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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:34
« Non aux sanctions américaines, soutenues par l'UE »

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Communiqué du Parti communiste vénézuélien (PCV)

Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Le secrétaire-général du Parti communiste du Vénézuela (PCV), le député Oscar Figuera, a défendu le fait que ce lundi, « certains faits nous démontrent qu'on installe le cadre pour une nouvelle offensive contre le Venezuela », une conséquence de la « politique agressive de l'impérialisme nord-américain y européen, qui s'intègre à la campagne de la droite vénézuélienne et de franges de l'oligarchie du pays ».

 

Figuera a explicité sa dénonciation comme une mise à garde adressée « à notre peuple » et comme un appel destiné à « attirer l'attention des peuples du monde entier ». C'est pourquoi il faut, dit-il, « défendre la nécessité de renforcer les mécanismes de solidarité et d'échange au niveau international » avec les mouvements populaires et les partis politiques révolutionnaires.

 

 

Contre-Révolution


Figuera a fait sa déclaration à la fin de la réunion hebdomadaire du Bureau politique du PCV, et a réaffirmé le fait que l'impérialisme nord-américain et européen renforcent « de plus en plus » leurs « actions contre-révolutionnaires contre le processeurs politique, social, économique, culturel et militaire vénézuélien ».

 

Il a souligné que le pays n'a cessé, pendant toute l'année, de faire face à des situations difficiles, orchestrées par les « secteurs néo-fascistes ». Il a souligné que cette dernière semaine, « des éléments nous permettent de considérer qu'est en train de se mettre en branle toute la machinerie impérialiste de l'extrême-droite fasciste contre le Venezuela, pour frapper très fort en 2015 ».

Agression contre le Venezuela 
Le dirigeant communiste met en lumière tout un « ensemble de déclarations et de décisions adoptées par le Congrès des États-Unis et le gouvernement nord-américain accompagnant ces politiques », qui comptent aussi sur le soutien de l'Union européenne et du Parlement européen.

Il considère que les sanctions adoptées par les États-Unis visent à lancer une agression contre le peuple vénézuélien, tout en « prétendant défendre les droits de l'Homme et les éléments qui se sont révoltés, en usant de violence, assassinant des citoyens vénézuéliens dans les émeutes de février-mars 2014 ».

Figuera considère que les institutions de l'impérialisme nord-américain et européen « adoptent des décisions pour, en violation de la souveraineté et de la Constitution et la légalité vénézuélienne, pousser à la libération » des leaders de l'opposition actuellement incarcérés.

Le PCV rejette ainsi fermement et intégralement la loi « signée par le président Obama ».

Tout comme il dénonce la résolution du Parlement européen qui reprend telle quelle « la position de la droite vénézuélienne, selon quoi il y a des détenu(e)s, qui sont des citoyen(ne)s vénézuéliens pacifiques ».

 

 

Consolider une direction collective

 

Le dirigeant communiste considère qu'il est de la « plus haute importante », « pour faire face à cette situation, d'agir dans la bonne direction, l'élément fondamental est la nécessité de développer et renforcer les instruments pour l'unité populaire révolutionnaire. Il s'agit de consolider les espaces de direction collective ».

Il a également souligné qu'il est fondamental de renforcer le processus de construction du Grand pôle patriotique Simon Bolivar, comme « espace anti-impérialiste ».



Approfondir le processus

 

Figuera a commenté le fait que, pendant l'année 2014, le « PCV a travaillé en ce sens, non seulement dans l'effort organisationnel et politique, mais aussi en livrant des propositions au président Nicolas Maduro, destinées à construire des politiques qui permettent d'approfondir le processus révolutionnaire ».

Il soutient que la vision du PCV est que pour défendre le processus politique et social vénézuélien, il faut l' « approfondir ». Il défend également le fait de « frapper les secteurs qui ne jouent pas franc jeu », qu'ils soient hors ou dans le processus révolutionnaire.

Sur les propositions, il a indiqué que le PCV a présenté cette année un projet sur la nécessité de développer une nouvelle politique économique révolutionnaire, ainsi qu'un « changement dans la politique travail du gouvernement envers le monde du travail ».

Sur ce dernier point, il a souligné que le PCV est convaincu qu'à mesure que nous avancerons dans les processus de participation ouvrière et populaire, « nous consoliderons ce processus de transformation ».

 

Un autre aspect, a-t-il exposé, est la nécessité fondamentale d'un développement productif souverain : dans les villes, dans le secteur industriel ; dans les campagnes, dans l'agriculture, l'élevage.

Il a également mentionné une transformation profonde du système fiscal vénézuélien, qui permette d’éliminer la TVA, « impôt régressif », et d'élever les taxes sur le grand capital.

 

Il a souligné que l'on doit imposer une politique économique qui permette de revenir sur la dépendance du Venezuela vis-à-vis de la rente pétrolière et des importations, afin de garantir le développement souverain et durable de l'économie du pays.

 

Une autre proposition, a-t-il souligné, est une opération « Main propres » dans le Ministère du Pouvoir populaire pour le Processus social du travail : « Il est nécessaire d'éliminer les mécanismes qui permettent la corruption et les conduites patronales, dans un ministère qui doit être au service de la défense des travailleurs, de la classe ouvrière ».

Sur cet aspect, une grande avancée a été la mise en place de groupes techniques, en accord avec le Ministère du Travail, Jesus Martinez, mais un de ces groupes « a été dissous, selon nous, sur décision du vice-ministre Elio Colmenares, dont nous exigeons la destitution ».

 

Le député a exprimé le fait qu'il aspire à ce que nous « ayons la maturité afin de trouver nos chemins unitaires », face à la situation de la situation complexe de l'économie vénézuélienne, comme conséquence, d'une part, de la « faiblesse productive nationale ».

 

D'autre part, de la politique impérialiste visant à « faire chuter les prix du pétrole » pour toucher les « pays qui ne sont pas subordonnés aux intérêts de l'impérialisme nord-américain ».

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:28


« La crise nécessite des mesures extraordinaires »
Déclaration du Présidium du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie

 

Traduction LM pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Légende : affiche du KPRF pour expliquer pourquoi le gouvernement russe doit démissionner

 

Avoir suivi les recettes libérales de nos amis, les conseillers occidentaux, a conduit le pays à une crise systémique.

Aucune réforme parmi celle menée dans l'industrie, l'agriculture, l'énergie, le social, la science, l'éducation, les forces armées, la justice n'ont conduit à des améliorations. Bien au contraire, les réformes libérales ont tout détruit.

 

L'économie du pays, la vie de nos concitoyens sont de plus en plus subordonnés aux intérêts des multinationales.

Le renforcement de la position de la Fédération de Russie sur la scène internationale est en contradiction avec l'orientation suivie en Russie, qui conduit à une perte d'indépendance et de souveraineté nationale, à la consolidation de notre statut de fournisseur de matières premières dans le système productif mondial.

60 % des recettes budgétaires proviennent du pétrole et du gaz. En outre, si le pays vend chaque année à l'étranger des matières premières pour près de 20 milliards de roubles, le budget de l’État ne voit la couleur que du tiers de cette somme. Le reste est capté par les oligarques russes et leurs amis étrangers.

La poursuite de la politique économique actuelle va inexorablement saper le développement de notre industrie, contribuer à étrangler nos petites et moyennes entreprises.

La Russie perd ses travailleurs qualifiés. Un demi-million de scientifiques, d'experts sont déjà partis à l'étranger.

 

Dans le même temps, le groupe « Russie unie » à la Douma a adopté une loi « sur l'éducation » qui va continuer à détruire l'école classique russe, elle qui a donné des fruits inestimables à la science.

La loi sur la réforme de l'Académie de sciences de Russie détruira la système actuel de la science académique, elle livrera les bâtiments prestigieux à des bureaucrates voyous. Ce coup menace de pertes irréparables pour le pays.

 

Le pays est embourbé dans la dette. Cette année, la dette extérieure a été creusée, 15 % de plus, à 730 milliards de $. C'est nettement plus que les réserves internationales de la Russie, qui ont diminué à 420 milliards de $. Dont 118 milliards de $ de titres du Trésor américain.

La poursuite de ces politiques financières peut conduire la Russie à un défaut avec toutes ses conséquences. L'effondrement du taux de change va inévitablement conduire à une augmentation des prix, si on n'adopte pas rapidement des mesures de stabilisation des prix.

 

Le gouvernement russe est incapable d'arrêter l'exportation des capitaux. Cette année, les sorties de capitaux s'élèvent à 130 milliards de $. 

La politique monétaire libérale des Gaidar, Koudrino est toujours dominante en Russie, elle est devenue le pivot de la destruction du potentiel économique du pays. L'impuissance de la Banque centrale, son incapacité à s'adapter aux conditions difficiles de la situation internationale ont conduit à l'effondrement du système monétaire, une nette dépréciation du rouble. 

La situation a empiré suite à la décision du Conseil d'administration de la Banque centrale de relever ses taux directeurs à 17 %. Cette mesure signifie un sacrifice pour l'économie réelle, les PME du pays.

 

Le Présidium du Comité central du Parti communiste est très préoccupé, il craint que 2015 ne soit une année de pillage de masse de la population russe. Les conditions de vie de dizaines de millions de personnes sont aujourd'hui proches de la pauvreté absolue.

Le salaire minimum est de 12 700 roubles, si on y ajoute l'impact des lois nouvellement adoptées, c'est 15 600 roubles. Dans le même temps, le minimum de subsistance est fixé à 8 192 roubles, 6 717 pour les retraités, soit trois fois moins que la consommation minimale

D'après les statistiques, 52 % de la population ont des revenus inférieurs de 15 000 roubles par mois (300 €), donc sont en-dessous du minimum vital. C'est la moitié du pays !

Le prix des médicaments et de l'alimentation ne cessent d'augmenter. L'inflation du coût des produits alimentaires s'élève à 12 %. Avec la flambée du dollar, tous les produits importés vont assurément voir leur prix augmenter. La masse salariale globale risque d'être réduite en 2015 de 442 milliards de $.

 

L'expérience nous montre clairement l'échec de cette politique économique et sociale libérale en Russie. Cette politique plonge chaque jour passant l'économie, les finances russes vers la catastrophe. Cette situation appelle des mesures drastiques urgentes. En premier lieu :

 

1 – Le Président de la Russie doit tenir des consultations avec les principaux partis politiques afin de former un gouvernement de rassemblement national. Le gouvernement libéral a épuisé toutes ses possibilités et a conduit le pays dans une impasse. La période difficile actuelle rend nécessaire la formation d'un gouvernement de coalition ouvert à toutes les capacités, à tous les partis et citoyens non inscrits de Russie ;

 

2 – Reconnaître que la direction de la Banque de Russie ne peut assumer ses responsabilités, et ses missions de financement de l'économie ;

 

3 – Prendre les mesures les plus sévères pour lutter contre la spéculation sur le marché financier et le marché interbancaire de devises ;

 

4 – Fixer un taux de refinancement de la Banque centrale, qui promeuve le développement de la production nationale et la réponse à la question sociale ;

 

5 – Imposer le devoir pour les exportateurs de matières premières de déposer au moins 50 % de leurs recettes en devises à la Banque centrale ;

 

6 – Mettre en œuvre un ensemble de mesures visant à freiner les transferts internationaux de devises depuis la Russie ;

 

7 – Fixer une interdiction aux entreprises publiques d'être cotées sur le marché des devises ;

 

8 – Exiger de la Banque centrale qu'elle introduise des prêts aux banques commerciales avec un contrôle sur leur utilisation dans l'économie réelle, avec des comptes à rendre à la Douma ;

 

9 – Lutter contre l'inflation en stimulant la production nationale, en lien avec une planification gouvernementale pour le développement industriel ;

 

10 – Acter un moratoire sur l'augmentation des tarifs pour les produits issus des monopoles naturels, en mettant l'accès sur le contrôle des prix dans l'énergie et l'agriculture ;

 

11 – Établir d'urgence un contrôle sur les prix des biens essentiels inclus dans la liste du minimum de subsistance ;

 

Le Présidium du Comité central du Parti communiste déclare que la sortie de la crise pour la Russie est impossible dans un renforcement du rôle de l’État dans la régulation de l'économie, l'intervention dans la société.

Sans nationalisation du système bancaire, de l'énergie, des chemins de fer, il sera très difficile d'empêcher l'effondrement de l'économie.

Dans le cas contraire, les prédateurs, les spéculateurs continueront à parasiter le potentiel du pays, détruisant les secteurs de base de l'économie par le travail de plusieurs générations de Russes.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 15:53

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Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Qui a confiance aujourd'hui en l'euro, en l'Union européenne ? Même les pays auxquels a été vendu le rêve européen n'y croient plus. Les pays baltes entrent dans l'Euro contre la volonté de leur population. Après la Lettonie en 2014, la Lituanie en 2015.

 

Ce 1er janvier 2015, la Lituanie est le 19ème pays à entrer dans l'euro. L'heure n'est plus à l'euphorie européenne mais au désenchantement de l'Europe. Les derniers sondages européens montrent que l'adhésion à l'euro ne cessent de reculer dans toute la zone euro.

 

Même la Lituanie n'y échappe pas. Selon un sondage réalisé conjointement par l'organisme de sondage américain Gallup et son partenaire local Baltijos Tyrimai (« Enquêtes baltes »), 49 % des Lituaniens désapprouvent l'entrée dans l'Euro alors que seuls 26 % l'approuvent.

Dans le détail, seuls 5 % des Lituaniens approuvent complètement la décision d'adopter l'euro et 21 % « tendent à l'approuver ». 25 % sont en total désaccord avec ce choix et 24 % « tendent à être en désaccord ». Enfin, 22 % ne semblent ni approuver ni désapprouver la décision.

Une majorité se dessine aussi dans la condamnation de la décision du gouvernement de ne pas organiser de référendum sur la question : 57 % pensent que le gouvernement a eu tort de ne pas en organiser un, alors que 32 % pensent que c'était la bonne décision.

Enfin, les chiffres sont encore plus tranchés quand on demande les Lituaniens si ils ont confiance dans les bénéfices de la transition de la monnaie nationale (litas) à l'euro. 64 % ne sont pas confiants (dont 27 % « pas du tout confiants »), 4 % sont très confiants, 23 % « plutôt confiants ».

 

L'analyse sociologique des résultats concernant le « Non » à l'entrée dans l'euro révèlent que le « Non » est majoritaire chez le tiers des ménages les plus pauvres qui vit avec moins de 400 € par mois : c'est le cas de 63 % de ses ménages tandis qu'ils ne sont que 14 % à l'approuver.

Rappelons qu'en Lituanie, le salaire moyen est à peu près à 500 € par mois et que le salaire minimum est fixé à 290 € par mois.

Le désenchantement domine depuis que les « Tigres baltiques » se sont révélés des tigres de papier, l'entrée dans l'Europe et le mirage de l'adhésion à l'euro un prétexte à l'adoption de mesures d'austérité parmi les plus drastiques du continent.

Saignée par une perte démographique de 700 000 habitants depuis la chute de l'URSS (1/5 ème de sa population!), minée par la gangrène de la fraude fiscale et du marché parallèle, la Lituanie reste un paradis fiscal légal pour les entreprises avec un taux d'impôt sur les sociétés de 15 %. C'est le double en France.

Dans le même temps, après la récession record de 15 % en 2009, c'est aux Lituaniens qu'on a demandé de faire des sacrifices : baisse des salaires des fonctionnaires (entre 5 et 50 %), dégraissage des effectifs de la fonction publique (jusqu'à 20 % dans certains ministères), une baisse des pensions de 5 à 10 % ainsi qu'une baisse moyenne des salaires de 20 % dans le secteur privé.

 

Bienvenue aux Lituaniens sans illusions dans l'Euro, ce second cercle de l'enfer européen. Ils ont déjà abandonné toute espérance à leur entrée dans le premier. A eux de trouver la force de se joindre à la lutte de leurs frères européens pour sortir de cette machine infernale.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 15:26
Comment un appareil s’éloigne de sa base
Lu sur Rouge-Midi


Les lecteurs de Rouge Midi trouveront sûrement un intérêt à lire cette analyse du déclin du PCF dont on se prend à regretter qu’elle n’ait jamais été effectuée, même partiellement, par la direction du parti. Cet article fait partie d’un dossier paru dans le Monde Diplomatique de janvier 2015 (en vente actuellement) sous le titre « À quoi servent les formations politiques ? ». A noter que sa pertinence de ne s’applique pas qu’au passé mais bien aussi au présent et au futur, pour ceux qui veulent encore d’une action collective pour changer la société.


Janvier 2014. Nous arrivons au siège du Parti communiste français (PCF), place du Colonel-Fabien à Paris, pour demander des données sur les adhérents. Combien sont-ils ? Mais surtout, qui sont-ils ? D’après tous les indicateurs, les catégories populaires sont de moins en moins présentes au sommet de l’organisation. Mais qu’en est-il à la base ? La réponse devrait être facile à obtenir. Le département « Vie du parti » centralise depuis 2009 les nombreux renseignements que la formation possède sur ses membres : âge, sexe, lieu d’habitation, secteur d’activité... Mais nul mot sur la catégorie socioprofessionnelle. On peut savoir que tel militant travaille à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) ou dans l’aéronautique, mais pas s’il est cadre ou ouvrier. Ce manque d’intérêt pour la condition sociale des adhérents illustre une tendance à l’œuvre au sein du PCF depuis trente ans : jadis centrale, la question de la représentation des classes populaires est devenue secondaire.

De la Libération aux années 1970, au temps où il était le premier parti de gauche en France, le PCF pouvait se présenter comme le porte-parole de la classe ouvrière, car ses responsables étaient majoritairement issus des milieux populaires : ancien mineur comme Maurice Thorez, dirigeant du parti de 1930 à 1964 ; « petit maraîcher » comme son successeur Waldeck Rochet ; apprenti pâtissier comme Jacques Duclos, candidat à l’élection présidentielle de 1969, où il obtint 21 % des voix. Il en allait de même à l’échelon local : avant de devenir maire d’Aubervilliers entre 1945 et 1953, Charles Tillon était ajusteur ; ses successeurs Emile Dubois (1953-1957) et André Karman (1957-1984), respectivement gazier et fraiseur. En propulsant des militants d’origine modeste dans des instances de pouvoir jusque-là réservées aux représentants de la bourgeoisie, le Parti communiste est parvenu, un temps, à bouleverser l’ordre social de la vie politique française. Le caractère populaire de l’organisation était alors perçu comme une nécessité pour inscrire le projet d’émancipation des travailleurs dans les pratiques militantes.

La base du PCF a été frappée de plein fouet par les transformations socio-économiques que connaissent les milieux populaires depuis les années 1970. Confronté à la précarité et au développement du chômage, le monde ouvrier a perdu en cohésion sociale. Pourtant, la crise du parti ne peut être attribuée à une hypothétique disparition des ouvriers : ceux-ci représentent toujours près d’un quart de la population active, et la décrue des effectifs du PCF est bien plus rapide que l’érosion de la classe ouvrière. La France comptait huit millions deux cent mille ouvriers en 1975 et encore sept millions en 1999, alors que, dans le même temps, le PCF perdait plus de la moitié de ses adhérents, passant de cinq cent mille à deux cent mille encartés. En outre, aux côtés des ouvriers, de nouvelles figures populaires ont émergé, dans les services notamment, avec l’essor du groupe des employés. Les ouvriers et les employés demeurent majoritaires dans la population active française, mais les mutations de leurs conditions de vie (relégation spatiale) et de travail (division des collectifs de travail) ont fragilisé leur entrée dans l’action politique. L’affaiblissement du PCF reflète ainsi les profondes transformations sociales et culturelles subies par les classes populaires ; il exprime le reflux du mouvement ouvrier. Ce déclin, qui marque l’épuisement d’une séquence d’intense politisation de la société française durant les « années 1968 », s’explique également par les bouleversements de l’ordre international, en particulier par l’implosion du système soviétique, ou encore par l’évolution du régime politique vers un système présidentiel et bipartisan.

Au cœur du quartier de la Défense, le choix de l’humanisme et de la démocratie

Mais ces explications externes au parti ne suffisent pas, et il serait réducteur d’envisager le déclin du PCF sous l’aspect d’une évolution mécanique, programmée, dont il n’y aurait aucune leçon à tirer.

Pour comprendre l’éloignement du PCF vis-à-vis des classes populaires et son effondrement électoral (il passe de 15,3 % lors de la présidentielle de 1981 à 1,9 % en 2007), il faut analyser les évolutions de son discours et de son organisation. A partir des années 1980 et surtout 1990, le PCF entend représenter non plus seulement les classes populaires, mais la France dans sa « diversité ». La lecture de la société en termes de classes s’efface derrière des thématiques comme la « participation citoyenne » ou la recréation du « lien social ». A l’image de la ville de Montreuil, les municipalités communistes de banlieue adoptent largement la thématique de l’« exclusion » dans les « quartiers » et entérinent sa dimension dépolitisante [1]. Les élus communistes se font les chantres d’une « démocratie locale » censée combler le fossé entre la classe politique et les « citoyens ».

Le projet initial du parti, d’inspiration marxiste, laisse alors place à une rhétorique humaniste largement partagée dans le monde associatif et politique. « Association, partage, mise en commun, coopération, intervention, concertation : ces exigences prennent une vitalité inédite, en lien avec le développement de la révolution technologique et informationnelle et la complexification de la société, l’évolution du travail, le besoin de citoyenneté, de nouvelles relations humaines respectant l’autonomie des individus... », proclame par exemple le document adopté lors du XXIXe congrès de 1996. Ce congrès, qui fait le « choix de l’humanisme et de la démocratie », de la « révolution humaine, citoyenne, solidaire » pour répondre au fait que « c’est la civilisation humaine tout entière qui est en péril », se déroule pour la première fois dans le quartier des affaires de la Défense.

Douze ans plus tard, dans le texte proposé par le Conseil national du PCF comme « base commune » pour le XXXIV econgrès de 2008, le mot « ouvrier » n’apparaît qu’une seule fois, et comme un groupe social au même titre que beaucoup d’autres : il s’agit en effet de rassembler « ouvriers, techniciens, employés ou cadres, femmes et hommes salariés de toutes catégories, précaires, intellectuels, sans-papiers, sans-emploi, paysans, créateurs, étudiants, retraités, artisans ». En rejetant l’ouvriérisme associé au stalinisme, les représentants du PCF ont tendance à abandonner la priorité accordée au rôle des ouvriers et des classes populaires dans le combat politique. Ayant délaissé la réflexion sur les rapports de classe et sur l’organisation de la lutte par ceux-là mêmes qui subissent la domination, ils ont naturellement éprouvé des difficultés à prendre en compte l’essor des nouvelles figures populaires — les employés des services et les descendants des travailleurs immigrés du Maghreb notamment.

L’entreprise de rénovation du communisme français passe par une transformation des modes d’organisation du parti. Les dispositifs de sélection et de formation de cadres militants d’origine populaire sont abandonnés dans les années 1990 et 2000 sous l’effet de la baisse des effectifs, mais aussi d’une remise en cause des pratiques autoritaires du centralisme démocratique (lire « A l’école des militants »). Les écoles, par exemple, disparaissent ou perdent leur fonction d’éducation populaire. La « politique des cadres » — un système de formation qui favorisait les militants ouvriers des entreprises — s’éteint progressivement. Pour le renouvellement du parti, on discute désormais surtout de rajeunissement et de féminisation. Quand il est question de « mixité », il ne s’agit jamais de la promotion explicite des militants issus des classes populaires.

Aux permanents d’origine ouvrière, formés dans les écoles du parti, succèdent des responsables dont la trajectoire (scolaire, professionnelle et militante) est étroitement associée au monde des collectivités territoriales. C’est autour de ces administrations locales que se restructure et survit le communisme contemporain et non, comme jadis, autour des réseaux syndicaux. En 2013, sur l’ensemble des adhérents répertoriés par le département « Vie du parti », 75 % indiquent travailler dans le secteur public, dont 23 % dans une collectivité territoriale. Et il en va de même au sommet de l’appareil. Le dernier dirigeant national passé par des fonctions au sein de la Confédération générale du travail (CGT) fut Georges Marchais : ajusteur de profession, il fut responsable syndical dans la métallurgie avant d’occuper la tête du parti de 1970 à 1994. Ses successeurs, eux, ont partie liée à la gestion des collectivités locales. M. Robert Hue fut le premier édile à devenir le secrétaire national du PCF, en 1994 ; il était alors maire de Montigny-lès-Cormeilles, conseiller général, conseiller régional et surtout président de l’Association nationale des élus communistes et républicains. Mme Marie-George Buffet lui a succédé en 2001. Elle fut d’abord employée à la mairie du Plessis-Robinson avant d’être maire adjointe dans une autre municipalité, puis élue au conseil régional d’Ile-de-France.

Quand les nouveaux dirigeants du PCF passent par le syndicalisme, il s’agit du syndicalisme étudiant. Mme Buffet a fait partie du bureau national de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF). Secrétaire national du PCF depuis 2010, M. Pierre Laurent, lui, a dirigé l’Union des étudiants communistes (UEC). Titulaire d’une maîtrise de sciences économiques de la Sorbonne, cet ancien journaliste et directeur de la rédaction de L’Humanité symbolise la puissance de l’engagement familial au sein du communisme contemporain. Fils de Paul Laurent, député et cadre de l’appareil dans les années 1970-1980, il est aussi le frère de M. Michel Laurent, autre dirigeant national qui fut responsable de la fédération de Seine-Saint-Denis. Les nouveaux dirigeants deviennent communistes davantage par héritage local et par fidélité familiale qu’en faisant l’expérience des inégalités sur leur lieu de travail.

La recherche de sources de financement par les permanents, qui ne peuvent plus être rétribués par un parti en perte de vitesse et cherchent à se salarier sur des postes électifs, explique aussi l’évolution du PCF. En 2013, selon le rapport financier présenté au congrès, la contribution des élus s’établit à 46 % des ressources totales du parti (contre 26 % au Parti socialiste et 3 % à l’Union pour un mouvement populaire). Ainsi, partout en France, les dirigeants communistes ont été appelés à entrer dans les assemblées électives. Il existait jusqu’ici une distinction forte entre les responsables d’appareil et les élus, les premiers étant chargés de « surveiller » les seconds en évitant leur « notabilisation » et en assurant la vitalité des réseaux militants. Or les responsables départementaux du parti ont eu pour consigne d’entrer dans leurs conseils régionaux à partir de 1998. Grâce à une alliance avec le Parti socialiste (PS), beaucoup ont pris des responsabilités dans les exécutifs de leur région. La notabilisation élective des cadres d’appareil est en marche.

Les experts en communication aux manettes lors des campagnes électorales

M. Hue entendait en 1995 libérer « de toute “tutelle” ombrageuse du parti les élus qui détiennent leur mandat non des seuls communistes mais du suffrage universel [2] ». Dès lors, les dirigeants nationaux eux-mêmes peuvent dévaloriser les ressources militantes au profit des élus et des expériences gestionnaires. Sur le terrain, les militants voient leur rôle se réduire, et l’activité électorale devient prioritaire. Les nouveaux adhérents ne restent pas longtemps de simples militants, mais sont rapidement sollicités pour se présenter aux élections municipales, avec pour conséquence un affaiblissement récurrent du militantisme local — d’autant que les élus, cumulant les mandats, délaissent rapidement les réunions du parti. Aux sièges des fédérations départementales, la présence militante s’efface, les réunions se tiennent avant 18 heures, et les militants « bénévoles » laissent la place à des professionnels (permanents, collaborateurs des groupes d’élus, personnel administratif, etc.) absents le week-end.

Or les élus ont leurs propres préoccupations. Pour préparer la prochaine campagne électorale, ils embauchent des experts en communication ; du fait de la technicisation croissante de l’action locale, ils s’entourent de cadres de la gestion publique [3]. Ils peuvent délaisser les relais militants ou associatifs au profit de professionnels, qui leur ressemblent socialement. Résultat : l’univers social des élus communistes se détache de celui de leurs administrés, et les catégories populaires jouent un rôle plus effacé dans la vie politique locale.

Cet éloignement des responsables communistes à l’égard des groupes sociaux qu’ils ont vocation à défendre affecte les pratiques militantes. Pendant longtemps, le PCF a impulsé une sociabilité politique étoffée dans les territoires où il était bien implanté (les « banlieues rouges », certaines communes rurales...). Ses militants animaient un ensemble d’organisations « amies » (Union des femmes françaises, Confédération nationale des locataires, Mouvement de la paix, Fédération sportive et gymnique du travail, etc.), mais aussi des cellules de quartier ou d’entreprise. Au cours des années 1980 et 1990, à mesure que la base militante se réduit et que les responsables se focalisent sur les enjeux électoraux, le militantisme local au PCF se limite de plus en plus à des actions de type associatif. L’essentiel des activités de masse est alors consacré à l’organisation de rassemblements festifs et commémoratifs, à l’image des traditionnels banquets du 1er-Mai ou du 14-Juillet.

Pris au piège de la droitisation de l’allié socialiste

Les communistes tirent en quelque sorte les leçons du moindre impact des réunions politiques d’autrefois, d’autant plus que cette dimension festive a traditionnellement constitué une force du communisme français, à l’image du succès continu de la Fête de L’Humanité au-delà des rangs du parti. Ainsi, au niveau local, la sociabilité autour de rendez-vous festifs perd son caractère politique, car les associations et les municipalités prennent le pas sur le parti dans l’organisation. Dans le village de Treban (Allier), par exemple, trois instances se substituent progressivement au PCF dans l’animation locale : l’amicale laïque, le comité des fêtes et le club du troisième âge. Les adhérents, une cinquantaine dans les années 1960-1970, ne sont plus qu’une dizaine dans les années 1990, essentiellement des agriculteurs à la retraite. Ils ne se rassemblent qu’une fois par an, lors de la remise des cartes organisée par le maire — un enseignant à la retraite — et son épouse. La réduction continue du nombre des travailleurs de la terre et de l’industrie, les déceptions vis-à-vis de la participation du PCF au gouvernement (d’abord en 1981-1984, puis en 1997-2002), la fin de l’Union soviétique : un ensemble de processus contrarie le maintien de l’organisation, qui a pourtant vu différentes générations de communistes se succéder depuis les années 1920. Faute de renouvellement militant, la mairie, communiste depuis l’entre-deux-guerres, est finalement perdue en 2001.

Les élus PCF de cette région rurale axent leurs politiques sur les thèmes de la vitalité associative : à la « citadelle rouge » succèdent des communes à la pointe dans le domaine de l’animation et de la promotion de la vie associative, sans référence à la défense d’une identité populaire ou politique. Dans l’éditorial du journal municipal de Bourbon-l’Archambault (deux mille cinq cents habitants) du début de l’année 2014, le maire communiste remercie « le monde associatif bourbonnais et les acteurs économiques locaux [qui] ont travaillé pour défendre et développer l’activité locale (...). Qu’ils soient commerçants, artisans, agriculteurs, chefs d’entreprise, membres de professions libérales, salariés ou agents de l’administration, retraités ou tout simplement concitoyens, les habitants de notre commune méritent remerciements et encouragements ».

Sur le plan pratique, la thématique de la lutte des classes perd sa position centrale pour les militants et laisse peu à peu place à une multitude de combats ciblés : répartition des richesses, féminisme, environnement, diversité, mondialisation. Il s’agit moins de s’engager au PCF au nom de la société socialiste future que de rejoindre certains réseaux à thème (éducation, immigration, Europe, etc.) qui se développent avec des comités propres et des manifestations particulières. Les militants sélectionnent les domaines qu’ils investissent sans se reconnaître forcément dans l’ensemble du message partisan. Cette segmentation de l’engagement contraste avec la place centrale qu’occupaient le parti et l’idéologie marxiste dans l’univers communiste. Dans ces conditions, certains militants ouvriers investissent la CGT mais se détournent du PCF ; d’autres, souvent plus diplômés, participent aux activités de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac) ; d’autres encore se consacrent exclusivement à leurs tâches d’élu local. Le parti a progressivement perdu sa position centrale dans les réseaux militants de la gauche du PS.

Néanmoins, après une longue période de léthargie et de vieillissement, un certain renouvellement des réseaux militants est intervenu depuis quelques années. D’abord lors de la campagne victorieuse contre le traité constitutionnel européen de 2005, puis dans le cadre du Front de gauche, la coalition électorale mise en place en 2008 entre le PCF et d’autres formations de gauche. Pour la première fois depuis 1980, les effectifs militants annoncés par la direction se sont stabilisés autour de soixante-dix mille adhérents [4], et la part des moins de 30 ans a légèrement augmenté. La campagne présidentielle de 2012 a tout particulièrement remobilisé les rangs communistes. A cette occasion, le PCF a soutenu M. Jean-Luc Mélenchon, responsable du Parti de gauche (PG), qui a obtenu 11,1 % des suffrages. Ce dernier, ancien socialiste, a opéré une certaine radicalisation du discours avec un retour de la thématique des antagonismes sociaux, alors que les campagnes précédentes étaient marquées par une euphémisation des référents communistes et anticapitalistes.

Si la stratégie du Front de gauche a freiné le déclin électoral du PCF aux élections présidentielle (2012) et européennes (2009, 2014), la décrue s’est poursuivie lors des élections législatives (2012) et municipales (2014), c’est-à-dire lors de scrutins où le PCF, plus que le Front de gauche, était en première ligne. Cette stratégie a mis au premier plan le problème de l’influence des élus dans l’appareil communiste et de leur dépendance à l’égard du PS. Le Front de gauche a en effet impulsé une dynamique qui s’accorde mal avec la poursuite d’une configuration classique d’union de la gauche PCF-PS. Les élections municipales de mars 2014 ont d’ailleurs donné lieu à des tensions très fortes entre le PCF et le PG, favorable à des listes autonomes du PS dans les grandes villes dès le premier tour. Elles ont également suscité des contestations internes au PCF, de la part de nouveaux adhérents qui s’opposent à la reconduction de l’alliance avec le PS. Mais, pour les élus et pour une part significative de la direction du PCF, conserver les municipalités à direction communiste avec le soutien du PS et les postes d’adjoint dans les autres mairies d’union de la gauche reste une priorité, au risque, selon certains, d’alimenter le lent déclin du militantisme.

L’équilibre semble compliqué à trouver pour les militants. Les élus locaux ont permis indéniablement le maintien d’une certaine influence du PCF alors que son audience nationale s’est effondrée. Par le passé, les municipalités communistes étaient en outre au cœur de l’implantation du PCF dans les milieux populaires : point d’appui à la diffusion des idées, elles constituaient des bases pratiques d’organisation militante et de résistance aux élites politiques et sociales. Plus que la bolchevisation de 1924-1934, ce sont les compromis du « communisme municipal », tout comme la stratégie du Front populaire d’alliance avec le frère ennemi socialiste, qui ont favorisé l’ancrage populaire du PCF. Néanmoins, dans le contexte contemporain de droitisation du PS, de professionnalisation des collectivités territoriales et de faiblesse des réseaux militants, ce qui fut une force pour le PCF peut parfois constituer un frein à son renouvellement.

Julian Mischi janvier 2015

Transmis par Danièle Jeammet


Chercheur en sociologie à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), auteur de l’ouvrage Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970, Agone, Marseille, 2014.


[1Lire Sylvie Tissot, « L’invention des “quartiers sensibles” », Le Monde diplomatique, octobre 2007.

[2Robert Hue, Communisme : la mutation, Stock, Paris, 1995.

[3Lire Fabien Desage et David Guéranger, « Rendez-vous manqué de la gauche et de la politique locale », Le Monde diplomatique, janvier 2014.

[4Ce chiffre des adhérents à jour de leur cotisation est plus exact que les cent trente mille « cartes placées » annoncées.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 15:06

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Pointe-à-Pitre, le 29 Décembre 2014


Aux Organisations ouvrières et démocratiques. Au Comité International Contre la Répression,


Objet : Procès Charly LENDO du 20 Janvier 2015.


Chers Camarades, Chers Amis,


Nous sommes à quelques jours de 2015 et permettez-moi, au nom de l’Union Générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), de vous présenter tous nos vœux de luttes victorieuses contre l’oppression, la domination, l’injustice et la répression, dans l’unité et la solidarité des Travailleurs et des Peuples.


Dans le monde entier, les travailleurs et les peules souffrent mais les travailleurs et les peules luttent pour la défense des libertés fondamentales. Ils doivent notamment faire face à une farouche répression qui frappe particulièrement les militants syndicaux qui refusent de courber l’échine face au diktat de l’Etat et du patronat

C’est le cas en Guadeloupe, où les militants UGTG poursuivent la lutte contre la domination politique, économique, sociale et culturelle et ont à faire face au gouvernement HOLLANDE qui poursuit la même politique répressive que son prédécesseur.


Oui, l’UGTG a fait le choix de lutter pour la construction d’une autre Guadeloupe débarrassée de la domination capitaliste et colonialiste. En ce sens, elle est en première ligne pour s’opposer à la remise en cause des droits, des libertés et des garanties sociales.

C’est dans ce contexte que notre camarade Charly LENDO est convoqué devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre le Mardi 20 Janvier 2015.

A travers ce nouveau procès, il s’agit pour le pouvoir et le patronat, de tenter de museler, de terroriser les militants syndicaux pour mieux dépouiller les travailleurs et le peuple de Guadeloupe.


Charly LENDO, ex-Secrétaire Général Adjoint de l’UGTG est poursuivi pour homicide involontaire indirect. Il est tenu pour responsable de la mort accidentelle d’un jeune motard survenue en février 2009 dans le cadre de la mobilisation du LKP. Là encore, il s’agit de criminaliser l’action syndicale et de diaboliser ceux qui luttent. Les choses sont claires : ils veulent faire taire l’UGTG par tous moyens.

Depuis le mouvement LKP de 2009, ce sont plus de 100 militants syndicalistes de l’UGTG qui ont été convoqués par la justice alors qu’ils ne faisaient qu’exercer leur mandat syndical. Rapporté à la population salariée de la France, ce chiffre correspond à 15 000 militants syndicalistes convoqués devant les tribunaux. Même les avocats défenseurs des syndicalistes ont fait l’objet de pressions visant à les empêcher d’exercer leur métier.

A travers Charly LENDO, c’est l’UGTG qui est visée. L’objectif du pouvoir : criminaliser et diaboliser l’action syndicale. C’est le droit pour chacun de revendiquer et de se battre pour ses revendications qui est attaqué. C’est la liberté syndicale qui est menacée.


En Guadeloupe, le patronat, soutenu par l’Etat, s’attaque aux acquis sociaux des travailleurs et des larges masses. C’est la remise en cause des seuils sociaux et de la représentativité des syndicats. C’est le piétinement du repos dominical et de la réglementation du travail nocturne. C’est le refus de toute négociation en branche professionnelle. C’est aussi la remise en cause du salaire minimum, des 35 heures, des jours fériés. Tout cela au nom de la croissance.

En vérité, il s’agit de détruire toutes les réglementations qui protègent les travailleurs et singulièrement les plus vulnérables, au nom de l’argent roi. La loi, c’est le marché.

Nous ne nous laisserons pas faire. Nous résistons, nous sommes debout et nous savons que nous ne sommes pas seuls. Si le gouvernement français et le patronat comptent sur notre lassitude, sur notre isolement, ils se trompent lourdement.


Les nombreux témoignages de soutien que vous nous avez adressés ainsi que les interpellations en direction de l’Etat français nous encouragent à poursuivre la lutte pour la défense des libertés fondamentales. Ainsi ce sont des dizaines d’organisations syndicales, représentant des dizaines de milliers de travailleurs, qui ont exprimé leur solidarité en exigeant, notamment du gouvernement français, l’arrêt des poursuites contre Charly LENDO et sa relaxe.

Le 14 janvier prochain, à la Bourse du travail à Paris, se tiendra, à l’appel du Comité international contre la répression (CICR), un meeting de soutien pour l’arrêt de la répression anti syndicale en Guadeloupe. Deux dirigeants de l’UGTG (Maïté HUBERT et Ruddy TESSIER) y participeront aux côtés de responsables syndicaux français et de militants de l’Entente Internationale des Travailleurs et des Peuples.


Aussi, à travers ce procès du 20 janvier 2015, il s’agit pour le pouvoir et le patronat, de tenter de museler la contestation, de terroriser les militants syndicaux pour mieux dépouiller les travailleurs et le peuple de Guadeloupe.


Au nom de la solidarité ouvrière, au nom de la démocratie, au nom du droit des Travailleurs de Guadeloupe et de leurs organisations syndicales luttant pour leurs légitimes revendications, nous faisons appel à votre soutien et votre solidarité.


Nous savons pouvoir compter sur votre soutien et votre solidarité sous la forme que vous jugerez utile ; et cela afin d’obtenir la relaxe de Charly LENDO et faire reculer la répression antisyndicale en Guadeloupe.

Vive la solidarité des Travailleurs et des Peules

Vive la solidarité internationale !

Recevez chers Camarades, chers Amis, nos salutations militantes.


Le Secrétaire Général de l’UGTG


Elie DOMOTA


Envoyez vos protestations à : Madame Christiane TAUBIRA Ministre de la justice 13, Place VENDOME 75042 PARIS cédex 01 Fax : 0144776000


Copie protestations et Messages de solidarité à adresser à : UGTG Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe 1, Rue Paul LACAVE 97110 POINTE-A-PITRE Fax : 0590 89 08 70 e-mail : ugtg nsX wanadoo.fr


Lu sur initiative communiste

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 15:01

BRN-titre

« Fermez votre gueule, Mme Merkel ! ». On ne chipotera pas Jean-Luc Mélenchon sur l’élégance de son « gazouilli », en allemand dans le texte, émis le 7 décembre sur le réseau Twitter. Pas plus qu’on ne rappellera quelle fut son indignation lorsqu’en novembre 2011, Arnaud Montebourg accusa la chancelière de mener « une politique à la Bismarck ». Le dirigeant du Front de gauche s’indigna alors de ce propos, arguant que « l’amitié franco-allemande est un devoir pour la paix et pour la construction européenne ».

 

Quoiqu’il en soit, on lui donnera volontiers acte du rôle particulier d’Angela Merkel en faveur de l’austérité bruxelloise. Mais l’eurodéputé a éprouvé le besoin d’ajouter : « la France est libre ! ». Hélas non, Jean-Luc, la France n’est pas libre : elle est membre de l’Union européenne. Elle est engagée par des traités juridiquement contraignants, signés par les gouvernements successifs, aux termes desquels elle s’interdit explicitement de mener une politique indépendante, et accepte de se soumettre au verdict des décisions communautaires. Ce carcan s’est encore resserré avec la mise en place de la gouvernance économique définie par des textes poétiquement dénommés 2-Pack, 6-Pack, TSCG, et quelques autres.

 

La Commission européenne, dans son rapport sur les « déséquilibres économiques » publié le 11 décembre, a enjoint à la France de diminuer sa dette et sa « pression fiscale », de restaurer l’équilibre de sa balance commerciale et sa « compétitivité », et d’accélérer les « réformes structurelles » (c’est l’objet du projet Macron). En outre, le nouvel exécutif européen, sous la houlette de Jean-Claude Juncker, projette, dans son programme de travail pour 2015, de renforcer la pression sur les Etats à travers « de nouvelles étapes de souveraineté partagée vers un gouvernement économique ».

 

Car à Bruxelles, on entend bien surveiller les politiques économiques et sociales dans leur ensemble, et pas seulement les déficits budgétaires. Ceux-ci restent cependant au cœur de la répression européenne, comme en témoigne le nouveau cycle de « négociations » entre la Commission et Bercy. Déjà, en octobre, Paris n’avait échappé à un veto préliminaire sur le budget 2015 qu’en affichant in extremis 3,6 milliards d’« économies » supplémentaires. Rebelote fin novembre, où les ministres de la zone euro ont octroyé un sursis de trois mois à la France pour trouver en urgence des coupes « additionnelles ». Un pays libre ?

 

La France n’est pas libre, pas plus que l’Italie, dont le premier ministre (social-démocrate) accélère les réformes structurelles, par exemple celle généralisant les contrats de travail à droits variables, au point de provoquer une grève générale le 12 décembre. La France n’est pas libre, pas plus que l’Irlande, dont le gouvernement (libéral) tente de revenir sur la gratuité de l’eau, provoquant d’importantes manifestations de la part d’un peuple qui sait ce qu’austérité européenne veut dire. La France n’est pas libre, pas plus que la Belgique, dont le cabinet (de droite) entend accélérer les « économies », ce qui a entraîné une mobilisation historique du monde du travail le 15 décembre, probablement pas sans lendemains.

   

La France n’est pas libre, pas plus que la Grèce, dont le chef du gouvernement a avancé la date de l’élection du chef de l’Etat, espérant ainsi négocier plus à l’aise avec Bruxelles pendant les deux mois qui viennent de lui être accordés par l’UE pour « adapter » le budget voté par le Parlement. Et la président de la Commission européenne n’a pas hésité à prendre parti, en cas d’élections législatives anticipées, pour les forces politiques « qui comprennent la nécessité du processus d’intégration européenne ».

 

Bref, aucun pays n’est plus libre depuis que leurs dirigeants respectifs se sont en quelque sorte ligués contre leurs propres peuples afin de retirer à ceux-ci, étape après étape, la liberté de décider de leur avenir hors d’un cadre contraint.

 

La France n’est plus libre. Ou plutôt : elle ne l’est pas encore.

 

Pierre LÉVY


source: BRN

repris par EL DIABLO

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 14:55

Par Jacques Cotta, journaliste et réalisateur de documentaires, texte diffusé par le M’PEP avec l’autorisation de l’auteur.

Le 2 janvier 2015.

Gauche et gauche de la gauche dans une impasse mortifère.

Deux évènements qui viennent de se dérouler ces derniers jours ne seraient qu’anecdotiques s’ils n’annonçaient une année 2015 d’enfer pour les peuples d’Europe, et singulièrement pour le peuple français. Le premier est la mise en garde menaçante à l’encontre des Etats du Sud, l’Espagne, l’Italie, la Grèce, le Portugal notamment, et la France, de la part de Pierre Moscovici, l’ex-ministre de François Hollande recasé à la Commission européenne. Endossant le costume de socialiste père fouettard qui décidément sied si bien à la fonction de commissaire européen, l’ancien ministre hollandien a stigmatisé tout retard dans la mise en musique de la politique préconisée par Bruxelles, et menacé les Etats de « lourdes sanctions financières (…) si au mois de mars 2015 les objectifs n’étaient pas atteints ». Le second s’est déroulé sur un plateau de télévision. Face aux représentants de ceux qui se définissent comme « la gauche de la gauche »- Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, et Benoit Hamon dont l’attelage est pour le moins étrange - c’est une député européenne allemande, véritable clone d’Angela Merkel, qui est venue « rappeler les Français à leurs responsabilités » et indiquer en substance que « l’Allemagne ne tolérerait pas de nouveaux retards dans la chasse aux déficits et la mise en application d’une politique d’austérité rigoureuse ». Le tout appuyé sur un programme établi à l’écart des regards encombrants.

« Oui mais… » Ont répondu chacun à leur manière les trois invités sur le plateau.

« Vous avez signé les traités, maintenant il faut les appliquer ! Ce sont les exigences de l’Union européenne… » a conclu madame Merkel-bis.

Les exigences de l’Union européenne

Ce tir tendu aurait bien peu d’importance s’il ne venait appuyer des décisions qui ont été prises à Bruxelles sans aucune publicité. Les intitulés font figure de tarte à la crème, mais leur rappel donne une idée de l’ampleur du chantier auquel le gouvernement de François Hollande et Manuel Valls compte s’attaquer en obtempérant aux desiderata allemands et bruxellois.

Le coût du travail d’abord. Malgré « le pacte de stabilité » et les dizaines de milliards d’euros accordés au patronat en échange de création d’emplois que tous s’accordent aujourd’hui à reconnaître bien illusoires, il faut plus. Sentant la période de Noël propice aux cadeaux redoublés, Pierre Gattaz et le Medef ont d’ailleurs décidé de mettre leurs pas dans ceux de l’Union européenne qui demande à nouveau de « réduire les cotisations sociales patronales en allant au-delà du CICE », notamment pour ce qui concerne « les plus bas salaires ».

Les allocations chômage ensuite. Il s’agit de revoir les accords de maintien dans l’emploi en vue « d’accroître leur utilisation par les entreprises en difficulté ». La chanson est la même que celle qui depuis des mois est fredonnée sur « la baisse des charges ». Il s’agirait de « réformer le système d’assurance-chômage afin qu’il encourage le retour à l’emploi ».

Les dépenses de santé aussi. Il faudrait « diminuer » les dépenses publiques dans le secteur des « soins de santé, y compris dans le domaine pharmaceutique ».

Les retraites également. Là encore même chanson, même refrain. Il s’agirait de « prendre les mesures nécessaires » pour « ramener durablement le système des retraites à l’équilibre d’ici 2020 », cela « dans tous les régimes, en se concentrant notamment sur les régimes spéciaux et complémentaires existants  ».

Les collectivités locales ne sont pas oubliées. Au nom des « doublons administratifs », aller vers « une fusion de collectivités » et « rationaliser les dépenses tout en réduisant les dotations octroyées par l’Etat  ».

Les professions réglementées enfin. Il faudrait ainsi « supprimer les restrictions à l’accès aux professions réglementées » et « réduire les contraintes réglementaires dans le secteur du commerce » ce qui donne un certain relief au débat sur l’ouverture des boutiques le dimanche notamment…

Et la concurrence évidemment. Les tarifs réglementés du gaz et de l’électricité sont l’objet de toutes les inquiétudes au nom « d’une concurrence libre et non faussée ». De même le transport intérieur des passagers dont « le marché devrait être ouvert  ».

En un mot, l’Union européenne rappelle les Etats à l’ordre pour la mise en œuvre de la politique de déréglementation généralisée qui doit mettre à bas ce qui reste des acquis sociaux obtenus dans des mouvements historiques, les grandes grèves de 1936 ou la situation de double pouvoir installée dans le pays au sortir de la guerre en 1945-1947. L’obstination de l’U.E. est totale dans cette volonté de faire payer aux peuples la dette et les déficits organisés par le capitalisme dont les dernières crises – celle des subprimes en 2008 - sont le point de départ des problèmes actuels. En France comme dans les autres pays, le bond du déficit vient en effet des années 2008 et 2009 avec les centaines de milliards injectés dans le système bancaire, les plans de relance et la baisse des recettes fiscales consécutives à la crise. Ainsi, pour la zone euro dans son ensemble, le déficit qui n’était que de -0,7% du PIB en 2007 est passé à -6,3% en 2009. Pour les pays de l’OCDE, de -1,3% en 2007, le déficit est de -8,2% en 2009. Mais il y a plus. Certains pays saignés par des plans de rigueurs tels l’Irlande ou l’Espagne étaient en 2007 en excédent. Pour la France, les déficits s’élevaient à -2,3% en 2007 pour passer à -7,1 en 2010 (1).

Les conséquences

Ces recommandations impératives de l’Union européenne à tous les Etats ont déjà été partiellement mises en œuvre dans un pays test de l’Union, la Grèce, qui a joué malgré elle le rôle de cobaye permettant de déterminer le seuil de tolérance du peuple à des mesures qui mettent directement sa survie en danger.

Sur toutes les questions la Troïka – c’est-à-dire l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international - a œuvré au nom de la dette et des déficits, dès le lendemain de la crise des subprimes. Les conséquences ont été radicales dans tous les secteurs vitaux pour la population. Pour les salaires et l’emploi, la précarisation est devenue un luxe tellement les emplois ont été par centaines de milliers supprimés. Pour les jeunes le taux de chômage a explosé. Pour les vieux, les retraites ont été amputées au point de jeter dans la mendicité et dans l’indigence des centaines de milliers de Grecs qui jusque-là étaient épargnés. Les suicides à répétition sont venus rappeler cette terrible réalité. Pour les chômeurs les allocations ont été supprimées. Pour la santé, ce sont des associations caritatives ou Médecins du Monde qui ont été contraintes de venir prendre la place de services qui ont été fermés. Les collectivités ont vu leur budget réduits, certaines étant contraintes de se déclarer en faillite, c’est-à-dire de tout arrêter, du jour au lendemain, se trouvant dans l’incapacité d’honorer le moindre engagement financier.

Ce sont les peuples qui paient, pendant qu’à l’autre bout de la société l’enrichissement se poursuit, la richesse étant captée par une petite minorité. La Grèce encore et toujours avec l’arrogance des grands armateurs (dont l’exonération d’impôt est inscrite dans la constitution, comme l’est d’ailleurs celle dont jouit l’Eglise orthodoxe) qui ont accumulé leur richesse dans la dernière période comme jamais ils n’avaient pu le réaliser, proportionnellement à la pauvreté qui s’est répandue dans toute la société.

Sur toutes ces questions vitales, l’Europe sous le coup de l’Union européenne doit devenir la Grèce. C’est une véritable déclaration de guerre contre notre pacte social qui est ainsi proclamée. Quelques piliers permettent encore de limiter les dégâts du capitalisme intégral qui est en train de poser ses exigences. Mais c’est au détriment des profits qui peuvent encore être tirés, et c’est précisément cela que le système et l’oligarchie qui est à la tête des institutions ne tolèrent pas. Sécurité sociale, enseignement, retraites, santé, services publics dans leur ensemble, collectivités, communes et départements, démocratie, république, voilà les enjeux essentiels de la période qui est devant nous.

De la gauche…

C’est dans ce contexte que les positions méritent d’être appréciées. La gauche poursuit dans une voie suicidaire pour elle-même – ce qui en soi n’est pas d’une grande gravité - mais surtout pour le pays et le peuple.

Le gouvernement qui représente une part importante de la gauche - avec le Parti socialiste et jusqu’à il y a peu les Verts - se révèle être le premier parti en France à défendre les intérêts du capital financier contre ceux du travail. Les discours passés ne peuvent en effet faire oublier la réalité. François Hollande qui déclarait pour se faire élire « mon ennemi est la finance » dans son meeting du Bourget a promu « le socialisme de l’offre » au nom du réalisme, lorsque son Premier ministre Manuel Valls s’est fait l’adepte numéro 1 de l’entreprise dans le pays. Le « pacte de stabilité » élaboré par Emmanuel Macron lorsqu’il était un des conseillers de François Hollande à l’Elysée est aujourd’hui mis en œuvre par Emmanuel Macron devenu ministre. Les critiques médiatiques faites au MEDEF qui « ne respecte pas ses engagements en terme de création d’emplois » ne peuvent donner le change. D’ailleurs au gouvernement chacun dissipe vite le doute. Le pacte de stabilité a été voté, et il sera appliqué ! Pierre Gattaz est rassuré, au point d’ailleurs d’en demander toujours plus…

A première vue, il est étonnant de voir le Parti socialiste continuer dans une voie qui le mène sur les traces du Pasok en Grèce, ou encore de la gauche italienne. Les prochaines élections risquent bien d’être absolument impitoyables pour un parti et un gouvernement qui fait des directives de l’Union européennes l’alpha et l’oméga de sa politique. Le Parti socialiste voit le nombre de ses adhérents fondre au fur et à mesure de ses défaites électorales. Les projections qui doivent certes être prises avec précaution mais qui méritent une certaine considération donnent en cas d’élections législatives une cinquantaine de sièges à la gauche, soit une perte de plus de 200 circonscriptions. Un rejet à la hauteur de celui qui frappe la politique de l’UE et les institutions européennes.

Au sein du Parti socialiste, les « frondeurs » veulent faire acte de résistance. Mais pour cela ils se contentent de s’abstenir sur les textes-clés au prétexte qu’il ne faudrait pas permettre le renversement du gouvernement… de gauche. Débat fou enfermé dans la camisole des sigles. Car que signifie « gouvernement de gauche » lorsque le gouvernement concerné mène à vitesse accélérée la politique la plus réactionnaire qui soit, celle dont rêvait Nicolas Sarkozy lorsqu’il était au pouvoir et qu’il était incapable d’appliquer. On voudrait nous faire croire que la question est tactique. En réalité elle est politique. C’est le refus de rompre avec l’Union européenne, cette construction politique qui n’a rien à voir avec l’Europe mais qui est au service exclusif du capital intégral contre les peuples et les nations, qui explique cette position absurde des « frondeurs » qui restent à la remorque d’un gouvernement et d’une politique qu’ils ont beau jeu de critiquer. Certains vont même jusqu’à s’assigner l’objectif de « sauver le quinquennat ». Absurdité, quand tu nous tiens…

Leur sort aussi est noué car qui peut croire que l’électorat demain fera la différence entre le socialiste actif qui revendique le pacte Macron et le socialiste « critique » qui aura dans la douleur permis la mise en pratique de la politique gouvernementale. A tergiverser, ceux-là aussi seront balayés, comme les autres…

… A la gauche de la gauche, quelle réalité ?

La gauche de la gauche se présente comme une alternative mais qu’en est-il en réalité ? France 2 (2) nous a présenté un curieux attelage. Quoi de commun en effet entre Jean-Luc Mélenchon du « Front de gauche » qui se veut « eurosceptique », Cécile Duflot des « Verts » qui se revendique « europhile » et Benoit Hamon des « frondeurs socialistes » ou encore « eurocritique » ? Différence de forme indiscutablement. Différence de fond aussi sur les mois qui viennent, le troisième à l’inverse des deux autres conditionnant toute initiative à une fidélité réaffirmée au Parti socialiste, au gouvernement et au Premier ministre. Ainsi les deux premiers semblent se distinguer du troisième par un discours « plus à gauche ». Mais que valent les apparences ?

Au risque de choquer, ne faut-il pas reconnaître que des trois, celui qui exprime une logique certes mortifère, mais implacable, est bien le troisième. Car ils ont ensemble un point commun. Aucun ne tire le bilan collectif qui d’ailleurs mettrait en cause son propre bilan personnel au point de conclure à la nécessité de rompre avec l’Union européenne, la Banque centrale et l’euro. Dès lors au risque de déplaire, ne faut-il pas reconnaître que mise à part la forme, tous demeurent dans le cadre politique qui est celui du pacte de stabilité, d’Emmanuel Macron, de Valls et Hollande, le cadre que fixe l’U.E. au nom de laquelle le « socialiste » Pierre Moscovici nous rappelle à l’ordre. La réalité politique nous indique qu’il n’y a pas d’espace pour une Union européenne différente. L’amalgame entre Union européenne et Europe relève être une escroquerie. La première est une construction au service du capital financier, la seconde est faite de Nations que l’U.E. veut détruire et de peuples qu’elle désire assujettir. L’acceptation de l’U.E. ne peut donner aucune crédibilité aux propositions qu’il est même dès lors difficile d’entendre. La « révolution écologique », la réorganisation de notre avenir autour de « l’économie marine » apparaissent comme des gadgets dès lors que le discours n’est pas préfacé par les conditions politiques nécessaires à toute autre orientation, c’est-à-dire à la sortie de l’U.E. et de l’euro.

Ce cadre commun que constituent l’UE et l’euro à la gauche et la gauche de la gauche, qu’elle soit plus ou moins critique, ouvre un boulevard au discours radical et démagogique de Marine Le Pen. En ne se réappropriant pas la Nation, la Patrie, le Peuple, la gauche sous toutes ses variantes déroule un véritable tapis sous les pieds de l’extrême droite qui sait se saisir des vraies questions pour apporter ses réponses xénophobes et dévoyer les couches sociales les plus faibles du combat uni pour la défense des intérêts du travail contre le capital.

La période est à une remise en cause généralisée qui passe par la destruction des Nations et des Etats. Avec l’U.E. se prépare dans les discussions secrètes engagées avec les Etats-Unis le traité transatlantique qui devrait généraliser à tous les secteurs la domination du privé, la liquidation des Nations et des Etats, la liquidation du public. Privatisations dans tous les domaines, négation de la démocratie, liquidation des droits sociaux, militarisation de la répression sociale… L’issue peut-elle faire l’économie de la reconquête de notre quintuple souveraineté, la monétaire confisquée par la BCE et l’euro, la politique interdite par l’UE, la militaire entravée par l’OTAN, l’économique qui passe par l’établissement de barrières douanières lorsque nécessaire, la financière enfin qui nécessite l’abrogation de la loi Pompidou-Rothschild de 1973 qui livre l’Etat français aux marchés privés…

Que vaut alors toute proposition qui fait l’économie des conditions préalables à une politique différente ? Qui ne pose pas comme point de départ la nécessaire rupture avec l’UE, la BCE, l’OTAN et l’ensemble des structures supranationales qui interdisent aux peuples d’exercer leur droit à disposer d’eux-mêmes et qui nous mènent collectivement à la catastrophe annoncée…

(1)- Ces chiffres sont issus d’études de l’OCDE et pour la France des comptes nationaux et de l’INSEE.
(2)- Des paroles et des actes du jeudi 4 décembre 2014.

Jacques Cotta
Le 7 décembre 2014

Texte initialement publié par La Sociale :

http://la-sociale.viabloga.com/news/l-union-europeenne-plus-que-jamais-en-sortir-ou-en-mourir

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 17:30
Les pap Chap sont déterminés et en colère ... contre le plan de licenciements et l'arrêt de la MP3

Des négociations se sont tenues mercredi 28 janvier 2015, sur fond de menaces sur 196 emplois.

Le conflit social se poursuit, à la papeterie Chapelle Darblay à Grand-Couronne, près de Rouen (Seine-Maritime), où 196 postes sont menacés (sur un effectif total de 365 salariés). Le groupe industriel finlandais UPM-Kymmene prévoit de fermer quatre machines à papier en Europe, dont une sur son site de La Chapelle-Darblay.


À l’appel de la CGT, des salariés protestent contre ce plan et demandent une prime de 2 000 euros par salariés pour préjudice moral.  Aux négociations avec la direction (NAO = négociations annuelles obligatoires), après avoir refusé en bloc les demandes des salariés, la direction est contrainte de revenir à la table des négociations.
Le mardi 27 janvier 2015, dans l’après-midi, les salariés se sont invités à la salle de réunion où se trouvaient les cadres et directeur. Ces derniers ont été “retenus” de manière symbolique jusqu’en début de soirée.
Sur son site, le syndicat CGT de la Chapelle-Darblay se félicite de cette action :
    « Suite à une très bonne action, ce mardi après midi, les salariés ont gagné une première bataille, les négociations reprennent demain matin, mercredi (Ndlr : mercredi 28 janvier 2015) à 10h. La direction a dit qu’elle venait avec des billes, tant pour les AGS ( régime de garantie des salaires ) que pour la prime de préjudice moral subi depuis l’annonce du 13 novembre. »

La lutte pour l’emploi se poursuit.
Les Pap chap sont décidés à se battre jusqu’au bout pour « soit faire revenir UPM sur sa décision d’arrêt », soit le laisser s’en aller à condition qu’il laisse la machine qu’il voulait vouer à la casse.
Sur le site de la FIL PAC CGT Chapelle Darblay, les papetiers posent des questions et font des propositions :
« De multiples contacts se prennent à l’initiative de notre fédération et de toutes ses branches, dont les imprimeries. »
Ils posent la question du produire en France et de l’indépendance de la presse française :
«  Si Chapelle Darblay située à 130 km de Paris ferme demain ou après-demain, qui approvisionnera  nos imprimeries parisiennes et aussi tout l’ouest de la France ? »
Ils posent la question de la transition énergétique et de la localisation des sites industriels près des acheteurs :
« Les bobines feront combien de kms, il sera brûlé combien de gasoil pour les transporter, et surtout à quel prix au bout ? »
Ils posent la question des investissements réalisés par les collectivités locales pour le tri sélectif, investissements réalisés avec l’argent des contribuables qui voudraient bien que ces efforts profitent aux industries locales, en l’occurrence à la papeterie Chapelle Darblay peut traiter les vieux papiers et qui a des machines performantes, des papetiers hautement qualifiés pour cela:
«  La filière d’approvisionnement vieux papiers ne va-t-elle pas être complètement chamboulée, la collecte sélective ne risque-t-elle pas d’être remplacée ou avalée uniquement par la loi du marché, ne va-t-elle pas comme les productions futures UPM ne finirent qu’en Allemagne ? »


Ils posent enfin la question de la responsabilité de l’Etat qui ne doit pas laisser démanteler la filière papetière en France.  Ce qui veut dire aujourd’hui, qu’il doit s’opposer à la destruction d’une machine qui peut produire le papier dont nous avons besoin pour la presse, pour les sacs d’emballage…
«  Ne serait-il pas plus intelligent, plus social, judicieux, lucratif ou beaucoup moins contraignant de garder notre bonne usine en totalité, avec sa matière première, son énergie et sa bonne production ? »

En effet, c’est l’Etat qui doit faire le point sur les besoins de papier, de papier journal en France, sur les capacités de production en France, sur le papier et la pâte à papier importée.  C’est l’Etat, en grande partie, qui finance la presse.  Il doit intervenir.  Car c’est de l’emploi qu’il s’agit et l’emploi est un problème national.
Bien sûr il faudrait pour cela affronter l’Union européenne et son dogme « concurrence libre et non faussée ».  Mais n’est-ce pas cela que devrait faire un gouvernement soucieux de l’emploi en France ?  
Mais ce gouvernement Hollande-Valls-Macron semble davantage vouloir plaire aux firmes multinationales comme UPM et mettre en œuvre les dogmes européens qu’ils ont eux-mêmes adopté, dans les conseils européens et dans les différents traités signés.  Et ces dogmes ne sont pas faits pour l’emploi en France, mais pour faciliter le redéploiement des firmes multinationales.   
Seule la lutte des salariés eux-mêmes peut faire fléchir le patronat UPM et le gouvernement.  C’est ce que font les papetiers.  Chaque jour et chaque semaine.

 

Le 30 janvier, ils sont à Paris pour le CCE à Paris.

Et le 17 Février ils s’apprêtent à défiler à Rouen avec les papetiers de France, à l’appel de la FiL PAC CGT et de l’UD-CGT de Seine-Maritime, pour une action nationale papetière et une action régionale pour l’emploi.


PS : On notera que le PSO – Plan de sauvegarde de l’emploi –désigne le plan de suppression des emplois.  Tout comme « dialogue social » désigne ces réunions où les patrons, appuyés par le gouvernement, souvent aussi par les médias, somment les salariés de renoncer à leurs acquis baptisés pour l’occasion « avantages ».


Dernière minute, vu sur le site des Pap Chap  : Sortie de conflit au PAP CHAP, la négociation annuelle obligatoire 2015, scellée après 56 heures de conflit.
La délégation CGT et la direction se sont rencontrées pour se mettre d’accord sur les propositions suivantes permettant d’établir un protocole de sortie de conflit.
Les salariés en lutte s’étaient prononcés « POUR » à l’unanimité quelques minutes avant.

 

Et pour en savoir davantage, allez sur le site de la FIL PAC CGT Chapelle Darblay.

 

 

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 09:19

 

Quand le nouvel Obs découvre l'existence d'une extrême-droite ukrainienne très active et belliciste, menée par Pravy Sector et Svoboda, mais ne prend pas position ... ( à propos de Bandera :" personnage controversé", "héros national", " alors que d'autres l'accusent d'avoir collaboré avec les nazis"...).  On attend les reportages sur les victimes des néo-nazis ukrainiens.

 

Des milliers de supporters de l'extrême droite ukrainienne défilent avec des flambeaux à Kiev le 1er janvier 2015 pour commémorer un chef de file des nationalistes Stepan Bandera (c) Afp Des milliers de supporters de l'extrême droite ukrainienne défilent avec des flambeaux à Kiev le 1er janvier 2015 pour commémorer un chef de file des nationalistes Stepan Bandera (c) Afp

 


 

Kiev (AFP) - Plusieurs milliers de supporters de l'extrême droite ukrainienne ont défilé avec des flambeaux jeudi soir à Kiev pour commémorer un chef de file des nationalistes ukrainiens Stepan Bandera, dénoncé comme collaborateur nazi par Moscou et les rebelles prorusses de l'est de l'Ukraine.

Les manifestants, réunis à l'appel des partis d'extrême droite Svoboda et Pravy Sektor, mais aussi des combattants du régiment Azov composé de volontaires nationalistes, ont marché dans le centre-ville jusqu'au Maïdan, la place centrale de Kiev et haut lieu des protestations qui ont conduit au renversement en février 2014 du président prorusse Viktor Ianoukovitch.

"Gloire à l'Ukraine! Gloire aux héros! Gloire à la Nation! Mort aux ennemis! La Russie est la prison des peuples", scandaient les manifestants brandissant des drapeaux nationaux bleu et jaune, nationalistes rouge et noir et un grand portrait de Stepan Bandera, né il y a 106 ans.

Bandera, un des dirigeants nationalistes ukrainiens dans les années 1930-1950, reste un personnage controversé en Ukraine où beaucoup le considèrent comme un héros national et symbole de la lutte pour l'indépendance de cette ex-république soviétique et partie de l'Empire russe alors que d'autres l'accusent d'avoir collaboré avec les nazis.

"Bandera a donné sa vie pour l'Ukraine (...) On essaie de dénigrer son nom en l'accusant d'avoir collaboré avec les nazis", a déclaré à l'AFP Kvazar, un des manifestants et combattant volontaire se présentant par son nom de guerre.

"Le Kremlin a peur de Bandera car il symbolise l'idée d'une indépendance totale de l'Ukraine" vis-à-vis de la Russie, a renchéri Lidia Ouchiï.

Stepan Bandera était le chef idéologique des combattants antisoviétiques, qui ont affronté l'Armée rouge et massacré des Polonais dans l'ouest de l'Ukraine. Une partie du mouvement nationaliste ukrainien avait collaboré avec les nazis avant de combattre contre eux.

Bandera, dont deux frères ont été tués à Auschwitz en 1942, avait lui-même été emprisonné de 1941 à 1944 dans un camp de concentration nazi après avoir tenté de mettre en place un gouvernement ukrainien indépendant lors de l'occupation nazie de l'Ukraine, alors partie de l'URSS.

Empoisonné par un agent du KGB en 1959 à Munich, il est abhorré en Russie. Le président Vladimir Poutine avait d'ailleurs désigné en mars le gouvernement ukrainien ayant succédé au régime de Ianoukovitch comme "des héritiers idéologiques de Bandera, le complice d'Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale".

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 09:05

L’histoire retiendra l’exclamation (sincère ou pas) de Barak Obama, le 17 décembre 2014, pour justifier le changement de politique sur la « question cubaine » : « Nous sommes tous Américains » ; mais il semble que pour la Maison Blanche le Venezuela le soit moins que les autres.

En effet, le lendemain de cette soudaine révélation et de l’annonce d’un processus de rétablissement (à terme) de relations normales avec Cuba, le même Obama signait la « Loi de défense des droits de l’homme et de la société civile au Venezuela 2014 », approuvée le 8 décembre par le Sénat et le 10 décembre par la Chambre des Représentants.

Il ne s’agit pas ici de bouder notre plaisir de voir le peuple cubain faire plier « l’Empire » après plus de cinquante ans d’un affrontement inégal ; Washington a dû se rendre à la raison : Cuba n’est pas un morceau de soviétisme importé, isolé, qui s’obstine à résister sous les tropiques, mais une révolution nationale souveraine (au bilan reconnu internationalement), très spécifique, très endogène, fruit d’une histoire ô combien prégnante et rebelle...

« Si ton voisin t’insupporte, déménage », chantait le vieux troubadour cubain Carlos Puebla. Les Etats-Unis auront tout tenté (sauf de déménager) avant d’admettre la simple réalité géopolitique et d’accepter enfin la cohabitation avec ce minuscule voisin cubain si encombrant... tout en continuant à vouloir abattre son système, comme l’a explicité Barack Obama lors de son discours de fin d’année.

Après Cuba : le Venezuela

Malgré l’échec patent de leur « politique cubaine », les « States » s’apprêtent à récidiver, à s’engager dans une colossale et dangereuse « erreur historique », en mettant en place les prémisses d’un blocus, d’un cordon sanitaire contre le Venezuela bolivarien, infligeant des souffrances à un peuple coupable, comme le cubain, de ne pas lâcher. Après Cuba : le Venezuela ! Le scénario se précise... Cela peut faire douter des « bonnes intentions » du président Obama par rapport à Cuba et devrait nous amener à nous interroger sur la part de calcul impérialiste.

La loi anti-vénézuélienne votée début décembre 2014 par le Congrès américain, s’apparente au début de l’escalade « anticastriste » de Washington, au dispositif du début des années 1960, d’ingérences, d’agressions. Cette loi inflige des sanctions (refus de visas, saisie de comptes) à une liste de vénézuéliens « chavistes » pour de prétendues violations des droits de l’homme ; elle attribue aux victimes la responsabilité du soulèvement sanglant du printemps 2014 contre le président élu, légitime, Nicolas Maduro. Terrible renversement de situation ! Ce sont les présidents américains qu’il faudrait juger pour crimes contre l’humanité en Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Lybie, à Guantanamo, d’après notamment le rapport de la commission de renseignement du Sénat sur les méthodes de la CIA, la torture, dans des prisons clandestines et illégales, et cela au nom de la liberté du marché, donc de la défense de la liberté, de la concurrence libre et non faussée, etc.

Les fidèles toutous de l’Union Européenne n’ont pas tardé à se mettre au garde-à-vous et à voter, le 18 décembre, au parlement européen une résolution condamnant non les promoteurs de la violence, les « leaders » fascisants, Leopoldo Lopez, Maria Corina Machado, poursuivis ou emprisonnés pour avoir fomenté l’opération insurrectionnelle « Salida » (« sortie ») visant le président Maduro, mais la révolution bolivarienne.

Le scénario cubain

Cuba, mono-productrice et mono-exportatrice de sucre fut privée de son « quota sucrier », de son marché naturel... L’arme sucrière d’hier devient, mutatis mutandis, l’arme pétrolière d’aujourd’hui. Les Etats-Unis et leurs satellites à l’OPEP organisent la « guerre économique » sous toutes les formes : effondrement des cours du baril, pénuries d’aliments et de produits de première nécessité... Une stratégie déjà éprouvée également contre le Chili de Salvador Allende.

Peu à peu, un « blocus financier » se met en place. Il s’agit, dans un premier temps, de rendre difficile et cher l’accès du Venezuela aux financements en devises dont il a besoin, en décrétant le pays proche de l’insolvabilité, de la suspension de paiement, de la faillite. Les « agences de notation » (sic !) du marché mondial (comme l’agence Ficht, voir El Pais du 19 décembre) viennent de « baisser la qualification financière » du Venezuela de « B » à « CCC », le situant parmi les nations au « risque pays » le plus élevé au monde (7 sur 7). Ce classement, totalement subjectif, politique, suivant une méthodologie opaque, est destiné à inciter les organismes financiers à imposer des taux d’intérêt très élevés au « mauvais élève », voire même à dissuader les institutions et partenaires économiques face aux « risques du crédit ». Ces mêmes « agences » aux ordres essaient d’imposer au Venezuela le dollar « de la rue », spéculatif, comme étalon sur le marché national.

En bref

Si l’on résume, la guerre économique, idéologique, les tentatives de déstabilisation, d’isolement international, le « blocus financier », sont les premiers maillons d’une chaîne de plus en plus étouffante, destinée à étrangler et faire tomber une révolution bolivarienne devenue l’un des objectifs prioritaires de la politique internationale des Etats-Unis. Il semblerait que Cuba n’ait pas servi de leçon... Mais lorsque ses intérêts sont menacés, l’impérialisme ne recule devant rien. Devant rien. Comme à Cuba, la résistance sera longue, dure, douloureuse, coûteuse, et aura besoin de toute notre solidarité.

Source : Jean Ortiz, pour Le Grand Soir.

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