Janvier 1945 : les marches de la mort
En janvier 1945, l'Armée rouge approche d'Auschwitz. On commence à entendre le canon. Les nazis décident d'évacuer le camp. Le 18 janvier 1945, les déportés rassemblés par les S.S. sont jetés sur les routes. Commencent alors les terribles marches de la mort : à pied ou dans des wagons à ciel ouvert, les déportés sont transportés vers les camps encore en activité. Ceux qui ne peuvent pas suivre sont abattus.
Carte des marches de la mort à partir d'Auschwitz (Carte de Martin Gilbert - modifiée par ems soins)
Près de 100.000 déportés sont ainsi jetés sur les routes. Des dizaines de milliers ne survivront pas.
Ceux qui restent dans le camp
A Auschwitz, ne sont restés que les malades et quelques déportés qui ont pu se cacher dans les baraques.
Parmi ceux qui échappent à la Marche de la mort, il y a Primo Levi. Il attrape la scarlatine le 11 janvier 1945 et est hospitalisé au "K.B. Infektionabteilung". Il y reste quelques jours, fiévreux. Mais les rumeurs circulent.
L'arrivée de l'Armée Rouge
Les soldats de l'armée rouge entrent dans le camp, le 27 janvier 1945.
Le général russe Petrenko, arriva à Auschwitz le 29 janvier 1945, trois jours après la libération du camp :Des survivants très affaiblis
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Photographie de Stephen Bleyer prise lors d’un examen médical après la libération du camp alors qu’il avait 14 ans.
M. Bleyer, ancien président du centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal, ne s’est reconnu sur cette photographie que grâce à son numéro d’identification.
(Panstwowe Muzeum w Oswiecim-Brzesinka / USHMM Photo Archives).
A peine 2000 des 7500 survivants du camp devaient vivre plus de quelques jours.
Photographie, 1945, Museum d'Auschwitz-Birkenau, Neg.-Nr. 766
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Croix Rouge Polonaise à Auschwitz, 1945Les cadavres
Les cadavres engorgent les allées d'Auschwitz. Le typhus se répand dans le camp. Les Soviétiques doivent ensevelir rapidement les corps dans des fosses communes.
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Autres découvertes
A la libération, les Soviétiques découvrent des piles de vêtements, de chaussures, lunettes, prothèses, des piles de bagages éventrés, de blaireaux, de peignes, de casseroles, et même des piles de cheveux, de dents en or...
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Un tas de lunettes trouvé à Auschwitz.Ils trouvent aussi la trace des expérimentations folles des "médecins" nazis. Ainsi, ils libèrent 90 jumeaux.
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La porte du camp d'Auschwitz, photographiée en 1945. Elle est ouverte désormais.
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Soldats soviétiques et déportés
au moment de la Libération du camp.
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Le jour de mon arrivée à Auschwitz, on avait compté sept mille cinq cents rescapés.
Je n'ai pas vu de gens « normaux ». Les Allemands avaient laissé les impotents. Les autres, tous ceux qui pouvaient marcher, avaient été emmenés le 18 janvier. Ils avaient laissé les malades, les affaiblis ; on nous a dit qu'il y en avait plus de dix mille. Ceux qui pouvaient encore marcher, peu nombreux, se sont enfuis alors que notre armée s'approchait du camp.![]()
Un soldat soviétique soutient une femme déportéeNous avons envoyé les unités sanitaires des 108e, 322e et 107e divisions sur le territoire du camp, les médecins de ces trois divisions ont mis en place des lieux pour se laver : tels étaient les ordres de l'armée.![]()
Médecin militaire soviétique examinant un déporté, après la libération du camp.Ces mêmes divisions ont organisé l'approvisionnement. On a envoyé des cuisines mobiles. Le deuxième jour, un régiment de réserve de l'armée est arrivé et a libéré nos soldats. [...]
On m'a montré les pièces où l'on asphyxiait au gaz avant le crématoire. Le crématoire lui-même et une chambre à gaz avaient été dynamités.![]()
Les ruines de la chambre à gaz du Crématoire II. (Photo prise après la Libération. )J'ai vu aussi des enfants... C'était un tableau terrible : ils avaient le ventre gonflé par la faim, les yeux vagues, des jambes très maigres, des bras comme des cordes, et tout le reste ne me semblait pas humain, comme si c'était cousu. Les gamins se taisaient et ne montraient que les numéros qu'on leur avait tatoués sur le bras.![]()
Des enfants libérés d'Auschwitz montrent leur tatouage.
(Lire un commentaire de Serge Smulevic sur cette photo)Ces gens n'avaient pas de larmes. J'ai vu comment ils essayaient de s'essuyer les yeux, mais ils restaient secs.
Général Petrenko, Avant et après Auschwitz , Flammarion, 2002
Dix jours hors du monde et hors du temps
— Vous ne savez pas ? leur dis-le, demain on évacue le camp.
Ils m'accablèrent de questions :
— Où ça ? A pied ?... Même les malades ? Même ceux qui ne peuvent pas marcher ?
Ils savaient que j'étais un ancien du camp et que je comprenais l'allemand, et ils en concluaient que j'en savais là-dessus beaucoup plus que je ne voulais l'admettre.
Je ne savais rien d'autre; je le leur dis, mais ils n'en continuèrent pas moins à me questionner. Quelle barbe! Mais c'est qu'ils venaient d'arriver au Lager, ils n'avaient pas encore appris qu'au Lager on ne pose pas de questions.
Dans l'après-midi, le médecin grec vint nous rendre visite. Il annonça que même parmi les malades, tous ceux qui étaient en état de marcher recevraient des souliers et des vêtements, et partiraient le lendemain avec les bien-portants pour une marche de vingt kilomètres. Les autres resteraient au K.B., confiés à un personnel d'assistance choisi parmi les malades les moins gravement atteints. [...]
[Ce médecin grec] était déjà équipé pour la marche ; dès qu'il fut sorti, les deux jeunes Hongrois se mirent à parler entre eux avec animation. Leur période de convalescence était presque achevée, mais ils étaient encore très faibles. On voyait qu'ils avaient peur de rester avec les malades et qu'ils projetaient de partir avec les autres. Il ne s'agissait pas d'un raisonnement de leur part : moi aussi, probablement, si je ne m'étais pas senti aussi faible, j'aurais obéi à l'instinct grégaire; la terreur est éminemment contagieuse, et l'individu terrorisé cherche avant tout à fuir.[...]Cliquez sur le titre pour lire la suite.
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