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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 23:09
Moscou, Munich et Minsk

 

Le processus de négociations sur l’Ukraine, dont la visite à Moscou de Mme Merkel et de M. François Hollande le 6 février a été un épisode, est clairement appelé à continuer. Ces deux dirigeants ont prévu de se rencontrer, le mercredi 11 février, à Minsk avec le Président Poutine et le Président de l’Ukraine, M. Poroshenko[1]. Les responsables des Républiques de Donetsk et de Lougansk seront aussi de la partie. On peut donc s’attendre à une négociation enfin sérieuse. Mais que la route est longue qui va de Moscou à Munich et de Munich à Minsk. Cette route nous renvoie aux pires moments de la Guerre Froide, que l’on croyait défunte.

Un parfum de guerre froide ?

Car c’est dans une situation très dégradée que cette négociation va s’engager. Pourtant, il est bon qu’elle s’engage. L’urgence humanitaire dans le Donbass l’exige, et la situation désespérée des troupes de Kiev l’impose. Mais, rien ne dit qu’elle aboutisse. Pour cela, il faudra que le Président Poroshenko fasse des concessions substantielles, qui pourraient le mettre en difficulté dès son retour à Kiev. Et rien ne dit qu’il soit de l’intérêt des Etats-Unis que les combats s’arrêtent.

Le Président François Hollande a dit, samedi 7 février à Tulle, une chose juste : la seule alternative serait la guerre, ou plus exactement la poursuite de cette guerre civile que Kiev camoufle sous le nom « d’Opération Anti-Terroristes ». On ne peut qu’adhérer à ce constat. Le sommet sur la sécurité, qui s’est tenu lui aussi le samedi 7 février à Munich, a cependant bien montré à quel point nous en sommes arrivés. Très clairement, une partie des journalistes américains et britanniques présents ont tout cherché pour ressusciter un climat de guerre froide. Dans une atmosphère délétère, faite d’accusations insensées, on a plus cherché à mettre la Russie en accusation qu’à avancer vers un accord. Le « show » pathétique du Président ukrainien, M. Poroshenko, agitant des « passeports » russes, a participé de cette atmosphère délétère. Pourtant, dans son allocution, le Ministre Russe des Affaires Etrangères, M. Sergueï Lavrov, a dit des choses importantes, qu’il faut écouter et surtout entendre, même si l’on ne partage pas son point de vue[2].

Autisme occidental.

Un des points qui ressort de cette conférence est l’autisme des dirigeants occidentaux au discours tenus par les responsables russes depuis 2007. La presse occidentale peut évoquer un soi-disant autisme de Vladimir Poutine[3]. On sait bien qui, en réalité, se refuse à entendre l’autre. Vladimir Poutine s’est exprimé avec constance sur la désintégration du cadre de sécurité résultant de la politique américaine, telle qu’elle était menée depuis 1995-1996. Jamais on a pris ces propos au sérieux. La crise actuelle en résulte dans une large mesure.

La vision politique de l'environnement international du XXIème siècle qui caractérise Vladimir Poutine et ses conseillers est nettement plus pessimiste que celle de ses prédécesseurs[4]. Elle tire le bilan de l’intervention de l’OTAN au Kosovo et de l’intervention américaine en Irak en 2003[5]. Si l’on reprend son discours de Munich, prononcé le 10 février 2007, et qui est un document fondateur de la politique étrangère russe, on remarque qu’il y fait le constat suivant :

« Le monde unipolaire proposé après la guerre froide ne s'est pas non plus réalisé. Certes, l'histoire de l'humanité a connu des périodes d'unipolarité et d'aspiration à la domination mondiale. L'histoire de l'humanité en a vu de toutes sortes. Qu'est ce qu'un monde unipolaire? Malgré toutes les tentatives d'embellir ce terme, il ne signifie en pratique qu'une seule chose: c'est un seul centre de pouvoir, un seul centre de force et un seul centre de décision. C'est le monde d'un unique maître, d'un unique souverain. En fin de compte, cela est fatal à tous ceux qui se trouvent au sein de ce système aussi bien qu'au souverain lui-même, qui se détruira de l'intérieur.

  Bien entendu, cela n'a rien à voir avec la démocratie, car la démocratie, c'est, comme on le sait, le pouvoir de la majorité qui prend en considération les intérêts et les opinions de la minorité. A propos, on donne constamment des leçons de démocratie à la Russie. Mais ceux qui le font ne veulent pas, on ne sait pourquoi, eux-mêmes apprendre. J'estime que le modèle unipolaire n'est pas seulement inadmissible pour le monde contemporain, mais qu'il est même tout à fait impossible. Non seulement parce que, dans les conditions d'un leader unique, le monde contemporain (je tiens à le souligner: contemporain) manquera de ressources militaro-politiques et économiques. Mais, et c'est encore plus important, ce modèle est inefficace, car il ne peut en aucun cas reposer sur la base morale et éthique de la civilisation contemporaine »[6].

Ce pessimisme incite donc le pouvoir russe à prendre ses précautions et à se prémunir contre ce qu’il appelle « l’aventurisme » des Etats-Unis. Cela le conduit aussi à souhaiter une réhabilitation rapide des capacités technologiques et industrielles du secteur des industries à fort contenu technologique et de l'armement. En fait, de là date la priorité dont bénéficient ces secteurs. La politique économique devient alors pour une part déterminée par l’analyse de la situation internationale. Comme pour la Chine on peut constater ici aussi que les décisions économiques sont dictées par une analyse politique. En Russie aussi, depuis 2000, la politique est au poste de commandes. Il faudra bien un jour se résoudre à l’admettre.

L’urgence d’un réel cessez-le-feu.

Mais, pour l’instant, les esprits sont focalisés sur la négociation en cours. Il faut donc en comprendre les blocages, qu’ils soient immédiats ou de plus long terme. Le premier porte sur les conditions d’un cessez-le-feu dont l’urgence s’impose. L’idée de revenir aux accords de Minsk, si elle peut se comprendre d’un strict point de vue diplomatique, est absurde sur le terrain. Ces accords n’ont jamais été appliqués et ne pouvaient l’être. Les positions des forces insurgées comme celles de l’armée de Kiev étaient trop imbriquées pour qu’il puisse en résulter un cessez-le-feu vérifiable. Les déclarations du Président Poroshenko à ce sujet cachent mal sa volonté de voir effacer sur la table de négociations la défaite militaire que ses forces ont subie. Il ne peut en être ainsi.

Aujourd’hui, avec l’élimination progressive des « poches » contrôlées par l’armée de Kiev, un cessez-le-feu sur la ligne actuelle des combats est beaucoup plus logique. Il faut ici dire cette triste vérité. Il aura fallu une nouvelle défaite militaire des forces de Kiev pour rendre peut-être possible un cessez-le-feu. Telle était la constatation que je faisais il y a déjà plusieurs jours[7].

Kiev ne peut plus aujourd’hui se masquer la réalité : il n’y aura pas d’issue militaire dans ce conflit, point qu’a d’ailleurs rappelé la Chancelière Angela Merkel à Munich. Il est donc urgent que des négociations s’ouvrent entre Kiev et les insurgés, et que ces négociations soient garanties tant par l’Union Européenne, la Russie que les Etats-Unis. A cet égard, vouloir inclure la Russie et non les insurgés n’a aucun sens. C’est faire fi de l’indépendance acquise par les gens de Donetsk et de Lougansk. C’est ne pas comprendre que Poutine ne peut exercer une pression trop forte sur eux, sous peine de se voir rejeté par une large majorité de la société russe qui soutient les insurgés.

Les conditions de la viabilité d’un cessez-le-feu

Mais, un cessez-le-feu ne vaut que s’il est respecté, et en particulier si cessent les bombardements meurtriers sur les civils dont les forces de Kiev se rendent coupables. Il faut ici redire que le comportement sur le terrain de certaines des forces de Kiev relève du crime de guerre. Ces bombardements ont été trop systématiques pour qu’il s’agisse d’erreurs de tir. Rappelons que les forces de Kiev utilisent des bombes et des obus au phosphore, des bombes à fragmentation[8], pour des attaques contre la population civile. Des missiles tactiques de type « OTR-21 Totchka-U » ont même été utilisés[9]. C’est dire l’urgence qu’il y a à aboutir à un cessez-le-feu qui soit réellement respecté.

Pour cela, il faut impérativement une force d’interposition. Cette force sera chargée de vérifier qu’il n’y a aucune arme lourde d’un côté et de l’autre à une distance de plusieurs dizaines de kilomètres de la ligne de cessez-le-feu. Cette force ne peut à l’évidence inclure ni l’armée de Kiev, ni aucun des pays de l’OTAN, car cette organisation est désormais partie prenante du conflit, ni la Russie.

Cela fait près de 6 mois que je dis et j’écris que seule une force de Casques Bleus des Nations Unies peut avoir l’autorité pour imposer un cessez-le-feu[10]. Il faudra bien un jour en convenir. On peut imaginer quelle en serait la composition, sans doute des pays des BRICS, mais ayant de bonnes relations avec les Etats-Unis. Cela désigne deux pays : l’Inde et la République d’Afrique du Sud. On doit donc faire pression sur les Etats-Unis et sur le gouvernement de Kiev pour qu’ils acceptent une telle solution. Aujourd’hui, seule l’organisation des Nations Unies a la légitimité pour imposer une solution mettant fin au conflit armé. Le plus vite cela sera reconnu le mieux cela vaudra pour tout le monde. C’est aussi l’une des leçons que l’on peut tirer des dix dernières années. A chaque fois que les Etats-Unis ont imposé que l’on contourne les Nations-Unies, des désastres sont survenus. Il faut, ici encore, se souvenir des termes utilisés en 2007 par le Président Poutine à Munich :

« Quel en est le résultat [ d’une action hors du cadre des Nations Unies]? Les actions unilatérales, souvent illégitimes, n'ont réglé aucun problème. Bien plus, elles ont entraîné de nouvelles tragédies humaines et de nouveaux foyers de tension. Jugez par vous-mêmes: les guerres, les conflits locaux et régionaux n'ont pas diminué. (…)Nous sommes témoins d'un mépris de plus en plus grand des principes fondamentaux du droit international. Bien plus, certaines normes et, en fait, presque tout le système du droit d'un seul Etat, avant tout, bien entendu, des Etats-Unis, a débordé de ses frontières nationales dans tous les domaines: dans l'économie, la politique et dans la sphère humanitaire, et est imposé à d'autres Etats. A qui cela peut-il convenir? »[11].

Quelles solutions politiques ?

Il faudra, ensuite mais ensuite seulement, aborder l’épineuse question de l’issue politique de cette crise. La solution d’un fédéralisme « simple », qui eut été possible en mars ou bien en avril 2014 est aujourd’hui morte. La violence des forces de Kiev et les milliers de morts de Donetsk et Lougansk l’ont rendue impossible. Il faut ici méditer sur ce fait : ce qui aurait été possible au début du conflit, sans l’usage disproportionné de la violence dont les forces de Kiev se sont rendues coupable ne l’est plus désormais. On peut alors penser à une solution du type de celle qui a été adoptée en Irak pour les régions kurdes : une république autonome dans le cadre de l’Ukraine. Cette solution, même si elle ne correspond pas à ce que souhaitent les dirigeants de Donetsk ou de Lougansk, est bien meilleure qu’une « indépendance » sans reconnaissance internationale. Mais il faut aussi penser au statut de l’Ukraine elle-même.

Là, nous avons une contradiction entre le principe de souveraineté, que nul ne veut remettre en cause, et la réalité géopolitique. On comprend qu’une Ukraine militairement hostile à la Russie est une menace directe pour cette dernière. Mais, l’Ukraine ne peut fonctionner économiquement sans la Russie. Et là se trouve sans doute la solution. L’Ukraine doit volontairement accepter un statut de neutralité, que ce soit par rapport à une alliance militaire (comme l’OTAN) ou dans des relations économiques (tant par rapport à l’UE qu’à l’Union Eurasienne). Cette décision doit alors s’accompagner de la déclaration par la Russie du renouvellement des contrats gaziers et pétroliers ainsi que de celle des Etats-Unis s’engageant à ne pas conclure une quelconque alliance militaire avec l’Ukraine. Il est donc essentiel d’impliquer directement les Etats-Unis dans cet accord. On peut comprendre que la Russie ne se contente pas de l’engagement de l’Allemagne et de la France à ne pas admettre l’Ukraine dans l’OTAN. Cet engagement pourrait être tourné par un traité bilatéral entre l’Ukraine et les Etats-Unis.

Quel futur pour l’OTAN ?

Enfin, cela pose la question des institutions de sécurité en Europe. Très clairement l’OTAN, qui n’a su ni voulu s’adapter à la nouvelle configuration géostratégique datant de la fin de l’URSS a donné ses preuves de nocivité. Cette organisation, datant de 1949, avait à sa fondation trois objectifs : garantir les pays membres contre une agression soviétique, garantir ces mêmes pays contre une résurgence du militarisme allemand, et garantir la présence en Europe des Etats-Unis. Ces trois raisons sont à l’évidence caduques. Cette organisation doit donc soit évoluer, et admettre la Russie en son sein, soit disparaître, et être remplacée par une nouvelle organisation de sécurité cette fois réellement européenne.

 


[2] RT : « Lavrov: US escalated Ukraine crisis at every stage, blamed Russia », 7 février 2015, http://rt.com/news/230219-lavrov-munich-speech-ukraine/

[3] Viallèle A., « Vladimir Poutine serait autiste Asperger ? Ne jouons pas avec des diagnostics hasardeux », L’Obs, 6 février 2015, http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1320249-vladimir-poutine-serait-autiste-asperger-ne-jouons-pas-avec-des-diagnostics-hasardeux.html

[4] Voir la déclaration du président Russe lors de la conférence sur la sécurité qui s’est tenue à Munich le 10 février 2007 et dont le texte a été traduit dans La Lettre Sentinel, n°43, mars 2007.

[5] Points que j’ai développés dans Sapir J., Le Nouveau XXIème Siècle, Le Seuil, Paris, 2008.

[6] Voir, La Lettre Sentinel, n°43, mars 2007.

[7] Sapir J., « Nouvelles du Donbass », note publiée sur Russeurope, le 2 février 2015, http://russeurope.hypotheses.org/3381

[10] Sapir J., « Ukraine : Cease-Fire ? », note publiée sur Russeurope, le 3 septembre 2014, http://russeurope.hypotheses.org/2770

[11] Voir, La Lettre Sentinel, n°43, mars 2007.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 17:34

Mouvement pour un socialisme du 21e siècle

La Grèce, berceau de la démocratie, nous donne une leçon de démocratie.

La Grèce, berceau de la démocratie, nous donne une leçon de démocratie.
Le MS21 félicite Syriza pour sa victoire le 25 janvier dernier et souhaite la réussite du gouvernement qu’elle a formé dans l’application de son programme.
La Grèce est le berceau de notre démocratie. Et elle nous donne actuellement une leçon de démocratie :
La base du programme de Syriza est de défendre les intérêts du peuple et principalement de restaurer les droits des plus pauvres. Un tel programme qui fait passer les intérêts du peuple avant celui des financiers est déjà un progrès pour la démocratie.
Le gouvernement formé par Syriza, même s’il espère négocier avec l’Union européenne, annonce que sa politique sera décidée en Grèce et pour les Grecs, il refuse la soumission aux injonctions de la troïka (FMI, BCE et commission européenne) ; il met en avant la souveraineté du peuple grec, ce qui est un rappel que tout peuple de l’Union européenne reste souverain.
Un des premiers gestes de ce gouvernement a été de se désolidariser de l’attitude de l’Union européenne sur le conflit en Ukraine. Il a dénoncé la condamnation de la Russie, prise par l’Union européenne sans l’accord de tous les États. Sur ce point-là aussi, le gouvernement formé par Syriza, demande que les droits des nations soient respectés à l’intérieur de l’Union européenne.
Par ces trois points, la Grèce nous montre un chemin pour nous réapproprier la démocratie.
Certains commentateurs de la gauche de gauche française reprochent à Syriza de s’être alliée avec le parti de droite souverainiste ANEL, oubliant qu’en France, le programme du Conseil National de la Résistance de 1943 avait été négocié avec des organisations de droite et que sa réalisation a permis la plus grande avancée sociale qu’a connue notre pays. Malgré les multiples offensives patronales depuis 70 ans, tous ses effets n’ont pas encore été abolis. Précisons que le parti ANEL est opposé aux mesures d’austérité et défend la souveraineté nationale de la Grèce.
Depuis quatre ans, la troïka affirme que la Grèce doit réduire son train de vie pour payer ses dettes. Le PIB a baissé de 25 %, les pensions de 40 % tandis que la dette représente maintenant 175 % du PIB alors qu’elle n’en représentait que 110 % en 2007. Même sur le plan comptable, la politique d’austérité signe son échec. Il est en fait impossible que la Grèce rembourse ses dettes. Les médias prétendent que si la Grèce fait défaut les Français devraient payer, elles nous annoncent des chiffres très variables, souvent absurdes, mais elles oublient de dire que l’État français a prêté à l’État grec de l’argent au taux de 5 % qu’il avait obtenu à 1 % : depuis 2010, sur quatre ans, les prêts à la Grèce lui ont rapporté 729 millions d’euros.
Les états ne sont pas endettés parce qu’ils consomment plus que les pays produisent, mais parce que depuis les années 70, les états empruntent aux banques privées, alors qu’auparavant ils finançaient leurs investissements en empruntant directement à leur banque centrale. Ce sont les intérêts indus payés aux institutions financières privées qui ont enfoncé nos pays dans la dette. Et c’est au prétexte de cette dette que ces institutions financières imposent leur dictat aux états.

Le problème est celui de l’Allemagne où le système de retraites « par capitalisation » est géré par des fonds de pension qui possèdent un gros paquet de dettes grecques. Le retraité fait donc front avec Angela Merkel pour éviter le défaut de la Grèce. Et surtout non seulement l’Allemagne ne veut manifester aucune solidarité vis-à-vis de pays comme l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, l’Italie, mais elle veut conserver l’énorme avantage commercial que lui donne la monnaie unique sur les autres pays européens. Sauf si notre gouvernement, pour une fois, fait entendre raison à la chancelière, celle-ci peut chercher à faire en sorte que la Grèce quitte la zone euro, et lui en attribuer la responsabilité.
Quel que soit l’issue, la France sera bénéficiaire de la crise, soit que les règles soient assouplies, soit que par un effet de contagion, la zone euro se disloque, la France reviendrait alors au franc qu’elle pourrait dévaluer afin de rétablir sa balance commerciale.
Merci de toute façon à la Grèce.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 16:51

Rencontrer le cinéaste franco-serbe, c’est l’assurance d’un entretien nourri par l’actualité, les questions de géopolitique internationale et les méfaits de la mondialisation capitaliste. Emir Kusturica, auteur d’un recueil de nouvelles paru le 7 janvier, « Étranger dans le mariage », n’est jamais avare de lumineuses digressions.

 

D’ordinaire, Emir Kusturica exploite sa fibre artistique dans la musique et le cinéma : le guitariste du No Smoking Orchestra est aussi le lauréat de deux palmes d’or pour « Papa est en voyage d’affaires » et « Underground ». Le cinéaste franco- serbe s’était déjà essayé à la littérature dans une autobiographie, « Où suis-je dans cette histoire ? ». Il tente aujourd’hui une incursion dans la fiction avec « Étranger dans le mariage », un recueil de six nouvelles autour de la famille, de la guerre et de l’absurdité du quotidien dans la Yougoslavie des années 1970. Certes, les récits apparaissent très inégaux et la truculence de Kusturica, pourtant très cinématographique, peine à provoquer les mêmes émotions qu’à l’écran. Reste que s’il ne réussit pas tout à fait son passage à l’écrit, il demeure une voix singulière incontournable face au formatage des choses de l’esprit.

 

HD. Pourquoi avez-vous choisi de vous exprimer par le biais de la littérature ?

EMIR KUSTURICA. J’ai compris que je pouvais être créatif en réalisant mon film « Guernica » pendant mes études à l’école de cinéma de Prague. Depuis, ma créativité n’a jamais cessé. J’ai eu la chance de me trouver. Je peux mettre en place ma vie en rapport avec mes différents projets. Depuis mes premiers films, j’ai une bonne relation avec le public. C’est probablement parce que je ne cherchais pas à communiquer mais à faire mes films. J’explore au plus profond mon histoire familiale. J’essaie d’aller vers l’obscurité. Mais cela tient d’abord à un désir. L’art est certes l’aboutissement d’une communication mais l’artiste ne communique pas avec le public mais avec son propre besoin de créer.

 

HD. Pour quelles raisons vos histoires sont-elles si personnelles ?

E. K. Je suis très lié au langage cinématographique du début des années 1970. Ce sont des années dorées pour le cinéma et l’art en général. Les États-Unis, qui façonnent le monde militairement et artistiquement, étaient dans les années 1970 beaucoup plus libres qu’aujourd’hui. Après le Vietnam, il y a eu beaucoup de films sur la guerre perdue des Américains. Depuis, l’expression libre est devenue une expression contrôlée. Aujourd’hui, la NSA (Agence nationale de sécurité – NDLR) écoute tous les citoyens américains. C’est effrayant. Dans les années 1970, l’Amérique parlait du fascisme, du nazisme. Souvenez-vous de « Cabaret », le film de Bob Fosse, de « Macadam Cowboy », de « Cinq pièces faciles ». Il y avait presque une philosophie existentialiste, parlant librement de la vie, de la défaite au Vietnam, écrivant des livres. Et puis patatras, au cinéma, George Lucas a commencé à recréer l’univers, Spielberg a fait ses « ET ». La conception de Ronald Reagan de divertir l’esprit, en particulier des Américains pour les éloigner d’une position critique, et de transformer les films en pur divertissement l’a emporté. Les gens qui ont continué à faire ce qu’ils voulaient ont été marginalisés, leurs films peu ou mal diffusés. Aujourd’hui, nous en subissons toujours les conséquences. En Europe, le cinéma est davantage tourné vers le cinéma d’auteur. Mais la pression économique rend les auteurs de plus en plus politiquement corrects.

 

« L’UKRAINE MARQUE UN TOURNANT. LA RUSSIE N’ACCEPTE PLUS SON ENCERCLEMENT AVEC L’ÉLARGISSEMENT CONTINU DE L’OTAN. »

 

HD. que vous inspirent les événements en Ukraine ?

E. K. La guerre humanitaire est en fait une légalisation de la guerre. Wall Street dépend de la guerre. La valeur psychologique d’une action dépend de la manière dont vous êtes agressif dans certaines parties du monde. Plusieurs guerres, de tailles réduites, se déroulent un peu partout à travers la planète. Désormais, l’option des conflits de basse intensité apparaît épuisée. Et l’Ukraine marque un tournant. La Russie n’accepte plus son encerclement avec l’élargissement continu de l’OTAN. L’idéologue américain Zbigniew Brzezinski a largement écrit sur « l’enjeu eurasien », capital à ses yeux, à savoir la maîtrise et la colonisation de la Russie et de l’espace ex-soviétique. L’Ukraine est donc une première étape vers ce démantèlement imaginé par Brzezinski.

 

HD. Ne vous rappelle-t-il pas ce qui s’est produit en ex-Yougoslavie ?

E. K. À Kiev, l’histoire des snipers qui ont ouvert le feu sur la place Maïdan ressemble de manière troublante aux événements de Sarajevo en 1992. Durant le siège de la ville, des tireurs isolés ont terrorisé les habitants et personne à Sarajevo ne savait d’où venaient ces snipers. Exactement comme à Kiev. On ne sait toujours pas qui a ouvert le feu sur les manifestants et les forces de l’ordre (1). Aujourd’hui, une autre vérité que celle imposée par les médias apparaît. C’est ce que tentait de décrire mon film « Underground » : une autre réalité. Il a été réalisé en 1995. La vérité sur ces deux événements, les dirigeants la connaissent. Ils en sont même parties prenantes et essaient de nous abuser en feignant d’être des imbéciles. Les grandes puissances jouent sur un échiquier où l’Ukraine et l’ex-Yougoslavie apparaissent comme des pions. Il s’agit d’une répétition d’un scénario qui s’est produit en Yougoslavie et a mené à son éclatement pour des enjeux similaires : l’extension de l’OTAN et de l’UE. La construction de l’UE est responsable des deux drames. Afin de s’agrandir et accroître son influence, elle divise les États pour imposer sa loi à de petits territoires. Pour moi, ce qui est inacceptable, c’est que les gens s’en accommodent. Heureusement, il y a des instants d’espoir.

 

« LES ÉTATS-UNIS ET LE CAMP ATLANTISTE IMPOSENT LEUR VÉRITÉ ET SE COMPORTENT EN VAINQUEURS DE LA GUERRE FROIDE. »

L’arrivée au pouvoir des communistes en Grèce en fait partie. Leur victoire est historique et peut, comme en Amérique latine, porter un véritable élan. Ce phénomène se répétera dans les années qui viennent. La montée de l’extrême droite et des partis fascistes, voire nazis comme en Ukraine où ils sont au pouvoir, créera en face une résistance. Le clash est inévitable.

 

HD. L’hystérie de la presse à l’égard de la Russie et de Poutine vous rappelle le traitement médiatique à l’égard des Serbes durant la guerre de Yougoslavie ?

E. K. Cela a été le point de départ. En 1992, les divers acteurs ont mis en avant certains aspects pour créer une atmosphère favorisant un conflit. Ils ont ensuite légalisé une intervention au nom de l’aide humanitaire (2). Toute possibilité de paix a été écartée et la Yougoslavie a été démembrée à leur guise, laissant Slobodan Milosevic pour seul responsable. Le Kosovo est un bel exemple de leur mensonge et de leur justice aléatoire. Ils ont soutenu la séparation de cette région au nom du droit des peuples mais la refusent à la Crimée ! Les États-Unis et le camp atlantiste imposent leur vérité car ils se comportent en vainqueurs de la guerre froide. Ils estiment avoir triomphé du marxisme et tué le communisme. Tous les événements qui ont suivi la chute du mur de Berlin révèlent les fausses promesses faites à Mikhaïl Gorbatchev sur la non-extension de l’OTAN. Cela résume leur conception de la diplomatie pour assurer leur suprématie. L’extension de l’orbite euro-atlantique est impérative. Le siècle qui vient pour les États-Unis sera un tournant. L’accroissement de leur richesse et de leur influence dépend de leur domination du modèle libéral. Ce modèle qu’ils ont imposé au reste de la planète à travers la mondialisation est fondé sur la compétition, l’exploitation et les inégalités. Cette compétition, les États-Unis ne pourront plus la remporter indéfiniment avec la montée de puissances émergentes. Devant cette phase de déclin, ils trichent. Mais ils n’avaient pas prévu que l’Eurasie se dresserait contre la domination de l’euro-atlantisme. La proximité géographique compte et la Russie et la Chine finiront par coopérer.

 

HD. Vous critiquez beaucoup le capitalisme, pourquoi alors avoir participé à une fête à Davos ?

E. K. J’étais à Davos pour une banque russe. J’avais besoin d’argent pour payer les musiciens de mon festival de Kunstendorf. On m’a donné beaucoup d’argent, avec lequel j’ai pu financer ce festival.

Lu sur Bellaciao

Source :

http://www.humanite.fr/emir-kusturi...

 

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 16:40

Abstention de la France à la résolution de lutte contre la glorification du nazisme

samedi 7 février 2015, par Comité Valmy

 

Nazis en ukraine, bataillon Azov

***
Suite à l’abstention de la France lors du vote à l’ONU de la résolution de lutte contre la glorification du nazisme présentée par la Russie :
La voix de la France, l’ONU et la Russie,


lettre ouverte à Monsieur le Président de la République.

M. le Président de la République,

Le fascisme est partout renaissant en Europe, singulièrement dans les pays désormais indépendants de l’ex-URSS, où des forces obscures très puissantes utilisent le néonazisme comme vecteur idéologique de leur émancipation nationale et de leur souveraineté territoriale. Dans ces milieux et au-delà, la crise ukrainienne, politiquement et diplomatiquement surexploitée pour dénigrer la Fédération de Russie, sert de prétexte à de multiples tentatives de réhabilitation du III° Reich, en particulier dans les pays baltes où les monuments commémorant la victoire de 1945 sont régulièrement profanés, avec la complicité passive ou explicite des gouvernements concernés.

L’occident n’est nullement à l’abri de ces très dangereux débordements. Au mépris de ses statuts historiques, l’Union européenne tolère, en son sein, des formations qui ont pu impunément envoyer au parlement plusieurs députés légalement élus quoique nazis autoproclamés.

Face à cette situation, qu’alimente et qu’aggrave une crise économique sans fin sur le vieux continent, la Russie soumet tous les ans, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, une résolution appelant à ne pas admettre "cette glorification des nazis et de leurs acolytes qui, en brandissant des croix gammées et en défilant le bras tendu, font ouvertement l’apologie de la xénophobie et de la supériorité raciale."

Hélas, les Etats-Unis, le Canada et les îles Marshall votent systématiquement contre ce texte et l’Union européenne - dont la France - qui paraît en l’occurrence renouer avec le funeste esprit de Munich, choisit de s’abstenir. Opposants et abstentionnistes allèguent... le respect de la liberté d’expression pour justifier leur décision ! Sous le même prétexte, ils bloquent l’adoption de décisions similaires à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Lamentable et périlleuse attitude qui peut s’interpréter comme un blanc seing délivré aux mouvements fascistes pour poursuivre leurs criminelles activités.

Le prétexte invoqué cette année pour le vote contre le texte ou l’abstention est la crise ukrainienne et l’ « annexion » de la Crimée. Il faudrait faire comprendre à Vladimir Poutine que l’occident ne tolèrera pas une Russie expansionniste. Ceci n’est bien entendu qu’un prétexte puisque en novembre 2013, alors que la crise ukrainienne commençait à peine et qu’il n’était pas question des mouvements séparatistes de l’est de l’Ukraine ni de la Crimée, le vote avait été le même. Plus remarquable encore le vote de décembre 2010 alors que le président russe était Dmitri Medvedev, réputé pour être plus proche de l’occident que l’actuel président russe.

Il n’est pas acceptable que les initiatives russes sur le plan diplomatiques soient ainsi méprisées. L’énorme tribut payé par l’ex-URSS durant la Deuxième guerre mondiale l’interdit moralement. Les Résistants d’Europe, et en particulier français, savent ce qu’ils doivent à l’Armée rouge. Sans ses victoires décisives sur Hitler, la bataille mondiale pour la liberté, n’aurait pas été possible et les Alliés n’auraient jamais débarqué en Italie ni sur les côtes de Normandie. Faut-il rappeler qu’à la date du jour J, le 6 juin 1944, la Wehrmacht était partout en déroute sur le front de l’est et qu’Hitler avait donc, déjà, perdu la guerre ? Faut-il rappeler que, sans les sacrifices soviétiques, la France n’aurait jamais recouvré sa liberté ? Faut-il rappeler que, sans les victoires de Moscou, Stalingrad et de Koursk - principales défaites militaires nazies - le monde n’aurait jamais pu s’affranchir du fascisme ni l’Organisation des Nations Unies voir le jour ?

Nous voudrions aussi vous rappeler, monsieur le Président, qu’au printemps et en été 1942 le général de Gaulle a en vain essayé de persuader les alliés d’ouvrir le « second front ». Si le général de Gaulle avait été écouté ce sont des millions de personnes, en Union Soviétique et dans les camps de concentrations qui n’auraient pas perdu la vie. Faut-il vous rappeler que le débarquement en France proposé par le général de Gaulle a été remplacé par un débarquement en Afrique du Nord et que la première version du désormais célèbre « regime change » américain a eu lieu à ce moment là, les Américains ayant choisi le général Giraud à la place du général de Gaulle.

La France qui, comme membre permanent du conseil de sécurité, y dispose d’un droit de veto, ne doit pas oublier l’histoire et ses enseignements. Elle ne doit pas oublier les responsabilités que lui confère le fait d’avoir pu, en 1945, s’asseoir à la table des vainqueurs.
Elle ne doit pas oublier que sans la Résistance, sans l’engagement personnel du général de Gaulle sauvant depuis Londres l’honneur de notre pays, elle ne jouirait pas sur le plan diplomatique du poids et du prestige qui sont les siens. Par conséquent, sa voix, si écoutée dans le monde lorsqu’elle s’appuie sur ses principes historiques, repris et exaltés par le Conseil National de la Résistance, sa voix donc ne doit pas se taire et doit se joindre au combat contre la renaissance du nazisme, c’est à dire en fait défendre ses valeurs. Valeurs que vous avez invoquées lors de vos multiples interventions publiques, en particulier lors de la commémoration des débarquements en Normandie et en Provence. Il vous appartient donc de rompre, en tant que chef de l’Etat, avec la prudence coupable et veule d’une Europe dont l’inconsistance en politique étrangère ne cesse d’altérer le rayonnement.
En conséquence, les signataires vous demandent d’ajouter l’an prochain la signature de la France à celles des nations ayant déjà soutenu la résolution de la Fédération de Russie.

Armand Conan, résistant, membre du Comité Départemental de Libération du Morbihan
René Jassaud, résistant, ravitailleur du maquis « Camp Robert » (Var)
Colette Lacroix, résistante, membre du réseau SOE « Pimento » (Ain)
Antoine Payet, résistant, membre du groupe de « Saint Fons » (Rhône)
Paul Raybaud, résistant, membre du maquis « Camp Robert » (Var)

Mise en ligne CV : 30 janvier 2015

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 11:55
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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 08:20
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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 07:40
secrétaire de l'Otan

Photo : Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg

Pour les ministres de la Défense de l’Otan, réunis hier à Bruxelles, cela a été « une journée très intense ». Après la rencontre bilatérale dans laquelle le ministre étasunien de la défense Chuck Hagel a transmis les instructions au secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, s’est tenue une réunion du Groupe de planification nucléaire (auquel participe aussi l’Italie, en violation du Traité de non-prolifération).  On ne sait pas ce qu’il a décidé, puisqu’aucun communiqué n’a été émis. Mais, comme Washington a réaffirmé que l’ « Otan restera une alliance nucléaire », on peut déduire qu’il a été décidé d’accélérer la « modernisation » des forces nucléaires USA déployées en Europe (Italie comprise) et la potentialisation des françaises et britanniques. S’est ensuite réunie la Commission Otan-Géorgie, appréciant la contribution géorgienne aux opérations en Afghanistan et à la « Force de riposte de l’Otan » (viatique pour l’admission désormais certaine de la Géorgie dans l’Alliance).

Après ces prémisses constructives, s’est déroulée la réunion du Conseil Nord Atlantique avec la participation des 28 ministres de la défense, annonçant que l’Otan a décidé de potentialiser ses forces militaires pour conduire « la gamme entière de missions » et « affronter les défis provenant de toutes directions ». Avec une référence particulière à l’Ukraine, où « la violence s’accroît » parce que « la Russie continue à violer les normes internationales en soutenant les séparatistes » et à l’ «extrémisme violent qui est en train de se répandre en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ». Dans cet objectif sera potentialisée la « Force de riposte Otan », en la portant de 13mille à 30mille hommes et en établissant des unités de commandement et de contrôle dans six pays d’Europe orientale. En même temps sera formée une « Force de pointe », composée de 5mille hommes, pouvant être déployée en quelques jours seulement.

L’Otan (et avec elle l’Italie) est donc en guerre sur deux fronts, oriental et méridional. Comment a-t-on pu arriver à cette situation ? Après la fin de la guerre froide, les USA se servent de l’Otan pour maintenir leur leadership sur l’Europe occidentale et en même temps conquérir l’orientale. La Yougoslavie ayant été démolie par la guerre, l’Otan s’étend à l’est, en englobant tous les pays de l’ex Pacte de Varsovie, deux de l’ex Yougoslavie  et trois de l’ex URSS. En entrant dans l’Otan, les pays de l’Est se retrouvent plus dépendants de Washington que de Bruxelles. Mais quelque chose grippe le plan de conquête : la Russie se remet en grande partie de la crise, établit des relations économiques croissantes avec l’Ue, en lui fournissant le gros du gaz naturel, et ouvre de nouveaux débouchés commerciaux avec la Chine. Ceci met en danger les intérêts stratégiques étasuniens. C’est là qu’éclate la crise en Ukraine : après avoir pris, par un travail de plusieurs années, le contrôle de positions clé dans les forces armées et entraîné les groupes néo-nazis, l’Otan promeut le putsch de Kiev. Elle oblige ainsi Moscou à se ranger dans la défense des Russes d’Ukraine, en s’exposant à des sanctions des USA et de l’Ue. Et les contre-sanctions russes, qui créent des dommages surtout à l’Ue, facilitent le plan du partenariat transatlantique pour le commerce et les investissements à travers lequel Washington essaie d’accroître l’influence étasunienne sur l’Union européenne.

Simultanément, sous conduite USA, l’Otan étend sa stratégie à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient.  La démolition de la Libye par la guerre, l’opération analogue lancée en Syrie, la relance de la guerre en Irak, l’usage à double tranchant de formations islamistes (soutenues pour abattre les gouvernements pris pour cible, et donc utilisées pour justifier d’autres interventions armées) rentrent dans la stratégie USA/Otan.

Manlio Dinucci

Edition de vendredi 6 février 2015 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/la-nato-mobilita-30mila-uomini-al-confine-russo/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 18:47

Par , mis en ligne le 6 Février 2015

Le Président François Hollande, et la Chancelière Angela Merkel, tentent actuellement, ce vendredi 6 février, ce qui est décrit comme une « médiation de la dernière chance » sur la crise ukrainienne à Moscou. Il est évident que la situation sur le terrain appelait une action diplomatique. Mais c’était le cas en réalité depuis déjà de nombreuses semaines. Les bombardements des forces de Kiev sur la population civile des villes de Donetsk, Lougansk, et des bourgades environnantes, constituaient – et constituent toujours – un scandale permanent. Nous sommes en présence de crimes de guerre délibérés. Le fait que les forces de Kiev ciblent délibérément les civils est aujourd’hui avéré1. Pourtant ce ne sont pas ces faits qui ont déclenché l’effort de médiation de la France et de l’Allemagne, qu’il faut souligner, mais bien la défaite des forces de Kiev à Debaltsevo.

Carte

Situation militaire le 4 février au soir

A - 75632_originalSource: http://ic.pics.livejournal.com/dragon_first_1/72271520/75632/75632_original.jpg

Avec cette défaite plane la possibilité que l’OTAN, ou que les États-Unis, s’engagent un peu plus qu’aujourd’hui, dans la fourniture d’armes et de matériels aux forces de Kiev. On pourra en tirer les conclusions que l’on voudra. Il n’en reste pas moins que cette défaite, qui était annoncée, peut permettre à un cessez-le-feu durable de s’imposer.

Les propositions franco-allemandes

Mme Merkel et M. Hollande sont partis rencontrer le Président Poutine ce vendredi 6 février avec plusieurs propositions. Sans entrer dans le détail, ces dernières  incluent une « neutralisation » de fait de l’Ukraine qui ne pourrait entrer dans l’OTAN et un accord renforcé pour faire respecter le cessez-le-feu. Par ailleurs, François Hollande a évoqué la nécessité de garantir l’intégrité de l’Ukraine et un statut fédéral élargi qui pourrait être reconnu aux insurgés du Donbass.

Ces propositions constituent un progrès par rapport à ce qui était jusque là annoncé. Mais, deux problèmes majeurs subsistent. Tout d’abord, si l’Allemagne et la France, qui sont membres de l’OTAN, peuvent bloquer l’adhésion de l’Ukraine à cette organisation, ces pays n’ont pas les moyens de s’opposer – dans un sens juridique – à un accord de défense entre les États-Unis et l’Ukraine. Or, si la question de l’adhésion à l’OTAN pose problème, c’est bien en raison du poids des États-Unis dans cette organisation. Il n’y a donc pas de raisons que les dirigeants russes soient particulièrement rassurés par un quelconque engagement de la France et de l’Allemagne sur ce point. Un second problème tient dans la volonté de Kiev de respecter le cessez-le-feu. Depuis le mois de septembre, c’est sur ce point que toutes les tentatives précédentes ont échoué. Par quel miracle la France et l’Allemagne pourraient-elles garantir que Kiev respectera sa parole ? Bien entendu, si des forces d’interposition, des « casques bleus », pouvaient être présents, cela changerait la situation. Mais les casques bleus ne peuvent être déployés qu’avec l’accord du Conseil de Sécurité des Nations Unies, c’est-à-dire avec l’accord des États-Unis.

Le dilemme franco-allemand

En fait, la France et l’Allemagne voudraient régler la question de l’Ukraine sans les États-Unis. Mais ces derniers sont déjà massivement en Ukraine, que ce soit sous la forme de conseillers gouvernementaux, ou sous la forme de conseillers militaires. Les États-Unis sont partie prenante de la crise ukrainienne, et doivent donc être partie prenante de la solution politique. La France et l’Allemagne n’auront le moindre poids sur Washington que si ces deux pays disent clairement que fors un retrait des États-Unis de l’Ukraine, et un engagement politiquement contraignant de ce pays sur ce point, l’Ukraine ne saurait recevoir le moindre euro de l’Union européenne.

Le pays est ruiné et en faillite, les espoirs d’y développer l’industrie du gaz de schistes s’y sont évaporés. Il est clair que seule une aide importante de la part de l’Union européenne peut lui permettre de rester à flots. Cette aide doit être mise en balance pour forcer les États-Unis à renoncer à une intervention, tant directe qu’indirecte, en Ukraine. C’est à cette seule condition que l’on aura la confiance de la Russie.

Est-il trop tard ?

En fait, chaque partie aurait à gagner à un accord politique. Les insurgés seraient enfin reconnus diplomatiquement. La Russie se désengagerait d’une affaire qui s’avère coûteuse pour elle. L’Union Européenne pourrait reprendre son commerce avec la Russie. Même les États-Unis seraient libres de se concentrer sur d’autres problèmes et pourraient reprendre le dialogue nécessaire avec la Russie sur la question des armes nucléaires. Il deviendrait possible, dans la mesure où un cessez-le-feu réel se mettrait en place, de panser les plaies et de commencer la reconstruction. Les réfugiés, dont une grande partie ont fui en Russie, pourraient alors revenir dans leurs foyers. On ne doit pourtant pas se faire trop d’illusion. La violence des forces de Kiev envers la population du Donbass a laissé des traces profondes. Une solution fédérale, qui aurait été possible en mars 2014, est aujourd’hui impensable. Au mieux aboutira-t-on à un statut d’autonomie, comme il en existe par exemple avec la région du Kurdistan autonome en Irak.

Mais, tant que les forces de guerre n’auront pas été désignées comme telles, et soumises à de fortes pressions, que ce soit à Kiev ou à Washington, cet accord politique restera un but illusoire. Sur le fond, l’incertitude est à Washington et non à Moscou. Nous devons être fixés quant aux intentions réelles des États-Unis, et le cas échéant prendre clairement nos distances avec une politique qui n’a aucun sens avec les intérêts des peuples européens. Les conséquences de cette politique néfaste sont d’ores et déjà évidentes en Libye. Telle devrait être la ligne de la diplomatie de Paris et de Berlin.

La France et l’Allemagne auront-elles le courage de dire les choses clairement ? On peut l’espérer, mais on peut aussi en douter.


  1. http://www.globalresearch.ca/ukraine-government-we-target-civilians-separatists-their-targeting-maps-prove-it/5429115 []
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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 18:42
Défense de l'Éducation Prioritaire: nouvelle initiative à Dieppe
Belle manifestation ce matin pour la défense du Réseau d'Éducation Prioritaire sous le soleil.

Autour d'une classe symbolique, installée au milieu du pont Ango, près de 200 manifestants se sont mobilisés, à l'initiative de la municipalité, des parents d'élèves, de la CGT et de la FSU contre l'injustice de la réforme du Réseau d'Éducation Prioritaire.

Celle-ci a sorti le collège Braques de ce réseau, et les écoles primaires et maternelles qui lui sont rattachées, alors que leurs quartiers sont — à l'évidence — des quartiers dont la population est défavorisée, comme le Pollet et Le Val Druel. On est bien dans une situation injuste, qu'il faut rétablir.

Pour la CGT Educ'action, la justice sociale passe par le classement en Éducation Prioritaire des écoles Michelet, Vauquelin, Delaunay-Laurencin et Sonia Delaunay. Il n'est pas acceptable que ces écoles soient exclues des dispositifs REP. La Convention proposée aux écoles, sous couvert de garanties, qui restent encore à définir, pour seulement deux ans, marque surtout un abandon progressif de l'Education Nationale vis-à-vis de ces écoles, des personnels, des familles et des élèves. Alors que la Ministre réaffirmé la nécessité de la mixité sociale, il est incompréhensible que cette mixité mise en place depuis des années au collège Braque se traduise par la sortie de l'Education Prioritaire.

La balle est dans le camp de la ministre, qui devrait donner une réponse mardi.

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 17:46

Publié par Michel El Diablo

 

 

Les PROFS ne seront pas les hussards noirs de L'EURO-CONSENSUS! [par Floréal]

C’est parti : un prof de philo de l’Académie de Poitiers est suspendu et inculpé par les autorités scolaires et judiciaires. Son « crime », indéfini, est de ne pas avoir suivi silencieusement le consensus et d’avoir fait son métier de philosophe : faire réfléchir les élèves, les appeler à transcender leur émotion par une réflexion partagée. Ce n’est sûrement pas le seul cas de répression et d’intimidation dont le vrai but est d’amener le corps enseignant à s’autocensurer encore davantage ; déjà dans l’Académie de Lille, un professeur de philosophie avait été déplacé pour avoir produit un cours jugés mal-pensants, et d’autres enseignants de cette discipline s’appesantir sur eux la pression d’une administration de plus en plus hostile aux syndicalistes et aux profs quelque peu atypiques…

 

Rappelons d’abord que la « laïcité » à laquelle les autorités se réfèrent pour traquer le mal-pensant, n’est pas une opinion, mais la liberté d’en avoir une, donc plusieurs.

 

Rappelons que tous les régimes qui, en France, ont fliqué la philosophie, étaient clairement situés à l’extrême droite du spectre politique.

 

Rappelons que la « laïcité » est à géométrie extrêmement variable dans notre « école républicaine » : interdire tout signe religieux et tout prosélytisme partisan à l’école ? Chiche ! Mais alors, pourquoi l’Etat français salarie-t-il les curés, les pasteurs et les rabbins qui officient dans les lycées d’Alsace-Moselle ?

 

Pourquoi la Constitution et la « construction » européennes ont-elles été, et sont-elles encore, méthodiquement promues par l’école officielle qui relaie toutes les campagnes de l’UE et qui arbore à tout propos le drapeau européen sur ces bâtiments (un étendard fort peu laïque : il représente le drap marial et les douze étoiles apostoliques !) ? Pourtant, ce drapeau de plus en plus abhorré des peuples n’a plus d’existence juridique depuis le Non populaire du 29 mai 2005 a refusé la mise en place d’un Etat européen !

 

Pourquoi le MEDEF pèse-t-il grossièrement sur les cours d’économie et pourquoi certains établissements sont-ils officiellement jumelés avec ce syndicat patronal (et pas avec la CGT que l’on sache !).

 

Pourquoi l’anticommunisme est-il érigé en doctrine d’Etat dans ces manuels d’histoire où Lénine, mort en 1924, apparaît absurdement et odieusement dans le chapitre sur « les totalitarismes des années 30 » à côté des pires ennemis du communisme, Hitler et Mussolini ?

 

Sans parler, au niveau étatique, de Manuel Valls, qui représente la France à la cérémonie de canonisation de Jean-Paul II au Vatican ou de Hollande, qui assiste à une cérémonie religieuse kippa sur la tête en bafouant grossièrement l’article II de la loi laïque de 1905, signée Jaurès (entre autres) qui dispose que « la République ne salarie ni ne subventionne aucun culte » ?

 

La réalité c’est que nos gouvernants qui violent la volonté populaire en brisant les acquis, en bloquant les salaires et en imposant au peuple une « construction » euro-atlantique qu’il rejette (cf. les négociations secrètes sur le Marché Transatlantique), dévoient perversement le magnifique élan du peuple pour la liberté d’expression et la laïcité vraie (c’est-à-dire, centralement, pour le rejet catégorique des ingérences religieuses et de toute forme de fanatisme dans la vie politique de la Nation). Le but de l’oligarchie au pouvoir est de nourrir un processus insidieux de fascisation qui, au nom de la liberté, transforme la France en Etat policier,  et fait de notre école publique (sans parler de l’école confessionnelle !) un lieu d’inculcation bien-pensante et non plus en espace d’ouverture aux « lumières ».

 

Et dire que ces gouvernants liberticides qui, quelle que soient leurs étiquettes respectives, ne sont que les proconsuls de la BCE et du FMI, se réclament de Charb, inhumé au son de l’Internationale (chantée en russe !), de Wolinski, ami de Cuba socialiste ou de Bernard Maris – qui venait d’appeler la France à sortir de l’euro par la voie progressiste ! –

Plus que jamais, faisons vivre le droit à l’insolence face aux puissants qui est la véritable identité frondeuse de notre peuple !

 

Mais au fait, que dit de cette répression pratiquée en son nom l’ « antifasciste » Najat Vallaud-Belcacem ?

 

 

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