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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 13:47

les_raisins_de_la_colere_4Depuis plusieurs jours, confrontés à la baisse des prix de vente  des produits agricoles, les paysans – et en particulier les éleveurs – manifestent dans tout le pays. Afin d’éteindre l’incendie, le gouvernement a, comme d’habitude, promis quelques aides d’urgence et accéléré la remise d’un rapport d’une commission, tançant la grande distribution. Rien de tout cela ne répond aux problèmes agricoles qui se posent durablement depuis des années en France, l’une des premières puissances agricoles. Car rappelons-le, même si l’agro-industrie intensive à très nettement fait diminuer le nombre d’agriculteurs (de plusieurs millions dans les années 1950 à moins d’un demi million aujourd’hui), la France est le premier producteur agricole d’Europe et le second exportateur, le 8e producteur et le 4e exportateur mondial.

Les militants du PRCF apportent tout leur soutien à la revendication d’une juste rémunération des agriculteurs pour leur travail.

« La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillissent toute richesse : la terre et le travailleur. »

Karl Marx

Les raisons de la colère : l’exploitation capitaliste

L’agriculture n’échappe pas aux ravages du système capitaliste et de la course au profit. De fait, les agriculteurs se retrouvent pris en étau entre d’une part la baisse des prix payés pour leur production et d’autre part la course au rendement, dans une fuite en avant de la production agricole transformée en agro-industrie. D’une part les prix de vente auprès des multinationales capitalistes de l’agroalimentaire en chute libre, de l’autre des traites toujours plus monumentales à payer auprès des banques, véritables propriétaires de l’outil de production capitaliste. Au milieu, les agriculteurs dont le travail ne sert qu’à générer des profits lucratifs pour les uns et les autres. Et qui aujourd’hui voient leurs salaires fondre, voire disparaître.  25% des exploitations agricoles seraient menacés de faillitte.

Le mythe de la responsabilité du consommateur : le coupable c’est le capitalisme !

Comme solution à la crise, les hypocrites – aussi bien du coté de l’UMP tel un Alain Juppé déclarant que « la balle est dans le camps des consommateurs » ou François Hollande les appelant à la responsabilité, voudraient faire croire que les travailleurs sont responsables de la baisse des prix et donc des salaires des agriculteurs, sont responsables de la malbouffe, pour exonérer les véritables responsables, la classe capitaliste.

Stop tafta c'est Stop UE PRCF 30 maiOn ne manquera pas non plus de souligner cette hypocrisie, quand on sait que les mêmes tenants de la construction européenne sont ceux qui interdisent les pouvoirs publics d’acheter local, par exemple pour les cantines scolaires. Car les réglementations de l’Union Européenne, marché libre dans lequel la concurrence est libre et non faussée (et cela ne date que… du traité de Rome en 1957 pour ceux qui feraient mine de le découvrir), interdisent d’établir des règles de la sorte pour les marchés publics. Et cela n’est pas près de s’arranger puisque dans le dos des peuples, la commission européenne est en train de signer un accord de libre échange UE USA (le fameux TTIP / TAFTA) qui permettra de répandre sur le vieux continent les poulets à la javel et autres boeufs aux hormones ! C’est également l’UE qui autorise là aussi dans le dos des peuples la production et la commercialisation des OGM (lire ici, cliquez).

L’UE c’est les OGM, c’est les farines animales et le scandale de la vache folle !

La crise n’explique pas tout : baisse des volumes, mais augmentation des prix !

S’il y a eu effectivement une baisse de la part des dépenses alimentaires dans les dépenses de consommation des ménages depuis les années 60, de fait cette part reste stable depuis les années 90 (autour de 15%) et continue d’augmenter en valeur. Cette réduction en proportion n’est que le résultat de l’augmentation importante des dépenses liées aux transports et surtout au logement. La crise à conduit à une diminution des dépenses d’habillement, de loisir et de culture (-1% sur la période 2008-2013). Dans le même temps, le montant des dépenses alimentaires continuait de croître au même rythme (+2% par an sur la période 2000-2007 et 2008-2013) tandis que les dépenses de logement demeuraient à des niveaux élevés (respectivement 4% et 2,5%) [source Insee et france agrimer].  La baisse des prix payés aux agriculteurs français n’est donc absolument pas liée à une baisse des dépenses des consommateurs français. Les deux tableaux extraits de la même étude de France Agrimer montrent, au contraire, une augmentation des prix des produits alimentaires plutôt qu’une augmentation des dépenses en valeur, avec toutefois une baisse des volumes des achats de viandes, de poissons et de fruits et légumes en cette période de crise.

dépense alimentaire détail

source france agrimer.

dépense alimentaire détail par français

source france agrimer

Où sont passées ces augmentations de prix ?

« Le capital est semblable au vampire, il ne s’anime qu’en suçant le travail vivant et sa vie est d’autant plus allègre qu’il en pompe davantage. » Karl Marx

Euro UE sortir sortie, PRCFLes chiffres de l’INSEE démontrent une inflation bien réelle des prix, non prise en compte par les indices « officiels » d’Eurostat, qui n’est pas compensée par des augmentations de salaires, confirmant la réalité de la baisse du pouvoir d’achat des ménages. Les ménages des milieux populaires sont d’ailleurs les premiers à constater l’augmentation massive des prix liée au passage à l’euro. Cet euro dont certains à la tête du PCF-PGE prétendent qu’il protège. Oui, il protége… les actionnaires, les banques, les exploiteurs, mais il écrase les ouvriers, les agriculteurs, leurs conquètes sociales et démocratiques.

Cependant, si les prix des produits alimentaires ont augmenté et que les prix payés aux agriculteurs qui les produisent sont en chute libre (moins de 4€/kg pour du charolais !), les prix payés par le consommateurs sont eux bel et bien en hausse. Et la marge se répartit entre les multinationales de l’agroalimentaire et de la grande distribution. Le 17 Juin, le gouvernement a enteriné un accord aux termes duquel les grandes enseignes de distribution se sont engagées à relever leurs prix d’achat et de vente de bovins et porcs de 5 centimes d’euros par semaine, et cela jusqu’à obtenir un prix acceptable pour les producteurs. Force est de constater que plus d’un mois plus tard les agriculteurs n’en ont pas vu la couleur.

C’est que les capitalistes ne diminuent jamais leurs profits ! Surtout quand ils ont les moyens de les augmenter en diminuant les salaires des travailleurs.

L’effondrement des prix : le résultat des sanctions occidentales contre la Russie. Merci, l’Union Européenne !

USA guerre impérialisme ukraine front antifascisteUne des causes de l’effondrement des prix agricoles, c’est également la fermeture du marché russe comme débouché pour les productions agricoles européennes : afin d’établir le contrôle de l’Union Européenne sur l’Ukraine, la Commission Européenne a imposé de lourdes sanctions économiques à la Russie qui a répliqué de façon symbolique par des restrictions au niveau de ses importations agricoles. Qui ne se souvient pas des producteurs de fruits (notamment de pommes) dans l’impossibilité d’écouler leurs productions à l’automne dernier, alors que les pays de l’est ? Il faut rappeler qu’avant que l’UE ne participe au renversement du gouvernement ukrainien pour installer une junte pro UE appuyée sur des milices fascistes à Kiev par le coup d’état d’Euromaïdan, les exportations de la zone UE et de la France vers la Russie étaient respectivement de 10 milliards d’euros et 1 milliard d’euros. Un volume qui pèse aujourd’hui lourdement sur les prix en renforçant la concurence entre les différents pays européens producteurs.

L’UE impose la concurrence déchaînée pour casser les salaires !

Au delà des marges des multinationales de la grande distribution, la casse des salaires des agriculteurs, c’est également directement le résultat des directives de l’Union Européenne qui organisent un véritable dumping antisocial, une guerre contre les salaires. Les traités européens (par exemple les articles 38 et 39 du traité de Lisbonne, dont nous avons pourtant fêté les 10 ans du rejet dans les urnes par les français le 29 mai 2005 à Paris le 30 mai dernier lors d’une manifestation nationale devant l’Assemblée Nationale pour la sortie de l’UE)  imposent aux agriculteurs une concurrence déloyale avec les agriculteurs de pays de l’UE dont les droits sociaux sont nettement inférieurs à ceux gagnés par les luttes des travailleurs. Par exemple, en vertu des directives travailleurs détachés, l’Allemagne -pays où il n’existe pas de SMIC dans l’agriculture – exploite des milliers de travailleurs des pays de l’est payé entre 3 et 7 euros de l’heure. [www.initiative-communiste.fr recommande le dossier consacré par le journal Fakir à l’effondrement de la fillière de production de porcs en Bretagne]

La Politique Agricole Commune : fuite en avant productiviste, destruction de l’agriculture et des agriculteurs !

Les directives européennes de la Commission de Bruxelles avec la Politique Agricole Commune (PAC) ont imposé et imposent un mouvement de concentration des exploitations agricoles. La libéralisation des marchés agricoles, la fin des quotas laitiers, l’interdiction des aides à la production entraine la mise en difficulté de dizaines de milliers de petites exploitations, contribuant à la désertification des campagnes, à la disparition des savoir faire et des cultures faisant partie d’un art de vivre qui ne compte pas comme le moindre des atouts de la France. Cela, au profit d’une agriculture intensive, formatée pour la profitabilité maximale et pour les profits des grandes multinationales. La valse des normes en soumettant les petites exploitations à des mises aux normes et contrôles incessants, l’effondrement des prix en obligeant à la course aux rendements, contraignent les petits agriculteurs à des investissements lourds les mettant sous la coupe des banques. La PAC c’est la disparition de la petite agriculture. Il est d’ailleurs totalement faux de dire que la PAC subventionne indistinctement « tous » les agriculteurs français et ce, alors que la France est contributrice net au budget européen.

L’Union Européenne, c’est également ce grand marché « libre » qui permet de liquider les productions des terroirs, remplacées par des AOP permettant, par exemple, de vendre un cochon élevé en Hollande comme de la charcuterie corse… !

Étranglés par leurs prêts, confrontés à la liquidation de leur outil de production, de plus en plus d’agriculteurs en détresse sont poussés vers le suicide par un système capitaliste qui les broie.

« Ouvriers paysans nous sommes le grand parti des travailleurs, la terre n’appartient qu’aux hommes, l’oisif ira loger ailleurs »

Pour une politique agricole que ne soit plus au service exclusif des monopoles capitalistes de l’agro-alimentaire, des Monsanto et autres Danone, une agriculture dont le but ne soit pas l’exploitation maximale des hommes et de la nature pour le seul profit de la classe capitaliste, mais une agriculture répondant aux besoins de la population qui ne veut pas manger des OGM, des lasagnes aux « minerais » de cheval roumain et de la vache folle, il faut briser les chaînes de l’Union Européenne. Tous ensemble, nous pouvons changer de système, pour mettre au centre le monde du travail.  Pour s’en sortir et si, agriculteurs, ouvriers, employés, retraités … nous ne voulons pas y rester, il faut sortir de l’UE, de l’Euro de l’OTAN et du Capitalisme.

JBC pour www.initiative-communiste.fr – site web du PRCF

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 10:40

Risque de fermeture de l’unique centre radiothérapeutique pour enfants

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L’unique centre de radiothérapie pour enfants atteints du cancer, qui se trouve à l’hôpital pour enfants Aglaïa Kyriakou, à Athènes, risque de mettre la clef sous la porte. La cause, une fois de plus, l’effritement du Système national de santé (ESY), les licenciements de personnel et le gel durable du recrutement de personnel permanent dans le domaine de la santé.

Lire la suite sur le site  d'Okeanews

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 10:14

Opérations de l'armée turque contre la guérilla kurde au Sud-Kurdistan - Communiqué du KNK

Publié le sur Analyse internationale par anonyme

L’aviation turque bombarde intensivement des positions de la guérilla kurde et des zones d’habitation civile au Sud-Kurdistan (Irak)

La nuit dernière, 24 juillet, des avions de chasse appartenant à l’armée turque ont massivement bombardé des zones où se trouvent des positions de la guérilla kurde ainsi que d’importantes habitations civiles, dans les régions de Qandil, Xakurke, Behdinan, Zap, Gare, Haftanin, Basya, Metina et Avaşin.

Selon des sources locales, ces bombardements auraient fait des morts parmi la population civile ainsi que des dégâts matériels importants.

Cette offensive de grande envergure menée par le gouvernement AKP marque la rupture unilatérale du cessez-le feu qui avait été maintenu jusque-là grâce aux efforts répétés du peuple kurde et de son Leader Abdullah Öcalan. Alors qu’il fait preuve d’une persévérance inouïe pour faire avancer les pourparlers de paix avec l’Etat turc, Abdullah Öcalan subit un isolement carcéral total depuis le 5 avril. Depuis 2013, l’armée turque a mené plusieurs opérations contre les forces de défense kurdes (HPG) alors même que celles-ci étaient en position de cessez-le feu. Cependant, le HPG n’a pas répondu aux provocations. Avec ces derniers bombardements, l’Etat turc a de nouveau déclaré la guerre aux Kurdes et rompu le cessez-le f eu.

La Turquie a ajouté un nouvel échelon à sa coopération avec l’organisation terroriste Daesh en Syrie. Soutenant déjà cette organisation dans le but de briser la révolution du Rojava, l’Etat turc frappe aujourd’hui lourdement la guérilla kurde qui résiste contre les gangs de Daesh, et procède par ailleurs à de grandes vagues d’arrestations dans les milieux kurdes en Turquie.

Le Congrès national du Kurdistan (KNK) appelle le gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, les partis politiques, les organisations de la société civile et la population du Sud-Kurdistan à s’opposer à l’intervention armée de la Turquie sur leur territoire.

Il appelle également la communauté internationale, l’ONU en particulier, à juger les crimes contre l’humanité commis par Daesh avec la complicité de la Turquie, à Suruc, à Kobanê et dans le reste du Rojava.

25 juillet 2015

Le conseil exécutif du KNK

Publié dans moyen orient

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 09:54

Cet article est reposté depuis Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges..

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 09:42

Par · 25 juillet 2015

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, vient de donner le samedi 25 juillet une interview à Marianne[1]. Il justifie sa position au sujet de la Grèce et son soutien à la capitulation consentie par Alexis Tsipras. C’est son droit. Mais, pour se faire, il prend un certain nombre de libertés avec les faits. Et cela est beaucoup plus condamnable. Cette interview est une excellente illustration des illusions d’une partie de la « Gauche Radicale », illusions sur l’Euro et sur l’Europe, dont il semble désormais que le Parti de Gauche commence à se dégager[2].

Un petit florilège des citations de Pierre Laurent permet de voir qu’il entretient de sérieuses illusions, et même qu’il adopte un point de vue « européiste » qui n’est pas éloigné de celui du Parti dit « socialiste ». Mais, il faut aussi savoir que les prises de position de Pierre Laurent sont aujourd’hui fortement critiquées dans de larges fractions de la base comme de l’appareil du PCF. Ces prises de position reflètent bien plus les errances d’un homme et d’un groupe de direction du PCF qu’une position largement défendue au sein du Parti.

 

Une analyse tendancieuse du 13 juillet

Tout d’abord, quand il entend justifier la capitulation de Tsipras, Pierre Laurent dit au journaliste la chose suivante :

« Ils ont enfermé la Grèce et ses dirigeants dans une alternative qui était soit le Grexit — souhaité par les Allemands de manière ouverte, Wolfgang Schaüble, le ministre des Finances allemand, a plaidé jusqu’au dernier moment auprès des Grecs pour une sortie ordonnée —, soit le plan d’austérité qui a finalement été imposé. Le choix qu’a fait Tsipras est un choix qui évite la banqueroute bancaire de son pays, une situation qui aurait été terrible pour les Grecs. Je crois qu’il n’avait pas d’autres alternatives »[3].

Si je suis d’accord qu’un effondrement des banques est une catastrophe, je signale à Pierre Laurent que ce que Tsipras a refusé c’est la proposition de Varoufakis de (1) réquisitionner les banques et (2) de réquisitionner la Banque de Grèce. Ce faisant, le gouvernement aurait eu accès aux réserves (sous contrôle de la BCE avant la réquisition) déposées à la Banque de Grèce mais aussi dans les banques commerciales. La réquisition est un mécanisme qui permet à tout gouvernement de la zone Euro de s’affranchir de la tutelle de la BCE. Dire, dans ces conditions, que le choix de Tsipras était entre la banqueroute et la capitulation est faux. La décision de Tsipras a été politique, et non économique. C’était un choix entre s’engager sur une voie, celle que proposait son Ministre des finances Yanis Varoufakis, voie pouvant le conduire à sortir de l’Euro, ou bien d’accepter l’austérité. Présenter cela comme une décision économique est un mensonge éhonté[4]. Les choses sont désormais publiques, et il est triste de voir Pierre Laurent s’enferrer dans le mensonge.

 

Pierre Laurent révolutionne la science économique

Commentant un possible Grexit, Pierre Laurent ajoute alors :

« Et une sortie de la zone euro laisserait n’importe quel pays qui la pratiquerait devant la même pression des marchés financiers, voire une pression décuplée et une dévaluation nationale plus grave encore ».

Il semble ici que Pierre Laurent, qui a pourtant fait des études d’économie à Paris 1, ignore qu’il existe des moyens réglementaires permettant à un pays de faire fortement baisser la pression exercée par les marchés financiers. Cela s’appelle le contrôle des capitaux. Non pas le « contrôle des capitaux » imposé par la BCE à la Grèce, et qui aboutit à empêcher les entreprises grecques de faire des opérations sur l’étranger via les comptes Target2 (et qui s’apparente en réalité à un contrôle des changes), mais les contrôles sur les mouvements de capitaux à court terme non liés à des opérations matérielles. Ces mouvements représentent entre 90% et 95% des flux de capitaux, et sont essentiellement des mouvements spéculatifs. Bien entendu, pour les mettre en œuvre, il faut recouvrer le contrôle sur la Banque Centrale. Ici, soit Pierre Laurent fait la preuve de sa méconnaissance des mécanismes économiques de base, soit il les connaît, et en ce cas il ment en toute connaissance de cause. Je laisse le lecteur libre de son choix.

 

Pierre Laurent est un grand logicien

Pierre Laurent assène alors un argument qui lui apparaît imparable pour écarter une sortie de l’Euro. Cet argument, le voici :

« Il y a d’ailleurs des pays aujourd’hui qui, en dehors de la zone euro, sont également frappés par des politiques d’austérité. Car la pression des marchés s’exerce partout et sur tous les pays ».

On reste sidéré par ce que ce paragraphe implique comme méconnaissance des liens logiques qui relient plusieurs éléments. Bien sûr, il existe des pays qui ont des politiques d’austérité sans appartenir à l’Euro. Nul ne l’a nié. Mais, connaît-on un pays de la zone Euro qui n’applique pas une politique d’austérité ? En fait, on peut montrer que la zone Euro induit un cadre dépressif pour les économies qui y participent[5]. Donc, cet argument ignore ce qu’en logique on appelle des conditions nécessaires et des conditions suffisantes. La sortie de l’Euro est une condition nécessaire à une rupture avec une politique d’austérité, mais ne constitue nullement une condition suffisante. Par contre, par sa méconnaissance de la logique la plus élémentaire, Pierre Laurent nous montre qu’il est suffisant mais pas nécessaire.

 

Pierre Laurent révolutionne la science économique (bis)

On revient à un argument en apparence plus économique avec la citation suivante, qui se révèle, à nouveau, tout à fait catastrophique :

« Oui, mais aujourd’hui, la différence est que tous les avoirs détenus par les Grecs sont en euros. Et le transfert de ces avoirs dans une monnaie nationale qui serait dévaluée par les marchés financiers conduirait, dans un premier temps, à un affaiblissement considérable du potentiel de ressources des Grecs. Alors que pour reconstruire leur pays, ils ont besoin d’un niveau d’investissement important ».

Notons tout d’abord que ce ne sont pas les « marchés financiers » qui transfèrent les avoirs qui sont détenus par les grecs. C’est en réalité le système bancaire, s’il s’agit d’avoirs détenus en Grèce. Pierre Laurent, à l’évidence soit ne connaît pas les règles de fonctionnement de l’économie, soit cherche à nous mener en bateau. Ces avoirs en Euros seront automatiquement re-dénominés en Drachmes. Mais cette redénomination touchera toutes les valeurs de l’économie grecque. Donc, le potentiel d’investissement sur la base de l’épargne (oui, cette chose que l’on apprend en fin de première année d’économie, l’égalité entre l’épargne et l’investissement) sera inchangé par rapport aux valeurs de l’économie grecque. Mais, une partie de ces avoirs ne sont pas détenus en Grèce. Donc, ils resteront en Euros (ou dans une autre monnaie, que ce soit le Dollar ou, peut être, le Mark allemand…). Si la Drachme est dévalué, disons de 25%, cela signifie que ces avoirs seront réévalués de 33%. Donc, le potentiel d’investissement, sur la base des avoirs grecs détenus à l’étranger, sera largement augmenté. Ce qui veut dire que les grecs ayant mis leurs avoirs à l’étranger pourraient les rapatrier avec un effet bien plus positif sur les investissements que si la Drachme n’avait pas été dévaluée. Notons encore que ceci s’applique aussi à l’ensemble des investisseurs étrangers. En fait, une sortie de l’Euro et une dévaluation de 25% de la Drachme constituent la condition pour qu’un flux d’investissement important en drachmes se reconstitue en Grèce.

Mais, il est peu probable que Pierre Laurent ignore à ce point les mécanismes de base de l’économie, ou alors il faut s’interroger sur les conséquences délétères sur le cerveau humain d’années de travail au journal l’Humanité. Il est bien plus probable que Pierre Laurent, ici encore, mente, et qu’il mente avec l’appond d’un arracheur de dents.

 

Quand Pierre Laurent joue au prestidigitateur

Reprenons le cours du raisonnement. Pierre Laurent nous offre une magnifique perle avec la citation suivante :

« Puisque les solutions apportées par Tsipras étaient totalement viables et elles restent praticables dans la zone euro. Ce n’est pas la zone euro qui les empêche mais la décision politique prise par les dirigeants allemands et un certain nombre d’autres dirigeants européens de rendre impossible l’expérience politique de Syriza ».

Ici, Pierre Laurent fait mine de croire que les dirigeants allemands et européens ont été conduits uniquement par leur haine politique de Syriza. Que ces dirigeants n’aient pas apprécié Syriza est certain. Mais, quand bien même l’auraient-ils apprécié, accepter les solutions proposées par Tsipras impliquait, à relativement court terme, faire basculer la zone Euro vers ce que l’on appelle une « union de transfert ». Or, les montants nécessaires pour faire fonctionner la zone Euro sans les politiques d’austérité ont été évalués, et on trouvera l’une de ces évaluations d’ailleurs dans ce carnet. Pour faire court, il faudrait que l’Allemagne consacre entre 8% et 10% de son PIB tous les ans pendant environ dix ans à ces transferts. Il est clair que cela n’est pas possible, sauf à vouloir détruire l’économie allemande. La véritable cause du rejet des options de Syriza se trouve là. Affirmer que « les solutions apportées par Tsipras étaient totalement viables et elles restent praticables dans la zone euro » est un nouveau mensonge. Les solutions proposées par Tsipras impliquaient une refonte totale de la zone Euro, et cette refonte aboutissait à faire peser un poids excessif sur l’Allemagne. Telle est la vérité. Mais, cette vérité gêne Pierre Laurent, qui préfère la faire passer sous le tapis pour sauver l’illusion de la possibilité d’une zone Euro qui ne soit pas austéritaire. Pierre Laurent doit donc mentir quant aux conditions de viabilité de la zone Euro, mais, nous l’avons vu, il n’est pas à un mensonge près.

 

Le dernier mensonge

Il ne reste donc à Pierre Laurent qu’un argument : le point Godwin ou la réduction du dilemme grec à un affrontement avec le Front National. Il suffit de regarder le paragraphe suivant pour s’en convaincre :

« Il y a aujourd’hui trois options en débat. L’option d’une Europe de l’ordre libérale, celle qui existe aujourd’hui. Il y a l’option d’une destruction de l’Europe et d’un retour à la compétition, voire au choc des nations dans la crise que traverse l’Europe, c’est l’option du Front national et des forces qui l’appuient. Et il y a l’option qui est la nôtre, celle de Tsipras, la mienne, celle que nous défendons, qui est l’option de la reconstruction d’une Europe de coopération, de solidarité, d’une Europe de souveraineté qui doit laisser plus de place aux pouvoirs de chaque nation de négocier démocratiquement son insertion dans cette Europe de solidarité. Nous parlons d’une Europe à géométrie choisie… ».

Passons sur le fait que proclamer que l’on vivrait mieux dans le monde des bisounours, la troisième option, n'a jamais fait avancer le débat. Mais, une sortie de la Grèce de l’Euro, et à terme, une dissolution de l’Euro, entraineraient-ils ce cataclysme que prévoit Pierre Laurent ? En fait, de nombreux économistes soutiennent aujourd’hui qu’une sortie de l’Euro était préférable, certains conservateurs comme Henkel[6], d’autres progressistes comme Kevin O’Rourke[7] ou Stefano Fassina[8], ancien ministre du PD en Italie, et parmi eux des assistants de Varoufakis[9]. C’est donc un nouveau mensonge de Pierre Laurent que de prétendre que l’option d’une sortie de l’Euro serait le fait du seul Front National. Un mensonge de plus dira-t-on. Espérons, en tous les cas, qu’il soit le dernier.

 

[1] Pierre Laurent : “Une sortie de la zone euro n’empêche pas la pression des marchés”, entretien avec Bruno Rieth, Marianne, 25 juillet 2015, http://www.marianne.net/pierre-laurent-sortie-zone-euro-n-empeche-pas-pression-marches-100235637.html

[2] Voir le blog de Guillaume Etievant, responsable économique du PG, le 24 juillet 2015, http://guillaumeetievant.com/2015/07/24/soyons-prets-a-sortir-de-leuro/

[3] Pierre Laurent : “Une sortie de la zone euro n’empêche pas la pression des marchés”, op.cit..

[4] Je renvoie à l’article de Jamie Galbraith, qui a travaillé avec Varoufakis publié dans Harper’s, http://harpers.org/blog/2015/07/greece-europe-and-the-united-states/ ainsi qu’aux explications données par Yannis Varoufakis lui-même sur son blog : http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/14/on-the-euro-summits-statement-on-greece-first-thoughts/

[5] Voir Bibow, J., et A. Terzi (eds.), Euroland and the World Economy—Global Player or Global Drag? Londres, Palgrave, 2007.

[6] http://www.conservativehome.com/platform/2015/07/hans-olaf-henkel-mep-greece-must-leave-the-eurozone-for-the-good-of-us-all.html

[7] http://www.socialeurope.eu/2015/07/moving-on-from-the-euro/

[8] http://www.stefanofassina.it/lavoroeliberta/2015/07/19/sono-daccordo-con-schouble-una-grexit-assistita-unica-soluzione/

[9] Munevar D., « Why I’ve Changed My Mind About Grexit », in SocialEurope, 23 juillet 2015, http://www.socialeurope.eu/2015/07/why-ive-changed-my-mind-about-grexit/

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 07:18
Pour rappel cet article paru en mai 2015
Elisabeth Studer 

Déjà en mars 2014, les salariés roumains de Dacia redoutaient que les pays de l’Est dans leur ensemble – et plus particulièrement la Roumanie – ne fassent les frais du développement de sites industriels Renault au Maghreb.
Si à cette date, près de 10.000 personnes avaient manifesté à l’appel du syndicat de l’usine Dacia/Renault en vue d’obtenir de la part du gouvernement roumain la construction d’une autoroute d’un intérêt stratégique pour permettre l’exportation des véhicules, désormais c’est Nicolas Maure, le directeur général de Renault Roumanie qui prend le taureau par les cornes, en s’emparant du dossier.

Ce dernier a en effet déclaré que Renault souhaitait prendre des mesures en vue « d’améliorer la compétitivité de son usine historique Dacia en Roumanie et éviter ainsi qu’elle soit dépassée par le nouveau site de Tanger au Maroc ». Pour ce faire, le groupe français devrait renforcer l’automatisation, contenir les augmentations de salaires et ne pas remplacer des départs.

L’usine de Mioveni, où travaillent 14.000 des 17.000 salariés de Renault en Roumanie doit désormais faire face à la hausse des coûts salariaux observée en Roumanie. son activité est également freinée par des infrastructures routières inadaptées. Or, la nouvelle usine Dacia de Tanger, au Maroc, assemble les mêmes modèles d’entrée de gamme que l’usine roumaine depuis son ouverture en 2012. Pour tenter de limiter la casse et renforcer la compétitivité de Mioveni, Renault compte y porter le degré d’automatisation à 20% d’ici cinq ans contre seulement 5% actuellement.

Si à l’heure actuelle, les grands sites industriels automobiles en Europe et aux Etats-Unis sont automatisées jusqu’à 90%, Renault ne souhaite pas d’entrée appliquer ce principe en Roumanie afin d’éviter un « tsunami » sur l’emploi, selon les termes mêmes du directeur général.

Précisons à cet égard, que si les salaires roumains demeurent parmi les plus bas de l’Union européenne, ceux des ouvriers de Mioveni sont d’un niveau supérieur à la moyenne nationale et environ 2,5 fois plus important que celui des salariés de Renault au Maroc. Une différence de taille pour la production de véhicules dits low-cost … Selon Nicolas Maure, pour que l’usine roumaine demeure compétitive, «  il faudrait ralentir le rythme des augmentations de salaires pendant une période de temps ».

Le directeur général de Renault Roumanie note toutefois que Mioveni se place toujours devant Tanger en termes de compétitivité. Environ 340.000 véhicules ont été produits sur le site roumain en 2014 et la production devrait être encore légèrement supérieure cette année. L’usine dotée d’une capacité de production de 350.000 unités, tourne donc à plein régime. Mais selon Nicolas Maure, « les volumes à Tanger augmentent beaucoup en 2015″. Le contexte est donc susceptible « de réduire fortement l’écart » en faveur du site roumain.

Il n’en demeure pas moins qu’une nouvelle fois, la peur de la concurrence est utilisée pour motiver les troupes et éviter qu’elles ne se rebiffent face à ce qui représente ni plus ni moins un gel des salaires et une diminution du personnel, pour des objectifs qui ne semblent pas à priori susceptibles de révisions à la baisse, compte-tenu du contexte de l’emploi.

Sources : Renault, Reuters, AFP

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com – 05 mai 2015

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 07:12

"Décidément le Maroc à le vent en poupe pour ce qui concerne le secteur industriel automobile. Alors que PSA vient d’annoncer qu’il allait y implanter un site d’assemblage de véhicules, préférant au final le royaume chérifien à la Tunisie, c’est désormais Renault qui va y développer ses capacités industrielles. En effet, en vue de pouvoir augmenter sa production dans son usine marocaine de Tanger, Renault va passer à trois équipes par jour sur une des deux lignes que comprend le site. Une annonce qui fait suite à la reprise du marché européen, lequel est en hausse régulière depuis plusieurs mois. Ceci constitue une bonne nouvelle pour l’emploi puisque le constructeur prévoit d’embaucher et de former un millier de salariés d’ici au mois de septembre prochain. Au final, c’est donc 7.000 personnes qui seront employées sur le site. L’usine devrait assembler au moins 240.000 véhicules cette année. Le site – ouvert début 2012 – dispose d’une capacité de 340.000 véhicules et en a produit 174.000 l’an dernier. Les deux lignes affichent une capacité nominale de 30 véhicules par heure. L’utilitaire Dokker, le monospace Lodgyet la gamme Sandero et Stepway – assemblés sur le site – bénéficieront directement de ces mesures."

Lire la suite sur Le Blog Finance, le 22 juillet 2015

Lu sur Lescrises.fr

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 07:08

"Les opérations ont démarré à Shanghai mardi. Dotée de 100 milliards de dollars de capital, cette institution, vue comme une alternative au FMI et à la Banque mondiale, va permettre de financer des grands travaux d'infrastructures. Un an après l'annonce de sa création, la « Nouvelle banque de développement » a commencé ses opérations à Shanghai, a annoncé l'agence Chine nouvelle, mardi 21 juillet. Fondée par les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), l'institution dispose d'un capital estimé à 100 milliards de dollars (92 milliards d'€uros). Depuis la capitale économique de la Chine, la « Nouvelle banque de développement » aura pour vocation de financer des grands travaux d'infrastructures d'intérêt général, dans les pays qui en font la demande."

Lire l'article intégral sur : La Tribune

Lu sur LesCrises.fr

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 06:46

"Deuxième puissance maritime mondiale, la France et ses 5.500 kilomètres de façade maritime affiche un déficit commercial croissant pour les produits de la pêche et de l'aquaculture. Explications. Si le territoire tricolore ne représente que 0,43% de la surface terrestre du globe, la France possède le deuxième domaine maritime mondial. Grâce à ses 5.500 kilomètres de façade maritime et surtout à ses territoires ultra-marins, elle possède 11 millions de kilomètres carrés de domaine maritime, tout juste devancée par les États-Unis qui règnent sur 300.000 kilomètres carrés de plus !"

Lire la suite sur : Source : La Tribune

Lu sur la revue de presse de Les Crises.fr

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 22:10

Cet article est reposté depuis Le blog de Lucien PONS.

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