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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 07:17

2fairfares.png 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Nos commentateurs politiques avisés ont toujours un exemple étranger dans la poche pour nous vanter les mérites d'un ailleurs mythifié. Pour la libéralisation/privatisation du rail, il y a pourtant un précédent désastreux qui a soulevé la colère des usagers : la Grande-Bretagne.

 

Les travailleurs britanniques tirent la sonnette d'alarme. Ce 19 août, ils étaient plusieurs centaines – usagers et le syndicat RMT ensemble – à alimenter 50 piquets dans les gares de l'île pour protester contre la hausse vertigineuse des tarifs des trains de banlieue et des trains inter-cités.

 

La privatisation contre les usagers : + 60 % pour les tarifs vs – 6 % pour les salaires en cinq ans !

Le syndicat de classe RMT (Rail Maritime and Transport Union) proteste avant tout contre l'appel d'offres qui livrerait la « Northern line » à des opérateurs privés étrangers, remettant 10 000 cartes au Département du transport à Londres contre ce projet.

A Londres, comme à King's Cross, les usagers mais aussi les syndicats étudiants étaient largement présents, protestant contre le fait que la hausse des tarifs « éloigne les étudiants des universités ».

Ainsi selon la présidente du syndicat de l'University of Arts of London, Shelly Asquith :

« de nombreux étudiants ont besoin des transports publics pour étudier. Nos revenus stagnent, mais les prix du transport ne cessent d'augmenter (…) Quand les entreprises font des profits colossaux, les étudiants ne peuvent plus étudier ».

Selon les chiffres du Trade union congress (TUC), les tarifs du train ont augmenté en moyenne de 60 % depuis 2008 sachant que – selon l'Institue for fiscal studies – les salaires réels ont baissé de 6 % dans le même temps.

 

Le désastre de la privatisation : hausse des tarifs, subventions publiques et profits privés !

Depuis la privatisation, il y a vingt ans, les usagers britanniques ont pu constater de leurs propres yeux les désastres de la gestion privée.

Le TUC l'avait constaté dans le rapport publié l'an dernier : « The great train robbery : les conséquences économiques et politiques de la privatisation du rail ».

Nous rappelons ici quelques données brutes, puisque nos libéraux sont aussi bornés que le Mr.Gradgrind de Dickens : ils ne veulent que des faits, des faits, des faits. Les voici, les faits. 

  1. les trains n'arrivent plus à l'heure : un train sur six circule avec plus de 10 minutes de retard (15 %), contre un sur dix en France (10 %) ; 

  2. le matériel roulant est de plus en plus vieux : depuis 1996 l'âge moyen du matériel a augmenté, de 16 à 18 ans en 2013. L'investissement dans le renouvellement de matériel a chuté de moitié ;

  3. un système très coûteux par rapport au public : selon le rapport McNulty (2011), les coûts du système fragmenté britannique sont 40 % supérieurs à ceux du système nationalisé français ;

  4. une ouverture à la concurrence ... dominée par quelques monopoles : le britannique First Group contrôle 7 des 23 opérateurs, et l'Allemand Deutsche Bahn, l'Hollandais NS et enfin la SNCF (via Keolis) ont pris possession de 11 des 23 opérateurs du chemin de fer britannique. Quatre entreprises contrôlent donc 80% du rail britannique !

  5. Investissements publics, dette publique, mais profits privés : l'Etat dépense aujourd'hui deux fois plus en subventions (6 milliards par an) que du temps du rail nationalisé, avec une dette de 40 milliards d'euros. Pendant ce temps, les opérateurs privés comme la Deutsche Bahn (1 milliard en 2012 sur le réseau anglais!) réalisent des profits colossaux.

  6. Les tarifs les plus élevés au mond: les tarifs du rail sont désormais, en moyenne, deux fois plus élevés qu'en France, dans le secteur nationalisé. Depuis 1996, l'augmentation des tarifs du train a été trois fois supérieure à celle de l'augmentation moyenne des salaires. La Grande-Bretagne dispose des tarifs les plus élevés du monde.

Face à ce système inefficace, coûteux, ce « grand vol » organisé par les dirigeants conservateurs et travaillistes, les Britanniques réclament désormais d'une seule voix la re-nationalisation.

 

Cette majorité de Britanniques qui réclament la re-nationalisation

Selon un sondage « YouGov » d'octobre 2013, 66% des personnes interrogées pensent que « les compagnies du rail doivent être toutes publiques », contre 23 % qui préfèrent la gestion par le privé.

Un chiffre qui atteint les 79 % chez les électeurs travaillistes, 72 % chez les UKIP, mais qui était aussi majoritaire chez les électeurs libéraux-démocrates (62%) et même conservateurs (52%) !

63 % des sondés estiment même qu'ils sont prêts à voter pour le candidat qui leur promettra la re-nationalisation du rail.

Ce n'est pas gagné quand le « Labour » ne propose que la mise en place d'une forte entreprise publique du rail capable … d'être compétitive sur les appels d'offre face aux opérateurs privés !

 

L'exemple de l'East Coast Line : un modèle public plus efficace !

Face aux libéraux qui dépeignent la « nationalisation » comme irréaliste, ces partisans donnent un exemple qui parle de lui-même : la East Coast Main line. 

Jusqu'en 2009, la ligne qui relie notamment Londres à l'Ecosse était gérée par l'opérateur privé « National express ». 

En 2009, le bilan de la privatisation est désastreux, la piètre qualité du service et les tarifs prohibitifs avaient fait fuir les consommateurs, le faible taux de remplissage conduisant à des pertes se chiffrant à plusieurs centaines de millions de £, et finalement au départ de l'opérateur privé.

Pour « assurer la continuité du service », l'Etat décide alors contre son gré de récupérer la ligne, gérée par la bien-nommée « Directly operated railways ».

Depuis, le contraste est saisissant : la ligne nationalisée est redevenue la plus fréquentée (36 % de plus que la deuxième ligne!), elle bat des records de satisfaction parmi les usagers (91 % en 2013), elle est une source de revenus pour le contribuable (1 milliard de £ depuis 2009, 235 millions cette année).

Et enfin elle est l'entreprise la moins coûteuse pour le contribuable britannique selon l'Office for rail regulation, puisqu'elle reçoit sept fois moins de subventions que Virgin sur la West Coast Main Line !

 

Les appels d'offre pour les lignes du Nord et de l'Est : la SNCF acteur numéro 1 de la concurrence britannique

Et pourtant, ce bel exemple de réussite de la « nationalisation » du rail risque de faire long feu.

Ce pactole attire en fait les convoitises des opérateurs privés bien décidés à privatiser les profits après avoir socialisé les pertes (et les investissements).

Ainsi, le gouvernement conservateur prévoit la re-privatisation de la ligne en 2015. L'appel d'offres a déjà reçu trois candidats : les Britanniques StageCoach, First (détenus à 50 % par Keolis-SNCF !) et … la filiale de la SNCF, Keolis bien sûr.

Autrement dit, la SNCF met deux billes dans le même panier espérant gagner le jackpot de la re-privatisation de la première ligne de chemin de fer britannique !

Et ce n'est pas fini, le gouvernement britannique a décidé de renouveler la concession sur deux entrprises privées opérant dans le Nord du pays : la « Northern Rail » et le « TransPennine Express », assurant des services sur Manchester, Leeds, Liverpool ou encore Newcastle.

Là encore, trois candidats, tous étrangers, tous liés à des grands groupes publics européens :

le néerlandais Abellio (branche internationale de la NS), l'allemand Arriva (filiale de la Deutsche Bahn) et le franco-britannique Govia (détenu à 65 % par Go-Ahead et à 35 % par l'omniprésent Keolis!).

Il n'est hélas plus surprenant de voir la SNCF saborder le chemin de fer français pour mieux aller jouer les rapaces sur les chemins de fer ravagés par la privatisation de nos voisins.

 

En tout cas pour nous, l'exemple britannique est toujours parlant : il faut lutter maintenant contre la privatisation de la SNCF, à laquelle emmène la « réforme ferroviaire ». Avant qu'il ne soit trop tard.

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 06:18

Lu sur le blog "Contrelacour", le blog de Magali PerninAllez voir directement sur son blog la traduction qu'elle a faite du chapitre "Investissement" de l'accord commercial UE-Canada. Y apparait un Tribunal arbitral, placé en dehors de la juridiction des Etats, pour régler les différents concernant les investissements. 

 

Marché transatlantique 

 

Le 13 août dernier, une chaîne de Télévision allemande a publié la version « quasi-finale » et pour l’instant confidentielle de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (dit CETA).
Cette fuite, désormais disponible sur le site de la Quadrature du Net, intervient une semaine après la discrète annonce de la fin des négociations.
Les deux parties doivent tenir une conférence de presse fin septembre, événement qui devrait permettre la publication du projet d’accord.

Les premières réactions ont aussitôt souligné la présence au sein du texte d’un chapitre relatif à la protection des investissements (ISDS) alors même que l’inclusion des tribunaux d’arbitrage semblait compromise. L’Allemagne et la France s’y disaient opposées, et une consultation publique, dans le cadre des négociations avec les États-Unis, mettait souvent en avant la frilosité du public à son endroit.

Pour un historique des négociations UE-Canada, je vous renvoie à mon article publié au printemps dernier.

ContreLaCour s’attache en ce moment à la traduction du projet de Traité dans son ensemble.
Le chapitre relatif aux investissements, avec notamment la partie relative au mécanisme de règlement des différends Etat-investisseur, étant traduit, il me semblait important de le porter immédiatement à la connaissance du public francophone.
Le reste du Traité (près de 250 pages) sera mis en ligne la semaine prochaine.

Vous trouverez ci-dessous une rapide synthèse des principales dispositions de ce chapitre.

Non-limitation et protection des investissements

Le chapitre sur les investissements rappelle les obligations des Parties en matière de non-limitation de l’accès à leur marché respectif. Seules les limitations découlant notamment de la concurrence « équitable », de la protection des ressources naturelles, et des exigences en matière de qualification des investisseurs, seront tolérées.
Les dispositions ne sont pas non plus applicables aux achats effectués par une Partie pour les biens et services achetés à des fins gouvernementales.

Deux principes fondamentaux sont à retenir en matière de traitement des investissements :
- la clause du traitement national : chacune des Parties doit accorder aux investisseurs de l’autre Partie un traitement « non moins favorable » que celui accordé à ses propres ressortissants.
- la clause du traitement de la Nation la plus favorisée : chacune des Parties doit accorder aux investisseurs de l’autre Partie un traitement « non moins favorable » que celui accordé à un ressortissant d’un Etat tiers.

Il sera interdit d’obliger une entreprise à réserver des postes de haute direction à des personnes physique d’une nationalité donnée.

Concernant la protection des investissements, l’Accord interdit les mesures constituant des dénis de justice, des violations fondamentale de procédure, des discriminations, des traitements abusifs.

Les investisseurs lésés en raison de conflits armés, de guerre civile, d’état d’urgence ou de catastrophe naturelle sur son territoire devront être indemnisés à la même hauteur que le traitement accordé aux ressortissants nationaux.

Seules les expropriations décrétées à des fins publiques, dans le cadre d’une procédure régulière, d’une manière discriminatoire, et contre paiement d’une indemnité prompte, adéquate et effective, seront acceptées.
(A cet égard, il faut noter que le droit public français, retient les mêmes conditions de légalité pour une expropriation. Il n’y a donc pas de nouveauté.)

Concernant les transferts d’argent, chaque Partie autorise que tous les transferts relatifs à un investissement soient accordés sans restriction ni retard et dans une monnaie librement convertible.

Mécanisme de règlement des différends investisseur-Etat

Une plainte à l’arbitrage peut être déposée par un investisseur indiquant avoir subi un traitement discriminatoire ou un manquement aux règles de protection des investissements.
Le Traité prévoit une phase préalable de consultations ayant pour objectif de permettre une résolution du conflit à l’amiable.
L’investisseur lésé dispose de trois ans à compter du dommage ou deux ans à compter de la fin des recours « publics » pour déposer une demande de consultations. Il dispose ensuite d’un délai de 18 mois pour déposer la plainte à l’arbitrage, sans quoi il est réputé y avoir renoncé.
A tout moment, les Parties peuvent décider d’avoir recours à la médiation.

Les règles de l’arbitrage peuvent être définies ensemble par les Parties où, à défaut, seront celles de la Convention CIRDI.
À moins que les parties aient accepté de nommer un arbitre unique, le Tribunal est composé de trois arbitres. Un arbitre est nommé par chacune des parties en conflit et la troisième, qui sera le président du tribunal arbitral, est nommé par accord des parties. A défaut d’accord, la ou les nominations se feront par le Secrétaire général du CIRDI.

Le Comité sur les services et l’investissement mettra à disposition une liste de personnes disposées et aptes à faire office d’arbitres. Ils doivent avoir des compétences ou de l’expérience en droit international public, en particulier en droit international des investissements.
Le Traité rappelle les exigences en matière d‘indépendance des arbitres.
En cas non respect des exigences, chacune des Parties peut demander la récusation d’un arbitre.

En matière de transparence, il est prévu que le tribunal détermine, en consultation avec les parties, les arrangements logistiques appropriés pour faciliter l’accès du public à ces audiences, sauf en cas de nécessaire protection de renseignements confidentiels.

Les sentences rendues par un Tribunal arbitral sont exécutoires sauf en cas de contestation d’une des Parties dans les 120 jours suivant la décision.
A cet égard, il est d’ores et déjà prévu que le Comité sur les services et l’investissement remette ses propositions visant à la création d’un mécanisme d’appel.

Pour faciliter la lecture, vous pouvez supprimer la colonne de gauche (pages miniatures) en cliquant sur la flèche en haut à gauche (ci-dessous).

 

Magali Pernin

Note de Magali Pernin : il s’agit d’une traduction effectuée par mes soins. Elle n’est pas officielle. Il est possible que des coquilles s’y soient glissées. Merci à tous ceux qui m’aideront à l’améliorer. Vous pouvez également la consulter sur Google Drive via ce lien.

Retrouvez ici tous les articles publiés sur ce blog concernant les négociations transatlantiques.
Rappel : Je tiens depuis plusieurs mois un journal en ligne sur Scoop it et partage quotidiennement les articles français (rarement) et internationaux (souvent) traitant des négociations entre l’Union européenne et les États-Unis.
Vous pouvez vous abonner à la newsletter du journal Scoop it en cliquant ici.

 

Magali Pernin est juriste en droit public, diplômée de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence. Elle décortique la nouvelle gouvernance économique de l'UE sur son blog "Contre la Cour".

 

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 14:54

Lu sur le site du Collectif Communiste Polex

 

" UKRAINE, PALESTINE 2014: L'ÉTÉ DES CRIMINELS DE GUERRE "

publié le : 6 Août, 2014

 

Les dirigeants parvenus au pouvoir à Kiev grâce à une insurrection armée ont, sous la direction du milliardaire pro-occidental Porochenko, formé un " gouvernement " dont font partie les organisations fascistes, nostalgiques du Nazisme, Svoboda et Pravy Sektor. Bien que ces partis n'aient obtenu que des scores infimes lors des élections législatives en Ukraine Occidentale, ils sont très influents dans le groupe dirigeant à Kiev, et dans les forces armées qui ont massacré des dizaines de syndicalistes à Odessa, écrasé de bombes les habitants de Slaviansk à l'est du pays, et provoque la fuite de réfugiés ( plusieurs centaines de milliers ). Ce sont les mêmes troupes mercenaires, qui, sous les ordres de Porochenko, tentent de réinvestir par la force la région industrielle de Donetsk: la population, majoritairement ouvrière, s'y est à juste titre opposé au régime pro-occidental de Kiev, sachant que la soumission à l'UE signifiera la mort à brève échéance des usines où ils travaillent et une dictature anticommuniste.


Au cours des combats dans cette zone de guerre, un avion civil qui la survolait de façon irresponsable, à été détruit en vol, à 10.000m. d'altitude, causant la mort de près de 300 personnes totalement étrangères au conflit. Erreur de cible ou volonté délibérée de provoquer une guerre entre la Russie et l'OTAN, l'acte est inacceptable. Mais personne n'est capable à ce jour de désigner les responsables, contrairement à ce qu'affirment sans preuves Porochenko et Obama, et que les médias de France répètent sans le moindre recul critique.

Le pire de ce délire anti-Russie est de le voir cautionné par un journaliste du quotidien l’Humanité. La cause première de ce drame est d'abord le refus des dirigeants de Kiev de négocier pacifiquement avec leurs opposants d'Ukraine orientale, et leur choix obstiné d'écraser toute résistance par la guerre et les tueries..

ET ILS NE L'ONT FAIT QU'ASSURES DU SOUTIEN POLITIQUE, FINANCIER ET MILITAIRE DES USA ET D'AUTRES PUISSANCES OCCIDENTALES, COMME LA FRANCE DE MESSIEURS HOLLANDE, FABIUS ET VALLS.


En Palestine, le gouvernement de l'état colonialiste d’Israël, a détruit par des bombardements massifs des milliers de maisons, tué bientôt un millier de civils palestiniens au cours de la nouvelle guerre d'occupation du territoire de Gaza. Les blessés, les réfugiés devenus sans abris, se comptent par dizaines de milliers. Cette offensive, ces massacres ont été lancés par l'état israélien à l'initiative de l'extrême droite fasciste, raciste et intégriste qui fait partie du gouvernement de Tel-Aviv.

ICI ENCORE, LES CRIMES DE GUERRE D'INSPIRATION FASCISTE N'ONT PU ÊTRE COMMIS QUE GRACE AU SOUTIEN INDÉFECTIBLE DES USA ET DES PUISSANCES OCCIDENTALES À LA COLONISATION ISRAÉLIENNE ET AU REFUS D'ISRAËL DE TOUTE SOLUTION PACIFIQUE DURABLE.


Le gouvernement français vient de donner une nouvelle preuve de cet aveuglement pro-sioniste en interdisant des manifestations dénonçant les crimes israéliens, en prétextant les agissements de quelques dizaines de voyous, intégristes musulmans et antisémites. À Paris, ils se sont opposés verbalement à un groupe de nervis fascistes juifs, la Ligue de Défense Juive. À Sarcelles, ou se manifestent depuis des décennies les fascistes sionistes du Betar, le scénario de heurts, pillages et dégradations, à été identique, sous l’œil complaisant des forces de l'ordre.

Juifs ,musulmans, athées ou chrétiens, tous les fascistes se valent, et sont, les uns et les
autres,étrangers à notre combat anti-impérialiste. Ils sont même les meilleurs alliés objectifs des fascistes israéliens ou d'Ukraine. Les amalgamer avec les Français révoltés par les tueries de Gaza ou de Donetsk est indigne. C'est ce que vient de faire Manuel Valls qui dénonce" l'antisémitisme des quartiers populaires français", et qui reste muet devant les massacres en Palestine.


LES CITOYENS FRANÇAIS SOUCIEUX DE PAIX ET DE MORALE INTERNATIONALE ONT LE DROIT D'EXIGER DE LEUR GOUVERNEMENT QU'IL CESSE DE DONNER UN BLANC SEING AUX CRIMINELS DE GUERRE FASCISTES D'ISRAËL ET D'UKRAINE. IL DOIT PESER AU CONTRAIRE EN FAVEUR DE NÉGOCIATIONS, RESPECTANT LES DROITS DEMOCRATIQUES DES POPULATIONS D'UKRAINE ORIENTALE, ET LES DROITS NATIONAUX DES PALESTINIENS DE GAZA ET D'AILLEURS, SEUL MOYEN DE RÉTABLIR LA PAIX.


Francis Arzalier

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 14:43

Lu dans "Histoireetsociete" le blog de Danielle Bleitrach

 

La rencontre de Minsk la semaine prochaine et les rapports de forces sur l’Ukraine par Danielle Bleitrach

23 août

 4 at Merkel est allée voir aujourd’hui Porochenko en l’assurant bien sûr de toute son amitié, mais en lui faisant comprendre que personne ne mourrait pour l’Ukraine. Elle s’est clairement prononcée pour un cessez-le-feu bilatéral. Quant aux sanctions c’était possible, mais pour le moment pas à l’ordre du jour vu les effets réels des premières. L’orientation est claire, mais au nom de qui parle-t-elle? Au nom de l’Allemagne grande puissance économique désireuse d’acquérir un positionnement diplomatique? Probablement mais pas seulement, il y a là le constat d’un rapport des forces.

Merkel est allée à Kiev, mais le même jour, son vice chancelier intervenait dans le même sens : Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel s’est prononcé pour la fédéralisation de l’Ukraine dans une interview à l’édition Welt am Sonntag à paraître dimanche."On peut préserver l’intégrité territoriale de l’Ukraine uniquement si on fait une proposition aux régions à majorité russophone. Le concept raisonnable de fédéralisation me paraît la seule solution possible", a indiqué M.Gabriel.Selon lui, il faut d’abord parvenir à une entente sur un cessez-le-feu dans l’Est de l’Ukraine. L’Allemagne doit œuvrer "pour éviter une guerre entre l’Ukraine et la Russie", a ajouté M.Gabriel. 

 

S’agit-il de l’Allemagne? De l’Europe? quelle est la latitude laissée par Obama?

Est-ce un effet de mon indécrottable optimisme? Mais quand j’ai vu Obama occupé en irak et par l’espèce d’Euro maïdan qui s’était déclenché chez lui, je me suis dit que c’est peut-être l’occasion de régler les problèmes en Europe avec la Russie… la paix se fera-t-elle contre lui et contre ses conseillers néo-cons, l’histoire le dira.

La rencontre de Minsk, mardi prochain, entre  les présidents de Russie et d’Ukraine, Vladimir Poutine et Petro Poroshenko, avec la Haute Représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, présente peut-être à cause de l’intervention de Merkel, le signe avant coureur d’un processus de paix. Elle a été précédée d’une rencontre à Berlin entre les ministres des Affaires Etrangères d’Allemagne, de France, de Russie autour de la question ukrainienne. Pas d’avancée notable mais l’élaboration d’un langage "presque une interprétation commune" a dit le ministre russe des Affaires Etrangères, Sergey Lavrov qui néanmoins avait fait avancer la conscience d’une crise humanitaire dans le Donbass.

Berlin, ce n’est pas un hasard, pas plus que l’arrivée d’Angela Merkel à Kiev aujourd’hui. Poutine parle l’allemand, la chancelière et lui ont vécu en RDA, il y a entre eux beaucoup de connivences. Un thème récurrent chez Poutine est celui de la bonne institutrice contenant le méchant garçon qu’il pourrait être. Mais pour être plus sérieux, le patronat allemand en a assez des fantaisies imposées par les Etats-Unis aux affaires allemandes. Bref, Angela Merkel s’est toujours posée en interprète à tous les sens du terme de l’ours russe, en insistant parfois sur son irascibilité et les inquiétudes que lui inspirait l’animal,. mais jamais le contact n’a été rompu et il a même un moment été question d’une avancée importante, un plan qui se serait substitué à ceux de Poroshenko qui inspiré par les Etats-Unis invitait simplement les insurgés à se rendre… . On peut même aller d’ailleurs jusqu’à imaginer que le Mystérieux crash de l’avion malaisien est intervenu à un moment où les négociations entre la Russie et l’Allemagne donnaient quelques espoirs. Est-ce totalement un hasard et saura-t-on le fin mot de l’histoire puisque visiblement les Etats-Unis dissimulent des faits.

Merkel, elle même, vu ses excellents rapports avec Poutine et surtout sous la pression du patronat allemand, sans parler des inquiétudes sur la stagnation de l’économie allemande et le besoin du gaz russe, commence à pencher vers l’Ukraine comme une zone intermédiaire favorisant une Eurasie pacifiée… Elle est comme certains conservateurs des Etats-Unis encline à prendre en considération le fait que la Russie ne peut pas tolérer à ses frontières immédiates la présence d’une alliance militaire dirigée contre elle. C’est ce qu’elle a laissé entendre quand elle s’est rendue à Riga le 18 août. 

Bref parfois on se demande si madame Merkel ne va pas adhérer au BRICS et larguer la pesante et ingérable Europe. Mais cette hypothèse n’est pas encore d’actualité, en revanche les bons offices de madame Merkel ne sont pas une illusion et qu’en pense Obama, ce qui nous indiquerait ce que pense le plus atlantiste des présidents français. Pour le moment la France s’inscrit dans le sillage de l’Allemagne dans la recherche d’une début de langage commun, après avoir joué les boute feu, la France échaudée par le revers de bâton des sanctions et tenant bon sur la vente de ses Mistral s’inscrit dans la logique de Merkel. Quant à Obama empêtré à la fois dans ses problème intérieurs et dans le retournement de son Frankestein, l’Etat Islamique d’Irak et du Levant, risque d’avoir besoin de la diplomatie russe et même de la coopération militaire russe.

Maintenant tous les espoirs résident dans l’habilité de Lavrov et de Poutine lui-même… Ce dernier a montré hier et il était sans doute temps qu’il ne laisserait pas sacrifier les gens du Donbass, ce qui est également une annonce concernant la Crimée… il a habilement mis en avant le problème humanitaire, la nécessité d’un cessez-le-feu et récusé ce faisant toute volonté belliciste tout en montrant sa fermeté. L’objectif de la Russie à travers cette action c’est d’obtenir à Minsk la fin de l’opération punitive contre la population du Donbass. Ce qui peut convenir à l’Allemagne et à la France mais dont le principal obstacle reste les Etat-Unis qui ont incité à la guerre totale jusqu’à présent. De ce point de vue, la position catastrophique de Kiev sur le plan militaire dans le Donbass oblige à un nouveau réalisme. La livraison de l’opération humanitaire a non seulement insisté sur la catastrophe humanitaire de cette opération punitive, mais elle a également prouvé que les insurgés étaient capables dans une ville que l’on disait encerclée d’assurer la sécurité d’un convoi. Les insurgés ont gagné la guerre et si les Européens manifestent la nécessité du dialogue, les Etats-Unis risquent de battre en retraite et ils sont les seuls jusqu’ici à imposer le massacre auquel se livre Kiev.
C’est pourquoi  la Russie ne veut pas négocier les termes du cessez le feu à la place des insurgés, elle l’a dit et répété, donc il lui faut obtenir également un dialogue entre les insurgés et Kiev avec à la clé selon l’Allemagne une solution fédérale… sera-t-elle suffisante ? est-ce que Moscou n’a pas créé les conditions d’un dialogue qui avec d’autres dirigeants dans le Donbass aurait été impossible… Toutes questions qui font de la rencontre de Minsk un moment important dans l’évolution d’un conflit dans lequel en montrant les dents, l’ours russe aurait réussi sa stratégie initiale empêcher que les Etats-Unis créent les conditions d’une rupture totale entre la Russie mais aussi l’Eurasie (et on se doute bien que la Chine surveille de très près les derniers développement) et l’Europe de l’ouest.


Danielle Bleitrach

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 14:14

Lu sur Agoravox

 

Le site alternatif Vineyardsaker vient de révéler que les raisons du crash du vol MH17 sont classées secret défense

D'après Vineyardsaker, la Hollande, la Belgique, l’Australie et l’Ukraine auraient signé un accord de non-divulgation il y a une dizaine de jours.

http://www.vineyardsaker.fr/2014/08...

 

Cet accord de non-divulgation interdirait aux signataires de divulguer les résultats de l’enquête et donnerait un droit de véto les uns sur les autres. Chaque signataire peut exercer son droit de veto, sans avoir à le justifier.

L'article de Vineyardsaker précise que « L’accord signé le 8 août stipulerait que les progrès et les résultats de l’enquête seraient gardés secrets ».

C’est seulement après avoir signé cet accord que le Conseil suprême d’Ukraine (Verkhovna Rada) a donné l’autorisation à des enquêteurs malaisiens d’aller inspecter le site du crash de l’avion de ligne de la Malaysian airlines dans la région de Donetsk.

 

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Le Boeing de la compagnie aérienne Malaysia Airlines s'est écrasé le 17 juillet dernier. À son bord se trouvaient 298 personnes. Personne n’a survécu dans le crash.

Dans les heures et les jours qui ont suivi l'accident, sans la moindre preuve, les responsables américains ont affirmé que le vol MH17 a été abattu par un missile SA-11 sol-air tiré du territoire séparatiste détenus pro-russe en Ukraine orientale . Ils ont lancé une campagne politique pour obtenir des sanctions économiques sévères contre la Russie et renforcer le dispositif militaire de l'OTAN en Europe de l'Est.

Les Russes avaient présentés les éléments de preuve en leur possession et demandé à leurs accusateurs de faire de même. Les Etasuniens ont répondu que les preuves se trouvaient sur les réseaux sociaux, et ont continuer à se répandre en accusation de tout ordre contre Poutine et les russes.

Les accusations portées contre les séparatistes russes qui soi-disant interdisaient aux enquêteurs de parvenir sur les lieux de la catastrophes apparaissent aujourd'hui sous un autre jour ; c'est bien Kiev qui s’évertuait à interdire l'accès au site, et nous savons pourquoi à la lumière de l'information relayée par vineyardsaker.

Qu'ont-ils à cacher sinon la responsabilité directe de Kiev et de ses commanditaires ?


Quelques jours auparavant les Russes faisaient savoir que le représentant permanent de la Russie à l'ONU Vitali Tchourkine a déclaré que Moscou va « demander un rapport à l’ONU sur l’avancement de l’enquête concernant le crash de l’avion Boeing à l’Est de l’Ukraine ».

« Un mois s'est écoulé depuis que l’appareil malaisien s’est crashé. Le paragraphe 13 de la Résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU concernant l'enquête indépendante sur l'accident prévoit que le secrétaire général de l'ONU fasse des rapports sur l’avancement de l’enquête au Conseil de Sécurité », a souligné le diplomate.


Parallèlement la situation dans l'est de l'Ukraine prend une nouvelle tournure ces dernières heures.

D'une part les troupes de Kiev semblent être dans l'incapacité à s'emparer des bastions tenus par les séparatistes. Il s'agit d'un échec majeur. Kiev n'est parvenu à isoler Donetsk et Louhansk.

La raison invoquée par Kiev est que Moscou a massivement augmenté son aide aux rebelles prorusses ces deux dernières semaines. Ce que dément l' OSCE.

Et malgré les annonces de destructions de colonnes de blindés russes, aucune carcasse de blindé ni aucun prisonnier russe ne vient étayer les accusations de Kiev.


D'autre part les russes viennent de faire avancer en territoire ukrainien un premier convoi de camions vers Louhansk. Kiev dénonce l’entrée du convoi russe sur le territoire de l’Ukraine comme une « invasion directe »


La guerre en Ukraine pourrait prendre un nouveau tournant. Cela pourrait conduire à une confrontation directe entre Kiev et Moscou.



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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 09:30

 Lu sur El Diablo

 

Dimanche 24 août 2014

Liberation-James-Foley.jpg

 

Propagande de guerre - Propagande de paix :

Le sacrifice de James Foley:
La tragique réapparition de ce malheureux enlevé depuis deux ans clarifie bien des choses.

- Elle illustre les mécanismes de désinformation.

Les grands médias américains et ouest-européens avaient d'autorité attribué cet enlèvement à Bachar el-Assad. Jusqu'au dernier moment (et aujourd'hui encore) ils ont veillé à préserver la pureté de ceux qui le combattaient avec le soutien des gouvernements occidentaux, le Front Al-Nosra affilié à Al-Qaeda.

 

source :Facebook - Dove Ferregiani 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 13:03
Pour ceux qui cherchent à se faire une idée précise du rapport de forces en Ukraine.


Rédigé par Jacques Sapir le Vendredi 22 Août 2014 à 08:52



Les combats qui se déroulent dans l’Est de l’Ukraine depuis plus de trois mois sont restés largement ignorés de la presse française, à l’exception – évidente – de la destruction toujours pas élucidée du vol MH17. Ces combats sont décrits par le gouvernement ukrainien comme une opération « anti-terroriste », ce qui est une absurdité. Les combattants de l’Est ukrainien sont des indépendantistes que l’on peut, si on le veut, qualifier de séparatistes, mais ils ne sont certainement pas des « terroristes », et l’usage de ce vocabulaire en dit long sur l’état d’esprit qui règne à Kiev. Les sources d’information sont rares. Les sources officielles ukrainiennes (Ministère de la Défense), à part des communiqués ronflants de propagande ne contiennent pas beaucoup d’informations vérifiables (ou pas…). Les sources des insurgés de l’Est de l’Ukraine sont elles aussi remplies de propagande. Mais, elles contiennent des informations qui, elles, sont (parfois) vérifiables. On citera deux sites internet :

http://cassad-eng.livejournal.com/tag/war%20in%20ukraine

http://slavyangrad.org

Par ailleurs, on a pu rassembler d’autres sources, essentiellement provenant de journalistes, soit Italiens, soit Russes, qui travaillent actuellement dans l’Est de l’Ukraine.

 

Etat des forces.

Les forces restées loyales au gouvernement de Kiev, et déployées dans l’Est de l’Ukraine se composent de 3 groupes :

  • (a) On a des unités de l’armée régulière, dont la qualité, et la détermination, sont extrêmement variables. Certaines de ces unités se sont débandées, d’autres ont combattu avec ténacité.
  • (b) On a les unités de la Garde Nationale, créée en mars 2014, et qui sont constituées de bataillons formés sur des bases politiques, par des mouvements extrémistes (Pravyy Sektor, Svoboda). Ces unités semblent être déterminées, mais n’ont qu’une faible valeur militaire.
  • (c)  Les oligarques ukrainiens entretiennent des unités constituées à partir des sociétés de sécurité américaines. Ces unités ont été employées en mai et juin, mais depuis ne semblent pas avoir une grande valeur militaire.

Les forces des insurgés se composent de :

  • (a) La milice et les unités d’auto-défense de Lougansk et Donetsk.
  • (b) Des bataillons de volontaires, essentiellement composés de Russes, dont certains ont une excellente pratique du combat.
  • (c)  On a beaucoup parlé ces derniers jours d’unités de l’armée régulière russe. Les « preuves » de leur présence sont, pour l’instant, inexistantes. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de troupes, ou de « conseillers ». Mais, il est curieux que les forces loyalistes ukrainiennes aient été dans l’incapacité de fournir des preuves. Seuls, des journalistes britanniques ont pour l’instant corroboré ces assertions, et dans le cas d’une seule colonne. Or, des journalistes occidentaux travaillent régulièrement, et relativement librement, dans la zone des combats.

Ces forces sont équipées par du matériel saisi sur les bases de l’armée à Donetsk ou Lougansk, mais aussi de matériels capturés (lance-fusées « Grad », mortiers lourds, chars…) abandonnés en grande quantité par l’armée ukrainienne lors de défaites en juillet et en août 2014. Les forces insurgées font ainsi état, photographies à l’appui, de près de 170 chars qui auraient été récupérés dans ces combats.


Situation militaire

La situation actuelle semble marquée, depuis le 18 août, par un épuisement de l’offensive des forces loyales au gouvernement de Kiev, et par une succession de victoires tactiques de la part des insurgés. Les forces de Kiev ont – semble-t-il – échoué à couper le territoire tenu par les insurgés en deux et à reprendre le contrôle de la frontière russo-ukrainienne. Les pertes qu’elles ont subies semblent très lourdes, avec la destruction complète de plusieurs unités[1].

Carte 1

 Carte-comabts1

 

On peut voir, sur cette carte, les combats de ces derniers jours. Les pertes subies, et la démoralisation des autres unités, tendent à égaliser le rapport des forces, au profit des insurgés. Il est frappant que les manœuvres des forces loyalistes semblent avoir été dictées par

  • (a) Une volonté politique de reprendre au plus vite Lougansk et Donetsk. Cette volonté a conduit à des « poussées », dans des situations où les flancs des unités engagées n’étaient pas sécurisés, ce qui a permis aux insurgés de les couper de leurs bases arrières et de les encercler, puis de les détruire. Par ailleurs, des groupes d’insurgés opèrent dans la région de Kharkov, attaquant la logistique des forces loyalistes.
  • (b) La volonté de « punir » la population en procédant à des bombardements aveugles sur les agglomérations. Ces bombardements, réguliers depuis le mois de juin, expliquent l’ampleur du mouvement de fuite des populations civiles vers la Russie voisine.

Il est ainsi probable que les forces de Kiev vont se cantonner dans des bombardements par l’artillerie. Une source fait état d’un projet de retrait de ces forces sur une ligne Slavyansk-Mariupol.


Situation politique

Si la situation militaire se stabilise, voire si elle tourne à l’avantage des insurgés, le gouvernement de Kiev sera face à un dilemme qu’il ne peut résoudre. Soit, il prend acte de cette situation, mais l’on va s’acheminer vers une partition de fait de l’Ukraine, car, désormais, les populations n’accepteront plus une solution « ukrainienne », soit il maintient le conflit, mais l’Ukraine va se trouver pratiquement privée d’électricité car une bonne partie du charbon utilisé à cette fin provient de Donetsk et de sa région. La poursuite de la guerre durant l’hiver 2014-2015 va la rendre de plus en plus impopulaire dans la population ukrainienne. La première solution est, pour l’heure, inacceptable pour le gouvernement ukrainien. Mais la seconde va provoquer, à terme, la désintégration de l’Ukraine.

Le gouvernement ukrainien va probablement chercher à « internationaliser » la guerre civile, en tentant, par diverses provocations, d’y impliquer les Etats-Unis et des pays de l’Union Européenne. Il est cependant peu probable qu’il y réussisse. Il est donc urgent que les combats cessent au plus vite et qu’un accord soit trouvé entre le gouvernement de Kiev et les insurgés, entérinant l’autonomie de fait des régions de Lougansk et Donetsk, mais les maintenant formellement en Ukraine. Seule la paix peut permettre une réconciliation, mais cette dernière désormais prendra du temps.

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:46



Par Chiara Cruciati, pour Il Manifesto, journal communiste italien

 

Entretien avec l'économiste israélien Shir Hever



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Pas de trêve, l'offensive continue. L'industrie de guerre israélienne publique et privée fait déjà chauffer les moteurs : la nouvelle opération meurtrière contre Gaza portera avec elle une explosion des ventes d'armes. Cela a déjà été le cas avec Plomb durci et Pilier de défense. Certaines entreprises signent déjà des contrats à plusieurs millions d'euros. Comme toujours, Israel teste d'abord puis vend. Entretien avec Shir Hever, économiste israélien et expert des aspects économiques de l'occupation.



Israel est un des premiers exportateurs d'armes dans le monde. Après l'opération de 2012, les ventes ont atteint les 7 milliards de $. Cela sera la même chose avec Bordure protectrice ?

L'industrie militaire israélienne est un des secteurs les plus importants, 3,5 % du PIB auquel il faut ajouter 2 % de ventes intérieures. Israel n'est pas le plus grand exportateur d'armes au monde, mais le premier en termes de nombre d'armes vendues par citoyen, par tête. L'industrie militaire a une énorme influence sur les choix du gouvernement. Après chaque attaque contre Gaza, sont organisées des expositions où les compagnies privées et publiques présentent les produits utilisés et testés sur la population gazaouie. Les acheteurs ont confiance parce que ces armes ont démontré leur efficacité. Cette guerre augmentera significativement les profits de l'industrie militaire. Il suffit de penser qu'il y a quelques jours l'Industrie aérospatiale israélienne a lancé un appel aux investisseurs privés pour la production d'une nouvelle bombe. Ils ont déjà récolté 150 millions de $, 100 000 $ pour chaque palestinien tué : on commence à vendre alors qu'une opération est encore en cours.



Si l'industrie militaire est en pleine croissance, l'économie civile subit des pertes conséquentes.

Les coûts civils de l'attaque se chiffrent au nombre de trois. Premièrement, ceux payés par le système public : l'augmentation du budget pour l'armée se fait aux dépens des services publics. Chaque attaque produit toujours des coupes dans l'éducation, la santé, les transports. Avant que ce cycle de violence ne s'enclenche, des factions politiques centristes ont tenté de couper dans le budget de l'armée en faveur des services sociaux. Et comme par hasard, peu de temps après, commence l'opération, avec l'énorme influence que le système militaire a sur les politiques du gouvernement. A cela s'ajoutent les coûts directs et indirects sur l'économie civile. Les missiles ont endommagé des propriétés et les gens ont peur d’aller au travail, de nombreuses usines ont suspendu leur activité et les exploitations agricoles sont à l'arrêt. Et, enfin, les coûts indirects, comme ceux touchant le secteur touristique. De nombreuses entreprises auraient dû accueillir des délégations d'entrepreneurs étrangers qui ont annulé leurs visites et sont allés faire des affaires dans d'autres pays.



Gaza est un marché captif, contraint à l'achat de produits israéliens. L'offensive pénalise-t-elle à ceux qui vendent dans la bande ?

En réalité, non. Gaza est bien un marché captif, mais il garantissait bien plus de profits avant le début du blocus en 2007. Avant l'embargo, il était bien plus facile pour les entreprises israéliennes d'envoyer leurs produits dans les supermarchés de Gaza et d'exploiter la main d’œuvre à bas coût. Si le blocus était desserré, l'économie israélienne en bénéficierait parce qu'elle pourrait exploiter encore plus 1,8 millions de personnes, une communauté qui ne peut pas produire assez mais qui consomme.



Cette nouvelle attaque pourrait-elle, en revanche, renforcer la campagne de boycott ?

Il y a eu une intensification significative de la campagne BDS dans le monde et on le perçoit aux réactions de certains hommes politiques. Le ministre de l’Économie, le colonel Naftali Bennett, cherche à améliorer les échanges commerciaux avec la Chine, le Japon, l'Inde et à se libérer de la dépendance de l'Europe, où le boycott semble de plus en plus s'installer. Et il y a deux jours, l’Institut israélien de statistiques a enregistré une baisse significative de la valeur des exportations, avant que cette opération ne commence : au début de l'année 2014, la valeur de celles-ci a baissé de 7 % et de 10 % envers les pays asiatiques. De nombreuses entreprises exportatrices ont demandé une réunion d'urgence du gouvernement pour traiter la crise.



Nombreux sont ceux qui estiment que cette attaque porte aussi sur le contrôle des ressources énergétiques le long de la côte de Gaza.

Je ne crois pas qu'il y ait de lien direct : Israel a déjà commencé à exploiter ses gisements et a signé des accords de vente avec la Turquie, Chypre et la Grèce. Si un jour, les Palestiniens étaient en mesure d'exploiter leur gaz, ils ne trouveront pas de marché parce qu’Israël s'est accaparé la région méditerranéenne et sera capable de vendre à des prix inférieurs. Le monde, qui en ces jours-ci assiste à des massacres et des destructions d'infrastructures, n'imagine pas non plus le moment où les Palestiniens pourront développer leur économie intérieure.



De l'extérieur, il semble que le gouvernement israélien n'ait pas en tête une stratégie sur le long-terme, mais tente de maintenir le statu quo de l'occupation.

Tout à fait. Le gouvernement actuel n'a pas de stratégie politique, il avance sur une voie sans issue. On sait qu'Abou Mazen est le seul avec qui on peut négocier, mais dans le même temps on mine sa légitimité. Dans l'histoire, tous les empires ont fini par ne raisonner que sur le court-terme, pour ensuite s'effondrer. Depuis la Seconde Intifada, la politique n'est pas celle de mettre fin au « conflit » mais de le gérer. De nombreux israéliens pensent qu'il n'y a pas d'avenir et vont vers la droite. Le niveau de racisme et de violence actuel est terrible, mais dans le même temps, c'est un signe d'extrême faiblesse. Cela m'offre un peu d'espoir.


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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 15:38
Nous diffusons cet appel de la Fédération internationale des résistants quoique nous ne nous fassions aucune illusion sur les capacités et la volonté des parlementaires européens à promouvoir une Europe démocratique et une politique de paix en Ukraine.  Mais tout ce qui peut être fait pour que prévalent des solutions politiques, dans l'intérêt de la classe ouvrière et du peuple ukrainiens, doit être tenté.
« Arrêt immédiat de la guerre en Ukraine ! Aucune tolérance pour les forces néofascistes. »
Appel de la Fédération internationale des résistants – association antifasciste (FIR)

Appel transmis par notre camarade Marius Pellet de Vaulx-en-Velin.

 

La fédération internationale des résistants – association antifasciste (FIR) demande aux gouvernants actuels de l’Ukraine de mettre fin immédiatement à la guerre civile engagée contre leur propre peuple dans l’est du pays. Les informations sur les actions militaires – y compris à l’encontre des populations civiles – l’intention affichée du président Porochenko de se venger des « séparatistes » laisse voir que toute opposition contre l’actuelle gouvernement sera très violemment réprimée.

Ce crime contre la population de son propre pays est rendu possible parce que les Etats-Unis et l’Union européenne, qui en mai 2014 ont annoncé quasiment à chaque instant des sanctions contre la Russie, accusée de soutenir les séparatistes, font aujourd’hui les morts et tolèrent de fait les massacres. Si tant est que l’OSCE a une quelconque signification politique en Europe, alors qu’elle en fasse preuve en Ukraine en contribuant à la fin de la guerre.

La paix en Ukraine n’est possible que si l’influence militaire et politique des forces ultranationalistes et ouvertement fascistes, le « Secteur droite » et le parti « Svoboda », est contrecarrée. Ces groupes contredisent dans leurs paroles comme dans leurs actes tous les fondements d’une Europe démocratique. Il est inacceptable que de tels groupes détiennent des postes de responsabilité dans le nouveau gouvernement ukrainien. Tant que des fascistes siègeront au pouvoir à Kiev, aucun gouvernement européen ne devrait être autorisé à apporter son soutien à l’actuel gouvernement ukrainien.

Nous appelons les députés nouvellement élus au Parlement européen à tracer une ligne jaune à ne pas franchir sur cette question politique. A défaut, la tolérance pour les fascistes pourrait devenir un modèle pour d’autres pays d’Europe.


Budapest/Berlin, 14 juillet 2014,

Dr. Ulrich Schneider, secrétaire général.


Parmi les adhérents de la FIR figurent notamment l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 15:17

Chercher à comprendre ce qui se passe au Moyen-Orient, au Kurdistan, et éviter le prêt à penser de nos médias et politiques dominants n'est pas chose facile.  Nous publions cette analyse d'Alain Gresh pour y aider. ( sur les blogs du diplo)

 

Questions sur l’armement des Kurdes d’Irak

lundi 18 août 2014, par Alain Gresh


La récente décision de la France, suivie par d’autres pays européens, d’armer les Kurdes d’Irak, a soulevé des commentaires plutôt positifs. Enfin, Paris se décidait à faire quelque chose au Proche-Orient, après une très coupable passivité, pour ne pas dire complaisance, face à l’agression israélienne contre Gaza. Pourtant, à l’examen, cet envoi d’armes suscite plusieurs questions.


Lire « Ce qu’annonce l’éclatement irakien », par Peter Harling, dans Le Monde diplomatique de juillet 2014.

 

Selon Le Monde (« Irak : la France décide de livrer des “armes sophistiquées” aux combattants kurdes », 14 août) : « La France va livrer des “armes sophistiquées” aux combattants kurdes en Irak pour les aider dans leur lutte contre l’Etat islamique (EI). L’Elysée a annoncé, mercredi 13 août, que François Hollande avait décidé, “en accord avec Bagdad, de faire acheminer des armes dans les heures qui viennent”. “Nous voulons aider les Kurdes et les Irakiens à éviter les massacres, et pour cela nous livrons des armes qui permettent aux combattants de combattre et, nous l’espérons, de l’emporter”, a expliqué Laurent Fabius, sur TF1. »

« Le ministre des affaires étrangères a indiqué que la France allait livrer des “armes sophistiquées”, en refusant de préciser le type d’armements et leurs quantités. Il s’agit, selon M. Fabius, de “rééquilibrer les forces”. “Les terroristes ont des armes extrêmement sophistiquées qu’ils ont prises aux troupes irakiennes et qui, à l’origine, étaient américaines”, a souligné le ministre. »


Décision prise en accord avec Bagdad ? Mais qui à Bagdad ? Il n’y a plus de gouvernement légitime, Nouri Al-Maliki ayant refusé de démissionner [1]. Le moins que l’on puisse dire est que « Bagdad » reste un concept flou. Est-ce avec M. Maliki que Paris a négocié une telle livraison ? C’est peu probable, car la France demandait qu’il quitte son poste de premier ministre. Avec son successeur désigné ? Mais il n’a formé ni gouvernement, ni coalition.

D’autre part, la position de Paris a toujours été qu’une intervention militaire nécessiterait une décision du Conseil de sécurité de l’ONU. Il ne s’agit certes pas d’une intervention, mais on peut penser que les armes « sophistiquées » seront livrées avec les conseillers chargés d’en apprendre le maniement aux Kurdes. Début d’un engrenage ?

La décision d’armer les Kurdes semble aller de soi. Le gouvernement régional du Kurdistan (KRG) est souvent présenté comme un modèle de démocratie, de bonne gestion et de respect des droits humains. Pourtant, rien n’est moins sûr. Certes, en comparaison avec ce qui se passe à Bagdad, la situation dans la région autonome du Kurdistan est meilleure. Mais cela n’empêche « ni le clientélisme, ni les dérives autoritaires ». Et, surtout, la division en deux zones que se sont partagées (dans tous les sens du terme) les deux partis au pouvoir à Erbil.

Lire Allan Kaval, « Dans Kirkouk, la Jérusalem kurde », Le Monde diplomatique, juillet 2014.

Non seulement les stratégies de ces deux formations sont contradictoires, mais leurs alliances aussi : ainsi, le Parti démocratique du Kurdistan est allié avec Ankara, et l’Union patriotique du Kurdistan regarde vers Téhéran. Sans parler du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de Turquie, dont les combattants affluent pour faire face à l’Etat islamique, mais qui sont considérés par l’Union européenne comme une « organisation terroriste ».

Enfin, dans le cadre de quelle stratégie ces armes seront-elles utilisées ? Pour défendre les Irakiens contre la poussée de l’Etat islamique ? On peut en douter, quand on voit comment les peshmergas (les combattants kurdes) ont abandonné à leur sort les chrétiens d’Irak qu’ils auraient très bien pu défendre. Plus probablement, pour affirmer l’autonomie grandissante de leur région, voire leur volonté d’indépendance, ce qui serait un pas décisif vers l’éclatement de l’Irak.


Il est bon de rappeler, comme le fait Elias Muhanna dans The New Yorker, (« Iraq and Syria’s Poetic Borders », 13 août), que, loin d’être une entité artificielle, l’Irak a une longue histoire et de fortes particularités depuis les débuts de l’islam et que, malgré les empires qui se sont succédé à la tête du pays, il a conservé sa cohésion à travers les siècles.

Que faire alors, face à l’avancée de l’Etat islamique ? Il n’existe sans doute pas de réponse facile, tant les problèmes se sont accumulés depuis la guerre menée contre l’Irak en 1990-1991, le long embargo qui s’en est suivi et l’invasion irakienne qui ont détruit non seulement l’Etat mais la fabrique sociale de la société (lire sur ce blog « “Pétrole contre nourriture” : qui jugera les responsables de la destruction de l’Irak ? », 23 janvier 2013). En tous les cas, le pouvoir ne pourra se recomposer sur la base confessionnelle que Washington a imposée en 2003.


Même si je ne partage pas, loin de là, toutes les analyses de Stephen M. Walt (« Ne pas faire (plus) de mal : cela devrait être l’objectif des Etats-Unis au Moyen-Orient », Slate, 14 août), il faudrait que les Occidentaux suivent ses conseils :

« Les Etats-Unis ont passé une bonne partie de ces dix dernières années à traquer cet insaisissable Graal, et le résultat en a justement été le genre de chaos et de rivalités religieuses à l’origine de cette toute dernière crise. Nous avons peut-être la possibilité de faire un peu de bien aux minorités en danger, mais, par-dessus tout, qu’on ne fasse pas davantage de mal, ni à la région, ni à nous-mêmes. »

Notes

[1] Avant de finalement renoncer à son poste le 14 août

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