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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 18:45

 


L’Humanité du 6 novembre 2013 pose la question suivante : Faut il distinguer les socialistes (PS) au gouvernement et dans les municipalités ? Gérard Mordillat – écrivain et cinéaste – propose en réponse à travers une tribune montrant le PS pour ce qu’il est, un parti de droite et non plus un parti de gauche, et appelle à en tirer les conséquences.


gerard-mordillat.jpg

 

Voici ci-après ce texte: 

 

C’est une constatation cruelle mais c’est une constatation nécessaire : il y a désormais en France deux partis de droite. Un parti à tendance néofasciste, l’UMP à la sauce FN, et un parti néolibéral qui ne porte plus le nom de socialiste que par paresse.

 

 

Monsieur Valls suggérait d’ailleurs d’en changer, conscient que le terme « socialiste » est désormais vide de sens pour lui et ses semblables, comme le terme « gaulliste » l’est pour messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et consorts. Par ailleurs, à propos des socialistes, il est devenu banal de parler de « la gauche de droite », ce qui oblige les commentateurs à distinguer certaines déclarations individuelles émanant de « socialistes de gauche ». Il y aurait donc des socialistes qui récusent le nom même de socialistes – des hommes de droite déguisés en hommes de gauche, si l’on préfère – et des socialistes qui, contre la majorité de leur propre parti, tentent de ne pas solder l’héritage de Jaurès.

 

 

C’est dire combien la confusion gouverne. Aux élections municipales qui s’annoncent, cette confusion risque d’augmenter encore puisque, à Paris en tout cas, le PCF a décidé de faire liste commune dès le premier tour avec le PS. Mais avec quel PS?

 

 

Celui dont les membres siègent au gouvernement ou avec quelques irréductibles pour qui le « socialisme », selon Jaurès, travaille « à la réalisation de l’humanité ». Une humanité qui « n’existe point encore ou existe à peine. À l’intérieur de chaque nation, elle est compromise, comme brisée, par l’antagonisme de classe, par l’inévitable lutte d’une oligarchie capitaliste et du prolétariat. Seul le socialisme, en absorbant toutes les classes dans la propriété commune des moyens de travail, résoudra cet antagonisme et fera de chaque nation enfin réconciliée avec elle-même, une parcelle d’humanité ».

 

 

À l’aune de ces paroles et de ses actes, est-ce que M. Hollande est socialiste? Est-ce que M. Moscovici l’est? Et M. Valls? Et M. Strauss-Kahn? Et M. Sapin ? Et M. Cahuzac, qui récusait la lutte des classes ? Et M. Lamy ? Et tous ces ministres si empressés de parader à l’université d’été du Medef et préférant se faire porter pâles lorsqu’il s’agit d’arpenter les allées de la Fête de l’Huma ? Et… et… et… etc.

 

 

On ne peut pas, bien sûr, mettre tous les socialistes dans le même sac Vuitton. Sur le plan municipal, il est incontestable que des élus socialistes œuvrent sans réserve à améliorer le sort de leurs concitoyens, à tenter de leur rendre la vie plus facile, à développer les activités artistiques et culturelles, etc. Je pense notamment aux actions menées dans les 11e et 20e arrondissements. Il n’y a pas de discussion, ces socialistes-là font ce qu’ils peuvent et, même, font en partie ce qu’il faut et pourraient même faire plus en ce qui concerne le logement, mais ils agissent. Maintenant, si on s’intéresse aux membres « socialistes » du gouvernement, le bilan est tout autre. La liste des reniements, manquements, trahisons est si longue qu’il serait fastidieux de la détailler. Juste pour mémoire : la signature du traité Merkozy, la séparation de façade entre les banques de dépôt et les banques d’affaires, l’absence d’un relèvement significatif du Smic, l’abandon de la lutte historique de la classe ouvrière pour la diminution du temps de travail, l’allongement de l’âge du départ à la retraite, la ruine confirmée de l’hôpital public, l’absence de loi pour empêcher les licenciements de confort financier, le choix du capital contre le travail, Florange, PSA, etc. N’en jetez plus, la cour est pleine !

 

 

Le piège est là. 

Si nous votons pour le socialisme « municipal » et que, par miracle, le parti à la rose évite ainsi la déroute annoncée, le gouvernement y verra l’adhésion des citoyens à sa politique ; au contraire, si c’est la Berezina, les mêmes socialistes « de gouvernement » déclareront que ce vote est sans signification, sinon purement local, et continueront de mener leur insupportable politique. Dans un cas comme dans l’autre, l’électeur sera volé de son vote, comme il l’a été après le référendum à propos du traité constitutionnel rejeté par une très large majorité de Français (y compris une majorité de militants socialistes) et repassé au Parlement dans les mêmes termes sous le nom de traité de Lisbonne, avec l’appui massif des élus socialistes. Un déni de démocratie que « toute l’eau de la mer ne saurait effacer », aurait dit Lautréamont.

 

 

Mais tout cela serait sans importance.

 

L’urgence serait de faire barrage au Front national, aux prochaines élections municipales et européennes, de voter utile. Et déjà, le chœur des « socialistes » de gouvernement entonne le grand air de la nécessité, qui fait loi. Mais dans le même temps, quand les citoyens ne votent pas selon le désir des « socialistes » de gouvernement, leur vote est méprisé, annulé ; mais, dans le même temps, M. Valls tient des propos et mène une action en parfait accord avec les idées de madame Le Pen, de Ciotti, Guéant, Hortefeux et les autres, y ajoutant l’hypocrisie d’expulser, de persécuter au nom de « l’humanité ».

 

 

Avant de voter, si nous posons la question : qu’avons-nous de commun avec les « socialistes » du gouvernement ? La réponse est meurtrière : rien.  Qu’ont-ils de commun avec messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et leurs amis ? La réponse est assassine: presque tout, hormis quelques nuances sur l’enseignement, la recherche et la justice. Ce qui les distingue ne sont que des postures au grand théâtre de la politique spectacle. Les uns jouent à être de gauche, les autres à être de droite, mais tous chantent en chœur la rengaine thatchérienne « il n’y a pas d’alternative », sont les thuriféraires du capital, de la propriété privée. Personne ne peut avoir oublié cette une stupéfiante de Paris Match où François Hollande et Nicolas Sarkozy posaient côte à côte, dans le même costume, la même attitude, défendant à l’unisson le oui au référendum. Des jumeaux sortis du même œuf néolibéral, affichant la même morgue, le même mépris des citoyens, ces minables, ces rustres, dont le vote n’était organisé que pour amuser la galerie.

 

Dès lors, comment pourrions-nous, une fois encore, voter utile, faire confiance aux « socialistes » de gouvernement ?

 

Nous ne pouvons pas. Nous ne pouvons plus. Nous ne pouvons pas à la fois être leurs critiques les plus déterminés et les alliés de circonstance des socialistes municipaux qui, par leur silence – de fait –, font perdurer une politique ouvertement de droite, antisociale et sécuritaire. Au nom de je ne sais quelle morale de circonstance, la confusion ne doit pas être entretenue, ne peut plus l’être. Elle n’est plus de mise. Aujourd’hui, les « socialistes » de gouvernement ne sont plus simplement des faux frères, ni des adversaires, mais des ennemis (de classe) que nous devons affronter, quoi qu’il en coûte. Un siège au conseil municipal de quelque ville que ce soit ne vaut pas d’abdiquer nos convictions, notre volonté de transformer le monde et de réaliser l’humanité que Jaurès appelait de ses vœux. C’est dire qu’il faut avoir le courage de rompre clairement avec ce « socialisme » en peau de lapin qui n’est que démagogie et mensonges. Cette rupture politique est salutaire même pour nos camarades socialistes, ces militants pris en tenaille entre l’affliction et 
l’indignation de ce qui se pratique aujourd’hui en France au nom du « socialisme ». Les positions sont claires : les « socialistes »de gouvernement sont désormais sans vergogne un parti de droite, à nous d’incarner la gauche en actes, de cesser d’être aimables et compréhensifs, 
et de nous dresser contre eux et leurs répliques de l’UMP-FN. Comme disait l’autre : le 
changement, c’est maintenant!

 

Source : L’humanité

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 17:28
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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 19:48

11 NOVEMBRE 1940 :

LYCÉENS ET ÉTUDIANTS PARISIENS MANIFESTENT

 

Article écrit d'après les textes lus sur  le site de la FNDIRP : "Patriote résistant"  et le site du Musée national de la Résistance.

 

L'audacieuse manifestation du 11 novembre 1940, qui rassembla de tout jeunes gens, des lycéens et étudiants parisiens, fut la première grande démonstration publique connue de résistance à l'occupation et à la collaboration. Elle fut le point culminant d'une série d'événements qui marquèrent les journées qui la précédèrent. Elle annonça qu'un irrésistible mouvement pour la liberté et la dignité était enclenché...

 

 

Paris, automne 1940.


La France est vaincue. Philippe Pétain rencontre Hitler à Montoire. Paris est occupé, les panneaux de signalisation des grands lieux de la capitale sont rédigés en allemand. Le dispositif d’oppression et de pillage de la France par l'Allemagne nazie se met en place avec la complicité de Vichy : censure, interdiction, épuration raciale et politique à l’initiative de l’État français ; attaques de la République, mise en cause de ses valeurs par les idéologues du nazisme et de la Révolution Nationale.

Depuis la réouverture de la Sorbonne, lancers d’oeufs pourris, inscriptions, papillons et tracts laissés dans les livres ou les fichiers (des bibliothèques), manifestations de petits groupes exhibant fièrement deux cannes à pêche (de Gaulle), lancer de tracts par des jeunes communistes le 31 juillet dans le grand amphithéâtre répondent à la présence allemande.

 

 

Arrestation du professeur Paul Langevin et interdiction des célébrations du 11 novembre


Deux événements concomitants vont libérer brusquement cette énergie potentielle : l’arrestation du professeur Langevin, professeur au collège de France, et l’interdiction des célébrations traditionnelles de la fête nationale du 11 Novembre.

Un comité de soutien large se constitue. Un tract clandestin de l’U.E.L.C. ( jeunes communistes) appelle à une manifestation le 8 novembre. Un autre, rédigé par François Lescure ( président de l’U.N.E., syndicat des étudiants ) et Roger Marais (Corporation Lettres) lance le même appel, complété par un autre à manifester le 11 novembre à l’université et dans les grandes écoles. La manifestation pour la libération de Langevin a lieu dans un quartier Latin en état de siège.C'est un succès

 

 

Appel à la manifestation du 11 novembre 1940

 

 

Le soir même du 8 novembre, François Lescure et Roger Marais rédigent le tract d’appel à la manifestation du 11 novembre à l’Arc de Triomphe. Dès le lendemain, il est largement diffusé dans les établissements secondaires et supérieurs de la capitale. Dans le même temps, le 10 au soir, Maurice Schumann au nom de De Gaulle appelle à se rendre sur les monuments de la guerre de 14-18.  Tracts et mots d'ordre d'origines diverses appellent à un grand rassemblement à l'Arc de Triomphe le 11 novembre.  
Des appels, comme ci-dessous,  reproduits à la main circulent. 


 

img1_tract_big_01.jpg

 

 


Pour la première fois des milliers de jeunes, venus d'horizons divers, montent à l’Étoile le soir du 11 novembre 1940. Appuyant la police française, les troupes nazies chargent. On dénombre plus de cent arrestations. L’Université est fermée.

Une autre action avait eu lieu le 11 novembre au matin : les membres du groupe du Musée de l’Homme fleurissent la statue de Georges Clémenceau. Et toute la journée, des grèves importantes paralysent les bassins miniers du Nord et du Pas-de-Calais. A Rouen, à Dijon, à Nantes, des gestes de jeunes font aussi événement.


La manifestation du 11 novembre, à Paris, surgie de l’université parisienne est ainsi la première grande action à résonance nationale de la Résistance française.

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 10:10
En hommage aux victimes de la guerre de 14-18,
Gloire aux soldats de 17 qui se révoltèrent et refusèrent de  mourir
" pour défend' les  biens de ces messieurs là "

Vous pouvez  écouter la chanson de Craonne interprêtée par Marc Ogeret sur Dailymotion.

Paroles

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.

Refrain
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

au Refrain

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Refrain
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 10:16

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ce 18 octobre, le Parti de la gauche européenne (PGE) a fait un nouveau coup de force : imposer aux communistes et forces de gauche la candidature unique de Alexis Tsipras à la Commission européenne. Une candidature qui pose problème, à plus d’un titre.


Le Parti de la gauche européenne (PGE) est méconnu des communistes français et européens. Parti politique européen, financé par la Commission, il a pour but comme tout parti européen « de favoriser l’intégration européenne et l’émergence d’une conscience européenne ».


Depuis sa création en 2004, il a suscité de nombreuses critiques de partis communistes comme le PC Grec (KKE), portugais (PCP) ou tchèque (KSCM), lui reprochant de vouloir fondre les Partis communistes dans des formations de gauche euro-compatibles et réformistes.


La décision que vient de prendre le Conseil des présidents du PGE, ce 18 octobre à Madrid, va pouvoir alimenter la polémique sur le rôle que joue le PGE dans la canalisation du mouvement communiste vers la constitution d’une social-démocratie de substitution.


Une légitimation d’une institution européenne anti-démocratique


Premier problème, proposer une candidature à la Commission européenne légitime les institutions européennes anti-démocratiques. D’abord la Commission dont la raison d’être est de contourner les peuples pour imposer des politiques au service du capital.


Le PGE a conscience de contradictions intenables, il dénote « que la démocratie est bafouée en Europe, les marchés financiers font la loi » et souligne que cette nouvelle disposition « n’est pas de nature à démocratiser l’UE (…) sinon à masquer son autoritarisme ».


Oui mais … « le PGE ne veut pas laisser le monopole de la parole aux forces responsables de la crise ». Juste au-dessus le PGE prétendait que « c’était aux citoyens, aux peuples, que doit revenir le pouvoir de décider de l'avenir de l'Europe ».


Comment le PGE peut faire croire que présenter une candidature à la Commission, battue d’avance, servant de marche-pied à une candidature social-démocrate, peut donner le pouvoir de décider aux peuples ?


Le PGE est obligé de le reconnaître, cette élection à la Commission est destinée à masquer, derrière un simulacre de démocratie, le renforcement de son autoritarisme qui passe par la consolidation de l’intégration européenne.


Or, le but du PGE avec cette candidature est précisément de renforcer l’intégration fédérale européenne en favorisant l’ « émergence d’une conscience européenne » conformément à ses statuts.


Une OPA du PGE sur le mouvement communiste


Deuxièmement, par cette manœuvre, le PGE réalise une OPA sur le mouvement communiste, et plus largement sur une gauche radicale européenne parfois assez critique envers l’UE.


Cela pose la question : qui le PGE représente ? Il ne faut pas le confondre avec le groupe parlementaire GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique).


Le groupe GUE/NGL, confédéral, réuni tous les partis de gauche radicale, souvent héritier ou encore porteur vivant de l’héritage du mouvement communiste. Il ne tranche pas entre une ligne européiste et euro-critique, réformisme et révolution.


Chaque parti reste libre nationalement de l’élaboration de sa ligne, et le groupe n’est qu’un appareil technique de coordination en vue d’obtenir une meilleure audience au Parlement.


Parmi les partis membres du groupe GUE, quatre partis communistes qui refusent catégoriquement l’entrée dans le PGE : le PC portugais (10,6 %, 2 députés européens), grec (8,3 %, 2 députés européens), chypriote (34,9 %, 2 sièges européens), tchèque (14,2 %, 4 sièges européens).


D’autres partis communistes ont refusé d’entrer dans le PGE : le Parti des communistes italiens (PdCI), le PC allemand, luxembourgeois, hongrois ou encore slovaque. On peut aussi penser au Parti du travail de Belgique (PTB), très proche des Partis communistes.


Enfin, des partis de la « gauche radicale » nordique refusent encore d’adhérer au PGE, pour conserver leur indépendance de pensée critique vis-à-vis de l’UE : l’Alliance de gauche finlandaise, le Parti de gauche suédois, le Parti socialiste néerlandais, le Mouvement populaire contre l’UE danois.


En réalité, qui mène le PGE ?


Des formations anti-communistes comme SYRIZA en Grèce et le Bloc de gauche au Portugal ainsi que des formations en rupture avec l’héritage communiste : PCF-PG-Front de gauche en France, PCE-Izquierda Unida en Espagne, Refondation en Italie, Die Linke en Allemagne.


Sur les 34 députés qui forment le groupe parlementaire GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique), seuls 16 font partie du PGE dont la moitié de Die Linke. 7 autres sont observateurs, et 11 sont extérieurs au PGE.


En ce sens, la décision prise unilatéralement par les dirigeants du PGE, qui sera soumise au Congrès du PGE en décembre à Madrid, est un coup de force difficilement dissimulable.


Le communiqué peut bien conclure par : « d'ici le congrès de décembre, la présidence du PGE est donc chargée de consulter tous les partis membres et observateurs du PGE, les forces qui composent le groupe GUE-NGL au parlement européen » .


En quelle mesure les avis des forces qui composent le groupe GUE/NGL, qui refusent le projet porté par le PGE, compteront dans une décision prise directement par le groupe dirigeant du PGE ?


Il s’agit d’un coup de force symbolique et réel contre les forces communistes en Europe, contre les forces radicales qui portent une ligne anti-capitaliste et critique envers l’UE des grands groupes financiers.


Le choix de Tsipras : vers une gauche euro-compatible, de gestion du système


Troisièmement, le choix de Tsipras. Il marque l’ancrage du PGE et du mouvement héritier de la tradition communiste, de la gauche radicale, vers une solution résolument pro-européenne, de gestion social-démocrate du système.


On se souvient qu’en 2010, pour son 3 ème Congrès le PGE hésitait pour son nouveau secrétaire entre Pierre Laurent (PCF) et Alexis Tsipras, alors secrétaire d’un SYNAPSISMOS-SYRIZA au bord de l’implosion.


Pierre Laurent avait finalement été choisi. Un choix lourd de sens. L’élection du secrétaire du PGE préfigurant en général une attaque massive contre le Parti communiste du pays en question. Ce fut le cas pour l’Italie et l’Allemagne auparavant.


Le choix désormais d’Alexis Tsipras doit donc être analysé comme un signal lancé pour faire de SYRIZA un modèle pour les autres partis en Europe, et des idées de Tsipras le programme commun de la « gauche européenne ».


Comme le note le communiqué, « cette candidature serait un symbole fort pour l’Europe (…) car SYRIZA a su rassembler le peuple grec contre l’austérité, et pour un redressement de la Grèce dans une Europe solidaire ».


On connaît le programme de Tsipras, celui communiqué à Washington, Berlin, Londres, Francfort, Bruxelles, devant les dirigeants du FMI, de la BCE, de la Commission européenne :


« Nous voulons restaurer la stabilité en Grèce (entendre : l’ordre social capitaliste !) pour sauver l’Europe. Nous voulons l’Euro, mais avec moins d’austérité. ».


Répété avec maintes variantes, cette idée fixe suppose pour Tsipras de proposer ses services aux dirigeants européens – comme lors de cette fameuse lettre envoyée à Draghi, van Rompuy, Barroso en mars 2012 – et de négocier une austérité plus modérée.


En échange, Tsipras propose ouvertement de canaliser la colère sociale vers une gestion différente du système capitaliste (« plus humaine », aime-t-il à caractériser), vers l’idéal européen (« à sauver de ces dirigeants mêmes », souligne-t-il).


Cela conduit Tsipras à proposer des mesures de relance à l’échelle européenne, supposant la collaboration avec l’UE, la BCE, la Commission : un « plan Marshall » pour l’Europe, des « Accords de Londres » bis, pour réduire la dette grecque comme celle de la RFA en 1953.


Enfin, la méthode suivie par Tsipras dans son propre parti est très instructive.


En juillet, lors du Congrès fondateur de SYRIZA, c’est un « parti unique » de gauche qu’impose Tsipras, autour de sa personne, éliminant tout débat démocratique, centralisé à l’extrême sur une ligne institutionnelle, pro-européenne et de gestion du système, gonflé des transfuges du PASOK.


Du 13 au 15 décembre prochain, à Madrid, se déroulera le prochain congrès du PGE sous le mot d’ordre révélateur : « Change Europe » (« changeons l’Europe » !). Un congrès qui va marquer l’accélération du coup de force contre les partis communistes.


Car c’est un coup de force dans que tente d’imposer le PGE au sein du mouvement communiste : imposer la mutation vers une gauche euro-compatible, d’aménagement du système.


En ce moment même, la 15 ème Rencontre des partis communistes et ouvriers se tient à Lisbonne, respectueuse de la diversité des Partis communistes : c’est vers cet horizon que nous devons nous tourner, vers une alternative de rupture avec ce système capitaliste, avec l’UE du capital.

 

 

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 18:48

BRN-titre

 

 

Naufrage et nomadisme


« Le traité (de Maëstricht) se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité », assurait Michel Sapin – avec tant d’autres – quelques jours avant le référendum de 1992 (1). Deux décennies plus tard, l’homme, qui siège à nouveau au gouvernement, peut être fier de l’œuvre européenne. La prospérité et le progrès sont là. Ou presque.

 

Ainsi, le 10 octobre, la Croix-Rouge internationale publiait un rapport sur la dégradation de la situation sociale en Europe. 43 millions d’individus – on a bien lu : 43 millions – ne peuvent se nourrir suffisamment. 120 millions d’habitants (plus d’un sur cinq) se trouvent au seuil de pauvreté ou en dessous. Dépeignant les conséquences physiques et psychiques, l’institution évoque « la pire crise humanitaire depuis six décennies ».

 

Malgré l’énormité des données citées, ledit rapport n’a pas fait la Une des grands moyens d’information. Il est vrai qu’au même moment, l’émotion médiatico-politique se concentrait sur le sort d’une adolescente kosovare reconduite avec sa famille à Pristina. Au point que, lors d’une séquence surréaliste, le chef de l’Etat annonçait à la télévision qu’il était prêt à annuler sur le champ, pour la jeune fille, trois décisions de justice successives (vive la séparation des pouvoirs…).

 

Une séquence d’émotion chasse l’autre. Quelques jours plus tôt, les torrents de lamentations coulaient sur le sort des réfugiés tentant la périlleuse traversée de la Méditerranée, dont deux embarcations chavirèrent coup sur coup. Plusieurs centaines de malheureux y laissèrent la vie. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, se rendit à Lampedusa, versa sa larme, et promit que l’Union ne resterait pas sans réagir.

 

Cette dernière, conjointement avec les gouvernements nationaux, porte en réalité une responsabilité majeure dans le flux des migrants du désespoir. Ceux-ci fuient la misère ou la guerre, voire les deux. Or la misère est la conséquence du pillage que nombre de pays africains continuent de subir sous une forme néo-coloniale ; et les guerres résultent de décisions politiques. L’expédition libyenne a ainsi fait s’effondrer les structures étatiques de ce pays, entrainant la floraison des réseaux mafieux d’immigration clandestine. Quant aux réfugiés syriens, ils tentent d’échapper à une guerre que Paris, Londres, Washington et leurs alliés régionaux alimentent délibérément en soutenant, finançant et entrainant continument depuis plus de deux ans des guérillas meurtrières.

 

Il y a donc une parfaite hypocrisie à faire mine de se préoccuper des conséquences, dès lors qu’on est soi-même à l’origine des causes. Une double hypocrisie, même. Car, au-delà du sort funeste des naufragés, l’immigration est de plus en plus ouvertement dépeinte non comme un problème, mais comme une solution. Le président de l’europarlement, le social-démocrate Martin Schulz, appelait récemment à « reconnaître enfin que l’Europe est un continent d’immigration ». L’afflux de migrants palliera notre démographie flageolante, explique-t-on posément à Bruxelles, où l’on rêve de confisquer les dernière prérogatives nationales en matière d’immigration – une « fédéralisation » qui serait l’aboutissement de Schengen.

 

En clair, et le patronat européen ne s’en cache guère, une masse de main d’œuvre immigrée prête à tout pour survivre est un moyen idéal pour tirer les salaires de tous vers le bas. Certains idéologues élèvent même le « nomadisme planétaire » au rang des futurs modes de vie. Quel cynisme ! Personne ne quitte son propre sol sans y être contraint par de tragiques impératifs vitaux.

 

Les milliardaires du village mondial, eux, aiment à jouir de la mobilité « haut de gamme » entre avion privé et yacht de luxe. La situation de ceux-là s’est encore améliorée, révèle le rapport de la Croix-Rouge précité. Bref, entre les naufragés de Lampedusa et les plaisanciers de Cannes, il n’y a pas que la Méditerranée en commun.

 

Il y a, surtout, une relation de cause à effet.

 

 

 

PIERRE LEVY

 

 

(1) Le Figaro, 20/08/1992

 

 

Source: http://www.brn-presse.fr/

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 11:33

 

Voici un tract CGT appelant à une manifestation pour l'emploi et pour soutenir les salariés de PETROPLUS et de LYONDELL BASELL le Vendredi 8 novembre à 12 heures devant la raffinerie PETROPLUS.  

 

Les patrons du pétrole ont condamné le raffinage en France. La CGT réclame la réquisition de Pétroplus.  Elle demande que l'Etat assume ses responsabilités pour le raffinage et pour tout le secteur industrie en France.  Pour la CGT,"  il est grand temps [ ... ] de se mobiliser pour changer de politique, pour obliger le gouvernement et le patronat à mettre en place une véritable politique industrielle, pour le développement de l’emploi et des services publics, en France ".

Nous soutenons cette initiative.  

Le Medef, la FNSEA, très bruyants à Quimper sous leurs bonnets rouges usurpés n'ont pas dit un mot contre la course aux profits et la politique européenne. Mais quand les salariés se rassemblent et mènent leurs luttes pour leurs propres intérêts et non pour ceux de leurs patrons ou des gros agriculteurs profiteurs de la politique de Bruxelles, ils peuvent vraiment faire reculer le pouvoir et la politique européenne.

 

Cliquez sur l'image pour lire le texte

 

cgtemploinov

cgtnov2

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 18:43

Voici un tract distribué à Cléon par la CGT.  Les salariés découvrent aujourd'hui l'ampleur des reculs sociaux qu'ils doivent subir après la signature l'an dernier de l'accord compétitivité par les syndicats CFDT, CGC, et FO.  Quelques semaines plus tard les députés socialistes, aidés par la droite votaient l'ANI (Accord National Interprofessionnel) qui étendaient ces reculs aux entreprises de la France entière.

 

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cleon5 11 13

cleonnov22

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 09:39


La chronique interminable des succès anticipés du Front National lors des prochains scrutins n'en finit pas de régaler les media dominants. Une fois de plus d'ailleurs, la presse aura joué un rôle plus qu'ambigu dans les résultats, si leurs "prévisions" sont avérées. Ce rôle, pour ne pas dire cette fonction des media dominants fait désormais partie du paysage politique de très nombreux pays de l'ouest européen. Ne s'agit-il pas de transformer le désarroi provoqué par le fiasco politique, social et économique de l'UE en "montée des nationalismes" ?

 

 

PS, UMP, FN : la question de l'identité des indiscernables



Le principe de « l'identité des indiscernables » a été développé par le philosophe allemand Gottfried Leibniz  (1646-1716). Dans sa version triviale, mais fort utile en politique, il pose que si deux entités sont distinctes, elles doivent différer en quelque chose... Je ne ferai donc pas l'insulte au Parti socialiste de l'identifier indûment au Front National. Ce genre d'amalgame polémique est le plus souvent stérile. En revanche, le jeu que mène le parti de François Hollande à travers la personne de Manuel Valls, par exemple - car il n'est pas seul- nous conduit à nous poser des questions qui ont à voir avec la notion d'identité des indiscernables. Souvenons-nous des déclarations de l'hyper- ministre sur l'immigration en général. Le FN a bien saisi la menace, qui appelle à voter « pour l'original plutôt que pour sa copie ». Encore une fois, « identité » et « indiscernables» sont des termes dont la radicalité doit être récusée par souci de précision.

La nécessaire "discipline républicaine" devient difficilement supportable

Mais il reste quelque chose de véritablement crapuleux, et je pèse mes mots, surgi dès juin 1984, lorsque Pierre Bérégovoy aurait déclaré (on a peine à le croire mais c'est un fait avéré) : « On a tout intérêt à pousser le Front National. Il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C’est la chance historique des socialistes. » (entretien avec Frank-Olivier Giesbert, 21 juin 1984). » Ce quelque chose de crapuleux, c'est le caractère moralement impérieux de ce qu'il est convenu d'appeler la "discipline républicaine"

 Ainsi, au deuxième tour de tout scrutin, il convient de voter pour le candidat du parti qui se retrouve face au Front National, même quand se pose la question de l'identité des indiscernables, et même quand le parti bénéficiant des reports n'a cessé depuis trente ans de tourner le dos à ses engagements les plus solennels en matière d'emploi, d'indépendance nationale, de progrès sociaux, de politique étrangère et d'intégrité des élus. On comprend que cette question des reports « pour battre la droite, l'extrême-droite, le FN, etc. » soit désormais perçue comme un piège par des citoyens régulièrement floués par ceux auxquels il avaient fait confiance. Il serait même possible que la discipline en question rassemble de moins en moins. Du même coup, les partis jusqu'à présent bénéficiaires de cette tradition républicaine (l'UMP n'est pas en reste en ce domaine) enverront leurs représentants bêler sur les plateaux de télévision et les stations de radio « qu'ils ont péché par défaut de pédagogie », alors qu'ils ont comme à leur habitude méprisé les pauvres et les désespérés de la politique.


La proportionnelle intégrale contre tout chantage moralisateur

Il existe une solution à ce problème brûlant. Elle est connue. Cela s'appelle "la proportionnelle intégrale" : chaque voix compte dans les pourcentages de chaque parti.  Le nombre des élus de ces partis dépend directement des pourcentages atteints. Il n'y a qu'un seul tour, donc pas de reports.

Deux objections sont ordinairement avancées contre cette solution qui, au passsage, rendrait leur intérêt d'origine aux débats parlementaires. La première est irrecevable car anti-démocratique : les «petits partis » pourraient être représentés, ce qui risquerait d'affaiblir les majorités puissantes !  On voit mal pourquoi la participation à l'exercice de la souveraineté nationale devrait exclure les pensées minoritaires, et pourquoi les majoritaires devraient être écrasantes. La seconde, également anti-démocratique,  porte sur le fait que la proportionnelle intégrale ferait entrer beaucoup de députés du Front National à l'Assemblée nationale. Certes, mais quoi qu'il en soit, c'est ce qui va se passer au cours des prochaines années si l'on n'y prend garde. D'ailleurs, cela a même été dit par Laurent Fabius, depuis quand combat-on des idées par des modes de scrutin ?  Parce qu'il s'agit bien d'idées dès lors que seuls les partis démocratiquement autorisés participent aux processus électoraux. Beaucoup,dans les années 1980, ont préconisé l'interdiction du FN au motif que l'incitation à la haine raciale n'est pas une opinion mais un délit, voire un crime. J'étais parmi eux. Cela fut refusé : à cette époque, le FN rendait beaucoup de services électoraux. Il est désormais trop tard. Je suis tenté de dire aujourd'hui que c'est moins malsain. Mais les Français pourraient, à terme, le payer cher. Souhaitons qu'ils n'aient pas la mémoire courte. Cela dépend en grande partie des communistes restés debout dans ce pays.

                                                                                                                                              Pascal Acot 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 09:22

Lu sur Canaille Le Rouge ( suite ...)

 

Quimper : faux nez rouges et rouges benêts

Publié le 3 Novembre 2013

Comme un symbole de la duplicité patronale "made in ailleurs", importé à Quimper

Comme un symbole de la duplicité patronale "made in ailleurs", importé à Quimper

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Canaille le Rouge vous avait dit qu'il y reviendrait, nous y sommes.

Une question traverse le débat mais tel un météore dans le firmament médiatique son passage est si rapide qu'aucun journaliste n'arrive à la faire poser à ceux qui ont sur leur livre de comptes les moyens d'y répondre.

Pourtant, parfois perse une info qui devrait aider : la presse régionale nous rappelle que la société Tilly Sabco a touché plus de 19 millions d'Euros en 2011 et une somme quasi-identique en 2012 dans le cadre de la PAC. Qu'a-t-elle fait de cette somme ?

Les entreprises qui couvrent la manif, combien ont-elles reçu à ce titre, à celui du CICE créé pour inciter à la création d'emplois ?

Poussons un peu le bouchon (du moins soulevons le couvercle d'un ragoût peu appétissant aux remugles un peu style des professions de la charte du travail qui allie les faux nez rouges aux benêts de la même couleur).

 

A quand un audit pour dire aux témoins de la colère combien chaque année sont injectés de crédits publics dans les coffres des patrons bretons, et avec les chiffres de pôle emploi, quel ratio "argent reçu par emploi cassé" ? 

Ce qui singularise la Bretagne et singulièrement la filière agro-industrielle, comme pour le commerce de grande distribution,
 avant même l'arrivée des éco taxes et malgré les incitations fiscales à mal payer les salariés, 
ce sont les bas salaires : le Smic est à peine la norme *.

Bas salaires et casses d'emplois sont les deux mamelles qui gavent le capital breton depuis plus de trente ans (gouvernement Mauroy 2).

Les lois « d'aide à l'emploi » ont permis que l'exonération de charges sociales jusqu'à hauteur de 1,5 fois le Smic (de fait près de la moitié des salariés bretons du secteur privé) soit devenue la norme.

Ces charges ont été prises en charge par le budget de l'état, ce qui fait que ce sont les catégories imposables et ne bénéficiant pas des niches fiscales bien connues qui paient (et avec la TIPP et la TVA toutes les catégories dont les chômeurs, les retraités et les bas salaires) à la place des patrons qui crient à la spoliation avec les écotaxes.

Les patrons de la grande pêche qui ont laissé assassiner la pêche artisanale et transformer les ports bretons en bassine d'huile à bronzer, qui ont laissé des groupes comme « Intermarché » s'emparer de la filière, manifestaient samedi à Quimper alors qu'ils sont les premiers bénéficiaires de la détaxation du gasoil qui ne s'est pas vue sur les étals. Triste de voir des petits patrons pêcheurs qui n'agissent pas contre l'UE qui les saigne défiler au côté des saigneurs de droite d'avant 2012 contre des complices saigneurs de « gôche » d'après 2012 au pouvoir.

Que le patron d'Armorlux délocalise la fabrication des bonnets rouges ou des uniformes des flics qui ont plus l'habitude de cogner sur les piquets de grève que sur les patrons du foot en grève ne fait que confirmer.
Lesquels patrons du foot pour des raisons du même tonneau organiseront le « lockout du 24 novembre » (Et où étaient-ils samedi après midi les "managers des clubs bretons de L1et L2 ? À Quimper !)


Si nous jetons un œil côté FNSEA, chacun sait que les gains des journaliers qui conditionnent la production légumière sont si élevés que ce sont eux qui assurent le succès des tables de baccarat au casino de La Baule ou qui fréquentent les paddocks des champs de courses qui constellent la Bretagne.

Chaque année et avant que Sapin n'achève le travail commencé par Bertrand au ministère du travail, l'inspection du travail manquait de carnets à souches pour ses PV pour travail dissimulé, non-respect des règles de sécurité dans les champs serres et usines des légumiers.

Le Portugais étant devenu exigeant et l'Italien trop revendicatif, l'Espagnol et le Marocain captés par leur collègue du sud, nos patrons bretonnants et chauvins au Gwen a du flottant fièrement sous les vents de norois, sont moins pointilleux quand il leur faut deux ou trois charrettes de Roumains payés au taux de Bucarest, quelques Polonais Bolkensteinisés pour construire loin des ports et des gares, sans permis, contre des décisions de justice, de véritables ports secs à spéculations, prévus pour innonder de camions vers les MIN qui comme celui de Rungis sont tous embranchés au rail.

Vive l'intérim pour faire suer dans les champs, abattoirs et chantiers dont ceux qui organisent les charrettes de licenciements. L'argent des exonérations sert à payer les indemnités des plans sociaux. « C'est bon pour l'économie régionale » d'autant que les boites qui prélèvent leur dîme pour sous-payer les dits travailleurs importés plus ou moins clandestinement ont leur inscription au registre du commerce et sont invitées aux réceptions de la chambre de commerce de ... Quimper et aux vœux du Préfet.

Dommage que ce qui précède ne soit que si peu popularisé. La secrétaire de la section du PCF du pays de Quimper doit se trouver bien seule à voir le peu d'entrain avec lequel elle est suivie par les élus régionaux de sa formation.



* notons de suite pour expliquer la situation des petits agriculteurs et du commerce de proximité que dès 1945 une campagne de fond menée par le MRP d'alors et la droite cléricale a été menée pour que ceux-ci ne cotisent que peu ou pas du tout aux régimes (Facultatifs pour eux et à un taux quasi-choisi et individualisé à la sécu et aux caisses de retraite. Cela explique des situations de catastrophe familiale aujourd'hui.)

 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

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