Comores, Mayotte, néo-colonialisme français :
petit cours d’histoire récente
par Alain Ruscio, pour histoirecoloniale.net
Un fait de société sanglant vient d’attirer les regards sur un « département français », Mayotte : un jeune homme a été assassiné à coups de machette [1]. Du coup, les tensions entre bandes sont devenues incontrôlables par les autorités locales, qui ont clamé leur crainte d’une « guerre civile ». Il est important de revenir sur la genèse de ces drames.
« Comores : groupe d’îles d’Afrique (…). Les quatre grandes îles qu’il comprend sont Mayotte, Anjouan, Mohéli et la Grande Comore ». Ainsi s’exprime Pierre Larousse auteur du Grand Dictionnaire universel du XIXème siècle [2]. Oui, on a bien lu : les Comores constituent un ensemble géographique ancien. Ajoutons : uni par l’appartenance ethnique, l’histoire et la religion (l’islam). Et, d’ailleurs, les Français, quand ils en prirent possession par étapes, à partir de 1843, le considérèrent comme tel, jusqu’au terme du processus colonial (indépendance de 1975). Toute puissance de l’Homme Blanc ! Il a même réussi à changer la géographie… quand ça l’arrange. La géographie et le vocabulaire. Ainsi, les Comoriens sont-ils devenus des Mahorais (les bons, habitants de Mayotte, ceux qui ont la chance d’habiter un département français) et des étranger-ère-s (les mauvais-es, ceux-celles habitant les autres îles, qui ont le culot de risquer leur vie pour échapper à la misère, qui viennent pondre leurs rejetons par milliers sur nos terres).
Et pas un homme politique, pas un spécialiste, pas un journaliste, sauf erreur ou omission, depuis le début de la présente crise, n’a simplement énoncé cette vérité : les Mahorais sont des Comoriens. L’appellation même de Mahorais, en tant qu’entité autonome, est de date récente.
Lire la suite ci-dessous :