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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 15:01
Nous avons reçu cette lettre ouverte de Charles Hoareau.  Nous la mettons en ligne.  Nous avons ajouté le texte de l'interview de Thierry Le Paon au "Nouvel économiste".
   
 
Lettre ouverte à Thierry Le Paon.
mercredi 26 février 2014
par  Charles Hoareau


 

A Thierry Le Paon
Secrétaire général de la CGT

 

Le panorama de presse que la CGT envoie à ses organisations, nous apprend que tu as déclaré au Nouvel Economiste du 21 02 2014 [1] : « Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents - et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. ».

Comment un dirigeant de la CGT, le syndicat qui dans ses statuts (c’est-à-dire le texte qui fait son identité) se réclame de la charte d’Amiens peut-il faire une telle déclaration en contradiction totale avec elle ?

Faut-il rappeler ce que cette charte déclare ? « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat… : Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en oeuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière ».

Non nous n’appartenons pas à la même communauté que celle de nos employeurs. Oui il y a « opposition de principe » entre le grand patronat et nous et cela s’appelle la lutte des classes. Celle-ci est plus que jamais d’actualité et elle est toujours moteur de l’histoire.

Que le syndicalisme, en tenant compte du rapport de forces, soit en permanence obligé de se poser la question de jusqu’où la lutte peut mener et quel compromis [2] il peut momentanément accepter, ça c’est le B-a Ba du syndicalisme. Mais ce compromis ne doit pas nous faire lâcher l’objectif – une société sans classe – ni être synonyme de compromission. Sinon nous ne sommes plus syndicat révolutionnaire.

De plus, de par le monde, quel exemple avons-nous de syndicat prônant la cogestion qui ait montré que celle-ci ait eu une quelconque efficacité face à un capitalisme toujours plus vorace et obsédé par le taux de profit, seul critère de gestion à ses yeux ?
Sans compter que le résultat de l’enquête publiée par Le Monde de ce jour et indiquant que 61% des jeunes de notre pays sont prêts à se révolter situe à lui seul l’ampleur du décalage entre ton propos et les attentes...

Il y a quelques années, Jean Christophe Le Duigou (membre du bureau confédéral de la CGT) avait, avec Jean Gandois (président d’honneur du MEDEF), préfacé et post-facé un livre intitulé « Changer le travail oui mais ensemble », hymne à la collaboration de classe. Nombre d’entre nous avions alors parlé de « dérive ». Ton propos d’aujourd’hui montre que tu assumes de passer de la dérive au changement d’orientation….tout seul ?

Car la dernière question que pose cet entretien est : où est-ce qu’un tel changement, à savoir passer de la notion de lutte des classes à celle de « communauté » d’intérêts, a-t-il été débattu ? Venant après l’initiative décidée on ne sait où, de rencontre de l’obscurantiste CRIF qui se « nourrit de l’antisémitisme » (comme le dit l’UJFP) et, fait aggravant, ton refus d’en débattre au CCN [3] cela commence à faire beaucoup.

La CGT est, elle, une véritable communauté où les débats doivent avoir lieu, au risque de provoquer en son sein des colères pouvant conduire à des fractures.

Charles Hoareau
Syndiqué CGT.


[1] Contactée, la journaliste nous a indiqué que Thierry Le Paon avait relu l’article avant parution. L’article est d’ailleurs publié en entier sur le site de la CGT

[2] titre du paragraphe d’où est extraite la citation

[3] Comité Confédéral National, parlement de la CGT

 

 

 

« Pour que le consensus émerge,

 il doit y avoir affrontement »


Il ne croit ni au consensus mou ni aux oppositions de principe. En matière d’emploi, il croit à la vertu de l’action collective et à la force de certaines convictions. Brutal et utile

(Propos recueillis par Caroline Castets, article publié dans l’édition du 19 février 2014)

*****

 

   Il se défend de toute opposition de principe face aux dirigeants d’entreprise, parle compromis et pragmatisme syndical. Pour autant, il est certains sujets sur lesquels Thierry Lepaon a la rancune tenace, le ton dur et les convictions chevillées au corps. Des sujets trop lourds de conséquences pour se satisfaire de la tendance au “consensus mou” qui, selon lui, gagne la société. Des sujets dont la simple évocation pousse le nouveau patron de la CGT à renouer avec sa vision d’un“syndicalisme combatif” et à réaffirmer sa certitude qu’en entreprise comme en démocratie, “il doit y avoir affrontement”.

   En tête de sa liste noire : les accords dits du 11 janvier – qui favorisent “le risque de mise en concurrence des salariés et tirent l’ensemble du marché vers le bas”, la course à l’abaissement du coût du travail – qui, la menace du chômage aidant, permet de ne pas rémunérer le travail à sa juste valeur et, ce faisant, condamne la croissance et nous conduit “tout droit dans l’impasse” -, le pacte de solidarité – un “deal conclu à deux” sans concertation préalable ni garantie pour l’emploi –, les aides aux entreprises – fondées sur un système de distribution égalitaire et donc, inéquitable car ne tenant pas compte des disparités de profils et de besoins – et surtout, l’actionnaire ; déterminant, invisible et seul, au sein de l’entreprise, à ne consentir à aucun effort. Au point que “l’unique paramètre qui ne soit jamais remis en question soit le montant de sa rémunération”. Au point même qu’être compétitif aujourd’hui signifie “lui verser plus de dividendes”. Autant de sujets qui poussent aujourd’hui Thierry Lepaon à revendiquer l’émergence d’un “syndicalisme utile”,capable non seulement de protéger le salarié mais aussi d’influer sur le monde du travail et d’animer le débat public. De dénoncer, certes, mais aussi de réguler.

   La société française est fragilisée, divisée, fragmentée même. Au point qu’on ne sait plus ce qui nous rassemble ; on ne sait plus ce qui peut encore nous permettre de“vivre ensemble”. 
   Ce qui autorise n’importe quel groupement politique, n’importe quel groupuscule même, à se présenter en rassembleur. D’autant plus qu’il existe une défiance croissante à l’égard des corps constitués, du politique et même de la République qui s’explique notamment par le fait que l’emploi, en dépit des promesses du gouvernement, continue à se détériorer et avec lui les conditions de travail –une enquête de l’INSEE révèle que 70 % des salariés français estiment que les conditions nécessaires pour bien faire leur travail ne sont pas réunies– par la prise de conscience beaucoup plus marquée que par le passé de la répartition inéquitable des richesses dans notre pays faisant que les riches sont toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvr

  A cela s’ajoutent une dégradation de la qualité des services publics lesquels constituaient jusqu’alors un élément fort de cohésion interne et, enfin, le sentiment grandissant que, pour certains, le travail n’est pas rémunéré à sa juste valeur, ceci dans le public comme dans le privé. Au final cela aboutit à une situation intenable dont la République ressort détériorée.


Accords de compétitivité

   On ne réfléchit pas assez et c’est dommage à la place de l’entreprise dans la société française, à son rôle. Dès que j’ai été élu secrétaire général de la CGT, j’ai proposé au président de la République d’engager un débat national sur la question et notamment sur cette problématique essentielle : le travail peut-il encore payer le hors-travail ? Autrement dit : est-il judicieux de poursuivre cette course effrénée vers l’abaissement du coût du travail ou la vraie question ne porte-t-elle pas plutôt sur la répartition de la richesse créée ? Sur ce plan, deux courbes se sont croisées il y a quelque temps et je trouve cela extrêmement inquiétant : pour la première fois, la courbe des dividendes est passée au-dessus de celle des investissements dans l’entreprise.

   Cela signifie que la rémunération des actionnaires augmente quand le montant des investissements diminue et que, désormais, ce qui va aux actionnaires dépasse ce qui est consacré à l’investissement et notamment à l’investissement industriel. Voilà à quoi servent les accords de compétitivité négociés avec des salariés à qui on demande de faire “encore un effort”. Mais la compétitivité, c’est plus d’investissement, plus de création de valeur ; ce n’est pas plus de rémunération à l’actionnaire !


Pacte de responsabilité 

   Le pacte de responsabilité ne me convainc pas. D’abord parce que, sur la forme, ce pacte n’engage pas la nation représentée par les élus, l’Assemblée nationale, etc. mais se résume à un deal entre deux personnes : le président de la République et le patron du Medef, le second disant au premier : “si tu me donnais 50 milliards je pourrais créer 200 000 emplois par an”. Cette décision prise sur la seule volonté du Président, sans que les ministres concernés aient été consultés, sans que les partenaires sociaux aient été informés, comporte un côté entre-soi qui, selon moi, illustre une conception nouvelle de la politique en France. Ensuite parce que, concernant les termes de l’accord lui-même, je pense, sans être un négociateur averti, que lorsque l’on paye avant que l’autre partie ait rempli sa part du contrat, il y a toujours un risque.

   Or ce risque se confirme aujourd’hui : on fait cadeau de 50 milliards aux entreprises sans exiger qu’elles remplissent au préalable certaines conditions – et ce faisant, on met à bas une partie du principe de financement de la Sécurité sociale en transférant les cotisations familiales sur le budget de l’Etat, on s’engage à diminuer le nombre de fonctionnaires sans préciser sur quel secteur ni sur quelle base, le tout avec des propos si vagues qu’on ignore encore s’il s’agit de 30 ou de 50 milliards puisqu’on ne sait pas si le CICE est comptabilisé dans cette promesse – et on sent le Medef extrêmement critique sur les contreparties demandées. Si les partenaires sociaux avaient été associés sur le montant de l’aide accordée et sur son objectif, nous aurions pu définir des pistes d’application ensemble, contribuer à l’élaboration de solutions. Cela n’a pas été le cas.


Emploi

   Pour créer de l’emploi, il faut de la croissance. Or deux critères sont nécessaires au retour de cette croissance : la confiance – laquelle implique une vision dégagée de l’avenir – et le pouvoir d’achat pour consommer et ne pas se réfugier uniquement dans l’épargne. Aucun de ces deux critères essentiels n’est rempli aujourd’hui. Ce sont pourtant deux leviers qu’il faut actionner. Pour l’heure, les salariés qui pourraient dépenser, investir, etc. ne le font pas parce qu’ils estiment qu’une menace pèse sur leur emploi et donc sur leur avenir et celui de leurs enfants.

   Face à cela ils mettent en place une stratégie d’épargne qui est le pire qui puisse arriver à l’économie nationale puisque cela signifie que les gens renoncent à la consommation. C’est pourquoi j’insiste : le fait de sacrifier du pouvoir d’achat par la non-augmentation du salaire minimum et du point d’indice pour les fonctionnaires pour la quatrième année consécutive empêche de libérer la consommation et condamne la croissance. C’est pourquoi le pacte de responsabilité, sans croissance, je n’y crois pas.


Aides aux entreprises

  Pour faire repartir l’emploi je pense qu’il faut commencer par arrêter d’aider les entreprises de manière égalitaire. En vingt ans, on est passé d’une politique d’aides aux entreprises à une politique de droit pour les entreprises. 
   La CGT, contrairement à ce qu’on pense, est favorable aux aides aux entreprises mais à condition que celles-ci soient accordées à celles qui en ont besoin. Toutes ne sont pas confrontées aux mêmes difficultés, toutes n’ont pas besoin des mêmes aides. Pourtant le déni politique de ces disparités et le fait que les mêmes montants soient accordés à tous indépendamment des besoins aboutit à un système inéquitable. J’en veux pour preuve le fait que les principaux bénéficiaires des 20 milliards du CICE ne sont pas les entreprises les plus en difficulté mais les grandes enseignes de distribution, les machines à jeux… alors que les premiers bénéficiaires du dispositif devraient être les acteurs du secteur industriel qui sont soumis à la concurrence internationale, les sociétés qui ont du mal à opérer une mutation économique ou sociale, celles dont l’activité est délocalisable… C’est pourquoi le nouveau pacte entre Pierre Gattaz et François Hollande doit être l’occasion d’une remise à plat de l’ensemble des aides aux entreprises : afin qu’on accompagne celles qui s’efforcent de maintenir l’emploi, qu’on pénalise celles qui ne le font pas et qu’on ne donne pas à celles qui n’en ont pas besoin.


“L’actionnaire”

   Aujourd’hui la première menace qui pèse sur l’emploi tient à la place qu’on accorde au travail dans notre civilisation, au fait qu’on l’appréhende comme une contrainte, comme une variable d’ajustement. Et pendant ce temps, l’unique paramètre qui ne soit jamais remis en question, jamais discuté même, c’est le rôle de l’actionnaire et le montant de sa rémunération. Au point qu’aujourd’hui, c’est le grand absent de toute négociation ; on ne le voit jamais alors que c’est lui qui oriente la stratégie de l’entreprise et que, j’insiste, la courbe des dividendes qui lui sont versés progresse pendant que celle des investissements baisse.

   Les entreprises visent toutes à abaisser le coût du travail soi-disant pour être plus compétitives, mais être compétitif aujourd’hui signifie simplement verser plus de dividendes à l’actionnaire. Je pense donc qu’il faudrait contraindre ces derniers à prendre leurs responsabilités. Leur imposer plus de transparence, plus de visibilité et surtout, leur demander un effort comme on en demande aux patrons et aux salariés. Pourquoi ne pourraient-ils pas abaisser leur exigence de rémunération ? Est-il normal aujourd’hui que certains puissent exiger dans l’industrie des taux de rendement de 10 ou 12 % sans que, par ailleurs, l’entreprise ait les capacités d’accroître son outil de production, d’investir, de recruter ? Cette dimension de l’équation n’est jamais discutée et je pense qu’il est temps que cela change.


Le coût du travail

   Nombre de salariés d’entreprises en difficulté ont le sentiment que, même lorsque la santé de leur entreprise s’améliore, leurs conditions de travail et de rémunération ne progressent pas. Sur ce plan, il est vrai que le chômage est une arme : les patrons seraient moins arrogants s’il n’y avait pas cinq millions de chômeurs : cela leur permet de ne pas rémunérer le travail à sa juste valeur. La peur du chômage est telle que les salariés sont prêts à tout accepter. Y compris en termes de rémunération.

   Il faut savoir que, dans le prix de vente d’une voiture produite et commercialisée en France, le poids du salaire brut est désormais inférieur à la remise accordée au client. Cela signifie qu’on a franchi une nouvelle étape dans l’obsession d’abaissement du coût du travail laquelle nous conduit tout droit dans l’impasse ; tous les pays au monde qui ont eu pour ambition de sortir de la crise en abaissant les conditions de rémunération du salarié, comme l’Espagne, la Grèce ou le Portugal, l’ont payé cher. Or notre politique actuelle a beau prétendre s’inspirer du modèle allemand, elle n’en reste pas moins similaire à celle qui a été mise en place dans les pays d’Europe du Sud et tout laisse à penser qu’elle produira chez nous les mêmes effets.

 

L’Europe 

   Le problème de la construction européenne est qu’elle s’est faite sur des bases économiques et monétaires sans que la question sociale soit réglée. D’où le fait que beaucoup de Français y voient aujourd’hui une contrainte, une instance lointaine incapable de répondre à leurs besoins. C’est pourquoi je crains un net rejet de l’Europe et une montée du FN à l’occasion des prochaines élections européennes. Car en France comme dans d’autres pays membres, on sent monter cette accusation “c’est la faute de l’Europe” face aux difficultés du moment. _ Ce n’est pourtant pas l’Europe qui dicte la rigueur ; ce sont les partis politiques qui composent les politiques européennes.

   Concernant les autres pays et le fait que certains soient décrits comme sortant de la crise, je me méfie des chiffres et du sens qu’on leur donne. L’Allemagne est continuellement citée en exemple et pourtant, je ne suis pas certain que le peuple allemand se porte si bien. Même chose pour la Grande-Bretagne : les contacts que j’ai avec mes homologues des trade unions donnent à penser que la situation y est extrêmement dégradée pour les salariés. Quant à l’Allemagne, on n’y compte plus le nombre de travailleurs pauvres.


Dumping social

   Même si la convention au détachement permet de répondre en partie au risque de dumping social, la possibilité de mise en concurrence de salariés français avec d’autres salariés européens existe toujours. Cela contribue au fait qu’on assiste aujourd’hui à une précarisation de l’emploi via, entre autres, un recours accru à des CDD toujours plus courts. C’est la raison pour laquelle, contrairement à plusieurs syndicats, j’ai refusé de signer les accords du 11 janvier 2013 : parce qu’ils imposaient une flexibilité grandissante pour les salariés, que l’emploi y faisait office de variable d’ajustement et qu’ils permettaient de renoncer à ses droits à titre individuel ou collectif, ce qui accroît le risque de mise en concurrence des salariés et tire l’ensemble du marché de l’emploi vers le bas. C’est pour cela que nous nous y sommes opposés.


Compromis 

   Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents – et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. Sur ce plan, il est évident que le pragmatisme syndical s’impose. Cette perspective ne me gêne pas, pas plus que celle du compromis qui s’inscrit dans les réalités de l’entreprise depuis toujours : encore une fois, dès lors que nous sommes contraints de vivre ensemble, il faut bien trouver les conditions de ce vivre-ensemble. C’est pourquoi je considère que la vocation d’un syndicat ne se résume plus aujourd’hui à protéger les salariés mais consiste à agir pour faire évoluer non seulement le monde du travail mais aussi la perception qu’on en a ; à incarner une forme de régulation sociale.


Syndicalisme utile 

   C’est pourquoi nous voulons une CGT accessible, tournée vers les salariés, mieux représentée. Si l’on veut créer de la solidarité entre salariés il faut leur fournir un outil et cet outil, c’est le syndicalisme. A nous, ensuite, d’incarner un syndicalisme utile. Pas uniquement lorsqu’une difficulté se présente mais de façon permanente, en tant que levier d’action capable d’agir sur le monde du travail au sens large, d’influer sur les politiques de rémunération, sur les conditions d’emploi et au final d’animer le débat public. Pour cela nous devons rétablir un sens du collectif. Le monde du travail, comme la société, en est de plus en plus dépourvu et il est urgent d’y remédier. Trop de salariés en France pensent que le fait de mettre un coup de pied à l’autre leur permettra de pérenniser leur emploi. Cela, c’est la mort du vivre-ensemble et aussi de toute action efficace car c’est une évidence : on n’y arrivera pas les uns contre les autres.


La CGT 
   La CGT incarne un syndicalisme combatif, c’est indéniable. Un syndicalisme porté par une vraie culture ouvrière et dans lequel le mot solidarité a un sens. C’est aussi un syndicalisme qui fait appel à l’intervention individuelle, à la capacité qu’a chacun de se prendre en main, d’agir pour sa propre cause. On ne dit jamais “Votez pour nous, on s’occupe de tout” mais “Votez pour nous et décidez de ce qui est bon ou non pour vous, de ce qui est acceptable ou non”. Un syndicat ne devrait jamais imposer quoi que ce soit aux salariés. C’est leur vie, leur choix. On ne peut les supplanter.


Goodyear 

   Je connais bien le monde industriel pour y avoir passé trente ans et y avoir vécu 17 plans sociaux. Chaque fois que je vois des salariés confrontés à des situations de ce type, je sais ce qu’ils vivent et ce qu’ils ressentent : la peur de l’avenir – le leur, celui de leurs enfants, parfois de leurs parents – la honte, le fait que, pour beaucoup, la rupture du contrat de travail soit vécue comme un véritable déchirement. Chez Goodyear ce déchirement a duré 7 ans. L’actionnaire était totalement absent, il a donné l’ordre à l’entreprise d’aller vers une liquidation et on n’a jamais pu discuter avec lui. Les salariés de Goodyear se sont beaucoup investis dans leur travail – preuve en est le montant des dividendes versés aux actionnaires – l’attitude de Titan à leur égard – et à l’égard des salariés français dans leur ensemble – a été révoltante ; tout cela a fini par provoquer des réactions extrêmes.

  Il est bien évident que la séquestration n’est pas un mode d’exécution normal du mandat syndical, les syndicalistes ne sont pas des terroristes et priver quelqu’un de liberté est inacceptable, pour autant je comprends comment ces gens ont pu en arriver là : parce qu’une liquidation, surtout lorsqu’elle s’éternise, c’est beaucoup de souffrances individuelles. C’est pourquoi lorsque j’arrive dans une entreprise je demande à voir le bilan social et le bilan médical : lorsqu’on voit la courbe des arrêts de travail progresser fortement, on comprend que l’entreprise va mal. Beaucoup l’oublient mais le bilan économique d’une entreprise est la traduction de sa politique sociale. Pas l’inverse.



Consensus mou

   Je crois au consensus. Mais pour que le consensus émerge, il faut qu’il y ait affrontement. Or je trouve que nous vivons dans une société où il n’y a pas suffisamment de réactions. Une société marquée par une passivité grandissante, où l’on ne s’affronte pas suffisamment. Sur le terrain idéologique, économique, social, on voit se dessiner une espèce de France molle dans laquelle le bon ton c’est être dans le ton, quel que soit le ton. Je pense qu’il faut sortir de cela. Que pour avancer, il faut savoir confronter ses idées, oser être en désaccord. _ C’est pourquoi il faut qu’il y ait, dans les entreprises, des affrontements sur le sens du travail qui nous est confié, sur la façon de le faire, de le faire différemment, de le faire mieux… On ne peut être toujours dans l’acceptation : le consensus mou nous enterre les uns les autres. C’est pourquoi je trouve désastreux que le monde des intellectuels soit absent du débat public et incroyable que dans un pays comme la France, qui a cette diversité, cette histoire, cette culture, on ne trouve pas une voix pour s’élever et nous parler non pas de ce qui va mal mais de ce qu’il serait possible de faire. Les intellectuels ont le devoir de nous emmener à réfléchir sur ce que signifie le fait de vivre ensemble, sur les contradictions qu’il nous faut résoudre, sur la façon dont toutes ces cellules – professionnelles, familiales, sociales, religieuses… – peuvent s’accorder. Et aussi sur la valeur de l’affrontement qui, pour moi, est la base même de la démocratie. Après tout, tant qu’on ne frotte pas les deux pierres on ne produit pas d’étincelle.


Reculades 

   J’attendais de François Hollande et d’un gouvernement de gauche qu’il fasse une politique de gauche. En clair, j’attendais de lui qu’il mette en œuvre la politique pour laquelle il avait été élu. Ce n’est pas le cas. Lorsque je regarde les engagements pris en campagne et la politique menée depuis l’élection, je mesure des décalages sur quasiment chaque point. Je comprends parfaitement qu’un chef d’Etat puisse modifier certaines positions, en réorienter d’autres en fonction de l’environnement économique, international, etc. Le problème c’est qu’aujourd’hui il ne s’agit pas de réorientations mais de renoncements.

   Deux aspirations nous font généralement voter à gauche : un rapport capital-travail différent et la volonté de voir la société évoluer sur certains points. Or dans ces deux domaines, le gouvernement revient sur tous ce qui avait été promis. Les patrons bretons ne veulent plus de l’éco-taxe, on brûle trois portiques ? Réaction du gouvernement : on remballe tout et on perd 800 millions d’euros. Des groupuscules d’extrême droite crient “Hollande démission” ? Le Président répond “Très bien, je remets la loi à plus tard”. En revanche, lorsque les salariés se rassemblent, manifestent, expriment des propositions et des oppositions, ils ne sont pas écoutés. Un tel écart de traitement me donne à penser que le gouvernement est fort avec les faibles et faible avec les forts. Et cela, c’est tout l’inverse de sa vocation.

 

source : La CGT

 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 13:59

Nous publions l'appel de l'UD-CGT 76 à la grève et aux manifestations du mardi 18 mars.

 

Emploi-Salaire-Protection sociale


Pour une loi d’amnistie sociale

Pour nos salaires, nos emplois.

Pour notre protection sociale, nos services publics

Grèves, manifestations le 18 mars.



Le 18 mars, nous avons toutes les raisons d’agir, de se mobiliser, de faire grève et de participer aux manifestations prévues dans l’ensemble du pays.

Pour les salaires, l’emploi, les services publics et la sécurité sociale

Pour que les salariés, les privés d’emploi, les retraités soient écoutés, et non le MEDEF et les banquiers :


Tous en grève le mardi 18 mars !

Manifestation :

  • A Rouen à 10 h 30 Cours Clémenceau
  • Au Havre (lieu et horaires à déterminer)
  • A Dieppe, en attente de décision.
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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 15:57


Marine Le Pen est à Elbeuf ce 28 Février.
Une réunion s’est tenue pour organiser une manifestation    Cette manifestation aura lieu

Place du Calvaire à 17h 30 pour dire

« Marine Le Pen n’est pas la bienvenue à Elbeuf »..

 

 

LE FN SE NOURRIT DU DÉSESPOIR ET DE LA COLÈRE ENGENDRÉS PAR LA POLITIQUE DU PS ET DE LA DROITE


Action communiste participera à cette manifestation mais n’a pas signé le texte commun que le PS a signé.  Nous ne l’avons pas signé car si nous partageons la dénonciation des mensonges du FN, il ne dit rien sur les responsabilités du patronat, de la droite puis du PS au pouvoir dans la montée du Front National.  Or ce dernier se nourrit du désespoir engendré par le chômage, la casse du code du travail et des services publics.  C’était la politique de Sarkozy.  C’est aussi la voie choisie par Hollande : celle que droite et social-démocratie votent ensemble à Bruxelles …sous les ordres du patronat européen. 
Un grand nombre de Français n’ont plus de repères  politiques parce que les deux grands partis politiques sont totalement alignés sur les politiques libérales européennes.  Ils sont désorientés parce qu’aucun syndicat, aucun parti politique à gauche n’a de proposition solide contre la politique européenne. Depuis que le PCF, avec Robert Hue a abandonné sa bataille contre l’intégration européenne mais propose de « refonder l’Europe », aucune formation politique à gauche ne porte la bataille de la souveraineté populaire et nationale.  La CES dans laquelle  se retrouvent la majorité des syndicats a appelé à voter « oui » au traité constitutionnel et ne cherche depuis qu’à aménager la version européenne du capitalisme.  Elle prône avec d’autres syndicats et partis politiques une Europe sociale totalement rêvée.  C’est une voie sans issue et les salariés, les Français le savent.  Le PS, lui aussi avait appelé à voter oui à la « concurrence libre et non faussée » et malgré le « non » a voté, avec la droite,  le traité de Lisbonne qui est mis en œuvre depuis.
Le député Bachelay a tenté en 2012 de nous vendre localement cette « Europe sociale » en expliquant que le PS au pouvoir se battait pour faire changer le rapport de force et modifier le traité Sarkozy-Merkel. Or Hollande l’a signé tel que et l’applique.  Comment, au mieux, ne pas se replier sur soi, quand on est un salarié, un chômeur, qui a cru que Hollande allait faire une autre politique que Sarkozy ?
Le FN capitalise tout cela.  Selon un sondage plus du tiers des Français adhèreraient aux idées du FN.  A prendre avec prudence.  Car parmi ce tiers, 64% sont contre la sortie de l’euro et 72% rejettent la préférence nationale en matière d’emploi.  14% seulement adhèrent à ses solutions.  C’est déjà beaucoup.
Mais la réalité du Front National, ce ne sont pas seulement les déclarations de Marine Le Pen relayées par les télés et radios.  Il se cache derrière ce discours une réalité plus dangereuse.

Le Front National cherche à dédouaner les patrons
En imputant à l’immigration les problèmes du chômage , d’insécurité, du déficit de la sécurité sociale, le FN dédouane les patrons et le pouvoir politique de leur responsabilité. Ce ne sont plus les patrons qui sont responsables mais l’immigré.  Ce n’est plus l’exploiteur qui est responsable mais l’exploité !  Le FN cherche à diviser les salariés et à opposer le travailleur immigré et le travailleur français. 
En réalité le FN ne propose pas de solution durable car il ne remet pas en cause l’ordre économique existant mais seulement certains de ses effets. 

Baisser les dépenses et donc abaisser les services publics
Dans tous les programmes proposés aux municipales, le FN, entonne le refrain des chantres de l’austérité : il faut baisser les dépenses car la crise est là.  Ils ne disent rien sur la responsabilité des spéculateurs et des banques, ils ne se battent pas pour l’annulation des dettes.  Au contraire ils proposent de baisser les dépenses et de diminuer les impôts fonciers des entreprises.… De même ils dénoncent le trou de  la sécurité sociale en accusant les immigrés et ignorent les vrais responsables : le chômage de masse, les bas salaires et les exonérations de cotisations sociales qui privent la sécurité sociale de centaines de millions d’euros.

Le Front National n’aime pas les syndicats et applaudit à la criminalisation des actes syndicaux
Marine Le Pen dit vouloir « protéger » les salariés mais elle n’aime pas les syndicats.  Elle veut regrouper les salariés dans des syndicats corporatistes  qui accepteraient les compromis de régression sociale au nom de soi-disant intérêts communs patrons-salariés … .  C’est qu’elle ne veut pas de luttes de classe. Le FN déteste les syndicats, au moins autant que Sarkozy les détestait.  Et plus particulièrement la CGT.  Stéphane Ravier, tête de liste du FN à Marseille réclame de libérer Marseille des « agissements de ces officines et autres syndicats d’intérêts » ( c’est à dire les syndicats des salariés ).  Fabien Engelmann, conseiller politique de Marine Le Pen au « dialogue social » réclame de « nouveaux syndicats libres, autonomes, et non politisés ».  C’est à dire ?  Ce qui est certain c’est que le FN rêve de syndicats qui ne critiqueraient ni les patrons, ni le système capitaliste et surtout pas  le Front National !  Le FN n’a jamais soutenu les luttes sociales. Il a même appelé le pouvoir sarkoziste à s’en prendre aux piquets de grève organisés par les salariés lors du conflit des retraites. Marion Maréchal Le Pen s’est opposée violemment à la loi d’amnistie sociale pour les condamnations subies lors d’actions commises pendant les conflits sociaux. « Les syndicalistes casseurs et violents se trouvent incités à persévérer » a-t-elle dit.  Et elle a voté avec les socialistes et la droite le rejet de la loi d’amnistie.

Anti-atlantiste de fraiche date
Il est vrai que Marine Le Pen s’oppose au traité avec les Etats-Unis.  Mais ce ne fut pas toujours le cas.  Tout d’abord parce que Jean-Marie Le Pen est un admirateur de longue date du libéralisme capitaliste le plus effréné.  Il admirait Reagan, Margaret Thatcher et leur politique.  Plus récemment, Marine Le Pen rendait hommage à celle qui laissa mourir Bobby Sands et se montra si impitoyable dans sa lutte de classe contre les mineurs britanniques. La posture anti-atlantiste de Mme Le Pen aujourd’hui est conjoncturelle.  Tout comme son opposition à l’UE.  Quant à la sortie de l'euro, elle veut la négocier avec l'Allemagne ... On peut attendre.  Il s’agit avant tout pour le FN d’une stratégie de conquête du pouvoir.

Le FN défend le système capitaliste
Son protectionnisme n’est que la défense des capitalistes nationaux dans leur concurrence mondiale.  Il ne propose de nationaliser ( banques, Pétroplus) que temporairement.  C’est-à-dire d’utiliser l’argent de l’Etat pour renflouer pour ensuite rendre aux actionnaires.  Il veut nationaliser les pertes pour mieux reprivatiser les profits.

Les médias valorisent la parole lepeniste et ignore la gauche radicale

Mais ce que retiennent les Français, c’est ce que promeuvent les médias.  Elle apparaît comme la seule anti-système.  C’est pour cela qu’elle se garde bien aujourd’hui de réitérer sa main tendue à la droite.  Elle garde cela pour le deuxième tour.

A gauche, des économistes comme Frédéric Lordon, Jacques Sapir préconisent la sortie de l’euro. Des mouvements comme Action Communiste, le PRCF, Rouge-Midi, Rouges vifs, le M’PEP … le réclament également, tout comme les adhérents du PCF qui se regroupent dans « Faire vivre le PCF ».  Le débat continue à gauche, y compris au Front de gauche. En France et en Europe.   Les propositions de la vraie gauche en ce domaine ont l’avantage d’être crédibles car elles s’appuient sur une  rupture avec l’ordre existant, l’instauration d’échanges équitables et de coopérations mutuellement avantageuses qui échapperaient à la logique capitaliste des profits et de la domination.  Il est grand temps que toute la gauche radicale s’unissent contre les politiques européennes et ses outils : les différents traités, l’euro, les institutions…  Ne laissons pas le FN seul mener la bataille contre le traité transatlantique, l'euro et les institutions européennes.

Tout abandon du terrain nourrit le Front National
En guise de conclusion, ce texte de  Frédéric Lordon ( Mai 2012, Le Front National, mêmes causes, mêmes effets) nous paraît mériter beaucoup d’attention :

« On ne reconnaît pourtant jamais si bien la surdité politique qu’à son empressement à certifier qu’elle a « bien entendu le message » et que « les Français ont envoyé un signal fort». Il faut croire que la force adéquate du « signal », désormais, ne devrait pas viser en dessous du coup de fourche pour que « le message soit entendu » pour de bon. En attendant, de secousse en secousse, le FN fait sa pelote, et toujours pour les mêmes raisons, celles de la protestation antilibérale constamment réaffirmée, et du déni qui lui est constamment opposé. Il faut donc vraiment des œillères pour ne pas voir, ou ne pas vouloir voir, la régularité granitique qui conduit la vie électorale française : quand l’orthodoxie néolibérale pressure les salaires, dégrade les conditions de travail, précarise à mort ou jette au chômage, quand elle détruit les services publics, abandonne les territoires par restriction financière, menace la sécu et ampute les retraites, toute proposition de rupture reçoit l’assentiment, toute trahison grossit le ressentiment, tout abandon du terrain nourrit le Front national ».

 

Action Communiste

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 14:25

Nous republions cet excellent article de Jean Lévy sur "le meilleur moyen de combattre le Front National".

LE MEILLEUR MOYEN DE COMBATTRE LE FRONT NATIONAL par Jean LEVY

Sur le terrain syndical…

 

LE MEILLEUR MOYEN DE COMBATRE LE FRONT NATIONAL

 

par Jean LEVY

 

Les infos, ce matin, nous apprennent que les syndicats s’inquiètent de la perméabilité de leurs organisations aux idées du Front national.

De plus en plus nombreux seraient les syndiqués qui franchiraient la « ligne rouge » de l’adhésion au Front, et même, en deviendraient militants.

 

Face à cette réalité, la CGT, la FSU et Solidaires veulent développer ensemble une campagne d’explications, visant à éclairer leurs  adhérents sur les véritables objectifs du parti de Marine Le Pen, de la démagogie des propos de cette dernière comme ceux de ses lieutenants. Et de mettre en lumière, les contradictions frontistes qui illustrent les thèmes développés par eux, au cours des dernières années, opposants les uns aux autres pour en déceler le caractère mensonger ou profondément réactionnaire.

 

Pourquoi ne pas, en effet, se saisir des positions successives et contradictoires du FN pour contrer sa propagande ?  Cette démarche devrait davantage concourir au but recherché,  que les clameurs sentencieuses de « FN= fachos » ou « FN=nazis », en s’appuyant sur les relations historiques de Jean-Marie Le Pen avec  les ex-collabos  et sur les propos provocateurs de ce dernier.

 

S’il y a, aujourd’hui, une attirance de militants syndicaux vers le Front national, ce n’est pas par sympathie pour cette mouvance factieuse, mais sur la base de l’orientation « nationale » et « sociale » prise par l’équipe dirigeante de Marine Le Pen. C’est donc à partir de ce corpus idéologique que les centrales syndicales doivent orienter leurs réflexions.

 

Celles-ci devraient se poser la question :

« Nos syndicats et leurs dirigeants répondent-ils, dans leur activité et leurs mots d’ordre,  aux questions concrètes que se posent salariés et retraités ? Ceux-ci, dans leur vécu quotidien, trouvent-ils dans les préoccupations syndicales, et l’orientation qui en découle, des réponses en phase avec leur colère grandissante, leur mal-vivre, leur désespérance ? »

 

Non, bien sûr.

 

Le monde du travail, et tous ceux qui en sont exclus ou qui risquent de l’être,  constatent, jour après jour, que le pouvoir politique, aujourd’hui assumé par les soi-disant « socialistes », comme hier par la droite, non seulement trahit ses promesses, mais aggrave  les conditions d’existence du plus grand nombre et fait sombrer dans la pauvreté, sinon dans la misère, des millions de Français.

 

Cette chute s’accentue au rythme de l’enrichissement continu d’une minorité de privilégiés, qui tient le haut du pavé, étale son luxe provoquant, dicte sa loi à tous ceux qui nous gouvernent.

 

Il est clair que cette situation est douloureusement ressentie par la population, qui s’en inquiète et cherche désespérément une issue moins désastreuse.

Malheureusement, elle ne trouve pas dans les syndicats – ou dans le monde politique – des explications, des réponses et des propositions de solution pour sortir de la « crise »,  terme employé par les responsables de celle-ci, pour justifier les « sacrifices » demandés aux victimes.

 

Aussi, cette population se tourne chaque jour davantage vers ceux qui, dans leurs propos,  dénoncent par ;le verbe cette situation. Le Front national est, en effet,  la seule force visible qui semble mettre en cause l’Union européenne, la suppression des frontières, et qui se prononce, en parole, pour le retour à la souveraineté nationale.

 

Certes, Marine Le Pen et les siens se gardent bien de désigner le capital comme le responsable et le bénéficiaire de l’intégration européenne, derrière laquelle se tient BusinessEurope.

 

Le Front national ne cache pas son adhésion au « libre échange »,  au marché et à la « concurrence libre et non faussée », qui constituent le fondement de l’Union européenne.

 

Mais le FN sait dissimuler son choix de société, derrière ses critiques visant « les étrangers », tenus pour responsables des malheurs des Français.  Et il met en avant les effets, mais pas les causes de l’UE.

 

A l’inverse, mettant en avant leur « humanisme », les Centrales syndicales semblent, aux yeux de l’opinion, s’intéresser davantage aux ouvriers immigrés, et souvent sans papiers, qu’aux effets de la concurrence patronale sur les salariés français…

 

 

Pourtant, Il serait aisé, pour une organisation syndicale de lutte de classe, d’éclairer les salariés sur la véritable nature du Front national.

Mais les dirigeants de la CGT, de la FSU et de Solidaires  ont jeté par-dessus bord la lutte des classes comme moteur de la société.

 

Aussi les responsables de ces syndicats se gardent bien de mettre en cause l’existence de l’Union européenne et d’appeler notre pays à s’en sortir  comme de sa monnaie, l’Euro. Ils en sont réduits à réclamer une impossible « Europe sociale », qui n’est qu’en fait que l’adhésion fondamentale à l’idée d’intégration européenne. D’un même mouvement, les directions syndicales condamnent toute idée de protectionnisme protégeant notre peuple, abusivement qualifiée de « nationaliste »…

 

Comment, dans ces conditions être crédible aux yeux des travailleurs ?

Comment ouvrir une voie différente, de véritables perspectives de changement ? Comment combattre efficacement le Front national, en laissant à celui-ci le monopole de l’opposition à l’Union européenne, même si cette attitude n’est qu’apparence ?

 

D’autre part, les Confédérations, en se refusant à la lutte frontale contre le Patronat et le pouvoir politique qui le sert, égarent les salariés sur les enjeux véritables et laissent à ceux-ci la route ouverte aux mirages frontistes.

 

Ce ne seront pas des harangues véhémentes contre « l’extrême-droite », dans des meetings communs, qui réduiront l’audience populaire du Front national.

 

Seule la lutte sociale, avec sa dimension nationale, permettrait aux syndicats - et aux forces politiques – de changer la donne des rapports de force en France.

 

C’est le meilleur moyen de combattre efficacement le Front national.

 

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 14:19

Le PS n'a de cesse de dénoncer l'extrême-droite en France.  Que ne fait-il de même pour les groupes fascistes d'Ukraine ? Ces derniers sont déjà passés à l'acte contre les communistes ukrainiens qui sont soumis à la terreur de rue dans l'Ouest du pays.  Cela n'embarrasse pas Fabius et les représentants de l'UE qui ont dialogué avec leurs représentants à Kiev.  L'extrême-droite, quand elle est pro-européenne, devient fréquentable, voire admirable, pour nos dirigeants européens et les médias dominants.

Le Parti communiste d'Ukraine bientôt interdit ?

Le projet de loi est déposé au Parlement, solidarité avec nos camarades !

Communist Party of Ukraine logo




Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Nos camarades ukrainiens subissent des attaques sans précédent depuis plusieurs semaines. La dernière en date, la proposition déposée au Parlement du député de l' « opposition » européiste, Oleg Lyashko, d'interdire le Parti communiste d'Ukraine.



Ce 23 février, un pas de plus a été franchi dans la chasse aux sorcières anti-communistes. Le projet de loi n° 4201, enregistré à la Rada (parlement ukrainien), propose l'interdiction du Parti communiste d'Ukraine.



Un Parti déjà dans la semi-clandestinité à l'ouest, maintenant le projet est porté au niveau national !



Ces dernières semaines, les communistes ont tout connu.

 

Les démolitions de monument en hommage à Lénine, à la lutte anti-fasciste de l'Armée rouge ; les interdictions dans plusieurs régions ; les attaques contre les sièges locaux et le siège national ; enfin, attaque armée contre le lieu présumé de résidence du secrétaire du Parti, heureusement erroné.

 

Cette fois, la proposition votée officiellement dans trois régions d'Ukraine sous contrôle de forces pro-européennes 'radicales', fascisantes, de fait une réalité dans tout l'Ouest du pays, où les communistes sont soumis à la terreur de rue, cette proposition est avancée au niveau national.

 

Son instigateur, M.Oleg Lyashko, est connu pour son populisme à tout crin, son européisme assumé qu'il a conduit à être en première ligne des manifestations pro-européennes, son désir d'exister, y compris dans des provocations parlementaires finissant en bagarre générale.



Interdire le Parti communiste : une preuve de conformité avec l'Union européenne ?



Officiellement, il fait partie d'un petit parti, le « Parti radical » dont il est le seul député. Toutefois, il avait déjà été élu député en 2006 pour le « bloc Timochenko » … bien qu'il en avait été exclu pour « collaboration avec la majorité (pro-Yanoukovitch!) ».

 

Une vraie girouette politique, dont la boussole reste l'adhésion à l'Union européenne, la collusion avec les différents clans oligarques, camouflés derrière une rhétorique populiste !

 

Le seul parti avec lequel il n'a pas flirté, c'est le Parti communiste. Lyashko s'était notamment fait connaître pour en être venu au poings en 2011 avec le député communiste Adam Martynuk, après que Lyasko a insulté le parlementaire.

 

Si dans l'immédiat, cette proposition risque de ne pas être acceptée, elle brise un tabou. Aucun des partis en compétition ces dernières semaines, liés à un clan oligarchique, à un bloc de puissance, n'a exprimé sa solidarité avec le Parti communiste face à ce déni de démocratie.

 

L'interdiction du Parti communiste est déjà une réalité dans plusieurs pays d'Europe – Lituanie, Lettonie, Hongrie –, d'autres mesures du même type ayant déjà été entreprise ailleurs, comme en Pologne ou en République tchèque.



Un Parti qui dérange : la vraie « opposition » de masse aux régimes des oligarques



Le secrétaire-général du KPU, Petro Simonenko, a posé une position ferme de refus de l'intimidation fascisante :

 

« On ne va pas se laisser intimider, cette proposition montrent qu'ils ne veulent pas entendre des opinions différentes, comprendre que l'Ukraine est diverse ».

« En 1991, ils ont interdit le Parti communiste. Après l'interdiction, le pays a été détruit, l'Ukraine a perdu presque toute souveraineté politique. Et maintenant ils essaient de le refaire, parce que nous disons la vérité. Le Parti communiste a un programme clair, donc ils essaient de l'éjecter de la scène politique ».

 

Ce programme politique, le KPU l'a réaffirmé ces derniers jours : il ne participera pas au gouvernement et sera le premier, et seul, parti d'opposition à cette « union sacrée », trêve entre clans oligarques dans leur lutte pour se partager le gâteau.

 

Un parti d'opposition constructifpour le maintien de l'unité et l'intégrité de l'Ukraine, la défense des intérêts nationaux de l'Ukraine, assimilés à ceux des travailleurs ukrainiens.

 

Mais un parti d'opposition inflexiblequi demande dès maintenant le retrait des réformes libérales précédents de Yanoukovitch – notamment dans la santé, sur les retraites – ; le refus de tout agenda décidé par l'Union européenne, la Russie ou le FMI ; enfin, une enquête sur les actes de violence, violation de lois, brutalités non-nécessaires commis par les divers camps ces dernières semaines.

 

On comprend mieux, qu'avec un tel programme, le Parti communiste se soit fait beaucoup d'ennemis en Ukraine dans les clans dirigeants … mais aussi beaucoup d'amis, au sein du peuple, des travailleurs de ce pays.

 

Seul parti à défendre l'unité et l'indépendance nationale, les intérêts des travailleurs, le KPU a survécu à la tentative de Yanoukitch de « plumer la volaille communiste » – cet électorat ouvrier de l'est du pays, russophone – feignant de récupérer certaines positions du parti.

 

Il avait fait le tour de force de passer en 2012 de 5,3 à 13,4 % des voix, doublant son nombre de voix (de 1,3 à 2,6 millions de voix), devenant la première force d'opposition à la « lutte de clans » entre oligarques pro-russes et pro-européens.

 

Les avertissements que nous faisons monter ces derniers mois nous montrent que nous ne sommes pas des Cassandre, la menace est bien réelle en Ukraine. Il est temps maintenant de faire monter la solidarité avec nos camarades ukrainiens : le fascisme ne passera pas !

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 10:28

Vote du 25 février 2015

assemblee-nationale1 

Groupe de la gauche démocrate et républicaine (15 membres)

Pour: 4

Bruno Nestor Azérot

Gaby Charroux PCF

Jacqueline Fraysse

Gabriel Serville

 

Contre: 2

Patrice Carvalho PCF

Alfred Marie-Jeanne

 

Abstention: 7

François Asensi

Alain Bocquet PCF

Marie-George Buffet PCF

Jean-Jacques Candelier PCF

André Chassaigne PCF

Marc Dolez

Nicolas Sansu PCF

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 15:17

melenchon-copie-1

 

Invité au micro de RTL le 24 février 2014, le co-président du Parti de Gauche affirme que des "groupes nazis" font partie des opposants au régime ukrainien.

 

"On joue avec le feu et on a allumé l'incendie". L'intervention européenne en Ukraine déplaît fortement à Jean-Luc Mélenchon, qui craint que l'on reproduise dans ce pays les mêmes erreurs qu'en Syrie "où nous avons fait l'apologie d'épouvantables islamistes". Le co-président du Parti de Gauche prévient : "N'idéalisons pas les opposants parce que l'on n'aimerait pas les Russes".

 

Selon lui, "des groupes nazis" font partie des manifestants et des "actions anti-juifs" auraient été menées dans Kiev. "Un rabbin a demandé aux juifs de quitter Kiev", raconte-t-il. "Ces manifestations ont été armées et financées par des gens qui n'ont rien à voir avec l'euro-béatitude", estime-t-il.

 

La venue de Laurent Fabius en Ukraine ne traduit, selon lui, que la volonté des États-Unis d'"enfermer la Russie" en faisant entrer "l'Ukraine dans l'OTAN". L'eurodéputé s'offusque également de l'attitude des dirigeants européens vis-à-vis du renversement du gouvernement ukrainien. "Toute l'Europe applaudit donc ça veut dire que nous sommes d'accord pour renverser par des putschs des gouvernements élus (...) Dans combien de pays trouverons-nous ça normal ?"

*****

"Il y a des groupes nazis au sein des opposants"

Jean-Luc Mélenchon

*****

"Toute l'Europe applaudit donc ça veut dire que nous sommes d'accord pour renverser par des putschs des gouvernements élus"

Jean-Luc Mélenchon


source

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 15:12

Petro-Simonenko-PCUkraine.jpg

 

Chers camarades communistes,

Je vous écris pendant l’un des moments les plus dramatiques de l’histoire de notre pays. Pendant les événements tragiques des trois derniers mois, du sang a coulé, et il y a eu des morts. L’intégrité territoriale de l’Ukraine est menacée, son existence en tant qu’Etat souverain, indépendant et uni aussi.

 

Ces événements ont un caractère ambigu. La participation d’un grand nombre de personnes reflète le profond mécontentement dans la société à l’encontre de la politique de M. Ianoukovitch et de son régime, ils ont montré leur incapacité à gouverner le pays, a tromper le peuple, a violer toutes leurs promesses pré-électorales et ils ont abandonné leurs postes au moment le plus difficile.

 

L’impudeur avec laquelle c’est enrichi le clan formé autour de Ianoukovitch, appelé "la famille", montre l’importance des détournements contre la plupart de leurs partisans et de leurs électeurs.

 

Mais les protestations massives n’ont pas acquis un caractère de confrontation de classe. Cette lutte sanglante est celle d’un affrontement entre les deux groupes de la même catégorie d’exploitants, la bourgeoisie oligarchique, c’est le groupe prêt qui a rejoint les forces pro-occidentales, les nationalistes, la droite qui ont triomphé. Ces forces ont habilement utilisé le mécontentement du peuple et avec leur aide ont mené un coup d’état.

 

 

Dans le même temps, l’Occident a ouvertement, sans ménagement, interféré dans les affaires intérieures de notre pays, en soutenant l’action des forces de droite, ils visent à une transformation profonde de la situation géopolitique de Europe dans le monde, ils veulent détruire les liens vieux de plusieurs siècles entres les peuples russes, ukrainiens et des peuples frères de l’ex-Union soviétique. Ils veulent faire de l’Ukraine un protectorat des États-Unis, de l’UE, de l’OTAN, du FMI et des multinationales, économiques, culturelles et spirituelles.

 

Les groupes d’ultras, dirigés par des forces ouvertement néo-nazis, ont émergé avec l’agrément du régime Ianoukovitch, et les héritiers idéologiques d’Hitler accompagnés par un nouveau régime mènent une résurgence de l’hystérie anti-communiste, qui se manifeste dans la destruction massive monuments à Lénine, aux héros de la Grande guerre patriotique, par attaques criminelles contre nos sièges à Kiev et dans d’autres villes du pays, ils appliquent une terreur morale et physique contre les communistes et tentent d’interdire les activités du Parti communiste par des agressions importantes.

 

 

Tout cela montre très clairement que les forces qui ont pris le pouvoir peuvent recourir à illégalité, et mener des représailles, non seulement contre les chefs du parti, mais contre la base communiste.

 

Soyez prêts pour cela.

Dans la situation actuelle, la tâche la plus importante est de maintenir la structure du parti, ses couleurs, être vigilant et ne pas répondre aux provocations.

 

 

Il est essentiel d’utiliser chaque occasion pour expliquer aux travailleurs le sens réel du coup d’État, les dangers, les conséquences qui en résulteront pour les gens ordinaires: Une aggravation de la situation économique, la hausse dramatique du chômage, les salaires impayés et la hausse des prix et des tarifs, la débauche et le crime, l’appauvrissement de la population.

 

La direction du parti, notre groupe parlementaire à la Rada, fera tout son possible, dans ces conditions difficiles, pour défendre les intérêts des travailleurs, la préservation du parti et pour la défense l’unité du pays.

 

Chers camarades,

Avec cette situation nouvelle, chacun de nous doit relever de nouveaux et difficiles défis. Rejoignez nos rangs, il faut multiplier les efforts pour promouvoir la lutte pour une juste cause, celle du socialisme.

 

 

Traduction Nicolas Maury

source: 

http://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Message-de-Petro-Simonenko-aux-adherents-du-Parti-Communiste-d-Ukraine_a7482.html

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 14:53

Nous publions une analyse parue sur le Solidarité internationale en Octobre 2012, à propos des législatives en Ukraine et des progrès du KPU, aujourd'hui interdit dans certaines régions d'Ukraine.

 

cp ukr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Après la Russie et la République tchèque, c'est désormais en Ukraine que les communistes réalisent une progression historique, s'imposant après les élections législatives du 28 octobre comme la troisième force du pays, après le décompte de 85% des bulletins.



Le duel entre les deux partis représentant les deux fractions de la classe dominante ukrainienne a bien eu lieu.

 

D'un côté, le « Parti des régions » de Viktor Yanukovitch, représentant l'aile pro-russe et une base électorale orientale trans-classiste mais plutôt populaire, sort vainqueur avec 31,9% des voix.

Il devance le « Parti de la Patrie » de Yulia Timoschenko, pro-occidental, dont le programme libéral représente pour l'essentiel les intérêts des couches moyennes occidentales de l'Ouest et des grandes villes. Un bloc occidental qui obtient 24,1% des voix.


La surprise est venue de la troisième force qui arbitrera ce duel. Défiant tous les sondages, le Parti communiste d'Ukraine (KPU) obtient 14% des voix, réalisant son meilleur score depuis plus de dix ans.

Dans un contexte de crise, la personnalisation extrême mais aussi le flou idéologique et le vide programmatique des deux grands blocs a laissé un espace aux communistes. Ils sont apparus à beaucoup comme la seule alternative au consensus libéral dominant et au jeu des grandes puissances dont l'Ukraine est captive.

Le KPU devance ainsi le parti qui était annoncé comme la « troisième force », le parti de droite UDAR, fondé par le boxeur Vitali Klitschko sur une base pro-européenne, libérale-conservatrice, compatible avec le bloc de Timoschenko. Le parti de Klitschko obtient 13,5% des voix.



Les communistes mettent surtout à distance le parti d'extrême-droite fascisant « Svoboda » (Liberté), alors que la complaisance médiatique avec les 'nationalistes' de Svoboda avait conduit à forger l'idée d'un duel entre communistes et néo-fascistes. Svoboda obtient tout de même 9,5% des voix.

Les communistes ukrainiens ont analysé avec beaucoup d'inquiétude cette percée : « C'est un choc. Le néo-fascisme est aux portes de l'Ukraine », a déclaré le député communiste Piotr Tsybenko. Le secrétaire-général du KPU Piotr Simonenko a rappelé que « ce sont de grands groupes qui financent Svoboda. N'oublions pas que c'est en période de crise, avec le soutien du grand capital, qu'Hitler a accédé au pouvoir dans les années 1930 ».



Les communistes triplent leurs scores avec un ancrage à l'Est et une progression à l'Ouest



Le résultat des communistes constitue une percée spectaculaire par rapport aux scrutins précédents. En 2007, les communistes ukrainiens n'avaient obtenu que 5,39% des voix tandis que Piotr Simonenko était tombé 3,5% des voix aux dernières présidentielles de 2010.

Déjouant le discours dominant sur l'inexorable déclin des communistes ukrainiens, le KPU obtient son meilleur score depuis 2002, ralliant sur le programme des communistes plus de 2,5 millions d'électeurs.


L'analyse de la carte électorale du Parti révèle un ancrage du vote communiste traditionnel, celui des ouvriers et des retraités des couches populaires du l'Est du pays : Donetsk (18,8%), Kharkov (20,8%), Zaporozhje (21,1%), Luhansk (24,9%) ; mais aussi du Sud rouge : Odessa (18,1%), la Crimée (19,5%), Kherson (23,1%) le maximum étant atteint à Sebastopol (29,4%).

La faiblesse relative des communistes chez les jeunes, les autres couches salariés et dans l'Ouest du pays est toujours réelle, mais elle est compensée par une nette progression, en particulier dans les régions de l'Ouest et du Centre. Ainsi, le KPU passe à Vinnitsa de 5 à 9%, à Zhitomir de 5,8 à 13,7%, à Poltava de 6,5 à 13,5% ou encore de 3 à 7% à Kiev.

 

 

« Les régions occidentales de l'Ukraine sont confrontées à de nouveaux problèmes. Chaque famille a un enfant travaillant à l'étranger, les enfants sont dans la rue au lieu d'aller à l’école, le chômage et les bas salaires touchent tout le monde », explique le secrétaire-général du KPU.

« Les travailleurs n'hésitent plus, même à l'Ouest, à dire qu'il vivait mieux sous le régime soviétique. Quant aux jeunes, ils sont de moins sous l'emprise des dogmes et des mythes nationalistes », ajoute Petro Simonenko.



Le succès du Parti communiste s'explique par la large diffusion et la réception positive du « Programme anti-crise » du KPU, tranchant avec le consensus ultra-libéral dominant la vie politique du pays.

 

Parmi les propositions mises en avant : le retrait de la réforme des retraites, la nationalisation des grandes entreprises ou encore un plafond pour les prix des services publics de base.



Les communistes dénoncent les fraudes et marquent leur indépendance politique



L'analyse du scrutin réalisée par les directions nationales et locales du KPU ne se limite pas à une auto-congrulation. Au contraire, c'est la colère qui l'emporte devant les fraudes massives auquel le gouvernement a eu recours.

« Il y a toutes les raisons d'affirmer que ces élections législatives n'étaient ni démocratiques, ni justes » et la conséquence « de la fraude et de la manipulation éleccotrale, c'est que le grand capital sera sur-représenté au Parlement », a déclaré après le scrutin le secrétaire-général du Parti.



La liste des cas de fraudes déclarés s'allonge d'heure en heure : achat des votes à Odessa, « tour de manège » (transport des électeurs en car pour voter plusieurs fois) à Zhitomir, pannes inopinées de courant à Donetsk pendant le décompte des voix, caméras de surveillance laissant des angles morts aux dépouilleurs ou encore les « âmes mortes » (le vote de personnes décédées présentes encore sur les listes) à Vinnitsa

Le pouvoir a eu recours à toute la panoplie des fraudes et manipulations pour emporter le scrutin. Des pratiques dénoncées haut et fort par le KPU :



« Nous ne pouvons que reconnaître ces violations, et exiger qu'elles soient condamnées (…) Le Parti communiste ne peut pas se taire devant de tels faits », a déclaré le député Sergey Gordenko.

Mais si le KPU a exprimé sa colère vis-à-vis des méthodes du gouvernement, relayé la lassitude du peuple vis-à-vis de tels procédés récurrents depuis une vingtaine d'années, la question des alliances est restée ouverte après le scrutin.

Le KPU a d'ores et déjà exclu l'éventualité d'une alliance avec les partis d' « opposition » de droite : UDAR, bloc Timoschenko, Svoboda : « nous ne conclurons aucune alliance avec l'opposition », a précisé Igor Alexeev, responsable élections du KPU.



Le Parti communiste n'a à l'heure actuelle pas exprimé son souhait de nouer une alliance gouvernementale avec le « Parti des régions » de Janukovitch, il a par contre exprimé son désir de rester une force politique indépendante :

« Nous traiterons chaque projet de loi au cas par cas. Seul le temps nous prouvera quelles sont les dispositions des différentes forces politiques par rapport à la défense des droits et libertés de nos concitoyens. Le Parti communiste agira au Parlement comme une force indépendante. Il n'y a pas d'autre choix », a ainsi clarifié Petro Simonenko.



En tout cas, en Ukraine, comme en République tchèque, en Russie, ou encore en Lettonie et en Moldavie, vingt après la contre-révolution capitaliste en Europe de l'Est, les communistes qui ont fait le choix de le rester n'ont jamais été aussi populaires.

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 09:51

bonhomme-rouge

Jusqu’ici, quand un million de personnes manifestait à Paris pour défendre les retraites, notre libre presse déclarait le lendemain : « mobilisation en demi-teinte »


C’est fini, désormais, de TF1 à France Inter et de Libé au Figaro, on nous explique que 50 000 personnes à Kiev, encadrées par des paramilitaires, arborant les drapeaux européens et chantant des chants nazis, cela représente l’ « espoir de tout un peuple ». Bon à rappeler en temps utiles quand nous tenterons ici de manifester sur les Champs-Elysées, interdits depuis toujours aux manifs de prolos (faut pas rire, quand même !)…



Jusqu’ici, quand vous étiez chargés par les CRS à l’issue d’une manif de défense de l’emploi ou de la Sécu, ou quand vous affrontiez les flics dans les rues de Nantes parce que vous contestez l’Ayrault-port, vous étiez de la graine d’émeutier pratiquant la « violence urbaine ». C’est fini. Désormais, pourvu que votre but soit de frapper des communistes ou de réclamer – en anglais comme il se doit – « plus d’Europe ! », vous aurez le droit d’occuper des préfectures, de tirer sur les policiers, de renverser le gouvernement légal, d’incendier le mobilier urbain, d’abattre les statues qui vous déplaisent, d’interdire les partis que vous désapprouvez (en Ukraine, les « démocrates européens » ont interdit le PC ukrainien et le « parti des régions »). Si vous procédez ainsi, non seulement vous serez encensés par nos médias rose pâle et bleu-marial, mais vous recevrez la visite de Kerry, le soutien enthousiaste de Fabius, les déclarations urbi et orbi de BHL, l’homme qui à lui seul (ou presque…) a semé le chaos en Libye et en Afrique occidentale ; et tous ces hérauts de la Liberté trouveront tout naturel que vous disposiez de kalachs et que vous pilliez des dépôts d’armes puisque vous agissez « pour l’Europe » et pour l’ « Union transatlantique ». « Lebensraum », disait quelqu’un dans les années 30, « besoin d’aire » répond en écho le MEDEF, « élargissement de l’UE », pense en sourdine la Commission de Bruxelles... Car, voyez-vous, quand le sang coule pour l’U.E. atlantique, que ce soit à Belgrade, à Tbilissi ou à Kiev, demain à Minsk, cela s’appelle la  PAIX.



Les militants franchement communistes que nous sommes appelleront-ils pour autant à l’insurrection populaire immédiate en France contre cette « construction » européenne qui tue notre pays à petit feu avec la Kollaboration zélée du Parti Maastrichtien Unique ? Certes non ! car nous irions aussitôt en taule : l’appel à l’insurrection est en effet interdit par notre belle loi « républicaine » qui a oublié l’article 35 de la Constitution française de l’An I, inspirée par le « tyran » Robespierre : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour toute portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».



Pour nos médias, cette phrase ne vaut que si on peut s’y référer pour faire tomber le Venezuela bolivarien, renforcer la tenaille militaro-politique contre la Russie, créer des troubles à Cuba, déstabiliser la Syrie, diviser la Bolivie et, prochainement sans doute, s’attaquer à la Biélorussie : qu’importent alors les « formes » démocratiques, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, que diable !


En réalité, s’agissant de la Franceurope, vous l’aurez compris, il faut inverser la phrase de Robespierre et la réécrire ainsi :

« quand le peuple conteste le gouvernement, la censure la plus totale et la répression la plus brutale sont, pour les euro-gouvernants, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »…

 

 

Floréal


source: http://www.initiative-communiste.fr/

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