » ;

- de déterminer s’il « autorisera, à l’avenir, les investissements étrangers, et dans quelle mesure et à quelles conditions il les autorisera » ;

- de prescrire et d’appliquer « des conditions équitables en ce qui concerne la propriété des investissements existants et à venir ». Avec la Charte de La Havane, chaque Etat peut donc contrôler, en toute légalité, certains des mouvements de capitaux ! Qu’il s’agisse d’investissements de portefeuille ou d’investissements directs étrangers, la Charte de La Havane donne les outils juridiques pour s’opposer aux offres publiques d’achats (OPA), fusions et acquisitions transfrontalières ou à la pénétration du capital des entreprises cotées par les fonds de placement américains.


Les aides de l’Etat sont autorisées

Selon la théorie du libre-échange, tous les obstacles au développement du commerce doivent être supprimés. Parmi ces derniers se trouve évidemment l’Etat, notamment par les subventions qu’il peut accorder à l’économie.

Prenant le contre-pied exact de cette théorie, l’article 13 de la Charte précise que « les Etats membres reconnaissent que, pour faciliter l’établissement, le développement ou la reconstruction de certaines branches d’activité industrielle ou agricole, il peut être nécessaire de faire appel à une aide spéciale de l’Etat et que, dans certaines circonstances, l’octroi de cette aide sous la forme de mesures de protection est justifié. »

Là encore nous croyons rêver tellement le formatage des esprits, après plus de vingt ans de néolibéralisme, a fait douter de cette évidence. L’article 14 explique que « tout Etat membre pourra maintenir une mesure de protection non discriminatoire affectant les importations qu’il aura prise en vue de la création, du développement ou de la reconstruction de telle ou telle branche d’activité industrielle ou agricole ».

Prenons un exemple pour illustrer la portée considérable de cet article. Aujourd’hui, les pays africains les plus pauvres ne disposent pas d’une industrie pharmaceutique. Avec le libre-échange, n’ayant aucun avantage compétitif en ce domaine, ils sont voués éternellement à l’importation de médicaments et de matériel médical. Ajoutons que parallèlement le libre-échange de la main d’oeuvre se traduit par des départs massifs de médecins africains vers les pays occidentaux ! Avec la Charte de La Havane, ces pays pourraient réduire leurs importations de médicaments, progressivement, au fur et à mesure qu’ils constituent leur propre industrie pharmaceutique...


Des accords préférentiels sont possibles

La plupart du temps, le bilatéralisme tel qu’il se développe aujourd’hui en marge du système de l’OMC va bien plus loin, en matière de libre-échangisme, que les accords de l’OMC. Le bilatéralisme, en tant que principe, n’est cependant pas en cause. Tout dépend de son contenu. La Charte de La Havane prévoyait ce cas de figure, dans un cadre coopératif.

Son article 15 énonce en effet que « les Etats membres reconnaissent que des circonstances spéciales, notamment le besoin de développement économique ou de reconstruction, peuvent justifier la conclusion de nouveaux accords préférentiels entre deux ou plusieurs pays, en considération des programmes de développement économique ou de reconstruction d’un ou de plusieurs d’entre eux. »


Autorisation de subventions

L’affaire des subventions américaines et européennes à leurs exportations agricoles, rendant leurs prix souvent inférieurs aux productions locales des pays pauvres, a suscité une réprobation mondiale justifiée. C’est la raison pour laquelle nombreux sont ceux, particulièrement au sein de la mouvance altermondialiste, qui demandent la suppression de ces subventions. Il ne faudrait toutefois pas considérer que toute subvention à un secteur économique est mauvaise en soi. Dans certaines circonstances de telles subventions sont indispensables. C’est ce qu’explique l’article 18 de la Charte : « les dispositions du présent article n’interdiront pas l’attribution aux seuls producteurs nationaux de subventions, y compris les subventions provenant du produit des taxes ou impositions intérieures [...] et les subventions dans la forme d’achat de produits nationaux par les pouvoirs publics ou pour leur compte. Les Etats membres reconnaissent que le contrôle des prix intérieurs par fixation de maxima [...] peut avoir des effets préjudiciables pour les intérêts des Etats membres qui fournissent des produits importés. En conséquence, les Etats membres qui appliquent de telles mesures prendront en considération les intérêts des Etats membres exportateurs en vue d’éviter ces effets préjudiciables, dans toute la mesure où il sera possible de le faire. »

L’article 25 apporte des précisions : si un Etat membre accorde ou maintient une subvention quelconque, y compris toute forme de protection des revenus ou de soutien des prix, qui a directement ou indirectement pour effet soit de maintenir ou d’accroître ses exportations d’un produit, soit de réduire les importations d’un produit sur son territoire ou d’empêcher une augmentation des importations d’un produit, « cet Etat membre fera connaître par écrit à l’OIC la portée et la nature de cette subvention, les effets qu’il en attend sur le volume du ou des produits affectés qu’il importe ou exporte ainsi que les circonstances qui rendent la subvention nécessaire ». Parallèlement, dans tous le cas où un Etat membre estimerait qu’une telle subvention porte ou menace de porter un préjudice sérieux à ses intérêts, des négociations s’ouvriront entre les Etats concernés « pour étudier la possibilité de limiter la subvention. »

En clair, chaque Etat est fondé - et autorisé - à subventionner des secteurs économiques en vue de stabiliser les prix et les revenus des producteurs.


Interdiction du dumping

Le dumping, fiscal ou social, a pour but de « conquérir » des parts de marché en proposant, dans un pays et pour un même produit, des prix plus bas que ceux en vigueur.

L’article 26 de la Charte interdit formellement ce genre de pratique : « aucun Etat membre n’accordera directement ou indirectement de subvention à l’exportation d’un produit quelconque, n’établira ni ne maintiendra d’autre système, lorsque cette subvention ou ce système aurait pour résultat la vente de ce produit à l’exportation à un prix inférieur au prix comparable demandé pour le produit similaire aux acheteurs du marché intérieur ».

Au moins c’est clair ! Si de telles mesures avaient été appliquées nous n’aurions pas assisté à la disparition presque complète de secteurs économiques comme le textile, la chaussure, l’ameublement...


Des mesures spéciales pour la production cinématographique

L’article 19 traite des « réglementations quantitatives intérieures » sur les films cinématographiques. Afin de permettre une production nationale, il organise un système de « contingents à l’écran » où un temps de projection est réservé aux productions nationales. En voici un extrait : « toute réglementation de cette sorte prendra la forme de contingents à l’écran qui seront gérés conformément aux conditions et prescriptions suivantes : les contingents à l’écran pourront comporter l’obligation de projeter, pour une période déterminée d’au moins un an, des films d’origine nationale pendant une fraction minimum du temps total de projection effectivement utilisé pour la présentation commerciale des films de toute origine ; ces contingents seront fixés d’après le temps annuel de projection de chaque salle ou d’après son équivalent. »


Possibilités de « restrictions quantitatives »

La Charte prévoit déjà la possibilité de « restrictions quantitatives » dans le but d’équilibrer la balance des paiements d’un pays qui en aurait besoin. L’article 20 reprend cette idée, mais pour d’autres raisons que la recherche de l’équilibre de la balance des paiements. Après avoir indiqué qu’il fallait les éliminer, il les définit ainsi : « prohibitions ou restrictions à l’importation d’un produit du territoire d’un autre Etat membre, à l’exportation ou à la vente pour l’exportation d’un produit destiné au territoire d’un autre Etat membre, autres que des droits de douane, des taxes ou autres redevances, que l’application en soit faite au moyen de contingents, de licences d’importation ou d’exportation ou de tout autre procédé ». Un pays peut avoir recours à des restrictions quantitatives dans les circonstances suivantes :

- pendant la durée nécessaire pour prévenir une « pénurie grave de produits alimentaires ou d’autres produits essentiels pour l’Etat membre exportateur ou pour remédier à cette pénurie » ;

- concernant les produits de l’agriculture ou des pêcheries, « quand elles sont nécessaires à l’application de mesures gouvernementales ayant effectivement pour résultat : de restreindre la quantité du produit national similaire qui peut être mise en vente ou produite ou, s’il n’y a pas de production nationale substantielle du produit similaire, celle d’un produit national de l’agriculture ou des pêcheries auquel le produit importé peut être directement substitué » ;

- de résorber un excédent temporaire du produit national similaire ou, s’il n’y a pas de production nationale substantielle du produit similaire, d’un produit national de l’agriculture ou des pêcheries auquel le produit importé peut être directement substitué, « en mettant cet excédent à la disposition de certains groupes de consommateurs du pays, à titre gratuit, ou à des prix inférieurs au cours du marché » ;

- de restreindre la quantité qui peut être produite de tout produit d’origine animale dont la production dépend directement, en totalité ou pour la majeure partie, du produit importé, « lorsque la production nationale de ce dernier est relativement négligeable ».

En ce qui concerne les restrictions à l’importation, elles sont autorisées si elles frappent « l’importation de produits qui ne peuvent être fournis par la production nationale que pendant une partie de l’année ».

Au total, « tout Etat membre qui se propose d’établir des restrictions à l’importation d’un produit devra, afin d’éviter de porter préjudice sans nécessité aux intérêts des pays exportateurs, en aviser par écrit, aussi longtemps que possible à l’avance, l’OIC et les Etats membres intéressés de façon substantielle à la fourniture de ce produit, avant l’entrée en vigueur des restrictions ».

Autrement dit, les réalités sociales et économiques concrètes peuvent impliquer des séquences de politiques protectionnistes négociées collectivement.


Les produits de base ne sont pas considérés comme des marchandises banales

Pour les militants altermondialistes, les « produits de base » (blé, riz, mil...) ne peuvent être considérés comme des marchandises ordinaires, négociables sur des marchés ordinaires. C’est pourquoi l’article 27 de la Charte de La Havane fait des « produits de base » une catégorie particulière. Il considère qu’un « système destiné à stabiliser soit le prix intérieur d’un produit de base soit la recette brute des producteurs nationaux d’un produit de ce genre, indépendamment des mouvements des prix à l’exportation, qui a parfois pour résultat la vente de ce produit à l’exportation à un prix inférieur au prix comparable demandé pour un produit similaire aux acheteurs du marché intérieur, ne sera pas considéré comme une forme de subvention à l’exportation ».

Il faut également mentionner l’article 28 qui stipule que « tout Etat membre qui accorde, sous une forme quelconque, une subvention ayant directement ou indirectement pour effet de maintenir ou d’accroître ses exportations d’un produit de base, n’administrera pas cette subvention de façon à conserver ou à se procurer une part du commerce mondial de ce produit supérieure à la part équitable qui lui revient. »

Incroyable ! La « conquête » de parts de marché est réprouvée par la Charte de La Havane !

Enfin, conformément aux dispositions de l’article 25, « l’Etat membre qui accorde cette subvention en fera connaître sans retard à l’OIC la portée et la nature, ainsi que les effets qu’il en attend sur le volume de ses exportations du produit et les circonstances qui rendent la subvention nécessaire. L’Etat membre entrera sans retard en consultation avec tout autre Etat membre qui estimera que la subvention porte ou menace de porter un préjudice sérieux à ses intérêts. Si ces consultations n’aboutissent pas à un accord dans un délai raisonnable, l’OIC établira ce qui constitue une part équitable du commerce mondial de ce produit ; l’Etat membre qui accorde la subvention se conformera à cette décision. »

En prenant cette décision « l’OIC tiendra compte de tout facteur qui a pu ou qui peut influer sur le commerce mondial de ce produit ; elle prendra particulièrement en considération les points suivants :

- la part de l’Etat membre dans le commerce mondial du produit en question « pendant une période représentative antérieure » ;

- le fait que la part de l’Etat membre dans le commerce mondial de ce produit est si faible que la subvention n’exercera vraisemblablement qu’une « influence négligeable » sur ce commerce ;

- l’importance que présente le commerce extérieur de ce produit pour l’économie de l’Etat membre qui accorde la subvention et pour celle des Etats membres affectés de façon substantielle par cette subvention ;

- l’intérêt qu’il y a à faciliter l’accroissement progressif de la production destinée à l’exportation dans les régions qui peuvent approvisionner le marché mondial en ce produit de la façon la plus efficace et la plus économique et par conséquent à limiter les subventions et les autres mesures qui rendent cet accroissement difficile.


Finalement, l’actualité de la Charte de La Havane reste intacte. Sortie de l’oubli, son contenu peut alimenter les débats - ou plutôt les lancer - sur ce qui reste probablement le plus étrange tabou qui frappe les économistes comme les responsables politiques. Dans ce débat, la prochaine étape devra porter sur les initiatives devant être prises par les Etats, individuellement et en petits groupes.


Jacques Nikonoff


http://www.m-pep.org/spip.php?article16


EN COMPLEMENT

le texte officiel de la Charte de la Havane (en français)

URL de cet article 6937
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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 22:19

LEVEZ-VOUS ET RESISTEZ !

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

 

 

 

 

Ils étaient plusieurs dizaines de milliers à Berlin ce 12 janvier 2014 pour rendre hommage aux fondateurs du Parti communiste allemand, les révolutionnaires Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, assassinés par les « Frei Korps » sur ordre d'un ministre social-démocrate.

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme chaque année, ce 12 janvier, les militants de gauche, anti-facistes, pacifistes, communistes ont déposé une gerbe sur la tombe de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht. Ils étaient plusieurs dizaines de milliers, venus de toute l'Allemagne, de toute l'Europe, des oeillets rouges à la main.

Le dépôt de gerbe s'est poursuivi par un défilé qui a mobilisé, selon les organisateurs, 15 000 manifestants, avec une forte présence des militants du Parti communiste allemand (DKP) ainsi que de divers groupes anti-fascistes.

Un défilé où la banderole accolait les noms de Luxembourg, Liebknecht à celui de Lénine. Avec comme mot d'ordre combatif : « On n'oublie rien ni personne … levez-vous et résistez ! »

 

SBZ_1949_229_Karl_Liebknecht_und_Rosa_Luxemburg.jpgRosa et Karl, une passion révolutionnaire face à la trahison social-démocrate

 

Par leur martyr, leur courage héroïque, Rosa et Karl sont devenus deux icônes, aux idées parfois édulcorées, au combat dévoyé par une mémoire sélective, visant à les réduire comme tant d'autres à des « icônes inoffensives ».

Liebknecht fut un des premiers à dénoncer le péril de la militarisation de la société allemande qui atteignait même les socialistes. Il est le premier député social-démocrate à rester fidèle au serment de l'Internationale socialiste, à refuser de voter les crédits de guerre

« L'aigle » Rosa, comme la surnommait Lénine, fut une inlassable combattante de la révolution, de la paix, dénonçant dès 1914 la trahison de la social-démocratie, ces Kautsky qui transformait l'appel de Marx en temps de guerre en « Prolétaires de tous pays, égorgez-vous ! »

 

Fondateurs du courant spartakiste au sein du Parti social-démocrate – héritier de la tradition marxiste et pacifiste du parti – c'est pénétrés par la pensée et l'action de Lénine, artisan de la Révolution d'octobre qu'ils fondent le 1er janvier 1919 le Parti communiste d'Allemagne (KPD).

En dépit des réticences de Lénine, des doutes de Luxembourg, une « insurrection spartakiste » frappe Berlin début janvier 1919.

Sans organisation ferme, ni perspective claire, la révolte est réprimée dans le sang avec l'action des « Frei korps », des milices issues des troupes de choc de la Première Guerre mondiale, qui se fonderont plus tard dans les SA du Parti nazi.

 

Ces « frei korps » reçurent lors de la fameuse « Semaine sanglante » le feu vert de la part du Ministre de l'Intérieur social-démocrate Gustav Noske et du Président social-démocrate Friedrich Ebert pour réprimer dans le sang la révolte, assassiner les deux dirigeants communistes.

Finalement, les brutaux « frei korps » capturent Liebknecht et Luxembourg, fracassent le crâne de cette dernière avant de la jeter dans le canal qui longeait le lieu de l'exécution (Landwehrkanal).

Disons-le haut et fort, l'héritage de Rosa et Karl appartient au mouvement communiste, pas aux forces héritières, continuatrices ou supplétives de la social-démocratie. Ce serait un comble !

 

L'appel à la manifestation de 2014 : « Non à une intervention militaire en Syrie, au Mali, en Iran, non à des soldats allemands à l'étranger ! »


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Photos : notre correspondante à Berlin

 

Les diverses organisations locales qui ont appelé à la manifestation – essentiellement de groupes anti-fascistes, de Die Linke et du Parti communiste d'Allemagne (DKP) – ont rendu public l'appel suivant, résolument anti-impérialiste, révolutionnaire et pacifiste :

 

« 'Liebknecht a combattu pour nous tous', c'est ce qu'écrivait Rosa Luxembourg quand il fut arrêté après la fameuse manifestation du 1er mai 1916, sur la Potsdamer Platz (…) Il a montré à tous les habitants de ce pays qu'il y a encore des gens qui ont gardé leurs convictions socialistes »

Ces convictions, pour lesquelles Rosa et Karl ont été assassinés par la réaction, ce sont toujours les nôtres. Nous les rappelons lors de cette manifestation lors de cette manifestation, inscrite dans l'hommage à Luxembourg et Liebknecht, ce 12 janvier 2014, en cette année qui marque le centenaire de la Première Guerre mondiale.

En 1914, Karl Liebknecht était le seul à avoir voté au Reichstag contre les crédits de guerre. Et Rosa Luxembourg disait la même année que « le fait que les classes dominantes nous conduisent tous vers la catastrophe, l'Allemagne en est désormais un cas classique ».

Cette analyse de ce système basé sur la maximisation du profit a trouvé dans le fascisme et l'Allemagne de Hitler, seulement vingt-cins ans plus tard avec l'invasion de la Pologne le 1er septembre 1939 qui a déclenché la Seconde guerre mondiale, elle a trouvé dans le génocide du peuple juif, des Slaves et des Tsiganes une confirmation absolument terrifiante.

« Nous n'avons pas besoin de catastrophes », disait Rosa Luxembourg. Aujourd'hui encore, nous n'avons pas besoin de cela, nous n'avons pas besoin d'intervention militaire. Ni en Syrie, ni au Mali, ni en Iran. Nulle part. Nous n'avons pas besoin de soldats de la Bundeswehr en Afghanistan, en Turquie ou ailleurs. Nous n'avons pas besoin de drones tueurs ni d'exportations d'armes. Nous n'avons pas besoin de ces dizaines de millions d'opérations d'espionnage réalisées par la NSA, la BND et d'autres agences de renseignement qui se moquent de la démocratie bourgeoise. Nous n'avons pas besoin des nazis, et de leur démagogie sociale particulièrement dangereuse en temps de crise. Nous n'avons pas besoin du racisme, de l'anti-islam, de l'anti-sémitisme et de l'anti-tziganisme. Nous n'avons pas besoin de ce recul social toujours accéléré, de la situation indigne que vivent des millions de personnes. Nous n'avons pas besoin enfin de ces plans de sauvetage pour les banques ».

 

Conférence « Rosa Luxembourg », débat houleux sur la paix : Die Linke pointée sur ses renoncements dans ce combat



En parallèle à la manifestation était organisée dans le week-end la XIX ème Conférence Rosa Luxembourg, chapeautée par la Fondation Rosa Luxembourg, elle-même liée à Die Linke et surtout au PGE – Parti de la gauche européenne.

Le débat central, qui a attiré plus de 2 000 personnes, était organisé par le journal Junge Welt, modéré par son rédacteur en chef Arnold Schotzel. Il réunissait notamment le co-président de Die Linke, Bernd Reizinger, qui a subi des attaques directes et indirectes sur la position de son parti.


Cela a commencé par les interrogations courtoises de Arnold Schotzel sur le manque de position claire de Die Linke face à au volet militariste de l'accord de coalition SPD-CDU qui marque un pas en avant dans la politique belliciste, néo-impérialiste de l'Etat allemand.

Schotzel mentionne la position du responsable aux questions internationales, le jeune loup et député de Linke Stefan Liebich comme source d'inquiétude, comme une rupture avec la tradition d'opposition aux interventions militaires allemandes à l'étranger.

En effet, Liebich a patronné un rapport publié en octobre dernier intitulé « La politique étrangère de Linke : des perspectives de ré-orientation », ouvre la voie à des soutiens à des interventions militaires, si elles sont sous mandat de l'ONU et sous des prétextes humanitaires.

Si Bernd Reixinger a tenu sur-le-champ à réaffirmer l'engagement de Linke pour la paix, sa réponse a été vite remise en cause par le témoignage de Monty Schädel, secrétaire du Mouvement allemand pour la paix, révélateur de la capitulation symbolique de Die Linke sur la question de la paix.

Monty Schädel rappelle que l'Accord de coalition prévoit une opération séduction de la Bundeswehr vis-à-vis de l'opinion publique, pour préparer la militarisation de la société allemande.

Or, en Mecklembourg-Poméranie occidentale, la Bundeswehr a été appelée pour la première fois aux vœux du Nouvel An par le gouvernement de grande coalition SPD-CDU … onze des douze députés fédéraux de Linke ont voté pour inviter l'armée allemande aux vœux !



En 1914, la social-démocratie promettait d'opposer la « solidarité prolétarienne » à la « guerre impérialiste ». En quelques mois, les dirigeants du SPD joignaient l'union sacrée au nom de la lutte de « la civilisation allemande » contre la « barbarie russe ».

Ils étaient peu les Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg pour refuser le carnage de la classe ouvrière européenne qui « ne se connaissait pas » au profit d'industriels, de politiciens, de banquiers qui eux « se connaissaient bien », pour reprendre la fameuse phrase de Paul Valéry.


En 2014, les périls de guerre montent à l'horizon et Die Linke plie sous la machine de guerre néo-impérialiste allemande, sous prétexte de « mission humanitaire » (civilisatrice) ou de la restauration de la place de l'Allemagne sur la scène mondiale. Un refrain bien connu, hélas.



En 2014, comme en 1914, plus que jamais, que vive l'héritage de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht !

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 17:02

Nous reproduisons ci-dessous un appel du syndicat CGT d'Arcelor Mittal à un rassemblement de soutien aux Goodyear.  Nous soutenons sans réserve leur lutte.  Depuis 2007 ils se sont battus avec acharnement contre les pouvoirs en place, contre le patronat et la direction de l'usine pour garder leur emploi.  Ils ont gagné 1 an, 2 puis 6 ans: ce n'est pas rien.  Harcelés par la direction qui ne leur confiait plus de travail, ils sont maintenant menacés de licenciement.

Il est temps que les travailleurs s’unissent  pour imposer au gouvernement une autre politique favorable aux ouvriers, aux salarié, pour établir une véritable politique industrielle dans notre pays. Tout cela est incompatible avec la politique et la raison d’être de l’UE.  Il faudra sortir  de l’euro et de l’Union Européenne  pour que notre pays redevienne souverain et que se reconstituent les acquis sociaux et le « produire en France ».

 

 

 

APPEL  

 

Rassemblement en soutien aux Goodyear en lutte

Nous sommes un certain  nombre  de militants syndicalistes à vouloir exprimer tout notre soutien au combat des salariés de Goodyear.


Ils sont en lutte depuis 6 ans et ils ont raison de ne pas lâcher.

 

L’inacceptable n'est pas la séquestration, les blocages ou l'occupation de l'usine mais que des patrons voyous faisant des bénéfices outrageux puissent licencier, restructurer ou fermer une usine.

 

Le profit et la rentabilité  mettant en péril l’avenir de milliers de famille.


Nous avons été, nous sommes ou nous serons confrontés à des menaces sur notre emploi.

 

À ce titre, nous savons à quel point il est difficile de le défendre.


Il est urgent et fondamental que nous apportions notre solidarité à nos collègues en lutte.


Nous sommes même convaincus que nous devons résister ensemble face à la logique destructrice du capital.

 

Nous avons besoin de soutiens réciproques, de liens de solidarité afin d’être plus fort pour mener les batailles nécessaires.


Nous sommes certains que c'est la convergence de nos résistances, de nos luttes qui permettra de changer la donne et d’imposer les arrêts de licenciements et de fermetures d'entreprises.


Pour exprimer notre solidarité,

Dire Stop aux licenciements,

 

Nous appelons à un rassemblement

 

Vendredi 17 janvier à 13h devant l'usine de

 

Goodyear à Amiens.

 

BURRIELLO Lionel
Secrétaire Général C.G.T. ArcelorMittal Florange

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 10:23

Le secrétaire de l'UL d'Elbeuf, Christian Morin, est convoqué pour une audition au commissariat d'Elbeuf.  Il avait organisé avec la direction de l'UL et les militants CGT une manif de protestation contre la mise à pied d'un militant CGT devant l'entreprise ACE.    Le patron de cette entreprise, mécontent d’avoir des militants syndicaux élus du personnel , cherche à casser le syndicat CGT.  Il s’en est pris à un premier militant, puis à un deuxième.  C’est maintenant toute l’UL-CGT qu’il veut faire taire.  Ce petit patronat elbeuvien, sans doute encouragé par le refus des socialistes de voter la loi d'amnistie sociale, proposée par le groupe FDG,  pour les syndicalistes et les travailleurs condamnés pour certains délits lors de mouvements sociaux, accentue la répression contre les militants syndicaux.  Ce sont les pouvoirs publics qui ici se font les bras armés du patronat local.   C'est dans la ville dirigée par un maire socialiste, dans la circonscription d'un député socialiste, que sont criminalisées les actions syndicales.
On remarquera que ce sont ces mêmes patrons, en Bretagne poussent leurs salariés à détruire les pylônes de l'écotaxe sans qu'à ce jour aucun d'eux ne soit poursuivi sérieusement, et ailleurs s'attaquent aux militants de la CGT. 

Nous publions ici le communiqué de la CGT.

 

ATTENTION - URGENCE- ATTENTION- URGENCE

  

MANIFESTATION- RASSEMBLEMENT- demain MERCREDI 8JANVIER

  

NOUVEL APPEL DE L' UL CGT D'ELBEUF demain 8 Janvier des 15h 45 devant LE COMMISSARIAT DE POLICE D' ELBEUF! ........SOYONS NOMBREUX!!!

  

Demain à 15h 45 nouvelle convocation dans le cadre de l'affaire ACE - (mise à pied depuis le 15 novembre de notre camarade Benjamin- militant CGT)

Suite à la convocation, hier 6 janvier de notre camarade Paul D., militant CGT( dit "Paulo" pour les copains), c'est maintenant le  secrétaire général de l'UL d'Elbeuf, notre camarade Christian Morin qui se voit convoqué pour y être auditionné au COMMISSARIAT DE POLICE, tel un vulgaire voyou.

 

La comédie a assez duré!! Ca suffit!

Pour une simple manifestation devant les locaux d'ACE protestant contre une sanction totalement injustifiée vis à vis d'un militant de la CGT , la direction d'ACE sort le grand jeu , tentant de faire pression sur l'ensemble des militants CGT de l'entreprise ACE et s'acharne de plus sur l'UL CGT en convocant son secrétaire général ,Christian Morin .

 

Le patronat de l'agglomération elbeuvienne ne se sent plus! Il est plus que temps de lui remettre les pieds sur terre!

LaCGT n'acceptera pas sans riposte les prétentions du patronat.

 

MANIFESTONS TOUS ENSEMBLE DEMAIN MERCREDI 8 JANVIER dès 15 H 45   DEVANT LE COMMISSARIAT DE POLICE d' ELBEUF.

 

SOYONS LE PLUS NOMBREUX POSSIBLE!  pour dire.....NON A LA CRIMINALISATION DE L'ACTION SYNDICALE!!

 

Le bureau de l'Union Locale CGT d'Elbeuf

 

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 09:32

Nous publions ci-dessous un communiqué de l'Association France-Palestine-Solidarité

 

 

Dieudonné, l’imposteur raciste, n’est pas l’ami du peuple palestinien

 

vendredi 3 janvier 2014

 

Der­niè­rement Dieu­donné a déclaré au sujet de Patrick Cohen, jour­na­liste à France Inter : « Moi, tu vois, quand je l’entends parler, Patrick Cohen, j’me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. » Il ne s’agit ni d’une « erreur » ni d’un dérapage. Mais de posi­tions anti­sé­mites clai­rement et déli­bé­rément assumées depuis une bonne dizaine d’années. Les exemples en sont innom­brables.

Dieu­donné n’est pas un simple humo­riste, c’est avant tout un militant poli­tique d’extrême-droite. Et il y a une spé­ci­ficité. Avec une forme d’expression par­ti­cu­lière (humour), un voca­bu­laire pseudo-​​révolutionnaire (anti­système), et une cible du style fas­ciste des années 30 (le complot du "pouvoir juif mondial", de la finance mon­diale, de l’axe Israël-​​USA …), Dieu­donné attire cer­taines caté­gories, par­ti­cu­liè­rement dans la jeu­nesse, que le Front national serait inca­pable de mobi­liser.

C’est le cas par exemple quand il fait applaudir le néga­tion­niste Robert Fau­risson par 5.000 per­sonnes au Zenith en 2008. C’est le cas aussi quand il inter­viewe Serge Ayoub, alias Batskin, le chef de l’organisation d’extrême-droite JNR, Jeu­nesses natio­na­listes révo­lu­tion­naires, dis­soute après la mort de Clément Méric. La vidéo se conclut par une poignée de main entre ces deux hommes et une décla­ration « On repré­sente la France d’en bas … on a le même ennemi, c’est une évidence ».

C’est le cas aussi quand il prétend défendre les Pales­ti­niens en déve­loppant des thèses racistes et anti­sé­mites sous le couvert de l’antisionisme. Il détourne ainsi au profit de l’extrême-droite le juste sen­timent d’exaspération face à l’amalgame fait par les sou­tiens de la poli­tique israé­lienne entre anti­sio­nisme et anti­sé­mi­tisme. Il donne prise à tous ceux qui se com­plaisent dans une dénon­ciation sélective des diverses formes de racisme. Il fait le jeu d’Israël et de tous ses sou­tiens qui cherchent à dis­cré­diter voire cri­mi­na­liser toute forme de contes­tation de la poli­tique israé­lienne..

L’AFPS condamne et rejette ces amal­games qui amènent à traîner devant les tri­bunaux en toute igno­minie les mili­tants du boycott citoyen qui dénoncent la poli­tique colo­niale et raciste de l’Etat d’Israël.

L’AFPS condamne et rejette toute ins­tru­men­ta­li­sation de la cause pales­ti­nienne au service de délires com­plo­tistes racistes qui font le jeu de ses adversaires.

Le peuple pales­tinien n’a aucun besoin de tels faux amis. Notre combat pour les droits nationaux du peuple pales­tinien se fonde sur les prin­cipes uni­versels du droit des peuples. Il suppose le rejet déterminé de toute forme de racisme, d’antisémitisme et d’islamophobie, poisons dan­gereux que nous com­bat­trons sans faiblesse.

Le Bureau national

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 09:23

  goldman-2.jpg

 

Article pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

C'était il y a cinq ans, déjà. Omer Goldman avait été une des premières non seulement à dire non au service de l'armée coloniale israélienne mais aussi à le faire savoir publiquement, à mener le combat pour la désobéissance des jeunes israéliens, juifs ou non.

 

 

   On les appelle les « shminitism », les objecteurs de conscience. Ils étaient quarante lycéens en 2008 à signer une lettre de protestation contre l'enrôlement dans l'armée d'occupation israélienne. Aujourd'hui, ils se comptent par dizaines à refuser le service, âgés entre 18 et 22 ans.

   Omer Goldman fut le visage de ce courage collectif. Elle avait 19 ans en septembre 2008, ses idées fortes contrastant avec ses traits fins. Immédiatement arrêtée, elle a passé plus d'un mois dans les geôles israéliennes comme cadeau d'entrée dans la vie adulte.

    Le temps est passé, mais nous estimons nécessaire de rappeler son combat, son témoignage, aussi pour couper l'herbe aux faux amis de la cause palestinienne, ceux qui voudraient penser qu'on ne peut être « juif » sans être sioniste, qu'on ne peut être anti-sioniste sans être anti-sémite.

 

« Papa, je ne servirai pas pour ton Israel ! »

 

   La lettre qu'avait communiqué Omer pour justifier son refus révèle son courage. Oui, Omer est fille d'un ancien (très) haut responsable du Mossad, les sinistres services secrets israéliens. Mais Omer, à 19 ans lui a dit : « Pardonne-moi Papa, mais je ne battrai pas pour ton Israël ! »

   Que de conflits avec son père qui a publiquement désapprouvé sa décision (« On est tous les deux opposés idéologiquement ») tout en respectant la décision de sa fille : « Nous, tous les deux, avec des caractères très similaires nous nous battrons pour ce en quoi nous croyons ».

    

Pas de doute qu'elle n'a pas les mêmes idées que son père, sa lettre n'est pas celle d'une enfant crédule :

 

« Je refuse de servir dans l'armée israélienne. Je ne ferai pas partie d'une armée qui met en place une politique violente, et viole les droits de l'Homme tous les jours.  Comme nombre de mes pairs, moi-même n'avais pas posé soulevé la question éthique de l'armée israélienne. Mais quand j'ai visité les territoires occupés, j'ai vu une réalité complètement différente : une réalité violente, oppressive, extrême qui doit cesser.  Je crois au service en la société dans laquelle je vis, et c'est précisément pourquoi je refuse de participer aux crimes de guerre commis par mon pays. La violence n'apportera aucune solution, et je ne commettrai pas d'actes violents, advienne qui pourra ».

 

Pas facile d'avoir 19 ans dans un Etat colonialiste … la prise de conscience de l'injustice

 

   Son acte de courage est venu d'une prise de conscience, d'une indignation face à l'injustice. A la fin du lycée, Omer est parti, sans la permission de son père, dans un village palestinien de Cisjordanie.

    Au check-point, accompagné de connaissances palestiniennes qu'elle aurait du haïr, les soldats israéliens lui ont tiré dessus :

« On parlait sur le bord de la route, les soldats se sont approchés et après quelques secondes, ils ont reçu un ordre, tiré des grenades lacrymo et des balles de caoutchouc contre nous. Cela m'a frappé que des soldats suivent un ordre sans réfléchir.  Pour la première fois dans ma vie, un soldat israélien m'avait mis dans le viseur et avait tiré sur moi ! »

   Ce que Omer a connu ce jour-ci, c'est ce que connaissent des millions de Palestiniens depuis des décennies. A partir de ce moment-là, plus question pour elle de joindre ses mains à celle d'une machine d'oppression.

 

Pour Natan, Noam, Alon, oui, on peut être juif et refuser le sionisme. A bas le sionisme et … l'anti-sémitisme !

 

   Nous nous sommes fait le relais ces derniers mois, dernières années de ces « refuzniks », jeunes israéliens, juifs (ou étiquetés comme tels par les sionistes .. et les anti-sémites!) qui se sont indignés, ont refusé de servir.

  On pense à Noam Gur et Alon Gurman, deux jeunes lycéens de 18 et 19 ans condamnés à la prison en avril 201. On pense à Natan Blanc, 19 ans, qui a passé six mois de sa vie en prison. Tous ont vaincu l'injustice au cœur, tous ont osé défier un gouvernement criminel au nom de leurs idéaux.

   Leur acte d'indignation était individuel, leur ambition collective : réveiller un peuple endormi par le venin de la haine sioniste. Le Parti communiste d’Israël, la Jeunesse communiste d’Israël, ont soutenu ces shminitism, mené campagne pour leur libération.

 

  Rappelons que, comme dans l'Afrique du sud de l'apartheid, seules les organisations communistes accueillent les travailleurs, étudiants sans distinction de couleur de peau, de religion ou d'ethnie supposée : d'origine chrétienne, arabe musulman, juifs séfarades ou ashkénazes !  L'exemple de ces jeunes courageux, l'exemple des communistes d’Israël doit nous éclairer au moment où des semeurs de haine essaient en France d'assimiler les juifs au sionisme, et l'anti-sionisme à l'anti-sémitisme.

   Oui, on peut être juif ou d'origine juive et refuser le sionisme, c'est même avoir pris conscience du jeu pervers et parallèle que jouent sionistes et anti-sémites s'alimentant dans leur haine : créer de faux clivages communautaires, préparer l'épuration ethnique, gommer les clivages de classe.

   Omer disait en 2008 :

« L'occupation empoisonne Israël de l’intérieur. Elle crée un peuple agressif, un nationalisme extrémiste, et efface des valeurs importantes telle que la solidarité et l'égalité. C'est pourquoi prendre position contre cela, en tant qu'israélienne, est vital pour les Palestiniens comme pour les Israéliens »

 

Honneur à Omer Goldman, qui avait montré la voie ! Honneur à Alan, Noam, Natan, David, Tamar, Maya, Udi, Sahar, tous ces jeunes israéliens qui depuis 2008 ont refusé de servir dans l'armée de la honte !

 

Unité entre jeunes Palestiniens et Israéliens, arabes et juifs, pour la paix, la justice sociale, contre toute forme de colonialisme, de racisme. A bas le sionisme, à bas l'anti-sémitisme !

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