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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 11:27

Lu sur "canempechepasnicolas"

Résister à l’injonction de la répression immédiate ! (SM)

http://www.syndicat-magistrature.org/local/cache-vignettes/L300xH99/siteon0-da8dd.png

 

 

 

 

 

 

C’est plus que jamais lorsque l’effroi nous saisit et bouscule tous les repères que la justice doit faire preuve de sérénité et résister à la vague de l’émotion.

Las, la ministre de la Justice a fait le choix d’entonner le discours de l’intransigeance de principe et d’enfermer les tribunaux dans la justice de l’urgence. Des consignes diffusées le 12 janvier soumettent les magistrats du parquet à des injonctions contradictoires de « systématisme » et « d’individualisation », de « pédagogie » et « d’application ferme de la loi », dont seul l’appel à la répression paraît être entendu, comme il fallait naturellement le craindre.

C’est ainsi que depuis quelques jours s’enchaînent les procédures expédiées, où l’on a examiné et jugé le contexte, à peine les circonstances des faits, si peu l’homme, poursuivi pour avoir fait l’apologie du terrorisme. Non pas pour avoir organisé une manifestation de soutien aux auteurs des attentats, élaboré et diffusé à grande échelle des argumentaires, pris part à des réseaux, mais pour des vociférations, lancées sous le coup de l’ivresse ou de l’emportement : en fait, des formes tristement actualisées de l’outrage. Les lourdes condamnations pleuvent, assorties d’incarcérations à l’audience.

Telle est la désastreuse justice produite par le recours à la comparution immédiate dont la loi du 13 novembre 2014 a fait une nouvelle arme de lutte contre le terrorisme.

Comme si la justice pénale, devenue l’exutoire de la condamnation morale, pouvait faire l’économie d’un discernement plus que jamais nécessaire en ces temps troublés.
Comme si certains de ses acteurs avaient brutalement oublié qu’elle doit être rendue avec recul, sur la base d’enquêtes approfondies, en se gardant des amalgames - entretenus jusque dans cette circulaire, qui englobe violences urbaines et apologie du terrorisme - et, surtout, des réactions hystérisées qui la délégitiment et la société avec elle.

Pourtant, loin de tirer les conséquences de ces condamnations aveugles et démesurées, d’interroger leur effet sur ceux qui, ainsi labellisés « terroristes », en retirent surtout la certitude légitime de l’injustice, la ministre surenchérit. Elle annonce sa volonté de modifier le régime juridique des insultes et de la diffamation, qui pourront également être poursuivies en comparution immédiate dès lors qu’elles comportent un caractère raciste, antisémite ou homophobe.

S’il est légitime que la République condamne clairement le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie, la répression la plus dure de leurs manifestations les moins construites est un aveu de faiblesse inutile et dangereux. Et une société qui, par millions, descend dans la rue proclamer son attachement à la liberté d’expression ne peut, sans se contredire, emprisonner sur l’heure celui qui profère des mots hostiles à la loi qui affirme ses valeurs.

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 09:46
Tsipras et Poutine

 

Ce qui se passe en Grèce est énorme.

Je dois dire tout d’abord que je méfiais des intentions « à la Hollande » de Tsipras. (« La finance est mon ennemi ». On connaît la suite . )

Le parti communiste grec (KKE) qui ne soutient pas Syriza, ce qui peut paraître paradoxal, en avait donné les raisons cet été. Raisons qui ont été reprises par Asselineau récemment. Bref Tsipras qui avait fait la tournée des maîtres du monde, leur avait laissé entendre qu’ils pouvaient le laisser être élu sans crainte, qu’il n’était pas dangereux et qu’il n’entendait absolument pas quitter l’Europe ou l‘Euro. C’est alors que le KKE l’avait traité de traître à la Grèce.

Or la réalité est tout à l’opposé.

Tsipras joue une partie d’échecs qui n’est pas sans rappeler celle d’un maître qui s’appelle Poutine.

Il avance à coup précis et audacieux.

D’une part, sauf pour les aveugles, dès les premières heures de son mandat il donne des signes de son intérêt pour Moscou. Comme le fait remarquer Bild dans « Die Russen-Connection der Griechen-Radikalos » : « A peine 90 minutes après son investiture […], Tsipras rencontre qui ? L’ambassadeur russe en Grèce »

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Cet été, déjà, Tsipras avait refusé de reconnaître le gouvernement fasciste de Kiev. Il échappe donc à la doxa européenne. Comment imaginer que la Grèce puisse rester dans l’UE en ayant une politique extérieure tout à l’opposé et sur quel sujet !

Autre élément d’importance : peu de temps avant l’élection de Tsipras, Poutine avait annoncé qu’en cas de victoire de ses couleurs, il ferait sauter l’embargo et reprendrait son commerce avec la Grèce. Enorme proposition. Après !es résultats de l’élection, les félicitations de Poutine rappellent cette avancée. Une possibilité qui est précisée ce soir :

« Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a déclaré jeudi que la Russie envisagerait d'accorder une aide financière à la Grèce si celle-ci lui en faisait la demande. "Nous pouvons imaginer que si une demande est soumise au gouvernement russe, nous l'étudierons de près, en prenant en compte l'ensemble des facteurs de nos relations bilatérales", a-t-il dit à la chaîne CNBC. Ne soyons donc pas étonnés que le nouveau ministre grec de l'Energie, Panagiotis Lafazanis ait assuré qu'Athènes était contre les sanctions et "n'a pas de divergence avec la Russie".

 https://www.zonebourse.com/…/Moscou-pret-a-aider-la-Grece-…/

Ajoutons enfin, il y a deux jours, la claque la plus magistrale que l’on puisse imaginer. La Grèce a refusé de voter de nouvelles sanctions pour Moscou suite aux évènements de Mariupol. 

Le Point rappelle alors des évènements antérieurs dans un article titré « Tsipras le nouvel ami de Poutine. »

« Ce n'est pas un hasard si le premier diplomate à être venu saluer Alexis Tsipras après sa prestation de serment comme nouveau Premier ministre de la Grèce est l'ambassadeur de Russie. La proximité du leader de l'extrême gauche avec la politique de Moscou, y compris pour ce qui concerne l'Ukraine, s'était déjà manifestée en mai 2014 lors d'un voyage à Moscou. Reçu par la présidente d'une des assemblées du Parlement russe, Tsipras avait alors soutenu l'annexion de la Crimée et défendu le référendum organisé, avec la bénédiction de Moscou, dans la partie orientale de l'Ukraine par les séparatistes. »

« Le Temps » souligne la même évolution  : « Contre les sanctions de l’UE en Russie, contre le gouvernement ukrainien, contre l’austérité, contre l’Allemagne : Alexis Tsipras n’a pas tardé à démontrer la continuité idéologique de Syriza. Un nouvel axe se dessine : Athènes-Moscou. »

Cela n’a pas échappé au quotidien économique russe Kommersant : « le nouveau premier ministre grec, Alexis Tsipras, a, dès avant la victoire de Syriza, annoncé qu’il était favorable à un allégement des sanctions et contre la politique d’isolement de la Russie. »  La Neue Zürcher Zeitung résume la situation dans la formule : « Le cheval de Troie de Poutine ».

« A peine installé, le gouvernement de Syriza passe l’acte : il récuse les nouvelles sanctions contre la Russie réclamées par Bruxelles après la reprise de violentes hostilités dans l’Est de l’Ukraine. Pendant ce temps, Nikos Kotzias, le ministre des Affaires étrangères, transfuge du Parti communiste grec, défend des relations bilatérales plus étroites avec Moscou. Il aurait déjà remercié Poutine de s’être porté « au secours de nos frères orthodoxes » en Crimée. »

On est donc confronté à une évolution soudaine et fascinante que très peu avaient imaginée. Que Tsipras, assuré du soutien de la Russie, trop heureuse de récupérer un tremplin sur la méditerranée, prépare une sortie de l’Europe et de l’Euro, inévitable, voici qui ouvre des horizons incroyables.

Tsipras, nouvel Hercule nettoyant les écuries d’Augias ? 

« Le Point », la voix de notre maître atlantiste, n’arrive pas à en croire ses yeux. Il ne peut imaginer que Tsipras se jette d’une manière aussi directe dans les bras de Poutine.

« Les diplomates européens comptent sur le pragmatisme de Tsipras pour ne pas agiter le chiffon rouge symbole des idées de son parti, en votant contre les sanctions au risque de rompre la solidarité européenne sur un sujet majeur de politique étrangère. Beaucoup pensent que le problème du rééchelonnement de la dette grecque, sa préoccupation première, et pour laquelle le nouveau venu va devoir guerroyer ferme, le poussera à certaines concessions sur d'autres sujets. Ainsi, dans le programme de Syriza, y a-t-il une sortie immédiate de la Grèce de l'Otan et la remise en cause des droits accordés à l'alliance qui font de la Crète une de ses principales bases navales en Méditerranée. Bizarrement, c'est là une exigence qu'Alexandre Tsipras a abandonnée, juste avant les élections. »

Oui, mais maintenant il est élu, et ses premières mesures sont tout à l’opposé des conseils de la Troïka. 

Ses premières décisions sont tellement fidèles à ses promesses. On est si peu habitué à ça. Surtout avec cette gauche crapuleuse que nous avons en France…

Parmi toutes les décisions qui honorent ce gouvernement, (arrêt de la privatisation de l’EDF grec, des ports du Pirée et de Thessalonique, salaire minimum relevé de 580 euros à 751,) le réengagement des femmes de ménage du ministère des finances est un acte fort et symbolique :

« L'un de nos premiers gestes sera une réduction immédiate et spectaculaire des dépenses du ministère qui permettra la réintégration des femmes de ménage », a annoncé le nouveau ministre des Finances Yanis Varoufakis lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur Guikas Hardouvelis.

« Avec le nouveau gouvernement, nous nous attendons à une vie meilleure pour les plus démunis », espérait Lilly Giannaki, qui devrait faire partie des agents réembauchés. Elles étaient 595 mises sur le carreau en 2013, environ 300 d'entre elles souhaitent être réembauchées.

M. Varoufakis, arrivé sac au dos et portant une simple chemise, a été le premier ministre des Finances à ne pas être chahuté par ces dures à cuire qui se sont souvent heurtées aux forces de l'ordre, devant le ministère. Les forces de l'ordre étaient d'ailleurs, pour la première fois, invisibles.

 Il faut dire que de voir au pouvoir des politiques qui respectent l’humain ça fait du bien.

Bon sang que c’est bon !

Tsipras, le nouvel Ulysse qui va flécher les prétendants qui ruinent son royaume et déshonorent sa femme ?

On a envie d’un peu d’héroïsme en des temps vulgaires.
Le ridicule de Hollande n’en ressort que plus qui, après les évènements « Charlie » avait décrété : « La vie reprend son cours. Il faut faire des achats. Ce sont les soldes. » Ridicule ! 

Oui, nous, nous avons un gouvernement à solder ! On le cède pour pas cher, même…Pour rien du tout.

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 09:07

Conférence de presse des témoins d'Odessa : texte d'introduction

 

29 Janvier 2015 , Rédigé par Réveil Communiste 

Une cinquantaine de personnes ont assisté à la conférence de presse, dont une quinzaine de journalistes, dont des représentants de l'Humanité dimanche, de TV5, du blog "les Crises", de Initiative Communiste, et d'agences de presse indépendantes, qui ont pu s'entretenir directement avec les invités.

 

Une video de 15 minutes montée à partir de la captation de la conférence de presse est mise en ligne ici http://www.reveilcommuniste.fr/2015/01/conference-de-presse-des-temoins-d-odessa-26-janvier-2015-video.html. Ce texte d'introduction est publié séparément.

 

Nous voulons donner la parole à des témoins du massacre survenu à Odessa en Ukraine, le 2 mai 2014, Irynia et Elena, ici présentes.

Les organisateurs parisiens sont Monika Karbowska (association « Féministes pour une autre europe » , Gueorgui Chepelev (association « collectif citoyen pour la paix en Ukraine ») et moi-même (Gilles Questiaux, membre du PCF et de son réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » et animateur du blog Réveil communiste).

La conférence de presse, ainsi que la réunion publique à la librairie Tropiques ce soir fait partie d’une tournée qui passe par sept villes de France, organisée par Danielle Bleitrach (qui anime le blog « histoire et société ») et Marianne Dunlop, membre de la fédération du PCF du Pas de Calais.

Nous disposons de la salle jusqu’à 18 heures, ce qui nous donnera le temps d’une discussion. La conférence est filmée, et sera mise en ligne sur Réveil Communiste. Le public n’apparaîtra pas sur le film. Nous remercions les journalistes qui ont répondu à notre invitation.

Bref rappel des faits :

Le massacre d’Odessa s’est produit quand des opposants de gauche au changement de régime qui a eu lieu en Ukraine en février 2014 ont tenté à leur tour de manifester. De planter à leur tour un campement permanent, en suivant la méthode non violente qui a pour but de susciter l’intérêt et la sympathie de l’opinion internationale. La réaction ne s’est pas faite attendre. Le 2 mai 2014, le campement a été détruit, et les manifestants ont été poursuivis par des nervis armés, encerclés dans la maison des syndicats qui a été incendiée. Ceux qui n’ont pas été brûlés vifs ont été battus à mort lorsqu’ils tentaient d’échapper aux flammes. Le tout sous l’œil de la police. Et filmé en direct sur les réseaux sociaux. Le bilan officiel est de 48 morts, et l’association de solidarité aux victimes a identifié 66 morts et disparus. Il n’y a pas de liste officielle ni d’enquête digne de ce nom.

La révolution du Maidan à l’envers, ou « anti-Maidan » a été ainsi jugulée. Mais au prix fort : aujourd’hui, la guerre civile ravage le pays.

Le but de notre conférence de presse est de contribuer à obtenir justice pour ceux qui ont été assassinés froidement et publiquement, pour servir d’exemple.

Pour le moment les morts et les disparus d’Odessa ne pèsent pas lourd dans les consciences occidentales. Ils n’étaient pas dans le bon camp. Pour le moment, le parti pris de l’opinion, et de ceux qui l’influencent a abouti à une situation inqualifiable et nauséeuse : un massacre politique aussi grave que ceux qui viennent d’avoir lieu à Paris, et comme il ne s’en est pas produit en Europe depuis des dizaines d’années, a été minimisé et occulté.

Le précédent qui me vient à l’esprit est celui du 17 octobre 1961. Comme pour le massacre des Algériens de Paris, le massacre des militants de gauche ukrainiens est bien connu de tout le monde. On ne prétend même pas l’ignorer. Mais on hausse les épaules, on minimise, et on change de sujet.

Il a fallu 30 ans pour que le 17octobre sorte du brouillard. Nous allons essayer de contribuer à la levée du brouillard qui plane sur le massacre d’Odessa, du 2 mai 2014, en donnant la parole aux témoins.

Irynia et Elena appartiennent au collectif qui s’est formé à Odessa pour obtenir justice. Le fils d’Elena, Andrei Brajevski, militant de gauche connu en Ukraine, âgé de 27 ans, figure parmi les victimes du massacre.

 

GQ, 26 janvier 2015

Des communistes ukrainiens en visite dans le Pas-de-Calais

Publié par hervepolypcf62.over-blog.c le 27 janvier 2015

« Le communisme est la jeunesse du monde ! »

A l'initiative de la communiste arrageoise Marianne Dunlop et avec le soutien de militants du PCF et du PRCF, une délégation de communistes ukrainiens a sillonné l'Artois, ce dimanche 25 janvier 2015.

L'occasion de fructueux échanges sur l'actualité et l'urgence du communisme.

En Ukraine comme en France !

Tout un symbole ! C'est à Arras qu'ils ont débuté leur tournée dans l'Hexagone. Arras, la ville de Robespierre dont ils saluent le buste dans la cour d'un lycée éponyme, dans la foulée d'un hommage appuyé rendu à la Résistance au Mur des Fusillés de la citadelle. La Révolution française ? Evgueni Tsarkov et Natalia Touroukhina s'en revendiquent volontiers. « Elle a répandu l'idée de justice sociale à laquelle Marx et Engels donneront un contenu scientifique. Plus tard, Lénine a montré qu'un État socialiste était possible. La révolution de 1917 a été exportée en Chine, à Cuba, au Vietnam... grâce aux efforts de millions de gens qui se sont battus pour une meilleure répartition des richesses », proclame le premier secrétaire du Parti communiste d'Ukraine (PCU) pour la région d'Odessa (7000 adhérents). Une région côtière au fort sentiment « pro-russe car cette contrée de la Mer Noire appartenait à la Russie ».

Nous sommes au siège de la section locale du PCF. Les militants autour de René Chevalier réservent à leurs hôtes un accueil chaleureux et fraternel dans la plus pure tradition communiste. A l'origine (avec la sociologue Danielle Bleitrach) de cette tournée française, Marianne Dunlop, de retour d'un séjour en Moldavie et dans le sud de l'Ukraine, exerce ses talents de traductrice. Toute en disponibilité, le sourire aux lèvres.

Unité contre la guerre et le fascisme

Evgueni Tsarkov prône l'union, à travers le monde, des communistes animés « par un idéal sans frontières toujours vivace ». Dans les Républiques de l'ex-URSS , les Partis communistes montrent l'exemple. Ils sont regroupés dans une « Union des Partis communistes – Parti communiste de l'Union soviétique » (UPC – PCUS) dont il est un secrétaire. Et Evgueni Tsarkov de se réclamer de l'Union... momentanément non-soviétique « car l'URSS n'a juridiquement jamais cessé d'exister. C'est prouvé ». A l'heure de l'apéritif, des sourires, empreints de nostalgie, fusent, le temps pour Natalia et Evgueni de poser pour la libération du plus ancien prisonnier politique d'Europe, le résistant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah détenu en France pour s'être opposé à l'impérialisme et au sionisme.

Cette unité des communistes et des prolétaires est d'autant plus nécessaire que l'Europe est confrontée à la montée du fascisme. « Avant de vous rendre visite, Natalia et moi, nous nous sommes plongés dans une vieille édition de l'Encyclopédie soviétique. Votre région y était présentée comme prospère. Aujourd'hui tout a été détruit. A Arras, 60 % des gens ne payent pas l'impôt sur le revenu. Les usines ferment. La pauvreté gagne du terrain. Celle-ci pave le chemin du fascisme et de la guerre dont le capitalisme a besoin pour survivre. Beaucoup de gens sous-estiment la menace du fascisme. Même ici en France, vous n'êtes pas à l'abri. En Ukraine, au Parlement, il y a un an, nous discutions du budget. Nous ne pouvions imaginer l'avènement du fascisme et l'imminence d'une guerre qui peut désormais gagner le sud du pays et la région d'Odessa », rappelle cet ancien député à l'Assemblée nationale ukrainienne (Rada) .

Une guerre contre la Russie

Une guerre qui aurait « déjà fait, selon l'ONU, 4 000 morts dans le Donbass (mais certainement le double en réalité), une région pro-russe dont les habitants ne veulent pas tomber sous la coupe des fascistes de Kiev ». Ce conflit provoqué par les États-Unis et l'Union européenne vise « la Russie et aussi la Chine. Ils veulent faire de l'Ukraine une zone tampon en y installant des bases de l'OTAN aux portes de la Russie ». Se félicitant de la « fermeté de Poutine », Evgueni Tsarkov insiste sur cette dimension géopolitique de la crise ukrainienne. L'Occident a placé « notre pays sous tutelle suite au coup d’État militaire de février 2014 et la destitution du président Viktor Ianoukovytch dont la responsabilité est grande dans la dégradation de la situation. Aujourd'hui, trois ministres étrangers sont au gouvernement dont un Géorgien recherché pour meurtre dans son pays ». Une perte de souveraineté dont bénéficient les oligarques qui s'affrontent, se disputent les parts de marché au détriment des « pauvres qui trinquent ». Des oligarques dont l'actuel président Porochenko, qui ont fait main basse sur le pays à l'instar des nationalistes et des fascistes partisans de Bandera. Ces derniers rêvent de bâtir une Ukraine « selon des critères ethniques. Ils divisent la population. Si tu n'es pas un Ukrainien ethnique, tu es un Russe donc un traître... Si tu n'as pas le profil idéal, tu deviens un homme de seconde classe. Ce nationalisme qui n'a rien à voir avec le patriotisme, vire au nazisme ». Et le dirigeant communiste de rappeler qu'à Odessa, du temps de l'URSS, à l'époque glorieuse de l'internationalisme triomphant, 133 peuples différents riches « de leur propre culture » vivaient en harmonie.

Un Droit de mémoire

D'où aussi l'impérieuse nécessité de revenir sur le rôle de l'URSS (et ses 25 millions de morts) dans la chute du nazisme en Europe en 1945. « Notre histoire, il ne faut pas l'oublier. Seule l'idéologie communiste a été capable de nous défendre, de défendre nos droits sociaux. Il faut le rappeler à notre jeunesse », embraye Natalia Touroukhina, députée communiste au conseil régional d'Odessa. Des jeunes qui se bercent parfois d'illusions sur les bienfaits de l'Union européenne appréhendée « comme un paradis sur terre. Pour une partie d'entre eux, l'Europe, c'est des yachts, des grandes maisons, des salaires de 10000 euros par mois », constate Evgueni Tsarkov.

Ce combat pour la mémoire, contre « le capitalisme et la résurgence du fascisme qui se cache derrière l'OTAN et le FMI, nous devons le mener ensemble », estime Hervé Poly, le premier secrétaire d'une Fédération du Pas-de-Calais du PCF restée fidèle à l'essence même de l' engagement communiste. 

La délégation est alors à Hénin-Beaumont. Dans cette ville gangrenée par le fascisme, au pied du monument à leur gloire érigé par les autorités soviétiques en 1968, un hommage est rendu à Vasyl Poryk et Vasyl Kolesnik, héros soviétiques de la résistance au nazisme dans le Nord. Des militants du PCF d'Hénin-Beaumont autour de David Noël, mais aussi de Courrières, de Leforest et de la Jeunesse communiste ont fait le déplacement. Tout comme, drapeaux rouge et « bleu, blanc, rouge » au vent, une forte délégation du Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) conduite par Georges Gastaud, le secrétaire national.

Le Drapeau de la Victoire

Dépôt d'une gerbe. L'Internationale retentit. Les militants saluent, poings levés, la mémoire de ces deux partisans d'origine ukrainienne avant de se rendre au siège de la section locale du PCF, avec à la clé une conférence de presse. David Noël se voir remettre le Drapeau de la Victoire, le « seul légitime » ; celui qui a été planté sur le Reichstag, un beau jour de mai 1945.

Il est 18h quand la délégation regagne Arras pour un échange informel avec les Amis d'Edward Gierek. Ce lundi 26 janvier en soirée, Natalia et Evgueni poursuivent leur tournée à Lille pour un débat à l'invitation de la Jeunesse communiste du Nord. Ils seront ensuite à Marseille puis à Vénissieux, en compagnie du Comité des Mères d'Odessa, pour les 7e Rencontres internationalistes des 30 et 31 janvier 2015.

Par Jacques Kmieciak,

Journaliste

 

 

 

à Arras une visite passionnante avec nos camarades communistes Ukrainiens
à Arras une visite passionnante avec nos camarades communistes Ukrainiensà Arras une visite passionnante avec nos camarades communistes Ukrainiens
à Arras une visite passionnante avec nos camarades communistes Ukrainiens

à Arras une visite passionnante avec nos camarades communistes Ukrainiens

Dans l'enceinte de la citadelle d'Arras et au siège du PCF ArrasDans l'enceinte de la citadelle d'Arras et au siège du PCF ArrasDans l'enceinte de la citadelle d'Arras et au siège du PCF Arras
Dans l'enceinte de la citadelle d'Arras et au siège du PCF Arras

Dans l'enceinte de la citadelle d'Arras et au siège du PCF Arras

Lu sur le site de Rouge-Midi
Le massacre d’Odessa. Un avertissement sanglant.

 

 

 

 

 

 

Le 2 mai, le monde entier regardait avec stupeur l’incendie de la maison des syndicats à Odessa et sa « quarantaine de morts ». Suite à une agression violente des fascistes du « Secteur Droit » protégés par la police et des « Pro-Russes » ou « Pro Fédéralistes » qui manifestaient dans le calme leur opposition au coup d’État fomenté à Kiev. Pourquoi le conseil de sécurité de l’ONU si prompt à vouloir investiguer refuse-t-il d’y envoyer des enquêteurs comme la Russie l’a suggéré ?

Mercredi 28 Janvier Bourse du Travail de Marseille. C’est dans une ambiance chargée d’émotion qu’une délégation [1] Ukrainienne de la ville d’Odessa [2], invitée par la l’UD CGT des Bouches du Rhône, est venue témoigner de la violence de cette agression et du danger qu’elle représente pour la démocratie dans toute l’Europe.

Pour ceux qui auraient besoin de se rafraichir la mémoire rappelons :


Dans la nuit du 21 au 22 février 2014 les bandes armées de « Secteur-Droit » [3] montent à l’assaut des bâtiments gouvernementaux et obtiennent la fuite du président élus Ianoukovitch.

Dans la foulée, un projet de loi qui interdit la langue russe et des sanctions contre ceux qui oseraient s’exprimer en russe est introduit au parlement à Kiev par Oleg Tiagnybok, chef du parti d’extrême droite Svoboda et adopté en session par les députés sous la pression des hommes du Secteur Droit présents dans la salle. Même si le président par intérim Oleksandr Tourtchynov y oppose son veto et refuse par la suite de signer le décret le mettant en application, la cassure est nette. L’idée de condamner des gens pour avoir parlé le russe ne peut venir que de personnes qui n’aiment pas Odessa. [4]



Le 2 mai, les ultras, casqués et armés, traversent la ville d’Odessa sans encombre et attaquent avec une violence extrême et dans l’indifférence totale des forces de police, les opposants au coup d’État fasciste, fomenté par l’U.E et les USA. Pour en savoir plus sur ce massacre se reporter ici(Odessa : Un simulacre d’incendie pour couvrir l’exécution d’un des plus atroces massacres jamais vus ).

Attention, les photos sont insoutenables !

Une brèche y a été ouverte qui peut-être ne se refermera jamais. Bon nombre de personnes, des étudiants pour la plupart, ont fui la ville ou se terrent après la publication d’une liste de personnes à éliminer pour avoir pris part au tragique vendredi sanglant. Des jeunes qui peut-être voulaient tout simplement défendre l’intégrité de leur pays et sauvegarder la paix dans leur ville ont aujourd’hui leurs photos, adresses et contacts sur le net, suivis de la mention « à détruire ». Ce qui met également leurs proches en danger. Lors de la dernière guerre la Gestapo allemande n’agissait pas autrement.

Ces évènements marquants ont accéléré la crise ukrainienne et l’escalade de la violence qui a contribué au déclenchement de la guerre actuelle au Donbass.

Pourquoi, comme l’a proposé la Russie, l’ONU ne demande t-il pas la création d’une commission d’enquête internationale afin de connaître enfin la réalité des faits ?

Car il est extrêmement troublant que :

  • Comment, avec toutes les mesures prises pour sécuriser la ville, les provocateurs ont-ils réussi à entrer et sortir de la ville sans être inquiétés ?
  • Pourquoi la police attentiste tel qu’on le voit sur les photos et les vidéos, laisse-t-elle faire les provocateurs pour s’activer à arrêter plutôt les rescapés de la Maison des Syndicats ?
  • Pourquoi l’eau était-elle coupée dans la maison des Syndicats et pourquoi les pompiers n’ont-ils réussis, que très tardivement, à atteindre les lieux de l’incendie ?
  • Comment a-t-on pu confier à la même police locale une enquête dans laquelle elle est partie prenante ?

Ainsi tous les morts ne se valent pas. Ceux de la Maison des Syndicats d’Odessa ne semblent gêner ni nos responsables politiques, ni nos grands donneurs de leçons, philosophes à la petite semaine ou éditorialistes chiens de garde.

Ne nous y trompons pas, ce qui s’est produit à Odessa est totalement représentatif des méthodes fascistes et nous concerne tous, ici et maintenant.

Depuis l’intervention dramatique des armés de l’OTAN dans l’Ex Yougoslavie, nous savons que l’OTAN, soit disant démocratique, est prêt à tout pour imposer aux peuples d’Europe la loi d’airain du capitalisme international.

Il utilise toujours le même motus opérandi [5]

Il essaye de fomenter le « chaos » : ce fumier sur lequel il peut faire pousser le nationalisme, le racisme et le fascisme.

Exemples :

  • 2003 : La « Révolution des Roses » en Géorgie
  • 2004 : La « Révolution Orange » en Ukraine [6]
  • 2005 : la « Révolution des Tulipes » au Kirghizstan
  • 2009 : tentative de dévoyer les manifestations en Moldavie

À chaque fois nous y retrouvons l’empreinte de soit disant « ONG pour la démocratie » d’origine américaine. Hasard ?

Le rôle de ces ONG, financées par le congrès des États-Unis, dans les tentatives de « changement de régime » à Cuba, au Venezuela, au Chili, au Nicaragua et à Haïti est bien connu. Le rôle de ces mêmes organisations subversives en Europe de l’Est ainsi que dans les anciennes républiques soviétiques l’est beaucoup moins, bien qu’elles y soient encore plus présentes.

Depuis les américains du Sud, les premiers touchés, ont appris à se méfier et ont créer l’ALBA en face de l’ALENA.

L’Europe doit donc prendre conscience qu’un épisode fondamental de sa survie démocratique est en train de se jouer en Ukraine.

Imaginez que les manifestations qui ne vont tarder à s’organiser, en Grèce pour obliger Syrisa a rester fidèle à ses engagements, puis en Espagne si Podémos obtient un score équivalent, soient utilisées pour créer des affrontements tragiques grâce aux éléments incontrôlables d’Aube Dorée ou des nostalgiques de Franco, que peut-il se passer ?

Une répression terrible et la fin des libertés démocratiques, donc le début du totalitarisme !

Lors de cette soirée un camarade faisait remarquer qu’il y avait là une similitude avec la guerre civile espagnole et les conséquences qu’a entrainé le non interventionnisme français face aux hordes nationalistes de Franco, soutenu par tout ce que l’Europe comptait alors de pouvoirs fascistes, allemands et italiens.

Pourquoi le gouvernement français et l’U.E soutiennent-ils un gouvernement ukrainien manifestement d’extrême droite ?

Est-ce pour faire plaisir au USA qui souhaitent que les armés de l’OTAN soient aux frontières de la Russie ?

Est-ce pour encercler la Russie avec le futur pacte transatlantique ?

Encore une fois nous constatons que l’oligarchie internationale qui nous oppresse préfère, lorsque cela l’arrange, le fascisme à la démocratie.

Après l’Ukraine, à qui le tour ?

Rouge-Midi.

 

[1Evgueni Tsarkov et Natalia Touroukhina (PCU Odessa) - qui sont venus la veille aux vœux des Rouges Vifs 13 - accompagnés de Irina Koval et Eléna Radzikhovska, la mère de Andreï Brajevsky (26 ans) tué le 2 mai 2014 dans l’incendie

[2Rappelons que ce port de la Mer Noire est jumelée avec Marseille

[3Pravy Sektor – ou Secteur Droit – est un des mouvements ultranationalistes paramilitaires les plus violents, dirigé par Dmytro Yarosh, qui a joué un grand rôle à Maïdan. Il porte les couleurs de l’UPA. Ce parti est actuellement représenté au gouvernement, Serhiy Kvit étant le ministre de l’Éducation et de la Science – un des 5 ministres appartenant clairement à des organisations néonazies.

[4Pourquoi les habitants d’Odessa se sont-ils tant battus pour garder le russe comme langue régionale ?

Odessa est une ville cosmopolite, qui aurait à un moment compté jusqu’à 133 groupes ethniques. Combien en reste-t-il aujourd’hui ? Difficile à dire… Toujours est-il que le russe est la langue la mieux partagée même si l’ukrainien y occupe une place importante. Des conversations en russe et ukrainien sont monnaie courante et les interlocuteurs se comprennent parfaitement, en ce qui concerne les personnes âgées. Parce que chez les jeunes de moins de 30 ans l’ukrainien ne passe pas ou passe mal. Même les jeunes qui débarquent à l’université en provenance d’une petite ville ou l’ukrainien est très parlé finissent par se laisser entraîner dans la spirale imposée par le russe. Source Les Crises http://www.les-crises.fr/vu-d-odessa/

[5manière de procéder

[6En Ukraine, la NED (National Endowment for Democracy ) aide de nombreuses structures qui lui sont associées certains les lient à la révolution orange. Le National Democratic Institute for International Affairs (NDI) et la branche ukrainienne de l’Open Society Foundation (OSF, également lié à George Soros), qui a reconnu être impliqué dans le renversement du pouvoir aux manifestations « Euromaïdan ».. Source Wikipédia

Lu sur Réveil communiste

Marseille - Odessa : La solidarité antifasciste dans la maison du syndicat CGT des Bouches du Rhône

 

 

Odessa, 1905, marins du Potemkine, dans le film d'Eisenstein.

Odessa, 1905, marins du Potemkine, dans le film d'Eisenstein.

Lu sur le blog de Daniele Bleitrach :

Monika cuve une grippe et se repose chez moi avant de tous nous retrouver à vENISSIEUX samedi et dimanche, Marianne est partie avec Eugène, Natalia, Irina et Elena à Nice… Nous discutons de ce qui s’est passé hier à Marseille. Ce qui l’a le plus marqué c’est que dans cette ville portuaire la réunion a eu lieu dans la maison du syndicat de la CGT, en plein centre ville… Elle a trouvé le symbole très fort. Parce qu’à Odessa les gens qui campaient sur le champ de Koulikouvo étaient venus là parce que la maison des syndicats, était un symbole, une maison commune pour y être protégés.  Ceux qui ont fui l’attaque des bandéristes se sont réfugiés à l’intérieur de la maison pour là encore y être protégés et là les attendaient la mort, non seulement les cocktails molotov, mais aussi des gens qui les tuaient par balle et les brulaient après.

Peut-être la qualité de l’émotion si forte hier dans cette grande bâtisse de l’Union départementale CGT était-elle dûe à cette vague sensation qu’un jour ce lieu refuge des travailleurs, face à tous les arbitraires, pourrait subir les assauts fascistes?


Eugène, le secrétaire du Parti communiste d’Ukraine d’Odessa, a expliqué qu’un sympathisant qui s’occupait de la maintenance dans la maison des syndicats leur avait dit qu’il surveillait l’état des tuyaux à eau et que celui-ci était correct, mais le jour où l’incendie a été provoqué non seulement les fascistes sont allés bloquer les voitures de pompier, les empêchant de sortir de leur garage proche, mais les tuyaux de la maison des syndicats étaient percés, l’eau n’arrivait pas quand certains militants tentaient d’éteindre l’incendie. Il est clair que tout a été organisé pour que ce crime ait lieu, la venue d’une masse de supporters déjà célèbres pour leur adhésion au nazisme, mais au milieu de ces hooligans des bandes armées de Pravy sektor.
Nous continuons à discuter avec Monika, le 2 mai non plus ce n’est pas un hasard: Hitler brise les syndicats au lendemain du 1er mai 1933 .Le 2 mai 1933, Hitler remplace les syndicats par le « Front Allemand du Travail » qui regroupe employeurs et employés et fonctionne selon les règles établies par le « Führer ».Lorsque Hitler arrive au pouvoir en 1933 la classe ouvrière, soutenue par les syndicats, ne lui est pas acquise. Il décide d’anéantir les syndicats pour gagner tous les ouvriers à sa cause. Depuis 1890, les ouvriers qui veulent défilent le 1er mai doivent prendre un jour de congé. Hitler déclare le 1er mai férié et chômé. Il en fait un jour de fête « à la gloire du travail national ». Les syndicats sont rassurés et participent aux festivités organisées par le gouvernement.


Mais dès le lendemain, Conformément à l’ordre donné le 21 avril par Goebbels, ministre de la propagande, les SS (Section d’Assaut) et SA (Groupe de Protection) prennent d’assaut les bâtiments des syndicats dans toute l’Allemagne à 10 h ! Un grand nombre de syndicalistes est arrêté ou déporté dans des camps de concentration. Hitler remplace tous les syndicats par le « Front Allemand du travail», qui est en réalité une organisation d’endoctrinement.

Coïncidence? Peut-être mais pas sûr, il ne faut pas oublier que Bandera, que l’Ukraine du Maïdan a transformé en héros, terminera sa carrière de collaborateur recruté par les services d’espionnage allemand dans le cadre de la guerre froide. D’autres de ses lieutenants sont recrutés par les Etats-Unis. L’Allemagne, en particulier Munich, devient le lieu refuge d’une bonne partie des bandéristes qui partagent les valeurs des néo-nazis non repentis, leur célébrations et leurs fêtes… Est-ce que kolomojeski, l’oligarque juif qui se prend pour Hitler (l’ami de BHL)et que tout le monde sait être l’instigateur de cette provocation a poussé l’enthousiasme jusqu’à choisir cette date? Qui peut savoir dans cette affaire il y a une espèce de délire historique avec ses meurtres de masse… Et on s’interrogera toujours sur cette étrange célébration de l’attaque du syndicalisme par le nazisme dans Odessa, la ville juive par excellence…

C’est dire si le symbole de cette réunion dans la maison des syndicats à Marseille est fort… Les syndicalistes qui accueillent les victimes de ce crime horrible l’ont fait en étant tout à fait conscient qu’ils redonnaient à leur propre maison du syndicat sa fonction de refuge, de maison commune des opprimés… Ils parlent peu mais tout au long de la journée leur émotion a été palpable, leur engagement sans faille… Et quand tout le monde se quitte le soir, les deux jeunes gaillards qui nous raccompagnent ont la gorge serrée, ils contemplent les amis ukrainiens avec admiration et même reconnaissance: « ça fait du bien de voir des gens qui se situent à ce niveau de courage! »

Comment dire aussi l’assistance, une centaine de personnes, parmi eux une majorité de jeunes, comme à Lille, le Mouvement de la jeunesse communiste est co-organisateur. Et quand Elena leur parle de son fils de 26 ans, ingénieur en informatique tué par les fascistes dans cette maison en flamme ou du jeune kommsomol de 17 ans tué dans les mêmes circonstances, ils ont ce masque de la jeunesse quand elle rencontre un idéal. Un autre moment fort quand Eugène Tsarkhov et Natalia Touroukhina, les deux dirigeants communistes sortent de leur bagage, l’exacte réplique du drapeau jadis planté sur le Reichstag par l’armée rouge et Eugène le tend à Charles hoareau, le leader de la CGT, la salle frémit à l’unisson à l’idée que désormais un nouveau combat contre le fascisme les unit. Maxime, un jeune syndicaliste qui a été le maître d’œuvre de l’exposition s’en empare le poing levé et la salle se lève en chantant l’internationale..

Danielle Bleitrach et Monika Karbowska

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 08:30

Lu sur "canempechepasnicolas"

TEXTE REPRIS SUR
BANDERA ROSSA

 source:

www.slate.fr

 

Angela Merkel lors d'un forum à Athènes le 11 avril 2014. REUTERS/Alkis Konstantinidis

Angela Merkel lors d'un forum à Athènes le 11 avril 2014. REUTERS/Alkis Konstantinidis

À peine élu, le nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras a fait un geste fort lundi: son tout premier déplacement officiel a consisté à se rendre à Kesiariani, dans la banlieue d'Athènes, pour se recueillir devant la stèle qui rend hommage aux victimes des soldats de la Wehrmacht, qui ont assassiné en ces lieux des centaines de résistants grecs durant la Seconde guerre mondiale.

 

«Tsipras attire ainsi l'attention du monde entier sur un sujet qui joue un rôle bien plus important dans son pays natal qu'en Allemagne», commente l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. La question des réparations pour les crimes de guerre nazis est un sujet très sensible en Grèce, où de nombreuses exactions ont été commises par les troupes hitlériennes, y compris vis-à-vis des civils, comme dans les villages de Distomo et Kalavryta, dans le nord du pays. En plus de ces massacres, l'Allemagne nazie a forcé la banque nationale grecque à acquérir 476 millions de Reichsmarks d'obligations jusqu'à la fin de la Seconde guerre mondiale, rappelle Der Spiegel.

Pourtant, contrairement aux autres victimes des crimes de guerre nazis, les Grecs n'ont obtenu que peu de l'Allemagne comme nous l'expliquions en détail sur Slate en 2012. Sans que l'on sache vraiment pourquoi, une partie des 30.000 tonnes de biens manufacturés que l'Allemagne avait convenu de livrer à la Grèce en guise de réparation au début des années 1950 n'est jamais arrivé à destination, restant à quai dans le port de Hambourg.

C'est donc une conviction répandue depuis des décennies dans la société grecque que les Allemands ont une «dette» à l'égard de la Grèce. Une dette dont le montant, selon les différents modes de calcul utilisés, pourrait atteindre 162 milliards à 230 milliards d'euros, et ce sans les intérêts. Une dette qui, si elle était honorée, pourrait donc résoudre quasiment à elle seule l'abyssale question de la dette grecque.

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 22:38

dont « canempechepasnicolas » a, dès dimanche soir, donné les résultats chiffrés de l’élection.

 

Inscrits: 66825

Abstention: 40 389 soit 60,44% des exprimés

Votants: 26436 soit 39,56 % des exprimés

Blancs: 446 soit 1,69 % des votants

Nuls: 281 soit 1,06 % des votants

Exprimés: 25709 soit 97,25 % des votants

 

Les résultats officiels : 1er tour dimanche 1er février 2015 :

Sophie MONTEL (FN): 8382 voix, 32,60% (12,54 % des inscrits)

Frédéric BARBIER (PS): 7416 voix, 28,85 % (11,09% des inscrits)

Charles DEMOUGE (UMP): 6824 voix, 26,54 % (10,21 % des inscrits)

Vincent ADAMI (Front de Gauche-PCF-PG-NPA-MRC): 941 voix, 3,66 % (1,41 % des inscrits) 

Bernard LACHAMBRE (EELV): 799 voix, 3,11% (1,19 % des inscrits) 

Michel TREPPO (LO): 404 voix, 1,57%

Alde VINCI (PF): 315 voix, 1,23 %

Jean-Claude BONNOT (Fédéraliste): 152 voix, 0,59%

Yannick HERVÉ (UPR): 147 voix, 0,57 %

Ismaël BOUDJEKADA (Indépendant): 137 voix, 0,53 %

Antonio SANCHEZ (Communistes): 127 voix, 0,49 %

Marc O (Indépendant): 40 voix, 0,16 %

Nicolas ROUSSEAUX (Indépendant): 26 voix, 0,10 %

 

QUELS ENSEIGNEMENTS EN TIRER ?

 

par Jean LEVY

 

D’abord, l’abstention de masse, plus de 60% des inscrits.

Les électeurs ont boudé les urnes malgré le battage médiatique qui faisait de cette consultation une « élection test ».

 

Après les évènements sanglants du 7 janvier à « Charlie Hebdo » et au magasin casher de Saint-Mandé, des millions de manifestants gagné par l’émotion, dans les rues de nos ville, la tentative de récupération hors norme du pouvoir PS et des médias du capital, et l’appel de ces derniers à « l’Union sacrée », des sondages sur mesure faisaient du Président et de son Premier ministre les héros du moment, doublant leur popularité…

 

Les mauvais jours pour Hollande, Valls et le PS appartenaient au passé.

L’espoir renaissait dans le camp « socialiste ».

Et on allait en mesurer les conséquences lors de l’élection du Doubs…

 

Las, le verdict des jurassiens vient de doucher les diseurs de bonne aventure : plus de 60% des électeurs ont refusé le scénario proposé en boudant les urnes. L’Union sacrée s’est réalisée dans l’abstention. Quant aux résultats, ils réduisent à néant les illusions de reconquête du pouvoir.

 

Voyons les chiffres :

 

Le candidat socialiste perd 9000 voix et 12% des votants, passant de 40,81% en 2012 à 28,85% ce dimanche. Il se contente de figurer au second tour, alors que Moscovici était sorti vainqueur au final.

Et il doit cette « consolation » au fait que le pourcentage obtenu par le candidat UMP, perdant 2500 voix, soit seulement passé de 23,21 à 26,54 % des votants, pas assez pour devancer le « socialiste ».

 

Mais, faisons les comptes : l’UMPS, la pseudo gauche plus la vraie droite, totalise 55% des 37% des votants, soit à peine plus de 21% des électeurs de la circonscription. Un « Front républicain » souhaité par le PS bien étriqué…Quant à l’Union sacrée des Français, elle s’est manifestée en ne votant pas !

 

Quand au Front national, si sa candidate est arrivée en tête avec 32,60% des exprimés (+ 8,73% mais moins 1223 voix…), calculé sur les inscrits, son pourcentage recule de 14,25 à 12, 54 %.

Ce qui ne signifie donc pas une audience accrue depuis 2012.

 

Pas de quoi hurler « Au loup ! ».

Quant aux autres candidats, entre autres celui du Front de gauche (à peine plus que 3%), leurs scores restent minables dans cette circonscription où les ouvriers sont deux fois plus nombreux que la moyenne nationale.

 

 

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 10:28
LA NATIONALISATION DE RENAULT et la collaboration de la classe capitaliste.

 

par Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7

1 Février 2015 , Rédigé par Réveil Communiste

Hitler et Louis Renault, salon de l'auto 1939

Hitler et Louis Renault, salon de l'auto 1939

Envoyé par Alain Rondeau :

http://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/la-nationalisation-de-renault-et-la-colaboration-de-la-classe-capitaliste/

Porte-parole ces temps-ci, avec fort soutien médiatique, de l’historiographie dominante, bien-pensante, les historiens Thomas Fontaine et Denis Peschanski, « commissaires de l’exposition » Collaboration 1940-1945 en cours aux Archives nationales (institution qui apporte son soutien et sa caution à l’entreprise) et auteurs du livre qui en est tiré (même titre, chez Tallandier),

  • situent le début de la Collaboration et son « point d’orgue » entre les 22 juin (armistice) et 24 octobre (Montoire) 1940 (p. 12);
  • accusent le parti communiste de Collaboration avant le 22 juin 1941, réservant deux pages, hautement fantaisistes, de l’ouvrage à la « demande de reparution de L’Humanité » (p. 18-19), développement non scientifique d’autant plus notable que M. Peschanski est un éminent militant socialiste et élu local;
  • excluent de leur champ d’étude les principaux responsables de la Collaboration, particulièrement les représentants les plus éminents du capital financier. L’ouvrage consacre 4 pages (p. 70-73) à « l’empire Joinovici », prétendant que le petit « chiffonnier-ferrailleur » Joinovici « a amassé la plus grosse fortune de toute l’Occupation » (Exposition citée). Il ne cite qu’une fois en passant, et à titre annexe le nom de Louis Renault « À la Libération, Gnome et Rhône sera avec Renault l’une des rares entreprises nationalisées pour ses “faits de collaboration” » (p. 143).

Je reviendrai ultérieurement sur l’ensemble de l’opération, significative des pratiques de « l’histoire contemporaine sous influence », entre dissimulation du contenu des sources historiques ouvertes depuis vingt ans et censure féroce contre l’historiographie indépendante et critique, rayée de la bibliographie.

La parution le 8 janvier d’un article de l’Humanité Dimanche HD offre l’occasion d’aborder la question de la vraie « collaboration économique », que Collaboration 1940-1945 restreint aux petites crapules vite enrichies. L’article ci-après et sous sa forme de presse, évoque, de l’avant-guerre à l’Occupation, le rôle de la plus grande entreprise française dans la Collaboration, politique et économique, avec le partenaire impérialiste allemand.

Annie Lacroix-Riz

On célèbre le 70e anniversaire de la nationalisation de Renault peu après une vaste campagne menée, de 2011 à 2013 inclus, par les grands médias écrits et audiovisuels, répercutant les arguments des héritiers de Louis Renault à l’appui d’une action en « voie de fait » contre l’État français spoliateur (avortée le 5 février 2014 devant la Cour de Cassation). Leur grand-père patriote et démocrate, contraint à livrer le Reich vainqueur, aurait tout fait, de l’été 1940 à la Libération, pour limiter sa production au minimum possible, et servi en priorité le « marché civil ». Injustement arrêté et interné le 23 septembre 1944, il aurait, en prison, succombé le 24 octobre 1944 aux coups de brutes FTP déguisées en « gardiens ». L’alliance contre-nature entre de Gaulle et le PCF champion des proscriptions l’aurait, post mortem, spolié par l’ordonnance du 16 janvier 1945 confisquant la Société anonyme des Usines Renault (SAUR) et créant la Régie nationale des usines Renault (RNUR).

 

Collaboration : Renault

Pourquoi, alors que la France ne connut qu’une « épuration sélective qui égratign[a] à peine le monde des entreprises et des affaires », se bornant aux « cadres et même [aux] petits chefs », la SAUR fut-elle confisquée ? « Renault reste alors une exception, un cas à part parce que déjà un symbole. Il est bien plus que la figure emblématique du patronat français : il est à l’industrie ce que Pétain est à l’armée. Il incarne tout autant les répressions ouvrières de l’après-1936, que la soumission aux intérêts allemands », tranchait en 1998 l’historien de l’automobile Jean-Louis Loubet.

UN SYMBOLE DU SABOTAGE DE L’ARMEMENT FRANÇAIS ET DE LA GUERRE SOCIALE

Louis Renault et son entourage incarnèrent, plus que jamais depuis la crise des années 1930, l’acharnement du capital financier français, enthousiasmé par le modèle allemand d’efficacité économique et de guerre contre les salaires, à saboter toute capacité de résister à la guerre que le Reich prévoyait de faire. Celui que la Première Guerre mondiale avait énormément enrichi revendiqua publiquement la tendance générale fustigée en 1943 dans Les fossoyeurs par le grand journaliste conservateur Pertinax : « les “marchands de canons” [autrefois] dénoncés dans les carrefours comme avides de provoquer la guerre pour mieux placer leurs marchandises [… ont] plutôt cherché à ne plus fondre de canons ». En novembre 1939, pendant la « drôle de guerre », où les militants communistes croupissaient dans les prisons de Daladier pour présumée « trahison », Louis Renault clamait à travers ses ateliers de Boulogne-Billancourt : « “La Défense Nationale, je m’en fous ; ce que je veux, ce sont “des Primaquatre, des Juvaquatre, des voitures qui paient”, etc. »

« Pacifiste » envers le Reich hitlérien, il tournait toute son ardeur belliqueuse contre ses ouvriers. La SAUR, de longue date célèbre pour la dureté de l’exploitation d’un patron surnommé « le Saigneur de Billancourt », accidents du travail inclus, l’était aussi pour sa répression. Renault, bailleur de fonds des ligues fascistes, puis de la Cagoule qui les regroupa en 1935-1936, symbolisait l’adhésion du grand capital au plan fasciste de remplacement de la République par Laval-Pétain (choix définitif de 1934). Il fit de son neveu par alliance et directeur général, François Lehideux, l’organisateur de la guerre sociale, syndicats jaunes à l’appui, qui n’eut de cesse, après la grève du printemps 1936 – d’ampleur spectaculaire chez Renault – de casser toute résistance ouvrière.

Le 24 novembre 1938, une grève contre les décrets Reynaud abolissant l’acquis des accords Matignon (juin 1936), arrêtée au bout de deux heures par l’entrée illégale (reconnue comme telle) de la police dans les ateliers, généra une agression de type militaire. La répression nocturne, à la lance à incendie, eut pour spectateurs ses organisateurs : Lehideux et le préfet de police Roger Langeron (qui lancerait « le fichier juif » de l’été 1940 à janvier 1941), sortis pour l’occasion de leurs mondanités respectives. Il fallut les luttes de la résistance pour effacer le bilan du lock-out général consécutif, conséquence de l’échec du mouvement ouvrier de 1936 dont les 38 000 salariés de la SAUR avaient été l’aile marchante. Le grand avocat Moro-Giafferi dénonça, en mars 1939 (L’Humanité, du 7 au 23), la « guerre sociale » et politique déployée par « la direction [cagoularde] de Renault », appuyée sur un réseau de délateurs tarifés, et par la police locale et nationale, contre Jean-Pierre Timbaud, secrétaire du syndicat des métaux, et les militants cégétistes « unitaires » traités en « rebelles ».

UN SYMBOLE DE LA COLLABORATION

Jean-Louis Loubet, défenseur de la famille Peugeot présumée « résistante », jugeait en 1998 que Renault et Lehideux avaient plus que tous autres incarné « la collaboration économique ». L’oncle fit nommer le neveu chef du Comité d’organisation de l’automobile, premier fondé, le 30 septembre 1940, d’une institution calquée sur les Fachgruppen (groupes par branche) pour servir l’économie de guerre du Reich : il occupa cette fonction jusqu’à son arrestation, quatre ans plus tard, la partageant de juillet 1941 à avril 1942 avec le ministère de la production industrielle. Il ne s’agissait pas seulement de « réparation des chars ennemis », comme Renault l’avait dès le 1er août 1940, proposé aux Allemands : il en fabriqua, en masse, avec une ardeur relevée au printemps 1941 par le renseignement gaulliste, dans la perspective de l’opération Barbarossa, puis plus encore après l’assaut allemand contre l’URSS (22 juin 1941). L’hebdomadaire américain Life révéla, le 24 août 1942, le déjeuner organisé le 2 mars 1942, un jour avant « le bombardement des usines Renault de Boulogne-Billancourt [, …par] M. Louis Renault, célèbre collaborationniste parisien, […pour] célébrer la livraison par son usine du millième tank de celle-ci à l’armée allemande. Participaient à ces festivités des officiers allemands, des barons de l’économie français et nazis ainsi que divers dirigeants des Usines Renault ». Renault, présumé « aphasique » négociait sans répit avec les Allemands. Il avait « dès l’armistice » rouvert Le Mans, dont la production de tanks et camions enfla au fil des ans. Il fabriqua seul le camion 3,5 t., roi du « front de l’Est », les Américains Ford et General Motors (Opel) dominant le camion 3 t.

100% de sa production allait au Reich, c’est à dire au « front de l’Est ». Ce fut certes le cas de toute l’industrie automobile, mais trois éléments désignèrent prioritairement « le plus riche […] producteur de véhicules pendant la guerre » (Loubet) aux bombardements anglo-américains puis à « l’épuration ».

1° Le COA de Lehideux dressa la SAUR en chef de file, sollicitant en novembre 1941 des Allemands « pour Renault, entreprise particulièrement importante à activités multiples », un bénéfice exceptionnel de « 12% du prix de revient » alors que ses concurrents n’auraient droit qu’à 6% pour les « petites entreprises », 8% pour les moyennes, et 10% pour les autres grandes, Peugeot, Citroën-Michelin et Berliet.

2° La SAUR fut le seul grand groupe automobile à accroître ses effectifs ouvriers de 1940 à 1942 et à retrouver leur niveau de décembre 1940 en 1943, au plus fort des « actions Sauckel » de traque des ouvriers pour le STO : à cette date, ceux des trois autres « grandes entreprises » étaient en forte baisse.

3° Louis Renault avait délocalisé hors de Billancourt pour « éviter des risques possibles de bombardement par suite d’une augmentation de fabrication ». Championne des usines souterraines (nées en Allemagne) pour échapper aux « risques », « Renault » voulait encore en juillet 1944 « marcher seule et [était] plus avancée que les autres constructeurs ». En janvier 1947, le lieutenant d’Oberg et second des chefs bourreaux de la France, Knochen, chef du Sipo-SD (Gestapo) de juin 1940 à août 1944, rappela : « la construction […] s’est poursuivie sans discontinuer et surtout sans tenir compte de la situation militaire qui évoluait défavorablement. C’est ainsi que malgré le repli de la Wehrmacht aussi bien en Russie, en Italie qu’en Afrique, et même après le débarquement allié en France, les travaux se sont poursuivis comme si de rien n’était. Au moment où il a fallu quitter le sol français, ces usines étaient prêtes à fonctionner ».

La « guerre sociale » et la répression s’intensifièrent parallèlement : la collaboration policière avec « la direction de Renault » et le mouchardage intérieur, assuré par le PPF de Doriot, s’aggrava de l’aide apportée par l’occupant. Du vidage des fonds ont surnagé à la Préfecture de police des fiches sur les arrestations par dizaines de militants communistes et cégétistes en 1941 et 1942, déportés ou livrés à l’occupant. Renault et Lehideux figurèrent logiquement, aux côtés de quelques grands pairs, sur la première « liste des personnes à arrêter pour enquête ou sanction » dressée fin août 1944 par la nouvelle Préfecture de police.

DE LA RÉSISTANCE OUVRIÈRE À L’OBLIGATION DE FAIRE UN EXEMPLE

Il n’y eut pas d’alliance contre-nature entre de Gaulle et le PCF, seulement un rapport de forces créé par la Résistance intérieure, dans laquelle les communistes avaient joué le rôle le plus précoce et le plus massif. Cette action les fit, dès le tournant de 1940, y compris à la SAUR, considérablement progresser au sein de la classe ouvrière (et au-delà). Cet essor conféra au programme du Conseil national de la résistance du 15 mars 1944 le caractère progressiste que le MEDEF, héritier de la Confédération générale du patronat français, juge désormais possible d’abattre définitivement : son vice-président Denis Kessler a enjoint, dans Challenges, le 4 octobre 2007, le gouvernement d’alors de « réformer » la France en liquidant « tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception [et…] défai[sant] méthodiquement le[dit] programme », affaire en cours. Le point 2 des « mesures à appliquer dès la Libération du territoire » prescrivait le « châtiment des traîtres et […] l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui aur[aie]nt pactisé avec l’ennemi ou qui se ser[aie]nt associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ». De Gaulle et son État à l’appareil inchangé étaient partisans du statu quo socio-économico-politique et de sanctions patronales dont les préparatifs de « l’épuration » avaient annoncé la réduction à néant, depuis l’été 1943 à Alger, siège du Comité français de Libération nationale puis du Gouvernement provisoire de la République française jusqu’à la Libération de Paris.

Deux facteurs rendirent cependant inévitables les sanctions contre la SAUR : le poids des ouvriers organisés, comme chez Berliet et dans le secteur énergétique, mines de charbon comprises, où le statu quo aurait compromis la poursuite de la production ; l’incarnation par « la direction de Renault » d’une collaboration menée jusqu’au bout (bien que M. Loubet ait changé d’avis, déclarant à El País à la mi-décembre 2011 : « Toutes les entreprises ont travaillé pour l’occupant, elles n’avaient pas le choix, et surtout dans le secteur stratégique de l’automobile où se fabriquent les véhicules de guerre »).

Quand la division gagna, en 1946-1947, la lutte antisyndicale reprit à la RNUR comme ailleurs sa vigueur habituelle, mais la puissance ouvrière conservée en limita la nuisance : la nationalisation dura, alors que les forces patronales reprirent l’avantage définitif chez Berliet en 1949, et la RNUR se posa en symbole des conquêtes ouvrières d’avant crise systémique.

Pour en savoir plus

Fonds français et allemands d’Occupation, Archives nationales ; fonds RG sur Renault, GA ou BA, archives de la Préfecture de police.

Jean-Paul Depretto et Sylvie Schweitzer, Le communisme à l’usine. Vie ouvrière et mouvement ouvrier chez Renault 1920-1939, Edires, 1984.

Annie Lacroix-Riz, Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin, 2010 ; De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2008 ; Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013 ; http://www.historiographie.info/ren….

Jean-Louis Loubet, Renault, Cent ans d’histoire, Paris, ETAI, 1998

Antoine Prost, Claire Andrieu, Lucette Le Van-Lemesle, dir., Les nationalisations de la Libération, Paris, PFNSP, 1987.

publié également sur le site : www.pouruneconstituante.fr

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 10:03
Tous en grève le 3 février !
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Manifestations :

- Évreux : 10h 30 Salle omnisports (près du Bel Ebat).

- Rouen : 10h 30 Inspection académique.

- Le Havre : 10h Franklin, 14h Assemblée générale.

Vus sur le site du SNES le dernier édito et l'appel à la grève pour le 3 Février

Mobilisons-nous le 3 février Pour que vive l’école !

Les événements tragiques de la semaine dernière ont suscité un sursaut citoyen particulièrement exceptionnel, rassemblé dans la rue plusieurs millions de personnes, notamment dans un cortège du monde du travail.
Les témoignages de solidarité avec l’équipe de Charlie Hebdo, avec les familles des dix-sept victimes, les expressions de l’émotion ont afflué ; le mouvement syndical était présent dans la rue pour rappeler son attachement à la liberté d’expression, aux principes de liberté, égalité, fraternité qui fondent notre République mais aussi son aspiration à la justice sociale. L’éducation a été particulièrement interpellée sur son rôle et, dans le débat qui ressurgit, la Nation en s’interrogeant sur les mesures à prendre pour éviter tout nouveau drame, lui assigne des responsabilités particulières. La ministre de l’Éducation a réuni durant la semaine les différents partenaires de l’École, fédérations de l’Éducation, associations de parents, organisations de jeunesse... afin de discuter de l’accompagnement des personnels, des outils qui pourraient être mis à la disposition des enseignants, en particulier par le biais d’une formation continue aujourd’hui en déshérence. Si le SNES et la FSU ont appuyé la nécessité d’injecter des moyens dans la formation, de soutenir les enseignants, ils ont aussi rappelé que l’École n’avait pas faibli, que le travail avec les élèves pour développer l’esprit critique, l’esprit de tolérance, expliciter le sens de la laïcité, amener au vivre ensemble était le lot quotidien des enseignants. Il ne s’agirait donc pas aujourd’hui de leur asséner des prescriptions alors même que le travail éducatif requiert temps et moyens pour amener à des débats construits et argumentés. Il ne s’agit pas non plus d’occulter les questions de fond qui minent notre société et n’épargnent pas l’École. Questions de choix politiques et économiques qui ont dépouillé les services publics, et conduit à l’abandon de territoires entiers, au chômage massif des jeunes, à des discriminations et discours xénophobes.

Les solutions ne sont certes pas à chercher dans l’augmentation des mesures sécuritaires ; elles ne peuvent se contenter non plus de la seule affirmation de principes si ceux-ci ne font pas sens pour une partie de nos jeunes quand ce qu’ils vivent, c’est l’inégalité et les discriminations, l’échec scolaire voire le décrochage. À l’injonction faite à l’École de transmettre ce qu’est la laïcité, la fraternité, la liberté, quelle est la traduction en termes de moyens ? La politique de relance de l’éducation prioritaire est restée à mi-chemin, les classes s’annoncent très chargées à la rentrée 2015, la charge de travail des enseignants croît sans qu’aucune reconnaissance salariale ne suive, la formation est indigente, le temps passé avec les élèves se réduit souvent.
Il faut un véritable engagement de la nation pour l’École et ses personnels, message que nous porterons lors de la journée de grève du 3 février.

(Vous trouverez dans la rubrique "Des outils pour l’action", l’affiche et le tract pour l’appel à la grève joints au Courrier des S1 : http://www.snes.edu/Greve-du-3-fevrier.html)

 

3 Février : Grève nationale le 3 Février à l'appel du SNES-FSU et rassemblements en Seine-Maritime
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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 09:55

Lu sur le site de l'IHSCGT 76   ( mis en ligne le 26/01/2015)

Il y a 70 ans, la libération d’AUSCHWITZ.

Il y a 70 ans, le 27 janvier 1945, AUSCHWITZ était libéré par les forces soviétiques.
A cette occasion, elles découvrirent le carnage que les nazis avaient perpétré.
Notre département et la CGT avaient payé un lourd tribu à ce massacre. Plus de 200 militants CGT furent arrêtés, fusillés ou déportés.
A AUSCHWITZ des dizaines de nos camarades y laissèrent la vie. Louis EUDIER, Secrétaire du syndicat des métaux CGT du Havre, qui fut lui même déporté à AUSCHWITZ dans le convoi des 45000 , arrêté le 9 juillet 1941, avec Gaston MALLARD, et louis RICHARD de l’ usine des Tréfileries au Havre, notamment, raconte dans son livre << Notre combat de classe et de patriote >>*, ce que fut la vie des déportés. Comment les 75 militants CGT de Seine-Maritime, dans le convoi des 45000 souffrirons dans leur chair et que si peu d’entre eux s’en sortiront.
En novembre 1944, dans une Allemagne encerclée par les forces alliés, Louis EUDIER avec ses camarades GAILLARD de Petit-Quevilly, NOM, DEVAUX, BARDEL de Maromme, Gaston AUBERT, Henri GEORGES de Paris, furent replié sur Gross-Rosen puis sur Dachau. Il raconte comment il put s’en sortir, grâce à la solidarité qui s’était développée.
Louis EUDIER et ses camarades durent attendre et souffrir encore puisqu’ils furent libérés le 30 avril 1945.
Le lecteur pourra relire avec intérêt le « Fil rouge  » n° 52 consacré au 70 ème anniversaire de la Libération en Seine-Maritime, et plus particulièrement l’ article de Claude MALON, consacré au monde du travail au Havre de 1939 à 1945, ou celui de Jacque TANGUY consacré à la visite des lieux de mémoire à Rouen, organisé en Avril 2013 par notre IHS et l’ Union Syndicale des Retraités 76.
* Notre combat de classe et de patriotes (1934-1945) Louis EUDIER

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 09:50
L'Allemagne entre deux maux
Par - le 29 janvier 2015

Angela Merkel - CC PPEOn commence seulement aujourd’hui à bien mesurer ce que la victoire de SYRIZA peut signifier pour la zone Euro. En réalité, cette victoire met l’Allemagne au pied du mur et fait éclater son double langage quant à la zone Euro. Privée de marges de manœuvres néanmoins, l’Allemagne peut réagir violemment et provoquer, indirectement, la dissolution de la zone, même si elle en est la principale bénéficiaire aujourd’hui. Pour comprendre cela, il faut rappeler ici quelques points.

La victoire de Syriza

La victoire, véritablement historique, de SYRIZA en Grèce a propulsé son chef, le charismatique Alexis Tsipras sous le feu des projecteurs. Il convient de rappeler que ce parti est en réalité une alliance regroupant des anciens gauchistes, des anciens communistes, des écologistes, et des anciens socialistes. Ce qui a fait le ciment de cette improbable alliance, et qui explique son succès, avec plus de 36% des suffrages exprimés, est en réalité bien plus profond, mais aussi plus complexe, que la “question sociale”. Non que cette dernière ne soit importante, voire tragique. On comprend le refus d’une austérité meurtrière qui ravage la population grecque depuis 2010. Mais il y a aussi la question de la souveraineté nationale. Le refus de la soumission aux injonctions de Bruxelles et de la commission européenne, qui s’est exprimé dès le lendemain de l’élection, est une dimension très importante de la victoire de SYRIZA. La question sociale, sur laquelle se focalisent les commentateurs français, pour importante qu’elle soit, n’explique pas tout. En réalité, SYRIZA s’est engagé dans un combat pour le souveraineté du peuple grec contre les bureaucrates de Bruxelles et de Francfort, siège de la Banque Centrale Européenne. La victoire de SYRIZA annonce peut-être celle de PODEMOS en Espagne au début de cet automne. Et, tout comme dans SYRIZA, la composante souverainiste est loin d’être négligeable dans PODEMOS, ou encore dans le parti irlandais qui briguera lui-aussi la victoire au début de 2016, le SIN FEINN.

Au-delà du symbole, il y a des actes. Et les premiers actes de Tsipras ont été des signaux très forts envoyés aux autorités de Bruxelles. Tout d’abord, il a constitué son gouvernement en passant une alliance avec le parti des « Grecs Indépendants » ou AN.EL. Beaucoup considèrent que c’est une alliance hors nature de l’extrême-gauche avec la droite. Mais ce jugement reflète justement leur incompréhension du combat de SYRIZA et sa réduction à la seule question sociale. Ce qui justifie l’alliance entre SYRIZA et les « Grecs Indépendants », c’est justement le combat pour la souveraineté de la Grèce. Tsipras, dès son premier discours, a parlé de l’indépendance retrouvée de son pays face à une Union Européenne décrite ouvertement comme un oppresseur. Le deuxième acte fort du nouveau gouvernement, qui n’a eu aucun écho dans la presse française mais qui est fondamental, a été de se désolidariser justement de la déclaration de l’UE sur l’Ukraine. Une nouvelle fois, comme on pouvait s’y attendre, l’UE condamnait la Russie. Tsipras a dit, haut et fort, que la Grèce n’approuvait pas cette déclaration, ni sur le fond ni dans sa forme. Or, ce point va devenir de plus en plus important. La politique de l’Union Européenne concernant les affaires internationales est une politique intergouvernementale. Cela implique que les décisions soient prises à l’unanimité1. Le nouveau gouvernement grec reproche donc à l’UE cette décision car elle a été prise sans respecter les procédures internes à l’UE2. Il est désormais clair que l’UE ne pourra plus se comporter comme avant en ce qui concerne tant la Russie que l’Ukraine. Le troisième acte a été la décision du gouvernement, annoncée par le nouveau ministre des Finances M. Varoufakis, de suspendre immédiatement la privatisation du port du Pirée. Cette décision signifie la fin de la mise à l’encan de la Grèce au profit de l’étranger. Ici encore, on retrouve la nécessité d’affirmer la souveraineté de la Grèce. Mais, cette décision est aussi un coup très dur porté aux diverses compagnies qui s’étaient attablées devant ce marché.

Le dilemme allemand

Il faut alors chercher à comprendre la position de l’Allemagne. La déclaration du Ministre de l’Économie, M. Sygmar Gabriel est à cet égard éclairante. Il a ainsi déclaré qu’"il faut que soit respecté un principe de justice à l'égard de notre population"3. Il a souligné que ce fameux « principe de justice » devait s’appliquer à l'égard "des gens en Allemagne et en Europe (...) qui se sont montrés solidaires" [des Grecs]. En réalité, ces aides sont allées majoritairement aux banques européennes qui avaient acheté une grande part de la dette grecque. Il n’y a pas eu de « solidarité » avec le peuple grec, mais un principe bien compris de socialisation des pertes. Néanmoins, il faut s’interroger sur le pourquoi de cette déclaration.

L’Allemagne ne veut pas que la zone Euro se transforme en une “union de transferts”. C’est une constante depuis le début des négociations sur la zone Euro. On peut le comprendre, d’ailleurs, car si les principes d’un réel “fédéralisme” étaient appliqués (comme ils le sont à l’intérieur d’un État comme la France) l’Allemagne, “région” riche de la zone Euro, devrait contribuer à hauteur de 8-9% de son PIB par an sur une période d’au moins dix ans. On peut considérer que ceci aboutirait à casser les reins à l’économie allemande. Mais l’Allemagne veut – par contre – les avantages de la monnaie unique, et d’un taux de change inchangé avec ses pays “clients”. C’est ici que le bat blesse. En effet, soit l’Allemagne accepte une nouvelle – et très importante – restructuration de la dette grecque (ou un moratoire) et elle sera immédiatement saisie de demandes analogues par des pays comme le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et l’Italie. Soit l’Allemagne adopte une position “dure”, en l’enrobant de pleurnicheries obscènes comme celles de Sygmar Gabriel (et en oubliant toutes les restructurations de la dette allemande qui ont eu lieu au XXème siècle) et provoque un affrontement avec la Grèce. Mais alors, le risque est important de voir la Grèce quitter l’Euro, et un processus de contagion se mettre en place.

De fait, et quoi que fasse l’Allemagne, elle sera confrontée à ce processus de contagion, soit à l’intérieur de l’Euro (et avec une pression de plus en forte pour voir augmenter sa contribution) ou à l’extérieur, avec une dislocation probable de la zone Euro. L’Allemagne a encore le choix, mais c’est un choix entre deux maux. Et l’on peut penser que, dans ce cas, elle choisira ce qui pour elle, ou plus précisément pour ses dirigeants, apparaîtra comme le moindre : la rupture de la zone Euro. Mais l’Allemagne ne peut pas, pour des raisons historiques, porter la responsabilité d’une destruction de cette zone. Elle devra, à tout prix, la faire porter aux Grecs, quitte à déployer des trésors de mauvaise foi.

Quoi qu’il en soit, l’avenir s’annonce sombre pour l’Allemagne qui se rend compte aujourd’hui qu’elle est dans un piège, ce piège même où elle avait cru enfermer les autres pays. Quelle que soit l’issue qu’elle choisira, l’Europe, qui est aujourd’hui une forme de propriété allemande, sortira affaiblie. Mais cet affaiblissement tire en réalité son origine du fait que l’Allemagne a sciemment pratiqué une politique de “cavalier solitaire” tout en prétendant adhérer à des mécanismes fédéraux. Le double langage se paye toujours, et dans ce cas il se payera à un prix particulièrement élevé.

Une anticipation par le BCE ?

Il faut alors revenir sur la conférence de Mario Draghi du jeudi 22 janvier. On a déjà signalé l’importance de la limitation à 20% de la garantie de la BCE sur les nouveaux achats de titres. Mais on peut se demander si, en réalité, Mario Draghi n’a pas anticipé la situation à venir, et une probable décomposition de la zone Euro. On peut lire sa politique, et ses déclarations comme le choix suivant : pas de mutualisation des dettes s’il n’y a pas de mutualisation économique (et en particulier budgétaire). Cette position est très sensée. La mutualisation des dettes n’aurait effectivement de sens que si l’on aboutissait rapidement à un système de mutualisation économique, et budgétaire. Or, Mario Draghi n’est pas sans savoir que l’Allemagne est fortement opposée à une telle mutualisation. Aussi est-il en train d’organiser le fractionnement monétaire du marché des dettes, et donc la renationalisation de ces dernières. Ceci pourrait bien être la dernière étape avant la dissolution de la zone Euro.

Mais, pour qu’il y ait une dissolution “organisée”, il faudrait que l’Allemagne reconnaisse le dilemme dans lequel sa propre politique l’a plongée. Il est très peu probable que les dirigeants allemands, qui ont tous – que ce soit la CDU-CSU ou la SPD – été connivents à cette politique, l’acceptent. Disons le tout de suite, c’est très peu probable. Le cheminement auquel nous devons nous attendre est donc celui d’une montée de l’affrontement avec la Grèce conduisant cette dernière à faire défaut sur sa dette et à se faire “expulser” de la zone Euro, non pas dans les formes (car rien ne permet de le faire) mais dans les faits. La BCE coupera l’alimentation de la Banque Centrale grecque et décidera que les “euros” émis en Grèce ne peuvent plus circuler dans le reste de la zone Euro. Notons que des mécanismes de ce type ont été en leur temps employés, pour une durée certes très courte, sur Chypre.

Il est aussi clair que le gouvernement grec se prépare à ce type de scénario. Il va réaliser un budget en équilibre strict, moyennant bien entendu l’affectation des dépenses prévues sur les intérêt de la dette à d’autres dépenses. Mais, si cette politique fait sens pour la Grèce, elle ne le fait nullement pour la zone Euro, qui devra alors affronter une crise de défiance massive, et une contagion rapide sur d’autres pays. Ce sera le scénario de “dislocation” de la zone Euro.

Il serait important que notre personnel politique commence à s’y préparer. Mais l’on peut craindre que, vivant dans une bulle et pratiquant une forme particulière d'autisme politique, il ne voit rien venir et soit confronté à la réalité de manière très brutale.


  1. Gaspers Jan, « The Quest for European Foreign Policy Consistency and the Treaty of Lisbon », in Humanitas, Journal of European Studies, Vol. 2, No. 1, 2008. []
  2. Voir le blog du Ministre des Finances M. Yanis Varoufakis : http://yanisvaroufakis.eu/2015/01/29/a-question-of-respect-or-lack-thereof/ []
  3. http://www.boursorama.com/actualites/berlin-la-grece-doit-etre-juste-envers-ceux-qui-l-ont-aidee-0ff393fe5dc32ad1f58ad5d344e137e6 []

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 07:21

Vu sur El Diablo

 

Une large MAJORITÉ de Français favorable  à une nationalisation des AUTOROUTES

Les tarifs des autoroutes ont augmenté de 21,7 % entre 2007 et 2013 pour une inflation mesurée à 1,66 % sur la même période.

Un résultat presque sans appel contre les sociétés gestionnaires d'autoroutes françaises. Accusées de réaliser des marges excessives, ces entreprises sont désormais dans le collimateur du gouvernement, et des Français, selon le dernier sondage TILDER/LCI/OpinionWay publié jeudi 29 janvier 2015.

 

D'après cette étude, 78% des Français seraient donc favorables à la nationalisation des autoroutes.

 

Vers une nationalisation des sociétés d'autoroutes ?

Ce résultat est d’abord un sérieux caillou dans la chaussure des sociétés d’autoroute. Il prouve que la communication des concessionnaires ces dernières années n’a pas réussi à démontrer l’intérêt des privatisations de 2006 et, au-delà, la valeur ajoutée "bénéfice client" de la gestion par le privé de nos voies rapides. La conséquence est que ces sociétés n’ont plus aujourd’hui que le juridique comme axe de défense possible, mettant en avant leurs contrats et les engagements de l’Etat.

 

C’est un axe on ne peut plus légitime que celui du respect contractuel auquel vient s’ajouter la facture de ce qui serait une résiliation anticipée, soit près de 40 milliards d’euros. Un chiffre qui pourrait aussi faire réfléchir les contribuables français. Néanmoins, la difficulté pour les concessionnaires est maintenant de gérer une communication très défensive dont la dimension contentieuse ne sera pas très porteuse dans l’opinion. Par ailleurs, le sujet n’est pas aisé non plus pour le gouvernement.

 

Derrière le discours de défense du pouvoir d’achat et une certaine dénonciation des profits des sociétés d’autoroute, il y a tout de même celui du respect des engagements, même s’ils ont été pris par un gouvernement d’une autre couleur politique. De ce point de vue là, c’est le même sujet que sur l’Ecotaxe. On se souvient que Ségolène Royal avait dû rectifier le tir après avoir voulu résilier purement et simplement le contrat avec Ecomouv, que la France s’est finalement engagée à payer. Pour le gouvernement aussi, la communication contentieuse risque de ne pas être facile.

 

source : économie matin

 

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