Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de
démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues
d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.
Cette semaine, sur le
conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué à Thierry Steiner pour
la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"... (lors du 7-10 du 25 juillet).
Le 3 septembre 2013
Pour la première fois le PCF a organisé un débat contradictoire sur le thème « L’euro, faut-il en sortir ? ». Il a eu lieu le 1er septembre aux Karellis (Savoie), lors de l’université d’été du PCF.
Jacques Nikonoff, porte-parole du M’PEP, professeur associé à l’Institut d’études européennes de l’université Paris 8, et Frédéric Boccara, membre du Conseil national du PCF, maitre de conférence associé à l’université Paris 13 ont ainsi pu débattre devant de nombreux militants communistes.
Le M’PEP remercie le PCF pour cette invitation.
Cliquez ci-dessous pour accéder aux vidéos :
En cette période de rentrée scolaire, où la droite et l'extrême-droite ne peuvent s'empêcher de remettre en question l'existence des primes de rentrée, un petit rappel d'une mesure possible pour l'école publique, laïque et gratuite... et mise en œuvre par la Commune de Paris.
Rappelons l'article publié par "canempechepasnicolas" en octobre 2012 et ce que faisaient hier les farouches partisans d'"ingérence humanitaire" aujourd'hui.
Depuis de nombreuses semaines, le pouvoir, les médias* et l’ensemble de la classe politique s’en prennent directement à la Syrie et son président, les accusant de tyranniser leur peuple
Pas un jour ne se passe sans que Damas ne soit montré du doigt : il ferait « quotidiennement couler le sang des manifestants » qui « courageusement », affronteraient les militaires et les policiers, pour montrer leur opposition au régime.
Cette offensive française s’insère dans une campagne menée par les forces impérialistes contre un Etat qui refuse de s’incliner devant les intérêts des Etats-Unis et de leurs compères occidentaux de l’Otan.
La France officielle, droite et «gauche» rassemblées, crie le plus fort de la meute.
Et pourtant !
Le contentieux entre nos deux pays devrait, au contraire, porter « à repentance »…
En effet, comment ne pas évoquer les Croisades, ces siècles, de 1095 à 1270, où les « Européens », Francs et Germains, commandités par le Pape, se ruaient en « Terre sainte », en terre aujourd'hui syrienne, avec comme prétexte l'objectif de « libérer le tombeau du Christ » de la domination des « infidèles », les Arabes.
Urbain II avait appelé les chrétiens d'Occident à cesser de se faire la guerre et à s'unir pour combattre les "païens" et « délivrer les frères d'Orient ».
Et de massacrer au passage des dizaines de milliers de juifs, comme impies.
Et cette terre-là, où fut portée la guerre, c’était, en partie, la Syrie d’aujourd’hui.
Mais le temps qui passe noie les souvenirs et assèche les torrents de sang répandu.
Aussi, faisons avec l’histoire un bond de plus de six siècles.
Nous sommes en 1919. Les Alliés ont gagné la guerre. Français et Anglais se partagent l’ancien empire turc, associé à l’Allemagne vaincue.
Lloyd Georges et Clemenceau, chefs des gouvernements britannique et français, s'accordent, en marge de la Conférence de Paix de Versailles, Clemenceau a lâché la région de Mossoul riche en pétrole et les Britanniques ont accepté le protectorat français sur le reste de la Syrie.
Le général Henri Gouraud, véritable “proconsul” français de 1919 à 1923, marche alors sur Damas où règne le roi Fayçal. Gouraud fut l’un des artisans les plus furieux du dépeçage de la Syrie, dont le plus gros morceau arraché est le Liban. (Conférence de San Remo,1920)
Le « mandat » français donné par la SDN sur ces territoires, ne fut qu’une colonisation déguisée, que le peuple syrien n’a jamais, accepté.
Aux révoltes multiples, (celle de 1924-1926, entre autres), succèdent des répressions sauvages.
C’est ainsi qu’en 1945, le lendemain de l’armistice de la 2° guerre mondiale, la France, fraîchement libérée, tirait encore au canon sur la population de Damas : **
Mais la Syrie et le Liban deviennent, formellement, indépendants, les premières colonies à sortir du carcan de « l’Empire français ».
La France laisse de plus, derrière elle, un Liban, volontairement atomisé en diverses communautés religieuses, qui se disputeront le pouvoir, au prix de sanglantes guerres civiles.
Le rôle joué, jadis, par la France en Syrie et au Liban, devrait la conduire à une importante retenue dans la situation présente.
Comme chacun le sait, il n’en est rien.
Au contraire, son interventionnisme ouvert contre le pouvoir syrien a le doux parfum d’un esprit colonial, à fins impérialistes, à peine déguisé.
Comme en Côte d’Ivoire et en Libye.
* L’éditorial du Monde, daté du 26 juillet 2012, a pour titre :
« Les Syriens méritent qu’on ne les oublie pas ».
Il se termine ainsi :
« Les Etats-Unis et l’Europe devraient aider une opposition syrienne disparate et divisée à s’organiser. Ils devraient lui assurer un soutien politique et économique ».
Peut-on, plus outrageusement, plaider le droit d’ingérence dans un pays souverain ?
** « Le 29 mai 1945, après dix jours de manifestations ininterrompues, les Français, sous l’ordre du général Oliva-Roget bombardent Damas pendant 36 heures d’affilée. Les morts et les blessés se comptent par centaines. Une partie de la ville est détruite par ce bombardement, dont le parlement syrien. »
Les mesures que le gouvernement socialiste vient de prendre en plein accord avec le patronat et la CFDT vont frapper encore plus durement les travailleurs et le peuple. Le MEDEF (syndicat patronal) exigeait la suppression des 34 milliards d’euros de la part patronale, cotisations patronales qui financent la branche famille de la Sécurité Sociale.
Une fois de plus le gouvernement a dit oui. Ces 34 milliards seront payés par le peuple. La TVA va être augmentée en 2014 alors qu’elle représente déjà 54% des recettes fiscales de l’Etat, la CSG ne sera pas augmentée pour l’instant mais elle rapporte déjà 90 milliards alors que l’impôt sur les sociétés n’en représente que 44.
Mais ce n’est pas tout. L’Etat alloue une moyenne de 200 milliards par an de réductions d’impôts et taxes diverses aux entreprises. C’est facilement vérifiable mais personne, de l’UMP au PS, n’en parle. A tous ces milliards il faut ajouter les 20 milliards de crédits d’impôts attribués cette année aux entreprises.
Avec cette somme énorme on peut déjà équilibrer notre régime de Sécurité Sociale et celui des retraites en revenant à la retraite à 60 ans après 37 ans ½ d’annuités de cotisations.
Mais le gouvernement socialiste annonce la poursuite de la réforme des retraites commencée par Sarkozy : augmentation du nombre d’annuités donnant droit à la retraite, diminution du pouvoir d’achat pour les retraités.
Les uns et les autres, de gauche comme de droite sont les gérants loyaux du capitalisme régnant. Le patron de la CFDT se réjouit « des mesures de justice obtenues. C’est la victoire du syndicalisme combattif » a déclaré L. Berger. Les socialistes sont contents : « la réforme des retraites est une réforme juste et progressive ».
Pendant ce temps, les multinationales se portent bien : Depuis Juillet l’action Véolia en bourse a gagné 36,1%, Gemalto 29,8%, Peugeot 93%, la Société Générale 28,7%, Bouygues 26,7%, BNP Paribas 22,5%, le Crédit agricole 25,6%, Vallourec 22,4%, EDF 21,1%, Axa 17,4%, Renault 16,1%, le CAC40 a progressé de 11% en huit semaines.
Le journal financier « Les Echos » posait hier la question suivante à Pierre Gattaz, le nouveau président du MEDEF : Quels peuvent être les atouts de cette France en 2020 ? La réponse de celui-ci fut nette : « Si le gouvernement crée un terreau favorable aux entreprises notre pays peut redevenir conquérant ». Tout pour l’entreprise, tout pour diminuer le prix du travail (que tous appellent le coût). Tout pour être en tête dans cette course à l’appauvrissement des peuples.
En Espagne, il suffit qu’une entreprise se déclare en difficulté pour licencier sans entrave, 823.000 emplois ont été détruits en 2012 avec cette nouvelle loi. En Grèce, mise en place d’un SMIC jeunes, les moins de 25 ans sont payés 32% de moins que les autres salariés alors que 60% d’entre eux sont au chômage. Attaque systématique sur les conventions collectives. En Allemagne, 7,8 millions de travailleurs (15 à 20% des salariés) ont un « mini job » payé à 450 euros maxi par mois. En dix ans le nombre d’intérimaires a triplé. Au Royaume-Uni, 1 million de travailleurs a un contrat de travail à zéro heure, flexibilité maximum, le salarié doit être disponible à tout moment. Naturellement ces attaques sont citées en exemple comme étant des mesures de « sortie de crise ». Voilà le but que poursuivent en France ceux qui gouvernent.
Il est grand temps de de s’opposer partout et de plus en plus fort à tout ça.
Le 10 septembre disons NON à cette politique
Il faut s’opposer à cette politique qui concerne non seulement les retraites mais l’emploi, les salaires, la Sécurité Sociale, la santé publique, l’enseignement et la recherche…
DISONS-LE !
Le 10 septembre 2013 lors de cette journée nationale de grèves et manifestations à l’appel de la CGT, FO, FSU, Solidaires.
LE BASSIN MINIER DU PAS-DE-CALAIS CONTRE LA GUERRE !
CONTRE TOUTE INTERVENTION MILITAIRE,
ET TOUTE INGÉRENCE IMPÉRIALISTE EN SYRIE !
FRANCE HORS DE LA COALITION
[Etats-Unis –Grande-Bretagne – Turquie] !
RASSEMBLEMENT LE MERCREDI 4 SEPTEMBRE à 18H00
DEVANT LES MAIRIES PUIS LES SOUS-PRÉFECTURES
à BÉTHUNE ET à LENS
Réunis le 28 août 2013 à Divion, des membres mandatés par les organisations politiques PCF, PRCF, Jeunesses communistes, NPA, PG, COBAMIO, des membres d’organisations syndicales et d’autres militants progressistes, ont décidé d’appeler à des rassemblements simultanés à Béthune et Lens, le mercredi 4 septembre, jour du débat parlementaire (congrès Assemblée nationale et Sénat) sans vote sur l’implication militaire de la France dans le conflit en Syrie.
Après débat, il a été considéré unanimement que cette ingérence militaire de l’Occident dans le conflit syrien est de nature impérialiste contre la souveraineté de la Nation et du peuple de Syrie.
Même si nous condamnons l’emploi d’armes chimiques par l’un des deux camps en conflit depuis deux ans, le recours à la puissance militaire est un crime lourd de conséquences pour les peuples du monde.
D’ailleurs, le recours aux armes chimiques, à supposer qu’il soit établi et qu’il ne soit pas le fait des insurgés djihadistes armés par le Qatar et l’Occident, ne doit pas nous faire oublier les bombes au phosphate blanc employées contre Gaza ou celles à l’uranium appauvri employées en Irak et en Libye. Il évoque aussi l’emploi de napalm et d’agent orange lors des guerres du Vietnam et d’Algérie. Si les centaines de présumés « gazés » exposés dans les média sont terribles, il ne faut pas oublier qu’au Rwanda, près d’un million de personnes ont été massacrées à la machette, sous les yeux des mêmes puissances qui aujourd’hui crient au loup, mais ne sont, à l’époque, jamais intervenues quand il s’agissait de mettre en cause leurs protégés
La guerre est toujours tragique ; c’est la raison de notre engagement pour la Paix. De surcroît aujourd’hui risques d’embraser le Proche-Orient tout entier, voire la planète, sont donc réels.
Cette guerre civile en Syrie est une création diabolique qui entre dans le cadre de la modification de la géopolitique mondiale instrumentalisée par les Etats-Unis et les puissances impérialistes occidentales (des barbouses des services secrets et des militaires occidentaux sont sur place depuis des mois) , mais aussi par les oligarchies féodales du Golfe (Qatar-Arabie Saoudite-Emirats Arabes Unis…) qui financent et arment les pseudo-rebelles dont la plupart sont des salafistes venus combattre sur ordre des organisations terroristes religieuses. Les mêmes que la France dit avoir combattu au Mali ces derniers mois.
Le but final de l’Occident capitaliste est de s’approprier le Proche et Moyen Orient en le recolonisant, et d’encercler l’Iran, l’ennemi suprême de l’Occident et d’Israël. L’Iran qui refuse toute compromission avec le grand Capital mondial et les multinationales et entend garder sa souveraineté et son intégrité territoriale, notamment sur le détroit d’Ormuz, les routes du pétrole et du gaz.
Mais l’entreprise impérialiste occidentale vise aussi à provoquer la Russie et la Chine, considérés comme des rivaux trop puissants et trop influents, quand au même moment le parlement britannique interdit à Cameron d’intervenir.
Au moment où Hollande parle d’ « un soutien international », alors que de nombreux pays refusent la solution guerrière, c’est une victoire des peuples, et notamment une victoire en différé de ceux qui avait contesté la décision de Tony Blair d’intervenir en Irak sur la base de mensonges éhontés. Mais qui peut douter qu’en contrebande, l’impérialiste Cameron ne va pas tenter de contourner la décision parlementaire ?
Ajoutons qu’il est absolument scandaleux, au moment où le gouvernement ponctionne de toutes les manières possibles le pouvoir d’achat populaire, les retraites et les services publics, de constater qu’il est en capacité de trouver des milliards d’euro, car c’est ce que coûterait une telle guerre, pour attaquer la République syrienne qui ne nous a rien fait. Si bien qu’en condamnant cette entreprise guerrière, qui se met en place en bafouant grossièrement le droit international et la Charte de l’ONU, nous avons aussi conscience de défendre le peuple de France : car, comme le disait Marx, « un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre ».
Pour toutes ces raisons, nous appelons l’ensemble des progressistes du Bassin minier du Pas-de-Calais à refuser cette guerre contre la Syrie, et à être nombreux à entrer en résistance contre toute ingérence de la France ou de l’Occident et contre l’emploi de la force armée contre la Syrie et le peuple syrien.
Pas d’argent pour les guerres ! Pas d’ingérence impérialiste ! Pas de bombardements ! Stop aux mensonges, vive la Paix et le progrès social ! L’argent pour les acquis, pas pour la guerre en Syrie, et des sous pour nos retraites, pas pour la reconquête !
Signatures :
Politiques : Fédération du Pas-de-Calais du Parti Communiste, Pôle de Renaissance Communiste en France, Parti de Gauche, Nouveau Parti Anticapitaliste, Fédération Pas-de-Calais des Jeunesses Communistes, Coordination Communiste Nord-Pas-de-Calais, Cellule Ouvrière du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais, Section PCF de Bruay la Buissière, Section PCF de Harnes ; Section PCF de Divion.
Associatives : Confédération Nationale du Logement du Pas de Calais, Front Solidaire, Comité des Sans-Papiers 59, Comité « Libérez-les ! » 59-62.
Syndicales : Union Départementale CGT du Pas-de-Calais, Syndicat CGT Fraisnor, Union Locale CGT de Béthune, Union Locale CGT d’Auchel, Syndicat départemental CGT Vie Active, Syndicat CGT Desquesnes, Syndicat des Chômeurs et Précaires de l’arrondissement de Béthune et environs, Syndicat CGT TKES.
Personnelles : Lorette Lucantis, Denis Duporge, Bertand Wambre, Stéphane Mrhari, Sylvie Guduk, Christian Delépine, Mugette Happiette, Grégory Glorian, Jacques Lacaze, Joris de Macedo, Bruno Thorel, Laetitia Hamel, Hervé Merlin, Jean-Jacques Dipert, Ahmed Aslia, B. Descamps
Source : comibase@gmail.com
Le poids des opinions et quelques autres éléments.
Dimanche soir, à écouter et lire les médias tout semblait réglé comme du papier à musique. Un massacre de plus avait été commis en Syrie, le régime de Damas, et forcément lui (l’enquête de l’ONU était donc inutile), avait franchi la fameuse ligne rouge, il fallait faire cesser les agissements du dictateur et seule la guerre pouvait sauver le peuple syrien. Et cette opinion était bien sûr partagée par l’ensemble du monde « civilisé » (sic !) et « démocratique » (resic !). Fermez le ban.
Cela semblait d’autant plus réglé que sur l’instant les avis contraires étaient soit tus, soit bien trop timides, y compris dans le camp progressiste de notre pays où les premières déclarations comportaient des ambiguïtés et des oublis ou erreurs préjudiciables à la cause pacifiste (à l’exception notable des billets de José Fort dans l’Humanité) tant elles pointaient la seule responsabilité du gouvernement syrien, (responsabilité que Rouge midi n’a pas cessé de dénoncer par ailleurs…en essayant d’éviter de tomber dans le simplisme). Il n’est pas inutile de rappeler ici quelques-unes des incohérences, non pour polémiquer mais pour mesurer l’évolution des choses :
« Les bombardements à l’arme chimique, dont la responsabilité est attribuée au régime de Bachar Al Assad » (déclaration du PCF du 26 août )
Cette même déclaration parle de la nécessité de la reprise de la conférence de Genève sans pointer que ce sont les USA et l’opposition qui pour l’instant n’ont pas voulu s’asseoir à la table des négociations (l’opposition réaffirmant suite à l’attaque chimique qu’il était maintenant impossible de reprendre la discussion…ce que les russes [1] avaient anticipé dès le 22 août en parlant du prétexte idéal que tenait désormais l’opposition pour maintenir son refus de négocier).
Pas un mot sur l’enquête de l’ONU qui avait conclu en mars dernier, lors de la première attaque chimique, à la responsabilité de l’opposition.
Pas un mot non plus sur la responsabilité d’Israël dans ce conflit
Un « conflit que le régime syrien a, à dessein, militarisé et internationalisé » (lettre de Pierre laurent à Hollande du 27 août :une lettre à François Hollande ). Pierre Laurent se rappelle-t-il que dans la première phase du conflit il y a eu plus de morts dans l’armée syrienne que chez les rebelles ?
Dans cette même lettre, la « demande de bien vouloir inscrire en priorité à l’ordre du jour de la session extraordinaire qui s’ouvrira le 10 septembre une discussion parlementaire sur la situation en Syrie » paraissait bien timide et ne répondant pas à l’urgence face aux déclarations guerrières de la bande des 3 (USA, Angleterre, France) d’autant que ces mêmes écrits n’étaient accompagnés d’aucun appel à la mobilisation populaire contre la guerre.
Tout semblait réglé…mais cela n’a pas marché ou du moins le scénario initial a du plomb dans l’aile et ce pour plusieurs raisons à énumérer pas forcément par ordre d’importance.
Contrairement à ce que disent radios et télés la Russie et la Chine ne sont pas isolées dans leur refus de l’intervention. Comme le fait remarquer Philippe Migault, directeur de recherches à l’IRIS, dans Ouest France, les russes « ne sont pas d’accord avec Paris, Londres et Washington. Mais ils ont la même position que la Chine, que l’Inde ou que le Brésil. Les Russes représentent une bonne partie de l’opinion publique mondiale, qui considère que les Occidentaux n’ont pas à s’immiscer dans les affaires intérieures d’un Etat.
Par ailleurs, au sein de l’Union européenne, personne n’a entendu les Allemands demander une intervention militaire en Syrie. Ni les Espagnols, les Italiens, les Polonais, les Suédois… Il n’y a que Paris, Londres et Washington à vouloir y aller. » Et si on compte en nombre de citoyens, n’en parlons pas !
La presse est obligée de dire que les opinions publiques des 3 pays belliqueux, dont la France de gôche fait partie, sont majoritairement défavorables à une intervention armée. Cela explique certainement grandement le vote du parlement britannique qu’un journaliste de France Inter qualifiait ce matin de « fuite à l’anglaise » (sic !). Ce refus a d’ailleurs obligé Obama à faire un aveu de taille peu souligné : il décidera « SELON les Intérêts Américains" » http://www.huffingtonpost.fr/2013/0.... Ah bon ? Et nous qui pensions que c’était dans l’intérêt du peuple syrien…
Il y a des mobilisations de refus de la guerre, ce dont hier et ce matin les médias radio télévisés ne parlaient pas comme si elles ne comptaient pas et pourtant…Elles sont bien au coeur des hésitations des politiques. Dans ce cadre, nous nous pouvons nous féliciter de la réactivité et de l’appel à la mobilisation du Mouvement de la paix. On peut penser que cet appel est pour beaucoup, au-delà de la participation conséquente à des rassemblements unitaires convoqués en 24h, dans l’évolution des expressions des organisations progressistes qui s’affirment plus résolument pour la paix au cours des heures. De même l’initiative du Mouvement de la Paix n’est pas pour rien, d’une part à la montée du refus de la guerre en France (64% de français se disent opposés à la guerre selon les derniers sondages) d’autre part au fait qu’une part croissante de l’opinion s’interroge sur la véracité des faits tels qu’ils sont présentés. De ce point de, l’entretien accordé par l’opposant syrien Haytham Manna est éclairante.
| Syrie : « Les attaques chimiques sont un coup monté », d’après Haytham Manna (LeVif.be) En exil depuis 35 ans, l’opposant Haytham Manna, responsable à l’étranger du Comité de Coordination nationale pour le changement démocratique (opposition syrienne non armée), s’oppose avec force à toute intervention étrangère contre son pays. François Janne d’Othée : L’utilisation d’armes chimiques en Syrie pourrait amener les Occidentaux à « punir » le régime. Qu’en pensez-vous ? Haytham Manna : Je suis totalement contre, tout comme la coordination que je dirige. Cela ne fera que renforcer le régime. Ensuite, une intervention risque d’attiser encore plus la violence, d’ajouter de la destruction à la destruction et de démanteler un peu plus la capacité de dialogue politique. (…) FJO : Les Occidentaux choisissent la mauvaise option, selon vous ? HM : Depuis le début, c’est une succession d’erreurs politiques. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont poussé les parties à se radicaliser. Ils n’ont pas empêché le départ de djihadistes vers la Syrie et ont attendu très longtemps avant d’évoquer ce phénomène. Où est la démocratie dans tout ce projet qui vise la destruction de la Syrie ? (…) FJO : Qui est responsable du dernier massacre à l’arme chimique ? HM : Je n’ai pas encore de certitude mais nos informations ne concordent pas avec celles du président Hollande. On parle de milliers de victimes, alors que nous disposons d’une liste de moins de 500 noms. On est donc dans la propagande, la guerre psychologique, et certainement pas dans la vérité. Ensuite, les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez vraiment que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Enfin, des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or ce matériel sert de preuve pour les Américains ! FJO : Pensez-vous qu’une partie au conflit a voulu provoquer les Occidentaux à intervenir ? HM : C’est un coup monté. On sait que les armes chimiques ont déjà été utilisées par Al Qaeda. (…) l’armée loyaliste a repris du terrain. Seule une intervention directe pourrait donc aider les rebelles à s’en sortir… Alors, attendons. Si c’est Al Qaeda le responsable, il faudra le dire haut et fort. Si c’est le régime, il faudra obtenir une résolution à l’ONU. Et ne pas laisser deux ou trois pays fédérer leurs amis, pas tous recommandables d’ailleurs. FJO : Entre Occidentaux et Russes, quelle position vous semble la plus cohérente ? HM : Les Russes sont les plus cohérents car ils travaillent sérieusement pour les négociations de Genève 2 [sensées mettre autour d’une même table le régime et les opposants]. Les Américains ont triché. Deux ou trois fois, ils se sont retirés, au moment où s’opérait un rapprochement. FJO : Une solution politique est-elle encore possible ? HM : Tout est possible mais cela dépendra surtout des Américains. Les Français se contentent de suivre. Une solution politique est la seule qui permettra de sauver la Syrie. Mais l’opposition armée ne parvient pas à se mettre d’accord sur une délégation. |
A nous donc de faire en sorte que le gouvernement français ne " suive " plus...
Contrairement à ce que nombre de commentateurs "autorisés" veulent nous faire croire, le choix n’est pas entre l’appui à un régime dictatorial ou à des fascistes obscurantistes, mais celui de pousser ou non pour que l’opposition non armée puisse sortir de l’étouffement dans lequel la guerre civile l’a plongée et gagne la justice sociale et la liberté, toutes demandes qui ont motivé la révolte initiale du "peuple qui a inventé l’alphabet".
A quelques jours du 10 septembre, les mobilisations actuelles, les diffusions de l’information militante face au pouvoir des médias, nous rappellent que « El pueblo unido jama sera vincido ».
Si Hollande ne sait pas quoi faire des milliards qu’il est prêt à consacrer à la guerre, il peut toujours les utiliser à l’emploi, au pouvoir d’achat et à la protection sociale.
En médaillon le rassemblement unitaire de Marseille
[1] ria novosti
Face à la situation enflammée en Syrie,
Le Mouvement de la Paix appelle à un rassemblement :
Non à l'intervention armée en Syrie
Non à la participation de la France
Solidarité avec les forces de paix
de justice et de démocratie en Syrie
Pour Paris :
Rendez-vous jeudi 29 août 2013 à 18h30, Fontaine des innocents (Métro : Châtelet-les-Halles Sortie Pierre Lescot ou Châtelet Sortie Place de Navarre)
Pour la province :
Rendez-vous, dès que possible, devant les préfectures.
Le bourrage de crâne des médias tourne à plein, sans nuance, sans souci de la vérité, relayant les opérations secrètes de la CIA et des services occidentaux en Syrie. Sans tenir compte de la menace islamo-terroriste en Syrie mais au contraire en instrumentant cette mouvance néo-talibane contre l'indépendance de la Syrie. Et l’hystérie belliciste augmente à proportion des déroutes militaires et de l’inconsistance politique des insurgés, dits "rebelles", face à l’armée nationale syrienne, malgré le soutien financier et militaire direct que les insurgés djihadistes obtiennent des régimes ultra-réactionnaires du Golfe persique et des services secrets occidentaux.
Certes, nous l'avons déjà dit, comme l'ont démontré les communistes syriens et tous les PC du Proche-Orient, le régime d' Al Assad porte une lourde responsabilité dans la situation sociale du peuple syrien du fait de ses concessions croissantes, après la chute de l’URSS, aux exigences du FMI et des impérialistes. Cela n’a pas empêché les communistes syriens, sans renoncer à leurs critiques constructives, de faire leur devoir patriotique et anti-impérialiste en combattant l’ingérence étrangère en Syrie et en défendant le droit de ce pays à préserver son indépendance et à reconstruire un régime laïque, maîtrisant ses ressources naturelles et tourné vers le progrès social et l’égalité hommes-femmes.
En tout cas, il y a une certitude: rien de bon, rien de progressiste, rien de positif - et c'est le moins qu'on puisse dire - ne peut sortir d'une intervention impérialiste: la situation en Irak, en Libye....prouve que c'est au chaos, à la misère et à la mort qu'aboutissent ces guerres, ces interventions inacceptables. Inacceptables tant du point de vue de l'indépendance nationale, que du progrès social et des libertés démocratiques des peuples.
La France d' Hollande est en pointe dans l'agression euro-atlantique qui se prépare contre la Syrie.
Les déclarations bellicistes des ministres et du président français doivent trouver une riposte des anti-impérialistes, des progressistes, des patriotes de France, et cela d’autant plus que le belliciste Fabius renie les principes défendus par la France lors de l’invasion américaine de l’Irak : à l’époque, D. de Villepin avait défendu contre Bush l’idée qu’aucune intervention militaire ne pourrait s’effectuer contre un pays tiers sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU : il est déshonorant pour notre pays qu’un ministre de la République explique aujourd’hui, sur la base d’allégations non prouvées, partiales, manipulées et émanant d’un seul « camp », que ce garde-fou minimal du droit international doit désormais sauter : c’est la porte ouverte à l’aventurisme le plus dangereux, sans parler des risques de conflagration universelle que comporterait une intervention occidentale ouverte en Syrie étant donné l’alliance de Damas avec Pékin et Moscou.
Le gouvernement « socialiste », qui s’apprête à démolir les retraites par répartition en alléguant l’endettement de la France, trouvera-t-il soudain des milliards d’euros pour agresser un peuple souverain qui ne nous a rien fait, alors qu’il prétend ne plus avoir d’argent pour la protection sociale et les services publics ?
Le PRCF appelle toutes les forces de progrès à se prononcer avec clarté et force contre les menaces de guerre impérialiste contre le peuple syrien. Il proposera à ses alliés et amis du mouvement communiste français, mais aussi du camp progressiste et authentiquement patriotique, de se prononcer contre l’escalade belliqueuse des va-t-en-guerre de ce gouvernement social-impérialiste (socialiste en paroles, impérialiste en réalité). Décidément, le PS est incapable de rompre avec la tradition colonialiste qui a marqué l’histoire de ce parti depuis 1914 !
La lutte pour la paix est un axe essentiel du combat des communistes et cela depuis la naissance du mouvement communiste international née en partie contre la boucherie impérialiste de 14-18. Elle est inséparable de la lutte contre l’euro-austérité, pour la sortie de la France de l’euro, de l’UE et de la machine de guerre impérialiste de l’OTAN.
Le PRCF invite les communistes, les syndicalistes, les amis du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sans ingérence étrangère, tous les progressistes, à lier la lutte contre l’austérité à la lutte contre les guerres impérialistes, ruineuses, injustes, déshonorantes pour la France et dangereuses pour la paix mondiale.
Le secrétariat national du PRCF et la Commission internationale.