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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 09:47

 

ON NOUS COMMUNIQUE:

 PRCF-FVRPCF-RM-GC

 

L’Ukraine est aux portes de la guerre civile sous influence étrangère, selon un schéma que les conjurés de l’ALLIANCE ATLANTIQUE ont déjà expérimenté tragiquement en Syrie.

 

Le conflit qui ensanglante Kiev a été sciemment allumé par les partisans d’un projet qui vise à annexer l’Ukraine à l’UE et à l’OTAN, comme l’ont déjà été, depuis l’éclatement de l’URSS et du camp socialiste, les pays de l’Est et une partie de l’ex-Union soviétique (les pays baltes) ; les impérialistes occidentaux savent bien évidemment qu’un tel projet est inacceptable pour la Russie dont le territoire est de plus en plus encerclé par l’OTAN et par les bases américaines, de la Baltique à l’Asie centrale.

Malgré la présentation scandaleusement partiale qui en est faite par les médias occidentaux, les forces qui attisent le conflit ukrainien à coups d’ingérence (présence permanente et propos incendiaires des représentants de l’UE et des Etats-Unis d’Amérique aux mobilisations factieuses de l’ « opposition ») n’ont rien à voir avec la démocratie ; il s’agit notamment :

  • En Ukraine, des fascistes et des antisémites patentés du parti national-socialiste ukrainien rebaptisés « Liberté » (Svoboda) ; ces nostalgiques du Reich, qui veulent régler leur compte aux communistes ukrainiens, en découdre avec la Russie, réduire à l’esclavage la classe ouvrière minière russophone de l’Est, amener de force l’Ukraine dans le giron de l’Europe impériale, comme l’avaient fait leurs précurseurs « collaborateurs » des années 40/45 ;
  • Les vrais chefs de file de l’insurrection réactionnaire sont en fait l’UNION EUROPEENNE impérialiste, l’OTAN et l’UNION TRANSATLANTIQUE en construction derrière l’AXE WASHINGTON-BERLIN. La classe dominante « française », MEDEF en tête, est partie prenante de ce projet impérialiste global, comme le montre en filigranes le manifeste « BESOIN D’AIRE » adopté par le MEDEF fin 2011.

 

Déjà, les factieux ont tenté de s’emparer des monuments publics, ils ont détruit les statues de Lénine et tout ce qui rappelle la victoire de l’Armée rouge sur Hitler, ils ont engagé l’épreuve de force avec les institutions du pays et attaqué les forces de l’ordre, pourtant mille fois plus patientes jusqu’ici que ne le sont en général chez nous les forces de répression en cas de manifestation populaire un peu offensive. Tout montre que ces fascistes même pas déguisés, et que nos médias présentent comme des combattants de la liberté, veulent désormais engager la lutte armée et la guerre civile en provoquant l’internationalisation du conflit et en attisant la tension, en pleins JO d’hiver, entre l’UE et la Russie. Les dangers sont immenses pour la paix et pour la démocratie.

 

L’UE fait aujourd’hui semblant de vouloir « apaiser » la situation. La réalité est que ce pompier est un pyromane international dont les peuples doivent voir à temps la nature de classe réactionnaire, impérialiste, contre-révolutionnaire et fascisante de l’EMPIRE EURO-ATLANTIQUE en construction.

 

On savait déjà, par les politiques d’austérité et de délocalisation industrielle, que l’UE, ce n’est pas la prospérité mais la misère de masse, le chômage, les inégalités explosives. On savait aussi, par le  viol systématique de la volonté populaire exprimée par référendum, que l’UE est le contraire d’un espace démocratique. On voit maintenant, après le tragique épisode des Balkans, avec l’exemple ukrainien que l’UE n’est pas l’espace de paix que ses promoteurs ont vanté, mais peut être un appui de la guerre civile et soutenir des forces fascistes. Déjà, dans le silence de nos médias « démocratiques », des BHL et autres pseudo-philosophes, les forces soutenues par l’UE en Ukraine persécutent et interdisent le parti communiste ukrainien et le parti des régions qui s’opposent aux putschistes.

 

Cela ne signifie en rien qu’il faille soutenir politiquement le régime de Poutine en Russie. Nous sommes naturellement solidaires des communistes russes qui restent les défenseurs les plus conséquents de la paix et de l’indépendance nationale dans leur pays. Il ne s’agit pas de soutien politique mais de lutte anti-impérialiste et de défense du droit de tous les peuples d’Europe et du monde au droit élémentaire à disposer d’eux-mêmes. Il s’agit d’empêcher l’étranglement programmé des peuples ukrainien, biélorusse et russe auxquels les Français doivent tant (« les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération », De Gaulle, 1966). Il s’agit de contrer la marche à la guerre mondiale. Il s’agit de faire échec à la fascisation rampante ou galopante du sous-continent européen.

C’est pourquoi les mouvements communistes signataires déclarent :

  • Leur solidarité totale avec les communistes ukrainiens dans leur lutte pour la démocratie, la paix civile, l’entente entre les peuples de l’est et de l’ouest du sous-continent européen.
  • Leur condamnation totale de l’intervention impérialiste de l’UE, des Etats-Unis, et du gouvernement « socialiste » de France dans les affaires intérieures de l’Ukraine.

Alors qu’en France le pouvoir d’achat populaire s’effondre, que les services publics souffrent, que la protection sociale est attaquée, que les licenciements se succèdent, le peuple de France n’a que faire de s’embarquer derrière Hollande dans une nouvelle croisade extrêmement dangereuse venant s’ajouter aux interventions ouvertes ou non déclarées en Afrique ou au Proche-Orient.

Les communistes seront au premier plan de la lutte pour la paix et la solidarité internationale et ils lieront, plus que jamais, ce positionnement à la dénonciation radicale de l’UE et de l’OTAN dans l’esprit du texte produit par lesAssises du communisme et publié en septembre 2013.

 

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 09:43

PC-Ukraine-KPU.jpg

Solidarité avec le Parti communiste d'Ukraine interdit 
dans trois régions, semi-clandestin dans l'ouest du pays !
L'Ukraine est dans une guerre civile, alimentée par des ingérences étrangères, d'abord européennes, c'est un fait. Dans ce conflit des partis fascistes comme Svoboda et même des groupuscules encore plus radicaux font la loi : leur première cible, le Parti communiste.



Visiblement, l'Union européenne a la « démocratie sélective ».

 

Elle qui s'indigne du rétablissement de l'ordre de la part d'un gouvernement démocratiquement élu, respectueux du multi-partisme, elle ne trouve rien à redire quand des bandes armées fascistes prennent d'assaut les sièges des gouvernement régionaux et interdisent plusieurs partis.

Peut-être que l'accord de sortie de crise négocié à partir de vendredi * changera la donne, à l'heure où nous écrivons le Parti communiste vit toujours dans un état de semi-clandestinité à l'ouest du pays, victime des agressions des milices fascistes.



Le Parti communiste interdit dans 3 régions contrôlées par les fascistes !

ukraine-regions-.jpg

 

Ainsi dans au moins deux régions, comme le rapport le Kyiv Post, il est déjà avéré queles Conseils régionaux – pris d'assaut par les forces fascistes liées à Svoboda et autres groupuscules néo-nazis – ont interdit non le « Parti des régions » et le « Parti communiste ».

 

 

Ces régions sont situées à l'ouest, à la frontière entre Ukraine et Pologne : Ivano-Frankovsk et Ternopol. Le Parti communiste a également été interdit dans la région de Poltava, au centre du pays, par ces mêmes groupes qui se sont emparés du Conseil régional.

 

On parle quand même du troisième parti du pays, qui avait recueilli 13,5 % en 2012, soit 2,6 millions de voix, qui compte 32 députés, le seul à incarner l'unité du pays, fort à l'Est, présent à l'ouest, refusant les ingérences étrangères, les fausses divisions entre oligarques !



L'Union européenne « démocratique » soutient des forces …

qui prônent le renversement de la démocratie !

 

N'oublions pas que la très « démocratique » Union européenne tolère en son sein des Etats qui interdisent les Partis communistes comme la Lettonie, la Lituanie ou la Hongrie, des Etats qui réhabilitent lourdement leur passé collaborationniste et pro-nazi.

Peut-être est-ce perçu comme un signe d'intégration à l'Union européenne que d'interdire le Parti communiste et de glorifier des collaborateurs comme le font les « manifestants pro-européens » à commémorant la figure de Stepan Bandera, collaborateur pendant la Seconde guerre mondiale ?



« Svoboda », ce parti fasciste qui anime les protestations pro-européennes a inscrit dans son programme l' « interdiction de l'idéologie communiste » et le « renversement de la démocratie libérale » : il met son programme en action. Rassurez-vous, c'est un parti pro-européen !

Les forces communistes sont contraintes à agir dans la semi-clandestinité dans d'autres régions où les bandes fascistes font la loi, notamment à Rovno, en Volhynie ou à Lvov, toujours à l'ouest du pays. Les nouvelles de sièges locaux du Parti communiste se multiplient.



L'exigence d'une solidarité avec le PC ukrainien monte !

 

Pourtant, dans la tempête, le Parti communiste d'Ukraine (KPU) maintient une position juste : refus des ingérences extérieures, en particulier européennes ; résistance aux tentatives de coup d'Etat fasciste ; prédilection pour la solution politique négociée, avec proposition d'un État fédéral.

On ne peut que regretter l'absence de solidarité en Europe avec le KPU.

Le PGE prétend partager les positions du Parti communiste … mais défend en fait la position de l'Union européenne, souhaitant même donner un « contenu politique » à l'Accord d'association avec l'UE … exactement ce que va faire le Premier ministre polonais pour financer l'opposition !



Heureusement, certains partis en Europe, on pense au Parti communiste grec (KKE), le Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) ou au Parti des communistes italiens (PdCI) ont exprimé leur solidarité avec le Parti communiste d'Ukraine, refusé les ingérences extérieures.

 

 

A nous, en France, d'exprimer aussi notre solidarité avec nos camarades ukrainiens : l'interdiction qui pèse sur le Parti communiste doit être levée et cessons d'apporter une « caution de gauche » aux dirigeants de l'Union européenne qui soutiennent cette pseudo-opposition noyautée par des groupes fascistes !

 

* cet article ayant été écrit dans la journée du vendredi 21 février, il se peut que les événements aient évolué d'ici-là


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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 09:15

 

Qu’est-ce que l’opposition ukrainienne et pourquoi Svoboda ? par Danielle Bleitrac, le 21 Février


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Le parti Svoboda a une histoire assez comparable à celle du Front National en France. Jusqu’aux élections législatives d’octobre 2002, Svoboda n’atteignait pas les 1%, mais à cette occasion cette formation a fait une percée remarquée, réunissant 10,5% des voix (2 millions de votes). Elle est devenue la quatrième formation politique du pays avec 37 sièges sur les 450 que compte la Verkhovna Rada (Parlement). Svoboda a réalisé des scores de 30 à 40% dans l’Ouest ukrainophone et agricole tandis qu’elle a peiné à dépasser les 1% de l’Est russophone et industriel.


Svoboda a un lourd passif. Jusqu’en 2004, Svoboda s’appelait "Parti national-socialiste d’Ukraine". Ce parti se réclame historiquement de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), dont la branche armée (UPA) collabora activement avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et massacra les juifs de Galicie (ouest de l’Ukraine). Donc comme le Front National qui fut conduit sur les fonds baptismaux par des déchets des guerres coloniales et de la collaboration de la deuxième guerre mondiale, Svoboda est né sur ces restes nauséabonds et ne les a jamais désavoués. Son assise géographique est caractéristique :Qui connaît la Galicie, dont ma famille paternelle est originaire, sait ce qu’est l’antisémitisme dans cette région. Traditionnellement partagée entre l’influence polonaise et ukrainienne où les pogroms furent particulièrement violents. Les massacres de juifs combiné avec ceux des "commissaires politiques" par l’armée nazi très "efficaces". Comme dans les pays baltes et en Pologne, avec parfois l’aide active d’une partie de la population fut pratiquée la Shoah par balles. Celle où l’on tuait les enfants dans les bras de leurs mères pour mieux les coucher dans des fossés recouverts de terre et de chaux où les cadavres bougeaient et dont on sait qu’Himmler confronté au spectacle s’évanouit et mit en œuvre le gazage pour épargner les SS chargés de cette abominable besogne… . Je vous conseille de lire ce que furent les massacres dans cette région et comment y fut expérimenté le début des chambres à gaz avec ces camions dans lesquels on entassait une vingtaine de femmes et d’enfants et dont le pot d’échappement se retournait en marchant. Imaginez les chemins cahotiques de l’Ukraine avec ces camions que l’on conduisait à la décharge où étaient jetés les cadavres, les soldats allemands, des SS, chargés de les jeter dans la fosse se plaignant de l’odeur du gaz et celui des excréments de ces pauvres gens. La consigne était de tuer les juifs et les commissaires politiques bolcheviques(1). Goebbels dans ses écrits vante l’aide d’une partie de la population qui réclamerait ces exécutions mais se plaint qu’une autre partie s’en détourne et dit que le judéobolchevisme a émoussé l’esprit antisémite de ces populations. Voilà ceux dont se réclament le parti Svoboda. Cette formation a conservé tout au long de son histoire une dimension antisémite et farouchement anticommuniste, les juifs étaient non seulement haïs à cause de l’influence des églises mais parce qu’ils étaient considérés, comme en Pologne comme communistes et donc proches des soviétiques.

Il ne faut pas se faire d’illusion l’Ukraine dans sa masse est encore plus antisémite que la Pologne et si Svoboda ne se cache pas de l’être, la revendication pro-européenne et surtout anti-russe en Ukraine de l’ouest a ce relent d’antisémitisme confondu avec le judéobolchevisme. Ce dont nos médias ne parlent jamais est la manière dont dans les ex-pays socialistes la lutte menée contre le communisme s’est souvent accompagné d’une résurgence de l’idéologie national socialiste, c’est vrai en Ukraine, ça l’est en Hongrie et dans les pays baltes. Et l’UE a toujours fermé les yeux sur ce qui se passait dans les pays intégrés dans lesquels l’Allemagne puisait une main d’oeuvre qui a contribué à sa domination. Parfois on se dit que l’Europe, malgré l’idéal de certains intellectuels allemands qui en faisaient le rempart contre le nazisme pangermanique, est en train de réaliser en sous main le cauchemar nazi.


Ce parti Svoboda est devenu le socle aujourd’hui d’une contestation post-soviétique aux élections de 2002, alors qu’elle était jusqu’alors microscopique, est alors devenue la troisième composante de l’opposition, derrière le bloc de l’oligarque Ioulia Timochenko (103 sièges) et le parti libéral Oudar du boxeur Vitali Klitchko (40).

Aujourd’hui encore le leader de Svoboda, Oleg Tiagnibok, un urologue charismatique, tout en rejetant toute accusation d’antisémitisme, s’est fait exclure en 2004 de son groupe parlementaire pour avoir affirmé à la télévision que le pays était dirigé par une "mafia judéo-moscovite". Il avait alors aussi fait l’éloge d’un ancien dirigeant d’un mouvement de résistance clandestin de la Seconde Guerre mondiale qui avait eu le mérite de combattre "les Russes, les Allemands, les Juifs et tous les autres ennemis qui voulaient nous confisquer notre Etat ukrainien".


Mais pourquoi l’Europe et les Etats-Unis ont-ils besoin de Svoboda ?


Les commentateurs qui expliquent que Svoboda est minoritaire au sein des forces d’opposition disent à la fois la vérité et nous trompent. Il est vrai que Svoboda en Galicie est dominant (jusqu’à 40% des votes), il l’est de plus en plus dans l’ouest et à Kiev, mais qu’il ne représente pas toute l’Ukraine… Il n’existe pas à l’Est russophone, ce qui fait que cette partie de l’Ukraine et l’URSS y voient l’essentiel de la contestation. Ce qu’il faut bien mesurer c’est que la lutte pro-ukrainienne s’est faite sur la base de l’anticommunisme parce que ukrainien et russes sont des slaves parlant des langues proches, la distinction nationaliste a donc un fondement antibolchevique et antisémite quel que soit le parti d’opposition. Mais les partis d’opposition traditionnels, dits modérés sont déconsidérés et seul Svoboda paraît avoir les mains propres autant qu’être antisystème.

Svoboda n’a supprimé le symbole en forme de croix gammée qui lui tenait lieu de logo qu’en 2003. De nombreux membres de Svoboda sont des anciens du groupe paramilitaire "Patriotes ukrainiens", ouvertement pronazi, qui appelait à purger le pays de ses Juifs et de ses autres minorités. Les deux organisations se sont aujourd’hui séparées, "officiellement", mais en fait on retrouve les alliances en sous mains que l’on peut constater en France entre les fascistes identitaires et autres skinheads et le Front national. Des responsables de Svoboda se sont aussi illustrés par des remarques homophobes, racistes et antisémites et sur la place ukrainienne on a vu récemment un individu déguisé en rabbin venir avouer comment les juifs tenaient l’Ukraine avec l’applaudissement de la foule.

Les Européens, les Américains, ont fait pression sur Svoboda avec l’aide de leurs alliés "démocrates" ukrainiens pour que Svoboda dont ils avaient besoin présente un visage plus respectable, et depuis cette formation comme le Front National et d’autres partis européens tente de présenter un visage post-fasciste plus présentable. L’opposition, dite pro-européenne, a besoin de Svoboda parce que dans la corruption généralisée de tous les partis, Svoboda qui n’a jamais été au pouvoir jouit d’une réputation d’honneteté et les déclare "tous pourris". Son idéologie crypto-nazie devrait l’éloigner de l’Europe, c’est oublier les liens anciens avec l’Allemagne pour se dégager de l’emprise russe, là encore il y a l’influence de la seconde guerre mondiale. Svoboda a donc choisi d’être plus présentable et a adopter une stratégie d’union avec les forces d’opposition déconsidérées mais en entraînant leur radicalité au-delà de ce qu’espéraient les Etats-Unis et l’Europe qui commencent à être sérieusement embarrassés par cette situation.


Le degré de corruption atteint par les partis politiques post-soviétiques est considérable. L’exemple decette corruption est Ioula Timochenko qui a fait fortune en vandant le gaz russe à son profit et à celle de son parti "Patria" et qui à ce titre a été emprisonnée. Il était difficile de soulever derrière une pareille opposition les Ukrainiens, Svoboda est là pour lui donner un nouveau visage. L’opposition dont une bonne partie est complétement décrédibilisée a donc été flanquée d’une extrême-droite que l’on a tenté de rendre plus présentable, mais qui étant ce qu’elle est a mené une stratégie de terrorisme, tout en bénéficiant de l’appui de l’Europe et des Etats-Unis pour mener une action violente et fasciste faisant régner la terreur et ralliant une jeunesse déboussolée et une population désespérée. Le vote Svoboda se présente comme antisystème, le système étant le judéobolchevisme, corrupteur et le sauveteur un ultranationalisme antisémite, homophobe et anticommuniste prêts à mener un putsch fasciste.


Il n’est même pas sûr que ce crime politique auquel participe l’Europe, avec en tête la France, l’Allemagne et la Pologne renouvelant des opérations de dépeçages bien connues, profite aux occidentaux, et hier Fabius et ses homologues polonais et allemands ne savaient plus très bien que faire, l’opposition dite "modérée" n’a plus aucun pouvoir et actuellement Fabius va en Chine pour tenter de trouver une médiation à l’ONU, dans son opération d’arroseur arrosé. c’est une telle catastrophe que celui qui pourrait ultérieurement en bénéficier est Poutine qui mène de son côté une stratégie d’apaisement et cherche un leader qui ferait preuve de détermination pour empêcher la violence de s’étendre. Surtout qu’au même moment partout la stratégie des Etats-Unis et de l’Europe, stratégie du chaos, apparaît pour ce qu’elle est: une volonté d’utiliser la guerre civile quelles qu’en soient les conséquences pour renforcer une hégémonie menacée, ce qui se passe au Venezuela, en Afrique, au Moyen orient, en Asie centrale témoigne de la même situation. Mais l’Europe affaiblie, de plus en plus vassalisée et travaillée par des forces mauvaises risque d’en faire les frais.


Danielle Bleitrach


(1) particulièrement saisissantes sont les descriptions avec les noms et qualités des responsables sorties des archives allemandes de la seconde guerre mondiale que l’on trouve dans Jacques Delarue Histoire de la gestapo nouveau monde poche. 2011.

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 09:07

Merci à La Canaille pour cet article

Affiche rouge et ballon rond

 

ou quand les sportifs

étaient aussi des citoyens, 

pas des coffres forts.

Affiche rouge et ballon rond

Red Star, l'étoile rouge si bien nommée.

Une équipe de foot de haut niveau 

pas que pour les résultats 

des joueurs, dont un :

Rino Della Negra.

Affiche rouge et ballon rond
LA MÉMOIRE DE RINO HONORÉE
HOMMAGE DU COLLECTIF RED STAR BAUER À RINO DELLA NEGRA
Samedi 22 février, le collectif Red Star Bauer organise une journée hommage à l’ancien joueur et résistant audonien, Rino Della Negra, fusillé il y a soixante-dix ans.

Vendredi 21 février 2014, il y a soixante-dix ans, Rino Della Negra était fusillé par les Nazis sur le Mont-Valérien à Suresnes (Hauts-de-Seine), seulement âgé de vingt et un ans. Son œuvre résonne encore du côté du Stade Bauer. Natif de Vimy dans le Pas-de-Calais et de parents immigrés italiens, Rino arrive en région parisienne en 1926 à Argenteuil. Grand espoir du football, le jeune Rino débarque à Saint-Ouen en 1942 au Red Star, tout juste auréolé d’une cinquième couronne en Coupe de France. Discret dans le vestiaire, mais si doué techniquement, Rino dévoile l’ensemble de son talent au sein de la formation audonienne au cours d’une seule saison (1942-1943). Mais très vite, ses priorités changent et sa lutte devenir armée. Un engagement discret, comme il l’a été au cours de sa trop courte existence. Rino ignore alors sa réquisition pour le STO en Allemagne. Le jeune immigré italien s’engage dans la résistance aux côtés des Francs-Tireurs partisans (FTP). Déroutant sur un terrain, Rino l’est tout autant pour l’occupant allemand. Après avoir rejoint le détachement italien des FTP-MOI, commandé par Missak Manouchian, Rino participe à plusieurs manœuvres comme l’exécution du général Von Apt le 7 juin 1943 ou l’attaque du siège central du parti fasciste italien le 10 juin 1943.
Mais la partie touche à sa fin. Rino ainsi que les vingt-trois membres du groupe Manouchian, dont les dix de la tristement célèbre « affiche rouge », sont tous arrêtés le 23 novembre 1943. La suite est malheureusement connue. Son court passage au Red Star ne le laisse pas insensible. Dans une lettre posthume, Rino écrit ses mots : "Envoie le bonjour et l’adieu à tout le Red Star"

Samedi 22 février et à l’initiative du collectif Red Star Bauer, la mémoire de Rino Della Negra sera honorée. Trop souvent, les histoires tombent dans l’oubli. Celle de cet immigré italien ne doit en aucun cas l’être. Ainsi, pour commémorer les soixante-dix ans de son exécution, le collectif Red Star Bauer organise un hommage au Stade Bauer. Une journée qui débutera par les interventions de M. Enrico Persico (président de l’Association nationale des partisans italiens), de Nicolas Ksiss-Martiv (membre de la Fédération gymnique et sportive du travail) et de Roger Guerin (conseiller municipal en charge de l’histoire locale, la mémoire et la culture de paix). Après un fleurissement de la plaque de Rino Della Negra, la journée se terminera par un match amical sur le terrain de Bauer. Cette initiative du collectif permet de ne jamais éteindre l’esprit de ce héros du club et du pays. Et de la transmettre à travers les générations.

Toutes les informations sur la journée de samedi 22 février sur le site du collectif Red Star Bauer.

Loïc Revol

Parmi les p@ges toutes dignes d'un grand intérêt autour de Rino, celle ci sélectionnée arbitrairement (que les autres acceptent les excuses de La Canaille):

http://collectifredstar.over-blog.com/article-les-subversifs-de-mazagran-a-argenteuil-67386201.html

Allez aussi fêter un oeil sur le site de la FSGT qui lui rend aussi hommage :

http://www.fsgt.org/spip.php?article1776

 

On est loin de clother, des ferraris et de ce mercato qui mesure les joueurs à la manière de la dentition des yearlings..

D'un seul coup l'image des sportifs de haut niveau reprend pieds sur le Sol.

De Delaune à  Della Negra, Canaille le Rouge voudrait bien savoir combien de comités directeurs de fédérations sportives se soucient de leur propre histoire et de leur lien avec les mouvements d'éducation populaire qui ont permis le rédémarage de leurs structures malgré des comportements plus que discutables de nombre de leur dirigeants d'alors.

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 08:38

Lu sur le blog de Thierry Deronne "Venezuela infos"
La dérive des continents… vue de notre Amérique

Dans les années trente certaines bombes larguées sur la République d’Espagne n’explosèrent pas. Des ouvriers allemands de l’armement, solidaires, les avaient désamorcées parce qu’ils savaient à qui elles étaient destinées. Quel journaliste des télévisions, radios ou journaux occidentaux qui diffusent “la bonne parole” sur le Venezuela sait-il que les morts provoquées par les violences de la droite locale et des paramilitaires infiltrés sont le produit d’une commande médiatique ?


T.D. Caracas, 21 février 2014

Les leaders de la droite vénézuélienne : Leopoldo Lopez et son principal soutien (politique et financier) régional : l’ex-président colombien Alvaro Uribe, impliqué dans le paramilitarisme et dans des crimes contre l’humanité. Bogota, décembre 2011.

Le leader de la droite vénézuélienne Leopoldo Lopez avec son principal soutien (politique et financier) régional : l’ex-président colombien Alvaro Uribe, impliqué dans le paramilitarisme et dans de nombreux crimes contre l’humanité. Bogota, décembre 2011.

Le leader de la droite vénézuéliene Henrique Capriles Radonski (à gauche) réuni avec l'ex-secrétaire de gouvernement de Pinochet (à droite) Jovino Novoa, à Santiago le 19 juillet 2013. Capriles Radonski est impliqué dans la violence et les assassinats de militants bolivariens le 15 avril 2013 et dans le coup d’État meurtrier contre le président Chavez en avril 2002.
Autre leader de la droite vénézuélienne Henrique Capriles Radonski (à gauche) réuni à Santiago le 19 juillet 2013 avec Jovino Novoa, sous-secrétaire de gouvernement de Pinochet. Capriles Radonski est impliqué dans la violence et les assassinats de militants bolivariens le 15 avril 2013 et dans le coup d’État meurtrier contre le président Chavez en avril 2002.  

  Cet enregistrement téléphonique de juin 2013 révèle les contacts de la députée de droite María Corina Machado avec les États-Unis. On l’entend insister sur la nécessité d’organiser un nouveau coup d’État précédé de "confrontations non-dialogantes" (sic). Machado participa au coup d’État sanglant d’avril 2002 contre Chavez et cosigna le décret putschiste qui dissolvait toutes les institutions démocratiques. 

Aujourd’hui, la droite donne des versions contradictoires de sa violence : alors que les cagoulés armés de pierres ou d’armes à feu, d’émetteurs radio et des équipements propres à ceux qui s’apprêtent à “tuer ou être tués” affirment que le motif de leurs “protestations pacifiques” est la “pénurie”, les leaders autoproclamés Ledezma, López et Machado affirment que ces marches ont pour objectif la démission du président Maduro.

Il est risible de parler de pénurie dans l’Est de Caracas, foyer de cette bourgeoisie : ses supermarchés de luxe sont pleins à craquer, et pas précisément de produits “locaux”, non. Les délicats palais des habitants des “villas”, “cumbres”, “colinas” et “altos” où résident les riches demandent constamment des produits et des delicatessen d’importation.


Par contre, les efforts du gouvernement Maduro pour surmonter le modèle improductif du rentisme pétrolier rencontrent des obstacles, évidemment, puisque de nombreuses décisions peuvent affecter certains secteurs économiques. Il n’y a guère d’autre moyen si on veut réellement changer la vie.

Ce sont les classes populaires qui sont en partie touchées par l’absence plus ou moins temporaire de certains produits, mais ce ne sont pas elles qui sèment aujourd’hui le chaos, la destruction et la mort dans les rues du Venezuela. Le plus souvent cette rareté est organisée, comme au Chili en 1973, par la bourgeoisie improductive. Non seulement en stockant massivement des produits mais – en association avec les mafias de la contrebande – en déviant une grande quantité de produits alimentaires, de médicaments et de carburant vers la Colombie, les îles hollandaises des Caraïbes (Curaçao, Aruba et Bonaire) ou Trinidad et Tobago. Business is business, aiment répéter les grands importateurs.

Contrairement à d’autres classes de ce type en Amérique Latine, la bourgeoisie vénézuélienne a cette particularité de n’avoir jamais contribué au trésor national mais d’avoir toujours su comment dévier des fonds et des bourses d’État pour que ses enfants étudient le cinéma ou le commerce à Paris ou à New York, loin de cette majorité de couleur qu’elle traite aujourd’hui de “chavistes idiots”, “va-nu-pieds”, “culs-terreux”, “hordes édentées” (la liste est longue)..


La FAO a primé en 2013 l’effort de l’État vénézuélien pour implanter un modèle alimentaire. En 40 ans de non-gouvernements néo-conservateurs, les vénézuéliens avaient à peine augmenté en moyenne d’1 centimètre de stature. Les plans développés par Chavez en 13 ans ont porté cet indicateur à 1,98 centimètres. Le chancelier et ex-ministre de l’Agriculture Elías Jaua rappelait qu’au début de la révolution, en 1999, les vénézuéliens ne consommaient que 15 kilos de viande par an contre plus de 35 aujourd’hui. Le défi est donc de renforcer la production nationale et de mieux contrôler sa distribution pour répondre à ce boom de consommation lié à l’augmentation du pouvoir d’achat.


Ce peu de données sociales et économiques explique déjà pourquoi les vénézuéliens ont infligé 18 défaites en 19 scrutins à une droite qui cherche aujourd’hui son appui aux États-Unis, dans ses médias privés (hégémoniques au Venezuela) et internationaux.

Si des opérations semblables – guerre économique, violences – sont fréquemment lancées contre l’Argentine, la Bolivie ou l’Équateur, les coups principaux ont été portés à la patrie de Bolivar. Non seulement parce qu’elle possède les plus grandes réserves d’hydrocarbures de la planète mais parce qu’elle est le fer de lance stratégique de l’unité latino-caraïbe exprimée dans des organisations indépendantes de Washington et qui regroupent  les gouvernements de toute la región : Alba, Unasur, le nouveau Mercosur, Petrocaribe, la Celac.. Le récent sommet des 33 chefs d’État latino-américains à la Havane, ou la création d’une École de Défense au sein de l’UNASUR, ne font que décupler la rage des États-Unis face à la construction accélérée de “Notre Amérique”.


clausura02-580x342Avec Arévalo Enrique Méndez Romero, Angel Guerra Cabrera

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/21/la-derive-des-continents-vue-de-notre-amerique/

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 15:23

Nous publions une " déclaration commune  Fédération CGT des Travailleurs de la Métallurgie,  du Havre -  Fédération CGT des Finances - UD CGT 76 "appelant à défendre les militants syndicaux pourchassés.  Comme à Roanne, comme à Elbeuf, comme à Annecy et dans maints autres endroits des militants syndicaux sont intimidés, objet de plaintes ou traduits devant les tribunaux.  Leur faute : défendre les salariés et refuser d'être traités comme des criminels.  Parce que le PS avec la droite et le FN refusent d'amnistier les condamnations portant sur des actions menées pendant des luttes syndicales, le patronat se sent encouragé et continue de pourchasser les militants.

 

UL-CGT-LeHavre.jpg

 

Déclaration commune Fédération CGT des Travailleurs de la Métallurgie, Fédération CGT des Finances, UD CGT 76

 

Mardi 21 janvier 2014 , les deux co-secrétaires généraux de l'Union Locale CGT du Havre étaient convoqués au Commissariat Central de Police du Havre, accompagnés de 200 camarades venus les soutenir, dont le secrétaire général de l'UD 76.

 

Le motif ? Une plainte d'un huissier officiant pour la société SPB pour « dégradations », alors que l'UL soutenait les salariés en lutte pendant 14 jours pour leurs salaires et leurs conditions de travail.
 

Pendant 4 heures, nos camarades, Reynald Kubecki de la Fédération CGT des Travailleurs de la Métallurgie, et Jacques Richer de la Fédération CGT des Finances, ont dû s'expliquer devant les forces de l'ordre. Il leur a été demandé les traditionnelles photos de face - de profil, les empreintes digitales, mais aussi et surtout leurs empreintes ADN !

Nos camarades ont bien sûr refusé et ils ont eu raison !

Après 3 heures d'intense réflexion, durant lesquelles nos camarades se sont retrouvés en cellule, le Procureur de la République a décidé de reporter l'affaire au Tribunal Correctionnel du Havre le 21 février 2014.

Stop à cet acharnement

Heureuse coïncidence, nos 2 camarades étaient déjà convoqués en Correctionnelle ce même 21 février avec 2 autres camarades de l'UL, suite à une plainte déposée par l'antenne havraise du Parti Socialiste, qui avait peu apprécié de voir sa façade redécorée à l'occasion de la manifestation du 10 septembre 2013 contre la réforme des retraites.

 

 

Le 21 février verra donc « l'union sacrée » du patronat et d'un parti politique pour tenter de stopper l'action de la CGT au Havre.

La CGT dérangerait-elle ?

L'affaire des « 5 de Roanne » est encore dans tous les esprits, n'oublions pas que le Parquet a fait appel de la décision de relaxe de nos 5 camarades. Nous ne laisserons pas nos militants seuls face à une justice qui tente d'assimiler le syndicalisme à la délinquance. 

  

Notre syndicalisme œuvre pour le progrès social, il est la voix des salariés qui luttent pour l'amélioration de leurs conditions de travail et de vie.
 

Le dépôt d'empreinte ADN était à l'origine destiné aux délinquants sexuels : il est hors de question de laisser l'action syndicale être traitée comme une criminalité dure.
 

Quand un pays traite ses syndicalistes de la sorte, cela ne peut que nous renvoyer à des époques très sombres de notre histoire.
 

L'Union Départementale CGT 76, la Fédération CGT des Travailleurs de la Métallurgie, et la Fédération CGT des Finances, réaffirment la légitimité de notre combat, exigent que cesse l'acharnement qui est pratiqué contre nos camarades partout sur le territoire, et assurent Reynald et Jacques ainsi que les 2 autres camarades de l'UL de leur plein soutien.

 

RASSEMBLEMENT DEVANT LE TGI DU HAVRE 
LE 21 FEVRIER 2014 A 08H30

Source : http://www.cgt94.fr/spip.php?article1087

 

 

havre-libre-20fev2014.jpg

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 10:27

Il nous semble nécessaire, pour comprendre les enjeux ukrainiens de rappeler les résultats des élections présidentielles, si contestées aujourd'hui, en Janvier et Février 2010.  La crainte d'une guerre civile et/ou d'une partition de l'Ukraine sont bien réelles.  Il suffit de regarder les résultats électoraux de 2010 pour comprendre combien le pays est divisé.

 

L'élection présidentielle ukrainienne de 2010 s'est tenue les 17 janvier et 7 février.  La participation a été en légère augmentation par rapport au premier tour : 69, 15%.

 

particpresuk2emetour

Taux de participation au deuxième tour le 7 Février 2010

 

Viktor Ianoukovytch est élu au deuxième tour avec 48,95% des suffrages. Il a fait le plein dans des régions très industrielles, urbanisées et peuplées de l'Est et du centre de l'Ukraine. La citadelle du vote bleu (Ianoukovytch) reste l'oblast de Donetsk, où 90% des votes rapportent 2,4 millions de voix à Ianoukovitch, alors qu'à Ivano-Frankivsk, Ioulia Timochenko et ses 88,89% ne représentent « seulement » que 730 000 électeurs. Le poids démographique des régions acquises à Ianoukovitch fait la différence.

 

score victor i

Pourcentage de votants en faveur de Ianoukovytch selon les régions

 

La déperdition des voix pour Timochenko est à trouver aussi dans le vote « contre tous »: sur les bulletins de vote ukrainiens, l'électeur a la possibilité de cocher la mention « Je ne soutiens aucun des candidats ». Plus de 1,1 million d'Ukrainiens ont saisi cette occasion pour sanctionner les deux candidats et exprimer un désir de renouvellement des élites. C'est en tout cas en ces termes que le vote « contre tous » a fait l'objet d'un succès certain dans l'intelligentsia ukrainophone (il culmine à 8% à Kiev), chez une partie de la jeunesse et des anciens supporters de la révolution Orange, déçus par la qualité du débat politique.

 

scoreioulaPourcentage de votants en faveur de Tymochenko

 

Mais l'écart est plus faible que prévu (moins de 900 000 voix )

Déclarées conformes aux standards européens selon l'OSCE, les élections ukrainiennes ont été, selon le chef de la délégation des observateurs de l'assemblée de l'OTAN, « plus démocratiques que dans bien des pays de l'ex-URSS ».

 

Candidat Parti/coalition Votes %
Viktor Ianoukovytch Parti des régions 12 481 268  48,95%
Ioulia Tymochenko Bloc Ioulia Tymochenko 11 593 340

 45,47%

Contre tous     -                                                    
    1 113 051       4,36%
Votes invalidés     -                                               
       305 844    1,19%
Total     -                                                                   
  25 493 503 100 %
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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 19:11
Entretien avec le député communiste Alexander Golub

Traduction VL pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ (depuis le site du Parti communiste d'Ukraine)



L'Ukraine est un enjeu dans le Grand jeu géopolitique. Les diplomates européens et américains, accompagnés par le choeur discordant de l'opposition, ne s'embarrassent pas du protocole et s'ingèrent activement dans les affaires politiques internes du pays, imposant des réformes, décidant même du sort de notre pays. L'Occident perçoit l'Ukraine comme un terrain de jeu. Quels sont les vrais objectifs des pressions extérieures sur l'Ukraine, voilà ce que le site d'information Golos.ua a demandé au député du Parti communiste Alexander Golub.



Question : Alexander, il semble que les événements dans le centre-ville de Kiev soient juste le cadre d'un affrontement géopolitique pour la conquête de l'Ukraine …

 

 

Réponse : Au vu des déclarations d'un certain nombre de politiciens occidentaux et à la suite de la révélation de la conversation téléphonique entre Victoria Nuland (secrétaire d'Etat américaine) et Jeffrey Payetta (ambassadeur américain à Kiev), cela devient évident : tous les événements à Kiev sont étroitement liés aux manœuvres d'acteurs venant d'outre-Atlantique et d'Europe de l'ouest. Sans un soutien moral, financier et l'aide apportée par certains spécialistes dans l'organisation de manifestations pour résister à la répression policière et aux pressions gouvernementales, « Maidan » aurait été impossible. Les politiciens occidentaux ne semblent pas considérer l'Ukraine comme un Etat indépendant. Ce qu'on voit aujourd'hui c'est que les pressions sur le gouvernement, la décision de renforcer les manifestations ou d'arrêter les combats : tout cela est décidé à l'étranger. L'Occcident veut utiliser l'Ukraine comme un terrain de jeu pour sa politique anti-russe, que ce soit en faisant pression sur la Fédération russe ou par son endiguement – militaire, politique et économique. L'Occcident tire aussi profit de la limitation du potentiel économique des anciennes Républiques soviétiques afin de ne pas avoir trop de compétiteurs en face, et afin qu'elles ne puissent pas, par leurs actions communes, protéger leurs marchés des biens étrangers.



Q : Dans le même temps, l'Union européenne et les Etats-unis sont rivaux dans la lutte pour l'Ukraine ?

 

Les positions américaines et européennes convergent sur une base anti-russe. Dans le même temps, les Etats-unis jouent un double jeu, défendant avant tout leurs intérêts. Pour parler de Mme Nuland, le scandale de Wikileaks nous montre bien comment les Américains traitent leurs alliés européens. Ils se considèrent eux-mêmes comme supérieurs et voient l'Union européenne comme un instrument pour réaliser leurs propres objectifs stratégiques. Pour la plupart des politiciens américains, l'Ukraine se situe sur le même plan que la Côte d'ivoire ou le Congo. L'Europe, comme rival des Etats-unis comprend bien que la situation en Ukraine est ambiguë. L'Union européenne, qui se trouve dans une crise économique et politique très sérieuse, ne peut pas ne pas prendre en compte la position de la Fédération russe. D'où la différence de ton dans les déclarations. Tout cela ne change pas bien entendu la nature des relations avec l'Ukraine. Notre pays, c'est notre avis, sera la victime de cette lutte, peu importe comment le rapport de forces se soldera. La lutte ne porte plus maintenant que pour savoir qui va se tailler la part du lion.



Q: Toutefois, dans la lutte géopolitique, il ne faut pas oublier la Russie …

 

Dans un contexte d'ingérence manifeste dans les affaires intérieures ukrainiennes, la Russie a affiché un certain détachement. La seule chose qu'elle utilisera le moment venu, ce sont les leviers économiques qu'elle use occasionnellement, faisant pression sur le sens des événements. Toutefois, la Russie demande à l'Ukraine de faire un choix en pleine conscience des enjeux. Moscou veut faire de l'Ukraine un Etat amical, stable : pour elle, pas question de semer le chaos économique chez nous et de nous enfermer dans la spirale de la dette. La Russie ne veut pas que l'Ukraine finisse par devenir un protectorat occidental, perde tout son potentiel industriel et que soit installée quelque part près de Kharkov une base de l'OTAN. Donc, la Russie défendra dans tous les cas ses intérêts, tout en envoyant des messages appelant au développement de relations entre nos deux peuples.



Q : Parmi les grandes déclarations sur les valeurs démocratiques, les Etats-unis et l'Union européenne ont parié sur certains acteurs politiques de l'opposition en vue des élections de 2015

 

Les marionnettistes occidentaux ne sont pas le moins du monde intéressés par le sort du peuple ukrainien et de notre économie. Il s'agit d'un conflit sur fond d'intérêts économiques. Ils ont besoin d'un homme qu'ils peuvent contrôler, ils pensent à Iasteniouk, proche des milieux financiers et bancaires, qui obéirait au doigt et à l'oeil à Washington. Klitschko est un politicien de bas niveau, un leader de faible envergure et les pays occidentaux ne peuvent s'assurer qu'il sera à la hauteur de la tâche qui lui sera confiée. Néanmoins, ils sont prêts à miser sur quiconque leur permettra de récolter un retour sur investissement.



Q : Y-a-t-il des moyens d'empêcher les ingérences et la manipulation de politiciens ukrainiens par l'Occident ?

 

Après la publication de ces conversations, cela devient évident qu'ils sont tous des marionnettes dont les ficelles sont tirés par d'autres. Donc le pouvoir comme l'opposition devraient afficher une volonté politique tout aussi forte. Or, cela ne se passera sans doute pas comme ça car les experts américains travaillent à la fois dans le camp de Ianoukovitch, dans celui de Klitchko et dans celui de Iasteniouk. Cette volonté se trouve canalisée par les intérêts financiers et immobiliers qui existent à l'ouest, et qui renvoient aux Etats-unis directement. Le peuple doit ici avoir son mot à dire et balayer tous ces leaders qui ne représentent pas la majorité des Ukrainiens. Toutefois, un certain sens de l'auto-préservation pousse les autorités à continuer à vouloir appliquer la Constitution, respecter nos lois et notre souveraineté. Ainsi l'intervention des diplomates, si elle ne sera pas stoppée, pourra être rendue bien plus difficile.



Q : Quelles seront les conséquences de ces influences étrangères sur le sort de l'Ukraine ?

 

Si la crise politique et économique n'est pas stoppée, alors il est assez illusoire d'espérer que l'Ukraine reste le pays qu'elle est aujourd'hui. Il est plus probable qu'elle sera séparée en plusieurs morceaux – devenus des protectorats d'autres pays. Ce seront des Etats sous la dépendance d'autres. Il ne sera guère possible de parler de l'Ukraine comme d'un Etat indépendant.

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 17:47

Lu sur le site de Romain Mingus, Venezuela in vivo.

Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques

 




A lire les media internationaux en ce mois de février 2014, on pourrait croire que le Venezuela est –de nouveau- à feu et à sang. Le coupable désigné par les grandes entreprises de communication est toujours le même depuis maintenant 15 ans: le gouvernement bolivarien massacrerait –de nouveau- son peuple comme s´il s´agissait du passe temps favori des élites politiques révolutionnaires depuis l´accession d´Hugo Chavez à la présidence de la République. Oubliés les onze chavistes assassinés au lendemain de la victoire électorale de Nicolas Maduro en avril 2013, passée sous silence la large victoire du camp bolivarien aux municipales de décembre 2013, gommé le soutien populaire dont bénéficie la Révolution, les Vénézuéliens seraient désormais face à un « régime » qu´ils réprouvent et qui n´hésite pas á faire feu contre ses compatriotes.  Un retour sur les derniers évènements qui ont secoué le Venezuela est donc nécessaire pour prendre la mesure de ce qui se déroule en ce moment au pays de Bolivar et de Chavez. Retour d´autant plus nécessaire pour capter, après la Libye, la Syrie ou les derniers évènements ukrainiens á quel point l´Empire fait preuve d´un cynisme sanguinaire pour éliminer les gouvernements qui ne s´alignent pas sur ses intérêts.


Guerre interne dans l´opposition

L´opposition vénézuélienne n´est pas un bloc monolithique. Même si tous les partis partagent un programme commun (1) , les stratégies de prises de pouvoir et surtout les ambitions personnelles ne manquent jamais de raviver les tensions au sein de la contrerévolution, Or le leadership qu´Henrique Capriles s´était construit depuis sa victoire aux primaires de la plateforme unitaire de l´opposition (Mesa de Unidad Démocratica -MUD) en février 2012 s´est quelque peu érodé au fil des quatre défaites électorales (2) . Lors des élections municipales de décembre 2013, le parti de Leopoldo Lopez, Voluntad Popular a même remporté plus de mairies que  Primero Justicia, le parti de Capriles.

 

Le questionnement interne suite aux défaites dans les urnes a ravivé les vieux démons d´une opposition prête à considérer légitime tous les chemins possibles pour conquérir le pouvoir.

 

Profitant d´un mécontentement compréhensible d´une partie de la population face à une guerre économique qui affecte quotidiennement les vénézuéliens (3) , le secteur le plus extrême de l´opposition a décidé de passer à l´attaque.

 

Dés les premiers jours de l´année 2014, Leopoldo Lopez, Maria Corina Machado ou Antonio Ledezma appelaient au "soulèvement" comme moyen "démocratique" pour chasser le gouvernement (4) . Les vrais démocrates apprécieront l´oxymore. Rappelons que l´unique moyen démocratique pour changer de gouvernement est la convocation d´un referendum révocatoire à mi-mandat, c´est à dire à partir d´avril 2016.

 

Leopoldo Lopez ne s´arrêtera pas là. Au cours d´un meeting, le 2 février 2014, il lance à ses partisans : "les problèmes dont souffre le peuple ont un coupable. Ce coupable est le pouvoir national (…) nous ne pouvons plus dire que le problème c´est seulement Nicolas Maduro. Le problème ce sont tous les pouvoirs publics nationaux"(5) . Coup d´Etat, vous avez dit coup d´Etat ?

 

 Au cours du même meeting, Maria Corina Machado affirmera que "la seule réponse possible, c´est la rébellion (…). Certains disent qu´il faut attendre les élections dans je-ne-sais-trop combien d´années (…) Le Venezuela ne peut plus attendre" (6) . Le message de confrontation est lancé au gouvernement mais aussi à la MUD et à Capriles. La tentative de mainmise sur l´opposition par les secteurs les plus anti-démocratiques de l´antichavisme est confirmé par Leopoldo Lopez lorsqu´il convoque une manifestation pour le 12 février 2014 : "Notre lutte passe par la rue (…) je suis sûr que ce 12 février, nous verrons Henrique Capriles dans la rue. Je lance un appel [à tous les dirigeants de l´opposition] mais surtout à Henrique, qui a une très grande responsabilité, pour qu´il nous rejoigne dans cette clameur de changement" (7) . Les urnes ou le putsch. Les leaders de l´opposition ont les cartes en mains…


Ce qui fut annoncé arriva

Le 12 février la manifestation convoquée se dirigeât vers le siège du pouvoir judiciaire (Ministerio Publico) situé dans le centre populaire de la capitale. La plupart des dirigeants de l´opposition, dont Capriles Radonski, était aux abonnés absents. Le faible cortège était surtout composé d´étudiants des classes moyennes supérieures provenant des universités privées. Sur place, Leopoldo Lopez et Maria Corina Machado haranguaient la foule dans des termes similaires à ceux proférés quelques jours plus tôt, avant d´abandonner la manifestation sans prendre le soin de lancer le mot d´ordre de la dispersion de la manifestation. Alors que la majorité des étudiants quittait les lieux sans heurt, des groupes de choc prenaient le relais. Les pancartes pacifistes laissaient place aux jets de pierre et autres cocktails Molotov. Et tout bascula.

 

Au milieu des affrontements, des coups de feu furent tirés. Juan "Juancho" Montoya, un militant chaviste présent sur les lieux et Basil Da Costa un étudiant d´opposition mourraient tous deux assassinés d´une balle dans la tête.  La police nationale réussit à repousser les fauteurs de trouble qui se replièrent à Chacao, arrondissement huppé de Caracas, dont le maire, Ramon Muchacho est membre du parti Primero Justicia. Quelques heures plus tard et alors que les affrontements s´étaient déplacés dans cette zone de la ville, Roberto Redman, un militant de l´opposition, qui avait porté le cadavre du jeune Basil, était à son tour assassiné. La machine médiatique internationale s´emballa. Le gouvernement fut accusé de sanglantes répressions alors que les forces de maintien de l´ordre n´utilisent aucune arme létale pour faire face aux groupuscules armés de l´opposition (8) .

 

Les entreprises de communication privées dénoncèrent la censure gouvernementale après qu´une chaine câblée colombienne, NTN24, fut retirée de la programmation par les opérateurs de câble privés pour avoir enfreint la loi vénézuélienne de ne pas retransmettre en direct les images des violences de rue. Il ne s´agissait donc pas d´une censure opérée par le pouvoir, les media audiovisuels internationaux et nationaux ayant largement couvert la partie pacifique de la manifestation. En revanche, aucun media international ne s´est attardé à dénoncer les attaques à l´arme à feu contre le siège de la télévision publique VTV. Une employée de la chaine ayant même reçu une balle dans les côtes. Liberté d´expression à deux vitesses ?

 

Au soir du 12 février, on dénombrait en plus des trois morts, de nombreux blessés y compris chez les forces de l´ordre et les travailleurs du Metro de Caracas, pris d´assaut par les groupes de choc de l´opposition, 6 voitures de police incendiées, des sièges d´institutions publiques détruits, sans compter les nombreux dommages collatéraux dont ont souffert les habitants de Caracas.

 

Des critiques se firent entendre au sein même de l´opposition. Une journaliste du journal antichaviste El Universal,  dénonça l´irresponsabilité et le manque de  leadership de Leopoldo Lopez qui abandonna les étudiants lorsque les affrontements eurent commencé (9) . Le maire de Chacao publia un tweet cinglant : "nous reconnaissons le manque de leadership de l´opposition. Seul l´anarchie règne. C´est ce que nous voulons ?" (10) . Dans un premier temps, Capriles Radonski se fit écho de "la mainmise de groupes violents sur une manifestation pacifique" (11)  .

 

L´enquête démontrera, comme l´a indiqué le Ministre de l´intérieur et de la justice, Miguel Rodriguez Torres, que les deux personnes assassinées prés du Ministerio Publico le furent avec la même arme à feu, renforçant ainsi la thèse de l´infiltration  de mercenaires paramilitaires d´opposition dans l´objectif de créer le chaos, et d´enflammer les tensions entre vénézuéliens. Un scénario similaire à celui vécu lors du coup d´Etat du 11 avril 2002 (12) . Les plus vulnérables à cette stratégie sont malheureusement les jeunes étudiants qui croient pouvoir renverser un gouvernement appuyé par la majorité du peuple et par l´armée.

 

Comme dans n´importe quel pays démocratique, la justice recherche désormais le principal responsable de ces violences, Leopoldo Lopez, pour le mettre en examen. Nous n´osons imaginer ce qu´il se serait passé si de tels évènements avaient eu lieu dans n´importe quel pays occidental. Qu´aurait fait le pouvoir français si la manifestation Jour de Colère (qui comme la manifestation de Leopoldo Lopez n´avait de mot d´ordre commun que la chute d´un gouvernement élu) s´était soldé par trois assassinats et de nombreux blessés chez les forces de l´ordre. Il y a fort à parier que ses organisateurs seraient aujourd´hui sous les verrous sans que cela n´émeuve personne ni qu´aucun parti politique, pas même le Front National, n´en vienne à les défendre.

 

Mais s´il s´agit du Venezuela, les media y décèlent une persécution politique. Capriles Radonski, quand à lui s´est solidarisé avec Leopoldo Lopez, tout en insistant sur les différentes stratégies qui l´opposent á son ancien comparse (13) .  L´ancien candidat à la présidentielle a même appelé à une manifestation contre la violence et le paramilitarisme (sic), espérant ainsi récupérer à son compte les manifestants de ces derniers jours. Comble de l´ironie pour celui qui devrait assumer la responsabilité intellectuelle de l´assassinat de 11 militants chavistes au lendemain de sa défaite électorale aux élections présidentielles d´avril 2013 (14) .



La main de l´Empire américain n´est pas une chimère


Alors que Nicolas Maduro a reçu des messages de solidarité et de condamnation des violences de l´opposition de la part de nombreux gouvernements et partis politiques de par le monde et de l´Union des Nations Sud-américaines (Unasur), le gouvernement des Etats-Unis prenait un ton menaçant. Lors d´une allocution télévisuelle, le président Maduro dénonçait que le sous-secrétaire d´Etat adjoint pour l’Amérique latine, Alex Lee, avait émis une série d´exigences (libération des responsables des violences, arrêt des poursuites contre Leopoldo Lopez, dialogue immédiat avec l´opposition) sous peine de  "générer des conséquences négatives au niveau international" (15) .

 

Cette menace à peine voilée est en fait le résultat de la participation active des Etats Unis dans les récents évènements qui secouent le Venezuela. Soulignons une fois, pour les éternels sceptiques, que la déstabilisation du gouvernement bolivarien n´aura de cesse que lorsque les Etats-Unis reprendront le contrôle du maniement de l´industrie pétrolière comme dans le passé.

 

En réponse, le président Maduro a décidé d´expulser du pays trois citoyens étatsuniens pour leur récente participation active dans la formation et le financement d´étudiants aux techniques de coup d´Etat soft (16) .

 

Dans la nébuleuse d´informations sur la situation actuelle au Venezuela, de grossières manipulations médiatiques tentent de légitimer le discours de l´opposition qui dénonce la torture et la répression sanglante du gouvernement. Cette cyber-attaque est surtout un moyen de décrédibiliser le Venezuela  au niveau international et de chauffer les esprits des partisans de l´opposition afin de générer une situation d´ingouvernabilité à l´instar des évènements actuels en Ukraine.

 

Rappelons que le Venezuela est le cinquième pays au monde qui se sert le plus de Twitter (17) . Ce réseau social, abondamment utilisé dans les autoproclamées "Révolutions" arabes, est devenu une arme de premier choix dans la déstabilisation du gouvernement bolivarien. Ainsi, des photos de répressions et de tortures, reflétant des réalités étrangères, sont envoyées massivement aux jeunes vénézuéliens leur faisant croire que les scènes se déroulent dans leur pays (18) . De retweet en retweet en passant par de nombreux hastags, un nombre non négligeable de jeunes opposants à la Révolution est ainsi manipulé.

 

Sur la photo suivante nous pouvons voir comment une manifestation à Sao Paulo devient une manifestation à Caracas

 

 

Sur la photo ci dessous une image aérienne d´un pèlerinage religieux se transforme en une manifestation massive de l´opposition qui n´a pourtant jamais eu lieu





Les étudiants chiliens doivent sauter au plafond en voyant leurs camarades utilisés par l´extrême droite vénézuélienne

 

 

Un cas de torture dans le royaume d´Espagne devient un argument pour la droite vénézuélienne

 

 

Qui se doutait que les policiers égyptiens réprimaient des citoyens vénézuéliens ?

 

 

Rien n´arrête le cynisme de l´opposition. Les morts du conflit syrien sont transférés au Venezuela dans la ville de Maracay

 

 

Même le pauvre Loukanikos, icône animale de la révolte grecque, n´est pas épargné. Que fait la SPA ?



Le camp bolivarien doit donc une fois de plus faire face aux tentatives de déstabilisation de la contrerévolution au moment précis où le gouvernement prend des mesures radicales pour lutter contre la guerre économique et contre l´insécurité.

Même si le Peuple, l´armée et la police défendent les institutions démocratiques, la vigilance est de mise. Face à la désinformation des entreprises privées de communication, la solidarité internationale est plus que jamais de vigueur afin de déjouer la propagande médiatique contre la Révolution Bolivarienne. A un an de la disparition physique du Comandante Chávez, son Peuple est bien décidé à perpétuer son héritage révolutionnaire.



Notes:

 (1) Voir Romain Migus, El programa de la MUD, Caracas, ed. Barrio Alerta, 2012, disponible sur http://albaciudad.org/wp/wp-content/uploads/2012/09/libro_el_programa_de_la_mud.pdf

  (2) Élections présidentielles du 7 octobre 2012 et du 13 avril 2013, élections régionales du 16 décembre 2012, élections municipales du 8 décembre 2013 (91% des états régionaux et 75% des mairies gagnés par le chavisme).

  (3) La guerre économique et les réponses gouvernementales ne sont pas le sujet de cet article. Mais il est indéniable que la spéculation contre le bolívar, les ruptures de stock organisées,  et la contrebande de produits de première nécessité vers la Colombie ont des conséquences immédiates sur la vie quotidienne. Pour un approfondissement de ce sujet, voir jacques Sapir, « La situation économique au Venezuela », Russeurope, 17/02/2014, http://russeurope.hypotheses.org/2001

  (4) Voir “¡LaSalida es la calle! ¡#LaSalida es la calle!”, Youtube, 25/01/2014, http://www.youtube.com/watch?v=MZBiTc6Z4Os (traduction de l´auteur).

  (5) Voir “Protestas en Venezuela, 2 de Feberero de 2014 #LaSalida“, Youtube, 03/02/2014, http://www.youtube.com/watch?v=hyh3AEf5JDA (traduction de l´auteur).

  (6) Ibid.

  (7) Voir “Leopoldo López El 12F vamos a la calle con la consigna justicia y cárcel para los corruptos“, Youtube, 09/02/2014, http://www.youtube.com/watch?v=f9X67Jvw5Lk (traduction de l´auteur).

  (8) Pour être plus précis nous soulignons que les forces de police utilisent des bombes lacrymogènes et des cartouches de gros sel, et un usage très limité de la force si l´on compare avec la répression des manifestations dans les pays européens.

  (9) Testimonio de una periodista de El Universal: "Leopoldo no tuvo bolas. Le agarró la mano a su esposa, se fue y dejó a los carajitos alborotados", Aporrea, 13/02/2014. http://www.aporrea.org/oposicion/n245131.html

  (10) “Vandalismo en Chacao: Ramón Muchacho se pregunta ¿quién asume la responsabilidad?”, Noticias24, 12/02/2014

http://www.noticias24.com/venezuela/noticia/222431/vandalismo-en-chacao-ramon-muchacho-se-pregunta-quien-asume-la-responsabilidad/

(11) “Capriles condena violencia en marcha estudiantil, Prensa Primero Justicia, 12/02/2014, http://www.primerojusticia.org.ve/cms/index.php?option=com_flexicontent&view=item&cid=158:en-la-prensa&id=13853:capriles-condena-violencia-en-marcha-estudiantil&Itemid=500

  (12) Voir “Fallecidos el 12F fueron con la misma arma de fuego”, YVKE Mondial, 14/02/2014, http://www.radiomundial.com.ve/article/fallecidos-el-12-f-fueron-asesinados-con-la-misma-arma . Sur les assassinats similaires pendant le coup d´Etat d´avril 2002, voir l´excellent documentaire de Angel Palacios, “Puente llaguno: clave de una massacre”, http://www.youtube.com/watch?v=fkrAI72ct-I

  (13) “Capriles llama a movilizaciones contra la violencia y el paramilitarismo”, El Universal, 16/02/2014,  http://www.eluniversal.com/nacional-y-politica/140216/capriles-llama-a-movilizacion-contra-la-violencia-y-el-paramilitarismo

  (14) Voir Romain Migus, “Nuit de cristal au Venezuela”, Venezuela en Vivo, 17/04/2013,  http://www.romainmigus.com/2013/06/nuit-de-cristal-au-venezuela.html

  (15) “Venezuela rechaza declaraciones de secretario estadounidense John Kerry”, Telesur, 16/02/2014,  http://www.telesurtv.net/articulos/2014/02/16/venezuela-rechaza-declaraciones-de-secretario-estadounidense-john-kerry-2982.html

  (16) “Funcionarios norteamericanos tienen 48 horas para salir de Venezuela”, Noticias24, 16/02/2014,   http://www.noticias24.com/venezuela/noticia/222622/elias-jaua-funcionarios-norteamericanos-tienen-48-horas-para-salir-de-venezuela/

  (17) “Venezuela: quinto país del mundo que más usa el twitter”. Ciudad CCS, 29/05/11, http://www.ciudadccs.info/?p=176192

  (18) Telesur a réalisé une compilation de ces montages médiatiques. Voir: https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10151869482281179.1073741986.186321186178&type=1

 

Romain Migus
Sociologue, journaliste, installé au Venezuela depuis 2005. Auteur de nombreux articles sur la Révolución bolivarienne et la guerre médiatique ainsi que trois ouvrages en español, disponible sur ce site en pdf: La Telaraña imperial (avec Eva Golinger, Monte Avila, 2008), El programa de la MUD (Barrio Alerta, 2012), El imperio contraataca (Fondo editorial Wilian Lara, 2013).
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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 10:27

espritcors@ire
observatoire de la défense et de la sécurité

 

Le viol de l’Ukraine

 

 

Le 7 février, la sous-secrétaire d’Etat aux affaires européennes et eurasiatiques de l’administration Obama, Victoria Nuland a défrayé la chronique après la publication sur You Tube d’une conversation téléphonique entre elle et l’ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine, Geoffrey Pyatt, dans laquelle l’intéressée émet des recommandations sur la formation du futur gouvernement de l’Ukraine.

 

Dans cette conversation elle décrit l’ancien ministre de l’économie Arseni Iatseniouk (qu’elle appelle Yat) comme le mec qui a l’expérience économique et celle de la gouvernance” (the guy with the economic experience, the governing experience) qui devrait être le premier ministre. Elle suggère qu’il devrait accepter d’être premier ministre comme l’a proposé le 25 janvier le président Viktor Ianoukovitch. Selon elle l’ancien boxeur Klitschko (Klitch dans son vocabulaire) devrait rester à l’extérieur (on the outside”) ainsi que Oleg Tiagnibog, chef du parti d’extrême droite Svoboda, les trois constituant selon elle un trio crucial qu’elle appelle the big three.

 

Cet entretien piraté a nourri divers commentaires, notamment en Allemagne, parce que Nuland y propose en des termes peu amènes (« Fuck the EU ») d’exclure l’Union européenne de la vaste réorganisation politique dont elle se croit l’organisatrice, et recommande que ce soit plutôt l’émissaire de l’ONU Robert Serry qui persuade Klitschko de rester hors du gouvernement (Klitschko était en effet souvent présenté comme l’homme de l’Union européenne et de l’Allemagne où il est résidant).

 

Devant la levée de boucliers provoquée par son « Fuck the Europe », Nuland s’est excusée pour son vocabulaire, ce qui revenait à confirmer l’authenticité de l’enregistrement, mais n’a pas émis de regret sur le fait d’avoir véritablement cherchée à « téléguider » la composition du futur gouvernement ukrainien.

 

En France, la directrice de la rédaction de l’ancien journal de référence « Le Monde », Sylvie Kauffmann, dans un article titré « Les cinq leçons du "fuck the EU !" d'une diplomate américaine », est montée au créneau le 9 février pour minimiser la gravité des propos de Victoria Nuland, en reconnaissant qu’il y avait là « une étonnante maladresse, voire arrogance, dans la méthode » (sic) mais en dénonçant surtout l’utilisation des « vieilles ficelles du KGB » par le gouvernement russe accusé d’avoir publié la conversation.

Etrangement d’ailleurs, la journaliste ne trouve pas la responsable américaine arrogante dans l’absolu, mais « compte tenu des échecs américains à installer des équipes au pouvoir dans des pays étrangers depuis dix ans ». On retrouve là un message subliminal très répandu dans l’esprit des atlantistes en France et déjà très visible au lendemain de l’invasion de l’Irak : on approuverait plus aisément la prétention des Etats-Unis à façonner le monde conformément à leurs intérêts si ceux-ci se montraient un peu plus efficaces dans leur politique d’ingérence…

 

L’agacement de Sylvie Kauffmann se comprend. Les propos de Victoria Nuland apportent de l’eau au moulin de la thèse du gouvernement russe (et de divers cadres du parti des régions au pouvoir en Ukraine) selon laquelle les manifestations qui ont lieu en Ukraine depuis le refus de Kiev de signer un accord d’association avec l’Union européenne seraient un acte 2 de la « révolution orange » de 2004, impliquant le gouvernement américain et les oligarques. Sergeï Glaziev, conseiller du président Poutine, a accusé les Etats-Unis d’investir 22 millions de dollars par semaine dans le soutien aux manifestants, une accusation pour l’heure assez difficilement vérifiable et qui n’a donné lieu à la publication d’aucun rapport circonstancié – mais les coulisses des précédentes « révolutions de couleur » n’avaient été connues qu’après coup, et encore d’une manière fort incomplète.

 

Pour l’heure en tout cas, malgré les appels des chantres habituels de l'ingérence (A. Glucksman, A. Finkelkraut, A. Besançon) à la mobilisation pour l’Ukraine (dans « Le Monde » du 21 janvier), les plans de l’administration Obama semblent avoir échoué. Arseni Iatseniouk a refusé le poste de premier ministre, et le président Ianoukovitch joue plutôt intelligemment la carte de la temporisation et de l’apaisement, face à une opposition au sein de laquelle l’extrême droite anti-sémite (Svoboda, Pravyi Sektor), qui s’est emparée de sièges d’administrations dans l’Ouest du pays, assume un rôle de plus en plus actif, dans le silence assourdissant de ses partenaires et de l’Occident.

Mais le risque de guerre civile perdure, pour la plus grande inquiétude notamment des milieux d’affaire allemands… et du gouvernement de Mme Merkel, qui pourrait bien trouver dans l’affaire ukrainienne, comme sur la Libye et la Syrie, un nouveau point de désaccord avec ses bouillants alliés de l’Alliance atlantique…


Par Frédéric Delorca
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