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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 23:56
Tous à Paris le  29 janvier !

Aujourd'hui 29 janvier 2015, les cheminots montent en masse à Paris, avec leurs organisations CGT, FO et SUD.

Ils rejoindront — pour former un cortège commun — leurs collègues de l’Énergie, qui manifestent à l'appel de la CGT et de FO.

Les cheminots montent en masse, parce qu’ils sont d’ores et déjà confrontés aux conséquences de la mise en œuvre de la loi du 4 août 2014 portant la réforme ferroviaire.

La mise en œuvre de cette loi, c’est, pour le budget 2015, 2 000 suppressions d’emplois annoncées. Ce sont, dans les gares, la fermeture de guichets, dont font les frais les voyageurs, la suppression de contrôleurs dans les trains, de nouvelles fermetures de lignes envisagées, etc.

Oui, les conséquences de la réforme ferroviaire, les cheminots les subissent tous les jours. La réforme ferroviaire qui, rappelons-le, divise la SNCF en trois établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC), prélude à l’éclatement total de la SNCF, remet en cause la réglementation du travail (RH007), avec, comme conséquence, la suppression progressive du statut.

A cela s’ajoute aujourd’hui le projet de loi Macron et son cortège de déréglementation, avec, entre autres, la libéralisation du transport "en autocar longue distance", pour concurrencer le transport ferroviaire de voyageurs. (La planète ne lui dit pas merci !)

De leurs cotés, la fédération nationale CGT mines et énergie (FNME CGT), et la fédération nationale FO de l’énergie et des mines (FNEM FO), ont lancé un appel unitaire et national à la grève et à manifester, jeudi 29 janvier 2015, contre la loi relative à la transition énergétique.

Des membres du bureau de l'Union locale seront présents à Paris dans la manifestation, avec leurs camarades de l'énergie et les cheminots.

Signez la pétition mis en place dans le cadre de l'action unitaire par les deux syndicats de l'énergie: « Oui à un service public ».

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 12:04
Le message d'espoir de SYRIZA
26 janvier 2015

Par

Syriza a donc vaincu et obtient 149 sièges. Alexis Tsipras, son charismatique dirigeant, est le grand triomphateur des élections de ce dimanche 25 janvier. Beaucoup de gens se sont réjouis, dont chez certains avec une impudeur outrancière. On a vu ainsi des dirigeants du PS français, n’est-ce pas MM. Cambadélis et Désir, qui il y a deux ans encore établissaient un véritable blocus à l’égard de Syriza voler au secours de la victoire. Il y a des gens « sans vergogne » comme l’on dit dans le midi de la France… Il est vrai que la défaite des « socialistes » grecs du PASOK est exemplaire (moins de 5% des suffrages) tout comme est clair la gifle donné à la droite libérale de la Nouvelle Démocratie (deux mensonges pour un seul titre). Mais, cette victoire ouvre surtout une nouvelle séquence politique pour la zone Euro.

A - Tsypras

Que fera Syriza ?

Le programme de Syriza n’est nullement révolutionnaire. Mais dans le contexte de la Grèce aujourd’hui il marque une véritable rupture. Dans le domaine social, il prévoit, une hausse du salaire minimum à 750 euros (contre moins de 600 actuellement), un 13e mois pour les retraites de moins de 700 euros et un relèvement du seuil annuel de revenus imposables pour les particuliers, abaissé à 5 000 euros, et qui s’établirait désormais à 12 000 euros. Le coût de cet ensemble de mesures est estimé par Syriza à un peu moins de 12 milliards d’euros. Mais, le point essentiel est que Syriza se déclare opposé à payer environ les deux tiers de la dette publique grecque. C’est là que le conflit potentiel avec les institutions européennes pourrait se concentrer. Car, les autorités européennes sont en fait plus sensibles à la question de la dette grecque qu’à celle de mesures macroéconomiques, mesures qui apparaissent largement inévitable.

Il est évident que la Grèce ne peut porter sa dette publique, qui ne cesse de s’accroître non pas en raison du déficit budgétaire (hors dette) mais du fait du poids des intérêts. Ceci est connu des économistes depuis la fin de 2009. Il convient donc d’annuler une large partie de cette dette, ce que de nombreux économistes disent. Mais, cette annulation va poser problème par rapport aux institutions européennes qui détiennent de fait (via la BCE, le Fond Européen de Stabilité Financière ou FESF et le Mécanisme Européen de Stabilité ou MES) une large partie de cette dette. Si la Grèce faisait défaut (ou répudiait tout ou partie de sa dette) cela imposerait une contribution financière aux contribuables de la zone Euro, sauf si la BCE acceptait de reprendre ces titre, et devenait dans les faits ce que l’on appelle une « bad bank » ou une structure chargée de porter des titres qui n’ont plus aucune valeur (ce que l’on appelle une « structure de défaisance »). Mais, une telle solution compromettrait gravement l’existence de la zone Euro. On comprend alors pourquoi les différents gouvernements, et les gouvernements allemand et français, sont contre une telle solution. Ils proposeront sans doute au gouvernement grec de surseoir aux paiements, tant du principal que des intérêts, pour une période pouvant aller de 5 ans à 20 ans. Mais le gouvernement grec n’a aucun intérêt à accepter ce « moratoire » pour une période de moins de trente ans.

Le conflit entre la Grèce et les pays de la zone Euro apparaît inévitable. La volonté du gouvernement Grec de refuser le plan « d’aide » (qui porte mal son nom puisqu’une grande part des sommes – 77% - est allée aux banques européennes) ainsi que la tutelle de la « Troïka » (la BCE, le Fond Monétaire International et la Commission Européenne) constituent ici une position de principe pour Athènes. On voit mal Alexis Tsipras transiger sur cette question.

De la discorde chez l’adversaire.

Dans ce conflit, il est clair que l’ennemi (ici les pays de la zone Euro) est divisé. Les français veulent éviter un choc budgétaire (par la matérialisation des procédures fédérales sur le FESF et le MES) et seraient partisans de transformer la BCE en une structure de défaisance. L’Allemagne s’y oppose absolument. La France et l’Italie pourraient soutenir une certaine expansion de la politique budgétaire grecque, ce qui est une autre pomme de discorde avec l’Allemagne. Sur le fond, l’Allemagne, mais on l’oublie souvent, la Finlande et l’Autriche, campe sur la position qu’un accord ne peut être renégocié, même si des arrangements sont possibles sur les conditions de cet accord. En réalité, le problème dépasse la Grèce. Si cette dernière obtient de nouvelles conditions, cela validera la stratégie de Podemos en Espagne, parti nouvellement crée qui est en pleine ascension, mais aussi celle du Movimente 5 Stelle de Beppe Grillo, en Italie. C’est surtout cela qui effraie les dirigeants allemands.

La politique qui sera adoptée en définitive tiendra plus compte des effets induits par le succès de Syriza (sur l’Espagne et l’Italie) que des mesures concrètes qui pourraient être prises à Athènes. Or, si l’Allemagne (et ses alliés) veulent stopper la contagion, elle doit faire preuve de fermeté. Mais, cette fermeté peut justement précipiter la crise entre la Grèce et la zone Euro.

Le choix de Tsipras

Tout ceci se résume en réalité au choix d’Alexis Tsipras. Il peut décider d’aller à l’affrontement avec les institutions européennes, fort de sa légitimité, comme il peut décider de commencer dès à présent à transiger. Cette seconde hypothèse le condamne à mort politiquement. C’est pourquoi, en dépit des espoirs de nombre d’européistes, elle n’apparaît pas très réaliste. On a dit, dans ce blog, qu’une trahison de plus serait une trahison de trop. Alexis Tsipras le sait parfaitement. Il a choisi le lundi 26 de s’allier avec les « Grecs Indépendants », et non avec « To Potami », petit parti centriste né de la décomposition du PASOK. Les « Grecs Indépendants » sont un parti souverainiste de droite, correspondant peu ou prou aux positions exprimées en France par Nicolas Dupont-Aignan. Il a donc une majorité au Parlement grec et surtout il affiche un choix très clair d’une politique de fermeté dans ses relations futures avec les institutions européennes.

C’est un choix important. En acceptant de transiger sur des réformes sociétales pour mettre au premier plan la question de l’affrontement avec les institutions européennes, Alexis Tsipras montre quelles sont ses priorités, prouve son absence de sectarisme, et envoie un message clair aux peuples européens. La question fondamentale est donc bien celle de la souveraineté et cela conditionne les alliances qui peuvent être passées.

Ce message est un message d’espoir.

Un message digne d’émulation.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 11:27

Lu sur le blog de l'UL-CGT de Dieppe

Le chômage a augmenté de 6,4% en 2014, pour atteindre le chiffre officiel de 5 218 200 demandeurs d'emploi en décembre

Du travail pour les jeunes, et la retraite à 60 ans !

Du travail pour les jeunes, et la retraite à 60 ans !

Tout le monde l'a compris: la France compte évidemment nettement plus de 3,5 millions de chômeurs sur lequel les médias font leurs commentaires, à la suite des annonces du ministre : ce chiffre ne représente qu’une partie des chômeurs, celui des demandeurs d’emploi en "catégorie A" inscrits à Pôle emploi, c'est-à-dire n'ayant exercé aucune activité pendant toute l’année en France métropolitaine.

Au total, le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C s’établit à 5 218 200, fin décembre 2014 (5 521 200, en comptant les départements d'outre-mer). Ce nombre augmente de +6,4% sur un an (+ 0,8 % en décembre, soit +41 900).

C'est le chiffre le plus élevé depuis l'année 2000 !

Le nombre de demandeurs d’emploi de la catégorie A (aucune activité pendant toute l’année 2014) a subi la même pente, en augmentant de 5,7%.

Évolution par catégorie pour le mois de décembre :

  • > Chez les jeunes de moins de 25 ans : - 0,2% (+ 1,7% sur un an) ;
  • > Chez les seniors : + 0,6% (+10 ,4 sur un an) ;
  • > Chez les chômeurs de longue durée : + 1,3% (+ 9,7 sur un an).
Nous ne voyons pas le bout du tunnel, et les annonces d'inversion de la courbe du chômage pour la fin 2013 sont oubliées depuis longtemps.

Les prévisions de l’UNEDIC qui annoncent 104 000 chômeurs de plus d’ici à fin 2015 nous laissent penser que ce ne sera pas pour tout de suite. Pas plus que la loi MACRON, qui vise à dérèglementer le travail, à libéraliser le travail du dimanche, à remettre en cause la prud’homie, à privatiser et à diminuer les protections et les garanties collectives des salariés au profit du patronat.

Peut-on inverser cette courbe du chômage ? Oui si l'on change de politique !

Il faut rompre avec les recettes qui ne cessent d'échouer années après années, depuis 30 ans.

Les périodes de reculs temporaires de chômage, que l'on a connu à certaines périodes — comme au début des années 2000, marquées par une baisse du chômage jusqu'en 2007, suite aux 35 heures— ont toutes été marquées par des tentatives en ce sens: c'est lorque les salaire ont été  augmentés (ex: les "coups de pousse" au Smic) et que le temps de travail a été réduit (RTT, congés supplémentaires, etc.) que le chômage a reculé.

Dès qu'on a fait le contraire — par exemple arrêté "les coups de pouce" au Smic et assoupli les 35 heures — il a augmenté.

La CGT propose, par exemple, de
  • > stopper les aides aux entreprises, sans conditions,
  • > moduler les cotisations patronales en fonction de critères objectifs (part de la masse salariale dans la valeur ajoutée),
  • > développer des politique d’emploi dans les entreprises comme l’égalité salariale femme/homme, le niveau de précarité, le taux d’emploi des jeunes, etc..)
  • > mettre à contribution les revenus financiers des entreprises pour contribuer au financement de la protection sociale.
C’est ce type de mesures qui permettrait de se sortir de cette spirale infernale qui coûte excessivement cher aux salariés et aux demandeurs d’emploi.
Après les mobilisations de ce 26 janvier, les salariés, retraités et privés d’emploi doivent rester mobilisés pour que nos propositions soient entendues.
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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 08:34
Victoire historique de Syriza en Grèce
lundi 26 janvier 2015

 

 

 

 

Syriza obtient 36,5 % des voix, selon les projections du ministère de l’intérieur, soit 149 sièges. Sa victoire aux élections législatives est assurée, mais pas sa majorité absolue au Parlement. Alexis Tsipras, le dirigeant de Syriza, a déclaré dimanche que « le peuple grec a écrit l’Histoire » et « laisse l’austérité derrière lui » en donnant la victoire aux élections législatives à son parti. Chiche !

Après une campagne électorale qui secoua l’Europe entière [1] le parti de Gauche [2] Syriza vient de remporter une grande victoire en Grèce.

Le peuple grec, laminé par des années d’une austérité aussi violente qu’improductive, dont la majorité en est réduit à la mendicité, avec un taux de chômage fleurant les 30% de la population active, ne peut que se réjouir et nous avec lui de cette première réponse à ce qui semblait être de l’ordre de l’inéluctable.

Lorsqu’une nation souveraine choisit la lutte, ni l’avenir, et surtout, ni le pire ne sont jamais certains.

Il est clair que cette victoire soulève un vent d’espoir parmi celles et ceux qui ailleurs en Espagne, au Portugal, en Italie, au sein de l’UE donc, luttent et tâtonnent contre cette alliance capitaliste qui impose son talon de fer aux peuples.

En France même, et nous y reviendrons, les syndicalistes confrontés aux licenciements, celles et ceux qui se battent contre le TAFTA, la loi Macron et toutes les mesures de régression mises en place par les gouvernements qui se succèdent depuis 30 ans, se félicitent de ce résultat tout en étant interpellés par les débats qu’elle soulève et notamment celui devant lequel le camp progressiste ne peut plus reculer : oui ou non peut-on faire une politique de progrès social dans cette UE et avec ce dispositif monétaire et financier appuyé sur l’euro ? Peut-on refonder l’UE, peut-on faire une « Europe sociale » ou faut-il en finir et repenser totalement autrement l’alliance internationale entre les peuples ?

C’est bien cette position par rapport à l’UE qui était au cœur des élections grecques.

Lors du congrès fondateur de Syriza, en 2013, les dirigeants du parti avaient annoncé clairement leur intention d’« abroger les mémorandums et les lois d’application » et d’annuler les réformes imposées par la troïka [3]. Ils annonçaient même que : « La première étape consistera à rétablir les conditions de travail, les conventions collectives, le salaire minimum, le minimum vieillesse, les indemnités chômage et les allocations familiales au niveau d’avant les mémorandums ». Avant d’ajouter : « Le secteur public étant à nos yeux un levier de reconstruction, tous les employés qui ont été licenciés sont nécessaires et seront donc réembauchés. »

On ne peut qu’être d’accord avec cela.

En bref, la position de Syriza était qu’il ne respecterait pas les conditions de l’accord de « sauvetage » et rétablirait de nombreuses dépenses à leur niveau d’avant l’austérité tout en promettant un budget équilibré. Comme il s’est également engagé à annuler des réformes, il se retrouvera avec un énorme trou dans ses finances s’il ne s’attaque pas frontalement au capital, par exemple en s’attaquant aux profits des armateurs (la Grèce est la première flotte marchande du monde).

Depuis il semble que Syriza ait mis de l’eau dans son vin…

Pour son premier discours, après cette victoire, M. Tspiras a précisé qu’il n’y aurait pas d’affrontement d’Athènes avec ses créanciers et que le gouvernement « décevra[it] tous les Cassandre à l’intérieur et à l’extérieur du pays », qui misaient sur un échec. « La Grèce avance avec optimisme dans une Europe qui change », a-t-il ainsi argué.

Auparavant il avait même déclaré qu’il ne souhaitait pas que la Grèce abandonne l’euro, qu’il s’efforcerait de réduire la dette du pays et que la place naturelle de la Grèce était dans l’UE et dans l’OTAN.

Pour autant comme le rappelle Frédéric Lordon « Le salut pour Syriza ne viendra ni de quelque compromis européen, ni d’une chimérique reconstruction institutionnelle à froid, promesse aussi vide de réalisme politique que faite pour être renvoyée à des horizons perpétuellement repoussés. Mais l’inanité des fausses solutions n’exclut pas qu’il y en ait de vraies. Puisqu’il y a toujours une alternative. En l’occurrence, non pas caler le pied de table, pour ravauder son estime de soi avant de passer dessous, mais la renverser.

Pour tous ceux qui, au loin, contemplent dans un mélange d’inquiétude, de doute et d’espoir ce qui peut advenir en Grèce, il ne reste qu’une chose à faire vraiment : contre la force gravitationnelle des institutions qui s’efforce de ramener les déviants à leur ordre, rappeler à Syriza, en ce point de bifurcation où elle se trouve, tout ce qui dépend d’elle – et qui est considérable : contester vraiment l’austérité de la seule manière possible, la rupture, signifier à la face de l’« Union » la sédition ouverte d’avec son ordre néolibéral, c’est-à-dire créer un événement libérateur, pour le peuple grec, mais aussi pour tant d’autres qui espèrent avec lui. » [4]

Morale : sans luttes fermes et constantes du peuple grec, point de salut.

C’est en particulier sur ces points précis de l’attitude vis-à-vis de l’UE et du rôle des luttes que Syriza s’oppose au KKE, le parti communiste grec qui, avec 15 députés, vient de passer devant le PASOK (13 députés) ce qui est aussi historique.

Son Secrétaire général, Dimitris Koutsoubas, dans une interview pour « Έθνος της Κυριακής » a déclaré "Bien sûr, si les circonstances le permettent et que le gouvernement porte une loi pour casser les régressions, nous voterons pour. Par contre le gouvernement de SYRIZA votera t-il les lois populaires déposées le KKE à la Chambre ?" Avant de rajouter « mais le président de SYRIZA n’est pas naïf, il ne veut pas des voix gênantes du Parti communiste contre un gouvernement qui va (selon le KKE) continuer sur la même voie que les gouvernements précédents, ce qui aura les mêmes conséquences tragiques pour le peuple. Si le Parti communiste se montre ouvert à un tel gouvernement, le peuple ne fera plus confiance au KKE, nous couperions tous les liens avec lui, comme d’autres Partis communistes qui ont soutenu des gouvernements » ajoute-t-il.

Leçon à méditer ici ?

Le KKE entend mobiliser la rue après l’élection, M. Koutsoubas déclare que "c’est le seul moyen pour que le peuple arrache des conquêtes et des droits, pour contrer les mesures impopulaires, et pour ouvrir une perspective de jours meilleurs pour nous et nos enfants".

Syriza est donc au pied du mur et c’est là que nous allons voir le maçon. S’appuiera-t-il sur le mouvement populaire pour aller plus loin ou finira-t-il par se plier aux injonctions du capitalisme européen ? L’espoir que soulève ce vote nous devons le placer dans le processus de luttes et de grèves générales qui ont conduit à ce résultat électoral et non dans le seul résultat en lui-même.

En France, enivrés par cette victoire populaire, certains se voient déjà à la tête d’une coalition hétéroclite allant jusqu’aux socialistes dits « frondeurs » en passant par les écologistes et le Front de Gauche. Ceux-là même qui hier encore étaient ministres de Hollande ou, aujourd’hui députés, votent ou laissent passer les mesures les plus rétrogrades, disent se reconnaître dans la victoire de l’alliance entre différents groupes et courants que constitue Syriza. Le retour de la « gauche plurielle » en quelque sorte. On connaît le résultat de la précédente : record de privatisations, déceptions pour le peuple et sa perte d’espoir dans le politique qui ont conduit au renforcement de l’extrême droite par défaut de perspective.

L’histoire du mouvement social nous apprend que s’il est arrivé que le peuple conquière des acquis par la lutte et ce, quelle que soit la composition politique au pouvoir, quitte à le renverser, l’inverse n’a jamais été vrai. Sans lutte les acquis sont repris…Par contre c’est toujours la combinaison des luttes et d’un gouvernement se déclarant progressiste qui a permis les plus grandes avancées.

La solution n’est pas dans les tractations d’appareils totalement coupés de la réalité économique et sociale de leur pays. D’autant que toute volonté de progrès social est en totale contradiction avec les obligations des Traités Européens ou du TAFTA au plan international.

Comme Dimitris Koutsoubas nous restons persuadés que rien d’important pour le bien être du plus grand nombre ne peut se faire sans la pression populaire, sans une prise en compte des besoins réels des gens et sans un parti révolutionnaire qui aide aux luttes et à la transformation sociale.

C’est ce qui nous anime à travers notre appel [re]construire.

Alors ?

On passe sous la table ou on la renverse ?

Rouge-Midi

 

[1Un peu moins chez nous à cause des derniers évènements sanglants encore que l’on peut s’interroger malgré tout sur la place prise ces derniers jours par ces élections dans les médias, significative selon nous de la peur de la grande bourgeoisie de tout ce qui peut mettre un tant soit peu en cause l’ordre établi.

[2On peut aussi s’interroger sur le qualificatif de « radical » qui est attribué à Syriza puisque jusque-là nous n’avons pas entendu de sa part une radicale remise en cause du capitalisme et de son instrument de domination des peuples européens qu’est l’U.E.

[3La Troïka européenne comprend trois institutions : la Commission Européenne (CE)-la Banque centrale européenne (BCE)-le Fonds monétaire international (FMI)

[4L’alternative de Syriza : passer sous la table ou la renverser de Frédéric Lordon.http://blog.mondediplo.net/2015-01-19-L-alternative-de-Syriza-passer-sous-la-table-ou

 

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 22:45
27 janvier 2015, lu sur "canempechepasnicolas".  Cliquez sur le titre ci-dessous pour lire le texte entier.
     
Janvier 1945 : les marches de la mort
     En janvier 1945, l'Armée rouge approche d'Auschwitz. On commence à entendre le canon. Les nazis décident d'évacuer le camp. Le 18 janvier 1945, les déportés rassemblés par les S.S. sont jetés sur les routes. Commencent alors les terribles marches de la mort : à pied ou dans des wagons à ciel ouvert, les déportés sont transportés vers les camps encore en activité. Ceux qui ne peuvent pas suivre sont abattus.
Carte des marches de la mort 

Carte des marches de la mort à partir d'Auschwitz (Carte de Martin Gilbert - modifiée par ems soins)

     Près de 100.000 déportés sont ainsi jetés sur les routes. Des dizaines de milliers ne survivront pas.
 
Sur ces marches de la mort, voir le témoignage de Serge Smulevic

Ceux qui restent dans le camp

     A Auschwitz, ne sont restés que les malades et quelques déportés qui ont pu se cacher dans les baraques.
     Parmi ceux qui échappent à la Marche de la mort, il y a Primo Levi. Il attrape la scarlatine le 11 janvier 1945 et est hospitalisé au "K.B. Infektionabteilung". Il y reste quelques jours, fiévreux. Mais les rumeurs circulent.

L'arrivée de l'Armée Rouge

Les soldats de l'armée rouge entrent dans le camp, le 27 janvier 1945.
 

Les officiers soviétiques découvrent le camp

     Le général russe Petrenko, arriva à Auschwitz le 29 janvier 1945, trois jours après la libération du camp :

Des survivants très affaiblis

Une fillette au moment de la Libération d'Auschwitz 
Photographie de Stephen Bleyer prise lors d’un examen médical après la libération du camp alors qu’il avait 14 ans. 
M. Bleyer, ancien président du centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal, ne s’est reconnu sur cette photographie que grâce à son numéro d’identification.
(Panstwowe Muzeum w Oswiecim-Brzesinka / USHMM Photo Archives).
 
A peine 2000 des 7500 survivants du camp devaient vivre plus de quelques jours.
Déportés libérés, Auschwitz, 1945

  Déportés libérés, Auschwitz, 1945

Un groupe d'enfants juste après la libération d'Auschwitz 
Un groupe d'enfants juste après la libération d'Auschwitz

 
Photographie, 1945Museum d'Auschwitz-Birkenau, Neg.-Nr. 766


Croix Rouge Polonaise à Auschwitz, 1945 
Croix Rouge Polonaise à Auschwitz, 1945

Les cadavres

Les cadavres engorgent les allées d'Auschwitz. Le typhus se répand dans le camp. Les Soviétiques doivent ensevelir rapidement les corps dans des fosses communes. 

Les cadavres brûlés. 

 Autres découvertes

     A la libération,  les Soviétiques découvrent des piles de vêtements, de chaussures, lunettes, prothèses, des piles de bagages éventrés, de blaireaux, de peignes, de casseroles, et même des piles de cheveux, de dents en or...

Un tas de lunettes trouvé à Auschwitz. 
Un tas de lunettes trouvé à Auschwitz.

     Ils trouvent aussi la trace des expérimentations folles des "médecins" nazis. Ainsi, ils libèrent 90 jumeaux.

La porte du camp d'Auschwitz, en 1945 
La porte du camp d'Auschwitz, photographiée en 1945. Elle est ouverte désormais.


Libération d'Auschwitz par l'Armée Rouge 

Soldats soviétiques et déportés

au moment de la Libération du camp.

Soldats soviétiques libérant Auschwitz 

     Le jour de mon arrivée à Auschwitz, on avait compté sept mille cinq cents rescapés.
     Je n'ai pas vu de gens « normaux ». Les Allemands avaient laissé les impotents. Les autres, tous ceux qui pouvaient marcher, avaient été emmenés le 18 janvier. Ils avaient laissé les malades, les affaiblis ; on nous a dit qu'il y en avait plus de dix mille. Ceux qui pouvaient encore marcher, peu nombreux, se sont enfuis alors que notre armée s'approchait du camp.
Un soldat soviétique soutient une femme déportée 
Un soldat soviétique soutient une femme déportée
     Nous avons envoyé les unités sanitaires des 108e, 322e et 107e divisions sur le territoire du camp, les médecins de ces trois divisions ont mis en place des lieux pour se laver : tels étaient les ordres de l'armée.
Médecin militaire soviétique examinant un déporté, après la libération du camp. 
Médecin militaire soviétique examinant un déporté, après la libération du camp.
     Ces mêmes divisions ont organisé l'approvisionnement. On a envoyé des cuisines mobiles. Le deuxième jour, un régiment de réserve de l'armée est arrivé et a libéré nos soldats. [...]
     On m'a montré les pièces où l'on asphyxiait au gaz avant le crématoire. Le crématoire lui-même et une chambre à gaz avaient été dynamités.
Les ruines du crématoire II 
Les ruines de la chambre à gaz du Crématoire II. (Photo prise après la Libération. )
     J'ai vu aussi des enfants... C'était un tableau terrible : ils avaient le ventre gonflé par la faim, les yeux vagues, des jambes très maigres, des bras comme des cordes, et tout le reste ne me semblait pas humain, comme si c'était cousu. Les gamins se taisaient et ne montraient que les numéros qu'on leur avait tatoués sur le bras.
Des enfants libérés d'Auschwitz montrent leur tatouage. 
Des enfants libérés d'Auschwitz montrent leur tatouage.
(Lire un commentaire de Serge Smulevic sur cette photo)
     Ces gens n'avaient pas de larmes. J'ai vu comment ils essayaient de s'essuyer les yeux, mais ils restaient secs.
 
Général Petrenko, Avant et après Auschwitz , Flammarion, 2002

Dix jours hors du monde et hors du temps

L'annonce de l'évacuation
— Vous ne savez pas ? leur dis-le, demain on évacue le camp.
     Ils m'accablèrent de questions :
— Où ça ? A pied ?... Même les malades ? Même ceux qui ne peuvent pas marcher ?
     Ils savaient que j'étais un ancien du camp et que je comprenais l'allemand, et ils en concluaient que j'en savais là-dessus beaucoup plus que je ne voulais l'admettre.
     Je ne savais rien d'autre; je le leur dis, mais ils n'en continuèrent pas moins à me questionner. Quelle barbe! Mais c'est qu'ils venaient d'arriver au Lager, ils n'avaient pas encore appris qu'au Lager on ne pose pas de questions.

     Dans l'après-midi, le médecin grec vint nous rendre visite. Il annonça que même parmi les malades, tous ceux qui étaient en état de marcher recevraient des souliers et des vêtements, et partiraient le lendemain avec les bien-portants pour une marche de vingt kilomètres. Les autres resteraient au K.B., confiés à un personnel d'assistance choisi parmi les malades les moins gravement atteints. [...]
Faut-il partir avec les autres ?

     [Ce médecin grec] était déjà équipé pour la marche ; dès qu'il fut sorti, les deux jeunes Hongrois se mirent à parler entre eux avec animation. Leur période de convalescence était presque achevée, mais ils étaient encore très faibles. On voyait qu'ils avaient peur de rester avec les malades et qu'ils projetaient de partir avec les autres. Il ne s'agissait pas d'un raisonnement de leur part : moi aussi, probablement, si je ne m'étais pas senti aussi faible, j'aurais obéi à l'instinct grégaire; la terreur est éminemment contagieuse, et l'individu terrorisé cherche avant tout à fuir.[...]Cliquez sur le titre pour lire la suite.

 

 

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 17:49
Lu sur El Diablo, deux articles
Le Parti Communiste Grec (KKE) remporte 5,47% des voix lors des élections législatives de dimanche 25 janvier 2015. Le grand rival de SYRIZA dispose d'un groupe parlementaire renforcé à 15 députés - article et traduction Nicolas Maury
Certes les résultats de mai 2012 sont loin, ce jour où le KKE avait rassemblé 8,48 % des voix et plus 536.000 suffrages. Mais la douche froide de juin 2012 (4,50%) est aussi loin. Ce matin, le Parti Communiste Grec recueille 5,47% des voix !
Avec 5,47% des voix (+0,97 points par rapport à juin 2012) le KKE renforce son assise électorale avec 60.000 électeurs supplémentaires par rapport à juin 2012. Cette progression s'accompagne aussi d'un renforcement du groupe communiste à la Vouli (assemblée nationale) puisque ce dernier gagne 3 nouveaux députés et se fixe à 15 membres.
Dans certaines régions le KKE parvient à prendre la troisième place comme dans les îles de Lesvos (10,81%), Samos (15,08%), Chios (6,83%), Corfou (6,94%), Chéphalonie (9,34%), Zakynthos (8,66%). Ce phénomène s'explique par l’importance de l'implantation des communistes dans la classe ouvrière maritime (via le PAME).
Le KKE parvient à gagner des députés dans les régions d'Athènes (6,04%), Kilkis (5,94%), Thessalonique (5,05% et 5,61%), Larissa (6,93%), Aetoloakarnanias (5,65%), Achaïe (5,49%), Lesvos, Attique (5,37%), Pirée (8,19%), Evia (4,98%), Heraklion (3,89%), A Athènes (6,94%).

      ******

 

Le KKE (PC grec) résiste à la vague, 

progresse et dépasse 

les socialistes du PASOK : 

5,5 % des voix, 15 sièges

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La vague. La radicalisation de la population grecque face à une insupportable austérité, l'effondrement de la social-démocratie traditionnelle et une certaine complaisance médiatique ont permis à SYRIZA de remporter un triomphe électoral. Le KKE a fait mieux que résister.

L' « Union sacrée » derrière SYRIZA ? Jamais une nouvelle n'avait été accueillie avec autant d'enthousiasme en France. De Moscovici à Hamon, de Le Pen à Mélenchon, de Libération à l'Humanité, les communiqués se multiplient, louant cette surprise attendue.

François Hollande s'est fendu d'un communiqué très politique sur « son désir de poursuivre une coopération étroite entre nos deux pays au service de la croissance et de la stabilité de la zone euro, dans un esprit de progrès, de solidarité et de responsabilité qui est au cœur des valeurs européennes que nous partageons. »

 

L'électorat social-démocrate radicalisé : du PASOK à SYRIZA

Sauver l'Europe, à tout prix.C'est l'objectif partagé de Tsipras, Hollande tout comme de Mario Draghi qui a lancé un vaste plan de rachat de dettes, de relance monétaire (« Quantitative easing ») compatible avec le programme de SYRIZA : un peu moins d'austérité, une dette allégée, mais des « réformes structurelles » pour les investisseurs, le maintien de l'Euro.

Il est vrai que le score de SYRIZA était inimaginable il y a 5 ans. En 2009, le parti était en crise avec 4,5 % des voix, 13 sièges. En mai 2012, il passe à 16 % des voix (52 sièges), en juin 2012 à 27 % (79 sièges). Cette fois, en 2015, il réalise un score historique : 36 %, 149 sièges.

Ce n'est pas un hasard, les résultats du PASOK (Parti socialiste) suivent exactement la courbe inverse : de 43,9 % en 2009 (160 sièges), à 12,3 % en 2012 (33 sièges), puis 4,7 % en 2015 (13 sièges). Par un système de vases communicants, les voix du PASOK sont passées à SYRIZA.

Derrière SYRIZA, la droite incarnée par la Nouvelle démocratie (27 %, en baisse de 2 points), suivent trois partis dans un mouchoir de poche : les néo-nazis de l'Aube dorée (6,3 %, 17 sièges), le nouveau parti pro-européen de centre-droit la Rivière (6 %, 17 sièges) et le Parti communiste de Grèce/KKE (5,5 %, 15 sièges).

 

Le KKE progresse, dépasse le PASOK et bat l'Aube dorée à Athènes !

Pour le KKE, c'est une progression par rapport aux résultats de 2012 : il passe de 4,5 à 5,5 %, de 270 000 à 300 000 voix, gagnant 2 députés. Dans un contexte de vague SYRIZA, le résultat est plus qu'honorable. Il arrive même à devancer le PASOK, une première depuis la fin de la dictature.

Dans nombre de régions, ce fut un bras de fer. Ce fut le cas à Athènes où – si on cumule les deux circonscriptions – le KKE a battu d'un fil l'Aube dorée. Les deux partis ont 4 députés, mais le KKE obtient 75 000 voix contre 68 000 pour les néo-nazis, avec un peu plus de 6,6 % des voix.

Le Parti communiste grec obtient son meilleur score dans ses bastions que sont les îles de Samos (15 %), Lesbos (11 %), Lefkada (10 %), Céphalonie (9 %) et Zante (8,6 %). Il obtient également de très bons scores dans la deuxième circonscription, industrielle, du Pirée (8 %).

Au niveau national, si l'Aube dorée recule – passant de 6,9 à 6,3 % (de 420 à 340 000 voix) – le symbole est contre-balancé par le fait qu'elle est désormais formellement la troisième force du pays, rassemblant encore des parties importantes de la population, en sous-prolétarisation accélérée.

 

SYRIZA vers un gouvernement de coalition avec la « nouvelle droite » ?

Le discours de Tsipras à l'annonce des résultats partiels a été lyrique. Il a parlé de « changement de cap », de «  la fin de la troika », du jour « où le peuple grec a écrit l'histoire ».

Pour tout de suite, mettre les choses au clair : « il va négocier avec les partenaires européens, pour un plan de réformes sans déficit, ni excédent irréalisable ».SYRIZA sera un bon élève de l'Europe. Magnanime, « sans vainqueurs, ni vaincus », il élaborera un « gouvernement de tous les Grecs ».

Du lyrisme pour les foules, on va vite passer au réalisme politique et aux manœuvres de couloir. Selon les dernières estimations, SYRIZA n'obtiendra pas la majorité absolue des 151 sièges. Il doit donc négocier ferme.

Ce sera sans les partenaires naturels sociaux-démocrates de DIMAR, recalés, ni le PASOK infréquentable. Le KKE refuse de participer à un gouvernement de coalition. Mais Tsipras ne désespère pas d'obtenir un « vote de tolérance » au moment de l'investiture gouvernementale.

 

Tsipras va donc se tourner vers la droite. Mais vers qui ?

La Rivière a déjà fait les yeux doux. Animé par le médiatique présentateur télévision S.Teodorakis, parti de centre-droit, résolument pro-européen, libéral économiquement mais aussi libéral sur les mœurs, La Rivière se présente comme un parti neuf, moderne, responsable.

Son leader a affirmé à l'annonce des résultats qu'il était prêt à négocier avec Tsipras pour former un gouvernement de coalition. Il semble néanmoins refuser un accord avec les nationalistes des Grecs indépendants, jugés trop « anti-européens ». L'accord avec cette formation semblait le plus plausible, indiquant un virage nettement pro-européen, modéré de Tsipras.

Les dernières nouvelles, très tard dans la soirée, iraient plutôt vers la possibilité d'un gouvernement de coalition entre SYRIZA (Coalition de gauche radicale) et … les Grecs indépendants (ANEL) de Panos Kamenos, une scission de droite de la Nouvelle Démocratie.

Les Grecs indépendants sont présentés comme « populistes », « euro-sceptiques », combinant positions anti-immigration et anti-austérité, avec sa proximité avec l’Église orthodoxe. Le rejet du mémorandum, celui de la Troika, de la « colonisation allemande » est fondateur du parti.

Au niveau européen, les Grecs indépendants se sont rapprochés ces derniers mois du UKIP de Nigel Farage– dont il ambitionne de jouer un rôle semblable en Grèce. Ce n'est sans doute pas une coïncidence si Marine Le Pen, qui rêverait d'un schéma similaire dont elle serait la force hégémonique, a salué une potentielle victoire de SYRIZA.

La presse grecque évoque une rencontre entre Tsipras et Kamenos à 10 h 30 lundi, avec en discussion un pacte de gouvernement SYRIZA-ANEL, et l'octroi aux Grecs indépendants d'un ministère important.

 

Les prochains mois avec la révélation du véritable agenda de SYRIZA, sans doute même les prochains jours avec le dévoilement du nouveau gouvernement, risquent d'être révélateurs d'un nouveau cap peut-être éloigné de celui de millions d'électeurs. Après (ou avec) la vague SYRIZA, c'est aussi à la vague droitière qu'il faut résister. Avec un KKE fort.

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 16:49
Rassemblement à Rouen devant la Préfecture ( Photos Y.Genestal)

Rassemblement à Rouen devant la Préfecture ( Photos Y.Genestal)

A l'appel de la CGT les salariés représentant de nombreuses entreprises de l'agglomération rouennaise se sont rassemblés pour réclamer le retrait de la loi Macron. S'étaient joints à ce rassemblement des routiers de FO et de la CFDT en lutte pour leurs salaires contre un patronat des transports particulièrement dur.  Ce patronat sait pourtant utiliser ses salariés quand il en va de ses propres intérêts, comme par exemple le retrait de l'écotaxe.  Mais aujourd'hui il a oublié les "bonnets rouges". 

Après Pascal Morel pour l'UD-CGT, les intervenants ont souligné les reculs sociaux que constitue cette nouvelle contre-réforme.  Le représentant des inspecteurs du travail a insisté sur les attaques contre les droits de défense des salariés avec les attaques contre la juridiction prud'homale, l'inspection du travail ...  bref une attaque en règle contre le code du travail, tout ce dont rêvait le Medef.

La preuve est faite que les différentes contre-réformes en cours n'ont pas ralenti les licenciements et les fermetures d'entreprises.  Au contraire : c'est 11% de chômeurs que compte aujourd'hui - selon les chiffres officiels qui minore le nombre réel des sans-emplois - notre département.  Dans l'agglomération rouennaise les papetiers de Chapelle Darblay sont là pour en témoigner.  La lettre de l'UD-CGT aux députés du département le rappelle :

[ En plus, la loi ANI pour l’emploi (sic) que vous avez votée ( moins 2 abstentions) en 2013 facilite les licenciements, permet aux employeurs de baisser les salaires, d’augmenter le temps de travail et de réduire le délai de recours aux prudhommes pour les salariés licenciés]
… [ Cette loi permet également de réduire les les délais de recours à un expert pour les Comités d’entreprises et les recours pour les représentants du personnel face à des licenciements, comme c’est le cas à Chapelle Darblay ]

De plus, les patrons, le pouvoir et le patronat se sentent des ailes pour réprimer, licencier ceux qui osent user de leur droit de salarié.  Tous les prétextes sont bons pour éliminer les gêneurs, les syndicalistes.   A Duclair, la municipalité UMP veut chasser l'Union locale CGT de ses locaux.  Chez Setin à Martot, un syndicaliste est licencié, tout comme à Aérazur. 

Les salariés ont gagné depuis des siècles des droits et libertés qu'un pouvoir de droite baptisé "socialiste" s'attache depuis plus de deux ans à leur arracher.

Ce que Sarkozy n'a pas fait, les socialistes le font avec Hollande.

Des actions sont programmées par la CGT dans les semaines à venir.  Pour défendre les salariés licenciés pour leur activité syndicale et pour défendre l'emploi.

 

A Rouen, Dieppe, Le Havre, rassemblements et colère lundi matin devant la préfecture pour demander le retrait de la loi Macron


Les salariés, les retraités, les chômeurs ont su se mobiliser contre les retraites et en 2005 contre le traité constitutionnel.  Ils étaient majoritaires.  Les pouvoirs en place, européens comme français les ont ignoré et ont méprisé leurs luttes et leur vote.  Que les partisans de l'Union européenne et de l'austérité en France et en Europe se méfient : ils pourraient bien renverser la table un jour.  Et avec eux d'autres peuples d'Europe.

Article Action communiste

Contre la loi Macron: Rassemblement à Dieppe le 24 janvier 2015

Contre la loi Macron: Rassemblement à Dieppe le 24 janvier 2015
Contre la loi Macron: Rassemblement à Dieppe le 24 janvier 2015

Une cinquantaine de militants de la CGT de la région dieppoise se sont rassemblés sous le préau de l'Union locale, place Louis Vitet, pour protester contre la loi Macron et ses attaques multiples contre les droits des salariés.

Il s'agissait d'une première action qui en appelle d'autres.

A l'issue du rassemblement, une délégation a été reçue en sous-préfecture.

Au Havre, la CGT dit « non » au projet de loi Macron
Publié le 26/01/2015 á 22H43

Social. Plus de deux cents militants ont manifesté, hier, au Havre, pour demander le retrait du projet de loi du ministre de l’Économie.

Au Havre, la CGT dit « non » au projet de loi Macron

 

 
 
 
Après un rassemblement à la sous-préfecture, direction l’Espace Coty pour une distribution de tracts

 

 

 

 

 

 

 

Depuis hier, et durant deux semaines, le projet de loi Macron doit être examiné à l’Assemblée nationale. Un texte qui ne passe pas du tout dans les rangs de la CGT... Et ce, pour plusieurs raisons, comme l’explique Reynald Kubecki, co-secrétaire de l’union locale du Havre. Hier, à 11 heures, plus de 200 militants CGT se sont rassemblés devant la sous-préfecture pour dénoncer les principaux points noirs de cette loi selon le syndicat.

Alors qu’ils se dirigent vers l’Espace Coty pour une distribution de tracts, les syndicalistes et militants entendent se battre contre « la banalisation du travail du dimanche et de nuit », l’une des mesures phare du ministre de l’Économie. Le projet de loi Macron, pour la CGT, c’est aussi « la libéralisation du système de transports avec l’instauration de lignes régulières d’autobus ». « C’est de la concurrence pour la SNCF », s’indigne Reynald Kubecki.

« Aucune avancée »

A 13 h 45, c’est devant le conseil des prud’hommes que les militants ont conspué ce projet de loi. « Sur la déontologie, nous dénonçons l’insistance dérangeante qui consiste à rappeler aux conseillers l’impartialité, la dignité, la probité (...) Le projet de loi Macron est rédigé dans la précipitation et au prétexte d’améliorer le fonctionnement de la justice prud’homale par la réduction des délais, il ne vise qu’à faire disparaître les conseils de prud’hommes et priver ainsi les salariés du droit à une véritable justice sociale, réactive et de proximité. En un mot, à une justice humaine », indique la CGT.

« Une nouvelle fois, le gouvernement veut nous faire croire que ce projet va favoriser l’emploi. Il n’en est rien, ce n’est qu’une nouvelle étape pour libérer le patronat de toutes contraintes vis-à-vis des salariés, en lui laissant toutes libertés d’agir à sa guise, comme cela se fait depuis plus de trente ans », estime le syndicat, qui demande « le retrait du projet de loi car tous les éléments sont néfastes pour les salariés ». « Il n’y a aucune avancée. On facilite le profit pour les employeurs », ajoute Reynald Kubecki.

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 08:54

La violence policière contre les parents d'élèves d'un collège d'un quartier prioritaire que le gouvernement a décidé de sortir du REP ( Réseau d'éducation prioritaire), dans une ville, Grand-Couronne, qui est également touchée par la désindustrialisation illustre l'incohérence d'un gouvernement qui appelle à l'unité nationale, qui dit "Je suis Charlie" au nom de la liberté d'expression et fait intervenir la police contre des parents d'élèves qui défendent leur école, l'école de la République.  Le premier ministre fait des envolées lyriques sur les quartiers défavorisés mais il les enfonce dans les faits.  Voici un collège dont les enseignants se sont mobilisés depuis des années pour obtenir pour leurs élèves de meilleurs résultats.  Selon le rectorat ils ont réussi et le gouvernement, en conséquence,  leur enlève les moyens qui leur ont permis de mettre en oeuvre les mesures et le travail nécessaires pour ce succès.  Curieuse logique!  C'est la logique financière qui prévaut donc.  Comme dans les usines alentour, Petroplus, Chapelle Darblay.  Et pour obéir aux décisions austéritaires de l'Union européenne et des ministres européens, parmi lesquels les ministres français, la ministre de l'Education nationale taille dans les zones d'éducation prioritaires.  Comment les habitants de ces quartiers ne peuvent-ils pas se sentir abandonnés ?

Près de Rouen, des parents d’élèves délogés par la police : la FCPE 76 s’indigne
Près de Rouen, des parents d’élèves délogés par la police : la FCPE 76 s’indigne

 

La
 
 

 

La FCPE76 dénonce l’intervention des forces de l’ordre ce vendredi 23 janvier devant le collège Jean-Renoir à Grand-Couronne pour déloger des parents scolaires

 

 

 

 

 

 

ROUEN (Seine-Maritime). Fait inédit : les parents qui bloquaient le collège Jean-Renoir, à Grand-Couronne, près de Rouen, pour protester contre la réforme des Réseaux d’éducationprioritaire, viennent d‘être délogés par les forces de police ce vendredi matin. Le groupe scolaire Victor-Hugo, lui, reste bloqué depuis le début de la semaine.

Dans un communiqué de presse expédié en fin de matinée, la FCPE 76 réagit :

« Le Préfet de Seine Maritime a décidé d’envoyer les forces de l’ordre déloger la FCPE et les parents d’élèves qui sont rassemblés devant le collège Jean Renoir (Grand-Couronne) pour dénoncer la décision unilatérale de Madame la rectrice, de sortir ce collège ainsi que l’école Victor Hugo du réseau d’éducation prioritaire (REP).

La FCPE 76 dénonce avec vigueur le manque de dialogue et ce coup de force disproportionné du gouvernement et du Rectorat. Ce triste spectacle est-il le nouveau dialogue voulu, hier, par le Président de la République et la ministre de l’Education Nationale ? Ces parents d’élèves déjà fortement touchés par la crise économique, (Chapelle Darblay, Pétroplus, ...) souhaitent que l’avenir de leurs enfants soit préparé dans les meilleures conditions.

Le maintien dans le REP du collège Jean Renoir et des écoles de la ville est nécessaire pour donner à chaque jeune de Grand Couronne les mêmes chances de réussite. 70% des élèves fréquentant le collège Jean Renoir sont issus d’un quartier classé prioritaire par le ministère de la ville. Etonnante contradiction de l’Etat !!! L’Etat devrait consacrer l’argent public à d’autres finalités que d’envoyer des compagnies de CRS pour empêcher les parents d’élèves de préparer l’avenir de leurs enfants.»

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 14:21
Un scandale

Le gouvernement polonais veut donc organiser le 27 janvier la commémoration de la libération du camp d’Auschwitz sans inviter Vladimir Poutine. C’est son droit. Il vaut commémorer cela avec le gouvernement ukrainien, sans doute en mémoire des deux à trois mille volontaires ukrainiens qui aidèrent les nazis sur ce seul site (et bien plus ailleurs). C’est son droit. Mais qu’il assume alors l’énormité de son acte. Nous savons bien que ce n’est pas le peuple polonais qui s’exprime par la bouche de ce gouvernement. Qu’il ne le camoufle pas sous des prétextes divers.

La justification présentée par le ministre polonais des affaires étrangères est stupéfiante mais aussi très révélatrice. Il prétend qu’Auschwitz aurait été libéré par « des troupes ukrainiennes ». On ne sait ce qui doit le plus retenir l’attention : l’énormité du mensonge ou l’impudence avec laquelle il fut prononcé.

Auschwitz (Osewiscim) fut libéré par des hommes de la 332ème Division d’Infanterie de l’Armée Rouge, appartenant au « 1er Front d’Ukraine ». Il faut savoir que dans l’organisation adoptée par l’Armée Rouge, un « Front » désigne un groupe d’armées charger d’opérer sur une « direction stratégique ». Le 1er Front d’Ukraine était le nom du groupe d’armées qui avait combattu en Ukraine et qui, de là, remontait vers la Pologne. Ce n’était nullement une désignation « ethnique ». Cela, tout historien le sait. Les survivants furent traités par des médecins soviétiques, venus en toute hâte de Léningrad, car ils avaient le savoir-faire pour traiter les personnes dénutries.

Il sait aussi que les troupes du 1er Front d’Ukraine (2ème armée de tanks, du général Bogdanov) avaient libérées le 25 juillet 1944 le camp de Maïdanek, découvrant l’horreur de l’extermination systématique et industrielle qui caractérise le nazisme. Les principaux correspondant de guerre soviétiques, Vassily Grossman (auteur de « vie et destin), Konstantin Simonov (auteur de « Les Vivants et les Morts»), Boris Gorbatov et Evgeni Kryler se rendirent les lieux. Leurs articles firent la une des quotidiens soviétiques. Mais, il fallut attendre avril 1945, que les anglo-américains découvrent à leur tour Bergen-Belsen et les camps situés à l’ouest, pour qu’on leur accorde un quelconque crédit. Simonov témoignera devant la commission d’enquête russo-polonaise[1].

Rien ne justifie les mensonges du gouvernement polonais.

Mais, sa complicité avec le gouvernement de Kiev, au sein duquel on trouve, hélas, les descendants idéologiques des ukrainiens qui se sont associés aux Nazis l’explique.

L’ensemble des dirigeants de l’Europe devrait le dire haut et fort et refuser de participer à ce qui n’est plus une commémoration mais une mascarade. Si François Hollande se rend à Auschwitz, dans ces conditions, qu'il sache qu'il salit alors son nom et celui de la France.


[1] Simonov K., Maïdanek - un camp d’extermination, suivi du Compte rendu de la commission d’enquête polono-soviétique, Éditions Sociales, Paris, 1948,

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 23:42

ÉLECTIONS EN GRÈCE : Victoire de « SYRIZA »

grece-bfm1.jpg

« SYRIZA », que certains persistent à nommer « gauche radicale » ou « extrême gauche », vient de remporter les législatives en Grèce. Si le Parti socialiste PASOK s’écoule au point de friser sa disparition du parlement, la droite de « Nouvelle Démocratie » recule légèrement en pourcentage mais se maintient globalement.

Le Parti communiste grec (KKE) très anti Euro et Union Européenne progresse légèrement en pourcentage et en sièges malgré la tentation du « vote utile » à gauche. Cela montre la lucidité de larges couches populaires dans le pays.

Le peuple grec épuisé par le chômage massif, la baisse des salaires et des retraites, le démantèlement des services publics et notamment de santé a crié son rejet de la politique d’austérité.

Aux votes de convictions pour « SYRIZA », en nette progression, se sont ajoutés des votes de citoyens moins engagés politiquement et qui veulent donner sa chance à « un parti qui n’a jamais gouverné ».

Reste à savoir si SYRIZA qui refuse, à ce jour,  d’envisager une sortie de la zone euro et de l’Union Européenne sera en capacité de tenir ses promesses électorales:

Renégociation de la dette grecque

Hausse du salaire minimum

Hausse des retraites

Hausse de l’impôt pour les plus riches

Accès gratuit aux soins

Etc…

L’avenir le dira, mais il est évident que des luttes populaires seront nécessaires et que le peuple devra être vigilant pour empêcher toute capitulation face à la Troïka (UE-BCE-FMI).

On ne peut que souhaiter qu’à l’immense espoir qui monte en Grèce ne succède pas une immense déception qui pourrait, il faut bien le dire, ouvrir la voie aux pires aventures autoritaires.

 

Michel EL DIABLO

Le 25 janvier 2015 -23h20

 

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