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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 17:25


Lénine, 23 août 1915, dans « Le Social-Démocrate » n°44

Retranscrit par JC pour Solidarité-Internationale-PCF

Dans le n° 40 du Social-Démocrate, nous annoncions que la Conférence des sections de notre Parti à l'étranger avait décidé d'ajourner la question relative au mot d'ordre des « États-Unis d'Europe », tant que l'aspect économique de la question n'aurait pas été examiné dans la presse.

 

Les débats sur cette question avaient pris à notre conférence un caractère exclusivement politique. Cela tenait peut-être en partie à ce que le manifeste du Comité Central avait formulé expressément ce mot d'ordre comme un mot d'ordre politique (« le mot d'ordre politique immédiat... » y est-il dit); non seulement il préconisait les États-Unis républicains d'Europe, mais il soulignait tout spécialement que « sans le renversement révolutionnaire des monarchies allemande, autrichienne et russe », ce mot d'ordre était absurde, mensonger.


Il serait totalement erroné de s'élever contre cette façon de poser la question dans les limites d'une appréciation politique de ce mot d'ordre, par exemple en lui reprochant d'estomper ou d'affaiblir, etc., le mot d'ordre de révolution socialiste. Les transformations politiques dans un sens véritablement démocratique, et à plus forte raison les révolutions politiques, ne peuvent jamais, en aucun cas, quelles que soient les conditions, ni estomper, ni affaiblir le mot d'ordre de révolution socialiste. Au contraire elles ne font jamais que rapprocher cette dernière en élargissant sa base, en entraînant dans la lutte pour le socialisme de nouvelles couches de la petite bourgeoisie et des masses semi-prolétariennes. Par ailleurs, les révolutions politiques sont inévitables au cours de la révolution socialiste, qui ne doit pas être considérée comme un acte unique, mais comme une époque orageuse de bouleversements politiques et économiques, de lutte de classes très aiguë, de guerre civile, de révolutions et de contre-révolutions.


Mais si le mot d'ordre des États-Unis républicains d'Europe, formulé en liaison avec le renversement révolutionnaire des trois monarchies les plus réactionnaires d'Europe, la monarchie russe en tête, est absolument inattaquable en tant que mot d'ordre politique, on se heurte encore à une question éminemment importante, celle du contenu et de la portée économiques de ce mot d'ordre. Du point de vue des conditions économiques de l'impérialisme, c'est-à-dire de l'exportation des capitaux et du partage du monde par les puissances coloniales « avancées » et « civilisées », les États-Unis d'Europe sont, en régime capitaliste, ou bien impossibles, ou bien réactionnaires.


Le capital est devenu international et monopoliste. Le monde se trouve partagé entre une poignée de grandes puissances, c'est-à-dire de puissances qui s'enrichissent en pillant et en opprimant les nations sans retenue. Quatre grandes puissances européennes: l'Angleterre, la France, la Russie et l'Allemagne, avec une population de 250-300 millions d'habitants et une superficie de près de 7 millions de kilomètres carrés, possèdent des colonies dont la population est d'environ un demi-milliard d'hommes (494,5 millions), et la superficie de 64,6 millions de kilomètres carrés, soit près de la moitié du globe (133 millions de kilomètres carrés sans la région polaire). Ajoutez à cela trois pays d'Asie: la Chine, la Turquie, la Perse actuellement dépecées par des forbans qui mènent une guerre « émancipatrice »: le Japon, la Russie, l'Angleterre et la France. Ces trois pays asiatiques, que l'on peut qualifier de semi-coloniaux (en réalité, ils sont maintenant, pour les neuf dixièmes, des colonies) comptent 360 millions d'habitants et 14,5 millions de kilomètres carrés de surface (c'est-à-dire près d'une fois et demie la surperficie de toute l'Europe).


Poursuivons. L'Angleterre, la France et l'Allemagne ont placé à l'étranger un capital d'au moins 70 milliards de roubles. Pour percevoir le bon petit profit « légitime » que rapporte cette somme rondelette, - profit qui dépasse trois milliards de roubles par an, - il existe des comités nationaux de millionnaires, appelés gouvernements, qui sont dotés d'une armée et d'une marine de guerre et qui « installent » dans les colonies et semi-colonies les fils et les frères de « Monsieur Milliard », en qualité de vice-rois, de consuls, d'ambassadeurs, de fonctionnaires de toutes sortes, de prêtres et autres sangsues.


Ainsi est organisée, à l'époque du développement ultime du capitalisme, la spoliation par une poignée de grandes puissances de près d'un milliard d'habitants du globe. Et, en régime capitaliste, toute autre organisation est impossible. Renoncer aux colonies, aux « sphères d'influence », à l'exportation des capitaux ? Y songer serait descendre au niveau du curé de campagne qui, tous les dimanches, prêche aux riches la majesté du christianisme et leur recommande de donner aux pauvres… sinon quelques milliards, du moins quelques centaines de roubles par an.


Les États-Unis d'Europe, en régime capitaliste, équivaudraient à une entente pour le partage des colonies. Or, en régime capitaliste le partage ne peut avoir d'autre base, d'autre principe, que la force. Un milliardaire ne peut partager le « revenu national » du pays capitaliste avec qui que ce soit, autrement qu' « en proportion du capital » (et encore avec cet additif que le plus gros capital recevra plus qu'il ne lui revient). Le capitalisme c'est la propriété privée des moyens de production et l'anarchie de la production. Prêcher le partage « équitable » du revenu sur cette base, c'est du proudhonisme, du béotisme de petit bourgeois et de philistin. On ne peut partager autrement qu'en fonction d'un « rapport de forces ». Or, le rapport des forces varie au cours de l'évolution économique. Après 1871, l'Allemagne s'est renforcée trois ou quatre fois plus vite que l'Angleterre et la France; le Japon, dix fois plus vite que la Russie. Pour mesurer la force réelle d'un État capitaliste, il n'y a et il ne peut y avoir d'autre moyen que la guerre. La guerre n'est pas en contradiction avec les principes de la propriété privée; elle en est le développement direct et inévitable. En régime capitaliste, le développement égal des différentes économies et des différents États est impossible. Les seuls moyens possibles, en régime capitaliste, de rétablir de temps en temps l'équilibre compromis, ce sont les crises dans l'industrie et les guerres en politique.


Certes, des ententes provisoires sont possibles entre capitalistes et entre puissances. En ce sens, les États-Unis d'Europe sont également possibles, comme une entente de capitalistes européens... dans quel but ? Dans le seul but d'étouffer en commun le socialisme en Europe, de protéger en commun les colonies accaparées contre le Japon et l'Amérique, gravement lésés dans l'actuel partage des colonies, et qui se sont renforcés au cours de ces cinquante dernières années infiniment plus vite que l'Europe monarchique, arriérée, qui pourrit déjà de vieillesse. Comparée aux États-Unis d'Amérique, l'Europe dans son ensemble est synonyme de stagnation économique. Sur la base économique d'aujourd'hui, c'est-à-dire en régime capitaliste, les États-Unis d'Europe signifieraient organisation de la réaction en vue de retarder l'évolution plus rapide de l'Amérique. Les temps sont à jamais révolus où l'œuvre de la démocratie et celle du socialisme étaient liées uniquement à l'Europe.


Les États-Unis du monde (et non d'Europe) sont la forme politique d'union et de liberté des nations que nous rattachons au socialisme en attendant que la victoire totale du communisme amène la disparition définitive de tout État, y compris l'État démocratique. Toutefois, comme mot d'ordre indépendant, celui des États-Unis du monde ne serait guère juste, d'abord parce qu'il se confond avec le socialisme; en second lieu, parce qu'il pourrait conduire à des conclusions erronées sur l'impossibilité de la victoire du socialisme dans un seul pays et sur l'attitude du pays en question envers les autres.


L'inégalité du développement économique et politique est une loi absolue du capitalisme. Il s'ensuit que la victoire du socialisme est possible au début dans un petit nombre de pays capitalistes ou même dans un seul pays capitaliste pris à part. Le prolétariat victorieux de ce pays, après avoir exproprié les capitalistes et organisé chez lui la production socialiste, se dresserait contre le reste du monde capitaliste en attirant à lui les classes opprimées des autres pays, en les poussant à s'insurger contre les capitalistes, en employant même, en cas de nécessité, la force militaire contre les classes exploiteuses et leurs États. La forme politique de la société où le prolétariat triomphera en renversant la bourgeoisie sera une république démocratique, centralisant de plus en plus les forces du prolétariat d'une nation ou de plusieurs dans la lutte contre les États qui ne sont pas encore passés au socialisme. La suppression des classes est impossible sans la dictature de la classe opprimée, du prolétariat. La libre union des nations sous le socialisme est impossible sans une lutte opiniâtre, plus ou moins longue, des Républiques socialistes contre les États arriérés.


C'est pour cette raison et à la suite de nombreuses discussions sur ce point, pendant et après la Conférence des sections du P.O.S.D.R. à l'étranger, que la rédaction de l'organe central en a conclu à la fausseté du mot d'ordre des États-Unis d'Europe.

Editions sociales, 1960, Tome 21 (août 1914-décembre 1915) des Oeuvres de V.Lénine, p 351-355

Référence retouvée en italien sur le site: http://www.resistenze.org/

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 14:54

Nous reproduisons ci-dessous une interview de Philippe Cordat, secrétaire général de l'Union Régionale CGT-Centre, parue sur Bastille République Nation.  Lu sur le site de BRN.

 

cordat-philippe

Le secrétaire général de la CGT a fait l’objet de révélations sur d’importants travaux dans son logement de fonction aux frais de son organisation, ainsi que d’une substantielle prime de mutation qui a accompagné son élection à la tête de la centrale syndicale. Ces informations ont provoqué un tollé parmi de nombreux syndicats et syndiqués. Au point de provoquer une crise sans précédent au sein de la CGT et de ses organes dirigeants. Une réunion cruciale du Comité confédéral national (CCN) est prévue le 13 janvier [2015], qui pourrait sceller le sort de Thierry Lepaon.

 

Mais l’émotion autour des faits rendus publics cache en réalité de profondes interrogations sur les orientations de la Confédération, qui remontent notamment à la période où la CGT a préparé son entrée à la Confédération européenne des syndicats (CES). Philippe Cordat, secrétaire général de l’Union régionale-Centre, livre à "Bastille-République-Nation" son analyse des véritables enjeux.

 

 

Bastille-République-Nations – Les révélations relatives au secrétaire général de la CGT semblent avoir déclenché de violentes réactions parmi les syndicats et les syndiqués. Qu’en est-il au juste ?

 

Philippe Cordat Il faut tout d’abord rappeler le contexte. Celui-ci est marqué par la colère et l’écœurement du monde du travail face aux politiques menées par les gouvernements qui se sont succédé depuis des années, encore amplifiées ces derniers mois. On peut parler d’une régression historique qui touche de plein fouet les salaires et le pouvoir d’achat, les conquêtes et les droits sociaux, la démocratie. C’est dans ce contexte qu’ont été révélées les pratiques que vous avez évoquées. On peut imaginer à quel point cela a exacerbé l’exaspération au sein de nos propres organisations, et parmi les salariés en général.

 

 

BRN – Au regard de la situation sociale que vous venez de rappeler, les griefs adressés au secrétaire général pourraient paraître finalement mineurs…

 

PhC Le sentiment assez largement partagé en interne est la gravité des faits incriminés. Ces pratiques révélées sont vécues, par beaucoup de militants, comme une véritable rupture avec les principes et l’histoire de la CGT. Des syndiqués font valoir que leurs cotisations ne sont pas faites pour améliorer le train de vie de quelques dirigeants, et une certaine suspicion peut s’étendre à tous les niveaux : comment sont utilisés les moyens dont disposent les différentes structures ?

  

BRN – On a dit que de nombreuses cartes d’adhérent volaient ?

 

PhC A ma connaissance, cela existe, certes, mais pour l’heure de manière limitée. Il me semble que la manière la plus efficace de réagir est de redonner la parole aux syndiqués, en particulier en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles ces dérives ont pu se développer. Dans l’immédiat, je fais partie de ceux qui exigent que tous ceux qui sont impliqués dans ce scandale quittent leurs responsabilités, collectivement et sans délai, comme le précise un appel déjà signé par nombre de dirigeants de différentes structures.

  

BRN – Vous avez évoqué les raisons qui ont amené à une telle situation…

 

PhC – Il faut rappeler le contexte dans lequel Thierry Lepaon avait été élu, il y a un an et demi : aucun des trois candidats en lice n’avait pu s’imposer, et c’est finalement un quatrième homme qui est sorti du chapeau, par défaut. Mais plus fondamentalement, une telle évolution est révélatrice d’une dérive majeure dans trois domaines étroitement liés : le choix des dirigeants aux différents niveaux ; l’orientation générale de notre centrale ; et la conception même du syndicalisme. Et tout ça remonte loin, à une vingtaine d’années au moins…

  

BRN – Ce qui correspond à la période où la CGT préparait son adhésion à la Confédération européenne des syndicats (CES)…

 

PhC L’adhésion proprement dite remonte à 1999, mais cette perspective s’était dessinée plusieurs années plus tôt. La première étape fut le départ de la CGT de la Fédération syndicale mondiale (FSM), départ exigé par les instances de la CES qui accusaient la FSM d’être historiquement trop liée au syndicalisme des pays socialistes. 

Le secrétaire général de la CGT a fait l’objet de révélations sur d’importants travaux dans son logement de fonction aux frais de son organisation, ainsi que d’une substantielle prime de mutation qui a accompagné son élection à la tête de la centrale syndicale. Ces informations ont provoqué un tollé parmi de nombreux syndicats et syndiqués. Au point de provoquer une crise sans précédent au sein de la CGT et de ses organes dirigeants. Une réunion cruciale du Comité confédéral national (CCN) est prévue le 13 janvier, qui pourrait sceller le sort de Thierry Lepaon.

 

Mais l’émotion autour des faits rendus publics cache en réalité de profondes interrogations sur les orientations de la Confédération, qui remontent notamment à la période où la CGT a préparé son entrée à la Confédération européenne des syndicats (CES). Philippe Cordat, secrétaire général de l’Union régionale-Centre, livre à BRN son analyse des véritables enjeux.

 

  

BRN – Les révélations relatives au secrétaire général de la CGT semblent avoir déclenché de violentes réactions parmi les syndicats et les syndiqués. Qu’en est-il au juste ?

 

PhC Il faut tout d’abord rappeler le contexte. Celui-ci est marqué par la colère et l’écœurement du monde du travail face aux politiques menées par les gouvernements qui se sont succédé depuis des années, encore amplifiées ces derniers mois. On peut parler d’une régression historique qui touche de plein fouet les salaires et le pouvoir d’achat, les conquêtes et les droits sociaux, la démocratie. C’est dans ce contexte qu’ont été révélées les pratiques que vous avez évoquées. On peut imaginer à quel point cela a exacerbé l’exaspération au sein de nos propres organisations, et parmi les salariés en général.

 

BRN – Au regard de la situation sociale que vous venez de rappeler, les griefs adressés au secrétaire général pourraient paraître finalement mineurs…

 

PhC Le sentiment assez largement partagé en interne est la gravité des faits incriminés. Ces pratiques révélées sont vécues, par beaucoup de militants, comme une véritable rupture avec les principes et l’histoire de la CGT. Des syndiqués font valoir que leurs cotisations ne sont pas faites pour améliorer le train de vie de quelques dirigeants, et une certaine suspicion peut s’étendre à tous les niveaux : comment sont utilisés les moyens dont disposent les différentes structures ?

 

BRN – On a dit que de nombreuses cartes d’adhérent volaient ?

 

PhC A ma connaissance, cela existe, certes, mais pour l’heure de manière limitée. Il me semble que la manière la plus efficace de réagir est de redonner la parole aux syndiqués, en particulier en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles ces dérives ont pu se développer. Dans l’immédiat, je fais partie de ceux qui exigent que tous ceux qui sont impliqués dans ce scandale quittent leurs responsabilités, collectivement et sans délai, comme le précise un appel déjà signé par nombre de dirigeants de différentes structures.

 

BRN – Vous avez évoqué les raisons qui ont amené à une telle situation…

 

PhC – Il faut rappeler le contexte dans lequel Thierry Lepaon avait été élu, il y a un an et demi : aucun des trois candidats en lice n’avait pu s’imposer, et c’est finalement un quatrième homme qui est sorti du chapeau, par défaut. Mais plus fondamentalement, une telle évolution est révélatrice d’une dérive majeure dans trois domaines étroitement liés : le choix des dirigeants aux différents niveaux ; l’orientation générale de notre centrale ; et la conception même du syndicalisme. Et tout ça remonte loin, à une vingtaine d’années au moins…

 

BRN – Ce qui correspond à la période où la CGT préparait son adhésion à la Confédération européenne des syndicats (CES)…

 

PhC L’adhésion proprement dite remonte à 1999, mais cette perspective s’était dessinée plusieurs années plus tôt. La première étape fut le départ de la CGT de la Fédération syndicale mondiale (FSM), départ exigé par les instances de la CES qui accusaient la FSM d’être historiquement trop liée au syndicalisme des pays socialistes. A l’époque, l’argument officiel justifiant l’adhésion à la CES était que nous pourrions infléchir cette dernière de l’intérieur, en y apportant un état d’esprit de lutte de classes. En fait, la confédération s’est progressivement coulée dans le moule du « syndicalisme européen ». Dans les faits, les conceptions de luttes et de rapport de forces se sont effacées au profit du concept clé cher à Bruxelles : le « dialogue social »… Et l’illusion dangereuse selon laquelle il faudrait se battre pour l’« Europe sociale » fait désormais partie des dogmes inlassablement serinés par la direction confédérale.

 

BRN – Mais quel rapport avec les comportements qui sont aujourd’hui l’objet du scandale ?

 

PhC L’histoire et l’essence même de la CES relèvent du syndicalisme « hors sol » : à Bruxelles, les dirigeants n’ont, la plupart du temps, jamais eu l’occasion d’être salarié – sans même parler de se battre – dans une entreprise. J’ajoute qu’au sein même de la CES, abondent des stages, formations et séminaires, souvent co-organisés avec le patronat européen. Ce côtoiement permanent n’est pas sans conséquence, y compris parmi les dirigeants de la CGT.

 

BRN – C’est-à-dire que cette « institutionnalisation », cette « fonctionnarisation » des pratiques syndicales a essaimé à la direction de celle-ci ?

 

PhC A Bruxelles, les « négociations » au sommet sont monnaie courante, sans rapport avec les revendications des salariés, qui en ignorent jusqu’à l’existence. Cette pratique s’est répandue en France, entre « conférences sociales » et « dialogue social » au sommet, hors de la visibilité, a fortiori hors du rapport de force du monde du travail réel. Du coup, quand on a des dirigeants essentiellement investis dans cette démarche, et qui passent plus de temps dans les salons avec les gouvernants ou les patrons qu’avec les salariés sur le terrain, il ne faut sans doute pas s’étonner des dérives qu’on découvre aujourd’hui.

 

BRN – Cela renvoie à ce que vous évoquiez, orientations et conception même du syndicalisme…

 

PhC A mon sens, les directions confédérales successives de la CGT, depuis les années 1990, se sont éloignées, voire ont rompu, avec l’exigence fondatrice du syndicalisme français, déjà pointée par la Charte d’Amiens (1906) : mener de front l’action revendicative et celle pour la transformation de la société. Cette nécessaire transformation passe par la remise en cause de la propriété privée des moyens de production. Il en va ainsi du mot d’ordre, répété depuis deux décennies, du « syndicalisme rassemblé », qui est en réalité la feuille de vigne d’une alliance avec la CFDT. Or la vraie préoccupation devrait être bien plutôt de rassembler le salariat, aujourd’hui précarisé, éclaté, déboussolé.

 

 

BRN – Par quoi devrait passer une telle démarche ?

 

PhC Rassembler le salariat impose de s’interroger sur la conduite des luttes et de dégager des revendications fédératrices. Or force est de constater qu’au siège de la Confédération, on se refuse à mettre en débat des thèmes essentiels comme par exemple la nature et l’importance du travail salarié, le financement de la protection sociale… Conséquence : les syndiqués découvrent dans la presse des déclarations ahurissantes du secrétaire général…

 

BRN – Vous faites allusion à l’interview de Thierry Lepaon dans Le Nouvel Economiste (21/02/14) ?

 

PhC Celle-ci s’inscrit dans une série de déclarations convergentes. Mais il est vrai que dans l’entretien que vous citez, il déclarait : « il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés (…) et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté ». Une telle affirmation, qui renie l’essence même de la CGT depuis 120 ans, a soulevé un tollé parmi de nombreuses structures et syndicats. C’est sans doute aussi à cette lumière qu’on doit comprendre la crise actuelle.

 

BRN – Il reste que des cadres et dirigeants de la centrale peuvent peut-être jouer sur un réflexe de « forteresse assiégée », où il conviendrait de serrer les coudes face aux attaques des adversaires…

 

PhC Ce réflexe peut bien sûr exister. Mais au vu de la gravité de la crise interne, je doute qu’il suffise à rétablir la situation. Si la direction confédérale continue de refuser d’entendre ce qui monte de nombre de structures – notamment des Unions départementales (UD) – alors, on risque l’implosion. Je veux rappeler qu’en février 2005, le secrétaire général de l’époque, Bernard Thibault, ainsi que le bureau confédéral et la Commission exécutive, avaient ensemble subi un camouflet historique, lorsque le CCN se prononça clairement en faveur du Non au projet de traité constitutionnel, contre leur avis. Pour la première fois, ces instances étaient mises en minorité par les représentants des organisations de la CGT. Et ce, sur une question absolument essentielle.

 

BRN – Sur l’Europe, déjà…

 

PhC En effet. Près de dix ans plus tard, je suis convaincu qu’au sein de la CGT, les forces qui n’ont pas renoncé à allier le combat social et la défense de la souveraineté du peuple sont toujours nombreuses. Le fossé se creuse avec les dirigeants « hors sol » qui ont oublié que les nations existent, avec leur histoire et leur réalité politique. L’abandon du terrain national par la CGT officielle a créé les conditions pour que des forces politiques telles que le Front national investissent ce dernier. Car notre peuple sent bien que la promesse d’une « harmonisation sociale » européenne, censée « octroyer » d’en haut des acquis, ne peut être qu’une escroquerie. Il n’y a jamais eu d’« acquis social » qui n’ait été arraché par des mobilisations populaires et des luttes nationales. Jamais.

 

BRN – Quelles seraient aujourd’hui les conditions qui permettraient à la CGT de renouer avec les perspectives de luttes et de succès ?

 

PhC – Il faudrait avoir le courage d’ouvrir un large débat, de favoriser les échanges et les confrontations, sans les verrouiller à l’avance comme ce fut le cas lors des derniers congrès. En outre, il est plus que jamais nécessaire de reprendre un vrai travail de formation sur les fondamentaux de la CGT, en redonnant sa place à l’histoire, en particulier celle du mouvement ouvrier. Fort de ce bagage, d’une orientation tournant le dos aux compromissions, et de l’expérience militante de terrain, les syndiqués et syndicats pourraient être à nouveau en position de résistance et de reconquête. En particulier sur le terrain des luttes contre l’austérité européenne, pour l’augmentation des salaires, pour la défense des services publics.


source : le nouveau Bastille République Nations

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 14:49

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AUTRICHE
Initiative populaire pour le retrait de l’Union Européenne

Le 17 décembre 2014, l’«Initiative populaire pour le retrait de l’UE» a été déposée auprès des autorités compétentes autrichienne afin de demander une votation populaire pour le retrait de l’Autriche de l’Union européenne. Ci-dessous, nous vous transmettons les informations concernant les arguments officiels de cette initiative déposés auprès du Ministère autrichien de l’Intérieur, représentant une partie importante de la documentation exigée.

Exposé des motifs du dépôt :

En réalité, presque toutes les promesses faites avant l’adhésion à l’UE il y a 20 ans, ayant mené à son acceptation par les votants, ont été bafouées. Au lieu d’avoir favorisé une progression, on a assisté à une débâcle de l’Autriche dans presque tous les domaines: augmentation du chômage, accroissement des dettes de l’Etat, baisse du pouvoir d’achat pour la grande majorité des gens, hausse de la criminalité, disparition presque totale de la petite paysannerie et détérioration de l’environnement. Les décisions de l’UE sont dictées, selon l’avis de larges franges de la population, par les multinationales du nucléaire, de la technique génétique et de la chimie ainsi que par des chaînes commerciales internationales ne laissant aucune chance à un approvisionnement de proximité respectueux de la nature et garanti également en cas de crise.

 

La politique de paix est particulièrement menacée par notre adhésion à l’UE. Cette dernière bafoue systématiquement le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes représentant le fondement de la liberté et de la paix. La participation de l’Autriche aux sanctions contre la Russie est incompatible avec sa neutralité perpétuelle inscrite dans sa Constitution. Nous voulons une Autriche libre et neutre, qui ne soit pas une «colonie» de Bruxelles ou de Washington. Nous ne voulons en aucun cas être entraînés dans des conflits internationaux dont nous n’avons que faire et qui sont, militairement parlant, particulièrement dangereux pour la paix. Combattons le mal dès le début, sinon il pourrait être trop tard!


Les négociations secrètes menées depuis plusieurs années entre l’UE et les Etats-Unis/Canada pour créer un traité de libre-échange transatlantique (appelé TAFTA ou TTIP en anglais et PTCI en français) ne seraient pas valables pour nous si nous n’étions plus membres de l’UE. Il en irait de même pour les contributions nettes que l’Autriche doit payer en tant que membre de l’UE depuis 20 ans. L’Autriche ne reçoit en retour qu’une faible partie de ces 30 milliards de Schilling autrichiens qu’elle doit verser annuellement, ce retour étant taxé faussement d’«aides financières» part l’UE. En outre, l’Autriche n’est pas même autorisée à utiliser cet argent selon son bon vouloir. Il s’agit, en fait, d’une perte nette depuis 20 ans pour l’Autriche, contribuant ainsi à la réduction de la politique sociale et des prestations sociales de l’Etat en faveur de la population en général.


Le retrait de l’UE est garanti juridiquement par l’article 50 du «Traité sur l’Union européenne», précisant:


–    au § 1: «Tout Etat membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.»


–    au § 2: «L’Etat membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. A la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet Etat un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.»


–    au § 3: «Les traités cessent d’être applicables à l’Etat concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l’Etat membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.»


Cet article de retrait de l’Union est expliqué en détail sur 13 pages dans le manuel juridique standard intitulé «Das Recht der Europäischen Union» rédigée par Grabitz/Hilf/Nettesheim (paru en 2014 aux Editions C.H.Beck oHG) dans le volume des commentaires no I rédigé par Dörr.


On y trouve entre autre ceci: «La fonction essentielle du nouvel article 50 est d’établir la clarté juridique. L’article 50, paragraphe 1, définit le droit au retrait en tant que droit d’option unilatéral de chaque Etat membre. L’analyse de cet article dans son intégralité, justifie le fait qu’il s’agit d’un droit formateur unilatéral. Il en apparaît clairement que l’accord de retrait à négocier n’a pas d’importance pour la validité du retrait, c’est-à-dire que le fondement juridique pour sortir de l’UE repose uniquement sur la déclaration de volonté unilatérale de l’Etat désirant se retirer. Cela correspond à la situation juridique selon le droit international (Rdnr. 13). Le texte du paragraphe 1 permet au membre désirant se retirer non seulement de ‹décider›, mais aussi d’agir en conséquence.»


Et le commentaire de Dörr de compléter: «L’exercice du droit de retrait ne dépend selon l’article 50 d’aucune condition préalable matérielle, il s’agit donc d’un droit de libre résiliation. L’Etat souhaitant le retrait n’est tenu en aucune façon de justifier sa décision, ni envers les organes de l’UE ni envers les autres Etats membres, aucune directive ne l’y contraint.»


Il n’est nulle part question d’obligation de paiement en cas de retrait, bien au contraire. L’Autriche aurait non seulement la possibilité d’économiser ses cotisations annuelles en tant que contributeur net, mais aussi toutes les contributions aux prétendus «plans de sauvetage de l’euro». L’Autriche économiserait donc les milliards de contribution pour le Mécanisme européen de stabilité (MES) ainsi que l’obligation de garantie exorbitante pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF). L’Autriche pourrait de nouveau émettre sa propre monnaie, le Schilling, et mener une politique monétaire orientée en premier lieu vers le bien-être de l’économie nationale autrichienne.


Le Conseil national autrichien a absolument le droit de décider du retrait du pays de l’UE! Mais bien sûr qu’une telle décision doit être soumise au peuple ayant le dernier mot. Ainsi personne ne sera «écarté», car autant les partisans que les adversaires de l’UE pourront s’exprimer. Le motif de cette initiative populaire correspond donc à une volonté sincèrement démocratique à laquelle personne ne devrait faire barrage.


Dans l’ensemble, on cherche par ce retrait de la République autrichienne de l’Union européenne à éviter de plus amples dommages à la population. Une grande partie de la population considère l’UE comme un instrument de mise sous tutelle centraliste provoquant une paralysie liée à sa tendance dictatoriale n’offrant guère de perspective pour l’avenir. Des Etats indépendants de petite taille offrent de meilleures chances pour une économie durable et une manière de vie respectueuse de l’environnement, offrant également dans tous les domaines un avenir et de l’«air pour respirer» aux générations futures!


Inge Rauscher, responsable de l’initiative populaire pour le retrait de l’UE (EU-Austritts-Volksbegehrens)


(Traduction Horizons et débats)

repris par el diablo

le site de l'initiative [en allemand]

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 14:44

pot-echappement.jpg

CGT-UITransports

Communiqué de l’Union Interfédérale des Transports UIT CGT
Au sortir d’une Conférence Environnementale où les transports faisaient l’objet d’une table ronde, on sort un projet de loi (Macron) prévoyant une libéralisation de l’autocar, très loin de faire l’unanimité !

Ce projet de loi prévoit des "services librement organisés" avec "la possibilité", pour les entreprises de transport public routier de personnes, d’assurer — à leur initiative — "toute desserte interurbaine".

On permet ainsi un développement de la concurrence à outrance inter et intra modale. 

 

Dans un période où de nombreuses lignes ferroviaires sont menacées de fermeture par manque d’investissement dans l’entretien et la modernisation des infrastructures ferroviaires tout comme le renouvellement du matériel (Corail-train de nuit …) avec une réforme du système ferroviaire qui n’a pas réglé le problème de la dette du système, dette d’Etat.

Arrêtons d’opposer et de mettre en concurrence les modes de transports et les salariés qui les assurent !

Voyons les dégâts de cette logique politique dans le transport des marchandises, source d’un dumping social conduisant à des milliers de suppressions d’emplois dans le transport routier marchandises, dans le Fret ferroviaire, tout en développant une précarisation de l’emploi, sans oublier les effets négatifs sur les enjeux environnementaux !

Car, contrairement aux annonces faites, il n’y aura pas la création de 10 000 emplois (et de quels emplois parlons-nous : précaires-travailleurs détachés …) pendant que des milliers sont supprimés à la SNCF.

De plus, il faut aussi savoir qu’une partie des usagers du rail ne se reporte pas sur les autocars et reprend la voiture.

On va encore amplifier les inégalités sociales et territoriales :

  • le TGV pour les grandes métropoles et les plus nantis,
  • l’autocar pour les autres villes et les plus démunis.
Comme pour le transport routier marchandises, on ne comptabilise pas — dans le tarif — les coûts externes (accidentologie, usure des infrastructures, pollution …) payés par tous les contribuables !!

La CGT considère que nous avons besoin de tous les modes de transports en complémentarité, dans un concept multimodal, sous contrôle et maîtrise publics.

Cela pour reconstruire un véritable service public de transport répondant à l’intérêt général accessible à tous (y compris tarifaire), quel que soit le territoire… ce que n’est pas la politique du bas coût (low cost) qui conduit à:

  • > une baisse de la qualité de service,
  • fragiliser la sécurité,
  • précariser et supprimer l’emploi,
  • > avec des effets extrêmement négatifs sur l’augmentation des émissions de CO2 –avec un report à l’envers du rail vers la route.
Au final, cette stratégie bas coût, c’est perdant/perdant pour les salariés et les usagers mais gagnant/gagnant pour les grands groupes et leurs actionnaires !

Montreuil, le 22 décembre 2014

 

Lu sur le blog de l'UL CGT de Dieppe

repris par el diablo

 

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 14:42
Après le vote au Conseil de sécurité, il faut aller de l’avant

http://www.france-palestine.org/Apres-le-vote-au-Conseil-de - Communiqué du 31 décembre 2014

La réso­lution pour la recon­nais­sance de l’Etat de Palestine n’a pu être adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU en raison des pres­sions amé­ri­caines (8 pour, 5 abs­ten­tions, 2 contre).

Ainsi les Etats-​​Unis refusent toute ini­tiative en faveur d’un règlement du conflit sur la base du droit inter­na­tional et se posent en garants incon­di­tionnels de l’impunité d’Israël. Non seulement ils ont voté contre, mais ils ont contraint à s’abstenir deux Etats afri­cains, le Nigeria et le Rwanda, qui ont reconnu la Palestine. Le Royaume uni, lui aussi, s’est réfugié dans une piteuse abstention.

Nous nous féli­citons par contre du vote positif de la France (et du Luxem­bourg). Elle doit à présent en tirer tous les enseignements.

Dans ces condi­tions, le projet de confé­rence inter­na­tionale envi­sagée par Laurent Fabius, dans laquelle l’Europe aurait pu jouer un rôle pour imposer une négo­ciation sur la base des seuls para­mètres du droit inter­na­tional, paraît mort né.

La France, forte du vote de ses deux assem­blées en faveur de la recon­nais­sance de l’Etat de Palestine, ne doit pas accepter de se laisser mar­gi­na­liser par les Etats-​​Unis, mais assumer ses res­pon­sa­bi­lités his­to­riques en toute indé­pen­dance. Elle doit s’afficher réso­lument du côté de ceux qui cherchent une paix juste et durable entre Pales­ti­niens et Israéliens.

Elle doit recon­naître sans plus attendre l’Etat de Palestine et, dans le même temps, sou­tenir les Pales­ti­niens dans leurs démarches en direction des agences de l’ONU et de la Cour Pénale Internationale.

Le Bureau national,
Paris, le 31 décembre 2014

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 16:07
Lu sur Rouge-Midi
Loi Macron : le retour au capitalisme pur et dur du 19ème siècle ! 


Dire qu’ils ont essayé, lors des « États généraux » du 6 décembre 2014 de faire plaisir à Valls en remplaçant de facto le mot « socialisme » par le mot « progressisme » ! Quant on découvre la loi Macron il faut au moins inventer le mot « régressisme ». Jamais sans doute, un gouvernement issu de la "gauche" n’a osé proposer une loi aussi rétrograde, libérale, en tout point destructrice des droits des salariés.

C’est un projet qui porte sur le droit du travail, fait par un ministre de l’économie. C’est un retour au milieu du XIXème siècle, avant qu’on invente un ministère du travail.

Un projet dont le titre III, étonnamment intitulé « TRAVAILLER » donne toute la mesure. On ne fera pas l’injure de penser qu’une loi dite « Pour la croissance et l’activité » montre du doigt les fainéants de chômeurs ou l’indolence des travailleurs dans un pays où leur productivité est une des plus fortes du monde, mais on peut sans doute y voir le vivre pour travailler opposé au travailler pour vivre.

Ils la justifient tous les matins dans les radios officielles, en affirmant qu’il faut « déréguler pour libérer les énergies et créer de l’emploi ». C’est évidemment l’inverse.

C’est là ou il y a le moins de réglementation qu’il y a le plus de chômage.

La preuve, on l’a : cela fait dix ans qu’ils dérégulent et depuis dix ans, le chômage s’accroit. L’ANI du 11 janvier 2013 et la loi qui en est issue du 14 juin 2013, devaient, en assouplissant les licenciements, « sécuriser l’emploi » : on a 250 000 chômeurs de plus.

Et la loi Macron propose d’assouplir encore plus les licenciements, cela fera encore plus de chômeurs, bien sur.

En 1992, le travail de nuit a été autorisé pour les femmes, il paraît que c’était pour l’égalité professionnelle hommes femmes et pour l’emploi. Vingt ans plus tard, 7,4 % des salariés travaillent de nuit en 2012, contre 3,5 % en 1991 soit un total de 3,5 millions de personnes. Un million de femmes ont été frappées de plein fouet par cette nuisance. Elles sont aujourd’hui plus de 9 % à être des travailleuses de nuit : deux fois plus qu’il y a 20 ans !

Et il y a un million et demi de chômeurs de plus ! Et Macron nous propose, dans sa nouvelle et maudite loi libérale, de travailler « en soirée » (sic)…

C’est grotesque de chercher à vendre du parfum à minuit ou le dimanche à des touristes chinois présumés alors qu’ils restent en moyenne 7 jours à Paris et que leurs « tours opérators » ont planifié d’avance une demie journée d’achats en plein jour de semaine ! Les touristes chinois de toute façon achètent du parfum en duty free à l’aéroport surtout si l’aéroport a été vendu à une société chinoise ! Alors pourquoi faire venir des femmes pauvres et précaires, qui n’ont pas le choix, vendre des parfums « en soirée » ou le dimanche ?

Ça ne marchera pas, et elles seront obligées de rentrer chez elles en banlieue à 2 h du matin, ou de ne pas voir leurs enfants le dimanche. Pour rien, car maintenant Macron l’avoue, sa loi ne prévoit aucune majoration de salaire le dimanche ni « en soirée ».

La déréglementation à la Macron, (et de ses annexes Mandon, Rebsamen) on va l’étudier ci dessous, frappe tout, l’inspection du travail, la médecine du travail, la justice du travail, le droit pénal du travail, les institutions représentatives du personnel, et même le bulletin de paie qui deviendra opaque.

Elle s’en prend aussi à toutes les professions de droit, avocats, avoués, notaires, huissiers, greffiers, afin de les soumettre aux « firmes » juridiques anglo-saxonnes qui s’empareront ainsi du traitement de nos successions et des ventes. Alors qu’il aurait fallu transformer ces officines en service public et contrôler leurs actes et leurs couts, elles vont, au contraire, être éclatées et davantage soumises aux puissantes et rapaces multinationales juridiques.

Tout comme, les taxis : Macron pousse la G7 à se saborder pour le compte de la multinationale Uber low cost qui fait main basse sur les « VTC » (voiture tourisme avec chauffeur) et vous trouverez bientôt des chauffeurs philippins aux horaires mortels, et aux prix négociés au cas par cas sans compteur.

C’est le principe d’Air France et de Transavia… ça consiste à réserver la sécurité et le confort des services aux riches et créer des alias de seconde zone et second prix pour les pauvres ! Macron ré invente la « troisième classe » des trains à la SNCF, ce seront les autocars pour les jeunes pauvres qui ne peuvent plus se payer le TGV.

Disons le avec force : moins de code du travail c’est moins de travail et plus de chômeurs.

Le seul moment depuis trente ans où l’on a fait reculer le chômage de masse c’est quand on a fait les 35 h sans perte de salaires. Même imparfaitement imposées, même trop compensées par de la flexibilité, elles ont crée 400 000 emplois de plus qu’ailleurs.

Ce qu’il y a de bien dans des durées du travail fixes et fermes, c’est qu’elles sont inflexibles : or la flexibilité crée du chômage, ce sont les salariés, bien formés, bien protégés, bien payés qui produisent le plus et le mieux, pas les flexibles ! Si on veut créer de l’emploi il faut faire reculer la flexibilité !

La loi Macron n’est même pas « sociale libérale » comme le prétendent certains elle est libérale, elle n’a rien de social…

Et comme on va le voir, elle ouvre des champs nouveaux aux revendications les plus intégristes du Medef.
Il faut l’analyser soigneusement – comme l’ANI en 2013 – car le diable est dans les détails.

La grande presse, comme pour l’Ani en 2013 va masquer ces détails et empêcher qu’ils soient connus, appréciés par les salariés et syndiqués. Ils vont prétexter que c’est trop compliqué, trop difficile, peu médiatique, et ils vont faire de la propagande générale sur le texte qui « débloque » « assouplit », « modernise » « casse les corporatismes » etc.…

A nous de faire percer la vérité, dans les détails, sur le fond.

Gérard Filoche

Transmis par la_peniche

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:58

chine-russie1.jpg

Défiant directement les pouvoirs de l'OTAN et leur politique qui consiste à couper l'accès de la Russie au crédit afin de faire diminuer la valeur du rouble et ruiner l'économie russe, la Chine s'engage à procurer de l'aide financière à Moscou.

Le 20 décembre, le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi a insisté sur la nécessité d'aide mutuelle entre la Chine et la Russie lors de remarques par rapport à la crise du rouble, dont la valeur a chuté radicalement de 45 pour cent contre le dollar cette année. «La Russie a la capacité et la sagesse de surmonter les difficultés présentes dans la situation économique», a dit Wang. «Si la Russie en a besoin, nous allons fournir l'assistance nécessaire autant que nos moyens le permettent.»


Lors de remarques faites le lendemain sur Phoenix TV, chaîne de télévision de Hong Kong, le ministre du Commerce chinois Gao Hucheng a dit que Beijing renforcerait ses liens avec Moscou dans les secteurs manufacturiers et de l'énergie, prédisant que l'échange commercial entre la Chine et la Russie atteindrait la cible de 100 milliards de dollars cette année malgré la crise du rouble. Alors que la valeur du rouble en dollars ou en euros varie énormément, Gao a proposé un éloignement du dollar en finançant l'échange sino-russe avec la monnaie chinoise, le yuan ou renminbi.

Gao a dit que la Chine se concentrerait sur «des facteurs fondamentaux, par exemple la façon dont les deux économies se complètent », d'après Reuters. «Il se peut que les investisseurs de capitaux soient plus intéressés par les marchés d'actions ou des changes volatiles. Mais en termes de coopération concrète entre les deux nations, nous aurons une mentalité équilibrée et encouragerons ces coopérations», a dit Gao.


Lundi, le China Daily a cité Li Jianmin de l'Académie chinoise des sciences sociales disant que l'aide pour la Russie pourrait passer par des canaux comme la Shanghai Cooperation Organization (SCO) ou le forum BRICS. Un fait significatif est que le SCO (une alliance entre la Chine, la Russie, et des États d'Asie centrale) et les pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) excluent tous deux les États-Unis et l'Europe.

Li a noté que lors d'une rencontre au Kazakhstan le mois dernier, les premiers ministres chinois et russe, Li Keqiang et Dmitry Medvedev, avaient déjà signé des accords importants concernant les réseaux de chemin de fer, l'infrastructure et le développement dans les régions orientales de la Russie au nord de la Chine. «Des prêts, la coopération pour des projets majeurs, et la participation à l'investissement en infrastructure domestique en Russie sont des options qui sont envisagées», a-t-il ajouté. Lors de l'une de ces ententes le mois dernier, la Chine a signé un accord de 400 milliards de dollars d'une durée de 30 ans pour acheter du gaz russe.


Ces offres d'assistance vont à l'encontre de la guerre économique lancée par l'impérialisme européen et américain afin de punir Moscou pour son opposition à la restructuration néocoloniale de l'Eurasie.

En guise de représailles pour l'appui russe au président Bashar al-Assad contre les guerres par procuration de l'OTAN en Syrie et l'opposition russe au régime ukrainien appuyé par l'OTAN, les puissances de l'OTAN cherchent à étrangler la Russie financièrement. Tandis que les revenus pétroliers de la Russie chutaient avec la baisse du prix du pétrole mondial et que le rouble s'effondrait, elles ont coupé l'accès au crédit à la Russie et exigé qu'elle se plie au régime de Kiev.

Le mécanisme financier à la base de cette stratégie a été développé dans le Financial Times de Londres par Anders Aslund du Petersen Institute for International Economics. «La Russie n'a reçu aucun financement international important – pas même des banques d'État chinoises – parce que tout le monde a peur des contrôles financiers américains», a-t-il écrit. Avec des sorties de capitaux de 125 milliards de dollars, des réserves en devises étrangères liquides de seulement 200 milliards de dollars et un total de dettes étrangères de 600 milliards de dollars, la Russie épuiserait sa réserve de dollars et ferait faillite en aussi peu que deux ans, d'après les calculs d'Aslund.


Mais maintenant, Beijing semble accepter le risque d'une confrontation avec les États-Unis et se prépare publiquement a lancer une bouée de sauvetage financière à la Russie. Les réserves en devise chinoise au montant de 3,89 billions de dollars sont les plus importantes au monde, et, du moins sur papier, permettent à Beijing de payer sans problème les dettes de la Russie.

Il est significatif que les appels de Wang et Gao pour venir en aide à la Russie aient été lancés une journée après un sommet de l'Union européenne (UE) parcouru de divisions au sujet de la Russie tenu plus tôt ce mois-ci. Mais bien que l'UE ait appuyé les sanctions des États-Unis contre la Russie, le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier, le président français François Hollande et le premier ministre italien Matteo Renzi se sont tous opposés publiquement aux propositions de sanctions additionnelles. Des journaux importants européens ont également mis en garde contre le risque d'effondrement de l'État russe.


Alors qu'il évalue sa réponse à la crise du rouble, le régime chinois, qui fait face à un ralentissement économique et à la montée de protestations sociales au sein de la classe ouvrière et des masses paysannes, craint sans doute les conséquences d'une implosion politique et économique de son voisin au nord.

Les conflits économiques qui surgissent entre les grandes puissances autour de la crise du pétrole et la campagne de guerre impérialiste en Eurasie témoignent de l'état avancé de la crise du capitalisme mondial et du risque de guerre mondiale.


L'aide chinoise à la Russie, si elle devait se matérialiser, exacerberait le conflit entre la Chine et les États-Unis. Washington tente de l'encercler militairement à travers son «pivot vers l'Asie», s'alliant avec le Japon, l'Australie et l'Inde. Les plans de guerre contre la Chine, autant militaires qu'économiques, sont sûrement présentement étudiés à Wall Street et au Pentagone.

Il y a un an, un article intitulé «La Chine ne doit pas reproduire les erreurs du Kaiser», le chroniquer du Financial Times Martin Wolf a averti la Chine contre toute action qui pourrait être interprétée comme une remise en question de l'hégémonie mondiale des États-Unis. Il a indiqué qu'une politique chinoise qui reproduirait le défi que le Kaiser allemand avait posé à l'hégémonie britannique avant l'éclatement de la première guerre mondiale en 1914 entraînerait un résultat similaire: un conflit total.

«Si un conflit ouvert se déclenchait, les États-Unis isoleraient la Chine du commerce mondial. Ils séquestreraient une bonne partie des actifs en devises étrangères liquides de la Chine», écrit Wolf, rappelant que les réserves en devise étrangère de la Chine, équivalant à 40 pour cent de son PIB, sont par définition détenues à l'étranger.» Un tel vol flagrant de billions de dollars que la Chine a acquis à travers le commerce avec les États-Unis et l'Europe soulèverait directement la possibilité d'un effondrement du commerce mondial et la préparation à la guerre entre puissances nucléaires.


Avec ses politiques de plus en plus téméraires et violentes, l'impérialisme américain surestime ses chances, se discréditant à l'intérieur du pays et alimentant l'opposition d'États rivaux. Surtout en poussant la Russie et la Chine à s'allier, Washington défait ce qui avait pendant longtemps été perçu comme une grande réalisation de la diplomatie impérialiste: le rapprochement de 1972 entre le président des États-Unis Richard Nixon et le dirigeant chinois Mao Zedong, qui avait transformé la Chine en allié des États-Unis contre l'ex-URSS.

«Beaucoup de Chinois perçoivent la Russie comme un grand frère, et les deux pays sont stratégiquement importants l'un pour l'autre», a dit le doyen associé de l'université de Renmin Jin Canrong, faisant référence au soutien soviétique à la Chine quand elle combattait les États-Unis dans la guerre de Corée, peu après l'arrivée au pouvoir du Parti communiste chinois (PCC) en 1949. «Au nom des intérêts nationaux, la Chine devrait approfondir sa coopération avec la Russie quand une telle coopération est nécessaire.»


«La Russie est un partenaire irremplaçable sur la scène internationale», a écrit le Global Times associé au PCC dans un éditorial de la semaine dernière. «La Chine doit adopter une attitude proactive pour aider la Russie à sortir de la crise actuelle.»

 

(Article paru d'abord en anglais le 23 décembre 2014)

Alex Lantier 
Le 29 décembre 2014

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:47

Lu sur El Diablo

Dimanche 4 janvier 2015

manifparis29janv2015.jpg

Exigeons des négociations !

La Fédération CGT organise, le 29 janvier 2015, une grande manifestation nationale des Cheminots à Paris (RDV à 13h00 place d’Iéna). Elle invite les usagers et leurs associations à se joindre à cette initiative pour reconquérir un Service Public SNCF de qualité.

 

Après le conflit social des cheminots en juin 2014, la Direction SNCF se répandait dans les médias par un spot intitulé « Y en a marre ».

 

Le Premier Ministre et le Président de la SNCF qualifiaient cette grève «d’irresponsable» et «d’incompréhensible».

 

La vérité éclate au grand jour en ce début d’année 2015 !

En juin 2014, les cheminots avec la CGT ont exprimé leur colère sur le contenu de la réforme du système ferroviaire à partir de trois éléments essentiels :

=> Le refus du gouvernement de traiter la dette historique issue de la construction des LGV à la fin des années 80 sur commande de l’Etat ;

=> Le désengagement de l’Etat sur l’indispensable financement du renouvellement et de la maintenance des infrastructures ferroviaires ;

=> L’éclatement de la SNCF en trois entités qui rend plus complexe l’organisation du système ferroviaire dans le seul but de préparer la libéralisation du rail français.

 

Cette réforme, dictée par le Président de la SNCF au Secrétaire d’Etat aux Transports, a été présentée aux usagers comme une solution à tous les maux qu’ils subissent au quotidien. Les cheminots en lutte contre ce texte de loi ont fait l’objet des critiques les plus violentes, les présentant comme des nantis qui ne cherchaient qu’à défendre leurs privilèges.

 

Aujourd’hui, les usagers du rail et plus largement l’ensemble des citoyens peuvent mesurer à quel point l’analyse de la CGT et des cheminots en grève était la bonne.

 

A peine cette réforme se met-elle en place que ses effets les plus néfastes, dénoncés par les cheminots en juin dernier, se font ressentir.

 

L’annonce pendant les fêtes de fin d’année d’une hausse des tarifs SNCF de 2,6% est une des conséquences directes de cette réforme non financée, mais elle n’est pas la seule.

 

Partout en France, la SNCF :

=> Multiplie les fermetures de guichets et de gares ou en réduit les heures d’ouverture ;

=> Supprime le personnel d’accompagnement à bord des trains de voyageurs;

=> Ferme des lignes ferroviaires irrigant les zones rurales ;

=> Menace de suppression les trains « Corail » de nuit ;

=> Etudie la diminution des circulations des trains « Intercités » de jour…

 

Comme elle l’a fait pour le Fret, en réduisant de moitié le tonnage de marchandises transportées par rail, la Direction SNCF s’engage dans une politique de déclin en se concentrant uniquement sur les trafics et les lignes ferroviaires qualifiés de rentables.

 

Le budget 2015 du Groupe Public SNCF prévoit plus de 1500 suppressions d’emplois. Ce sera donc moins de services aux usagers, une qualité de transport en baisse et un impact négatif sur le niveau de sécurité.

 

Alors que le Président de la République annonce en grande pompe la « Conférence Climat 2015 » en décembre à Paris, son Ministre de l’Economie veut inscrire dans la loi le remplacement des trains classiques nationaux par des bus et la Direction de la SNCF détruit le Fret ferroviaire et propose aux régions de renvoyer vers la route certains TER.

 

Alors en ce début d’année, c’est au tour des cheminots et des usagers du rail de dire à ceux qui nous gouvernent comme à ceux qui dirigent la SNCF : « Y en a marre ! ».

 

source : blog de roger colombier

repris par el diablo

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:42

2fairfares 

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

2015 est une année qui commence bien ... avec la hausse des tarifs, en France comme en Grande-Bretagne. De l'autre côté de la Manche, les militants oour la re-nationalisation du rail étaient sur le parvis des gares pour rappeler les effets désastreux pour le porte-monnaie des usagers de la privatisation actée il y a 20 ans de cela.

 

Ils étaient à King's Cross pour éclairer les Londoniens sur le scandale de la privatisation des trains de banlieue. Les militants de la campagne Action for rail (AfR) menée par le Trade Union Congress (TUC), la confédération syndicale unitaire britannique.

 

Vive la privatisation : + 60 % de hausse des tarifs depuis 2008 !

 

Les syndicalistes du RMT (Syndicat majoritaire chez les cheminots, sur des positions de lutte), ASLEF (Syndicat des conducteurs) et TSSA étaient présents également pour dénoncer l'augmentation de 2,5 % des tarifs au 1er janvier.

C'est plus largement sur l'explosion des tarifs du rail depuis la privatisation que les militants syndicats tiraient la sonnette d'alarme : + 60 % en moyenne depuis 2008 seulement.

Depuis la privatisation, au début des années 1990, l'augmentation des tarifs a été trois fois supérieure à celle de l'augmentation des salaires.La Grande-Bretagne dispose désormais des tarifs les plus élevés du monde.

Action for Rail(AfR) a offert de nouveaux chiffres qui font mal, une comparaison du tarif des pass mensuels pour des trains de grande banlieue dans les principales métropoles européens, qui démonte l'argument de la privatisation garante de tarifs moins élevés.

 

Des tarifs 50 % plus élevés qu'en France, quatre fois plus qu'en Espagne !

 

En effet, AfR montre qu'un pass mensuelpour le trajet Londres-Brighton (50 km) coûte 500 €, soit 17 % du revenu mensuel moyen d'un ménage britannique.

A titre de comparaison, un pass mensuel pour Paris-Compiègne (50 km) coûterait 350 €, soit 12 % du revenu mensuel d'un ménage français. Un tarif 50 % inférieur à celui pratiqué sur le réseau régional londonien.

La comparaison est encore plus cruelle avec les autres pays d'Europe de l'ouest : les tarifs d'un Londres-Brighton sont 80 % supérieurs à ceux d'un Cologne-Aix la Chapelle (278 €), 250 % par rapport à un Civitavecchia-Rome (150 €) et 300 % plus élevés qu'un Madrid-Ségovie (125 €) !

En proportion du revenu mensuel moyen dans ces pays, si un Londres-Brighton revient à 17 % du revenu mensuel d'un ménage britannique, les trajets correspondants sus-mentionnés reviennent à 9 % d'un revenu mensuel moyen d'un ménage allemand, 6 % pour les ménages italiens et espagnols. 

On comprend mieux pourquoi l'étude commanditée par le TUC l'an dernier qualifiait la privatisation du rail « de vol généralisé »au profit de grands groupes privés britanniques, ou même de groupes publics étrangers qui contrôlent désormais ¾ des franchises du rail.

La SNCF française, la Deutsche Bahn allemande et la NS hollandaise sont en pôle position sur le « marché » du rail britannique.

 

La re-nationalisation permettrait une baisse immédiate de 18 % des tarifs

 

Il n'est plus à prouver que la privatisation du rail a été synonyme en Grande-Bretagne, outre les tarifs prohibitifs, d'atteintes mortelles à la sécurité, de désinvestissement dans le réseau, de retards chroniques, mais aussi de coûts supplémentaires pour le contribuable qui subventionne la dite libéralisation du secteur.

Une étude récente conduite par l'association Transport for Quality of Life (TFQL) a révélé que la privatisation induit un coût supplémentaire de 1,3 milliard d'euros par an, en effacement de dettes, dividendes payés aux investisseurs privés et en divers coûts administratifs.

Un retour à un monopole public national pourrait, selon TFQL, permettre de baisser immédiatement les tarifs du rail britannique de 18 %.

Il n'est pas étonnant que, selon un sondage de YouGov d'octobre 2013, deux-tiers des personnes interrogées pensent que « les compagnies du rail doivent être publiques », contre 23 % qui préfèrent la gestion par le privé.

 

« Les Britanniques payent les tarifs les plus élevés d'Europe pour des services de plus en plus médiocres » (RMT)

 

Ce vendredi 2 janvier, devant King's Cross, la secrétaire générale du Trade Union Congress, Frances O'Grady, reconnaissait que « le coût pour les passagers de l'échec que constitue cette privatisation ne peut être ignorée. On a maintenant des trains plus lents et des tarifs plus élevés que dans les pays qui ont conservé un rail entre les mains du public ».

Mick Cash, secrétaire-général du syndicat RMT hégémonique chez les cheminots sur des positions combatives, allait plus loin: « Le scandale de la grande arnaque des tarifs du rail britannique contnie avec des hausses bien plus élevés que la moyenne des hausses de salaire, et elle touchera ceux qui sont déjà touchés de plein fouet par l'austérité ».

« Après deux décennies de privatisation, les Britanniques payent les tarifs les plus élevés d'Europe pour voyager, en échange de piètres services : un matériel usé, des trains en sous-effectif et bondés. Les compagnies privées s'en mettent plein les poches pendant ce temps. Les hausses de tarifs d'aujourd'hui ne font qu'alimenter ce scandale ».

« Le RMT déclare qu'il faut diminuer les tarifs et qu'une propriété publique, avec un personnel revenant sous giron public, nous permettrait justement de faire cela ».



Le syndicat RMT vise juste et touche au cœur de ce qu'exigent les Britanniques : oui à la re-nationalisation du rail en Grande-Bretagne, défense du monopole public du rail en France pour ne pas suivre ce désastreux exemple !

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:34
« Non aux sanctions américaines, soutenues par l'UE »

SindicatosVzlaRechaza-USA.jpg

 

 



Communiqué du Parti communiste vénézuélien (PCV)

Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Le secrétaire-général du Parti communiste du Vénézuela (PCV), le député Oscar Figuera, a défendu le fait que ce lundi, « certains faits nous démontrent qu'on installe le cadre pour une nouvelle offensive contre le Venezuela », une conséquence de la « politique agressive de l'impérialisme nord-américain y européen, qui s'intègre à la campagne de la droite vénézuélienne et de franges de l'oligarchie du pays ».

 

Figuera a explicité sa dénonciation comme une mise à garde adressée « à notre peuple » et comme un appel destiné à « attirer l'attention des peuples du monde entier ». C'est pourquoi il faut, dit-il, « défendre la nécessité de renforcer les mécanismes de solidarité et d'échange au niveau international » avec les mouvements populaires et les partis politiques révolutionnaires.

 

 

Contre-Révolution


Figuera a fait sa déclaration à la fin de la réunion hebdomadaire du Bureau politique du PCV, et a réaffirmé le fait que l'impérialisme nord-américain et européen renforcent « de plus en plus » leurs « actions contre-révolutionnaires contre le processeurs politique, social, économique, culturel et militaire vénézuélien ».

 

Il a souligné que le pays n'a cessé, pendant toute l'année, de faire face à des situations difficiles, orchestrées par les « secteurs néo-fascistes ». Il a souligné que cette dernière semaine, « des éléments nous permettent de considérer qu'est en train de se mettre en branle toute la machinerie impérialiste de l'extrême-droite fasciste contre le Venezuela, pour frapper très fort en 2015 ».

Agression contre le Venezuela 
Le dirigeant communiste met en lumière tout un « ensemble de déclarations et de décisions adoptées par le Congrès des États-Unis et le gouvernement nord-américain accompagnant ces politiques », qui comptent aussi sur le soutien de l'Union européenne et du Parlement européen.

Il considère que les sanctions adoptées par les États-Unis visent à lancer une agression contre le peuple vénézuélien, tout en « prétendant défendre les droits de l'Homme et les éléments qui se sont révoltés, en usant de violence, assassinant des citoyens vénézuéliens dans les émeutes de février-mars 2014 ».

Figuera considère que les institutions de l'impérialisme nord-américain et européen « adoptent des décisions pour, en violation de la souveraineté et de la Constitution et la légalité vénézuélienne, pousser à la libération » des leaders de l'opposition actuellement incarcérés.

Le PCV rejette ainsi fermement et intégralement la loi « signée par le président Obama ».

Tout comme il dénonce la résolution du Parlement européen qui reprend telle quelle « la position de la droite vénézuélienne, selon quoi il y a des détenu(e)s, qui sont des citoyen(ne)s vénézuéliens pacifiques ».

 

 

Consolider une direction collective

 

Le dirigeant communiste considère qu'il est de la « plus haute importante », « pour faire face à cette situation, d'agir dans la bonne direction, l'élément fondamental est la nécessité de développer et renforcer les instruments pour l'unité populaire révolutionnaire. Il s'agit de consolider les espaces de direction collective ».

Il a également souligné qu'il est fondamental de renforcer le processus de construction du Grand pôle patriotique Simon Bolivar, comme « espace anti-impérialiste ».



Approfondir le processus

 

Figuera a commenté le fait que, pendant l'année 2014, le « PCV a travaillé en ce sens, non seulement dans l'effort organisationnel et politique, mais aussi en livrant des propositions au président Nicolas Maduro, destinées à construire des politiques qui permettent d'approfondir le processus révolutionnaire ».

Il soutient que la vision du PCV est que pour défendre le processus politique et social vénézuélien, il faut l' « approfondir ». Il défend également le fait de « frapper les secteurs qui ne jouent pas franc jeu », qu'ils soient hors ou dans le processus révolutionnaire.

Sur les propositions, il a indiqué que le PCV a présenté cette année un projet sur la nécessité de développer une nouvelle politique économique révolutionnaire, ainsi qu'un « changement dans la politique travail du gouvernement envers le monde du travail ».

Sur ce dernier point, il a souligné que le PCV est convaincu qu'à mesure que nous avancerons dans les processus de participation ouvrière et populaire, « nous consoliderons ce processus de transformation ».

 

Un autre aspect, a-t-il exposé, est la nécessité fondamentale d'un développement productif souverain : dans les villes, dans le secteur industriel ; dans les campagnes, dans l'agriculture, l'élevage.

Il a également mentionné une transformation profonde du système fiscal vénézuélien, qui permette d’éliminer la TVA, « impôt régressif », et d'élever les taxes sur le grand capital.

 

Il a souligné que l'on doit imposer une politique économique qui permette de revenir sur la dépendance du Venezuela vis-à-vis de la rente pétrolière et des importations, afin de garantir le développement souverain et durable de l'économie du pays.

 

Une autre proposition, a-t-il souligné, est une opération « Main propres » dans le Ministère du Pouvoir populaire pour le Processus social du travail : « Il est nécessaire d'éliminer les mécanismes qui permettent la corruption et les conduites patronales, dans un ministère qui doit être au service de la défense des travailleurs, de la classe ouvrière ».

Sur cet aspect, une grande avancée a été la mise en place de groupes techniques, en accord avec le Ministère du Travail, Jesus Martinez, mais un de ces groupes « a été dissous, selon nous, sur décision du vice-ministre Elio Colmenares, dont nous exigeons la destitution ».

 

Le député a exprimé le fait qu'il aspire à ce que nous « ayons la maturité afin de trouver nos chemins unitaires », face à la situation de la situation complexe de l'économie vénézuélienne, comme conséquence, d'une part, de la « faiblesse productive nationale ».

 

D'autre part, de la politique impérialiste visant à « faire chuter les prix du pétrole » pour toucher les « pays qui ne sont pas subordonnés aux intérêts de l'impérialisme nord-américain ».

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