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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 08:58
L’art de la guerre
Par Manlio Dinucci
Mondialisation.ca, 21 avril 2015
 
"Exercise Noble Jump"

« Noble Jump » est le nom de la manoeuvre Otan qui s’est déroulée du 7 au 9 avril en Allemagne, Hollande, République Tchèque et huit autres pays européens, où en 48 heures ont été mobilisés des milliers de soldats de la « Force de pointe » à très haute rapidité opérative, faisant partie de la « Force de riposte » de 30mille soldats. La seconde phase se déroulera les 9-20 juin en Pologne, où seront déployées des troupes provenant d’Allemagne, Hollande, République Tchèque, Norvège et autres pays. On prépare ainsi la « Trident Juncture 2015 », la manoeuvre qui, de 28 septembre au 6 novembre, se déroulera en Italie, Espagne et Portugal avec des unités terrestres, aériennes et navales et avec des forces spéciales de tous les pays de l’Otan. Avec 25mille participants, annonce le US Army Europe, elle sera « la plus grande manoeuvre Otan depuis la chute du Mur de Berlin », qui testera les capacités de la « Force de riposte », dont le rôle -a expliqué un porte-parole Otan- est de « répondre à une crise avant même qu’elle ne commence », en d’autres termes  celui de la « guerre préventive ». Celui qui conduira la manoeuvre est le Jfc Naples, commandement Otan (avec quartier général à Lago Patria, Naples) aux ordres de l’amiral étasunien Ferguson, simultanément commandant des Forces navales USA en Europe et des Forces navales du Commandement Africa. Comme déclare le général étasunien Breedlove -Commandant suprême allié en Europe (le chef militaire de l’Otan toujours nommé par le Président des Etats-Unis) – ces manoeuvres constituent « une claire indication que notre Alliance a la capacité et la volonté de répondre aux défis émergents contre la sécurité sur nos flancs méridional et oriental ». C’est-à-dire qu’elle a la capacité et la volonté, en partant des bases en Europe, de faire d’autres guerres en Afrique du Nord/Moyen-Orient (où se prépare une autre intervention militaire en Libye) et en Europe orientale. Sur le « flanc oriental » l’Otan, après avoir provoqué l’explosion de la crise ukrainienne, fait de plus en plus pression sur la Russie.

Au large de l’Ecosse est en cours (11-24 avril) la plus grande manoeuvre navale Otan de la série « Joint Warrior », en fonction anti-Russie, avec la participation de plus de 50 navires de guerre et 70 chasseurs-bombardiers de 14 pays, y compris un groupe naval sous commandement italien. En Mer Noire, où en mars s’est déroulée une manœuvre Otan à laquelle a aussi participé l’Italie, des navires de guerre étasuniens croisent aux limites des eaux territoriales russes. Quand un chasseur-bombardier russe, désarmé mais outillé pour la guerre électronique, a survolé le torpilleur lance-missiles Donald Cook, le Pentagone a protesté pour « cette action provocatrice russe qui viole les protocoles internationaux ». Sont légaux par contre, pour Washington, les drones USA Global Hawk qui survolent la Mer Noire et l’Ukraine. Où est arrivé de Vicence un convoi USA de la 173rd Airborne Brigade avec armes et équipements pour l’opération « Fearless Guardian » : l’entraînement, pour une période de six mois, de trois bataillons (de claire inspiration nazie) de la Garde nationale ukrainienne, effectué par environ 300 paras USA. À qui s’ajoutent des centaines d’instructeurs envoyés par Grande-Bretagne et Canada. Ottawa fournit aussi à Kiev des images à haute définition de son satellite Radarsat-2 pour une utilisation militaire.

Et l’Allemagne ? Tandis que d’un côté elle semble se différencier de Washington en traitant avec Moscou, de l’autre elle participe aux manoeuvres Otan sous commandement USA en fonction anti-Russie et, en même temps, arme la Lituanie en lui offrant même des obus automoteurs Panzerhaubitze 2000, qui tirent 12 projectiles de 155mm à la minute avec une portée de 30-40 Km. Les mêmes qui ont été utilisés par l’Allemagne dans la guerre Otan en Afghanistan.

 Manlio Dinucci

Edition de mardi 21 avril 2015 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/escalation-usanato-in-europa/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Manlio Dinucci est géographe et journaliste. Il a une chronique hebdomadaire “L’art de la guerre” au quotidien italien il manifesto. Parmi ses derniers livres:  Geocommunity (en trois tomes) Ed. Zanichelli 2013; Geolaboratorio, Ed. Zanichelli 2014;Se dici guerra…, Ed. Kappa Vu 2014.

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 08:54

Présentation du livre d’Ignacio Ramonet

Par Mémoire des luttes  |  3 avril 2015

Soirée de présentation du livre : « Hugo Chávez, Ma première vie. Conversations avec Ignacio Ramonet ». Le jeudi 5 mars 2015 à la Maison de l’Amérique Latine (Paris 7e).

Hugo Chávez, Ma première vie. Conversations avec Ignacio Ramonet

Un livre d’Ignacio Ramonet

Sur Mémoire des luttes

 

 

Rares sont les personnalités contemporaines qui ont eu, sur l’histoire de leur pays, un impact aussi décisif que celui provoqué par Hugo Chavez (1954-2113). Elu président du Venezuela en 1999, Il a réveillé l’ensemble de l’Amérique latine par la puissance de son verbe, la modernité de ses idées et l’exemple des avancées de sa Révolution bolivarienne. L’impuissance des castes latino-américaines traditionnelles à répondre aux aspirations de « ceux d’en bas » a ouvert le chemin à une génération de dirigeants néoprogressistes venus du monde syndical, du militantisme social, des luttes indigènes et même de la guérilla : Lula et Dilma au Brésil, Evo Morales en Bolivie, Rafael Correa en Equateur, Nestor Kirchner et Cristina Fernandez en Argentine, Tabaré Vazquez et José Mujica en Uruguay, et tant d’autres. Mais le premier d’entre eux fut Chavez.
Dans ce livre gorgé de révélations, résultat de cinq ans de travail et de plus de deux cents heures de conversations avec Hugo Chavez, Ignacio Ramonet dresse un passionnant portrait du leader vénézuélien qui raconte sa vie avec ses propres mots.
Qui était Chavez avant de devenir une célébrité politique universellement connue ? Quelle fut son enfance ? Quelle éducation a-t-il reçu ? Quand commença-t-il à s’intéresser à la politique ? Quels livres lisait-il ? Par qui a-t-il été influencé ? Quelle était sa vision géopolitique ? De quels courants idéologiques se réclamait-il ?
Ces mémoires dialogués, centrés sur la première étape de la vie du commandant vénézuélien, apportent des clés indispensables pour comprendre son destin politique. C’est un indispensable livre d’histoire pour celles et ceux que veulent comprendre la première étape du XXIe siècle en Amérique latine et dans le monde.

 

Ignacio Ramonet, Hugo Chávez, Ma première vie. Conversations avec Ignacio Ramonet, aux éditions Galilée, Paris, mars 2015, 720 pages, 32,50 euros.

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 23:15
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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 23:05

Des déclarations dangereuses et inacceptables du Ministre grec de la Défense

Le Ministre de la Défense du gouvernement SYRIZA-ANEL, Panos Kammenos, a effectué une visite officielle aux États-Unis, où il a participé à un défilé commémoratif de  la journée du 25 Mars, journée de l'indépendance de la Grèce. 

Durant sa visite aux États-Unis P. Kammenos a rencontré Victoria Nuland, la Secrétaire d'État adjointe des États-Unis et responsable des affaires européennes et eurasiatiques.

Lors des déclarations du Ministre grec de la Défense la question de l'exploitation commune  du pétrole et des gisements de gaz  naturel qui sont localisés en Grèce  a été abordé. En effet, il a présenté cette coopération comme le moyen pour sortir de la crise capitaliste en cours. Il s est prononcé en faveur d'une plus étroite coopération militaire avec les États-Unis et Israël. Par ailleurs, il a donné des garanties sur le fait que le nouveau gouvernement grec veut une étroite coopération avec les États-Unis. Il a proposé de contribuer aux opérations de l'OTAN et des États-Unis qui sont menées sous le prétexte de la « guerre contre la terreur ». 

En réaction à ces déclarations inacceptables, le Bureau de Presse du CC de KKE a publié le 30 mars  la déclaration suivante: 

« Le Ministre de la Défense du gouvernement SYRIZA-ANEL, Panos Kammenos, a fait une série de déclarations inacceptables et dangereuses durant sa visite aux États-Unis. 

Il a tenté de présenter la proposition du partage de la richesse énergétique dans la mer Égée et plus largement du pays avec les États-Unis comme une panacée pour la crise capitaliste. Cependant, l'expérience nous montre que les questions d'énergie, dans les conditions capitalistes et dans les conditions de l'intensification des conflits intra-impérialistes, non seulement ont échoué pour assurer la prospérité. Mais sont en fait un « aimant » pour des conflits et des confrontations sanglantes qui sont la « source » de la désintégration des États et d'autres maux. 

Le gouvernement porte de graves responsabilités. L'invitation aux États-Unis d'agir comme un arbitre transatlantique de la richesse énergétique du pays, et sa présentation comme une force garantissant la stabilité, sont une provocation envers notre peuple. 

L'expérience a montré que les « solutions » de cette nature, dynamitent les droits souverains et conduisent notre peuple dans des nouvelles aventures. C'est ce que a montré une série des développements dans d'autres pays, qui sont des étroits alliés des États-Unis dans la région, comme la Géorgie et l'Ukraine. Cette exploitation partagée des ressources est lié au « banquet » des monopoles américains de l'énergie avec les entrepreneurs  locaux qui, bien entendu, cherchent à l'organiser sur les dos de la classe ouvrière et des autres couches populaires.

Les déclarations du Ministre au sujet de l'extension de la doctrine unifiée de la défense pour la Grèce et Chypre « avec la participation d'Israël, en association et au moyen d'une coopération plus serrée avec les États-Unis », sont tout aussi dangereuses. Ils impliquent notre pays encore plus profondément dans la rivalité  inter-impérialiste, alors que la paix dans la mer Égée et en Méditerranée ne peut être sauvegardée par les responsables de dizaines de crimes autour du monde, par ceux qui continuent de massacrer le peuple de Palestine. 

Le Ministre de La Défense a une fois de plus offert le soutien du pays des plans belligérants de l'OTAN et des États-Unis en préparation au Moyen Orient et en Afrique du nord, avec comme prétexte  « la guerre contre la Terreur ». 

Les points ci-dessus, tout comme les éloges en faveur des États-Unis, auxquels M. Kammenos a eu recours, constituent les garanties qui sont offertes par le gouvernement SYRIZA-ANEL aux États-Unis. Toutefois sa déclaration «  n'ayez crainte, la Grèce ne change pas son cours » est la plus parlante. Ces déclarations sont faites quelques jours avant la visite du Premier Ministre Alexis Tsipras à Moscou. Elles montrent le désir du nouveau gouvernement d'utiliser des manœuvres risquées dans le conflit géopolitique des « géants » capitalistes de sorte à garantir les bénéfices les plus grands possibles de la bourgeoisie du pays. Cependant, il est bien connu que « quand les buffles combattent dans le marais, les grenouilles paient le prix ». 

Pour cette raison, les positions de KKE pour le désengagement des alliances impérialistes de l'OTAN et de l'UE, pour l'annulation unilatérale de la dette, pour la socialisation de l'outil de l'économie, de la richesse produite par les travailleurs, avec le pouvoir populaire sont nécessaires et d'actualité. Sous cette orientation, les richesses minérales du pays, qui sont en fait la propriété du peuple, peuvent être utilisées avec comme critère l' intérêt du peuple au lieu d'être détenus ou vendues aux monopoles. »

 

 

31.03.2015

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 10:20
Ce sont les soldats de la Garde Nationale ( ex "Pro-Maïdan") que vont entraîner les Américains.  C'est-à-dire les forces ukrainiennes composés des membres de Svoboda et surtout de Pravy Sektor (néonazis ukrainiens).  Preuve que les Américains veulent faire capoter les accords de Minsk II et tout accord politique.  Avec le gouvernement, avec les fascistes ukrainiens, ils veulent la guerre au nom de "la liberté et de la démocratie en Europe" comme l'a déclaré Porochenko.  Il serait temps que les peuples européens, que les Français prennent conscience du danger.   Il faut sortir de l'OTAN et mener une politique extérieure indépendante des Etats-Unis ! Le 30 mai ce sera l'occasion de le dire haut et fort dans les rues de Paris. AC.
 
Ukraine: des instructeurs militaires américains commencent à entraîner les soldats

21 Avril 2015, 07h59

 
 

Des soldats ukrainiens et américains participent à une cérémonie officielle le 20 avril 2015 à Lviv avant de commencer des entraînements communs

Des soldats ukrainiens et américains participent à une cérémonie officielle le 20 avril 2015 à Lviv avant de commencer des entraînements communs (AFP/GENYA SAVILOV)

Quelque 300 parachutistes américains déployés dans l'ouest de l'Ukraine ont commencé lundi, en présence du président Petro Porochenko, à entraîner des soldats ukrainiens devant combattre les séparatistes prorusses, des exercices dont l'annonce avait déclenché la colère du Kremlin.
"Chers partenaires et amis, soyez les bienvenus en Ukraine", a déclaré en anglais le président Porochenko à la cérémonie d'ouverture de ces exercices qui s'est déroulée sous une pluie battante en présence de très nombreux médias ukrainiens et occidentaux.

 


Ces manoeuvres sur le terrain d'entraînement de Iavoriv, près de la frontière polonaise, interviennent au moment où l'Ukraine fait face à "une agression" lancée par "un Etat étranger", a déclaré M. Porochenko en référence à la Russie.
Celle-ci a annexé en mars 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée et est accusée par Kiev et les Occidentaux d'armer les rebelles et d'avoir déployé ses troupes en Ukraine, ce que Moscou nie farouchement.
Ce conflit armé qui a fait plus de 6.000 morts en un an "est non seulement une guerre pour l'indépendance de l'Ukraine mais aussi une guerre pour la liberté et la démocratie en Europe", a ajouté le président ukrainien.
Des instructeurs américains avaient déjà participé à des manoeuvres conjointes avec l'armée ukrainienne. Mais c'est la première fois que les parachutistes de la 173e brigade aéroportée, arrivés d'Italie où ils sont basés, entraînent 900 soldats de la Garde nationale ukrainienne.
Subordonnée au ministère de l'Intérieur, la Garde nationale comprend des troupes de ce ministère et des volontaires ayant fait partie des milices d'autodéfense du Maïdan, mouvement de contestation pro-européen dans le centre de Kiev réprimé dans le sang en février 2014.
Les Américains "vont nous apprendre tout ce qu'ils savent faire, de la préparation individuelle jusqu'aux choses les plus difficiles, comme la correction de tirs, la communication entre les unités, la planification des opérations", a déclaré à l'AFP à Iavoriv un porte-parole militaire, Oleksandre Poroniouk.
"On attend beaucoup mais on verra le résultat à la fin", a tempéré Oleksandre, un soldat de la Garde nationale.
[...] Lire la suite sur le Parisien.fr

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 09:10

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 08:22
Dans La Tribune

Crise grecque Le premier ministre grec Alexis Tsipras tente de trouver des ressources.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras tente de trouver des ressources. (Crédits : Reuters)

Romaric Godin  | 

Athènes oblige désormais les entités publiques à mettre leurs liquidités à disposition de l'Etat. Les besoins de liquidité de ce dernier sont jugées "urgents" et "imprévus".

Le gouvernement grec a, ce lundi 20 avril dans l'après-midi, pris une nouvelle décision d'urgence. Un décret présidentiel a ainsi réquisitionné les réserves de liquidités de toutes les entités publiques qui devront désormais être déposées auprès de la Banque centrale. La mesure reste cependant limitée, selon Reuters, puisque quelques entreprises publiques et les fonds de retraites ne sont pas concernés. Cette décision est justifiée par le décret par des "besoins urgents et imprévus". La situation des comptes de l'Etat grec pourrait donc s'être à nouveau brutalement dégradée après le paiement de près de 500 millions d'euros au FMI le 9 avril dernier.

Prochaines échéances

La Grèce doit en effet faire face à plusieurs échéances importantes le mois prochain. Outre 2 milliards d'euros de salaires et de pensions, il doit, le 12 mai prochain, rembourser 774,2 millions d'euros au FMI. En mars, le gouvernement avait déjà mobilisé les fonds de réserve de la sécurité sociale, mais, avec la fuite des capitaux, les recettes fiscales fondent rapidement et les besoins de financement augmentent vite. Athènes doit donc mobiliser l'ensemble des fonds disponibles pour faire face à ces prochaines échéances.

Signal aux créanciers

Mais ce décret est aussi un signal envoyé aux créanciers. Alors que, désormais, un accord doit être trouvé entre la Grèce et ces derniers avant le 11 mai prochain, Athènes fait savoir très clairement qu'elle atteint les limites de ses capacités. Autrement dit, si aucun accord n'est trouvé et qu'une partie des 7,2 milliards d'euros restant dans le FESF pour la Grèce n'est pas versée, le défaut deviendra inévitable, peut-être dès le 12 mai.

Mesure de précaution

Du reste, il est possible que cette décision soit également une mesure de précaution. Le décret pris ce 20 avril permet de centraliser le contrôle des euros détenus par l'ensemble des entités publiques. C'est une mesure d'urgence qui peut s'avérer utile en cas de défaut ou en cas de sortie de la zone euro. Il s'agit alors d'éviter que des collectivités locales ou d'autres entités publiques refusent de placer leurs devises à disposition de l'Etat. Là aussi, le message s'adresse aux créanciers : la Grèce se prépare au pire.

Message en interne

Enfin, le message est également envoyé en interne à la population grecque. Il s'agit de montrer combien le pays fait d'efforts pour honorer ses engagements. Mais il s'agit aussi, à l'occasion, de montrer les extrémités auxquelles le pays est contraint suite à la stratégie des Européens. Si le conflit s'amplifie, le gouvernement pourra mettre en avant l'aspect insoutenable à long terme de ces mesures. Et ainsi appeler à la rupture...

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:33

Publié par Jean Lévy

Quand le FMI rançonne le peuple grec

CADTM

 

Le FMI a fait 2,5 milliards € de bénéfice sur ses prêts à la Grèce

10 avril par Jubilee Debt Campaign

Jubilee Debt Campaign montre que le FMI a déjà fait 2,5 milliards € de profits sur ses prêts à la Grèce depuis 2010, et ceci avant le paiement de 462 millions € du jeudi 9 avril. Si la Grèce rembourse le FMI en totalité ce chiffre s’élèvera à 4,3 milliards € d’ici 2024.

Le FMI applique un taux d’intérêt effectif de 3,6 % sur ses prêts à la Grèce. Ceci est beaucoup plus que le taux de 0,9 % dont l’institution a actuellement besoin pour couvrir ses frais. À ce taux d’intérêt, la Grèce aurait payé 2,5 milliards € de moins au FMI.

Sur l’ensemble de ses prêts à tous les pays en crise de la dette entre 2010 et 2014, le FMI a réalisé un bénéfice total de 8,4 milliards €, dont plus d’un quart vient de la Grèce. Tout cet argent a été ajouté aux réserves du Fonds, qui totalisent maintenant 19 milliards €. Ces réserves sont destinées à couvrir les coûts des défauts de paiements. La dette totale de la Grèce envers le FMI est actuellement de 24 milliards €.

Tim Jones, économiste à Jubilee Debt Campaign, a déclaré :

« Les prêts du FMI à la Grèce n’ont pas seulement renfloué les banques qui ont prêté imprudemment, ils ont en fait ponctionné encore plus d’argent au pays. Cet intérêt usuraire ajoute à la dette injuste imposée à la population grecque ».

Traduction Yvette Krolikowski et Christine Pagnoulle.

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:16

Michel El Diablo

Tension sur les FINANCES GRECQUES, et lancement d’une « commission de vérité sur la dette »
Tension sur les FINANCES GRECQUES, et lancement d’une « commission de vérité sur la dette »

Le 

« Le temps est désormais compté » pour trouver un accord entre Athènes et ses créanciers de l’ex-Troïka. C’est l’avertissement qu’a lancé en début de semaine le Commissaire européen chargé de l’euro, Valdis Dombrovskis.

Les discussions entre l’eurogroupe (ministres des pays de la zone euro) et le gouvernement grec issu des élections de janvier ont connu divers rebondissements. Un accord de principe avait été trouvé le 20 février dernier, permettant de « prolonger » le renflouement de la Grèce jusqu’à juin, mais conditionnant le versement d’une dernière tranche de prêts (plus de 7 milliards d’euros) à la présentation par le ministre grec des finances d’un plan de « réformes ».

Le 1er avril, Athènes avait soumis un tel plan, dévoilé par le quotidien britannique Financial Times (nos informations). Mais, manifestement, pour Bruxelles, cela ne suffit pas.

Or la situation du Trésor grec est particulièrement tendue. Il a remboursé la semaine dernière une échéance de 450 millions d’euros due au FMI, mais doit encore débourser 2,5 milliards cette semaine pour renouveler un paquet d’obligations venant à maturité. Dans les quatre prochains mois, les échéances de remboursement cumulées s’élèvent à 16 milliards. Pour M. Dombrovskis, une telle situation devrait « pousser le gouvernement hellène à accélérer les discussions » avec ses « partenaires » européens.

Parallèlement, une « commission de vérité sur la dette » a été instituée par le parlement grec. Celle-ci, composée d’experts internationaux, aura pour mission d’examiner tout à la fois la légalité et la légitimité de ladite dette. Le spécialiste de sciences politiques belge Eric Toussaint coordonnera l’équipe scientifique. Ce dernier a annoncé qu’un premier rapport serait rendu d’ici la fin juin – une échéance décisive dans les rapports entre Athènes et ses créanciers. L’étude portera sur l’endettement accumulé depuis 2009, avant d’être étendue aux périodes antérieures.

Selon M. Toussaint, il faudra notamment de déterminer dans quelles conditions « l’on est passé d’une dette publique détenue à 80 % par des créanciers privés, en particuliers des banques de la zone euro et du Royaume-Uni, à une dette détenue à 80 % par des créanciers publics ou parapublics ». En outre, la restructuration de la dette de 2012 a réduit les créances – mais pas celles de la Banque centrale européenne (BCE). Ce privilège était-il légal ? Sinon, la BCE n’est peut-être pas fondée à réclamer aujourd’hui l’intégralité de ses prêts.

Mais c’est surtout la légitimité des crédits qui sera examinée par les experts. « Il s’agira d’établir si les crédits ont été accordés en respectant l’intérêt général, ou en favorisant des intérêts particuliers et si oui, de trouver lesquels », a précisé M. Toussaint. Les chercheurs tenteront de déterminer si les conditions imposées à la Grèce ont conduit à ce que soient violés les droits fondamentaux des citoyens, en plongeant des milliers d’entre eux dans la pauvreté absolue.

Les conclusions des travaux de la commission pourraient mettre les dirigeants de l’eurogroupe en difficulté. Cependant, d’ici juin, les événements pourraient s’accélérer. Et même si cela reste une hypothèse très peu probable, certains gouvernements (le finlandais, et, hors euro, le britannique) ont reconnu travailler à des plans d’urgence dans le cas d’une sortie impromptue de la Grèce hors de la monnaie unique, provoquée par un remboursement non effectué (« défaut »).

Ainsi, une source anonyme au sein du gouvernement grec confiait mardi (14 avril) au Financial Times en perspective de la réunion du 24 avril : «nous arrivons au bout du chemin ; si les Européens ne veulent toujours pas débloquer la dernière tranche de prêts, il n’y aura pas d’alternative au défaut de paiement ».

SOURCE: Allez sur le site de

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:15
La Grèce face à l’hybris européen
18 avril 2015

Par

La question d’un possible défaut de la Grèce dans les jours, voire les semaines, qui viennent est désormais régulièrement posée. Mais, cette question est parfois confondue avec celle des liquidités internes. Or cette question est aujourd’hui le principal instrument utilisé par l’Eurogroupe pour étrangler la Grèce et tenter d’imposer des politiques qui ont été rejetées par les électeurs le 25 janvier. Rien que cela en dit long sur la notion de la démocratie des principaux responsables européens, et en particulier de M. Jean-Claude Juncker (un multirécidiviste sur ce point qui avait déclaré à la suite de cette élection du 25 janvier « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »[1]) ou M. Moscovici. Ajoutons que les récentes déclarations de M. Schäuble[2] vont parfaitement dans ce sens. On mesure que le mot « démocratie » n’est qu’un slogan sans contenu pour les dirigeants de l’Union européenne.

La question des remboursements

La Grèce doit de l’argent au FMI, à la BCE ainsi qu’aux différents fonds d’aides (MES et FESF). Les échéanciers des remboursements jusqu’au 19 juin sont les suivants :

Graphique 1

Echéanciers des remboursements

A - chart Detts

On constate qu’a part de petits remboursements à la BCE, l’essentiel, du moins jusqu’au 19 juin, sera les remboursements aux FMI (2,54 milliards d’euros). Or, le Fond Monétaire International s’est distingué pour l’instant par une attitude bien plus « souple » que celle de la BCE ou de l’Eurogroupe qui supervise les paiements à faire pour le MES et le FESF. Il n’est donc pas exclu que l’on trouve un arrangement sur ces 2,54 milliards d’Euros. Mais, un tel arrangement ne peut être que provisoire. La Grèce devra rembourser, entre le principal et les intérêts, environ 7 milliards aux diverses institutions européennes entre la fin du mois de juin et le début du mois de juillet. Le gouvernement Grec a dit, à de nombreuses reprises, qu’il ne ferait pas ces paiements car ces derniers prélèveraient l’ensemble des sommes (et au-delà) sur le (petit) excédent fiscal primaire qu’il réalise et qu’il souhaite affecter tant à des mesures de soutien à la population qu’a des mesures de relance de l’activité économique. On sait aussi que l’Eurogroupe, pour l’instant, refuse cette solution. L’Eurogroupe refuse de même de négocier sur la dette, et cherche à imposer des réformes qui, outre qu’elles sont à tout plein inutiles[3], sont refusées par le gouvernement grec et surtout pas ses électeurs. Nous sommes donc dans une impasse.

Il s’en déduit qu’un défaut de la Grèce peut survenir dans les semaines qui viennent, mais surviendra de toute manière entre la fin juin et le début du mois de juillet. Sauf si, d’un côté ou de l’autre, un changement de position survient.

La crise de liquidité

Pour chercher à faire céder la Grèce, et imposer une politique dont les électeurs grecs clairement ne veulent pas, l’Eurogroupe institue un rationnement dans l’offre de liquidité à l’économie grecque. La Banque Centrale Européenne a « déconseillé » aux banques grecques d’acheter des bons du trésor, elle a exclu de fait la Grèce du mécanisme d’aide d’urgence à la liquidité (ou ELA), et relève très lentement le plafond de ses offres de liquidités. Un auteur de la revue américaine Foreign Policy, qui ne peut être considérée comme d’extrême-gauche, va jusqu’à parler des « dirty tricks » soit des « sales magouilles » de la Commission de Bruxelles vis à vis de la Grèce[4]. Cette situation, couplée avec les retraits des banques grecques et les sorties de capitaux qui ont atteint un niveau très élevé en mars dernier confronte le pays avec le risque que son économie, affaiblie par les mesures d’austérité mises en place par le « protectorat » européen, ne s’effondre rapidement. C’est un autre problème que celui du défaut. Là où ces deux problèmes deviennent liés est que si la Grèce fait défaut sur ses remboursements extérieurs, la BCE ne pourra plus légalement financer les banques grecques. Le défaut provoquera la crise de liquidité.

Une solution pourrait consister en l’émission par le gouvernement grec de dettes au porteur, avec un pouvoir libératoire absolu, pouvant être utilisées par les individus et les entreprises comme une monnaie. Mais, il est clair qu’une telle mesure équivaudrait à la création d’une monnaie parallèle à l’Euro, monnaie qui se substituerait à l’Euro très rapidement dans les transactions. Un taux de change implicite se constituerait très rapidement, une reconnaissance de dette ne donnant accès qu’à 98%, puis 95% puis sans doute encore moins de sa valeur faciale en euros. De fait, la Grèce serait hors de la zone Euro, et elle devrait rapidement régler la question des comptes courants et à terme dans les banques et déterminer une circulation cette fois-ci scripturale et pas seulement fiduciaire de ces « titres de dette ».

L’idée d’une monnaie parallèle permettant à la Grèce de rester dans la zone Euro est une illusion. L’histoire, qui est remplie de cas ou des pays ont utilisé des monnaies en parallèle sur leur territoire nous apprend que ces systèmes sont hautement instables. Une monnaie parallèle, quel que soit son nom, reviendrait en fait à recréer la drachme. Mais, c’est en réalité la meilleure solution pour la Grèce dans la situation politique actuelle.

Le problème politique.

Le gouvernement grec a construit sa stratégie sur le fait que l’Eurogroupe aurait bien plus à perdre que la Grèce à une crise. En cas de défaut grec, les gouvernement de la zone Euro devraient expliquer à leurs populations qu’il faut recapitaliser d’urgence la BCE et couvrir les pertes du MES et du FESF. Par ailleurs, un défaut grec entrainerait l’activation des CDS (credit-defaut swaps) qui ont été émis. Enfin, psychologiquement, cette crise signifierait à tous les observateurs que l’Euro n’est pas irréversible mais aussi que les pays du « noyau » de la zone Euro ne sont pas prêts à assumer les conséquences du fonctionnement de la zone Euro. Il ne faudrait que quelques semaines pour que la crise se répercute dans les pays périphériques (Espagne, Portugal, Irlande et Italie). De proche en proche, on aboutirait à l’implosion de la zone Euro. C’est pourquoi le gouvernement grec ne veut pas céder. Ajoutons, et tout le monde le comprend, que s’il cède il perd immédiatement toute sa crédibilité et sa légitimité, et que Syriza, un parti passé en quelques années de 4% à 36% des sondages, serait condamné à disparaître.

Mais, là où le gouvernement grec erre, c’est qu’il pense que les décisions au niveau de l’Eurogroupe seront prises sur la base d’intérêts économiques. En fait, les gouvernements des pays de la zone Euro ont investi énormément dans la dimension politique et symbolique. L’Euro, comme le dit depuis des années le philosophe italien Diego Fusaro n’est pas une monnaie, c’est un projet politique et symbolique. Et, ce projet ne peut s’accommoder d’un compromis avec la Grèce. Car, en cas de compromis, validant la stratégie de Tsipras et de Syriza, c’est toute la politique d’austérité qui volerait en éclat (avec un encouragement très fort à Podemos en Espagne et au Sinn Fein en Irlande), non seulement au grand dam de l’Allemagne (et de ces alliés) mais aussi des hommes politiques qui, dans d’autres pays, ont construit leur carrière sur ce projet (comme François Hollande).

C’est pourquoi un compromis est en réalité une illusion. Il n’y a pas d’alternative à l’Eurogroupe que d’écraser ou périr. Il n’y a pas d’alternative pour le gouvernement grec que d’aller à l’affrontement ou périr.

L’impasse et la rupture

En fait, aucun des deux adversaires, que ce soit le gouvernement grec ou l’Eurogroupe, n’a de marge de négociation. Cette situation a été voulue par le Ministre des finances grec, Yannis Varoufakis, qui connaît bien la théorie des jeux, et qui a retourné la faiblesse apparente de son pays pour en faire une force. C’est ce que l’on appelle la « coercive deficiency ». Mais, la théorie des jeux ne fonctionne que face à un adversaire rationnel. Or, cela fait des années que les responsables européens sont sortis de tout cadre rationnel et ne sont plus guidés que par l’idéologie mais aussi l’hybris du projet européiste. Ce terme peut être traduit par la démesure. Mais en réalité cela va bien plus loin. C’est un sentiment violent qui est inspiré par les passions, comme dans le cas européen, et plus particulièrement par l’orgueil, et en particulier par l’orgueil politique. Pour les Grecs anciens l’hybris était considérée comme un crime.

La stratégie de Varoufakis se heurte à l’hybris. C’est une figure qu’il doit bien connaître. Il sait, aussi, que face à elle, seule la rupture est possible.

[1] Naulot J-C., « Le défi Tsipras », Libération, 14/04/2015, http://www.liberation.fr/monde/2015/04/14/le-defi-tsipras_1241076

[2] http://www.lesechos.fr/monde/europe/02114542169-passe-darmes-entre-sapin-et-schauble-sur-la-france-1112348.php

[3] En particulier la « réforme » du marché du travail. Voir le World Economic Outlook d’avril 2015, publié par le FMI, et le Chapitre 3, rédigé par Patrick Blagrave, Mai Dao, Davide, Furceri (responsable du groupe), Roberto Garcia-Saltos, Sinem Kilic Celik, Annika Schnücker, Juan Ypez Albornoz, and Fan Zhang, avec l’assistance technique de Rachel Szymanski, disponible à partir du 16 avril sur www.imf.org

[4] Legrain P., « Greece Needs to Start Playing Hardball With Germany », Foreign Policy, 10 avril 2014, http://foreignpolicy.com/2015/04/10/greece-needs-to-start-playing-hardball-with-germany/

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