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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 08:00

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Communiqué du Parti communiste de Turquie (KP)



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



La motion parlementaire de l'AKP est une déclaration de guerre. Ces dernières années, l'AKP s'est heurté à un mur dans ses efforts pour trouver un prétexte pour attaquer la Syrie. Il a échoué pas uniquement en raison des équilibres internationaux d'alors mais aussi parce que notre peuple n'a jamais adhéré à la logique de guerre. Il essaie maintenant d'utiliser l'Etat islamique comme un prétexte pour entrer en guerre.



La bande réactionnaire qu'on appelle Etat islamique (EI) est l'enfant adoptif de l'impérialisme et de l'AKP. Il n'est pas nécessaire de déclarer la guerre contre la Syrie et l'Irak pour neutraliser cette bande. Pour arrêter l'EI, l'AKP aurait pu faire les choses suivantes :

  • empêcher l'EI d'utiliser la frontière turque comme un espace de transit vers la Syrie et l'Irak ;

  • interdire la vente de pétrole de contre-bande de l'EI en Turquie ;

  • mettre fin à tout soutien logistique à l'EI y compris le traitement des combattants de l'EI dans des hôpitaux de fortune en Turquie ;

  • lutter contre les opérations de recrutement de l'EI qui se déroulent dans de nombreux quartiers et mosquées ;

  • mettre fin à tout soutien aux attaques de l'EI comme à Kobane ;

L'objectif de la motion de l'AKP n'est pas la « lutte contre la terreur ». Sa conséquence, c'est qu'elle va transformer toute la Turquie en une zone de guerre. Voter « oui » à cette motion, c'est participer à ce crime !

Cette motion n'a rien à voir avec les intérêts de la Turquie. Valet de l'impérialisme, l'AKP s'est vu confié la tâche de faire le sale boulot pour l'impérialisme. Les soldats qui seront envoyés de l'autre côté de la frontière commettront des crimes pour lesquels l'impérialisme ne voudrait pas être tenu responsable. La Turquie ne devrait pas laisser ses enfants être entachés de ces crimes !

 

Nous lançons un appel aux députés de la grande Assemblée nationale de Turquie : voter oui à cette motion de guerre signifierait participer à ces crimes. Tout député qui a la moindre considération pour l'intérêt public devrait rejeter cette motion.

 

Ce qu'il faut faire, c'est poursuivre en justice le Premier ministre et le Président de la Turquie comme criminels de guerre.

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 07:50

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Traduction CA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les partis communistes signataires de cette déclaration dénoncent la cruauté de l'attaque sanguinaire menée par des organisations terroristes dangereuses comme l’Etat islamique (NdT : Daech en arabe) ainsi que la violation de la souveraineté de la Syrie et de l'Irak.

 

Ce mouvement a pris illégitimement possession de territoires où il est à l’origine de tellement d'exactions, de pratiques barbares : massacres de milliers de citoyens, décapitations, déplacements forcés de dizaines de milliers de personnes, enlèvements et prises d'otages. 

Actuellement, ces organisations terroristes étendent leurs territoires jusqu'au Liban et la Jordanie. Leurs activités desservent la cause palestinienne par des actions criminelles censément menées en représailles contre les bombardements israéliens sur la bande de Gaza.  

 

De ce fait, elles légitiment la position d'Israël dans la coalition internationale pour la lutte contre le terrorisme et instaurent une atmosphère de peur en Europe et dans le monde.

Ces forces terroristes sont financées par l'impérialisme américain, l'Otan et ses alliés.

 

Elles bénéficient des facilités financières, militaires et logistique de la part des pays réactionnaires arabes et leurs activités suivent un plan impérialiste sioniste et réactionnaire qui a été établi depuis plus de trente ans dans le but de diviser la région et de la fragmenter en plusieurs ethnies selon des lignes de fractures communautaires.

 

C’est l'essence du projet du Grand Moyen-Orient conçu par l'Etat américain sous prétexte de la lutte contre le terrorisme.

 

Il est donc impératif du lutter contre ces organisations terroristes, afin d'instaurer une stabilité intérieure à travers des institutions, et une véritable réconciliation nationale, qui soient dans l'intérêt du peuple.

Cela lui permettra de consacrer toute son énergie au combat contre l'impérialisme et le terrorisme qui menacent nos peuples ainsi que toute la région arabe. 

 

Nous appelons tous les partis communistes et toutes les forces nationales, progressistes et démocratiques à adopter une attitude pragmatique face au terrorisme en général et plus particulièrement l’Etat islamique et le Front Al-Nosra pour les éradiquer et couper leurs sources de financement.

 

De même, nous invitions ces partis à rejeter l'intervention impérialiste sous toutes ses formes en se coordonnant avec  les forces indépendantes dans le monde et à repartir à l’offensive selon la volonté de nos peuples, afin de résister à la colonisation et l’occupation  ainsi qu’aux tentatives de divisions et aussi pour reconnaitre leurs droits démocratiques et sociaux, et préserver l'unité nationale.

 

15 Septembre 2014

 

Partis signataires:

   

Parti communiste jordanien,

Parti communiste libanais,

Parti communiste irakien,

Parti communiste palestinien, 

Parti communiste Syrien Unifié

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 07:40

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Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les bombes pleuvent sur la Syrie (mais pas sur l'Irak) qui en quelques jours a vu l'immense majorité de ses raffineries réduites en cendre. Plus on en apprend sur l'Etat islamique (EI), plus la complicité directe ou indirecte des européens et américains se fait jour. Dernière révélation : les Etats européens ont acheté du pétrole de contre-bande venant de l'EI.

 

La « menace fantôme » de l'Etat islamique (EI) justifie l'injustifiable : des frappes aériennes sur le territoire syrien à l'insu de son gouvernement, l'armement de forces séparatistes en Irak, la mise en place d'une coalition internationale pour intervenir en Syrie.

 

Décidément, les 15 à 20 000 combattants qui contrôlent le nord de l'Irak et de la Syrie sont une divine surprise pour les USA et l'UE, jusque-là mis en échec par la résistance nationale syrienne derrière Assad, le dévoilement du caractère islamiste fanatique de la dite rébellion démocratique.

Le plan se dessine : utiliser la menace fantôme EI pour détruire les infrastructures syriennes (d'abord ses raffineries), justifier une ingérence aux caractères légaux flous, puis après avoir détruit formellement le groupe, passer à la phase d'invasion de la Syrie et du renversement d'Assad.

C'est ce qui ressort de ses premières frappes. 16 des 20 raffineries syriennes contrôlées par EI ont été détruites mais les USA ont veillé à ne pas toucher certaines raffineries pour permettre à la rebellion (mais laquelle?) d'avoir des ressources dans la lutte à venir contre Assad.

 

Les alliés des Etats-unis qui bombardent les islamistes en Syrie sont les mêmes … qui ont financé, soutenu et armé l'Etat islamique !

 

Sur ordre américaiin, ce sont en fait l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis – les mêmes qui finançaient l'EI il y a quelques mois ! – qui ont fait intervenir leurs chasseurs-bombardiers, leur drones pour bombarder 12 raffineries le 24 septembre, et 4 autres le 28.

Les USA pressent maintenant la Turquie – qui depuis des mois sert de base arrière aux islamistes ! – à intervenir en Syrie. Le vice premier-ministre turc a déclaré qu'une motion allait être votée pour permettre à des soldats turcs de faire des incursions en territoire syrien ou irakien.

 

Il faut évidemment rappeler des évidences, l'implication directe des alliés des USA dans l'émergence de l'Etat islamique : tout le monde sait que les Etats du Golfe en général et l'Arabie saoudite en particulier ont été les pays qui ont financé au départ l'Etat islamique.

Sans l'aide de la Turquie, qui fait transiter le djihadistes, les munitions, achète le pétrole des islamistes, leur sert de base-arrière pour se soigner, se reposer, se ravitailler, l'Etat islamique n'aurait jamais résisté, encore moins prospérer.

On sait depuis longtemps que la Turquie joue double jeu avec les rebelles de l'EI, même si les responsables occidentaux – comme John Kerry récemment – sont plus prompts à dénoncer les achats de pétrole supposés de Bachar al-Assad (un prétexte pour justifier son renversement après l'écrasement de l'Etat islamique?).

Il y a quelques mois, le député républicain (CHP) turc Ali Ediboglu avait dénoncé dans le journal turc Taraf le fait que le gouvernement turc collaborait ou laissait faire un trafic de pétrole de grande ampleur transitant par son territoire. Le député parlait de 800 millions de $ depuis janvier.

Selon lui, les rebelles ont mis en place un système d'oléoducs de fortune à la frontière, tandis que le pétrole est transféré par camions jusque-là.

Ediboglu dénonçait également le fait qu'un certain nombre de combattants européens, russes passent par la Turquie, et que 1 000 Turcs opèrent dans la rébellion, ce qui est impossible sans la connaissance au minimum voire la coopération du MIT, les services de renseignement turcs.

Tout ceci est désormais confirmé. Luay al-Khatib, directeur de l'Iraq Energy institute note que « la Turquie a fermé les yeux sur ce trafic mené depuis Mossoul ». Pour Hussein Alawi, lui aussi responsable de cet Institut : « les terroristes utilisent des camions plutôt que des olédocus, il y a 210 camions-citerne transport le pétrole de contre-bande jusqu'à la Turquie chaque jour ».

 

Les Etats européens ont financé l'EI en achetant leur pétrole de contre-bande !

 

Ce réseau d'exportation de pétrole syrien et irakien est désormais un secret de polichinelle, admis même par John Kerry. Il a permis à l'EI de devenir le groupe terroriste le plus riche de l'histoire, produisant de 25 à 40 000 barils de pétrole par jour, avec des revenus de 3,2 millions de $ par jour.

De juin à septembre, le patrimoine d'EI serait passé, selon les services de renseignement américains, de 800 millions de $ à 2 milliards de $. Comment cela est-il possible ?

L'Etat islamique a un argument imbattable dans le monde capitaliste : le prix de sa marchandise. Officiellement côté à 100 $ le baril, il est vendu jusqu'à 25 $, plus souvent autour de 30-40 $. Ce pillage massif au détriment du peuple syrien, irakien, a nécessairement ses complices.

 

La Turquie n'est pas seule. La révélation de l'ambassadrice de l'UE en Irak, Jana Hybaskova, le 2 septembre dernier, fait froid dans le dos et révèle d'autres complices du crime, dans nos rangs.

Elle a commencé d'abord par critiquer les pays européens qui arment les Pechmerga au risque d'une partition du pays, avec des effets désastreux sur la région.

Puis, elle a lancé une bombe. Après avoir insisté sur la nécessité d'exercer des pressions sur la Turquie pour arrêter le trafic régional qu'elle alimente, elle affirme : « hélas, il y a aussi des pays membres de l'Union européenne qui achètent ce pétrole de contre-bande ».

Pressée de divulguer les noms de ces pays qui contribuent à enrichir l'EI, l'ambassadrice européenne a refusé de donner des noms. Cette révélation, basée sans doute sur les informations des services de renseignement européens, a créé la panique au sein de l'UE. Le Service d'action extérieure de l'UE, qui gère les diplomates européens, a refusé de commenter cette déclaration.

 

Il y a an, l'UE légalisait l'achat de pétrole aux rebelles syriens

 

Encore une fois, ceci n'est une surprise que pour ceux qui ont oublié l'histoire récente. Le 22 avril 2013, les 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE ont décidé de lever le blocus européen portant sur l'importation de pétrole syrien venant des territoires rebelles.

L'objectif était alors d'accorder un soutien économique à la rébellion syrienne – déjà dominée par les islamistes comme Al-Nosra et l'EI.

Le ministre des Affaires étrangères allemand d'alors, Guido Westerwelle, commentait ainsi cette décision : « Nous voulons développer économiquement les régions contrôlées par l'opposition, il nous faut donc lever les sanctions qui empêchent l'opposition modérée de travailler ».

Ce que signifiait cette levée du blocus sur le territoire venant du nord de la Syrie, c'est que le trafic organisé par les rebelles islamistes était perçu comme totalement légal par les Etats de l'UE qui aurait eu bien tort de ne pas profiter de la manne de ce pétrole bon marché offert par l'EI.

 

En dépit des nuances que tentent d'apporter certains « experts » dans la presse française, même si la proportion de pétrole chez nous venant de l'EI est négligeable (mais pas nulle donc), elle a eu un poids considérable dans le financement de ce groupe islamiste.

Par ailleurs, ce n'est pas vrai que les « Etats européens ne savaient pas », parce que le pétrole subit divers mélanges, ou était raffiné ailleurs, transporté par des intermédiaires etc. Comment ne peuvent-ils pas savoir quand les prix pratiqués sont bien en-dessous de ceux du marché ?

Les Etats européens se comportent comme le feraient des acheteurs complices honteux de voleurs qui auraient trouvé un baril de pétrole « tombé du camion-citerne ». On le vend 25 au lieu de 100 $, mais on ne savait pas que ce n'était pas du trafiqué, de la contre-bande. Qui peut y croire ?

 

Par ailleurs, il n'est pas anodin de rappeler qu'on estime qu'il y aurait maintenant plus de 3 000 combattants européens dans les forces de l'EI, soit entre 15 et 20 % de ses forces, et le flot serait plutôt en augmentation.

Qui peut croire que ni les services de renseignement français, britanniques ou turcs ne peuvent contrôler ces flots ?

Peut-être y-a-t-il aussi des agents des services secrets occidentaux infiltrés dans ce groupe, remarquablement bien organisé (y compris dans le trafic de pétrole à l'échelle internationale!) malgré son petit nombre, alors quel rôle jouent-ils, ces agents ?

 

On ne sait pas toute la vérité sur l'Etat islamique. Mais chaque jour qui passe nous le confirme : l'Etat islamique a été armé, financé, aidé, soutenu par les Etats-unis et ses alliés dans la région, et même par l'Union européenne et ses Etats. Et alors, à qui profite le crime ?



Sources :



  • CNN, ISIS' struggle to control its oil riches, 4 septembre 2014;

  • Al Monitor, Opposition MP says ISIS is selling oil in Turkey, 14 juin 2014

  • Washington Times : Pentagon: Most of Islamic State’s oil refineries in Syria have been destroyed, 30 septembre 2014

  • W. Times Islamic State fighters drawing on oil assets for funding and fuel, 15 septembre

  • Daily Sabah, European diplomat: EU buys ISIS oil, 3 septembre 2014

  • AP, EU lifts syria oil embargo to bolster rebels, 22 avril 2013

  • The Independent, Islamic State: British fighters make up a quarter of foreign jihadists, 20 septembre

  • AFP, EU Counter-Terrorism Chief: Flow Of Europeans To ISIS ‘Isn’t Drying Up’, 24 septembre 2014

  • AP, ISIS Became The Richest Terrorist Group Ever By Raising Money Like A Mafia, 14 septembre 2014

  • El Watan, L'Occident veut-il vraiment en finir avec Daech, 23 septembre 2014

  • Middle East monitor, EU ambassador to Irak accuses european countries of purchasing oil from Islamic State, 3 septembre 2014



Vidéo de la conférence de Jana Hybaskova : http://www.youtube.com/watch?v=54OLF2rDSpo

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 07:30
Qui sont tes parents, petit EIIL ?

 

Essayons de clarifier, si cela est possible, le plan d’Obama pour s’occuper de l’EIIL, ce croquemitaine que l’Amérique a elle-même créé. La semaine dernière, le président a juré qu’il allait affaiblir et abattre l’État islamique, après l’avoir alimenté pendant trois ans en armes et avoir financé les combattants djihadistes, dont l’EIIL, dans l’espoir que ces derniers iraient « affaiblir et finalement abattre » l’État syrien du président Bashar al-Assad. Résumons : les Américains ont tout fait pour détruire un État, la Syrie, dont le gouvernement n’avait jamais représenté aucun danger pour les USA, et ils se retrouvent aujourdhui à créer un autre État, le fameux califat, à cheval sur les frontières de l’Irak et de la Syrie, lequel affiche ouvertement son intention de combattre les États-Unis.

Obama nous assure qu’il rassemble une nouvelle coalition désireuse de se joindre à lui pour détruire l’EIIL. Mais il s’avère que chacun des membres de cette coalition a déjà conspiré avec les États-Unis pour donner naissance à l’EIIL – à savoir, la Grande-Bretagne et la France et d’autres États européens, mais aussi la Turquie, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, le Koweït, et les Émirats arabes unis… Bref, l’EIIL a beaucoup, beaucoup de parents, qui renient aujourd’hui leur progéniture.

Obama semble vouloir laisser en dehors de sa coalition ce pays si riche en gaz naturel qu’est le Qatar, ce qui n’est pas juste, étant donné que le Qatar s’est comporté en allié loyal des États-Unis et de l’OTAN voilà quelques années, au moment où Obama tentait d’affaiblir et d’abattre un autre État, la Libye, qui elle non plus ne représentait aucun danger pour les USA. L’émir du Qatar avait alors mis à contribution ses revenus gaziers pour aider Obama, envoyant de l’argent, des armes et des mercenaires afin d’aider les djihadistes libyens que les USA désiraient installer dans le nouveau gouvernement. Une fois le changement de régime survenu en Libye, le Qatar a envoyé des centaines de djihadistes libyens en Syrie, pour renverser le régime d’Assad. En attendant, l’État en Libye n’existe plus, et rien n’a remplacé celui détruit en 2011. Au lieu de cela, le pays est maintenant ravagé par la guerre civile, qui n’est rien d’autre qu’une guerre « par procuration » entre l’Arabie saoudite et ses amis d’une part, et le Qatar d’autre part.

Des guerres au coeur d’autres guerres, au coeur de changements de régime

Il semble en fait que le Qatar se soit rangé du mauvais côté – celui des Frères musulmans – après le changement de régime en Égypte en 2011. La famille royale saoudienne hait profondément les Frères musulmans, car ces derniers prônent le système des élections, et les royautés n’aiment pas les élections. Aussi, les Saoudiens ont provoqué un nouveau changement de régime en Égypte, remettant les militaires au pouvoir, et sont actuellement en guerre « par procuration » avec le Qatar sur le terrain de la Libye. C’est pour cette raison que l’Arabie Saoudite a éjecté le Qatar de la coalition qu’Obama met en place pour combattre l’EIIL (tout cela n’est pas facile à comprendre, n’est-ce pas ?)
La Turquie, qui fait partie de l’OTAN, a été un père merveilleux pour l’EIIL, et a autorisé l’usage de ses longues frontières avec la Syrie et l’Irak aux combattants du califat. En retour, la Turquie a obtenu des tarifs avantageux sur le pétrole extrait des champs contrôlés par l’EIIL en Syrie et en Irak, ce qui par effet de bord, rend la Turquie assez réticente à aller botter les fesses du petit garnement EIIL.

Il se pourrait bien qu’Obama doive aller abattre le califat tout seul [mais non, Hollande est arrivé – NdT], ce qui expliquerait pourquoi le plus haut conseiller militaire du président parle d’envoyer des troupes US au sol en Irak et peut-être en Syrie.

Toujours est-il qu’Obama met en place une nouvelle armée de rebelles pour continuer le travail de destruction de l’État syrien – à moins, bien sûr, que ces nouveaux combattants ne prennent l’argent et les armes et ne rejoignent eux aussi les rangs de l’EIIL.

Glen Ford, pour BlackAgendaReport.com, le 17 sept. 2014

Traduction IlFattoQuotidiano.fr

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 18:32
Les clefs de la mort d’un jeune député bolivarien et de sa compagne
Robert Serra

Le député Robert Serra (au centre)

María Herrera

María Herrera, sa compagne

Robert Serra, 27 ans, était le plus jeune député de l’Assemblée Nationale et membre du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV). Lui et sa compagne Maria Herrera viennent d’être assassinés chez eux, dans le quartier populaire de La Pastora, à Caracas, par six individus lors d’une opération minutieusement planifiée. Pourquoi ?

En février 2014, la plupart des journalistes occidentaux (le Monde, Libération, El País, etc..) avaient transformé une mobilisation de droite, notamment étudiante, partie des quartiers riches de Caracas… en  “révolte populaire contre la vie chère”. Ils avaient occulté le refus des secteurs populaires de participer à ces violences qui avaient débuté à la frontière colombienne grâce à l’appui des paramilitaires liés à l’ex-président Alvaro Uribe. Il ne restait qu’à faire croire que le gouvernement bolivarien, qui répondait à une enième tentative de déstabilisation, “réprimait la population”… (1)

Ces médias nous présentèrent alors le jeune Lorent Saleh comme un “leader étudiant de la lutte pour la démocratie”. Or, celui-ci a été expulsé de Colombie le 4 septembre 2014 par le gouvernement Santos, alors qu’il y perfectionnait sa formation paramilitaire. Plusieurs vidéos le montrent durant ces cours se réjouir de l’appui des médias internationaux à “l’Opération Liberté” et de rentrer bientôt au Venezuela muni d’un arsenal renforcé et appuyé par un personnel plus nombreux et mieux formé : “nous allons commencer par descendre vingt macchabées en 48 heures à Caracas, pour neutraliser les collectifs”. (2)

L’assassinat "sélectif" du jeune député Serra et de sa compagne est caractéristique du paramilitarisme et, en général, de toutes les politiques de terreur (Honduras, etc..) visant à intimider les jeunes qui voudrait s’engager dans un changement révolutionnaire.

Une politique annoncée de longue date, comme l’attestent des enregistrements réalisés en 2013 où la dirigeante d’extrême-droite Maria Corina Machado exigeait de mener contre le gouvernement bolivarien des “confrontations non-dialogantes” avec l’appui des États-Unis. Machado (elle aussi transformée en égérie de la liberté par les médias occidentaux) avait organisé un meeting sous l’effigie d’un militant bolivarien pendu par les pieds. (3)

L’ex-président colombien Ernesto Samper, actuel Secrétaire Général de l’UNASUR (organisme regroupant les douze nations sud-américaines) a déclaré que “l’assassinat  de Serra est un signal préoccupant de l’infiltration du paramilitarisme au Venezuela”. Le maire de Bogota Gustavo Petro a rappelé que le jeune député vénézuélien enquêtait sur les liens entre Lorent Saleh et l’ex-président Alvaro Uribe.

La population vénézuélienne rend massivement hommage à Robert Serra et à María Herrera en défilant depuis deux jours à l’Assemblée Nationale. Pour dire l’émotion et l’indignation populaires, l’ex-sénatrice colombienne et militante des droits humains Piedad Cordoba a cité Neruda : “Ils peuvent couper toutes les fleurs, ils ne pourront arrêter le printemps”.

Les médias occidentaux se font particulièrement discrets sur ces faits.

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Foto-Americo-Morillo-IMG_2625Thierry Deronne, Caracas, 3 octobre 2014.

Notes :

(1) “Brévissime leçon de journalisme pour ceux qui croient encore à l’information”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/22/brevissime-cours-de-journalisme-pour-ceux-qui-croient-encore-a-linformation/

(2) https://www.youtube.com/watch?v=mssSTguxtm4

(3) “C’est l’heure d’anéantir Maduro, le reste tombera de son propre poids”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/05/29/%C2%A8cest-lheure-daneantir-maduro-le-reste-tombera-de-son-propre-poids%C2%A8-les-visages-reveles-du-plan-de-coup-detat/

 

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-1Fu

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 18:01

 

Déclaration du Parti communiste du Vénézuela



Traduction pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



 

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Face au vil assassinat du compatriote Robert Serra, député et cadre du processus révolutionnaire, le Parti communiste du Vénézuela (PCV) exprime sa condamnation la plus catégorique de ce fait abominable qui prive la jeunesse vénézuelienne et tout le peuple qui ont une conscience démocratique, patriotique et révolutionnaire d'un de ses cadres et militants les plus importants.

 

 

Le PCV exprime sa solidarité active et nos condoléances les plus sincères à toute la famille, aux militants du PSUV et à tout le mouvement populaire révolutionnaire, touché par cet acte criminel.

 

En outre, le PCV attend une réponse ferme et efficace du Parquet, afin de déterminer le mobile de cet assassinat vil et perfide, et de poursuivre l'auteur intellectuel et matériel de ce crime, afin qu'il en paye le prix devant la loi.

Dans ce contexte, le PCV prie tous les militants populaires révolutionnaires de rester vigilants et prêts à la mobilisation nécessaire pour répondre aux provocations des secteurs para-militaires et fascistes, outils au service de l'impérialisme.

En ces moments de douleur qui emplit les démocrates, patriotes et révolutionnaires du Venezuela bolivarien, le PCV porte un message d'espoir et de confiance dans la victoire historique de la classe ouvrière et des travailleurs des villes et des campagnes sur la bourgeoisie oppresseuse et exploiteuse, qui ouvre la perspective de la construction d'une société socialiste.

 

C'est en continuant la lutte que nous allons vaincre !

 

Voir aussi la déclaration de la Jeunesse communiste du Vénézuela (JCV) traduite pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/



La Direction nationale de la Jeunesse communiste du Vénézuela (JCV) condamne l'assassinat du jeune dirigeant révolutionnaire et député à l'Assemblée nationale pour le Parti socialiste unifié du Venezuela Robert Serra, perpétré dans la nuit du mercredi 1er octobre à son domicile, dans le quartier La Pastora à Caracas.

 

L'assassinat de cadres politiques a été un moyen qu'a trouvé l'extrême-droite et le fascisme, en de nombreuses occasions, pour tenter de terroriser et de démobiliser les bases du mouvement révolutionnaire, ce qui chez nous a trouvé sa plus pure expression dans l'explosion des cas d'assassinats de leaders paysans.

En tant que JCV, nous transmettons toute notre solidarité à la famille du jeune dirigeant révolutionnaire, au Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) et à son organisation de jeunesse.

 

 

Robert Serra s'est formé dans les luttes politiques du processus vénézuelien ; il était une figure du mouvement de jeunesse révolutionnaire, une preuve de cela, son engagement dans le syndicalisme étudiant en 2007 ; son travail dans les zones populaires et son élection à l'Assemblée nationale en 2010 à seulement 23 ans.

Sa pratique politique a été toujours guidée par un but : démasquer la nature réactionnaire de la droite pro-impérialiste vénézuelienne.

 

Nous dénonçons ce crime comme faisant partie du plan de déstabilisation orchestré par l'impérialisme contre le processus de transformation au Venezuela, qui depuis février a pris une tournure plus agressive.

Nous exigeons du Gouvernement national non seulement qu'il fasse la vérité sur cet événement, mais aussi qu'il mette en œuvre une politique concrète pour stopper la progression des organisations fascistes et des groupes para-militaires dans la zone frontalière, les quartiers populaires de Caracas et dans les couches populaires de notre pays.

Nous prions le mouvement populaire révolutionnaire de rester vigilant, organisé et mobilisé, face aux tentatives de plonger le pays dans un scénario de violence et d'ingouvernabilité.

 

Nous appelons les forces révolutionnaires à la plus large unité de classe et populaire.

 

La paix ne se conquiert qu'en triomphant du fascisme !

« Pour nos morts, pas une minute de silence, toute une vie de combat ! »

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 07:21

Lu sur le blog de José Fort

 

Les barbares qui sèment la terreur en Irak et en Syrie sous le sigle EIIL ne sont pas si barbares que cela pour plusieurs pays membres de l’Union européenne. Les bandes EIIL sont riches à milliards de dollars fruit des pillages, notamment la réserve irakienne, de financements « privés » en provenance des monarchies régionales et… de la vente à bas prix de pétrole.

L’ambassadrice de l’Union européenne en Irak, Mme Jana Hyboskova, a déclaré devant une commission que « plusieurs membres de l’UE ont acheté du pétrole non-raffiné à l’EIIL.» Elle a refusé de nommer les noms des pays incriminés. Depuis, le silence total est observé sur ce scandale à Bruxelles et dans toutes les capitales européennes, notamment à Paris.

On ne peut à la fois vouloir combattre la barbarie et financer les monstres. Voilà pourquoi, alors que la France s’engage dans un conflit aux prolongements longs et dangereux, la clarté doit être faite et une réponse nette et rapide doit être exigée à la Commission de Bruxelles : qui sont les pays membres de l’Union européenne acheteurs du pétrole à l’EIIL ?

José Fort

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 15:56

 

Déclaration d'Ivan Pinheiro, secrétaire-général du Parti communiste brésilien (PCB)



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Légende de l'image : Dilma Rousseff et l'homme le plus riche du Brésil, Eike Batista (à la tête d'un conglomérat financier qui a aussi financé la campagne de Dilma et un des grands gagnants de la privatisation du pétrole), main dans la main pour vendre les puits de pétrole du Brésil aux enchères aux multi-nationales privées. Sur la pancarte en arrière : « Vende-se », soit « On vend »



En 2002, quand apparaissait la possibilité d'une victoire électorale de ce qui paraissait alors être un front de gauche et le début d'un processus de transformation progressiste au Brésil, à la veille du premier tour Lula signait la « Lettre aux Brésiliens », en vérité adressée aux banquiers, s'engageant à maintenir intacte la politique économique néo-libérale de l'époque de Fernando Henrique Cardoso, y compris l'autonomie de la Banque centrale et l'austérité budgétaire, le détournement de fonds publics pour payer les rentiers. Dans ce cas, on ne peut pas accuser Lula de ne pas avoir tenu ses promesses.

 

Avec la victoire de Lula au second tour, la coordination du front qui le soutenait a créé une commission de cinq partis (PCB, PT, PDT, PSB, PcdoB) pour élaborer un Programme des 100 jours, de façon à ce que, dès le début du mandat, le nouveau président nous prouve qu'il tiendrait ses promesses de changement faites pendant la campagne et qui emplirent d'espérance la grande majorité du peuple brésilien et la gauche mondiale. Ce devait être finalement un gouvernement nouveau, opposé aux précédents.

 

La principale proposition de la commission, soutenue par le PCB, était la convocation, dès la prise de fonction, d'un plébiscite pour consulter le peuple sur la convocation d'une Assemblée nationale constituante souveraine, qui ne se confonde pas avec la composition d'un Congrès national et qui révise toute la Constitution brésilienne, qui a déjà subi une nette régression politique avec les amendements approuvés par le tristement célèbre gouvernement de Cardoso.

 

On partait du présupposé que, pour changer le Brésil, il était indispensable avant tout de changer les lois qui perpétuent l'hégémonie bourgeoise. Exactement comme le firent Hugo Chavez, Evo Morales et Rafael Correa, avant de lancer les processus de changement dans leurs pays.

 

Mais au Brésil, la peur a vaincu l'espérance !

 

Avant même la prise de pouvoir, tout juste élu au second tour, le premier voyage international de Lula, de façon surprenante (au moins pour le PCB), fut aux Etats-unis pour rencontrer Bush à la Maison Blanche, avec Henrique Meireles, alors président de la Banque de Boston, pour le lui présenter comme le nouveau président de la Banque centrale du Brésil, lui assurant une pleine autonomie pour gérer la politique monétaire. A ce moment-là, la coordination de campagne a commencé à se dissoudre, alors qu'elle aurait dû se transformer en une coordination politique de gouvernement.

 

Une fois au pouvoir, Lula a jeté à la poubelle le programme de campagne, la coordination politique et la proposition de Programme des 100 jours, faisant le choix de la gouvernabilité institutionnelle au service de l'ordre établi, au lieu de la gouvernabilité populaire pour le changement. Il s'est appuyé sur une base parlementaire avec le centre et le centre-droit, avec plus de 300 parlementaires qui dans le passé était considéré comme des « malhonnêtes » (picaretas), se faisant les otages et complices des caciques de la politique bourgeoise, sous le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) et du camarade Sarney, capitulant devant le grand capital. Le vice-président, José de Alencar, avait été choisi à dessein pour donner le signal d'une alliance avec des secteurs de la bourgeoisie, en vue d'un projet développementaliste, que Lula avait annoncé, dès sa prise de pouvoir, comme le « spectacle de la croissance » qui allait « libérer » le capitalisme au Brésil. Cette promesse, Lula l'a tenue à la lettre.

 

Constatant la trahison du programme sur lequel Lula avait été élu, le PCB, en mars 2005 (avant le fameux « scandale des mensualités » quand il a été révélé que le PT de Lula avait payé des députés de son allié le PTB pour voter tous les projets de l'exécutif), rompt avec le gouvernement, au vu de l'absolue incompatibilité politique avec le nouveau président qui a retourné sa veste et les autres partis qui composaient le front, qui continuait à se dégénérer et à se gaver de postes et d'argent, sans la moindre critique sur l'abandon du programme électoral et livrant les organisations sociales à leur influence, par la cooptation, transformant une légion d'anciens militants de gauche en bureaucrates de carrière, en chefs électoraux mandatés par leurs partis.

 

La CUT et l'UNE (deux des syndicats majeurs au Brésil), qui avaient déjà connu aussi un processus accéléré de dégénerescence, se sont vite transformés en courroie de transmission du gouvernement et en instruments réduisant les travailleurs et la jeunesse à la passivité.

 

Après onze ans à profiter du capitalisme « comme jamais auparavant dans l'histoire de ce pays » – trompant les travailleurs avec leur discours sur l'inclusion, la nouvelle classe moyenne, d'un développement capitaliste où gagneraient toutes les classes et qui garantirait la paix sociale – il a suffi le détonateur de l'augmentation des tarifs des bus urbains, en juin de l'an dernier, pour que s'évanouissent toutes les illusions et manipulations dont furent victimes les travailleurs et jeunes.


Tout cela se combinait aux vents encore légers de la crise du capitalisme dans notre pays, ce qui a conduit le gouvernement Dilma à l'affronter avec encore plus de capitalisme : exonérations fiscales pour le capital, Code forestier (donc déforestation), privatisations des autoroutes, chemins de fer, ports, aéroports, stades de football, la poursuite scandaleuse de la mise aux enchères (privatisation) du pétrole, y compris des pré-sels, en plus des projets visant à diminuer les droits des travailleurs et des assurés sociaux.

 

L'explosion des insatisfactions réprimées, qui sont toujours latentes, a comme raisons principales la privatisation et de dégradation des services publics, surtout dans la santé et l'éducation, dans la démoralisation et le manque de représentativité des institutions de l'ordre établi (et des organisations de masse cooptées), en fonction des alliances et pratiques opportunistes et de complicité avec la corruption.

 

Le PT est alors tombé de haut, l'arrogance et les certitudes les plus confortables, installées depuis des années, ont été ébranlées. Surpris, les réformistes ont ressorti des poubelles de leur histoire la proposition du Programme des 100 jours, abandonnée au moment où le rapport de forces était très favorable. Avec près de 60 millions de voix et une espérance populaire inouie, Lula avait tout le soutien requis pour changer le Brésil, en mobilisant les masses, même avec des mesures tout juste progressistes.

 

A la fin du mandat de Dilma, toujours plus otage du centre et du centre-droit, pour se maintenir au gouvernement, les PT-istes et autres réformistes, certains continuant à se dire communistes (qui, pour pratiquer la conciliation de classe, joue un rôle dans le système d'acceptation de ce système) ont levé la bannière de la réforme politique, se rebellant contre le parlement, la justice, les médias, les institutions qu'ils ont non seulement laissés intactes, mais même renforcées.

 

Feignant de ne pas savoir que ce gouvernement ne survit que grâce au PMDB, qui détient la clé du programme législatif brésilien – avec une accumulation inédite de pouvoir avec la présidence de la Chambre et du Sénat et la Vice-présidence, occupées par de vieux roublards politiciens – les réformistes portent désormais, comme dernier recours pour la patrie, la bannière de la convocation d'un plébiscite pour une constituante, qu'ils ont abandonné au moment propice, il y a dix ans !

 

Appeler à une Constituante dans ce rapport de forces défavorables est un acte de démagogie. Ou il s'agit d'une innocente illusion de classe ou d'un rideau de fumée bien placé pour donner l'impression au peuple qu'ils veulent le changement. Comme il n'y a jamais d'innocence parmi les politiciens professionnels, la seconde hypothèse est la plus probable. Ils veulent tellement peu changer qu'ils ont maintenu leur alliance préférentielle avec le PMDB, garantissant à l'énigmatique Michel Temer le poste de vice-président.

 

Le rapport de forces n'est pas seulement défavorable au parlement, mais surtout par rapport à l'évidente hégémonie bourgeoise dans la société brésilienne, modelée par l'aliénation, l'individualisme, le fondementalisme religieux, les médias dominants, qui cultivent l'aversion envers les partis et réduit la politique aux moments électoraux.

 

Ils vont chercher dans leur poubelle la constituante de 2003, qui devait être large et ouverte, mais aujourd'hui se limite à une réforme politique qui ne mérite même pas son nom, car elle est fondamentalement électorale. Ils nous montrent ainsi qu'ils n'ont de foi que dans la démocratie bourgeoisie, une dictature de classe masquée.

 

Dans le discours bien rodé sur la réforme politique, des critiques ont été portées sur les déformations du parlement, auxquelles ont contribué tous les partis de l'ordre établi. Le PT et ses alliés fidèles et acritiques se sont gavés et se gavent de financement privé, au point que leurs candidats, dans certains cas, reçurent plus de dons généraux des entreprises que leurs adversaires conservateurs, à tel point que les secteurs les plus lucides des classes dominantes préfèrent sous-traiter le gouvernement à un parti qui porte le nom de travailliste, pour faire plus efficacement la politique du capital et avantageusement tromper ceux qui ont donné leur nom à ce parti.

 

Cette manœuvre irresponsable et électoraliste pourrait avoir des conséquences néfastes, puisque elle laisse un espace pour que le Congrès national élu en octobre fasse avancer, sans la moindre consultation populaire, une mino-réforme politique régressive qui apparaisse comme un changement.

 

Le plus grave, c'est que la priorité absolue de la bannière de la réforme politique a pris en otage l'élan unitaire porté par les manifestations de 2013. Il s'agit d'une diversion et une ruse pour ne pas exposer le gouvernement Dilma à la critique de n'avoir jamais porté ces idées avant, de s'être fait l'otage et le partenaire du capital.

 

Nous devons continuer à porter ces mots d'ordre que les réformistes veulent mettre sous le boisseau : réduction de la journée de travail sans baisse de salaires, réforme agraire, fin de la privatisation de la sécurité sociale et de la sous-traitance, de l'austérité budgétaire ; fin des mises aux enchère du pétrole pour gérer les investissements publics dans la santé et l'éducation, démilitarisation de la police, entre autres.

 

Au lieu de la réforme politique électorale, notre drapeau politique central devrait être Pour le pouvoir populaire, qui exprime le rejet des institutions bourgeoises et « à tout ce système », signal d'une organisation populaire qui a une vocation de pouvoir.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 15:46

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Article pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/ *

 

Il n'y a pas qu'en France que les universités publiques sont ravagées par les coupes budgétaires, les étudiants pressurés par la hausse de la coût de la vie. En Belgique, les étudiants mènent la riposte contre le plan de coupes des gouvernements régionaux.

 

Les étudiants belges continuent le combat contre la casse de leur université publique. Ce jeudi 2 octobre, ils étaient des milliers dans les rues de Bruxelles, venus surtout de la capitale, de la communauté flamande, mais grossis de délégations de solidarité francophones.

 

En Flandre et bientôt en Wallonie : - 5 % de budget pour les universités, + 30 % de frais d'inscription pour les étudiants !

 

En effet, à la rentrée 2014, c'est le gouvernement de la communauté flamande qui est à l'offensive contre les étudiants.

Ont été décidées des coupes budgétaires dans l'enseignement supérieur de 80 millions d'€ (- 5 %), compensées pour partie par une hausse du « minerval » (les frais d'inscription) de 600 à 950 € (+ 30 %!) ainsi que par des restructurations qui signifient la suppression de cours, fillières, masters.

Il faut rappeler qu'en Belgique, l'éducation est régionalisée depuis 1989. Chaque « région » – Flandres, Wallonie, Bruxelles – a charge de mener sa propre politique de l'enseignement supérieur, conduisant à des réformes différentes tant dans la communauté francophone que néerlandophone.

Ce n'est pas pour autant que la Fédération Wallonie-Bruxelles est inactive. Non seulement elle a prévu des coupes de 300 millions d'€ pour l'enseignement primaire et secondaire, mais elle envisage une hausse parallèle du « minerval » pour s'harmoniser avec la région flamande.

 

4 000 étudiants dans la rue contre l'austérité, derrière l' « as de pique » : ne jouez pas avec notre avenir !

 

La manifestation de ce 2 octobre a dépassé toutes les attentes. 1 500 étudiants étaient espérés, ils étaient plus de 4 000 à l'appel de la VVS (Association étudiante flamande), avec le soutien de la FEF (Fédération étudiante francophone).

Les mots d'ordre étaient clairs et offensifs : « l'enseignement est un droit, pas un privilège », « Pas d'austérité sur notre avenir ».

 

10711077_10152770553603307_1136712853492851732_n.jpgL'as de pique (comme le carré rouge au Québec) est devenu le symbole du mouvement, il était sur tous les t-shirts, banderoles, bracelets comme pour dire « Ne jouez pas avec notre avenir » (speel niet met onze toekomst)

La ministre flamande de l'enseignement, Hilde Crevits (Cd et V/chrétien-démocrate), a réaffirmé qu'elle ne reculerait pas. Mais les syndicats étudiants ne reculeront pas non plus.

Bram Roelant, le président du VVS reste ferme : « Nous sommes ici aujourd’hui pour dire : nous formons un mur. Nous formons une résistance. Nous formons une ligne. Formez cette ligne partout et continuez à répéter : pas d'austérité sur notre avenir ! »

Les syndicats francophones étaient là aussi pour affirmer leur solidarité, et lancer un avertissement à leur gouvernement régional : « nous voulons prévenir le gouvernement francophone que suivre son homologue néerlandophone en augmentant le minerval en Fédération Wallonie-Bruxelles n'est pas une option », a déclaré la FEF.

 

Une pétition signée par 20 000 étudiants contre la hausse des frais d'inscription

 

Cette mobilisation fait suite au succès d'une pétition lancée par les syndicats étudiants flamands contre l'augmentation du « minerval ».

Cette pétition « N'épargnez pas sur notre avenir, pour une éducation de qualité pour tous » (Bespaar niet op onze toekomst, voor kwaliteitsvol onderwijs voor iedereen) a déjà été signée par 20 000 étudiants, des comité d'action se sont formés dans tous les campus néerlandophones.

Le gouvernement de la région flamande (néerlandophone) a promis que le minerval n'excéderait pas les 1 000 € (par an), et serait proche des 950 €. Or, il est actuellement à 600 €, ce qui ferait une hausse de 30 % des frais d'inscription.

Le ministre de la région wallone (francophone) Jean-Claude Marcourt a, lui, déclaré que la « hausse ne serait pas importante ». Quand on sait que le « minerval » est déjà à 835 € en Wallonie, on peut s'attendre à un alignement sur les 1 000 € qui seront appliqués en 2015 en Flandres.

 

Coupes dans les universités mais des milliards pour la guerre et les entreprises !

 

10687965_10152522487063768_4713442778967345754_o.jpgLe Parti du travail de Belgique (PTB) – ainsi que son organisation de jeunesse, le COMAC – était présent à la manifestation de jeudi, y compris avec le nouveau député de Liège Raoul Houdebouw.

Il dénonce l'hypocrisie de l'austérité en Flandres comme en Wallonie, quand des milliards sont dépensés pour la guerre, les cadeaux aux entreprises et aux plus riches.

Aux centaines de millions de coupes dans l'enseignement, le PTB oppose :

 

  • l'achat par le gouvernement fédéral belge d'avions de combat américains F-35 d'une valeur de 4 milliards d'euros. La Belgique vient d'entrer en guerre en Irak et en Syrie en envoyant six bombardiers en Jordanie ;

  • l'octroi aux entreprises par le gouvernement régional flamand de cadeaux fiscaux s'élevant à 500 millions d'euros.

Le PTB, comme le COMAC, propose un plan d'investissement public ambitieux, le « plan CACTUS » destiné à crever les ballons de l'austérité, qui prévoit une hausse de 300 millions d'€ du budget de l'enseignement supérieur, accompagnant 20 milliards d'€ d'investissements permettant de baisser le prix des médicaments, d'investir dans la santé, d'augmenter les pensions.

Ce plan serait financé à hauteur de 8 milliards d'€ par une « taxe des millionnaires » - une taxe progressive de 1 % sur les fortunes de plus d'1 millions d'euros, 2 % sur ceux avec 2 millions d'euros, etc. - une juste imposition des entreprises à 33 % rapporterait aussi 3 milliards d'€, tout comme la lutte contre la fraude fiscale.

 

Les jeunes du COMAC disent non à une université à deux vitesses

 

Le Comac (la jeunesse du Parti du travail de Belgique) insiste aussi sur les plans tendant à faire de l'éducation supérieure en Belgique une « université de classe » au service des grandes entreprises, comme c'est le cas avec la loi LRU puis la Loi Fioraso en France.

Ainsi, le décret Marcourt adopté l'an dernier en Wallonie comme le projet Smet en Flandres partageait les mêmes objectifs : introduire la sélection des étudiants, regrouper les universités en « pôles académiques » publics-privés, individualiser les cursus, construire une université à deux vitesses notamment entre les « master recherche » d'excellence mais très limités et « master domaine » professionnalisants, inégaux et au service des entreprises.

Le tout est justifié par le gel des budgets (la politique de l' « enveloppe fermée »), donc la nécessité d'un regroupement des facs qui débouche sur une suppression de fillières, masters, cours, et la nécessité de sélectionner les meilleurs étudiants puisque le financement des facultés se fait désormais en Flandres à l' « output », c'est-à-dire en fonction des résultats des étudiants.

Les gouvernements belges (fédéral et régionaux) prétendent que la hausse des frais d'inscription sera contre-balancée par un élargissement des bourses.

Or, comme le souligne le COMAC, celles-ci ne seront pas revalorisées, et elles s'élèvent au maximum à 350 € par mois. Ainsi, la hausse sera payée par tous, sans que les bourses ne permettent aux étudiants en difficulté d'étudier sans se salarier.

Par ailleurs, aux Pays-bas – laboratoire pour les réformes de libéralisation en Belgique –, le système d'élargissement des bourses à l'étude a été récemment abandonné au profit d'un système d'incitation aux prêts étudiants. Et on connaît les effets désastreux de l'endettement étudiant pour les étudiants, les familles en Grande-Bretagne ou aux Etats-unis.

 

Voilà ce qui nous attend en France si nous ne ripostons pas maintenant à la politique de casse de nos universités publiques. Solidarité avec nos camarades de classe belges, résistance, riposte, maintenant !

 

* (repris initialement de http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/)

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 12:55

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Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les vandales sont entrés dans Kharkov. La plus grande statue de Lénine d'Ukraine est abattue par une bande de nationalistes néo-nazis, avec la bénédiction du pouvoir. Terreur dans les localités, bradage du patrimoine national, xénophobie assumée : voilà la face de ces combattants de la liberté soutenus par l'Union européenne et les Etats-unis.

 

Dans la soirée du 28 septembre, une statue de Lénine est tombée en Ukraine. Une de plus, environ 150 monuments liés à l'ère soviétique auraient été abattus depuis le début de l'année. Mais ce n'est pas n'importe laquelle, la plus grande statue de Lénine en Ukraine, érigée en 1963.

Le scénario n'est hélas pas nouveau. 3 000 militants nationalistes étaient présents place de la Liberté, avec leurs drapeaux bleu-jaune mais aussi rouge et noir, couleurs de l'Organisation nationaliste ukrainienne (OUN) de Stepan Bandera, collaborant avec les Nazis de 1941 à 1945.

 

Les drapeaux de certaines formations politiques de l'extrême-droite comme Secteur Droit, Svoboda, et la milice para-militaire du Bataillon d'Azov, sont reconnaissables.

Parmi eux, quelques dizaines – encagoulés, vêtus de tenues de camouflage, à mi-chemin entre des hooligans et des miliciens – ont alors passé des cables autour de la statue de Lénine et aux cris de « Ukraina ! Ukraina » ont déboulonné la statue de Lénine.

La suite est à l'image de la situation en Ukraine, un chaos terrifiant semé par une bande de voyous extrémistes bien minoritaires, agissant en toute impunité, protégés par le pouvoir. Pour eux : le communisme est encore l'ennemi à abattre, comme en 1941, Lénine en est le symbole.

 

BypBYD5CQAAR905.jpgD'une part, quelques militants néo-nazis vont griffonner sur le socle de la statue « Gloire à l'Ukraine ! » – le cri de ralliement du collaborateur pro-nazi Stepan Bandera –, tandis que d'autres posent avec le logo du bataillon Azov et du parti néo-nazi Assemblée nationale-sociale (SNA) : un « Wolfsangel » qui fut jadis le symbole de la sinistre division SS Das Reich, responsable du massacre d'Oradour-sur-Glane, en France.

D'autre part, les miliciens portant les insignes du bataillon Azov en profitent pour scier la jambe de Lénine, tandis que la foule se précipite pour avoir « son » morceau de Lénine.

 

La collaboration des autorités au coup de force

 

Une scène qui pose une question simple : mais que fait la police ?

La veille, le samedi 27, une manifestation « pour la paix en Ukraine » avait été violemment réprimée, plusieurs dizaines de manifestants arrêtés car identifiés comme « séparatistes ».

Ce 28 septembre, 3 à 5 000 personnes envahissent la « place de la Liberté » avec des fumigènes, des armes tranchantes (dont des haches ou des scies), encagoulés, en tenues de guerre. Ils abattent un des principaux monuments de la ville, sous des cris de guerre. Sans réaction.

 

L'ordre est venu du gouverneur de Kharkov, le businessman Igor Baluta qui a dit : « avoir donné l'ordre aux autorités de prendre les mesures pour enlever la statue de Lénine du registre des monuments historiques et culturels, ainsi que pour la démonter sur le terrain ».

Face aux poursuites engagées par la police pour « dégradation du patrimoine public et actes de vandalisme », Baluta a même publié un décret rétro-actif justifiant les destructions des monuments de Lénine au nom … de la mémoire des victimes des famines en Ukraine de 1933.

Baluta, qui a participé à l'acte de vandalisme, s'est même fait prendre en photo devant la tête brisée de la statue et en a récupéré un morceau pour se souvenir de ce jour de gloire.

 

Le ministre de l'Intérieur, peu soucieux de l'ordre public, Arsen Avakov – l'homme qui a créé les milices para-militaires sous hégémonie néo-nazie pour soutenir le nouvel Etat ukrainien – a même loué cet acte de vandalisme :

« Lénine ? Qu'il tombe. Tant que les gens ne se blessent pas. Que cette idole communiste sanguinaire, en tombant, ne fasse pas une victime de plus. ». Asakov explique qu'il a donné des ordres pour « protéger les gens (Ndlr : les vandales), pas l'idole ».

Le conseiller du ministre, Anton Gersachenko, a même proposé qu'à la place de Lénie soit érigé un monument à la gloire de « tous les héros qui ont lutté et qui sont morts pour l'indépendance et l'unité de l'Ukraine ». Comme Stepan Bandera et ses amis de l'OUN ?

 

La rage de la population locale, l'avertissement du Parti communiste

 

Un chêne qu'on abat, pour le festin des vandales. Et les humbles de Kharkov pleurent. Toute la journée de lundi, plusieurs milliers d'habitants de la deuxième ville d'Ukraine ont exprimé leur émotion, leurs regrets, leur rage. Certains ont déposé des fleurs au socle de la statue, d'autres ont effacé les graffitis des nationalistes.

Une manifestation s'est même formée ce lundi par quelques centaines de manifestants pacifiques, elle a été agressée par une bande d'ultra-nationalistes, qui ont tiré des grenades lacrymogènes, des pétards contre la foule, jetant les fleurs à terre, scandant des chants nationalistes, lynchant certains manifestants pris à parti et piégés dans les escarmouches.

 

Selon la mission de l'OSCE en Ukraine : « La foule (NdlR : des contre-manifestants) était composée d'hommes et de femmes, et même de mineurs, mais elle était menée par des membres du bataillon Azov, ainsi que des jeunes gens encagoulés ».

 

Face à ce mouvement populaire pour défendre la statue de Lénine, le maire de Kharkov, Guennadi Kernes, a promis de restaurer le monument.

Il faut savoir que Kernes est la bête noire des ultra-nationalistes ukrainiens car il est juif et perçu comme pro-russe – même si il s'est rallié depuis à Porochenko. Il a même été victime d'une tentative d'assassinat le 28 avril dernier dans les rues de Kharkov.

 

Petro Simonenko, secrétaire du Parti communiste d'Ukraine (KPU), lui-même menacé par un processus d'interdiction, a rendu un communiqué lourd de sens dénonçant les « vandales » qui, avec les « statues de Lénine font éclater l'intégrité de l'Ukraine » :

« La destruction des monuments soviétiques, de Lénine, c'est chez les représentants nationalistes, pro-fascistes maintenant, les oligarques et les nouveaux riches, une façon de détruire la mémoire historique de notre pays, de celui qui a fait tant pour la science, la culture, l'industrie, pour les travailleurs (…)

Avec les monuments de la période soviétique, ce sont aussi l'intégrité territoriale que l'on détruit, l'Etat ukrainien.

Ce n'est pas un hasard. Chaque action de ces voyous politiques a coûté et coûte cher à des centaines, des milliers, des millions de citoyens ukrainien. On a perdu notre patrie, notre Etat, notre territoire, nos acquis sociaux, le droit au logement, un certain nombre d'avantages dans l'éducation, la santé, la garantie de l'emploi, la stabilité des tarifs : tous ces avantages pour les travailleurs. Aujourd'hui, le gouvernement, ce qu'il reste de l'Etat est utilisé pour satisfaire les ambitions des grands propriétaires fonciers et les oligarques, et pour accuellir les multi-nationales américaines et européennes. (…)

A Kharkov, un acte de vandalisme est commis : un monument en l'honneur de Lénine s'effondre à la face de tout le pays. C'est la preuve la plus claire de l'arrivée au pouvoir des vandales.

En décembre dernier, une journaliste m'a posé une question en désignant un fragment de granit : Qu'est-ce que c'est ? Elle essayait de comprendre ma relation émotive à ce bout de pierre issu d'une statue de Lénine. Je lui ai alors répondu : « ce sont des morceaux de l'Ukraine ».

 

Une inquiétante ré-écriture de l'histoire : le nazisme blanchi

 

Cette belle et tragique anecdote de Petro Simonenko interpelle. Un puissant mouvement réel de révisionnisme historique est en marche en Europe de l'est, sous le bruit des bottes, alors que l'Occident se crève les yeux pour ne pas voir une réalité qui l'arrange.

 

D'un côté, les forces communistes sont interdites en Hongrie début 2014, des dirigeants de gauche lituaniens poursuivis en justice pour proposer une vision non-conforme de l'histoire. En Ukraine, le parti communiste, la troisième force du pays avec ses 14 %, seule force dévouée sans ambiguité à l'unité et l'indépendance du pays, est sous le coup d'un procès pour interdiction.

 

De l'autre côté, en Lituanie, Lettonie, Estonie, les vétérans de la Waffen-SS sont honorés comme héros, les monuments en l'honneur de l'Armée rouge déboulonnés. En Hongrie, le maréchal Horthy est réhabilité comme héros national. En Ukraine, les forces fascistes et néo-nazis prennent une place prééminente, sous l'égide de la figure du nationalisme ukrainien, le collaborateur Stepan Bandera.

 

Pour l'UE, les Etats-unis, le camp du « bien », de la « démocratie », c'est incontestablement le deuxième. Car ces dirigeants-là leur promettent des marchés faciles, des champs et des mines bradés, une main d'oeuvre peu onéreuse ainsi que leur haine farouche du mouvement ouvrier, communiste ainsi que du peuple russe (et accesssoirement des juifs et des étrangers!).

 

On sait le poème de Martin Niemoller : « Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n'ai rien dit, Je n'étais pas communiste / Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n'ai rien dit, Je n'étais pas syndicaliste / quand ils sont venus chercher les juifs, je n'ai pas protesté, Je n'étais pas juif / quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n'ai pas protesté, Je n'étais pas catholique. Puis ils sont venus me chercher, Et il ne restait personne pour protester ».

 

Aujourd'hui, ce sont les communistes – ultimes défenseurs de l'unité, l'indépendance, la démocratie, l'honnêteté en Ukraine – qui sont pourchassés par un pouvoir sous hégémonie fascisante. Personne ne dit rien car « on n'est pas communiste ».

Que se passera-t-il quand les nostalgiques de Bandera, les fanatiques du « national-socialisme » ukrainien, bercés à l'anti-communisme, l'anti-sémitisme, la russophobie, mais aussi la haine des valeurs démocratiques, auront éliminé leurs opposants et conquis l'hégémonie politique ?

 

On comprendra alors qu'avec le Goodbye Lenin célébré par certains, c'était aussi – comme le souligne le KPU – l'adieu à la démocratie et surtout Goodbye Ukraine.

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