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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 17:00

 

APPEL

DE L’UNION DEPARTEMENTALE CGT

DE SEINE-MARITIME

 

 

La Commission Exécutive de l’Union Départementale CGT de Seine-Maritime réunie le 5 mai 2014, après avoir fait un état de la situation et devant l’entêtement du gouvernement à ne pas répondre à nos attentes sociales, appelle les salariés à amplifier la mobilisation.

 

Dans le même temps, nous interpellons notre Confédération CGT, engagée dans un processus de mobilisation pour porter un message au patronat, au gouvernement et aux salariés, en fixant l’objectif d’une prochaine journée nationale d’action interprofessionnelle.

 

L’objectif que nous pourrions viser est la conférence sociale prévue en juillet 2014.

 

Face à ce contexte inédit où seules « les revendications » patronales sont prises en compte ,et tout en ayant conscience que la CGT doit être présente là où les intérêts des salariés sont en jeu, nous devons tirer la sonnette d’alarme en refusant de participer à cette conférence dite sociale.

 

La CGT était présente à la conférence sociale des 9 et 10 juillet 2012 et avait participé aux 7 tables rondes.

 

La CGT était présente à la conférence sociale des 20 et 21 juin 2013. Elle avait fait 6 déclarations dans les différentes tables rondes organisées à cette conférence :

 

  1. sur l’emploi et la fonction professionnelle.

  2. Sur les conditions de travail, les risques professionnels et la santé au travail

  3. sur le développement des filières et anticiper les emplois de demain.

  4. sur l’avenir des retraites et de notre protection sociale.

  5. sur le rôle et le développement des services publics.

  6. sur une Europe sociale

 

Ce que nous pouvons hélas constater, c’est qu’à chaque fois des mesures ont été prises par le gouvernement en faveur du patronat pour diminuer le « soi-disant» coût du travail, repousser l’âge de départ en retraite, démanteler nos services publics et notre protection sociale alors que les questions urgentes sur le pouvoir d’achat et la situation de l’emploi demeurent. Voilà le bilan que l’on en a tiré.

 

Le 21 avril 2014, la CGT a accepté l’invitation du nouveau 1er Ministre Valls.

 

Qu’en est-il ressorti ? Une semaine plus tard, Valls faisait adopter à l’assemblée nationale le pacte de stabilité avec 50 milliards d’euros d’économies (18 milliards pour l’Etat, 11 milliards en moins pour les collectivités locales, 10 milliards pour l’assurance maladie et 11 milliards pour la protection sociale).

 

Tout ceci confirme que nous ne voyons pas l’intérêt que la CGT participe à la conférence sociale ou l’intérêt du gouvernement que de faire valider aux organisations syndicales la politique d’austérité qu’il entend mener au service du grand patronat.

 

Pour la CGT, l’intérêt face à cette situation est d’être aux côtés des salariés actifs, privés d’emplois et retraités pour agir avec eux, à construire ce rapport de force nécessaire, pour réussir une prochaine journée d’action nationale interprofessionnelle la plus unitaire possible avant les congés d’été.

 

C’est ce message que toute la CGT doit porter aux salariés et aux autres organisations syndicales.

 

C’est ce message que nous devons porter au gouvernement, pour qu’il y ait un véritable changement de politique répondant à nos attentes sociales.

 

C’est ce message que nous devons porter au patronat, pour qu’il mette en œuvre une autre répartition des richesses au service des salariés et de la population.

 

C’est de cela dont nous devons débattre à notre prochain Comité Confédéral National de la CGT les 13 et 14 mai prochains.

 

Rouen, le 5 mai 2014

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 11:01

 

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Journée de l’Europe

La CGT appelle à porter la voix du progrès social
lors des élections du Parlement européen

En ce 9 mai, déclaré « Journée de l’Europe », la CGT rappelle que l’Europe fut bâtie, au sortir de la 2nde Guerre mondiale sur la paix et la coopération entre les peuples. Elle déplore qu’aujourd’hui, cette conception fondamentale soit battue en brèche par des gouvernements européens influencés par les objectifs de libéralisation des marchés et appelle à porter la voix du progrès social lors des élections du Parlement européen.

Dans une déclaration adoptée par sa Commission exécutive confédérale, mardi 6 mai 2014, la CGT estime en effet que les questions sociales doivent être au cœur des débats européens, notamment au moment des élections européennes, dont le 1er tour aura lieu le dimanche 25 mai prochain. Elle y appelle l’ensemble des salariés, des retraités et des privés d’emploi à se saisir de ces questions pour porter la voix d’une autre Europe sociale qui refuse leur mise en concurrence et l’opposition entre les peuples.

Pour la CGT, il ne fait aucun doute que les politiques actuellement menées tournent le dos aux objectifs progressistes et renforcent, dans tous les pays de l’Union européenne, le sentiment que c’est à cause de l’Europe que l’on vit de plus en plus mal. Ce sentiment conduit à un recul de la confiance en l’avenir et à une défiance de plus en plus forte envers les partis politiques qui gouvernent, ou prétendent le faire, pouvant se traduire par l’abstention ou le vote d’extrême droite, comme nous venons de le vivre en France.

Les institutions démocratiques sont menacées par le creusement des inégalités et il y a urgence à réorienter les politiques économiques en faveur du monde du travail.

Des alternatives responsables aux politiques d’austérité économique conduites, aujourd’hui, dans la plupart des pays d’Europe sont en effet possibles, à travers, notamment, la mise en place du Plan d’investissement proposé par la Confédération européenne des syndicats (CES) qui permettrait de créer jusqu’à 11 millions d’emplois de qualité, dans une Europe qui compte aujourd’hui 26 millions de sans-emploi.

A l’opposé d’un repli sur soi des peuples européens, c’est une Europe où chacun contribue au développement de tous, par ses propres atouts, qu’il nous faut construire, tous ensemble. Nous voulons une Europe qui soit au service des peuples et du monde du travail, de toutes les nations, qui soit une opportunité pour développer ensemble dans la paix, une économie qui garantit la création d’emplois, le progrès social et l’élévation des droits de tous les salariés, privés d’emploi et retraités.

Lire l’intégralité de la déclaration de la Commission exécutive confédérale

Montreuil, vendredi 9 mai 2014

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Les commentaires de Jean LÉVY sur son blog:

Quand la direction confédérale de la CGT fait de la politique...ce n'est pas pour appeler à la solidarité avec les mineurs du Donbass ukrainien, victimes des bandes fascistes envoyées par la junte de Kiev pour mater la population révoltée. 

NON ! C'est pour appeler à voter pour l'Union européenne, qualifiée d'"Europe sociale", pour cette Europe qui, depuis le traité de Maastricht,  impose l'austérité et le chômage à tous les peuples vivant sous sa férule, cette Europe PS-CDU sous direction allemande, mise en place par l'oligarchie financière et industrielle, et soutenue par la droite comme par la "gauche", comme par la CES collabo du patronat.

Comment ne pas réagir avec colère au communiqué de la CGT (ci-dessus)...

 

Jean LÉVY

adhérent de la CGT depuis septembre 1944, il y aura 70 ans dans quatre mois qui n'a pas pris sa carte confédérale pour faire partie d'organisation dont la direction pratique la collaboration de classe.

Va-t-on tolérer longtemps sans réagir à ce dévoiement ?

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Je ne peux que m'associer au commentaire de Jean Lévy et faire part de ma sidération dès la lecture de la première phrase du communiqué de la confédération CGT. Comment cette dernière peut faire sienne la fable de la création de "L'europe" au sortir de la deuxième guerre mondiale bâtie "sur la paix et la coopération entre les peuples", alors que tous les historiens sérieux s'accordent sur l'idée qu'il s'agissait avant tout d'assurer le règne sans fin du Capital et de "lutter contre le communisme" en empêchant la victoire du socialisme dans les pays occidentaux, notamment et France et en Italie, qui disposaient alors de partis communistes puissants.

EL DIABLO

 

La première phrase relève du révisionisme tout simplement.  Les études historiques les plus officielles sur la naissance de l'UE, alors nommée "Marché commun", si elles mettent l'accent sur la paix ( voile hypocrite jeté sur des décisions purement capitalistes ), n'oublient pas de mettre en avant la libre circulation des hommes, mais surtout des capitaux et des marchandises.  Dès le début la nature capitaliste et libérale des traités signés était très claire.  Il est étonnant que la direction de la CGT falsifie ainsi non seulement l'analyse qui fut faite alors par la CGT mais aussi les premiers textes officiels ... des européistes eux-mêmes.  Pourquoi donc cacher ce que tout le monde sait ?  Parce que la direction de la CGT veut vendre à tout prix cette UE ?

Y.G.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 10:10

krasucki.jpg

 

Dette-prétexte, austérité en faveur du patronat, fiscalité à deux vitesses, casse de l'appareil productif, compétitivité pour légitimer la casse des acquis sociaux, l'Europe comme prétexte et instrument de cette œuvre de démolition : on croirait ce discours sorti d'un dirigeant syndical ou politique en 2014, pourtant c'était Henri Krasucki, c'était en 1989 !

 

C'est dire la pertinence de la grille d'analyse marxiste. C'est dire aussi le chemin parcouru par nos organisations de classe, CGT et PCF, depuis l'époque où ils combattaient l'Europe du capital, dénonçaient les illusions de l'Europe sociale.

 

En 1995, la CGT quittait l'internationaliste FSM pour rejoindre l'européiste CES en 2000.

 

En 2005, Bernard Thibault suivait Lord John Monks, secrétaire de la CES, et appelait à voter « Oui » à la Constitution européenne. En 2011, il signait un texte avec plusieurs syndicalistes européens pour appeler l'Union européenne à renouer avec l'esprit du « Traité de Rome » et du « Traité de Maastricht » !

 

Ici, nous vous proposons un extrait du rapport d'Henri Krasucki, alors secrétaire de la GGT, au 43 ème Congrès de la CGT.

Il choisit, en plein débat sur le Traité de Maastricht de commencer son rapport par une dénonciation claire et nette de l'Europe du capital, dénonciation des illusions de l'Europe sociale maintenue par certains à gauche, et certains syndicats.

Une vision prophétique de la France que nous connaissons aujourd'hui. A l'époque, la presse bourgeoisie titrait : « la CGT en guerre contre l'Europe ». Hélas, cela ne risque pas d'arriver aujourd'hui !

 

Introduction et retranscription AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

En vidéo, un extrait de la conférence de presse de Krasucki : http://www.ina.fr/video/CAB88033600

 

 

La France et l'Europe qu'ils veulent

 

Où en sommes-nous en France ?

 

Dans la mise en œuvre de sa stratégie, la grande bourgeoisie française ne cesse d'aller plus loin dans tous les domaines du recul social et national déjà mis en évidence par notre précédent congrès.

Si elle procède à des adaptations, qui tiennent compte de l'évolution de la crise, ses objectifs demeurent fondamentalement les mêmes. Une seule chose progresse, et de quelle façon, ce sont les profits. Mais c'est bien le but recherché.

C'est un fait universellement reconnu, mis en lumière par un récent article de la Vie Française qui accumule les superlatifs : « explosion des profits », « fantastiques profits », « véritable feu d'artifice », « 1988, année de tous les profits ».

Pendant ce temps, les travailleurs et la France subissent de plein fouet les conséquences des choix imposés par le grand capital et les gouvernements successifs. Pour les salariés, pour la masse des gens, c'est l'austérité atteignant pour certains l'intolérable.

Pour le pays, c'est le déclin, terme que constatent avec aigreur les plus hautes autorités de l’État mais que confirment les réalités profondes.

Qu'est aujourd'hui la France, parmi les puissances industrielles et mondiales au regard de ce qu'elle était il y a seulement 8, 10 ou 15 ans ?

Oui c'est bien l'austérité et le déclin, contreparties des choix opérés en faveur du profit et des facilités accordées au capital. Oui, il en résulte tout un ensemble d'agressions sociales dont le projet de document d'orientation donne un large aperçu.

On nous oppose ce que les uns appellent « embellie » et le Premier ministre « convalescence ». Il est vrai qu'on peut faire état d'un peu de croissance et d'un peu d'investissement d'ailleurs très sélectif et très orienté. Mais à quel prix !

Ces résultats trompeurs et qui risquent d'être fort éphémères ont été acquis contre l'emploi, contre le pouvoir d'achat, ils sont le fruit du recul social.

Durant ces années, cette politique a été menée sous des habillages successifs : assainissement, modernisation, puis, adaptation aux contraintes extérieures.

 

L'Europe et la France du recul social

 

Aujourd'hui, c'est au nom de l'Europe que patronat et gouvernement la poursuivent. Mais cette fois il s'agit plus seulement d'un prétexte.

C'est un objectif concret, qui se met pratiquement en place, et interfère de plus en plus sur la réalité économique et sociale de notre pays.

Comment dissocier, par exemple, ce qui se fait au niveau de la fiscalité contre les petits gens et les salariés au bénéfice du capital français, de l' « harmonisation fiscale » projetée au niveau européen ?

En diminuant de moitié l'impôt des plus riches, en majorant de 5 000 F par an en moyenne la contribution d'un couple salarié, en assujettissant à l'impôt 3 millions de Français aujourd'hui exonérés, c'est bien aux exigences de la grande bourgeoisie français que répondent celles de la construction européenne.

 

L'Europe de la jungle

 

C'est donc bien de la place de la France dans l'Europe que le grand capital veut nous faire, et que mettent en place les gouvernements successifs, qu'il est question aujourd'hui.

Il y a bien du monde pour présenter l'Europe comme un projet généreux, en agitant des idées qui ne nous sont en rien indifférentes, comme « progrès », « amitié entre les peuples », « solidarité internationale ». Mais ce qu'ils font, c'est tout autre chose !

Ce qu'ils veulent créer en vérité, c'est une zone de douze pays, délimitant un véritable terrain de chasse pour grands fauves. Ils pourront s'y affronter avec une férocité dont la valse des OPA nous donne quelque idée.

Dans cette lutte sans merci, des entreprises, des villes, des régions, peut-être des pays seront sacrifiés. Mais au-delà des contradictions, des rivalités, des affrontements entre capitalistes, dans cette jungle où régnera la loi du plus fort, le gibier ce sera avant tout les salariés.

Nous ne sommes plus seuls à dire qu'impératifs économiques, compétitivité sont autant de prétextes pour de bons apôtres qui ne pensent qu'à liquider au nom de l'Europe des conquêtes sociales qu'ils n'ont jamais digérées.

Il s'agit bel et bien d'éliminer tout ce qui peut entraver la course à des profits toujours plus grands, dont les capitalistes ne sont jamais rassasiés.

 

L'Europe du fric

 

Cette Europe, c'est celle du fric, où les multi-nationales régneraient en maîtres. C'est aussi celle où dominerait la RFA, tandis que les USA et le Japon auront les moyens d'y faire prévaloir leur puissance industrielle et financière.

Le Premier ministre de la France Michel Rocard affirme crûment cette réalité lorsqu'il déclare au grand journal ouest-allemand Spiegel : « Construire l'Europe c'est également reconnaître que l'Allemagne est la puissance économique dominante ».

Pour être carré, le propos n'en est pas moins scandaleux. C'est admettre que la France de cette Europe-là serait un pays économiquement dominé, amputant gravement de surcroît, sa souveraineté nationale sur l'autel des institutions européennes.

 

Et dans une optique semblable, quelle industrie pour notre pays ? Quels services publics ? Quelle recherche ? Quelle culture ?

Une industrie mutilée, repliée sur quelques créneaux, vassale des multi-nationales, avec comme conséquence un reflux massif des emplois industriels, une pénétration sans cesse accrue de notre marché intérieur.

Des services publics détournés de leur vocation naturelle qui est d'être au service des gens et de leurs besoins, démantelés, reconvertis en fonction des intérêts du grand capital. Les statuts annihilés, l'emploi public décimé.

La recherche réduite à la portion congrue, asservie à la rentabilité financière, à la recherche du profit. La culture bradée, la création soumise à la concurrence sauvage des sous-produits américains, par des mesures comme celle qui fait disparaître les quotas de 60 % d’œuvres européennes sur les télévisions des pays d'Europe.

 

La CGT est partie prenante à la lutte des créateurs, des artistes et des autres professions concernées pour l'identité culturelle de la France et de chacun des pays européens.

D'autres questions, toutes aussi graves sont posées. Quelle agriculture quand on sait que la disparition de la moitié des exploitations familiales est la note à payer pour les dix années à venir ?

Quel environnement lorsqu'on décrète la libre circulation des déchets toxiques, et qu'avec la suppression ou l'abaissement des normes on vise à la disparition des faibles et insuffisantes protections nationales contre la pollution ?

Et quel enseignement quand l'harmonisation fiscale européenne exige une diminution massive des dépenses publiques au moment où, comme le préconise la CGT, il faudrait pour combler les retards existants, construire des centaines d'établissements, embaucher près de 500 000 agents enseignants et non-enseignants, revaloriser les salaires de façon substantielle ?

Quelles régions enfin, alors qu'elles se trouvent de plus en plus directement confrontées au processus communautaire, et à ses conséquences dramatiques ?

 

Ce n'est pas en implantant les Schtroumpfs à la place des complexes sidérurgiques, en hébergeant, ici ou là, les Vikings, Astérix ou Mickey, en caressant près de 300 projets du même genre, qu'on résoudra les problèmes de l'emploi régional, et qu'on maintiendra la France comme grande puissance industrielle !

Pour la CGT, la place des régions est essentielle, parce qu'elles sont une cible et un moyen de l'intégration.

Mais aussi parce qu'en dépit des dégâts subis, la lutte peut permettre de défendre leurs propres atouts pour l'emploi et les activités utiles. Elle est une nécessité et peut aboutir à des succès.

Ces questions, chacun se les pose de plus en plus, à l'expérience de ce qu'il vit, de ce qu'il voit se produire quotidiennement. Mais pour comprendre ce qui se passe au quotidien, il faut avoir aussi clairement que possible ce qu'ils visent vraiment.

 

Le patronat annonce la couleur

 

Le grand projet du patronat français et européen, celui qui progresse dans les faits, jour après jour, c'est une France et une Europe du recul social. On a beaucoup subi, et l'inquiétude grandit devant ce qui s'annonce. Mais, ce qui se met en place est pire ce que s'imaginent la plupart de ceux qui s'inquiètent.

« Ne soyons pas naifs », nous dit le président du CNPF, M.Périgot. Et lui annonce la couleur, sans s'embarrasser de formules : « On va enfin dépoussiérer la société française, nous dit-il, la débarrasser de ses scories ».

« Quelle est la finalité de l'Europe, en matière sociale ? », ajoute-t-il, et la réponse est « à mon sens, c'est la flexibilité ». La grande erreur nous avertit M.Périgot serait de « rêver de vivre tous comme ceux qui vivent le mieux ».

Et devant ses pairs, aux assises du CNPF, il déclare : « Unie, l'Europe devra définir un nouveau type de rapports sociaux fondé sur la flexibilité, le respect des différences, l'épanouissement des aspirations individuelles.  Personne ne saurait gagner la bataille de l'Europe en préservant frileusement les acquis d'un monde aujourd'hui révolu. »

Les commentaires sont inutiles. M.Périgot dit tout, dans son langage de patron. L'Europe qu'ils veulent vraiment nous faire, c'est celle-là. La France qu'ils veulent, c'est celle qui accepte ce fantastique effondrement social.


Que valent alors les discours lénifiants que nous attendons par ailleurs ? Le Président de la République François Mitterrand affirme que « l'Europe sera sociale ou ne sera pas » et déclare qu'il « ne veut pas d'une Europe dans laquelle il y aurait une régression ».

M.Giscard d'Estaing se répand à son habitude en déclarations de bonnes intentions, tandis que le Président de l'Assemblée nationale, M.Laurent Fabius, affirme vouloir « l'Europe sociale vers le haut ».

C'est fou ce que les bonnes intentions peuvent s'afficher par les temps qui courent !


En réalité, c'est tout le contraire qui se fait, et tous le savent d'autant mieux que cela résulte des décisions sur lesquelles s'accordent les chefs d'Etats et de gouvernements. C'est M.Périgot qui dit la vérité !

Ce qui est voulu, décidé, et déjà en route en France même et dans chacun des douze pays de la Communauté, c'est bel et bien la mise en concurrence des travailleurs de ces pays entre eux pour aligner vers le bas leurs conditions sociales.

La « libre circulation » de la main d'oeuvre est un instrument de cette concurrence. Elle fait peser des menaces de discriminations aggravées pour les travailleurs, notamment pour les travailleurs immigrés originaires de pays extérieurs à la Communauté.

 

L'objectif : la destruction des acquis sociaux

 

Comme nous avons souvent eu l'occasion de le dire, et comme le souligne le projet de document d'orientation, c'est ce que les salariés ont conquis de plus avantageux par l'action syndicale dans le cadre national, qui est menacé de destruction.

Pour la France, par exemple, plus d'élus dans les CHSCT, la sécurité de chacun abandonnée au bon vouloir du patron, alors que se multiplient les accidents de travail. Plus d'interventions ou de contrôle des CE notamment en ce qui concerne l'introduction de nouvelles technologies et leurs conséquences pour les travailleurs.

Des statuts publics vidés de leur contenu, une protection sociale laminée, la disparition d'un tiers des lits d'hôpitaux. Individualisation de la formation professionnelle, élaboration d'une classification des emplois du niveau de CAP dans une série de branches industrielles, préfigurant une « Convention collective européenne » dont on peut imaginer le contenu !

Ce ne sont que quelques exemples. Ils illustrent la nature des choix opérés et que nous voyons dès maintenant se concrétiser dans des projets précis à la veille d'approbation par les instances européennes.

 

Des choix qui, en même temps, dictent les mesures qu'on applique déjà dans notre pays. Il suffit de voir ce que nous prépare le budget pour 1990, pour s'en convaincre. C'est le premier budget que l'on peut qualifier d'essentiellement européen.

Il aligne étroitement l'évolution de l'économie française sur les « performances » allemandes en matière monétaire et en matière de prix. Il met en pratique l'ouverture tous azimuts dans la perspective de la mise en place du grand marché communautaire.

Le résultat, c'est une réduction massive d'impôts évaluée à 15 milliards environ, pour le capital. Et pour compenser, une nouvelle réduction des dépenses socialement utiles atteignent particulièrement le secteur public où la rigueur salariale régnera plus que jamais, et où une nouvelle réduction d'effectifs de l'ordre de 1,5 % est prévue.

 

Au-delà des déclarations « sociales », c'est cela qui compte. C'est à cela qu'on a affaire et contre quoi il faut lutter. Il faut une réplique au niveau de l'agression dont les travailleurs sont l'objet en France et dans l'ensemble des pays de la Communauté.

 

Les responsabilités des syndicats

 

La Confédération européenne des syndicats (CES) fait un constat de situation qui n'est pas différent du nôtre. Ce qui manque, c'est l'action. Elle critique mais se prête à la mise en œuvre de l'intégration telle que l'imposent capitalistes et gouvernements.


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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 22:52

ferreira 

 

 

Entretien avec le député communiste portugais au Parlement européen, Joao Ferreira (pour le quotidien Avante, organe central du PC portugais)

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Q: Quelle importance prennent les prochaines élections européennes dans le contexte politique actuel ?

 

R : Elles ont une importance incontestable. Le Portugal vit une des périodes les plus noires de son histoire récente. Jamais ne fut aussi évident le rapport entre les principaux problèmes du pays et les contraintes imposées par l'intégration capitaliste européenne – point d'appui fondamental des politiques de droite, tout au long de ses 28 dernières années. Les partis qui ont alterné au gouvernement dans cette période sont les mêmes qui dans les institutions de l'UE, y compris au Parlement européen, ont soumis le Portugal, de façon répétée et croissante, à des décisions contraires à ses intérêts. Ces élections sont une opportunité non seulement de faire élire plus de députés du PCP et de ses alliés de la CDU – des députés engagés dans la défense des intérêts nationaux et la ferme défense des intérêts des travailleurs et du peuple – ce qui, déjà en soi, ne serait pas peu de chose, mais pourrait aussi donner plus de force à l'exigence de démission de ce gouvernement et de mise en échec des politiques de droite.

 

Q : Quel bilan fais-tu de ce mandat, que vous avez partagée avec la députée Ilda Figueiredo et ensuite avec Ines Zuber ?

 

R : Ce furent cinq années marquées par la violence de la réponse de l'UE à sa propre crise. Marquées en premier lieu par les plans d'austérité et le programme d'intervention UE-FMI, que nous qualifions d'authentique pacte d'agression contre le pays et son peuple, et qui fut appliqué, de façon fort similaire, aussi dans d'autres pays, avec des conséquences dévastatrices que nous connaissons bien. A part cela, ces cinq dernières années, ont eu lieu un ensemble de changements dans le cadre politique et institutionnel de l'UE qui, une fois mis en place, eurent des conséquences gravissimes pour des pays comme le Portugal, accentuant sa dépendance et son retard. C'est dans ce contexte que les députés du PCP au Parlement européen ont développé une activité intense, profondément ancrée dans la situation nationale, soutenue par plusieurs centaines d'initiatives réalisées dans tout le pays, rentrant en contact avec des secteurs très divers de la vie économique, sociale et culturelle nationale. C'est ce lien avec la réalité nationale qui a donné sens et réalité à des centaines d'interventions, rapports, résolutions, propositions d'amendement, nombreuses questions que nous avons porté au sein des institutions de l'UE. C'est un travail qui allie la dénonciation, la protestation à la proposition, capable de dessiner une voie alternative, pour le Portugal et pour l'Europe.

 

Q : Certains sont d'accord avec les justes critiques que nous avons faites à l'intégration capitaliste européenne et à ses conséquences mais ils s'interrogent sur les raisons de voter ou de soutenir ceux qui sont contre l'Union européenne

 

Le peuple portugais et le Portugal ont besoin au Parlement européen de députés qui défendent avec conviction et courage les intérêts nationaux et non des députés serviles et soumis aux dessins et projets de l'UE. Je dirais que ceux qui sont d'accord avec les critiques que nous avons émises envers l'intégration capitaliste européenne ne pourront alors adopter une autre posture que celle de soutenir et voter pour ceux qui, comme le PCP et la CDU, depuis toujours, avec cohérence et principes, ont prévu et prévenu sur les effets de cette intégration et l'ont toujours combattue, sans illusions ni ambiguïtés. Ce soutien et ce vote sont une garantie que l'on donnera plus de force à ceux, au Parlement européen, qui fixent comme objectif essentiel la défense ferme des intérêts du Portugal et des Portugais et donneront dans le même temps plus de force à la lutte pour une alternative patriotique et de gauche qui garantisse, comme aucun autre vote, la défense et la reconquête des droits et des revenus volés et ouvre la perspective de la construction d'une vie meilleure pour les travailleurs et le peuple portugais.



Q : Ce mandat (2009-2014) a été traversé par une crise du capitalisme sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale, qui perdure encore. Peut-on dire que les contradictions et le caractère impérialiste de l'Union européenne s'aggravent ?



Sans nul doute. Ce processus européen ayant été un processus d'intégration capitaliste, la crise du capitalisme est, dans l'UE, une crise de l'UE elle-même, de ses fondements. Ce n'est pas un hasard si la réponse de l'UE à la crise a suivi les lignes fondamentales de réponse du système à sa crise : destruction des forces productives et aggravation de l'exploitation, en parallèle à la concentration du pouvoir politique et économique. D'autre part, elle a accentué le caractère militariste de l'UE, son affirmation comme un bloc politico-militaire au service des ambitions impérialistes des grandes puissances. Les dépenses militaires s'accroissent et, en articulation avec l'OTAN, augmente la participation dans des opérations d'ingérence et l'agression de pays souverains.



Q : L'adhésion à ce qui était alors la CEE a été un instrument de la contre-révolution. La signature des traités européens successifs a consolidé cette voie se traduisant, en pratique, en une plus grande dépendance, en un recul de souveraineté et un bond en arrière économique et social au Portugal. En ce 40 ème anniversaire de la révolution, comment se conjuguent les valeurs de la Révolution d'Avril que nous cherchons à réaliser à l'avenir dans ce pays, dans le cadre de cette UE ?



L'entrée du Portugal dans la CEE/UE a représenté globalement dès l'adhésion et jusqu'à ce jour, un assaut contre le régime démocratique né de la Révolution d'Avril et, évidemment, contre la Constitution de la République qui a consacré ses grandes conquêtes et la vision d'un pays indépendant et souverain, de progrès et de justice sociale. Les classes dominantes, mécontentes des parcelles de pouvoir perdues avec la révolution du 25 avril, y virent une opportunité en or de satisfaire leurs ambitions, arrimant le pays à l'intégration capitaliste européenne. L'approfondissement de l'intégration a représenté une escalade en ce sens. Maastricht et la constitution européenne mise en échec, ensuite resucée en Traité de Lisbonne, furent des bonds qualitatifs que nous devons souligner. De la même façon, les évolutions les plus récentes (Traité budgétaire, Gouvernance économique, Semestre européen, Pacte pour l'Euro plus) comportent des dangers croissants évidents pour la souveraineté et le régime démocratique, qui pourront contribuer à sa défiguration chronique. Le déploiement d'une politique patriotique et de gauche au Portugal et, plus généralement, le retour au projet de démocratie avancée que nous avons initié lors de la Révolution d'Avril et que le PCP développe dans son programme, rentre en conflit inévitablement avec les axes fondamentaux du processus d'intégration. C'est pour cela que nous assumons avec clarté, sans ambiguïtés, la nécessité de rupture avec ces axes. Certains que rien ni personne ne peut obliger le Portugal à renoncer au droit d'opter pour ses propres structures socio-économiques et pour son propre régime politique.



Q : Certains soutiennent que la crise qui a touché l'Union européenne est le fruit d'erreurs de nos dirigeants, que ce qu'il faut faire est fluidifier les mécanismes d'intervention de l'Union, approfondir le fédéralisme pour répondre efficacement à cette crise et à celles futures. Existe-t-il une possibilité de réformer cette Union européenne ?



Loin d'une orientation (ou désorientation) circonstancielle, fixée par des « dirigeants sans dimension européenne » ou d'autres raisons de ce genre, fréquemment invoquées, le cap suivi par l'UE découle de ses caractéristiques et de sa nature de classe. La situation actuelle met en évidence les limites de l'intégration capitaliste. Mais cela n'atténue pas la volonté de la poursuivre et l'approfondir, de la part de ceux qui en ont bénéficié. Au contraire. Dans cette phase, l'approfondissement du processus d'intégration requiert une plus grande concentration du pouvoir politique et économique au sein de l'Union européenne. Une concentration de pouvoir qui tend même à établir d'authentiques rapports de domination et de type colonial. Se révèle avec encore plus de clarté le caractère anti-démocratique du processus d'intégration et, une fois de plus, se révèlent ses limites objectives, démontrant que l'UE n'est pas réformable et que ses axes fédéralistes, néo-libéraux et militaristes sont indissociables.



Q : Les partisans des solutions fédéralistes, même ceux qui invoquent ce mythique fédéralisme de gauche, face à la critique du PCP à ce cap, nous accusent régulièrement d'isolationnisme et de nationalisme. Comment réfute-t-on ces accusations ?



Les tentatives de soumission nationale en cours dans l'UE représentent une forme d'oppression de classe qui est exercée sur les travailleurs et les peuples, au-delà d'une inquiétante et dangereuse attaque contre la démocratie. Ceux qui, tout en se prétendant à gauche, ne le perçoivent pas, ou ne veulent pas le percevoir, ne comprendront pas un élément décisif pour agir sur la réalité de notre temps, pour la transformer dans le sens du progrès social. Si l'évolution du capitalisme a conduit les classes dominantes à sacrifier les intérêts nationaux à ses intérêts de classe, alors, inversement, cela conduit à une identification croissante des intérêts des travailleurs et du peuple aux intérêts nationaux. Cela dit, nous ne défendons aucun isolationnisme ni aucune solution autarcique, qui non seulement n'est pas possible mais pas non plus désirable. Bien au contraire. L'internationalisation de l'économie, la profonde division internationale du travail, l'interdépendance et la coopération entre États et les processus d'intégration correspondent à des réalités et tendances d'évolution qui ne sont pas exclusives au capitalisme. En fonction de son orientation, de ses caractéristique et de ses objectifs, de tels processus peuvent soit servir les monopoles et les trans-nationales, ou peuvent servir les peuples. C'est un droit inaliénable de chaque peuple et de chaque pays de lutter pour la défense de ses intérêts et de ses droits. L'UE ne fut pas le premier processus d'intégration entre Etats en Europe. Ce ne sera certainement pas le dernier.

 

Q : Avec l'expérience des dernières élections, il faut admettre que le PS et le PSD (la droite) fondent leur campagne sur des questions qui n'ont rien à voir avec les problèmes réels du peuple et du pays, déviant l'attention vers des questions comme la Présidence à la Commission, par exemple. Comment peut-on estimer cette stratégie ?



Le PS et le PSD ont une tâche difficile lors de ces élections. Cette tâche passe par le fait de tenter, par tous les moyens, de montrer qu'il y a des différences entre eux là où en vérité ils sont d'accord. Et de la même façon que ces trois partis étaient unis dans la signature du pacte d'agression, ils étaient également ensemble dans les projets les plus importants votés au Parlement européen, notamment ces cinq dernières années. Pour cette raison, les manœuvres de diversion ne manquent pas. Ces manœuvres qui passent même par la tentation de dissimuler ce qui est vraiment en jeu lors de ces élections. Dissimuler sa nature même lors de ces élections, en cherchant à la transformer lors de l'élection du président de la Commission européenne – ce qui n'est pas le cas, cela ne le fut jamais ni ne pouvait l'être. Ils veulent cacher que ce qui est d'élire des députés portugais au Parlement européen. Ce n'est pas un hasard. Ils veulent que l'on oublie que ce fut avec le soutien du PSD, du CDS et du PS qu'ont été approuvées des mesures profondément contradictoires avec nos intérêts nationaux. Ils veulent que l'on oublie qu'au lieu de l'indispensable re-négociation de la dette que le PCP propose depuis trois ans, ils ont choisi d'atteler le pays à un pacte d'agression, d'exploitation et de paupérisation. Ils veulent surtout mettre entre parenthèses la dure réalité qui rend infernale la vie de millions de portugais, occultant les responsabilités qu'ils ont dans la situation du pays, découlant d'années de politiques de droite défendues par les gouvernements successifs de ces partis.



Q : L'expérience a donné raison aux dénonciations du PCP sur ce qu'allait signifier l'adhésion à l'euro. Il y a des voix, des groupes qui voient dans la sortie de l'euro l'apocalypse, d'autres qui défendent l'idée d'une sortie immédiate de la monnaie unique. Le PCP a une position différente. Tu peux l'expliciter ?



L'entrée du Portugal dans la monnaie unique a contraint et fragilisé économiquement le pays. Le pays a perdu beaucoup avec l'entrée dans l'euro. Mais il peut perdre encore plus, que ce soit en y restant, ou dans un scénario de reconfiguration de la zone euro, imposé depuis l'extérieur, face aux évolutions de la crise qui, d'aucune manière, ne peuvent être mises de côté. Sortir de l'euro tout court, ce n'est pas revenir au point où nous y sommes rentrés. Et encore moins au point où nous serions si nous n'y étions pas rentrés. Si il est certain que la poursuite du cap actuel est absolument insoutenable, il est tout aussi clair que la sortie de l'euro peut être dans l'intérêt du peuple portugais ou peut, au contraire, être dans l'intérêt de ceux qui y ont gagné avec l'euro pendant toutes ces années et qui continuent à en profiter – ce sont des intérêts irrémédiablement antagonistes. Tout en nous prononçant clairement pour la dissolution de l'Union économique et monétaire, nous défendons également la mise en place d'un programme qui, articulé avec l'ensemble des pays atteints dans leur souveraineté et leur droit au développement par le maintien dans l'euro, prépare la sortie de la monnaie unique en accord avec les intérêts de ces pays et de leurs peuples. Dans un contexte où il est absolument clair qu'une chose serait une sortie de l'euro conduite par un gouvernement patriotique et de gauche, qui affirme le primat des intérêts nationaux dans les relations avec l'UE, qui protège les travailleurs et le peuple des inévitables coûts de la décision et profite pleinement des opportunités de développement qui s'ouvrent, et une autre, bien différente, serait une sortie conduite par les mêmes forces qui nous ont imposé d'innombrables, injustes et inutiles sacrifices au nom du « maintien dans l'euro ».



En pleine conscience du fait qu'il est décisif pour assurer le développement souverain et indépendant du pays, de réussir à concrétiser la lutte pour la rupture avec les politiques de droite et la construction d'une politique patriotique et de gauche, et l'affirmation claire du droit inaliénable du peuple portugais à faire prévaloir cet objectif sur quelque autre intérêt ou contrainte.



Q : Quelles sont les grandes lignes de la campagne du PCP pour les élections européennes du 25 mai ? Le combat contre l'abstention est-il une préoccupation ?



Dans ces élections, nous tous, communistes, autres militants de la CDU, nous allons être appelés à construire une campagne qui devra être simultanément de mobilisation pour le scrutin et d'explication sur la nécessité du renforcement de la CDU.



Une campagne que nous allons construire en nous ancrant dans le patrimoine militant du parti, dans notre histoire de défense intransigeante des intérêts du peuple et du pays, identifiant les raisons et l'importance du vote pour la CDU, de sa contribution pour la lutte plus générale dans la défense des droits des travailleurs et du peuple, de l'exigence d'une autre politique.



Et nous allons la construire avec la justesse et l'autorité singulières de ceux qui peuvent se présenter devant le peuple portugais avec la cohérence de leurs positions, ceux à qui l'expérience a donné et donne raison.



C'est pour cela que nous appelons tous ceux qui, touchés par les politiques de droite, luttent pour un pays plus juste et démocratique, pour qu'ils ne s'abstiennent pas. Pour qu'ils fassent également du jour du 25 mai, avec leur vote pour la CDU, un jour de lutte.



Et que, avec son vote, et non avec l'abstention, ils disent non aux partis de la « troika » nationale (les partis de droite traditionnels PSD, CDS mais aussi le PS). Qu'avec leur vote et non avec l'abstention, ils condamnent les agioteurs, les usuriers et l'oligarchie qui pompent le sang du peuple portugais. Qu'avec leur soutien et leur vote pour la CDU, ils disent oui au développement du Portugal. Qu'ils disent oui au droit des portugais à décider de leur sort.



Q : Si tu avais à présenter les raisons du soutien et du vote pour la CDU, comment les résumerais-tu ?



Se trouve entre les mains des travailleurs et du peuple portugais la construction de son propre avenir.



Dans les élections au Parlement européen, le renforcement de la CDU, de son nombre de votes, son influence et du nombre de députés, est un objectif possible et nécessaire.



Le vote pour la CDU est le seul qui puisse assurer la présence de députés au Parlement européen engagés dans les intérêts nationaux et la défense des travailleurs et du peuple.



Le vote pour la CDU est le seul cohérent et décisif pour condamner les politiques de droite du gouvernement et donner de la force à la lutte de ceux qui ne se résignent pas et luttent pour un Portugal plus juste, plus fraternel, plus démocratique et développé.



Le vote pour la CDU est le vote qui pèse pour regagner nos droits, nos salaires et nos retraites, rendre au pays les ressources qui lui ont été volées.



Un vote massif pour la CDU, ce 25 mai, pourra constituer un facteur essentiel du changement de cap dans la vie politique nationale, pour la démission du gouvernement actuel et la défaite de sa politique et pour donner de la force à une alternative politique, patriotique et de gauche.

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 17:54

BRN-titre

Joyeux anniversaire... 

« Ce que nous devons faire, c’est faciliter les délocalisations au sein de l'Europe ». Ce programme en forme d’aveu, c’est Danuta Hubner qui l’avait dévoilé en février 2005. Cette responsable politique polonaise était à l’époque Commissaire européen à la politique régionale.

 

 

Le moins que l’on puisse dire est que ses vœux ont été exaucés. Ce 1ermai, cela fera dix ans que huit pays d’Europe centrale (plus Malte et Chypre) ont été « arrimés » à l’Union européenne. Depuis lors, pas un mois ne se passe sans que ne s’allonge la liste des usines et emplois déportés à l’Est : industrie automobile, équipementiers, électroménager, jusqu’à certaines activités informatiques… de la SNCF. Peu de branches sont épargnées. La Commission européenne entend même renforcer la libéralisation du transport routier, au moment où certains gros transporteurs français exploitent déjà des chauffeurs de l’Est à « bas coût ».

 

 

Les 330 salariés de l’usine Seita de Carquefou (Loire-Atlantique) vont certainement fêter ce dixième anniversaire : le 15 avril, ils se sont vu offrir l’annonce de la fermeture de leur site. Désormais, les Gauloises blondes seront fabriquées à Radom, en Pologne. Le groupe britannique Imperial Tobacco, à qui appartient depuis 2008 cette filiale issue de l’ex-établissement public de tabac Seita privatisé en 1995, veut supprimer 500 emplois en France (ainsi que 600 autres en Grande-Bretagne).

 

Sur place, syndicats et personnel dénoncent cette décision condamnant des sites modernes et rentables. Mais, au regard du prix du travail en Pologne, il n’y a évidemment pas photo. A Paris cependant, ni la CGT confédérale, ni ce qu’il est convenu de nommer « la gauche de la gauche », n’évoquent la responsabilité de l’UE dans ce crime social. La libre circulation des capitaux constitue pourtant le fondement de cette dernière. Un silence qui s’explique peut-être par la peur d’être taxées de « populisme ». Probablement aussi parce que cela irait à l’encontre de la doxa selon laquelle ce sont juste les « dérives » d’une Europe « trop libérale » qu’il conviendrait de corriger.

 

 

Or la franchise de Mme Hubner le rappelle cruellement : l’intégration européenne a été, dès le départ, conçue pour accroitre la liberté de manœuvre du capital. Et, logiquement, c’est également ce qui a fondé l’élargissement à l’Est, dont les conséquences catastrophiques étaient parfaitement prévisibles (cf. BRN du 29/04/2004).

 

Cet élargissement est une arme qui comporte un deuxième tranchant, symétrique aux délocalisations d’usines : l’importation de main d’œuvre à bas prix en provenance des pays de l’Est, qui permet d’exercer une pression accrue sur les rémunérations et conditions de travail dans des pays tels que la France ou l’Allemagne. C’est en particulier l’objet de la nouvelle directive concernant les « travailleurs détachés » (cf. BRN du 24/02/14), qui vient d’être approuvée par l’europarlement le 16 avril.

 

 Officiellement, celle-ci vise à « mieux protéger » ces derniers. En réalité, il s’agit de dynamiser la « libre circulation de la main d’œuvre » au sein de l’UE – une « mobilité » vantée par Bruxelles comme remède d’avenir au chômage. Pour sa part, la secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), Bernadette Ségol, déplore certes que le compromis « ne répond(e) pas à nos attentes », mais salue cependant « les efforts consentis par certains gouvernements pour prendre en compte nos exigences et progresser vers une Europe plus sociale ». On pense à la blague qui circulait naguère à Bruxelles : si on rétablit l’esclavage, la CES demandera à négocier le poids des chaînes…

 

 

Quant aux partisans d’une « autre Europe », il semble leur avoir échappé que la libre circulation des capitaux et la libre circulation des travailleurs sont les deux faces d’une même médaille, puisqu’ils accusent la première mais se refusent à mettre en cause la seconde. De même qu’ils n’osent remettre en question le principe même de l’élargissement.

 

Il faudra bien, pourtant, faire le bilan d’une décennie de dumping social et de désindustrialisation. Sans même évoquer la criminalité organisée en provenance des mafias de l’Est, qui a fait un bond depuis l’ouverture des frontières orientales. Il est vrai qu’entre prédation économique et crapuleuse, la distinction n’est pas toujours très nette…

 

 

VANESSA IKONOMOFF

 

SOURCE

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 16:44

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

Voilà un sondage qui ne fera pas la une de nos médias qui tentent désespérément de susciter un intérêt pour le prochain scrutin européen du 25 mai : une large majorité des citoyens européens ne trouvent guère d'intérêt dans ces élections, simulacre de démocratie.

Les panneaux publicitaires fleurissent dans la rue, les transports, nos écrans pour tenter de nous impliquer : « Il va décider qui gouvernera l'Europe, et vous ? ». Qui y croit aujourd'hui, près de dix ans après le désaveu imposé aux « Non » hollandais, français et irlandais ?



Les peuples européens ne sont pas dupes : 62 % pas intéressés par le scrutin

 

Dans une Union européenne de plus en plus anti-démocratique, où le pouvoir est concentré entre les mains de la BCE et de la Commission – avec leur instrument privilégié l'Euro – au service des banques et des industriels, le Parlement européen sert d'alibi démocratique.

 

Mais qui peut croire que l'élection des députés européens peut permettre aux peuples européens de décider qui gouvernera de l'Europe ?

 

Les peuples ne sont pas dupes. Le sondage IPSOS, conduit entre le 1 er et le 25 avril, dans 12 pays de l'Union européenne révèle cette indifférence, qui est aussi une défiance envers cette Europe-là.

Selon ces chiffres, 62 % des citoyens de ces pays participant à l'enquête ne sont pas intéressés par ces élections – dans des pays tels que la Belgique, la Croatie, la France, la Grande-Bretagne, la Hongrie, l'Irlande, l'Italie, les Pays-bas, la Pologne, l'Espagne et la Suède.



Dans aucun pays, une majorité de citoyens n'est sûre de se déplacer

 

Dans aucun pays les élections européennes ne suscitent un intérêt dans la majorité de la population.

 

Ce scrutin éveille un intérêt chez 48 % des Polonais, 47 % des Français et 46 % des Italiens, descendant ensuite sous la barre des 40 % : en Hongrie (40 %), Grande-Bretagne (39 %), Irlande (38 %), Belgique et Allemagne (37 %), Espagne et Croatie (33%), Suède (32%), Pays-bas (20 %).

 

Cet intérêt faible se manifeste dans le fait que seules 35 % des personnes interrogées sont certaines d'aller voter le 25 mai prochain, tandis que si 30 % pensent pouvoir aller voter, 35 % affirment qu'ils ne se déplaceront pas dans deux semaines.

 

Hormis en Belgique – où le vote est obligatoire – dans aucun pays une majorité de citoyens n'est certaine de se déplacer pour cette échéance électorale. Les scores les plus élevés d'intention de vote se trouvent en France (44%), Pays-Bas (41%), Italie (39 %), les plus faibles en Espagne (30%), Irlande (30%), Grande-Bretagne (27%) et la Pologne (20%).



Marine Le Pen, la plus populaire des candidats à la Commission européenne … très loin devant Alexis Tsipras


Si c'est une anecdote, elle est révélatrice d'un certain état d'esprit dans l'Europe de 2014. Les enquêteurs ont demandé aux citoyens de ces 12 pays si ils connaissaient les différents candidats à la Commission européenne.


Parmi les candidats les plus célèbres au sein de l'UE : Marine Le Pen, candidate de l'extrême-droite européenne, arrive en tête. 53 % des citoyens des 12 pays européens la connaissent.

Elle arrive très loin devant le candidat socialiste européen, l'allemand Martin Schulz (40 %) et le candidat de la droite européenne, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker (39%), au coude-à-coude avec José Bové, le candidat des verts européens (39%).

Enfin, le moins connu des candidats se trouve être le grec Alexis Tsipras (31%) présenté par le Parti de la gauche européenne (PGE).



Ce sondage n'apprend dans le fond rien de neuf à ceux qui ne suivent pas l' « europtimisme » béat de nos commentateurs médiatiques, du consensus politique dominant, jusqu'à certains dirigeants de partis de gauche dite radicale membres du PGE.



Même si pour la frange la plus consciente des travailleurs, il s'agira de trouver si possible le vote de dénonciation, sur des positions de gauche, de l'UE du capital, les peuples n'ont rien à attendre du scrutin du 25 mai, et ce sondage montre qu'ils n'en attendent rien.


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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 16:20

Lu sur le blog d'El Diablo

etienne-fajon.jpg

 

Ils n’étaient pas tous d’accord, mais ils savaient tous…
Déjà, avant la signature du Traité de Rome en 1957, nos « élites » savaient ce qu’il allait advenir de la France au sein de l’Europe en construction.

J’ai retrouvé un article d’Étienne Fajon : « Marché commun contre la France » (*), paru dans L’Humanité du 14 janvier 1957. Pour mémoire, le marché commun s’étendra initialement sur six pays : « Allemagne occidentale, France, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg ».

« Il s’agit d'instaurer progressivement, au sein de ce morceau d’Europe, la libre circulation des marchandises, des capitaux et de la main-d’œuvre. Selon les promoteurs du projet, le « Marché commun » contribuerait à la prospérité de la France et au bonheur de son peuple ».

Le marché commun fait suite à la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) qui avait été créé, en 1951, entre les six mêmes pays. « Son inspirateur, le funèbre Schuman, assurait qu'elle devait aboutir à la baisse des prix et à l’essor de notre industrie. Les résultats sont maintenant connus : hausse de l’acier et du charbon, fermeture d’une centaine de puits de mine en France, interdiction d’utiliser notre charbon selon nos besoins, dépendance aggravée de l’économie française à l'égard des monopoles allemands ».
Pour l’auteur, la création du marché commun s’inscrit dans une même logique « néfaste pour la nation, pour la classe ouvrière et pour la paix ».


Hégémonie Allemande et désindustrialisation de la France

Le marché commun « est une association économique entre pays capitalistes, c’est-à-dire qu’elle est soumise aux lois de la concurrence et du triomphe des plus forts. Or, dans l'Europe des Six, c’est l’Allemagne occidentale qui dispose de loin du potentiel le plus élevé ». Il est évident que, dans un contexte de désarmement douanier et sans dispositif compensateur suffisant pour les autres membres, tout pays qui aborde un regroupement régional en position de leader verra inéluctablement son leadership s’accroitre au fil du temps.

Étienne Fajon argumente en ce sens : « Dès 1955, elle [l’Allemagne occidentale] produisait deux fois plus de charbon, d'acier et d’électricité que la France. Sa production chimique est le triple de la nôtre. Ses réserves d'or, infiniment supérieures, lui confèrent d'immenses possibilités d'investissement de capitaux. La domination du « Marché commun » par les monopoles allemands serait donc certaine et rapide. Elle aurait pour conséquence l'arrêt de nombre de nos entreprises. Elle préparerait en fin de compte la désindustrialisation de la France et l’hégémonie du capitalisme allemand dont Hitler et Pétain avaient fait leur programme. Notre patrie perdrait ainsi, tout en se ruinant, les bases économiques de son indépendance nationale ».


Nivellement par le bas des conditions sociales pour une exploitation maximale

« Le projet comporte l’unification progressive des charges sociales entre les six pays. C’est là une menace très grave pour les travailleurs français ». Grâce aux luttes, les conquêtes sociales du Front populaire et de la Libération ont généré des conditions sociales pour les salariés, plus favorables en France qu’ailleurs. 

« Il est vrai qu'on fait miroiter aux travailleurs la promesse d'une unification par en haut. En réalité, la recherche du profit maximum par les trusts des six pays et le déchaînement de la concurrence entre eux conduiraient nos capitalistes, particulièrement menacés par leurs rivaux allemands, non seulement à s'attaquer à des « charges » sociales qu'ils ont toujours dénoncées, mais à renforcer leur opposition à toutes les revendications ouvrières. Et l’offensive des exploiteurs serait favorisée par la présence sur le « Marchécommun » d’une armée permanente de chômeurs, déjà importante en Italie et en Allemagne, grossie demain par la mort des usines françaises les moins bien armées pour résister ».


Oui à la coopération européenne… Non à une Europe « croupion »

Étienne Fajon s’oppose, « pour l’avenir de la France, dans l’intérêt des travailleurs et de la paix, à une Europe-croupion qui aurait l’impérialisme américain comme suzerain », avec, à sa tête, les allemands, « vassaux préférés de l’impérialisme américain ».

Malgré tout, l’auteur se dit « partisan convaincu de l'amitié entre la France et l'Allemagne. Mais cette amitié passe par l'entente et la solidarité avec le peuple allemand, avec les sociaux-démocrates et les communistes d'Allemagne occidentale, avec les puissants syndicats ouvriers, avec la République démocratique allemande. Elle ne passe pas par l'assujettissement de la France aux magnats de la Ruhr et aux anciens nazis dont Adenauer est le porte-parole ».

Il poursuit : « nous voulons de tout cœur la coopération économique de l’Europe, mais de toute l'Europe, des pays capitalistes et des pays socialistes, dans le respect de l’indépendance de chacun et dans l’intérêt de tous ».

Ils n’étaient pas tous d’accord, mais ils savaient tous !!!

Un détour par l’histoire de la construction de l’Europe révèle qu’ils savaient tous ce qui allait advenir. Ceux qui dénonçaient l’Europe du Capital n’ont pas été entendus, leur discours a été mis en sourdine par ceux qui défendaient les intérêts de leurs sponsors assoiffés de profits.

La construction de l’Europe s’est faite, chez nous, grâce à l’action des élites « complices » au service de l’impérialisme états-unien, quelle que soit leur étiquette politique officielle. Cette construction a progressivement détruit la France en la ramenant à l’état de sous-développement.

Renverser la tendance implique la « restructuration » des élites « complices » car, pour paraphraser André Gunder Frank, l’ennemi immédiat du redressement de la France est, tactiquement l’oligarchie (les pseudos élites) elle-même, bien que stratégiquement, l’ennemi principal soit, indéniablement, l’impérialisme américain et son relais allemand. 

En cette période d’élections européennes, il est important de se remémorer quelques leçons de l’Histoire.

(*) Légende: Le 14 janvier 1957, Étienne Fajon, député communiste de la Seine et membre du bureau politique du Parti communiste français (PCF), dénonce dans le quotidien L'Humanité les dangers que fait peser le Marché commun sur la France.

Source: L’Humanité. Organe Central du Parti Communiste Français. 14.01.1957, n° 3846. Paris: L'Humanité.

Copyright: (c) L'Humanité

André Gunder Frank, Lumpen bourgeoisie et lumpen développement, op. cit. p. 135. 
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 17:12
 Dans le Figaro
En Ukraine, les séparatistes gagnent le pari du faux référendum

par Adrien Jaulmes

Mis à jour le 12/05/2014 à 07:39 

VIDÉOS - La consultation illégale qui s'est tenue dimanche pourrait déboucher sur un nouveau démembrement du pays.

 

Envoyé spécial à Donetsk

Irina a dû ouvrir plus tôt que prévu. «Il y avait déjà des gens dans la rue à 7 heures du matin», dit-elle. Agent immobilier, elle s'était portée volontaire pour superviser le référendum organisé par les séparatistes prorusses à Donetsk. Son bureau de vote est installé au premier étage d'un ancien dispensaire dans le district de Léninskaïa. À l'étage, huit volontaires sont assises derrière des tables avec de grands cahiers. Les votants présentent leurs documents d'identité, généralement des passeports ukrainiens. On note leur nom. «Nos listes sont des listes ouvertes», dit Irina, «parce que le soviet de district a refusé de nous communiquer les listes électorales». Dans d'autres bureaux, les autorités locales ont donné des copies des listes. Les votants reçoivent un bulletin portant une question rédigée en russe et en ukrainien: «Soutenez-vous la déclaration d'autonomie de la République populaire de Donetsk?» et deux cases, oui et non. À la différence de beaucoup d'autres bureaux de vote, Irina a fait installer des isoloirs, qui ne sont pourtant pas indispensables puisque les bulletins n'ont pas d'enveloppes. Mais elle tient à ce que les règles soient respectées.

Les électeurs cochent généralement la case oui. «Ceux qui sont contre l'autonomie ne se sont pas déplacés», dit Irina. Les urnes sont en plastique transparent. Elles sont scellées d'un ruban tamponné par la République de Donetsk, l'entité séparatiste autoproclamée qui organisait cette consultation. «J'avais voté oui au référendum sur la création de l'Ukraine en 1991», dit Irina. «Mais à l'époque, la question n'était pas claire, et je voulais rester en URSS. Cette fois c'est sans ambiguïté. Et vous voyez, il n'y a pas de soldats russes, pas de petits hommes verts, et les gens venus voter sont les habitants du quartier.»

De Marioupol à Louhansk, en passant par Donetsk, Kramatorsk et Sloviansk, les villes et les agglomérations du sud-est de l'Ukraine contrôlées par les activistes séparatistes prorusses ont toutes tenu dimanche leur consultation. Dans la soirée, les insurgés pro-russes ont revendiqué un soutien à près de 90% à l'indépendance de la région ukrainienne de Donetsk (est). «89,07% ont voté pour et 10,19% contre. Cela peut être considéré comme le résultat définitif», a déclaré Roman Liaguine, chef de la commission électorale mise en place par les rebelles. Selon cette même source, le taux de participation aurait atteint 74,87%,

Décidé voici quelques semaines à peine par des poignées d'activistes entrés par la force dans les locaux administratifs, le scrutin était relativement bien organisé d'un point de vue matériel, compte tenu des contraintes et des délais impartis. La confidentialité du vote n'était pas respectée, mais les organisateurs ne semblaient pas considérer que ce soit un problème dans un vote avant tout de présence.

Juge et partie

Les écoles et les bâtiments utilisés d'habitude pour les élections ukrainiennes ont abrité les bureaux de vote, souvent avec la participation des autorités locales. Le contrôle de l'État a de toute façon complètement disparu ces dernières semaines dans les villes de la région. Dans la ville de Krasnoarmeysk (Armée rouge), des éléments de la garde nationale ukrainienne sont intervenus en milieu de journée et ont mis fin au scrutin en réoccupant la ville. Mais partout ailleurs, le scrutin s'est déroulé sans incident.

La participation, difficile à estimer dans un scrutin non officiel et dont les organisateurs sont à la fois juge et partie, était loin d'être négligeable. Certains soutiennent ouvertement le mouvement séparatiste, espérant être rattachés très vite à la Russie comme la Crimée, exemple cité par beaucoup de gens. D'autres disent voter plutôt en défiance aux autorités de Kiev, et reconnaissent qu'il s'agit d'un saut dans l'inconnu. «On ne sait pas très bien ce qui va se passer après», admet une dame, «mais ça ne peut pas être pire que le gouvernement actuel à Kiev». Des jeunes filles expliquent qu'elles hésitaient à se prononcer voici encore quinze jours. «Mais depuis les morts d'Odessa et de Marioupol nous avons compris que nous n'avions plus rien à faire en Ukraine.» Une autre motivation fréquemment exprimée est la volonté de ne plus être traités en «citoyens de seconde catégorie».

Les autorités ukrainiennes de Kiev ont dénoncé la consultation comme illégale. «Les organisateurs de cette farce criminelle ont violé la Constitution et les lois ukrainiennes», a déclaré le gouvernement. Reste que si les séparatistes prorusses ont organisé un faux référendum, ils ont réussi à obtenir un vrai résultat. Même si les chiffres de participation annoncés seront sans doute excessifs et, de toute façon, invérifiables, un nombre important d'habitants ont participé à ce scrutin. À l'origine une poignée d'activistes armés, les séparatistes prorusses, ont démontré qu'ils bénéficiaient du soutien d'une part non négligeable de la population. La tenue même de la consultation indique la perte totale de contrôle des régions de l'Est par le gouvernement ukrainien. Sans validité juridique, la consultation de dimanche est loin d'être dépourvue de signification politique.

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 17:03

Source AFP 

 

Pour Schröder, l’UE est la principale responsable de la crise en Ukraine


L’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder estime que l’Union Européenne est la principale responsable de la crise ukrainienne, en ayant obligé Kiev à choisir entre un avenir avec l’UE ou avec la Russie, dans le journal Welt am Sonntag, dimanche.
« L’erreur fondamentale vient de la politique de l’UE en faveur d’un traité d’association » que Bruxelles voulait signer avec l’Ukraine, a jugé Gerhard Schröder, ami de longue date du président russe Vladimir Poutine. « L’UE a ignoré le fait que l’Ukraine est un pays profondément divisé culturellement. Depuis toujours, les gens du sud et de l’est du pays sont plutôt tournés vers la Russie et ceux de l’ouest plutôt vers l’UE », a-t-il rappelé. « On pouvait parler d’un traité d’association, mais il aurait fallu le faire avec la Russie dans le même temps ».
Tout en assurant par ailleurs que « des erreurs ont été commises de toutes parts », Gerhard Schröder ne condamne pas le rattachement de la Crimée à la Russie, à la suite d’un référendum jugé illégal par la communauté international.
« Le rattachement de la Crimée est contesté sur le plan du droit international, mais c’est maintenant une réalité. La Crimée a décidé par référendum qu’elle voulait être une région russe. Et cela a été appliqué », a-t-il relevé.
Gerhard Schröder a également relativisé l’influence de Moscou sur les séparatistes pro-russes ukrainiens. « L’idée qu’il suffirait que le président russe ou le chef du gouvernement ou qui que ce soit d’autre n’aurait qu’à dire +basta+ pour que tout rentre dans l’ordre n’est certainement pas réaliste », a-t-il commenté.
Dans l’interview, Gerhard Schröder est également revenu sur la fête organisée pour ses 70 ans à Saint-Petersbourg, et à laquelle a participé le président russe, ce qui lui avait valu de vives critiques en Allemagne. L’accolade chaleureuse entre les deux hommes à l’arrivée du président russe avait été particulièrement commentée en Allemagne.
«  Depuis que je connais Vladimir Poutine, depuis plus de 14 ans, on se salue ainsi. Je ne vais pas changer cela, pas même dans les périodes difficiles », a rétorqué Gerhard Schröder.
Il a aussi rejeté les critiques de ceux qui le jugent de parti pris parce qu’il préside le groupe d’actionnaires de Nord Stream. Ce groupe, fondé pour la construction d’un gazoduc transportant du gaz russe vers l’Europe via la Baltique et donc en évitant l’Ukraine, est détenu à 51% par Gazprom, contrôlé par l’État russe.
« Nord Stream est une entreprise européenne, dont le siège est en Suisse » et dont sont également actionnaire les groupes allemands Eon et BASF, ainsi que Gaz de France, a rappelé M. Schröder.

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 16:08

Repris sur le blog de Canaille Le Rouge

Le c@rnet de Canaille le Rouge

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes.

 

Pekin1989-Ukraine 2014,

là encore :

 

Publié le 11 Mai 2014

 

 

 

Pekin 1989, Slaviansk 2014 que dit le Parti socialiste

Pekin 1989, Slaviansk 2014 que dit le Parti socialiste

Pekin 1989, Slaviansk 2014 que dit le Parti socialiste

25 ans entre ces deux photos.

Les mêmes qui dénonçaient les chars en 1989

encouragent ceux d'aujourd'hui.

En 2014 ils foncent en ville sur la foule "retablissement de l'ordre" dit l'UE.

(Ce sont les commentaires avisés d'un canaillophile aussi discret que professionel de l'information, une grande plume de la presse communiste, qui m'a donné l'idée de ce comparatif- merci Robert)

 

Regardons les réactions officielle de façons comparées :

1989 : Le ministre socialiste des Affaires d'étrangères d'alors "se déclare consterné" par  'la répression sanglante' contre « une foule de manifestants désarmés » 

Interview au NewYorkTime :

The French Foreign Minister, Roland Dumas, said he was ''dismayed by the bloody repression'' of ''an unarmed crowd of demonstrators.'' The West German Foreign Ministry urged China ''to return to its universally welcomed policies of reform and openness.'' The Netherlands and Sweden also deplored the bloodshed.

2014 - Aujourd'hui, alors que les autorités de Kiev ont dépêché à Lougansk des unités de la garde nationale avec hélicoptères et blindés pour torpiller le référendum, selon la commission électorale du district de Krasny Loutch, Sarkollande en déplacement dans le Caucase (coïncidence ?) déclare pour mettre encore plus d'huile sur le feu :, "si l'élection du 25 mai ne pouvait pas se teniren raison de "provocations", d'"empêchementsou d'"intrusions", il "sera nécessaire de passer à un autre niveau de sanctions".

Pas un mot sur les chars qui chargent les populations civiles

Mais l'escalade vers un affrontement armé continue.

En attendant : 

Lire la suite: http://french.ruvr.ru/news/2014_05_11/Kiev-depeche-a-Lougansk-des-blindes-et-des-helicopteres-3481/"

11 mai 11h45 3h00 d'attente pour voter à mariopol

11 mai 11h45 :  3h00 d'attente pour voter à Mariupol

P-S notons le tant cela mérite de pouvoir être enfin signalé, un papier sur l'Huma.fr qui dit (que dira lundi l'édition papier ?) :

"Après des tirs nourris pendant une grande partie de la nuit, les combats ont repris notamment dans le village d'Andriïvka selon l’AFP, sur la "ligne de front". La ville de Slaviansk reste encerclée par les forces ukrainiennes, qui continue à qualifier les pro-russes de « terroristes ». Selon le journal allemand Bild am Sonntag, 400 mercenaires d'une entreprise privée américaine sont déployés autour de Slaviansk, aux côtés des soldats et de la police ukrainienne. Ces barbouzes sont des membres de feu Blackwater, maintenant renommée Academi, suite aux nombreuses bavures dont ce groupe est accusé en Irak et Afghanistan. Ils coordonneraient et dirigeraient des opérations de guérilla contre les séparatistes. Le Bild am Sonntag ne sait pas qui les a engagés, mais c’est ce même journal qui avait révélé la semaine dernière que des agents de la CIA et du FBI aidaient Kiev à mettre un terme à la rébellion et à mettre en place un dispositif de sécurité efficace. 

See more at: http://humanite.fr/ukraine-referendum-sous-haute-tension-527542#sthash.2VFbXy4b.dpuf"

 

Mais notons la persistance de la non-condamnation franche ni même voilée de la diplomatie française.

Rédigé par Canaille Lerouge

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