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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 15:28

Après les différentes informations sur les propos guerriers de I.Timochenko, nous publions ces deux articles, uniquement empruntés à la presse consensuelle nationale.  De quoi réfléchir.  Nous sommes passés, sans que l'Occident s'en offusque, du règne d'une oligarchie à une autre... Et très inquiétant, les propos guerriers de la dame.  On attend que Fabius et Dame Ashton condamnent.  En attendant elle se présente aux présidentielles contre un autre oligarque milliardaire.  Ceux qui se sont soulevés contre la corruption du précédent régime apprécieront.

Pendant ce temps les mouvements d'extrême-droite sont en embuscade. Le fasciste Dmitri Iaroch, chef de "Pravyi Sektor" créé au début du mouvement de Maïdan, annonce sa candidature à l'élection présidentielle du 25 mai. "Pravyi Sektor" est connu pour ses parades militaires, ses coups de main contre les forces de police, les monuments et bâtiments officiels et dès le 1er décembre l'occupation de la Maison des syndicats.

Le parti "Svoboda"a plusieurs longueurs d'avance sur "Pravyi Sektor".  Plus ancien que le précédent, c'est un parti d'extrême-droite qui cultive l'anticommunisme et l'antisémitisme. Il est représenté au gouvernement.  C'est un de ceux qui avait mis le feu aux poudres en réclamant et en obtenant l'abrogation par le parlement ukrainien de la loi sur les bases de la politique linguistique d'Etat, qui accordait au russe le statut de langue régionale. Sa rupture récente avec le FN n'est pas idéologique, mais due au soutien du FN au référendum en Crimée. Le 18 mars, l'un de ses députés, Igor Mirochnitchenko, avec plusieurs collègues, s'est signalé en menaçant physiquement le directeur de la première chaîne publique, exigeant sa démission écrite. Svoboda aussi se prépare pour les présidentielles.

Le Parti communiste ukrainien présente  Petro Simoneko, son premier secrétaire.  Face aux oligarques et aux fascistes, il aura une tâche difficile. ( sources : El Diablo, çanempechepasnicolas, LeMonde.fr, Le Figaro.fr ...).

 

Publié sur Le Point.fr le 27 02 2014

 

Dès 1997, la justice suisse est alertée par d'étranges mouvements de fonds diligentés par Ioulia Timochenko, la future égérie de la révolution Orange.

 

Ioula Timochenko place de l'Indépendance le 22 février 2014. Ioula Timochenko place de l'Indépendance le 22 février 2014. © Efrem Lukatsky / Sipa

 

 

Diplômée d'économie de la faculté de Dnipropetrovsk (la troisième ville d'Ukraine), Ioulia Timochenko n'a pas mis longtemps à assimiler toutes les subtilités de la finance internationale. Un an après l'indépendance du pays, elle crée à Chypre, le 8 octobre 1992, la société Somolli Enterprises, qui va rapidement accueillir 140 millions de dollars.

La manne provient de United Energy Systems of Ukraine, une compagnie justement dirigée par Ioulia Timochenko qui achète du gaz à la Russie et le distribue dans la région de Dnipropetrovsk. Elle a été placée à ce poste stratégique par Pavel Lazarenko, ministre de l'Énergie, puis Premier ministre de l'Ukraine en 1996-1997. "Dans les demandes d'entraide judiciaire envoyées dès mars 1997 par Kiev à Berne, elle est même présentée comme sa maîtresse", se souvient un magistrat suisse.

Arrêtée avec un passeport panaméen

Ioulia Timochenko, la trentaine, est alors brune, sans ses tresses typiques. "Elle a été relookée depuis par des conseillers occidentaux, sans doute des Américains, pour jouer les paysannes ukrainiennes", constate Emilia Nazarenko, correspondante à Genève du quotidien ukrainien Den. Avant de devenir l'égérie de la révolution Orange, Ioulia Timochenko penchait davantage pour le grand voisin russe.

Quant à Pavel Lazarenko, soupçonné de détournements de fonds, il préfère prendre la fuite. En décembre 1998, il est arrêté à Bâle (Suisse) en possession d'un passeport... panaméen. Le juge d'instruction genevois Laurent Kasper-Ansermet, en charge du dossier, est contraint de jouer au Petit Poucet pour tenter de localiser les fonds détournés. L'argent part de Chypre vers quatre cantons suisses, Fribourg, Genève, Vaud et Zurich.

9 ans de prison pour blanchiment

L'un des comptes bancaires concernés a été utilisé pour plus de 2 500 opérations ! Les millions se dispersent ensuite en direction de la Pologne, des États-Unis et de la petite île d'Antigua, dans les Caraïbes. Finalement, Pavel Lazarenko devient en 2000 le premier homme politique condamné en Suisse pour "blanchiment" ! Arrêté ensuite aux États-Unis, l'ancien Premier ministre écope de 9 ans de prison en 2006 en Californie, également pour "blanchiment". Au départ, Ioulia Timochenko apparaît dans la procédure américaine comme "co-conspiratrice", mais, fort curieusement, elle est ensuite blanchie.

Il est vrai qu'entre-temps en Ukraine, à la tête du Bloc Ioulia Timochenko - une coalition de partis de centre droit -, elle est devenue l'égérie de la révolution Orange, considérée comme pro-occidentale. Les Occidentaux vont se mobiliser quand le régime de Viktor Ianoukovitch, vainqueur de l'élection présidentielle de 2010, la jette en prison et la condamne à sept ans de détention. "Mais la libération de Timochenko ne doit pas faire illusion. Elle reste toujours très contestée. Fort peu d'Ukrainiens voteraient aujourd'hui pour elle", assure la journaliste Emilia Nazarenko.

Les ennuis de La princesse du gaz, pour reprendre le titre du livre du journaliste allemand Frank Schumann, paru en 2013, ne sont pas pour autant terminés. Un cabinet d'avocats londonien mène actuellement des investigations, notamment en Suisse et aux États-Unis, pour retrouver les centaines de millions de dollars qu'aurait cachés Ioulia Timochenko.

 

Dans le Figaro.fr, cet article à propos des enregistrements téléphoniques de I.Timochenko. Ce que nous avons souligné en bleu n'est pas contesté par Timochenko..

Polémique autour des propos de Timochenko

L'ex-opposante ukrainienne Ioulia Timochenko a dénoncé aujourd'hui la diffusion sur internet d'un enregistrement de ses propos au téléphone, et une manipulation qui selon elle en a renforcé la tonalité déjà fortement anti-russe.

Elle a accusé, sur son compte Twitter, les services spéciaux russes, le FSB, de cette manipulation, dont la réalité est extrêmement difficile à vérifier. L'ancien Premier ministre, aujourd'hui dirigeante du parti Batkivchtchina, a répondu ainsi à la diffusion sur l'internet d'une conversation de deux minutes avec un proche, le député du Parti des régions Nestor Choufritch.

Selon cet enregistrement, Timochenko se dit d'abord "prête à prendre une mitraillette et tirer une balle dans la tête à ce salaud", visant apparemment le président Vladimir Poutine. Mais le passage qui, selon elle, a été manipulé, est celui où elle se propose d'utiliser l'arme nucléaire contre les Russes d'Ukraine:
- "Qu'allons nous faire des huit millions de Russes qui restent sur le territoire de l'Ukraine ? Ce sont des pestiférés", se demande Choufritch.
- "Putain, il faut les fusiller avec des armes nucléaires", répond Timochenko, selon l'enregistrement.

"Cette conversation a bien eu lieu, a-t-elle admis sur son compte Twitter mais la partie sur les huit millions de Russes en Ukraine, c'est un montage."  "En fait, ajoute-t-elle, j'ai dit 'les Russes en Ukraine, ce sont des Ukrainiens.' Bonjour le FSB. Excusez les gros mots."
Dans une partie de la conversation dont elle ne conteste pas l'authenticité, Timochenko dit qu'elle va "utiliser tous ses contacts, soulever le monde entier, pour qu'il ne reste de la Russie pas même un champ brûlé".


 

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 15:04

Ukraine : Ioulia Timochenko : “Il est temps de prendre nos armes et d’aller tuer ces maudits russes ainsi que leur leader”

D'après

Le Blog d'Olivier Berruyer

25
Mar
2014

parisien-24-03



Qui est Ioulia Timochenko ?

C’est l’espèce de princesse Leia que vous avez sûrement vu une fois, blonde est actuellement en fauteuil roulant (pour hernie discale pas soignée). Petit résumé du parcours…

Diplômée d’économie de la faculté de Dnipropetrovsk (la troisième ville d’Ukraine), Ioulia Timochenko n’a pas mis longtemps à assimiler toutes les subtilités de la finance internationale. Un an après l’indépendance du pays, elle crée à Chypre, le 8 octobre 1992, la société Somolli Enterprises, qui va rapidement accueillir 140 millions de dollars.

La manne provient de United Energy Systems of Ukraine, une compagnie justement dirigée par Ioulia Timochenko qui achète du gaz à la Russie et le distribue dans la région de Dnipropetrovsk. Elle a été placée à ce poste stratégique par Pavel Lazarenko, ministre de l’Énergie, puis Premier ministre de l’Ukraine en 1996-1997.


Lazarenko et Timochenko

Ioulia Timochenko, la trentaine, est alors brune, sans ses tresses typiques.

“Elle a été relookée depuis par des conseillers occidentaux, sans doute des Américains, pour jouer les paysannes ukrainiennes”, constate Emilia Nazarenko, correspondante à Genève du quotidien ukrainien Den. Avant de devenir l’égérie de la révolution Orange, Ioulia Timochenko penchait davantage pour le grand voisin russe.

Quant à Pavel Lazarenko, soupçonné de détournements de fonds, en raison d’une réforme dont le principal bénéficiaire (près de 4 milliards de dollars) fut sa compagnie et celle de Timochenko, il préfère prendre la fuite. En décembre 1998, il est arrêté à Bâle (Suisse) en possession d’un passeport… panaméen. Le juge d’instruction genevois Laurent Kasper-Ansermet, en charge du dossier, est contraint de jouer au Petit Poucet pour tenter de localiser les fonds détournés. L’argent part de Chypre vers quatre cantons suisses, Fribourg, Genève, Vaud et Zurich.

L’un des comptes bancaires concernés a été utilisé pour plus de 2 500 opérations ! Les millions se dispersent ensuite en direction de la Pologne, des États-Unis et de la petite île d’Antigua, dans les Caraïbes. Finalement, Pavel Lazarenko devient en 2000 le premier homme politique condamné en Suisse pour “blanchiment” ! Arrêté ensuite aux États-Unis, l’ancien Premier ministre écope de 9 ans de prison en 2006 en Californie, également pour “blanchiment” et “extorsion”. Au départ, Ioulia Timochenko apparaît dans la procédure américaine comme “co-conspiratrice”, mais, fort curieusement, elle est ensuite blanchie.

En 1996, l’ambitieuse femme d’affaires, qui est devenue l’un des premières fortunes d’Ukraine, se lance en politique, fonde bientôt son parti “La Patrie”, qui sera le socle au Parlement de la coalition qu’elle baptisera modestement “le Bloc Timochenko” – une coalition de partis de centre droit. Avec ses robes moulantes, ses mini-jupes et ses talons aiguilles, elle fait sensation dans un monde politique d’hommes en costumes sombres. Rompue aux techniques modernes de communication comme aux bonnes vielles méthodes de la corruption, elle connait une rapide ascension.

En 1999, elle devient ministre de l’énergie du président Léonid Koutchma, qui, assailli de toutes parts notamment pour corruption, finira dans les bras de Moscou après avoir fait des œillades à l’Ouest. Elle est congédiée en 2001 par Koutchma en raison de ses ambitions et de son succès, car elle a réussi à reformer le très stratégique secteur énergétique, selon ses partisans. Et parce que l’on a découvert de graves fraudes, selon ses détracteurs.

Accusée de “contrebande et de falsification de documents” pour avoir importé frauduleusement du gaz russe en 1996, lorsqu’elle était présidente des Systèmes énergétiques unis d’Ukraine, elle est arrêtée et, déjà, emprisonné, 42 jours. Lorsque la fortune politique lui sourira de nouveau, les charges seront abandonnées.

Rejetée par le système, cette femme pourtant originaire de Dnipropetrovsk, une ville russophone et russifié du sud de l’Ukraine, se lance alors à corps perdu dans l’opposition “nationaliste”, avec la même détermination qu’elle a mis à construire son empire gazier. L’oligarque enrichie dans des conditions douteuses, au féroce appétit de pouvoir et d’argent, compense son manque de légitimité populaire par un vibrant populisme.

Avec sa fortune, elle sait aussi acheter des fidélités. Lors de la révolution orange de 2004 qui prive (déjà…) Viktor Ianoukovitch de sa victoire au deuxième tour de la présidentielle, elle est aux avant-postes, enflamme les foules par ses discours radicaux et bien balancé. Elle est belle, charismatique, énergique, bonne oratrice et courageuse. La paysanne glamour s’est mué en “Dame de fer”.

Elle devient “la Timochenka”. Nommée premier ministre après la révolution orange, “l’ingénieur-économiste” mais de type post-soviétique gère le pays de façon assez désastreuse, menant à la large victoire-revanche de Viktor Ianoukovitch en 2010 dans un pays exsangue.

A en croire les télégrammes de l’ambassade américaine à Kiev, révélés par Wikileaks, son bilan se résume alors en ces termes : paralysie politique, gabegie, économie étouffée par la corruption. La guerre intestine pour le pouvoir avec le président Ioutchenko, l’autre “héros” de la révolution orange, paralyse alors toute réforme.

La corruption fait des ravages, le pays s’endette, la production décline. Les partisans des réformes sont écartés. Comme souvent, Ioulia Timochenko joue double jeu: elle est soutenue en sous-main par les oligarques qu’elle qualifie publiquement de “cancer”. Assoiffée de pouvoir, elle veut tout contrôler mais, à en croire le télégramme de l’ambassade US, “manque de compréhension élémentaire des fondamentaux de l’économie.”

Ses compétences sont gravement mises en causes. Son ascension, sa fortune et celle de son parti doivent beaucoup aux sombres manœuvres plus frauduleuses qui sont le quotidien de la transition post-soviétique.

A la présidentielle de 2010, elle échoue loin derrière Viktor Ianoukovitch.

 

On note au passage l’incroyable déchirement du pays, un candidat faisant 90 % à un bout du pays, et 10 % à l’autre !

C’est la vendetta. En 2011, elle est jugé et condamnée à sept ans de prison pour “abus de pouvoir”, pour avoir signé comme premier ministre en 2009 un contrat gazier très avantageux pour la Russie.

Accusé d’être pro-russe et corrompu, Ianoukovitch se venge et neutralise son adversaire en l’accusant d’avoir vendu le pays à Moscou. Certains analystes estiment qu’en fait Ianoukovitch, qui passe, à tort, pour un pro-russe sans nuance, a aussi voulu se venger de la lune de miel entre Ioulia Timochenko et Vladimir Poutine.

Car pour la présidentielle de 2010, le Kremlin aurait en fait soutenu Timochenko contre son poulain naturel Ianoukovitch. Comme souvent chez les politiciens ukrainiens ballotés au gré de la crise entre les brutales pressions russes et les promesses d’Européens velléitaires, tout se joue à front renversé.

La “pro-européenne” Timochenko déclare alors que la Russie est un “partenaire stratégique”, tandis que le “pro-russe” Ianoukovitch se prononce désormais pour une adhésion à l’Union européenne… Sous la pression de la Russie, qui n’a pas hésité à couper le gaz en plein hiver, la dame aux tresses, “pro-occidentale” mais qui a fait fortune avec la Russie, a commencé à balancer vers l’Est pour garder le pouvoir.

C’est d’ailleurs à ce moment là que la première ministre ukrainienne a vu les poursuites et le mandat d’arrêt international lancés à son encontre par les autorités russes pour corruption, classés sans suite. Quand il le faut, le “Dame de fer” ukrainienne sait aussi plier.

Les Occidentaux vont se mobiliser pour la faire sortir de prison, mais elle attendra EuroMaidan. Cependant sa libération ne doit pas faire illusion. Elle reste toujours très contestée. Fort peu d’Ukrainiens voteraient aujourd’hui pour elle”, assure la journaliste Emilia Nazarenko.

Les ennuis de La princesse du gaz, pour reprendre le titre du livre du journaliste allemand Frank Schumann, paru en 2013, ne sont pas pour autant terminés. Un cabinet d’avocats londonien mène actuellement des investigations, notamment en Suisse et aux États-Unis, pour retrouver les centaines de millions de dollars qu’aurait cachés Ioulia Timochenko.


Tymochenko et Thatcher

Je dis ça, je dis rien…

Le 14 décembre 2010, Ioulia Tymochenko est assignée à résidence dans le cadre d’une « enquête pour abus de pouvoir aggravé » et a interdiction de quitter Kiev. Elle est accusée de mauvaise gestion des fonds publics : 2,3 milliards de hryvnias (environ 200 M€), issus de la vente de quotas d’émission de CO2 en 2009, auraient été utilisés pour financer le système de retraites.

Son procès pour abus de pouvoir lors de la signature d’un accord gazier avec la Russie jugé préjudiciable à l’Ukraine s’ouvre le 24 juin 2011. Le 11 octobre, elle est condamnée à sept ans de prison ferme.


 

Dans les jours qui suivent sa condamnation pour abus de pouvoir, quatre nouvelles enquêtes criminelles sont ouvertes contre Ioulia Tymochneko pour des délits financiers. Elle est inculpée pour tentative de détournement de 405 millions de dollars, puis à nouveau le 10 novembre pour dissimulation de revenus en devises à hauteur de plus 165 millions de dollars (soit 121 millions d’euros), détournement de fonds budgétaires, et évasion fiscale à hauteur de 47 millions de hryvnias (soit 4,3 millions d’euros). Les faits allégués concernent les activités de son entreprise de distribution de gaz Systèmes énergétiques unis d’Ukraine (uk) entre 1996 et 1998. Ces enquêtes avaient été ouvertes au début des années 2000 et abandonnées en 2005. Elle est formellement arrêtée dans sa cellule de prison le 8 décembre 2011.

En avril 2012, un procès est ouvert pour détournement de fonds publics et fraude fiscale. Elle encourt douze années de prison et l’obligation de rembourser 19,5 millions de hryvnias. L’accusée n’est pas présente lors de l’audience préliminaire en raison de son état de santé. L’Union européenne et les États-Unis contestent un procès qui est selon eux organisé pour des raisons politiques. Le procès est suspendu le 28 avril, le juge estimant qu’il est impossible de juger Ioulia Tymochenko en son absence. Sa reprise est plusieurs fois reportée en raison de l’hospitalisation de la prévenue.

En raison de l’absence de corps du délit, l’affaire des spéculations financières au sein du groupe Systèmes énergétiques unis d’Ukraine est close le 28 février 2014 par un tribunal de Kiev.

 

 

En juin 2012, le parquet de Kiev annonce que Ioulia Tymochenko va être inculpée pour le meurtre du député Evgueni Chtcherban en 1996, sa femme et deux autres personnes, à l’époque où Lazarenko et Timochenko construisaient un système de monopole de l’importation du gaz. Selon le procureur adjoint Renat Kouzmine, la société de la victime était en concurrence avec les Systèmes énergétiques unis d’Ukraine (uk) que dirigeait la prévenue, et il existe suffisamment de preuves pour l’inculper.  Ces allégations sont soutenues par Ruslan, le fils de M. Shcherban, qui a survécu à l’assassinat de ses parents. Dans une conférence de presse, il a déclaré avoir remis des documents au bureau du procureur général impliquant les deux anciens premiers ministres (Lazarenko et Timochenko) dans les meurtres.

La complicité de Timochenko est aussi envisagée dans deux autres assassinats: l’homme d’affaires Alexander Momot (tué en 1996, quelques mois avant Shcherban) et l’ancien gouverneur de la Banque nationale d’Ukraine, Vadym Hetman (tué en 1998)

Le samedi 22 février 2014, à 12h08, Tourtchinov, le bras droit de Timochenko, est élu président du Parlement ukrainien. Trente minutes plus tard, comme s’il s’agissait de l’affaire la plus urgente à régler dans un pays en pleine insurrection, le parlement vote la libération « immédiate » de Timochenko – mais qui aurait dû être ratifié par le président Viktor Ianoukovytch. À titre de comparaison, ce n’est qu’à 16h19 que ce même parlement votera la destitution de Ianoukovytch

Quelques heures après sa libération, elle refuse de retrouver les fonctions de Premier ministre. Poste qui sera confié à un autre de ses proches Arrseni Iatseniouk…

En 2012, la Ligue Anti-diffamation (ADL), une des principales organisations juives américaines, a dénoncé l’alliance parlementaire signée par Yulia Tymoshenko avec le parti d’extrême-droite Svoboda, bien connu pour ses prises de positions antisémites et antisionistes.

Le président de l’ADL, Abraham H. Foxman, a à l’époque critiqué le cynisme politique de Timochenko, qui en toute connaissance de cause du discours antisémite du Svoboda, a légitimé par cette alliance ce parti d’extrême-droite.

Svoboda, le parti national-socialiste d’Ukraine, fondé en 1991, s’est réinventé une identité en 2004, abandonnant son iconographie nazie dans l’espoir de paraître plus modéré. Toutefois, son discours antisémite et antisioniste reste un pilier majeur de sa politiuqe. Le parti est mené par Oleh Tyahnybok qui affirme régulièrement qu’« une mafia juive moscovite » dirige l’Ukraine.

En 2013, le parti Batkivshchyna (Patrie) de Yulia Timochenko, l’UDAR, le parti du boxeur Vitaly Klitschko et Svoboda se sont associés, entre autre, contre un projet de loi présenté par le Parti des régions (PdR) du président déchu Viktor Ianoukovitch, visant à interdire « les discours haineux et les expressions dégradantes ». Ce projet de loi visait à prohiber des mots très insultants comme « youpin », « sale juif » (zhid en ukrainien) et « Russkof » qui ont la faveur des partisans de Svoboda.

À de nombreuses reprises, Viktor Ianoukovitch a demandé au parti Batkivshchina de Timochenko et à l’UDAR de se dissocier publiquement de Svoboda. En vain.

Eric Hazan – © Le Monde Juif .info

Le leak du 24 mars

Merci à Kikegaard pour la traduction sur son blog, je reprends sa belle introduction :

Dans une conversation fuitée publiée aujourd’hui, Ioulia Timochenko exprime sa rage la plus profonde contre la Russie en des termes qui rendent plus que rassurant son éloignement actuel des instances dirigeantes de l’Ukraine…

La conversation, probablement révélée par les mêmes personnes ayant révélé la teneur des discussions de Victoria Nuland ou de Catherine Ashton, a été authentifiée par l’intéressée elle même dans un tweet dans lequel elle fait “coucou au FSB” (en souriant) et où elle conteste une phrase (j’y reviendrai). La discussion aurait eu lieu le 18 mars, le jour du discours de Vladimir Poutine après la proclamation des résultats du référendum en Crimée. Le dialogue se tient avec le député du Parti des Régions Nestor Shufrych (qui n’a pas fait quitté le groupe parlementaire). Certains ukrainiens risquent de ne pas aimer qu’il se présente comme étant “plus qu’un allié” pour Timochenko…
 

 

Traduction de la conversation :

Nestor Shufrych : “Concernant tout ce dossier criméen, je te le dis, je suis juste sous le choc. Je parlais à une de nos connaissance aujourd’hui, et il était en larmes. J’ai demandé, qu’est ce que nous allons faire maintenant ?

Ioulia Timochenko : Je suis prête à m’emparer d’une mitrailleuse et tirer une balle dans la tête de ses fils de p**** [le terme utilisé est "Katsaps"]

N. S. : Je lui ait parlé hier, si un conflit armé éclatait moi et mon frère ainé, en tant qu’officiers de réserve, nous prendrons nos armes et irons défendre notre pays.

I.T : Cela dépasse vraiment toutes les limites. Il est temps de prendre nos armes et d’aller tuer ces maudits russes ainsi que leur leader. (N.S. manifeste son accord). Je regrette de ne pas être la actuellement et de n’avoir pas été en charge du processus. Il n’y aurait eu aucune putain de manière pour qu’ils obtiennent la Crimée.

N.S : J’y pensais également en réalité. Si tu avais été là cela ne serait pas arrivé. Mais de toute manière, nous n’avions aucune force potentielle. Tu sais, la chose la plus offensante c’était ça.

I.T : J’aurai trouvé un moyen de tuer ces connards. J’espère que je serai capable de d’impliquer toutes mes relations. Et j’utiliserai tous mes moyens pour faire se soulever le monde entier afin qu’il n’y ait même plus un champ brulé en Russie.

N.S : Bon, je suis plus que ton simple allié ici. Aujourd’hui, nous avons eu une rencontre entre leaders des factions (parlementaires) dans la matinée, après laquelle j’ai parlé à Viktor (probablement Tourchinov). Il a demandé : “Que devrions nous faire maintenant avec les 8 millions de russes qui sont restés en Ukraine ? Ce sont des parias !”

I.T : Ils doivent être détruits avec des armes nucléaires [Cette phrase - et celle là seule est contestée par Timochenko qui y voit un montage]

N.S : Je ne vais pas te contredire ici, parce que ce qui s’est passé est absolument inacceptable. Mais il y a une autre option, certaines de leurs actions violent clairement le droit et nous avons à prendre des mesures à un niveau international.

I.T : Nous allons porter cela devant la Cour Pénale Internationale de La Haye.

Commentaires :

  •  
    • Ceux qui croyaient voir en Timochenko une personnalité capable de faire se rapprocher les positions russes et ukrainiennes se sont lourdement trompés.
    • Le langage employé, même dans une conversation privée, est particulièrement mal venu au vu des répercussions que la fuite de cette conversation pourra avoir chez les russes, qui seront d’autant plus soudés avec leurs leaders, ou les ukrainiens russophones.
    • Timochenko reconnait avoir tenue cette conversation. Mais elle nie avoir tenu la phrase : “Ils doivent être détruits avec des armes nucléaires” (en parlant des “russes d’Ukraine”, elle prétend avoir dit “Ils sont ukrainiens” (dans ce cas elle leur nierait toute spécificité ethnique ce qui est justement ce que les russophones reprochent aux leaders ukrainiens. Elle ment probablement au vu de la réponse fournie par son interlocuteur – pourquoi répondrait-il ainsi à une telle phrase – et du reste de la conversation. Après avoir affirmé qu’il ne resterait rien de la Russie, exterminer les russes ukrainiens avec des armes nucléaires n’aurait été qu’une injure de plus.

 

  • Mieux vaudrait y réfléchir à deux fois avant de réhabiliter Ioulia Timochenko.
  • Ses réseaux sont probablement assez actifs chez les responsables européens.
  • La référence à la CPI n’est pas isolée, le Parlement a voté une résolution pour que Ianoukovitch soit poursuivi (la portée en serait politique et symbolique). Mais bon, qui attaquer ? Poutine ? Les responsables militaires russes ? et pour quoi ? Pour avoir contribué indirectement à l’organisation d’un référendum en Crimée et avoir reconnu ses résultats après que des autorités locales contestées aient pris le pouvoir dans une période de troubles desquels ils ne résultent actuellement qu’un mort (c’est déjà trop) dans des circonstances non encore claires. Difficile de faire passer cela pour un crime de guerre ou un crime contre l’humanité. Même l’argument de la garantie donnée à l’UE de l’adhésion aux valeurs démocratiques ne tient pas…
  • Ces déclarations sont dans la lignée des déclarations toutes plus extravagantes les unes que les autres auxquelles est coutumières Timochenko ces derniers jours (“La Russie a perdu l’Ukraine pour toujours”, “La Russie veut s’emparer de toute l’Ukraine”, “L’Ukraine doit entrer dans l’OTAN au plus vite” etc…).
  • Timochenko est une politicienne totalement imprévisible… En une semaine, elle est citée comme probable pont entre Poutine et l’Europe et dénoncée comme “marionnette de Poutine” par la leader des Femen (qui n’est pas une source d’information fiable j’en conviens).
  • Timochenko a bien retourné sa veste depuis l’époque où la Russie avait proposé de l’accueuillir lorsqu’elle était emprisonnée ou lorsqu’elle serrait la main de Poutine après la signature des contrats gaziers qui l’ont conduit en prison en 2010 (de manière controversée).
  • L’influence de Timochenko sur diverses factions parlementaires n’est néanmoins plus à prouver. Le Premier Ministre et le Président par intérim sont de son parti (sur le site de son parti sur lequel est toujours mis en avant Timochenko plutôt que Touchinov ou Iatseniouk). Néanmoins sa popularité dans l’opinion stagne toujours…
  • Timochenko a l’air d’avoir tout intérêt à une escalade avec la Russie… Au vu des discours enflammés de certains leaders ukrainiens sur la place Maïdan ou dans les médias (relayés complaisamment pour des raisons géopolitiques par l’OTAN et les États-Unis) elle n’est probablement pas la seule.
  • Quelle incidence du retour de Timochenko à Kiev ?

Le mot de la fin

Laissons la parole à “cette grande européenne”- chacun jugera…

 

 

L’ex-Premier ministre de l’Ukraine, Ioulia Timochenko, estime dans un entretien à la presse allemande que le président russe Vladimir Poutine a voulu dire aux Occidentaux qu’il n’en avait rien à faire d’eux en signant un traité de rattachement de la Crimée à la Russie.

Avec son discours au ton très occidental mardi, il a envoyé le message suivant aux Occidentaux: “Je n’en ai absolument rien à faire de vous”, a-t-elle assuré au quotidien Bild, à paraître mercredi, selon des extraits diffusés mardi soir. La leader pro-occidental, soignée dans un hôpital de Berlin pour des hernies discales, a également dénoncé “la propagande fasciste” du dirigeant russe qui emploie des “méthodes de guerre” pour “détruire le monde”, selon elle. “Plus personne ne peut contester que cet homme a des problèmes psychiques”, a-t-elle ajouté.

Le président russe a signé un traité sur le rattachement de la Crimée à la Russie après un discours marqué par des élans de patriotisme et un ton très antioccidental. L’ancienne icône de la Révolution orange de 2004 en Ukraine a indirectement comparé ce rattachement à l’”Anschluss”, l’annexion de l’Autriche par Adolf Hitler en 1938. Le monde n’”avait plus entendu de discours comme celui prononcé par Poutine depuis 1938″, selon elle.

“Redessiner les cartes du monde par les guerres, les crimes de masse et le sang sont son ‘Mein Kampf’ à lui”, a-t-elle dénoncé en référence au pamphlet idéologique du dirigeant nazi. Elle a également suggéré que si les Ukrainiens étaient reconnaissants aux pays occidentaux pour leur “soutien moral”, ils avaient espéré plus et continuaient d’espérer plus.


Quelques mots sur l’auteur… Olivier Berruyer

Diplômé de l’Institut de Science Financière et d’Assurances et de l’EM-Lyon, parisien, il est membre du Conseil d’administration de l’Institut des Actuaires, qui représente cette profession de référence en termes de gestion du risque dans la finance et l’assurance.  En tant qu’actuaire, il bénéficie ainsi d’un point de vue privilégié pour analyser le basculement de notre société dans le financiarisme et la gestion à très court terme. Et plus encore leurs conséquences…



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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 16:04

Quelques informations à propos de la manifestation du 31 mars pour soutenir les syndicalistes havrais.  A leur tour les Goodyear sont à nouveau poursuivis.  C'est de l'acharnement judiciaire.  C'est une guerre de classe.  Ce sont les plus combatifs de nos camarades qui sont visés.  Le pouvoir socialiste n'a-t-il donc rien compris à la colère des ouvriers et des salariés les plus touchés par la crise et sa politique d'austérité ?  Ou a-t-il définitivement choisi le camp des patrons et de ses soutiens ?  Et va-t-il se réjouir avec Warren Buffet, le milliardaire américain, qui se félicitait : "Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n'avons jamais été aussi prospères. C'est une guerre de classes, et c'est ma classe qui est en train de gagner".

Ceux qui viendront soutenir les syndicalistes havrais viendront exiger que les syndicalistes ne soient pas traités comme des criminels.  Ils réclameront au gouvernement la justice sociale quand les patrons, grâce aux avocats et conseillers juridiques qu'ils paient à prix d'or, grâce au manque criant de contrôles fiscaux et d'inspecteurs du travail, grâce aux suppressions de nombreux tribunaux des prud'hommes, échappent le plus souvent aux condamnations qu'ils méritent. 

 

Nous reproduisons ci-dessous les textes de la CGT et de l'appel unitaire.

 

 

lehavunitaire

 

lehav310314

 

Sans titre

lehav31032

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 15:50

barack-obama-et-francois-hollande-portent-un-toast-lors-du.jpeg 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La visite de François Hollande aux Etats-unis en février marquait, au-delà des échanges d'amabilités, l'affirmation d'une convergence totale de vues sur une politique étrangère impérialiste. Rien de surprenant si on lit des documents secrets publiés par Wikileaks.

 

Rien de top secret dans les deux dépêches publiées par l'ambassade américaine et révélées par Wikileaks, deux rapports à un an d'intervalle – juillet 2005, juin 2006 – dans la foulée du « Non » à la Constitution européenne de 2005, dans la préparation des présidentielles de 2007.

 

L'ambassadeur américain décrit la prestation de François Hollande, le 30 juin 2005, comme impressionnante, son analyse « raisonnée et éclairante ».

 

Qu'a dit François Hollande lors de ces rencontres ? Il évoque ses manœuvres de politicien roué au sein du PS, ses prédictions plutôt justes sur l'issue des primaires puis des présidentielles, le besoin de « changement » et de difficiles « réformes » du pays (déjà!), enfin, surtout, son adhésion pleine et entière à l'intégration européenne, ainsi que sa foi dans l'avenir de la relation atlantique.

 

Sa conception de la politique n'est guidée que par un objectif, le pouvoir, un moyen les manœuvres politiciennes. L'ambassadeur américain raconte comment Hollande tout à coup devient « enjoué » lorsqu'il évoque sa tactique électorale.

 

« Les réformes en France sont difficiles à mettre en oeuvre »

 

Pourtant, Sarkozy estime la bataille serrée pour 2007 et surtout la possibilité de mettre en œuvre les réformes nécessaires : « le vainqueur de 2007 n'aura pas un mandat pour réformer la France », a confié Hollande à l'ambassadeur … ce qui explique que l'homme de pouvoir Hollande ne semble pas affecté plus que cela par sa prédiction que Royal serait la candidate aux présidentielles.

 

Réformes ? Le mot revient dans les deux rencontres affublé des termes « difficiles », « nécessaires ». Selon Hollande, au vu de la division de la France en 2007 sur la question (dans la France post-Non de 2005), c'est trop tôt.

 

Ainsi, en 2005, Hollande dénonce le fait que « les réformes en France sont difficiles à mettre en œuvre, car elles sont imposées par le parti majoritaire et ne sont pas l'objet d'un compromis entre les partenaires – un système qu'il a caractérisé comme inefficace ».

 

Vive le dialogue social, l'union sacrée, on connaît …

 

En 2006, Hollande, à l'approche des présidentielles, se disait inquiet que les « réformes ne soient introduites que très lentement, si ce n'est pas du tout » dans le mandat 2007-2012.

 

Sur le contenu de ces réformes, Hollande reste évasif pour la plus grande frustration de l'ambassadeur américain qui confie qu'il n'est pas sûr qu'Hollande « soit l'homme du changement » qu'il prétend être, notant qu'Hollande fait systématiquement référence au gouvernement Jospin.

 

A noter qu'en 2006, Hollande est présent à l'Ambassade avec un autre habitué visiblement, un certain Pierre Moscovici.

 

« Chirac parle de modèle social français, moi je parle de modèle social européen : ce modèle social français, personne n'en veut »

 

Un sujet sur lequel Hollande n'est pas évasif, c'est l'intégration européenne, vue par Hollande comme la seule voie pour l'avenir de la France.

 

Ainsi, sur le « Non » à la Constitution européenne, Hollande évoque un « déficit dans l'explication du traité » (vieille rengaine), le repli nationaliste, la peur de la mondialisation, et donc la nécessité de « relancer la construction européenne ».

 

Pour lui, il ne faut pas proposer un nouveau référendum sur la Constitution, on ne peut pas non plus la faire passer au Parlement (or, c'est ce qu'a fait Sarkozy avec le soutien des députés socialistes  !).

 

Moscovici garantit à l'ambassadeur qu'un gouvernement socialiste serait « plus pro-européen que ceux de Chirac ou Villepin ».

 

Hollande rajoute que lui, contrairement à Chirac ne parle pas de « modèle social français » mais de « modèle social européen ». En effet, selon le dirigeant socialiste d'alors, « ce modèle social français, personne n'en veut ailleurs » (sic).

 

« Avec les Etats-unis, les divergences doivent devenir l'exception » (Moscovici)

 

Et quelle politique étrangère pour la France ?

 

D'abord, Hollande ancre sa future politique dans l'Europe bien sûr, mais surtout en Afrique  : « la France a une responsabilité unique sur ce continent ». On l'a vu depuis, même si l'ambassadeur américain souligne que Hollande voit dans l'UE la « panacée » à tous les problèmes.

 

Sur l'Asie, Hollande souligne le malaise au sein du peuple français : « on peut pas dire aux travailleurs de plus travailler » (ce qu'il fait maintenant!), donc il faut des protections … mais surtout pas du protectionnisme, « juste que tout le monde joue les mêmes règles », donc le protectionnisme hypocrites à coups de normes sociales, environnementales, classique.

 

Enfin, sur la relation franco-américaine, le couple Hollande-Moscovici a de quoi séduire l'ambassadeur qui note que « on entend avec lui un ton singulièrement différent », évoquant l'intervention américaine en Irak.

 

Hollande critique alors Chirac, en 2006, sur son bras de fer avec les Etats-unis, comme un an auparavant, en 2005 il avait qualifié sa future politique étrangère de « ni Blair, ni Chirac », pas de soutien acritique, mais surtout pas d'obstruction gratuite à la politique américaine.

 

En 2006, on est plus proche de Blair que de Chirac en effet, Hollande affirmant la nécessité d'une «  politique étrangère ancrée plus fermement dans des valeurs universelles, tel le soutien à la démocratie, que dans une approche personnaliste comme celle de Chirac ».

 

Cela veut dire soutien aux interventions impérialistes américaines futures, avec sa propre politique.

 

Moscovici conclut par la nécessité de ne jamais aller au conflit avec les Etats-unis : « quand il y a des divergences, il faut ouvrir un dialogue, les différences doivent être l'exception, non la règle ».

 

Le commentaire fait par l'Ambassade révèle qu'ils ont été alors séduits par la prestation de François Hollande, bien que dubitatif sur sa capacité à incarner le changement en 2007. Sept ans après, le programme tracé par Hollande, évoqué plutôt à l'ambassade américaine que devant le peuple, est appliqué avec zèle.

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 15:08

Au moment où les dirigeants européens s'humilient en accueillant Obama, venu les sermonner et leur dicter la conduite à tenir à propos de l'Ukraine, nous éditons cet article de Solidarité internationale déjà ancien.  Les Etats-Unis, l'OTAN, et l'UE, c'est la guerre.

Les États-Unis restent de loin la première menace pour la paix mondiale, selon un sondage mené dans 65 pays

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

« D'après vous, quel pays représente la plus grande menace pour la paix mondiale ? », c'était une des questions posées par l'institut de sondage américain Gallup dans 65 pays, la réponse est éclairante : l'impérialisme américain arrive de loin en tête, l’État israélien suit de près.

 

Près d'une personne interrogée sur quatre (24 %) interrogée dans le monde pense que les Etats-unis constituent la plus grande menace pour la paix mondiale. Les autres pays arrivent loin derrière : Pakistan (8 %), Chine (6%) puis Israel (5%).

 

Les États-Unis, seul pays perçu universellement comme une menace pour la paix mondiale

 

1210-Menace-Paix-Monde-1.jpgCe qui est frappant, c'est que les États-Unis sont les seuls à être perçus universellement comme une menace pour la paix, arrivant en première place dans 39 pays sur 62 comptabilisés.

 

Cette crainte atteint des taux record dans les pays qui ont connu de près l'impérialisme américain au XX ème siècle et ses ravages : en Russie (54 %), Chine (49 %), Bosnie (49 %), Argentine (46 %), Grèce (45 %), Serbie (45 %), Pakistan (44 %) ou Mexique (37 %).

 

Ce qui est aussi frappant, c'est le fait qu'il arrive en première place dans des pays pourtant sous hégémonie américaine, subissant sa propagande impériale : c'est le cas en Australie, Autriche, Finlande, Allemagne, Irlande, Lettonie, Portugal, Suisse, Suède, Turquie et même au Royaume-Uni.

 

Aux États-Unis même, la puissance américaine est perçue comme le troisième plus grand danger pour la paix mondiale, juste derrière l'Iran et l'Afghanistan naturellement.

 

Israël, deuxième menace la plus souvent citée pour la paix mondiale

 

Le deuxième pays le plus fréquemment évoqué comme menace pour la paix mondiale est Israël, même si la réponse est concentrée dans les pays arabes. Israël est ainsi cité à cinq reprises en première place : au Bangladesh, en Irak, au Liban, au Maroc et en Tunisie.

 

En ce qui concerne les autres pays cités, ils sont généralement liés à des conflits locaux ou régionaux : c'est le Pakistan (pour l'Afghanistan, l'Inde), la Chine (pour le Vietnam, le Japon), la Russie (pour la Pologne, la Géorgie) ou la Corée du nord (pour la Corée du sud).

 

En France, la propagande médiatique fonctionne à plein : la Syrie et l'Iran, une menace pour la paix ?

 

Et pour ce qui est de la France, les résultats sont aussi éclairants qu'inquiétants.

 

D'une part, la France est un des rares pays à identifier un État qui n'est ni une super-puissance conflictuelle, ni un Etat frontalier menaçant comme principal péril pour la paix. Au contraire, elle est un de ces pays qui s'identifie le plus à la propagande impériale sur l' « Axe du mal ».

 

En effet, on retrouve dans certains États en situation particulièrement subalternes par rapport à l'impérialisme américain ce type d'identification à une menace suprême : l'Afghanistan (pour l'Italie), l'Iran (Etats-unis, Canada, Roumanie) et la Syrie (Bulgarie, Fidji, France ou Belgique).

 

Ainsi les Français identifient la Syrie comme première menace (13%), ex-aequo avec l'Iran (13 %) et enfin la Corée du nord (5%) en troisième position. Les Etats-unis n'arrivent qu'en septième place avec … 2,5 % des interrogés qui abondent en ce sens.

 

Aucun autre pays de l'OTAN n'atteint des taux aussi bas de dénonciation de l'impérialisme américain, Pologne exceptée. Aucun autre pays ne livre le tiercé de l' « Axe du Mal » avec une telle précision. C'est dire le travail de propagande réalisé ces derniers mois par nos médias « libres ».

 

Même aux Etats-unis, dont la population est souvent raillée comme inculte, les Etats-unis sont identifiés comme troisième menace à la paix mondiale, avec près de 13 % des interrogés.

 

Pourquoi la France n'est pas dans le top 10 des pays les plus menaçants ? Les limites du sondage

 

On aurait pu s'étonner par ailleurs que la France n'entre pas dans le Top 10 des États les plus menaçants avec les quatre guerres lancées ces trois dernières années : Côte d'Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique (on pourrait ajouter Syrie).

 

On peut l'expliquer partiellement par la réputation de notre pays comme rempart contre l'impérialisme américain, en train de s'étioler. Elle s'explique surtout par le mode de calcul choisi par l'institut de sondage américain, montrant bien ses limites.

 

Dans les 65 pays sélectionnés, une sur-représentation de l'Europe ou de l'Amérique mais surtout une absence quasi-totale des pays d'Afrique sub-saharienne (avec la seule présence du Kenya!).

 

Le sondage évacue quasi intégralement les anciennes colonies françaises, notamment en Afrique, premières victimes de l'impérialisme néo-colonial français, encore aujourd'hui.

 

En tout cas malgré ses limites, ce sondage montre que notre combat, celui du XX ème siècle et celui du XXI ème siècle, contre l'impérialisme, en premier lieu américain mais pas seulement, n'est pas du passé, il est celui qui correspond aux attentes des peuples de notre planète !

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 23:37

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Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

A Zaporija, une ville industrielle de l'est de l'Ukraine de 800 000 habitants, le leader des communistes ukrainiens, Petro Simonenko, a tenu une conférence de presse le 11 mars dernier. Il y a rappelé la position du Parti communiste face aux derniers événements de la vie politique du pays et il a expliqué quelle pourrait être une issue à la crise.

 

Petro Simonenko a dit que les événements actuels en Ukraine n'est que le résultat de l'enchaînement de ce qui s'est passé depuis trois mois, avant tout de ce contre quoi les communistes avaient bien mis en garde :

 

        Maidan est le produit de la lutte entre le clan « blanc-bleu » (NdT : couleurs du Parti des régions de Ianoukovitch) et celui « orange » pour le trône de président. Cette lutte s'est accompagnée de massacres et d'homicides.

          Ensuite, Maidan est aussi le produit du refus de prendre en compte la position du Parti communiste, qui avait pourtant été explicitée à la fin de l'année dernière. Celle de la nécessité de décider démocratiquement de toutes les questions fondamentales pour la société par un référendum.

 

Le Parti communiste veut sauver l'Ukraine comme État un et indivisible.

 

Actuellement, les problèmes de l'Ukraine ne se décident pas en Ukraine, ils se discutent et se résolvent au-delà de ses frontières, en Amérique, en Occident et en Russie.

 

Dans le pays sévissent les bandes armées illégales. Ces bandes mettent tout à sac, volent, incendient, occupent les bâtiments des administrations ainsi que des entreprises, privées comme publiques.

 

Tout cela se produit dans l'ensemble du pays. Cette situation est dangereuse pour l'Ukraine.

 

Les forces de police et l'armée sont paralysées. L'Ukraine a connu une féroce censure, même si à Maidan on parle de liberté d'expression et de démocratie. Le Parti communiste, avec ses arguments, ont été bannis des médias. Une campagne farouchement anti-communiste est mise en avant.

 

Aujourd'hui, un clan d'oligarques a pris le pouvoir et remplacé le clan précédent. La prise du pouvoir s'accompagnera une nouvelle fois d'une redistribution du patrimoine public vers les oligarques. Les oligarques dévorent l'Ukraine. En Ukraine, une dictature national-fasciste s'impose, soutenue par le capital oligarchique.

 

Parmi les problèmes pratiques qui doivent être résolus immédiatement au parlement, les communistes proposent :

 

  • annuler la réforme des retraites et de la santé ;

  • introduire un moratoire sur l'augmentation des prix et des tarifs ;

  • introduire une pénalité de 0,5 % pour tout jour de retard de paiement des salaires ;

  • respecter pleinement les dispositions légales de défense des vétérans d'Afghanistan, des victimes de Tchernobyl, des « enfants de la guerre » (NdT : la génération de ceux nés pendant la Seconde guerre mondiale et les années suivantes) et des autres groupes socialement vulnérables ;

  • enfin la restitution à l'Ukraine des fonds de l'ex-Sberbank (Caisse d'épargne) soviétique.

Toutes ces mesures permettraient de défendre les droits de nos citoyens.

 

A propos de l'organisation du développement extérieur de l'Ukraine, le député communiste Alexander Zoubchevski, en donnant l'exemple de Zaporija a montré de façon convaincante tous les dégâts potentiels que pourrait faire l'association avec l'UE.

 

Dans la phase actuelle, dans la région de Zaporija, seules deux entreprises fonctionnent bien : « Zaporijstal » et « Motor Sich » (NdT : respectivement une aciérie et une fabrique des moteurs pour avions, où sont employés plus de 40 000 personnes), et elles travaillent bien grâce aux relations économiques avec la Russie et les autres pays de la CEI.

 

Dans le cas où l'Ukraine s'orienterait vers l'occident, ces entreprises fermeraient leurs portes. Car en Occident, notre production n'a aucun intérêt. Alors, le chômage ne ferait qu'augmenter, et les nouveaux prêts du FMI ne déboucheraient que sur une paupérisation ultérieure de la population.


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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 14:19

Tous au Havre le 31 mars 2014 !

RELAXE Des 4 militants havrais!

11heures 30 au Palais de Justice du Havre

S’attaquer aux militants syndicaux pour mieux taper sur les salariés
Sous prétexte de la crise, les droits des salariés sont soumis à des pressions considérables de la part du patronat, sous couvert du gouvernement.

Une politique répressive s’instaure dans les entreprises et les services, les salariés subissent de plein fouet cette situation, sur leurs lieux de travail.

On leur demande toujours plus, sans aucune compensation, leurs conditions de travail se dégradent, on leur impose plus de flexibilité, de gel des salaires et aucune évolution de carrière, sauf quand il y a des luttes.

Les salariés vont au travail dans la crainte et l’anxiété.

Leur détresse démontre comment les modèles de gestion en vogue, les valeurs néolibérales et la financiarisation de l'économie sont en voie de transformer le travail en torture.

Bien des cas d'épuisements professionnels, de dépressions, et même de suicides s'avèrent plus que de simples problèmes individuels. Ils sont les symptômes des maux du monde du travail et de la société toute entière.

Les droits des salariés sont remis en cause.

Différents accords signés par certains syndicats avec le MEDEF ont des conséquences sur la vie des salariés (accord ANI, accord de responsabilité de Hollande-Gattaz, qui remet en cause notamment notre protection sociale), sans compter la remise en cause des élections prud’homales et de la réforme de l’Inspection du travail, qui demeure dans les tiroirs des ministères.

Le patronat pourra licencier plus facilement et les salariés vont avoir moins de droits pour se défendre.

Nous devons réagir !

Face à cette situation, pour tenter de dissuader toute opposition à cette cure d’austérité sociale, une politique répressive à l’encontre de l’action syndicale est orchestrée, avec l’aval du pouvoir en place.

Le cas des 4 du Havre n'est pas le fait du hasard.

Ce n’est pas le fait qu’ils aient collé quelques affiches sur les vitres du PS rappelant leur trahison vis-à-vis de la réforme des retraites, le plus grave, c’est qu’ils aient soutenu les salariés en lutte de SPB.

2 possibilités, nous sont offertes :
  • - Soit on laisse faire et le patronat continue à détricoter les droits des salariés en matière de droit du travail et de protection sociale.
  • - Soit on agit pour combattre la stratégie patronale, qui vise à s’accaparer des richesses produites du travail par les salariés pour gaver les actionnaires.
La CGT fait le choix de défendre les intérêts des salariés.
Pour cela nous vous appelons à être présents devant le tribunal de Grande Instance du Havre, le 31 mars, 11h30,

Thierry-Lepaon-08

En présence de Thierry Le Paon Secrétaire Général de la CGT.

  • > Pour exiger la relaxe des 4 camarades du Havre.
  • > Pour exiger une loi d’amnistie sociale, une loi qui protège les militants syndicaux qui agissent dans le cadre de leurs mandats dans des actions collectives.
  • > Pour exiger l’arrêt de toutes les discriminations et les attaques envers les salariés dans les entreprises.
Le 31 mars, que nous soyons salariés actifs, privés d’emploi ou retraités, ensemble nous avons les mêmes intérêts à défendre, face à un patronat qui n’en a jamais assez et qui en redemande.

L’Union Départementale CGT de Seine-Maritime appelle ses syndicats à créer toutes les conditions, par des arrêts de travail dans les entreprises, afin de permettre aux salariés d’agir et d’être présents devant le tribunal pour soutenir nos camarades qui risquent des peines d’emprisonnement pour avoir défendu l’intérêt collectif des salariés.

Rouen, le 25 mars 20

Le 31 mars 2014, soyons présents :
  • > Pour exiger la relaxe des 4 du Havre.
  • > Pour exiger une loi pour les militants syndicaux qui les protège dans le cadre de leur mandat, dans les actions collectives.
  • > Pour exiger l’arrêt de toutes sanctions envers les salariés dans les entreprises.

11 h 00 au Palais de Justice du Havre.

Lu sur le blog de l'UL-CGT de Dieppe

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 22:01
Ceci est à relire quand Obama vient à Bruxelles pour dicter ses politiques étrangère et économique à la Commission européenne et à l'UE.  Les Etats-Unis sont un danger pour l'Europe et les Européens.  Sortons de l'OTAN et de cette UE inféodée aux USA depuis le plan Marshall.  Sortons de près de 70 ans de soumission! Go Home America!

us go homeAffiche du PCF vers 1950

Le Grand Marché Transatlantique (GMT) et les municipalités
Raoul Marc JENNAR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui suit est tiré du mandat conféré par les 28 gouvernements de l’UE à la Commission européenne pour négocier avec les USA un grand marché transatlantique. Pour le texte complet du mandat, voir mon livre « Le grand marché transatlantique. La menace sur les peuples d’Europe. » Perpignan, Cap Bear Editions, 2014.

 

Dès l’article 4 du mandat, il est précisé :


« 4. Les obligations de l’Accord engageront tous les niveaux de gouvernement. »

Ce qui signifie, si l’Accord est adopté dans les termes du mandat européen de négociation, qu’il s’appliquera non seulement aux Etats de l’UE, mais également à toutes les composantes de ces Etats : en France, les Régions, les Départements, les Communes ; en Belgique, les Communautés, les Régions, les Provinces, les Communes ; en Allemagne, les Lander et les Communes, …

Les réglementations prises au niveau municipal sont directement visée par ce projet dès lors qu’elles produisent des normes considérées par les firmes privées comme des « obstacles inutiles à la concurrence » ou « plus rigoureuses qu’il est nécessaire ».


Ce principe est rappelé avec plus de précisions encore dans d’autres articles du mandat :


a) l’article 23, qui traite de la libéralisation (supprimer toutes les législations et réglementations restrictives) et de la protection (supprimer toute forme de taxation ou de contraintes sur les bénéfices) des investissements et qui enlève aux juridictions officielles au profit d’instances privées d’arbitrage le pouvoir de trancher un différend entre firmes privées et pouvoirs publics lorsqu’une firme privée estime qu’une législation ou une réglementation va à l’encontre de la libéralisation et de la protection des investissements, précise que « Toutes les autorités et entités infranationales (comme les États ou les municipalités) devraient se conformer efficacement aux dispositions du chapitre de protection des investissements du présent Accord. »

Ceci signifie qu’une réglementation municipale pourra être attaquée devant un groupe d’arbitrage privé si elle est perçue par un investisseur américain comme une limitation à son « droit d’investir ce qu’il veut, où il veut, quand il veut, comme il veut et d’en retirer le bénéfice qu’il veut » (définition de l’investissement par les lobbies US).


b) les Communes sont aussi visées par l’article 24 relatif aux marchés publics

24. L’Accord devra viser à compléter avec la plus grande ambition, en complément du résultat des négociations sur l’Accord sur les marchés publics, en ce qui concerne la couverture (les entités de passation des marchés publics, les secteurs, les seuils et les contrats de services, en ce compris en particulier dans la construction publique). L’Accord visera à accroître l’accès mutuel aux marchés publics à tous les niveaux administratifs (national, régional et local), et dans le secteur des services publics, couvrant les opérations pertinentes d’entreprises opérant dans ce domaine et assurant un traitement non moins favorable que celui accordé aux fournisseurs établis localement. L’Accord doit également inclure des règles et disciplines pour surmonter les obstacles ayant un impact négatif sur les marchés publics de chacun, y compris les exigences de localisation et les exigences de production locale, (…) et celles qui s’appliquent aux procédures d’appel d’offres, aux spécifications techniques, aux procédures de recours et aux exclusions existantes, y compris pour les petites et moyennes entreprises, en vue d’accroître l’accès au marché, et chaque fois que c’est approprié, de rationaliser, de simplifier et d’améliorer la transparence des procédures.

On le constate, tous les aspects d’un appel d’offre sont visés. Des exigences de localisation (ex : exiger qu’un fournisseur d’un service comme l’approvisionnement des cantines scolaires soit localisé sur le territoire de la Commune et qu’il s’approvisionne chez des producteurs locaux) seront considérées comme ayant « un impact négatif » sur les marchés publics. L’accès des marchés publics locaux sera ouvert aux entreprises et firmes américaines au détriment des entreprises et firmes d’Europe ou de France, et à fortiori de la commune ou de la région. Les traités européens ont bien préparé le terrain de ce point de vue puisque des exigences de localisation ne peuvent déjà plus être imposées à des entreprises européennes.

 

c) Enfin, l’article 45 étend à l’ensemble des dispositions de l’Accord le mécanisme prévu à l’article 23 dans le seul domaine de l’investissement (ainsi qu’à l’article 32 en ce qui concerne les normes sociales et environnementales) :

« 45. Règlement des différends

L’Accord comprendra un mécanisme de règlement des différends approprié, ce qui fera en sorte que les Parties respectent les règles convenues. L’Accord devrait inclure des dispositions pour le règlement le plus indiqué des problèmes, comme un mécanisme de médiation flexible. »

Ce qui signifie que toute espère de norme – sociale, sanitaire, alimentaire, environnementale ou technique - adoptée par une municipalité, dès lors qu’elle contrarie une firme privée, pourra être attaquée devant un mécanisme d’arbitrage privé.

Il faut rappeler que le gouvernement PS approuve et soutient le mandat de négociation et que le Président PS de la République a même souhaité, lors de sa récente visite à Washington, que les négociations soient accélérées. Avec les coupes sombres décidées par ce gouvernement qui vont affecter encore plus le financement des collectivités locales, le grand marché transatlantique constitue une autre menace grave pour nos municipalités : celle de les mettre sous la coupe des firmes américaines qui feront la loi dans nos communes.


A dix jours des élections municipales, voter pour des candidats se réclamant du PS ou alliés à celui-ci, c’est voter pour la colonisation de nos villes et de nos villages par les firmes américaines, c’est voter pour la disparition de notre artisanat, de nos petits viticulteurs, de nos petits agriculteurs, de nos petites et moyennes entreprises qui vont être broyés par les géants américains. Pensons-y le 23 mars. Et souvenons-nous que l’UMP soutient aussi ce projet et que le FN a voté contre une résolution proposant de faire de la Région PACA une « zone hors GMT ».


Raoul Marc JENNAR, le 13 mars 2014.

»» http://www.jennar.fr/++cs_INTERRO++p=3450
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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 17:55

sybd TUS 

 

 

 

 

 

 


 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ce 24 mars, quatre ouvrières travaillant dans une filiale tunisienne d'un groupe aéronautique française vont connaître leur sort devant la justice tunisienne. Elles ont déjà perdu leur emploi, elles sont maintenant menacée de prison, leur délit : avoir monté un syndicat.

 

Cela fait quatre ans que ces ouvrières tunisiennes de SEA Latelec-Fouchana, une filiale du groupe français aéronautique Latécoère, se battent.

Elles se sont battues d'abord pour monter un syndicat pour gagner un salaire décent et mettre fin au despotisme à l'usine, ensuite pour sauver leur emploi face aux manœuvres de délocalisation, enfin pour préserver leur liberté face aux poursuites judiciaires entamées par leur ancien employeur.

 

Monter un syndicat pour organiser la résistance

 

Tout a commencé en 2005. Latécoère, fournisseur notamment en câblages, fuselages (numéro un mondial dans le domaine) pour Dassault, Airbus et autres géants de l'aéronautique française, décide alors de délocaliser une partie de sa production en Tunisie, à Fouchana.

Latécoère embauche une main d’œuvre majoritairement féminine, escomptant sur la docilité des travailleuses, leur acceptation de conditions de travail et de salaires indécents.

C'est le début de l'enfer pour les ouvrières tunisiennes du site embauchées toutes en CDD renouvelable : heures de travail non-payées, harcèlement moral et sexuel, intimidations, pour un salaire ne dépassant pas les 100 € par mois.

En 2011, en pleine « révolution tunisienne » les ouvrières décident de dire Stop et ouvrent une section syndicale de l'UGTT, qui devient vite le foyer de résistance au despotisme patronal à l'usine, regroupe la grande majorité des travailleuses.

 

Quand Latécoère délocalise en … France pour casser la grève en Tunisie !

 

Une lutte âpre s'engage, où la direction emploie toutes les méthodes – tentative de corruption de syndicalistes, menaces – avant de concéder un accord en mai 2012 répondant à la plupart des revendications : reconnaissance de congés payés, des hausses de salaire, le paiement des heures sup.

L'entreprise française révèle vite ses vraies intentions. Dès septembre, elle crée un syndicat maison pour supplanter l'UGTT, un échec. Le 20 septembre, l'entreprise lance un lock-out patronal, refusant de rouvrir l'usine à moins que les déléguées UGTT ne soient laissées à la porte.

Le conflit s'intensifie. A Fouchana, les ouvrières lancent une grève illimitée, qui va durer quatre semaines, et va constituer un front uni face aux intimidations, sous toutes leurs formes

Sous pression de son principal donneur d'ordres, Airbus, Latécoère décide alors de « rapatrier » une partie de la production à Tarbes, en France, embauchant des intérimaires en France pour briser le mouvement en Tunisie.

Les machines, stocks sont rapatriés en France, les ouvrières tunisiennes impuissantes face à la manœuvre. Le groupe fait retomber la faute de la « réduction de la production » sur les travailleuses, contre lesquelles est entamée un plan de licenciement en mars 2013. 

L'effectif est réduit de moitié sur le site tunisien, le syndicat maison prend enfin le pouvoir, les meneuses du mouvement dont Sonia Jebali et Monia Dridi sont mises à la porte. Le temps de finir la manœuvre, le site français est fermé et tout le matériel rapatrié en Tunisie.

 

24 mars : la menace de la prison

 

La direction française du site ne s'arrête pas là. Après avoir fait perdre leur emploi à Monia, Sonia et plusieurs autres camarades, elle pousse une salariée (affiliée au « syndicat maison ») de porter plainte contre quatre salariées syndiquées à l'UGTT pour « violences physiques et verbales »,

En décembre 2013, sans leur présence, le premier jugement a opté pour une peine de prison ferme de deux mois. Le 24 février dernier, la police leur a signifié leur condamnation pour « atteinte à la morale et diffamation ».

Les quatre femmes en lutte ont fait appel, le procès doit être rejugé ce 24 mars, avec une issue incertaine. Elles ont besoin de tout notre soutien.

 

Pointons les responsabilités des 1 300 entreprises françaises

 

Il est temps de faire monter la pression, temps aussi de pointer la responsabilité de nos entreprises, de l'Etat français dans les conditions de travail inhumaines, les salaires de misère dont sont victimes la masse de la population tunisienne, avant et après la dite « révolution » tunisienne.

Les entreprises françaises sont massivement présentes en Tunisie, elles sont 1 300, employant officiellement 130 000 salariés. En 2012, la France reste le premier investisseur en Tunisie, concurrencé par les Emirats, la Grande-Bretagne l'Allemagne ou l'Italie.

La France est également le premier partenaire commercial de la Tunisie : 30 % des exportations tunisiennes sont dirigées vers la France, 18 % des importations tunisiennes sont originaires de France.

Historiquement, les entreprises françaises sont présentes dans les services : tourisme (Accor, Club med), le secteur bancaire (BNP), la grande distribution (Casino, Carrefour), les assurances (Groupama) ou les services pétroliers (Total).

Toutefois, les entreprises opérant en Tunisies sont désormais très largement concentrées (à 80 %) dans l'industrie manufacturière dont la moitié dans le textile, le reste partagé équitablement entre l'électronique, la métallurgie et la chimie.

Une analyse plus fine révèle que les entreprises françaises textile en Tunisie ont délocalisé leurs branches « confection » et « bonneterie » (75 % des entreprises), tandis que l'électrique/électronique/aéronautique, le deuxième secteur d'activité, 60 % des entreprises sont dans les « cablâges » (comme Latécoère).

Le point commun entre ces deux activités sont d'être faiblement capitalistique, consommatrice en une main d'oeuvre féminine peu qualifiée et très faiblement rémunérée.

 

Le gouvernement français négocie des contrats en Tunisie … pour Airbus : dénonçons-le haut et fort !

 

La Tunisie est donc une source de profits faciles pour les investisseurs français surtout avec le « Code des investissements » déjà préfiguré par Bourguiba en 1972, mis sur pied par Ben Ali, dont la réforme est aujourd’hui discutée mais sans remettre en cause les avantages pour le patronat.

Ce « code » prévoit en effet tout un ensemble de facilités pour le capital étranger : exonérations fiscales sur le rapatriement des bénéfices, baisse de droits de douane pour les industries délocalisées, cession de terrain à prix modique, enfin création de zones franches à imposition minimale ou nulle.

Et ce n'est pas près de se terminer. Le gouvernement tunisien dominé par les islamistes après 2011, avec la figure de l'islamiste libéral pro-américain Jebali, s'est déclaré favorable aux investisseurs, notamment français.

Le « gouvernement d'union nationale », technocratique, sous la coupe de l'UTICA (MEDEF local) pousse encore dans ce sens, dans les négociations avec le FMI, dans la finalisation du nouveau « Code d'investissements » consacrant la « liberté d'investissement ».

François Hollande s'est déjà rendu en Tunisie deux fois depuis neuf mois : d'abord en juillet 2013, récemment en février 2014.

La première fois, accompagné d'une cinquantaine d'hommes d'affaires, de PDG français pour signer des contrats notamment dans l'électronique. François Hollande a également négocié le redéploiement d'une partie de la dette en contrats d'investissements pour les monopoles français.

La seconde fois, il a proposé la vente de six EC275 Caracal aux forces spéciales tunisiennes, officiellement pour la lutte contre le terrorisme. Des appareils hi-tech, idoines pour le repérage en milieu hostile, les missions commandos, adaptés aussi aux forces anti-émeute.

Ce contrat de 300 millions d'euros serait bien sûr au bénéfice d' … Airbus, le même groupe fourni par Latécoère, qui licencie nos camarades Monia, Sonia et les autres.

L’État français reste le premier actionnaire d'EADS (qui détient Airbus). Il n'est pas acceptable que la casse de l'industrie française serve à alimenter les profits privés, débouche sur des conditions de travail, salariales, d'oppression syndicale inacceptables.

Stop à l'hypocrisie aussi à gauche ! Non, Louis Gallois qui a été à la tête d'EADS de 2006 à 2012 n'est pas un « patron de gauche ». Non, les contrats signés pour Dassault, Airbus ne sont pas une « bonne chose pour la France », comme certains à gauche le prétendent.

Il n'y a pas d'avenir dans les relations privilégiées avec le « corrupteur de la République » Dassault, ni dans l'insertion dans la « compétition » internationale pour la vente d'armes.

 

arton517.jpgNous sommes solidaires avec nos camarades Mounia, Sonia et toutes les autres. Solidaires avec la campagne menée notamment par la CGT Airbus, Latécoère pour faire connaître leur sort, et le lier au sort vécu par les ouvrier(e)s français(e)s.

 

Solidarité avec nos camarades tunisiennes, la lutte se mène aussi en France !

 
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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 10:07
Contre la politique de misère imposée par la "troïka"

instrument de l'Union européenne

et mise en musique par le gouvernement espagnol

Une foule immense manifeste en Espagne

 

  • Photo d'illustration

    LePoint.fr/Source AFP - Photo d'illustration

 

Certains ont traversé l'Espagne, parcouru à pied des centaines de kilomètres pour dénoncer "l'urgence sociale". Agitant des drapeaux de toutes les régions du pays, une immense foule a envahi le centre de Madrid samedi pour le plus grand défilé organisé depuis ceux de 2012. "Debout, debout, nous allons lutter !" : ils sont au moins des dizaines de milliers à hurler, chanter et dénoncer dans ces "marches de la liberté" un taux de chômage supérieur à 26 % et la politique d'austérité suivie depuis deux ans par le gouvernement de droite.

"Ras-le-bol, ras-le-c..." sont sur toutes les lèvres. Tous ont le sentiment d'une grande injustice, de payer le marasme économique dans lequel est enfoncé leur pays, les énormes déficits publics et le sauvetage bancaire européen de plus de 40 milliards en 2012 tandis que, selon eux, les responsables de l'explosion de la bulle immobilière, de la corruption et des abus bancaires qui ont ruiné les petits épargnants continuent de s'enrichir.

"Le peuple se réveille. C'est fini la fête"

Des manifestants lors d'une "marche pour la dignité" à Madrid, le 22 mars 2014, Gérard Julien AFP

 

Comme un symbole, un gigantesque doigt d'honneur surgit de l'immense foule qui a envahi le centre de Madrid. "Le peuple se réveille. C'est fini la fête", assure une pancarte accrochée au doigt. "Les responsables politiques ont transformé la politique en un commerce pour leurs intérêts", proclame une autre pancarte orange surmontée des visages de membres du gouvernement de Mariano Rajoy. "Ils ont profité des citoyens, nous ont escroqués : les banquiers, les politiques, Urdangarin (l'époux de la fille du roi inculpé de détournement de fonds, Inaki Urdangarin) et ils sont toujours en liberté. Mais qu'au moins, ils nous rendent l'argent", dénonce Justina Santamarta, une surveillante d'hôpital de Madrid.

Au total, huit colonnes ont convergé vers la gare d'Atocha, à l'appel de multiples organisations sociales, groupes de la mouvance des "indignés" ou collectifs professionnels. Une mobilisation rappelant les grands défilés qui avaient marqué la poussée de fièvre sociale, retombée depuis, qui a agité l'Espagne en 2011 et 2012. Les autorités régionales ont d'ailleurs mobilisé quelque 1 700 policiers pour assurer la sécurité, craignant des incidents en raison de la présence attendue de groupes antisystème.

 

20minutes.fr- Des manifestants avec le drapeau de la République, lors d'une "marche pour la dignité" à Madrid, le 22 mars 2014

Certains ont marché près d'un mois

Certains manifestants ont marché pendant près d'un mois, depuis l'Andalousie, dans le sud de l'Espagne, la Catalogne, dans l'est, les Asturies, dans le nord-ouest, ou l'Estrémadure, dans l'ouest. "Nous voulons du travail. Nous ne pouvons pas accepter que des millions de personnes au chômage doivent retourner chez leurs parents", lance Jorge Balbas, un chômeur de 24 ans de Burgos, dans le nord de l'Espagne, rappelant que plus d'un jeune actif espagnol sur deux est au chômage et que nombre d'entre eux partent à l'étranger.

"Ni chômage, ni exil, ni précarité. Des marches, des marches, des marches pour la dignité", hurlent dans une sono des jeunes, nombreux dans la manifestation, juchés sur une camionnette à ciel ouvert, pendant que d'autres ont allumé des fumigènes.

L'austérité pointée du doigt

L'austérité sans précédent appliquée par le gouvernement conservateur depuis son arrivée fin 2011 pour réduire les déficits publics et la dette de l'Espagne a donné lieu à deux grèves générales en 2012, avec des centaines de milliers de personnes dans la rue. La mobilisation s'est ensuite essoufflée, dans un pays qui connaît la récession, un chômage record et un plan d'économies de 150 milliards d'euros sur trois ans annoncé en 2012.

Pourtant, s'ils ne descendent pas dans la rue, les Espagnols ont montré dans les sondages leur rejet de la politique d'austérité, nombre d'entre eux ne voyant toujours pas les effets de la reprise annoncée. "En 2014, nous sommes face à une situation extrêmement difficile, une situation limite, d'urgence sociale, qui exige une réponse collective et massive des salariés, des citoyens et du peuple", affirment les organisateurs dans leur manifeste. "Qu'ils nous rendent l'argent que nous ont volé les politiciens et les banquiers", lançait Trini Reina, une Andalouse de 48 ans venue de Séville dans une colonne de huit autocars. "J'ai un emprunt immobilier que je ne peux plus rembourser depuis sept mois. Ce système est en faillite et nous le payons très cher".

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