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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 06:30



On connaît le « modèle » nordique tant vanté. Tandis que le système éducatif danois décentralisé, autonomisé s'effrite, celui suédois largement privatisé s'effondre. Un avertissement pour les partisans d'une « refondation » de l'école allant dans cette voie.

« Je pense qu'on a fait une confiance trop aveugle dans le fait que les écoles privées seraient une garantie d'une meilleure qualité éducationnelle », déclarait en décembre le président du Comité parlement sur l'éducation, Tomas Tobe, membre du Parti modéré (centre-droit).

Même son de cloche pour le ministre de l'Education (de droite) Jan Bjorklund qui remet désormais en cause la privatisation entamée il y a vingt ans, tandis que le Parti vert – lui aussi favorable à la privatisation – publie son mea culpa : « pardonnez-nous, notre politique a détruit nos écoles ».

 

D'où viennent ces déclarations dignes d'une défaite militaire majeure ?



Un constat partagé : la chute du niveau des élèves suédois

 

Le déclic, ce furent l'annonce des tests PISA en décembre 2013. Première nation dans le classement européen à la fin des années 1990, la Suède a vu ses résultats chuter en-dessous de la moyenne de l'OCDE, distancé même par la Lettonie ou la Slovaquie.

Pour une moyenne dans l'OCDE autour de 500, les enfants suédois de 15 ans n'ont réussi que 478 en mathématiques, 483 en lecture et 485 en sciences. Une perte en dix ans de 32 points en maths, 33 en lecture, 28 en sciences naturelles. Aucun autre pays n'a connu une chute aussi vertigineuse

A titre de comparaison, la France tant décriée la devance partout : en mathématique (495), en lecture (505), en sciences (499).



Une cause indéniable : la « privatisation » des années 1990

 

Tous les acteurs sont d'accord, c'est l'ensemble du modèle éducatif façonné au début des années 1990 qui est en cause. Un modèle conçu par la droite, approfondi par la social-démocratie, sur la base des idées ultra-libérales sur la « liberté d'éducation » de Milton Friedman.

La réforme va s'articuler en deux temps, révélateurs en soi.

D'abord, en 1988, le passage d'un système public national, centralisé à un système décentralisé, basé sur l' « autonomie » des écoles. C'est le préalable nécessaire à la privatisation, martelé actuellement en France, notamment par le rapport de la Cour des comptes publié l'an passé.

Puis entre 1992 et 1994, l'autorisation des « écoles indépendantes » gérés par des acteurs privés – associations, groupes religieux, entreprises – mais avec financement public. Les parents ont la « liberté d'éducation » totale entre les écoles publiques, ou entre établissement public et privé.

Les écoles privées se voient garantir non seulement une égalité de subventions, au nombre d'élèves inscrits, mais les parents bénéficient aussi d'un « chèque éducation » (skolpeng) indépendant du type d'école choisi. Enfin, ces « écoles indépendantes » peuvent aussi lever des fonds privés.

La mise en place de ce système, radicalement contraire à l'esprit de l'éducation en Suède, a été possible par la logique de « co-gestion à la suédoise » louée par nos dirigeants (du PS au MEDEF) : les syndicats ont avalé la réforme, le Parti social-démocrate l'a mise en place après 1994.

Il faut dire qu'on avait vendu du rêve. L'éducation resterait gratuite, il n'y aurait aucune sélection à l'entrée, la concurrence augmenterait la qualité et baisserait le coût pour les administrations.

Et surtout les parents et les enseignants, associations et syndicats pourraient « auto-gérer » leurs écoles grâce à l'autonomie, ce qui laissait entrevoir l'introduction de méthodes pédagogiques innovantes, une meilleure relation entre le corps éducatif et les parents d'élèves.

Vingt ans après, le constat est sans appel, partagé par la quasi-totalité des chercheurs – nous reprenons ici certaines données du rapport réalisé par Susanne Wiborg pour l'Institut d'Education de l'Université de Londres (« Swedish free schools : do they work ? ») mais aussi désormais par les agences gouvernementales suédoises chargées d'évaluer le système, ainsi que la presse économiste.

 

 

On peut résumer le désastre en 4 points :



1 – Une baisse de la qualité du service

 

Augmentation de la quantité de l'offre, mais baisse de la qualité du service : oui, les parents suédois ont désormais plus le « choix ». Les « friskolor » (école indépendante) sont désormais au nombre de 900 dans tout le pays.

En 1988, seules 1 % des enfants étaient scolarisés dans le privé, c'est le cas de 25 % d'entre eux en 2013, dont la moitié des lycéens de Stockholm.

L'impact sur la qualité de l'éducation est mesurable nettement à la chute des résultats atteints lors des tests internationaux, faisant passer la Suède d'une place de numéro 1 européen à celle d'un des derniers pays du continent.

Des résultats qui passent inaperçus évidemment dans les tests nationaux – contrôlés par les chefs d'établissement enclins à gonfler les notes dont dépend leur évaluation – ni dans les notes qui ont basculé de notes « chiffrées » à des notes par « compétences ». On connaît la chanson.

Enfin, c'est le recrutement du corps enseignement qui est chamboulé, sur contrat, sans concours pour les enseignants du privé : cela conduit à une course vers le bas des conditions salariales, une soumission conformiste à des chefs d'établissement devenus « managers », une baisse de la qualité du personnel recruté.

Les statistiques révèlent des enseignants du privé moins expérimentés (6 années de pratique contre 18 dans le public), moins diplômés, avec un turn-over massif, le tout aux conséquences sur la qualité de enseignement prodigué.

L'Inspection des écoles suédoises a jugé très durement les « écoles privées » en 2012, elle a estimé que le groupe danois JB n' « assurait pas une qualité suffisante, ne faisant rien d'autre pour les élèves que leur faire passer des examens ».

Elle a critiqué Prakstika Sverige AB, qui a en chage 5 000 élèves, « au vu du nombre d'enseignants temporaires sans le niveau d'étude minimal, sans accès à des bibliothèques, infirmeries adéquates ». Elle a ordonné la fermeture d'un établissement, et des corrections immédiates pour 30 autres.



2 – Plus de ségrégation sociale

 

Une ségrégation rampante, une sélection insidieuse mais « libre » : c'est l'hypocrisie ultime du système éducatif suédois qui prétend concilier « liberté » (de choix pour les parents, d'entreprendre pour les patrons) et « égalité » (de traitement entre public et privé, pour les enfants).

Sans surprise, la « liberté d'entreprendre » a conduit à la floraison des écoles indépendantes … là où il y a de l'argent, dans les quartiers aisés de Stockholm, Goteborg ou Malmo, où les parents choisissent les « écoles indépendantes » qui leur garantissent l'entre-soi entre classes supérieures.

Toutes les études montrent la mise en place d'une ségrégation installée, basée d'abord sur des critères économiques – les quartiers populaires se retrouvent face à une offre publique plus réduite – , laissant également de côté les populations immigrées.

Ainsi, pour la chercheuse Susanne Wiborg : « la concurrence des écoles indépendantes est loin d'être la panacée. Malgré ses 1 000 nouvelles écoles, ses 150 000 étudiants, le résultat : ce sont des notes scolaires guère meilleures, mais aussi des coûts plus élevés et une plus grande ségrégation ».

L'étude ciblée des chercheurs Eva Andersson, Bo Malmberg and John Östh de l'Université de Stockholm (« The changing geography of the Swedish school system ») est sans appel :

la « liberté de choix » a conduit à une ségrégation accrue, concentrant des quartiers aisés, blancs, une offre éducative non pas de meilleure qualité mais attractive par l'entre-soi proposé. A l'autre bout de la chaîne, les quartiers pauvres, à forte proportion immigrée, souffre d'une ghettoisation, de la spirale vicieuse de l'échec scolaire, la faible attractive pour les parents, du décrochage social.

Un constat qui trouve une certaine confirmation dans les résultats des élèves : alors que le public obtenait des scores de 515 dans les tests PISA en 2000 contre 505 pour le privé, en 2009, le public à 490 en 2009 tandis que le privé atteignait un score de 520.

Il n'est pas difficile de voir que les meilleurs élèves du système éducatif public – souvent associés aux classes aisées – ont migré vers le système privé … même si les « intérêts privés » débouchent sur une chute de l' « intérêt général », comme le montre la dégringolade globale !

 

 

3 – Les coûts pour le public, les profits pour le privé !

 

Des coûts qui augmentent … et des profits privés qui explosent. Les enquêtes officielles aiment à préciser que les « écoles privées » coûteraient un peu moins cher – 8 % de moins – aux contribuables que celles « publiques ».

Elles oublient de préciser que ces 900 écoles sont nées de la décomposition du secteur public, sorties de nulle part, et qu'elles sont financées largement par le contribuable pour alimenter des profits largement privés.

L’État a donc créé une concurrence artificielle, déloyale, faussée, payée par tous, pour tuer son propre système.

En une dizaine d'années, une série d'entreprises ont fait leur apparition dans le secteur, guidées par l'appât du gain. Selon le Ministère de l'éducation, le chiffre d'affaires annuel du secteur éducatif privé s'élève à 3 milliards d'euros. Un marché lucratif.



4 – Les « fonds vautour » plutôt que les coopératives promises


Les fonds d'investissement privés vautours dominent le secteur. Le gouvernement, les syndicats avaient promis il y a 20 ans l'avènement des « écoles-coopératives » gérées par les parents, les enseignants, si ce n'est les élèves eux-mêmes.

On en est très loin : en 2013, deux-tiers des établissements sont gérés par des entreprises lucratives, 90 % des lycées (là où le taux de rentabilité est maximal, à l'approche de l'université!).

Le géant du secteur, c'est « Acade Media » avec ses 50 000 élèves, une filiale de « EQT », un des plus grands fonds d'investissement privés d'Europe du nord, avec un capital levé de 20 milliards d'euros. « Acade Media » génère 100 millions de profits par an, 1 milliards de chiffre d'affaire.

Ses concurents portent le nom de FSN Capital, The Riverside Company, TA Associates, Bure Equity ou Investor AB : tous contrôlent une chaîne d'établissements à travers le pays, tous sont des fonds d'investissement guidés par la seule rentabilité.

Or, ce marché lucratif tend à voir son taux de profit baisser : un quart des établissements privés connaissent des pertes, le risque d'insolvabilité a augmenté de 188 % depuis 2008, 25 % de plus que les autres entreprises suédoises.

En 2011, JB Education – contrôlé par le fonds d'investissement danois Axcel – a fait faillite, conduisant au licenciement de 1 000 enseignants, laissant 11 000 étudiants à la porte, avec 120 millions d'euros de pertes envers les banques et ses fournisseurs.



Vers une re-nationalisation ? Les suédois d'accord, même le patronat commence à faire machine arrière

 

L'ampleur du désastre a contraint les pouvoirs publics à réagir, tout du moins à faire des effets d'annonce. Le ministre de l'Education de droite Bjorklund a dit que les résultats PISA étaient « le clou que referme le cercueil des vieilles réformes scolaires ».

Bien sûr, la droite accuse les sociaux-démocrates. Mais elle ne propose rien de mieux qu'un pansement sur une jambe de bois : ne rien toucher aux investisseurs actuels, mais forcer les prochains à gérer les écoles au moins de dix ans, de façon à freiner l'arrivée des fonds vautours.

Une hypocrisie sans nom quand on sait que le ministre Bjorklund a proposé l'an dernier de transformer les universités publiques en fondations, pour leur permettre de lever d'importants fonds des grandes entreprises privées. La porte ouverte à la privatisation de l'éducation supérieure.

En tout cas, les Suédois, eux, sont loin de ces calculs politiciens. Quand on leur pose la question : « faut-il que l'Etat reprenne en main l'ensemble du système scolaire ? »,61 % des Suédois disent oui à la re-nationalisation, seuls 12 % sont pour rester au système privatisé.

Bien significatif des contradictions inhérentes à la classe dirigeante, la mise en garde du patronat – poussant pourtant à la libéralisation de l'enseignement supérieur, de la santé – par la voie du responsable à l'Education de la Confédération des entreprises suédoises (Svenskt Naringsliv), Tobias Krantz :

« Il y a une concurrence mondiale, et que nos résultats sombrent en maths, c'est inquiétant (…) Quand nos entreprises vont décider où elles vont investir, et qu'elles vont vouloir des employés compétents, la Suède sera moins attractive si nos écoles continuent à s'effondrer ».

L' « Etat-providence » suédois tant loué pendant des années par le Parti socialiste ici – ou par la presse patronale, parfois pour son taux de syndicalisation (sic) –, cet « Etat social » a été largement démantelé dans les années 1990 et 2000, accompagné par la « co-gestion ».


Conséquences : son éducation est en ruines, sa santé largement privatisée ne se porte pas mieux, tandis que le développement des assurances santé et retraite privées ont alimenté de puissants fonds de pension et d'assurance qui partent à l'assaut des marchés européens.



En tout cas, pour nous, parents, enseignants, étudiants français : vigilance devant les mirages étrangers qu'ils soient suédois, allemands, danois ou britanniques, notre système éducatif public, national – quoique sous-financé – et hérité du plan Langevin-Wallon de 1947 reste un repère idéal et un rempart concret contre les ambitions des vautours privatiseurs.

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 05:21

hyundai-kia.jpg


 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

La Corée du sud est un modèle régulièrement avancé par le patronat français, tel Pierre Gattaz en décembre dernier : « la Corée du sud, elle, a fait le pari de l'entreprise ». Pas un hasard : heures de travail à rallonge, cadences infernales, précarisation, répression anti-syndicale. Mais les travailleurs coréens ne se laissent plus faire et engagent la riposte.

 

Le mouvement de grèves qui touche l'industrie automobile est une première. Non que le secteur soit calme ces dernières années : ainsi, c'est la troisième année de suite que Hyundai connaît des mouvements de grève, et Renault a connu huit grèves partielles depuis le début de l'année.

La nouveauté, c'est que ces grèves ont pris une forme coordonnée, entre les salariés de Hyundai et Kia. Le 14 août, 70 % des 47 000 syndiqués de Huyndai ont voté la grève, rejoint par les 30 000 syndiqués de Kia. Ce 22 août, une grève de 4 heures a été organisée chez Hyundai et Kia.

Ce sont désormais les ouvriers de Renault (propriétaire de Samsung Motors) qui partent pour un mouvement de grève. Ils ont refusé le 29 août un plan de la direction – après plusieurs grèves perlées, partielles depuis juillet – bien inférieur à leurs attentes.

 

 

Déjouer le piège patronal : intégrer les bonus réguliers au salaire

 

L'enjeu, c'est l'intégration des bonus octroyés sur une base régulière comme paye régularisée. La Cour suprême en décembre 2013 a donné raison aux syndicats en incitant les entreprises à intégrer les bonus réguliers au salaire.


Pour le patronat sud-coréen, payer les travailleurs en bonus réguliers a plusieurs avantages :

1 – il pousse les travailleurs à accepter une sur-exploitation par des « incitations à la production », supposant une intensification des cadences, des heures supplémentaires ;

2 – cela introduit de même une logique d'intéressement à la performance de l'entreprise, patrons et ouvriers étant dans le même bâteau pour augmenter la production, être « compétitif » ;

3 – enfin, cela permet d'éviter aux patrons du secteur de payer les cotisations sociales patronales assujetties au salaire, donc de rogner sur les avantages sociaux des salariés : les congés payés, les allocations maladie, les retraites bien entendu.

 

La lutte actuelle montre que les syndicats ne sont plus dupes et les avances du patronat proposant de sérieuses revalorisations des bonus ont rencontré, pour l'instant une fin de non-recevoir.

 

 

« Si l'entreprise continue, on lancera une grève illimitée »

 

Ainsi, le 29 août, les salariés de Renault ont refusé une hausse de 48 € du salaire mensuel, accompagné de « bonus lié à la production » de plusieurs centaines d'euros. Ils réclament une hausse de 90 € du salaire, après un gel des salaires de deux ans.

Chez Hyundai et Kia, les salariés ont refusé le plan de la direction consistant à accorder de nouveaux bonus en échange d'heures supplémentaires le week-end. Les travailleurs réclament une hausse du salaire de 100 € par mois, ainsi que la garantie d'être employé jusqu'à 60 ans.

Les syndicats ont durci le ton, si on suit la déclaration commune à la fin du mois de juillet de Lee Gyeong-hun, responsable du syndicat à Hyundai et Kim Jong-seok, son homologue à Kia :

« La Cour suprême a confirmé l'an dernier que les bonus réguliers devaient devenir salaire régulier, mais Hyundai-KIA a dit qu'il ne l'accepterait pas … Si l'entreprise veut s'embourber dans une catastrophe avec ces négociations malhonnêtes, on lancera une grève illimitée ».

 

 

Lutte de classes en Corée du sud :

un syndicat de classe et de masse face à un patronat intransigeant

 

Les deux syndicats présents dans les entreprises font partie du KMWU (Syndicat des travailleurs de la métallurgie coréenne), la première fédération de la puissante et combative Confédération coréenne des syndicats (KCTU).

La KCTU compte 700 000 syndiqués, elle est une des deux grandes confédérations syndicales mais représente une alternative à la FKTU proche du pouvoir et du patronat. Elle est connue pour ses positions de lutte de classe, illustrées par les grandes grèves des années 1990.

Le patronat sud-coréen, lui, n'hésite pas à brandir le bâton après la carotte.

Alléguant de pertes de 50 millions d'euros dans les usines Hyundai et Kia (après la grève de 4 heures), le chaebol (monopole sud-coréen) prétend même que les syndicats lui ont coûté depuis 1987 (la fin de la dictature!) la somme de 11 milliards d'euros.

 

Face à ce péril syndical, Hyundai envisage deux solutions : l'embauche de travailleurs temporaires en substitution des travailleurs réguliers, la délocalisation.

A titre d'exemple, Hyundai délocalise une partie importante de sa production en Chine, envisageant de passer dans les prochaines années de 500 000 à 1 million de voitures produites dans le pays voisin. Actuellement, le groupe sud-coréen ne produit plus que 40 % de ses autos au pays.

Pourtant, Hyundai est loin de se porter mal : après avoir réalisé 1 milliard d'euros de profits en 2012, il a encore augmenté ses marges atteignant les 1,3 milliard en 2013. Selon les analystes, l'année 2014 devrait être marquée pour Hyundai par des profits records.

 

 

La Corée du sud, géant émergent de l'automobile

 

La grève lancée par plus de 100 000 ouvriers syndiqués du secteur n'est par ailleurs pas anecdotique. La Corée du sud est en effet devenu en quelques années un géant de l'industrie automobile.

La Corée du sud occupe désormais la cinquième place mondiale en termes de production automobile – derrière le Japon, la Chine, les Etats-unis et l'Allemagne – avec 4,5 millions d'autos assemblées en 2013, c'est quatre fois plus qu'il y a vingt ans.

Elle détient même le record du nombre d'automobiles produites par tête : 9 pour 100 habitants contre 2 pour 100 en Chine, 6 pour 100 en Allemagne, 7 pour 100 au Japon.

Le contraste est saisissant avec le déclin de l'industrie automobile française : encore numéro 4 mondial en 1994 avec 3,5 millions de voitures, elle est désormais à la 13 ème place mondiale avec 1,7 millions d'automobiles produites l'an dernier.

 

 

Après la grève héroïque des cheminots sud-coréens en décembre dernier, le mouvement des enseignants pour lutter contre l'interdiction de leurs syndicats au nom de l'anti-communisme, la grève des ouvriers de l'automobile sud-coréens ne peut qu'emporter tout notre sympathie.

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 09:36
Lu sur le blog "Russeurope".  Cliquez sur le titre pour retrouver l'intégralité de l'article.

Novorossia

 

Il est désormais plus que temps que la politique reprenne ses droits dans la crise ukrainienne. Mais, ceci implique en premier lieu qu’un cessez le feu soit rapidement conclu entre les gouvernement de Kiev et les insurgés. C’est vers ce résultat que devraient tendre toutes les énergies. Mais, on doit constater que ce n’est pas le cas, et que l’hystérie antirusse se fait très présentes dans les médias. Il faut alors rappeler ici plusieurs points qui semblent avoir été systématiquement oubliés dans les commentaires que l’on peut lire ou entendre sur la situation en Ukraine.


(1) Le gouvernement de Kiev a employé une force disproportionnée qui a aboutit à des pertes civiles et des destructions sans nombres dans les villes tenues par les insurgés. Les bombardements sans discrimination entre cibles militaires et civiles ont été très nombreux. On peut ici formuler le soupçon que les chefs militaires des forces de Kiev ont délibérément  voulu punir les populations et ont cherché à procéder à un nettoyage ethnique en provoquant l’exode des populations russophones. Tout ceci constitue autant de « crimes de guerre ». Il est frappant que, jusqu’à une période très récente, en fait jusqu’au samedi 23 août, il n’y ait pas eu de reportage sur le sujet sur les « grandes » chaînes de télévision. La presse française, d’habitude – et c’est son honneur – si prompte à s’émouvoir a été sur l’Est de l’Ukraine bien longtemps et bien étrangement silencieuse. Était-ce parce que les victimes étaient « ethniquement » russes comme l’on dit ? Croire que la Russie, qu’il s’agisse de l’État Russe ou de la population de la Russie, pouvait se désintéresser du sort de ces populations était une profonde illusion, et une profonde erreur. De fait, croire que la Russie pourrait adopter une attitude de stricte neutralité par rapport à ces événements n’avait aucune base. La Russie a pris, jusqu’à ces derniers jours, une position de non-belligérance. La présence de volontaires russes, qui seraient environ 3000 dans les forces insurgées, témoigne du profond mouvement de sympathie que le sort fait aux populations de l’Est de l’Ukraine a suscité.

(2) La présence de troupes russes est alléguée par les autorités de l’OTAN, et bien entendu par le gouvernement de Kiev. Le gouvernement russe dément ces accusations. L’OTAN estime, pour l’instant, autour d’un millier le nombre de soldats russes. Notons que, même si l’OTAN a raison sur ce point, ce nombre de soldats est parfaitement insuffisant pour expliquer l’effondrement militaire que les forces de Kiev ont subi ces derniers jours. On estime en effet à 50 000 le nombre de soldats (de l’Armée et de la Garde Nationale) qui sont engagés dans les opérations contre les insurgés. Ces derniers n’alignent, quant à eux que des effectifs d’environ 15 000 hommes. Si la présence de ces troupes russes était confirmée, elles n’auraient pu jouer qu’un rôle local et marginal dans les combats qui ont eu lieu depuis ces derniers jours. Leur présence ne saurait donc expliquer les défaites multiples subies par les forces de Kiev. Elle ne permet pas, non plus, de comprendre pourquoi les forces ukrainiennes sont en train de s’effondrer au sud de Donetsk et autour de Mariupol.


Carte 1

Front Sud

De ce point de vue, il est significatif que le Département d’État du gouvernement des États-Unis parle aujourd’hui d’« incursion » et non, comme de nombreux journalistes d’« invasion ». Cela signifie que le problème est politique et non militaire. Il est clair que, si elle est avérée, cette présence de troupes russes n’est pas acceptable et que la Russie doit retirer ces troupes au plus vite. La Russie doit, si c’est le cas, revenir à une position de non-belligérance et les pays de l’Union européenne et les États-Unis se garder de tomber dans le piège tendu par Kiev qui, à l’évidence, cherche à internationaliser le conflit.

 

[...]

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 09:03
 

327 survivants juifs et descendants de survivants et victimes du génocide nazi ont signé cette lettre, en réponse à la manipulation par Elie Wiesel du génocide nazi, visant à justifier l'agression contre Gaza

“Jamais plus ça” – “Never again”, – dit-on pour l’Holocauste des juifs en Europe. "Plus jamais ça" doit signifier PLUS JAMAIS ÇA POUR PERSONNE !”... », conclut la lettre ouverte publiée dans le New York Times par 327 survivants et descendants de survivants de l’Holocauste, à propos de l’action d’Israël contre Gaza ainsi implicitement mise dans la même catégorie que l’Holocauste. Du point de vue fondamental du système de la communication, le coup est rude pour la politique de Netanyahou contre Gaza, pour les Israéliens qui la soutiennent en majorité, pour les USA qui la soutiennent par tous les habituels moyens humanitaires, – fric, armes et tirades hystériques, – pour le bloc BAO (le reste) qui suit en général bien en rang et le doigt sur la bonne couture du pantalon de service.

La lettre ouverte a été publiée dans le New York Times, après une publication soutenant l’attaque de Gaza par Elie Wiesel. La lettre attaque avec violence Elie Wiesel, d’une façon qui ne peut que satisfaire le jugement. Wiesel est l’un des plus pitoyables et l’un des plus servile parmi les employés-Système du domaine qu’on sait, où il excelle dans la représentation permanente. L’intervention de ces diverses personnes intimement liées à la catastrophe de l’Holocauste représente une importante démarche de communication, en raison de la dimension religieuse (voir le 18 juin 2010), voire la dimension pseudo-métaphysique (cette thèse est défendue dans La Grâce de l’Histoire) que le Système a assigné à cet événement de l’Holocauste. Haaretz, le 23 août 2014, détaille l’intervention des signataires.

 

Russia Today, qui reprend l’information ce 25 août 2014, signale une intéressante coïncidence. La lettre ouverte a été publiée peu après, – quelques instants, observe le texte, – que 190 personnalités d’Hollywood aient signé une déclaration condamnant le Hamas pour son action barbare et, comme l’on sait, dévastatrice, avec ses tirs de fusée contre Israël. La déclaration constitue de facto une justification de l’action israélienne contre Gaza, conduite, comme l’on sait, avec la plus extrême modération par Netanyahou, – l’homme qui est à lui seul une définition hollywoodienne du terme “modération”.

 

Nous reproduisons ci-dessous la lettre ouverte :

Les survivants et descendants de survivants et victimes du génocide nazi condamnent sans équivoque le massacre des Palestiniens à Gaza

Comme survivants et descendants de survivants juifs et de victimes du génocide nazi, nous condamnons sans équivoque le massacre de Palestiniens à Gaza, l’occupation continue ainsi que la colonisation de la Palestine historique. Nous condamnons en outre les USA pour fournir à Israël le financement nécessaire pour mener à bien cette attaque, et les pays occidentaux plus généralement, pour peser de tout leur poids diplomatique afin de protéger Israël de la condamnation. Tout génocide commence par le silence du monde.

Nous sommes alarmés par la déshumanisation extrême et très raciste des Palestiniens dans la société israélienne, qui a atteint un paroxysme. En Israël, des politiciens et les experts ont appelé ouvertement, dans le Times of Israel et le Jerusalem Post, au génocide des Palestiniens, tandis que la droite israélienne arbore désormais publiquement des insignes néo-nazis.

En outre, nous sommes dégoûtés et scandalisés par la violence d’Elie Wiesel pour justifier l’injustifiable : l’effort de guerre d’Israël consiste à détruire Gaza et à assassiner plus de 2.000 Palestiniens, dont des centaines d’enfants. Rien ne peut justifier le bombardement des abris de l’ONU, des maisons, des hôpitaux et des universités ! Rien ne peut justifier de priver les gens d’électricité et d’eau !

Nous devons élever nos voix et utiliser notre pouvoir collectif pour mettre un terme à toutes les formes de racisme, y compris le génocide en cours du peuple palestinien. Nous demandons la fin immédiate du siège et du blocus de Gaza. Nous appelons au boycott économique, culturel et académique d’Israël. "Plus jamais ça" doit signifier PLUS JAMAIS ÇA POUR PERSONNE !


Merci à International Jewish Anti-Zionist Network


Source : http://www.dedefensa.org/article-ce...

et http://ijsn.net/gaza/survivors_and_...


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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 08:46
Interview d'Emmanuel Todd le 28 mai 2014 sur Herodote.net

« La Russie nous surprendra toujours »

 

L'historien Emmanuel Todd a entrevu en 1976 la fin de l'URSS avec un essai au titre provoquant : La chute finale. Aujourd'hui, dans un entretien inédit avec Herodote.net, il prend à nouveau l'opinion à rebrousse-poil en annonçant la renaissance de la Russie et l'effondrement de l'Ukraine. Avec des chiffres que nos dirigeants auraient intérêt à méditer.

Télécharger les entretiens avec Emmanuel Todd (Herodote.net, 2014)

Herodote.net : Vous tentez de comprendre les sociétés humaines et entrevoir leur futur à travers leurs indicateurs démographiques. Depuis quarante ans, la Russie est l'un de vos terrains de chasse favoris. Cela tombe bien. Au moment où elle fait à nouveau trembler l'Europe, dites-nous comment vous la percevez.

Emmanuel Todd : En 1976, j'avais découvert que la mortalité infantile était en train de remonter en URSS et ce phénomène avait troublé les autorités soviétiques au point qu'elles avaient renoncé à publier les statistiques les plus récentes. C'est que la remontée de la mortalité infantile (décès avant l'âge d'un an) témoignait d'une dégradation générale du système social et j'en avais conclu à l'imminence de l'effondrement du régime soviétique.

Aujourd'hui, disons depuis quelques mois, j'observe à l'inverse que la mortalité infantile dans la Russie de Poutine est en train de diminuer de façon spectaculaire. Parallèlement, les autres indicateurs démographiques affichent une amélioration significative, qu'il s'agisse de l'espérance de vie masculine, des taux de suicide et d'homicide ou encore de l'indice de fécondité, plus important que tout. Depuis 2009, la population de la Russie est repartie à la hausse à la surprise de tous les commentateurs et experts.

C'est le signe que la société russe est en pleine renaissance, après les secousses causées par l'effondrement du système soviétique et l'ère eltsinienne, dans les années 1990. Elle se compare avantageusement, sur de nombreux points, à bien des pays occidentaux, sans parler des pays d'Europe centrale ou de l'Ukraine, laquelle a sombré dans une crise existentielle profonde.

La mortalité infantile

La mortalité infantile (décès avant l'âge d'un an pour mille naissances) est sans doute l'indicateur le plus significatif de l'état réel de la société. Il dépend en effet tout à la fois du système de soins et des infrastructures, de la nourriture et du logement dont disposent les mères et leurs enfants, du niveau d'instruction des mères et des femmes en général...

Le graphique ci-dessous témoigne des progrès spectaculaires accomplis par les trois pays issus de l'ancienne URSS depuis la fin du XXe siècle. La Russie, partie de très haut (plus de 20 décès pour mille naissances) a rattrapé l'Ukraine et se situe à peine au-dessus des États-Unis.

Plus déroutants encore sont les progrès de la Biélorussie, qui se situe désormais au niveau de la France (3 pour mille). Qui l'eut cru de ce « trou noir » au milieu de l'Europe, dirigé par un obscur autocrate ? On verra qu'en tous points la Biélorussie colle à la Russie. Les deux pays ont des structures familiales similaires et la Biélorussie, au contraire de l'Ukraine, se satisfait d'une indépendance restreinte.

Mortalité infantile comparée en Russie, en Ukraine, en France... (Herodote.net, 2014)

 

Herodote.net : Mais quelle fiabilité pouvons-nous accorder à ces statistiques ?

Emmanuel Todd : La plus grande qui soit. Les données démographiques ne peuvent pas être trafiquées car elles ont leur cohérence intrinsèque. Les individus dont on a enregistré un jour l'acte de naissance doivent se retrouver dans les statistiques à tous les grands moments de leur existence et jusqu'à leur certificat de décès. C'est pour cela que le gouvernement soviétique a cessé de publier les taux de mortalité infantile quand ils lui ont été défavorables.

Ça n'a rien de comparable avec les données économiques ou comptables que l'on peut allègrement trafiquer comme l'ont fait le gouvernement soviétique pendant plusieurs décennies ou les experts de Goldman Sachs quand ils ont dû certifier les comptes publics de la Grèce pour lui permettre d'entrer dans la zone euro...

Les cigognes retrouvent le chemin de la Russie

L'indice de fécondité (nombre moyen d'enfants par femme) témoigne du renouveau démographique de la Russie même s'il est encore inférieur au seuil de remplacement des générations (comme dans tous les pays développés). Relevons dans les comparaisons ci-dessous l'effondrement de la Pologne catholique qui, visiblement, n'a pas profité de son entrée dans l'Union européenne.

   
Russie
Biélorussie
Ukraine
Pologne
France
Allemagne
États-Unis
1993
1,7
1,8
1,8
2,0
1,8
1,4
2,0
1999
1,2
1,3
1,3
1,5
1,7
1,3
2,0
2005
1,4
1,2
1,2
1,2
1,9
1,3
2,0
2013
1,7
1,6
1,5
1,3
2,0
1,4
1,9

Source : World Population Data Sheet / INED, Population & Sociétés.

 

Herodote.net : Ce regain de vitalité de la Russie est donc une surprise pour vous ?

Emmanuel Todd : Oui, tout à fait. Dans Après l'Empire, un essai consacré aux États-Unis et publié en 2003, j'ai envisagé cette éventualité dans un chapitre intitulé « Le retour de la Russie » mais je n'avais aucune donnée statistique me permettant de l'étayer. Je faisais seulement confiance à ma perception de la société russe, de ses structures familiales et étatiques.

C'est peu dire qu'elle n'est pas partagée par mes concitoyens. Dans les dernières années, j'ai été exaspéré par le matraquage anti-russe de la presse occidentale et en particulier française, avec Le Monde au coeur du délire !


Herodote.net : Vous exagérez !

Emmanuel Todd : Pas du tout. Ces médias ont réussi à aveugler l'opinion sur le redressement spectaculaire de la première puissance militaire du continent européen ! Ce faisant, je ne crains pas de le dire, ils nous ont mis en situation de risque.

La CIA s'est elle-même laissée abuser par ses préjugés. En se focalisant sur le désastre démographique des dernières décennies du XXe siècle, elle a cru à la disparition prochaine de la Russie. De même que l'Union européenne, elle a mal évalué les nouveaux rapports de force entre la Russie et ses voisins et c'est comme ça que, de maladresse en maladresse, on a abouti à l'annexion de la Crimée et à la guerre civile en Ukraine.

 

Herodote.net : Vous oubliez Poutine, sa brutalité, son homophobie...

Emmanuel Todd : Sur l'homophobie, je ne suis pas compétent, même si je suis à titre personnel favorable au mariage pour tous. Le magazine Marianne m'a confié il y a quelques semaines l'analyse d'un sondage sur la sexualité politique des Français et j'avoue que ça m'a beaucoup amusé...

Plus sérieusement, c'est vrai que le président russe n'a rien d'un social-démocrate ou d'un libéral. Interrogé par Le Point en 1990, j'avais dit qu'il ne fallait pas imaginer que la Russie devienne un jour une démocratie à l'anglo-saxonne. Ses structures familiales et étatiques s'y opposent tout autant que la violence inscrite dans son Histoire.

Mais la « poutinophobie » ambiante nous a masqué l'essentiel, ce que révèlent de façon claire les indicateurs démographiques : la chute de l'URSS a accouché d'une grande société moderne et dynamique, avec notamment un haut niveau d'éducation hérité de l'ère soviétique, des filles plus nombreuses que les garçons à l'Université et un bilan migratoire positif qui atteste de la séduction qu'exerce encore la société russe et sa culture sur les populations qui l'environnent.

Cela débouche sur ce que je qualifie faute de mieux de « démocratie autoritaire » ; un régime fort et même brutal, qui a néanmoins le soutien implicite de la grande majorité de la population.

Les filles à l'assaut de l'Université

Le pourcentage de filles par rapport aux garçons dans l'enseignement supérieur est un indicateur intéressant du degré de modernité d'une société et de la place qu'y tiennent les femmes ou qu'elles sont appelées à y tenir (source : OCDE, 2013).

  Suède
Russie
France    
États-Unis
Allemagne
140 filles pour 100 garçons
130
115
110
83

 

Herodote.net : Permettez-moi d'insister mais un président issu du KGB, la police politique soviétique, ça n'a rien de très moderne.

Emmanuel Todd : Et alors ? Le KGB et son avatar actuel, le FSB, sont des viviers pour les élites russes. Hélène Carrère d'Encausse a dit, en ironisant, qu'ils sont l'équivalent de l'ENA pour la France. Disons qu'ils participent de la nature violente du pays !

Le spectre d'Ivan le Terrible s'éloigne

Sur le chapitre des moeurs, on note de lentes améliorations en Russie, qu'il s'agisse des taux de suicide et d'homicide ou de l'espérance de vie masculine, longtemps plombée par l'alcoolisme et la violence.

   
taux de suicide (décès pour 100.000 habitants)
taux d'homicide (décès pour 100.000 habitants)
espérance de vie masculine
1998
35,5
22,9
61 ans
2010
30
10
64 ans

Pour rappel, le taux de suicide est de 16 pour 100.000 habitants en France (2008) ; le taux d'homicide est de 4,2 pour 100.000 habitants aux États-Unis et de 1 pour 100.000 habitants en France (2013).

Les graphiques ci-dessous représentent l'espérance de vie à 60 ans des femmes et des hommes. Ils témoignent du retard accumulé par l'URSS depuis les années 1950 et du redressement récent, qui demeure fragile.

Espérance de vie à 60 ans (Herodote.net, 2014)

 

Herodote.net : Vous nous assurez que la société russe se porte plutôt bien mais son économie, elle, va mal.

Emmanuel Todd : En matière d'économie, je ne veux pas trop m'engager. Notons simplement que les 1,4% de croissance de la Russie et son taux de chômage de 5,5% feraient pâlir d'envie le président Hollande. Et pour ne pas l'accabler, je ne dirai rien de l'indice de popularité de son homologue russe.

Mais il est vrai que la Russie vit pour l'essentiel sur une économie de rente fondée sur l'exploitation de son sous-sol et, de plus en plus, sur son agriculture. Pour le reste, elle s'en tient à une politique protectionniste destinée à protéger ce qui reste de son industrie.

Le pays a deux atouts : un territoire immense de 17 millions de km2 plein de richesses potentielles et une population de 144 millions d'habitants (2013) qui compte encore beaucoup de scientifiques de haut niveau, malgré le départ de 800.000 juifs pour Israël.

Ces deux atouts déterminent la stratégie de Poutine : protéger le territoire et ses ressources avec une armée performante, en attendant que l'économie mondiale achève sa transition vers l'Asie et les nouvelles technologies. On le voit mal faire un autre choix comme d'accueillir des industries de main-d’œuvre ou développer des entreprises exportatrices de biens de consommation.

Mais je m'en tiens là-dessus à des hypothèses. Ce qui, par contre, ne relève pas de l'hypothèse mais du réel, c'est le réconfortant redressement de la démographie russe. Il témoigne d'une santé qui ferait envie à de nombreux pays européens...

Cela dit, n'exagérons rien. Si par malheur, il devait arriver que je sois chassé de ma patrie, ce n'est pas en Russie que je me réfugierais mais aux États-Unis selon une tradition familiale bien établie !

Propos recueillis par André Larané pour Herodote.net, le 28 mai 2014

 

Publié ou mis à jour le : 2014-08-06 11:33:41

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 08:36

hollande-gattaz-pacte.jpg

Dans un entretien accordé mardi 26 août 2014 aux Échos, le président du MEDEF a souhaité que le nouveau gouvernement « continue la politique en faveur de la compétitivité des entreprises qui découle du Pacte de responsabilité » et accélère son application. Car, déplore-t-il, la plupart des mesures qu’il contient ne sont encore que « virtuelles, et ne rentreront en vigueur qu’à partir de 2015 ». C’est pourquoi « Il faut aller plus vite et plus loin ».


Mais cela ne suffira pas. Pierre Gattaz somme le gouvernement de s’« attaquer rapidement aux verrous de notre économie pour libérer le potentiel de créations d’emplois ». Ce n’est qu’à cette condition que les patrons lui accorderont pleinement leur confiance. Le MEDEF va rendre public mercredi son projet intitulé « France 2020 » qui préconise en particulier, parmi une vingtaine d’« activateurs de croissance », les réformes des seuils sociaux, de la réglementation du travail du dimanche et de « la soirée » ainsi que celle de la législation sur la durée du temps de travail qui doit « s’adapter aux besoins ». Pour «  s’attaquer au problème de l’investissement ».


Il est aussi nécessaire de « rouvrir tous les sujets qui bloquent l’orientation de l’épargne vers les entreprises », notamment « la taxation du capital ». « On ne peut pas tenir un discours contre les dividendes, prévient-il, et vouloir en même temps attirer les investisseurs ».


Pour en finir avec toutes ces « contraintes », le président du MEDEF veut « adapter le dialogue social au XXIe siècle », autrement dit les « partenaires sociaux » doivent comprendre que « l’entreprise est désormais au centre du jeu » et accepter que ce soit « au niveau de l’entreprise » (par opposition aux niveaux nationaux des conventions collectives de branche et des statuts) que les négociations doivent désormais se tenir.

 

source: POI

 

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 07:04

usa-carte-drapeau

Les événements de Ferguson, marquent pour ce pays l’immense ampleur de l’inégalité sociale et le caractère impitoyable du système capitaliste.


L’exécution policière du jeune de dix-huit ans, Michael Brown, non armé et la répression brutale des protestations que ce meurtre raciste a provoqué en est le révélateur.  Des points de contrôle ont été établis partout dans la ville et la police exige de voir les papiers des passants, elle arrête et menace des journalistes, interpelle des habitants.


Pour réprimer les manifestants pacifiques dans les rues de Ferguson, le gouverneur de l’Etat avec l’aval d’Obama a instauré l’« état d’urgence » et le déploiement de la Garde nationale utilisant des chars, la police anti-émeute en treillis militaires camouflés, armés de fusils automatiques utilisant des gaz lacrymogènes et tirant des balles en caoutchouc. Le pouvoir a imposé des restrictions de vol au-dessus la ville ; interdisant ainsi la couverture médiatique depuis les airs.


Le meurtre de Michael Brown, comme la réaction du pouvoir face aux manifestations qui ont suivi, met en lumière la militarisation de la société américaine ce qui fait dire à un présentateur de la NBC que le pouvoir utilise les «mêmes tactiques et les mêmes armes que l’on retrouve dans les combats urbains en Irak et en Afghanistan».


Au moins 130 personnes ont été tuées par la police aux États-Unis depuis début 2014.


La colère exprimée dans les rues de Ferguson est l'expression des sentiments profondément ressentis partout dans le pays,  pas seulement en réaction aux violences policières, mais aussi et surtout au sujet du chômage, de la pauvreté, de l’inégalité et de l’attaque incessante des conditions sociales du peuple américain.


L’impérialisme américain mène des guerres à l’étranger en prétextant que c’est pour la « démocratie », dans le même temps, les chars sont utilisés à l’intérieur du pays contre les manifestants. Le capitalisme montre qu’il ne reculera devant rien pour défendre son régime et réprimer toute opposition.


Cela met au grand jour la nature du capitalisme et montre du doigt les énormes ressources consacrées à l’armée et à la police alors que les dirigeants du pays prétendent qu’il n’y pas d’argent pour l’éducation et l’emploi.


La militarisation de la police aux États-Unis va de pair avec la brutalité politique menée à l’étranger. Ces deux processus découlent des graves difficultés économiques de l’impérialisme américain. Obama et la classe dirigeante agissent de plus par la violence pour poursuivre le pillage des richesses et préserver les profits capitalistes.


La croissance économique n'était que de 1,8%  l'an dernier, en-dessous de la moyenne des trois dernières années, la valeur du S&P 500 (l’équivalent du CAC40) est montée de plus de 20%, la montée extraordinaire des marchés d'actions est entièrement déconnectée du processus de production.


Les profits des entreprises, dopés par la baisse des salaires et l’exploitation de plus en plus grande des travailleurs, atteignent de nouveaux records et la fourniture illimitée d'argent frais par la Réserve Fédérale, à taux d’intérêts pratiquement nuls, conduisent à  des licenciements massifs. Les fusions-acquisitions ont augmenté de 50 pour cent au cours de l'année passée, l'annonce par Microsoft du licenciement de 18 000 employés au niveau mondial après le rachat par Nokia pour 7 milliards de dollars en est l’exemple


D'après une étude récente, en tenant compte de l'inflation, la valeur nette des revenus d’un ménage américain a baissé de 36% entre 2003 et 2014. Le revenu médian des ménages s'est effondré de 8,3% entre 2007 et 2012, le nombre de gens qui ont recours aux coupons alimentaires a augmenté de 70% depuis 2008.


Les mesures d’austérité imposées par le gouvernement Obama et appliquées autant par les démocrates que les républicains à tous les niveaux du pays  comme la réduction des bons alimentaires, les allocations chômage de longue durée, les attaques contre les soins de santé, l’éducation publique et les retraites n’ont fait qu’exacerber la crise sociale. 


L'énorme régression sociale de la société américaine se résume dans ces chiffres : un enfant sur quatre aux États-Unis vit en-dessous du seuil officiel de pauvreté et un sur cinq court le risque de souffrir de la faim.


Les multinationales américaines font leurs profits hors de l’activité productive, ils organisent le pillage par les fonds de pensions, les baisses de salaires, les fermetures des industries et les licenciements massifs des travailleurs.


La course au profit capitaliste attise les conflits dans le monde entier, les dirigeants américains cherchent dans la guerre un moyen de consolider leur position dans l'économie mondiale et détourner la colère sociale.


Chaque étape de la « crise économique » fait monter d’un cran la violence impérialiste.


L’impérialisme américain n’a pas l’exclusivité de cette situation. Un groupe de réflexion de l’Union européenne préconise de mettre fin aux grèves et aux manifestations au moyen de la force militaire.

Dans un rapport de «  l’Institut d’Etudes de Sécurité de l’Union Européenne », les auteurs préconisent d’utiliser l’armée pour maintenir l’ordre et protéger les riches de la colère des pauvres. Pourquoi se gêner ?


Dans un livre intitulé "l’Union Européenne et l’environnement sécuritaire mondialisé », rédigé par une équipe d’universitaires et « d’experts », Catherine Ashton représentante de la politique étrangère de l’UE qui a écrit la préface, y définit les paramètres à long terme de la politique sécuritaire de l’UE. 


Une contribution en résume l’orientation, celle de Tomas Ries, directeur de l’Institut suédois des Affaires internationales, il y suggère que l’UE combatte de plus en plus fréquemment les problèmes sociaux par des moyens militaires. Ainsi dans l’article 222 du traité de Lisbonne, un fondement juridique a été créé pour le déploiement de l’armée et d’unités paramilitaires à l’intérieur d’Etats de l’UE en crise…

 

Toutes ces orientations montrent qu’ils sont conscients  que la crise du système capitaliste peut déboucher sur des implications révolutionnaires.


A nous d’accélérer ce processus révolutionnaire par la lutte et le renforcement de notre parti pour abattre le capitalisme.

 

SOURCE: www.sitecommunistes.org

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 17:39

Lu sur El Diablo

chevenement

Dans "Marianne" en vente en kiosques cette semaine, Jean-Pierre Chevènement livre un entretien d’une grande densité. Pour lui, "l’action des gouvernements de gauche depuis trente ans n’est malheureusement pas étrangère" à la "désorientation intime" que connaît notre pays. On ne saurait mieux dire en cette période… Marianne.net vous livre quelques extraits de cette interview.

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Les responsabilités de la gauche et du PS : 

« Quel est le changement de paradigme opéré, de 1983 à 1985, par François Mitterrand et par le Parti socialiste à sa suite ? Substituer à un dessein national de transformation sociale l’ambition de “construire l’Europe”, fût-ce sur la base du néolibéralisme qui triomphait alors dans le monde anglo-saxon. Là est la racine du mal : l’abandon de notre Etat stratège et la profonde désindustrialisation du pays. » 

« C’est Delors qui a été en 1985 à l’initiative de la complète libéralisation des mouvements de capitaux non seulement à l’intérieur de l’Europe mais vis-à-vis des pays tiers. C’était un retournement historique de la position de la France. » 

« La “parenthèse” libérale ouverte en 1983 ne s’est jamais refermée et le PS n’a jamais remis en cause le parti pris ultralibéral qui est au cœur des traités qu’il a élaborés et votés depuis près de trois décennies. Et pour cause ! La “globalisation” a été voulue par les Etats-Unis mais elle a été codifée par des Français ! » 


Elites, peuple et République : 

« Nos élites, dont l’avidité est devenue le principal ressort, peuvent-elles retrouver la patrie ? Et notre peuple, emporté par le vent de l’hyperindividualisme, peut-il sortir de son repliement pour renouer avec l’idée d’un dessein collectif ? » 

« Ceux qui m’ont combattu depuis trente ans l’ont toujours fait comme si la tradition républicaine que je maintenais était synonyme de “repli national” ou autres fariboles. Ceux qui ne veulent pas entendre parler de nation sont bien souvent ceux qui ne veulent pas entendre parler de démocratie. Ils ne comprennent pas que seul un sentiment d’appartenance partagé peut fonder l’acceptation de la loi de la majorité par une minorité de citoyens. » 

« Comment gagner une élection quand on cesse de s’adresser au peuple tout entier ? La logique des partis tend à dominer l’Etat : comment expliquer autrement un projet de réforme territoriale qui ne procurera aucune économie ? Un projet aussi absurde et dispendieux que la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité ? Un projet aussi diviseur que le bouleversement du droit de la filiation ? »
 


 L’Europe, l’euro et l’Allemagne : 

« L’orthodoxie allemande met l’Europe dans l’impasse. Le peuple français sent tout cela. Il constate l’impuissance, la duplicité et l’incapacité de ses élites à le sortir du piège où elles l’ont précipité à grand renfort de promesses illusoires et mensongères ». 

« Le niveau de l’euro doit impérativement baisser d’environ 20 % pour l’économie française. » 

« Il est possible de déboucher sur la transformation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune externe, avec des subdivisions nationales. » 

« La France a un argument de poids qu’elle n’utilise pas : sans elle, la monnaie unique ne peut exister ! »
 


  
Poutine, la Russie et l’Ukraine : 

« Est-il raisonnable de méconnaître le fait que l’Etat russe a été depuis le milieu du XVIIIe siècle et reste aujourd’hui une puissance mondiale majeure ? Est-il sensé de vouloir défaire les synergies existantes en matière économique entre l’Ukraine et la Russie ? Vouloir exporter à toute force nos “standards”, nos “valeurs”, bref notre idéologie des “droits de l’homme” vers l’Ukraine et vers la Russie est une forme de nationalisme condescendant qui n’est pas sans rappeler l’état d’esprit qui prévalait dans les “Empires centraux” avant 1914. » 

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 17:30

citroen-livre.jpg

Présentation du livre et des auteurs

Les voitures Citroën sont dans les mémoires et dans le présent d’un siècle d’automobile. La vitrine est belle, les modèles sont rutilants, on célèbre le génial inventeur, mais qui se souvient des millions de femmes et d’hommes qui ont fait la marque aux chevrons ? Plusieurs dizaines de salariés, actifs et retraités, ont entrepris de révéler cette mémoire enfouie et souvent bafouée. Ils racontent dans cet ouvrage un siècle de travail, de passions pour le métier, de répressions féroces et toujours plus élaborées, de solidarités tenaces et de fiertés reconquises. En réunissant des documents et photographies rares, des témoignages de vie et de luttes, ce livre met en lumière ce qui a produit le fabuleux objet de liberté qu’est l’automobile : la passion de l’innovation, l’effort humain, la bataille toujours recommencée pour le révéler et le faire reconnaître.


Cet ouvrage a été coordonné par Roger Gauvrit, Allain Malherbe et Jean-Yves Masson, anciens salariés de Citroën des années 1960 à 2009 en région parisienne et rennaise, militants cégétistes.


Allain Malherbe est né en 1950 dans le Morbihan. Il a été ajusteur à Citroën-Javel (Paris 15e) de 1967 à 1980, puis cadre dans le tourisme social et la rééducation professionnelle. Diplômé en histoire et en psychologie, il est secrétaire de l’Institut d’histoire sociale CGT de la Métallurgie.


Roger Gauvrit est né en 1946 en Vendée. Formeur carrossier au bureau d’études Citroën à Paris de 1963 à 1967, puis sur la chaîne de la SM jusqu’en 1972. Il a été conseiller PCF de Paris de 1983 à 1989. Il est secrétaire de l’Institut d’histoire sociale CGT de la Métallurgie.


Jean-Yves Masson est né en 1954 en Loire-Atlantique. Il a été ouvrier à Citroën-Rennes La Janais entre 1975 et 2009. Il est animateur de la section des retraités PSA-Citroën La Janais et membre du conseil d’administration de l’Institut d’histoire sociale CGT de Bretagne.


Avec le concours d’Alexandre Courban, docteur en histoire, consultant en projets culturels à caractère historique, auteur de Gabriel Péri, un homme politique, un député, un journaliste (La Dispute, 2011).


Les auteurs : Bernard Amiot, Jacques Colin, Vassili Dumay, Roger Gauvrit, André Jaouen, Georges Jarry, Gérard Lebatteux, Paul Le Bourgeois, Jacques Leroux, Gérard Levassort, Allain Malherbe, Jean-Yves Masson, Roger Meyre, Claire Mouzas, Serge Pronteau, Claude Rousseau, Alain Villeléger

LE BLOG « CITROËN PAR CEUX QUI L’ON FAIT » EST ICI

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 09:45

Lu sur Russeurope, le blog de Jacques Sapir.

 

Russie-Ukraine

28 août 2014
Par

 

Le gouvernement de Kiev prétend depuis maintenant plusieurs semaines que des troupes russes opéreraient en Ukraine, sans toutefois être en mesure de présenter des preuves de cela. Depuis 24h ces accusations sont reprises par des nombreuses sources. L’ambassadeur Américain à Kiev à parlé d’une « invasion » sur son compte twitter. Le Département d’Etat, plus prudent parle seulement d’incursion. Les autorités de l’OTAN prétendent aussi avoir les preuves de cette « invasion », mais aujourd’hui (28 août) on ne parle plus que d’un millier d’hommes. Les autorités russes nient tout cela, tout en reconnaissant que des unités opérant sur la frontière on pu s’égarer (ce qui est AUSSI arrivé à des unités de l’Armée Ukrainienne). Il faut alors remarquer les faits suivants :

  • (1) Il est clair qu’il y a des volontaires russes combattants avec les insurgés. Ceci n’est pas un secret. Certains de ces volontaires sont des nationalistes, d’autres sont proches du Parti Communiste de Russie (KPRF). Ceci n’est pas suffisant pour parler d’une intervention directe de la Russie, tout comme la présence de 800 « volontaires » (i.e. mercenaires) américains de la société Academi (ex Blackwater) n’implique pas le gouvernement américain. Signalons aussi que, du côté de Kiev, se battent des volontaires Suédois et Polonais, et que l’on signale, du côté des insurgés, des volontaires espagnols (membres d’une organisation d’extrême-gauche), italiens et même français.
  • (2) Que certains de ces volontaires soient d’anciens soldats, voire des soldats et officiers ayant demandé un congé sans solde est possible, et même assez probable.
  • (3) On ne doit pas exclure que des « conseillers » russes opèrent au profit des insurgés, de même que l’on sait que des conseillers de pays de l’OTAN et des Etats-Unis entraînent les soldats de Kiev et la Garde Nationale.
  • (4) La Russie fournit une aide indirecte aux insurgés, que ce soit en laissant fonctionner les filières de recrutement des volontaires ou en rétrocédant aux insurgés le matériel des troupes de Kiev quand ces dernières, encerclées, se font interner en Russie. C’est ainsi que les insurgés ont acquis les grandes quantités de matériel militaire dont ils disposent. La position de la Russie n’est pas la neutralité mais la non-belligérence.
  • (5) Les accusations de ces deux derniers jours trouvent visiblement leur source dans la défaite cuisante subie par les forces de Kiev et l’effondrement partiel des unités déployées sur la partie sud du Front. De plus, des unités importantes sont encerclées depuis maintenant 4 jours au sud de Donetsk. La crise militaire que connaît le gouvernement de Kiev est une réalité, qui peut s’expliquer sans avoir recours à l’intervention russe. Il est cependant clair que le gouvernement de Kiev, qui semble avoir compris son erreur d’avoir cru pouvoir régler la question de l’insurrection de manière militaire, cherche à internationaliser cette guerre . C’est une logique infernale dans laquelle il convient de ne pas tomber.
  • (6) Les accusations proférées par des autorités américaines amènent à se pencher sur le passé. Dans le cas du drame du vol MH17, nous sommes toujours sans les preuves que ces mêmes autorités avaient pourtant annoncées. De plus en plus de responsables, tant en Grande-Bretagne qu’en France, émettent désormais des doutes importants sur la thèse « officielle » d’une implication des forces insurgées, voire de la Russie. Compte tenu du rôle psychologique joué par ce drame, la plus grande prudence s’impose désormais pour les pays occidentaux.
  • (7) Il est cependant clair que plus longtemps les opérations militaires dureront, plus grand sera le risque d’une confrontation directe entre les forces russes et l’armée de Kiev. C’est pourquoi, il est essentiel que l’on arrive à un cessez-le-feu le plus rapidement possible. Ce cessez le feu doit être inconditionnel. Il peut s’accompagner de la possibilité pour les forces de Kiev qui sont encerclées de se retirer, avec ou sans leur matériel, jusqu’à leurs lignes.
  • (8) Le cessez-le-feu ne peut être le résultat d’un accord politique, mais au contraire il est la condition pour que des négociations directes entre le gouvernement et les insurgés puissent s’ouvrir. De ce point de vue, le temps presse…

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