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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 08:02

BRN-titre

L’Allemand Siemens devait dévoiler d’ici au 16 juin son offre de rachat du groupe français Alstom, plus précisément de ses activités liées à l’énergie, soit trois quarts du chiffre d’affaires. Cette contre-offensive a été provoquée par l’annonce d’un projet analogue du conglomérat américain General Electric (GE), également avide de mettre la main sur cette partie d’Alstom. La négociation secrète entre Alstom et GE avait été révélée le 23 avril dernier. Depuis cette date, le gouvernement français temporise, en affichant comme seule ambition de limiter la casse. L’échéance d’une décision a été reportée au Conseil d’administration d’Alstom prévu le 23 juin. Laurent Santoire, délégué central CGT de ce groupe, éclaire ici le contexte et les enjeux.

 


BRN – Comment pourriez-vous résumer les annonces récentes qui engagent l’avenir d’Alstom ?

 

LS Il s’agit d’une tentative de hold-up sur notre groupe, qui se traduirait par un véritable démantèlement. C’est le sens du projet que les PDG de GE et d’Alstom semblent avoir commencé à négocier depuis quelques mois, en très petit comité.

 


BRN – Vous évoquez des négociations secrètes lancées il y a quelques mois, alors que les activités énergie d’Alstom ne semblaient pas menacées de manière imminente…

 

LS Je voudrais d’abord attirer l’attention sur ce qui constitue à mon sens l’élément déclencheur : la volonté du groupe Bouygues – premier actionnaire d’Alstom avec 29,4% du capital – de se désengager. Et Martin Bouygues entend bien négocier ses actions au meilleur prix… C’est-à-dire au prix qui prend en compte la valeur intrinsèque des potentialités de l’entreprise, et pas seulement sa valeur instantanée, éventuellement plombée par la conjoncture commerciale. Objectif déjà atteint, puisque le cours de l’action a grimpé de 19 à 30 euros.

 

 

BRN – Est-ce à dire que, pour l’instant, l’activité énergie voit ses débouchés faiblir ?

 

LS La direction nous évoque un ralentissement de l’activité qui pourrait se prolonger encore cinq ans. Mais tout de même, si les perspectives étaient vraiment si sombres, on comprendrait mal pourquoi une multinationale comme GE – qui connaît bien Alstom, du fait d’une longue histoire d’alliances déjà existantes – serait prête à mettre 12 milliards d’euros sur la table. La stratégie du groupe américain devrait d’ailleurs faire réfléchir : se recentrer sur l’industrie, alors que précédemment, GE s’était diversifié dans de très nombreuses activités, y compris la finance. J’y vois la confirmation que l’activité industrielle n’est nullement condamnée : bien au contraire, une telle multinationale redécouvre aujourd’hui que c’est porteur d’avenir. Cette dernière dispose en outre d’un trésor de guerre de 50 milliards, qu’elle n’a pas rapatrié aux Etats-Unis. Une arme décisive, dans le contexte de ses vues sur Alstom, qui souffre, c’est vrai, de sous-capitalisation.

 

 

BRN – D’où vient cette faiblesse ?

 

LS Il faut pointer deux dates-clé. D’abord l’introduction en Bourse, en 1998, de ce qui était alors GEC-Alsthom, à l’occasion de laquelle les actionnaires principaux, Alcatel et GEC, ont pompé dans la trésorerie pas moins de 8 milliards de francs, au titre d’un dividende exceptionnel. Cette ponction par le capital privé a lourdement handicapé l’entreprise, au point de placer celle-ci au bord du gouffre en 2003.

 

 

BRN – Ce qui a alors poussé l’Etat à préparer un plan de recapitalisation…

 

LS …Qui a été immédiatement bloqué par la Commission européenne. Le Commissaire Mario Monti, chargé du dossier, a en effet rappelé que le versement de fonds publics était contraire au droit européen de la concurrence. A l’époque ministre de l’Economie, Nicolas Sarkozy a voulu revêtir les habits du « sauveur » d’Alstom. En réalité, il a fait négocier une série de renoncements et de sacrifices, afin de lever l’interdiction de Bruxelles. Ainsi, pour obtenir le feu vert européen de 2004, le plan prévoyait d’importantes amputations : les effectifs sont passés de 105 000 à 60 000 ; tandis que des actifs stratégiques étaient bradés, parfois au quart de leur valeur, comme par exemple les turbines industrielles (usine Rateau de La Courneuve), ou bien le secteur Transmission et Distribution (T & D, racheté au prix fort par la suite).

 

 

BRN – Il reste que le groupe a été « sauvé »…

 

LS Certes, Alstom a échappé au naufrage. Mais les motivations de l’activisme sarkozien à ce moment-là découlaient surtout des pressions insistantes des banques, qui auraient pris une faillite de plein fouet. Puis, en 2006, les parts de l’Etat ont été revendues à Bouygues, qui voyait à l’époque un intérêt à être associé à un groupe dont l’un des fleurons est la fabrication de turbines pour les centrales nucléaires. Le groupe du béton lorgnait, lui, sur le gros-œuvre des centrales.

 

 

BRN – La « nationalisation » partielle de 2004 a donc été temporaire…

 

LS Il s’est agi, comme bien souvent, de nationaliser les pertes pour ensuite privatiser les profits. J’observe que Jean-Luc Mélenchon, parmi d’autres, a proposé à nouveau aujourd’hui une nationalisation « temporaire », selon un schéma qui me rappelle celui d’alors.

 

 

BRN – Pourquoi le leader du Parti de gauche précise-t-il que cette prise de contrôle publique devrait être limitée dans le temps ?

 

LS C’est à lui qu’il faut poser la question. Je note simplement que les responsables politiques qui acceptent le cadre institutionnel européen sont décidément très nombreux…

 

 

BRN – Revenons au fond. La baisse de l’activité Energie d’Alstom, un des arguments utilisé par le M. Kron pour justifier le projet négocié avec GE, est-elle réelle ?

 

LS Il y a certes eu baisse conjoncturelle des commandes depuis 2008, et la reprise est jugée trop lente par la direction. Mais il faut rappeler que notre industrie fonctionne suivant des cycles et des investissements longs. Quand on conçoit, réalise, puis exploite une centrale nucléaire (dont Alstom produit les turbines), on parle en décennies. Au niveau mondial, les besoins sont considérables. J’ajoute un élément essentiel : l’avantage d’un groupe qui est aujourd’hui actif dans l’énergie et le transport est que la conjoncture haute d’une des deux activités compense l’éventuelle faiblesse conjoncturelle de l’autre, et vice et versa. Le projet visant à ne laisser à Alstom que le ferroviaire détruirait cet équilibrage, et nous conduirait, pour le coup, à la catastrophe !

 

 

BRN – Mais la croissance faible, voire la récession, provoquée par les politiques économiques restrictives pilotées par Bruxelles, doit cependant bel et bien peser sur l’activité…

 

LS Evidemment, l’effet récessif européen joue à plein. Et ce, d’autant plus que notre entreprise fonctionne largement sur la commande publique, qui est en première ligne des coupes budgétaires et de l’austérité. Le PDG affirme désormais qu’une stratégie « autonome » (c’est-à-dire non adossée à un groupe plus puissant) serait « dangereuse ». Et il est en effet certain qu’il faut des partenariats et des coopérations. Mais ceux-ci pourraient être prioritairement noués avec la puissance publique pour répondre aux besoins, par filières : avec l’Etat, les collectivités, les établissements encore sous contrôle public comme EDF. Et ces coopérations peuvent également être internationales.

 

 

BRN – Précisément, le gouvernement français a réagi à l’offre américaine GE en espérant une contre-offre « plus européenne », en l’occurrence de Siemens. Ne serait-ce pas, à tout prendre, préférable ?

 

LS Ce serait pire ! Et les salariés d’Alstom sont bien placés pour le savoir. Compte tenu de la palette des activités respectives des deux groupes avec les doublons nombreux, et de la rivalité historique qui les oppose, cette perspective européenne entrainerait des conséquences sur l’emploi à court terme encore plus dramatiques. Face à un risque de démantèlement, le réflexe du ministre de l’Economie est de mettre en concurrence un… démanteleur plus européen. Du reste, le label « européen » n’est pas fait pour nous rassurer. La direction d’Alstom n’a pas été la dernière à investir dans des usines en Pologne, pour « économiser » du « coût de main d’œuvre ». Voire fait venir des travailleurs roumains, comme actuellement sur le site de Belfort.

 

 

BRN – Mais le président de la République avait appelé de ses vœux un « Airbus de l’énergie », autrement dit une alliance européenne dans ce domaine…

 

LS Il n’y a pas pire enfumage ! Lorsqu’il s’est agi de faire Airbus, on a d’abord pensé à ce qu’on voulait faire : l’avion ; et on a associé des partenaires – à l’époque publics. Mais dans l’idée lancée par François Hollande, où est l’avion ? Qui a le plan ? Quel est le projet industriel ? Tout le monde l’ignore, y compris le chef de l’Etat lui-même…

 

 

BRN – Vous avez dit « projet industriel »…

 

LS C’est le cœur, c’est ce dont notre entreprise a d’abord et avant tout besoin, c’est ce qu’il faut rebâtir. Tout le reste, y compris l’emploi, est secondaire. En fait de projet industriel, on ne nous parle que d’alliance d’actionnaires.

 

 

BRN – Affirmer que l’emploi est « secondaire », n’est-ce pas paradoxal de la part d’un syndicaliste ?

 

LS J’entends par là qu’il est vain d’obtenir de pseudo-engagements sur l’emploi à court terme, si l’avenir de l’entreprise part à vau-l’eau. Or comment assurer cet avenir si on se défait de la maîtrise technologique ? La France semble être le seul pays du monde prêt à brader sans état d’âme sa technologie – précisément ce qui intéresse les Américains, mais aussi les Chinois et bien d’autres.

 

 

BRN – A court terme, comment allez-vous vous opposer aux menaces qui se profilent ?

 

LS L’action des salariés doit être appuyée par une exigence nationale de transparence. A commencer par cette question basique : qu’est-ce qui justifie la vente préparée en secret ? Aucune réponse n’a été apportée, ni aux salariés, ni aux représentants de la Nation. Je note d’ailleurs que plus d’une trentaine de députés (proches, pour certains, d’une certaine sensibilité encore nationale au sein de l’UMP) vient de demander la création d’une commission d’enquête parlementaire. En ce qui nous concerne, nous sommes déterminés à utiliser tous les moyens juridiques – par exemple un référé – pour repousser l’échéance, et gagner ainsi du temps pour le débat et l’action.

 

 

BRN – Ce qui peut esquisser une perspective…

 

LS Le refus du démantèlement passe par quelques décisions indispensables, en particulier une recapitalisation, pour laquelle l’Etat doit prendre ses responsabilités ; et une redéfinition d’un véritable projet industriel, comme précédemment évoqué. Accessoirement, cela passe aussi par le départ de la direction du groupe. Si nous parvenons à empêcher le coup de force immédiat, alors rien n’est joué !

 

 

source: BRN

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 07:55

 

Evo Morales et Rafael Correa dénoncent le siège du Venezuela par les médias privés

mandatarios

 

Lors du dernier sommet du G 77 + la Chine qui s’est tenu en Bolivie le 14 juin, 133 pays (soit les deux tiers de l’ONU) se sont mis d’accord sur un programme mondial de lutte contre la pauvreté. Lors de la Rencontre Plurinationale des Peuples organisée en prélude au sommet, plusieurs présidents latino-américains ont exprimé leur solidarité avec la révolution bolivarienne. ¨Les États-Unis trouveront leur deuxième Vietnam au Venezuela s’ils poursuivent leur ingérence¨ a déclaré le président Evo Morales.¨Toute l’Amérique Latine est avec notre cher Venezuela¨ a lancé le président Correa. Le mandataire équatorien a rappelé que le Venezuela et les gouvernements de gauche latino-américains ne sont pas seulement assiégés par l’entreprise de restauration conservatrice d’élites régionales ¨qui nous ont toujours dominés, exclus, mais ont appris de leurs erreurs¨, mais aussi “par ces instruments de destruction massive de la vérité que sont les médias”.

Comment peut-on parler de liberté authentique alors que nous dépendons de ce que disent les entreprises possédées par une demi-douzaine de familles ?” s’est exclamé Rafael Correa.

 

Le siège médiatique contre la révolution bolivarienne s’opère en trois temps. Premièrement, les thèmes à répéter et ceux à occulter sont déterminés par les médias privés hégémoniques dans ce pays. Deuxièmement, les médias internationaux relayent leurs campagnes. Troisièmement, la droite locale déguisée en ¨peuple¨, minoritaire dans les urnes mais ¨majoritaire¨ médiatiquement, se voit stimulée dans son refus violent d’accepter les résultats des élections. La plupart des journalistes occidentaux ont donc cessé de soutenir la démocratie en Amérique Latine. Maurice Lemoine, concluant sa récente ¨Lettre au médiateur du Monde¨ : ¨Si, demain, sous une forme ou sous une autre, le président Nicolas Maduro est « sorti » du pouvoir par des voies non constitutionnelles, le public français – ou, pour le moins, votre lectorat – n’y verra que du feu, votre version des faits ayant préalablement soigneusement préparé l’opinion à un tel dénouement

 Un peu d’Histoire…
Audience comparée des médias radio et TV au Venezuela (2014). Ce graphique ne rend pas compte des sites internet, médias internationaux (satellite) et presse écrite locale qui sont eux aussi en majorité opposés aux mesures de la révolution bolivarienne.

 

Audience comparée des médias radio et TV au Venezuela (2014). Ce graphique ne rend pas compte des sites internet, médias internationaux (satellite) et presse écrite locale qui sont eux aussi en majorité opposés à la révolution bolivarienne.


En 1998, au Venezuela, 80% des stations de télévision et 97% du secteur de la radio-diffusion (FM) relevaient du secteur privé. Par ailleurs, les moyens de communication communautaires étaient inexistants. Ces médias aux mains du privé, se caractérisaient par une haute concentration de la propriété, tant sur le plan horizontal que vertical.

En 2014, pas moins de 2896 médias opèrent au Venezuela. 2332 d’entre eux sont des entreprises privées. 65,18% appartiennent au secteur privé ; 30,76% dépendent du secteur communautaire ; et à peine 3,22% de l’ensemble, ressortissent au service public.

La multiplication des médias communautaires s’impose comme le changement principal, lié à l’essor de la démocratie participative. A travers eux, c’est l’ensemble de la société qui accède à la communication. Mais il faut rappeler que la grande majorité d’entre eux est pourvue d’une portée seulement locale.

Dans le domaine de la radio-diffusion, 1598 émetteurs appartiennent au secteur privé, 654 dépendent du domaine communautaire et à peine 80 d’entre eux relèvent du service public.

Quant aux chaînes de télévision en signal ouvert, 55 d’entre eux relèvent du secteur privé, 25 du secteur communautaire ; alors que le service public ne possède que 8 d’entre eux.

La quasi totalité de ces médias privés se situent dans l’opposition. Par conséquent, prétendre que l’Etat en serait à exercer son hégémonie dans le domaine de la communication, en s’appuyant sur les faibles moyens dont il dispose, est absurde.

L’exemple du traitement de l’économie et de la politique dans la semaine du 31 mai au 6 juin 2014.

Depuis que Nicolas Maduro légifère contre la guerre économique, les médias privés ont redoublé leurs attaques. Dans la semaine du 31 mai au 6 juin 2014, les journaux El NacionalEl UniversalÚltimas NoticiasTal Cual, El Nuevo País, et 2001 ont consacré 59% de leurs espaces (21.621,98 cm2) à ce thème.

Thématiques et surfaces de la presse nationale : 59% d'attaques contre la gestion du gouvernement, 41% sur l'économie nationale.

Thématiques et surfaces de la presse nationale : 59% d’attaques contre la gestion du gouvernement, 41% sur l’économie nationale.

 

Dans leurs pages économiques les journaux privés soulignent sur 17% de leur espace l’augmentation du coût des sept marques d’eau minérale en bouteille dont le prix de vente maximal était gelé depuis novembre 2011, et que plus d’un commerçant vendait cependant avec un surprix.

15% de l’espace a été consacré à manifester une forte opposition à la loi fixant une limite aux niveaux du bail commercial afin de protéger les petits et moyens commerçants, en se faisant l’écho de la campagne de APIUR et de la Chambre Immobilière. Les médias affirment qu’avec cette loi les petits bailleurs vont perdre leurs propriétés, tout en dénonçant ensuite que les plus affectés seront les locataires.

11% de l’espace est consacré à l’Association Nationale des Industriels du Fromage (Aniquesos) qui exige de vendre plus cher le fromage au motif de l’élévation des prix du lait (nous supposons qu’ils considèrent comme plus simple de se fondre dans la chaîne de la spéculation que de d’exiger le contrôle de l’État).

11% sont consacrés à souligner la dette de l’état vis-à-vis des compagnies aériennes sans remarquer que le gouvernement vient précisément de débloquer les fonds en faveur de Aero México, Tame Ecuador, Avianca, Tiara Air, Insel Air y Aruba Airlines et continue à le faire avec les autres lignes aériennes.

Stratégies les plus fréquentes dans la presse écrite : illégitimer les actions du gouvernement (39 cas), légitimer les actions de l'opposition (19 cas), généraliser des intérêts privés (1 cas), rejeter la faute sur le gouvernement (1 cas).

Stratégies les plus fréquentes dans la presse écrite : illégitimer les actions du gouvernement (39 cas), légitimer les actions de l’opposition (19 cas), généraliser des intérêts privés (1 cas), rejeter la faute sur le gouvernement (1 cas).

Quand la télévision parle de ¨crise¨…

Pour leur part les télévisions Venevisión, Televen et Globovisión n’ont consacré que 33 minutes de couverture à Nicolás Maduro et ont employé 97% de termes négatifs contre lui.

Venevisión, Televen et Globovisión n’ont consacré que 33 minutes de couverture à Nicolás Maduro et ont employé 97% de termes négatifs contre lui.

Venevisión, Televen et Globovisión ont employé 97% de termes négatifs contre Nicolas Maduro.

 

Cependant le président de la Fédération Nationale d’Éleveurs (Fedenaga), Rubén Darío Barboza, est apparu durant 23 minutes pour parler en termes négatifs du secteur productif et pour conseiller une hausse du prix du lait à 25 bolívars le litre et la viande à 35 bolívars aux éleveurs "parce que la monnaie s’est dévaluée”. Il a justifié la contrebande vers la Colombie avec l’argument connu : “Les producteurs ne peuvent travailler à perte et il existe une offre et une pression économique très grande qui se génère depuis la Colombie. Les commerçants colombiens achètent tout ce qu’ils trouvent parce que tout est trop bon marché en fonction de leur taux de change".

Les thématiques et temps d'antenne par ordre décroissant : crise nationale (49%), persécution politique (9%), abdication du roi d'Espagne (8%), dialogue national (7%), insécurité et faits divers (7%), coup d'État ou magnicide (5%). relancement des missions sociales (4%), critique de la gestion gouvernementale (4%), offensive économique gouvernementale (4%), corruption (3%).

Les thématiques et leurs temps d’antenne par ordre décroissant : crise nationale (49%), persécution politique (9%), abdication du roi d’Espagne (8%), dialogue national (7%), insécurité et faits divers (7%), coup d’État ou magnicide (5%). relance des missions sociales (4%), critique de la gestion gouvernementale (4%), offensive économique gouvernementale (4%), corruption (3%).


Les 49% des espaces télévisés ont été consacrés à parler d’une “crise nationale”. Pour la télévision privée il y a une ¨crise¨ qui n’est pas seulement économique mais politique, d’approvisionnement, de santé, de combustible, de construction, de services publics, de lignes aériennes, et même touristique. Dans différents articles certains leaders d’opinion se référaient à Nicolás Maduro comme “président” uniquement parce que le mandataire "aime qu’on l’appelle ainsi".

Le relais international et quelques éléments de réponse…

Les médias privés, nationaux et internationaux (CNN, El País, Le Monde, etc..) reprennent cette matrice locale et s’appuient sur des sources liées à leurs intérêts pour faire croire que le Venezuela est au bord de la banqueroute économique à cause du modèle politique proposé par le gouvernement bolivarien depuis ses débuts. Les ¨experts¨ n’évoquent jamais l’existence d’une ¨guerre économique¨ ni la volonté de rupture du modèle socialiste, communal, éco-socialiste et participatif qui caractérise l’expérience bolivarienne.

A titre d’exemple, les médias privés cherchent à projeter l’image d’un pays endetté, insolvable, ¨à risques¨. En fait, l’imminent “défaut de paiement” que les économistes annoncent depuis le début de la révolution bolivarienne ne repose sur aucune base. Même dans les moments les plus difficiles de la gestion de Hugo Chávez, quand les marchés internationaux l’obligeaient à payer des bons très élevés à cause de la "peur" et de l’"insécurité" que généraient ses mesures révolutionnaires, le Venezuela n’a jamais cessé d’honorer ses paiements. Pas plus lors de la crise de 2012-2013, à la suite du décès du président et des conflits qui entourèrent les premiers jours du gouvernement Maduro, lorsque les investisseurs décidèrent de vendre massivement leurs positions, ce qui généra un effondrement des prix. Il n’y aura pas de "default" aujourd’hui à moins le gouvernement ne subisse un effondrement du marché pétrolier, hypothèse hautement improbable.

Le chiffre d’affaires pétrolier est absolument stable, tant du point de vue du prix du brut que des niveaux de commercialisation. Le prix moyen annuel du baril de pétrole est de 98,56 dollars avec une exportation estimée à 2,2 millions de barils de brut et de dérivés. Comme on le sait les réserves prouvées de 298 milliards de barils font du Venezuela le leader planétaire en la matière. Même la droite répète constamment que sous ce gouvernement "les revenus pétroliers ont été les plus élevés de notre histoire". Il en est de même pour le revenu produit par les impôts, produit de l’activité économique et d’un contrôle plus strict des déclarations.

Le problème pour les médias privés est que 64% de ces revenus sont consacrés aux programmes d’éducation, de santé, de sport, de sécurité sociale, d’alimentation et ne vont plus remplir les comptes bancaires d’une élite. Le Venezuela mantient les accords et les prêts accordés à travers le programme Petrocaribe (malgré une légère baisse lors des neuf premiers mois de 2013 pour atteindre une plus grand stabilité) auquel vient d’adhérer le Salvador. Le gouvernement vénézuélien vient de recevoir l’appui de Rosneft, le géant russe, pour moderniser l’activité pétrolière.

La fuite de dollars à travers les fraudes de CADIVI a été pratiquement stoppée et le Venezuela est en voie d’équilibrer la dépendance des importations à travers la stimulation de la production interne.

Pour créer des situations de panique, les chiffres de "pénurie" dans le pays sont largement surestimés, la plupart des commerces privés et publics continuent à offrir la gamme quasi complète des produits. Paradoxalement les pénuries peuvent être en partie provoquées par des campagnes médiatiques qui poussent les consommateurs au surachat de tel ou tel article au motif qu’il va disparaître. Il faut prendre en compte la grande quantité de produits revendus dans le secteur informel, voire par des circuits mafieux. En tout état de cause le dernier rapport de la Banque Centrale montre que les 20 aliments de base dont le lait écrémé, les compotes, la farine de maïs pré-cuite enregistrent une pénurie de près de 30%, un chiffre moindre que celui des mois antérieurs, grâce à diverses mesures liées aux importations, la remise de dollars à travers le CenCoEx à certaines entreprises et les légères augmentations officielles de prix sur des produits contrôlés, pour réduire certains déphasages avec le coût de production.

Bien que l’inflation accumulée sur les 5 premiers mois de 2014 est de 23%, certains médias continuent à parler de ¨60 %¨ ou ¨80 %¨ d’inflation.

Enfin, les statistiques de la Banque Centrale indiquent que les réserves internationales du Venezuela sont au 9 juin de 22, 536 milliards de dollars, soit une augmentation de 9 % en un mois. Cette augmentation de l’effectif permet d’accélérer la remise de dollars au secteur privé pour ses transactions à l’extérieur.

 

Sources : AVN, Ciudad CCS et Misión Verdad : http://misionverdad.com/matrices/en-los-medios-el-personaje-la-crisis-le-gano-a-leopoldo-lopez et http://misionverdad.com/la-guerra-en-venezuela/el-falso-colapso-economico-y-la-realidad-que-nos-ocultan

Traduction : Thierry Deronne

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 08:34

19 juin : Des intermittents du spectacle ont manifesté avec les cheminots à Sotteville-lès-Rouen à l'hôtel de ville.

 

intermittents-3

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 08:28

 

Lu un article dans Libé, il y a déjà une dizaine de jours.

Titre : " Et si le FN était plus à gauche que François Hollande ?", signé de Luc le Vaillant. Si le journal s'était posé ce genre de (bonnes) questions plus tôt, il vendrait probablement quelques exemplaires de plus...

Le coeur de l'article :

"Le FN fait aussi sa pelote parce qu’il a agrégé, à ses névroses sécuritaires, des propositions solidaires et protectrices que la gauche de gouvernement a jetées avec l’eau du bain européen. [...] En face, la gauche se vend pour des queues de cerise à la concurrence libre et non faussée.

En face, Hollande se convertit à l’austérité bancaire au lieu d’imposer la remise des dettes souveraines à ces créanciers que les nations ont sauvés en 2008. En face, l’Europe des bons pères, démo-chrétiens et sociaux-libéraux mêlés, ouvre le continent à tous les vents du dumping fiscal et social."

Depuis ce papier, Laurence Boone est à l'Elysée, et Toubon est défenseur des droits.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 08:24

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes.

 

 

So, So, So, Solid

 


Publié le 16 Juin 2014

 

Solidarité !

 

cela fait toujours chaud au coeur .

So, So, So, Solid

Maintenant camarades, et si nous mutualisions les colères et revendications pour y aller tous ensemble ? 

Tous ensemble.

Oui ? oui !

Bon sang de bon sang qu'il est encore loin ce 26 

loin, très loin.

trop loin.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 08:14
LU sur Russeurope
Scandale au Bac ES
19 juin 2014

 

Le Bac est, cette semaine, le sujet à la mode. Il revient ainsi tous les ans, avec ses polémiques (faut-il supprimer le Bac ?), avec ses scandales, réels ou imaginaires. Il y a une bonne raison à cela. Premier examen universitaire (et c’est pour cela qu’un professeur des universités préside le jury), il conditionne pour de nombreux jeunes la possibilité d’avoir accès aux études supérieures. L’idée de faire passer le Bac par contrôle continu aurait probablement pour conséquence de conduire les universités à instaurer des concours d’entrée, puis à créer leurs propres filières de préparation à ces concours d’entrée, ouvrant par là même la porte à des abus multiples.

Le formatage par le MEDEF commence au Bac !

On trouve donc de tout dans les sujets du Bac ; parfois des « perles » et même de la propagande. C’est le cas pour les sujets de 2014 dans l’épreuve de sciences économiques et sociales pour la section ES (Sujets: BAC-ES2014). Cette propagande peut être grossière, comme c’est le cas pour les (malheureux) élèves qui auront choisi l’épreuve composée. La première question de cette dernière (valant 6 points) se compose de deux sous-questions :

  1. Comment la flexibilité du marché du travail peut-elle réduire le chômage ?
  2. À quels risques économiques peuvent s’exposer les pays qui mènent une politique protectionniste ?

On ne saurait imaginer choix plus tendancieux, et plus erroné du point de vue de la science économique.

Commençons par la première sous-question ; il est ainsi implicitement suggéré à l’élève que la « rigidité » du marché du travail peut-être une cause du chômage. Or, ce que l’on appelle la « rigidité » ce sont des contrats de travail assurant une stabilité et une protection au salarié. Poussons alors le raisonnement à l’absurde : si la flexibilité du travail permet de réduire le chômage, il nous faut revenir à des contrats journaliers ou hebdomadaires, comme aux premiers jours de la révolution industrielle. Il n’y avait rien de plus flexible que le marché du travail au début du XIXème siècle. Pourtant, comme c’est étrange, tous les commentateurs de l’époque s’entendent pour dire qu’il régnait alors un chômage important… Par ailleurs, si une personne n’a aucune garantie quant à son lendemain, si elle vit dans une insécurité permanente, aura-t-elle la moindre incitation pour s’instruire et développer sa force de travail ? On oublie trop que l’extrême flexibilité du travail a pour corolaire une productivité extrêmement faible. Inversement, ce sont les industries qui avaient besoin d’un travail qualifié (comme Krupp en Allemagne ou Schneider en France) qui ont, les premières, instauré des mécanismes rigidifiant le marché du travail afin de stabiliser une main d’œuvre avec des caractéristiques spécifiques. En réalité, la segmentation du marché du travail est issue du développement même du capitalisme. Les gains très importants en productivité du travail que l’on a connu depuis plus de 100 ans dans l’industrie sont le résultat de ces stabilités qui sont aussi, pour ceux qui les combattent, autant de « rigidités ». Or, ces gains permettent des hausses régulières du salaire réel, qui assurent ainsi les débouchés (la consommation) à la production, et contribuent par là à la baisse du chômage. Il faut ici rappeler que l’introduction du SMIG puis du SMIC a fortement contribué à une croissance rapide dans les années 1960.

Quant à la seconde question, elle passe sous silence le fait qu’il n’y a pas eu un seul pays qui ait réussi à s’industrialiser et à se développer économiquement sans recourir à des méthodes protectionnistes. De la France au Japon, des États-Unis à l’Allemagne, tous les pays ont eu recours au protectionnisme, et ceci a correspondu à leurs périodes de croissance les plus importantes. Dans un papier célèbre[1], le regretté Paul Bairoch et Richard Kozul-Wright ont montré le rôle largement positif des réglementations protectionnistes. ... Lire la suite en cliquant ici ou sur Jacques Sapir.


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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 08:45

18 Juin : plus de 200 cheminots se sont rassemblés devant le Conseil régional.

 

L’UD CGT 76 organise en accord avec la CGT-Cheminots, un rassemblement devant la raffinerie de Petit Couronne  :

Jeudi 19 juin, 12h, autour d’un barbecue de lutte et de solidarité.
Rassemblement départemental interprofessionnel

En effet, ce jour là, il est organisé une initiative devant la raffinerie, jour où Bollore devait reprendre la raffinerie, pour la transformer en dépôt de produits raffinés.
La cour d’appel de Rouen devra se prononcer, le 3 juillet, sur la validité du projet TERRAE, qui permettrait la poursuite du raffinage à Petit Couronne, mais également de la poursuite du raffinage en France et en Seine Maritime. Pour la CGT, il est hors de question que BOLLORE prenne possession du site de Petit Couronne, pour le transformer en friche industrielle.
Elle appelle à être nombreux demain, à soutenir la lutte de Petroplus et la lutte des cheminots.

 

 

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 08:37
DÉCLARATION DU 29 MAI 2014 DU CNR-RUE (9e anniversaire du Non français au Traité Constitutionnel Européen) Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne.

Texte diffusé par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

 

Le 18 juin 2014.

Après le refus de vote massif du peuple à l’élection européenne, poursuivons et amplifions le mouvement de résistance populaire à l’Union européenne et à l’euro !

 

 

Les Français ont de la mémoire : ils n’ont pas oublié que leur NON de 2005 a été trahi. Et bien que les puissants veuillent les bâillonner, ils se rebellent à nouveau.

 

En boycottant l’élection européenne par une abstention massive, le peuple français a parlé. Il a exprimé son rejet du carcan de l’Union européenne. Déjà fortement discrédité, le système supranational européen n’est pas parvenu à masquer la nature de l’élection de son « parlement » : sa mascarade électorale ne lui a même pas permis de sauver les apparences ! Le premier parti de France est donc sans nul doute celui des abstentionnistes, c’est-à-dire la majorité du peuple qui refuse de remettre à l’U.E. son pouvoir souverain. A contrario des discours martelés par les éditorialistes et par les partis pro-européens, cette abstention majoritaire n’est en aucune manière une preuve de désintérêt ou de passivité des citoyens. Elle est au contraire un acte hautement politique de désaveu du système de Bruxelles et des forces politiques françaises qui se sont prêtées à ce simulacre électoral.

 

 

Le Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE), qui rassemble des personnalités politiques, syndicales, ou sans appartenance, et les comités départementaux qui ont été créés ont joué un rôle actif dans ce succès par la campagne de boycott citoyen qu’ils ont menée. Le boycott, en effet, était la seule attitude légitime et républicaine pour ces élections européennes.

 

Désormais, le temps est venu de redonner espoir à cette majorité de Français qui a exprimé son rejet du système et sa souffrance sociale, en rassemblant les classes populaires et les classes moyennes dans un projet de libération nationale et d’émancipation sociale pour résoudre la crise et sortir de l’Union européenne et de l’euro. Le temps est venu de construire un large mouvement de Résistance populaire, patriote et progressiste sur tous les terrains des luttes sociales et civiques et dans les urnes.

 

 

Aux malmenés, aux laissés pour compte, aux jeunes, aux chômeurs, aux précaires, aux travailleurs pressurés, aux retraités paupérisés, aux habitants des quartiers et des zones urbaines ou rurales abandonnées, nous disons : il est temps de rompre l’isolement dans lequel le néolibéralisme veut nous enfermer. Ensemble, agissons pour résister, et construire de nouveaux Jours heureux.

 

SOURCE

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 08:35

TEXTE REPRIS SUR
LE BLOG DE DIABLO

 

accident-train-GB.jpg

 

Le mouvement de grève des cheminots, contre la « réforme ferroviaire » suscite une vague de désinformation sur les ondes, dans nos écrans, à la une de nos journaux.

Nous republions ici un article originairement publié en juin 2013 sur les conséquences catastrophiques de la privatisation du rail entamée au début des années 1990 en Grande-Bretagne.

Eclairant pour comprendre le bien-fondé de la lutte de nos camarades cheminots, les implications ultimes de cette « réforme ferroviaire » qui vise au démantèlement de la SNCF publique.

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

« The great train robbery : les conséquences économiques et politiques de la privatisation du rail » : voilà le titre du rapport réalisé par le Centre de recherche sur le changement socio-culturel de Manchester, commandité par le Congrès des syndicats britanniques (TUC).

 

Le rapport a fait la une de la presse britannique. Il est dans notre intérêt en France, au moment où le gouvernement socialiste prépare une « réforme ferroviaire » qui irait dans le sens de la mise en concurrence, d'apprendre les leçons de la privatisation britannique.

Tout d'abord, rappelons que la privatisation du rail avait été préparé dans les années 1980, sous Thatcher, avec l'éclatement de l'unicité du British Rail en entités autonomes par secteurs géographiques (Network SouthEast) ou secteur d'activité (fret).

En application de la directive européenne 91/440, la Grande-Bretagne divise en 1993 gestion du réseau confiée à RailTrack, et exploitants mis en concurrence, à l'origine une vingtaine d'entités publiques sectorisées.

En 1996, avant les élections législatives, le Parti conservateur privatise l'ensemble des opérateurs, gestionnaires du réseau, fret comme exploitants voyageurs.

Reniant ses promesses, le gouvernement de Tony Blair va achever la privatisation de ce qu'il restait à vendre … avant de re-nationaliser le gestionnaire du réseau car c'est un poste structurellement déficitaire et donc non-rentable. Il faut bien socialiser les pertes !

Vingt ans après, le bilan de la libéralisation-privatisation du rail est édifiant, un véritable « pillage » des usagers et des fonds publics, siphonnés par une poignée de monopoles privés. Reprenons l'argumentaire des privatiseurs, point par point :

 

  1. Les tarifs les plus élevés au monde : l'argument de la « baisse des tarifs » ne tient pas en Grande-Bretagne. Les tarifs du rail sont désormais, en moyenne, deux fois plus élevés qu'en France, dans le secteur nationalisé. Depuis 1996, l'augmentation des tarifs du train a été trois fois supérieure à celle de l'augmentation moyenne des salaires. La Grande-Bretagne dispose des tarifs les plus élevés du monde : une conséquence de la privatisation ;

 

  1. Des trains qui arrivent de moins en moins à l'heure : les trains qui n'arrivent pas à l'heure, c'est aussi cela l'efficacité du privé. Un train sur six circule avec plus de 10 minutes de retard en Grande-Bretagne (15%), contre un train sur dix en France (10%). La faute est rejetée sur « Network Rail », le gestionnaire du réseau, condamné ainsi à une amende de 90 millions d'euros la semaine dernière ;

     

  2. Un matériel roulant de plus en plus vieux : la modernisation conséquence de la privatisation, rien n'est plus faux. Depuis la privatisation, l'âge moyen du matériel roulant a augmenté, il était de 16 ans en 1996, il est de 18 ans aujourd'hui. L'investissement dans le renouvellement du matériel roulant a chuté de moitié entre 1993 et 2013 ;

     

  3. Un système excessivement coûteux : comme pour la Santé ou l'Education, contrairement aux idées reçues, le rail public coûte excessivement moins cher que le rail privé. Déjà le rapport McNulty publié en 2011 rappelait que les coûts du système fragmenté britannique étaient 40% supérieurs à ceux du système nationalisé français ;

     

  4. L'ouverture à la concurrence … c'est la domination des monopoles étrangers !: dans un secteur où un seul réseau existe, la « libre concurrence » est encore plus qu'ailleurs un leurre. De fait, le système privatisé britannique a conduit rapidement à l'émergence de monopoles nationaux, comme le britannique FirstGroup qui contrôle 7 des 23 « opérateurs privés » et surtout à la main basse des grands monopoles européens : l'Allemand Deutsche Bahn, l'Hollandais NS et enfin la SNCF (via Keolis) ont pris possession de 11 des 23 opérateurs du chemin de fer britannique. Quatre entreprises contrôlent donc 80% du rail britannique !

     

  5. Des investissements publics et une dette publique ! : la privatisation n'a pas conduit à la baisse des investissements publics mais au contraire à leur augmentation : 6 milliards d'euros de subventions par an pour financer les projets d'infrastructures, c'est deux fois plus qu'avant la privatisation. Ces projets d'infrastructures plombent les comptes du « Network Rail », sciemment re-nationalisée en 2001 : le gestionnaire public accumule désormais une dette de 40 milliards d'euros ;

     

  6. Mais des profits privés !: Si les pertes sont socialisées, les profits, eux, sont bien privatisés : en 2012, la seule Deutsche Bahn a réalisé 1 milliard d'euros de profit sur le réseau anglais. Les opérateurs privés bénéficient des investissements publics dans le réseau puisque 90% des profits sont ensuite directement reversés aux actionnaires. En outre, le gestionnaire public du réseau, malgré son endettement, continue à pratiquer des tarifs préférentiels pour l'usage du réseau : les droits de péage ont baissé de moitié depuis dix ans ;

 

La libéralisation puis la privatisation du rail, suivant les directives européennes mais en fonction d'un choix délibéré du grand capital britannique : un désastre patent pour les usagers, les contribuables et les travailleurs mais une opportunité pour les monopoles.

 

Un désastre qui a coûté la vie à plusieurs centaines d'usagers et de travailleurs britanniques, il suffit de se rappeler de la catastrophe de Landgrove-Broke qui a coûté la vie à 31 usagers et blessé 500 autres : les opérateurs privés ne voulaient pas à l'époque investir dans des dispositifs de sécurité.

 

Le désastre est tel que certaines fractions du capital britannique commencent désormais à reconsidérer l' (in-)efficacité d'un système ferroviaire privatisé : le Parti travailliste se déchire désormais sur la re-nationalisation potentielle du rail.

 

Dans le même temps, les syndicats du rail défendent ardemment la nationalisation du rail. Certains liés aux calculs d'une fraction du camp travailliste. D'autres, comme le syndicat de classe RMT, dans une perspective véritable de refondation d'un service public national.

 

Pour nous français, ces débats nous ramènent un siècle en arrière, avant la nationalisation de la SNCF : la défense du monopole public est plus que jamais une nécessité! 

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 08:32

GREVE-SNCF-18juin2014-copie-1

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