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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 14:22

Sur le blog "Indépendance des chercheurs".

09/04/2015

Le 9 avril, journée de grève et de manifestations (II)

La journée de grève et de manifestations du 9 avril 2015 connaît une importante mobilisation, alors que Le Monde écrit en même temps « Radio France : Fleur Pellerin travaille à une médiation », précisant : « une nouvelle assemblée générale à 10 heures à la Maison de la radio a voté la reconduction de la grève jusqu’à vendredi ». Mais de quelle médiation parle-t-on, au vu de la politique globale du gouvernement à l'égard des services publics ? Avec le titre « A Paris et en régions, des dizaines de milliers de manifestants "contre l'austérité" », France TV Info évoque une « mobilisation "pour les salaires, les services publics, l'emploi, la protection sociale" appelée par la CGT, FO, la FSU et Solidaires ». Les services publics sont donc explicitement un enjeu de la mobilisation. Comme souligné dans notre article « Le 9 avril, journée de grève et de manifestations (I) », on peut regretter les limitations du mot « austérité » utilisé par les organisations syndicales dans leur appel à la journée du 9 avril, et l'absence d'une dénonciation claire de la mondialisation du capitalisme qui constitue la véritable source des problèmes mis en avant. L'article de France 3 Régions « Manifestation contre l'austérité dans les rues de Paris » présente la photo d'une banderole avec le mot d'ordre « Stoppons l'austérité. Non à la Loi Macron !!! Grève interpro !!! ». Il s'agit donc bien d'une dénonciation de la politique gouvernementale, politique maintenue malgré le désaveu infligé par les dernières élections départementales. Essonne Info diffuse à son tour une note intitulée « Grève interprofessionnelle contre la loi Macron ». Précisément, la « Loi Macron » n'est pas une simple loi « d'austérité », mais bien une large collection de « réformes de structure » exigées et soutenues par les lobbies de l'Union Européenne et par les institutions internationales chargées du « suivi » des Etats dans le cadre du capitalisme mondialisé. Notre article « Hollande, Valls et la mondialisation du capitalisme (I) » commente la prise de position explicite de l'OCDE à l'égard de la France, diffusée juste après le second tour des élections départementales. Mettre en évidence le rôle de la mondialisation du capitalisme est donc essentiel, et la simple référence à « l'austérité » ne suffit pas pour exposer l'origine et les enjeux de la situation actuelle. Les mobilisations du 9 avril doivent, de notre point de vue, s'accompagner d'une réflexion collective sur cette question essentielle qui concerne l'ensemble des citoyens. L'action des personnels de Radio France, déjà évoquée dans nos articles « Radio France, grève et défense du service public » (I) et (II), met en évidence devant un large secteur de la population les attaques dont les services publics français sont depuis longtemps la cible. Analyser sur le fond et dans la transparence l'origine économique et politique de ces attaques est aujourd'hui une première urgence. Le rôle de la stratégie imposée par le grand capital mondialisé constitue, de ce point de vue, une donnée fondamentale.

 

Comment renforcer les mobilisations dans la situation actuelle ?

Une vaste campagne de réflexion collective et d'information citoyenne paraît indispensable quant aux enjeux stratégiques et l'origine réelle des problèmes que les Français doivent affronter de plus en plus directement.

C'est par une telle campagne, que la prise de conscience et la volonté de rassemblement pourront se développer et prospérer.

La libre circulation des capitaux, la mise en concurrence des populations à l'échelle planétaire... sont, de toute évidence, des données essentielles pour comprendre la régression progressive des standards sociaux et des conditions de vie dans des pays comme la France. Mais dans ce cas, pourquoi les organisations syndicales n'évoquent-elles pas ces questions dans la clarté ?

Un communiqué du 9 avril du Bureau Confédéral de Force Ouvrière souligne : « Des centaines de milliers de salariés du privé, du public et des retraités se sont mobilisés contre l’austérité exigeant des réponses du gouvernement ».

Mais pourquoi en rester à un symptôme, « l'austérité », sans aborder ouvertement la maladie générée par la mondialisation du capitalisme et l'alignement des gouvernements sur les exigences du capital mondialisé ? 

Si des organisations internationales comme l'OMC, l'OCDE ou le FMI interviennent directement pour exiger l'adaptation des gouvernements à la mondialisation du capitalisme, pour quelle raison la dénonciation de cette mondialisation ne serait-elle pas de la compétence des organisations syndicales françaises ?

[ ... ]

[Lisez l'ensemble des articles ( I et II ), sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/04/09/le-9-avril-journee-de-greve-et-de-manifestations-i-50804.html ]

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:58
A lire , au soir d'une reprise de la bataille

Publié le 9 Avril 2015 par Canaille Le Rouge

un article du Diplo

A lire , au soir d'une reprise de la bataille

Ce papier qui fait éditorial au numéro en cours du Monde Diplomatique est non seulement à lire mais à faire lire.

La Canaille le dit d'autant plus à l'aise que sa lecture du Diplo pour régulière qu'elle soit est parfois à regarder avec circonspection.

Le propos de Serge Halimi n'est pas mis en ligne pour être débattu mais comme un élément de connaissance qui peut ensuite seulement ouvrir des débats.

D'abord s'en emparer refléchir sur ce qu'il dit et...le donner à partager autour de soi.

Voila aussi pourquoi le capital, pour cette raison là, traque le syndicalisme de lutte.

 

Eloge des syndicats
par Serge Halimi, avril 2015

Puisque chacun prétend se soucier de l’envol des inégalités, pourquoi cette analyse du Fonds monétaire international (FMI) est-elle passée à ce point inaperçue (1) ? En raison de ses conclusions ? Dans une étude présentée en mars dernier, deux économistes issues de ce temple du libéralisme relèvent « l’existence d’un lien entre la baisse du taux de syndicalisation et l’augmentation de la part des revenus les plus élevés dans les pays avancés durant la période 1980-2010 ». Comment expliquent-elles ce lien ? « En réduisant l’influence des salariés sur les décisions des entreprises », l’affaiblissement des syndicats a permis d’« augmenter la part des revenus constitués par les rémunérations de la haute direction et des actionnaires ».

Selon ces économistes du FMI, « une moitié environ » du creusement des inégalités que les libéraux préfèrent traditionnellement attribuer à des facteurs impersonnels (mondialisation, technologies, etc.) découlerait du déclin des organisations de salariés. Doit-on s’en étonner ? Quand le syndicalisme, point d’appui historique de la plupart des avancées émancipatrices, s’efface, tout se dégrade, tout se déplace. Son anémie ne peut qu’aiguiser l’appétit des détenteurs du capital. Et son absence, libérer une place qu’envahissent aussitôt l’extrême droite et l’intégrisme religieux, s’employant l’une comme l’autre à diviser des groupes sociaux dont l’intérêt serait de se montrer solidaires.

Or l’effacement du syndicalisme ne tient ni du hasard ni de la fatalité. En avril 1947, alors que l’Occident s’apprête à connaître trente ans de prospérité un peu mieux partagée, Friedrich Hayek, un penseur libéral qui a marqué son siècle, dresse déjà la feuille de route de ses amis politiques : « Si nous voulons entretenir le moindre espoir d’un retour à une économie de liberté, la question de la restriction du pouvoir syndical est une des plus importantes. » Hayek prêche alors dans le désert, mais quelques décennies plus tard, grâce à l’intervention directe — et brutale — de deux de ses admirateurs, Ronald Reagan et Margaret Thatcher, lors de conflits du travail marquants (les contrôleurs aériens américains en 1981, les mineurs britanniques en 1984-1985), le « pouvoir syndical » a rendu l’âme. Entre 1979 et 1999, le nombre annuel de grèves impliquant au moins mille salariés passe aux Etats-Unis de deux cent trente-cinq à dix-sept, celui des jours de travail « perdus », de vingt millions à deux millions (2). Et la part du salaire dans le revenu national recule... En 2007, sitôt élu président de la République, M. Nicolas Sarkozy fait à son tour voter une loi restreignant le droit de grève dans les services publics. L’année suivante, il pavoise tel un gamin hilare : « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit. »

En bonne logique, l’étude du FMI aurait dû insister sur l’urgence sociale et politique de renforcer les organisations de salariés. Elle estime plutôt qu’« il reste à déterminer si l’accroissement des inégalités dû à l’affaiblissement des syndicats est bon ou mauvais pour la société »... Ceux qui ont déjà une petite idée de la réponse en tireront sans effort la conclusion qui s’impose.

Serge Halimi

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:50

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:48
Source: RIA NOVOSTI

Source: RIA NOVOSTI

Le 

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, est arrivé aujourd’hui (8 avril) à Moscou. Ce voyage officiel de deux jours n’est pas passé inaperçu dans le contexte tendu que connaît actuellement la Grèce vis-à-vis de ses « partenaires » de l’Union européenne.

Athènes est sous pression financière croissante : le Trésor remboursera le 9 avril près d’un demi-milliard d’euros au FMI, comme l’a confirmé le ministre des Finances lors d’une rencontre a vec la patronne de l’institution, Christine Lagarde. Mais d’autres échéances vis-à-vis des créanciers européens se profilent d’ici la fin avril, puis au-delà. L’hypothèse d’un « défaut partiel » (non remboursement à l’heure dite) alimente toujours la rumeur. Un tel événement serait susceptible de déclencher une réaction en chaîne, voire une sortie « accidentelle » du pays de la zone euro.

Le gouvernement grec, issu des élections du 25 janvier dernier, continue d’afficher sa volonté de rester dans la monnaie unique. Il est confronté aux pressions des dirigeants européens : le 20 février, après un bras de fer entre Bruxelles et Athènes, le « prolongement » jusqu’à juin du plan de renflouement octroyé à la Grèce en 2012 a été accordé, en échange de la promesse d’un plan de réformes sur le principe duquel s’est finalement engagé M. Tsipras. Mais l’eurogroupe (ministres des finances de la zone euro), l’Allemagne en particulier, refuse de débloquer la dernière tranche de prêts – un peu plus de 7 milliards – tant que lesdites réformes ne seront pas précisées et actées. Des discussions techniques sont en cours, la prochaine étape devrait être la réunion formelle de l’eurogroupe prévue le 24 avril.

C’est donc dans ce contexte que le chef du gouvernement rencontre les dirigeants russes. Au menu des discussions figurent le commerce et les investissements, le tourisme (les touristes russes constituent traditionnellement une ressource importante pour Athènes), et plusieurs points sensibles liés aux relations entre Bruxelles et Moscou. M. Tsipras souhaite ainsi que soient ré-autorisées les exportations de produits agricoles grecs, bloquées par l’embargo décrété par Moscou contre les pays de l’UE. Cette mesure avait été la réponse du Kremlin aux sanctions européennes prises contre la Russie.

L’énergie est un point encore plus sensible. M. Tsipras pourrait bien obtenir de ses interlocuteurs une baisse du prix du gaz vendu par le géant public russe Gazprom. Les discussions devraient en outre porter sur les coopérations énergétiques entre les deux pays, en particulier dans le projet de gazoduc « Turkish stream » imaginé par Moscou pour fournir cet hydrocarbure aux Européens via la Turquie et non plus l’Ukraine. Ce projet remplace celui baptisé « South stream », qui devait passer sous la Mer Noire puis par la Bulgarie, et qui fut torpillé par Bruxelles (notamment sous pression américaine).

Pour sa part, le ministre grec des Affaires étrangères se trouve à Budapest pour discuter avec ses homologues hongrois, bulgare, et (hors UE) turc, serbe, et macédonien quant à l’avenir de ce nouveau projet russe. Une perspective qui heurte Bruxelles : d’abord parce qu’elle pourrait contrevenir aux règles de déréglementation énergétique de l’UE, ensuite parce que certains dirigeants européens voient d’un mauvais œil tout rapprochement avec Moscou.

Enfin, ce qui achève de plonger certains dirigeants européens dans l’inquiétude a trait aux offres de crédits que Moscou s’est dit prêt à accorder à une Grèce en mal de trésorerie. De là à conclure que cette dernière pourrait « basculer » vers l’« orbite russe » au détriment de son « ancrage européen », certains dirigeants de la CDU allemande, en particulier, ont vite franchi le pas en alertant sur cette possible « trahison ».

Le ministre grec des Finances, Yannis Varoufakis, a tenté de calmer le jeu. Dans une interview au journal Naftemporiki, il a exclu toute « bascule » vers la Russie (et la Chine, avec qui des discussions en matière d’investissements sont également en cours) : « comme je l’ai souvent répété, la solution à la crise grecque est une question au sein de la famille européenne, et doit être trouvée dans le cadre de l’UE ». Il a précisé : « forger des relations plus étroites avec des pays en dehors de la zone euro et de l’UE, avec la volonté de promouvoir celles-ci sur la base de la coopération et de l’intérêt mutuel, relève d’un autre chapitre ».

Une affirmation qui paraît légitime : le défi posé au pays n’est pas de choisir tel ou tel « camp », mais plutôt de rassembler et de construire les moyens de reconquérir une véritable indépendance – économique, politique… et monétaire.

Cependant, la volonté de demeurer au sein de la zone euro est contradictoire avec cet objectif. Or cela reste pour l’heure la position affichée par le gouvernement grec.

Les contradictions et les enjeux sont tels que le bras de fer pourrait se prolonger quelques semaines, voire quelques mois. Il reste que dans une situation extrêmement tendue, nul ne peut prédire l’issue à coup sûr.

Car le peuple grec lui-même – un peuple très politique – n’a sans doute pas dit son dernier mot.

 

 

TSIPRAS cherche à MOSCOU les moyens de l’indépendance, mais reste fidèle à L'EURO  [RUPTURES]

SOURCE:

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:47

Un article très pédagogique publié par Michel El Diablo

VÉNISSIEUX (Rhône) : L’expérience vénissiane du rassemblement et du parti communiste

En creusant l’écart sur la droite par rapport à 2014 et même à 2008, et en contenant le FN, en pleine vague bleue et bleu marine aux départementales, Vénissieux a fait l’évènement. Les acteurs de l’agglomération Lyonnaise ne s’y trompent pas, les communistes en premier lieu bien sûr [1], mais aussi tous ceux qui avaient misé sur la chute de la dernière grande ville communiste hors région parisienne.

Dans quelle mesure cette campagne et son résultat peuvent être utiles pour les communistes au plan national ? Quelles leçons peut-on tirer de cette victoire ?

Car si la direction nationale du parti et l’Humanité ont bien sûr fait écho à cette victoire, c’est sans jamais noter qu’elle a été obtenue dans une ville dont les communistes ont très majoritairement voté contre les orientations des derniers congrès et mettent en œuvre, malgré les pressions nombreuses, une orientation politique qui ne s’inscrit pas dans le "Front de Gauche".

Pourtant l’Humanité n’a pas considéré que cela valait la peine d’un reportage approfondi. C’était déjà le cas l’an dernier où le "journal fondé par Jean Jaurès" s’était contenté de quelques lignes...

Bien sûr, il serait stupide de considérer que cette victoire est la conséquence directe de l'orientation politique de la section PCF de Vénissieux, mais il serait tout aussi stupide de considérer qu’elle n’a aucun rapport. Comme toujours, c’est l’analyse de l’expérience concrète qui doit guider les communistes.

Il faut donc dire brièvement comment cette campagne a été conduite, quelles forces ont été mobilisées, et comment ont discuté et agi les communistes Vénissians, ce qui permet ensuite de chercher à en tirer quelques enseignements.

Les conditions de la victoire Vénissiane

Vénissieux est souvent présenté comme un bastion rouge, mais il faut rappeler que le député y avait été perdu en 1981, avant d’être regagné en 1993 par André Gerin qui avait fait face en 2001 à une bataille municipale difficile ne réalisant que 41% au premier tour dans une liste d’union de la gauche. Quand il passe la main en 2009 à Michèle Picard, l’enjeu est de taille compte tenu de sa stature politique nationale reconnue après 4 députations. Il est presque logique que le parti socialiste tente en 2014 de prendre la ville. Mais il ne peut le faire en se présentant comme le rassembleur. D’abord parce que contrairement à d’autres villes, la droite est bien décidée à tenter sa chance dans l’espoir de cette vague bleue attendue, mais surtout parce que les communistes à Vénissieux sont tout sauf repliés sur eux-mêmes et ont multiplié les efforts pour rassembler toujours plus largement autour du projet de ville. Le plus facile était bien sûr d’associer le parti de gauche et le MRC, mais le plus symbolique est l’accord avec les Verts qui avaient conduit des listes d’opposition en 2001 (liste "citoyenne") et 2008 (avec le modem). Cet accord est sans doute possible en 2014 parce que depuis 2008, Vénissieux a mis en oeuvre l’orientation initiée par André Gerin proposant en 2008 de relever le "défi écologique". Depuis, la ville est reconnue dans toute l’agglomération et ailleurs pour ses réalisations et actions sur la biodiversité, l’énergie, l’environnement, pour son agenda 21.

Les communistes peuvent donc proposer à toutes les forces progressistes un rassemblement sur un contenu clair et connu de tous, issu d’un travail citoyen permanent avec les conseils de quartier, le conseil citoyen du développement humain durable... Et les propositions du parti socialiste pour infléchir ce projet ne rencontrent absolument aucun écho. Car il y a bien eu discussion avec le parti socialiste. Personne n’a défini par avance le cadre politique du rassemblement nécessaire. C’est le projet et les conditions de sa mise en œuvre qui comptent. Collectif anti-libéraux, Front de Gauche, Chantiers d’espoir... ici, rien ne vient corseter le rassemblement, et personne ne peut venir s’imposer comme décideur sous prétexte qu’il représente telle ou telle organisation.

Cette situation hérite aussi de l’échec des tentatives de créer un "Front de Gauche", sur des bases anti-communistes. Ces dernières années, certains avaient tenté une "association du Front de Gauche" sans la section PCF, suivis avec intérêt par de nombreux anti-communistes et servant à quelques ambitions personnelles... La vie a tranché. Ce "Front de Gauche" s’est dissous, certains, malheureusement anciens communistes, menant même bataille en 2014 contre la liste conduite par Michèle Picard pour finir en 2015... deuxième de liste du parti socialiste !

La liste conduite par Michèle Picard est donc une liste de large rassemblement, comme dans de nombreuses villes communistes, avec des personnalités socialistes, républicaines, qui rejoignent d’abord et avant tout le travail réalisé, le projet. Elle est possible parce que les relations avec les autres forces politiques se font dans le respect de chacun et sans préoccupations autres que la ville. Le rassemblement n’a pas pour objectif de préparer les prochaines présidentielles. Cela peut surprendre, mais les relations avec le parti de gauche dans la ville sont excellentes.

La liste est constituée de 24 communistes, 5 personnalités présentées par le PCF, 5 EELV, 5 PG, 1 PRG, 1 MRC, 3 personnalités socialistes, 5 autres personnalités. Autrement dit, la place du parti communiste est reconnue, par son travail militant comme par le travail de ses élus. Les 35 élus de la liste sont 20 PCF et 3 apparentés, 4 PG, 3 EELV, 3 socialistes, 2 personnalités.

Les communistes jouent bien sûr un rôle important pour l’organisation de la campagne, mais ils diffusent aussi leur propre matériel, dont le journal le Vénissian en Janvier, journal qui donne le ton contre la droite et l’austérité. Le PG comme les verts ont aussi leur propre matériel, qui est diffusé avec celui de la liste. Les Verts organisent un meeting avec Emmanuelle Cosse sur le thème de leur choix (la rénovation énergétique). Les partis ne disparaissent pas dans le rassemblement, et personne ne cherche à le transformer en un "mouvement" qu’il faudrait organiser, et qui aurait mission de représenter le peuple. Chaque force joue son rôle et construit son identité politique.

Dans cette bataille, les communistes se renforcent [2],notamment en terme de cadres potentiels. Des militants se révèlent, prennent des responsabilités, et un des résultats indirects de la campagne, est de remettre à jour l’organisation du parti en cellules...

La campagne est bien sûr conduite par Michèle Picard, en lien avec toutes les forces de la liste, qui s’expriment à plusieurs reprises, mais elle exprime aussi le rassemblement à travers des témoignages citoyens de non candidats, militants bien sûr, mais aussi personnes engagées à leur manière pour l’école, l’emploi, la culture...

Les tâches matérielles sont bien partagées. Les candidats notamment étant au premier rang des portes à portes, diffusions, marchés, rencontres... pendant que la tête de liste multiplie les rencontres d’appartements.

L’agressivité de la droite et du parti socialiste, leurs pratiques populistes, leur propagande calomnieuses et diffamatoires, l’irrespect du code électoral, conduit à resserrer les liens personnels et politiques dans la campagne. Le rassemblement dont certains pouvaient penser début 2014 qu’il pouvait être opportuniste se révèle comme une nouvelle époque de la vie politique Vénissiane, avec une nouvelle génération d’élus et de militants, tout comme Michèle Picard en conquérant une légitimité politique renforcée ouvre une nouvelle ère de la longue histoire de cette ville communiste.

Sur cette base, quels enseignements peut-on tirer de cette histoire Vénissiane ?

Le rassemblement populaire peut se faire sans le Front de Gauche, mais pas sans le parti communiste

C’est le premier constat. Les communistes Vénissians n’ont jamais parlé du Front de Gauche dans la ville, ils n’ont rien fait contre non plus, et ceux qui ont voulu le faire vivre se sont heurtés à une réalité... sans les forces militantes communistes, le Front de Gauche est marginal, et à la merci des arrivistes et des querelles de personnes.

Par contre, les communistes Vénissians rassemblent, dans les luttes comme la bataille contre les expulsions ou pour l’usine Veninov, et dans leurs batailles politiques ; élections municipales, bataille contre la métropole, solidarité avec le Donbass, Gaza... Ils rassemblent sans préalable mais sur un contenu, dans la transparence, sans imposer de cadre global lié à des accords d’appareils.

Ce rassemblement n’a pas vocation a être une organisation, et n’a donc pas besoin de dirigeants. Pour mener une lutte, un comité de coordination peut être utile, mais il repose non sur les appareils, mais sur les forces militantes présentes dans cette lutte. Les forces organisées jouent leur rôle et chacun peut s’inscrire dans les initiatives à sa manière, y compris individuellement, comme ces habitants qui invitaient Michèle Picard chez eux.

Il faut noter que cette pratique d’un rassemblement qui n’a pas besoin du Front de Gauche n’a posé aucun problème aux communistes des autres villes venus aider dans la campagne.

Le rassemblement ne s’oppose pas à la visibilité du vote communiste

Beaucoup de communistes s’interrogent après les élections départementales. Malgré la perte de 54 élus, conduisant à l’absence d’élus dans 30 départements de plus, le résultat dans le contexte d’une vague à droite a des aspects positifs. Pour la première fois, le PS ne nous entraîne pas complètement dans sa chute, et c’est surtout la réforme électorale et le redécoupage des cantons qui nous coûte cher en élus.
Pourtant, il est difficile de rendre "visible" ce résultat, bien sûr parce que les médias le cachent, mais aussi parce que nos candidats l’étaient sous des étiquettes diverses, dans des "couples" variés... Au comité départemental du Rhône, une camarade disait "nos candidats devraient toujours être désignés Front de Gauche", je lui faisais remarquer que pour la visibilité, on pourrait aussi les désigner toujours "PCF"...

A Vénissieux, aucun doute. Michèle Picard n’est pas une élue "Front de Gauche", ni "rassemblement Vénissian". C’est une élue PCF à la tête d’une liste de large rassemblement pour tenir le cap à gauche. Tout le monde l’a compris et c’est le PCF tout entier qui en tire bénéfice dans le Rhône !

Le rassemblement a besoin de l’organisation, donc du parti communiste !

Le rassemblement est mis à l’épreuve dans les batailles et notamment dans une campagne électorale aussi mouvementée que celles que nous connaissons dans nos villes désormais, avec des forces qui n’hésitent pas à utiliser les voyous, comme au bon vieux temps du SAC...

Le pourrissement de la vie politique, de la vie tout court avec le poids des trafics et des réseaux, du communautarisme et des intégrismes, nécessite de suivre avec attention ce qui se passe, ce qui se dit, et réagir après une vraie réflexion politique pour "tenir le cap" qu’on s’est fixé. A Vénissieux, il fallait tout faire pour mener le combat contre la droite et le FN sans se laisser entraîner dans les polémiques avec le PS. C’est là que l’organisation du parti communiste est irremplaçable, et que de sa qualité dépend la force du rassemblement. Bien sûr, les autres forces politiques ont leur organisation, et peuvent contribuer à l’efficacité collective, mais l’expérience montre que ce sont bien les communistes qui sont la cheville ouvrière du rassemblement.

C’est d’ailleurs une des leçons fortes des conséquences de la mutation et des stratégies de mouvement dans lequel le parti se fond. Quand l’organisation du parti s’affaiblit, ce sont ses capacités de rassemblement qui s’affaiblissent.

Le rassemblement a besoin d’un parti communiste clairement porteur de ses propres choix politiques !

Le parti communiste n’apporte pas que son organisation, même si elle joue un rôle clé. Il apporte sa capacité à porter un projet politique au service de l’unité du peuple. Quand tant de questions divisent les catégories sociales, les origines, les quartiers, les opposent parfois violemment, il ne suffit pas de s’exclamer "tous ensemble", ou d’affirmer le "vivre ensemble", même si c’est nécessaire. Il faut aussi travailler les arguments qui aident les militants à affronter ces divisions du peuple et à dépasser ces divisions dans le rassemblement.

A Vénissieux, le parti socialiste a tenté d’opposer le quartier des Minguettes aux autres quartiers de la ville en faisant jouer la "victimisation". La droite a dénoncé le pseudo ’bétonnage" de la ville. Le PS a pourtant pris une claque et la droite a été battue, parce que les communistes depuis des années expliquent et convainquent autour du refus du ghetto, de la nécessité de constructions variées, en locatif social, mais aussi en accession, en immeubles comme en habitat individuel, de l’importance de partir de la réponse aux besoins sociaux. La bataille d’idées est essentielle et elle ne peut se limiter à la bataille municipale autour des projets de la ville. Toutes les questions locales renvoient à des questions globales et donc à la guerre idéologique contre les services publics et pour la concurrence.

Être capable de faire le lien entre des questions concrètes et la guerre idéologique est un rôle essentiel du parti communiste. C’est ce qui conditionne le progrès du mouvement populaire pour se libérer des idées dominantes. D’autres peuvent y contribuer, mais un parti communiste fier de son histoire et de son projet joue un rôle irremplaçable pour donner confiance aux acteurs du rassemblement.

Ces quelques idées de portée générale tirée de l’expérience Vénissiane confortent ce qui avait été dit par le réseau "Faire Vivre et Renforcer le PCF" lors du dernier congrès. Il est urgent de faire un bilan réel des stratégies suivies depuis 15 ans par le PCF, et de tenir compte de cette résistance de terrain qui doit tout aux communistes et à notre peuple et qui pourrait être confortée et amplifiée par une orientation politique claire, lisible, affirmant l’urgence du combat populaire de résistance à l’austérité, la nécessité de s’organiser pour un affrontement de longue durée avec les oligarchies capitalistes, affirmant donc la priorité au renforcement d’un parti communiste de combat au service du rassemblement populaire.

 

P.A.MILLET

Le 7 avril 2015

[1] de nombreux militants de l’agglomération avaient d’ailleurs apporté leur aide pour la campagne

[2] sans doute aussi d’autres car rien ne vaut une belle bataille pour faire progresser une organisation !

 

SOURCE:

 

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:44

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 05:49
1000 manifestants à Dieppe le 9 avril 2015

UL CGT Dieppe Manifestations & actions revendicatives

09 avr. 2015

1000 manifestants à Dieppe le 9 avril 2015

Ce fut une belle manifestation que cette manifestation d'aujourd'hui à Dieppe. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas vu autant de monde dans les rues.

1000 manifestants à Dieppe le 9 avril 2015

 
Voir la suite des photos et la totalité de l'article ici sur le blog de la CGT-Dieppe.
9 avril 2015: Manifestants des hôpitaux de Dieppe et St Valery en manifestation à Paris !

UL CGT Dieppe Manifestations & actions revendicatives

09 avr. 2015

Un car de manifestants est parti de Dieppe pour la Manifestation de Paris ce 9 avril 2015. En voici dans la manifestation parisienne

Un car de manifestants est parti de Dieppe pour la Manifestation de Paris ce 9 avril 2015. En voici dans la manifestation parisienne

Gournay-en-Bray : Des Gournaisiens à la manifestation contre l'austérité

Aujourd'hui avait lieu à Rouen, un rassemblement contre l'austérité, de nombreux Gournaisiens ont participé.

Lire la totalité de l'article ici ( dans l'Eclaireur-La dépêche du Pays de Bray )

09/04/2015 à 17:27 par louiseleclerc

 

Les Gournaysiens se sont réunis à la manifestation contre l'austérité.

Selon Normandie actu ( et selon les chiffres de la police )
Dans les rues de Seine-Maritime, ils disent stop à l'austérité

En Seine-Maritime, la manifestation "contre l'austérité" a rassemblé plus de 5 000 personnes, selon la police, au Havre et à Rouen, et 500 à Dieppe, jeudi 9 avril 2015.

Mise à jour : 09/04/2015 à 12:26 par La Rédaction

 

Parmi les manifestants, la CGT annonce 2 000 dockers (Photo : LB)La CGT estime que 2 000 dockers étaient mobilisés au Havre (Seine-Maritime).

[...]

Adieu à nos emplois !

« Adieu à nos emplois ! Adieu à notre pouvoir d’achat ! », s’époumonaient les manifestants contre la loi Macron, au Havre. Dockers, salariés du centre pénitentiaire, de l’hôpital, d’ExxonMobil, de Total, mais aussi de nombreux enseignants… Tous se sont rassemblés pour protester contre la « politique d’austérité » lancée par le gouvernement de François Hollande :

Aujourd’hui, le président de la République fait preuve de flagrantes pratiques dictatoriales ! Exigeons une hausse des salaires, un redéploiement de l’emploi !», s’exclament les syndicalistes.

La totalité sur le site de Normandie actu

FR3.  Lire la totalité et voir les vidéos en cliquant sur le lien.
Journée de grève "contre l’austérité" en Haute-Normandie ce jeudi 9 avril 2015

VIDEOS : plusieurs manifestations "contre l’austérité" étaient prévues ce jeudi 9 avril dans les principales villes de Haute-Normandie. Des perturbations sont toujours à prévoir dans les transports en commun, notamment à Rouen.

  • par Mathilde Riou (et R. Plumet)
  • Publié le 09/04/2015 | 07:36, mis à jour le 09/04/2015 | 18:21
 

9 avril 2015 11h15 : manifestation contre l'austérité devant la sous-préfecture du Havre. La circulation du tramway, boulevard de Strasbourg est perturbée. © Gwenaëlle BRON / France 3 Le Havre-Baie de Seine

© Gwenaëlle BRON / France 3 Le Havre-Baie de Seine 9 avril 2015 11h15 : manifestation contre l'austérité devant la sous-préfecture du Havre. La circulation du tramway, boulevard de Strasbourg est perturbée.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 04:07
Rouen, ce jeudi 9 Avril, manifestation unitaire dans les rues de Rouen

Rouen, ce jeudi 9 Avril, manifestation unitaire dans les rues de Rouen

Ils sont arrivés peu à peu, certains grossissant les rangs de la manifestation déjà partie.  Déterminés, dynamiques.  80 à 90% de drapeaux CGT.  Quelques drapeaux FO, un groupe plus conséquent de militants de SUD.  Beaucoup d'entreprises privées, notamment de la zone portuaire : Boréalis, Greif...  Et d'abord les Pap Chap ( UPM Chapelle Darblay), en lutte pour coinserver leurs emplois, 196 licenciements programmés parce que la multinationale nordiste UPM veut encore plus de dividendes pour les actionnaires.  C'est la logique capitaliste.  Plus et plus de profits, peu importe les dégâts humains et sociaux.  Se sont joints au cortège les Petroplus toujours en lutte.  Les dockers, les travailleurs du port, Renault Cléon.  Et puis celles de Carrefour qui viennent de découvrir qu'elles seront payées le dimanche comme le samedi... Les enseignants victimes de la politique austéritaire et des suppressions de classes, nombreuses dans le département, 123 fermetures et 23 ouvertures défilent aussi avec la FSU et la CGT Education.  Les salariés de la santé et la Fonction publique territoriale ...Les cheminots "montaient " à Paris, une partie des dockers également, en tout cinq cars de Seine-Maritime pour Paris.  Les milliers de manifestants présents dans les rues de Rouen ne se font plus d'illusion sur le gouvernement "socialiste" et guère plus sur l'"Europe sociale".  Aucune revendication là-dessus aujourd'hui.  Chacun espère qu'on n'en restera pas là.  Tous souhaitent que les luttes se musclent, en France et en Europe pour mettre en échec la politique française et européenne, aux ordres du capital et génératrices de chômage et de désastres sociaux. YG.

Le réseau des transports en commun de l’agglo de Rouen perturbé par une grève ce jeudi 9 avril
Publié le 9 04 2015 

 

Le réseau des transports en commun de l’agglo de Rouen perturbé par une grève ce jeudi 9 avril
Dans le cadre d’une journée d’action nationale prévue ce jeudi 9 avril 2015, un préavis de grève de 24h a été déposé par le syndicat CGT de la TCAR.

ROUEN (Seine-Maritime). Dans le cadre d’une journée d’action nationale prévue ce jeudi 9 avril 2015, un préavis de grève de 24h a été déposé par le syndicat CGT de la TCAR.

En ce début de journée, le trafic commence à être perturbé.

Les syndicats manifestent dans les rues de Rouen

11h07 - 09 avril 2015 - par B.L

La CGT, FO et Solidaires ont appelés à la grève pour ce jeudi 9 avril. Des milliers de personnes manifestent actuellement dans les rues de Rouen pour protester contre la Loi Macron et contre les plans sociaux sur le territoire de l'agglo.

Des milliers de personnes sont actuellement dans les rues de Rouen pour manifester contre les suppressions de poste annoncées notamment par la Chapelle Darblay et Pétroplus. A la Chapelle Darblay, 196 suppressions d'emploi ont été annoncées soit 55% des effectifs. Les manifestants, parmi lesquels on compte des membres du mouvement politique Ensemble, protestent également contre la loi Macron.

Rappelons que la TCAR a également annoncé une grève ce jour sur le réseau de l'agglomération rouennaise. Pour rester informé tout au long de la journée, consultez le site internet www.reseau-astuce.fr.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 22:47

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 22:12
Selon les sondages : plus le gouvernement PS est impopulaire, plus les Français le plébiscite...

Indépendance des Chercheurs

 

Manuel Valls,

l'IFOP

et les sondages
Racks of German and international newspapers

 

Quelle crédibilité peut-on accorder aux sondages qui circulent en ce moment ? S'agissant des dernières élections départementales, leurs prédictions concernant le Front National ont été largement infirmées par les résultats. Doit-on s'en étonner ? D'emblée, quelle est la définition d'un « échantillon représentatif » de la population, et comment est-il choisi dans la pratique ?

Belgium, Brussels, international newspapers on news stand, close-up : Photo

Combien de citoyens ont refusé de participer au sondage avant que cet « échantillon représentatif » ait pu être réuni ? Quel a été exactement le contenu des entretiens téléphoniques, que l'on résume à des cases cochées ?

En réalité, les sources de biais potentielles dans un sondage sont très nombreuses. Ce qui n'empêche pas des médias de monter en épingle certains sondages dans des moments « stratégiques ».

Tel fut le cas à propos des résultats annoncés à tort pour le Front National, et c'est le cas actuellement avec un sondage IFOP publié par le Journal du Dimanche avec le titre « Les Français d'accord pour garder Manuel Valls ».

Newsstand on a street, Paris, France

Le titre même a de quoi surprendre, vu le résultat des élections départementales, la lourde défaite du Parti Socialiste, les divergences apparues au sein même de la « gauche » et du PS, le taux d'abstention, le peu de crédit accordé par les électeurs aux appels de Manuel Valls à la mobilisation électorale contre le « danger FN »...

Malgré les questions évidentes que l'on peut se poser à son sujet, le sondage IFOP est repris par de nombreux médias : « 60% des Français veulent garder Manuel Valls » (TF1), « Les Français estiment que Manuel Valls ne doit pas changer de cap » (Le Monde), « Réformes: les Français veulent que Manuel Valls reste et garde le cap » (L'Express), « Réformes : les Français veulent garder le cap (et Manuel Valls) » (Le Point), « Valls invité à garder le cap plutôt qu'à rassembler la gauche » (Boursier.com), « Valls invité à garder le cap (sondage) » (Le Figaro), « Manuel Valls : les Français ne veulent pas changer de premier ministre » (RTL), « Les Français veulent garder Manuel Valls comme Premier ministre » (France TV Info), « 60% des Français ne veulent pas changer de cap économique, Valls conforté en tant que Premier ministre » (vidéo TF1), « Pour les Français, Manuel Valls ne doit pas changer de cap » (Europe 1), « Gouvernement: 62% des Français veulent garder Valls et 49% un remaniement, selon un sondage » (France Soir), « Réformes : les Français veulent que le gouvernement maintienne le rythme » (Atlantico), etc... Le 6 avril, se référant toujours au sondage IFOP, France Info va jusqu'àécrire « Plébiscite de Manuel Valls : quel cap économique ? ».

 

De la débâcle électorale au prétendu « plébiscite », donc...

Pourtant, les derniers sondages accordent en même temps à François Hollande et Manuel Valls de faibles côtes de popularité.

Quel sondage croire, et quel article des médias ?

 

Vendredi dernier, Europe 1 écrivait même « La mauvaise semaine de Manuel Valls », avec un sous-titre qui commençait par « A OUBLIER - Déroute aux départementales, popularité en berne... ».

Jeudi, Boursier.com soulignait « Sondages : nouvelle baisse des cotes de popularité de Valls et Hollande », et Le Parisien « Nouvelle baisse des cotes de confiance de Hollande et Valls (TNS-Sofres) ». Des sondages analogues avaient été diffusés entre les deux tours des élections départementales et repris par les médias.

 

Les sondages passent donc allègrement d'un clair désaveu de François Hollande et Manuel Valls à un soutien ouvert à leur politique rejetée par les électeurs. Le 6 avril encore, avec le titre devenu récurrent « Manuel Valls invité à garder le cap »La Dépêche commente à son tour « Après la claque des départementales, l'exécutif, et notamment le Premier ministre, a quelques motifs de satisfaction à la lecture d'un sondage de l'IFOP publié hier ».

Mais justement, que penser d'une telle « logique » ?

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/04/06/manuel-valls-l-ifop-et-les-sondages-50795.html ]
  

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