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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 02:09

FSM-1mai2014

Arrêter  le chômage !
S’organiser et  lutter pour un travail et une vie décents!

La Fédération Syndicale Mondiale (FSM)transmet des salutations internationalistes, et militantes de classe à ses presque  90 millions d’affiliés dans plus de 120 pays du monde, au mouvement syndical de classe orientée, à tous les travailleurs du monde entier et les appelle à honorer cette journée avec des grèves, des évènements militants  et  des manifestations.

 

Le Premier Mai de cette année trouve la classe ouvrière mondiale dans des conditions dangereuses. La recette de tous les gouvernements capitalistes et desmécanismes impérialistes (FMI, Banque Mondiale, Union Européenne, etc.) pour une ” sortie de crise ” est la même dans tous les pays : la coupe sur salaire ,la coupe sur les pensions, l’autoritarisme, l’austérité, l’élimination des droits sociaux,le chômage. Dans le même temps, les contradictions au sein du système impérialiste, comme ceux que nous assistons ces jours en Ukraine rendent la situation de la classe ouvrière encore plus dangereuse et conduit à des situations encore plus dangereuses.

 

Les sonnettes d’alarme doivent sonner ! Ces jours-ci, à l’OIT, les employeurs et les gouvernements capitalistes veulent supprimer le droit de grève. C’est pourquoi ils veulent éliminer la reconnaissance du ” droit de grève ” dans la convention 87 de l’OIT. Le droit de grève n’a pas été donné par un gouvernement ou une organisation internationale. Il a été remporté par des luttes ouvrières dures et il ne continuera d’exister que par des luttes ouvrières ! Les revendications  de la FSM : Ne touchez pas au droit de grève et appelle le mouvement international syndical de classe orientée à organiser des mobilisations massives et militants pour ledéfendre.

 

Le taux de chômage  au niveau international, frappe sans pitié la classe ouvrière et leurs enfants; il devient un levier pour augmenter l’exploitation, en particulier parmi les femmes et les jeunes de la classe ouvrière et les couches populaires. Ce Premier Mai, la FSM appelle le mouvement syndical international de classe orientée pour lutter contre le phénomène du chômage dans son ensemble : la lutte pour la survie des chômeurs, organiser les chômeurs dans les syndicats, la lutte pour les prestations sociales pour les chômeurs et lutter pour le droit à l’emploi stable et permanent pour tout le monde et lutter contre le chômage et les facteurs qui génèrent ce phénomène. Faisons de ce Premier  Mai, un point de départ pour la préparation de la Journée internationale d’actionde la FSMdu 3 Octobre 2014, qui a pour thème central la lutte contre le chômage. Parce que, le chômage est un phénomène inhérent au système capitaliste.
 

 

Travailleurs du monde entier,

 

Il n’y a aucune raison pour que notre classe ouvrière doit vivre dans la pauvreté, le chômage, souffre de la faim, des guerres impérialistes ou manque de soins de santé et d’éducation publics et gratuits. La FSM appelle tous les travailleurs à s’unir sous ses bannières, de faire la  grève, de faire une marche militante, de défendre le droit de grève, la lutte pour le travail stable et constante pour tous, pour les libertés syndicales et des droits sociaux.

 

L’avenir de la classe ouvrière ne peut pas être l’exploitation et la barbarie capitaliste. La FSM pour ce Premier Mai et pour tous les jours fait un appel à tous les travailleurs, sur la base du slogan principal du «Pacte d’Athènes”, notre principal document de politique et syndical,  voté au 16ème Congrès Mondial en 2011:

 

«Que les travailleurs se lèvent!
Contre la barbarie capitaliste, pour la justice sociale,
pour un monde sans exploitation! »

 

LE SECRÉTARIAT de la FSM

Le 23 avril 2014

 

SOURCE

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 07:01

premier-mai-fete-travailleurs

Le Premier mai ou journée internationale des travailleurs est une fête internationale instaurée à l'origine comme journée annuelle de grève pour la réduction du temps de travail, qui devint rapidement une journée de célébration des combats des travailleurs.

 

La fête internationale tire son origine des combats du mouvement ouvrier pour obtenir la journée de huit heures, à la fin du XIXème siècle.

 

Aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de débuter leur action le 1er mai, date du "moving day" parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là, l'ouvrier devant déménager (d'où le terme de moving day) pour retrouver du travail.

 

La grève générale du 1er mai 1886 est largement suivie. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays.

 

À Chicago, la grève se prolonge dans certaines entreprises, et le 3 mai 1886, une manifestation fait 6 morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester.

 

Le lendemain a lieu une marche de protestation.

 

En 1889, la IIe Internationale socialiste se réunit à Paris, à l'occasion du centenaire de la Révolution française et de l’exposition universelle.

 

Sur une proposition de Raymond Lavigne, cette Internationale décide le 20 juillet 1889 de faire de chaque 1er mai une journée de manifestation avec pour objectif la réduction de la journée de travail à huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé).

 

À l'époque, la durée de la journée de travail est de 10 h, voire plus, dans la plupart des pays industrialisés.

 

Le 1er mai 1890, l'événement est ainsi célébré dans la plupart des pays, avec des participations diverses.

 

Le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, en France, la manifestation tourne au drame : la police tire sur les ouvriers et fait neuf morts (voir la Fusillade de Fourmies et affaire de Clichy). Avec ce nouveau drame, le 1er mai s’enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens. Les militants épinglent une églantine écarlate (Rosa canina ou Rosa rubiginosa), fleur traditionnelle du Nord, en souvenir du sang versé et en référence à Fabre d'Eglantine.

Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai.

En 1920, l'Union Soviétique décide que le 1er mai sera désormais chômé et deviendra la fête légale des travailleurs.

 

Le 24 avril 1941, Pétain instaure officiellement par la loi Belin le 1er mai comme « la fête du Travail et de la Concorde sociale », appliquant ainsi la devise Travail, Famille, Patrie : le régime pétainiste, fasciste, débaptise « la fête des travailleurs » qui faisait trop référence à la lutte des classes.

 

A l’initiative de René Belin, ancien dirigeant de l’aile anticommuniste de la CGT (Confédération générale du travail) devenu secrétaire d’État au travail dans le gouvernement de François Darlan, le jour devient férié, chômé et payé. La radio ne manque pas de souligner que le 1er mai coïncide aussi avec la fête du saint patron du maréchal, saint Philippe. L’églantine rouge, associée à la gauche, est remplacée par le muguet. Cette fête disparaît à la Libération.

 

Une histoire plus complète ici : http://www.uniteouvriere.org/index.php/mai

 
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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 07:16

Lu sur El Diablo

 

Lvov-pro-nazis.jpgAnciens combattants de la milice collabo UPA défilant en 2013 à Lvov

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Le conseil municipal de Lvov a annoncé que les 8 et 9 mai seront des jours de deuil pour les personnes tuées pendant la Seconde Guerre mondiale et les victimes du régime totalitaire et lors de ces journées seront interdites l'utilisation des symboles soviétiques, nazis et communistes.


Selon un membre du parti "Svoboda" Lioubomir MELNITCHOUK, Lvov en tant que ville européenne doit honorer les morts de la Seconde Guerre mondiale conformément à la pratique européenne.


Le conseil municipal a décidé que les 8 et 9 mai de mettre les drapeaux en berne dans la ville Lvov, il n'y aura ni divertissements, ni festivités, ainsi que sera interdite l'utilisation de feux d'artifices et interdite l'utilisation ces jours-là dans la ville des symboles soviétiques, nazis et communistes.

MELNITCHOUK a motivé l'initiative de l'adoption de cette décision pour ne pas tolérer des provocations dans la ville. Plus tôt cette semaine, il a été rapporté dans les médias que le forces de l'ordre la région de Lvov , à partir du 7 mai , placera sous protection les monuments commémoratifs de la guerre.


Comme à Chisinau, en Moldavie, au nom de l'européanisation de la politique et de la société les autorités locales annulent les fêtes de la victoire soviétique sur le fascisme. Le but idéologique de ce type de pratique est simple : délégitimer la contribution principale de l'URSS à la victoire sur l'Allemagne nazie et ainsi dire : "cette victoire était le passage d'un totalitarisme à un autre" et que collaborer avec l'Allemagne nazie, finalement, n'était pas si grave. Et donc, comme chaque année, le défilé des anciens miliciens de l'UPA (armée insurrectionnelle ukrainienne) et autres groupes collaborationnistes sera autorisé. Car, si les symboles nazis seront interdits, il n'en sera pas de même pour ceux des organisations "nationalistes" ukrainiennes ayant collaboré avec l'Allemagne nazie.



Cette action russophobe n'aura pas pour effet de renouer l'unité de l'Ukraine, bien au contraire. Les fascistes du maïdan ivres de leur victoire, continuent de cracher à la figure du peuple de l'Est et du Sud de l'Ukraine qui considère que les sacrifices faits pour la victoire sur le fascisme comme l'action héroïque des peuples de l'URSS et, bien sûr du peuple ukrainien ne va pas prendre cette nouvelle autrement qu'une invitation à quitter l'Etat ukrainien.

Dans un tel contexte on peut se demander qui sont les "séparatistes"...

 

Source :

http://rusvesna.su/news/1398066041

 

Lu sur Le monde russe

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 17:00

meeting-boycott-26avril2014

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 07:26

Marché transatlantiqueDepuis plusieurs mois, je suis attentivement les « négociations transatlantiques », c’est à dire les négociations visant à l’établissement d’un accord de libre échange entre les Etats-Unis et l’Union européenne. De part la taille du marché qui en découlera, ces négociations passionnent et inquiètent.

Pourtant, d’autres négociations toutes aussi importantes sont en cours d’achèvement sans que les médias ne s’y intéressent vraiment. Depuis cinq ans, la Commission européenne négocie avec le Canada un accord de libre échange.

Cet article vise à faire le point sur l’historique des négociations, ses principaux enjeux, l’avis des parties prenantes européennes et le calendrier d’aboutissement.

Historique

Le 18 octobre 2013, l’UE et le Canada sont parvenus à un accord sur les éléments essentiels de l’accord. La signature de l’accord par Monsieur Barroso, Président de la Commission européenne, et Monsieur Harper, Premier ministre canadien, a mis en lumière ces négociations méconnues.

Ce Traité est dénommé « Accord économique et commercial global » (AECG) ou, en anglais, Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA).

L’ accord de renforcement du commerce et de l’investissement

La volonté d’ouvrir les échanges entre le Canada et l’Union européenne ne date pas d’hier. Lors du Sommet Canada-UE du 18 mars 2004, les dirigeants ont adopté un cadre pour un nouvel accord de renforcement du commerce et de l’investissement (ARCI ou TIEA pour Trade and Investment Enhancement Agreemetent).

L’ARCI visait à aller au-delà des questions traditionnelles d’accès aux marchés, pour comprendre des domaines comme la facilitation du commerce et des investissements, la concurrence, la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, les services financiers, le commerce électronique, etc.

Des progrès notables ont été réalisés sur l’ARCI jusqu’en 2006, année où le Canada et l’UE ont décidé ensemble d’interrompre les négociations pour se lancer dans un accord plus vaste et ambitieux.

L’accord économique et commercial global

Les négociations de l’AECG ont été lancées lors du Sommet UE-Canada du 6 mai 2009 à Prague suite à la publication en octobre 2008 d’une étude conjointe (Commission européenne, gouvernement canadien) sur les bénéfices à attendre de la conclusion d’un accord (1).
L’étude gagnerait surement à être réactualisée mais, à l’époque, elle concluait sur des gains d’environ 11 milliards d’euros pour l’UE et une augmentation de 24 % des exportations vers le Canada.

Lors du Sommet du 17 octobre 2008, les dirigeants de l’Union européenne (UE) et du Canada ont convenu de « définir le périmètre d’un accord économique approfondi et d’établir les points critiques pour son aboutissement » .
Le Groupe mixte chargé de définir le périmètre d’un éventuel accord économique approfondi s’est réuni trois fois, le 20 novembre, le 3 décembre 2008 et du 21 au 23 janvier 2009, et a discuté en profondeur des questions et sujets qui en feraient partie.
En mars 2009, deux mois avant le début des négociations, les deux parties se sont entendues sur un rapport conjoint « sur l’établissement de la portée de l’accord économique approfondi » .

Depuis 2009, treize cycles de négociations se sont tenus, le dernier en octobre 2012 à Bruxelles.

Le 12 février dernier, le gouvernement canadien a organisé une rencontre avec plus de 20 ambassadeurs de pays membres de l’Union européenne (UE) au Canada afin de célébrer la signature de l’accord.

En attendant l’accord …

Sur le site de la Commission européenne, on apprend que les relations commerciales actuelles avec le Canada sont guidées par un accord-cadre de coopération commerciale et économique en vigueur depuis 1976. L’UE et le Canada se réunissent chaque année au sein de sommets bilatéraux et au sein du Comité mixte de coopération pour examiner une série de questions relatives à l’UE-Canada relations économiques et commerciales.

Au fil des ans, un certain nombre d’accords bilatéraux supplémentaires visant à faciliter les échanges commerciaux UE-Canada ont été conclus.
En 1997, un accord a été signé afin de favoriser une coopération plus étroite entre l’UE et les administrateurs des douanes canadiennes.
L’Accord vétérinaire de 1999 vise à améliorer les échanges bilatéraux dans les animaux vivants et de produits animaux.
Les accords les plus récents sont l’accord des vins et spiritueux (2003), l’accord sur la sécurité de l’aviation civile (2009) et l’accord de transport aérien global (2009).

Les principaux enjeux et points de discorde

Il existe très peu d’informations disponibles sur le site de la Commission européenne concernant les domaines visés par les négociations ni l’état d’avancement de ces dernières. Seule une communication datée du jour de la signature du projet d’accord, en octobre 2013, nous donne les principales dispositions de l’accord.

En revanche, un site canadien, consacré à la publicité de cet accord, nous communique des informations (en français) beaucoup plus exhaustives.

L’accord UE-Canada entend supprimer plus de 99% des droits de douane entre les deux entités et créer de nouvelles possibilités d’accès aux marchés dans le commerce des services, en particulier les services financiers, les télécommunications, l’énergie et les transports. Pour la première fois, tous les niveaux de gouvernement canadiens vont ouvrir leurs marchés publics aux fournisseurs européens. L’accord entend également encourager l’échange de main-d’œuvre.
Aussi, comme dans les négociations en cours avec les Etats-Unis, la culture a été exclue de l’accord.

L’agriculture

L’agriculture est un autre secteur qui est susceptible d’être impacté par les accords de libre-échange, principalement parce que nos partenaires sont intéressés par notre marché. Le Canada est, par exemple, très offensif dans ce domaine. Il faudra bien trouver des compromis, car, si ce pays ne trouve pas son intérêt dans un accord, celui-ci ne sera pas signé. À nous de déterminer ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.
Karel de Gucht, 16 janvier 2014

Dans le communiqué de presse du ministère du commerce extérieur relatif à la signature du projet d’accord, la ministre Nicole Bricq exprimait sa préoccupation quant aux conséquences de cet accord sur les filières de viandes.

La Commission indique, qu’en ce qui concerne les produits jugés sensibles (les produits laitiers pour le Canada; le bœuf, le porc et le maïs doux pour l’UE), il a été convenu qu’un nouvel accès au marché, représentant respectivement 1 % et 1,9 % supplémentaires de lignes tarifaires, sera accordé sous la forme de contingents tarifaires.
Concrètement, environ 45000 tonnes de bœuf canadien pourront être exportées vers l’UE. Au total, les exportations de bœuf canadien à destination de l’Europe seront ainsi multipliées par plus de quatre pour atteindre 65 000 tonnes.
Parallèlement, les exportations de porc canadien seront elles aussi stimulées : de 6 000 tonnes actuellement, le quota annuel sera augmenté à près de 80 000 tonnes.
En échange, le Canada a accepté de doubler le quota de fromages européens admis sans droits tarifaires. Ces importations passeront ainsi de 20 000 tonnes par an à 37 000 tonnes (2).

Concernant les produits agricoles préparés (PAP), notamment les vins et spiritueux, très exportés par l’UE, tous les droits seront éliminés.

De même, la plupart des droits dans le domaine de la pêche seront éliminés dès l’entrée en vigueur de l’accord.

La protection des investissementsMarché transatlantique

La Commission a négocié des dispositions visant à protéger les investisseurs européens au Canada, afin de leur garantir l’absence de discrimination, un traitement juste et équitable et une indemnisation appropriée en cas d’expropriation.

Pour garantir ces éléments, l’accord prévoit un mécanisme de règlement des différends entre État et investisseurs, plus couramment connu sous le nom de « tribunal d’arbitrage » .

Ce mécanisme doit être utilisé en dernier ressort si les parties ne parviennent pas à résoudre les désaccords relatifs à l’interprétation et à la mise en œuvre des dispositions de l’accord. Dans ces conditions, les parties peuvent demander la mise sur pied d’une instance d’arbitrage composée d’experts juridiques indépendants.

Sur son site, la Commission européenne indique que « les dispositions en matière de protection de l’investissement préservent totalement le droit des parties de réglementer et de mettre en œuvre les objectifs de leur politique publique » .

Pour garantir cela, la Commission européenne indique qu’une définition précise du principe de traitement juste et équitable devrait être établie, afin d’assurer des orientations claires pour les tribunaux et éviter ainsi toute interprétation trop large du droit.
Euractiv nous apprend cependant que l’établissement d’une liste « exhaustive » pour définir le principe de traitement juste et équitable a été abandonné.

Beaucoup de voix s’élèvent contre l’instauration d’un tel mécanisme, jugeant qu’il pourrait conduire les entreprises privées à porter plainte abusivement contre les Etats. Dans les négociations en cours avec les Etats-Unis, les Etats européens semblent de moins en moins enclins au maintien de ce mécanisme (en l’ayant cependant prévu dans le mandat de négociations). Une consultation publique est en cours. Cette levée de bouclier pourrait toucher l’Accord avec le Canada.

En tout cas, le maintien de telles dispositions dans l’AECG rendraient les débats relatifs au TTIP/TAFTA tout à fait inutiles, tant les liens entre les Etats-Unis et le Canada sont étroits.

Pour plus d’informations, vous pouvez lire la note de la Commission européenne à ce sujet ainsi que l’article consacré aux tribunaux d’arbitrage et publié sur ce blog.

Les droits de propriété intellectuelle

La question des droits de propriété intellectuelle est, avec celle des tribunaux d’arbitrage et de l’agriculture, un point clé des négociations. Beaucoup s’inquiètent de retrouver dans l’accord avec le Canada des dispositions refusées dans le cadre d’ACTA.
En juillet 2012, quelques jours après le rejet d’ACTA par le Parlement européen, Michel Geist, un professeur de droit canadien, a révélé sur son blog une version de l’accord EU-Canada datant de février 2012 reprenant des pans entiers du traité ACTA.
En aout, dans une réponse à une question parlementaire, Karel de Gucht, commissaire européen en charge du commerce, explique que les passages litigieux de l’accord relatifs aux droits de propriété intellectuelle seraient révisés pour tenir compte du vote du Parlement européen.
En décembre dernier, le projet de Traité relatif à la propriété intellectuelle a fuité. Vous pouvez le retrouver sur le site de la Quadrature du Net.

Concernant les indications géographiques, l’accord est sensé assurer une meilleure protection des « produits agricoles phares » , par exemple le Roquefort, qui pourront désormais être commercialisés sous leur dénomination au Canada, ce qui n’était pas le cas pendant plus de 20 ans.

Sur le site du Canada, on apprend cependant que la protection pourrait être moins importante que prévue :
- certaines indications géographiques de l’UE pourront continuer à être utilisées sur le marché canadien, dans les deux langues officielles (français et anglais), et ce, peu importe l’origine du produit (exemple : parmesan);
- d’autres pourront être continuer à être utilisées pour autant qu’ils soient accompagnés d’expressions comme « sorte », « type », « style », « imitation » ou autre expression similaire (exemple : feta, gorgonzola et munster);
- d’autres encore pourront être utilisés sans mention de l’origine traditionnelle (exemple: « brie de Meaux » sera protégé, mais le terme brie pourra être utilisé seul);
- le Canada n’a pas accepté de protéger le terme français « noix de Grenoble » .

L’avis des eurodéputés

Malgré les quelques réserves du Parlement européen relatives à ACTA, le principe d’un accord de libre échange entre l’UE et le Canada a toujours été soutenu.

Le 8 juin 2011 (3), les eurodéputés ont approuvé une résolution relative aux relations commerciales entre les deux parties. Si le Parlement « se félicite des avancées réalisées dans les négociations sur l’accord économique et commercial global et encourage la Commission à poursuivre les consultations » , plusieurs réserves sont néanmoins apportées :
- la nécessité de voir l’accord respecté par les provinces canadiennes,
- le souhait d’un « mécanisme de règlement des litiges potentiels entre les investisseurs et l’État [qui] n’entrave pas la future législation dans certains domaines d’action sensibles, comme la législation relative à l’environnement » , notamment les OGM
- une préoccupation sur l’impact environnemental de l’extraction de sable bitumineux
- l’appel à la Commission de rester ferme « quant à la position de l’Union sur l’interdiction des produits dérivés du phoque » .

Le 10 décembre 2013, dernier vote à ce sujet (3), 509 parlementaires ont voté en faveur des négociations, seulement 111 députés se sont opposés à la résolution (et 39 votes blancs). Parmi les eurodéputés français, les centristes, libéraux et socialistes ont voté pour. Seule Corinne Lepage a voté contre. Les écologistes ont voté contre. Les députés de la gauche radicale ont également voté contre, et ce, en ne respectant pas la consigne de vote du groupe GUE (vote blanc); seul Younous Omarjee a voté blanc. Plus surprenant encore, Bruno Gollnisch a voté blanc.

Cette fois-ci, la résolution est beaucoup moins réservée, appelant « l’ensemble des parties prenantes à parapher et à signer l’accord de partenariat stratégique et l’accord commercial et économique global dans les meilleurs délais et à souligner leur complémentarité » .

Côté français

A l’Assemblée nationale, les députés français semblent s’emparer très timidement du sujet.

En décembre 2012, Marc Le Fur interrogeait le gouvernement sur les exportations de bœuf canadien à destination de l’Union européenne.
Trois mois plus tard, Monsieur Le Fur interrogeait de nouveau ministère de l’agriculture sur les conséquences des accords de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne pour la filière viti-vinicole française.
Plus récemment, la députée marseillaise Sylvie Andrieux s’inquiétait de la possibilité de réserver une part des marchés publics de l’UE aux petites, moyennes et très petites entreprises européennes si l’accord UE-Canada était approuvé. Aucune réponse n’a encore été apportée par le gouvernement.

A ma connaissance, un seul rapport d’information a été établi par l’Assemblée nationale. Il a été commandé en 2009 à Annick Girardin, alors députée de Saint Pierre et Miquelon, et déposé en mars 2011.

Ce rapport alertait sur des négociations qui s’inscrivent « sur fond de nombreux contentieux portés à l’OMC : viande aux hormones de croissance, OGM, indications géographiques, produits dérivés du phoque » . Il donnerait naissance, selon Madame Girardin, à « un accord serait plutôt favorable pour le Canada et neutre pour l’Union européenne » de par « la différence de taille entre les deux économies » .

La Commission européenne a trop tendance à accumuler des concessions sur l’agriculture en vue d’obtenir un meilleur accès au marché des pays tiers pour les produits industriels et les services, l’agriculture servant ainsi de « variable d’ajustement » .

La députée s’inquiétait également du risque que par l’accord « le Canada constitue une porte d’entrée sur l’Europe des produits américains ou mexicains » .

Enfin, elle mettait en avant que « la Commission européenne n’informe pas de façon adéquate le Parlement européen » et que « les intérêts des pays et territoires d’outre mer ne sont pas pris en compte lors des négociations commerciales » , notamment sur Saint-Pierre et Miquelon dont elle est la députée.

Le 16 janvier dernier, Karel de Gucht, commissaire européen en charge du commerce, a été auditionné par la Commission en charge des affaires européennes de l’Assemblée nationale.
Ce fut l’occasion pour les députés de l’interroger sur les négociations. Cependant, peu de réponses précises ont été apportées.
Pour l’anecdote, lorsque Christophe Caresche, député socialiste l’interroge sur les conséquences sur les produits français, de meilleure qualité, le commissaire lui répond que « la question n’est pas là » . L’important c’est « la compétitivité » .

Le calendrier à venir

La question est désormais de savoir sous quel délai l’accord sera porté à la ratification.

Comme je j’expliquais pour l’accord avec les Etats-Unis, les Parlements nationaux ne seront vraisemblablement pas consultés, l’accord ne comprenant que des dispositions découlant de compétences de l’UE.
Sa ratification se fera selon la procédure législative ordinaire : adoption conjointe par le Parlement européen et le Conseil de l’UE (composé des 28 ministres du commerce extérieur).

Coté canadien, le gouvernement fédéral est pleinement responsable de la mise en ouvre et du respect des traités internationaux. Cependant, certaines obligations relevant de la compétence des provinces et des territoires (notamment l’ouverture des marchés publics), ces derniers semblent avoir été bien impliqués dans les négociations afin d’éviter des oppositions lors de la mise en œuvre de l’accord.

De fait, « les provinces et territoires canadiens [ont joué] un rôle davantage proactif que les États membres de l’UE lors des présentes négociations visant à conclure un AECG entre le Canada et l’UE » (4).

Malgré la signature de l’accord à l’automne dernier, la ratification ne semble pas être à l’ordre du jour. L’audition de Karel de Gucht à l’Assemblée nationale, ci-dessus évoquée, a indiqué des européens étaient « très proches de la conclusion d’un accord de libre échange avec le Canada » mais continuait à parler des négociations au présent et indiquait que des compromis devaient encore être trouvés.

Au Parlement européen, les députés n’ont toujours pas reçu le texte final de l’accord. Certains sujets dont le fameux règlement des différends investisseurs – État sont encore en cours de négociation.

Il faudra vraisemblablement attendre le second semestre 2014 pour y voir plus clair.

Merci d’avance à tous ceux qui publient/relaient mes articles. Merci cependant de sélectionner un extrait et de mettre le lien vers l’article original! Magali

Les chapitres « propriété intellectuelle », « coopération réglementaire », « protection des investissements » et « investissement » ont fuité. Ils sont disponibles, en anglais, sur le site de la Quadrature du Net.

(1) Évaluation des couts et des avantages d’un partenariat économique plus étroit entre l’Union européenne et le Canada
(2) Source: L’Actualite.com
(3) Ce sont là les deux seuls votes du Parlement européen que j’ai trouvé sur le sujet.

(4) Source : Parlement canadien

 

Je m’appelle Magali Pernin. 
Je suis juriste en droit public, diplômée de l’Institut d’études politiques d’Aix en Provence.
Gouvernance économique européenne et institutions

Ayant beaucoup travaillé sur les questions européennes, je vous fais part au sein de ce blog de mes analyses concernant les réformes institutionnelles, économiques et commerciales de l’Union Européenne. Spécialisée dans les questions de gouvernance économique, j’ai contribué à faire connaitre en France les différentes réformes telles que le Six-Pack et le Two-Pack par exemple.

Marché Transatlantique et Libre Echange

Je travaille également beaucoup sur la négociation transatlantique qui est en cours en vue d’obtenir un grand marché transatlantique dans les prochaines années, ainsi que sur les questions de libre échange plus généralement.

Je tiens un journal Scoop it qui rassemble les articles ayant trait aux négociations transatlantiques. Vous pouvez vous y abonner et recevoir par mail cette veille en cliquant ici.

 

 

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 08:47
Plus de 80 députés PS
jugent dangereux
le plan d'économies de Manuel Valls
"Il y a un rejet au point que la dissolution ne fait pas peur à certains qui disent 'je préfère perdre en gardant mon honneur, sinon c'est la honte qui s'ajoute à la défaite'." déclare un député PS

CHICHE !

Plus de 80 députés socialistes et une demi-douzaine d'autres élus du parti majoritaire jugent dangereux le plan d'économies présenté par Manuel Valls et s'opposent au gel de prestations sociales, dans une lettre adressée jeudi au Premier ministre. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic

 

 Plus de 80 députés PS et une demi-douzaine d'autres élus du parti majoritaire jugent dangereux le plan d'économies présenté par Manuel Valls et s'opposent au gel de prestations sociales, dans une lettre adressée jeudi au Premier ministre.

Les signataires de cette missive, en partie issus de l'aile gauche du PS mais aussi des proches de la maire socialiste de Lille, Martine Aubry, demandent également un report de l'objectif de retour des déficits publics à 3% du PIB en 2015.

"Nous estimons dangereux économiquement (...) et contraire aux engagements pris devant nos électeurs ce plan de 50 milliards d'économies", écrivent-ils dans cette lettre dont Reuters a obtenu une copie.

Au-delà de 35 milliards d'euros de réduction des dépenses publiques, ils estiment que les "reculs sociaux" et la "mise à mal des services publics seront inéluctables".

Dans leur missive, ils estiment que l'effort demandé aux collectivités territoriales (11 milliards d'euros) risque de "briser l'investissement local".

Ils réclament un appel à projets d'investissements à hauteur de cinq milliards d'euros en direction de ces collectivités et un effort de cinq milliards en faveur du pouvoir d'achat en 2015, en plus des cinq milliards déjà prévus.

Ils demandent enfin à celui-ci de dégager un milliard d'euros pour financer 50.000 emplois aidés supplémentaires et un plan pour les chômeurs de longue durée.

Les 50 milliards de réduction des dépenses publiques sont censés contribuer au rééquilibrage des finances de l'Etat.

A 14 jours de l'examen par le Parlement du programme pluriannuel de stabilité budgétaire qui sera soumis à la Commission européenne, les signataires exigent une "trajectoire plus crédible" que celle qui est officiellement envisagée.

"Cet objectif de passer sous la barre des 3% pourrait être maintenu mais décalé dans le temps", écrivent-ils.

Ils souhaitent notamment que les dépenses de défense ne soient pas comptabilisées dans les déficits publics et que les aides aux entreprises soient ciblées sur l'industrie.

Ils ajoutent que leurs propositions guideront leurs votes lors des prochains rendez-vous avec le Parlement - programme de stabilité, programme de réformes, collectif budgétaire, lois de finances et de financement de la Sécurité sociale - et émettent le souhait d'en discuter avec le Premier ministre.

Ce sont les animateurs de cet appel qui se sont fait le plus entendre mercredi après la présentation du plan d'économies par le Premier ministre.

Les chefs de file du groupe socialiste à l'Assemblée se disent convaincus que Manuel Valls aura une majorité pour voter le programme de stabilité budgétaire le 30 avril.

Mais un député confiait jeudi avoir constaté à l'Assemblée "un niveau d'embrasement assez inégalé" : "Il y a un rejet au point que la dissolution ne fait pas peur à certains qui disent 'je préfère perdre en gardant mon honneur, sinon c'est la honte qui s'ajoute à la défaite'."

"Le problème, c'est François Hollande", ajoute cet élu, selon qui le chef de l'Etat socialiste "a perdu ce qui faisait sa force, qu'il aimait les gens plutôt que l'argent"

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 16:49

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Qui a dit que rien ne bougeait en Chine ? Depuis plusieurs mois une vague de grèves remet en cause la toute-puissance des multi-nationales, rendue possible par la connivence du gouvernement, et permet d'arracher certains droits, certaines revalorisations salariales.

 

Ce mercredi 16 avril, on attaque le troisième jour de grève dans les usines du groupe taiwanais « Yue Yuen » à Dongguan, dans la province de Guangdong, dans le sud-ouest de la Chine, aux portes de Hong-Kong.

 

Ce sont d'abord 10 000 salariés le lundi, puis plus de 40 000 ouvriers répartis sur les six sites du groupe qui ont arrêté le travail, dans ce qui constitue peut-être la plus grande grève de ces dernières années sur le territoire chinois.

 

La grève s'est accompagnée de sit-in, de manifestations aux abords des sites de production, la principale mobilisant lundi plusieurs milliers de salariés. La police a alors répondu par un assaut, et l'incarcération de ceux qui portaient des banderoles et pancartes de protestation.

Les ouvriers de « Yue Yuen » avaient déjà lancé une journée de grève le 5 avril dernier. Ils exigent le paiement d'arriérés de cotisations sociales patronales et donc de prestations sociales, ainsi que les subventions-logement auxquels ils ont droit selon la loi chinoise.

Or, l'entreprise taiwanaiseet les autorités publiques chinoises – locales ou nationales – se sont entendues pour dissimuler à une partie des travailleurs migrants leur droit à l'adhésion à un système de sécurité sociale, tandis que la majorité a bénéficié de taux de cotisations sensiblement inférieurs à la norme, profitant de l'opacité du système de protection sociale.

Le scandale a éclaté lorsqu'un salarié de l'entreprise, après 18 ans de service dans la boîte, s'est retrouvé avec une pension d'un niveau ridiculement bas. Selon certaines estimations, l'entreprise aurait en moyenne évité de payer les cotisations dues de 20 € (200 yuan) par mois depuis deux décennies.

« Yue Yuen » n'est pas n'importe quelle entreprise, elle se définit elle-même comme le « plus grand producteur de chaussures » du monde avec 300 millions d'unités à l'année, l'entreprise étant le fournisseur privilégié d'Adidas, Nike, Reebok, Asics, Converse ou encore Timberland.

Le principal site se trouve en Chine, mais l'entreprise a également d'autres lieux de production, Indonésie, Vietnam et même Mexique.

 

Des grèves dans tous les secteurs en Chine …

la classe ouvrière s'organise, les multi-nationales contraintes de reculer !

 

Il serait fastidieux de citer tous les cas de mouvements de grèves qui ont touché la Chine ces derniers mois. Selon le China Labour Bulletin, la Chine aurait connu 1 171 grèves entre juin 2011 et décembre 2013.

 

Sur les trois premiers mois de 2014, on compte déjà 202 mouvements de grève, 31 % de plus que l'an passé, dont 119 pour le seul mois de mars.

Des grèves concentrées pour 40 % dans l'industrie, et à plus de 60 % dans la province de Guangdong (Canton), où se trouve notamment la Zone économique spéciale (ZES) de Shenzhen. Les secteurs des transports, de la santé et de l'éducation ont également été touchés.

 

Parmi les entreprises concernées durant ces derniers mois par ces mobilisations, on retrouve quelques-unes des principales multi-nationales : Samsung, IBM, Wal-Mart, Nokia.

Dans ces mouvements de grève qui ont impliqué à chaque fois plusieurs milliers de travailleurs, on trouve les mêmes revendications : hausse des salaires mais aussi bataille pour les droits à la Sécurité sociale, le paiement des arriérés, pour garder les emplois, pour faire respecter leurs droits.

Toujours, selon le China Labour Bulletin, un tiers des grèves dans le secteur industriel ont trait au paiement d'arriérés de salaire, un quart au maintien d'emplois et à l'obtention d'indemnités en cas de plan social – ce qui révèle l'ampleur du phénomène de fermeture/relocalisation d'usines en Chine – et moins d'un dixième portent spécifiquement sur des hausses de salaire.

 

Des mouvements de grève avaient déjà frappé le secteur du textile, de la production de chaussures avec le mouvement dans l'usine de Ciyu, dans la ville de Shenzhen.

Ciyu fournit les marques américaines New Balance et Crocs. Lors d'un changement de donneur d'ordres, le salaire des ouvriers avait été brusquement divisé par deux en mars – passant de 600 à 300 $ – provoquant une grève de trois jours pour réclamer le maintien des salaires.

 

Les ouvriers sont soumis à des procédures d'intimidation, de division entre les salariés comme chez Wal-Mart qui a prévu de supprimer 20 de ses grands magasins en Chine, dont celui de Changde (province de Hunan, au sud-est du pays) occupé depuis un mois par une centaine de salariés.

A l'annonce du plan de licenciement le 4 mars, la direction laisse deux semaines aux salariés pour accepter le plan avec proposition de « mutation interne » sachant qu'il n'y a aucun Wal-Mart à moins de 150 km. Une proposition bien entendue refusée par les salariés.

Dès lors, la direction tente de déloger par la force les occupants, propose à certains de les acheter en leur proposant des primes de licenciement, mais les travailleurs tiennent bon unis derrière une structure syndicale forte.

 

La lutte a payé, elle a déjà fait reculer les multi-nationales. Ce fut le cas chez Samsung, réputée pour ses pratiques anti-syndicales.

Une grève a commencé le 27 mars, touchant d'abord les chaînes d'assemblage où les ouvriers sont soumis à des cadences inhumaines (4 secondes pour assembler un portable, 10 h par jour, 6 jours sur 7), elle s'est étendue à tous les départements après l'annonce de la décision de l'entreprise sud-coréenne de déduire les cotisations sociales patronales du salaire des travailleurs.

Finalement, face à l'ampleur d'un mouvement qui a uni les 5 000 salariés du site de Dongguan, toujours dans la province de Guangdong, la direction a reculé, acceptant de doubler les primes, de majorer le taux salarial des heures supplémentaires. Une victoire symbolique forte.

 

La Chine populaire … devenue paradis des milliardaires !

 

Pas facile de s'organiser dans un pays dirigé par un Parti communiste censé représenter les intérêts des ouvriers, des paysans, des salariés mais de plus en plus au service des grandes fortunes chinoises, et des multi-nationales.


La Chine est le pays où le développement des millionnaires et milliardaires est le plus spectaculaire. En dix ans, la Chine a vu son nombre de millionnaires multiplié par sept, passant de 147 000 en 2002 à 858 000 en 2012.

Le pays a vu son nombre de milliardaires doubler en deux ans, de 2010 à 2012, passant de 189 à 356, selon le classement chinois Hurun. La Chine est désormais le deuxième pays pour son nombre de milliardaires derrière les Etats-unis.

 

Plus frappant, le Congrès du peuple compte désormais 83 milliardaires, qui totalisent une fortune globale de 100 milliards de $, soit 15 fois plus que tous les membres du Congrès américain réunis !

Des milliardaires évidemment encartés au Parti communiste, tout comme un tiers des millionnaires qui ont leur carte au « parti des ouvriers et des paysans », au parti héritier de Mao.

Un tableau troublant, hélas confirmé par la répartition de la valeur ajoutée entre capital et travail, de plus en plus favorable au premier.

 

La part dévolue aux salaires est passée de 53 % en 1980 à 42 % en 2007, même si la courbe est depuis légèrement revenue à la hausse, effet des luttes menées par les travailleurs chinois essentiellement.

La Chine se caractérise également par des inégalités croissantes, entre riches et pauvres, espaces urbains et campagnes, capital et travail.

 

Même si la persistance d'une partie de l'héritage communiste, notamment certains filets de protection sociale, permet de les atténuer par rapport à certains autres pays dits « émergents », inscrits dans la trajectoire d'un système capitaliste permanent.

Ainsi, si ces grèves sont souvent déclenchées par le non-respect de la loi par ces entreprises, le paiement d'arriérés de cotisations sociales, la bataille pour des droits sociaux au logement ou à la santé, c'est souvent que ces droits existent en Chine, même si ils tombent en déshérence.

 

Les salaires qui sont l'objet d'âpres luttes entre employeurs et salariés se chiffrent souvent entre 200 et 600 $, là où au Bangladesh ou en Indonésie, les salaires tournent généralement autour du seuil de pauvreté absolue, soit 1 ou 2 $ par jour.

 

Quoi qu'il en soit, nous ne pouvons qu'exprimer notre solidarité avec la lutte des ouvriers chinois dans l' « atelier du monde » : ce sont les chaussures qu'ils fabriquent que nous portons, à nous de les soutenir pour qu'ils obtiennent la juste rémunération de leur travail !

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 15:52

La dépense militaire revient à la guerre froide

L'art de la guerre
Dépenses militaires

Tandis que la stratégie USA/OTAN, avec la crise ukrainienne, provoque un affrontement Ouest-Est qui ramène l’Europe à une situation, par certains aspects, analogue à celle de la guerre froide, les données publiées hier par le Sipri confirment que la dépense militaire mondiale (calculée net d’inflation pour la comparaison dans le temps) est revenue aux niveaux de la guerre froide : après avoir chuté entre 1991 et 1998, elle est remontée à un niveau supérieur à celui de la dernière période de l’affrontement Ouest-Est. Les données, concernant 2013, montrent qu’on dépense dans le monde, dans un objectif militaire, 3,3 millions de dollars par minute, 198 millions de dollars par heure, quasiment 4,8 milliards de dollars par jour. Ce qui équivaut à 1747 milliards de dollars en une année.


La dépense militaire mondiale est en réalité encore plus élevée que celle calculée par le Sipri quand il fait la somme des budgets de la défense des différents pays : il s’y ajoute en fait diverses dépenses de caractère militaire, incluses dans d’autres chapitres des budgets d’Etats. Aux Etats-Unis, la dépense pour les armes nucléaires (23 milliards de dollars annuels) est inscrite non pas au Département de la défense,  mais à celui du Département de l’Energie ; celle des militaires à la retraite (environ 170 milliards annuels), à celui du Département des retraités ; les dépenses pour les aides militaires et économiques à des alliés stratégiquement importants (environ 50 milliards annuels) sont inscrites aux budgets du Département d’Etat et de quelques autres. Dans le budget fédéral 97 milliards annuels sont alloués pour un « fonds unifié de la Défense, du Département d’Etat et de l’Usaid » destiné aux opérations ultramarines (Overseas contingency operations). 40 autres milliards annuels sont dépensés pour la « sécurité  de la patrie ». Et il y a enfin la dépense secrète des services secrets, dont l’unique chiffre « non-classifié » (1,6 milliards annuels) n’est que la pointe de l’iceberg. En ajoutant ceux-ci et les autres postes de dépense au budget officiel du Pentagone (640 milliards en 2013), la dépense militaire étasunienne grimpe à quasiment 1000 milliards de dollars annuels. Ce qui signifie qu’environ un dollar sur quatre, dans le budget fédéral, est dépensé dans un objectif militaire.

Si l’on ne s’en tenait même qu’au chiffre de 640 milliards de dollars fourni par le Sipri, les Etats-Unis restent nettement en tête dans le classement des 15 pays ayant la plus grosse dépense militaire du monde. Suivent à distance, comme en 2012, la Chine et la Russie avec une dépense estimée respectivement à 188 et 88 milliards de dollars en 2013. L’ordre change par contre notablement dans la partie restante du classement. L’Arabie Saoudite passe, par rapport à 2012, du septième au quatrième rang. Suivent la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne (qui avance du neuvième au septième rang), le Japon, l’Inde, la Corée du Sud, l’Italie (avec une dépense estimée à 32,7 milliards de dollars en 2013), le Brésil, l’Australie, la Turquie, les Emirats Arabes Unis. Ces 15 pays totalisent 80% de la dépense militaire mondiale.

Les données du Sipri mettent en évidence de fortes augmentations dans les budgets militaires de divers autres pays, surtout ceux où les Etats-Unis exercent leur influence. En Europe orientale, le budget militaire de l’Ukraine a grossi de 16% par rapport à 2012. En Afrique, le Ghana a augmenté en une année son budget de 129%, l’Angola de 36%, le Congo (Rép. dém.) de 34%. Au Moyen-Orient, les budgets militaires en Irak et au Bahreïn ont augmenté d’environ 27%. En Asie, celui de l’Afghanistan a grossi de 77% par rapport à 2012, celui des Philippines de 17%. En Amérique du Sud, les budgets militaires du Paraguay et du Honduras ont augmenté en une année respectivement de 33% et 22%.

La dépense militaire alimente une nouvelle course aux armements qui, conduite par les plus grandes puissances occidentales, a un effet de traction à l’échelle mondiale. Il ne s’agit pas que des F-35, sur lesquels se concentre aujourd’hui l’attention des médias, mais de plusieurs autres systèmes d’arme tout aussi coûteux mais peu connus. Il y a six mois a été lancé aux Etats-Unis le super porte-avions Gerald Ford (premier d’une série), le navire de guerre le plus coûteux jamais construit : 14 milliards de dollars. Grâce à de nouvelles catapultes, ses 75 avions (dont le coût doit être ajouté à celui du navire) pourront effectuer 25% d’attaques de plus que ceux actuellement embarqués sur les actuels porte-avions Nimitz. Et le 4 juillet prochain sera lancé en Angleterre le super porte-avions HMS Queen Elizabeth de 65 000t. ( le triple de l’actuelle classe Invincible), auquel fera suite une unité jumelle, pour une dépense de 12 milliards de dollars, plus celle des avions embarqués : les F-35, qui pourront être amenés du hangar sur le pont d’envol en 60 secondes. Ces porte-avions, annonce la Royal Navy, pourront ainsi « depuis la mer projeter la puissance aérienne à tout moment et dans tous les endroits du monde où ce sera nécessaire ».

L’empire frappe encore.

Manlio Dinucci

 

 

Edition de mardi 15 avril 2014 de il manifesto

https://www.google.fr/url?q=http://ilmanifesto.it/spesa-militare-numeri-da-guerra-fredda

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Apostille de la traductrice :

Le lecteur curieux rapportera les chiffres de la dépense 2013 de chacun des 15 premiers pays du classement établi par le Sipri (même sans les corrections indiquées par l’auteur) à leur nombre d’habitants ; pour comparer par exemple la dépense militaire par tête entre la Chine (1, 347 milliards d’habitants environ) et l’Arabie Saoudite (presque 30 millions), ou le Bahreïn (1,231 millions officiels, après les massacres des manifestations de leur « printemps » 2011).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population

La logique voudrait qu’on compare ensuite la dépense militaire par habitant aux dépenses annoncées pour l’éducation, la santé, bref tous les postes entrant dans ce qu’on appelle l’indice de développement humain. Y compris celui des « dictatures » comme Cuba et la Syrie, malgré les embargos qui y sévissent, par les soins du premier de la classe, depuis respectivement une cinquantaine et plus d’une dizaine d’années.

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 07:44

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Frédéric Lordon était l‘invité de Patrick Cohen le 17 avril 2014 à 8h20. L’économiste est directeur de recherche au CNRS, auteur notamment de La malfaçon - Monnaie européenne et souveraineté démocratique (Les liens qui libèrent, mars 2014)

 

Dans cet ouvrage, Frédéric Lordon avance plusieurs scénarii possibles de sortie de l’euro pour rompre avec « les politiques d’austérité. »

 

Le verrou  allemand   

 

Avec Patrick Cohen, il est d’abord revenu sur les origines de la vision très stricte de l’Allemagne quand au respect des principes des traités européens. Une rigueur qui vient de la  « grande déflation »  des années 20 estime Frédéric Lordon. Les Allemands choisissent alors une politique d’austérité qui mènera les Nazis au pouvoir.

 

Depuis, les Allemands considèrent selon Frédéric Lordon que « l’orthodoxie monétaire devait recevoir un caractère sacro-saint […]  sur ces principes l’Allemagne ne transigera jamais ».  Il n’y a pas de volonté de domination allemande dans l’Union dit Frédéric Lordon mais une hégémonie allemande » pour ces raisons historiques. « L’ordre monétaire européen, est le décalque de l’ordre institutionnel allemand »

 

C’est pour ces raisons que le verrou a été poussé par l’Allemagne estime Frédéric Lordon, les Allemands ne transigeront jamais à moyen terme et donc « tous les projets de reconstruction de l’Union monétaire européenne qui font l’impasse sur cette question sont nuls et non avenus. »

 

La crise responsable de la dette

 

La crise de 2007/2008 est responsable du surplus de dettes. « Cette crise qui a entrainé une contraction du crédit et une récession a été d’une violence inouïe » reprend Frédéric Lordon, C’est la récession qui fait exploser les déficits et s’accumuler les dettes. »

 

Les politiques d’austérité nationales et européennes sont un « désastre », « le pire », ajoute l’économiste, c’est que les institutions européennes, le FMI, la Banque Mondiale « persistent dans leurs erreurs »

 

Faut-il effacer 624 milliards d’euros de dettes françaises ?

 

Frédéric Lordon préconise d’effacer les 624 milliards d’euros de dettes dans le scénario le plus extrême. Un scénario plus modéré avancé par l’économiste serait « de refaire intégralement le cadre institutionnel et les orientations qui gouvernent la conduite des politiques économiques nationales et européennes »

 

Le défaut de paiement de la dette pourrait dans ce cas être « un levier » dit Frédéric Lordon, « une instrumentalisation politique du défaut qui conduirait à mettre par terre l’intégralité  du système bancaire comme la crise des subprimes mais pour faire cette fois tout ce qu’on n’a pas fait en 2009. »  

 

« Le sauvetage des banques était une nécessité et un scandale car il n’a été assorti d’aucune contrepartie » conclut Frédéric Lordon.  

 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 21:48

Lu sur 2ccr

LA REPRESENTATION DES CATEGORIES SOCIOPROFESSIONNELLES A LA TELEVISION

 


1-Clase-media_Parmi les personnes qui prennent la parole à la télévision, on compte 57 % de cadres supérieurs contre 2 % d’ouvriers. Cette représentation est en complet décalage avec la réalité sociale.
 
Les cadres supérieurs représentent 57 % des personnes qui prennent la parole dans les programmes de la télévision française, alors qu’ils constituent 7 % de la population totale, selon le « Baromètre de la diversité à la télévision pour l’année 2013 », publié par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Les ouvriers, 9 % de la population totale (selon les données du CSA), ne représentent que 2 % des personnes entendues à la télévision. Celles sans activité professionnelle (enfants, étudiants, femmes ou hommes au foyer, chômeurs) qui représentent 38 % de la population ne sont que 10 % à intervenir à la télévision. Enfin, les retraités forment 20 % de la population, mais 3 % seulement des personnages de la télévision.
 
Cette représentation des catégories socioprofessionnelles via la fiction, les divertissements et les programmes d’information est en décalage avec la structure sociale réelle. Elle construit une image d’une société largement plus favorisée que ce qu’elle est. Logique : la télévision constitue d’abord un divertissement, et, en la matière, on préfère toujours observer une situation sous un jour plus favorable. Ensuite, pour ceux qui parlent à la télévision, il faut savoir maîtriser le discours en public. La parole est donnée, dans l’immense majorité des cas, à ceux qui manient le mieux cette parole, c’est-à-dire les plus diplômés.
 
Il n’en demeure pas moins que l’écart est énorme. Les cadres sont huit fois plus souvent présents qu’ils le devraient si le temps d’antenne était réparti en fonction de leur part dans la population et ils sont 26 fois plus présents que les ouvriers. Si l’égale présence n’aurait pas grand sens, c’est l’ampleur du déséquilibre qui est marquant. On peut difficilement penser que ce phénomène n’a pas de conséquences auprès de la population et des commentateurs, sur la construction de l’image des catégories sociales et sur la représentation des intérêts des catégories les moins favorisées. Enfin, autant il existe un débat sur la présence des femmes et des minorités visibles sur le petit écran, autant celle de la présence des différents milieux sociaux est totalement absente.
 
Notons enfin, que cette « discrimination «  est à quelque chose prés identique à ce qui se passe à l’assemblée nationale.   Il est intéressant et révélateur d’examiner la composition sociologique et l’origine professionnelle des députés : les professions dites intellectuelles et les classes aisées y sont largement majoritaires et donc surreprésentées (professions libérales, enseignants, chefs d’entreprise …), on y trouve également quelques agriculteurs et employés mais … aucun ouvrier, qui représente pourtant 1 emploi actif sur 3 !!!

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