Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de
démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues
d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.
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Humeur
Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de
l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.
Cette semaine, sur le
conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué à Thierry Steiner pour
la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"... (lors du 7-10 du 25 juillet).
Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].
Un groupe de bénévoles du centre de santé grec Helliniko a refusé le « prix du Citoyen européen » que le Parlement européen voulait lui décerner. La politique d’austérité imposée par l’UE tue également des gens en Grèce.
À la fin de l’été, une information surprenante atterrissait dans la boîte aux lettres du centre de santé gratuit Helliniko (MKIE), en Grèce. Le Parlement européen lui décernait le prix du Citoyen européen, parce que, depuis 2011 déjà, il aide les victimes de l’austérité. Actuellement, en Grèce, trois millions de personnes n’ont pas accès aux soins de santé publics. Les bénévoles du centre proposent des soins et des médicaments gratuits. Avant la crise déjà, la règle était en Grèce que votre assurance maladie dépendait de l’exercice d’une profession. Si vous êtes chômeur, au bout d’un an, vous et votre famille devez assumer intégralement vous-mêmes tous vos frais médicaux. Avec les coupes dans le secteur public et le chômage massif, un très grand nombre de Grecs sont dans le cas. De même, pour bien des pensionnés, réfugiés, sans-papiers, les soins de santé sont inaccessibles. Le cardiologue Georgios Vichas, fondateur de MKIE, et son équipe recollent la casse provoquée par l’UE et le FMI... et c’est la raison pour laquelle ils reçoivent un prix du Parlement européen.
Le Parlement européen refuse de leur donner la parole
Le prix prévu pour MKIE a tout d’une plaisanterie de mauvais goût. Aussi, après concertation – la voix de chaque bénévole, médecin ou pas, a le même poids, au sein de MKIE –, la décision a été prise de refuser le prix. Maria, l’une des bénévoles, nous explique pourquoi : « Si quelqu’un vous sectionne une main à la machette, vous n’allez quand même pas accepter la prothèse qu’elle vous offre après ? » Toutefois, ils allaient accepter de répondre à l’invitation à la cérémonie à Bruxelles : c’était l’occasion d’expliquer au Parlement qu’il fallait mettre fin à cette austérité meurtrière. L’establishment européen allait toutefois les empêcher de prendre la parole : d’abord, les frais de voyage ne leur seraient pas remboursés. Mais ce n’était pas un problème, ont réagi les bénévoles. Par la suite, ils leur ont quand même été remboursés, mais ils n’ont pu assister à la cérémonie qu’en tant que spectateurs silencieux, sans donc pouvoir prendre la parole. Est-ce cela, l’Europe démocratique ?
Georgios Vichas a alors organisé une conférence de presse dans une des salles du Parlement. L’autre lauréat du prix, la cantine sociale « Allos Anthropos » (Un autre être humain) a également refusé le prix et a elle aussi délégué quelques personnes à Bruxelles.
La politique d’austérité tue
Lors de la conférence de presse, le docteur Vichas a insisté, faits à l’appui, sur les effets de l’austérité. « Pour la première fois en temps de paix, le nombre de décès parmi les nouveau-nés et les bébés a augmenté et le taux de mortalité est plus élevé que celui des naissances. Le nombre de suicides a lui aussi augmenté et, dans notre centre médical, nous avons eu des patientes mortes d’un cancer du sein uniquement parce qu’elles n’avaient pu entamer un traitement à temps. En outre, nous voyons beaucoup de bébés sous-alimentés. Nous leur offrons gratuitement du lait en poudre et des aliments pour bébés. » Kostas Polichronopoulos, d’Allos Anthropos, a fait un plaidoyer musclé en faveur de la solidarité comme arme contre le fascisme et le racisme. Après la conférence de presse, Kostas nous a raconté comment les fascistes d’Aube dorée, le parti néonazi grec, les attaquaient en rue. Les fascistes ont leurs propres cantines populaires, mais réservées aux Grecs de « pure souche ». À Allos Anthropos, tout le monde est le bienvenu. Kostas et ses amis ont dû se défendre avec ce qu’ils avaient. Pour eux, ces extrémistes ne sont pas à leur place dans les rues ou au Parlement. La solidarité est la meilleure arme contre eux.
Nous avons demandé à Polichronopoulos et à Vichas comment les citoyens solidaires de Belgique, de France et du reste de l’Europe pouvaient les aider. La réponse a été surprenante : « C’est fantastique que vous collectiez de l’argent et du matériel pour nous aider, mais ce n’est pas la première chose que nous voulons vous demander. Ce qui est plus important encore, c’est que vous racontiez à tous vos concitoyens ce qui se passe réellement en Grèce. Parlez-leur de la crise humanitaire et dites-leur que cela pourrait aussi leur arriver. La Grèce est un banc d’essai, pour la politique d’économie néolibérale poussée à l’extrême. C’est chez nous que l’élite européenne teste ce qu’elle va appliquer chez vous aussi. Du moins, si vous ne résistez pas. Aussi est-ce notre vœu le plus cher : battez-vous de toutes vos forces, tous ensemble dans toute l’Europe, contre l’austérité. C’est la seule solution. »
Action de protestation contre le TTIP
Photo Solidaire, Stef Coppieters
Peu après la conférence de presse, des syndicats, des mouvements citoyens et des militants ont entouré le Sommet européen, en guise de protestation contre le TTIP et la politique néolibérale de l’UE. Les bénévoles grecques étaient très désireuses de se joindre à eux. Elles avaient même apporté une banderole de la clinique sur laquelle on pouvait lire : « Austerity kills » (L’austérité tue).
« Nous ne sommes pas une institution de bienfaisance, nous percevons notre travail comme une façon de donner du courage aux gens afin qu’ils résistent. Nous montrons à nos patients que leur situation est la résultante de décisions politiques contre lesquelles nous tous, ensemble, pouvons et devons nous opposer. »
Pause café à Molenbeek
Après la manifestation, nous sommes allés nous réchauffer à la maison médicale de Médecine pour le Peuple (MPLP) à Molenbeek. Pour l’instant, MPLP mène une campagne de solidarité avec le peuple grec et MKIE en est l’un des partenaires. Les bénévoles grecques se souvenaient bien de la visite de solidarité des médecins de MPLP en septembre. À l’accueil, elles aperçoivent les affiches et les dépliants de la campagne de solidarité et, du coup, elles veulent également arborer le bracelet bleu de la campagne. Nous traduisons pour elles ce que disent les dépliants et les affiches. Médecine pour le Peuple présente bien des points communs avec ce qu’elles-mêmes font. Elles aussi aident les réfugiés et les sans-papiers car, en Grèce, ceux-ci ne peuvent s’adresser qu’aux cliniques bénévoles. Et, chez elles aussi, les Palestiniens ont toujours pu compter sur leur solidarité. Ainsi, l’an dernier, elles ont encore pu envoyer tout un chargement de médicaments à Gaza, malgré les graves problèmes auxquels elles-mêmes sont confrontées.
Leur visite a apporté un nouvel élan à la campagne de solidarité en cours.
Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l'Institut d'Etudes politiques de Grenoble. Il est spécialiste de la vie politique italienne et, plus généralement, de la vie politique européenne. Il tient un excellent blog que l'on peut consulter ici. Il répond ci-dessous à quelques questions au sujet des mouvements de gauche "alternatifs" que l'on voit poindre et croître (ou stagner !) dans plusieurs pays d'Europe.
***
On voit émerger, un peu partout en Europe, des gauches alternatives : Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, Die Linke en Allemagne et d'autres. Qu'ont-elles en commun ? Vous semblent-elles devoir périmer, à terme, la social-démocratie et le communisme ?
Avant de souligner leurs points communs, il faut d’abord souligner leurs différences. Certains de ces partis possèdent un lien historique avec le mouvement communiste international, contrôlé depuis Moscou entre 1917 et 1991. C’est le cas par exemple de Die Linke en Allemagne qui reste électoralement et humainement l’héritier du PDS, le parti-successeur du SED, parti hégémonique de la RDA, même si d’autres éléments venus de la social-démocratie ou du syndicalisme critique de l’ancienne RFA s’y sont agrégés depuis (dont un Oskar Lafontaine par exemple).
D’autres s’enracinent dans une gauche elle aussi communiste, mais qui refusait la domination soviétique sur le mouvement communiste international. Il s’agit de tous ces partis qui correspondent à un héritage trotskyste ou même maoïste (comme pour le parti « Socialistische Partij » aux Pays-Bas). C’est aussi le cas, pour schématiser, de Syriza, qui affronte d’ailleurs dans l’arène électorale grecque, un parti communiste, le KKE, réputé pour son immobilisme doctrinal.
Par ailleurs, il existe des scissions de gauche des grands partis socialistes ou socio-démocrates de gouvernement. C’est typiquement le cas du Parti de gauche en France. Enfin, il existe de rares forces - Podemos est pratiquement le seul exemple connu à ce jour - qui ne s’enracinent dans aucune expérience organisationnelle précédente et revendiquent au contraire leur totale virginité politique, tout en reprenant d’évidence des thèmes de gauche traditionnels comme la justice sociale.
Au total, malgré leur diversité d’enracinement historique, la plupart de ces forces finissent - quand elles disposent d’élus au Parlement européen - par siéger ensemble dans le groupe parlementaire de la « Gauche Unitaire Européenne/Gauche Verte Nordique », qui n’est autre que l’héritier de l’ancien groupe parlementaire des communistes de l’ouest du continent. De fait, au Parlement européen, ces formations se rassemblent beaucoup plus facilement que les héritiers du fascisme et du nationalisme européens des années 1910-1940, parce qu’elles partagent une visée internationaliste ancrée dans l’histoire longue du mouvement ouvrier européen. Elles ont toutes, aussi, une histoire commune plus récente : depuis les années 1980, ces forces – ou les individus qui les ont constituées – n’ont connu pratiquement que des défaites politiques. Le moins qu’on puisse dire en effet, c’est que l’influence de ces partis situées à la gauche de la social-démocratie dominante a été totalement insignifiante sur l’expérience européenne depuis les années 1980. Ces forces ont certes survécu, mais elles ont totalement échoué à influencer les évolutions socio-économiques depuis lors.
Commentaires : Quand la SNCF était encore à 100% une entreprise publique et un service public, quand les voyageurs étaient des usagers et non des clients, quand le profit et la rente aux actionnaires n'étaient pas la première préoccupation des actionnaires, quand l'Union Européenne n'avait pas encore imposé la libéralisation du rail, ce genre d'incident ne se produisait pas.
"Suite à un incident affectant un certain type de matériel roulant, des agents de conduite de la région Normande ont fait valoir leur droit de retrait. Le trafic est perturbé sur la région." explique le site de la SNCF.
Le TER 848973 assurait mardi la liaison Abancourt dans l'Oise jusqu'à Rouen. Il percute deux vaches à Serqueux. Le mécanicien actionne ses freins d'urgence. Sa machine ne répond plus. "La collision a provoqué une rupture d’alimentation de l’ensemble des systèmes du train et d’une cessation de l’effort de freinage pour l’heure encore inexpliquée.
La circulation a alors dérivé, sans qu’il soit possible de l’arrêter, sur une distance de 19 kilomètres au bout desquels le profil de la ligne lui a permis de ralentir fortement." explique ce matin dans un communiqué la CGT cheminots.
Profitant d'une côte, le mécanicien saute de sa cabine et immobilise avec des cales le TER. Choqué tout comme la contrôleuse du train, les deux agents sont en arrêt maladie depuis l'accident.
Droit de retrait
"Cet accident interroge une nouvelle fois sur la conception des nouveaux matériels roulants. Il n’est pas concevable, pour la Fédération CGT des Cheminots, que des matériels ferroviaires puissent être conçus de telle manière qu’une avarie, quelle qu’elle soit, ne provoque pas l’arrêt immédiat du train," argumente le syndicat majoritaire à la SNCF.
Les syndicats exercent depuis ce matin leur droit de retrait suite à cet accident. A Rouen comme à Caen et sur l'ensemble de la Normandie, le trafic ferroviaire est très perturbé au niveau régional ce jeudi.
Pour vous renseigner sur l'état du trafic régional et les prévisions de trafic, un seul numéro Aléorégion au 0800 27 00 76 (service et appels gratuits).
Après cet incident, le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) a été alerté. Des traces de chocs très importants sous la caisse du train auraient été constatées par les experts. D’autres analyses doivent avoir lieu, notamment à Sotteville-lès-Rouen, ou la rame a été rapatriée sur fosse, mercredi 21 octobre. Le syndicat Sud-Rail veut des explications. En attendant les résultats des expertises, les conducteurs ont fait valoir leur droit de retrait : une partie d’entre eux refuse de conduire ce modèle de train craignant pour leur sécurité et celle de leurs passagers.
Sa parution est programmée pour le 28 octobre. Il pourra ainsi rendre compte des élections en Pologne trois jours plus tôt.
Le menu de cette édition prend déjà forme.
L’éditorial sera portera sur l’« affaire » Air France : l’image de dirigeants fuyant la colère des salariés a fait le tour de France et du monde. C’est que, pour une fois, la violence symbolique était retournée.
Ce lundi, la grève de la CGSP Cheminots a lieu sur la moitié Est de la Wallonie, dans les provinces de Liège, Namur, Luxembourg et à l’est du Brabant wallon (Ottignies, Louvain-la-Neuve, Wavre). L'autre moitié, Ouest, sera concernée demain par cette même grève. Voici le point sur les perturbations.
La gare de Liège était complètement paralysée lundi matin, aucun train n'ayant pu effectuer le trajet Liège-Namur entre 10h00 et 11h00, selon Infrabel. Entre 11h00 et midi, 10% des trains circulaient sur cette ligne, quelque 15% des trains ont pu rejoindre Namur depuis Bruxelles, tandis qu'un train sur trois roulait entre Namur et Arlon.
Sur cette période, un tiers des trains circulait entre Namur et Charleroi et 100% entre Charleroi et Mons. En Flandre, la situation est pratiquement normale, note le porte-parole d'Infrabel Arnaud Reymann. Sur la ligne Bruxelles-Louvain-Liège, 70% des trains étaient opérationnels, pour entre 80% et 100% ailleurs. À Liège, les grévistes empêchent les conducteurs de dégager les voies, précise Infrabel. "Toutes les voies sont occupées par des trains à l'arrêt." La gare de Namur, elle, est fonctionnelle, mais les trains sont aux abonnés absents. "Les trains n'ont pas été formés et ne sont pas sortis des dépôts", selon M. Reymann.
19 Octobre. Après la manifestation nationale de 100 000 personnes à Bruxelles ce 7 octobre dernier, de très nombreuses entreprises et services de la province de Liège étaient à l’arrêt aujourd’hui. Pour Damien Robert, président provincial du PTB Liège, « cela montre que l’opposition des travailleurs au gouvernement Michel et ses mesures antisociales est profonde et qu’elle ne faiblit pas ». Les cheminots du pays sont également mobilisés contre le plan de la ministre Jacqueline Galant (MR).
[...] Cette grève, annoncée et préparée depuis 3 semaines, a été bien suivie dans de très nombreux secteurs : les grandes et moyennes entreprises et plusieurs petites entreprises, l’aéroport, les transports publics, certaines grandes surfaces, l’enseignement communal, provincial et de la communauté française ainsi que les administrations publiques ont été mis à l’arrêt. La grève a touché l’arrondissement de Liège, mais aussi les arrondissements de Verviers et de Huy.
Grève du rail: la 2e heure de pointe la plus embouteillée de 2015
Belga Publié le - Mis à jour le
Les importants embouteillages causés mardi durant l'heure de pointe matinale par la grève sur le rail menée par la CGSP-Cheminots et une série d'incidents font partie des pires enregistrés au cours de cette année, indique Touring. Avec quelque 420 à 430 kilomètres de bouchons vers 8h00, l'heure de pointe matinale de ce mardi 20 octobre est la deuxième plus importante en termes de bouchons cette année, fait savoir le porte-parole de Touring, Danny Smagghe.
En outre, Touring souligne que l'heure de pointe a été exceptionnellement longue, soit jusque 10h30. "On comptait alors encore 120 kilomètres d'embouteillages", selon M. Smagghe.
Le record absolu de bouchons remonte à l'heure de pointe matinale du 23 février avec 447 kilomètres de files, causées par la neige dans les provinces de Liège et de Luxembourg, ainsi que par plusieurs accidents.
Après avoir mené une grève du rail lundi dans les provinces de Luxembourg, de Liège, de Namur et dans une partie du Brabant wallon (Ottignies, Louvain-la-Neuve, Wavre), la CGSP poursuit son mouvement dans le Hainaut et une autre partie du Brabant wallon, poussant de nombreuses personnes à prendre le volant mardi.
Les perturbations s'étendent sur d'autres axes ferroviaires
Les perturbations se sont amplifiées sur plusieurs lignes, a indiqué à la mi-journée le porte-parole de la SNCB, Thierry Ney. La société ferroviaire note que les conséquences de la grève sont plus marquées entre Bruxelles et Anvers, notamment. Sur la ligne 130 reliant Namur et Charleroi, 40% des trains circulent, mais ils sont arrêtés à Châtelet, précise M. Ney. 30% des trains circulent sur la ligne 36 Bruxelles-Liège et quelque 70% des trains circulent entre Bruxelles et Ottignies sur la ligne 161. Sur la ligne 124 Bruxelles-Charleroi, aucune circulation ne se fait entre Luttre et Charleroi. Entre Anvers et Bruxelles, 60% des trains circulent.
Communiqué du Parti communiste grec (KKE), 16 octobre 2015, traduction MlN pour Solidarité internationale PCF
Le matin du 15 octobre 2015, des travailleurs, membres de plusieurs dizaines de syndicats des secteurs privé et public rassemblés dans le « Front militant de tous les travailleurs » (PAME) ont occupé symboliquement le ministère du travail.
Les militants du PAME ont occupé le ministère et déployé une banderole géante sur sa façade sur laquelle était écrit : « Nous ne deviendrons pas les esclaves du 21ème siècle. Non à la destruction de la Sécurité sociale, aux plans de licenciements de masse, aux saisies, à la pauvreté et au chômage » ainsi qu’un appel aux manifestations du PAME le 22 octobre et à la grève du 12 novembre.
Dans sa déclaration, le PAME a souligné que les mesures du gouvernement « écrasait ce qui reste de « social » dans les assurances sociales. En même temps qu’il donne de l’argent pour libérer les grands groupes de leurs dettes, il essaie de détruire la sécurité sociale et de la transformer en charge individuelle pour chaque travailleur.
"Ils veulent nous faire travailler jusqu’au grand âge, sans retraite, sans protection au travail, sans accès à la santé et aux aides sociales. Ils précipitent les travailleurs dans les griffes des prédateurs qui considèrent la prévention des risques sociaux comme un moyen de faire du profit, dans les griffes des compagnies d’assurance et des assurances santé privées."
Le démantèlement de la Sécurité sociale doit échouer ! La nouvelle offensive contre les droits acquis par la lutte et le sang pendant tant d’années doit être mise en échec. »
Christos Katsotis, membre du Comité central du KKE et député a participé au rassemblement du PAME. Le vendredi 16 octobre, l’occupation se poursuivait avant une manifestation dans le centre d’Athènes en soirée, organisée par le PAME.
1000 ÉLUS DONT 500 MAIRES ONT DÉJÀ SIGNÉ LA PÉTITION CONTRE LES RÉFORMES EURO-TERRITORIALES ET L'ABROGATION DE LA LOI NOTRE
Par le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).
Le 14 octobre 2015.
Depuis l’appel lancé à Murol dans le Puy-de-Dôme par Jacques Nikonoff, porte-parole du Parti de l’émancipation du peuple, à l’occasion du congrès de l’Association des maires ruraux de France, la pétition nationale contre les réformes euro-territoriales et l’abrogation de la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République) connaît un beau succès. À ce jour plus de 1.000 élus l’ont signé, dont près de 500 maires.
Vous aussi, signez et faites signer la pétition contre la mise à mort des communes et départements !
En fait Air France va bien. 85 millions de touristes, 88 % de taux de remplissage, un prix de l’essence qui n’a jamais été aussi bas, une suppression déjà de plus de 10 000 postes, un plan de 20 % d’efforts de compétitivité depuis 4 ans, les personnels au sol ont atteint 100 % des objectifs. Avec 96 %, les hôtesses et stewards sont près du but. Les pilotes avec 67 % de mises en œuvre n’en seraient pas loin, sans la grève de 14 jours en 2014 provoquée par les intransigeances de la direction. Les navigants ont déjà réduit leur salaire de 20 % en l’espace de 20 ans : or contrairement à tout ce qui est dit c’est un métier hyper qualifié, lourd en responsabilités et terriblement usant. La « dette » de 5 milliards, sur un chiffre d’affaires global de 20 milliards, ce n’est pas énorme, car il faut toujours compter l’innovation, l’investissement.
Mais alors pourquoi tous ces cris d’orfraie de la direction ?
Parce que les dirigeants Alexandre Bezoügnes de Juniac et Fréderic Gagey sont des fanatiques financiers, méprisants du droit du travail et des personnels. Ils donnent une priorité excessive au remboursement de la dette au détriment du développement de l’entreprise, ils s’augmentent de 70 %, et comblent leurs actionnaires en mettant 150 millions de cote pour leurs retraites chapeaux. De Juniac est connu pour ses déclarations sur le travail des enfants, contre les 35h, et sur le fait que ses « amis du Qatar auraient mis tous les pilotes prison » plutôt que de négocier avec eux. En fait il veut « Ryaniser » Air France, liquider la compagnie, en la transformant par le biais de Transavia : il restera les lignes de prestige Air France, et pour le menu fretin, le « low cost » avec des pilotes surchargés et des conditions de trajet dégradées. Un peu comme ce que Macron fait contre la SNCF, le TGV pour les riches et l’autocar pour les pauvres. Comme ce qui a été fait pour la marine marchande française qui a été bradée. C’est ça, « la mode » de la gestion de la finance.
La grande provocation du 5 octobre :
Pour forcer la main aux pilotes et leur imposer de nouveaux sacrifices (les pilotes de Ryan air sont auto-entrepreneurs) de Juniac cherche à diviser les personnels. Alors il va faire sortir publiquement avant le CCE du 5 octobre, l’annonce d’un nouveau plan de 2900 suppressions de postes : 300 pilotes, 900 hôtesses et stewards, 1700 au sol. Il n’hésite pas pour cela à commettre un délit d’entrave en se servant de la presse : ce qui provoque l’explosion de colère des 2000 membres du personnel exaspérés qui se solidarisent entre eux. Dans une vidéo devenue culte, une jeune femme Erika se fait spontanément et à juste titre porte parole de tous les griefs des personnels contre les dirigeants. L’intersyndicale CGC, FO, UNSA, CGT est là, qui représente 70 % des salariés et quelques chemises sont déchirées – lesquelles vont donner prétexte à un déchainement d’une campagne de presse apocalyptique pendant 3 jours.
Le Premier ministre Manuel Valls en est la cause, se comportant comme un irresponsable brutal : lui qui fut si modéré face au menteur Jérôme Cahuzac ou lors des tirs meurtriers contre Rémi Fraisse, se déchaîne contre les « voyous » et exige de « lourdes sanctions ». En d’autres cas, il s’était drapé dans le fait que « ce n’était pas son rôle de déclencher des enquêtes » et dans la « présomption d’innocence ». Lui et Macron, l’état détenant 17 % d’Air France, font voter le 2 octobre les 3 représentants de l’Etat en CA d’Air France-KLM en faveur des 2900 suppressions de postes. Valls cherche à placer un de ses hommes à la tête d’Air France. Il utilise les méthodes exceptionnelles, intimidantes et vulgaires, d’une rafle policière au petit matin (procédure utilisée dans 1 % des cas, car il aurait suffi d’une convocation) contre 6 salariés d’Air France : ils sont mis « plus bas que terre » et « jugés avant d’avoir comparu », au total 11 salariés sont convoqués par la police et 2 pilotes mis à pied. Alors que le pénal tient le civil en l’état, ils sont sanctionnés arbitrairement. Macron traite ces « indignés » de « stupides ». Juniac affirme qu’il ne pouvait « faire autrement »… Tout cela alourdit le dossier et mécontente l’opinion puisque 54 % de Français disent « comprendre » les violences dans un climat tendu par l’existence de 6 millions de chômeurs et l’annonce de la suppression de 132 700 postes de fonctionnaires par les mêmes Valls et Macron.
Le choc et le recul immédiats :
Mais cela ne peut tenir. La compagnie sera déstabilisée si les évènements suivent ce cours et les dirigeants contestés risquent de ne pas avoir leurs retraites chapeaux. Les pilotes ne se sentent plus isolés : devant le front syndical solidaire, le 9 octobre, le dialogue est renoué : « Vu le contexte, qui a évolué, il nous paraît difficile qu’Air France mette en œuvre unilatéralement des décisions qui relèveraient du fait du prince », commenté Véronique Damon, porte-parole du SNPL. 12 organisations appellent à manifester le 22 octobre. Ségolène Royal fait une déclaration énorme à l’Assemblée, démentant Valls et Juniac : “Les torts sont partagés”.
Ah bon, alors ce n’étaient pas des « voyous » ? Soit c’est le tour des dirigeants d’être réveillés au petit matin à leur tour par la police, soit les plaintes doivent cesser contre les salariés injustement provoqués puis humiliés et traqués. Et on entend alors se dire que « le plan de 2900 suppressions d’emplois peut être évité » : ce qui, quand on y réfléchit est inouï. Tout ça pour ça ! Normalement Juniac coupable d’entrave et de discours irresponsable, devrait démissionner, et Valls devrait s’excuser ! Pourquoi l’état a-t-il voté un plan « qui pouvait être évité » ? Les salariés poursuivis devraient être immédiatement relaxés et honorés : car finalement les fameuses « violences » auraient pu être beaucoup plus grandes et deux chemises déchirées ont fait plus pour rétablir le dialogue et sauver les emplois que des mois de palinodies.
Ce n’est pas l’histoire seulement d’Air France, c’est celle d’un gouvernement anti social, obtus et aux abois à la fois. C’est celle d’une tension en profondeur dans le pays, elle se sent partout et cela aggravera les effets électoraux hélas, le malheur étant que c’est une droite encore plus brutale qui cherche à en retirer les marrons du feu.
Commentaire : Et là on se demande : pourquoi Gérard Filoche est-il toujours au PS, la seconde droite de l'intégration européenne ? AC
Nous avons reçu de Berlin ces photos de la manifestation et ce texte témoignage que nous mettons en ligne.
MANIFESTATION DU OCTOBRE A BERLIN CONTRE LE TRAITE TRANSATLANTIQUE,LE CETA (Tafta version canada ), et TISA ( Accord sur les services )
Depuis Berlin : Témoignage de deux militants anti-Tafta.
Nombreux cars affrétés par les syndicats Nous savions que la manifestation du 10 octobre allait dépasser en ampleur les manifestations locales précédentes d'octobre 2014 qui comptait environ 2000 participants et de printemps 2015 qui en comptait peut-être 4000, mais la participation au niveau national ce samedi 10 octobre a dépassé toutes nos attentes. Nous avons d'abord été impressionnés par le nombre de bus affrétés par les différentes organisations, surtout par les syndicats qui se prononcent officiellement contre le T.T.I.P. (Verdi, par exemple, mais également IGMetall). Ils créaient même un petit embouteillage en arrivant sur la gare, lieu de départ de la manifestation. La place Washington devant la gare centrale de Berlin était pleine. Arrivés sur la place, nous voulions rejoindre les drapeaux du D.K.P. que nous voyions au loin, mais nous ne pouvions tout simplement pas avancer ou nous frayer un chemin à travers la foule car nous étions tous très serrés les uns contre les autres. Nous avons donc attendu. Une heure.
Une multitude de slogans
Pendant ce temps, le cortège avait déjà commencé! Cela nous donna le temps d'observer les nombreux panneaux "fait maison" des manifestants. Si certains étaient naifs, "TTIP seulement avec des règles démocratiques" (ce qui serait une contradiction en soit), la plupart montraient un attachement à la démocratie et une critique du gouvernement allemand. Beaucoup également mettaient en évidence la contradiction entre les intérêts des "grandes entreprises" (=Konzerne) et les intérêts des citoyens. Beaucoup étaient très créatifs: un Cobra-TTIP faisant face à des lapin-merkel, lapin-hollande, lapin-gabriel... L'ambiance était joyeuse, un magnifique soleil d'octobre aidant.
En revenant de la manifestation, nous remarquons que les organisateurs avaient loués des panneaux d'affichage aux arrêts de bus. Une caricature de Sigmar Gabriel, ministre S.P.D. du gouvernement actuel et fervent défenseur du TTIP a retenu notre attention: "Recherché: extrémiste de la conformité au marché". Quelle joie!
La presse allemande défend le traité et tente de dévaloriser le mouvement
Nous apprenons le soir que la tête du cortège avait atteint la colonne de la victoire dans le Tiergarten, alors que 10.000 manifestants étaient encore sur la place Washington.
Une partie de la presse allemande (notamment Spiegel Online) utilise le fait que des groupes d'extrême-droite étaient également présents pour décrédibiliser la manifestation (nous, nous ne les avons pas vus). C'est le même problème qu'en France: il suffit que l'extrême-droite s'empare d'un thème social pour que médias et politiques libéraux de droite ou de "gauche" tente de décrédibiliser tout un mouvement et empêcher la gauche de se mobiliser et de penser. Beaucoup ont aussi minoré l'ampleur du rassemblement ou ont fait parlé des "spécialistes" pour expliquer que les centaines de milliers de participants n'avaient rein compris ...
Internationalisme
Les organisateurs avaient invité un représentant de l'association américaine "public citizen" à parler sur la scène à la fin de la manifestation. [ "Public citizen" est une organisation de défense des consommateurs qui s'oppose clairement à la signature du traité transatlantique ]. Il a conclu son discours de solidarité par ces mots "Your victory is our victory".
"VOUS SIEGEZ ENCORE LA-HAUT, VOUS LES LACHES, PAYES PAR LES ENTREPRISES ET MEPRISANT LES DEMOCRATIES MAIS BIENTOT LA JUSTICE REGNERA A NOUVEAU ET LES PEUPLES SERONT (VOS) JUGES / ET LES PEUPLES REGNERONT ALORS QUE DIEU VOUS GARDE!" (INSPIRE DE KARL THEODOR KÖRNER- 1800)
Les Allemands massivement contre le traité transatlantique
Quelques extraits de presse
Quand l'ensemble de la presse européenne parle de 100 000 à 250 000 manifestants, le journal "Le Monde" lui ne parle que de "milliers de manifestants" ... Le Monde plus atlantiste que Le Figaro qui lui a vu - comme la plupart de ses confrères - 250 000 personnes défilant contre Tafta ? Le quotidien du soir cher au PS soutiendrait-il donc Tafta comme il a soutenu le traité constitutionnel ?
Entre 100.000 et 250.000 manifestants ont battu le pavé pour dire leur opposition aux traités de libre-échange que l'Europe négocie avec les Etats-Unis et le Canada. - John Macdougall - AFP
Une vaste manifestation se tenait ce samedi à Berlin contre les projets de libre-échange entre l'Union Européenne, les Etats-Unis et le Canada. Entre 100.000 et 250.000 personnes ont battu le pavé.
Répondant à l'appel de plusieurs partis politiques, organisations syndicales, environnementales, altermondialistes et de défense des consommateurs, 250.000 personnes ont pris part à ce rassemblement, selon les organisateurs, soit nettement plus que les 50.000 à 100.000 participants attendus. La police, qui avait mobilisé un millier de fonctionnaires dans la capitale allemande, a elle recensé "presque 100.000" manifestants lors de cette marche, qui s'est déroulée sous un ciel bleu et ensoleillé.
Cet afflux de participants a contraint les autorités berlinoises à suspendre temporairement le trafic ferroviaire autour de la gare centrale, lieu d'où est parti le cortège vers 9H00 GMT pour suivre un parcours dans le centre-ville jusque vers 13H00 GMT. Aucun incident n'était signalé en milieu d'après-midi.
600 bus affrétés
"Jamais auparavant en Europe autant de gens ne sont descendus dans la rue sur ce sujet", s'est félicité samedi la confédération syndicale allemande DGB, l'une des organisations à l'origine de cette journée d'action dont le mot d'ordre était "stop au TTIP et au Ceta". Pour permettre aux participants de rallier Berlin, plusieurs trains spéciaux et plus de 600 bus en provenance de toute l'Allemagne avaient été affrétés.
Principale cible des manifestants: l'accord TTIP, pour Transatlantic Trade and Investment Partnership, en français Tafta, dont le prochain round de négociations doit avoir lieu fin octobre à Miami (Floride), et qui vise à supprimer les barrières douanières et règlementaires entre les Etats-Unis et l'Europe. Un accord similaire, le Ceta (Accord économique et commercial global), est en discussion entre l'UE et le Canada. Leurs opposants redoutent que ces traités, s'ils sont ratifiés, ne débouchent sur une dérèglementation généralisée et un recul du champ d'action des gouvernements.
"Le TTIP signe le naufrage climatique"
Dans le cortège, de nombreux participants étaient déguisés, tandis que certains portaient des fleurs dans les cheveux, a rapporté une journaliste de l'AFP. Sur les pancartes, on pouvait lire des slogans tels que "Stop TTIP", "Liberté d'action démocratique plutôt que TTIP", "le TTIP n'est pas le bon bateau" et "le TTIP signe le naufrage climatique".
"Nous sommes là car nous ne voulons pas laisser l'avenir aux marchés, mais au contraire nous voulons sauver la démocratie", a déclaré à la foule Michael Müller, président de l'organisation écologiste NaturFreunde Deutschlands. En négociation depuis depuis 2013, l'accord commercial Etats-Unis-Europe serait, s'il voit le jour, le plus vaste au monde. Les deux parties voudraient aboutir avant la fin du mandat du président Barack Obama l'an prochain, mais les obstacles sont nombreux, notamment l'opinion publique de certains pays européens, dont l'Allemagne.
Sur un flyer très largement diffusé via Facebook notamment, la plateforme explique les 9 raisons principales pour lesquelles, elle s'oppose au TTIP mais aussi à l'Accord économique et commercial global (AECG, en anglais: CETA), le traité signé entre l'UE et le Canada le 26 septembre 2014 mais qui doit être approuvé par les 28 Etats membres de l'UE, tout comme les 10 provinces canadiennes.
Selon ces organisations, ces deux traités «bafouent notre démocratie» étant donné que les négociations se déroulent à huis clos et «mettent sous tutelle nos parlements nationaux» dans la mesure où «à l'avenir les nouvelles lois d'un pays devront préalablement être discutées avec l'UE et les Etats-Unis».
Autres points mis en avant par les opposants à ces deux accords, «ils font passer les intérêts des groupes multinationaux avant ceux de la collectivité» et «réduisent de manière drastique la protection des consommateurs, de l'Environnement et de la Santé.»
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