Publié par Michel El Diablo
Récemment la tragédie de « Charlie hebdo » a déclenché une multitude de déclarations de journalistes sur leur liberté de parole et d’analyse. Sont-ils aussi libres et indépendant qu’ils le prétendent ? L’ensemble de la presse française (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, écrite, radios et TV) est entre les mains de 27 groupes capitalistes français et étrangers, l’audio télévision publique est entre les mains de l’Etat. Il faut bien faire un constat. Sur toutes les questions économiques et sociales, sur toutes les analyses de la situation internationale, sur les causes et les origines de la crise qui frappe les peuples, sur les moyens d’y mettre fin, toute la presse écrite ou parlée donne les mêmes explications.
Les attentats que nous avons vécus ont déclenché un raz de marée journalistique jouant sur l’émotion et la compassion vis-à-vis des victimes mais rien sur les raisons profondes de ces violences.
Pendant des jours, pour l’ensemble des médias, l’information fut uniquement portée sur un triangle local: siège de « Charlie hebdo », Dammartin, Porte de Vincennes. Pendant ce temps la SNCF annonce 1100 suppressions d’emplois. Silence, personne n’en saura rien. De même le saccage de la ville de Baga au nord du Nigéria et le massacre de ses 2000 habitants mené par un groupe terroriste ne suscitera aucun écho médiatique, aucune réaction des officiels français. Une vie en France vaut- elle plus qu’une vie africaine ? Seule comptait la position officielle : « la France est attaquée, c’est une nouvelle guerre, il faut l’union nationale pour sauver la patrie en danger ».
Le 12 janvier 2015, rendant compte de la manifestation de la veille au journal de « France 2 » à 13 heures la journaliste Nathalie Saint Cricq déclare « Il faut repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie ». Un véritable appel à la délation qui en rappelle d’autres. Ainsi tous ceux qui ont refusé de défiler derrière Sarkozy et Hollande responsables des interventions militaires de la France, ceux qui refusent de défiler derrière B. Netanyahou dirigeant d’un pays qui occupe les territoires palestiniens depuis 1967 en dépit des décisions de l’ONU doivent être repérés et traités. C’est une conception bien particulière de la liberté d’opinion que cette journaliste exprime là. Celle de la dictature du capital qui ne supporte qu’une seule liberté : la sienne.
Dans cette affaire la presse française est restée fidèle à son histoire. Celle de la défense des intérêts de la classe dominante dont elle est le porte-voix au détriment de la recherche de la réalité.
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