Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 10:52

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 17 décembre 2013.


Le 3 octobre 2013, un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a confirmé que la Sécurité sociale française est illégale au regard du droit européen [1] ! Aux naïfs qui fantasment une « Europe sociale », ce jugement sonne la fin de la rêverie : la mort programmée de la Sécurité sociale est proche.


Le programme du Conseil national de la Résistance (CNR), mis en œuvre à la Libération en 1945, a sanctuarisé l’économie de la Santé en la plaçant – comme l’Éducation et la Culture – en dehors de la sphère marchande. C’est de cette volonté qu’est née la Sécurité sociale française, une forme d’assurance socialisée basée sur la solidarité.

Depuis cette époque, banquiers et assurances n’ont eu de cesse de tenter de la briser, car son existence les empêche de développer le vaste marché de la santé auquel ils rêvent. Leurs complices actifs sont les partisans du libéralisme (UMP, PS, EELV, FN, MoDem). Leurs leviers d’action sont l’Union européenne et l’euro. Depuis une vingtaine d’années, la violence de leurs attaques a été grandissante ; attaques menées concomitamment sur trois fronts :

−* sur le front idéologique ; −* sur le front de la gestion ; −* sur le front de la législation et du droit.

Des campagnes de désinformation et de manipulation sont régulièrement menées à travers les grands médias – qui presque tous sont aux mains des classes dirigeantes - pour culpabiliser les usagers. Les Français se soigneraient trop et il y aurait d’innombrables abus expliquant le « déficit » de la Sécurité sociale ; celle-ci irait donc à la catastrophe sur le plan financier.

Au prétexte de « boucher le trou de la Sécu », la logique progressiste qui fondait cette dernière à la Libération (« chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ») est méthodiquement détricotée : ticket modérateur, franchises médicales, autorisation des dépassements d’honoraires, « déremboursement » des médicaments, hausse régulière du forfait hospitalier, forfait sur les transports sanitaires, etc. Il s’agit – nous dit-on - de « responsabiliser » les malades en leur faisant mettre la main à la poche.

Mais comment « responsabiliser  » un cancéreux ou un dialysé, par exemple ? Cette logique inhumaine conduit une part croissante de la population à renoncer aux soins, faute de moyens, sans que jamais n’en soit évalué le coût pour la société.

La « couverture médicale universelle » (CMU) créée en 1999 par un gouvernement « socialiste » vise quant à elle à légitimer le recul de l’accès aux soins pour ceux qui sont un peu plus pauvres que les moins pauvres. Selon un principe qui a davantage à voir avec la charité qu’avec l’esprit universel de la Sécurité sociale, les personnes qui ont accès à la CMU sont un peu moins impactés que les autres usagés par les diverses taxations énumérées plus haut. La CMU est le moyen utilisé pour diviser la population : ceux qui sont juste au-dessus des critères d’accès à la CMU accusent les autres de profiter du système.

« Déficit » : le vocabulaire employé en dit long. En réalité on parle de déficit pour une entreprise car elle doit faire des gains. Par ailleurs, lorsqu’on parle de trésorerie, on doit parler des dépenses ET des recettes, ce que ne font jamais les « boucheurs de trou de la Sécu ».

Un salarié moyen dépense entre 18% et 20% de son salaire indirectement en cotisation-santé. Les revenus du capital sont bien moins soumis à cotisation que les revenus du travail. Philippe Seguin, un gaulliste, reconnaissait que si les « stock-options » étaient mises à contribution comme le sont les salaires, elles rapporteraient 3,5 milliards d’euros à la Sécurité sociale (mais il faut supprimer les stock-options !). En l’état actuel des choses, les « comptes de la Sécu » reposent donc pour l’essentiel sur les salariés. Or, comble de l’injustice, en l’espace de 25 ans, plus de 9% du PIB est passé du travail au capital par la pression exercée sur les salaires.

On le voit bien, la Sécu ne souffre pas de « déficit » mais d’un manque de recettes. Un manque qui est du :

  • aux exonérations de cotisations sociales qui sont faites aux grandes entreprises au prétexte de leur permettre de créer des emplois – avec le résultat pitoyable que l’on sait ;
  • à la dette patronale impayée aux caisses de la Sécurité sociale depuis des décennies - qui représente des milliards d’euros ;
  • à la dette que l’État a contractée vis-à-vis de la Sécurité sociale - qui représente des milliards d’euros ;
  • à la pression exercée sur les salaires par le chantage au chômage ;
  • au chômage lui-même - dont le taux est trente fois plus élevé que lors de la création de la Sécu.

On comprend aisément que jamais les « franchises médicales » et autres « déremboursement  » ne compenseront un tel manque de recettes. Mais tel n’est pas le but recherché. En réalité, ces mesures visent à démontrer que bien qu’on lui injecte de l’argent, le système par solidarité « ne marche pas » et qu’il serait plus efficace et moins coûteux de passer au privé.

Cette « démonstration » coûte de plus en plus cher aux cotisants, dans le même temps que la qualité du service public de la santé, soumis aux politiques d’austérité, se dégrade. Il n’est donc pas surprenant que ceux qui en ont les moyens se tournent vers le secteur privé de la santé et consentent à payer une assurance-maladie pour couvrir les soins qu’ils reçoivent. Cette partie de la population perçoit donc de moins en moins l’intérêt pour elle de continuer à cotiser à la Sécurité sociale. Si la loi lui permettait de ne plus le faire, ça serait la fin de la Sécu, car elle ne peut pas se passer de 10 ou 20% de ses cotisants.

Or cette permission, l’Union européenne vient de leur accorder, à l’issue de la bataille juridique qui s’est déroulée en marge de la scène médiatique.

En signant le traité de Maastricht en 1992, François Mitterrand a abrogé le « monopole » de la Sécurité sociale, c’est-à-dire l’obligation pour tous de cotiser. Cependant, en 1996, la Cour de cassation, organe judiciaire suprême au niveau national, s’est opposée à l’application de la primauté du droit communautaire sur le droit national en termes de protection sociale. La Cour européenne avait répondu en 1999 par un arrêt condamnant la France « pour avoir manqué aux obligations qui lui incombent en vertu des directives de 1992 », et par celui du 25 mai 2000 définissant les régimes français de Sécurité sociale comme des régimes professionnels, donc soumis à concurrence. En 2005, une directive européenne portant sur les pratiques commerciales a été transposée dans le droit français sous le nom de loi Chatel II, faisant du droit communautaire un droit français à part entière.

Dernier épisode en date, l’arrêt du 3 octobre 2013 de la Cour de justice de l’Union européenne qui a condamné - au nom de la directive de 2005 - une caisse d’assurance-maladie du régime allemand de sécurité sociale pour « pratiques commerciales déloyales vis-à-vis des consommateurs ». Un nouvel épisode du principe de « concurrence libre et non-faussée » inscrit dans le traité de Lisbonne, honteusement ratifié en 2007 par le Congrès français contre l’avis du peuple exprimé par référendum le 29 mai 2005.

Cette affaire pourrait sembler éloignée de la problématique française. Comme la Sécurité sociale française, cette caisse allemande est un organisme de droit public ne poursuivant aucun but lucratif, mais un objectif exclusivement social. C’est ce jugement qui va faire jurisprudence, car les décisions de la Cour européenne concernent par définition tous les États de l’Union.

Le jugement de la CJUE éclaire donc d’une lumière crue la situation de la Sécurité sociale française vis-à-vis du droit européen. Dans toute l’Union européenne, les caisses sociales faisant de l’assurance sont donc considérées comme des entreprises soumises à concurrence et relèvent du droit privé. Les caisses sociales faisant de l’assurance sont considérées comme des entreprises et leurs affiliés comme des consommateurs.

Dans un communiqué daté du 29 octobre 2013 [2], la Direction de la Sécurité sociale prétend que l’arrêt du 3 octobre 2013 « ne change rien à l’obligation de cotiser auprès de la Sécurité sociale française ». Communiqué qui ne cite malheureusement jamais la loi Chatel II, loi pourtant majeure dans le droit français importé du droit européen.

La bataille juridique n’est donc pas terminée. Mais ce jugement fragilise plus que jamais le statut de la Sécu. Lorsqu’une entreprise privée ou un lobby de « défenseurs des consommateurs » portera plainte contre la Sécurité sociale française pour « concurrence ou publicité déloyale », le jugement de la CJUE ne pourra pas être différent de celui du 3 octobre 2013.

Pour combattre le système libéral européen et ainsi défendre la Sécurité sociale, il faut avoir à l’esprit que le système social français, dans son ensemble, est triplement victime de l’Union européenne :

  • il est victime du libre-échange qu’organisent les traités européens. Ces derniers suppriment toutes les barrières douanières et instaurent la « libre » circulation des marchandises et des capitaux entre les pays de l’Union. Ils mettent donc en concurrence les salaires, le droit du travail et les lois sociales des travailleurs français avec ceux - plus avantageux pour le patronat - des salariés d’autres pays.
  • il est victime des institutions européennes qui le harcèlent juridiquement. Outre la Sécu, les services publics tombent juridiquement sous le coup de la directive « Services » qui ne reconnaît pas les services publics français et les assimile à des entreprises de droit privé.
  • il est victime de l’euro, pour la survie duquel sont menées des politiques d’austérité budgétaire qui le ruinent, comme elles ruinent les peuples de la zone euro et détruisent les nations.

Le système américain du chacun pour soi, négation même du système social, et qui laisse des millions d’individus crever sans assistance, doit-il faire référence au détriment du système français par solidarité ?

Lors de l’Université d’automne du M’PEP qui s’est tenue début novembre 2013, Léon Landini, Résistant, membre des Francs-tireurs et partisans, rappelait que les hommes qui se sont battus pour chasser l’occupant durant la Seconde Guerre mondiale l’ont également fait pour que vive le programme du CNR, un programme porteur d’espoir pour l’émancipation humaine et pour que viennent des jours heureux.

Les financiers, les affairistes et les membres de la classe sociale dominante tentent donc à travers l’Union européenne de reprendre ce que le Front populaire, la Résistance, la Libération et les luttes victorieuses des travailleurs leur ont arraché au prix du sang et des larmes au cours du XXème siècle. Ils progressent, pas-à-pas, lentement mais sûrement depuis quarante ans, masqués derrière un projet de prétendue « Union européenne », qui n’est que l’union de leurs intérêts contre ceux des travailleurs.


Pour sauver la Sécurité sociale, il faut que la France sorte de l’Union européenne. Réclamer plus de justice sociale pour que vive le système social français, comme le fait depuis toujours le monde syndical et politique de gauche ne suffit plus. Il faut d’abord remettre des barrières douanières au niveau national – ce qu’interdisent les traités européens – pour mettre à bas le libre-échange. Libre-échange dans le cadre duquel toute mesure de justice sociale se traduit fatalement par un exode du capital et des entreprises. Un chantage auquel la France n’a que trop cédé jusqu’à maintenant.


Partager cet article
Repost0
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 23:26

Communiqué de l'UD-CGT de Seine-Maritime

 

La démocratie sociale mise à mal :

Le gouvernement veut mettre fin aux élections prud’homales.

 

Le Ministre du Travail, Mr SAPIN, a adressé un courrier aux organisations syndicales au sujet des négociations en cours dans le cadre d’un projet de loi incluant un volet « Démocratie Sociale ». Ce volet comprendra diverses dispositions concernant la représentativité patronale et syndicale, leurs financements, la transparence des comptes des comités d’entreprise ainsi que la désignation des conseillers prud’hommes.

 

Le Ministre annonce clairement sa volonté de mettre fin à l’élection prud’homale au suffrage universel. Celle-ci serait remplacée par une simple désignation des conseillers par les organisations syndicales. Il justifie sa volonté par le coût trop élevé des élections et le peu de participation des salariés. Pour cela il se réfugie derrière la loi de représentativité : « La mise en œuvre de la loi du 20 août 2008 a changé la donne. La désignation des conseillers de prud’hommes sur la base des résultats de la mesure de l’audience est désormais possible. » Ce projet comprendrait notamment la possibilité de procéder à ces modifications par voie d’ordonnance.

 

Ces arguments sont irrecevables ! L’équilibre budgétaire prévaudrait sur les fondements de la démocratie ?

Le gouvernement offre 20 milliards d’euros aux patrons dans le cadre de la loi du 14 juin 2013 et voudrait économiser 100 millions liés au coût de l’élection prud’homale sur le dos des salariés. Quel mépris pour les millions de salariés de ce pays que de leur ôter le droit le plus élémentaire dans une démocratie : le suffrage universel, seul garant des droits et libertés !

Et comme le dit l’expression « nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes ». S’il y a, comme le dit le Ministre, trop peu de votants c’est dû, notamment, au fait que peu de moyens sont donnés par les gouvernements successifs pour gagner, et permettre la participation la plus large possible des salariés lors de ces élections. De nombreux patrons font également pression sur les salariés pour les empêcher d’aller voter.

 

L’Union départementale CGT de Seine-Maritime est totalement opposée à la fin des élections prud’homales au suffrage universel : seul le scrutin prud’homal offre une véritable représentativité au niveau national et propose un véritable choix de représentants des salariés au sein des conseils de prud’hommes.

Les résultats du vote des salariés aux élections prud’homales doivent être pris en compte pour le calcul de la représentativité. Car sans cela, la représentativité exclurait, de fait, des millions de salariés de l’expression démocratique : salarié d’entreprise privée d’Institution Représentative du Personnel (Délégué du Personnel, Comité d’Entreprise, Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail).

 

De plus, dans de très nombreuses entreprises, les salariés n’ont pas le choix entre toutes les sensibilités syndicales. Et l’on sait les difficultés que la CGT rencontre pour s’implanter dans certaines entreprises puisque nous devons constamment faire face aux obstructions du patronat qui n’hésite pas à réprimer par tous les moyens le militantisme CGT.

 

Ainsi, ce que le patronat et la droite cherchaient à faire, à savoir affaiblir les syndicats et en particulier la CGT, trouverait de facto écho auprès du gouvernement avec la suppression des élections prud’homales qu’eux même combattaient en 2008. Lors des scrutins nationaux prud’homaux et TPE, l’audience électorale de la CGT est largement supérieure à celle annoncée par le ministère du travail en ce début d’année 2013.

Cette nouvelle attaque envers le salariat ne peut pas et ne doit pas rester sans réponse : L’UD CGT de Seine-Maritime va mettre tout en œuvre pour combattre cette nouvelle régression sociale.

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 23:09

pge-tsipras-laurent.jpg

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ces 14 et 15 décembre avait lieu le 4 ème Congrès du Parti de la gauche européenne (PGE) à Madrid sous le thème « Refonder l'Europe  ». Beaucoup de confusion sur ce «  parti européen  », beaucoup de raccourcis, un éclairage communiste est nécessaire.

 

 

 

« Change Europe », c'est le mot d'ordre choisi en anglais pour ce 4 ème congrès du PGE. « Change l'Europe  » (ou «  bouge l'Europe  »), l'optique est de réformer, réorienter cette Union européenne. Le mot d'ordre équivoque de « refondation » était aussi omniprésent.

 

Le PGE, un parti européen minoritaire chez les communistes et la gauche d'alternative

 

Tout d'abord, qu'est-ce que le PGE ? Ou qu'est-ce qu'il n'est pas. Il n'est pas un « front » réunissant toutes les organisations communistes, ou au-delà de la gauche radicale. Loin de là.

 

Dès sa fondation, en 2004, plusieurs partis communistes influents ont refusé d'y adhérer  : les PC portugais (PCP), grec (KKE), tchèque (KSCM), chypriote (AKEL), italien (PdCI). D'autres ne l'ont pas rejoint : allemand, luxembourgeois, hongrois, slovaque, ou le Parti du travail de Belgique.

Même des partis de la « gauche radicale  » nordique refusent d’adhérer au PGE, pour garder leur indépendance de pensée critique vis-à-vis de l’UE : l’Alliance de gauche finlandaise, le Parti de gauche suédois, le Parti socialiste néerlandais, le Mouvement populaire contre l’UE danois.

 

Le PGE représente ainsi seulement des formations anti-communistes comme SYRIZA en Grèce et le Bloc de gauche au Portugal et des formations en rupture avec l’héritage communiste  : PCF-PG-Front de gauche en France, PCE-Izquierda Unida en Espagne, Refondation en Italie – tous de la sinistre tradition euro-communiste – Die Linke en Allemagne.

Rappelons que le PGE n'est pas synonyme du groupe parlementaire européen GUE/NGL. Le PGE est un parti politique européen, financé par la Commission européenne pour « faire la promotion de l'idée et de l'intégration européenne ». Comme le PSE ou le PPE.

Sur les 34 députés qui forment le groupe parlementaire GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique), seuls 16 font partie du PGE dont la moitié de Die Linke.

 

Le programme du PGE : ré-orienter la construction européenne, humaniser le capitalisme

 

Si on écoute Tsipras, « l'Europe est à un carrefour  : soit on stagne et on recule, soit on va de l'avant, avec la Gauche européenne ». Le PGE serait la force de régénérescence d'une UE à bout de souffle, proposant ses services pour relever le drapeau de la « belle » idée européenne foulée aux pieds.

Si on suit les points relevés par Pierre Laurent, issus du document politique, le PGE propose six axes, beaucoup de belles idées, « humanistes », trans-classistes, souvent floues, mais aussi des propositions concrètes toutes axées sur le monde de la finance. 

Si on en reste aux propositions concrètes, on peut les résumer sous les phrases suivantes, présentes dans le document  : « transformer les outils existants en outils de coopération au service des peuples », « mettre l'économie ( = le capitalisme) au service de l'humain »

 

  • L'harmonisation des salaires, vers un salaire minimum européen – qui peut croire que le salaire minimum roumain ou grec sera aligné sur le SMIC français  ? C'est soit une utopie vaine, soit une proposition dangereuse pour baisser les salaires des pays les plus avancés.

  • « Refonder l'Euro pour le mettre au service des besoins des peuples  » – rien de moins que proposer de faire de l'Euro, monnaie du capital, une monnaie au service des travailleurs. C'est comme vouloir qu'un requin se transforme en colombe, par un coup de baguette !

  • « Une stratégie commune à travers des politiques budgétaires alternatives basées sur des budgets suffisants » – une phrase ambiguë mais qui suppose une intégration budgétaire accrue, via la contrainte monétaire, une augmentation du budget européen, et un dessaisissement des peuples  : en somme, un TSCG de gauche  !Pierre Laurent souligne que si « certains avancent l'idée d'un retrait de tel ou tel pays conduisant à la dissolution de la zone euro », ceci est « une fausse solution », porteuse de la dissolution en fait de l'Union européenne, et du réveil des nationalismes. " Sauf qu'à ce positionner en désertion, de fait, de la défense de la nation et de sa nécessaire souveraineté Pierre Laurent devient un des carburants de cette montée du nationalisme. Il est un des alliés objectif du FN. Toute force de gauche qui déserte le terrain de la souverainté nationale alimente le " ventre fécond d'où est sortie la bête immonde ". En diabolisant les communistes qui ne partage pas sa fuite en avant européiste il ne faudra pas qu'il se plaigne d'être à son tour diabolisé.

  • «  Réorienter la BCE, son rôle, ses missions, son statut  » – un projet aussi utopique que ré-orienter le FMI : comment les peuples pourraient transformer cet outil dont la raison d'être est de fixer une politique au service du grand capital. Surtout que le projet du PGE est modeste : prévoir des missions de croissance (comme pour la FED américaine), lui attribuer un rôle de préteur en dernier ressort. Du keynésianisme très modéré !

  • « Changer les critères d'utilisation de l'argent par les banques et les grands groupes » – en somme, la BCE conditionnerait ses crédits en fonction de critères sociaux, écologiques, tout comme les Etats pénaliseraient ou récompenseraient les entreprises selon leur politique. Il y a un bon capitalisme (productif, responsable) et un mauvais (financier, immoral), et le PGE est prêt à récompenser le capital responsable par peut-être des exonérations fiscales, des subventions, du crédit facile. Cela passerait, dans la lignée du projet de pétition européenne lancé il y a deux ans par la constitution d'un « fonds européen pour le développement social et écologique ». Le PGE vient de ré-inventer le FEDER et le FSE !

  • « Créer une banque publique européenne, ainsi que des pôles publics bancaires nationaux pour changer les critères de fonctionnement de l'économie réelle  » - on voit ici ce que le PGE entend par «  développement des services publics  », d'un côté des grandes institutions publiques européennes (ici bancaires), de l'autre des pôles publics nationaux … en concurrence avec des pôles privés : surtout pas de monopoles publics nationaux. L'objectif de cette banque serait « de ne pas servir la spéculation mais à créer des emplois, financer l'économie réelle », encore une opposition simpliste et fallacieuse entre capitalisme productif et capitalisme financier ;

  • enfin, l' « allègement de la dette  » - avec des mesures d'abolition d'une part de la dette, de révision des échéances et conditions de remboursement. Une mesure de bon sens … pour le capital bancaire européen si il veut obtenir remboursement … et s'il veut étendre le supplice de la dette sur plusieurs décennies (on peut repenser au sort de l'Allemagne dans les années 1920, ou après 1945, Tsipras aime à faire référence aux accords de Londres signés avec la RFA … face au péril communiste et dans les intérêts du capital allemand et européen)  ;

 

On pourrait, sur le plan politique, sourire sur les propositions de « démocratisation de l'Union européenne », proposant de donner plus de pouvoir au Parlement européen, et de se saisir de l'outil de la « pétition européenne » … dont la Commission a refusé d'enregistrer celle du PGE (pour un « fonds européen social et responsable »), pour mieux la jeter à la poubelle, sic !

 

Il est frappant de remarquer que toutes ces propositions – ré-orientation de la BCE, refondation de l'Euro, allégement de la dette, critères de sélectivité du crédit, fonds social européen – ont été reprises telle quelle dans toutes les feuilles de route de congrès ou de convention des partis du PGE : Syriza, Die Linke, PCF-Front de gauche, PCE-Izquierda Unida, Refondation communiste.

 

Mais qu'y-a-t-il de commun à toutes ces propositions  ? 1) Elle propose des réformes modérées du système capitaliste, pour l' « humaniser  », tout au plus une régulation de son volet financier  ; 2) Elles s'articulent toutes à l'échelon européen, supposant plus d'intégration européenne.

 

Plus d'Europe, ré-orienter les mécanismes financiers prédateurs de cette UE … pour sauver l'Europe, et relancer l'économie capitaliste !

 

Sortir de l'Euro ou sauver l'Euro  ? Le PGE à la rescousse de l'Europe du capital

 

C'est la question centrale. Ni Tsipras, ni Laurent n'ont pu l'occulter. Il est frappant de voir l'évolution du constat du PGE entre le dernier congrès de 2010 et celui-ci. Le PGE ne peut plus défendre le mythe des fondements justes de l'UE, supposément dévoyés depuis 2008.

 

Désormais, le PGE découvre que l'Euro a été « une monnaie au service du grand capital  », Pierre Laurent réalise soudain que « les fondements de la construction européenne sont en cause  », que «  la crise a révélé les tares fondamentales de la construction européenne  ».

Toutefois, sur l'Euro, Pierre Laurent souligne que si « certains avancent l'idée d'un retrait de tel ou tel pays conduisant à la dissolution de la zone euro », ceci est « une fausse solution », porteuse de la dissolution en fait de l'Union européenne, et du réveil des nationalismes.

 

On peut rappeler que plusieurs partis communistes – comme le PC portugais, grec, chypriote, luxembourgeois – remettent désormais directement en cause l'Euro, envisageant d'en sortir. Que même des personnalités, plutôt dans l'optique du PGE, comme Julio Anguita en Espagne ou Oskar Lafontaine en Allemagne se sont prononcés contre la monnaie unique dernièrement.

 

Tsipras est plus direct, tout son discours est orienté autour de la « refondation de l'Euro  », suivant la ligne qu'il a défendu ses derniers mois  : « Non à l'austérité, oui à l'Euro ».

Tsipras constate que cette « union monétaire divise les Etats-membres, les sociétés, augmente le chômage, la pauvreté et les inégalités  ». Pour lui, elle doit être « soit refondée, soit dissoute », cette « refondation signifiant changement », un « changement pour l'Europe qui est désormais une question existentielle ». Sauver l'Euro pour sauver l'Europe, c'est l'idée de Tsipras !

Tsipras martèle ses propositions, en filigrane, sur l' « union monétaire  »  : l'Euro doit porter une responsabilité sociale (sic), la BCE doit être renforcée comme banque centrale.

 

Loin de porter frontalement l'exigence de rupture avec la « Troika  » (BCE-UE-FMI), Tsipras et le PGE portent l'objectif de « réforme  », « ré-orientation », en premier lieu de l'outil qui permet à la «  Troika  » d'imposer ses politiques, l'Euro.

 

Le PGE et Tsipras se proposent finalement de collaborer avec les dirigeants de l'UE, espérant obtenir de la négociation un « allègement du fardeau austéritaire  ».

 

Refonder l'Europe : une utopie irréaliste dangereuse, un projet réaliste réformiste

 

« Refonder l'Europe », le choix des termes n'est pas anodin. Tsipras évacue la subtilité : «  refondation = changement/réforme  ». En réalité, si la dimension de «  refondation » porte cette idée réformiste, elle recèle d'autres potentialités, y ajoutant une dimension idéaliste, utopique.

 

En effet, le PGE, pour la première fois, doit admettre que les fondements de la construction européenne sont viciés. Il le fait à reculons.  Ainsi, hors Lisbonne aucune remise en cause des Traités – ni Rome, ni Maastricht – n'est actée, tout comme aucune remise en cause de l'Euro.

Si les fondements sont orientés dans une mauvaise direction, celle du capital financier, il faut donc poser de nouvelles fondations, refonder cette construction européenne.

 

Mais sur quelles bases cette Europe doit être « refondée » : l' « humain » pour le PGE. Une idée abstraite détachée des classes concrètes, de leurs contradictions et de leur lutte.

Dans des sociétés dominées par le capital et ses représentants, vouloir re-batir une Europe humaine (ou même du travail) est une utopie. La réaliser serait déjà supposer que des gouvernements alternatifs de gauche seraient déjà présents dans toute l'Europe … ce qui de fait dissoudrait cette Europe-là, rendant l'Union européenne caduque.

Dans le rapport de force actuel, c'est un rêve. Celui que caressait naguère les romantiques puis les trotskistes sur les « États-Unis d'Europe », justement dénoncés par Lénine.

Pour Lénine, ils étaient irréalisables à moins de réaliser le socialisme partout (donc de le rendre caduc), étroitement limités à l'Europe (pourquoi pas « Etats-unis du monde », car il s'agit d'une construction d'un bloc impérialiste), enfin justifiant l'union des cartels capitalistes européens.

 

Un rêve idéaliste qui permet de justifier des compromis réalistes. Tsipras a raison « refondation = réforme », la seule perspective réalisable, c'est la re-négociation de cette Europe, un allègement de la dette pour sauver l'Europe du capital.

Ainsi Pierre Laurent, une fois sorti du « monde des étoiles » revient sur terre, tout en marchant sur la tête :

« Aujourd'hui, l'Europe est dans une impasse de civilisation. Les dirigeants européens, enfermés dans leurs dogmes n'ont pas de vision d'avenir pour l'Europe. Ils sont en train de tuer l'idée d'une Europe de coopérations et de solidarité ».

 

Qui doit sauver « l'idée » européenne : « nous, PGE, avons à prendre à charge l'avenir de l'Europe »

 

Le programme d'action du PGE  : une OPA sur le mouvement communiste et la gauche d'alternative

 

Quelles lignes d'action pour le PGE, dans les mois à venir ? On eut attendu d'une organisation de « gauche radicale » une attention aux luttes concrètes contre les politiques d'austérité, une réflexion sur les conditions du passage à une société alternative. Rien de tout cela.

 

Du côté du « mouvement social », le PGE délègue au mouvement syndical regroupé dans la CES, cette organisation européenne regroupant 85 syndicats – démocrates-chrétiennes, sociaux-démocrates, libéraux pour l'essentiel – et destiné à promouvoir le « dialogue social européen » dans une « Europe de paix et de stabilité ».

Bernadette Ségol, secrétaire de la CES – une française qui n'a jamais milité dans un syndicat français – et Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire des Commissions ouvrières (CC.OO) espagnoles et président de la CES, étaient au congrès du PGE à Madrid.

Le dirigeant espagnol – qui freine le mouvement en Espagne – n'a pas eu un mot pour les luttes, il a insisté sur les « réformes » à mettre en place à l'échelle européenne : un plan de relance européen financé par une Taxe Tobin, des euro-obligations et mécanismes de solidarité européens.

 

Le PGE a également les yeux tournés vers les prochaines élections européennes de 2014. Il ne cherche rien de moins qu'à faire une OPA sur la gauche d'alternative, à en finir avec un mouvement communiste indépendant, sur des positions de classe.

Premièrement, par la candidature d'Alexis Tsipras, chef de SYRIZA, à la Commission européenne. Cette idée a créé des remous à gauche, même au sein du PGE. Sa candidature n'a été votée qu'à moins de 80 % des délégués présents à Madrid !

Elle pose plus d'un problème. De une, elle donne une légitimité à une institution anti-démocratique, la Commission, dans une élection sans enjeu. De deux, le PGE s'arroge le droit de présenter une candidature au nom de la « gauche d'alternative » qui ne se reconnaît pas dans le PGE et son choix.

Enfin, de trois, la mutation de SYRIZA de plus en plus nette en PASOK 2.0, en social-démocratie de substitution avec l'afflux massif de transfuges du Parti socialiste, la transformation en « parti unique », éliminant toute voix dissonante de gauche interne, centrée autour d'une personnalité et d'une ligne institutionnelle, pro-européenne et de gestion, pose problème.

Tout comme la personnalité de Tsipras qui a passé les douze derniers mois à rencontrer les dirigeants de l'UE, de la BCE, du FMI, de l’État allemand pour les rassurer : « Je ne suis pas dangereux », aime-t-il à leur répéter, je suis là « pour sauver l'Euro, l'Europe ».

Tsipras n'hésite pas à récupérer des références très lointaines par rapport à la tradition communiste« New Deal », « plan Marshall », « accords de Londres de 1953 », un mélange de keynésianisme régulateur, de réformisme assumé et de projets impérialistes manifestes !

En mars 2012, il avait même envoyé une lettre à Mario Draghi, Hermann van Rompuy et José Manuel Barroso pour se poser comme recours non seulement pour restaurer la stabilité en Grèce mais aussi dans toute l'Europe. Drôle de fossoyeur de l'UE que celui qui s'en veut le sauveur.

 

Parmi les autres initiatives que propose le PGE, la constitution d'un « forum européen des alternatives » à l'automne 2014, visant les forces politiques, sociales et syndicats qui ne sont pas membres du PGE, selon le schéma essoufflé des « forums sociaux », qui à l'origine voulaient de façon louable échapper à toute récupération politicienne.

Le but est clairement de faire main basse sur toute une frange de l'opposition de gauche au système, susceptible d'échapper à l'influence des institutions de l'Union européenne du capital.


Seule campagne de lutte, le refus du « grand marché trans-atlantique » en 2014. Il est évident que ce projet de libre-échange USA-Canada-Europe est porteur de périls – notamment pour la libéralisation-privatisation des services publics, pour la défense de notre agriculture, notre industrie.

Toutefois, cette campagne est non sans arrières pensées. Car elle oppose implicitement une « bonne Europe » indépendante, à une « mauvaise Europe » sous influence américaine. Non à l'Europe américaine, ce serait oui à l'Europe tout court !

Plus pernicieux, elle omet que l'UE va utiliser l'accord de libre-échange trans-atlantique comme un cheval de troie pour pousser un processus de libéralisation-privatisation, de casse de l'appareil productif qu'elle a déjà largement entamé, achevé parfois dans de nombreux secteurs par ses outils propres : directives de libéralisation, politique agricole commune, CECA.

 

 

Maité Mola, représentante d'Izquierda Unida, et Pierre Laurent ont conclu dans les mêmes termes : « le congrès du PGE, c'est le congrès du futur de l'Europe ». Le PGE se veut sauveur de l'Europe du capital, aux communistes de construire le mouvement pour l'enterrer !

 

Commentaire d'Action Communiste : Il est urgent que les militants du PCF sortent du bourbier européen.  Nous partageons l'avis des communistes qui s'expriment sur le blog "Pcf Bassin d'Arcachon".  Ils commentent la position du PGE ainsi :


Pierre Laurent souligne que si « certains avancent l'idée d'un retrait de tel ou tel pays conduisant à la dissolution de la zone euro », ceci est « une fausse solution », porteuse de la dissolution en fait de l'Union européenne, et du réveil des nationalismes. " Sauf qu'à se positionner en désertion, de fait, de la défense de la nation et de sa nécessaire souveraineté Pierre Laurent devient un des carburants de cette montée du nationalisme. Il est un des alliés objectif du FN. Toute force de gauche qui déserte le terrain de la souverainté nationale alimente le " ventre fécond d'où est sortie la bête immonde ". En diabolisant les communistes qui ne partagent pas sa fuite en avant européiste il ne faudra pas qu'il se plaigne d'être à son tour diabolisé.

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 16:21

cartePCF2013

 

Lu sur le site: http://www.pcfbassin.fr/ 

 

Parti de la Gauche Européenne, financement par l’Europe,

conditions à remplir.

 

 

Aux fins du présent règlement, on entend par :

 

1) «parti politique»: une association de citoyens: — qui poursuit des objectifs politiques, et — qui est reconnue par, ou établie en conformité avec, l'ordre juridique d'au moins un État membre;

 

2) «alliance de partis politiques»: une coopération structurée entre deux partis politiques au moins;

 

3) «parti politique au niveau européen»: un parti politique ou une alliance de partis politiques qui remplit les conditions visées à l'article 3.

 

 

Article 3 Conditions


Un parti politique au niveau européen remplit les conditions suivantes:


 

a) avoir la personnalité juridique dans l'État membre où il a son siège;

 

 

b) être représenté, dans au moins un quart des États membres, par des membres du Parlement européen ou dans les parlements nationaux ou régionaux ou dans les assemblées régionales, ou avoir réuni, dans au moins un quart des États membres, au moins trois pour cent des votes exprimés dans chacun de ces États membres lors des dernières élections au Parlement européen;

 

 

c) respecter, notamment dans son programme et par son action, les principes sur lesquels l'Union européenne est fondée, à savoir les principes de la liberté, de la démocratie, du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que de l'État de droit ;


 

d) avoir participé aux élections au Parlement européen ou en avoir exprimé l'intention. »

 

 

Commentaires :

Et une des libertés fondamentales pour l’Europe est la liberté d’entreprendre avec son corollaire la concurrence « libre et non faussée ».

Le PGE adhère donc, de fait, à ces postulats, "les principes sur lesquels l'Union européenne est fondée" et donc à ses traités. 


Source

 

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 16:19

Depuis le 27 avril 2011 le livre « Sortons de l’euro ! Restituer la souveraineté monétaire au peuple » est disponible en librairie. Il est signé de Jacques Nikonoff, professeur associé à l’Institut d’études européennes de l’université Paris 8. Ancien élève de l’École nationale d’administration (ENA), Attaché financier à New York pendant plusieurs années. Porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), ex-président d’Attac, il a été ouvrier soudeur et syndicaliste dans une grande entreprise.

 

Demandez à votre libraire préféré de se procurer le livre « Sortons de l’euro ! » et de le mettre en vitrine. Vous pouvez lui commander l’ouvrage.


Ou commandez-le directement à la Boutique du M’PEP :
http://www.m-pep.org/spip.php?rubrique331


La couverture du livre « Sortons de l’euro ! ci-dessous :

sortons-euro01.jpg

sortons-euro02.jpg

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 16:08

 GREVE DANS LES ETABLISSEMENTS INDUSTRIELS DU GROUPE TOTAL

 

Communique de presse de la CGT Total

 

Depuis vendredi 13 décembre, date de l’ouverture des négociations sur les salaires dans la branche pétrole du groupe, la majorité des établissements industriels sont en grève à l’appel de la CGT.

Les salariés des raffineries de Donges, Normandie, Grandpuits, La Mède, de l’usine TOTAL Fluides d’Oudalles, de l’établissement des Flandres ont massivement répondus à l’appel de la CGT dès vendredi matin. Ils ont été rejoints dans la journée par ceux de l’usine TOTAL Pétrochemicals de Gonfreville et de la raffinerie de Feyzin. 

Leur revendication est claire : des augmentations générales de haut niveau.

La direction du groupe TOTAL n’a en effet pas l’intention de faire profiter les salariés des excellents résultats qui, cette année encore, vont enrichir très grassement les actionnaires.

Avec des augmentations garanties comprises entre 1,2 et 1,5%, la direction se moque ouvertement des salariés qui sont les vrais créateurs de richesses.

Les résultats mirobolants du groupe, qui sont régulièrement supérieurs à 10 milliards d’euros, la rentabilité qui progresse d’année en année, ce sont les salariés qui doivent en profiter.

Ces salariés à qui ont demande de faire toujours plus avec toujours moins de moyens, à qui on annonce en permanence la potentielle fermeture de leur site s’ils ne sont pas « dociles », à qui on demande de faire tourner les installations avec des bouts de ficelles. Ils sont à bout et ne comprennent pas pourquoi la direction les méprise encore plus en ne négociant pas des augmentations garanties dignes de ce nom, alors que les résultats du Groupe TOTAL le permettent.

La CGT demande donc à la direction du Groupe de revoir sa copie et de rouvrir dans les plus brefs délais les négociations afin que les augmentations garanties soient au niveau et compensent réellement les pertes de pouvoir d’achat.

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 15:57

L’UKRAINE, une révolution de "couleur"

menée par des fascistes avec l’accord du capital

svoboda2-bf140

 

Une stratégie qui a fait ses preuves dans "les révolutions de couleur"

Le modèle de base est OTPOR, une organisation serbe qui a été financée à hauteur de plusieurs millions de dollars par le Département d’Etat étasunien et ses agences, comme l’USAID, la NED, l’Institut pour la Paix (IFP) et l’Institut Albert Einstein (AEI), ainsi que de l’appui stratégique et politique de Washington. Ce mouvement a ainsi pu renverser Slobodan Milosevic en Yougoslavie en l’an 2000.

OTPOR est depuis utilisé par la diplomatie étasunienne comme modèle pour un « changement de régime » sans coup d’Etat et sans intervention militaire.

La stratégie de ces « révolutions de couleur » consiste à affaiblir et à désorganiser les piliers du pouvoir (l’Etat, les forces vives) et à neutraliser les forces de sécurité, le tout, dans un contexte électoral. Robert Helvey, colonel de l’armée étasunienne et membre de l’Institut Albert Einstein (AEI, cellule principale de formation à ces techniques) explique que l’objectif n’est pas de détruire les forces armées ou de police, mais de les convaincre d’abandonner le gouvernement actuel et de leur faire comprendre qu’il ont une place dans le pouvoir à venir. Par le biais d’opérations psychologiques à leur destination, la stratégie vise à nouer des liens avec les militaires pour négocier.

Les médias servent quant à eux à donner une aura internationale à ces mobilisations contre un Etat supposément « répressif ». Les manifestations de rue, les grèves de la faim, donnent l’impression que le pays se trouve dans une situation chaotique, instable, et que le pouvoir est prêt à tomber devant l’insurrection populaire. Lorsque pour rétablir l’ordre et faire appliquer la loi, l’Etat réagit, les médias sont utilisés pour accuser le gouvernement de répression et de violation des droits humains. Tout ceci permet de justifier n’importe quelle agression externe ou interne contre l’Etat.

Un nouveau seuil: l’ingérence directe et le soutien non moins officiel aux fascistes

Il est clair que dans le cas de l’Ukraine nous avons atteint un nouveau seuil où l’on voit clairement des gouvernants étrangers intervenir pour soutenir une opposition qui clame à la répression et à la dictature. C’est une ingérence directe désormais comme on en a peu vu du moins dans les pays que l’on considère comme développés.

L’autre seuil qui est franchi c’est le lien désormais officialisé entre ces mouvements que la presse présente comme libertaires mais qui dans les faits sont purement et simplement fascistes, antisémites, xénophobes.

Il faut bien mesurer que cette volonté d’affaiblir la Russie en rejouant une fois de plus la déstabilisation à sa marge est la réponse aux récentes initiatives dans lesquelles ce pays a réussi à imposer des négociations diplomatiques et à empêcher les guerres dont l’Occident désormais junkie au militarisme ne peut plus se passer. Ce n’est pas un simple complot c’est une question de survie pour le capitalisme à son stade de développement, les armes, la drogue, le pétrole sont étroitement imbriqués dans l’actuelle accumulation du capital.

La crainte devant les nouvelles relations sud-sud, l’alliance de fait entre la Chine, l’Asie Centrale et la Russie qui a bloqué les tentatives bellicistes en Syrie, en Iran, ont débouché sur une nouvelle offensive dans laquelle on retrouve les méthodes des révolutions de couleur qui ont disloqué l’ex-URSS. Les mêmes méthodes ont été d’ailleurs récemment utilisées au Venezuela et il paraît évident que certaines révolutions arabes ont été dévoyées avec semblables tactiques.

Que l’on ait imposé un choix au peuple ukrainien qui aille dans un sens ou un autre ne peut que favoriser la déstabilisation voulue par le capital. Il est regrettable que ni le Président de l’Ukraine, Viktor Ianoukovitch, ni le gouvernement n’aient répondu positivement à la proposition du Parti communiste d’Ukraine pour la mise en œuvre d’un référendum national sur les priorités de la politique étrangère de l’Ukraine. Par rapport à ce qui apparait comme une stratégie du capital, la solution est dans la construction d’une perspective politique et ceci n’est pas vrai que pour l‘Ukraine.

Au vu par exemple de ce qui se passe en Italie, on peut mesurer la manière dont le capital a choisi le fascisme, provoquer des mouvements sans perspective politique avec la colère comme seul moteur, les dévoyer vers le racisme, la xénophobie, une vague conscience identitaire… Le soutien en Ukraine est aussi le choix d’une certaine Europe…. La seule réponse serait dans la construction de perspectives, des propositions crédibles, un programme réellement à gauche, mais nous n’en sommes pas là… Le fameux "indignez-vous" est en train de connaître sa forme de récupération maximale.

Nous sommes devant une reproduction de scénarios bien connus et grâce auquel l’ancienne URSS et l’Europe socialiste a été détruite, sans parler d’une bonne partie de l’Asie centrale, les révolutions de couleur. Mais désormais l’ingérence des gouvernements européens, des Américains se fait au grand jour et la grande nouveauté est non seulement l’ingérence directe mais les forces que l’occident, Etats-Unis , Europe et donc Israël sont prêts à soutenir: ces forces sont clairement fascistes, xénophobes, antisémites(1). L’important réside dans la destruction des Etats.


Danielle Bleitrach


(1) il parait extraordinaire que les réseaux sionistes en Europe prêts à accuser d’antisémitisme des chefs d’Etat en Amérique latine, à soutenir contre le président bolivien des réseaux fabriqués par Klaus Barbie soient aujourd’hui prêts à faire silence sur la nature du mouvement ukrainien. Cela va avec le messianisme des dirigeants israéliens, plus l’Europe sera la proie des mouvements fascistes plus sera justifié le grand israël. Quant on mesure que les mêmes sont prêts à s’allier avec cette forme de fascisme qu’est la politique et l’idéologie saoudienne pour empêcher la reconnaissance de l’Etat palestinien quitte à embraser tout le moyen orient, on voit jusqu’où peut aller l’impérialisme à son stade sénile…

Partager cet article
Repost0
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 11:16

ue-ukraine-russie.jpg

 

Depuis la fin de l’URSS, l’Ukraine devenue indépendante vit une crise économique et sociale sans précédent. Les richesses du pays mises en coupe réglée par une oligarchie capitaliste avide de profits énormes ont pillé le pays. La corruption règne en maître et les politiciens ne sont que les pantins de cette oligarchie qui les achète au gré de ses besoins. La distanciation des liens économiques avec la Russie a contribué largement à l'écroulement de l’économie.

 

Dans ces conditions les travailleurs ukrainiens ont vu leur situation sociale se dégrader rapidement par la privatisation de nombreux services publics et l’augmentation galopante du chômage. C’est dire que le mécontentement est grand. Si le Parti des Régions de l’actuel Président Ianoukovytch a pu mettre fin au règne de Timochenko c’est parce que le peuple ukrainien en attendait un avenir meilleur. Sa déception est énorme.

 

Ianoukovytch n’a pas été le dernier à se tourner vers l’Europe en faisant miroiter le miracle. Puis, il s’est brutalement ravisé sous la pression de la fraction de l’oligarchie en « affaires » avec Moscou. Ce revirement n’est que le prétexte pour les groupes nationalistes et fascisants d’alimenter le rejet du pouvoir et par la même occasion celui de la Russie au profit de l’Europe. La destruction du monument à Lénine lors de la manifestation de dimanche est un témoignage parmi d’autre de l’anticommunisme qui anime ces adeptes de l’Ukraine européenne. Il est le symbole de la tentative d’un coup d’Etat neo-fasciste en préparation.

 

Pour l’Europe qui s’ingère dans les affaires du pays en soutenant les manifestations, il y a la volonté de s’étendre aux frontières de la Russie et d’accroître la pression sur cette dernière. Il y a en même temps la perspective d’une main-d’œuvre à bas coût et bien formée qui pourrait être largement exploitée.

 

Nous sommes donc loin des clichés d’une Europe libératrice qui aiderait le « malheureux peuple ukrainien » à se débarrasser du tuteur russe. En réalité, au sommet de l’Etat ukrainien, en préparation des futures élections présidentielles, les groupes d’oligarques manoeuvrent pour s’accaparer le pouvoir et continuer le pillage de l’Ukraine avec la bénédiction de l’Europe et/ou de la Russie.

 

Dans ces luttes seul le parti Communiste Ukrainien (qui a obtenu 15% des voix aux dernières élections législatives) pose la question de l’avenir politique économique et social du pays. Proposant un référendum sur l’association et/ou l’adhésion ou non de l’Ukraine à l’union européenne. Pour sa part il préconise qu’elle s’inscrive dans l’union douanière Russie- Biélorussie et Kazakhstan, union qui permettrait de retisser les liens économiques avec l’espace eurasiatique et permettrait à l’Ukraine d’y jouer un rôle pivot entre la CEE et les pays de l’ex-URSS.

 

Il est évident que les dirigeants actuels ne sont pas en capacité de mener une telle stratégie, faibles qu’ils sont de la domination des oligarques capitalistes qui comptent eux se vendre tout simplement au plus offrant. En Ukraine comme ailleurs l’avenir va dépendre du peuple.

 

Correspondant particulier à Kiev

 

source : http://www.sitecommunistes.org/

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 18:39

Le Figaro a publié dans son édition du 14 novembre un article selon lequel la crise de confiance entre les citoyens et leurs dirigeants s’accentuait. Ce phénomène toucherait selon son auteur toutes les puissances occidentales. En France, la cote de popularité de François Hollande est au plus bas.

Pour avoir une idée de la crise du leadership politique, le quotidien conservateur rappelle que le président français a recueilli dernièrement 15 % d’opinions favorables, un résultat bien en-deçà de celui de son prédécesseur qui s’était pourtant distingué parmi les dirigeants français les plus impopulaires. Son parti, l’Union pour un mouvement populaire, ne l’était que par le nom.

Dix-huit mois après son élection, François Hollande est désavoué par une majorité écrasante de citoyens français. Mais ce qui est frappant, ce n’est pas tant son très faible niveau de popularité que la rapidité avec laquelle la chute est survenue. La crise et ses effets ont bien entendu leur part de responsabilité : un taux de chômage élevé, une hausse de la TVA qui touchera principalement les salariés, la prolifération des manifestations dans plusieurs secteurs industriels, etc. Même le secteur agricole est touché. Indépendamment des critiques envers le gouvernement socialiste, ses adversaires dans les rangs de la droite estiment que la figure-même du chef d’État est contestée, vilipendée. Sa capacité à prendre des décisions stratégiques et son autorité sont clairement mises en cause : deux qualités que devrait posséder tout dirigeant.

Certains analystes politiques parlent d’une droitisation de la vie politique française, rêvant plus ou moins secrètement du retour de l’UMP au pouvoir… quand ce n’est pas de l’ascension au pouvoir de Marine Le Pen qui ne cesse de gagner le cœur des media et de la société en crise de paradigmes.

En Grande-Bretagne, le Premier ministre David Cameron glisse lentement vers les abîmes, ne recueillant que 39 % d’opinions favorables. Il avait chuté en mars 2013 à seulement 31 %. Le gouvernement Cameron est marqué par le scandale des écoutes téléphoniques et sa défaite parlementaire dans sa tentative de faire approuver l’intervention militaire britannique en Syrie, à la fin du mois d’août 2013. Pourtant, la Grande-Bretagne connaît un des taux de croissance les plus élevés parmi les pays développés… ce qui est une source de joie prématurée pour la bourgeoisie européenne. Ce qui est intéressant à observer, c’est plutôt l’écart entre la série des bonnes nouvelles relatives à l’économie et le fait que les consommateurs ne perçoivent pas d’amélioration de leur situation personnelle…

L’Allemagne est un cas à part. La première puissance européenne est moins touchée par le désenchantement qui sévit ailleurs sur notre continent. Angela Merkel a été réélue brillamment en septembre. Elle a connu son apogée dans les sondages avec 67 % d’opinions favorables. Le principal centre économique du capitalisme européen a renforcé son économie alors que les autres puissances ont perdu en compétitivité. Quant aux pays les moins développés (situés pour la plupart en périphérie), ils s’appauvrissent.

Dans un contexte gagné par l’euroscepticisme, Angela Merkel est l’exception qui confirme la règle. La chancelière allemande connaît, contrairement à ses homologues européens, une popularité qui n’est jamais tombée en-dessous de 60 % d’opinions favorables au cours des dernières années. Elle a même terminé son deuxième mandat à la tête de la République fédérale avec un soutien plus populaire qu’au début du premier, en 2005. Ceux qui connaissent Merkel estiment que son style sobre et sa façon de gouverner expliquent en partie cela. Mais la principale force de Merkel réside dans les très bons résultats économiques de l’Allemagne. C’est la première puissance économique européenne et la quatrième au monde.
    

La situation est plus ou moins la même outre-Atlantique. Le président étasunien a atteint son plus bas taux de popularité depuis qu’il est arrivé au pouvoir en 2008. Seuls 39 % des Américains interrogés début novembre par l’institut Quinnipiac approuvaient sa politique, contre 45 % un peu plus tôt. Il semble payer la réforme du système de santé et surtout les dysfonctionnements survenus lors de sa mise en œuvre. Toujours selon l’institut, à peine 19 % des sondés pensent que le système de santé va s’améliorer alors que 43 % estiment que la situation s’aggravera au contraire. Le président payerait également les errements de la politique étasunienne en matière d’espionnage sous couvert de la lutte contre le terrorisme.

L’impopularité du leadership politique dans les puissances occidentales n’est pas un phénomène nouveau. Il est allé en s’accentuant avec la crise économique. Mais les partis politiques traditionnels connaissent surtout une véritable crise d’identité. Et dans cette crise, l’électoralisme a toute sa part de responsabilité. Le fossé ne cesse depuis plusieurs années de se creuser entre le discours et l’action politique, alors que le divorce avec la base qui les soutenait jusque-là semble bel et bien consommé.

L’État-providence n’a cessé d’être malmené depuis les années quatre-vingt, y compris sous les gouvernements dits socialistes, et le cours des choses semble a priori irréversible, en dépit des organisations et des mouvements sociaux toujours à la recherche d’alternatives politiques et économiques. La détermination des groupes de pouvoir d’adapter la société européenne, dans son ensemble, au contexte imposé par l’internationalisation des rapports de production capitalistes, est responsable de ce processus.  La construction de l’Union européenne sur des bases néolibérales en est une des faces les plus visibles. 

Cette politique a conduit à l’effondrement des indicateurs sociaux en Europe. Les taux de chômage explosent, et les services sanitaires, l’éducation, les systèmes de retraite sont partout en souffrance. Aujourd’hui, tous les media s’attachent à faire de l’élection un enjeu central. Portant, quel que soit le président élu, les plans de rigueur et d’austérité vont se multiplier. Austérité de droite… contre austérité de gauche. Cela fait longtemps que les peuples d’Europe n’ont pas souffert à ce point. D’aucuns attendent une réponse démocratique à leurs problèmes. Pourtant, la nécessité de détruire l’ancien monde pour construire le nouveau s’impose comme une évidence, fût-ce par tous les moyens. Et ceux qui pourraient s’offusquer feraient mieux de se rappeler que la démocratie bourgeoise n’autorise la violence que quand elle est de son légitime ressort… c’est-à-dire quand les oppresseurs et leurs instruments d’oppression sont menacés.

Capitaine Martin sur le blog Résistance.fr

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 15:50
Ukraine: "Il faut un référendum pour sortir de la crise"

Anatoli Sokoliuk est responsable des relations étrangères du Parti communiste ukrainien (PCU). Il revient sur le mouvement de contestation qui dure depuis maintenant deux semaines en Unkraine et défend l'idée d'un référendum pour sortir de l'impasse politique.


Comprenez-vous les revendications 
des manifestants ?

Anatoli Sokoluk. Depuis leur arrivée au pouvoir, le Parti des régions de Ianoukovitch a poursuivi la politique d’intégration européenne de ses prédécesseurs. Et, à la veille de la signature, il décide de ne pas signer. On n’agit pas de la sorte même si le rejet s’avère juste. Forcément, le peuple n’a pas compris cette volte-face. Et des partis ont profité de l’occasion pour organiser des rassemblements, comme Svoboda (« liberté », extrême droite). Son dirigeant, Oleg Tiagnibok, tente à tout prix de radicaliser le mouvement et utilise des groupuscules pour multiplier les provocations. Même au sein de l’opposition sur la place Maïdan, Vitali Klitschko, du parti Oudar, n’a pas réussi à les calmer. L’unité de l’opposition, ne tient qu’à la volonté de se débarrasser de Ianoukovitch. Cela n’a rien à voir avec la « révolution orange » de 2004, où Ioulia Timochenko et Viktor Iouchtchenko portaient le mouvement.


Pourquoi défendez-vous l’idée d’un référendum ?

Anatoli Sokoluk. Un tel vote mettrait un terme au blocage politique, aux protestations et aux dérapages. Nous avions alerté le président et le chef du gouvernement que prendre une telle décision en se passant de l’avis des Ukrainiens, cela déboucherait sur un immense mécontentement. D’où notre proposition d’organiser un référendum. L’opposition et même certains membres du Parti des régions de Ianoukovitch soutiennent notre initiative, signée par des dizaines de milliers de personnes. Par le passé, de nombreux pays membres de l’UE, comme la France ou l’Irlande, ont organisé des référendums pour consulter leurs citoyens quand d’importants changements émanaient des traités. La Croatie a voté en 2012 pour intégrer l’UE. Pourquoi l’Ukraine ne pourrait pas faire de même ?


Êtes-vous inquiet de la colère qui gagne les Ukrainiens ?

Anatoli Sokoluk. Toutes les mesures prises par les gouvernements successifs au nom du peuple n’ont fait que le desservir. L’aggravation de la vie quotidienne le démontre, avec la corruption qui touche tous les étages de la société. Le nombre de chômeurs et la précarité ne cessent d’augmenter, à la différence des retraites et des salaires toujours aussi maigres. Quant aux jeunes, ils préfèrent émigrer en Pologne, en Russie, au Royaume-Uni, pour s’en sortir. Je comprends la colère des gens sur la place Maïdan. Mais la seule démission de Ianoukovitch et l’intégration européenne ne régleront pas tous ces problèmes. Il faut porter des mesures sociales fortes.

 

Entretien réalisé par V. K. pour l'Humanité

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents