Dernière minute.
Un texte signé par plusieurs organisations appellent à un rassemblement de soutien au peuple grec
Action communiste soutient cette initiative et appelle à y participer. Nous ne partageons pas tous les termes du texte commun. Les signataires semblent vouloir à tout prix sauver l'"Europe". Nous soutenons le gouvernement grec parce que justement il s'oppose à la dictature européenne et veut promouvoir une autre logique écomique, sociale que celle qui a prévalu à la naissance de l'Union européenne. Il affirme vouloir reconquérir son indépendance nationale, c'est-à-dire sa souveraineté, face à la troïka. Mais il veut rester dans l'"Europe". Encore faut-il que les technocrates de Bruxelles et les ministres des pays européens acceptent, dans un des pays de l'UE, une logique qui n'obéirait pas au dogme de la "concurrence libre et non faussée" imposée aux peuples. Nous souhaitons que le gouvernement grec actuel réussisse mais nous doutons qu'il puisse le faire dans le cadre que lui impose l'UE.
C'est au peuple grec de décider de ce qu'il veut.
Pour notre part nous soutenons sa lutte contre l'austérité et ceux qui la leur imposent.
Nous reproduisons ci-dessous la déclaration que nous avons faite au lendemain des élections grecques et lors des premières décisions du gouvernement grec.
Grèce : Nous soutenons la rude lutte menée par Syriza contre les diktats austéritaires de la troïka
Disons le sans ambages, nous saluons la victoire de Syriza en Grèce comme un progrès. D'abord parce que le peuple grec, à cette occasion, a rejeté nettement les mesures d'austérité imposées par l'UE , rompant ainsi avec la doctrine néolibérale que la droite et le PS en France prétendent sans alternative et parce que le programme de Siriza, sans être révolutionnaire, est social. Ensuite parce que cette victoire se traduit par l'effondrement d'un Pasok ( équivalant du PS) qui dominait la vie politique en Grèce depuis le renversement du régime des colonels et maintenait le peuple grec dans le carcan d'austérité voulue par l'Europe du patronat et de la finance. Enfin parce que le nouveau gouvernement grec associe sa lutte contre l'austérité imposée par la troïka à la lutte pour l'indépendance nationale.
Notre position n'a rien à voir avec l'hypocrite satisfaction du PS qui salue " la victoire des forces de gauche" quand Pierre Moscovici allait soutenir à Athènes la droite grecque il y a deux mois à peine. Parti socialiste qui n'a cessé d'appuyer avec son représentant à la commission de Bruxelles les mesures imposées à la Grèce par l'Union européenne. Rien à voir non plus avec l'attitude d'un Jean-Luc Mélenchon qui se réclame de Syriza sans aucune retenue alors que les jeux sont loin d'être faits.
En effet, sans vouloir jouer les Cassandre, on peut prédire de rudes affrontements entre Syriza et l'UE dirigée par l'Allemagne; Syriza désirant appliquer un programme qui contredit la politique d'austérité voulue par l'UE pour tous les pays d'Europe. A n'en pas douter, la partie sera rude, ce d'autant qu'en renonçant à sortir de l'Europe et de l'euro, Syriza se prive de beaucoup d'atouts.
Mais la France n'est pas la Grèce: là bas, le SMIC est de 600 euros et le chômage atteint 25% de la population. Dans ces conditions, ce qui pourrait apparaître comme des réformettes à quelques esthètes révolutionnaires est vital pour le peuple grec. " Quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat." Sans être des inconditionnels de Syriza, il nous faut soutenir son action. Notamment en luttant pour contraindre l'Etat francais , un des créanciers de la dette grecque, à soutenir les revendications du nouveau gouvernement grec.
Action Communiste