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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 16:51

Nous reproduisons ici un tract de la CGT-Sanofi.  Rappelons que Sanofi a reversé à ses actionnaires 3,6 milliards de dividendes en 2012 et est une des trois entreprises du CAC 40 réalisant le plus de chiffres d'affaires et de bénéfices.  Grâce en grande partie à la vente des  médicamments remboursés par les mutuelles et la sécurité sociale.  Grâce aussi aux subventions versées par l'Etat.  

 

 

Réduire le coût du capital : Indispensable !
Valoriser l’emploi et les salaires : Incontournable !

Ce 28 novembre se tenait la première réunion de négociation sur les salaires.

La Direction a osé :

Augmentation collective (ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise ou cadres) :  0%
 

Enveloppe globale de 1,6% pour financer les augmentations individuelles, les primes d’ancienneté, les changements automatiques de coef.

C’est une véritable provocation, un véritable mépris pour les salariés !

La Cgt a rappelé que la Direction allait toucher le crédit d’impôt compétitivité emploi (c’est-à-dire une économie de 4% sur tous les salaires inférieurs à 2,5 fois le SMIC, pris sur nos impôts) et a demandé comment la direction allait utiliser cet argent, en emplois et en salaires. Pour info, la somme atteindrait les 13 à 20 millions €, soit l’équivalent d’au moins 500 emplois, dès 2014.

La Direction a répondu que cela irait dans le compte d’exploitation refusant de s’engager sur une quelconque utilisation pour l’emploi.  De fait, la Direction fait coup double :
- Elle encaisse le montant qui vient s’ajouter au 130 M€ du crédit d’impôt recherche et refuse le moindre engagement sur l’emploi,
- Mais par contre saisit l’effet d’aubaine et décide de ne pas augmenter les salaires, même les plus faibles pour maintenir le maximum de salariés sous les 2,5 SMIC soit 41500 € annuels bruts (primes incluses), qui lui permet d’obtenir le maximum de subventions.
Cette mesure contre-productive sans aucun engagement de créer des emplois est utilisée par la direction pour limiter les salaires.

La Cgt a précisé que la direction pouvait utiliser les 162 millions € provisionnés pour payer les retraites chapeaux de nos « chers » dirigeants, les utiliser pour l’emploi et les salaires et mettre fin définitivement à ce privilège exorbitant. Pas de réponse de la Direction.
Le 28 matin, la Cgt des industries chimiques a organisé un rassemblement devant Bercy.
Une délégation de militants d’entreprise qui se battent contre les plans de restructuration et pour sauver leur entreprise a été reçue par les conseillers de Montebourg dont celui en charge de la pharma . Les militants ont rappelé leur exigence d’une intervention de l’Etat sur tous les dossiers.

Pour Sanofi, il a été rappelé la situation dramatique actuelle :
- Arrêt de production de vaccins vitaux, suppressions massive d’emplois chez Pasteur, nécessité de travaille aux vaccins de deuxième génération
- Refus de la direction de mettre par écrit tout engagement de maintien des sites entre autres des sites industriels
- Stratégie suivie de désengagement total de la recherche interne avec des conséquences dramatiques pour les sites de Toulouse et Montpellier.
- Utilisation de l’argent public utilisée à d’autres fins que l’emploi.

Pour conclure, il a été rappelé que le gouvernement doit assumer ses responsabilités et défendre le potentiel industriel du pays, agir conformément aux attentes de la population. Le gouvernement portera une lourde responsabilité s’il refuse de s’engager pour sauvegarder le potentiel de recherche pharmaceutique dans notre pays et la production industrielle qui l’accompagne.
 
L’enjeu majeur pour les salariés est d’en finir avec ce coût du capital qui affaiblit chaque jour les activités de notre entreprise, les emplois et la masse salariale.
Cette stratégie induit une spirale de régression au détriment de l’investissement interne, de l’emploi et des salaires.


sanofi

 

Proposition Cgt

- Diminuer le coût du capital de 50% (pour le ramener à 2006)
- Les 2,5 milliards reconquis permettraient de valoriser le travail, l’investissement interne et les salaires.

C’est pourquoi la Cgt revendique une autre utilisation des richesses !

Pour la défense de nos emplois et de nos salaires,

La mobilisation des salari

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 09:00

Le Parti communiste de Bohême-Moravie tient ses promesses

 

Les élections législatives du 27 octobre ont marqué une progression substantielle du Parti communiste, passant de 11 à 15 %, de 27 à 33 sièges. Pour la classe dominante, c'est une épine dans le pied, un casse-tête au moment de la formation d'un gouvernement.

Pour la social-démocratie, les vagues promesses hypocrites de la campagne sur une alliance gouvernementale de « gauche » sont loin, au moment où elle s'arrange vers une coalition avec la droite.

Cette promesse apparaît désormais plutôt comme un moyen de diviser le Parti communiste de Bohême-Moravie, tiraillé entre une aile plus « réformiste » - favorable à un accord avec la social-démocratie - et une autre plus « révolutionnaire » - partisan d'une ligne indépendante.

Le dernier communiqué du KSCM montre que les tenants de l'aile « révolutionnaire » sortent renforcés de cette énième volte-face de la social-démocratie tchèque, après la 18 ème session du Comité exécutif du KSCM.

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Les négociations post-électorales suivant les élections législatives anticipées entre le mouvement ANO 2011 [NdT : mouvement ultra-libéral, européiste et populiste dirigé par Andej Babis, deuxième fortune du pays] et les sociaux-démocrates pouvant conduire à une possible coalition tri-partite (avec la participation des chrétiens-démocrates) sont révélatrices d'une décision discutable des sociaux-démocrates, celle d'avoir entamé ce type de négociations. En outre, on constate de fortes divergences dans les programmes des deux partis ; en particulier sur la question des taxes, des restitutions des biens de l'Eglise [NdT : restitution des biens confisqués par le régime communiste à partir de 1948], du second pilier de la réforme des retraites (la capitalisation) qu'ils voulaient annuler ou de la mise en place obligatoire de registres bancaires à des fins fiscales.

 

Clairement, on note une tendance à un repli par rapport aux promesses pré-électorales. Et on peut le voir avant tout du côté des sociaux-démocrates. Ils n'insistent plus sur l'annulation ou le report de la Loi sur la restitution des biens de l'Eglise ; ils ne sont pas capables de la mettre en place face au fort lobby patronal représenté par Andrej Babis et son mouvement ANO 2011, tout comme ils ne mettront pas en place une fiscalité progressive ou une taxation plus lourde des grandes entreprises.

 

Pour ce qui est des restitutions des biens de l'Eglise, les sociaux-démocrates adoptent une position négative face à l'idée d'un référendum général sur cette question ; ils acceptent que toute révision possible de cette question ne dépende que de négociations avec les Eglises, refusant qu'elle soit soutenue par la prise de position négative, décisive, des citoyens sur la question. Les Chrétiens-démocrates sont fondamentalement contre cette révision ; ANO 2011 reste assez flou, essayant de ne pas s'engager.

 

Toutes les promesses fondamentales peuvent être ainsi abandonnées sur l'autel d'un possible accord de coalition.Et il y aussi un clair effort pour mettre de côté les questions fondamentales qui se posent actuellement, les laissant tomber dans l'oubli.

 

En agissant ainsi, les sociaux-démocrates lancent un défi aux autres partis parlementaires, dont les objectifs devraient être de répondre aux attentes de la majorité des électeurs, qui désiraient que l'on mette fin à l'ancienne manière de diriger. La promesse donnée à l'électorat devrait être supérieure à tout accord politicien pour la conquête de positions de pouvoir.

 

Le Parti communiste de Bohême-Moravie est prêt à mettre sur la table des questions comme la révision de la Loi sur la restitution des biens de l'Eglise, la mise en place d'une taxation à la fois sur les personnes physiques et morales, ou l'annulation du second pilier de capitalisation de la réforme des retraites.

 

Nous avons émis une proposition pour retarder l'entrée en vigueur du nouveau Code Civil. Nous allons demander le patrimoine non seulement des politiciens, mais aussi de tout citoyen qui dispose d'un certain patrimoine.

 

Nous voulons réaliser les changements que tout le monde attend avec volonté politique et respect envers les promesses que nous avons faites à nos électeurs.

 

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 23:22

Lu sur Rouge-Midi

Qui paye vraiment ses impôts ?
Monsieur Ayrault, des impôts oui, mais pourquoi faire ?
dimanche 1er décembre 2013
par  la péniche

Tous les responsables politiques semblent aujourd’hui d’accord : il faut baisser les impôts.


Et pourtant, sauf à accroître encore les déficits publics, et donc la dette, diminuer l’impôt suppose de réduire les missions de l’Etat et de la protection sociale (voir plus haut).

Et si les responsables politiques de tout bord promettent de tailler dans les 900 milliards de d’euros de prélèvements (chiffre 2010), ils se gardent bien d’indiquer dans quels domaines ils proposent de réduire les crédits. Car la schizophrénie est générale : chacun veut payer moins, tout en ayant plus d’enseignants, plus de policiers ou plus d’infirmières. Ce cercle vicieux dans lequel nous entraine le pouvoir socialiste et son « austérité » n’est que le résultat des obligations européennes. Mais qui a décidé de ces obligations ? Nous ? Non, la France dit non au traité de Maastricht !


Le « ras-le-bol fiscal » apparu au cours de ces dernières années, et en particulier à l’automne 2013, résulte d’un cocktail singulier : de réelles difficultés financières pour une partie non négligeable des ménages, dans un contexte d’austérité prolongée ; une hausse de l’impôt sur le revenu et du nombre de foyers imposables en 2012 et 2013 ; enfin et surtout, le sentiment de plus en plus partagé d’une injustice et d’une inégalité de traitement au bénéfice d’une petite minorité.

Le 15 octobre 2013, le quotidien Le Monde publie un sondage choc. Sous le titre « Impôts : le désaveu des Français » , on découvre que 72 % des personnes interrogées jugent le montant de l’impôt « excessif ». Mais « excessif » par rapport à quoi ? La question aurait mérité d’être approfondie, puisque, dans le même sondage, 57 % des répondants estimaient que le paiement de l’impôt relevait d’un geste citoyen et 75 % à 80 % jugeaient justifiés, voire très justifiés, les impôts les plus progressifs : impôt de solidarité sur la fortune (ISF), impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés.

De tels chiffres correspondent-ils vraiment à l’idée que l’on se fait d’un « désaveu » ?

 

Sur quoi faut-il interroger le gouvernement :

  1. - Quelle est la justification, la justesse et le bien fondé des dépenses, à quoi ça sert ?
  2. - Pourquoi le prélèvement de l’impôt n’est-il pas équitable ? (qui met-on à contribution et dans quelles proportions ?)
  3. - Pourquoi, la dette continue-t-elle de progresser en dépit de plusieurs années d’austérité ?
  4. - Pourquoi le nombre de personnes imposables a t-il augmenté de plus d’un million en 2013 ?
  5. - Pourquoi le premier geste de François Hollande a t-il consisté en un énorme cadeau fiscal aux entreprises sans aucune contre partie : le « pacte dit de compétitivité » ?  [1]

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Ainsi la colère des citoyens vis à vis de l’impôt trouve t-elle en partie sa raison d’être dans les cadeaux fiscaux accordés aux entreprises [2].

D’après les travaux menés par l’économiste Thomas Piketty, [3] les très riches paient proportionnellement moins d’impôts que les catégories populaires et les classes moyennes, en raison du nombre (et de l’énormité) des niches dont ils bénéficient. Comme les grandes entreprises, ils pratiquent massivement la fraude et l’évasion fiscales. Cela correspond au bas mot à un montant de 60 à 80 milliards d’euros de pertes par an.

De plus, entre 1980 et 2009 les recettes publiques ont économisé 60 milliards d’euros !

Le total des impôts a donc baissé et pourtant cela ne se traduit pas sur notre feuille d’impôt !

Explication : les baisses les plus fortes, celles de la période 2000-2009, ont pour l’essentiel profité aux 10 % les plus riches. Il est donc pas étonnant que la majorité d’entre nous n’aient pas constater de baisse… Et si vous ajoutez à cela une progressivité de l’impôt [4] qui « patine » dès qu’elle aborde les très hauts revenus et qui devient pratiquement inexistante pour les grosses entreprises, on comprend beaucoup mieux à qui profite la baisse d’impôt dont on se gargarise.

Le meilleur moyen de lutter contre cette situation ce n’est pas de coiffer un « bonnet rouge » et de prendre des vessies pour des lanternes (en l’occurrence une taxe qui ne s’applique qu’aux patrons des entreprises de transport routier qui profitent gratuitement des routes entretenues uniquement par nos impôts justement) c’est encore de se battre pour l’augmentation de nos salaires, pour un revenu minimum décent couplé avec un revenu « maximum » acceptable, pour la reprise en main du secteur financier et la mise sous tutelle de la rente des actionnaires (ceux qui ne font rien, gagnent beaucoup et déclarent peu ).

Une autre politique fiscale est possible ! Elle nécessite une véritable révolution des esprits car la France ne peut inverser sa politique économique sans reconquérir son indépendance monétaire et commerciale, aujourd’hui abandonnée entre les mains de la banque européenne, incarnation de l’Europe supranationale, tout entière au service du « grand marché » des capitaux, des emplois, et des hommes.

Le premier ministre français Jean-Marc Ayrault a donc annoncé que son gouvernement allait engager une « remise à plat » de la fiscalité. Chiche ! Promise par M. François Hollande pendant sa campagne électorale, cette réforme avait été oubliée à mesure que le gouvernement cédait à la pression de divers lobbys patronaux. L’efficacité de cette réforme dépendra de notre capacité à nous mobiliser sur ces questions. On ne doit rien attendre de ce gouvernement.

La_peniche

Avec l’aide de Jean Gadrey (dans le Monde Diplomatique de décembre 2013).


[1] Avec son crédit d’impôt « pour la compétitivité et l’emploi », d’un montant de 10 milliards d’euros en 2014 et de 20 milliards en 2015 et les années suivantes. Un cadeau en partie financé par… des hausses de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), impôt injuste s’il en est.

[2] Les grandes entreprises disposent désormais d’une formidable boîte à outils pour se prémunir contre les « charges » : les sociétés du CAC 40 s’acquittent d’un taux d’imposition réel de 8 %, alors que les petites entreprises versent 28 %

[3] Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, Pour une révolution fiscale. Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle, Seuil, Paris, 2011.

[4] La progressivité de l’impôt consiste à prélever proportionnellement davantage sur les hauts revenus que sur les plus bas.


 

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 14:37
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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 10:03

 

 

Article de Patrik Kobele, président du Parti communiste allemand (DKP)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



 

 

 

 

Il serait trop superficiel de critiquer le pacte de grande coalition parce qu'il ne « traiterait pas les vrais problèmes », ou parce qu'il ne ferait que gérer les affaires quotidiennes au lieu d'avoir une vision d'avenir, comme l'ont fait certains politiciens de Die Linke après la signature de l'accord.

 

C'est superficiel et c'est faux. Ce pacte a une vision d'avenir : celle de la classe dominante et de l'impérialisme allemand.

 

Pour le peuple allemand, pour le peuple portugais, italien, grec au sein de l'UE, pour ceux qui se trouvent à l'intérieur et hors des frontières de l'UE, tous ont de quoi craindre le pire avec cet accord.

 

Cette menace manifeste, chacun peut la reconnaître à la lecture de l'accord :

 

« La compétition accrue à l'échelle internationale, ainsi que la croissance rapide des pays émergents (…) et la raréfaction des ressources naturelle posent de nouveaux défis » (p 13).

 

« Un pilier primordial de notre succès, c'est la force des entreprises allemandes sur les marchés internationaux. Leur compétitivité internationale occupe une place déterminante dans notre succès et notre prospérité. Ainsi, nous devons faire en sorte de garantir la stabilité des marchés et des systèmes financiers mondiaux, car ce sont une condition préalable à un climat d'investissement favorable à la croissance ». (p 14).

 

A ces objectifs, correspond naturellement le fait que soit accordée une place plus importante à l'OTAN qu'à l'ONU. Les causes de cette position sont clairement formulées :

 

« L'Allemagne a une responsabilité internationale. Nous voulons contribuer à façonner l'ordre mondial. Nous sommes guidés par les intérêts et les valeurs de notre pays ». (p 168)

 

Les « intérêts et valeurs de notre pays » ? On peut s'en référer encore à Marx, sa déclaration reste toujours actuelle : « L’État moderne n'est que le conseil d'administration des affaires communes de l'ensemble de la classe capitaliste ».

 

Cette politique doit aussi trouver une application à l'intérieur du pays. Cela nécessite une forme de militarisme ou, tel que cela est formulé dans le pacte de coalition :

 

« nous prenons l'engagement solennel d'intégrer la Bundeswehr (1)dans la société démocratique. La coalition soutient le dialogue continu de la Bundeswehr dans et avec la société allemande. Nous voulons porter ensemble la responsabilité de nos anciens combattants. Cela vaut aussi pour l'aide aux blessés, aux invalides et à la commémoration dans la dignité du souvenir de nos morts. Les Jugendoffiziere (2)réalisent un travail important en informant le public sur les missions de la Bundeswehr. Nous apprécions que de nombreux établissements scolaires tirent profit de cette offre. Faire entrer la Bundeswehr dans les écoles, les collèges, lycées, universités, salons de l'éducation et pour l'emploi, c'est bien sûr une très bonne chose pour nous » (pp 176-177).

 

Une telle offensive nécessite une collaboration, avant tout des syndicats.C'est aussi le grand avantage d'intégrer le SPD. Cette collaboration ne coûtera pas cher, quelques miettes feront l'affaire. Cela comprend le salaire minimum, qui n'est ni suffisant, ni généralisé, et applicable seulement à partir de 2017. Que valent désormais ces 8,50 euros ? Quelques aumônes pour la retraite, que plus personne n'est susceptible d'atteindre à vrai dire. Et pour en finir avec ces mesures superficielles :

 

« Dans le respect du pluralisme syndical et de l'esprit de concertation sociale, nous voulons inscrire dans la loi le principe de l'unicité de la convention collective (3)dans l'entreprise , avec application de la règle de la représentativité dans l'entreprise, avec les principales organisations de salariés et d'employeurs » (page 70).

 

Va être imposé crûment ici ce que la CDU et le FDP n'avaient pas réussi à imposer : l'unicité de la convention collective dans l'entreprise, donc une restriction massive du droit de grève. Il n'est pas étonnant que les représentants des associations patronales aient du mal à ne pas accompagner leurs larmes de crocodile de sourires goguenards.

 

Non ce pacte n'est pas le « triste résultat » de longues négociations, c'est une attaque massive de la classe dominante.Les adhérents du SPD devraient l'avoir clairement en tête. De social et démocratique, ce pacte n'a décidément plus rien.



Notes :



(1) – Bundeswehr : l'armée allemande

 

(2) – Jugendoffiziere : officiers de l'armée allemande chargés de diffuser la propagande de la Bundeswehr auprès des élèves et des enseignants allemands

 

(3) – Grundsatz der Tarifeinheit : ce qu'on peut traduire par « unicité des conventions collectives ». Concrètement, cela renforce le pouvoir hégémonique de la centrale syndicale DGB liée au SPD, au nom de sa « représentativité » au sein des entreprises allemandes, face à l'émergence de syndicats de base, alternatifs (chrétiens) ou catégoriels, ce qui – selon les syndicats patronaux peut contribuer à l'explosion de conflits sociaux. Le syndicat patronal, DGA, et le syndicat des salariés DGB avaient signé un texte commun pour exiger le retour à cette « unicité conventionnelle », après plusieurs arrêts de la Cour fédérale du travail reconnaissant le pluralisme syndical, pour assurer la paix sociale.

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 18:18

Nous publions un communiqué du M'PEP dont nous partageons la teneurNous regrettons cependant que cette initiative ait été prise sans concertation par le seul Jean-Luc Mélenchon.  Pas sûr que ce soit la meilleure façon de mobiliser.  D'autant que la CGT avec d'autres organisations de chômeurs appelle également à une manifestation nationale le samedi 7 décembre,  pour une autre politique de l'emploi et du revenu.

 

POUR L'ANNULATION-RESTRUCTURATION DE LA DETTE

POUR LA SORTIE DE L'UNION EUROPEENNE ET DE L'EURO


Communiqué du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 26 novembre 2013.

Le Front de gauche a décidé d’organiser une manifestation, le 1er décembre 2013 à Paris « pour une véritable justice fiscale » (PCF), et même pour « la révolution fiscale » (PG).

Le M’PEP se joint à cette manifestation. En effet, l’approfondissement de la crise économique, sociale, morale, politique qui frappe notre pays, impose une présence massive dans la rue du monde du travail, de la jeunesse, des forces de progrès. Dans les périodes de désarroi et de perte des repères, il est indispensable d’établir des points fixes auxquels s’arrimer. C’est un rapport de forces physique qui doit s’exprimer, c’est la puissance du nombre qui doit rassurer les uns et décourager les autres.

Les slogans utilisés pour mobiliser le peuple dans ces périodes ont leur importance et il ne saurait être question de les sous-estimer. Ils doivent contribuer à l’occupation de la rue, à la démonstration d’une volonté générale, à susciter un dynamisme capable de renverser la situation.

Si le M’PEP avait eu son mot à dire, il n’aurait pas choisi les slogans proposés par le Front de gauche ni le point d’arrivée de la manifestation. Le M’PEP aurait choisi l’annulation de la dette publique de la France, la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Et le M’PEP aurait appelé à manifester près de l’Elysée, car c’est là où se trouve le pouvoir, et non à Bercy.

Les objectifs de la lutte, les revendications, le programme qu’il convient de mettre en œuvre de toute urgence doivent aller à l’essentiel. Les priorités doivent être clairement établies. C’est sur cette base que le rassemblement le plus large du peuple pourra s’opérer. Et l’essentiel, aujourd’hui, c’est l’annulation – restructuration de la dette publique de la France, la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Seules ces décisions sont de nature à desserrer l’étau qui étrangle la France et les Français, à redonner au peuple son entière liberté, à lui redonner les instruments décisifs qui permettront de sortir de la crise.

Pour autant, la question fiscale est loin d’être secondaire et méritait bien une manifestation. Pour qu’une réforme fiscale soit efficace, il faudra s’engager dans l’annulation de la dette, la sorte de l’Union européenne et de l’euro.

La hausse de la TVA prévue par le gouvernement PS-EELV, le 1er janvier 2014, est le symbole le plus fort de la politique de François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Elle n’est que cynisme, morgue, mépris de la part du gang de Solferino et des écologistes d’opérette à l’égard des classes populaires.

C’est un nouvel affaiblissement du pouvoir d’achat des ménages, particulièrement des plus pauvres, qui va peser sur l’emploi en 2014 réduisant en poussière les promesses du président de la République « d’inverser la courbe du chômage ». La hausse devrait être de 19,6% à 20% pour le taux normal ; de 7% à 10% pour le taux intermédiaire ; une baisse minuscule de 5,5% à 5% serait prévue pour le taux réduit. Au total, la ponction sur le pouvoir d’achat sera de 400 euros par an pour un ménage avec deux enfants, frappant particulièrement les revenus médians qui sont autour de 1 630 euros par mois. C’est particulièrement injuste car ce sont les ménages les plus pauvres qui seront frappés en premier. La TVA est un impôt dégressif : plus on est pauvre et plus on paye, alors qu’il faudrait au contraire développer les impôts progressifs, plus on est riche et plus on paye. La TVA est une taxe sur les pauvres !

C’est le principe des vases communicants : 20 milliards d’euros sont donnés en pure perte aux grandes entreprises via le crédit d’impôt d’un côté, et 10 milliards de diminution des dépenses publiques plus 7 milliards de hausse de la TVA d’un autre côté sont retirés aux classes populaires qui subventionnent ainsi les grandes entreprises.

En outre, cette hausse de la TVA va se répercuter sur les prix. La SNCF annonce déjà + 3%, EDF + 2%...

C’est le mensonge érigé en principe politique. Ainsi, le 2 mai 2012, François Hollande, lors d’un débat entre les deux candidats lors du second lors de l’élection présidentielle, avait lancé à Nicolas Sarkozy : « cette TVA que vous voulez imposer, elle va prélever du pouvoir d’achat. J’ai fait le calcul : 300 euros pour un couple de smicards… voilà ce que va être le prélèvement annuel que vous allez infliger ». La « réforme fiscale » lancée par Jean-Marc Ayrault n’est qu’une diversion.

  • Alors, le 1er décembre, manifestons toutes et tous pour exiger l’annulation – restructuration de la dette publique de la France, la sortie de notre pays de l’Union européenne et de l’euro !
  • En manifestant nous condamnerons la politique gouvernementale néolibérale menée par le gouvernement EELV-PS lors des élections municipales des 23 et 30 mars 2014.
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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 15:45

 

Nous reproduisons ci-dessous un article paru dans la presse locale à propos de l'intervention de l'Union locale CGT d'Elbeuf au conseil municipal d'Elbeuf, dirigé par un maire socialiste.  Nous publions ensuite de larges extraits de l'intervention de Christian Morin, secrétaire de l'UL d'Elbeuf.

 

cm191113

 

  Journal d'Elbeuf Jeudi 21 Novembre.  Cliquez sur l'image pour l'agrandir. 

 

 

Mesdames, Messieurs les membres du conseil municipal d’Elbeuf,

 

L’Union Locale C.G.T. intervient ce soir car il y a « urgence sociale ».

La situation économique et sociale vécue par nos concitoyens, qu’il soient salariés, demandeurs d’emploi, retraités, jeunes, fonctionnaires, femmes, précaires … n’est plus tenable.

Vous êtes en majorité les représentants d’un parti politique qui détient le pouvoir dans le pays  à tous les échelons : local, intercommunal, départemental, régional et national avec le Parlement et la Présidence de la République.

Au niveau national, cette nouvelle majorité issue des élections a été mise en place largement par le vote de la population laborieuse, qui attendait une autre politique que celle imposée par le précédent gouvernement.

Les mesures et orientations prises, les choix budgétaires faits par votre majorité politique, tant au niveau national qu’au niveau local sont catastrophiques dans leurs résultats.

Les fermetures d’entreprise et plans de licenciement s’accumulent sur l’ensemble du territoire malgré les généreux cadeaux faits au patronat. Ce sont 20 milliards supplémentaires octroyés sans aucune contrepartie des entreprises. Tout cela au même titre que les divers prêts et subventions attribués par la Région, le Département, la CREA au patronat local.

Combien comptez vous d’embauches réalisées par Renault grâce aux aides et subventions payées par le contribuable?D’une entreprise de 5000 salariés en 2004, l’effectif vient de descendre en dessous de 3500.

Tout cela est amplifié par l’application de l’ANI (Accord National Interprofessionnel) voté par le député local et autres accords de compétitivité appelés de vos vœux.

Vous avez accroché sur le fronton de la Mairie la banderole pour sauver le raffinage et Pétroplus. Où en sont les salariés de Pétroplus aujourd’hui? Glorieux résultat, un PSE de plus !! Alors que vous aviez tous les leviers à votre disposition pour intervenir.

Le taux de chômage des jeunes bat des records : 26,1% au niveau national et localement nous nous situons au dessus de ce chiffre. Et l’accord sur les retraites ne fera qu’aggraver la situation!

Quand on parle de priorité donnée à la formation et l’emploi mais que dans le même temps la Région décide de supprimer les financements destinés à 19 formations professionnelles, quelle logique derrière tout cela ?

Suite à la baisse des subventions décidée par le Conseil Général (Département), 9 éducateurs spécialisés ont vu leur poste supprimé par l’Association de Prévention de la Région Elbeuvienne le 1 janvier 2013.

Le Président du CCAS d’Elbeuf a décidé de supprimer les 2 postes d’éducateurs spécialisés au 1 janvier 2014. Et de les transférer à l’APRE !

A ce sujet, malgré notre rencontre avec M. le Président du CCAS et employeur, le coté humain passe après l’économie.

[...]

Nous attirons l’attention de tous les élus présents ce soir sur le vote de la délibération concernant la convention avec l’APRE au sujet des conditions de ce transfert. Il importe de préciser que le Comité Technique Paritaire a émis un avis défavorable à ce transfert.

[...]

Et que dire de l’agent qui a un mandat syndical et est élue à la commission administrative paritaire placée auprès du Centre de Gestion et qui n’est pas remplacée quand elle doit s’absenter pour son activité syndicale ? Ceci est caractéristique d’une entrave à l’exercice du droit syndical, principe constitutionnel qui est protégé par le code du travail, tout au moins ce qu’il en reste !

En ce qui concerne la santé et l’aide à la personne, le manque de places en gériatrie et en psychiatrie est insupportable. Doit-on attendre un scandale, des situations de maltraitance pour réagir ? Le respect des malades et des personnes âgées impose pour la CGT un minimum de dignité et des moyens pour cela !

25% de précaires à l’hôpital, du personnel peu qualifié et donc peu rémunéré.

Le budget dépendance gelé depuis 2010 par le Conseil Général.

Nous déplorons également cette année qu’à l’occasion du 1 mai, qui reste la fête des travailleurs, nos affiches ont été complètement recouvertes par les affiches du parti socialiste. Est-ce dû au fait que les années précédentes, quand vous étiez dans l’opposition, vous étiez à nos côtés pour cette manifestation ?

Nous souhaitons également vous rappeler notre rencontre avec M. le Maire et son chef de cabinet au sujet de la possibilité de donner le nom du Ministre communiste Ambroise CROIZAT, père de la Sécurité Sociale, à une rue ou une place d’Elbeuf. Aucune réponse. Les militants de la CGT, parmi les plus âgés, le vivent très mal.

[...]

S’agissant de l’activité de notre Union Locale, nous sommes confrontés tous les jours à la détresse des salariés face au harcèlement, aux pressions, aux injustices .

Pour vous donner un exemple du cynisme des employeurs, nous avons reçu très récemment des salariés sommés par leur employeur de démissionner, afin qu’il soient recrutés le lendemain par une agence d’intérim.

La CGT est la première organisation syndicale du pays et la seule active sur le territoire de l’agglomération.

[...]

Nous avons aussi à déplorer l’intervention de la police municipale qui a verbalisé un militant et nous reproche nos distributions de tracts Place François Mitterrand, usage depuis des dizaines d’années.

Et que dire de la suppression du Tribunal des Prud’Hommes d’Elbeuf par le gouvernement précédent ?

Quand allez vous concrétiser votre engagement à nos côtés pour la réouverture de cette juridiction de proximité au service des salariés ?

Après le travail de destruction du code du travail, la mise en pièce des missions des inspecteurs du travail, la remise en cause des élections des conseillers prud’hommaux par les salariés, nous sommes face à un recul de la démocratie sociale.

La politique d’austérité pour le monde du travail et de cadeaux pour le patronat est désastreuse au niveau social. Ce choix, cette orientation sont assumés par des majorités dites socialistes tant au niveau national qu’au niveau local.

Nous le constatons chaque jour dans les entreprises, les services, sur les marchés : cette politique qui continue à favoriser les banques et le capital ouvre un boulevard à l’extrême droite.

La déception légitime et le désarroi de la population attendant une autre politique font la part belle et offrent toute possibilité aux démagogues, aux racistes et xénophobes de tout poil d’influencer les populations exaspérées et en souffrance.

Sans changement de cap rapide sur le plan social, cette dérive vers les thèses et solutions mensongères de l’extrême droite ne pourra être endiguée.

Le début de la sagesse serait de rompre avec la politique et les théories fumeuses du social-libéralisme.

Un changement de cap qui nécessiterait de mettre l’économie au service de l’humain, du social et non l’inverse. C’est le minimum qu’attend la CGT de militants se revendiquant et respectant les valeurs progressistes de gauche.

Imposer aux banques et au patronat, avec les salariés et la population, une autre répartition des richesses. Voilà le but que se fixe la CGT !

Si d’autres sont d’accord avec cette perspective, faire front commun ne peut être qu’un plus pour les mobilisations à venir.

Mais dépêchons nous car il y a urgence.

Je vous remercie de votre attention.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 18:58

Nous reprenons ici un article du blog de l'UL-CGT de Dieppe

 

Rythmes scolaires: Grève nationale unitaire le 5 décembre

Enseignants territoriaux logo CGT SUD FOLe 14 novembre, la Fédération des Services Publics CGT, la CGT Educ’action, la FNEC-FP-FO, la Fédération SPS-FO, la Fédération SUD Éducation, la Fédération SUD Collectivités Territoriales et la FAEN ont appelé à la grève nationale pour obtenir la suspension immédiate de la mise en œuvre de la réforme, l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires et pour une autre réforme.

Les enseignants et les agents et les fonctionnaires territoriaux étaient en grève et ont manifesté massivement le 14 novembre.
Insatisfaits des réponses du ministre, la Fédération des Services Publics CGT, la CGT Educ’action, la FNEC-FP-FO, la Fédération SPS-FO, la Fédération SUD Éducation, la Fédération SUD Collectivités Territoriales et la FAEN appellent à nouveau à une grève nationale le 5 décembre.

Ils dénoncent dans un communiqué "cette réforme bâclée mise en œuvre contre l’avis d’une majorité des personnels et de leurs organisations syndicales, été imposée sans les moyens d’encadrement nécessaires." (...)

"L’intersyndicale du 20 novembre, au siège du SNUipp-FSU, les organisations Fédération des Services Publics CGT, CGT Educ’action, FNEC-FP-FO, Fédération SPS-FO, SUD-Éducation, Fédération SUD Collectivités Territoriales ont pris acte positivement de la proposition du SNUipp d’appeler les enseignants du 1er degré à la grève sur une plate-forme qui revendique notamment la suspension de la réforme des rythmes.

"Le ministre ne peut se prévaloir d’aucun consensus,il doit répondre au personnel, il doit répondre à la grève.

"Pour l’unité d’action de l’ensemble des personnels concernés, les organisations syndicales, Fédération des Services Publics CGT, CGT Educ’action, FNEC-FP-FO, Fédération SPS-FO, SUD-Éducation, Fédération SUD Collectivités Territoriales, réunies en interfédérale le 21 novembre 2013, appellent:

  • => l'ensemble des personnels du 1er degré ainsi que
  • => les personnels des collectivités territoriales,
  • => animateurs,
  • => éducateurs territoriaux,
  • => enseignants artistiques territoriaux et ATSEM,
  • => adjoints techniques ...
=> à faire grève le jeudi 5 décembre 2013, pour obtenir la suspension immédiate de la mise en œuvre de la réforme et l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires"
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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 18:52

C'est au Honduras que 300 militants paysans, syndicaux, associatifs et 35 journalistes ont été assassinés ces quatre dernières années. Pas à Cuba ou au Venezuela.

C'est au Honduras que n'existe pas une politique d'éducation et de santé. Pas à Cuba ou au Venezuela.

Et pourtant dans les salons parisiens et dans les rédactions bien pensantes, il est de bon ton de calomnier Cuba et le Venezuela. Pas le Honduras et son parrain yankee.

Si demain le Honduras change d'orientation et établit des relations de coopération avec Cuba et le Venezuela, alors Tegucigalpa fera l'objet de toutes les critiques.

 

José Fort

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 09:08

Le Quai d’Orsay dispose-t-il d’informations inquiétantes concernant le Honduras à la veille des élections générales de dimanche prochain ? « Il est recommandé de limiter les déplacements le 24 novembre et d’être très attentif à l’évolution de la situation au cours des jours suivants », indique un communiqué du ministère français des Affaires étrangères.


Quatre ans après le coup d’Etat monté par l’oligarchie locale avec le soutien actif de l’ambassade nord-américaine à Tegucigalpa et l’appui logistique de la base US, Soto Cano à 97 kms de la capitale, 5,4 millions de Honduriens doivent élire dimanche leur président, 128 députés et 298 conseils municipaux. Des observateurs internationaux actuellement sur place évoquent une campagne électorale « violente » avec les assassinats de plusieurs candidats classés à gauche et la mise en place d’un mécanisme frauduleux permettant de modifier « légalement » les résultats. D’autres informations affirment que l’armée a été mise en état d’alerte au cas où le vote ne serait pas conforme aux souhaits des anciens putschistes et leurs commanditaires US qui ont pu installer une deuxième base militaire cette fois à la frontière avec le Nicaragua.

En 2009, le président élu, Manuel Zelaya avait été déposé par un coup d’Etat militaire, séquestré puis expulsé vers le Costa Rica. Après avoir circulé dans plusieurs pays de la région, il était rentré clandestinement dans son pays pour se réfugier dans les locaux diplomatiques du Brésil. Elu sous la casaque du parti libéral (un des deux partis de droite avec le parti national), Manuel Zelaya avait commis l’irréparable : modifier sa politique à l’écoute des plus défavorisés et surtout engager le pays dans de nouvelles alliances avec les gouvernements progressistes de la région comme le Venezuela, le Nicaragua, Cuba… Depuis le coup d’Etat, le pays déjà bien malade a été totalement livré aux multinationales dans un paradis capitaliste sans aucune régulation où 70% de la population vit dans la pauvreté avec un chômage dépassant 40% des actifs. Il a sombré dans la corruption, dans la violence avec le taux d’homicides le plus élevé au monde pas seulement du fait des gangs Maras mais aussi de la répression contre le mouvement démocratique : trois cents militants paysans, syndicaux, associatifs et 35 journalistes ont été assassinés ces quatre dernières années.

C’est l’épouse du président destitué qui affronte les candidats de droite dimanche à l’élection présidentielle : Xiomara Castro Zelaya se présente sous l’étiquette LIBRE (Liberté et Refondation) et a pour principal adversaire Juan Orlando Hernandez (Parti National). Les sondages les donnent au coude à coude.

Xiamora Castro Zelaya comme son ex-président de mari n’est pas née dans les faubourgs miséreux de Tegucigalpa. L’ancienne membre de « l’Association des épouses des membres du Rotary club de Catacamas » et militante active du parti libéral reste une bourgeoise bon teint. Comme beaucoup de dirigeants latino américains, elle a découvert la réalité de la vie, du monde, a évolué et prône désormais un « socialisme démocratique à la hondurienne ». Avec des propositions concrètes et un objectif prioritaire : la création d’un système public d’éducation et de santé aujourd’hui inexistant. Elle se prononce également pour la « fin de l’ingérence impérialiste, des coups d’Etat » et en faveur de « l’intégration latino-américaine » au sein des nouveaux organismes réunissant les pays dotés de gouvernements progressistes. Xiomaria fait un tabac parmi les démocrates comme « Via campesina de Honduras » mais n’enregistre pas une franche adhésion des « organisations populaires et indigènes ». Pourtant tous reconnaissent que son élection freinerait le cycle infernal de l’offensive néo-libérale commencée avec le coup d’Etat et favoriserait un réajustement de la stratégie continentale.


José Fort.

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