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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 21:45
Leçons de la crise grecque sur l’Euro

Par · 16 juillet 2015

 

Le drame que vit la Grèce nous aura au moins appris deux choses : le lien qui existe aujourd’hui entre l’Euro et l’austérité et l’attachement d’une partie de la gauche à l’Euro, un attachement qui la conduit, maintenant de plus en plus rapidement, à sa perte. La première de ces choses permet de comprendre pourquoi les autorités de la zone Euro se sont montrées à ce point inflexibles. Le second nous explique pourquoi Alexis Tsipras s’est laissé poser la tête sur le billot et n’a pas choisi de rompre quand il le pouvait, c’est à dire dans la nuit du 5 au 6 juillet, après la victoire du « Non » au référendum.

L’Euro, c’est l’austérité

L’Euro est lié à l’austérité de par la logique même de la monnaie unique. Celle-ci met en concurrence des pays aux dotations en facteurs de production (que ces derniers soient matériels ou humains avec le niveau d’éducation) très différents. Pour rétablir leur compétitivité face à des pays mieux pourvus, les pays qui sont les moins bien pourvus doivent donc dégager une épargne supérieure (en pourcentage) à celle des pays les mieux pourvus. Ceci entraîne un déplacement de la consommation vers l’épargne. Comme, dans une monnaie unique, toute différence de taux d’inflation se traduit immédiatement par une perte de compétitivité, les pays les moins bien pourvus ne peuvent compter sur l’inflation comme instrument de financement de cette épargne. On perçoit alors la nature profondément austéritaire de l’Euro.

Cette nature est renforcée par le fait que le taux d’inflation d’un pays ne dépend pas que de sa politique monétaire mais est déterminé, aussi, par la structure de son économie. Un pays ayant ainsi une population dynamique aura naturellement un taux d’inflation supérieur à un pays avec une population stagnante ou décroissante. De même, le taux d’inflation a un impact important sur la création des entreprises : ces créations, et les innovations qu’elles peuvent entraîner, engendrent des mouvements de prix relatifs (le prix d’un bien ou d’un service exprimé en d’autres biens ou d’autres services) qui impliquent un certain taux d’inflation. Dès lors, l’imposition d’un taux d’inflation unifié sur des économies aux structures très différentes implique que pour certain pays la croissance sera largement inférieure à ce qu’elle pourrait être. C’est ce que l’on appelle dans la littérature économique le problème de l’output gap ou écart de production.

Enfin, politiquement, l’Euro introduit un très fort biais en faveur des politiques dites d’austérité car il conduit à la substitution d’un gouvernement où la décision est reine par un gouvernement déterminé par des règles comptables. Ces règles peuvent être internalisées par le personnel politique, ce qui est de plus en plus le cas en France, ou elles peuvent être imposées par la force comme c’est aujourd’hui le cas en Grèce.

Ainsi, il peut y avoir de l’austérité sans l’Euro mais l’Euro implique nécessairement l’austérité. C’est désormais clair pour une large majorité d’européens, qui vont être de plus en plus dégoûté par la monnaie unique. Un article publié dans le Financial Times le 13 juillet soulignait cet aspect[1].

Les raisons d’un attachement irrationnel de la « gauche »

Mais, face à ce constat, on est alors confronté aux positions d’une partie de la « gauche » qui continue de défendre, envers et contre tous, l’Euro. On l’a vu en France où le P« S », y compris les soi-disant « frondeurs », a soutenu le diktat du 13 juillet, et où même le PCF, par la bouche de Pierre Laurent, à failli le soutenir avant que de changer d’avis et de finir de voter « non » au Parlement. Il y a, il faut le reconnaître, un attachement qui semble irrationnel à l’Euro, et qui a transformé une partie de la « gauche » en bras séculier pour l’application de l’austérité[2]. Ambrose Evans-Pritchard, qui se qualifie lui-même de « libéral dans la tradition de Burke » va ainsi jusqu’à écrire : « Par un retournement du sort, la Gauche est devenue ce qui met en œuvre une structure économique qui a conduit à des niveaux de chômage qui semblaient impensables pour un gouvernement démocratique d’après-guerre avec sa propre monnaie et ses instruments de souveraineté »[3]. La lettre de démission du SPD de Yascha Mounk, une universitaire allemande, publiée dans The Nation, illustre bien ce mouvement particulièrement puissant en Allemagne et le trouble qu’il engendre[4].

Cet attachement concerne aussi une partie de ce que l’on appelle la « gauche radicale ». C’est cet attachement qui a conduit Alexis Tsipras à poser sa tête sur le billot. Le politologue Stathis Kouvelakis a cherché à analyser ce phénomène[5]. Sans vouloir engager un débat il est possible de voir plusieurs raisons dans cet attachement irrationnel et malsain à l’Euro.

  • La raison la plus bénigne est une sous-estimation du rôle de la monnaie dans le fonctionnement d’une économie capitaliste moderne. Si la monnaie ne peut exister sans d’autres institutions, et en cela il est clair qu’elle n’est pas la seule institution de l’économie, la manière dont elle est gérée a une influence considérable sur les autres institutions. Cela s’appelle tout simplement la dialectique.
  • Une vision dévoyée de « l’internationalisme » qui prétend qu’au nom d’intérêts communs (qui existent assurément) les peuples seraient Cette vision nie en réalité la notion d’internationalisme qui précise bien que le commun est entre les Nations mais ne se substitue pas à elles. Cette vision dévoyée prétend ainsi que le Libre-Echange est la forme actuelle de « l’internationalisme ». On comprend alors comment elle arrive à constituer l’Euro en fétiche, sans s’interroger sur le fait que les « unions monétaires » sont en réalité assez rares aujourd’hui dans le monde. Toute interrogation sur cette réalité forcerait ceux qui défendent l’Euro-fétiche de revenir sur terre et d’en envisager l’ensemble des coûts et pertes qu’il fait supporter aux économies de la zone.
  • Une idéologie de remplacement pour cette « gauche » qui se dit réaliste, et que l’on appelle la « deuxième gauche ». L’Euro est venu se substituer à la perspective du changement de société qui avait été défendu en 1981. Ayant abandonnée toute idée de changement social, ayant même substitué le « sociétal » au social, cette « gauche » dite réaliste s’est trouvée une idéologie de remplacement dans la construction européenne qu’elle a alors identifiée rapidement à l’Euro. C’est pourquoi toute remise en cause de l’Euro lui apparaît comme une remise en cause de cette dite construction européenne et doit être combattue avec la plus féroce énergie (et la plus grande mauvaise foi) et ce contre toutes les évidences. On a eu un exemple de ce type de comportement avec les déclarations faites par le Président de la république et par le Premier ministre depuis le 13 juillet.

Ces raisons n’épuisent pas le sujet. On dira, à juste titre, que nombre des économistes qui conseillent la « gauche » dite de gouvernement viennent des banques (ou des compagnies d’assurances) et sont donc directement intéressés au maintien de l’Euro. Mais, les raisons d’ordre symbolique et politique l’emportent largement. La conséquence de cela est que la question de l’Euro sera le grand débat des mois à venir. C’est autour de ce clivage que l’on verra se réunir la véritable gauche, celle qui entend rompre avec les logiques des politiques d’austérité et donc de l’Euro et ceux qui s’enfonceront toujours plus dans une logique de soumission conduisant à l’acceptation totale de ces logiques austéritaires.

 

[1] W. Munchau, « Greece’s brutal creditors have demolished the eurozone project », Financial Times, 13/07/2015.

[2] Ambrose Evans-Pritchard, « EMU brutality in Greece has destroyed the trust of Europe’s Left », The Telegraph, 15 juillet 2015, http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/EMU-brutality-in-Greece-has-destroyed-the-trust-of-Europes-Left.html

[3] Ambrose Evans-Pritchard, « EMU brutality in Greece has destroyed the trust of Europe’s Left », op.cit., « By a twist of fate, the Left has let itself become the enforcer of an economic structure that has led to levels of unemployment once unthinkable for a post-war social democratic government with its own currency and sovereign instruments ».

[4] http://www.thenation.com/article/germanys-social-democrats-are-colluding-in-greeces-destruction-and-im-leaving-the-party/

[5] Sebastian Budgen et Stathis Kouvelakis, « Greece: The Struggle Continues », 15 juillet 2015, https://www.jacobinmag.com/2015/07/tsipras-varoufakis-kouvelakis-syriza-euro-debt/


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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:58

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:48

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:41

Publié par Michel El Diablo

Assemblée Nationale - "Accord européen sur la Grèce" qui a voté CONTRE ?

Mercredi 15 juillet 2015 après-midi, l'Assemblée a entendu une déclaration du Gouvernement sur l'accord européen relatif à la Grèce puis, à l'issue d'un débat, a approuvé cette déclaration. 412 députés ont voté pour, 69 députés ont voté contre et 40 députés se sont abstenus.

 

Les députés qui ont voté contre:

Groupe socialiste, républicain et citoyen:

Christian Hutin

Jean-Luc Laurent

Groupe Les Républicains :

Julien Aubert

Sylvain Berrios

Étienne Blanc

Olivier Carré

Jean-Louis Christ

Éric Ciotti

Philippe Cochet

Bernard Deflesselles

Nicolas Dhuicq

Christian Estrosi

Laurent Furst

Sauveur Gandolfi-Scheit

Franck Gilard

Charles-Ange Ginesy

Henri Guaino

Jean-Jacques Guillet

Christophe Guilloteau

Michel Heinrich

Valérie Lacroute

Guillaume Larrivé

Charles de La Verpillière

Dominique Le Mèner

Jean-François Mancel

Thierry Mariani

Hervé Mariton

Franck Marlin

Alain Marsaud

Philippe Meunier

Yannick Moreau

Jacques Myard

Jean-Frédéric Poisson

Axel Poniatowski

Didier Quentin

Éric Straumann

Alain Suguenot

Lionel Tardy

Michel Terrot

Jean-Marie Tetart

Patrice Verchère

Philippe Vitel

Michel Voisin

Groupe de l'union des démocrates et indépendants:

Francis Hillmeyer

Groupe écologiste:

Isabelle Attard

Sergio Coronado

Noël Mamère

Groupe de la gauche démocrate et républicaine:

François Asensi

Bruno Nestor Azérot

Huguette Bello

Alain Bocquet

Marie-George Buffet

Jean-Jacques Candelier

Patrice Carvalho

Gaby Charroux

André Chassaigne

Marc Dolez

Jacqueline Fraysse

Alfred Marie-Jeanne

Jean-Philippe Nilor

Nicolas Sansu

Gabriel Serville

Non inscrits :

Véronique Besse

Gilles Bourdouleix

Gilbert Collard

Nicolas Dupont-Aignan

Jean Lassalle

Marion Maréchal-Le Pen

Philippe Noguès

 

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 09:45

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 14:53

Cet article est reposté depuis Ça n'empêche pas Nicolas.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 14:36
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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 06:53

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 17:21

Publié par Michel El Diablo

Le gouvernement grec a-t-il le choix ? SYRIZA l’impossible espoir

La situation en Grèce et l’évolution des positions du gouvernement TSIPRAS ont de quoi en dérouter plus d’un…ou confirmer les propos d’autres… Ce qui est sûr c’est que le score du mois de janvier a montré que Syriza a su capter l’aspiration d’un peuple à en finir avec l’austérité. Cela a donné un souffle d’espoir à l’Europe entière et au-delà, souffle amplifié par le référendum qui semblait aller dans le même sens.

La victoire du NON a été vécue par des progressistes du monde entier comme une révolte d’un peuple et de son gouvernement contre le diktat financier des dirigeants de l’UE. 
Enfin un Etat tenait tête et refusait les politiques d’austérité. 
Un peu partout fleurissait le slogan « Nous sommes grecs » .

Bien sûr il y avait bien quelques mauvais coucheurs (ou attardés sectaires c’est selon) du KKE qui alertaient en disant que ce référendum était un piège.
Bien sûr il y avait le PAME qui avait publié à la veille du scrutin un comparatif des propositions de Syriza et de l’UE, montrant à quel point elles se ressemblaient. Mais qui en était informé et qui même en tenait compte ?

Donc, un peu partout en Europe, des hommes et des femmes sincères fêtaient le NON sans voir ce qu’il n’était pas et surtout en restant sourds et aveugles aux propositions réelles de Syriza. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas se réjouir de ce qu’il est : un acte de résistance populaire dans lequel s’ajoutent nombre de voix du NON et les doubles NON ou les refus de vote. 
Au lendemain de ce moment fort, la question n’est pas de savoir si Syriza a capitulé après un coup d’esbroufe, mais celle de la nature réelle de ce gouvernement et de son programme présenté ici ou là comme « d’extrême gauche » et partant de là ce qu’il pouvait (et peut toujours) faire de ce vote.

Non le gouvernement Tsipras qui a accepté une croissance des bases américaines sur son territoire, qui n’a jamais remis en cause l’OTAN (bien au contraire), qui refuse de diminuer de façon conséquente son budget militaire, de taxer l’église ou de nationaliser les banques (comme le réclame, outre le KKE, l’aile gauche de Syriza), mais qui envisage au contraire un vaste programme de privatisations, qui s’attaque aux droits sociaux…etc (et la liste est longue), ce gouvernement n’est pas « radical de gauche » ou alors s’il l’est c’est à la manière de cette formation politique française, supplétif du PS. 
Quand on apprend aujourd’hui que c’est le gouvernement Hollande qui a conseillé le gouvernement grec on mesure le caractère progressiste de ce qu’il peut sortir d’une telle coopération… 
De plus la situation nouvelle créée par les dissensions dans la majorité et l’alliance lors du vote au parlement, [1] ne laisse guère planer de doutes sur l’avenir du volet social des réformes promises pendant la campagne électorale si le peuple ne résiste pas.

Le pire de qu’on peut reprocher au gouvernement SYRIZA /ANEL à l’extérieur de la Grèce (à l’intérieur laissons les grecs faire eux-mêmes la classification) c’est cet espoir déçu pour toutes celles et tous ceux qui se disaient : « enfin un Etat qui remet en cause la logique capitaliste à l’œuvre en Europe ». Et cela a de graves conséquences. 
La première c’est que celles et ceux qui défendent coûte que coûte les choix du gouvernement grec en viennent à justifier ce qu’ils sont censés combattre en France, insufflant par là-même la fatalité à celles et ceux qu’ils sont censés appeler à la révolte. Ainsi Jean-Luc Mélenchon qui écrit sur son blog : « Je partage l’avis de mon camarade Guillaume Etievant [2] lorsqu’il écrit : « J’irais même plus loin en affirmant que les choses vont dans le bon sens si on reprend l’historique des négociations depuis le début : on est maintenant proche d’un accord sur trois ans avec rééchelonnement de la dette, sans aucune attaque contre le droit du travail - bien au contraire, il sera amélioré sur la base des recommandation de l’OIT – [3],aucune attaque contre les salaires ni les pensions de retraites  [4], ni la protection sociale. Et toute la progression de l’excédent budgétaire vient de nouvelles recettes fiscales et non pas d’une baisse des dépenses ! Rappelons-nous d’où on est partis ! Au départ, les créanciers voulaient tout décider et imposer toutes leurs réformes structurelles. Certes, on est loin du programme de Syriza, mais vu la situation d’étranglements financiers, et la faiblesse d’un petit pays comme la Grèce dans les négociations, et du fait que, contrairement à ce qu’on pensait, l’Allemagne souhaite la sortie de la Grèce de l’euro, le rapport de force mené par Tsipras est considérable. »

Et que dire de ces lignes lues dans l’Humanité du 11 juillet ? « Après les lourdes concessions faites par le gouvernement Tsipras, l’heure des contreparties a sonné. Restructuration de la dette, déblocage des fonds dont le versement a été suspendu pour faire pression sur le peuple grec, arrêt immédiat de l’asphyxie financière du pays planifiée par la BCE... De nombreuses revendications grecques sont désormais sur la table et, avec la victoire écrasante du OXI dimanche dernier, elles ont pris toute leur consistance. Les lignes ont bougé sur toutes ces questions, mais la tentation de l’expulsion pure et simple de la Grèce de la zone euro persiste... »

Comme s’il pouvait y avoir un quelconque donnant donnant avec le capital et dont le peuple pourrait sortir gagnant ! Ça me rappelle, dans un autre domaine, quand la CFDT avait sorti, pour négocier avec le MEDEF, ce concept de contreparties : moyennant quoi au rythme des signatures, les reculs sociaux n’ont fait que s’accentuer et les profits augmenter !

Bien sûr ces propos, c’était avant que l’UE ne siffle la fin de la partie et considère que ce n’était pas encore assez, qu’il fallait aller plus loin dans l’austérité, ou autrement dit, dans l’augmentation des profits du capital européen au détriment du monde du travail. Mais quoi qu’il en soit ces propos sont bien en deçà de ceux de la présidente du parlement grec qui ne voit ni que « les choses vont dans le bon sens » ni que « nombreuses revendications grecques sont désormais sur la table » et s’est abstenue en déclarant : « Cette Europe qui utilise la monnaie unique comme un outil d’asservissement plutôt que comme un outil au service du bien être des peuples devient cauchemardesque ! »

La deuxième conséquence, c’est la progression de l’idée, et les dirigeants du FDG la confortent , que si le gouvernement a négocié le revolver sur la tempe, c’est qu’il n’avait pas le choix. Eh bien non ! Il avait le choix !

Comme le dit le héros de la Résistance anti-nazie, Manolis Glezos député de Syriza, Alexis Tsipras devait "obéir au mandat que le peuple grec lui avait donné en disant "non" aux créanciers". "Pourquoi négocions-nous avec eux ? Voulons-nous nous coucher ? Pour quelle raison ?".

Grexit ou non Grexit, est-ce bien la question ?

Quelqu’un qui pense qu’il faut en finir avec le capitalisme peut-il se réjouir, même si elles étaient acceptées par l’UE, des mesures proposées même avant ces derniers jours ? Même celles du gouvernement grec en date du 25 juin ? Laissons la parole au secrétaire général du KKE, Dimitri Koutsoumbas :
« Nous avons exprimé clairement, une fois de plus, les positions du KKE sur la signification du référendum, surtout en rapport avec les problèmes énormes vécus par le peuple grec au sein de l’alliance prédatrice qu’est l’UE. Cette dernière a une ligne politique qui aggrave continuellement les difficultés vécues par les gens, dans leur revenu, qui aggrave la situation du pays et la situation de notre peuple pris globalement. Il a été démontré, une fois de plus, qu’il ne peut y avoir aucune négociation qui se fasse dans l’intérêt du peuple et des travailleurs, à l’intérieur du carcan de l’UE, dans une voie capitaliste de développement.
Le KKE est en désaccord avec l’ensemble de la déclaration commune adoptée par les autres dirigeants et partis politiques. Notre désaccord repose sur notre analyse du vote du peuple grec hier. Il porte en particulier sur l’état des négociations et sur les tactiques que propose le gouvernement pour les poursuivre et que tous les autres partis acceptent, du moins dans le cadre et orientation généraux.
Personne n’a donné mandat à qui que ce soit pour signer de nouveaux mémorandums, de nouvelles mesures douloureuses pour notre peuple. Et ces mesures seront terribles ».

En réponse à une question d’un journaliste qui demandait s’il parlait d’une « solution par la sortie de l’euro », D. Koutsoumbas a insisté :
« Non. Nous nous sommes exprimés clairement sur ce sujet. Cette ligne politique peut aller dans deux directions. (…) Donc notre peuple doit se préparer. La position du KKE est que ces deux issues possibles, c’est-à-dire un accord avec un nouveau mémorandum et de dures mesures ou bien un grexit ou quelque chose comme ça se feront aux dépens du peuple grec.
La rupture avec l’UE, avec le capital et leur pouvoir est la condition préalable à une stratégie totalement différente, avec un pouvoir véritablement aux travailleurs et au peuple, allant vers la socialisation des moyens de production, un détachement de l’UE et une dénonciation unilatérale de la dette. C’est la proposition globale, totalement différente, que porte le KKE. Elle n’a rien à voir avec différents points de vue conduisant à une nouvelle paupérisation de notre peuple. Et je veux parler des points de vue qui existent au sein d’autres partis (…) qui parlent de sortie uniquement de la monnaie unique »
. Une fois n’est pas coutume c’est le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker qui lui donne raison quand il déclare : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »

Dans ce contexte il est bon alors de se rappeler qu’une fois de plus l’intervention populaire sera déterminante. En Grèce aussi, comme le chante Jolie Môme, « c’est dans la rue que ça se passe ».

Charles HOAREAU

Le 13 juillet 2015

 

[1] Outre le KKE, 2 députés de Syriza ont voté contre, 15 – dont deux ministres – se sont abstenus et 15 autres ont voté OUI tout en disant qu’ils refuseraient toute mesure d’austérité soit au total, ont voté pour, 145 sur 161 députés de la majorité Syriza / ANEL (droite nationaliste). Ont voté pour également le PASOK (PS grec) et les conservateurs, détails du vote qu’on a bien du mal à voir en lisant la presse ! Au sujet des retombées politiques du vote au parlement on peut lire dans Ouest France : Tsipras face à une crise politique, malgré le référendum http://www.ouest-france.fr/grece-tsipras-face-une-crise-politique-malgre-le-referendum-3556928

[2] secrétaire du PG. Voir la lettre ouverte http://lepcf.fr/Lettre-ouverte-a-Guillaume que lui adressait Jacques Sapir en mai 2014

[3] sic ! On se demande où Guillaume Etievant est allé pêcher cet argument ! A l’en croire il faudrait dire aux travailleurs grecs d’arrêter de manifester ! NDLR

[4] on croit rêver quand on sait que l’âge de la retraite est porté à 67 ans, contrairement à ce qui avait été promis pendant la campagne NDLR

 

SOURCE:

 

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 16:55
Transmis par courriel par le réseau "Faire vivre le PCF"

Publié le : 14 juillet 2015

Appel urgent aux communistes, intervenez auprès de vos directions fédérales, auprès de vos élus, de vos députés et sénateurs. Le PCF doit porter le NON des peuples grecs et Français dans l’enceinte du parlement. C’est un vote historique !

Euro ou refus de l’austérité, il faut choisir !

 
Déclaration du réseau Faire Vivre et Renforcer le PCF
Le diktat de la commission européenne s’est refermé sur la Grèce.

Non seulement, elle doit accepter une nouvelle étape d’austérité, sans aucune garantie de refinancement à long terme de sa dette, mais elle doit accepter une tutelle encore plus étroite, jusqu’à livrer une grande part de son patrimoine public à une privatisation directe confiée à la Troïka et ne plus pouvoir consulter son peuple sans l’autorisation de la commission européenne.

L’audit de la dette avait pourtant montré que les plans européens cherchaient d’abord à sauver les banques européennes. Le fonds de privatisation sera bien évidemment dans les mains des mêmes banquiers et de leurs oligarques européens préférés qui se partageront les dépouilles de l’état grec.

L’urgence n’est pas de savoir si le gouvernement Tsipras pouvait faire mieux. Il a bien expliqué qu’il se contraignait à défendre la dignité du peuple grec dans le cadre de l’Euro. Mais il faut dénoncer l’arrogance des élites européennes, des médias dominants, leur diktat inacceptable, la guerre qu’ils mènent contre un pays ayant perdu 30% de son PIB en 5 ans ! Il le faut, quoi qu’on pense du débat politique en Grèce, même s’il est important de connaître les analyses faites avec constance par les communistes grecs.

L’urgence politique pour les communistes en France est de tirer pour eux-mêmes toutes les conséquences de cette offensive contre le peuple grec. Elle concerne notre combat contre l’austérité, pour la défense des services publics, des salaires, des retraites, de la protection sociale, des droits du travail. Elle concerne la crédibilité de tout projet de rupture avec le capitalisme.

Car François Hollande en se présentant comme le défenseur de la Grèce face à l’Allemagne nous refait le coup de la "pédagogie du renoncement" de François Mitterrand en 1983, à une échelle bien plus grande. Il soutient la Grèce « comme la corde soutient le pendu », défendant sa place dans la zone Euro en échange d’un renforcement violent de l’austérité.

En votant Oui, la direction du PCF porterait une terrible responsabilité

Pierre Laurent a raison de dénoncer l’attitude de l’Allemagne qui menace du Grexit pour imposer "une véritable humiliation politique" au peuple grec. Il a raison de dénoncer le choix du Luxembourg, "champion du monde de l’optimisation et de la fraude fiscale" pour gérer les privatisations grecques. Mais en se rangeant du côté de François Hollande, en défendant la nécessité de cet accord austéritaire, Pierre Laurent prend une responsabilité terrible. Les questions politiques qui se jouent en Grèce sont au cœur de toutes les batailles en France, de la défense de l’emploi, des services publics, des droits du travail, des protections sociales, de tout ce qui reste des conquis du Conseil National de la Résistance dont le Gouvernement Hollande/Valls/Macron termine la destruction à vitesse accélérée. Si ce qui est accepté par le gouvernement grec est une bonne issue à la crise, alors, face à la dette, au "trou de la Sécu", au "déficit des retraites", il n’y a pas d’autre solution que l’austérité renforcée, la baisse des protections sociales, le recul de l’âge de la retraite, les réformes des collectivités territoriales, et l’éclatement de la nation, la fin de toute souveraineté populaire.

Il faut donc dire avec force si oui ou non, il est possible de mener une autre politique que l’austérité dans le cadre de l’Union européenne et de l’Euro. Si l’accord imposé au peuple Grec, malgré la force des 61% du non au référendum, est un accord nécessaire, alors la souveraineté des peuples européens n’existe plus et le maintien dans l’euro justifie toutes les politiques d’austérité. Alexis Tsipras a le mérite de le dire en toute clarté. Il n’a pas été élu pour mettre en cause la zone Euro ou l’Union Européenne. Il cherche donc une issue à la crise terrible qui frappe son peuple dans ce cadre. Il doit donc accepter plus d’austérité.

Nous devons proposer une perspective de rupture au peuple français

C’est toute la question qui nous est posée. Comme le dit Varoufakis, pour l’Allemagne, l’humiliation du peuple grec est un message aux autres peuples européens, entre autres au peuple Français.
Devons-nous dire au peuple Français que l’allongement de l’âge du départ en retraite, la hausse de la tva, un nouveau plan de privatisation et d’autres mesures d’austérité peuvent être nécessaire pour maintenir un euro fort et la cohésion européenne ? Si une vague populaire porte Pierre Laurent ou un autre au pouvoir en 2017, devront-ils proposer face à l’Allemagne un accord du même type ? Si nous l’acceptons pour les Grecs aujourd’hui, pourquoi le refuser pour la France demain ? Sans une perspective de rupture progressiste avec l’austérité, la voie est libre pour l’extrême-droite. Les guerres, le fascisme sont à notre porte….

Au cœur de cette crise se trouve l’Euro et la construction de l’Union Européenne.

Depuis des années, ce débat n’a pas lieu dans le PCF. Toutes les tentatives pour débattre des alternatives à l’Union Européenne sont écartées et toutes les analyses et projets s’inscrivent dans le cadre d’une seule certitude : il peut exister une « Union européenne sociale », un « Euro solidaire... ». Le contenu de l’accord accepté par le gouvernement grec démontre avec force le contraire !

Il est urgent d’ouvrir le débat avec les communistes. Pourquoi une politique contre l’austérité semble impossible en Grèce ? Qu’est-ce qui l’interdit dans le cadre de l’Euro ? La seule agressivité allemande ? Les banques françaises ne sont-elles pas impliquées elles-aussi ? Pourquoi la force des 61% du OXI n’a pas bousculé les rapports de force dans l’UE ? Qu’est-ce que les peuples doivent faire pour imposer leur dignité et faire respecter leurs choix politiques ? N’est-il pas urgent de reparler de souveraineté populaire ? Quelle est cette contradiction apparente entre les intérêts US et allemands ? Quel rôle joue la place de la Grèce dans l’OTAN dans une région frappée par la guerre ?

Il est nécessaire de mener une grande bataille populaire d’explications contre la pédagogie du renoncement à l’œuvre. Le PCF doit dire qu’il n’accepterait pas l’accord humiliant imposé aux grecs. Il doit être porteur de propositions qui permettent réellement de sortir de l’austérité liant propositions et projet de société, s’appuyer sur les luttes qui se déroulent dans tout le pays. Il doit affirmer que face à la même alternative, il peut rompre avec la dictature de la commission européenne. Ces débats sont essentiels à notre capacité à faire vivre et partager notre projet, le projet d’une sortie du capitalisme, qui suppose de s’affronter aux bourgeoisies européistes, au MEDEF qui demande "de l’aire" se considérant trop à l’étroit en France, qui suppose d’affirmer que nous défendrons la souveraineté populaire de la France, que nous appelons à une nouvelle république sociale, reprenant la longue histoire des insurgés de 48, de la commune de Paris, du Front Populaire, du conseil national de la résistance, et des luttes sociales et anticoloniales du siècle passé, et que le peuple de France est légitime à dire NON une nouvelle fois, et à imposer son propre destin, son propre projet de société, dans la solidarité et la coopération avec tous les autres peuples, d’Europe et du monde.

Les parlementaires communistes doivent refuser avec force et détermination l’accord ! Ils ne peuvent mêler leurs voies aux forces qui imposent l’austérité à notre peuple, ils ont l’occasion, après le vote des motions de censure, d’un acte politique historique qui réaffirme la place du point de vue communiste dans la vie politique Française.

Avec le peuple de 2005, avec le peuple grec, ils doivent dire NON !

14 Juillet 2015

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