Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 21:56

Publié par Michel El Diablo

La POLITIQUE du GOUVERNEMENT "socialiste" : suppression de 22.000 postes en trois ans dans les hôpitaux

SANTE - La masse salariale doit être allégée de 860 millions d'euros en trois ans, d'après un document révélé par «Challenges»...

Des coupes jusque dans les emplois. Pour réaliser les 3 milliards d’euros d’économies prévues dans les dépenses hospitalières, le gouvernement prévoit de «maîtriser la masse salariale» de 860 millions d’euros en trois ans, come le prouve un document révélé vendredi par Challenges.

Ce qui représente la suppression de 22.000 postes. «Il ne s’agit pas de mettre à la porte des praticiens hospitaliers, mais plutôt de jouer sur les non-remplacements de départs à la retraite – même si les vacataires, intérimaires, courent le risque d’être mis sur la touche», précise Les Echos.

Développement de la chirurgie ambulatoire

Parmi les autres mesures, le gouvernement mise surtout sur le développement de la chirurgie ambulatoire, c’est-à-dire sans nuit à l’hôpital. «Le ministère affiche un objectif ambitieux de 57% d’opérations effectuées en ambulatoire en 2017, contre 43 % aujourd’hui, et estime à 15.000 le nombre de "réhospitalisations" qui pourraient être évitées», détaille Challenges.

La mutualisation des achats des hôpitaux et les baisses de prix des médicaments et des dispositifs médicaux les plus coûteux sont également les autres leviers prévus par le gouvernement pour réduire les dépenses des hôpitaux dès cette année et jusqu’en 2017.

C.B.
 
SOURCE:

Les hôpitaux vont supprimer 22.000 postes en trois ans - 20minutes.fr

http://m.20minutes.fr/economie/1552727-hopitaux-vont-supprimer-22000-post

Et la réaction de l'UL CGT Dieppe à l'article de 20minutes.  Lire l'intégralité de l'article en cliquant sur le titre ci-dessous.

UL CGT Dieppe Jeunes, Médias, Presse CGT, Santé & action sociale 

19 août 2015

Quand le sage montre la lune, la presse fait regarder le doigt

Un proverbe dit:

Lorsque le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt.

On trouvera sur Internet plein d'explication à cette maxime, qui renvoie toujours à l'individu: "L’idiot ne comprend pas le vrai sens des choses, il n'en voit que la surface".

Mais on peut s'interroger sur le sens à donner à "l'idiot", lorsqu'on regarde les pratiques d'une certaine presse.

Prenons cet article de 20minutes, paru le 2 mars 2015, qui prétend "informer" sur le programme de suppression de 22000 emplois dans les hôpitaux. En fait,  le journaliste de ce tract (car 20minutes est un journal distribué gratuitement à des centaines de milliers d'exemplaires) conduit "l'idiot", à ne pas suivre "le sage"; car il montre les hôpitaux au lieu de montrer la ministre et le gouvernement, qui sont les vériables décideurs de ces suppressions d'emplois.

Les hôpitaux vont supprimer 22.000 postes en trois ans

SANTE - La masse salariale doit être allégée de 860 millions d'euros en trois ans, d'après un document révélé par «Challenges»...

Des coupes jusque dans les emplois. Pour réaliser les 3 milliards d’euros d’économies prévues dans les dépenses hospitalières, le gouvernement prévoit de « maîtriser la masse salariale » de 860 millions d’euros en trois ans, comme le prouve un document révélé vendredi par Challenges.

Ce qui représente la suppression de 22.000 postes. « Il ne s’agit pas de mettre à la porte des praticiens hospitaliers, mais plutôt de jouer sur les non-remplacements de départs à la retraite – même si les vacataires, intérimaires, courent le risque d’être mis sur la touche », précise Les Échos (...)

En réalité ce ne sont pas les hôpitaux qui vont supprimer 22000 emplois (même si cela recouvre une part de vérité): C'est le gouvernement !

Comme le dit l'article, cela ne va pas se traduire par des licenciements, mais par le maintien dans la précarité de 22000 jeunes supplémentaires, à qui il interdit d'entrer dans la carrière et de bénéficier d'un salaire stable.

Pourtant la position salariale des agents hospitaliers n'est pas enviable: leur salaire a été bloqué depuis 5 ans (julllet 2010), par le gouvernement Sarkozy-Fillon, et cette décision a été maintenue par les gouvernements suivants, ce qui veut dire qu'en réalité le pouvoir d'achat de ces asalariés a reculé de plus de 7% pendant la période.

[...]

Partager cet article
Repost0
20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 17:01

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

Partager cet article
Repost0
18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 17:19

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

Partager cet article
Repost0
11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 21:33

Recommandé par PCF Bassin !

Lisez des extraits du livre de J.Dion en cliquant sur le lien ci-dessus.

 

Chronique de Marianne pour vous le présenter

 

L’oligarchie et le mépris du peuple

 

Notre collaborateur Jack Dion publie “Le Mépris du peuple”. Dans notre numéro de la semaine dernière, nous diffusions de larges extraits consacrés à l’Europe et comment celle-ci elle a perdu les citoyens. Marianne.net publie aujourd’hui, en exclusivité, deux nouveaux passages portant cette fois sur le FN et le monde de l’entreprise.

Notre ami Jack Dion, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, prend le risque de se faire traiter de passéiste, en publiant son salubre petit essai : il préfère le temps d’avant, celui où le Parti socialiste voulait « changer la vie » plutôt que de « changer d’avis au gré des foucades de conseillers en communication interchangeables, tous convaincus que l’on ne peut rien faire d’autre que de s’adapter aux “contraintes” du marché ».

 

Son réquisitoire est chargé, mais argumenté et politiquement engagé. Il préfère la hiérarchie des salaires de 1 à 30 des années 80, à celle d’aujourd’hui de 1 à 400. Il regrette la tranche d’imposition sur le revenu à 65 % de ces années 70 où un salarié travaillait quatorze jours de l’année pour les actionnaires, contre quarante-cinq maintenant. Il préfère, au « My government is pro-business » de Manuel Valls, la consigne du général de Gaulle : « La politique ne se fait pas à la Corbeille. » Il se souvient de l’époque du plein-emploi et relève que la formule du chancelier allemand Helmut Schmidt, « Les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain », a laissé la place à un autre théorème : « Les profits d’aujourd’hui font les dividendes de demain et les chômeurs d’après-demain. »

 

La force de son livre vient de l’association de la colère du militant de gauche qu’a toujours été Jack Dion à une synthèse édifiante des renoncements qui, en trente ans, ont livré le peuple à la « guerre des pauvres contre les pauvres » dont se repaît le néolibéralisme auquel se sont soumis Bruxelles et Paris. Car, contrairement à beaucoup de commentateurs et de responsables politiques, Jack Dion analyse bien l’origine de cette grande régression : la trahison de l’espérance européenne. Il préfère l’Europe régulée et protégée du traité de Rome à ce terrain de jeu ouvert au capital, désormais libre d’organiser au nom de la « compétitivité » la mise en concurrence des prolétariats, principales victimes de la désindustrialisation qui a laminé des régions entières. Les salariés au chômage, ceux qui le redoutent ou ne voient que déclassement programmé pour leurs enfants se sont lassés des discours sur l’« adaptation » à une modernité qui les marginalise. Ils voient bien à qui reviennent les bénéfices de la mondialisation tandis qu’eux n’ont droit qu’aux discours d’énarques pensionnés à vie leur expliquant qu’il faut « bouger » et « changer de métier plusieurs fois dans sa vie » et qui les chapitrent pour « populisme ».

 

C’est à la gauche que s’adresse Dion. Il ne supporte pas qu’il ait « fallu attendre son accession au pouvoir suprême pour que les forces de l’argent assurent leur emprise sur la société ». Ni que ses dirigeants, de plus en plus proches de cette « caste politico-économique » confisquant richesses et pouvoirs, aient perdu de vue le peuple, prisonniers de leur sociologie de professionnels de la politique ancrés dans les métropoles bobos et de plus en plus ignorants de la vie de leurs compatriotes. Il ne pensait pas qu’un jour être de gauche consisterait à oser « dire tout haut ce que même un responsable de la droite décomplexée n’oserait suggérer ». Pour lui, il ne sert donc à rien pour la gauche de se donner bonne conscience en condamnant la sécession du peuple (le FN attire cinq fois plus les ouvriers que le PS) si elle ne comprend pas que celle-ci s’explique par le bilan de sa politique : les catégories populaires ne cessent de la fuir parce qu’elle ne les défend plus.

 

Eric Conan

 

Le mépris du peuple. Comment l’oligarchie a pris la société en otage, de Jack Dion, Les Liens qui libèrent, 152 p., 15,50 €. En librairies le 14 janvier.

Partager cet article
Repost0
10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 22:03

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

Partager cet article
Repost0
9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 23:06

AGRICULTURE DE FIRME : L'OFFENSIVE

Pierre Lenormand 31 mai 2015
publié le : 7 Août, 2015

sur le site du Collectif communiste polex

 

L'assemblée générale des Nations Unies a fait de 2014 l'année internationale de l'agriculture familiale. « Seules à même de répondre aux trois défis majeurs de l'alimentation, de l'emploi et de l'environnement » - comme l'écrit l'éditorial d'Alternatives Économiques de décembre 2014 - les agricultures paysannes (1) auraient donc de beaux jours devant elles. Mais c'est oublier [ESTIVAL 2014] que cette proclamation n'est que la réplique à la naissance en 2012, au sommet du G8 à Camp David, de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition, au sein de laquelle une dizaine d'états en appellent aux investissements des multinationales de l'agro-industrie (Cargill, Monsanto, Nestlé) : couronnement d'un quart de siècle marqué par la percée de très grandes exploitations agricoles associées aux transnationales agro-industrielles et aux investisseurs internationaux. En consacrant deux numéros spéciaux à ce qu'il est désormais convenu d'appeler les agricultures de firme, la revue Études Rurales, à laquelle cette contribution doit beaucoup, a ouvert la réflexion sur cette nouvelle composante lourde de l'agriculture mondiale.

 

Une offensive planétaire multiforme

Il y a d'abord les héritiers des plantations de l'époque coloniale, exportatrices de divers produits tropicaux (canne à sucre, hévéa, bananes, palmiers à huile) qui perdurent aujourd'hui, en s'ouvrant à de nouvelles spéculations (agro-carburants) comme les établissements Bolloré en Afrique Noire.

En Afrique, en Indonésie et dans les états peu peuplés d'Asie, une nouvelle génération de grandes exploitations s'est développée sur la base du vaste mouvement d'accaparement des terres, où plusieurs dizaines de millions d'hectares ont été arrachées aux exploitations paysannes préexistantes, avec la complicité des gouvernements en place, par achat ou le plus souvent par baux à long terme : firmes privées et sociétés d'état rivalisent dans cette course aux terres fertiles.

En Amérique du nord, l'existence de grandes exploitations de culture et d'élevage est connue depuis longtemps. Dans l'Amérique du sud tempérée, en Amazonie, d'immenses feedlots destinés à l'élevage du bétail voisinent avec de très vastes exploitations pratiquant la monoculture motorisée du soja ou du maïs pour l'exportation.

Sur notre continent, de très grandes exploitations sont aussi présentes : trouvant leurs racines dans la dernière phase de l'industrialisation des agricultures socialistes [MAUREL 2012] elles occupent une place parfois prépondérante en Europe orientale. Un exemple éclatant en est donné par l'Ukraine [HERVE 2012] où 17 exploitations agro-industrielles géantes de plus de 100 000 ha coexistent avec la myriade de petites exploitations de subsistance héritées des lopins de la période socialiste. Oligarques ukrainiens, russes et européens y sont à la tête de puissants agro-holdings, répartis en divers 'clusters' de plusieurs milliers ou dizaines de milliers d'hectares.

Au sein même de l'Union Européenne, les agri-firmes de plusieurs milliers d'hectares, économiquement dominantes en République Tchèque et en Hongrie [MAUREL 2012), sont aussi bien représentées dans l'Est de l'Allemagne.

En France, la campagne récente menée contre les 29 « fermes-usines », sans doute moins gigantesques que d'autres, atteste de la percée des agri-firmes dans un pays jusque là relativement protégé des formes les plus poussées de concentration agraire.

 

Quatre caractères en commun

Une taille hors norme est sans doute leur premier critère distinctif, mais éminemment relatif, car dépendant des structures d'exploitation propres à un espace donné : on sait à quel point elles peuvent, à l'intérieur d'un même pays, être diverses,, suivant les régions ou l'orientation technico-économique - maraîchage ou grande culture motorisée par exemple - et a fortiori d'un pays à l'autre. Même en recourant aux conventions statistiques pour comparer les exploitations entre elles, le critère de taille apparaît nécessaire mais insuffisant pour définir l'agriculture de firme (2).  C'est du côté de la forme de production, c'est à dire « la manière dont s'articulent les facteurs de production (la terre, le capital, le travail)»  [MAUREL 2012] qu'il faut chercher ce qui distingue les agricultures de firme des exploitations familiales, « caractérisées par le lien organique entre l'unité de production et la famille exploitante, par opposition à l'agriculture entrepreneuriale dont le capital appartient à des acteurs déconnectés de l'activité productive ».[ESTIVAL 2014]

La présence dominante de capitaux non familiaux est le second critère déterminant des agricultures de firme : capitaux issus de l'industrie ou du commerce agro-alimentaire, voire du BTP, et plus largement, investisseurs privés ou institutionnels, fonds de pension ou d'investissement, fonds souverains. Se développant à la faveur des hausses de prix et des spéculations consécutives aux crises périodiques de pénurie, de tels investissements sont très 'volatils', et soumis au jeu des désengagements, des rachats, des fusions qui marquent déjà, par exemple, la jeune histoire d'Agrogénération, l' agro-holdings ukrainien de Charles Beigbeder.
Le troisième critère, tout aussi décisif, est celui d'un apport en travail à dominante non familiale, d'emplois salariés qui peuvent être très qualifiés, comme très dévalorisés, mais soumis les uns et les autres à la recherche systématique, qui est au cœur de la logique productiviste, de la productivité maximum du travail tendant, entre océans de soja sans hommes et exploitations hors sol robotisées, à la réduction sans fin de l' emploi agricole.

Sous des statuts et des formes juridiques - y compris associatives - variées, ces très grandes exploitations ont en commun un dernier caractère, leur intégration, plus ou moins complète et de manière diversifiée il est vrai, avec les industries d'amont et/ou d'aval dans de grands ensembles dont l'activité agricole, simple département parmi d'autres, dépend de choix qui lui sont largement extérieurs, à l'opposé de la revendication d'autonomie des exploitations paysannes.

Soumises enfin à une gestion de type managérial, ces agri-firmes pourraient tout aussi bien se définir comme capitalistes, mais d'un type nouveau, intégrant production primaire, industrie, commerce, crédit, conseil, assurance : forme de production inédite, cette nouvelle génération serait en passe de s'imposer et de marquer de son empreinte le devenir des agricultures mondiales.

 

Une nouvelle poussée de concentration agraire.

Le développement de cette strate de très grandes exploitations offre de nouveaux arguments aux tenants d'une agriculture où les formes précapitalistes de production auraient, enfin, laissé la place à la grande entreprise. En éliminant de très nombreuses exploitations, la poussée des agricultures de firme a ouvert une nouvelle phase aiguë de concentration directe et indirecte, par absorption, marginalisation hors du marché, et finalement expulsion des plus fragiles. Elle aiguise l'esprit de compétition, qui imprègne déjà nombre d'exploitations paysannes.

L'adhésion de ces puissantes agri-firmes aux règles d'un marché totalement dérégulé renforce la concurrence des producteurs - et des territoires - entre eux, et conforte un système des 'prix mondiaux' (où prix de braderie voisinent avec prix d'aubaine ) qui éloigne toute perspective de voir satisfaite la revendication de prix à la production stables et rémunérateurs, vitale pour les exploitations familiales. .

Accordant la préférence aux exportations, elles entrent en contradiction avec le principe de souveraineté alimentaire qui permettrait aux peuples de se nourrir eux-mêmes, comme le préconisent notamment les organisations membres de Via Campesina.

Le développement de ces agri-firmes se fait toutefois sous le feu d'un faisceau de critiques, de plus en plus partagées dans la société, voire dans la profession agricole. C'est pour y répondre que Mars, Danone et quelques autres ont lancé en France, au printemps 2015, un fonds commun d'investissement en soutien aux agricultures familiales africaines, ainsi assujetties à leurs généreux sponsors.



Un nouveau front contre des alternatives durables ?

Les critiques portent aussi sur le volet technique du productivisme : recherchant des rendements physiques toujours croissants, poussant toujours plus avant les spécialisations et les simplifications culturales, les agricultures de firme - et les autres exploitants qu'elles inspirent - en perpétuent les principaux traits : une organisation verticale de la production par filière, commercialement justifiée mais agronomiquement désastreuse, tournant le dos à l'approche horizontale que développent les agriculteurs les plus novateurs (rotations longues et diversifiées, association étroite entre culture et élevage).
Divers contre-modèles techniques pourtant sont apparus, s'inspirant du principe général de l'intensification écologique (agriculture durable, agriculture biologique, agro-écologie) alternatives auxquelles les agri-firmes et autres exploitants productivistes se refusent communément. Il leur faut donc, au delà du déni, trouver des parades, ou des alternatives, dont trois exemples, français, sont décrits ci-dessous.

Une première démarche consiste, sous l'étiquette agriculture écologiquement intensive, à réduire le contenu d'une approche globale touchant tous les compartiments de l'acte productif à un nombre restreint de bonnes pratiques agricoles, utiles mais isolées de l'ensemble. C'est ce que la firme coopérative Terrena par exemple propose à ses adhérents qui croient pouvoir ainsi s'affirmer vertueux tout en conservant l'essentiel d'une approche productiviste.

Une deuxième démarche consiste à reconnaître la réalité des problèmes et leur appliquer des réponses innovantes : confrontée aux excédents d'effluents d'élevage, la ferme des mille vaches a mis en place un gros programme de méthanisation, aux conséquences discutables : effets encore mal évalués de la réduction des retours organiques au sol, pression accrue sur le prix du lait, légitimation de la fuite en avant dans la taille des élevages.

Une troisième démarche consiste à allumer des contre-feux, parfois très élaborés, répondant à certaines critiques mais en ignorant d'autres. La diffusion du non labour et semi-direct sous couvert en grande culture motorisée qu'analysent, en termes très mesurés, Eve Fouilleux et Frédéric Goulet [2012] est un cas d'école. Cette incontestable bonne pratique, a priori respectueuse des sols, s'est diffusée à partir des Etats-Unis parmi les agri-firmes brésiliennes ou argentines spécialisées dans la monoculture du soja ou du maïs : outils de travail du sol et de semis adaptés, semences transgéniques « round up ready », épandage généralisé de glyphosate. Un label environnemental « soja responsable » lui a même été attribué. Sous des appellations variées, (techniques culturales simplifiées, agriculture de conservation) ce nouveau modèle, présenté comme vertueux, est promu en France par diverses associations d'agriculteurs, dont le réseau BASE (Bretagne, Agriculture, Sols, Environnement). Notre pays, il est vrai, rejette pour l'instant la généralisation des semences génétiquement modifiées. L'Institut d'Agriculture Durable fondé par Luc GUYAU (3) s'emploie à préparer les esprits et les agriculteurs - de firme ou familiaux - à l'étape suivante. Après avoir enterré la directive « sols », pas à pas et pays par pays, l'Union Européenne y travaille.

L'argument suprême de cette nouvelle figure du capitalisme mondialisé serait son aptitude à nourrir le monde  : encore faudrait-il que la demande soit solvable. Et ce serait aussi, on croit l'avoir montré, au détriment de l'emploi et de l'environnement. Au productivisme décomplexé, il nous faut donc résolument opposer des systèmes de production tendant à la satisfaction des besoins humains, en respectant la terre et le travailleur, par la valorisation de toutes les ressources des agro-éco-systèmes. Cette intervention, éminemment politique, passe par la participation aux luttes, nombreuses et variées : Journée anti-Monsanto, défense des terres agricoles et des élevages à taille humaine, soutien aux exploitations qui refusent les logiques d'agrandissement. Avec l'objectif de gagner aussi, avant qu'il ne soit trop tard, la bataille des idées.

NOTES

(1) En dépit des valeurs ou critères qui les différencient, on ne fera pas dans ce texte de distinction entre exploitations « paysannes » et « familiales ».
(2) Ainsi les statisticiens agricoles [Olivier-Salagnac & Legagneux2012] ont-ils défini pour la France, au delà des petites, moyennes et grandes exploitations (définis de part et d'autre des seuils de 25 K€ et 100 K€ de Production Brute Standard, PBS) deux nouvelles classes : très grandes (PBS>250 K€) et géantes (PBS>1000 K€), équivalent à environ 250 et 1000 ha de blé, les seules qui gagnent en nombre, en PBS et en superficie entre 2000 et 2010.
(3) «  L’Institut de l’Agriculture Durable (IAD), créé en France en 2007, compte parmi ses membres fondateurs Monsanto-France, Syngenta_Agro, Semeato et Bertini ; il est présidé par un agriculteur breton et dirigé par un agent de la 'Compagnie Européenne d’Intelligence', société de lobbying basée à Paris et à Bruxelles, et inscrite parmi les groupes de pression autorisés auprès du Parlement européen. Une de ses principales missions est de faire reconnaître la pertinence du semis direct d’un point de vue écologique et productif ». [FOUILLEUX & GOULET 2012, p. 131]:

REFERENCES :

ESTIVAL Laurence 2014 : Pour nourrir le monde, l'agriculture familiale (Alternatives Économiques, n°338, p. 4-6)
FOUILLEUX Eve & GOULET Frédéric 2012: Firmes et développement durable : le nouvel esprit du productivisme (Études Rurales, n°190, p. 131-146)
HERVE Jean-Jacques 2013 : Évolution de la structure de l'entreprise agricole en Ukraine (Études Rurales, n°191, p. 115-128)
MAUREL Marie Claude 2012 :  La grande maille agraire en Europe centrale : un invariant spatio-temporel ?  (Études Rurales, n° 190, p. 25-48)
OLIVIER-SALVAGNAC Valérie et LEGAGNEUX Bruno, 2012 : l'agriculture de firme : un fait émergent dans le contexte agricole français. (Études Rurales, n° 190, p.77-97)

Partager cet article
Repost0
9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 14:28
Lu sur Investig'action
 

20 juillet 2015

Le « capital humain » fut précédemment appelé « ressources humaines » et, il y a plus longtemps encore, « personnel ». Pourquoi cette évolution ? Sans prendre le risque de se tromper lourdement, il est permis d’avancer que la transformation du lexique est au cœur d’un vaste travail politique de marchandisation de la relation salariale.

La définition du dictionnaire

Le personnel est l’ensemble de personnes employées dans une catégorie d’activités. La gestion du personnel est entendue dans une perspective opérationnelle, il s’agit de l’administrer selon ses différents niveaux de qualification. Les ressources sont les moyens matériels (hommes, réserves d’énergie) dont dispose ou peut disposer une collectivité ou une entreprise. La gestion des ressources humaines est l’ensemble des pratiques mises en œuvre pour les administrer, les mobiliser et les développer au bénéfice de l’activité d’une organisation. Et, dans certaines organisations, elle est considérée comme coresponsables de la production et de la qualité. Le capital est une richesse destinée à produire un revenu ou de nouveaux biens, c’est aussi l’ensemble des choses qui servent à la satisfaction de besoins. Plus spécialement, en économie, le capital est un instrument de travail employé à la production.

La dérive néo-libérale

Le capital humain est un réservoir de ressources au service de l’entreprise. Ce capital désigne des aptitudes, physiques ou intellectuelles, d’une main d’œuvre pouvant être exploitée avec profit dans la production économique. Dans ce sens, le capital humain est un investissement qui a un coût mais qui augmente la productivité et est censé rapporter un revenu bien supérieur au coût. Dans la dérive économique actuelle, le capital humain est un facteur de production au même titre que le capital physique et, comme les coûts de production doivent être « maîtrisés », la rémunération de ce capital, le salaire, évolue en fonction de la fluctuation des marchés, c’est-à-dire à la baisse. La suppression d’emplois devient alors un mode de gestion, une variable d’ajustement, une source d’économies, un agent essentiel du profit. Tous les séminaires organisés pour amener les managers à optimaliser la gestion du capital humain ont pour but de rendre ce « capital » responsable des aléas de son parcours professionnel. On fait donc appel à son principe de responsabilité et d’exemplarité, à son désir de reconnaissance et d’appartenance, à son souci du dépassement des limites et à l’exigence de sa mobilisation totale. L’assujettissement du salarié sera complet sauf quand, sans doute insuffisamment formaté et au risque de ne plus pouvoir subvenir à ses besoins vitaux les plus élémentaires, celui-ci fera comprendre au capitaliste que le jeu ne l’amuse plus.

Donc, en réalité

L’employé est le plus parfait exemple du capital « circulant » : transformé ou détruit pendant le cycle de production. La gestion du capital humain confiée aux entreprises a pour but de diminuer progressivement ce capital qui est par trop aléatoire. Puisque l’employeur désire maximiser ses profits, il exigera beaucoup de son salarié et lui donnera peu en retour. L’individu aura la responsabilité du choix : soit être exploité au travail, soit être exclu du travail. Une situation très confortable pour l’employeur magnanime qui ne pourra qu’entériner la responsabilité du travailleur et, en fonction de la décision de celui-ci, faire rédiger par un de ses subordonnés une belle lettre de préavis. S’il n’est pas complètement dégoûté, l’individu s’inscrira alors à une « bourse de l’emploi » pour se remettre sur le « marché » du travail.

Collage : BAF.F !

Source : Investig’Action

Lire aussi :Chronique de mots pervers : la "compétence"

Partager cet article
Repost0
9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 14:16
6 août 2015
Grèce – 5 août : Protestation massive devant le ministère du travail à l’appel du PAME

6 août 2015, traduction MlN pour Solidarité internationale PCF

Le mouvement syndical communiste PAME (Front militant de tous les travailleurs) a tenu un rassemblement de protestation massif devant le ministère du travail ce mercredi 5 août en réponse au gouvernement grec, à l’Union européenne et au grand capital qui détruisent la vie des travailleurs.

Les déclarations faites à la délégation du PAME par le ministre du travail constituent une provocation à l’égard de tous les travailleurs. Le ministre du gouvernement SYRIZA a déclaré ouvertement que « tout est en discussion ». Tous les droits des travailleurs, les retraites, les droits syndicaux : tout est remis en question.

Il a affirmé clairement qu’il soutient l’élévation de l’âge de départ à la retraite !

Il a affirmé clairement qu’il réviserait les droits syndicaux !

Il a affirmé clairement son intention de revenir sur le droit de grève.

Il a montré qu’il y allait avoir une surenchère dans l’attaque contre ce qui reste des droits des travailleurs, alors que, dans le même temps, il demande l’appui des organisations syndicales pour faire passer le nouveau mémorandum !

Ça, c’est un gouvernement de « gauche » ! Ce gouvernement qui impose les mesures les plus brutales contre les travailleurs et qui veut leur faire dresser leur propre potence !

Ne pas attendre ! Pas un pas en arrière ! Alerte !

Le PAME a dénoncé l’attaque impitoyable des grandes firmes qui ont transformé les lieux de travail en ateliers de misère, à coup de licenciements, de coupes dans les salaires, de travailleurs non payés. Le PAME a déclaré que les syndicats de classe ne rentreront pas dans les tentatives de promouvoir la collaboration de classe, avec le « dialogue social » etc.

Le PAME appelle les organisations syndicales à mobiliser, à prendre des initiatives pour informer et organiser la classe ouvrière, à préparer les travailleurs à la riposte militante, combative, décisive au nouveau mémorandum-boucherie qui arrive.

Source: PAME

 
 
 
 
 
 

Rep

Partager cet article
Repost0
9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 13:58

Sur le blog de Jean Ortiz,  http://www.humanite.fr/blogs

 
Jean Ortiz
Vendredi, 7 Août, 2015 - 19:50

"L’UE est devenue, selon Maastricht et consorts , une machine de guerre contre précisément l’indépendance et la souveraineté des pays et des hommes."

Longtemps j’ai cru que pour changer les choses il vaut mieux être dedans que dehors, ne pas laisser la chaise vide... Longtemps j’ai cru que l’on pourrait peut être un jour changer de l’intérieur cette Europe du pognon, cette création à mes yeux artificielle, qui entend mettre au pas pour l’éternité et sous la botte allemande et de la finance, les peuples, sommés de comprendre que hors du néolibéralisme : point de salut. Et qu’ils se le mettent bien dans la tête : il n’y a pas d’alternative ! Soumission et  résignation. Et  qu’ils passent sous les fourches caudines « d’experts », de « technocrates » non élus, de traités et pactes liberticides, sinon toute tête dissidente, comme celle de Tsipras, sera tranchée et brandie comme un trophée, écrit Ignacio Ramonet dans le « Diplo » édition espagnole. Avertissement à tous ceux qui voudraient un changement : la BCE, le FMI, l’UE, l’OMC ... remplacent désormais les « marines », les « G’Is », l’armée allemande.
L’occupation de la Grèce par la chancelière allemande (cela fait froid dans le dos), par le FMI, l’UE et la BCE, le traumatisme ressenti par tous les militants de gauche, m’ont interpellé(comme l’on dit). La défaite ô combien douloureuse, l’humiliation publique, le quasi lynchage d’un dirigeant porté par son peuple, la violence, la brutalité de la fondée de pouvoir des banques et des « trusts » allemands, m’ont beaucoup secoué.
Dans cette Europe allemande et de la BCE, nous nous trouvons pieds et poings liés, la démocratie n’y est qu’un alibi, une feuille de vigne et les droits des peuples : du vent. Tous le vernis « européiste » a craqué. Tous les masques sont tombés ce 13 juillet, jour noir, très noir pour tous, pas seulement pour les Grecs, et est apparu le visage terrifiant (il ne lui manque que les petites moustaches) du marché, de ses grands banquiers et prêtres inquisiteurs, dame Merkel flanquée de son enfant de chœur français, chargé de veiller à ce que le torturé ne meure pas sous les supplices. A nu désormais ce néolibéralisme assoiffé de fric, de pouvoir pour mettre les peuples à genoux, et  ce libre-échange impérialiste, ces Pactes et Traités supranationaux, qui corsètent, emprisonnent, les membres de l’Union Européenne,  ne laissent que peu de marge aux gouvernements, la plupart bénis oui oui.
Nous venons de souffrir un échec sur une stratégie qui atteint ses limites, qui s’avère inefficace et en porte-à-faux avec les besoins  de progrès social, de démocratie participative, de souveraineté. Sauf à être masochiste, il faut adapter la position traditionnelle des communistes. Ce bunker européen est irréformable. La preuve sans appel par la Grèce et sa mise sous tutelle, sous protectorat. L’UE est devenue, selon Maastricht et consorts , une machine de guerre contre précisément l’indépendance et la souveraineté des pays et des hommes.
Jamais plus aucun dirigeant démocratiquement élu ne doit subir le traitement dictatorial, dégradant, imposé à Tsipras. Cela est impossible sans changer de cadre. Jamais plus aucun chef d’Etat ne doit voir sa dignité bafouée par un quarteron de « collabos », d’exécutants zélés du capital.
Sortons de ce « machin », de cette prison. De nombreux économistes ont démontré que la sortie de l’euro à elle seule ne suffirait pas, mais qu’elle ne constituerait pas une catastrophe majeure comme on nous en rebat les oreilles. Il y a- t-il pire que le pire ? J’ai mal à la Grèce. Je n’accable pas Tsipras (ne nous trompons pas de cible !) mais ceux qui lui ont mis un pistolet sur la tempe mériteraient d’être jugés pour crime contre l’humanité. Je ne signerai aucun texte, aucun appel. Je ne veux être manipulé que par ma conscience.
 
Partager cet article
Repost0
8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 22:20

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents