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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 22:50
Lu sur ouest-france.fr Le Havre - Publié le
 
  • Le site Goodyear d'Amiens.

    Le site Goodyear d'Amiens. | Archives AFP/DENIS CHARLET

300 manifestants se sont rassemblés, ce jeudi 4 février 2016 au Havre, pour marquer leur soutien aux huit ex-salariés de Goodyear, condamnés pour séquestration.

La manifestation s'est déroulée à 17 h 30 devant la sous-préfecure du Havre, rapporte le site Internet d'information Normandie-actu.

Dans la foule des 300 manifestants, des représentants des dockers, des salariés de la pétrochimie, du bâtiment, ou encore les Sidel. Une rencontre entre représentants syndicaux et le sous-préfet s'est déroulée vers 18 h. D'autres rassemblements et débrayages ont eu lieu tout au long de la journée.

Plus de deux ans après les faits, huit anciens salariés de l’usine Goodyear à Amiens-Nord (Somme), qui avaient retenu deux cadres de leur entreprise menacée de fermeture, ont été condamnés à deux ans de prison ferme dont quinze mois de sursis. 

A Rouen, dès 6 heures ce matin, les militants de la CGT distribuaient des tracts au rond-point des vaches en appelant à la solidarité avec les "Goodyear".  Les militants de l'UL de Sotteville en faisait autant dans la zone industrielle de Sotteville.  Puis un bon nombre d'entre eux a rejoint la manifestation parisienne.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 22:35

Lu sur l'UL CGT Dieppe

04 févr. 2016

Dieppe se mobilise pour défendre les syndicalistes de Goodyear

Ce soir, à 17h00, plus de 200 personnes se sont rassemblées devant la sous-préfecture de Dieppe pour dénoncer le jugement inique prononcé contre les syndicalistes de Goodyear condamnés à 9 mois de prison ferme, et exiger leur relaxe pure et simple!

Puis les manifestants se sont déplacés sur le boulevard pour distribuer des tracts aux automobilistes.

Stop à la répression anti-syndicale et liberticide.
Dieppe se mobilise pour défendre les syndicalistes de Goodyear
Dieppe se mobilise pour défendre les syndicalistes de Goodyear
Dieppe se mobilise pour défendre les syndicalistes de Goodyear
Dieppe se mobilise pour défendre les syndicalistes de Goodyear
Dieppe se mobilise pour défendre les syndicalistes de Goodyear
Dieppe se mobilise pour défendre les syndicalistes de Goodyear
Dieppe se mobilise pour défendre les syndicalistes de Goodyear
Dieppe se mobilise pour défendre les syndicalistes de Goodyear
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 18:08

De nombreuses voix s'élèvent en France pour la levée des sanctions contre la Russie, à commencer par les agriculteurs. Alors que les bouches s'ouvrent, on se demande bien aujourd'hui pourquoi ces sanctions ont été prises.  L'article qui suit montre à l'évidence que les Européens et parmi eux, le président et le gouvernement français, sous la houlette du ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, se sont pliés sans grande résistance aux exigences de l'empire américain.  La crise internationale, et aussi la crise de l'agriculture montre que ces décisions américaines ont été mortifères.  Qu'on fasse donc taire les dirigeants américains!  Une des façons de le faire est que la France sorte de l'OTAN, organisation créée par eux et à leur solde. 

Pour cela il faut que monte dans le pays cette exigence de sortie de l'OTAN.

Pour ce faire, vous pouvez signer la pétition réclamant la sortie de l'OTAN, pétition initiée par un mouvement italien et reprise par le Comité Valmy ici.

par IlfattoQuotidiano.fr (son site)
Lu sur Agoravox le mercredi 3 février 2016
 

 Le sénateur John McCain (ci-contre) vient de déclarer qu’il revient aux USA de décider si les sanctions européennes contre la Russie doivent être levées ou pas. La décision devrait être évoquée à Munich la semaine prochaine, vu le nombre de pays européens qui se plaignent de l’impact de ces sanctions sur leur économie.

"Je crois qu’il y a beaucoup de discussions entre les Européens à propos de la fin des sanctions… nombre d’entre eux attendent leur levée," a-t-il déclaré lors d’une interview à Sputnik. "Cela fait plusieurs mois que j’en entends parler, et il y a une énorme pression de la part de certains pays, notamment l’Allemagne, pour la levée des sanctions."

Cependant, l’ancien candidat malheureux aux présidentielles américaines pense qu’au final c’est à Washington de décider s’il faut ou non mettre fin aux sanctions, expliquant… que cela "dépend d’une certaine façon du leadership américain."

La levée des sanctions doit être évoquée lors de la Conférence sur la Sécurité à Munich la semaine prochaine, à laquelle doit se rendre également le Premier ministre Dimitry Medvedev.

 

"Les sanctions économiques seront évoquées en coulisses, même si ce n’est pas visible," a poursuivi McCain. "Cela ne sera pas discuté ouvertement pendant la conférence, mais il y aura beaucoup de débats à ce propos entre les différents pays européens.

McCain a raison sur un point : l’Union Européenne (UE) n’est pas contente de perdre des milliards de dollars d’échanges suite à l’embargo mis en place par Moscou en réponse aux sanctions.

Le ministre français de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce numérique Emmanuel Macron a expliqué en janvier que Paris apporterait son soutien à la levée des sanctions occidentales à l’été 2016. Ce point de vue est partagé par les représentants de la Chambre de commerce germano-russe AHK, qui sont convaincus que les sanctions contre la Russie doivent prendre fin. Le président de cette organisation, Rainer Seele, assure que 80% des entreprises allemandes ont été impactées par ces sanctions économiques. Selon Seele, la plupart des représentants des sociétés interrogées pensent que "l’efficacité politique de ces sanctions n’est pas apparente."

En décembre, l’Italie a remis à plus tard l’application d’une décision de l’UE visant à étendre les sanctions économiques, et a demandé à ce que ces mesures soient discutées au sein de l’Union, après une réunion d’envoyés européens à Bruxelles.

Le vice-président américain Joe Biden avait admis en octobre 2014 que les dirigeants US avaient dû faire pression sur l’Europe pour imposer les sanctions économiques contre la Russie après la crise en Ukraine, car l’Europe était réticente à ce genre de mesures.

"Il est vrai qu’ils ne voulaient pas le faire," a avoué Joe Biden. "Mais les États-Unis ont pris les choses en main et le président des États-Unis a insisté sur ce point. Parfois, nous avons même dû placer l’Europe dans une situation inconfortable afin qu’elle agisse et qu’elle fasse "payer" [la Russie ]," avait-il déclaré.

Les sanctions économiques européennes contre la Russie ont été introduites en juillet 2014 pour un an avant d’être prolongées suite à la crise ukrainienne et la réunification avec la Crimée. Elles incluent des restrictions sur les prêts accordés aux principales banques étatiques russes, ainsi qu’aux grandes compagnies de défense et pétrolières. De plus, Bruxelles a imposé des restrictions sur la fourniture d’armes et d’équipement militaire à la Russie, ainsi que sur les technologies militaires, les équipements "Hi-Tech", les technologies à double usage et celles de l’industrie pétrolière.

La Russie a répondu en imposant un embargo sur les produits agricoles, la nourriture et les matières premières provenant des pays ayant adopté les sanctions contre elle. L’importation de viandes de boeuf, porc, volaille, de poisson, de fromage, de lait,et de fruits et légumes ont été interdits depuis ces pays, et Moscou a lancé une politique de substitution de ces produits.

Source : RT, le 3 février 2016

Traduction  : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 18:05

Cet article est reposté depuis Ça n'empêche pas Nicolas.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 18:03

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 11:41
A l’UNESCO le Qatar sponsorise un colloque sur la liberté de la presse.

Bon appétit ô journalistes intègres. Le 5 février, à Paris au Palais de l’UNESCO, l’élite mondiale de la presse va casser la croûte aux frais de l’émir du Qatar.

Avouez que discourir de la liberté des journaux et de ceux qui les font en étant nourri par un autocrate, c’est vraiment banqueter dans un monde idéal. A l’UNESCO, nul n’a vu malice dans le fait qu’Al Jazira, la télé haut-parleur du Qatar, offre un repas bien mérité aux confrères, après qu’ils ont transpiré et souffert pour sauver une noble cause : la liberté de la presse. Dans le même esprit, l’UNESCO devrait nous proposer bientôt un symposium de la liberté offert par le camp de Guantanamo, une réunion sur le journalisme libre pistonné par la Turquie, et la liste des oxymores peut être longue.

Parlons de ce Qatar qui aime tant la liberté à Paris pour mieux la combattre à Doha. C’est un pays avec foi –le wahhabisme radical- mais sans lois, en tout cas dignes de ce nom, votées par une assemblée. Un pays sans presse libre, où ce qui est imprimé n’est que la feuille d’avis du palais ; sauf, révérence gardée, quand le livre sur l’islam de notre confrère Edwy Plenel y est diffusé en feuilleton.
Au risque d’être lourd, faut-il rappeler que le poète Mohamed Al Ajami est cloîtré pour quinze années en prison, au prétexte qu’il a souhaité que le « printemps » soit une saison qui n’oublie pas de faire un tour par le Qatar. Le pays d’Al Jazira l’a d’abord condamné à mort avant que la sentence soit généreusement commuée.

Al Jazira synonyme de liberté ! Le mot chaîne lui va si bien. N’est-ce pas sur son écran que l’on peut entendre le cheikh Qaradawi venir souhaiter « qu’Hitler revienne pour finir le travail ». Voilà une télé moderne, une télé qui a révélé son vrai visage lors des « printemps » de Tunisie, d’Egypte et de Libye. C’est alors que cette arme de presse a sorti son droit canons pour imposer dans ces trois pays « libérés » des gouvernements tenus par des frères wahhabites, pas vraiment hostiles au noble combat conduit par Daech et d’Al Nosra en Syrie.
Pour la toute petite histoire, au temps de ce chaos et dans le rêve de l’exporter en Algérie, sachez qu’Al Jazira a tourné en studio de fausses séquences « d’émeutes » censées se dérouler au pays de Boutef... Histoire d’allumer la mèche au pays de l’émir Abdelkader.
Après un bon déjeuner offert par un despote, il est bon de rire et voici donc une blague. Elle se déroule en Egypte après la tempête du « printemps ». Elle décrit une caricature publiée dans la presse du Caire. On voit une mère en colère et qui tire l’oreille de son fils :
- Ali, tu sais où on met les petits menteurs ?
- Oui maman, à Al Jazira.

Jacques-Marie BOURGET

Et voir : http://www.legrandsoir.info/quand-plantu-recoit-une-dotation-d-une-dic...
Et : "Le vilain petit Qatar" de Jacques-Marie Bourget et Nicolas Beau.

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 22:37
La nouvelle majorité de droite du conseil général vient de diminuer la subvention de 33% de l'IHS de la CGT de Seine-Maritime ... Cette punition dit beaucoup de choses.  Sur la droite : elle est parfois très bête.  Ce que fait l'Institut d'histoire de la CGT est remarquable et nul doute que cela intéresse bien au-delà des rangs de la CGT.  En outre cela concerne toute une partie des citoyens de Seine-Maritime.  Nombre d'entre eux ne sont plus ouvriers.  Mais qu'ils soient de Rouen, du Havre, de Dieppe, d'Elbeuf ou d'une autre région de notre département, beaucoup d'entre eux ont un ancêtre, un grand-parent, un parent, qui travailla dans une des usines de Seine-Maritime et qui, il se peut, fit grève avec la CGT...  La droite mène ici une bataille mémorielle et vient de prendre une mesure très idéologique.  C'est mesquin, minable et revanchard.  C'est surtout une décision de classe.
Si vous voulez être solidaire, allez sur le site de l'IHS-CGT 76, imprimez le bulletin d'abonnement, abonnez-vous et envoyez le tout à l'adresse indiquée.    YG.
  • 28/01/2016
L’ histoire et la Confrérie de la Charité….

Au titre de la politique mémorielle -citoyenneté et histoire- le président du département de la Seine-Maritime a proposé que soit attribuée une subvention annuelle de 1000 euros à l’Institut CGT d’Histoire Sociale de Seine Maritime. Ce montant représente une baisse de 33 % par rapport à l’exercice précédent.
Je note que dans la même délibération une aide de 500 euros a été attribuée à l’Union des Confréries de Charité de l’Eure Confrérie de Charité de Roncherolles -en Bray.
Les critères retenus qui encadraient jusqu’ici la politique mémorielle du département volent en éclat au mépris de l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 sur la laïcité.
J’ignore le programme « mémoriel » de l’Union des Confréries de Roncherolles-en-Bray, mais pour notre part nous avons prévu de nombreuses initiatives avec notamment la projection du film de Gilles Perret  » La sociale » sur la création de la Sécurité sociale, ce qu’elle est devenue et ce qu’elle pourrait devenir. Nous allons organiser aussi plusieurs conférences sur le 80eme anniversaire de 1936 sur le thème « 1936, 2016, ils ont osé, ils ont gagné », puis à la fin de l’année nous publierons un livre illustré sur l’affaire Jules Durand. Cette liste n’est pas exhaustive.
La décision arbitraire prise à l’encontre de l’Institut CGT d’Histoire Sociale de Seine-Maritime par les élus de droite à l’assemblée départementale est politique. Ils préfèrent que « l’histoire » soit racontée par les Confréries de la Charité…
Vous pouvez soutenir l’Institut CGT d’Histoire, ne serait-ce que pour une seule raison :  " Tant que les lapins n’ont pas d’historiens, l’histoire est racontée par les chasseurs ". (Howard Zinn).

Jacky Maussion

Président de l’ IHS Cgt 76

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 22:08

Pour les Français amis de Cuba, leurs associations de solidarité, l’événement est considérable. Pour la première fois, un président de Cuba, en visite d’État, a été reçu à Paris avec tous les honneurs de la République. Une douzaine d’accords ont été signés pour resserrer les liens diplomatiques, économiques, culturels, scientifiques, entre les deux pays. Contrairement à ce qui s’était passé lors de la visite de François Hollande à La Havane en mai dernier, la caravane est venue et les chiens se sont tus. Même le Figaro, en général peu avare de qualificatifs s’agissant de Cuba, faisait le beau en nous annonçant diplomatiquement la visite du « président cubain » . Au point que « les quelques tristes chats en quête de notoriété qui miaulaient sur les toits de Paris » n’ont pas fait recette. Leur voix la plus célèbre, celle de l’écrivaine-que-vous-savez ne s’est guère faite entendre. Était-elle assignée à résidence ? En ces temps de lois d’exception et de lutte antiterroriste mieux valait faire oublier qu’elle avait appelé en un temps, depuis Paris, à « coller une bombe au dictateur », ce qui lui avait valu les remontrances de Régine Desforges qui nous tartinait alors de longues colonnes expliquant que Cuba n’était pas sa tasse de thé.

Le petit doigt d’Europe 1

Cette tonalité médiatique nouvelle ridiculisait les plumes chagrines et les esprits attardés. Cela nous aurait manqué quand même et, heureusement, il y en eut. En quête d’arguments, le pauvre journaliste du monde que-vous-savez en a été réduit aux dernières extrémités : la lecture de Granma, quotidien du parti communiste de Cuba. On voudrait le plaindre dans cette douloureuse épreuve mais la réjouissante actualité cubaine nous prive de l’ennui qu’il y a à enfiler les perles et coquilles du Monde. Comme l’anticommunisme fait partie de son folklore, notre intérêt s’est émoussé depuis longtemps.

En matière de désinformation, Europe 1 a remporté le pompon en présentant la visite comme « destinée à tourner la page d’un communisme révolutionnaire ». Ce sensationnel démenti à toutes les déclarations de tous les responsables cubains émane « d’un anonyme » de l’ambassade de Cuba à Paris. Mon anonyme a moi me dit que celui d’Europe n’est autre que son petit doigt.

Autre repère journalistique de la radio, le bout de son nez pour éviter de voir plus loin qu’une « visite très business. » Europe 1 avait besoin du mot anglais après avoir sans doute usé et abusé du Larousse et du Robert au détriment d’autres visiteurs : ceux qui achètent armes, Mirages et Rafales, hôtels particuliers et fleurons de notre industrie, qui en profitent pour envoyer leur famille et leur harem soigner leurs bobos dans nos hôpitaux publics en y laissant la note, confisquent une plage pour leur usage privé tout en exigeant que la policière de service soit envoyée ailleurs.

La presse en général a donc mis l’accent sur l’intérêt mutuel des deux pays. Cuba, toujours en lutte contre le blocus des États-Unis, a besoin d’attirer des capitaux étrangers pour développer son économie, elle souhaite une diversification de ses relations commerciales pour ne pas dépendre d’une seule. Enfin la normalisation de ses rapports avec l’Europe ferait aussi levier pour obliger les États-Unis à lever la totalité du blocus. Or, la France a pris la tête des négociations en cours – qui devrait aboutir dans les six mois- comme le démontre son rôle dans l’accord signé entre la Havane et le Club de Paris pour régler le problème de la dette cubaine. Pour Paris, Cuba représente « la porte d’entrée des Caraïbes », une carte de visite pour s’implanter en Amérique latine.

La partie diplomatique qui vient de se jouer ces derniers jours à Paris entérine la victoire d’une révolution. Ce pays devenu soudainement si important dans les calculs géopolitiques de la France, pour ses ambitions économiques, son influence, est une île de 11 millions d’habitants. Ses richesses principales ne se comptent pas en réserves minières, en pétrole, en en or ou en pierres précieuses. De quelque point de vue que l’on se place, l’île du crocodile vert n’est pas ce que les puissants nomment une puissance. Pour cette raison et interdit étasunien oblige, elle était même jusqu’ici infréquentable.

Au temps de la période spéciale des années 90, en butte au blocus, à la position commune de l’Europe, d’immenses affiches recouvraient les murs de La Havane. Elles représentaient l’océan -« qui ne déteint pas »-, le soleil -« qui ne s’éteint pas »- , des enfants sur le chemin de l’école - « on ne reculera pas »- et enfin une manifestation du « peuple entier » - « cela ne se vaincra pas »). Ces affiches auraient sans doute arraché un sourire de dérision à nos gouvernants, très occupés alors à sabler le champagne en condamnant la soi disant dictature, l’enfer des droits de l’homme. Leur empressement aujourd’hui à liquider leurs arriérés de politesse, leurs voyages précipités dans l’île depuis que les premières mesures Obama leur en ont donné la permission tout en ouvrant le champ à la concurrence, soulignent la prouesse cubaine.

Lettres de créance

Cuba démontre qu’il y a d’autres puissances que celles de la force et de l’argent. L’unité, la rébellion et la détermination d’un peuple, ses efforts conjugués contre les agressions, le mensonge, toutes les adversités, sont capables de s’imposer et de changer les règles du jeu. Sur nos Champs-Élysées, pavoisés du drapeau de l’étoile solitaire pour saluer le guérillero aujourd’hui président, c’est le peuple cubain qui était à l’honneur.

Ni les États-Unis obligés de reconnaître l’échec du blocus, ni l’Europe qui bafoue chaque jour les Droits de l’homme tout en se présentant comme héraut des Droits de l’homme n’ont rien obtenu de leurs exigences d’autrefois. Cuba s’ouvre mais sans rien céder sur l’essentiel : le droit de choisir son système politique, ses gouvernants, ses propres lois. Des relations oui et avec 193 pays mais seulement d’égal à égal. L’économie se diversifie mais rien n’est à vendre et la propriété collective demeure. La santé, l’éducation, la culture, pivots de la révolution, sont réaffirmés comme prioritaires et pour l’essentiel quasiment services publics.

Cuba change dans le but d’actualiser le socialisme pour le rendre prospère et durable. L’entreprise est pleine d’embûches, les interrogations sont légion mais les dirigeants Cubains n’en font pas mystère et convoquent au contraire leur peuple pour en débattre. Ils ont en tête l’échec de la perestroïka, ne veulent imiter personne même pas la Chine ou le Vietnam et surtout pas les Européens en perte de lumières. Leur voie reconnaissent-ils sera difficile mais Lezama Lima le disait « seules les choses difficiles sont intéressantes ».

Si nos gouvernants battent en retraite, ravalent les déclarations et exigences d’autrefois, si le pape lui même se rend dans ce pays si peu catholique, c’est que tous sont bien obligés de reconnaître le prestige de l’île, l’autorité qu’elle a acquise. Devant l’ONU qui salue ses résultats (indice de développement humain, taux d’alphabétisation et pourcentage du PIB consacré à l’éducation, à la culture, indice de mortalité infantile, participation à la lutte contre Ebola), devant le monde entier, Cuba fait la différence. Elle parle « de puissance à puissance » mais ses lettres de créance ne sont rien d’autre que la feuille de route de sa révolution : conquêtes sociales, résistance à l’agression impérialiste sur son territoire, aide apportée à tous les peuples en lutte comme en Angola - et qui, selon Nelson Mandela fut déterminante pour vaincre l’apartheid - solidarité à tous ceux en souffrance lors des catastrophes naturelles, création de l’intégration latino- américaine pour en finir avec l’hégémonie étasunienne, lutte pour la paix comme en témoigne son rôle dans les négociations entre la guérilla des FARC et le gouvernement colombien.

La caravane est passée et à Paris, presque et pour le moment, les clameurs se sont tues. Sa route continue et notre solidarité l’accompagne.

Maïté Pinero

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 18:25
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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 15:06

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