A leur côté, au nom du journal, l’orateur rappelait à l’assemblée les étapes franchies depuis 15 ans : la création de Rouge Vif par des militants actuels ou anciens du PCF, rejoints par la suite par des personnes dont c’était le premier engagement politique, puis la création du site par Jelloul, l’augmentation de la diffusion et surtout son rôle non seulement dans le soutien aux luttes (ce qui est la moindre des choses) mais aussi dans la diffusion d’idées porteuses de perspectives. Et d’énumérer
« - A quoi on sert si quand on soutient la lutte des TOTAL on ne dit pas en même temps qu’il faut nationaliser ?
=> A quoi on sert si dans la lutte de la centrale ou de NEXCIS on ne pose pas la question d’un service public de l’énergie véritablement géré par la nation et non par un appareil d’état qui appliquerait la même politique qu’une entreprise capitaliste ?
=>A quoi on sert si dans la lutte des hospitaliers on ne dit pas qu’il faut mettre la santé et l’éducation au cœur des choix politiques comme l’a fait par exemple Cuba, pourtant petit pays pauvre et aux besoins immenses, qui consacre plus de 70% de son budget à ces secteurs ?
- A quoi on sert si on ne pose pas en permanence les questions de la solidarité internationale comme la Palestine, le scandale de la vente d’avions à l’Arabie saoudite ou le Qatar car on ne peut pas assurer une prospérité partagée en s’appuyant sur le commerce du sang ou le refus du retour des guerres coloniales ? (…) »
Il s’appuyait, pour dire qu’il était possible d’en finir avec le capitalisme, sur des exemples puisés dans le monde comme celui du gouvernement Morales qui, voyant la crise mondiale arriver, au lieu de prendre des mesures d’austérité, au contraire avançait l’âge de la retraite à 58 ans ce qui est de fait une augmentation des salaires et un formidable levier pour la création d’emplois.
Pendant que les enfants jouaient aux animations prévues ou s’enthousiasmaient devant un théâtre de marionnettes très interactif, une grande partie de la fête était rassemblée au débat sur le mythe de l’Europe sociale. Qu’il s’agisse de Fred Alpozzo de la SNCM (très applaudi), de Serge Bodrero d’Air France, de Rim Hidri de SCOP-TI ou de Charles Hoareau pour Rouge Midi [1], il y avait un accord profond, que l’assistance n’a pas démenti, sur le fait qu’il fallait au moins que dans le camp du progrès la question de la sortie de l’euro soit débattue. Un autre point d’accord étant qu’il n’est plus possible d’en rabattre devant la social-démocratie ou de retenter le coup de la gauche plurielle ce qui est tout, sauf un chantier d’espoir !
L’après-midi se terminait par les deux concerts annoncés.
Celui des rappeurs d’EL DIABLO CARTEL dont les textes forts faisaient réagir l’assistance. Ils avaient réservé une belle surprise en invitant une chanteuse qui emballait le public.
Et puis évidemment la soirée s’est terminée avec Los Fralibos qui une fois de plus suscité les claquements de main, les chansons reprises en cœur et fait danser et sauter…même les plus âgés !!
Terminée pas tout à fait car la cour de l’usine a mis du temps à se vider et les conversations se sont poursuivies tard dans la nuit autour du comptoir bricolé avec des palettes et du tissu rouge et qui, en la circonstance était plus beau et plus attrayant que le plus beau des comptoirs de tous les palaces du monde…
A l’an prochain donc !!
Merci à Nadir, Triona, Vincent, Abedy et Aude pour les photos
Le 1er juin 2015
[1] Gilles Balbastre ayant eu un empêchement de dernière minute était excusé
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