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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 14:14
On attend du PCF des actes de solidarité forts avec les communistes ukrainiens.  Et une bataille conséquente pour la paix en Europe, le retrait de la France de l'OTAN et le départ de toutes les forces de l'OTAN, de toutes les forces militaires étatsuniennes.  Tant qu'on laissera les mains libres à l'OTAN et aux Etatsuniens sur le territoire européen, la course à l'affrontement et à la guerre continueront.YG
Ukraine. Le communisme officiellement criminalisé
 
Lu sur Humanité.
Stéphane Aubouard
Samedi, 11 Avril, 2015

Photo : Kacper Pempe/Reuters

Pour le PCF "Le but de Porochenko n’est-il pas ainsi de solder les comptes de la Seconde guerre mondiale pour donner des gages aux partisans de l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan et de la mise en coupe réglée des lois du FMI ?"
Photo : Kacper Pempe/Reuters
 
Le Parlement, majoritairement antirusse, a voté, jeudi, une loi interdisant toute « propagande des régimes totalitaires communiste et nazi ». "Une remise en question de la démocratie et du pluralisme" estime le Parti communiste français.

254 députés ont voté en faveur de cette décision, contre un minimum requis de 226. Ce texte interdit « toute négation publique » de leur « caractère criminel », ainsi que toute « production », « diffusion » et « utilisation publique » de leurs symboles. Une manière pratique pour le président Porochenko, soutenu par Bruxelles et Washington, de se débarrasser d’un Parti communiste ukrainien (PCU) encore influent et dont les responsables ont été depuis un an régulièrement menacés et attaqués dans leur intégrité physique par des groupuscules d’extrême droite proches du pouvoir.

Dans un communiqué, le PCF estime que "le président Petro Porochenko vient de franchir un nouveau pas dans la crise profonde qui plonge le pays dans un néant politique économique et social" (...). "Mettre sur le même pied l’idéologie de la barbarie nazie et le communisme manifeste de la volonté de privilégier le négationnisme des crimes des Bandéristes, alliés des SS face aux résistants ukrainiens et à la libération du pays par les soldats de l’Armée soviétique" s'insurge le PCF.  Et de pousuivre "sous prétexte de condamner les régimes totalitaires, c’est en réalité la démocratie et le pluralisme que Petro Porochenko remet en question."

Trois monuments aux dirigeants communistes ont été déboulonnés par des inconnus dans la nuit de vendredi à samedi à Kharkiv, grande ville industrielle de 1,4 million d'habitants, chef-lieu de la région frontalière des zones séparatistes prorusses de Donetsk et de Lougansk. Les monuments ont été démontés de la même manière par des jeunes gens encagoulés. La police a assisté sans intervenir au déboulonnement d'un de ces monuments.

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 12:28

"En condamnant le communisme, le gouvernement a miné l'intégrité territoriale de l'Ukraine" (P.Simonenko - KPU)

Vendredi 10 Avril 2015

Réaction de Petro Simonenko, Premier secrétaire du Parti communiste d'Ukraine (KPU) suite à l'adoption de la loi №2558 "sur la condamnation du régime totalitaire communiste et national-socialiste (nazi) en Ukraine et sur l'interdiction et la promotion de leurs symboles." - traduction Nico Maury
 
"En condamnant le communisme, le gouvernement a miné l'intégrité territoriale de l'Ukraine" (P.Simonenko - KPU)
 
"Le paquet de lois dites de "décommunisation" vient de porter un coup à la sécurité nationale et menace l'existence de l'Etat de l'Ukraine elle-même! En fait, en voulant dénoncer le pacte Molotov-Ribbentrop (23 Août, 1939) ils viennent de mettre en danger la réunification de l'Ukraine occidentale avec le reste de l'Ukraine. En outre, la reconnaissance du régime soviétique comme «criminel» dénonce les action du "régime criminel" de la RSS d'Ukraine, co-fondateurs et membre de l'Organisation des Nations Unies. Cette loi annule de fait l'inclusion de la Crimée à l'Ukraine (19 Février 1954) et est une reconnaissance de facto du référendum de mars 2014 sur la réunification de Crimée avec la Russie. Il s'avère, qu'avec l'adoption de cette loi, la déclaration de souveraineté du 19 Juillet 1990 et l'Acte d'Indépendance du 24 Août 1991 doit être abolie, car promue par un "régime communiste criminel" déclare Petro Simonenko.

"Bien sûr, le contenu des lois adoptées le 9 avril nécessite une étude approfondie en termes de droit, de droits de l'homme et des libertés. Bien sûr, c'est une violation flagrante de la Constitution d'Ukraine" déclare le leader des communistes.

"En outre, nous assistons à l'expression du dédain de certains députés du peuple de cette convocation qui refusent les décisions de la communauté internationale, notamment du Tribunal de Nuremberg. Cette Cour internationale de Justice a condamné sans équivoque tout ce qui était lié à Hitler et ses collaborateurs, y compris sur le territoire de l'Ukraine" déclare Petro Simonenko.

Selon le chef du Parti communiste,ils cherchent des prétextes pour effacer la période historique de allant de 1917 à 1991.

"L'adoption de ces lois est conduit par le "parti de la guerre". Le Parlement ukrainien, interdit aux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale de porter leurs décorations, elle interdit la journée du 9 mai, Jour de la Victoire, nos peuples frères, qui ensemble ont vaincu Hitler et libérés non seulement le territoire de l'Union soviétique, mais aussi de l'Europe, les films soviétiques sont aussi interdits, la littérature qui raconte les exploits des héros de la seconde guerre mondiale sont interdits. Il est interdit à nos anciens combattants et de ceux qui honorent la mémoire de cette grande victoire, d'utiliser la Bannière de la Victoire de venir avec sur les lieux de mémoire. Le Parti communiste d'Ukraine, légalement enregistré en 1993 ne peut plus utiliser les symboles mondiaux que sont l'étoile rouge, le marteau, la faucille, et le nom de Parti communiste. C'est pourquoi ils ont décidé d'interdire l'idéologie communiste en Ukraine".

Petro Simoneko souligne que "les conséquences de ces actes seront tragiques pour le peuple ukrainien."

"Cet acte déclenche une nouvelle vague escalade des tensions dans la société ukrainienne. Je tiens à souligner que cette folie aura de graves conséquences pour l'Ukraine dans un proche avenir" résume le chef du Parti communiste.
Nicolas Maury
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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 02:25

Ukraine : "Un processus irréversible qui conduira à la désintégration complète du pays"

Vendredi 10 Avril 2015

Le Parlement ukrainien a voté hier la reconnaissance des combattants de l'OUN-UPA (Organisation des nationalistes ukrainiens - Armée insurrectionnelle ukrainienne) comme des libérateurs. Il s'agit d'une erreur irréversible qui conduira à la désintégration complète du pays selon le Président de la République Populaire de Donetsk (DNR) Alexander Zakharchenko - article et traduction Nico Maury
 
Ukraine : "Un processus irréversible qui conduira à la désintégration complète du pays"
 
"Cette « loi » est une autre tentative pour brouiller la Russie et l'Ukraine. Une autre tentative pour faire des héros des combattants, ce n'est rien de plus qu'une farce. J'exprime mon dégoût et ma répulsion face à cet événement "historique". Historique, car aujourd'hui, on peut dire que le fascisme est victorieux en Ukraine. Très vite, la majorité de la population de l'Ukraine va comprendre que ce pays n'est plus, les autorités ukrainiennes ont lancé un processus irréversible qui conduira à la désintégration complète du pays" déclare le Président Alexander Zakharchenko.

271 députés à la Rada ont adopté une loi sur "le statut juridique des participants dans la lutte pour l'indépendance ukrainienne au cour du XXe siècle". Cette loi s'ajoute à l'interdiction de l'idéologie communiste.

L'UPA responsable de massacres de nombreux civils juifs et polonais pendant la guerre

Stepan Bandera, une des figures de ce nationalisme, c'est l'un des fondateurs de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) et dirigeant de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), une organisation de "libération" de l'Ukraine dont le programme est clairement anti-polonais, anti-soviétique, et antisémite. Stepan Bandera est considéré par certains comme un ancien collaborateur des nazis. «L'influente organisation juive Centre Simon Wiesenthal a dénoncé l'attribution à titre posthume du titre d'Héros de l'Ukraine à Stepan Bandera, qualifiant ce dernier de collaborationniste nazi responsable du massacre de milliers de Juifs pendant la guerre de 1939-1945».

 

Portrait de Stepan Bandera

Portrait de Stepan Bandera
L'UPA est une armée de guérilla ukrainienne formée en octobre 1942, en Volhynie. Ses dirigeants ont été Dmytro Klyachkivskiy, Roman Choukhevytch (dès janvier 1944) et Stepan Bandera. Il s'agit de la branche militaire de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN). Son principal objectif était l'indépendance totale de l'Ukraine. L'UPA est responsable de massacres de nombreux civils juifs et polonais, notamment, à l'été 1943 lors des massacres des Polonais en Volhynie.

Pendant la seconde guerre mondiale, l'OUN travaillera avec la Gestapo pour réduire les poches de résistances soviétiques en Ukraine. C'est grâce au soutien actif de l'OUN que la division SS «Galicie» a pu être fondée, équipée. Selon la recherche, les membres de l'OUN-UPA sont responsables d'au moins un million de personnes, dont environ 200.000 Polonais.

L'UPA reçut de l'aide de la CIA et du renseignement britannique, bien que l'opération ait été dénoncée par Kim Philby. C'est seulement en 1947-1948 que la résistance de l'UPA fut suffisamment brisée pour permettre la mise en œuvre, par les Soviétiques, de la collectivisation à grande échelle dans l'ouest de l'Ukraine. Des raids sporadiques de l'UPA se poursuivirent jusqu'au milieu des années 1950, après la mort du général Roman Choukhevytch, qui fut tué dans une embuscade près de Lvov, en mars 1950.

 

Symboles de l'UPA

Symboles de l'UPA
 
Pour en savoir davantage sur l'UPA, l'OUN et la division SS Galicie, allez sur le site Les Crises en cliquant sur le titre ci-dessous.:
 
Publié le 11 août 2014

billet précédent sur l’Ukraine

ATTENTION : billet contenant des images très dures 

À la fin de 1942, l’UPA a participé à une campagne de nettoyage ethnique de Volhynie (où vivaient 350 000 Polonais), et au début de 1944, ses campagnes ont commencé à inclure la Galicie orientale.

On estime que près de 70 000 Polonais, principalement des femmes et des enfants ainsi que des hommes non armés, ont été tués au cours de la campagne du printemps et de l’été 1943 en Volhynie par l’UPA.  [...] Lire la suite en cliquant sur le titre.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 22:45

Publié par Michel El Diablo

La LIBERTÉ DE LA PRESSE un mythe ?

Récemment la tragédie de « Charlie hebdo » a déclenché une multitude de déclarations de journalistes sur leur liberté de parole et d’analyse. Sont-ils aussi libres et indépendant qu’ils le prétendent ? L’ensemble de la presse française (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, écrite, radios et TV) est entre les mains de 27 groupes capitalistes français et étrangers, l’audio télévision publique est entre les mains de l’Etat. Il faut bien faire un constat. Sur toutes les questions économiques et sociales, sur toutes les analyses de la situation internationale, sur les causes et les origines de la crise qui frappe les peuples, sur les moyens d’y mettre fin, toute la presse écrite ou parlée donne les mêmes explications.

Les attentats que nous avons vécus ont déclenché un raz de marée journalistique jouant sur l’émotion et la compassion vis-à-vis des victimes mais rien sur les raisons profondes de ces violences.

Pendant des jours, pour l’ensemble des médias, l’information fut uniquement portée sur un triangle local: siège de « Charlie hebdo », Dammartin, Porte de Vincennes. Pendant ce temps la SNCF annonce 1100 suppressions d’emplois. Silence, personne n’en saura rien. De même le saccage de la ville de Baga au nord du Nigéria et le massacre de ses 2000 habitants mené par un groupe terroriste ne suscitera aucun écho médiatique, aucune réaction des officiels français. Une vie en France vaut- elle plus qu’une vie africaine ? Seule comptait la position officielle : « la France est attaquée, c’est une nouvelle guerre, il faut l’union nationale pour sauver la patrie en danger ».

Le 12 janvier 2015, rendant compte de la manifestation de la veille au journal de « France 2 » à 13 heures la journaliste Nathalie Saint Cricq déclare « Il faut repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie ». Un véritable appel à la délation qui en rappelle d’autres. Ainsi tous ceux qui ont refusé de défiler derrière Sarkozy et Hollande responsables des interventions militaires de la France, ceux qui refusent de défiler derrière B. Netanyahou dirigeant d’un pays qui occupe les territoires palestiniens depuis 1967 en dépit des décisions de l’ONU doivent être repérés et traités. C’est une conception bien particulière de la liberté d’opinion que cette journaliste exprime là. Celle de la dictature du capital qui ne supporte qu’une seule liberté : la sienne.

Dans cette affaire la presse française est restée fidèle à son histoire. Celle de la défense des intérêts de la classe dominante dont elle est le porte-voix au détriment de la recherche de la réalité.

[...]

Lire la suite sur http://www.sitecommunistes.org/

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 14:22

Sur le blog "Indépendance des chercheurs".

09/04/2015

Le 9 avril, journée de grève et de manifestations (II)

La journée de grève et de manifestations du 9 avril 2015 connaît une importante mobilisation, alors que Le Monde écrit en même temps « Radio France : Fleur Pellerin travaille à une médiation », précisant : « une nouvelle assemblée générale à 10 heures à la Maison de la radio a voté la reconduction de la grève jusqu’à vendredi ». Mais de quelle médiation parle-t-on, au vu de la politique globale du gouvernement à l'égard des services publics ? Avec le titre « A Paris et en régions, des dizaines de milliers de manifestants "contre l'austérité" », France TV Info évoque une « mobilisation "pour les salaires, les services publics, l'emploi, la protection sociale" appelée par la CGT, FO, la FSU et Solidaires ». Les services publics sont donc explicitement un enjeu de la mobilisation. Comme souligné dans notre article « Le 9 avril, journée de grève et de manifestations (I) », on peut regretter les limitations du mot « austérité » utilisé par les organisations syndicales dans leur appel à la journée du 9 avril, et l'absence d'une dénonciation claire de la mondialisation du capitalisme qui constitue la véritable source des problèmes mis en avant. L'article de France 3 Régions « Manifestation contre l'austérité dans les rues de Paris » présente la photo d'une banderole avec le mot d'ordre « Stoppons l'austérité. Non à la Loi Macron !!! Grève interpro !!! ». Il s'agit donc bien d'une dénonciation de la politique gouvernementale, politique maintenue malgré le désaveu infligé par les dernières élections départementales. Essonne Info diffuse à son tour une note intitulée « Grève interprofessionnelle contre la loi Macron ». Précisément, la « Loi Macron » n'est pas une simple loi « d'austérité », mais bien une large collection de « réformes de structure » exigées et soutenues par les lobbies de l'Union Européenne et par les institutions internationales chargées du « suivi » des Etats dans le cadre du capitalisme mondialisé. Notre article « Hollande, Valls et la mondialisation du capitalisme (I) » commente la prise de position explicite de l'OCDE à l'égard de la France, diffusée juste après le second tour des élections départementales. Mettre en évidence le rôle de la mondialisation du capitalisme est donc essentiel, et la simple référence à « l'austérité » ne suffit pas pour exposer l'origine et les enjeux de la situation actuelle. Les mobilisations du 9 avril doivent, de notre point de vue, s'accompagner d'une réflexion collective sur cette question essentielle qui concerne l'ensemble des citoyens. L'action des personnels de Radio France, déjà évoquée dans nos articles « Radio France, grève et défense du service public » (I) et (II), met en évidence devant un large secteur de la population les attaques dont les services publics français sont depuis longtemps la cible. Analyser sur le fond et dans la transparence l'origine économique et politique de ces attaques est aujourd'hui une première urgence. Le rôle de la stratégie imposée par le grand capital mondialisé constitue, de ce point de vue, une donnée fondamentale.

 

Comment renforcer les mobilisations dans la situation actuelle ?

Une vaste campagne de réflexion collective et d'information citoyenne paraît indispensable quant aux enjeux stratégiques et l'origine réelle des problèmes que les Français doivent affronter de plus en plus directement.

C'est par une telle campagne, que la prise de conscience et la volonté de rassemblement pourront se développer et prospérer.

La libre circulation des capitaux, la mise en concurrence des populations à l'échelle planétaire... sont, de toute évidence, des données essentielles pour comprendre la régression progressive des standards sociaux et des conditions de vie dans des pays comme la France. Mais dans ce cas, pourquoi les organisations syndicales n'évoquent-elles pas ces questions dans la clarté ?

Un communiqué du 9 avril du Bureau Confédéral de Force Ouvrière souligne : « Des centaines de milliers de salariés du privé, du public et des retraités se sont mobilisés contre l’austérité exigeant des réponses du gouvernement ».

Mais pourquoi en rester à un symptôme, « l'austérité », sans aborder ouvertement la maladie générée par la mondialisation du capitalisme et l'alignement des gouvernements sur les exigences du capital mondialisé ? 

Si des organisations internationales comme l'OMC, l'OCDE ou le FMI interviennent directement pour exiger l'adaptation des gouvernements à la mondialisation du capitalisme, pour quelle raison la dénonciation de cette mondialisation ne serait-elle pas de la compétence des organisations syndicales françaises ?

[ ... ]

[Lisez l'ensemble des articles ( I et II ), sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/04/09/le-9-avril-journee-de-greve-et-de-manifestations-i-50804.html ]

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:58
A lire , au soir d'une reprise de la bataille

Publié le 9 Avril 2015 par Canaille Le Rouge

un article du Diplo

A lire , au soir d'une reprise de la bataille

Ce papier qui fait éditorial au numéro en cours du Monde Diplomatique est non seulement à lire mais à faire lire.

La Canaille le dit d'autant plus à l'aise que sa lecture du Diplo pour régulière qu'elle soit est parfois à regarder avec circonspection.

Le propos de Serge Halimi n'est pas mis en ligne pour être débattu mais comme un élément de connaissance qui peut ensuite seulement ouvrir des débats.

D'abord s'en emparer refléchir sur ce qu'il dit et...le donner à partager autour de soi.

Voila aussi pourquoi le capital, pour cette raison là, traque le syndicalisme de lutte.

 

Eloge des syndicats
par Serge Halimi, avril 2015

Puisque chacun prétend se soucier de l’envol des inégalités, pourquoi cette analyse du Fonds monétaire international (FMI) est-elle passée à ce point inaperçue (1) ? En raison de ses conclusions ? Dans une étude présentée en mars dernier, deux économistes issues de ce temple du libéralisme relèvent « l’existence d’un lien entre la baisse du taux de syndicalisation et l’augmentation de la part des revenus les plus élevés dans les pays avancés durant la période 1980-2010 ». Comment expliquent-elles ce lien ? « En réduisant l’influence des salariés sur les décisions des entreprises », l’affaiblissement des syndicats a permis d’« augmenter la part des revenus constitués par les rémunérations de la haute direction et des actionnaires ».

Selon ces économistes du FMI, « une moitié environ » du creusement des inégalités que les libéraux préfèrent traditionnellement attribuer à des facteurs impersonnels (mondialisation, technologies, etc.) découlerait du déclin des organisations de salariés. Doit-on s’en étonner ? Quand le syndicalisme, point d’appui historique de la plupart des avancées émancipatrices, s’efface, tout se dégrade, tout se déplace. Son anémie ne peut qu’aiguiser l’appétit des détenteurs du capital. Et son absence, libérer une place qu’envahissent aussitôt l’extrême droite et l’intégrisme religieux, s’employant l’une comme l’autre à diviser des groupes sociaux dont l’intérêt serait de se montrer solidaires.

Or l’effacement du syndicalisme ne tient ni du hasard ni de la fatalité. En avril 1947, alors que l’Occident s’apprête à connaître trente ans de prospérité un peu mieux partagée, Friedrich Hayek, un penseur libéral qui a marqué son siècle, dresse déjà la feuille de route de ses amis politiques : « Si nous voulons entretenir le moindre espoir d’un retour à une économie de liberté, la question de la restriction du pouvoir syndical est une des plus importantes. » Hayek prêche alors dans le désert, mais quelques décennies plus tard, grâce à l’intervention directe — et brutale — de deux de ses admirateurs, Ronald Reagan et Margaret Thatcher, lors de conflits du travail marquants (les contrôleurs aériens américains en 1981, les mineurs britanniques en 1984-1985), le « pouvoir syndical » a rendu l’âme. Entre 1979 et 1999, le nombre annuel de grèves impliquant au moins mille salariés passe aux Etats-Unis de deux cent trente-cinq à dix-sept, celui des jours de travail « perdus », de vingt millions à deux millions (2). Et la part du salaire dans le revenu national recule... En 2007, sitôt élu président de la République, M. Nicolas Sarkozy fait à son tour voter une loi restreignant le droit de grève dans les services publics. L’année suivante, il pavoise tel un gamin hilare : « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit. »

En bonne logique, l’étude du FMI aurait dû insister sur l’urgence sociale et politique de renforcer les organisations de salariés. Elle estime plutôt qu’« il reste à déterminer si l’accroissement des inégalités dû à l’affaiblissement des syndicats est bon ou mauvais pour la société »... Ceux qui ont déjà une petite idée de la réponse en tireront sans effort la conclusion qui s’impose.

Serge Halimi

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:50

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:48
Source: RIA NOVOSTI

Source: RIA NOVOSTI

Le 

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, est arrivé aujourd’hui (8 avril) à Moscou. Ce voyage officiel de deux jours n’est pas passé inaperçu dans le contexte tendu que connaît actuellement la Grèce vis-à-vis de ses « partenaires » de l’Union européenne.

Athènes est sous pression financière croissante : le Trésor remboursera le 9 avril près d’un demi-milliard d’euros au FMI, comme l’a confirmé le ministre des Finances lors d’une rencontre a vec la patronne de l’institution, Christine Lagarde. Mais d’autres échéances vis-à-vis des créanciers européens se profilent d’ici la fin avril, puis au-delà. L’hypothèse d’un « défaut partiel » (non remboursement à l’heure dite) alimente toujours la rumeur. Un tel événement serait susceptible de déclencher une réaction en chaîne, voire une sortie « accidentelle » du pays de la zone euro.

Le gouvernement grec, issu des élections du 25 janvier dernier, continue d’afficher sa volonté de rester dans la monnaie unique. Il est confronté aux pressions des dirigeants européens : le 20 février, après un bras de fer entre Bruxelles et Athènes, le « prolongement » jusqu’à juin du plan de renflouement octroyé à la Grèce en 2012 a été accordé, en échange de la promesse d’un plan de réformes sur le principe duquel s’est finalement engagé M. Tsipras. Mais l’eurogroupe (ministres des finances de la zone euro), l’Allemagne en particulier, refuse de débloquer la dernière tranche de prêts – un peu plus de 7 milliards – tant que lesdites réformes ne seront pas précisées et actées. Des discussions techniques sont en cours, la prochaine étape devrait être la réunion formelle de l’eurogroupe prévue le 24 avril.

C’est donc dans ce contexte que le chef du gouvernement rencontre les dirigeants russes. Au menu des discussions figurent le commerce et les investissements, le tourisme (les touristes russes constituent traditionnellement une ressource importante pour Athènes), et plusieurs points sensibles liés aux relations entre Bruxelles et Moscou. M. Tsipras souhaite ainsi que soient ré-autorisées les exportations de produits agricoles grecs, bloquées par l’embargo décrété par Moscou contre les pays de l’UE. Cette mesure avait été la réponse du Kremlin aux sanctions européennes prises contre la Russie.

L’énergie est un point encore plus sensible. M. Tsipras pourrait bien obtenir de ses interlocuteurs une baisse du prix du gaz vendu par le géant public russe Gazprom. Les discussions devraient en outre porter sur les coopérations énergétiques entre les deux pays, en particulier dans le projet de gazoduc « Turkish stream » imaginé par Moscou pour fournir cet hydrocarbure aux Européens via la Turquie et non plus l’Ukraine. Ce projet remplace celui baptisé « South stream », qui devait passer sous la Mer Noire puis par la Bulgarie, et qui fut torpillé par Bruxelles (notamment sous pression américaine).

Pour sa part, le ministre grec des Affaires étrangères se trouve à Budapest pour discuter avec ses homologues hongrois, bulgare, et (hors UE) turc, serbe, et macédonien quant à l’avenir de ce nouveau projet russe. Une perspective qui heurte Bruxelles : d’abord parce qu’elle pourrait contrevenir aux règles de déréglementation énergétique de l’UE, ensuite parce que certains dirigeants européens voient d’un mauvais œil tout rapprochement avec Moscou.

Enfin, ce qui achève de plonger certains dirigeants européens dans l’inquiétude a trait aux offres de crédits que Moscou s’est dit prêt à accorder à une Grèce en mal de trésorerie. De là à conclure que cette dernière pourrait « basculer » vers l’« orbite russe » au détriment de son « ancrage européen », certains dirigeants de la CDU allemande, en particulier, ont vite franchi le pas en alertant sur cette possible « trahison ».

Le ministre grec des Finances, Yannis Varoufakis, a tenté de calmer le jeu. Dans une interview au journal Naftemporiki, il a exclu toute « bascule » vers la Russie (et la Chine, avec qui des discussions en matière d’investissements sont également en cours) : « comme je l’ai souvent répété, la solution à la crise grecque est une question au sein de la famille européenne, et doit être trouvée dans le cadre de l’UE ». Il a précisé : « forger des relations plus étroites avec des pays en dehors de la zone euro et de l’UE, avec la volonté de promouvoir celles-ci sur la base de la coopération et de l’intérêt mutuel, relève d’un autre chapitre ».

Une affirmation qui paraît légitime : le défi posé au pays n’est pas de choisir tel ou tel « camp », mais plutôt de rassembler et de construire les moyens de reconquérir une véritable indépendance – économique, politique… et monétaire.

Cependant, la volonté de demeurer au sein de la zone euro est contradictoire avec cet objectif. Or cela reste pour l’heure la position affichée par le gouvernement grec.

Les contradictions et les enjeux sont tels que le bras de fer pourrait se prolonger quelques semaines, voire quelques mois. Il reste que dans une situation extrêmement tendue, nul ne peut prédire l’issue à coup sûr.

Car le peuple grec lui-même – un peuple très politique – n’a sans doute pas dit son dernier mot.

 

 

TSIPRAS cherche à MOSCOU les moyens de l’indépendance, mais reste fidèle à L'EURO  [RUPTURES]

SOURCE:

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:47

Un article très pédagogique publié par Michel El Diablo

VÉNISSIEUX (Rhône) : L’expérience vénissiane du rassemblement et du parti communiste

En creusant l’écart sur la droite par rapport à 2014 et même à 2008, et en contenant le FN, en pleine vague bleue et bleu marine aux départementales, Vénissieux a fait l’évènement. Les acteurs de l’agglomération Lyonnaise ne s’y trompent pas, les communistes en premier lieu bien sûr [1], mais aussi tous ceux qui avaient misé sur la chute de la dernière grande ville communiste hors région parisienne.

Dans quelle mesure cette campagne et son résultat peuvent être utiles pour les communistes au plan national ? Quelles leçons peut-on tirer de cette victoire ?

Car si la direction nationale du parti et l’Humanité ont bien sûr fait écho à cette victoire, c’est sans jamais noter qu’elle a été obtenue dans une ville dont les communistes ont très majoritairement voté contre les orientations des derniers congrès et mettent en œuvre, malgré les pressions nombreuses, une orientation politique qui ne s’inscrit pas dans le "Front de Gauche".

Pourtant l’Humanité n’a pas considéré que cela valait la peine d’un reportage approfondi. C’était déjà le cas l’an dernier où le "journal fondé par Jean Jaurès" s’était contenté de quelques lignes...

Bien sûr, il serait stupide de considérer que cette victoire est la conséquence directe de l'orientation politique de la section PCF de Vénissieux, mais il serait tout aussi stupide de considérer qu’elle n’a aucun rapport. Comme toujours, c’est l’analyse de l’expérience concrète qui doit guider les communistes.

Il faut donc dire brièvement comment cette campagne a été conduite, quelles forces ont été mobilisées, et comment ont discuté et agi les communistes Vénissians, ce qui permet ensuite de chercher à en tirer quelques enseignements.

Les conditions de la victoire Vénissiane

Vénissieux est souvent présenté comme un bastion rouge, mais il faut rappeler que le député y avait été perdu en 1981, avant d’être regagné en 1993 par André Gerin qui avait fait face en 2001 à une bataille municipale difficile ne réalisant que 41% au premier tour dans une liste d’union de la gauche. Quand il passe la main en 2009 à Michèle Picard, l’enjeu est de taille compte tenu de sa stature politique nationale reconnue après 4 députations. Il est presque logique que le parti socialiste tente en 2014 de prendre la ville. Mais il ne peut le faire en se présentant comme le rassembleur. D’abord parce que contrairement à d’autres villes, la droite est bien décidée à tenter sa chance dans l’espoir de cette vague bleue attendue, mais surtout parce que les communistes à Vénissieux sont tout sauf repliés sur eux-mêmes et ont multiplié les efforts pour rassembler toujours plus largement autour du projet de ville. Le plus facile était bien sûr d’associer le parti de gauche et le MRC, mais le plus symbolique est l’accord avec les Verts qui avaient conduit des listes d’opposition en 2001 (liste "citoyenne") et 2008 (avec le modem). Cet accord est sans doute possible en 2014 parce que depuis 2008, Vénissieux a mis en oeuvre l’orientation initiée par André Gerin proposant en 2008 de relever le "défi écologique". Depuis, la ville est reconnue dans toute l’agglomération et ailleurs pour ses réalisations et actions sur la biodiversité, l’énergie, l’environnement, pour son agenda 21.

Les communistes peuvent donc proposer à toutes les forces progressistes un rassemblement sur un contenu clair et connu de tous, issu d’un travail citoyen permanent avec les conseils de quartier, le conseil citoyen du développement humain durable... Et les propositions du parti socialiste pour infléchir ce projet ne rencontrent absolument aucun écho. Car il y a bien eu discussion avec le parti socialiste. Personne n’a défini par avance le cadre politique du rassemblement nécessaire. C’est le projet et les conditions de sa mise en œuvre qui comptent. Collectif anti-libéraux, Front de Gauche, Chantiers d’espoir... ici, rien ne vient corseter le rassemblement, et personne ne peut venir s’imposer comme décideur sous prétexte qu’il représente telle ou telle organisation.

Cette situation hérite aussi de l’échec des tentatives de créer un "Front de Gauche", sur des bases anti-communistes. Ces dernières années, certains avaient tenté une "association du Front de Gauche" sans la section PCF, suivis avec intérêt par de nombreux anti-communistes et servant à quelques ambitions personnelles... La vie a tranché. Ce "Front de Gauche" s’est dissous, certains, malheureusement anciens communistes, menant même bataille en 2014 contre la liste conduite par Michèle Picard pour finir en 2015... deuxième de liste du parti socialiste !

La liste conduite par Michèle Picard est donc une liste de large rassemblement, comme dans de nombreuses villes communistes, avec des personnalités socialistes, républicaines, qui rejoignent d’abord et avant tout le travail réalisé, le projet. Elle est possible parce que les relations avec les autres forces politiques se font dans le respect de chacun et sans préoccupations autres que la ville. Le rassemblement n’a pas pour objectif de préparer les prochaines présidentielles. Cela peut surprendre, mais les relations avec le parti de gauche dans la ville sont excellentes.

La liste est constituée de 24 communistes, 5 personnalités présentées par le PCF, 5 EELV, 5 PG, 1 PRG, 1 MRC, 3 personnalités socialistes, 5 autres personnalités. Autrement dit, la place du parti communiste est reconnue, par son travail militant comme par le travail de ses élus. Les 35 élus de la liste sont 20 PCF et 3 apparentés, 4 PG, 3 EELV, 3 socialistes, 2 personnalités.

Les communistes jouent bien sûr un rôle important pour l’organisation de la campagne, mais ils diffusent aussi leur propre matériel, dont le journal le Vénissian en Janvier, journal qui donne le ton contre la droite et l’austérité. Le PG comme les verts ont aussi leur propre matériel, qui est diffusé avec celui de la liste. Les Verts organisent un meeting avec Emmanuelle Cosse sur le thème de leur choix (la rénovation énergétique). Les partis ne disparaissent pas dans le rassemblement, et personne ne cherche à le transformer en un "mouvement" qu’il faudrait organiser, et qui aurait mission de représenter le peuple. Chaque force joue son rôle et construit son identité politique.

Dans cette bataille, les communistes se renforcent [2],notamment en terme de cadres potentiels. Des militants se révèlent, prennent des responsabilités, et un des résultats indirects de la campagne, est de remettre à jour l’organisation du parti en cellules...

La campagne est bien sûr conduite par Michèle Picard, en lien avec toutes les forces de la liste, qui s’expriment à plusieurs reprises, mais elle exprime aussi le rassemblement à travers des témoignages citoyens de non candidats, militants bien sûr, mais aussi personnes engagées à leur manière pour l’école, l’emploi, la culture...

Les tâches matérielles sont bien partagées. Les candidats notamment étant au premier rang des portes à portes, diffusions, marchés, rencontres... pendant que la tête de liste multiplie les rencontres d’appartements.

L’agressivité de la droite et du parti socialiste, leurs pratiques populistes, leur propagande calomnieuses et diffamatoires, l’irrespect du code électoral, conduit à resserrer les liens personnels et politiques dans la campagne. Le rassemblement dont certains pouvaient penser début 2014 qu’il pouvait être opportuniste se révèle comme une nouvelle époque de la vie politique Vénissiane, avec une nouvelle génération d’élus et de militants, tout comme Michèle Picard en conquérant une légitimité politique renforcée ouvre une nouvelle ère de la longue histoire de cette ville communiste.

Sur cette base, quels enseignements peut-on tirer de cette histoire Vénissiane ?

Le rassemblement populaire peut se faire sans le Front de Gauche, mais pas sans le parti communiste

C’est le premier constat. Les communistes Vénissians n’ont jamais parlé du Front de Gauche dans la ville, ils n’ont rien fait contre non plus, et ceux qui ont voulu le faire vivre se sont heurtés à une réalité... sans les forces militantes communistes, le Front de Gauche est marginal, et à la merci des arrivistes et des querelles de personnes.

Par contre, les communistes Vénissians rassemblent, dans les luttes comme la bataille contre les expulsions ou pour l’usine Veninov, et dans leurs batailles politiques ; élections municipales, bataille contre la métropole, solidarité avec le Donbass, Gaza... Ils rassemblent sans préalable mais sur un contenu, dans la transparence, sans imposer de cadre global lié à des accords d’appareils.

Ce rassemblement n’a pas vocation a être une organisation, et n’a donc pas besoin de dirigeants. Pour mener une lutte, un comité de coordination peut être utile, mais il repose non sur les appareils, mais sur les forces militantes présentes dans cette lutte. Les forces organisées jouent leur rôle et chacun peut s’inscrire dans les initiatives à sa manière, y compris individuellement, comme ces habitants qui invitaient Michèle Picard chez eux.

Il faut noter que cette pratique d’un rassemblement qui n’a pas besoin du Front de Gauche n’a posé aucun problème aux communistes des autres villes venus aider dans la campagne.

Le rassemblement ne s’oppose pas à la visibilité du vote communiste

Beaucoup de communistes s’interrogent après les élections départementales. Malgré la perte de 54 élus, conduisant à l’absence d’élus dans 30 départements de plus, le résultat dans le contexte d’une vague à droite a des aspects positifs. Pour la première fois, le PS ne nous entraîne pas complètement dans sa chute, et c’est surtout la réforme électorale et le redécoupage des cantons qui nous coûte cher en élus.
Pourtant, il est difficile de rendre "visible" ce résultat, bien sûr parce que les médias le cachent, mais aussi parce que nos candidats l’étaient sous des étiquettes diverses, dans des "couples" variés... Au comité départemental du Rhône, une camarade disait "nos candidats devraient toujours être désignés Front de Gauche", je lui faisais remarquer que pour la visibilité, on pourrait aussi les désigner toujours "PCF"...

A Vénissieux, aucun doute. Michèle Picard n’est pas une élue "Front de Gauche", ni "rassemblement Vénissian". C’est une élue PCF à la tête d’une liste de large rassemblement pour tenir le cap à gauche. Tout le monde l’a compris et c’est le PCF tout entier qui en tire bénéfice dans le Rhône !

Le rassemblement a besoin de l’organisation, donc du parti communiste !

Le rassemblement est mis à l’épreuve dans les batailles et notamment dans une campagne électorale aussi mouvementée que celles que nous connaissons dans nos villes désormais, avec des forces qui n’hésitent pas à utiliser les voyous, comme au bon vieux temps du SAC...

Le pourrissement de la vie politique, de la vie tout court avec le poids des trafics et des réseaux, du communautarisme et des intégrismes, nécessite de suivre avec attention ce qui se passe, ce qui se dit, et réagir après une vraie réflexion politique pour "tenir le cap" qu’on s’est fixé. A Vénissieux, il fallait tout faire pour mener le combat contre la droite et le FN sans se laisser entraîner dans les polémiques avec le PS. C’est là que l’organisation du parti communiste est irremplaçable, et que de sa qualité dépend la force du rassemblement. Bien sûr, les autres forces politiques ont leur organisation, et peuvent contribuer à l’efficacité collective, mais l’expérience montre que ce sont bien les communistes qui sont la cheville ouvrière du rassemblement.

C’est d’ailleurs une des leçons fortes des conséquences de la mutation et des stratégies de mouvement dans lequel le parti se fond. Quand l’organisation du parti s’affaiblit, ce sont ses capacités de rassemblement qui s’affaiblissent.

Le rassemblement a besoin d’un parti communiste clairement porteur de ses propres choix politiques !

Le parti communiste n’apporte pas que son organisation, même si elle joue un rôle clé. Il apporte sa capacité à porter un projet politique au service de l’unité du peuple. Quand tant de questions divisent les catégories sociales, les origines, les quartiers, les opposent parfois violemment, il ne suffit pas de s’exclamer "tous ensemble", ou d’affirmer le "vivre ensemble", même si c’est nécessaire. Il faut aussi travailler les arguments qui aident les militants à affronter ces divisions du peuple et à dépasser ces divisions dans le rassemblement.

A Vénissieux, le parti socialiste a tenté d’opposer le quartier des Minguettes aux autres quartiers de la ville en faisant jouer la "victimisation". La droite a dénoncé le pseudo ’bétonnage" de la ville. Le PS a pourtant pris une claque et la droite a été battue, parce que les communistes depuis des années expliquent et convainquent autour du refus du ghetto, de la nécessité de constructions variées, en locatif social, mais aussi en accession, en immeubles comme en habitat individuel, de l’importance de partir de la réponse aux besoins sociaux. La bataille d’idées est essentielle et elle ne peut se limiter à la bataille municipale autour des projets de la ville. Toutes les questions locales renvoient à des questions globales et donc à la guerre idéologique contre les services publics et pour la concurrence.

Être capable de faire le lien entre des questions concrètes et la guerre idéologique est un rôle essentiel du parti communiste. C’est ce qui conditionne le progrès du mouvement populaire pour se libérer des idées dominantes. D’autres peuvent y contribuer, mais un parti communiste fier de son histoire et de son projet joue un rôle irremplaçable pour donner confiance aux acteurs du rassemblement.

Ces quelques idées de portée générale tirée de l’expérience Vénissiane confortent ce qui avait été dit par le réseau "Faire Vivre et Renforcer le PCF" lors du dernier congrès. Il est urgent de faire un bilan réel des stratégies suivies depuis 15 ans par le PCF, et de tenir compte de cette résistance de terrain qui doit tout aux communistes et à notre peuple et qui pourrait être confortée et amplifiée par une orientation politique claire, lisible, affirmant l’urgence du combat populaire de résistance à l’austérité, la nécessité de s’organiser pour un affrontement de longue durée avec les oligarchies capitalistes, affirmant donc la priorité au renforcement d’un parti communiste de combat au service du rassemblement populaire.

 

P.A.MILLET

Le 7 avril 2015

[1] de nombreux militants de l’agglomération avaient d’ailleurs apporté leur aide pour la campagne

[2] sans doute aussi d’autres car rien ne vaut une belle bataille pour faire progresser une organisation !

 

SOURCE:

 

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:44

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

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