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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 10:22

DÉCLARATION COMMUNE SUR LA SITUATION DU VENEZUELA   des organisations communistes suivantes :

 

Rassemblement des Cercles Communistes, Faire vivre le PCF, Rouges Vifs midi, Rouges Vifs Ile de France, Gauche Communiste, Collectif communiste Polex, Action Communiste Haute Normandie, Pôle de Renaissance Communiste en France.

 

VENEZUELA: VASTE FRONT PATRIOTIQUE CONTRE LE FASCISME.

Comme le disent nos camarades du Parti Communiste du Venezuela " la paix se conquiert par la victoire contre le fascisme et donc par l'approfondissement du processus révolutionnaire, par le défense et l'extension des conquêtes populaires, par l’élévation de la combattivité des masses. C'est par la lutte de la classe laborieuse et par l’engagement anti-impérialiste des masses, et non par la conciliation impossible avec l'impérialisme américain et avec l’oligarchie venezuelienne que pourront être vaincue la droite anti-bolivarienne du Venezuela, l’impérialisme américain qui l’inspire et les transnationales qui utilisent tous les moyens pour entraver la transition vers le socialisme, pour disloquer l’ALBA et pour isoler Cuba socialiste".

Les mouvements communistes signataires de la présente déclaration soutiennent sans réserve la contre-offensive du peuple vénézuélien. C’est le seul moyen pour éviter un putsch fasciste se terminant par un bain de sang à la chilienne.

Les mouvements communistes signataires dénoncent également les groupes contre-révolutionnaires et para-militaires dont certains sont manipulés de l'étranger par l'ancien président de Colombie Uribe, boucher de son propre peuple. Les signataires dénoncent enfin l'attitude scandaleuse des grands médias de notre pays qui déforment honteusement la réalité sociale et politique du Venezuela, présentant les forces populaires majoritaires et le pouvoir bolivarien démocratiquement élu sans discontinuité depuis la victoire de Hugo Chavez, confirmée encore par la victoire du président Maduro et des candidats bolivariens aux municipales de décembre 2013 .

La riposte de masse, ferme et déterminée, soutenue par la solidarité internationale des communistes et des progressistes, demeure la seule voie qui préserve la révolution et la paix.

Faisons de la défense du Venezuela bolivarien et de la solidarité de classe avec les communistes vénézuéliens un élément fort de notre engagement communiste en France car tout retour en arrière au Venezuela déstabiliserait l’Alternative bolivarienne des Amériques, isolerait Cuba et aggraverait les éléments de démoralisation du mouvement ouvrier et progressiste dans notre propre pays. A l’inverse, un nouvel élan du processus démocratique au Venezuela, une avancée populaire vers la révolution socialiste, seraient de puissants facteurs de remobilisation du camp progressiste en France et dans le reste du monde. 


13 mars 2014

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 10:18
La crise ukrainienne point par point
Par Bernard Frederick
1) Les origines de la crise en Ukraine ?

On a fait en Occident des manifestations qui ont débuté à Kiev, en novembre 2013, une riposte à l’annonce par le président Ianoukovitch de son refus de signer l’Accord d’association proposé par l’Union européenne. En fait, comme l’indique l’économiste et spécialiste du monde russe Jacques Sapir, la base du mouvement de contestation « était une révolte contre la corruption bien plus qu’une volonté d’adhésion à l’Union européenne » [1]. Révolte qui court depuis l’indépendance de l’Ukraine en 1991.

Aucun des gouvernements qui se sont succédé depuis – que ce soit celui des pro-européens, Ioulia Timochenko en tête, de 2005 à 2010, que ce soit celui de Ianoukovitch – n’a réussi à juguler la crise sociale et économique. Tout au contraire, chacun s’est évertué à suivre les « recommandations » du FMI, de la Banque mondiale et de la Commission européenne : privatisations, déréglementations, liquidation des services publics, austérité. L’Ukraine est d’ailleurs à ce jour le second débiteur du FMI dans le monde.

De 1991 à 2012, la production d’électricité a chuté de 35 %, celle de certains produits sidérurgiques de plus de moitié. En 2012, la production de tracteurs ne représentait qu’environ 5 % de ce qu’elle était en 1990, dans un pays où un tiers de la population vit en milieu rural et détient 20 % des sols de terre noire de la planète. L’Ukraine comptait 16 grandes usines de machines-outils qui produisaient 37 000 unités en 1990, seuls trois d’entre elles tentent, aujourd’hui, de fonctionner tant bien que mal, produisant à peine 40 machines par an. Les privatisations ont touché plus de 50 000 entreprises et 45 % d’entre elles sont depuis fermées.

L’économiste Natalia Vitrenko, présidente du Parti progressiste socialiste d’Ukraine, était de passage à Paris, il y a quelques jours. Lors d’une conférence, elle affirmait : « L’Ukraine était auparavant l’un des premiers pays en matière de PIB par habitant, nous étions 11 % au-dessus du PIB mondial moyen par tête. Mais notre PIB a chuté d’un tiers et dès 2012 il n’était plus que de deux tiers de ce qu’il était en 1989. Nous sommes aujourd’hui 40 % en dessous du PIB mondial moyen par tête, en dessous de la Namibie ». Pour Natalia Vitrenko, « Ce que l’Ukraine a gagné au cours de ces années, c’est de la dette extérieure. Nous avons maintenant une dette extérieure qui équivaut au double de nos réserves monétaires en or. Notre dette extérieure brute s’approche des 80 % du PIB. La pire des choses est que cet effondrement a appauvri la population. Le salaire minimum en Ukraine est de 118 euros par mois ; la retraite minimum est de 86 euros par mois ».

Cette situation touche presque autant l’Ouest du pays, plutôt agraire, que l’Est industriel. La détresse sociale est d’autant mal vécue que tous les gouvernements ont usé des recettes néolibérales et tous ont été marqués par une gigantesque et scandaleuse corruption.

Dans ces conditions, l’association à l’Union européenne pouvait apparaître à beaucoup, tant à l’Est qu’à l’Ouest, comme un espoir. Aussi les ukrainiens sont-ils descendus en nombre manifester à Kiev comme à Kharkov, à Lviv comme à Donetsk.

Cependant, dans la nuit du 29 au 30 novembre 2013, les forces de l’ordre donnèrent l’assaut à la place de l’Indépendance à Kiev – le Maïdan – où les manifestants s’étaient rassemblés. La répression fut violente et disproportionnée. Parallèlement, des groupes néonazis, pour l’essentiel venus de l’Ouest du pays, notamment de Galicie, s’installèrent à Kiev et constituèrent un soi-disant « service d’ordre » sur le Maïdan. Ils agressèrent la police. Ce fut l’escalade. La propagande de ces groupes, dont ceux affiliés au parti d’extrême droite Svoboda (Liberté) qui dispose, au plan national, d’une assise électorale de 10 % mais de plus de 30 % à l’Ouest, ou celle des fascistes de Pravy Sektor (Secteur droit), encore plus violents, domine depuis tous les discours. Social et éthique à l’origine, le mouvement a ainsi pris un caractère nationaliste, antirusse, voire antisémite. Ainsi, Dmitri Iaroch, le chef de Pravy Sektor, ne cesse-t-il pas de dénoncer « la mafia judéo moscovite ».

2) Ce que proposait l’Union européenne

Le « partenariat oriental » proposé par l’UE avait été initié en décembre 2008 par Carl Bildt et Radek Sikorski, les ministres des Affaires étrangères suédois et polonais, à la veille de l’affrontement militaire géorgien avec la Russie en Ossétie du sud. Cette initiative concerne six anciennes républiques soviétiques : trois dans le Caucase (Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie) et trois dans la partie orientale de l’Europe centrale (Biélorussie, Moldavie et Ukraine). L’idée n’est pas d’en faire des membres à part entière de l’UE, mais de les attirer dans son giron par de prétendus Accords d’association (AA), fondés sur un libre-échange complet et approfondi (Deep and comprehensive Free Trade Agreement). À cause de son importance géopolitique, l’Ukraine est la cible privilégiée.

Le projet d’Accord d’association avec l’UE envisageait donc de placer Kiev sous la tutelle d’agences supranationales (le Conseil d’association et le Comité sur le commerce) se plaçant au-dessus de la Constitution et des lois du pays, en tant qu’autorités décisionnelles. Selon Natalia Vitrenko, comme selon plusieurs spécialistes, « La mise en œuvre de l’Accord d’association avec l’UE aurait conduit indiscutablement à la destruction de l’économie du pays, de son industrie, de son agriculture, de ses services et de son secteur scientifique ». De plus, l’UE exigeait de l’Ukraine qu’elle s’inscrive dans la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), ce qui signifiait une rupture totale avec la Russie que Bruxelles voulait voir symbolisée par l’expulsion de la flotte russe de ses bases de Crimée et, sans doute, leur mise à disposition de l’OTAN dans un futur proche. L’UE et les États-unis se sont installés en Ukraine dès 1991, par le biais de dizaines d’ONG. Les cercles de l’immigration ukrainienne au Canada et aux USA (souvent les héritiers d’anciens combattants des troupes nationalistes alliées à l’Allemagne nazie, récupérés par les services occidentaux en 1945 et recyclés comme agents antisoviétiques) ont été mis à contribution pour envoyer sur place des « instructeurs ». La « révolution orange » (204-2005) - elle-même produit de « l’aide » occidentale - s’étant enlisée dans le marais néolibéral et ses protagonistes ayant perdu les élections de 2010 et 2012, les occidentaux sont repartis à la charge. Objectif : pour les Américains, affaiblir la Russie, empêcher Vladimir Poutine de réaliser son projet d’association eurasiatique d’anciennes républiques de l’URSS et continuer l’encerclement du pays par l’OTAN. Pour les Européens, essentiellement pour les Allemands qui ont toujours rêvé de ces confins, il s’agit d’organiser le pillage de l’Ukraine et de s’y ouvrir des marchés sans concurrence intérieure.

Les principaux partis libéraux - Batkivshchyna (Patrie) de Ioulia Timochenko et du nouveau Premier ministre, Arseni Iatseniouk, et l’UdAR (Coup de poing – sic !) de Vitali Klitschko – ont pu être créés grâce aux Américains (Timochenko) ou aux Allemands (Klitchko). Quant à Svoboda (Liberté), son chef néofasciste Oleg Tianybok a non seulement été, lui aussi, généreusement arrosé par les Occidentaux, mais il a eu le droit, comme les autres, à de solides poignées de mains de la part de Catherine Ashton, haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’UE, du sénateur John Mc Cain, de bien d’autres, y compris … Laurent Fabius. Celui-ci, qui a tant souffert par le passé d’allusions antisémites, ne sait-il pas qui est ce Tianybok ? Il est vrai que notre ministre des Affaires étrangères s’est empressé, comme ses collègues allemands ou polonais, de saluer le nouveau gouvernement « démocratique » de Kiev que les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont qualifié de « clé pour la sécurité euro-atlantique »... Là encore, Laurent Fabius en connaît-il la composition ? Outre les libéraux connus, font partie de ce gouvernement : Oleksandr Sich (Svoboda), vice-premier ministre ; Ihor Chvaika et Andriy Mokhnik, respectivement ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie (Svoboda) ; Serhiy Kvit, ministre de l’Education (ancien membre du groupe néonazi Trizub ) ; Andriy Parubiy, chef du Conseil national de défense et de sécurité (commandant du contingent d’« autodéfense » du Maïdan) ; Dmitro Iarosh, adjoint de Parubiy (Pravy Sektor, milice néonazie) ; le nouveau Procureur général, Oleg Makhnitsky (Svoboda).

Ce que le dirigeant de l’extrême droite autrichienne, Heider, n’avait pu obtenir à l’entrée au gouvernement de son parti en 2000, les néonazis ukrainiens l’ont obtenu : être reconnus par l’Europe. Pour Heider, la Waffen-SS était une « partie de l’armée allemande à laquelle il faut rendre honneur ». À l’ouest de l’Ukraine, les nationalistes élèvent des monuments à la gloire de la division SS « Galicie ». Avec le fric des européens et des américains ?

3) Quel a été le rôle des ultra-nationalistes ?

Depuis 1991, avec le soutien ou le silence des autorités qui se sont succédées à Kiev et avec l’aide des Occidentaux, on assiste à la réhabilitation de ceux qui ont collaboré avec les nazis : l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et sa branche armée (UPA – Armée insurrectionnelle ukrainienne). Des monuments leur sont dédiés, des cérémonies commémoratives ont lieu, avec drapeaux d’époque, uniformes nazis, etc. Stepan Bandera, le principal chef de l’OUN a été fait « héros » national par les amis de Ioulia Timochenko (future candidate à la présidentielle ?) avant que Ianoukovitch revienne sur cette décision. Depuis novembre, on a vu partout fleurir des portraits de ce Bandera (condamné par contumace en 1944 et exécuté à la fin des années cinquante en RFA par un officier du KGB). Armées, grâce au pillage de postes de police et de casernes, constituées en groupes de choc, les troupes nationalistes venues de l’Ouest du pays, ont réussi à faire basculer des manifestations pacifiques de « pro-européens », et surtout de gens déboussolés, en émeutes sanglantes, ouvrant ainsi un cycle provocations-répressions dont l’aboutissement provisoire a été le coup d’État des 22 et 23 février.

Ces mêmes groupes ont commis à l’Ouest toutes sortes d’exactions contre des églises orthodoxes et des synagogues. Les intimidations et humiliations à l’égard de fonctionnaires ou de dirigeants politiques (le Premier secrétaire du Comité de la ville de Lviv du Parti communiste d’Ukraine, Rostislav Vasilko, a été torturé et se trouve hospitalisé) n’ont cessé, et ne cessent encore, de se multiplier.

La situation est telle que la presse israélienne s’est fait écho de l’appel d’un des grands rabbins d’Ukraine, Moshe Reuven Asman, dans lequel il exhorte les Juifs à quitter la capitale Kiev, à la suite de l’agression sur deux étudiants de la Yeshiva Chabad dans la ville le mois dernier : « J’ai dit à ma communauté de sortir de la ville et si possible de l’Etat … il y a beaucoup de mises en garde sur des attaques prévues contre des institutions juives » [2].

La collaboration avec les nazis des nationalistes ukrainiens, dont se réclament aujourd’hui Svoboda et les autres, a commencé dans les années trente. L’ouest du pays était alors sous administration polonaise depuis 1920, après avoir fait partie intégrante de l’Empire austro-hongrois jusqu’en 1918. Les membres de l’OUN et de l’UPA étaient formés par les SA d’Ernst Röhm en Allemagne. En 1938, au lac de Chiem, près de Berlin-Tegel, et à Quenzgut au bord du lac Quenz, près de Brandebourg, sont créés, par l’Abwehr, le service de renseignement de la Wehrmacht, des centres d’entraînement, en vue de la création d’une cinquième colonne en Pologne et en Union soviétique. Des émigrants politiques ukrainiens y sont instruits.

En mars 1940, avec l’aide de l’Abwehr, la direction de l’OUN organise des groupes de sabotage et d’intoxication des populations à Lviv et en Volhynie soviétiques. D’autres groupes de saboteurs opèrent en Biélorussie et Ukraine. En 1941, l’OUN et son dirigeant, Stepan Bandera, sont fin prêts à participer à l’agression du Reich contre l’URSS. En uniforme de l’Armée rouge, ils commettent nombre d’assassinats ciblés contre les officiers du NKVD [3], cherchent à désorganiser la circulation et à dynamiter des objectifs stratégiques.

En juin – juillet et août 1941, quelque fois avant même l’arrivée des Allemands, comme à Lviv, les nationalistes de l’OUN massacrent sauvagement les Juifs à tel point que les nazis eux-mêmes, effrayés par le côté anarchique de ce début de génocide, interdisent les opérations séparées des nationalistes et en font des supplétifs des Einsatzgruppen. La police ukrainienne alliée des nazis comptera jusqu’à 250 000 hommes. Des milliers d’autres serviront comme gardiens dans les camps d’Auschwitz, Treblinka et Belzec. L’OUN participe activement à l’exécution de prisonniers de guerre soviétiques, notamment des commissaires politiques, à la chasse aux communistes. Elle sera un précieux secours pour les nazis dans la guerre contre les partisans.

Mais pressé de proclamer un État ukrainien indépendant, Bandera déçoit les Allemands qui l’envoient en résidence surveillée en Allemagne, d’où il continue cependant à diriger ses troupes. Il reviendra en grâce en 1943, après le désastre de Stalingrad.

En mars de cette même année, est constituée la division SS « Galicie ». Elle comptera 26 000 hommes mais 80 000 se portèrent volontaires ! Les SS ukrainiens, non contents de se battre contre leurs frères qui servaient dans l’Armée rouge, appuyèrent en 1944 la garde fasciste slovaque contre les partisans après l’échec du soulèvement du 29 août 1942.

A la fin de la guerre, l’OUN et l’UPA, dans laquelle seront reversé les effectifs rescapés de la SS « Galicie » continuèrent de semer la terreur, jusque dans les années cinquante à l’ouest de l’Ukraine désormais soviétique. Bandera, pour sa part, fut recruté par les Services secrets britanniques [4]. Puis, en 1956, Bandera intégra les services de renseignements de RFA, la BND, alors dirigée par le général Reinhardt Gehlen, le chef des services de renseignement militaire pour le front oriental pendant la Deuxième Guerre mondiale. Des retrouvailles en somme. Un rapport du MI-6 de 1954 fait l’éloge de Bandera en tant qu’« agent professionnel muni d’une expérience terroriste et de notions impitoyables concernant les règles du jeu ».

Après ça, Svoboda peut dormir tranquille !

Les Occidentaux savent tout cela. Ils n’en ont cure. Et les médias ? Rien chez nous ou presque. C’est un peu mieux en Grande-Bretagne : sous le titre : « Des nervis d’extrême-droite détournent l’insurrection pour la liberté en Ukraine », le Time Magazine du 28 janvier faisait un gros plan sur le groupuscule Spilna Sprava (« Cause commune », dont les initiales en ukrainien sont « SS »),qui fait partie de la nébuleuse du Maïdan. Le lendemain, le Guardian titrait : « En Ukraine, les fascistes, les oligarques et l’élargissement occidental sont au cœur de la crise », avec en sous-titre : « L’histoire qu’on nous raconte sur les manifestations paralysant Kiev n’a qu’un lointain rapport avec la réalité »… Seumas Milne, un des journalistes du titre, précisait : « Vous n’auriez jamais pu apprendre par la grande presse que des nationalistes d’extrême-droite et des fascistes sont au cœur des protestations et des attaques contre les bâtiments officiels. Un des trois principaux partis d’opposition menant la campagne est le parti antisémite de la droite dure, Svoboda, dont le dirigeant Oleh Tyahnybok affirme que l’Ukraine est contrôlée par une "mafia judéo-moscovite". Svoboda, actuellement au pouvoir dans la ville de Lviv, a dirigé au début du mois une marche aux flambeaux de 15 000 personnes à la mémoire du dirigeant fasciste ukrainien Stepan Bandera, dont les troupes ont combattu avec les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale et ont participé au massacre des Juifs ».

Alors, en France, on s’y met ?

4) Il n’y aura pas de guerre entre la Russie et l’Ukraine

L’Ukraine est le berceau de la Rus’ auquel appartiennent les deux peuples ainsi que les Biélorusses. Russie et Ukraine sont « mariées » depuis plus de 3 siècles. Tous ces peuples ont traversé les pires épreuves ensemble, qu’il s’agisse de la guerre civile, de la « Grande guerre patriotique » - dont les monuments aux morts sont saccagés aujourd’hui même à Kiev – ou encore des effets du stalinisme. Les armées russe et ukrainienne n’en faisait qu’une il y a vingt ans et la Marine de la mer Noire n’a été partagée qu’il y a 17 ans.

Mis à part les nationalistes de l’Ukraine occidentale, personne ni en Ukraine ni en Russie ne souhaite, ni n’acceptera, une guerre fratricide. La « menace » russe n’existe pas. En revanche, en se donnant le droit de protéger ses ressortissants et la population russophone de l’Est en cas d’agression, Moscou ne fait que ce que ferait n’importe quel Etat confronté à une même situation. La France ne protège pas ses ressortissants en Afrique, par exemple ? Et l’Amérique !?

Alors pourquoi tous ces bruits de bottes ?

La « menace » d’intervention russe fournit l’occasion aux groupes fascistes armés de renforcer numériquement et matériellement leurs troupes et d’accroître leur pression sur la coalition au pouvoir. Celle-ci profite de la situation pour accroître ses exigences vis-à-vis de l’UE et des États-unis, forcer son entrée dans l’OTAN, obtenir un soutien financier conséquent. Les Russes, de leur côté, se présentent comme maîtres du jeu après avoir essuyé un échec avec la destitution de Ianoukovitch. Ils profitent du danger – qui peut être réel – qui plane sur les russophones d’Ukraine pour développer une politique de force qui reçoit en retour le soutien des populations russophones à l’Est et au Sud du pays. Ils constituent un rapport de forces en vue des négociations à venir avec les Occidentaux.

Ceux-ci cherchaient non pas à « libérer » l’Ukraine, mais à déstabiliser la Russie. Manquant totalement de discernement et de connaissance du terrain et bien que prévenus (par des journalistes et des spécialistes) des risques d’implosion de l’Ukraine, ils sont allés jusqu’au bout et ont fait chuter Ianoukovitch, se retrouvent de fait devant une partition du pays (ce qui ne gêne pas les Américains mais est inacceptable par les Européens). Du coup, ils ont offert à Vladimir Poutine l’occasion primo de reprendre la main, secundo de s’installer sans doute définitivement en Crimée, tertio d’accroître l’influence russe à l’Est et au Sud de l’Ukraine.

5) La Crimée

La Crimée, conquise sur les Ottomans, était russe depuis 180 ans quand Khrouchtchev l’a « donnée », en 1954, à la République socialiste soviétique d’Ukraine, dont il était originaire et longtemps le principal dirigeant. Ce changement de cadre administratif ne changeait pas grand-chose, à l’époque puisqu’il avait lieu au sein de l’Union soviétique qui assurait la continuité territoriale. À titre de comparaison, cette même année 1954, la Corse n’était française que depuis 185 ans et la Savoie d’aujourd’hui ne l’est que depuis 154 ans quand la Crimée est « ukrainienne » depuis 60 ans.

Sa population est russe et russophone à près de 90%. Elle n’a jamais vraiment accepté son rattachement à l’Ukraine.

La principale base militaire et navale russe sur la mer Noire se trouve à Sébastopol en Crimée. Un accord prévoit que le bail concédé par l’Ukraine doit se poursuivre jusqu’en 2042. La coalition libérale-fasciste n’a pas caché sa volonté d’abroger cet accord. Le projet d’Accord d’Association entre l’Europe et l’Ukraine présenté par Bruxelles fait de l’évacuation de la marine russe de Crimée un point nodal.

On peut considérer – c’est l’avis de plusieurs spécialistes et même, en privé, celui de diplomates occidentaux – que la Russie demeurera en Crimée quelque soit le statut qu’adoptera celle-ci. Le 6 mars, le parlement de la région a demandé à une écrasante majorité le rattachement de celle-ci à la Fédération de Russie en tant que « sujet ». Un référendum doit avoir lieu le 16 mars. Son issue ne fait guère de doute. Les Occidentaux vont crier au scandale, à l’annexion, à l’Anschluss. Pourtant, il y a une jurisprudence européenne : le Kosovo. Ils ont bombardé la Serbie pour que ce morceau de son territoire, berceau de son histoire, accède à l’indépendance, sous prétexte qu’il était peuplé en majorité par des Albanais.

6) Y a –t-il un risque de démembrement de l’Ukraine ?

Les élections présidentielle (2010) et législatives (2012) ont permis de mesurer « combien la politique ukrainienne était marquée par une division entre des populations russes (et russophones) regroupées à l’Est du pays et des population ukrainnophones, dont une partie habite les régions qui, avant 1914, étaient soit dans l’empire Austro-Hongrois soit étaient en Pologne. L’Ukraine est un pays neuf, dont l’existence est fragilisée par ces divisions » (Jacques Sapir, article cité plus haut).

En effet, c’était bien la réalité, avant le coup d’État des 22 et 23 février. Au lendemain de celui-ci, cependant, les nouvelles autorités, dont la légalité est pour le moins contestable, ont abrogé la loi sur les langues qui donnait au russe le statut de langue régionale là où il était parlé par au moins 10% de la population.

Après les slogans antirusses, la démolition des monuments aux morts de la guerre de 41-45, le renversement de statues de Lénine, les appels à une sorte d’épuration ethnique, c’en était trop. À l’Est et au Sud (Odessa), des manifestations, parfois violentes, se multiplient. Le drapeau russe est hissé sur des bâtiments publics et ici et là, les gouverneurs nommés par Kiev sont conspués voire remplacés.

C’est la même chose à l’Ouest, mais là, ce sont les nationalistes qui sont à la manœuvre. Le résultat est cependant le même : le pouvoir central – existe-t-il autrement que pour les Occidentaux, - n’a plus les moyens d’intervenir, de se faire respecter et de faire respecter la loi. À cela près que les nationalistes, comme on l’a vu, siègent au gouvernement. Sans déposer les armes ! Sans renoncer à leur « prise de guerre » à l’Ouest à Lviv, en Galicie ; en Volhynie ; à Revné (Rovno), à Ternopil…On voit mal ces groupes lâcher prise.

Reste le centre du pays et Kiev. La capitale est sous le contrôle des groupes armés dont le chef, on l’a vu, est, aujourd’hui, responsable des forces de sécurité. C’est un peu comme si, en 1968, de Gaulle avait nommé Cohn-Bendit ministre de l’Intérieur ou préfet de police. La population russophone vit dans l’angoisse et s’abstient de tout mouvement – au moins pour le moment. Mais au-delà de Maïdan et du périmètre des ministères et du parlement, que pense-t-on ? Qu’espère-t-on ? La coalition libérale-fasciste peut s’estimer majoritaire, mais elle ne contrôle presque rien. Les groupes armés la tiennent en otage.

Conclusion : on parlait avant les événements de deux Ukraine – ukrainisante et russophone -, grâce aux Occidentaux, il y a au moins quatre aujourd’hui : l’Ouest nationaliste ; l’Est pro-russe ; la Crimée ; les régions centrales, indécises qui basculeront d’un côté ou de l’autre en fonction de la politique économique et sociale qui sera suivie comme ce fut le cas en 2004-2005, avec « la révolution orange » et en 2010-2012 avec l’élection de Ianoukovitch et le succès de son parti aux législatives.

7) Quelles solutions pour sortir de la crise ?

Compte tenu de la situation, des négociations directes entre Moscou et Kiev semblent impossibles. Néanmoins, il se peut que des rencontres aient lieu entre certaines personnalités ukrainiennes et le gouvernement russe. Avec Ioulia Timochenko, par exemple, que les Russes connaissent bien et qui sait, quand il le faut, « faire de la politique ». C’est cependant très incertain.

L’issue dépend surtout de négociations entre Occidentaux et Russes. Celles-ci auront une dimension économique essentielle tant il y a aujourd’hui d’interdépendances entre la Russie, l’Ukraine, l’Europe et les États-Unis. C’est également pourquoi la menace de « sanctions » brandie par les Occidentaux est parfaitement ridicule : suppression des visas ? Tout un pan de l’économie française en ferait les frais, à commencer par le secteur du luxe, suivi du tourisme (40 000 Russes cet hiver à Courchevel !), celui de l’immobilier, notamment sur la Côte d’Azur.

L’Union russe de l’industrie touristique (RST) a fait ses comptes. Elle rappelle qu’en 2013, « les pays de l’UE ont accueilli près de 19 millions de Russes, dont 7,7 millions de touristes. En Espagne [dont le chef du gouvernement suggère de refuser les visas aux Russes NDLR], l’afflux de touristes russes se développe à un rythme beaucoup plus rapide que l’afflux de touristes en provenance de tout autre pays » [5]. Selon la Direction des statistiques de Russie, plus d’un million de Russes y ont passé leurs vacances l’année dernière. « Si en 2013, l’ensemble des flux touristiques en Espagne a augmenté de 5,6 %, le flux de touristes russes a accusé une hausse de près de 32 % ». Selon la même source, en Grèce, le nombre de Russes a augmenté de 70 % en 2013, dépassant un million de personnes. Ce pays n’aurait-il pas besoin de touristes ?

Selon le ministère espagnol du Tourisme, cité par l’agence de presse russe RIA-Novosti, les Russes laissent dans ce pays des sommes de 47 % plus importantes que les touristes des autres pays. « Un touriste russe dépense en moyenne en Espagne 159 euros par jour contre 108 euros dépensés en moyenne par les touristes des autres pays. En 2012, les touristes russes ont rapporté à l’économie espagnole 1,8 milliard d’euros de bénéfices » [6].Il en va de même de l’Italie où ils ont dépensé 1,2 milliard d’euros en 2013.

Quant à la France, la société spécialisée Atout France estime à un million le nombre de touristes russes qui sont attendus cette année. « Une clientèle stratégique », explique-t-elle en rappelant que « le nombre de touristes russes voyageant à l’étranger devrait augmenter de 7 % à 16 % par an dans les prochaines années » [7].

Tout cela n’a pas un petit côté « pacte de compétitivité » ?

Alors sanctions ou pas sanctions ? Si les Européens décident de sanctions, ils risquent fort l’effet boomerang. La Russie détient quelques clés du point de vue économique et, surtout, énergétique et cela pourrait bien faire du dégât. D’autant que, comme le dit le dicton populaire, « qui va à la chasse perd sa place ». Dans le cadre de la mondialisation, ça ne pardonne pas.

Il y a, pour sortir de la crise, selon nous, au minimum 4 points incontournables.

La Russie, Vladimir Poutine l’a déclaré le 4 mars, ne croit pas en l’avenir de Ianoukovitch. Elle n’exigera donc pas son retour, mais, en revanche, elle tient à l’application de l’accord signé le 21 février entre le président et l’opposition, en présence des ministres des Affaires étrangères français, allemand et polonais et du représentant russe : élection présidentielle anticipée, amendement de la Constitution, gouvernement d’unité nationale. Même si Kiev a déjà pris certaines dispositions en ce sens, elles restent illégales, la lettre de la Constitution actuelle n’ayant pas été suivie. Ce point est peut-être négociable.

La mise à l’écart des fascistes de Svoboda et autres groupes factieux et leur désarmement. Celui-ci pourrait s’accompagner du désarmement parallèle des milices pro-russes à l’Est et au Sud. Ce point ne devrait logiquement pas poser de problèmes ni côté russe ni côté occidental, à moins que le soutien aux fascistes ne soit définitivement acté par l’Occident !

Quelle que soit la forme que cela prendra, la question de la Crimée est, on l’a vu, tranchée. Le référendum du 16 mars pourrait représenter, pour l’Occident s’il fait preuve de bonne volonté, un cadre acceptable, démocratique, pour reconnaître le nouveau statut de la Crimée. Des facilités pourraient être laissées à la Marine ukrainienne en échange de la continuité des approvisionnements d’énergie. Sinon, il se passera pour la Crimée ce qui s’est passé pour l’Ossétie du sud et l’Abkhazie : on oubliera. De toute façon les Occidentaux n’y peuvent rien. Quant aux Russes, encore une fois, ils n’ont pas digéré l’affaire du Kosovo…

Compte tenu de la partition de facto du pays, l’Ukraine devrait évoluer vers un statut de Fédération, reconnaissant une autonomie, notamment culturelle, linguistique et religieuse, aux différentes régions. De même, un retour à la reconnaissance du russe comme langue régionale (mais aussi du roumain au sud-ouest, du hongrois et du polonais) s’impose.

Contrairement à ce que l’on laisse accroire en Europe, la balle n’est pas du côté russe, dans cette affaire, mais bien du côté occidental. Que le Kremlin ne reconnaisse pas un gouvernement issu d’un putsch reste son affaire – les Européens n’avaient pas, fort justement, reconnu les putschistes de Moscou en 1991. Les relations entre l’Ukraine et la Russie demeurent de leur ressort. Le peuple de la Crimée a, comme tous les peuples, droit à l’autodétermination.

La « realpolitik » voudrait qu’une fois pour toutes, on accepte le fait que la Fédération de Russie ait hérité de l’Empire Tsariste et de l’URSS des relations particulières avec de nouveaux États qui, il y a 23 ans, faisaient encore parti du même espace commun, dont les économies demeurent agrégées et où la communauté des peuples a souvent débouché sur une communauté de vie pour des millions d’hommes et de femmes.

 

Bernard Frederick est journaliste, ancien correspondant permanent de l’Humanité à Moscou.

Notes :

[1] Mediapart 2 mars 2014.

[2] Ma’ariv du 21 février 2014.

[3] Service de renseignements soviétiques ancêtre du KGB.

[4] Cf Stephen Dorrill, M16 : Inside the Covert World of Her Majesty’s Secret Intelligence Service, Simon and Schuster, 2002.

[5] Ria-Novosti, le 6 mars 2014.

[6] Idem

[7] http://www.tourhebdo.com/ 14 janvier 2013.

 

Lu sur le blog "La faute à Diderot"

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 10:48

PhotoXPress-USSR

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le référendum de Crimée est plein de dangers. Laissons les occidentaux et les Russes à leur sombre partage du gâteau, leurs dénonciations hypocrites. Rappelons plutôt un autre référendum, il y a 23 ans jour pour jour, qui avait uni Russes et Ukrainiens.

 

L'Union soviétique, renversée par un mouvement populaire irrésistible, une défiance généralisée ou plutôt trahie par ses propres dirigeants déterminés à un changement de régime, de système économique, prompt à assurer leur domination ?

 

Les résultats du référendum du 17 mars 1991 portant sur le maintien ou non de l'Union des républiques socialistes soviétiques – neuf mois avant la dissolution effective de l'URSS par Gorbatchev – peuvent nous apporter une réponse guère contestable.

 

Des contradictions dans les clans dirigeants soviétiques

 

Qu'il fut laissé aux peuples le choix de décider sur cette question critique montre bien les contradictions de l'appareil bureaucratique soviétique : entre une bonne partie acquise à la liquidation de l'URSS, une autre à sa « réforme » la vidant de sa substance, enfin une dernière décidée à préserver l'URSS en tant que régime socialiste.

Les influences réciproques de ces camps « liquidateurs », « rénovateurs », « orthodoxes » se sont plus ou moins annulées lors de ce référendum, en dépit des stratégies locales, aboutissant sur des formulations différentes de la question. C'est ce qui a donné à ce référendum une réelle signification.

La question originelle, formulée par l'équipe de Gorbatchev, révèle bien ce langage retors utilisé par la bureaucratie (post-)stalinienne, l'influence des différents camps neutralisée :

 

« Considérez-vous nécessaire le maintien d'une Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS) en tant que fédération rénovée de républiques égales et souveraines, où les droits et les libertés de chaque nationalité seraient intégralement garantis ? ».

 

76 % des soviétiques pour maintenir l'URSS !

 

Même si, dispositions à l'appui, ce référendum a pu être instrumentalisé par certains leaders nationalistes (comme en Ukraine), il ne fait guère de doute que pour les peuples, la question était  : « pour » ou « contre » l'URSS, avec son système économique, son union politique.

Le premier enseignement de ce scrutin, ce fut la participation élevée des Soviétiques, mais non caricaturale, avec 80 % de votants, ou 148 millions de suffrages exprimés.

Le second, c'est que 76,4 % des votants ont opté pour le maintien de l'Union soviétique, tandis que 21,7 % ont choisi la rupture avec l'URSS.

Regardons ces résultats en détail.

 

Une certitude : Russes et Ukrainiens majoritairement pour l'URSS

 

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En Lettonie, Lituanie, Géorgie, Arménie, Moldavie, les nationalistes des républiques soviétiques qui avaient déjà pris le pouvoir dans les parlements locaux dans les pays Baltes, en Géorgie, en Arménie et en Moldavie, avaient décidé de boycotter ce scrutin.

Que redoutaient-ils du vote populaire  ? Peut-être un vote populaire contraire, sans nul doute un électorat divisé, entravant leur processus d'indépendance. Cela aurait mis à mal leur mythe unanimiste, leur «  nationalisme communautaire  » à base ethnique et anti-russe.

Tant les «  réferendums  » officieux des nationalistes que ceux des organisations pro-soviétiques doivent être pris avec beaucoup de prudence.

En dressant un tableau impartial, on peut néanmoins déceler une forte majorité favorable à la sécession dans les pays Baltes et en Géorgie. Une majorité, dans des pays divisés, favorable au maintien de l'URSS en Arménie, en Moldavie et certaines régions géorgiennes (Ossétie, Abkhazie)

 

Dans les Républiques d'Asie centrale – Azerbaidjan, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan –, une majorité écrasante avait voté pour le maintien de l'URSS  : de 95 à 99 %.

Ces scores excessifs incitent à la prudence. Que ces peuples aient été favorables au maintien de l'URSS, les sondages actuels révélant leur nostalgie du régime soviétique, on peut le penser. Mais ces résultats montrent aussi l'option des dirigeants locaux, connus avant comme après pour leur gestion guère transparente. 

Toutefois, le vrai sens du vote peut être dégagé en regardant les scores en Russie, Ukraine, Biélorussie, où on retrouvait 85 % des électeurs, et seules «  républiques  » où les résultats se révèlent fiables  : ces peuples ont largement choisi le maintien de l'URSS, de 71 à 83 %.

En Biélorussie, une région où le Parti communiste était historiquement fort, le vote « Pour » a mobilisé 83 % des électeurs.

En Russie, où étaient concentrés la majorité des électeurs, le vote « Pour » a concentré 73 % des électeurs, soit 56 millions d'entre eux, contre tout de même 27 % de votes défavorables, donc 21 millions de russes souhaitant la fin de l'URSS.

C'est en Ukraine où les résultats sont les plus intéressants pour comprendre les événements actuels. Les Ukrainiens ont voté «  Pour  » le maintien de l'URSS à 71,5 %, tandis que 28,5 % de la population avait voté « Contre ».

 

Toutefois, cela suppose de prendre en compte le mouvement de boycott lancé par les nationalistes d'Ukraine de l'ouest, ce qui peut nuancer les résultats, mais révèle aussi la faiblesse du mouvement nationaliste alors.

La formulation particulière choisie en Ukraine tendait également à favoriser une compréhension axée sur l'indépendance de l'Ukraine au sein d'une URSS refondée.

Les résultats de ce référendum étaient une preuve de l'attachement des Russes, des Ukrainiens et de l'immense majorité des peuples soviétiques à l'URSS, son histoire, son système économique, son originalité politique.

La trahison des Gorbatchev, Eltsine, Kravtchouk et autrs Tchevernadze n'en est que plus manifeste : contre l'avis de leurs peuples, ils ont lancé l'URSS sur la voie de la décomposition, des fureurs nationalistes, du capitalisme sauvage, de la corruption mafieuse.

 

Gorbatchev et Eltsine restent les dirigeants les plus impopulaires du siècle dernier, selon les sondages publiés récemment en Russie, tandis que Brejnev, Lénine et Staline sont ceux qui obtiennent le plus de suffrages du peuple russe.

 

Il est temps de rappeler les dates oubliées dans nos manuels d'histoire : le 17 mars 1991, quand les peuples russes et ukrainiens, unis, ont défendu l'URSS !


 
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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 08:36
Notre commentaire: c'est un gouvernement socialiste qui vient de décider, tout comme l'avait fait le gouvernement de droite précédent,  une diminution des subventions de l'Etat aux collectivités locales. La crise nécessiterait pourtant des politiques sociales plus importantes.  Les banques sont à l'origine de cette crise.  Ce sont elles, c'est le capitalisme mondialisé, qui réclament maintenant le remboursement des dettes dont leur politique spéculative est responsable.  Ce ne sont pas les salariés, les retraités, les chômeurs, les familles qui doivent payer pour elles.  Il faut annuler ces dettes.

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Le gouvernement réfléchit à une nouvelle et forte baisse des dotations versées par l’Etat aux collectivités locales qui doivent déjà faire face aux diminutions programmées pour 2014 et 2015, 1,5 milliards d’euros chaque année, au nom de la réduction "du déficit public". Mais le Président de la République et le Premier ministre ont affirmé que les 30 milliards d’euros de baisse de charges sociales et fiscales promises d’ici 2017 aux entreprises dans le cadre du «Pacte de responsabilité» devront être financées par de nouvelles économies. Les services du Premier ministre ont donc présenté à plusieurs associations d’élus locaux une «feuille de route» prévoyant une baisse supplémentaire de 3 milliards d’euros pour chacune des deux dernières années du quinquennat.

 

Les représentants des élus locaux reçus par Matignon, toutes tendances confondues, se sont élevés contre cette diminution sans précédent, 10 % en 4 ans, des dotations de l’Etat. D’autant plus, que comme l’a fait valoir le socialiste André Laignel, secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF), les collectivités locales doivent faire face à de nouvelles charges découlant du désengagement de l’Etat : «Pour 2014 j’ai fait une estimation (…) qui est au minimum d’un milliard et demi d’euros. L’écart est donc de trois milliards. Et si vous ajoutez la perte due à l’inflation, ça fait même 4,5 milliards d’euros Le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton, lui aussi socialiste, prédit quant à lui que cette diminution sans précédent des dotations de l’Etat se heurtera à «beaucoup de résistance».

 

 

 

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 09:56

Europe : un OGM autorisé contre la majorité des pays et contre le parlement

Par    

Un nouvel OGM, le maïs TC1507 du groupe américain Pionner, va être autorisé à la culture dans l’UE malgré :

  • l’opposition de 19 pays sur les 28 pays de l’Union Européenne France comprise ;
  • le rejet de la demande d’autorisation par le Parlement européen par 385 voix contre 201 et 35 abstentions.
 L’opposition de 19 pays sur les 28 pays…


 

 

 

5 pays sur 28 ont voté pour : Espagne, Royaume-Uni, Suède, Finlande et Estonie. Mais l’abstention de l’Allemagne, de la Belgique, du Portugal et de la République Tchèque ont manqué pour atteindre la majorité.

Un beau rêve en danger par la faute d'une idéologie mortifère !

… mais s’abstenir équivaut à voter pour.

 

L’opposition du parlement Européen

Le rejet de la demande d’autorisation par le Parlement européen par 385 voix contre 201 et 35 abstentions.

 

Les États pourront néanmoins interdire la culture du TC1507 en adoptant la clause de sauvegarde, ce qui avait été fait  en 2008 pour interdire sa culture en France, en Autriche, en Hongrie, en Grèce, en Roumanie, en Bulgarie et au Luxembourg.

A quelques semaines des européennes, donner cette autorisation sera extrêmement périlleux pour l’image de l’UE et de ses institutions“, a averti le ministre français Thierry Repentin. “C’est la pire des décisions au pire des moments“, a renchéri son homologue hongroise.

 Bravo les gars ! Avec des pieds nickelés comme cela, l’extrême droite n’aura bientôt plus besoin de faire campagne.

 Sources : Sudouest.fr, humanite.fr/environnement/

Crédit photos: international.ij-poitou-charentes.org, sboisse.free.fr/, pbs.twimg.com: thierry-repentin

Lu sur Voie Militante Voie Militante

 

Commentaire d'Action communiste : que fera le président français ?  Fera-t-il entendre la voix de la France, ou renoncera-t-il, une fois de plus, à assumer des choix autonomes et souverains ?

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 17:06
Les prisons privées aux États-Unis :
un commerce plus lucratif que la drogue.

TELAM - Des décennies de politiques xénophobes et de main dure (tolérance zéro), et un système pénal ancré dans l’enfermement, ont créé aux États-Unis la plus grande population carcérale au monde et une industrie multimillionnaire de prisons privées.

Il y a un peu plus de 15 ans, la chercheuse étasunienne et militante des années 60, Angela Davis, inventa le terme de « complexe industriel carcéral » et le compara au puissant et redouté complexe militaro-industriel étasunien.

“Les prisons ne font pas disparaître les problèmes, elles font disparaître les êtres humains. Et la pratique de faire disparaître un grand nombre de personnes des communautés pauvres, immigrantes et racialement marginalisées est devenue littéralement un grand commerce », écrivait la dirigeante communiste.


La plus grande entreprise carcérale des États-Unis, Corrections Corporation of America (CCA) fut aussi la première de cette industrie innovatrice.

Créée en 1983, elle fut conçue par Jack Massey, le même homme qui à la fin des années 60 fonda l’Hospital Corporation of America qui est aujourd’hui la plus grande entreprise d’hôpitaux et de centres de chirurgie privés des États-Unis.

L’année suivante, Wackenhut Corrections Corporation apparut sur le marché, une entreprise qui plus tard sera rachetée par le Groupe Geo, la seconde compagnie la plus grande du complexe industriel.

L’industrie surgit dans un contexte dominé par la mentalité conservatrice de l’époque de Ronald Reagan et dans le cadre de la politique de la main dure, qui créèrent une demande suffisante pour convaincre un groupe d’investisseurs qu’il existait une opportunité pour les entreprises”, expliqua à Télam Donald Cohen, directeur exécutif de l’organisation In The Public Interest

D’après ce qu’il a raconté au téléphone depuis son bureau de Washington, les entreprises commencèrent par construire des « prisons spéculatives », autrement dit, elles construisirent sans encore avoir de contrats avec les gouvernements locaux ou des états.


Les premières prisons furent construites dans des villages petits et pauvres avec la promesse de garantir des emplois, d’augmenter la perception d’impôts et de diminuer les coûts que provoquait pour les gouvernements la population carcérale croissante.

Elles étaient soumises aux mêmes réglementations que les prisons publiques et, une fois mises en service, elles étaient soumises aux contrôles des mêmes entités gouvernementales, mais comme pour toute entreprise, leur objectif final était le profit.

Selon Cohen, depuis les débuts de l’expansion de cette industrie, elle se fonde sur la “réduction du nombre de fonctionnaires”.

Cela a commencé par les municipalités, les gouvernements des états ont suivi, principalement dans le Sud du pays, près de la frontière avec le Mexique, et finalement, l’Etat Fédéral s’y est mis avec l’arrivée de Bill Clinton à la Maison Blanche.


Clinton a encore durci la politique criminelle du pays, mais ce fut son implication dans la fin de l’« ère du grand État » qui réduisit dramatiquement la bureaucratie publique et qui ouvrit la porte au Département de Justice pour contracter des prisons privées où se retrouvaient par dizaines de milliers des migrants sans papiers et des criminels.

« Au milieu des 90, CCA était une de entreprise les mieux cotées à Wall Street », fait remarquer Judy Green, directrice de l’organisation Justice Strategies, une organisation spécialisée en politique criminelle basée à Brooklyn, New York.

Mais le plus grand boom pour le complexe industriel carcéral naissant vint après la déclaration de « guerre contre le terrorisme » en 2001 et, en particulier, avec la politique pour freiner l’immigration du second mandat du républicain Georges W Bush.

A la fin de 2010 le complexe industriel carcéral hébergeait 8% des prisonniers du système fédéral et des états, et s’était installé à des degrés divers dans 30 des 50 états du pays selon l’Office des Statistiques de la Justice étasunienne.


En pourcentage, cela paraît peu, mais ce qui retient l’attention, c’est le rythme de croissance de cette industrie en fonction de l’augmentation du nombre de personnes détenues dans le pays.

Entre 1999 et 2010, la population carcérale aux États-Unis grandit de 18% mais le nombre de prisonniers dans les prisons privées fédérales et des États augmenta d’environ 80%.

CCA possède 66 prisons avec une capacité de 91 000 prisonniers, alors que le Groupe Geo possède 65 prisons et peut héberger plus de 65 700 détenus. Leurs bénéfices annuels en 2011 furent de 1 700 millions et 1 600 millions de dollars respectivement.

Au niveau fédéral, cette croissance se base sur la privatisation d’une grande partie du système de détention des immigrants sans papiers, pendant que pour les états, elle fut obtenue grâce à « la coupe des fonctionnaires » par les autorités locales, qui permit la signature de contrat peu conventionnels.

Un rapport de 2012 d’In the Public Interest analyse 62 contrats d’entreprises carcérales avec des gouvernements d’états et révèle que plus de 65% contiennent des clauses qui obligent l’état à garantir une occupation minimale de 80 à 100% des « chambres », même si le taux de criminalité diminue.

Par exemple, dans le Colorado, le nombre de crimes s’est réduit d’un tiers dans la dernière décennie et cela permis la fermeture de 5 prisons publiques depuis 2009.

A l’origine, le gouvernement du Colorado avait défendu la signature de contrats avec des prisons privées en usant de l’argument que les prisons étaient débordées.

Cependant, en 2012, après la fermeture de cinq prisons, le gouvernement local signa un contrat avec CCA pour leur garantir en 2013, l’arrivée d’au moins 3 300 prisonniers dans les trois prisons que l’entreprise possède dans cet état, pour un coût annuel de 20 000 dollars par prisonniers.

A l’égal de l’industrie militaire, l’industrie carcérale a acquis ses talents pour la négociation à coups de millions de dollars investis en lobbying et obtenu une partie de son influence grâce au groupe ALEC (Conseil d’échanges législatifs étasuniens).


ALEC n’est pas formellement un groupe de lobbying.

Son slogan est “gouvernement limité, liberté de marchés, fédéralisme”, sa fonction est de rédiger et promouvoir des projets de lois et ses membres comprennent plus de 2 000 législateurs de l’état et directeurs exécutifs de grandes corporations (jusqu’à il y a quelques années CCA et le Groupe Geo)

Leur regroupement est organisé par des commissions, comme celles du Pouvoir Législatif, et chacune d’elles est dirigée par un législateur en fonction et un entrepreneur impliqué dans le secteur en question.

Les medias étasuniens et parmi eux le New YorkTimes et la revue The Nation, relièrent ALEC avec des lois très répressives, comme celle qui permit aux citoyens de tirer quand ils sentaient que leur vie était en danger, ainsi qu’aux principales normes qui permirent la privatisation du système pénitencier.

« Les entreprises carcérales n’ont pas créée les lois, mais elles ont aidé à ce quelles soient approuvées... et cela à un sens. Si tu es côté à Wall Street, tu dois croître. Et pour que tes actions montent, ton marché doit s’agrandir », synthétise Judy Green.

Les 30 dernières années ont démontré que l’unique manière de s’agrandir pour le système carcéral ce sont les politiques criminelles dures.


Telam

Traduction Anne Wolff

Source en Espagnol Cárceles privadas en EEUU : un negocio millonario

 

Notes de traduction

résumé d’un commentaire

Certaines prisons privées se sont fait une spécialité des « immigrants sans papiers ». Les conditions de détentions abominables ont été stigmatisées par la LDDH. Les détenus, maltraités physiquement, qui n’y bénéficient d’aucuns soins de santé et doivent dans certaines d’entre elles, payer eux-mêmes leur nourriture (rappelons que ces prisons sont subsidiées à hauteur de 20 000 mille dollars par an et par tête).

Un autre article que j’ai lu à ce sujet évoquait des juges peu scrupuleux qui prononçaient leurs sentences non plus en fonction de la gravité des faits, mais en fonction de quotas à atteindre pour remplir les prisons.

Et j’aimerais aussi attirer l’attention sur le fait que de nombreuses associations espagnoles, lancent l’alerte sur le fait que leur pays prends le même chemin de la dangereuse alliance entre tolérance zéro et privatisation des prisons.

Quelques chiffres et un graphique

D’après l’étude réalisée en 2011 par Roy Walmsley, pour le Centre international d’études pénitentiaires :

Les États-Unis comptent (en 2011) 2 292 133 prisonniers pour une population de 308 497 039 habitants soit 743 prisonniers pour 100 000 habitants et 23% de la population carcérale mondiale. (et depuis l’ère Reagan se chiffre ne cesse de croître dans une proportion supérieure à 15% par an !)

En comparaison, la Russie compte 559 prisonniers pour 100 000 habitants, la Chine 122 et la France 102

»» http://les-etats-d-anne.over-blog.com/article-les-prisons-privees-aux-...
 
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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 14:28
Une solution raisonnable pour l’Ukraine

 

En réaction à ma dernière note[1], La Crimée et le Droit, Steve Ohana[2] m’a posé la question de savoir qu’est-ce qu’un gouvernement ukrainien « raisonnable » devrait faire pour éviter l’explosion du pays. Je le rappelle, je considère qu’une telle explosion serait la pire des solutions tant pour les pays européens que pour la Russie[3]. Écrivant cela, je suis pleinement conscient que les acteurs politiques évoluent dans un monde de représentations qui peut diverger assez largement des réalités. Ce n’est donc pas parce qu’une solution apparaît « rationnellement » correspondre aux intérêts qu’elle sera adoptée. Pourtant, je persiste à croire qu’il est de l’intérêt du pouvoir en Ukraine d’aboutir à une situation qui soit acceptable par tous et qui préserve une Ukraine unie et indépendante. Énonçons donc les conditions minimales :


(1)  Le gouvernement de Kiev doit absolument se séparer immédiatement de tous les éléments extrémistes, organiser un désarmement complet et une dissolution des milices. Il doit accepter de collaborer avec une commission d’enquête internationale indépendante (qui pourrait être constituée sous l’égide de l’OSCE ou des Nations Unies) pour faire toute la lumière sur l’origine réelle des tirs des snipers qui ont fait tant de victimes place Maïdan.

(2)  Il doit convoquer une conférence nationale de réconciliation avec toutes les parties en présence pour refonder le pacte national qui a été mis à mal par les événements depuis le 21 février. De cette conférence devra sortir un processus électoral qui soit accepté par tous, tant pour le Parlement que pour le Président.

(3)  Symétriquement, il doit demander à toutes les autorités de déclarer un moratoire sur les référendums sur le rattachement à la Russie. En tout état de cause ces référendums ne devraient avoir lieu que si cette conférence échoue. Il s’engage aussi, pour le temps de la conférence sur le pacte national à ne pas introduire de nouveaux éléments des forces armées en Crimée.

(4)  Il doit alors s’interdire de modifier les traités existants ou de signer de nouveaux traités. Ceci ne pourra être fait, en tout état de cause, que par les autorités issues des nouvelles élections. Il pourrait même faire une déclaration d’intention renonçant solennellement à demander l’admission de l’Ukraine dans l’OTAN pour autant que les pays membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies s’engagent à garantir l’indépendance du pays.

 

Telles sont les conditions minimales pour geler la situation et avoir quelques chances de la voir évoluer de manière favorable. Il est cependant clair qu’un volet économique important devrait accompagner ces décisions, car la situation de l’Ukraine est réellement dramatique aujourd’hui. Ce volet n’est pas, en partie, du ressort des autorités de Kiev. On peut néanmoins donner quelques précisions à son sujet. Il impliquera :

(a)   Dans l’immédiat un accord entre les pays européens et la Russie pour éviter à l’Ukraine un défaut de paiement et lui permettre de faire face à ses engagements immédiats.

(b)  Dans le moyen terme, des réformes doivent être mises en place, mais l’Ukraine devra développer son intégration avec l’économie russe, ce qu’elle fait en réalité depuis la Révolution Orange (et oui…l’économie a ses lois que l’on ignore à ses dépens), car seule cette intégration est en mesure de fournir à l’Ukraine la croissance dont elle a besoin.

 

Je ne sais si ces conditions sont réalisables, mais en tout état de cause elles devraient former la base du discours de la diplomatie française, quitte à offrir à M. BHL de longues vacances aux îles Kerguelen.


[1] Sapir J., « La Crimée et le Droit », RussEurope, posté le 7 mars 2014, URL : http://russeurope.hypotheses.org/2062

[2] Sur Twitter @ohanasteve

[3] Sapir J., « Sauvegarder l’unité de l’Ukraine », RussEurope, posté le 3 mars 2014, URL : http:// http://russeurope.hypotheses.org/2045  

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 13:23
Décision de la Cour de cassation dans l’affaire des héritiers Renault
Communiqué de l’association « Esprit de Résistance »
samedi 8 mars 2014
Lu sur le site "Le canard républicain"

La Cour de cassation vient de prendre une décision de non admission du pourvoi en cassation interjeté par les héritiers Renault. En clair, cela veut dire que la Cour de cassation trouve le pourvoi tellement évidemment infondé qu’elle décide de ne même pas l’examiner sur le fond.

C’est une victoire pour ceux, au premier rang desquels notre association, qui luttaient contre cette révision de l’histoire ; c’est une claque pour les héritiers Renault.

 

Il faut rappeler la chronologie des faits.

En mai 2011, sept des petits-enfants de Louis Renault ont assigné l’État en indemnisation devant le Tribunal de Grande Instance de Paris.

En janvier 2012, le juge de la mise en état a déclaré le TGI de Paris incompétent, fondant son ordonnance sur le fait que, pour être compétent (pour être la juridiction adéquate), il aurait fallu que l’ordonnance de nationalisation des usines Renault soit un acte administratif . Or il a été jugé que l’ordonnance de 1945 a valeur législative, et n’était donc pas une décision administrative, ce que reconnaissaient implicitement les héritiers Renault en posant conjointement à leur requête une Question Prioritaire de Constitutionnalité mettant en cause la constitutionnalité de l’ordonnance de 1945.

En novembre 2012, la cour d’appel de Paris a confirmé l’ordonnance de janvier 2012

En février 2014, la Cour de cassation a rendu une décision de non admission du pourvoi.

 

En pièces jointes, [ sur le site  "lecanardrépublicain" ]vous trouverez : la décision de la Cour de cassation, les annexes de cette décision (l’argumentaire des héritiers) et les arguments qui ont fondé la décision de la Cour de cassation.


Cette victoire met partiellement un terme à l’imposture des héritiers Renault : la chef de file des héritiers a bien été obligée de reconnaître, dans un article de presse récent qui vous a été adressé, que non seulement elle n’avait pas connu son grand-père, mort avant sa naissance, mais que son propre père ne lui en avait jamais parlé (les rapports entre Louis Renault et son fils ne semblant pas très chaleureux). Il s’agit donc simplement d’une affaire de gros sous, qui relativise les larmes d’une arrière-petite-fille montrées à la télévision par des journalistes complaisants. L’affaire a d’ailleurs été bien orchestrée en matière de campagne de presse via, entres autres Le Monde, France 2 France 3, Europe 1, etc. et en abusant d’à-peu-près se référant à « la confiscation des biens de Louis Renault », alors que seuls les biens industriels de la SAUR (Société Anonyme des Usines Renault) ont été nationalisés, et que le fils a hérité de tous les biens « personnels », comprenant aussi bien les propriétés (2000 hectares en Normandie, 50 hectares dans la presqu’île de Giens, hôtel particulier avenue Foch, yacht, etc.) que des biens comme la propriété de la DIAC, la filiale de financement de crédit automobile de Renault, tellement indispensable au fonctionnement de l’entreprise que la Régie Renault la rachètera au fils en 1947 !


C’est une première victoire, pour laquelle nous devons tenter de briser le mur du silence de la presse, et chacun d’entre nous peut agir dans ce sens.

Nous devons rester vigilants, car il se peut que les héritiers Renault tentent d’autres actions et que nous ayons encore à les combattre, tant au nom du respect de l’Histoire et de la lutte contre ce révisionnisme, mais aussi au nom des résistants des usines Renault qui ont payé de leur vie ou de la déportation leur combat pour la Libération de la France.


Association « Esprit de Résistance »
http://www.espritderesistance.fr/


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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 14:11

Hommage à nos femmes palestiniennes

Ziad Medoukh

Les Palestiniens célèbrent cette journée mondiale de la femme avec une pensée particulière pour les femmes détenues dans les prisons  israéliennes, et pour les femmes de Gaza qui souffrent, comme toute la population civile, de ce  blocus israélien inhumain.


Nos femmes  fêtent le 8 mars dans les larmes et avec beaucoup de peine, en pensant aux martyrs, aux blessés, aux prisonniers, et aux enfants de Gaza privés de  loisirs et de  fournitures scolaires à cause de ce blocus.


Les femmes palestiniennes, en première ligne du conflit, sont très engagées. Elles ont un rôle  important dans notre société, elles continuent de se sacrifier pour que les enfants et les futures générations aient un plus bel avenir. Ce sont elles qui donnent à la Palestine ses héros.


En ce début  de mars 2014, au sud de la bande de Gaza, une femme de 52 ans a été tuée par des balles israéliennes aveugles, alors qu’elle cultivait sa terre.


La femme palestinienne qui mène son combat sans relâche avec dignité, a un courage exceptionnel, elle est à la fois la mère du martyr, la femme du prisonnier,  la grand-mère des jeunes désespérés. Elle est toujours présente pour soutenir son mari, pour aider ses enfants, et pour participer au développement d’une société en crise.


Elle est  fortement investie dans la vie sociale et économique, elle a un rôle essentiel dans la vie des familles, des villages, des villes et des organisations, elle est en fait un élément majeur de la cohésion dans la société palestinienne.


70% des personnes qui fréquentent les universités en Palestine sont des femmes, et le taux de scolarisation chez les femmes palestiniennes dépasse 80%.


Quand elle perd son mari, martyr pour la Palestine, la femme palestinienne sacrifie sa vie pour ses enfants, elle ne pense pas à sa vie privée, elle s’occupe d'eux et les élève dans le respect et l'attachement à leur patrie.


Dans la situation économique très difficile qui prévaut en Palestine, beaucoup de ces femmes travaillent pour aider leur mari et leur famille, elles créent des coopératives, vendent des produits artisanaux afin de vivre dignement sur leur terre.


Elles sont toujours présentes dans tous les secteurs : dans le travail, dans les partis politiques, dans les associations, dans les manifestations, sur les marchés ; elles participent et défendent leurs droits et les droits de leurs enfants.


Par leur courage et par leur détermination, elles les encouragent à aller à l’école en dépit des barrages et des check-points israéliens, elles vont souvent récolter les olives au côté des hommes, malgré les menaces des colons et des soldats israéliens, elles mènent une résistance exemplaire contre l’occupation et ses mesures, elles luttent pour une place dans la société.


Nous pensons en ce jour du 8 mars aux femmes palestiniennes, qui sont mortes pour une Palestine libre, aux femmes prisonnières, aux femmes qui ont accouché à un check point israélien, aux femmes qui, derrière le mur d’apartheid, se réveillent à 3h du matin pour préparer le cartable de leurs enfants et les accompagner  à l’école. Quel courage !


Ce magnifique courage des femmes qui, avant de penser à elles mêmes, pensent  aux autres, à leurs enfants, à leur mari, à leur famille, est une inspiration et un exemple pour nous les hommes.


Les femmes de  Palestine méritent tout notre respect, elles méritent des lois qui améliorent leur statut dans notre pays, elles méritent notre admiration.


Un grand hommage à nos femmes palestiniennes : l’origine de notre savoir, le chant de notre espoir, le remède à nos blessures, la richesse de notre terre, la lumière de notre mémoire, l’ange de notre histoire, le symbole de notre paix, le sens de notre identité, la terre de nos ancêtres, et l’avenir de notre grande Palestine de paix et de justice..

 

Ziad Medoukh : Enseignant - Chercheur

Ziad Medoukh est un professeur de français palestinien. Responsable du département de français de l’université Al-Aqsa de Gaza, et coordinateur du Centre de la paix de cette université.  Conférencier infatigable sur Gaza et la Palestine, il multiplie, surtout en France et en Europe, et autant qu’il le peut, les rencontres avec les associations et les réseaux de jeunes, chaque fois que ses activités académiques et professionnelles lui permettre de franchir les frontières de Gaza.

 

Palestine Solidarité

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 18:46

Lu sur le site "ContreLaCour"

Vous trouverez sur ce site la traduction d'une partie du projet d'accord pour le traité transatlantique.  Il date de juillet 2013.  Les négociations sont tenues secrètes.  Pendant qu'au grand jour Obama menace la Russie et les opposants au nouveau pouvoir ukrainien installé par la violence politique, les négociateurs américains cherchent en catimini à imposer aux peuples européens un traité qui achèverait les contres réformes sociales en Europe et livrerait le marché européen, les salariés européens aux multinationales américaines.   Il n'est prévu de consulter ni les parlements nationaux, ni les peuples. 

 

Marché transatlantique 

 

Jeudi 27 février, le journal en ligne allemand ZEIT ONLINE a publié une version fuitée du projet de traité transatlantique.
Celle-ci, traduite ci-dessous en français, date du 2 juillet 2013, soit quelques jours avant le lancement des négociations. Pour rappel, le mandat de négociation octroyée à la Commission européenne par les ministres du commerce a été validé lors du Conseil du 14 juin 2013.

Ce projet d’accord constitue donc la base de discussion établie par la Commission européenne en lien avec les partenaires américains et les entreprises privées.

Il a donc vraisemblablement évolué au cours des trois cycles de négociations qui se sont tenus depuis juillet 2013.
Cependant, il nous offre un grand éclairage des dispositions qui pourraient figurer dans l’accord final.

Ce n’est qu’une petite partie du projet d’accord, celle relative aux services, au e-commerce et aux investissements.
De nombreux autres chapitres, très importants aussi, ne s’y trouvent pas.

Le chapitre 1 pose les grands principes et les définitions des termes clés de l’accord.

Le chapite 2 traite de la libéralisation des investissements. Il est rappelé que les services audiovisuels ne font pas partie des négociations. Le chapitre indique que les investissements américains et européens devront être traités de façon égale (sans discrimination) de part et d’autre de l’atlantique. Il est également défini le système de protection des investissements permettant aux entreprises de se prévaloir contre un traitement arbitraire, discriminant ou abusif. A cet égard, le projet indique les pistes d’indemnisation des entreprises.

Le chapitre 3 concerne la fourniture transfrontalière de services. Comme pour les investissements, il est rappelé le principe de l’ouverture et l’interdiction des clauses discriminantes.

Le chapitre 4 traite la question de la présence temporaire de personnes physiques qui iraient travailler de l’autre coté de l’Atlantique (visiteurs d’affaires, transferts intraentreprise, diplômés stagiaires, vendeurs d’affaires, fournisseurs de services contractuels et professionnels indépendants).

Cette question est poursuivie dans le chapitre 5 qui traite des qualifications préalables à l’exercice de certaines activités, qui peuvent être données aux personnes physiques ou morales. Il est également question de libération des services informatiques, des services de postes et de courrier, des réseaux de communications électroniques, des services financiers et enfin, du transport maritime international. Ces dispositions doivent notamment être étudiées sur la question spécifique et importante des « services universels« , c’est à dire des services publics.

Le chapitre 6 concerne le domaine du commerce électronique.

Enfin, le chapitre 7 énumère toutes les pistes d’exceptions qui pourraient être posées au principe de libéralisation. Il s’agit, par exemple, des mesures nécessaires à la protection de la santé, de la sécurité, la vie privée, etc. Toutes ses mesures ne doivent cependant pas constituer des restrictions déguisées ou être discriminantes.

A la fin du document, les lecteurs trouveront les principaux éléments que la Commission entend introduire dans le mécanisme de règlement des différends Etat-investisseur. Il s’agit de la question sensible des tribunaux d’arbitrage sur laquelle la Commission devrait lancer une consultation publique dans quelques jours.

 

Note : Il s’agit d’une traduction effectuée par mes soins. Elle n’est pas officielle. Il est possible que des coquilles s’y soient glissées. Merci à tous ceux qui m’aideront à l’améliorer. Vous pouvez également la consulter sur Google Drive via ce lien.
Traité transatlantique : qu'ont-ils voté ?
Le 10 décembre 2013, les parlementaires européens se sont prononcés sur les négociations en vue du Traité de libre échange UE – Canada. Les députés centristes, libéraux et socialistes ont voté pour. Seule Corinne Lepage a voté contre. Les écologistes ont voté contre. Les députés de la gauche radicale ont également voté contre, et ce, en ne respectant pas la consigne de vote du groupe GUE (vote blanc); seul Younous Omarjee a voté blanc.  Plus surprenant encore, Bruno Gollnisch a voté blanc.

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