Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de
démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues
d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.
Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>
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Humeur
Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de
l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.
Cette semaine, sur le
conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué à Thierry Steiner pour
la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"... (lors du 7-10 du 25 juillet).
Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].
Après les différentes informations sur les propos guerriers de I.Timochenko, nous publions ces deux articles, uniquement empruntés à la presse consensuelle nationale.De quoi réfléchir.Nous sommes passés, sans que l'Occident s'en offusque, du règne d'une oligarchie à une autre... Et très inquiétant, les propos guerriers de la dame. On attend que Fabius et Dame Ashton condamnent. En attendant elle se présente aux présidentielles contre un autre oligarque milliardaire. Ceux qui se sont soulevés contre la corruption du précédent régime apprécieront.
Pendant ce temps les mouvements d'extrême-droite sont en embuscade. Le fasciste Dmitri Iaroch,chef de "Pravyi Sektor" créé au début du mouvement de Maïdan, annonce sa candidature à l'élection présidentielle du 25 mai."Pravyi Sektor" est connu pour ses parades militaires, ses coups de main contre les forces de police, les monuments et bâtiments officiels et dès le 1er décembre l'occupation de la Maison des syndicats.
Le parti "Svoboda"a plusieurs longueurs d'avance sur "Pravyi Sektor". Plus ancien que le précédent, c'est un parti d'extrême-droite qui cultive l'anticommunisme et l'antisémitisme. Il est représenté au gouvernement. C'est un de ceux qui avait mis le feu aux poudres en réclamant et en obtenant l'abrogation par le parlement ukrainien de la loi sur les bases de la politique linguistique d'Etat, qui accordait au russe le statut de langue régionale. Sa rupture récente avec le FN n'est pas idéologique, mais due au soutien du FN au référendum en Crimée. Le 18 mars, l'un de ses députés, Igor Mirochnitchenko, avec plusieurs collègues, s'est signalé en menaçant physiquement le directeur de la première chaîne publique, exigeant sa démission écrite. Svoboda aussi se prépare pour les présidentielles.
Le Parti communiste ukrainien présente Petro Simoneko, son premier secrétaire. Face aux oligarques et aux fascistes, il aura une tâche difficile.( sources : El Diablo, çanempechepasnicolas, LeMonde.fr, Le Figaro.fr...).
Publié sur Le Point.fr le 27 02 2014
Dès 1997, la justice suisse est alertée par d'étranges mouvements de fonds diligentés par Ioulia Timochenko, la future égérie de la révolution Orange.
Diplômée d'économie de la faculté de Dnipropetrovsk (la troisième ville d'Ukraine), Ioulia Timochenko n'a pas mis longtemps à assimiler toutes les subtilités de la finance internationale. Un an après l'indépendance du pays, elle crée à Chypre, le 8 octobre 1992, la société Somolli Enterprises, qui va rapidement accueillir 140 millions de dollars.
La manne provient de United Energy Systems of Ukraine, une compagnie justement dirigée par Ioulia Timochenko qui achète du gaz à la Russie et le distribue dans la région de Dnipropetrovsk. Elle a été placée à ce poste stratégique par Pavel Lazarenko, ministre de l'Énergie, puis Premier ministre de l'Ukraine en 1996-1997. "Dans les demandes d'entraide judiciaire envoyées dès mars 1997 par Kiev à Berne, elle est même présentée comme sa maîtresse", se souvient un magistrat suisse.
Arrêtée avec un passeport panaméen
Ioulia Timochenko, la trentaine, est alors brune, sans ses tresses typiques. "Elle a été relookée depuis par des conseillers occidentaux, sans doute des Américains, pour jouer les paysannes ukrainiennes", constate Emilia Nazarenko, correspondante à Genève du quotidien ukrainien Den. Avant de devenir l'égérie de la révolution Orange, Ioulia Timochenko penchait davantage pour le grand voisin russe.
Quant à Pavel Lazarenko, soupçonné de détournements de fonds, il préfère prendre la fuite. En décembre 1998, il est arrêté à Bâle (Suisse) en possession d'un passeport... panaméen. Le juge d'instruction genevois Laurent Kasper-Ansermet, en charge du dossier, est contraint de jouer au Petit Poucet pour tenter de localiser les fonds détournés. L'argent part de Chypre vers quatre cantons suisses, Fribourg, Genève, Vaud et Zurich.
9 ans de prison pour blanchiment
L'un des comptes bancaires concernés a été utilisé pour plus de 2 500 opérations ! Les millions se dispersent ensuite en direction de la Pologne, des États-Unis et de la petite île d'Antigua, dans les Caraïbes. Finalement, Pavel Lazarenko devient en 2000 le premier homme politique condamné en Suisse pour "blanchiment" ! Arrêté ensuite aux États-Unis, l'ancien Premier ministre écope de 9 ans de prison en 2006 en Californie, également pour "blanchiment". Au départ, Ioulia Timochenko apparaît dans la procédure américaine comme "co-conspiratrice", mais, fort curieusement, elle est ensuite blanchie.
Il est vrai qu'entre-temps en Ukraine, à la tête du Bloc Ioulia Timochenko - une coalition de partis de centre droit -, elle est devenue l'égérie de la révolution Orange, considérée comme pro-occidentale. Les Occidentaux vont se mobiliser quand le régime de Viktor Ianoukovitch, vainqueur de l'élection présidentielle de 2010, la jette en prison et la condamne à sept ans de détention. "Mais la libération de Timochenko ne doit pas faire illusion. Elle reste toujours très contestée. Fort peu d'Ukrainiens voteraient aujourd'hui pour elle", assure la journaliste Emilia Nazarenko.
Les ennuis de La princesse du gaz, pour reprendre le titre du livre du journaliste allemand Frank Schumann, paru en 2013, ne sont pas pour autant terminés. Un cabinet d'avocats londonien mène actuellement des investigations, notamment en Suisse et aux États-Unis, pour retrouver les centaines de millions de dollars qu'aurait cachés Ioulia Timochenko.
Dans le Figaro.fr, cet article à propos des enregistrements téléphoniques de I.Timochenko. Ce que nous avons souligné en bleu n'est pas contesté par Timochenko..
Polémique autour des propos de Timochenko
L'ex-opposante ukrainienneIoulia Timochenko a dénoncé aujourd'hui la diffusion sur internet d'un enregistrement de ses propos au téléphone, et une manipulation qui selon elle en a renforcé la tonalité déjà fortement anti-russe.
Elle a accusé, sur son compte Twitter, les services spéciaux russes, le FSB, de cette manipulation, dont la réalité est extrêmement difficile à vérifier. L'ancien Premier ministre, aujourd'hui dirigeante du parti Batkivchtchina, a répondu ainsi à la diffusion sur l'internet d'une conversation de deux minutes avec un proche, le député du Parti des régions Nestor Choufritch.
Selon cet enregistrement, Timochenko se dit d'abord "prête à prendre une mitraillette et tirer une balle dans la tête à ce salaud", visant apparemment le président Vladimir Poutine. Mais le passage qui, selon elle, a été manipulé, est celui où elle se propose d'utiliser l'arme nucléaire contre les Russes d'Ukraine: - "Qu'allons nous faire des huit millions de Russes qui restent sur le territoire de l'Ukraine ? Ce sont des pestiférés", se demande Choufritch. - "Putain, il faut les fusiller avec des armes nucléaires", répond Timochenko, selon l'enregistrement.
"Cette conversation a bien eu lieu, a-t-elle admis sur son compte Twitter mais la partie sur les huit millions de Russes en Ukraine, c'est un montage." "En fait, ajoute-t-elle, j'ai dit 'les Russes en Ukraine, ce sont des Ukrainiens.' Bonjour le FSB. Excusez les gros mots." Dans une partie de la conversation dont elle ne conteste pas l'authenticité, Timochenko dit qu'elle va "utiliser tous ses contacts, soulever le monde entier, pour qu'il ne reste de la Russie pas même un champ brûlé".
Quelques informations à propos de la manifestation du 31 mars pour soutenir les syndicalistes havrais. A leur tour les Goodyear sont à nouveau poursuivis. C'est de l'acharnement judiciaire. C'est une guerre de classe. Ce sont les plus combatifs de nos camarades qui sont visés. Le pouvoir socialiste n'a-t-il donc rien compris à la colère des ouvriers et des salariés les plus touchés par la crise et sa politique d'austérité ? Ou a-t-il définitivement choisi le camp des patrons et de ses soutiens ? Et va-t-il se réjouir avec Warren Buffet, le milliardaire américain, qui se félicitait : "Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n'avons jamaisétéaussi prospères. C'est une guerre de classes, et c'est ma classe qui est en train de gagner".
Ceux qui viendront soutenir les syndicalistes havrais viendront exiger que les syndicalistes ne soient pas traités comme des criminels. Ils réclameront au gouvernement la justice sociale quand les patrons, grâce aux avocats et conseillers juridiques qu'ils paient à prix d'or, grâce au manque criant de contrôles fiscaux et d'inspecteurs du travail, grâce aux suppressions de nombreux tribunaux des prud'hommes, échappent le plus souvent aux condamnations qu'ils méritent.
Nous reproduisons ci-dessous les textes de la CGT et de l'appel unitaire.
La visite de François Hollande aux Etats-unis en février marquait, au-delà des échanges d'amabilités, l'affirmation d'une convergence totale de vues sur une politique étrangère impérialiste. Rien de surprenant si on lit des documents secrets publiés par Wikileaks.
Rien de top secret dans les deux dépêches publiées par l'ambassade américaine et révélées par Wikileaks, deux rapports à un an d'intervalle – juillet 2005, juin 2006 – dans la foulée du « Non » à la Constitution européenne de 2005, dans la préparation des présidentielles de 2007.
L'ambassadeur américain décrit la prestation de François Hollande, le 30 juin 2005, comme impressionnante, son analyse « raisonnée et éclairante ».
Qu'a dit François Hollande lors de ces rencontres ? Il évoque ses manœuvres de politicien roué au sein du PS, ses prédictions plutôt justes sur l'issue des primaires puis des présidentielles, le besoin de « changement » et de difficiles « réformes » du pays (déjà!), enfin, surtout, son adhésion pleine et entière à l'intégration européenne, ainsi que sa foi dans l'avenir de la relation atlantique.
Sa conception de la politique n'est guidée que par un objectif, le pouvoir, un moyen les manœuvres politiciennes. L'ambassadeur américain raconte comment Hollande tout à coup devient « enjoué » lorsqu'il évoque sa tactique électorale.
« Les réformes en France sont difficiles à mettre en oeuvre »
Pourtant, Sarkozy estime la bataille serrée pour 2007 et surtout la possibilité de mettre en œuvre les réformes nécessaires : « le vainqueur de 2007 n'aura pas un mandat pour réformer la France », a confié Hollande à l'ambassadeur … ce qui explique que l'homme de pouvoir Hollande ne semble pas affecté plus que cela par sa prédiction que Royal serait la candidate aux présidentielles.
Réformes ?Le mot revient dans les deux rencontres affublé des termes « difficiles », « nécessaires ». Selon Hollande, au vu de la division de la France en 2007 sur la question (dans la France post-Non de 2005), c'est trop tôt.
Ainsi, en 2005, Hollande dénonce le fait que « les réformes en France sont difficiles à mettre en œuvre, car elles sont imposées par le parti majoritaire et ne sont pas l'objet d'un compromis entre les partenaires – un système qu'il a caractérisé comme inefficace ».
Vive le dialogue social, l'union sacrée, on connaît …
En 2006, Hollande, à l'approche des présidentielles, se disait inquiet que les « réformes ne soient introduites que très lentement, si ce n'est pas du tout » dans le mandat 2007-2012.
Sur le contenu de ces réformes, Hollande reste évasif pour la plus grande frustration de l'ambassadeur américain qui confie qu'il n'est pas sûr qu'Hollande « soit l'homme du changement » qu'il prétend être, notant qu'Hollande fait systématiquement référence au gouvernement Jospin.
A noter qu'en 2006, Hollande est présent à l'Ambassade avec un autre habitué visiblement, un certain Pierre Moscovici.
« Chirac parle de modèle social français, moi je parle de modèle social européen : ce modèle social français, personne n'en veut »
Un sujet sur lequel Hollande n'est pas évasif, c'est l'intégration européenne, vue par Hollande comme la seule voie pour l'avenir de la France.
Ainsi, sur le « Non » à la Constitution européenne, Hollande évoque un « déficit dans l'explication du traité » (vieille rengaine), le repli nationaliste, la peur de la mondialisation, et donc la nécessité de « relancer la construction européenne ».
Pour lui, il ne faut pas proposer un nouveau référendum sur la Constitution, on ne peut pas non plus la faire passer au Parlement (or, c'est ce qu'a fait Sarkozy avec le soutien des députés socialistes !).
Moscovici garantit à l'ambassadeur qu'un gouvernement socialiste serait « plus pro-européen que ceux de Chirac ou Villepin ».
Hollande rajoute que lui, contrairement à Chirac ne parle pas de « modèle social français » mais de « modèle social européen ». En effet, selon le dirigeant socialiste d'alors, « ce modèle social français, personne n'en veut ailleurs » (sic).
« Avec les Etats-unis, les divergences doivent devenir l'exception » (Moscovici)
Et quelle politique étrangère pour la France ?
D'abord, Hollande ancre sa future politique dans l'Europe bien sûr, mais surtout en Afrique : « la France a une responsabilité unique sur ce continent ». On l'a vu depuis, même si l'ambassadeur américain souligne que Hollande voit dans l'UE la « panacée » à tous les problèmes.
Sur l'Asie, Hollande souligne le malaise au sein du peuple français : « on peut pas dire aux travailleurs de plus travailler » (ce qu'il fait maintenant!), donc il faut des protections … mais surtout pas du protectionnisme, « juste que tout le monde joue les mêmes règles », donc le protectionnisme hypocrites à coups de normes sociales, environnementales, classique.
Enfin, sur la relation franco-américaine, le couple Hollande-Moscovici a de quoi séduire l'ambassadeur qui note que « on entend avec lui un ton singulièrement différent », évoquant l'intervention américaine en Irak.
Hollande critique alors Chirac, en 2006, sur son bras de fer avec les Etats-unis, comme un an auparavant, en 2005 il avait qualifié sa future politique étrangère de « ni Blair, ni Chirac », pas de soutien acritique, mais surtout pas d'obstruction gratuite à la politique américaine.
En 2006, on est plus proche de Blair que de Chirac en effet, Hollande affirmant la nécessité d'une « politique étrangère ancrée plus fermement dans des valeurs universelles, tel le soutien à la démocratie, que dans une approche personnaliste comme celle de Chirac ».
Cela veut dire soutien aux interventions impérialistes américaines futures, avec sa propre politique.
Moscovici conclut par la nécessité de ne jamais aller au conflit avec les Etats-unis : « quand il y a des divergences, il faut ouvrir un dialogue, les différences doivent être l'exception, non la règle ».
Le commentaire fait par l'Ambassade révèle qu'ils ont été alors séduits par la prestation de François Hollande, bien que dubitatif sur sa capacité à incarner le changement en 2007. Sept ans après, le programme tracé par Hollande, évoqué plutôt à l'ambassade américaine que devant le peuple, est appliqué avec zèle.
Au moment où les dirigeants européens s'humilient en accueillant Obama, venu les sermonner et leur dicter la conduite à tenir à propos de l'Ukraine, nous éditons cet article de Solidarité internationale déjà ancien. Les Etats-Unis, l'OTAN, et l'UE, c'est la guerre.
« D'après vous, quel pays représente la plus grande menace pour la paix mondiale ? », c'était une des questions posées par l'institut de sondage américain Gallup dans 65 pays, la réponse est éclairante : l'impérialisme américain arrive de loin en tête, l’État israélien suit de près.
Près d'une personne interrogée sur quatre (24 %) interrogée dans le monde pense que les Etats-unis constituent la plus grande menace pour la paix mondiale. Les autres pays arrivent loin derrière : Pakistan (8 %), Chine (6%) puis Israel (5%).
Les États-Unis, seul pays perçu universellement comme une menace pour la paix mondiale
Ce qui est frappant, c'est que les États-Unis sont les seuls à être perçus universellement comme une menace pour la paix, arrivant en première place dans 39 pays sur 62 comptabilisés.
Cette crainte atteint des taux record dans les pays qui ont connu de près l'impérialisme américain au XX ème siècle et ses ravages : en Russie (54 %), Chine (49 %), Bosnie (49 %), Argentine (46 %), Grèce (45 %), Serbie (45 %), Pakistan (44 %) ou Mexique (37 %).
Ce qui est aussi frappant, c'est le fait qu'il arrive en première place dans des pays pourtant sous hégémonie américaine, subissant sa propagande impériale : c'est le cas en Australie, Autriche, Finlande, Allemagne, Irlande, Lettonie, Portugal, Suisse, Suède, Turquie et même au Royaume-Uni.
Aux États-Unis même, la puissance américaine est perçue comme le troisième plus grand danger pour la paix mondiale, juste derrière l'Iran et l'Afghanistan naturellement.
Israël, deuxième menace la plus souvent citée pour la paix mondiale
Le deuxième pays le plus fréquemment évoqué comme menace pour la paix mondiale est Israël, même si la réponse est concentrée dans les pays arabes. Israël est ainsi cité à cinq reprises en première place : au Bangladesh, en Irak, au Liban, au Maroc et en Tunisie.
En ce qui concerne les autres pays cités, ils sont généralement liés à des conflits locaux ou régionaux : c'est le Pakistan (pour l'Afghanistan, l'Inde), la Chine (pour le Vietnam, le Japon), la Russie (pour la Pologne, la Géorgie) ou la Corée du nord (pour la Corée du sud).
En France, la propagande médiatique fonctionne à plein : la Syrie et l'Iran, une menace pour la paix ?
Et pour ce qui est de la France, les résultats sont aussi éclairants qu'inquiétants.
D'une part, la France est un des rares pays à identifier un État qui n'est ni une super-puissance conflictuelle, ni un Etat frontalier menaçant comme principal péril pour la paix. Au contraire, elle est un de ces pays qui s'identifie le plus à la propagande impériale sur l' « Axe du mal ».
En effet, on retrouve dans certains États en situation particulièrement subalternes par rapport à l'impérialisme américain ce type d'identification à une menace suprême : l'Afghanistan (pour l'Italie), l'Iran (Etats-unis, Canada, Roumanie) et la Syrie (Bulgarie, Fidji, France ou Belgique).
Ainsi les Français identifient la Syrie comme première menace (13%), ex-aequo avec l'Iran (13 %) et enfin la Corée du nord (5%) en troisième position. Les Etats-unis n'arrivent qu'en septième place avec … 2,5 % des interrogés qui abondent en ce sens.
Aucun autre pays de l'OTAN n'atteint des taux aussi bas de dénonciation de l'impérialisme américain, Pologne exceptée. Aucun autre pays ne livre le tiercé de l' « Axe du Mal » avec une telle précision. C'est dire le travail de propagande réalisé ces derniers mois par nos médias « libres ».
Même aux Etats-unis, dont la population est souvent raillée comme inculte, les Etats-unis sont identifiés comme troisième menace à la paix mondiale, avec près de 13 % des interrogés.
Pourquoi la France n'est pas dans le top 10 des pays les plus menaçants ? Les limites du sondage
On aurait pu s'étonner par ailleurs que la France n'entre pas dans le Top 10 des États les plus menaçants avec les quatre guerres lancées ces trois dernières années : Côte d'Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique (on pourrait ajouter Syrie).
On peut l'expliquer partiellement par la réputation de notre pays comme rempart contre l'impérialisme américain, en train de s'étioler. Elle s'explique surtout par le mode de calcul choisi par l'institut de sondage américain, montrant bien ses limites.
Dans les 65 pays sélectionnés, une sur-représentation de l'Europe ou de l'Amérique mais surtout une absence quasi-totale des pays d'Afrique sub-saharienne (avec la seule présence du Kenya!).
Le sondage évacue quasi intégralement les anciennes colonies françaises, notamment en Afrique, premières victimes de l'impérialisme néo-colonial français, encore aujourd'hui.
En tout cas malgré ses limites, ce sondage montre que notre combat, celui du XX ème siècle et celui du XXI ème siècle, contre l'impérialisme, en premier lieu américain mais pas seulement, n'est pas du passé, il est celui qui correspond aux attentes des peuples de notre planète !
A Zaporija, une ville industrielle de l'est de l'Ukraine de 800 000 habitants, le leader des communistes ukrainiens, Petro Simonenko, a tenu une conférence de presse le 11 mars dernier. Il y a rappelé la position du Parti communiste face aux derniers événements de la vie politique du pays et il a expliqué quelle pourrait être une issue à la crise.
Petro Simonenko a dit que les événements actuels en Ukraine n'est que le résultat de l'enchaînement de ce qui s'est passé depuis trois mois, avant tout de ce contre quoi les communistes avaient bien mis en garde :
Maidanest le produit de la lutte entre le clan « blanc-bleu » (NdT : couleurs du Parti des régions de Ianoukovitch) et celui « orange » pour le trône de président. Cette lutte s'est accompagnée de massacres et d'homicides.
Ensuite,Maidanest aussi le produit du refus de prendre en compte la position du Parti communiste, qui avait pourtant été explicitée à la fin de l'année dernière. Celle de la nécessité de décider démocratiquement de toutes les questions fondamentales pour la société par un référendum.
Le Parti communiste veut sauver l'Ukraine comme État un et indivisible.
Actuellement, les problèmes de l'Ukraine ne se décident pas en Ukraine, ils se discutent et se résolvent au-delà de ses frontières, en Amérique, en Occident et en Russie.
Dans le pays sévissent les bandes armées illégales. Ces bandes mettent tout à sac, volent, incendient, occupent les bâtiments des administrations ainsi que des entreprises, privées comme publiques.
Tout cela se produit dans l'ensemble du pays. Cette situation est dangereuse pour l'Ukraine.
Les forces de police et l'armée sont paralysées. L'Ukraine a connu une féroce censure, même si àMaidanon parle de liberté d'expression et de démocratie. Le Parti communiste, avec ses arguments, ont été bannis des médias. Une campagne farouchement anti-communiste est mise en avant.
Aujourd'hui, un clan d'oligarques a pris le pouvoir et remplacé le clan précédent. La prise du pouvoir s'accompagnera une nouvelle fois d'une redistribution du patrimoine public vers les oligarques. Les oligarques dévorent l'Ukraine. En Ukraine, une dictature national-fasciste s'impose, soutenue par le capital oligarchique.
Parmi les problèmes pratiques qui doivent être résolus immédiatement au parlement, les communistes proposent :
annuler la réforme des retraites et de la santé ;
introduire un moratoire sur l'augmentation des prix et des tarifs ;
introduire une pénalité de 0,5 % pour tout jour de retard de paiement des salaires ;
respecter pleinement les dispositions légales de défense des vétérans d'Afghanistan, des victimes de Tchernobyl, des « enfants de la guerre » (NdT : la génération de ceux nés pendant la Seconde guerre mondiale et les années suivantes) et des autres groupes socialement vulnérables ;
enfin la restitution à l'Ukraine des fonds de l'ex-Sberbank (Caisse d'épargne) soviétique.
Toutes ces mesures permettraient de défendre les droits de nos citoyens.
A propos de l'organisation du développement extérieur de l'Ukraine, le député communiste Alexander Zoubchevski, en donnant l'exemple de Zaporija a montré de façon convaincante tous les dégâts potentiels que pourrait faire l'association avec l'UE.
Dans la phase actuelle, dans la région de Zaporija, seules deux entreprises fonctionnent bien : « Zaporijstal » et « Motor Sich » (NdT : respectivement une aciérie et une fabrique des moteurs pour avions, où sont employés plus de 40 000 personnes), et elles travaillent bien grâce aux relations économiques avec la Russie et les autres pays de la CEI.
Dans le cas où l'Ukraine s'orienterait vers l'occident, ces entreprises fermeraient leurs portes. Car en Occident, notre production n'a aucun intérêt. Alors, le chômage ne ferait qu'augmenter, et les nouveaux prêts du FMI ne déboucheraient que sur une paupérisation ultérieure de la population.
S’attaquer aux militants syndicaux pour mieux taper sur les salariés
Sous prétexte de la crise, les droits des salariés sont soumis à des pressions considérables de la part du patronat, sous couvert du gouvernement.
Une politique répressive s’instaure dans les entreprises et les services, les salariés subissent de plein fouet cette situation, sur leurs lieux de travail.
On leur demande toujours plus, sans aucune compensation, leurs conditions de travail se dégradent, on leur impose plus de flexibilité, de gel des salaires et aucune évolution de carrière, sauf quand il y a des luttes.
Les salariés vont au travail dans la crainte et l’anxiété.
Leur détresse démontre comment les modèles de gestion en vogue, les valeurs néolibérales et la financiarisation de l'économie sont en voie de transformer le travail en torture.
Bien des cas d'épuisements professionnels, de dépressions, et même de suicides s'avèrent plus que de simples problèmes individuels. Ils sont les symptômes des maux du monde du travail et de la société toute entière.
Les droits des salariés sont remis en cause.
Différents accords signés par certains syndicats avec le MEDEF ont des conséquences sur la vie des salariés (accord ANI, accord de responsabilité de Hollande-Gattaz, qui remet en cause notamment notre protection sociale), sans compter la remise en cause des élections prud’homales et de la réforme de l’Inspection du travail, qui demeure dans les tiroirs des ministères.
Le patronat pourra licencier plus facilement et les salariés vont avoir moins de droits pour se défendre.
Nous devons réagir !
Face à cette situation, pour tenter de dissuader toute opposition à cette cure d’austérité sociale, une politique répressive à l’encontre de l’action syndicale est orchestrée, avec l’aval du pouvoir en place.
Le cas des 4 du Havre n'est pas le fait du hasard.
Ce n’est pas le fait qu’ils aient collé quelques affiches sur les vitres du PS rappelant leur trahison vis-à-vis de la réforme des retraites, le plus grave, c’est qu’ils aient soutenu les salariés en lutte de SPB.
2 possibilités, nous sont offertes :
- Soit on laisse faire et le patronat continue à détricoter les droits des salariés en matière de droit du travail et de protection sociale.
- Soit on agit pour combattre la stratégie patronale, qui vise à s’accaparer des richesses produites du travail par les salariés pour gaver les actionnaires.
La CGT fait le choix de défendre les intérêts des salariés.
Pour cela nous vous appelons à être présents devant le tribunal de Grande Instance du Havre, le 31 mars, 11h30,
En présence de Thierry Le Paon Secrétaire Général de la CGT.
> Pour exiger la relaxe des 4 camarades du Havre.
> Pour exiger une loi d’amnistie sociale, une loi qui protège les militants syndicaux qui agissent dans le cadre de leurs mandats dans des actions collectives.
> Pour exiger l’arrêt de toutes les discriminations et les attaques envers les salariés dans les entreprises.
Le 31 mars, que nous soyons salariés actifs, privés d’emploi ou retraités, ensemble nous avons les mêmes intérêts à défendre, face à un patronat qui n’en a jamais assez et qui en redemande.
L’Union Départementale CGT de Seine-Maritime appelle ses syndicats à créer toutes les conditions, par des arrêts de travail dans les entreprises, afin de permettre aux salariés d’agir et d’être présents devant le tribunal pour soutenir nos camarades qui risquent des peines d’emprisonnement pour avoir défendu l’intérêt collectif des salariés.
Rouen, le 25 mars 20
Le 31 mars 2014, soyons présents :
> Pour exiger la relaxe des 4 du Havre.
> Pour exiger une loi pour les militants syndicaux qui les protège dans le cadre de leur mandat, dans les actions collectives.
> Pour exiger l’arrêt de toutes sanctions envers les salariés dans les entreprises.
Ceci est à relire quand Obama vient à Bruxelles pour dicter ses politiques étrangère et économique à la Commission européenne et à l'UE. Les Etats-Unis sont un danger pour l'Europe et les Européens. Sortons de l'OTAN et de cette UE inféodée aux USA depuis le plan Marshall. Sortons de près de 70 ans de soumission! Go Home America!
Affiche du PCF vers 1950
Le Grand Marché Transatlantique (GMT) et les municipalités
Raoul Marc JENNAR
Ce qui suit est tiré du mandat conféré par les 28 gouvernements de l’UE à la Commission européenne pour négocier avec les USA un grand marché transatlantique. Pour le texte complet du mandat, voir mon livre « Le grand marché transatlantique. La menace sur les peuples d’Europe. » Perpignan, Cap Bear Editions, 2014.
Dès l’article 4 du mandat, il est précisé :
« 4. Les obligations de l’Accord engageront tous les niveaux de gouvernement. »
Ce qui signifie, si l’Accord est adopté dans les termes du mandat européen de négociation, qu’il s’appliquera non seulement aux Etats de l’UE, mais également à toutes les composantes de ces Etats : en France, les Régions, les Départements, les Communes ; en Belgique, les Communautés, les Régions, les Provinces, les Communes ; en Allemagne, les Lander et les Communes, …
Les réglementations prises au niveau municipal sont directement visée par ce projet dès lors qu’elles produisent des normes considérées par les firmes privées comme des « obstacles inutiles à la concurrence » ou « plus rigoureuses qu’il est nécessaire ».
Ce principe est rappelé avec plus de précisions encore dans d’autres articles du mandat :
a) l’article 23, qui traite de la libéralisation (supprimer toutes les législations et réglementations restrictives) et de la protection (supprimer toute forme de taxation ou de contraintes sur les bénéfices) des investissements et qui enlève aux juridictions officielles au profit d’instances privées d’arbitrage le pouvoir de trancher un différend entre firmes privées et pouvoirs publics lorsqu’une firme privée estime qu’une législation ou une réglementation va à l’encontre de la libéralisation et de la protection des investissements, précise que « Toutes les autorités et entités infranationales (comme les États ou les municipalités) devraient se conformer efficacement aux dispositions du chapitre de protection des investissements du présent Accord. »
Ceci signifie qu’une réglementation municipale pourra être attaquée devant un groupe d’arbitrage privé si elle est perçue par un investisseur américain comme une limitation à son « droit d’investir ce qu’il veut, où il veut, quand il veut, comme il veut et d’en retirer le bénéfice qu’il veut » (définition de l’investissement par les lobbies US).
b) les Communes sont aussi visées par l’article 24 relatif aux marchés publics
24. L’Accord devra viser à compléter avec la plus grande ambition, en complément du résultat des négociations sur l’Accord sur les marchés publics, en ce qui concerne la couverture (les entités de passation des marchés publics, les secteurs, les seuils et les contrats de services, en ce compris en particulier dans la construction publique). L’Accord visera à accroître l’accès mutuel aux marchés publics à tous les niveaux administratifs (national, régional et local), et dans le secteur des services publics, couvrant les opérations pertinentes d’entreprises opérant dans ce domaine et assurant un traitement non moins favorable que celui accordé aux fournisseurs établis localement. L’Accord doit également inclure des règles et disciplines pour surmonter les obstacles ayant un impact négatif sur les marchés publics de chacun, y compris les exigences de localisation et les exigences de production locale, (…) et celles qui s’appliquent aux procédures d’appel d’offres, aux spécifications techniques, aux procédures de recours et aux exclusions existantes, y compris pour les petites et moyennes entreprises, en vue d’accroître l’accès au marché, et chaque fois que c’est approprié, de rationaliser, de simplifier et d’améliorer la transparence des procédures.
On le constate, tous les aspects d’un appel d’offre sont visés. Des exigences de localisation (ex : exiger qu’un fournisseur d’un service comme l’approvisionnement des cantines scolaires soit localisé sur le territoire de la Commune et qu’il s’approvisionne chez des producteurs locaux) seront considérées comme ayant « un impact négatif » sur les marchés publics. L’accès des marchés publics locaux sera ouvert aux entreprises et firmes américaines au détriment des entreprises et firmes d’Europe ou de France, et à fortiori de la commune ou de la région. Les traités européens ont bien préparé le terrain de ce point de vue puisque des exigences de localisation ne peuvent déjà plus être imposées à des entreprises européennes.
c) Enfin, l’article 45 étend à l’ensemble des dispositions de l’Accord le mécanisme prévu à l’article 23 dans le seul domaine de l’investissement (ainsi qu’à l’article 32 en ce qui concerne les normes sociales et environnementales) :
« 45. Règlement des différends
L’Accord comprendra un mécanisme de règlement des différends approprié, ce qui fera en sorte que les Parties respectent les règles convenues. L’Accord devrait inclure des dispositions pour le règlement le plus indiqué des problèmes, comme un mécanisme de médiation flexible. »
Ce qui signifie que toute espère de norme – sociale, sanitaire, alimentaire, environnementale ou technique - adoptée par une municipalité, dès lors qu’elle contrarie une firme privée, pourra être attaquée devant un mécanisme d’arbitrage privé.
Il faut rappeler que le gouvernement PS approuve et soutient le mandat de négociation et que le Président PS de la République a même souhaité, lors de sa récente visite à Washington, que les négociations soient accélérées. Avec les coupes sombres décidées par ce gouvernement qui vont affecter encore plus le financement des collectivités locales, le grand marché transatlantique constitue une autre menace grave pour nos municipalités : celle de les mettre sous la coupe des firmes américaines qui feront la loi dans nos communes.
A dix jours des élections municipales, voter pour des candidats se réclamant du PS ou alliés à celui-ci, c’est voter pour la colonisation de nos villes et de nos villages par les firmes américaines, c’est voter pour la disparition de notre artisanat, de nos petits viticulteurs, de nos petits agriculteurs, de nos petites et moyennes entreprises qui vont être broyés par les géants américains. Pensons-y le 23 mars. Et souvenons-nous que l’UMP soutient aussi ce projet et que le FN a voté contre une résolution proposant de faire de la Région PACA une « zone hors GMT ».
Ce 24 mars, quatre ouvrières travaillant dans une filiale tunisienne d'un groupe aéronautique française vont connaître leur sort devant la justice tunisienne. Elles ont déjà perdu leur emploi, elles sont maintenant menacée de prison, leur délit : avoir monté un syndicat.
Cela fait quatre ans que ces ouvrières tunisiennes de SEA Latelec-Fouchana, une filiale du groupe français aéronautique Latécoère, se battent.
Elles se sont battues d'abord pour monter un syndicat pour gagner un salaire décent et mettre fin au despotisme à l'usine, ensuite pour sauver leur emploi face aux manœuvres de délocalisation, enfin pour préserver leur liberté face aux poursuites judiciaires entamées par leur ancien employeur.
Monter un syndicat pour organiser la résistance
Tout a commencé en 2005. Latécoère, fournisseur notamment en câblages, fuselages (numéro un mondial dans le domaine) pour Dassault, Airbus et autres géants de l'aéronautique française, décide alors de délocaliser une partie de sa production en Tunisie, à Fouchana.
Latécoère embauche une main d’œuvre majoritairement féminine, escomptant sur la docilité des travailleuses, leur acceptation de conditions de travail et de salaires indécents.
C'est le début de l'enfer pour les ouvrières tunisiennes du site embauchées toutes en CDD renouvelable : heures de travail non-payées, harcèlement moral et sexuel, intimidations, pour un salaire ne dépassant pas les 100 € par mois.
En 2011, en pleine « révolution tunisienne » les ouvrières décident de dire Stop et ouvrent une section syndicale de l'UGTT, qui devient vite le foyer de résistance au despotisme patronal à l'usine, regroupe la grande majorité des travailleuses.
Quand Latécoère délocalise en … France pour casser la grève en Tunisie !
Une lutte âpre s'engage, où la direction emploie toutes les méthodes – tentative de corruption de syndicalistes, menaces – avant de concéder un accord en mai 2012 répondant à la plupart des revendications : reconnaissance de congés payés, des hausses de salaire, le paiement des heures sup.
L'entreprise française révèle vite ses vraies intentions. Dès septembre, elle crée un syndicat maison pour supplanter l'UGTT, un échec. Le 20 septembre, l'entreprise lance un lock-out patronal, refusant de rouvrir l'usine à moins que les déléguées UGTT ne soient laissées à la porte.
Le conflit s'intensifie. A Fouchana, les ouvrières lancent une grève illimitée, qui va durer quatre semaines, et va constituer un front uni face aux intimidations, sous toutes leurs formes
Sous pression de son principal donneur d'ordres, Airbus, Latécoère décide alors de « rapatrier » une partie de la production à Tarbes, en France, embauchant des intérimaires en France pour briser le mouvement en Tunisie.
Les machines, stocks sont rapatriés en France, les ouvrières tunisiennes impuissantes face à la manœuvre. Le groupe fait retomber la faute de la « réduction de la production » sur les travailleuses, contre lesquelles est entamée un plan de licenciement en mars 2013.
L'effectif est réduit de moitié sur le site tunisien, le syndicat maison prend enfin le pouvoir, les meneuses du mouvement dont Sonia Jebali et Monia Dridi sont mises à la porte. Le temps de finir la manœuvre, le site français est fermé et tout le matériel rapatrié en Tunisie.
24 mars : la menace de la prison
La direction française du site ne s'arrête pas là. Après avoir fait perdre leur emploi à Monia, Sonia et plusieurs autres camarades, elle pousse une salariée (affiliée au « syndicat maison ») de porter plainte contre quatre salariées syndiquées à l'UGTT pour « violences physiques et verbales »,
En décembre 2013, sans leur présence, le premier jugement a opté pour une peine de prison ferme de deux mois. Le 24 février dernier, la police leur a signifié leur condamnation pour « atteinte à la morale et diffamation ».
Les quatre femmes en lutte ont fait appel, le procès doit être rejugé ce 24 mars, avec une issue incertaine. Elles ont besoin de tout notre soutien.
Pointons les responsabilités des 1 300 entreprises françaises
Il est temps de faire monter la pression, temps aussi de pointer la responsabilité de nos entreprises, de l'Etat français dans les conditions de travail inhumaines, les salaires de misère dont sont victimes la masse de la population tunisienne, avant et après la dite « révolution » tunisienne.
Les entreprises françaises sont massivement présentes en Tunisie, elles sont 1 300, employant officiellement 130 000 salariés. En 2012, la France reste le premier investisseur en Tunisie, concurrencé par les Emirats, la Grande-Bretagne l'Allemagne ou l'Italie.
La France est également le premier partenaire commercial de la Tunisie : 30 % des exportations tunisiennes sont dirigées vers la France, 18 % des importations tunisiennes sont originaires de France.
Historiquement, les entreprises françaises sont présentes dans les services : tourisme (Accor, Club med), le secteur bancaire (BNP), la grande distribution (Casino, Carrefour), les assurances (Groupama) ou les services pétroliers (Total).
Toutefois, les entreprises opérant en Tunisies sont désormais très largement concentrées (à 80 %) dans l'industrie manufacturière dont la moitié dans le textile, le reste partagé équitablement entre l'électronique, la métallurgie et la chimie.
Une analyse plus fine révèle que les entreprises françaises textile en Tunisie ont délocalisé leurs branches « confection » et « bonneterie » (75 % des entreprises), tandis que l'électrique/électronique/aéronautique, le deuxième secteur d'activité, 60 % des entreprises sont dans les « cablâges » (comme Latécoère).
Le point commun entre ces deux activités sont d'être faiblement capitalistique, consommatrice en une main d'oeuvre féminine peu qualifiée et très faiblement rémunérée.
Le gouvernement français négocie des contrats en Tunisie … pour Airbus : dénonçons-le haut et fort !
La Tunisie est donc une source de profits faciles pour les investisseurs français surtout avec le « Code des investissements » déjà préfiguré par Bourguiba en 1972, mis sur pied par Ben Ali, dont la réforme est aujourd’hui discutée mais sans remettre en cause les avantages pour le patronat.
Ce « code » prévoit en effet tout un ensemble de facilités pour le capital étranger : exonérations fiscales sur le rapatriement des bénéfices, baisse de droits de douane pour les industries délocalisées, cession de terrain à prix modique, enfin création de zones franches à imposition minimale ou nulle.
Et ce n'est pas près de se terminer. Le gouvernement tunisien dominé par les islamistes après 2011, avec la figure de l'islamiste libéral pro-américain Jebali, s'est déclaré favorable aux investisseurs, notamment français.
Le « gouvernement d'union nationale », technocratique, sous la coupe de l'UTICA (MEDEF local) pousse encore dans ce sens, dans les négociations avec le FMI, dans la finalisation du nouveau « Code d'investissements » consacrant la « liberté d'investissement ».
François Hollande s'est déjà rendu en Tunisie deux fois depuis neuf mois : d'abord en juillet 2013, récemment en février 2014.
La première fois, accompagné d'une cinquantaine d'hommes d'affaires, de PDG français pour signer des contrats notamment dans l'électronique. François Hollande a également négocié le redéploiement d'une partie de la dette en contrats d'investissements pour les monopoles français.
La seconde fois, il a proposé la vente de six EC275 Caracal aux forces spéciales tunisiennes, officiellement pour la lutte contre le terrorisme. Des appareils hi-tech, idoines pour le repérage en milieu hostile, les missions commandos, adaptés aussi aux forces anti-émeute.
Ce contrat de 300 millions d'euros serait bien sûr au bénéfice d' … Airbus, le même groupe fourni par Latécoère, qui licencie nos camarades Monia, Sonia et les autres.
L’État français reste le premier actionnaire d'EADS (qui détient Airbus). Il n'est pas acceptable que la casse de l'industrie française serve à alimenter les profits privés, débouche sur des conditions de travail, salariales, d'oppression syndicale inacceptables.
Stop à l'hypocrisie aussi à gauche ! Non, Louis Gallois qui a été à la tête d'EADS de 2006 à 2012 n'est pas un « patron de gauche ». Non, les contrats signés pour Dassault, Airbus ne sont pas une « bonne chose pour la France », comme certains à gauche le prétendent.
Il n'y a pas d'avenir dans les relations privilégiées avec le « corrupteur de la République » Dassault, ni dans l'insertion dans la « compétition » internationale pour la vente d'armes.
Nous sommes solidaires avec nos camarades Mounia, Sonia et toutes les autres. Solidaires avec la campagne menée notamment par la CGT Airbus, Latécoère pour faire connaître leur sort, et le lier au sort vécu par les ouvrier(e)s français(e)s.
Solidarité avec nos camarades tunisiennes, la lutte se mène aussi en France !
Contre la politique de misère imposée par la "troïka"
instrument de l'Union européenne
et mise en musique par le gouvernement espagnol
Une foule immense manifeste en Espagne
Par Source AFP
LePoint.fr/Source AFP - Photo d'illustration
Certains ont traversé l'Espagne, parcouru à pied des centaines de kilomètres pour dénoncer "l'urgence sociale". Agitant des drapeaux de toutes les régions du pays, une immense foule a envahi le centre de Madrid samedi pour le plus grand défilé organisé depuis ceux de 2012. "Debout, debout, nous allons lutter !" : ils sont au moins des dizaines de milliers à hurler, chanter et dénoncer dans ces "marches de la liberté" un taux de chômage supérieur à 26 % et la politique d'austérité suivie depuis deux ans par le gouvernement de droite.
"Ras-le-bol, ras-le-c..." sont sur toutes les lèvres. Tous ont le sentiment d'une grande injustice, de payer le marasme économique dans lequel est enfoncé leur pays, les énormes déficits publics et le sauvetage bancaire européen de plus de 40 milliards en 2012 tandis que, selon eux, les responsables de l'explosion de la bulle immobilière, de la corruption et des abus bancaires qui ont ruiné les petits épargnants continuent de s'enrichir.
"Le peuple se réveille. C'est fini la fête"
Comme un symbole, un gigantesque doigt d'honneur surgit de l'immense foule qui a envahi le centre de Madrid. "Le peuple se réveille. C'est fini la fête", assure une pancarte accrochée au doigt. "Les responsables politiques ont transformé la politique en un commerce pour leurs intérêts", proclame une autre pancarte orange surmontée des visages de membres du gouvernement de Mariano Rajoy. "Ils ont profité des citoyens, nous ont escroqués : les banquiers, les politiques, Urdangarin (l'époux de la fille du roi inculpé de détournement de fonds, Inaki Urdangarin) et ils sont toujours en liberté. Mais qu'au moins, ils nous rendent l'argent", dénonce Justina Santamarta, une surveillante d'hôpital de Madrid.
Au total, huit colonnes ont convergé vers la gare d'Atocha, à l'appel de multiples organisations sociales, groupes de la mouvance des "indignés" ou collectifs professionnels. Une mobilisation rappelant les grands défilés qui avaient marqué la poussée de fièvre sociale, retombée depuis, qui a agité l'Espagne en 2011 et 2012. Les autorités régionales ont d'ailleurs mobilisé quelque 1 700 policiers pour assurer la sécurité, craignant des incidents en raison de la présence attendue de groupes antisystème.
20minutes.fr- Des manifestants avec le drapeau de la République, lors d'une "marche pour la dignité" à Madrid, le 22 mars 2014
Certains ont marché près d'un mois
Certains manifestants ont marché pendant près d'un mois, depuis l'Andalousie, dans le sud de l'Espagne, la Catalogne, dans l'est, les Asturies, dans le nord-ouest, ou l'Estrémadure, dans l'ouest. "Nous voulons du travail. Nous ne pouvons pas accepter que des millions de personnes au chômage doivent retourner chez leurs parents", lance Jorge Balbas, un chômeur de 24 ans de Burgos, dans le nord de l'Espagne, rappelant que plus d'un jeune actif espagnol sur deux est au chômage et que nombre d'entre eux partent à l'étranger.
"Ni chômage, ni exil, ni précarité. Des marches, des marches, des marches pour la dignité", hurlent dans une sono des jeunes, nombreux dans la manifestation, juchés sur une camionnette à ciel ouvert, pendant que d'autres ont allumé des fumigènes.
L'austérité pointée du doigt
L'austérité sans précédent appliquée par le gouvernement conservateur depuis son arrivée fin 2011 pour réduire les déficits publics et la dette de l'Espagne a donné lieu à deux grèves générales en 2012, avec des centaines de milliers de personnes dans la rue. La mobilisation s'est ensuite essoufflée, dans un pays qui connaît la récession, un chômage record et un plan d'économies de 150 milliards d'euros sur trois ans annoncé en 2012.
Pourtant, s'ils ne descendent pas dans la rue, les Espagnols ont montré dans les sondages leur rejet de la politique d'austérité, nombre d'entre eux ne voyant toujours pas les effets de la reprise annoncée. "En 2014, nous sommes face à une situation extrêmement difficile, une situation limite, d'urgence sociale, qui exige une réponse collective et massive des salariés, des citoyens et du peuple", affirment les organisateurs dans leur manifeste. "Qu'ils nous rendent l'argent que nous ont volé les politiciens et les banquiers", lançait Trini Reina, une Andalouse de 48 ans venue de Séville dans une colonne de huit autocars. "J'ai un emprunt immobilier que je ne peux plus rembourser depuis sept mois. Ce système est en faillite et nous le payons très cher".
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