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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 18:20

LES BUTS DE GUERRE

 

 

Relisant « Eloge de la politique », dernier texte que Roger Vailland ait écrit en novembre 1964, quelques mois avant sa mort, j’ai été frappé par son actualité : «(… ) Il [le peuple français] est informé , bien sûr, mais être informé de la politique, c’est à dire de l’histoire en train de se faire, la regarder à la télévision, même si c’était une télévision objective, c’est utile pour se conduire en politique, mais ce n’est pas par là même se conduire en politique. Avoir des opinions ne suffit pas non plus ; l’opinion, par définition, ce n’est pas une certitude et encore moins une action raisonnée ; quant à l’opinion publique, les tyrans d’Athènes savaient déjà la fabriquer. Se conduire en politique, c’est agir au lieu d’être agi, c’est faire l’histoire, faire la politique au lieu d’être fait, d’être refait par elle (…). C’est mener un combat (…) faire une guerre, sa propre guerre avec des buts de guerre, des perspectives proches et lointaines... »

 

Un peu plus loin Roger Vailland se souvient de 1932 - il était alors jeune journaliste - et évoque certaines conférences de rédaction : « (…) on nous disait : Hitler, Mussolini, la crise américaines, les affaires soviétiques, notre public en a par-dessus la tête ; (…) ce qu'il veut savoir de New York : qu’est ce que les Américains font de leurs frigidaires ? De Berlin : l’amour y est-il plus libre qu’à Paris ? De chez nous : Comment supprimer au plus vite les passages à niveaux qui font tant de victimes sur la N6 ?

 

J’ai alors pensé à ces quelques lignes du camarade Pascal Acot qui écrivait dans son article mis en ligne le 27 février : «(…) il faut qu'ils [les journalistes] vendent à leur public ce que celui-ci veut bien leur acheter, c'est-à-dire les nouvelles et analyses qui lui plaisent. La presse qui ne plaît plus est morte. La question de la vérité en politique est donc complètement secondaire pour les médias : d'abord vendre, on verra plus tard pour l'honnêteté. Et c'est précisément pourquoi on nous amuse avec l'hystérie du vibrion colérique (…) »

 

Et Roger Vailland d’insister en 1936 sur « les demoiselles de magasins » qui n’avaient jusqu’alors appris que le respect dû aux patrons, qui pourtant se joignirent à l’immense mouvement faisant elles aussi la grève sur le tas. Et comme il l’écrit : « Les demoiselles de magasins ont découvert leurs buts de guerre  (…)» Et de terminer son paragraphe sur cette période ainsi : « (…) les premiers succès  du Front Populaire montrant que la bataille pouvait être gagnée et tout ce brassage d’idées et d’actions qui fit toucher du doigt que ce n’était pas seulement une bataille défensive mais que la vie de chacun pouvait être changée, qu’il s’agissait de mon, ton, son, notre bonheur. Pendant quelques semaines un très grand nombre de Français furent des politiques et crurent au bonheur. »

 

Roger Vailland achève son texte par : « Et nous voici de nouveau dans le désert. Mais je ne veux pas croire qu’il ne se passera plus jamais rien. Que les citoyens n’exerceront plus leur pouvoir qu’en mettant un bulletin dans l’urne (…) que le seul problème sur lequel le citoyen aura à se prononcer (…) sera l’itinéraire d’une autoroute (…) je veux que nous redevenions tous des politiques. (…). La possibilité de gagner ? Elle dépendra de nous (…). Mais ce que nous pourrions essayer de définir tout de suite ce sont les buts de guerre : dans quel monde avons-nous envie de vivre ? Comment ? Quel visage entendons-nous donner à notre bonheur ? Quelle société voulons-nous faire (c’est à dire quelle politique) pour ne pas mourir sans qu’il se soir jamais rien passé ? (…) En attendant que revienne le temps de l’action, des actions politiques, une bonne, une belle, grande utopie (…) ce ne serait déjà pas si mal ».

 

A propos des « demoiselles de magasins » comment ne pas penser à ce mouvement récent dans la grande distribution qui vit 80 % des grandes surfaces, certes de façon inégale, touchées par la grève et à ces mouvements qui jour après jour se développent dans tout le pays.

 

« Une bonne, belle, grande utopie » ! Ce matin sur France-Inter, j’entendais Marie George Buffet s’emberlificoter dans des explications oiseuses sur le comment du pourquoi ou vice et versa des alliances politiques aux municipales, préférant de loin s’épancher sur les droits de retransmissions du championnat de foot.

 

Jean Guy

 

 

 

* Roger Vailland, Éloge de la politique, édité par René Ballet et Christian Petr, Paris, Le Temps des Cerises, 1998. 30 pages (actuellement épuisé). Disponible chez Gallimard dans Ecrits intimes, Collection Blanche.

 

 

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 08:28

« Casse-toi, pauvre con ! », et alors ?

 

 

 

Voilà que la grande presse, dans son immense majorité, remet ça : Sarkozy vient encore d'altérer « l'image de la fonction présidentielle ». Comme si ce que les petits-bourgeois nomment « vulgarité » n'était pas la norme au sommet de l'Etat depuis au moins trois décennies. Oubliés, les dîners populistes de Giscard chez les représentants choisis de la « France profonde ». Oubliée la mascarade pitoyable de Mitterrand au Panthéon, fleurissant avec une ridicule fausse grandeur des tombes de géants, tout en réussissant à ressembler à sa propre caricature par Thierry le Luron. Oubliées les rodomontades insupportables de Pasqua, qui fut si longtemps ministre de l'Intérieur...

 
 

Les représentants de la grande presse sont veules, on le sait : qui a fait l'analyse rigoureuse de la politique d'extrême-droite de l'actuel gouvernement ? Qui a montré naguère qu'il y avait une feuille de papier à cigarette entre la pensée du candidat UMP et celle de Ségolène Royal ? Mais les représentants de la grande presse ne sont pas seulement veules : ils fonctionnent aussi comme des perroquets, leurs fainéants stéréotypes de langage en témoignent : « logiciel » pour « système de pensée politique » ; « bling-bling » pour tape-à-l'oeil, « people » pour populiste, « gagnant-gagnant » pour l'américain win-win ; pour ne pas évoquer les affectueux surnoms ou raccourcis bien à la mode branchée (« Condy » Rice, PPDA, DSK, etc.), ou encore l'affectueux « Tsahal », que l'on retrouve même dans l'Humanité, pour désigner l'armée israélienne d'occupation de la Palestine.

 

Au fond, tout cela ne serait rien s'il n'y avait pire. D'abord, ils ont des excuses, les journalistes : ils font cela pour de l'argent. Il faut qu'ils vendent à leur public ce que celui-ci veut bien leur acheter, c'est-à-dire les nouvelles et analyses qui lui plaisent. La presse qui ne plaît plus est morte. La question de la vérité en politique est donc complètement secondaire pour les médias : d'abord vendre, on verra plus tard pour l' honnêteté. Et c'est précisément pourquoi on nous amuse avec l'hystérie du vibrion colérique qui est actuellement - pour parler comme les journalistes - « locataire de l'Elysée ». Ou avec le fameux défi de roquet au pêcheur du Guilvinec (c'est plus confortable d'aboyer avec huit molosses aux alentours pour vous protéger). Ou avec cette déclaration stupéfiante d'immaturité lors d'une conférence de presse présidentielle : « Entre Carla et moi c'est du sérieux » ! Passons sur ces anecdotes humiliantes pour notre pays.

 

L'essentiel est sinon masqué, du moins fortement atténué, voire relégué à l'arrière-plan car moins vendeur : les licenciements, le vrai taux de chômage, le démantèlement du Code du Travail, les emplois précaires, les mi-temps forcés, les coups de goupillon contre la laïcité et l'enseignement public, la désindustrialisation de la France, la spéculation financière, la hausse des prix, la destruction des services publics, les SDF, les mal-logés, la chasse intensive aux faciès pour satisfaire aux quotas d'expulsions, la pauvreté qui s'étend, bref, les ravages du capitalisme. Car tout ça, coco, ça vend moins que le théâtre de boulevard présidentiel et ses pantalonnades de mauvais goût.

Pascal Acot

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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 08:11


Fidel Castro


Rarement un révolutionnaire, un homme d’Etat aura provoqué autant de réactions aussi passionnées que Fidel Castro. Certains l’ont adoré avant de le brûler sur la place publique, d’autres ont d’abord pris leurs distances avant de se rapprocher de ce personnage hors du commun. Fidel Castro n’a pas de pareil. Il est « Fidel » ou le « Comandante » pour les Cubains et les latino-américains, pas le « leader maximo », une formule ânonnée par les adeptes européo-étatsuniens du raccourci facile.

Le jeune Fidel, fils d’un aisé propriétaire terrien, né il y a 81 ans à Biran dans la province de Holguin, n’affiche pas au départ le profil d’un futur révolutionnaire. Un de ses compagnons, Alfredo Guevara, fils d’immigrés andalous et légendaire inspirateur du cinéma cubain, dira de lui : « Ou c’est un nouveau José Marti (le héros de l’indépendance), ou ce sera le pire des gangsters ». Premier coup d’éclat : l’attaque de la caserne Moncada, le 26 juillet 1953. Un échec. Arrêté et condamné à 15 ans de prison, Fidel rédige « l’Histoire m’acquittera », un plaidoyer expliquant son action et se projetant sur l’avenir de son pays. Libéré en 1955, il s’exile avec son frère Raul au Mexique. Plusieurs opposants à la dictature de Batista rejoignent Fidel. Parmi eux, un jeune médecin argentin, Ernesto Rafael Guevara de la Serna.


Le 2 décembre 1956, Fidel monte une expédition avec 82 autres exilés. Venant du Mexique à bord du « Granma », ils débarquent après une traversée mouvementée dans la Province Orientale (sud-est de Cuba). La troupe de Batista les y attend. Commence alors dans la Sierra Maestra une lutte de guérilla. Fidel Castro apparaît au grand jour dans les journaux nord-américains et européens. A Washington, on ne s’en émeut guère lassés des frasques d’un Batista peu présentable. Après l’entrée de Fidel dans La Havane, le 9 janvier 1959, on observe avec intérêt ce « petit bourgeois qui viendra à la soupe comme tout le monde », ricane-t-on au département d’Etat. Même le vice-président Nixon mandaté pour le recevoir afin de vérifier s’il est communiste soufflera à Eisenhower : « C’est un grand naïf, nous en ferons notre affaire ». Tant que Fidel ne s’attaque pas à leurs intérêts économiques, les dirigeants étasuniens ne s’alarment pas. Lorsque la révolution commence à exproprier des industries nord-américaines, la United Fruit par exemple, la donne change brutalement.

Le premier attentat dans le port de La Havane, le 4 mars 1960, sonne le prélude à une longue liste d’actes terroristes : le cargo battant pavillon tricolore, La Coubre, explose dans le port de La Havane faisant plus de cent morts, dont six marins français. Pendant ce temps, une opération de grande envergure se prépare du côté de Miami : le débarquement de la Baie des Cochons. En avril 1961, au lendemain de l’annonce par Fidel de l’orientation socialiste de la révolution, le gouvernement des Etats-Unis missionne la CIA pour encadrer 1400 exilés cubains et mercenaires latino-américains. Fidel en personne dirige la contre-attaque. La tentative d’invasion se solde par un fiasco. Les Etats-Unis signent là leur déclaration de guerre à la révolution cubaine. Pendant des dizaines d’années, ils utiliseront toute la panoplie terroriste pour tenter d’assassiner Fidel, jusqu’à la combinaison de plongée sous-marine enduite de poison, faciliteront le débarquement de groupes armés, financeront et manipuleront les opposants, détruiront des usines, introduiront la peste porcine et des virus s’attaquant au tabac et à la canne à sucre. Ils organiseront l’asphyxie économique de l’île en décrétant un embargo toujours en vigueur. « El Caballo » (le cheval) comme l’appellent parfois les gens du peuple, ce que Fidel n’apprécie pas, a survécu à Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Reagan, Ford et assisté aux départs à la retraite de Carter, Bush père et Clinton.

Tant d’années d’agressions et de coups tordus, tant d’années de résistance d’un petit pays de douze millions d’habitants face à la première puissance économique et militaire mondiale. Qui fait mieux ? Lorsqu’on évoque le manque de libertés à Cuba, ne faudrait-il pas d’abord se poser la question : un pays harcelé, étranglé, en guerre permanente, constitue-t-il le meilleur terreau pour favoriser l’épanouissement de la démocratie ?

 

La crise des fusées ? Nikita Khrouchtchev décide, en 1962, d’installer à Cuba des missiles afin, officiellement, de dissuader les Etats-Unis d’agresser l’île. La direction soviétique met deux fers au feu : dissuader les Etats-Unis d’agresser Cuba, afficher un clair avertissement à Washington sur l’air de « nous sommes désormais à proximité de vos côtes ». La tension atteint un point tel qu’un grave conflit mondial est évité de justesse. Les missiles soviétiques retirés, Fidel regrettera que le représentant de l’URSS à l’ONU n’ait pas reconnu la réalité des faits. « Il fallait dire la vérité », disait-il. Il fut bien obligé de se plier à la décision finale de Moscou même si dans les rues de La Havane des manifestants scandaient à l’adresse de Khrouchtchev : « Nikita, ce qui se donne ne se reprend pas. »

Entre Moscou et La Havane, au-delà des rituels, les relations ont toujours été conflictuelles. Les Soviétiques voyaient d’un mauvais œil le rôle de Fidel dans le mouvement des non alignés, l’implication cubaine aux côtés des mouvements révolutionnaires latino-américains, puis l’aide à l’Afrique. Ils ne supportaient pas la farouche volonté d’indépendance et de souveraineté de La Havane. Une fois l’URSS disparue, les nouveaux dirigeants russes ont pratiqué avec le même cynisme abandonnant l’île, coupant du jour au lendemain les livraisons de pétrole et déchirant les contrats commerciaux. Quel autre pays aurait pu supporter la perte en quelques semaines de 85% de son commerce extérieur et de 80% de ses capacités d’achat ? L’Espagne, ancienne puissance coloniale, a laissé à Cuba un héritage culturel, les Etats-Unis son influence historique et ses détonants goûts culinaires. Mais la Russie ? Rien, même pas le nom d’un plat ou d’un cocktail.

L’exportation de la révolution ? Fidel n’a jamais utilisé le mot « exportation ». Doit-on reprocher ou remercier Fidel d’avoir accueilli les réfugiés fuyant les dictatures du Chili et d’Argentine, de Haïti et de Bolivie, d’avoir ouvert les écoles, les centres de santé aux enfants des parias de toute l’Amérique latine et, plus tard, aux enfants contaminés de Tchernobyl ? Doit-on lui reprocher ou le remercier d’avoir soutenu les insurrections armées au Nicaragua, au Salvador et d’avoir sauvé, face à l’indifférence des dirigeants soviétiques, l’Angola fraîchement indépendante encerclée par les mercenaires blancs sud-africains fuyant, effrayés, la puissance de feu et le courage des soldats cubains, noirs pour la plupart ?

Les libertés ? Fidel, un tyran sanguinaire ? Il y eut d’abord l’expulsion des curés espagnols qui priaient le dimanche à la gloire de Franco. Complice de Batista, l’église catholique cubaine était et demeure la plus faible d’Amérique latine. Les relations avec l’Eglise catholique furent complexes durant ces longues années jusqu’au séjour de Jean Paul II en 1998 annoncée trop rapidement comme l’extrême onction de la révolution. Ce n’est pas à Cuba que des évêques et des prêtres ont été assassinés, mais au Brésil, en Argentine, au Salvador, au Guatemala et au Mexique. Il y eut la fuite de la grande bourgeoisie, des officiers, des policiers qui formèrent, dès la première heure, l’ossature de la contre révolution encadrée et financée par la CIA. Il y eut ensuite les départs d’hommes et de femmes ne supportant pas les restrictions matérielles. Il y eut l’insupportable marginalisation des homosexuels. Il y eut les milliers de balseros qui croyaient pouvoir trouver à Miami la terre de toutes les illusions. Il y eut la froide exécution du général Ochoa étrangement tombé dans le trafic de drogue. Il y eut aussi ceux qui refusaient la pensée unique, la censure édictée par la Révolution comme « un acte de guerre en période de guerre ». Que la révolution ait commis des erreurs, des stupidités, des crimes parfois n’est pas contestable. Mais comment, dans une situation de tension extrême, écarter les dérives autoritaires?

A Cuba, la torture n’a jamais été utilisée. On tranchait les mains des poètes à Santiago du Chili, pas à la Havane. Les prisonniers étaient largués en mer depuis des hélicoptères en Argentine, pas à Cuba. Il n’y a jamais eu des dizaines de milliers de détenus politiques dans l’île mais un nombre trop important qui ont dû subir pour certains des violences. Mais n’est-ce pas curieux que la plupart des prisonniers sortant des geôles cubaines aient été libérés dans une bonne condition physique ?

Voici un pays du Tiers monde où l’espérance de vie s’élève à 76 ans, où tous les enfants sont scolarisés et soignés gratuitement. Un petit pays par la taille capable de produire des universitaires de talent, des médecins et des chercheurs parmi les meilleurs au monde, des sportifs raflant les médailles d’or, des artistes, des créateurs. Où, dans cette région du monde, peut-on présenter un tel bilan ?


Fidel a tout vécu. La prison, la guérilla, l’enthousiasme révolutionnaire du début, la défense contre les agressions, l’aide internationaliste, l’abandon de l’URSS, une situation économique catastrophique lors de la « période spéciale », les effets de la mondialisation favorisant l’explosion du système D, aujourd’hui la maladie. Il a (difficilement) accepté l’adaptation économique avec un tourisme de masse entraînant la dollarisation des esprits. Il a très mal supporté le retour de la prostitution même si dans n’importe quelle bourgade latino-américaine on trouve plus de prostituées que dans la 5 eme avenue de La Havane. Alors, demain quoi ?

Fidel à la retraite, la révolution va-t-elle s’éteindre ? Il ne se passera pas à Cuba ce qui s’est produit en Europe de l’Est car la soif d’indépendance et de souveraineté n’est pas tarie. Il y a dans cette île des millions d’hommes et de femmes – y compris de l’opposition – prêts à prendre les armes et à en découdre pour défendre la patrie. Le souvenir de la colonisation, malgré le fil du temps, reste dans tous les esprits, les progrès sociaux enregistrés, au-delà des difficultés de la vie quotidienne, constituent désormais des acquis. Il y a plus. La révolution a accouché d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes refusant le retour au passé, des cadres « moyens » de trente à quarante ans performants en province, des jeunes dirigeants nationaux aux talents confirmés. Une nouvelle époque va s’ouvrir avec des atouts que Fidel n’avait pas. L’Amérique latine, ancienne arrière cour des Etats-Unis, choisit des chemins progressistes de développement, l’intégration régionale est en marche, les échanges économiques permettent le transfert de savoir faire contre des matières stratégiques, le prestige de la révolution cubaine demeure intact auprès des peuples latino-américains. Cuba, enfin, peut respirer.


Il n’y aura pas de rupture à Cuba. Il y aura évolution. Obligatoire. Pour qu’elle puisse s’effectuer dans les meilleures conditions, les vieux commandants de la Révolution vont devoir ranger leurs treillis vert olive et passer la main. Les atlantes du futur, de plus en plus métissés, sont prêts. Ne sont-ils pas les enfants de Fidel ?

José Fort












 

 


 



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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 14:11

En votant pour la révision constitutionnelle ou en s’abstenant, plus de 80 % des parlementaires se sont rendus complices du plus grand détournement politique de l’histoire contemporaine de notre pays.

Dans notre république, chaque élu(e) tient son mandat et sa légitimité de l’expression du peuple. S’il est communément admis que les promesses électorales ne sont jamais tenues, il y a des mandats dont les parlementaires ne peuvent s’exonérer : ce sont ceux exprimés par la volonté populaire lors d’un référendum. C’est pourtant ce vote NON majoritaire à ce même traité européen que députés et sénateurs, dans leur quasi-totalité, ont choisi de mépriser. Ce geste inqualifiable restera comme une tache indélébile. La preuve est faite, une fois de plus, que notre système institutionnel n’a plus de démocratique que l’apparence et que l’une des tâches prioritaires pour celles et ceux qui veulent toujours changer la société est d’inventer de nouveaux rapports de véritable démocratie et de contrôle des représentants du peuple.

Contribuer au développement des luttes sociales par un éclairage des enjeux à la lumière de l’affrontement entre le capital et le travail doit aller de pair avec une réflexion sur des institutions garantissant la place et le rôle des travailleurs, seuls créateurs de richesses. La forfaiture orchestrée par un groupe d’imposteurs au service du grand patronat, l’ampleur de la complicité parmi les élites politiques, tous d’accord pour légitimer la domination mondiale du capital, rendent ce travail de transformation plus indispensable que jamais. Il doit commencer dès aujourd’hui. A condition de jamais oublier les actes de chacun à l’occasion de toutes les échéances électorales.

Pour le bureau de Rouges Vifs IDF,
Jean CALVARY

Paris, le 4 février 2008.

 
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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 11:22
Initialement publié sur le forum "Rouges vifs"

Séance du : 04/02/2008

Scrutin public à la tribune sur
le projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution.

Nombre de votants : 893
Nombre de suffrages exprimés : 741
Majorité absolue : 445
Pour l'adoption : 560
Contre : 181
Le Congrès du Parlement a adopté

I - ASSEMBLÉE NATIONALE
GROUPE : UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE (318)

Pour: 306

MM. Élie Aboud, Manuel Aeschlimann, Yves Albarello, Alfred Almont, Mme Nicole Ameline, MM. Jean‑Paul Anciaux, Benoist Apparu, Jean Auclair, Mme Martine Aurillac, MM. Pierre‑Christophe Baguet, Patrick Balkany, Jean Bardet, Mme Brigitte Barèges, M. François Baroin, Mme Sylvia Bassot, MM. Patrick Beaudouin, Jean‑Claude Beaulieu, Jacques Alain Bénisti, Jean‑Louis Bernard, Marc Bernier, Jean‑Yves Besselat, Gabriel Biancheri, Jérôme Bignon, Jean‑Marie Binetruy, Claude Birraux, Etienne Blanc, Emile Blessig, Roland Blum, Claude Bodin, Philippe Boennec, Marcel Bonnot, Jean‑Yves Bony, Jean‑Claude Bouchet, Gilles Bourdouleix, Mme Chantal Bourragué, MM. Loïc Bouvard, Michel Bouvard, Mmes Valérie Boyer, Françoise Branget, MM. Xavier Breton, Philippe Briand, Bernard Brochand, Mme Chantal Brunel, MM. Michel Buillard, Yves Bur, Dominique Caillaud, Patrice Calméjane, François Calvet, Bernard Carayon, Pierre Cardo, Olivier Carré, Gilles Carrez, Mme Joëlle Ceccaldi‑Raynaud, MM. Hervé de Charette, Jean‑Paul Charié, Jérôme Chartier, Gérard Cherpion, Jean‑François Chossy, Jean‑Louis Christ, Dino Cinieri, Eric Ciotti, Pascal Clément, Philippe Cochet, Georges Colombier, Mme Geneviève Colot, MM. Jean‑François Copé, François Cornut‑Gentille, Louis Cosyns, René Couanau, Edouard Courtial, Jean‑Yves Cousin, Alain Cousin, Jean‑Michel Couve, Henri Cuq, Mme Marie‑Christine Dalloz, MM. Olivier Dassault, Marc‑Philippe Daubresse, Bernard Debré, Jean‑Pierre Decool, Bernard Deflesselles, Lucien Degauchy, Rémi Delatte, Richard Dell'Agnola, Mme Sophie Delong, MM. Jean‑Marie Demange, Yves Deniaud, Bernard Depierre, Vincent Descoeur, Patrick Devedjian, Nicolas Dhuicq, Eric Diard, Michel Diefenbacher, Jacques Domergue, Jean‑Pierre Door, Dominique Dord, Jean‑Pierre Dupont, Renaud Dutreil, Mme Marie‑Hélène des Esgaulx, MM. Gilles d' Ettore, Daniel Fasquelle, Yannick Favennec, Georges Fenech, Jean‑Michel Ferrand, Alain Ferry, Daniel Fidelin, André Flajolet, Jean‑Claude Flory, Nicolas Forissier, Mme Marie‑Louise Fort, MM. Jean‑Michel Fourgous, Marc Francina, Mme Arlette Franco, MM. Pierre Frogier, Yves Fromion, Mme Cécile Gallez, MM. Sauveur Gandolfi‑Scheit, Jean‑Paul Garraud, Daniel Garrigue, Claude Gatignol, Gérard Gaudron, Jean‑Jacques Gaultier, Hervé Gaymard, Guy Geoffroy, Bernard Gérard, Alain Gest, Franck Gilard, Georges Ginesta, Charles‑Ange Ginesy, Jean‑Pierre Giran, Louis Giscard d'Estaing, Claude Goasguen, François‑Michel Gonnot, Didier Gonzales, Philippe Gosselin, Philippe Goujon, François Goulard, Michel Grall, Jean‑Pierre Grand, Mme Claude Greff, MM. Jean Grenet, François Grosdidier, Jacques Grosperrin, Mme Arlette Grosskost, M. Serge Grouard, Mme Pascale Gruny, M. Louis Guédon, Mme Françoise Guégot, MM. Jean‑Claude Guibal, Jean‑Jacques Guillet, Christophe Guilloteau, Gérard Hamel, Michel Havard, Michel Heinrich, Laurent Hénart, Michel Herbillon, Antoine Herth, Mme Françoise Hostalier, MM. Philippe Houillon, Guénhaël Huet, Sébastien Huyghe, Mme Jacqueline Irles, MM. Christian Jacob, Denis Jacquat, Paul Jeanneteau, Yves Jego, Mme Maryse Joissains‑Masini, MM. Marc Joulaud, Alain Joyandet, Didier Julia, Christian Kert, Jacques Kossowski, Mme Fabienne Labrette‑Ménager, MM. Marc Laffineur, Jacques Lamblin, Jean‑François Lamour, Mmes Marguerite Lamour, Laure de La Raudière, MM. Pierre Lasbordes, Charles de La Verpillière, Thierry Lazaro, Robert Lecou, Frédéric Lefebvre, Jean‑Marc Lefranc, Marc Le Fur, Jacques Le Guen, Michel Lejeune, Pierre Lellouche, Bruno Le Maire, Dominique Le Mèner, Jacques Le Nay, Jean‑Claude Lenoir, Jean‑Louis Léonard, Jean Leonetti, Pierre Lequiller, Céleste Lett, Mme Geneviève Levy, MM. Michel Lezeau, François Loos, Gérard Lorgeoux, Daniel Mach, Guy Malherbe, Richard Mallié, Jean‑François Mancel, Alain Marc, Jean‑Pierre Marcon, Thierry Mariani, Mme Christine Marin, M. Hervé Mariton, Mme Muriel Marland‑Militello, MM. Jean Marsaudon, Philippe‑Armand Martin, Mme Henriette Martinez, MM. Patrice Martin‑Lalande, Alain Marty, Jacques Masdeu‑Arus, Jean‑Claude Mathis, Jean‑Philippe Maurer, Pierre Méhaignerie, Christian Ménard, Damien Meslot, Jean‑Claude Mignon, Mme Marie‑Anne Montchamp, M. Pierre Morange, Mme Nadine Morano, MM. Pierre Morel‑A‑L'Huissier, Jean‑Marie Morisset, Georges Mothron, Etienne Mourrut, Alain Moyne‑Bressand, Renaud Muselier, Jean‑Marc Nesme, Jean‑Pierre Nicolas, Yves Nicolin, Patrick Ollier, Mme Françoise de Panafieu, MM. Bertrand Pancher, Yanick Paternotte, Christian Patria, Mme Béatrice Pavy, MM. Jacques Pélissard, Dominique Perben, Bernard Perrut, Etienne Pinte, Michel Piron, Henri Plagnol, Serge Poignant, Mme Bérengère Poletti, M. Axel Poniatowski, Mme Josette Pons, MM. Daniel Poulou, Christophe Priou, Jean Proriol, Didier Quentin, Michel Raison, Eric Raoult, Frédéric Reiss, Jean‑Luc Reitzer, Jacques Remiller, Bernard Reynès, Franck Reynier, Franck Riester, Jean Roatta, Camille de Rocca Serra, Mme Marie‑Josée Roig, M. Jean‑Marie Rolland, Mme Valérie Rosso‑Debord, MM. Jean‑Marc Roubaud, Max Roustan, Martial Saddier, Francis Saint‑Léger, Bruno Sandras, François Scellier, André Schneider, Jean‑Marie Sermier, Jean‑Pierre Soisson, Michel Sordi, Daniel Spagnou, Eric Straumann, Alain Suguenot, Mme Michèle Tabarot, MM. Lionel Tardy, Jean‑Charles Taugourdeau, Guy Teissier, Michel Terrot, Jean‑Claude Thomas, Dominique Tian, Jean Tiberi, Alfred Trassy‑Paillogues, Georges Tron, Jean Ueberschlag, Yves Vandewalle, Christian Vanneste, François Vannson, Mmes Isabelle Vasseur, Catherine Vautrin, MM. Patrice Verchère, Jean‑Sébastien Vialatte, René‑Paul Victoria, Philippe Vitel, Michel Voisin, Gérard Voisin, Jean‑Luc Warsmann, André Wojciechowski, Gaël Yanno, Mme Marie‑Jo Zimmermann et M. Michel Zumkeller.

Contre: 3

MM. Patrick Labaune, Franck Marlin et Jacques Myard.

Abstention: 3

MM. Lionnel Luca, Philippe Meunier et Jean‑Frédéric Poisson.

Non-votant: 6

MM. Bernard Accoyer(Président du Congrès), Pierre Bédier, Yves Censi, Mme Gabrielle Louis‑Carabin, MM. Didier Robert et Joël Sarlot.

GROUPE : SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE (204)

Pour: 17

MM. Dominique Baert, Christophe Caresche, Paul Giacobbi, Mme Annick Girardin, MM. Armand Jung, Jack Lang, Michel Lefait, Mme Annick Lepetit, MM. Albert Likuvalu, Victorin Lurel, Mmes Jeanny Marc, Dominique Orliac, Sylvia Pinel, MM. Philippe Tourtelier, Manuel Valls, André Vézinhet et Jean‑Claude Viollet.

Contre: 91

Mme Sylvie Andrieux, MM. Jean‑Paul Bacquet, Jean‑Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Christophe Bouillon, François Brottes, Thierry Carcenac, Laurent Cathala, Bernard Cazeneuve, Jean‑Paul Chanteguet, Alain Claeys, Jean‑Michel Clément, Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Pascal Deguilhem, Marc Dolez, Jean‑Pierre Dufau, William Dumas, Jean‑Louis Dumont, Mme Laurence Dumont, MM. Jean‑Paul Dupré, Philippe Duron, Olivier Dussopt, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Albert Facon, Mme Martine Faure, MM. Hervé Féron, Pierre Forgues, Mme Valérie Fourneyron, MM. Michel Françaix, Jean‑Claude Fruteau, Mme Geneviève Gaillard, MM. Daniel Goldberg, David Habib, Mme Sandrine Hurel, MM. Christian Hutin, Jean‑Louis Idiart, Mme Françoise Imbert, MM. Michel Issindou, Serge Janquin, Régis Juanico, Jean‑Pierre Kucheida, Mme Conchita Lacuey, MM. Jérôme Lambert, Jean Launay, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Mme Catherine Lemorton, MM. Jean‑Claude Leroy, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Mme Martine Lignières‑Cassou, MM. François Loncle, Jean Mallot, Mme Marie‑Lou Marcel, M. Philippe Martin, Mmes Martine Martinel, Frédérique Massat, MM. Gilbert Mathon, Didier Mathus, Kléber Mesquida, Jean Michel, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Philippe Nauche, Henri Nayrou, Alain Néri, Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean‑Luc Pérat, Jean‑Claude Perez, Mme Catherine Quéré, M. Simon Renucci, Mmes Marie‑Line Reynaud, Chantal Robin‑Rodrigo, M. Patrick Roy, Mme Odile Saugues, M. Christophe Sirugue, Mme Christiane Taubira, MM. Pascal Terrasse, Jacques Valax, Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies et Jean‑Michel Villaumé.

Abstention: 93

Mme Patricia Adam, M. Jean‑Marc Ayrault, Mmes Delphine Batho, Chantal Berthelot, M. Jean‑Louis Bianco, Mme Gisèle Biémouret, MM. Serge Blisko, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Maxime Bono, Jean‑Michel Boucheron, Mmes Marie‑Odile Bouillé, Monique Boulestin, M. Pierre Bourguignon, Mme Danielle Bousquet, MM. Alain Cacheux, Jérôme Cahuzac, Jean‑Christophe Cambadélis, Mme Martine Carrillon‑Couvreur, MM. Guy Chambefort, Gérard Charasse, Mmes Marie‑Françoise Clergeau, Catherine Coutelle, Pascale Crozon, M. Frédéric Cuvillier, Mme Claude Darciaux, M. Michel Debet, Mme Michèle Delaunay, MM. Guy Delcourt, Michel Delebarre, Bernard Derosier, Michel Destot, René Dosière, Julien Dray, Tony Dreyfus, Yves Durand, Mmes Odette Duriez, Corinne Erhel, Aurélie Filippetti, Geneviève Fioraso, MM. Jean‑Louis Gagnaire, Guillaume Garot, Jean Gaubert, Mme Catherine Génisson, MM. Jean‑Patrick Gille, Joël Giraud, Gaëtan Gorce, Mme Pascale Got, MM. Marc Goua, Jean Grellier, Mmes Elisabeth Guigou, Danièle Hoffman‑Rispal, M. François Hollande, Mme Monique Iborra, MM. Eric Jalton, Henri Jibrayel, Mme Marietta Karamanli, MM. François Lamy, Jean‑Yves Le Bouillonnec, Mme Marylise Lebranchu, MM. Jean‑Yves Le Déaut, Jean‑Marie Le Guen, Mme Annick Le Loch, MM. Bruno Le Roux, Bernard Lesterlin, Louis‑Joseph Manscour, Mme Jacqueline Maquet, M. Jean‑René Marsac, Mme Sandrine Mazetier, MM. Michel Ménard, Pierre Moscovici, Pierre‑Alain Muet, Mmes Marie‑Renée Oget, Françoise Olivier‑Coupeau, George Pau‑Langevin, Marie‑Françoise Pérol‑Dumont, Martine Pinville, MM. Philippe Plisson, François Pupponi, Jean‑Jack Queyranne, Dominique Raimbourg, Alain Rodet, Marcel Rogemont, René Rouquet, Alain Rousset, Michel Sainte‑Marie, Michel Sapin, Mme Marisol Touraine, MM. Jean‑Louis Touraine, Jean Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, André Vallini et Philippe Vuilque.

Non-votant: 3

MM. Jean Glavany, Patrick Lemasle et Bernard Roman.

GROUPE : GAUCHE DEMOCRATE ET REPUBLICAINE (24)

Contre: 21

Mme Marie‑Hélène Amiable, M. François Asensi, Mmes Huguette Bello, Martine Billard, MM. Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean‑Pierre Brard, Mme Marie‑George Buffet, MM. Jean‑Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Mme Jacqueline Fraysse, MM. André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean‑Paul Lecoq, Alfred Marie‑Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean‑Claude Sandrier et Michel Vaxès.

Abstention: 3

MM. Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy.

GROUPE : NOUVEAU CENTRE (22)

Pour: 20

MM. Jean‑Pierre Abelin, Christian Blanc, Charles de Courson, Stéphane Demilly, Jean Dionis du Séjour, Francis Hillmeyer, Michel Hunault, Olivier Jardé, Yvan Lachaud, Pierre Lang, Maurice Leroy, Claude Leteurtre, Nicolas Perruchot, Jean‑Luc Préel, François Rochebloine, Rudy Salles, François Sauvadet, Marc Vampa, Francis Vercamer et Philippe Vigier.

Contre: 2

MM. Philippe Folliot et Jean‑Christophe Lagarde.

DEPUTES: NON INSCRITS (9)

Pour: 4

MM. Abdoulatifou Aly, François Bayrou, Thierry Benoit et Jean‑Pierre Schosteck.

Contre: 4

Mme Véronique Besse, MM. Nicolas Dupont‑Aignan, Jean Lassalle et François‑Xavier Villain.

Abstention: 1

Mme Françoise Vallet.

II - SÉNAT
GROUPE : UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE. (159)

Pour: 149

MM. Jean‑Paul Alduy, Pierre André, Gérard Bailly, José Balarello, Bernard Barraux, René Beaumont, Michel Bécot, Claude Belot, Pierre Bernard‑Reymond, Roger Besse, Laurent Béteille, Joël Billard, Jean Bizet, Paul Blanc, Jacques Blanc, Pierre Bordier, Joël Bourdin, Mme Brigitte Bout, MM. Jean‑Guy Branger, Dominique Braye, Mme Paulette Brisepierre, MM. Louis de Broissia, François‑Noël Buffet, Christian Cambon, Jean‑Pierre Cantegrit, Jean‑Claude Carle, Auguste Cazalet, Gérard César, Jean‑Pierre Chauveau, Marcel‑Pierre Cléach, Christian Cointat, Gérard Cornu, Raymond Couderc, Jean‑Patrick Courtois, Philippe Dallier, Serge Dassault, Mme Isabelle Debré, MM. Robert Del Picchia, Christian Demuynck, Gérard Dériot, Mme Béatrice Descamps, MM. Denis Detcheverry, Eric Doligé, Philippe Dominati, Michel Doublet, Alain Dufaut, André Dulait, Mme Catherine Dumas, M. Ambroise Dupont, Mme Bernadette Dupont, MM. Louis Duvernois, Jean‑Paul Émin, Jean‑Paul Emorine, Michel Esneu, Jean‑Claude Etienne, Hubert Falco, Jean Faure, André Ferrand, Gaston Flosse, Alain Fouché, Jean‑Pierre Fourcade, Jean François‑Poncet, Yves Fréville, Yann Gaillard, René Garrec, Mme Joëlle Garriaud‑Maylam, M. Jean‑Claude Gaudin, Mme Gisèle Gautier, MM. Jacques Gautier, Patrice Gélard, Alain Gérard, François Gerbaud, Charles Ginésy, Francis Giraud, Paul Girod, Alain Gournac, Adrien Gouteyron, Francis Grignon, Louis Grillot, Georges Gruillot, Charles Guené, Michel Guerry, Hubert Haenel, Mme Françoise Henneron, M. Pierre Hérisson, Mme Marie‑Thérèse Hermange, MM. Michel Houel, Jean‑François Humbert, Mme Christiane Hummel, MM. Benoît Huré, Jean‑Jacques Hyest, Soibahaddine Ibrahim Ramadani, Pierre Jarlier, Jean‑Marc Juilhard, Mmes Christiane Kammermann, Fabienne Keller, MM. Alain Lambert, Marc Laménie, Mme Elisabeth Lamure, MM. Robert Laufoaulu, Jean‑René Lecerf, Dominique Leclerc, Jacques Legendre, Jean‑François Le Grand, Philippe Leroy, Gérard Longuet, Simon Loueckhote, Mme Lucienne Malovry, M. Pierre Martin, Mme Colette Mélot, MM. Alain Milon, Jean‑Luc Miraux, Dominique Mortemousque, Bernard Murat, Philippe Nachbar, Mmes Jacqueline Panis, Monique Papon, MM. Jean Pépin, Jackie Pierre, François Pillet, Xavier Pintat, Louis Pinton, Rémy Pointereau, Christian Poncelet, Ladislas Poniatowski, Hugues Portelli, Mme Catherine Procaccia, MM. Jean Puech, Jean‑Pierre Raffarin, Henri de Raincourt, Charles Revet, Philippe Richert, Yves Rispat, Josselin de Rohan, Roger Romani, Mme Janine Rozier, MM. Bernard Saugey, Bruno Sido, Mme Esther Sittler, MM. Louis Souvet, Yannick Texier, Henri Torre, André Trillard, Mme Catherine Troendle, MM. François Trucy, Jacques Valade, Alain Vasselle, Jean‑Pierre Vial et Jean‑Paul Virapoullé.

Contre: 4

MM. André Lardeux, Roland du Luart, Mme Lucette Michaux‑Chevry et M. Charles Pasqua.

Abstention: 3

MM. Gérard Larcher, Philippe Marini et Jacques Peyrat.

Non-votant: 3

MM. Bernard Fournier, Henri Revol et Henri de Richemont.

GROUPE : SOCIALISTE. (96)

Pour: 15

MM. Robert Badinter, Jean Besson, Mmes Nicole Bricq, Monique Cerisier‑Ben Guiga, MM. Charles Josselin, Alain Journet, Gérard Miquel, Bernard Piras, Jean‑Pierre Plancade, Daniel Raoul, André Rouvière, Mme Patricia Schillinger, M. Jean‑Pierre Sueur, Mme Catherine Tasca et M. Richard Yung.

Contre: 30

MM. Bernard Angels, David Assouline, Mmes Maryse Bergé‑Lavigne, Alima Boumediene‑Thiery, MM. Jean‑Louis Carrère, Michel Charasse, Pierre‑Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus‑Schmidt, Mme Josette Durrieu, MM. Charles Gautier, Jean‑Pierre Godefroy, Claude Haut, Mmes Annie Jarraud‑Vergnolle, Bariza Khiari, MM. André Lejeune, Alain Le Vern, Jean‑Pierre Masseret, Marc Massion, Jean‑Luc Mélenchon, Jean‑Pierre Michel, Michel Moreigne, Daniel Percheron, Marcel Rainaud, Gérard Roujas, Claude Saunier, Jean‑Marc Todeschini, Robert Tropeano et André Vantomme.

Abstention: 49

Mmes Jacqueline Alquier, Michèle André, MM. Bertrand Auban, Jean‑Pierre Bel, Mme Marie‑Christine Blandin, MM. Yannick Bodin, Didier Boulaud, Mme Yolande Boyer, M. Jean‑Pierre Caffet, Mme Claire‑Lise Campion, MM. Bernard Cazeau, Gérard Collomb, Yves Dauge, Jean‑Pierre Demerliat, Mme Christiane Demontès, MM. Claude Domeizel, Bernard Dussaut, Jean‑Claude Frécon, Bernard Frimat, Jacques Gillot, Jean‑Noël Guérini, Yves Krattinger, Philippe Labeyrie, Serge Lagauche, Serge Larcher, Louis Le Pensec, Mme Raymonde Le Texier, MM. Claude Lise, Roger Madec, Philippe Madrelle, Jacques Mahéas, François Marc, Pierre Mauroy, Louis Mermaz, Jacques Muller, Jean‑Marc Pastor, Jean‑Claude Peyronnet, Jean‑François Picheral, Mme Gisèle Printz, MM. Daniel Reiner, Thierry Repentin, Roland Ries, Mme Michèle San Vicente‑Baudrin, MM. Michel Sergent, Jacques Siffre, René‑Pierre Signé, Simon Sutour, Michel Teston et Mme Dominique Voynet.

Non-votant: 2

Mme Odette Herviaux et M. Paul Raoult.

GROUPE : UNION CENTRISTE-UDF. (30)

Pour: 30

MM. Nicolas About, Jean‑Paul Amoudry, Philippe Arnaud, Jean Arthuis, Denis Badré, Claude Biwer, Didier Borotra, Jean Boyer, Marcel Deneux, Yves Détraigne, Mme Muguette Dini, MM. Daniel Dubois, Jean‑Léonce Dupont, Pierre Fauchon, Mme Françoise Férat, MM. Christian Gaudin, Adrien Giraud, Mme Jacqueline Gourault, MM. Jean‑Jacques Jégou, Joseph Kerguéris, Jean‑Claude Merceron, Michel Mercier, Mme Catherine Morin‑Desailly, M. Philippe Nogrix, Mme Anne‑Marie Payet, MM. Yves Pozzo di Borgo, Daniel Soulage, André Vallet, Jean‑Marie Vanlerenberghe et François Zocchetto.

GROUPE : COMMUNISTE REPUBLICAIN ET CITOYEN. (23)

Contre: 23

Mme Eliane Assassi, M. François Autain, Mme Marie‑France Beaufils, MM. Pierre Biarnès, Michel Billout, Mme Nicole Borvo Cohen‑Seat, MM. Robert Bret, Jean‑Claude Danglot, Mmes Annie David, Michelle Demessine, Evelyne Didier, MM. Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier‑Maurin, Gélita Hoarau, MM. Robert Hue, Gérard Le Cam, Mme Josiane Mathon‑Poinat, MM. Jack Ralite, Ivan Renar, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean‑François Voguet.

GROUPE : R.D.S.E. (16)

Pour: 15

MM. Nicolas Alfonsi, Gilbert Barbier, Jean‑Michel Baylet, André Boyer, Yvon Collin, Gérard Delfau, François Fortassin, Mme Nathalie Goulet, MM. Pierre Laffitte, Daniel Marsin, Aymeri de Montesquiou, Georges Mouly, Georges Othily, Michel Thiollière et François Vendasi.

Contre: 1

M. Bernard Seillier.

SENATEURS: NON INSCRITS. (6)

Pour: 3

M. Philippe Adnot, Mme Sylvie Desmarescaux et M. Alex Türk.

Contre: 2

MM. Philippe Darniche et Bruno Retailleau.

Abstention: 1

M. Jean‑Louis Masson.

MISES AU POINT AU SUJET DU PRESENT SCRUTIN

(Sous réserve des dispositions de l'article 19, alinéa 2, du Règlement du Congrès), M. Pierre Bédier, M. Gérard Larcher, M. Roland du Luart, Mme Lucette Michaux‑Chevry, qui étaient présents au moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote ont fait savoir qu'ils avaient voulu voter "pour"
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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 14:50
 De tous les droits que l'homme exerce,
Le plus légitime, au total,

C'est la liberté du Commerce,
La liberté du Capital.

La loi ? c'est l'offre et la demande,
Seule morale à professer !
Pourvu qu'on achète et qu'on vende,
Laissez faire, laissez passer !
.../...
Pour le bien-être des familles
Doublons les heures de travail.
Venez, enfants, femmes et filles,
La fabrique est un grand bercail.
Négligez marmots et ménage,
Ça presse ! et pour vous délasser
Vous aurez des mois de chômage.
Laissez faire ! Laissez passer !
.../...
Par essaims le Chinois fourmille.
Ils ont des moyens bien compris

De s'épargner une famille
Et travailler à moitié prix.
Avis aux ouvriers de France ;
Dans leur sens il faut s'exercer,
Pour enfoncer... la concurrence...
Laissez faire ! laissez passer !

.../...

Eugène Pottier de retour d'exil (1881).
Notre antenne bruxelloise me signale que cela pourrait se chanter sur l'air d'"hexagone" de Renaud.
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 19:01
Le CAC 40 explose !  Les salaires stagnent ! Le pouvoir d'achat s'effondre !

Depuis sa naissance en 1987, le CAC 40 a augmenté de 470%.  Durant la même période, la part des salaires dans le Produit intérieur brut français a baissé de 9,3%.  Pour l’Europe cette baisse est en moyenne de 8,6%.  Même les journalistes de la presse préférée du patronat l’affirment : « Le revenu salarial n’a pratiquement pas augmenté depuis ces 25 dernières années » ( Les Echos, 30 novembre 2007).  Et pendant ce temps, les prix  explosent.  La grande distribution, Leclerc y compris, a augmenté en moyenne ses marges de 26% sur les produits de marque ! 

Les maux de l’Europe

Mais JC Trichet, président de la Banque centrale européenne, a appelé à la modération salariale. Etre « compétitif » pour les dirigeants européens et leurs technocrates, cela veut dire dévaloriser le travail pour accroître les profits et les dividendes des multinationale. Toutes les mesures, toutes les directives européennes visent à cela. Mais pour les salariés, ce sont les suppressions d’emploi, la stagnation des salaires,  la disparition et la privatisation des services publics,   la casse du droit du travail et  la précarité devenue la loi.  C’est l’allongement du temps de travail, pour la journée, pour l’année, pour la vie.  C’est  travailler plus pour gagner moins et vivre moins bien.  C’est payer plus pour être moins bien soigné et pour enrichir les assurances privées et les cliniques privées.  C’est revenir en arrière ! 
Le credo de l’Union Européenne est plus que jamais « l’économie de marché et la concurrence libre et non faussée ». 


Un traité constitutionnel contre les salariés

Le Medef et le pouvoir sarkozyste disposent de tous les moyens pour mener la bataille idéologique. Tous, des médias aux nombreux conseillers appointés par les patrons et le pouvoir politique,  nous serinent la même rengaine : La modernité, c’est la compétitivité.  La modernité, c’est l’économie de marché, c’est le traité européen. Ces technocrates, économistes, spécialistes…  nous affirment que les électeurs n’ont rien compris et qu’en conséquence ils ne seront pas consultés pour la version restaurée du traité sur la constitution européenne.  Pourtant, c’est la même.  V. Giscard d’Estaing le dit.  C’est  « un traité identique à 98% » à celui qui a été rejeté par 55% de Français.


Respecter la souveraineté populaire

Les parlementaires UMP s’apprêtent pourtant à le voter ! Les socialistes se renient  (S. Royal avait promis un référendum !) et hésitent entre l’abstention et le boycott !
Pourtant une minorité des 2/5  au Congrès ( Assemblée Nationale et Sénat réunis), c’est à dire  363 voix, suffirait à bloquer la décision.   Si les élus socialistes décidaient de s’opposer à cette trahison du suffrage universel, ils pourraient entraîner certains parlementaires de droite attachés à la souveraineté nationale et au suffrage universel.   C’est une question de morale politique que de respecter le choix des Français.  Ils ont dit « Non » et ce que le peuple a fait, seul le peuple peut le défaire !  Un  Etat qui  ne se soumet pas  à la souveraineté populaire  n’est pas une démocratie ! Faîtes pression sur vos élus pour qu’ils votent contre la proposition Sarkozy et réclament un référendum.


Des luttes sur tous les fronts …

En  Europe les luttes se multiplient.  En Italie, les métallurgistes sont en lutte pour leurs salaires.  En Allemagne, les cheminots ont obtenu 11% d’augmentation, la réduction d’une heure du temps de travail et s’opposent à la privatisation des chemins de fer.  En France des grèves se développent pour la défense du pouvoir d’achat et l’emploi.  Ainsi à Elbeuf les salariés de la TAE ( bus) et ceux d’Aérazur ont arraché des augmentations de salaires.  En décembre les employés de Carrefour-Tourville,  Champion Elbeuf et Bois- Guillaume,  des transports du Havre et de Rouen, de la FNAC … ont fait grève pour leurs salaires ! SNCF-GDF-EDF étaient aussi en lutte le 22 janvier.  Le 29 janvier ce sera le tour des salariés des ports contre la privatisation et de Renault pour les salaires…  Et hier la fonction publique était en grève pour les salaires, contre les suppressions d’emploi et contre la casse des services publics.


Nous sommes les plus nombreux !

La seule discussion acceptée par Sarkozy-Fillon, c’est la négociation des reculs  sociaux.  Ainsi, au nom du moindre mal, 4 syndicats ont accepté la disparition du CDI. Pourtant, dans le public comme dans le privé, la colère est grande.  Sa  source est commune : les décisions européennes pour accroître les profits voulus par les multinationales.  Nous sommes tous attaqués.
Pour contrer ces offensives multiples et brutales, les luttes doivent s’unifier, se renforcer, se globaliser pour grandir encore.  Les salariés peuvent y travailler chacun dans leurs bureaux, leurs établissements scolaires, leurs entreprises, leurs syndicats.


Tous ensemble, nous pouvons contraindre au recul Sarkozy et les maîtres de Bruxelles !
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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 11:56


La lutte contre le réchauffement climatique mérite peut-être qu’on en récompense ses acteurs. C’est ainsi qu’Al Gore partage le prix Nobel de la paix 2007 avec les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Mais entre les travaux patiemment documentés produits collectivement par le GIEC, et la campagne de communication « climat » de l’homme politique américain, assaisonnée de pathos familial, il y a un monde.

 


AL GORE : LA FARCE VERTE

 

« Une vérité qui dérange »… Après le film, le livre, qui vient d'être publié en France. On attend la comédie musicale à Broadway. Reconnaissons toutefois l’habileté à vulgariser la science, le didactisme, l’esthétique de la couverture où, de cheminées d’usines, jaillit un panache blanc cyclonique. Passons, aussi, sur quelques légèretés dans la démonstration : Roger Revelle (1909-1991), qui inspira Al Gore, aurait été le premier à mesurer le taux de CO2 dans l’atmosphère ! Oubliés, les vrais pionniers comme John Tyndall (1820-1893) et Svante Arrhenius (1859-1927). Par ailleurs, quel est donc le calcul qui permet d’affirmer que chaque litre d’essence consommé produit 5 kg de CO2 ? Enfin, pourquoi ignorer les cycles astronomiques des changements climatiques, qui provoquent une glaciation tous les 100 000 ans environ ?

 

Si une certaine légèreté préside aux développements scientifiques, ce n'est pas le cas du poste « photos de la famille Gore », qui est plutôt lourd. Au point que les images et récits de la vie personnelle de l'ex vice-président des Etats-Unis laissent une sensation de malaise. Ainsi, l’accident du fils d’Al et Tipper, renversé par une voiture à l’âge de 6 ans aurait revêtu au moins un aspect positif : « J’ai reçu (…) l’obligation de me consacrer à quelque chose d’important » déclare carrément l’auteur (il n’était jusqu'alors que membre du Congrès des Etats-Unis…). Même utilisation indécente de la mort de sa sœur Nancy, d’un cancer dit « du fumeur ». Il aurait fallu le drame pour que les Gore cessent la culture du tabac. Morale de l’histoire, transposée au réchauffement climatique : n’attendons pas qu’il soit trop tard…

 

Tout cela serait de peu d’importance si le propos général était à la hauteur des intentions de l’auteur : dire « une vérité qui dérange ». Hélas ! nous baignons dans les bons sentiments gnan-gnan et l’air du temps. Ainsi, Al Gore met beaucoup d’espoir dans le « capitalisme de marché », tout comme George Bush. Et que les droits à polluer par les grandes entreprises soient négociables dans le cadre d’un système apparenté aux bourses des valeurs est perçu, et affirmé, comme une panacée. Gore préconise aussi l’achat de « compensations-carbone » pour compenser l’impact écologique des voyages par avion. Plus généralement, l’auteur ne jure que par les changements de comportements individuels : pratiquer le télé-travail (pas facile pour les cheminots, les salarié du secteur des BTP, les cuisiniers, etc.), recourir aux biocarburants (au risque des cultures vivrières) ; acheter « local » (souvent impossible), agir « politiquement » en faisant pression sur les élus ou en se présentant soi-même au Congrès [sic], consommer moins (un classique de l’écologisme nanti très à la mode dans le Lubéron), manger moins de viande (les vrais écolos seraient-ils ceux qui n'en mangent pas par nécessité ?), et limiter les déplacements « inutiles ». Chiche, sur ce dernier point ! Mais hélas ! Les conditions matérielles de cette recommandation, subordonnée à l’aménagement des territoires et à la sécurisation du travail ne sont évidemment jamais prises en compte par la jet-set écologiste (ces acteurs californiens qui roulent dans des voitures hybrides pour se rendre sur le tarmac de leurs jets privés). On attendait des Français qui s’extasient, de se rappeler par exemple que préférer les transports en commun n’est pas forcement simple dans un pays dont le réseau ferré a été diminué de moitié depuis 1930.

Pascal Acot

 

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 17:52

Les JT cassent la grève

A chaque grève son héros. En 1968, ce fut Daniel Cohn-Bendit. En novembre 2007, c’est dit, ce sera Jean-Pierre Pernaut, présentateur du 13 heures de TF1 et farouche défenseur de la veuve et de l’usager torturés par les grévistes privilégiés. Depuis lundi, Pernaut bout. Il grommelle, fait des mines et lève les sourcils. Certes, il est comme ça, Pernaut, mais tous les JT sont de la partie, accumulant les poncifs, balayant la pédagogie, relayant sans barguigner la parole gouvernementale. Au point que, chez les grévistes, on se met à virer des AG télés et journalistes. Récit d’une semaine de JT de grève.

La galère
Je suis… Je suis… Top : je suis un bâtiment de guerre, long et étroit, à un ou plusieurs rangs de rames en usage dans l’Antiquité… Je suis ? La galère, bien sûr. Les JT n’ont que ce mot-là à la bouche, entendu des dizaines de fois. Lundi, au sommaire du 20 heures de France 2, «galères en prévision». Quelques instants plus tard, c’est «une journée galère» qui se dessine. L’image est la même mardi sur TF1 à 13 heures : «Pour demain, prophétise Pernaut, on nous annonce du mauvais temps partout avec de la neige, du froid, de la pluie et du vent, un jour de galère donc pour des millions d’usagers des transports en commun». Tandis que son collègue PPDA débite de la «galère en perspective». Pas raté : dans la nuit de mardi, «la galère a commencé» sur i-Télé. Chez les voyageurs, très étonnamment, c’est la galère, ainsi que la perspicace Audrey Pulvar de France 3 le remarque : «Quelle galère !» On relèvera cette fine analyse par un anonyme jeudi de la situation des transports : «Entre le métro où c’est regalère et le train où c’est galère-galère».
L’usager
Et qui rame dans la galère ? Point de «voyageurs» ou de «passagers», mais, systématiquement, des «usagers», masse grondante et floue. A la télé, ils sont rois, victimes «résignées» (selon PPDA) de la grève «dure, dure surtout pour les usagers», clame David Pujadas, en ouverture du 20 heures de France 2 mardi. Et on le défend, l’usager. Ainsi Jean-Pierre Pernaut fulminant jeudi : «Troisième jour de galère pour les usagers qui, eux, n’ont pas le choix et doivent travailler jusqu’à 65 ans, et tous les matins.» Car, souligne-t-il mardi à l’appui de sa ligne éditoriale, «plusieurs sondages viennent confirmer l’hostilité des Français à cette nouvelle grève».
Alors on tend sans cesse le micro à l’usager afin qu’il puisse, sans crainte ni honte, s’exprimer. Plaintif : «Y en a marre, on nous prend en otage, qu’ils aillent prendre l’Elysée en otage !» (France 2, mardi à 20 heures). Revendicatif : «Faut que la France se rende compte qu’il y a des réformes qui doivent être faites» (même JT, même chaîne). Menaçant : «On va aller voir les grévistes, on va leur taper dessus» (TF1, mercredi à 20 heures). Parfois, l’usager s’organise : ainsi l’Association des usagers des gares a-t-elle eu droit à trois reportages en deux jours sur TF1 ! Emporté par son enthousiasme, PPDA annonce que l’association vient de se créer «face à cette nouvelle grève». Et qu’importe si, dans le reportage, on apprend qu’elle existe depuis 17 ans… Quand il est étudiant, l’usager devient un «antiblocage», en opposition aux «bloqueurs». Là aussi, il s’organise contre les grévistes, désignés par Jean-Pierre Pernaut sous le patibulaire vocable d’«individus» (qui ont bien mérité une volée de CRS à matraque). Chez l’antibloqueur, en revanche, «les points de vue sont nuancés» (Pernaut, toujours). Et «les étudiants distribuent des tracts, qu’on soit de gauche ou de droite». Pas grave si l’un d’eux, interrogé par la suite, est encarté à l’UNI, le très droitiste syndicat étudiant.
La débrouille
Surtout, l’usager est débrouillard. A chaque édition de chaque JT, une nuée de sujets sur «mon usager, mon plan B» ou, variante, «la famille Usager s’organise». Dimanche soir sur France 2, on filme une femme qui achète des mandarines sur un marché. Commentaire du journaliste : «Le plein de vitamines avant une semaine qui s’annonce très sportive.» Lundi et mardi, les JT alternent les reportages entre vélo, fidèle compagnon de l’usager, et covoiturage. Mercredi soir, dans un même élan, tous nos courageux usagers dorment dans les endroits les plus hétéroclites : les salariés d’un hôtel à l’hôtel («largesse d’un patron compréhensif» pour TF1 et «l’hôtelier sympa Bruno qui accorde une faveur à son personnel» sur France 2), des infirmières à l’hôpital, et, trouvaille de la Deux, des employés d’une agence d’événementiel… dans une yourte sur le toit du bureau. Ils en sont tellement contents chez France 2, de leur yourte, qu’ils y sont revenus jeudi !
Quelle grève ?
Au fait, c’est quoi, cette grève ? Qui ne s’est informé que devant les JT de la semaine n’en a aucune idée. Les journaux s’entament tous par un sujet sur le trafic, poursuivent avec nos usagers usés, quelques réactions gouvernementales ou syndicales de pure forme, mais d’explication du mouvement, point. Ou si peu. Ou si mal. Outil favori : la comparaison. Lundi soir, France 2 aligne un chauffeur de la RATP face à une conductrice d’une société privée à Rennes. Laquelle juge que «les conditions de la RATP en conduite et en stress sont pires que les nôtres». Sauf que Pujadas a d’emblée planté le décor : les deux «font le même travail». Le même soir, PPDA fait son pervers. «Revenons sur les revendications des grévistes», susurre-t-il avant de balancer un sujet en forme de foutage de gueule qui compare les cheminots d’aujourd’hui avec ceux du début du siècle dernier, à grands renforts d’images en noir et blanc de charbon qu’on enfourne dans la bête humaine ! Le lendemain, c’est un conducteur de la RATP que suit TF1. Son salaire ? 2 300 euros. La Une le donne en brut, ça fait plus.
Porte-parole
«La mobilisation syndicale se heurte à la volonté très claire du gouvernement de créer un système plus équitable de retraites, c’était dans le programme de Nicolas Sarkozy, il a été élu en partie pour ça.» Non, ce n’est pas du François Fillon, ni même du Xavier Bertrand, mais du Jean-Pierre Pernaut, ministre du 13 heures de TF1. Ça suinte de tous les sujets, de la hiérarchisation des JT, des mots choisis : la télé roule contre la grève. «La France peut-elle être réformée ?» se désespère Laurent Delahousse dimanche sur France 2. Quant à l’ineffable Jean-Marc Sylvestre, mercredi à 13 heures sur TF1, il sait : «Les syndicats ont compris que l’opinion publique ne les suivrait pas dans leur opposition systématique à une réforme in-con-tour-nable.» Et celle-là : «Notre obsession, c’est que les usagers soient le moins pénalisés par cette grève.» Non, cette fois, ce n’est pas un aveu de PPDA, de Pujadas, ni même de Pernaut, c’est du Fillon. Depuis une semaine, des millions de téléspectateurs – cinq millions pour Pujadas, sept millions pour Pernaut, près de dix millions pour PPDA – entendent les JT et le gouvernement leur parler le même langage en stéréo.
RAPHAËL GARRIGOS ET ISABELLE ROBERTS
QUOTIDIEN : samedi 17 novembre 2007

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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 17:58
TRAVAILLEURS SOLIDAIRES
OU
SOLITAIRES ?

Les gouvernements successifs, pour combler le déficit des caisses de retraites, ont exigé toujours plus de sacrifices de la part des salariés. Le remède n’était pas bon puisque le trou est devenu abysse ! Sarkozy entend intensifier le même traitement en s’attaquant aux régimes spéciaux, en augmentant le temps de travail hebdomadaire tout en augmentant le nombre d’annuités ouvrant droit aux retraites.

Une fatalité, la longévité ?
Selon Sarkozy, l’allongement du temps de vie creuse « fatalement » le déficit puisque le nombre de retraités croît sans cesse par rapport au nombre des actifs. Pour lui les solutions s’imposent d’elles-mêmes : reculer l’âge du départ à la retraite et donc faire cotiser plus longtemps pour toucher moins longtemps, et uiformiser par le bas le régime des retraites. …

Non, le masque d’une logique de classe
Ce raisonnement est mensonger. D’abord parce que les régimes spéciaux ne représentent que 1% de l’ensemble des retraites et qu’à l’exemple de celui d’EDF, certains sont excédentaires. Ensuite et surtout parce qu’il omet de prendre en compte la productivité. Celle des travailleurs français est la 1ère du monde à égalité avec celle des travailleurs US. Elle crée d’énormes richesses accaparées par les magnats de l’industrie et de la finance. Ainsi, la productivité des cheminots s’est accrue de 16% en dix ans ! Or Sarkozy fait l’impasse sur la question des cotisations patronales qui doivent alimenter pour partie les caisses de retraites. De plus, il vient de leur faire cadeau de 14 milliards de remise fiscale ! Pourtant, ce sont bien les patrons qui mettent le régime des retraites en péril.
 
Les profiteurs doivent être les payeurs
La responsabilité patronale est majeure quant au déficit des caisses de retraites. Elle tient principalement : aux dettes de cotisations qui s’élèvent à plus de 100 milliards aux suppressions d’emplois- donc d’actifs cotisants- pour cause de délocalisation ou de désengagement de l’Etat dans la fonction publique et les services. Aux manques d’investissements dans la recherche et la production au profit des investissements financiers.

Que faire ?
Prendre radicalement à contre-pied la politique du pouvoir : exiger le remboursement des dettes patronales taxer les profits financiers non créateurs de richesse interdire les délocalisations d’entreprise favoriser fiscalement les seules entreprises investissant dans la recherche et les emplois productifs. En finir avec le désengagement de l’Etat pour relancer l’activité dans le secteur public. Augmenter les salaires, sources de consommation et de cotisations supplémentaires.

Travailleurs solidaires ou retraités solitaires ? La réponse est dans les luttes. En désignant l’allongement du temps de vie comme l’unique cause du déficit des caisses de retraites, Sarkozy veut réduire les acquis sociaux avant de saborder le système de retraites par solidarité. Si les travailleurs admettaient que le prolongement de la vie était responsable du déficit du système en place, ils autoriseraient le MEDEF et l’Etat à leur imposer de se financer leur retraite eux-mêmes. Ainsi tout appelle au développement des luttes dans les entreprises et dans la rue. Des luttes rassemblant non seulement les salariés visés par la réforme des régimes spéciaux mais bien plus largement l’ensemble des travailleurs du public et du privé. C’est à ce prix seulement que nous ferons reculer le pouvoir et non pas en se contentant du débat parlementaire comme le laisse entendre le PS.
Michel Barrière
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