Ce n'est pas la première fois donc que l'ambassade américaine s'intéresse aux banlieues françaises. Gageons que le maire de Stains, maire communiste, ne serait pas accueilli avec autant d'enthousiasme par les autorités américaines. Mais c'est surtout l'image de soldats en uniforme étranger qui est scandaleuse. Quel autre pays pourrait se permettre, hors une cérémonie officielle, de patrouiller ainsi dans un pays souverain ? Un article du Parisien éclaire un peu l'objectif : susciter chez ces jeunes, "une attitude pro-Etats-Unis"... Tout un programme.
Vous imaginez des soldats russes ou chinois faisant de même ? Nos médias dominantes s'indigneraient, à coup sûr. A juste raison. Quelles autorités françaises ont donc autorisé cette opération de pure propagande idéologique en direction de jeunes enfants ?
YG.
A travers une foule de programmes culturels, l’ambassade américaine à Paris cajole les quartiers populaires d’Ile-de-France. Une générosité qui séduit mais aussi interroge selon Le Parisien…
[…] Globalement, les diplomates sont réticents à aborder le sujet du soft power dans les banlieues françaises. La faute aux Wikileaks — la fuite de documents confidentiels diplomatiques américains à grande échelle — qui, au moment des émeutes de Clichy-sous-Bois en 2005, révélaient que les USA reprochaient à la France de «ne pas considérer ses compatriotes à la peau sombre et musulmans comme des citoyens à part entière». Une critique acerbe du gouvernement français qui met mal à l’aise les autorités américaines. […]
Il y a aussi l’International Visitor Leadership Program (IVLP), créé après-guerre, qui n’est pas réservé aux Français issus des banlieues ou des minorités… mais ne les en exclut pas. « Des jeunes leaders dans leurs domaines », comme l’essayiste Rokhaya Diallo, le rappeur Ekoué Labitey ou le sous-préfet de Seine-Saint-Denis, Fayçal Douhane, ont ainsi profité de ce dispositif, qui permet de passer plusieurs semaines aux Etats-Unis, de s’y constituer un réseau, d’en appréhender les valeurs et pour, espèrent les diplomates américains, « en rapporter une attitude pro-Etats-Unis », analyse un élu de Seine-Saint-Denis. […]
Le Parisien