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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 14:52

David-Cameron1.jpg

Dimanche 11 janvier 2014 , le premier ministre britannique David Cameron participe à Paris à la « marche républicaine ». La veille, à Londres, il menace de réduire le droit de grève dans le secteur public en Grande-Bretagne s’il est réélu le 7 mai prochain.

 

Parmi les mesures, celle d’imposer que 40% des syndiqués se déclarent favorables à la grève pour la rendre effective. David Cameron souhaite également pouvoir remplacer les grévistes, ce qui est interdit actuellement, et imposer un délai d’au minimum trois mois entre chaque grève.

La Secrétaire générale du Trade Union Congress (TUC), Frances O’Grady, a déclaré à la BBC : «nous avons déjà l’une des législations les plus dures du monde pour les syndicats. Aucune démocratie n’a mis en place ce genre de restriction ». Pour Dave Prentis du syndicat Unison (syndicat du secteur public) ces mesures auraient pour conséquence de « rendre impossible toute grève dans le secteur public ».

Depuis un an des grèves importantes se produisent dans les services publics pour protester, en particulier, contre le gel des salaires. Wayne King, représentant du syndicat Unison à Londres a déclaré pour sa part que les travailleurs du transport: "en ont assez de l’inégalité salariale et des disparités salariales déloyales" .

Si la règle des 40 % était en vigueur certaines de ces grèves n’auraient pas pu avoir lieu selon le Parti conservateur. Ainsi la grève dans les transports de Londres prévue pour ce mardi 13 janvier aurait été illégale pour le ministre des Transports, Patrick McLoughlin, qui affirme qu’elle n’a été votée que par 16 % du personnel.

 

source: POI

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 14:23
Quand le Mossad assassinait à Londres un grand caricaturiste palestinien

Publié par Gilles Munier sur 10 Janvier 2015, 17:15pm

Quand le Mossad assassinait à Londres un grand caricaturiste palestinien

Par Gilles Munier/

Souvenons nous ! Le dessinateur et caricaturiste palestinien Naji al-Ali, célèbre au Proche-Orient, a été assassiné à Londres, le 22 juillet 1987, près du quotidien koweiti Al-Qabas où il travaillait. Il était irrévérencieux à l'égard des potentats arabes, appelait le sionisme par son nom et dénonçait la corruption de certains dirigeants palestiniens. Un tueur-professionnel lui a logé une balle dans la tête et a continué son chemin calmement, sans être inquiété.

La presse occidentale ne s'est pas émue de cette attente à la liberté d'expression, comme c'est le cas aujourd'hui après l'attentat dont a été victime Charlie Hebdo. Deux poids et deux mesure?

Dix mois plus tard, Scotland Yard a arrêté un certain Ismaïl Suwan, un étudiant palestinien impliqué dans l'organisation du meurtre. Interrogé, il a révélé qu'il avait été recruté par le Mossad et que ses supérieurs l'avait informé du projet d'assassinat.

Devant le refus d'Israël de s'expliquer sur ce crime, Margaret Thatcher – Premier ministre britannique - ordonna la fermeture de l'antenne du Mossad à Londres - Palace Green - et l'expulsion de deux « diplomates » israéliens. Bien que connue du MI5 – service de renseignement intérieur britannique – l'identité de l'assassin – un agent du Kidon, le service action du Mossad - n'a jamais été divulguée.

La presse occidentale n'a pas remué ciel et terre pour que le tueur et ses commanditaires soient appréhendés et jugés.

Le Mossad a poursuivi ses activités en Grande-Bretagne tranquillement, mais sans statut officiel.

Il a fallu attendre 1998 pour qu'Ephraïm Halevy, nouvellement nommé à la tête du Mossad, obtienne de Margareth Thatcher la réouverture du bureau du Mossad à Londres.

 

A lire : Le Livre de Handala, caricatures de Naji al-Ali

paru en 2011 aux Editions Scribest (140 dessins de Naji aL-Ali inédits & annotés)

Dans la présentation du « Livre de Handala « , le dessinateur- caricaturiste français Siné – licencié de Charlie Hebdo en juillet 2008 pour des propos dits antisémites » par Philippe Val, le directeur d'alors - a rappelé que le dessinateur a été tué « à cause des convictions qu'il exprimait à merveille à travers ses dessins et son petit personnage nommé Handala"

Handala, réfugié palestinien de 10 ans misérable, est présent sur tous les dessins de Naji al-Ali, le dos tourné au monde qui a trahi son peuple.

Téléchargement:

Extrait du livre de Handala

Quand le Mossad assassinait à Londres un grand caricaturiste palestinien
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Vu sur "canemepchepasnicolas" et repris sur http://www.france-irak-actualite.com/2015/01/quand-le-mossad-assassinait-a-londres-un-grand-caricaturiste-palestinien.html

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 14:17

CGT-CCN.jpg

 

La CGT confirme que les membres du Comité confédéral national (CCN) n'ont pas adopté la proposition qui leur était soumise d'un bureau confédéral renouvelé avec Philippe Martinez à sa tête. Selon la CGT, sur "701 voix disponibles, 57,5% étaient pour, 41,6% contre et 1% d'abstentions". 

"La majorité des deux tiers requise par les statuts de la CGT n'a pas été atteinte".

****

VOTE AU COMITÉ CONFÉDÉRAL NATIONAL du 13 JANVIER 2015 SUR LA PROPOSITION POUR BUREAU CONFÉDÉRAL:

 

Philippe Martinez (fédération de la métallurgie)

Colette Duynslaeger (fédération poste et télécommunications)

Alain Alphon-Layre (UD Gard)

Christine Carlier (UD Nord)

Michèle Chay (fédération du commerce)

Pascal Debay (UD Meurthe-et-Moselle)

Virginie Gensel-Imbrecht (fédération de l'énergie)

Nathalie Metche-Nickles (fédération des services publics)

Grégory Roux (fédération des cheminots)

Philippe Texier (UD Côte d'Or).


CONTRE : Allier, Ardèche, Ariège, Bouches-du-Rhône, Cantal, Cher, Corse du Sud, Eure, Eure-et-Loir, Hte Garonne, Hte Loire, Htes Pyrénées, Hauts-de-Seine, Hérault, Loire-et-Cher, Marne, Morbihan, Oise, Paris, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Orientales, Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis, Tarn et Garonne, Val d'Oise, Val de Marne, Yvelines.

Banque-Assurances, Chimie, Commerce, Construction-Bois, Equipement, FERC, FILPAC, Finances, Journalistes, Officiers marine marchande, Organismes sociaux, Police, Ports et docks, Services Publics, Sociétés d'études, Syndicats maritimes, THC, UGFF, Verre-Céramique, VRP
 

ABSENTIONS: Indre, Bas-Rhin
 

POUR: toutes les autres organisations 

 

ABSENTS : Alpes de Haute-Provence, Gers, Haute-Corse, Lot

 

source facebook- repris par el diablo

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 14:04

raif-saudi-arabia.jpeg

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Légende de la photo : la fille de Raif Badaoui tient un portrait de son père

 

La présence à Paris dimanche d'un ministre saoudien pour dire « Je suis Charlie » : 9.5 sur l'échelle de l'hypocrisie ambiante. Au même moment, à Riyad, un jeune blogueur est condamné aux peines les plus barbares pour le plus simple usage de la liberté d'expression.

 

Il est difficile de choisir un coupable qui porte autant sur son visage l'innocence. Ses traits angéliques sont brandis dans des portraits par ses enfants accablés par la peur de perdre leur père. Son combat pour la liberté est porté par sa femme, qui alerte sur son sort depuis son exil canadien.

 

Lapidation pour un blogueur « libre-penseur »

article-2624260-1DAA25D000000578-957_306x423.jpgRaif Badaoui, 31 ans, est détenu depuis 2012 par le régime saoudien. Il a été condamné à 1 000 coups de fouet livrés sur la place publique, à 10 ans de prison ainsi qu'à une amende de 1 millions de rials (soit 250 000 €). Quel crime a bien pu commettre Raif ?

Celui de tenir un site d'orientation politique démocratique (« Free Saudi liberals »), défendant la liberté d'expression, la libération des prisonniers politiques et l'ouverture d'un débat sur les questions politiques en Arabie saoudite.

Il critiquait sur son blog les grands du Royaume, dont des figures religieuses comme le Grand Mufti d'Arabie saoudite, et tournait en dérision la police religieuse de la monarchie saoudienne, la Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice.

 

Crimes d'apostasie, blasphème, lèse-majesté : le Moyen-âge en 2015

Dans un premier temps, l'accusation avait réclamé la peine de mort pour « apostasie », soit l'abandon de l'Islam. Finalement, c'est le crime d' « insulte à l'Islam » qui a été reçu. Derrière l'accusation de « blasphème », c'est bien plus un « lèse-majesté » dont il s'agit.

La monarchie saoudienne s'appuie sur une vision fondamentaliste de l'Islam, le wahhabisme, accompagnant sa politique de diffusion du terrorisme islamiste dans le monde.

Elle constituait jusqu'alors une interprétation fort minoritaire de cette religion. Elle n'a connu une renaissance que dans les années 1930 en Arabie même, avec l'installation de la dynastie Saoud, patronnée par la puissance coloniale britannique puis soutenu par l'allié américain.

Une peine barbare en tout cas, pour un jugement obscurantiste. Les 50 premiers coups de fouet ont été donnés vendredi dernier dans sa ville natale de Jeddah, devant une mosquée.

Une foule de plusieurs centaines de personnes ont rythmé les coups de fouet d'applaudissements, de sifflets d'encouragement et de cris « Allah Akbar » (Dieu est grand).

Selon ce qu'un témoin a conté à Amnesty international, « Raif était menotté et enchaîné mais son visage n'était pas couvert. Un officier de police s'est approché avec un grand bâton et a commencé à le frapper. Raif a levé sa tête vers le ciel, fermant ses yeux et cambrant son dos. Il n'a rien dit, mais vous pouviez voir sur son visage et son corps qu'il souffrait le martyr ».

Ce vendredi, il doit subir une seconde salve de 50 coups de fouet à Djeddah, un rituel qui devrait continuer pour les 19 prochaines semaines. Sa femme, Ensaf Haidar, désormais exilée à Montréal a déclaré – après l'avoir eu au téléphone – qu'elle n'était pas sûr qu'il résisterait à un second supplice.

« Raif m'a dit qu'il avait énormément souffert après sa flagellation, sa santé est précaire », a-t-elle confié à Amnesty.

 

Son avocat condamné à 15 ans de prison pour sa défense des droits humains

Son avocat, Walid Abou al-Khair a lui aussi été condamné en juillet à 15 ans de prison pour avoir dénoncé les violations des droits de l'Homme en Arabie saoudite. Il s'agit, prétextant le contexte anti-terroriste (un comble), de réprimer toute dissidence interne, fut-elle modérément libérale.

Une semaine après la condamnation officielle par Riyad des attentats de Paris, après la présence d'un ministre saoudien à la manifestation officielle de dimanche dernier, ce piétinement de la liberté d'expression crée un certain malaise, dans le monde arabe. Les caricatures ont fleuri sur le web.

 

B7DtUsQCYAIcV-z.jpgUne montrant un homme ressemblant à Raif fouetté alors qu'à côté le bourreau criait, des fleurs plein la bouche, « l'Arabie saoudite condamne les attaques contre la liberté d'expression à Paris ». Une autre image montrait un crayon lacéré de coups de fouet.

 

Notre allié saoudien : champion du monde de la peine de mort et du terrorisme

C'est un secret de polichinelle, l'Arabie saoudite a armé les factions islamistes en Syrie contre le régime d'Assad, dans une émulation morbide avec le Qatar, usant des facilités offertes par la Jordanie et la Turquie, avec la bénédiction de ses alliés américains, français et britanniques.

Ce n'est pas un secret du tout, la Charia est appliqué sous une forme extrêmement rigoriste. Sont considérés comme crimes passibles de la lapidation, la mutilation ou la décapitation : sodomie, athéisme, trafic de drogue (y compris cannabis), fornication, blasphème ou sorcellerie (sic).

L'Arabie saoudite détient le record du nombre de condamnations à mort avec 89 décapitations en 2014 prononcées par la monarchie absolue. La loi du talion y est appliquée, elle a ainsi conduit l'an dernier à la condamnation d'un jeune homme … à la paralysie après une agression durant son adolescence qui avait conduit tragiquement à la paralysie de sa victime.

B7ETfoHCMAASVSR.jpgCe que dénonçait Raif, c'était la police des mœurs, les « mutaween » (pieux) qui patrouillent dans les rues s'assurant du code vestimentaire, de la stricte séparation entre hommes et femmes, du respect des prières dictées par leur interprétation particulière de la Charia.

Le gouvernement encourage la délation de ses concitoyens. Un tribunal saoudien vient tout juste de condamner cinq hommes à 32 ans de prison et 4 500 coups de fouet pour avoir organisé une … Fête illégale de St-Valentin avec des femmes avec lesquelles ils auraient dansé et bu.

 

2015 sera l'année de la dénonciation de l'hypocrisie. Au moment où on nous demande de rejoindre l' « Union sacrée » nationale pour une « Sainte-Alliance » internationale menée par la France, les USA, appuyant l'Arabie saoudite, le Qatar, Israel, les premiers soutiens et acteurs du terrorisme international. Aujourd'hui, « nous sommes tous Raif ».

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 16:33

Lu sur le blog de Frédéric Lordon ( Blogs du monde diplo)

Charlie à tout prix ?

mardi 13 janvier 2015, par Frédéric Lordon

Ce texte est tiré d’une intervention à la soirée « La dissidence, pas le silence ! », organisée par le journal Fakir à la Bourse du travail à Paris le 12 janvier 2015.

Lorsque le pouvoir de transfiguration de la mort, ce rituel social qui commande l’éloge des disparus, se joint à la puissance d’une émotion commune à l’échelle de la société tout entière, il est à craindre que ce soit la clarté des idées qui passe un mauvais moment. Il faut sans doute en prendre son parti, car il y a un temps social pour chaque chose, et chaque chose a son heure sociale sous le ciel : un temps pour se recueillir, un temps pour tout dire à nouveau.

Mais qu’on se doive d’abord à la mémoire de ceux qui sont morts n’implique pas, même au plus fort du traumatisme, que toute parole nous soit interdite. Et notamment pour tenter de mettre quelque clarification dans l’inextricable confusion intellectuelle et politique qu’un événement si extrême ne pouvait manquer, en soi, de produire, à plus forte raison sous la direction éclairée de médias qui ne louperont pas une occasion de se refaire la cerise sur le dos de la « liberté d’expression », et de politiques experts en l’art de la récupération.

Disons tout de suite que l’essentiel de cette confusion se sera concentré en une seule phrase, « Je suis Charlie », qui semble avoir tout d’une limpide évidence, quand tant d’implicites à problème s’y trouvent repliés.

« Je suis Charlie ». Que peut bien vouloir dire une phrase pareille, même si elle est en apparence d’une parfaite simplicité ? On appelle métonymie la figure de rhétorique qui consiste à donner une chose pour une autre, avec laquelle elle est dans un certain rapport : l’effet pour la cause, le contenu pour le contenant, ou la partie pour le tout. Dans « Je suis Charlie », le problème du mot « Charlie » vient du fait qu’il renvoie à une multitude de choses différentes, mais liées entre elles sous un rapport de métonymie. Or ces choses différentes appellent de notre part des devoirs différents, là où, précisément, leurs rapports de métonymie tendent à les confondre et à tout plonger dans l’indistinction.

Charlie, ce sont d’abord des personnes humaines, privées – par bonheur, on s’est aperçu rapidement que dire simplement « Charlie » pour les rassembler faisait bon marché de deux policiers, un agent de maintenance, un malheureux visiteur de ce jour là, et puis aussi de cinq autres personnes, dont quatre juives, tuées les deux jours d’après. Sauf à avoir rompu avec toute humanité en soi, on ne pouvait qu’être frappé de stupeur et d’effroi à la nouvelle de ces assassinats.

Mais l’émotion n’a été si considérable que parce qu’il était perceptible à tous que ce qui venait d’être attaqué excédait évidemment les personnes privées. Et voici donc le deuxième sens possible de « Charlie » : Charlie comme métonymie des principes de liberté d’expression, des droits à exprimer sans craindre pour sa sécurité, tels qu’ils sont au cœur de notre forme de vie.

On pouvait donc sans doute se sentir Charlie pour l’hommage aux personnes tuées – à la condition toutefois de se souvenir que, des personnes tuées, il y en a régulièrement, Zied et Bouna il y a quelque temps, Rémi Fraisse il y a peu, et que la compassion publique se distribue parfois d’une manière étrange, je veux dire étrangement inégale.

On pouvait aussi se sentir Charlie au nom de l’idée générale, sinon d’une certaine manière de vivre en société, du moins d’y organiser la parole, c’est-à-dire au nom du désir de ne pas s’en laisser conter par les agressions qui entreprennent de la nier radicalement. Et l’on pouvait trouver qu’une communauté, qui sait retourner ainsi à l’un de ses dénominateurs communs les plus puissants, fait une démonstration de sa vitalité.

Mais les choses deviennent moins simples quand « Charlie » désigne – et c’est bien sûr cette lecture immédiate qui avait tout chance d’imposer sa force d’évidence – quand « Charlie », donc, désigne non plus des personnes privées, ni des principes généraux, mais des personnes publiques rassemblées dans un journal. On peut sans la moindre contradiction avoir été accablé par la tragédie humaine et n’avoir pas varié quant à l’avis que ce journal nous inspirait – pour ma part il était un objet de violent désaccord politique. Si, comme il était assez logique de l’entendre, « Je suis Charlie » était une injonction à s’assimiler au journal Charlie, cette injonction-là m’était impossible. Je ne suis pas Charlie, et je ne pouvais pas l’être, à aucun moment.

Je le pouvais d’autant moins que cette formule a aussi fonctionné comme une sommation. Et nous avons en quelques heures basculé dans un régime de commandement inséparablement émotionnel et politique. Dès ses premiers moments, la diffusion comme traînée de poudre du « Je suis Charlie » a fait irrésistiblement penser au « Nous sommes tous américains » du journal Le Monde du 12 septembre 2001. Il n’a pas fallu une demi-journée pour que cette réminiscence se confirme, et c’est Libération qui s’est chargé de faire passer le mot d’ordre à la première personne du pluriel : « Nous sommes tous Charlie » — bienvenue dans le monde de l’unanimité décrétée, et malheur aux réfractaires. Et puis surtout célébrons la liberté de penser sous l’écrasement de tout dissensus, en mélangeant subrepticement l’émotion de la tragédie et l’adhésion politique implicite à une ligne éditoriale. Ceci d’ailleurs au point de faire à la presse anglo-saxonne le procès de se montrer hypocrite et insuffisamment solidaire (obéissante) quand elle refuse de republier les caricatures. Il fallait donc traverser au moins une mer pour avoir quelque chance de retrouver des têtes froides, et entendre cet argument normalement élémentaire que défendre la liberté d’expression n’implique pas d’endosser les expressions de ceux dont on défend la liberté.

Mais cette unanimité sous injonction était surtout bien faite pour que s’y engouffrent toutes sortes de récupérateurs. Les médias d’abord, dont on pouvait être sûr que, dans un réflexe opportuniste somme toute très semblable à celui des pouvoirs politiques dont ils partagent le discrédit, ils ne manqueraient pas pareille occasion de s’envelopper dans la « liberté de la presse », cet asile de leur turpitude. A l’image par exemple de Libération, qui organise avec une publicité aussi ostentatoire que possible l’hébergement de Charlie Hebdo. Libération, ce rafiot, vendu à tous les pouvoirs temporels, auto-institué dernière demeure de la liberté d’expression ! — peut-être en tous les sens du terme d’ailleurs. Et combien de la même farine derrière Libé pour faire de la surenchère dans le Charlisme ?

« Si cet homme qui, dit-on, riait de tout revenait en ce siècle, il mourrait de rire assurément », écrit Spinoza dans une de ses lettres. Et c’est vrai qu’il y a de quoi rire longtemps à voir ainsi les organes de la soumission à l’ordre social entonner avec autant de sincérité l’air de l’anticonformisme et de la subversion radicale. Rire longtemps... enfin pas trop quand même, car il faudra bien songer un jour à sortir de cette imposture.

Ce sera sans l’aide du pouvoir politique, qui n’a jamais intérêt au dessillement, et à qui l’union nationale a toujours été la plus fidèle des ressources. Union nationale, et même internationale en l’occurrence, dont une version carabinée nous aura été administrée. Fallait-il qu’elle soit incoercible la pulsion récupératrice de François Hollande de se faire reluire à la tête de Paris « capitale du monde » pour convier, de proche en proche, jusqu’à Orban, Porochenko, et puis Netanyahu, Lieberman, etc. de hautes figures morales, connues pour se partager entre défenseurs de la liberté de la presse et amis du dialogue interconfessionnel [1].

Par bonheur, il s’est déjà trouvé suffisamment de voix pour s’inquiéter des usages, ou plutôt des mésusages, que ce pouvoir ne manquera pas de faire d’une mobilisation de masse qu’il s’empressera de considérer comme un mandat.

Espérons qu’il s’en trouvera également pour recommander à quelques éditorialistes un court séjour en cellule de dégrisement, et pour leur apporter le café salé. Dans la concurrence pour être à la hauteur de l’Histoire, et même – pente aussi fatale que grotesque de l’information en continu – pour être les premiers à « annoncer » l’Histoire, il était logique que tous criassent à l’Histoire et à l’Historique à propos de la manifestation d’hier. S’il est permis d’en rire, on dira que, historique, elle l’a sans doute été sous quelque rapport, au moins pour être la première du genre où le comptage de la police avait une chance d’être supérieur à celui des organisateurs. On ne sache pas cependant qu’il soit resté grand-chose des manifestations monstres de Carpentras et du 1er mai 2002, effusions collectives qui avaient déjà hystérisé le commentariat, mais dont on doit bien reconnaître que la productivité politique aura été rigoureusement nulle.

On aimerait beaucoup qu’il en aille autrement cette fois-ci, mais on ne peut pas s’empêcher de poser en toute généralité la question de savoir s’il n’y a pas un effet de substitution entre le degré de l’unanimité et sa teneur politique possible. Par construction, arasant toute la conflictualité qui est la matière même de la politique, la masse unie est tendanciellement a-politique. Ou alors, c’est que c’est la Révolution – mais il n’est pas certain que nous soyons dans ce cas de figure…

Il y aurait enfin matière à questionner la réalité de l’« union nationale » qu’on célèbre en tous sens. Tout porte à croire que le cortège parisien, si immense qu’il ait été, s’est montré d’une remarquable homogénéité sociologique : blanc, urbain, éduqué. C’est que le nombre brut n’est pas en soi un indicateur de représentativité : il suffit que soit exceptionnellement élevé le taux de mobilisation d’un certain sous-ensemble de la population pour produire un résultat pareil.

Alors « union nationale » ? « Peuple en marche » ? « France debout » ? Il s’agirait peut-être d’y regarder à deux fois, et notamment pour savoir si cette manière de clamer la résolution du problème par la levée en masse n’est pas une manière spécialement insidieuse de reconduire le problème, ou d’en faire la dénégation. A l’image des dominants, toujours portés à prendre leur particularité pour de l’universel, et à croire que leur être au monde social épuise tout ce qu’il y a à dire sur le monde social, il se pourrait que les cortèges d’hier aient surtout vu la bourgeoisie éduquée contempler ses propres puissances et s’abandonner au ravissement d’elle-même. Il n’est pas certain cependant que ceci fasse un « pays », ou même un « peuple », comme nous pourrions avoir bientôt l’occasion de nous en ressouvenir.

Il y a une façon aveuglée de s’extasier de l’histoire imaginaire qui est le plus sûr moyen de laisser échapper l’histoire réelle — celle qui s’accomplit hors de toute fantasmagorie, et le plus souvent dans notre dos. Or, l’histoire réelle qui s’annonce a vraiment une sale gueule. Si nous voulons avoir quelque chance de nous la réapproprier, passé le temps du deuil, il faudra songer à sortir de l’hébétude et à refaire de la politique. Mais pour de bon.

Notes

[1] Lire Alain Gresh, « D’étranges défenseurs de la liberté de la presse à la manifestation pour “Charlie Hebdo” », Nouvelles d’Orient, 12 janvier 2015.

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 16:13

 

Révéler les racines profondes de la tragédie de Paris! Déclaration du Comité central du Parti communiste russe

15 jan : Lu sur "Histoire et société"

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13/01/2015

http://kprf.ru/party-live/cknews/138127.html

 

L’Europe a été ébranlée par les attaques terroristes à Paris, qui ont tué 17 personnes. En témoignent les marches de masse dans les villes en France et d’autres pays du continent, avec la participation de millions de personnes. Le Parti communiste condamne fermement les violences, en particulier lorsque les victimes sont des civils, et exprime ses condoléances aux familles et amis des victimes.

 

Dans le même temps, nous devons voir les racines profondes de l’actuelle vague de violence sanglante en France. Face à l’influence grandissante de l’URSS, la CIA a commencé à utiliser le terrorisme international dès les années 1980. C’est l’époque où les extrémistes de tout le Moyen-Orient ont été rassemblés et armés pour éliminer le gouvernement au pouvoir en Afghanistan. Un terrain fertile pour encourager le terrorisme a été l’intervention de l’OTAN en Irak et la Libye et l’assassinat de leurs dirigeants – Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi, qui avaient activement lutté contre le radicalisme islamique.

 

En Syrie, des bandes de terroristes recrutés dans le monde entier servent désormais ouvertement comme une filiale des troupes de l’OTAN dans une tentative de renverser le gouvernement de Bachar al-Assad. La conséquence de cette politique a été la création de l’État terroriste islamique de l’Irak et du Levant. Pendant ce temps, la gangrène du terrorisme a évolué pour s’étendre à l’Europe, ce qui augmente le chaos dans les relations internationales.

 

Qui profite de ce chaos? Les plus intéressés dans la déstabilisation de la situation mondiale sont selon de nombreux observateurs, les USA. Ce sont les Américains qui ont plongé l’Europe dans la guerre dans les Balkans dans les années 1990. Washington a encouragé activement les «printemps arabes» au Moyen-Orient et Afrique du Nord. En conséquence, en Tunisie et en Egypte les régimes laïques ont été remplacés par les islamistes radicaux. Ce sont les États-Unis qui ont forcé la main aux Européens, à la France, l’Allemagne et d’autres pays de l’OTAN pour participer à des aventures en Libye et en Syrie. Ils sont les principaux instigateurs de la tragédie actuelle en Ukraine. Dans le même temps, Washington pousse activement l’Europe dans une confrontation avec la Russie, ce qui est désavantageux pour les deux parties.

 

Les USA cherchent constamment à affaiblir leurs concurrents européens, réduisant leurs possibilités économiques et les conduisant à des dépenses militaires supplémentaires sous prétexte de combattre le terrorisme international. La menace terroriste en Europe, clairement manifestée en France, pourraitt stimuler la fuite des capitaux de l’Union européenne. Les gagnants seront une fois de plus les maîtres d’outre-atlantique.

 

L’Europe a tout naturellement exprimé sa solidarité avec les victimes des attentats terroristes à Paris. Cependant, le comportement des fonctionnaires de l’Union européenne est marqué par la politique des doubles standards. L’UE non seulement a dans les faits soutenu le renforcement de l’extrémisme islamique, mais ferme les yeux sur la croissance rapide des sentiments fascistes en Ukraine. Pendant de nombreuses années, l’Europe a ignoré les Marches des vétérans nazis dans les Etats baltes. Et ferme les yeux maintenant sur les processions aux flambeaux des ultra-nationalistes à Kiev.

 

C’est avec le consentement et l’appui des États-Unis et de l’UE que la faction oligarchique de Bandera s’est emparée du pouvoir à Kiev, a déclenché un génocide du peuple de la Nouvelle Russie. Au cours de l’opération «anti-terroriste» ont été tués près de 5000 femmes, enfants et personnes âgées. Des milliers de maisons ont été détruites. Mais ce massacre perpétré depuis de nombreux mois par des néo-nazis ukrainiens, n’a pas provoqué une réaction de colère « des dignes Européens ». En réponse aux fleuves de sang coulant dans le Donbass l’Europe ne s’est pas lancée dans des marches pour la paix internationale à Kiev. Elle prétend que rien ne se passe.

 

En outre, les diplomates européens à l’ONU ont bloqué la proposition de la Russie de condamner les crimes de guerre des dirigeants ukrainiens. Mais ces atrocités ne sont pas moins terribles que les actes des intégristes islamistes. Il suffit de mentionner le massacre monstrueux à Odessa, où ont été brûlées des dizaines de personnes, et ceux qui ont réussi à échapper aux flammes ont été brutalement achevés.

 

Aujourd’hui, le double standard dans le comportement de l’Europe est de plus en plus évident. Il lui est de plus en plus difficile d’usurper le rôle d’autorité morale et de donneurde leçons. La situation au sein de la Communauté européenne est tendue. Les résultats de la destruction des valeurs traditionnelles de la famille, de la culture et des valeurs spirituelles se font sentir.

 

Enfin, un grand rôle dans la diffusion de l’extrémisme politique sur la planète est joué par la politique néocoloniale des États-Unis et de l’Union européenne. C’est elle qui engendre la pauvreté des dizaines de millions de personnes sur tous les continents. Le désespoir et la colère poussent ces gens dans les bras de fanatiques religieux et de purs bandits.

 

Condamnant fermement les actes de terrorisme et exprimant sa sympathie aux familles endeuillées, le Parti communiste dit que le défi majeur de l’humanité est d’éliminer les causes profondes de la violence et du chaos. Pour débarrasser le monde de ces phénomènes il faut mettre un terme à la « politique d’exclusivité » cynique des États-Unis. Pour atteindre ses objectifs mondiaux les cercles impérialistes du pays vont jusqu’à coopérer avec les terroristes, en toute violation du droit international. Devenu le centre militaire et politique du capitalisme mondial, Washington est maintenant la force principale qui étouffe le désir des gens pour la justice sociale. Les USA sont devenus le gendarme du monde, et s’appuient sur le soutien des forces les plus réactionnaires, y compris les néo-fascistes.

 

Il est triste et tragique que tout cela se passe dans l’année du 70e anniversaire de la victoire sur le fascisme, et qu’en Europe on ait commencé à oublier les leçons de la guerre la plus terrible dans l’histoire humaine. Aujourd’hui dans les relations internationales encore une fois ce n’est plus la loi qui règne mais la raison du plus fort. Nous devons résolument nous opposer aux tentatives de réviser les résultats de la Seconde Guerre mondiale, aux violations de la Charte des Nations Unies.

 

La Russie est constamment confrontée à la menace du terrorisme, encouragé par l’extérieur. Par conséquent, les cercles dirigeants russes doivent enfin dire adieu au rêve de devenir un partenaire égal de l’Occident. Dans le système du capitalisme mondial notre pays n’a pas d’avenir. La Russie doit cesser d’imiter ce modèle pourri et se lancer dans un développement socio-économique fondamentalement nouveau. Seulement en nous souvenant des leçons de l’histoire, en prenant le meilleur de notre grand passé, nous ferons de notre patrie un pays fort et prospère, dans l’indépendance et la sécurité. Le triomphe des valeurs de justice sociale et l’amitié entre les peuples, la vraie démocratie et la protection réelle des droits de l’homme, voilà qui rendra notre monde meilleur, plus propre et plus sûr.

 

 

 

Président du Comité central du Parti communiste

 

Géorgie Ziouganov.

 
 
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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 16:01
Lu sur le blog Histoire et société ( Danielle Bleitrach)
Plus de 1,4 million de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence dans le Donbass

Alors que les combats s’intensifient dans le Donbass, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a publié le 11 janvier un rapport dans lequel l’organisation s’inquiète de la situation humanitaire de la région.


Un père tient son enfant dans les bras à la suite du bombardement de son village, Louganskaïa, dans l’Est de l’Ukraine, par les forces armées ukrainiennes, mercredi 2 juillet. Crédits: Valeri Melnikov, Ria Novosti

 

Selon le dernier bilan de l’ONU, plus de 1,2 million de personnes ont fui la région depuis le début du conflit dans le Sud-Est de l’Ukraine, au printemps dernier. Au total, 633 523 personnes ont ainsi quitté leur domicile pour s’installer dans d’autres régions d’Ukraine, et 593 622 autres se sont réfugiées dans les pays voisins, principalement en Russie.

Les Nations Unies soulignent que 5,2 millions de personnes vivent encore dans les zones de conflit. Parmi elles, 1,4 million, particulièrement vulnérables, ont actuellement besoin d’une aide humanitaire d’urgence, indique le rapport.

Le document précise que des milliers de personnes ne peuvent se procurer les biens de première nécessité. « Au-delà des problèmes financiers, beaucoup de gens ne peuvent s’approvisionner ni en nourriture, ni en médicaments – ce, en plein cœur de l’hiver », poursuit le rapport de l’OCHA. Par ailleurs, dans la région de Lougansk, 1000 ménages, représentant environ 3000 personnes, sont toujours privés d’électricité, de chauffage, de gaz et ont urgemment besoin d’eau potable et d’équipements pour l’hygiène.

Outre cette situation humanitaire désastreuse, les organisations présentes sur place constatent un renforcement de l’activité militaire et une intensification des hostilités. « De nombreux témoignages attestent que des missiles ont été tirés aux alentours de Donetsk et Lougansk, ce qui prouve que le cessez-le-feu est régulièrement violé », rapportent les observateurs de l’OCHA envoyés dans le Sud-Est de l’Ukraine entre le 27 décembre 2014 et le 9 janvier 2015. Au cours de cette période, les observateurs de l’ONU ont enregistré « un certain nombre d’enlèvements, ainsi que des cas de détentions arbitraires par les forces de l’ordre ukrainiennes », soulignent les experts.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU déplore cette intensification des combats, qui empêche les organisations humanitaires d’acheminer l’aide à la population. Comme le signale l’ONU, le niveau des soins de santé ne cesse de se détériorer. Les observateurs dénoncent le manque de médicaments, d’essence pour les ambulances et de personnel, la majorité des médecins et des aides-soignants ayant quitté le territoire.

D’ici fin janvier, l’organisation humanitaire World Food Program (WFP) a tout de même prévu de distribuer aux personnes déplacées 40 000 colis alimentaires et 30 000 bons de nourriture d’une valeur de 45$. De son côté, le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) a l’intention d’étendre son aide et de distribuer 30 000 colis alimentaires aux réfugiés à travers l’Ukraine.

La question des soins de santé dans le Sud-Est de l’Ukraine sera étudiée en détail le 15 janvier au siège de l’ONU à Genève, qui accueillera une conférence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des donateurs internationaux. En revanche, le sommet à quatre – France, Allemagne, Russie et Ukraine – qui devait se tenir jeudi 15 janvier  à Astana n’aura pas lieu en raison de l’absence de progrès dans la mise en oeuvre d’un cessez-le-feu dans la région du Donbass. Plus grave, les ministres des affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français réunis dans la soirée du lundi 12 janvier à Berlin n’ont pas pu fixer de date pour un nouveau sommet sur l’Ukraine au Kazakhstan et ont annoncé la poursuite des efforts diplomatiques pour une sortie de crise.

Entre mi-avril 2014 et le 6 janvier 2015, 4808 personnes, dont 45 enfants, ont été tuées –incluant les 298 victimes du crash du boeing de la Malaysia Airlines – et 10 468 personnes blessées, indique le rapport.

2

Mais où est donc passé Charlie?

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 15:45

 

par Jean LEVY

 

"canempechepasnicolas" n'a pas de sympatie particulière pour Dieudonné,

mais au moment où toutes les autorités affirment que la liberté d'expression est un droit inaliénable, alors qu'on mobilise en son nom des millions de Français, alors qu'il n'existe pas de délit de blasphème - même en politique - ces mêmes autorités placent en garde à vue un humoriste pour ses propos, certes fort déplacés et de mauvais goût...mais qui relèvent de la liberté d'expression !

Celle-ci est-elle une denrée à coefficient variable ?

Et que dire de la "liberté d'expression" de notre ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, déclarant que "Bachar Al-Assad ne mériterait pas d’être sur la terre" alors que le Président syrien est le chef d'un Etat reconnu  par la communauté internationale ?

 

Alors que dans son pays, la liberté de culte est totalement respectée, alors que son régime est en butte aux assauts meutriers des jihadistes d'Al Qaïda et de l'EI, ceux-là même dont se réclament les tueurs de "Charlie Hebdo" et de la Porte de Vincennes,  les propos du ministre français ne peuvent-ils pas donner place à poursuite pour incitation au meurtre d'un Chef d'Etat étranger ?

 

Et pour reprendre les propos de Manuel Valls qui incite la justice à être "implacable à l'égard de ces prédicateurs de la haine",

 

francetvinfo.fr

Le polémiste Dieudonné placé en garde à vue
pour "apologie du terrorisme"

Par Francetv info avec AFP

Mis à jour le 14/01/2015 | 09:04 , 

 

Le polémiste Dieudonné a été placé en garde à vue, mercredi 14 janvier, pour "apologie du terrorisme", après avoir été interpellé, à 7 heures, à son domicile dans l'Eure-et-Loir, selon une source judiciaire citée par l'AFP, confirmant une information d'i-Télé. L'humoriste est entendu pour avoir dit, dimanche, sur Facebook, se sentir"Charlie Coulibaly", en référence à Amedy Coulibaly, qui a tué une policière à Montrouge et quatre personnes dans une épicerie casher de Paris.

Le parquet de Paris avait ouvert, lundi, une enquête pour apologie du terrorisme contre l'humoriste. Mardi, Manuel Valls a appelé la justice à être "implacable à l'égard de ces prédicateurs de la haine", faisant référence à Dieudonné. "Quelle honte que de voir un récidiviste de la haine tenir son spectacle dans des salles bondées au moment même où, samedi soir, la Nation porte de Vincennes se recueillait", après l'attaque contre la supérette casher, a lancé le Premier ministre.

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 14:57

massacre-odessa.jpg

Communiqué de Presse

A Odessa (Ukraine), des faits d’une gravité comparable aux deux massacres qui viennent d’avoir lieu à Paris se sont déroulés en mai 2014. Des proches des victimes vont venir témoigner en France.


Du 24 au 31 janvier 2015, une délégation venue d'Odessa en Ukraine parcourra la France. Elle comprendra notamment Elena, qui est la mère de Andreï Brajevsky,  militant connu de l'organisation de gauche Borotba, âgé de 27 ans brulé vif le 2 mai 2014 dans l’incendie criminel de la maison des syndicats d'Odessa, massacre qui a couté la vie à une quarantaine d'opposants au nouveau régime ukrainien, et témoignera des difficultés d'obtenir justice dans l'Ukraine postérieure à la révolution de la place Maydan.


Elle comprendra aussi le secrétaire d'Odessa du parti communiste d'Ukraine, parti qui subit une procédure d'interdiction, et dont les militants sont persécutés, traqués, torturés et parfois assassinés. Le parti communiste d'Ukraine est une organisation démocratique qui milite pour le maintien de l'unité du pays et qui avait proposé fin 2013 une pétition pour le règlement de la question de l'accord avec l'UE par référendum, et obtenu plus de 4 millions de signatures. Si cette voie avait été choisie, le pays aurait fait l'économie d'un coup d'État et d'une guerre civile.

 

Une conférence de presse sera organisée le lundi 26 janvier 2015 après-midi, à l'AGECA (177 rue de Charonne, Paris 11ème), à partir de 14 heures (salle disponible jusqu'à 18 heures). Contact 06 77 97 64 68, laisser un message. Elle sera suivie d’une réunion publique à 19 heures.

 

Elena sera présente aussi à la rencontre de politique internationale, organisée par le collectif Polex, à l'assemblée nationale, le mardi 27 janvier 2015 à 17 heures, sous les auspices de M Patrice Carvalho, député de l'Oise.

 

Le voyage de la délégation est organisé par Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop. Ci-dessous voici les liens à deux textes, présentant le cas d'une autre victime du massacre, un jeune communiste de 17 ans, et le planning de la tournée en France:

Le combat de la mère de Vadim, victime du massacre d'Odessa (04/01/2015 publié dans : Ukraine )
La douleur d'une mère qui a perdu son fils ne peut pas être décrite. La douleur brûle tout à l'intérieur. La vie perd son sens. Le Temps s'arrête. À cause de la haine humaine, du désespoir, du ...

Antifascisme en Ukraine : tournée en France d'une délégation d'Odessa, à partir du 24 janvier 2015 (Marseille, Nord, Pas de Calais, région parisienne et Lyon)

 

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 00:10

 

 

 

012012015094254000000Les-chefs-d-Etat-defilent-a-Paris.jpg

 

 Ils sont venus, ils sont tous là : des ultra du sionisme Netanyahu et Liberman au dictateur gabonais Bongo symbole de la Françafrique, de la chancellière allemande Merkel au « baillonneur » d’Espagne Mariano Rajoy, de Sarkozy et son complice Cameron dépéceurs de la Libye aux côtés des dijhadistes. Un bal tragique d’hypocrites ce dimanche à Paris.

 

Mais on y retrouvait aussi : le frère de l’émir du Qatar, le Premier Ministre turc (et penseur de la politique étrangère pan-islamiste d’Ankara) Davutoglu, le roi Abdallah de Jordanie ainsi qu’un ministre saoudien.

   

Turquie, Qatar, Jordanie, Arabie saoudite : un quartet qui pendant deux ans a armé les djihadistes en Syrie, avec la complicité bienveillante des Etats-Unis et de la France.

Nous vous proposons ci-dessous un article du New York datant d’il y a plus d’un an et relatant avec précision les flux d’armes livrés aux rebelles islamistes en Syrie. Eclairant pour désigner les vrais soutiens internationaux du terrorisme islamiste.

 

0325-web-AIRLIFT.jpgLes livraisons d'armes vers les rebelles syriens se développent, avec l'aide de la CIA

 

Article du New York Times, 24 mars 2013

 

Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Avec l'aide de la CIA, les gouvernements arabes et la Turquie ont considérablement renforcé leur aide militaire aux combattants de l'opposition en Syrie ces derniers mois, intensifiant une livraison par la voie des airs d'armes et d'équipements en soutien à l'insurrection contre le Président Bachar al-Assad, selon les données disponibles sur le trafic aérien, divers entretiens avec des responsables dans plusieurs pays et les dires des commandants de la rébellion.

 

La livraison, qui a commencé à une petite échelle début 2012 et a continué de façon intermittente tout au long de l'automne 2012, s'est développée sur un rythme beaucoup plus soutenu fin 2012-début 2013, c'est ce que révèlent les données. Elle a atteint de telles proportions qu'elles s'élèvent désormais à 160 vols d'avions de transport militaire jordaniens, saoudiens et qataris atterrissant à l'aéroport d'Esenboga, près d'Ankara et, à un moindre degré, sur d'autres aéroports jordaniens et turcs.

Les fluctuations des livraisons aériennes ont accompagné les retournements de la guerre en Syrie, alors que les rebelles ont pris à l'armée syrienne des territoires importants au milieu de l'année 2012. Et même si l'administration Obama a publiquement refusé de donner plus qu'une aide « non-létale » aux rebelles, l'implication de la CIA dans les livraisons d'armes – bien que ce soit essentiellement dans un rôle consultatif, affirment les officiels américains – a montré que les États-Unis sont plus disposés à aider ses alliés arabes à soutenir le côté létal de la guerre civile. 

A partir de postes situés dans des lieux tenus secrets, les officiers de renseignement américains ont aidé les gouvernements arabes à livrer des armes, y compris une importante acquisition venant de Croatie, et ont vérifié auprès des commandants et groupes rebelles qui devaient recevoir les armes acheminées, selon des responsables américains qui parlent sous condition d'anonymat. La CIA refuse de faire le moindre commentaire sur les livraisons, et son rôle dans le processus. 

Les livraisons mettent également en lumière la lutte pour la Syrie entre les États musulmans sunnites et l'Iran, la théocratie chiite reste le principal allié d'Assad. Le Secrétaire d'Etat Kerry a récemment pressé l'Irak de faire plus pour que soient stoppées les livraisons d'armes iraniennes via son espace aérien. Au même moment, des avions militaires qataris atterrissaient à Essenboga (en Turquie) pour approvisionner les rebelles syriens.

Des figures de l'opposition syrienne et certains députés et hauts dignitaires américains prétendent que les livraisons d'armes iraniennes et russes en soutien au gouvernement d'Assad ont rendu l'armement des rebelles encore plus nécessaire. 

La plupart des vols ont eu lieu depuis novembre (2012), après l'élection présidentielle américaine et la frustration de plus en plus manifeste des gouvernements turcs et arabes face aux avancées très modestes des rebelles contre l'armée bien équipée d'Assad. Les vols sont aussi devenus plus fréquents à mesure que la crise humanitaire en Syrie s'est aiguisée dans l'hiver, et que des flots de réfugiés se déversaient dans les pays voisins.

Le gouvernement turc a supervisé l'essentiel du programme, posant des capteurs sur les camions transportant les équipements militaires jusqu'en Syrie, afin de pouvoir contrôler les livraisons qui se dirigeaient vers la Syrie, nous ont révélé des officiels.

 

Les livraisons étaient d'une ampleur considérable, selon des responsables familiers des questions de pipeline et un chercheur sur le trafic d'armes qui a collecté des données sur les avions de transport impliqués.

« Une estimation très prudente sur le chargement de ces vols serait de l'ordre de 3 500 tonnes d'équipement militaire », affirme Hugh Griffiths, de l'Institut de recherche international pour la paix de Stockholm qui surveille le transfert illicite d'armes.

« L'intensité et la fréquence des ces vols », a-t-il ajouté, « laissent supposer une opération militaire logistique clandestine bien planifiée et coordonnée ». 

Bien que les commandants rebelles et les données rassemblées indiquent que le Qatar et l'Arabie saoudite livrent de l'équipement militaire via la Turquie à l'opposition depuis début 2012, un des principaux obstacles a été levé à l'automne quand le gouvernement turc a autorisé l'accélération du rythme des livraisons par voie aérienne, affirment des hauts responsables.

 

Simultanément, des armes et équipements ont été achetés par l'Arabie saoudite en Croatie et transférés en Jordanie sur des avions de transport jordaniens agissant dans le sud de la Syrie, afin de les re-transférer en Turquie pour alimenter des groupes rebelles opérant à partir de cette base, nous ont confirmé plusieurs responsables.

Ces multiples réseaux logistiques au cœur de l'hiver ont formé ce qu'un ancien officiel américain, mis au courant du programme a appelé une « cascade d'armes ».


Les officiels américains, les commandants rebelles et un politicien de l'opposition turque ont décrit le rôle joué par les Arabes comme un secret de polichinelle, mais ils ont aussi dit que le programme est loin d'être sans risques, avec y compris la possibilité que la Turquie ou la Jordanie se retrouvent entraînées dans la guerre, avec réaction militaire iranienne.

Pourtant, les commandants rebelles ont critiqué les livraisons comme étant insuffisantes, disant que les quantités d'armes qu'ils reçoivent sont trop faibles, ou de type trop légères, pour combattre efficacement l'armée d'Assad.

Ils accusent également ceux qui distribuent les armes d'être parcimonieux ou corrompus.

« Les pays étrangers nous donnent des armes et des munitions au goutte à goutte », déclare Abdel-Rahmane Ayachi, commandant de Soquor al-Sham, un groupe combattant islamiste dans le nord de la Syrie.

Il mime un geste qui ressemble à un robinet qui l'ouvre puis referme. « Ils ouvrent et referment notre robinet en armes, comme ils le feraient avec un filet d'eau », avance-t-il.

Deux autres commandants, Hassan Aboud de Soquor al-Sham et Abu Ayman, d'Ahrar al-Sham, un autre groupe islamiste, pointent le fait que quel que soit l'organisme qui indiquent les groupes devant recevoir les armes, il faisait un mauvais travail.

« Il y a de fausses brigades de l'Armée syrienne libre qui prétendent être révolutionnaires, et quand elles ont les armes, elles les vendent au marché noir », souligne M.Aboud.

L'ancien haut responsable américain interrogé note que la taille des livraisons et des distributions sont colossaux.

« Les gens ont pris conscience du volume de ce qui rentre dans le pays, et c'est énorme », dit-il. « Mais ils grillent autour d'un million de cartouches de munitions chaque semaine ».

 

Le début des livraisons d’armes aux islamistes syriens : avions qataris, tarmac turc, coordination de la CIA

 

Les livraisons aux rebelles syriennes ont commencé doucement. Le 3 janvier 2012, quelques mois après que la répression par le gouvernement mené par les Alaouites contre des manifestations anti-gouvernementales se transforme en campagne militaire, une paire d'avions de transport C-130 de la Flotte aérienne émirati du Qatar se sont posés à Istanbul, confirment les données sur le trafic aérien.

C'était l’avant-garde. 

Quelques mois plus tard, l'Armée syrienne assiégeait Homs, la troisième plus grande ville de Syrie. L'artillerie et les chars bombardaient les quartiers. L'infanterie entrait dans la ville.

Dans tout le pays, l'armée et les milices loyalistes essayaient d'écraser la rébellion renforçant la colère de la majorité sunnite en Syrie, sérieusement affaiblie. Les rebelles appellent alors à l'aide internationale, exigeant plus d'armes.

A la fin du printemps, le premier flot d'avions de transports venant d'un Etat arabe commençait, selon ce que dévoilent les données du trafic aérien.

En quelques nuits, entre le 26 avril et le 4 mai, un C-17 de la flotte aérienne qatarie – un énorme avion de transport de fabrication américaine – a réalisé six atterrissages en Turquie, à l'aéroport d'Esenboga. Au 8 août, les Qataris avaient réalisé plus de 14 vols de ce type. Tous provenaient de la base aérienne d'Al Udeid au Qatar, un hub pour la logistique militaire américaine au Moyen-orient.

Le Qatar a dénié le fait qu'il fournirait des armes aux rebelles. Un officiel qatari, qui a exigé l'anonymat, a déclaré que le Qatar n'avait livré que ce qu'il appelle une aide non-létale. Il a refusé de répondre à toute autre question. Il n'est pas évident de savoir si le Qatar a acheté et livré les armes seul ou si il fournit un service à d'autres donateurs, en assurant le transport du matériel.

Mais des hauts responsables américains et occidentaux, ainsi que des commandants rebelles, ont dit que le Qatar a été un fournisseur d'armes actif – à tel point que les États-Unis ont commencé à s'inquiéter de la puissance de certains groupes islamistes que le Qatar armait.

Les vols qataris ont correspondu au tournant de la campagne militaire dans la province septentrionale d'Idlib, quand leurs campagnes d'embuscade, d'attaques à la bombe et d'assauts sur des postes isolés ont chassé l'armée d'Assad, et les milices qui le soutiennent, de parties entières de la campagne syrienne.

Alors que les vols ont continué au cours de l'été, les rebelles ont lancé une offensive dans cette ville – une bataille qui est vite tombée à l'eau.


L'ancien officiel américain interrogé nous a avoué que David Petraeus, directeur de la CIA jusqu'en novembre, a joué un rôle décisif dans la mise en place de ce réseau aérien et a contribué à ce que tous ces pays travaillent ensemble. M.Petraeus n'a répondu à aucun de nos messages demandant un commentaire sur ces allégations.

Le gouvernement américain s'est impliqué, nous a-t-il dit, en partie parce qu'il sentait que les autres Etats armeraient les rebelles quoi qu'il arrive.

Le rôle de la CIA, comme facilitateur des livraisons, a donné – dit-il – aux États-Unis un degré d'influence sur le processus, y compris en tentant de détourner les armes destinées aux groupes islamistes et en persuadant les donateurs de garder les missiles anti-aériens qui pourraient être utilisés dans de futurs attaques anti-terroristes contre des avions civils.

Des officiels américains ont confirmé que de très hauts dignitaires de la Maison Blanche étaient régulièrement tenus au courant des livraisons : « Ces pays allaient le faire, d'une façon ou d'une autre », signale notre correspondant. « Ils n'attendaient pas un 'Maman, est-ce que je peux ?' de notre part. Mais si on pouvait les aider d'une certaine manière, alors ils en seraient reconnaissants ».

 

A l'automne, la Flotte aérienne du Qatar s'est trouvée encore plus occupée, acheminant des vols presque quotidiens en octobre. Mais les rebelles voulaient toujours plus d'armes, ne cessant d'affirmer qu'ils n'avaient pas la puissance de feu pour rivaliser avec une armée dotée de chars, d'une artillerie, de lance-roquettes multiples et d'avions de chasse.

Beaucoup se plaignaient du fait qu'ils entendaient de la part de leurs fournisseurs d'armes que l'administration Obama limitait leur ravitaillement et bloquait la distribution d'armes anti-aériennes et anti-chars qui étaient leur première exigence. Ces plaintes continuent.

« Être armé ou ne pas être, équipement létal ou pas létal, tout dépend de ce que dit l'Amérique », affirme Mohammed Abou Ahmed, qui dirige une bande de combattants anti-Assad dans la province d'Idlib.

 

Une explosion en 2013 : les filières saoudiennes et jordaniennes

  

Ce fut bientôt au tour d'autres acteurs d'entrer dans la danse : en novembre, trois C-130 de la Flotte aérienne royale de Jordanie atterrissaient à Esenboga, dans un coup qui ressemble à un signe de l'accroissement de l'implication de l'Arabie saoudite et de la Jordanie.

En l'espace de trois semaines, deux autres avions de transport jordaniens ont commencé à faire la navette entre Amman, capitale de la Jordanie, et Zagreb, capitale de la Croatie où, selon ce que plusieurs officiels provenant de pays différents nous ont confirmé, les avions récupéraient une acquisition saoudiennes d'armes destinées à l'infanterie, provenant d'un stock croate.

Le premier vol fit son retour à Amman le 15 décembre, selon les données interceptées par un signal envoyé par un des avions et repéré par un radar à Chypre et celles du trafic aérien interprétées par un haut responsable dans le domaine de l'aviation.

En tout, les données montrent que deux Ilyushin jordaniens portant le logo de la firme aérienne internationale jordanienne mais navigant sous des signaux militaires jordaniens ont réalisé un ensemble de 36 allers-retours Amman-Zagreb entre décembre 2012 et février 2013. Les deux même avions ont réalisé cinq vols entre Amman et la Turquie en janvier.


Alors que les vols jordaniens continuaient, les vols qataris se poursuivaient et la Flotte aérienne royale saoudienne entamait un ordre de vol assez chargé – réalisant plus de 30 vols de C-130 en direction d'Esenboga de février à mars 2013, selon les données sur le trafic aérien fournies par un officiel chargé du contrôle du trafic aérien.

Plusieurs des vols saoudiens ont été repérés par des civils en train de faire des allers-retours à Ankara, ce qui a alerté des politiciens de l'opposition en Turquie.

« L'utilisation de l'espace aérien turc dans une période aussi critique, avec le conflit en Syrie à nos frontières, et par des avions étrangers provenant de pays qui sont connus pour jouer un rôle central dans ce conflit, définit la Turquie comme faisant pleinement partie de ce conflit », déclare Attila Kart, député turc du parti d'opposition kémaliste CHP, qui a confirmé les détails sur plusieurs livraisons saoudiennes. « Le gouvernement a le devoir de répondre à ces affirmations ».

 

Les responsables saoudiens et turcs ont refusé de discuter sur les vols ou les livraisons d'armes. Le gouvernement turc n'a pas officiellement approuvé d'aide militaire aux rebelles syriens.

La Croatie et la Jordanie ont toutes deux dénié le moindre rôle dans le transfert d'armes vers les rebelles syriens. Les officiels de l'aviation jordanienne sont allés jusqu'à nier le fait que ces vols aient eu lieu.

Le directeur du département Cargo de la compagnie aérienne jordanienne internationale, Mohammed Jubour, a insisté sur le fait qu'au 7 mars 2013 sa compagnie n'avait pas connaissance de vols en direction ou en provenance de la Croatie.

« Ce ne sont que des mensonges », dit-il. "On n'a jamais fait de telles choses ".

 

Un officiel du trafic aérien régional qui a mené une petite enquête sur ces vols confirme les données enregistrées et fournit une explication. « La compagnie aérienne internationale jordanienne sert de paravent pour la Force aérienne jordanienne ».

Après avoir été informé des données venant du trafic aérien et des signaux interceptés montrant les voies empruntées par ces avions, M.Jubour a continué à affirmer que sa compagnie ne détenait aucun avion de transport Ilyushin.

Lorsqu'on l'a interrogé sur le site de son employeur où on pouvait toujours admirer des images de deux Ilyushin et un texte l'accompagnant, confirmant qu'ils faisaient bien partie de la flotte de l'entreprise, M.Jubour n'a eu aucune réponse. Dans la nuit, le site web de la compagnie était déclaré hors service.

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