Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 15:57


Marine Le Pen est à Elbeuf ce 28 Février.
Une réunion s’est tenue pour organiser une manifestation    Cette manifestation aura lieu

Place du Calvaire à 17h 30 pour dire

« Marine Le Pen n’est pas la bienvenue à Elbeuf »..

 

 

LE FN SE NOURRIT DU DÉSESPOIR ET DE LA COLÈRE ENGENDRÉS PAR LA POLITIQUE DU PS ET DE LA DROITE


Action communiste participera à cette manifestation mais n’a pas signé le texte commun que le PS a signé.  Nous ne l’avons pas signé car si nous partageons la dénonciation des mensonges du FN, il ne dit rien sur les responsabilités du patronat, de la droite puis du PS au pouvoir dans la montée du Front National.  Or ce dernier se nourrit du désespoir engendré par le chômage, la casse du code du travail et des services publics.  C’était la politique de Sarkozy.  C’est aussi la voie choisie par Hollande : celle que droite et social-démocratie votent ensemble à Bruxelles …sous les ordres du patronat européen. 
Un grand nombre de Français n’ont plus de repères  politiques parce que les deux grands partis politiques sont totalement alignés sur les politiques libérales européennes.  Ils sont désorientés parce qu’aucun syndicat, aucun parti politique à gauche n’a de proposition solide contre la politique européenne. Depuis que le PCF, avec Robert Hue a abandonné sa bataille contre l’intégration européenne mais propose de « refonder l’Europe », aucune formation politique à gauche ne porte la bataille de la souveraineté populaire et nationale.  La CES dans laquelle  se retrouvent la majorité des syndicats a appelé à voter « oui » au traité constitutionnel et ne cherche depuis qu’à aménager la version européenne du capitalisme.  Elle prône avec d’autres syndicats et partis politiques une Europe sociale totalement rêvée.  C’est une voie sans issue et les salariés, les Français le savent.  Le PS, lui aussi avait appelé à voter oui à la « concurrence libre et non faussée » et malgré le « non » a voté, avec la droite,  le traité de Lisbonne qui est mis en œuvre depuis.
Le député Bachelay a tenté en 2012 de nous vendre localement cette « Europe sociale » en expliquant que le PS au pouvoir se battait pour faire changer le rapport de force et modifier le traité Sarkozy-Merkel. Or Hollande l’a signé tel que et l’applique.  Comment, au mieux, ne pas se replier sur soi, quand on est un salarié, un chômeur, qui a cru que Hollande allait faire une autre politique que Sarkozy ?
Le FN capitalise tout cela.  Selon un sondage plus du tiers des Français adhèreraient aux idées du FN.  A prendre avec prudence.  Car parmi ce tiers, 64% sont contre la sortie de l’euro et 72% rejettent la préférence nationale en matière d’emploi.  14% seulement adhèrent à ses solutions.  C’est déjà beaucoup.
Mais la réalité du Front National, ce ne sont pas seulement les déclarations de Marine Le Pen relayées par les télés et radios.  Il se cache derrière ce discours une réalité plus dangereuse.

Le Front National cherche à dédouaner les patrons
En imputant à l’immigration les problèmes du chômage , d’insécurité, du déficit de la sécurité sociale, le FN dédouane les patrons et le pouvoir politique de leur responsabilité. Ce ne sont plus les patrons qui sont responsables mais l’immigré.  Ce n’est plus l’exploiteur qui est responsable mais l’exploité !  Le FN cherche à diviser les salariés et à opposer le travailleur immigré et le travailleur français. 
En réalité le FN ne propose pas de solution durable car il ne remet pas en cause l’ordre économique existant mais seulement certains de ses effets. 

Baisser les dépenses et donc abaisser les services publics
Dans tous les programmes proposés aux municipales, le FN, entonne le refrain des chantres de l’austérité : il faut baisser les dépenses car la crise est là.  Ils ne disent rien sur la responsabilité des spéculateurs et des banques, ils ne se battent pas pour l’annulation des dettes.  Au contraire ils proposent de baisser les dépenses et de diminuer les impôts fonciers des entreprises.… De même ils dénoncent le trou de  la sécurité sociale en accusant les immigrés et ignorent les vrais responsables : le chômage de masse, les bas salaires et les exonérations de cotisations sociales qui privent la sécurité sociale de centaines de millions d’euros.

Le Front National n’aime pas les syndicats et applaudit à la criminalisation des actes syndicaux
Marine Le Pen dit vouloir « protéger » les salariés mais elle n’aime pas les syndicats.  Elle veut regrouper les salariés dans des syndicats corporatistes  qui accepteraient les compromis de régression sociale au nom de soi-disant intérêts communs patrons-salariés … .  C’est qu’elle ne veut pas de luttes de classe. Le FN déteste les syndicats, au moins autant que Sarkozy les détestait.  Et plus particulièrement la CGT.  Stéphane Ravier, tête de liste du FN à Marseille réclame de libérer Marseille des « agissements de ces officines et autres syndicats d’intérêts » ( c’est à dire les syndicats des salariés ).  Fabien Engelmann, conseiller politique de Marine Le Pen au « dialogue social » réclame de « nouveaux syndicats libres, autonomes, et non politisés ».  C’est à dire ?  Ce qui est certain c’est que le FN rêve de syndicats qui ne critiqueraient ni les patrons, ni le système capitaliste et surtout pas  le Front National !  Le FN n’a jamais soutenu les luttes sociales. Il a même appelé le pouvoir sarkoziste à s’en prendre aux piquets de grève organisés par les salariés lors du conflit des retraites. Marion Maréchal Le Pen s’est opposée violemment à la loi d’amnistie sociale pour les condamnations subies lors d’actions commises pendant les conflits sociaux. « Les syndicalistes casseurs et violents se trouvent incités à persévérer » a-t-elle dit.  Et elle a voté avec les socialistes et la droite le rejet de la loi d’amnistie.

Anti-atlantiste de fraiche date
Il est vrai que Marine Le Pen s’oppose au traité avec les Etats-Unis.  Mais ce ne fut pas toujours le cas.  Tout d’abord parce que Jean-Marie Le Pen est un admirateur de longue date du libéralisme capitaliste le plus effréné.  Il admirait Reagan, Margaret Thatcher et leur politique.  Plus récemment, Marine Le Pen rendait hommage à celle qui laissa mourir Bobby Sands et se montra si impitoyable dans sa lutte de classe contre les mineurs britanniques. La posture anti-atlantiste de Mme Le Pen aujourd’hui est conjoncturelle.  Tout comme son opposition à l’UE.  Quant à la sortie de l'euro, elle veut la négocier avec l'Allemagne ... On peut attendre.  Il s’agit avant tout pour le FN d’une stratégie de conquête du pouvoir.

Le FN défend le système capitaliste
Son protectionnisme n’est que la défense des capitalistes nationaux dans leur concurrence mondiale.  Il ne propose de nationaliser ( banques, Pétroplus) que temporairement.  C’est-à-dire d’utiliser l’argent de l’Etat pour renflouer pour ensuite rendre aux actionnaires.  Il veut nationaliser les pertes pour mieux reprivatiser les profits.

Les médias valorisent la parole lepeniste et ignore la gauche radicale

Mais ce que retiennent les Français, c’est ce que promeuvent les médias.  Elle apparaît comme la seule anti-système.  C’est pour cela qu’elle se garde bien aujourd’hui de réitérer sa main tendue à la droite.  Elle garde cela pour le deuxième tour.

A gauche, des économistes comme Frédéric Lordon, Jacques Sapir préconisent la sortie de l’euro. Des mouvements comme Action Communiste, le PRCF, Rouge-Midi, Rouges vifs, le M’PEP … le réclament également, tout comme les adhérents du PCF qui se regroupent dans « Faire vivre le PCF ».  Le débat continue à gauche, y compris au Front de gauche. En France et en Europe.   Les propositions de la vraie gauche en ce domaine ont l’avantage d’être crédibles car elles s’appuient sur une  rupture avec l’ordre existant, l’instauration d’échanges équitables et de coopérations mutuellement avantageuses qui échapperaient à la logique capitaliste des profits et de la domination.  Il est grand temps que toute la gauche radicale s’unissent contre les politiques européennes et ses outils : les différents traités, l’euro, les institutions…  Ne laissons pas le FN seul mener la bataille contre le traité transatlantique, l'euro et les institutions européennes.

Tout abandon du terrain nourrit le Front National
En guise de conclusion, ce texte de  Frédéric Lordon ( Mai 2012, Le Front National, mêmes causes, mêmes effets) nous paraît mériter beaucoup d’attention :

« On ne reconnaît pourtant jamais si bien la surdité politique qu’à son empressement à certifier qu’elle a « bien entendu le message » et que « les Français ont envoyé un signal fort». Il faut croire que la force adéquate du « signal », désormais, ne devrait pas viser en dessous du coup de fourche pour que « le message soit entendu » pour de bon. En attendant, de secousse en secousse, le FN fait sa pelote, et toujours pour les mêmes raisons, celles de la protestation antilibérale constamment réaffirmée, et du déni qui lui est constamment opposé. Il faut donc vraiment des œillères pour ne pas voir, ou ne pas vouloir voir, la régularité granitique qui conduit la vie électorale française : quand l’orthodoxie néolibérale pressure les salaires, dégrade les conditions de travail, précarise à mort ou jette au chômage, quand elle détruit les services publics, abandonne les territoires par restriction financière, menace la sécu et ampute les retraites, toute proposition de rupture reçoit l’assentiment, toute trahison grossit le ressentiment, tout abandon du terrain nourrit le Front national ».

 

Action Communiste

Partager cet article
Repost0

commentaires

Articles RÉCents