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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 08:36
Notre commentaire: c'est un gouvernement socialiste qui vient de décider, tout comme l'avait fait le gouvernement de droite précédent,  une diminution des subventions de l'Etat aux collectivités locales. La crise nécessiterait pourtant des politiques sociales plus importantes.  Les banques sont à l'origine de cette crise.  Ce sont elles, c'est le capitalisme mondialisé, qui réclament maintenant le remboursement des dettes dont leur politique spéculative est responsable.  Ce ne sont pas les salariés, les retraités, les chômeurs, les familles qui doivent payer pour elles.  Il faut annuler ces dettes.

maire-conseil.jpg

Le gouvernement réfléchit à une nouvelle et forte baisse des dotations versées par l’Etat aux collectivités locales qui doivent déjà faire face aux diminutions programmées pour 2014 et 2015, 1,5 milliards d’euros chaque année, au nom de la réduction "du déficit public". Mais le Président de la République et le Premier ministre ont affirmé que les 30 milliards d’euros de baisse de charges sociales et fiscales promises d’ici 2017 aux entreprises dans le cadre du «Pacte de responsabilité» devront être financées par de nouvelles économies. Les services du Premier ministre ont donc présenté à plusieurs associations d’élus locaux une «feuille de route» prévoyant une baisse supplémentaire de 3 milliards d’euros pour chacune des deux dernières années du quinquennat.

 

Les représentants des élus locaux reçus par Matignon, toutes tendances confondues, se sont élevés contre cette diminution sans précédent, 10 % en 4 ans, des dotations de l’Etat. D’autant plus, que comme l’a fait valoir le socialiste André Laignel, secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF), les collectivités locales doivent faire face à de nouvelles charges découlant du désengagement de l’Etat : «Pour 2014 j’ai fait une estimation (…) qui est au minimum d’un milliard et demi d’euros. L’écart est donc de trois milliards. Et si vous ajoutez la perte due à l’inflation, ça fait même 4,5 milliards d’euros Le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton, lui aussi socialiste, prédit quant à lui que cette diminution sans précédent des dotations de l’Etat se heurtera à «beaucoup de résistance».

 

 

 

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 09:56

Europe : un OGM autorisé contre la majorité des pays et contre le parlement

Par    

Un nouvel OGM, le maïs TC1507 du groupe américain Pionner, va être autorisé à la culture dans l’UE malgré :

  • l’opposition de 19 pays sur les 28 pays de l’Union Européenne France comprise ;
  • le rejet de la demande d’autorisation par le Parlement européen par 385 voix contre 201 et 35 abstentions.
 L’opposition de 19 pays sur les 28 pays…


 

 

 

5 pays sur 28 ont voté pour : Espagne, Royaume-Uni, Suède, Finlande et Estonie. Mais l’abstention de l’Allemagne, de la Belgique, du Portugal et de la République Tchèque ont manqué pour atteindre la majorité.

Un beau rêve en danger par la faute d'une idéologie mortifère !

… mais s’abstenir équivaut à voter pour.

 

L’opposition du parlement Européen

Le rejet de la demande d’autorisation par le Parlement européen par 385 voix contre 201 et 35 abstentions.

 

Les États pourront néanmoins interdire la culture du TC1507 en adoptant la clause de sauvegarde, ce qui avait été fait  en 2008 pour interdire sa culture en France, en Autriche, en Hongrie, en Grèce, en Roumanie, en Bulgarie et au Luxembourg.

A quelques semaines des européennes, donner cette autorisation sera extrêmement périlleux pour l’image de l’UE et de ses institutions“, a averti le ministre français Thierry Repentin. “C’est la pire des décisions au pire des moments“, a renchéri son homologue hongroise.

 Bravo les gars ! Avec des pieds nickelés comme cela, l’extrême droite n’aura bientôt plus besoin de faire campagne.

 Sources : Sudouest.fr, humanite.fr/environnement/

Crédit photos: international.ij-poitou-charentes.org, sboisse.free.fr/, pbs.twimg.com: thierry-repentin

Lu sur Voie Militante Voie Militante

 

Commentaire d'Action communiste : que fera le président français ?  Fera-t-il entendre la voix de la France, ou renoncera-t-il, une fois de plus, à assumer des choix autonomes et souverains ?

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 17:06
Les prisons privées aux États-Unis :
un commerce plus lucratif que la drogue.

TELAM - Des décennies de politiques xénophobes et de main dure (tolérance zéro), et un système pénal ancré dans l’enfermement, ont créé aux États-Unis la plus grande population carcérale au monde et une industrie multimillionnaire de prisons privées.

Il y a un peu plus de 15 ans, la chercheuse étasunienne et militante des années 60, Angela Davis, inventa le terme de « complexe industriel carcéral » et le compara au puissant et redouté complexe militaro-industriel étasunien.

“Les prisons ne font pas disparaître les problèmes, elles font disparaître les êtres humains. Et la pratique de faire disparaître un grand nombre de personnes des communautés pauvres, immigrantes et racialement marginalisées est devenue littéralement un grand commerce », écrivait la dirigeante communiste.


La plus grande entreprise carcérale des États-Unis, Corrections Corporation of America (CCA) fut aussi la première de cette industrie innovatrice.

Créée en 1983, elle fut conçue par Jack Massey, le même homme qui à la fin des années 60 fonda l’Hospital Corporation of America qui est aujourd’hui la plus grande entreprise d’hôpitaux et de centres de chirurgie privés des États-Unis.

L’année suivante, Wackenhut Corrections Corporation apparut sur le marché, une entreprise qui plus tard sera rachetée par le Groupe Geo, la seconde compagnie la plus grande du complexe industriel.

L’industrie surgit dans un contexte dominé par la mentalité conservatrice de l’époque de Ronald Reagan et dans le cadre de la politique de la main dure, qui créèrent une demande suffisante pour convaincre un groupe d’investisseurs qu’il existait une opportunité pour les entreprises”, expliqua à Télam Donald Cohen, directeur exécutif de l’organisation In The Public Interest

D’après ce qu’il a raconté au téléphone depuis son bureau de Washington, les entreprises commencèrent par construire des « prisons spéculatives », autrement dit, elles construisirent sans encore avoir de contrats avec les gouvernements locaux ou des états.


Les premières prisons furent construites dans des villages petits et pauvres avec la promesse de garantir des emplois, d’augmenter la perception d’impôts et de diminuer les coûts que provoquait pour les gouvernements la population carcérale croissante.

Elles étaient soumises aux mêmes réglementations que les prisons publiques et, une fois mises en service, elles étaient soumises aux contrôles des mêmes entités gouvernementales, mais comme pour toute entreprise, leur objectif final était le profit.

Selon Cohen, depuis les débuts de l’expansion de cette industrie, elle se fonde sur la “réduction du nombre de fonctionnaires”.

Cela a commencé par les municipalités, les gouvernements des états ont suivi, principalement dans le Sud du pays, près de la frontière avec le Mexique, et finalement, l’Etat Fédéral s’y est mis avec l’arrivée de Bill Clinton à la Maison Blanche.


Clinton a encore durci la politique criminelle du pays, mais ce fut son implication dans la fin de l’« ère du grand État » qui réduisit dramatiquement la bureaucratie publique et qui ouvrit la porte au Département de Justice pour contracter des prisons privées où se retrouvaient par dizaines de milliers des migrants sans papiers et des criminels.

« Au milieu des 90, CCA était une de entreprise les mieux cotées à Wall Street », fait remarquer Judy Green, directrice de l’organisation Justice Strategies, une organisation spécialisée en politique criminelle basée à Brooklyn, New York.

Mais le plus grand boom pour le complexe industriel carcéral naissant vint après la déclaration de « guerre contre le terrorisme » en 2001 et, en particulier, avec la politique pour freiner l’immigration du second mandat du républicain Georges W Bush.

A la fin de 2010 le complexe industriel carcéral hébergeait 8% des prisonniers du système fédéral et des états, et s’était installé à des degrés divers dans 30 des 50 états du pays selon l’Office des Statistiques de la Justice étasunienne.


En pourcentage, cela paraît peu, mais ce qui retient l’attention, c’est le rythme de croissance de cette industrie en fonction de l’augmentation du nombre de personnes détenues dans le pays.

Entre 1999 et 2010, la population carcérale aux États-Unis grandit de 18% mais le nombre de prisonniers dans les prisons privées fédérales et des États augmenta d’environ 80%.

CCA possède 66 prisons avec une capacité de 91 000 prisonniers, alors que le Groupe Geo possède 65 prisons et peut héberger plus de 65 700 détenus. Leurs bénéfices annuels en 2011 furent de 1 700 millions et 1 600 millions de dollars respectivement.

Au niveau fédéral, cette croissance se base sur la privatisation d’une grande partie du système de détention des immigrants sans papiers, pendant que pour les états, elle fut obtenue grâce à « la coupe des fonctionnaires » par les autorités locales, qui permit la signature de contrat peu conventionnels.

Un rapport de 2012 d’In the Public Interest analyse 62 contrats d’entreprises carcérales avec des gouvernements d’états et révèle que plus de 65% contiennent des clauses qui obligent l’état à garantir une occupation minimale de 80 à 100% des « chambres », même si le taux de criminalité diminue.

Par exemple, dans le Colorado, le nombre de crimes s’est réduit d’un tiers dans la dernière décennie et cela permis la fermeture de 5 prisons publiques depuis 2009.

A l’origine, le gouvernement du Colorado avait défendu la signature de contrats avec des prisons privées en usant de l’argument que les prisons étaient débordées.

Cependant, en 2012, après la fermeture de cinq prisons, le gouvernement local signa un contrat avec CCA pour leur garantir en 2013, l’arrivée d’au moins 3 300 prisonniers dans les trois prisons que l’entreprise possède dans cet état, pour un coût annuel de 20 000 dollars par prisonniers.

A l’égal de l’industrie militaire, l’industrie carcérale a acquis ses talents pour la négociation à coups de millions de dollars investis en lobbying et obtenu une partie de son influence grâce au groupe ALEC (Conseil d’échanges législatifs étasuniens).


ALEC n’est pas formellement un groupe de lobbying.

Son slogan est “gouvernement limité, liberté de marchés, fédéralisme”, sa fonction est de rédiger et promouvoir des projets de lois et ses membres comprennent plus de 2 000 législateurs de l’état et directeurs exécutifs de grandes corporations (jusqu’à il y a quelques années CCA et le Groupe Geo)

Leur regroupement est organisé par des commissions, comme celles du Pouvoir Législatif, et chacune d’elles est dirigée par un législateur en fonction et un entrepreneur impliqué dans le secteur en question.

Les medias étasuniens et parmi eux le New YorkTimes et la revue The Nation, relièrent ALEC avec des lois très répressives, comme celle qui permit aux citoyens de tirer quand ils sentaient que leur vie était en danger, ainsi qu’aux principales normes qui permirent la privatisation du système pénitencier.

« Les entreprises carcérales n’ont pas créée les lois, mais elles ont aidé à ce quelles soient approuvées... et cela à un sens. Si tu es côté à Wall Street, tu dois croître. Et pour que tes actions montent, ton marché doit s’agrandir », synthétise Judy Green.

Les 30 dernières années ont démontré que l’unique manière de s’agrandir pour le système carcéral ce sont les politiques criminelles dures.


Telam

Traduction Anne Wolff

Source en Espagnol Cárceles privadas en EEUU : un negocio millonario

 

Notes de traduction

résumé d’un commentaire

Certaines prisons privées se sont fait une spécialité des « immigrants sans papiers ». Les conditions de détentions abominables ont été stigmatisées par la LDDH. Les détenus, maltraités physiquement, qui n’y bénéficient d’aucuns soins de santé et doivent dans certaines d’entre elles, payer eux-mêmes leur nourriture (rappelons que ces prisons sont subsidiées à hauteur de 20 000 mille dollars par an et par tête).

Un autre article que j’ai lu à ce sujet évoquait des juges peu scrupuleux qui prononçaient leurs sentences non plus en fonction de la gravité des faits, mais en fonction de quotas à atteindre pour remplir les prisons.

Et j’aimerais aussi attirer l’attention sur le fait que de nombreuses associations espagnoles, lancent l’alerte sur le fait que leur pays prends le même chemin de la dangereuse alliance entre tolérance zéro et privatisation des prisons.

Quelques chiffres et un graphique

D’après l’étude réalisée en 2011 par Roy Walmsley, pour le Centre international d’études pénitentiaires :

Les États-Unis comptent (en 2011) 2 292 133 prisonniers pour une population de 308 497 039 habitants soit 743 prisonniers pour 100 000 habitants et 23% de la population carcérale mondiale. (et depuis l’ère Reagan se chiffre ne cesse de croître dans une proportion supérieure à 15% par an !)

En comparaison, la Russie compte 559 prisonniers pour 100 000 habitants, la Chine 122 et la France 102

»» http://les-etats-d-anne.over-blog.com/article-les-prisons-privees-aux-...
 
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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 14:28
Une solution raisonnable pour l’Ukraine

 

En réaction à ma dernière note[1], La Crimée et le Droit, Steve Ohana[2] m’a posé la question de savoir qu’est-ce qu’un gouvernement ukrainien « raisonnable » devrait faire pour éviter l’explosion du pays. Je le rappelle, je considère qu’une telle explosion serait la pire des solutions tant pour les pays européens que pour la Russie[3]. Écrivant cela, je suis pleinement conscient que les acteurs politiques évoluent dans un monde de représentations qui peut diverger assez largement des réalités. Ce n’est donc pas parce qu’une solution apparaît « rationnellement » correspondre aux intérêts qu’elle sera adoptée. Pourtant, je persiste à croire qu’il est de l’intérêt du pouvoir en Ukraine d’aboutir à une situation qui soit acceptable par tous et qui préserve une Ukraine unie et indépendante. Énonçons donc les conditions minimales :


(1)  Le gouvernement de Kiev doit absolument se séparer immédiatement de tous les éléments extrémistes, organiser un désarmement complet et une dissolution des milices. Il doit accepter de collaborer avec une commission d’enquête internationale indépendante (qui pourrait être constituée sous l’égide de l’OSCE ou des Nations Unies) pour faire toute la lumière sur l’origine réelle des tirs des snipers qui ont fait tant de victimes place Maïdan.

(2)  Il doit convoquer une conférence nationale de réconciliation avec toutes les parties en présence pour refonder le pacte national qui a été mis à mal par les événements depuis le 21 février. De cette conférence devra sortir un processus électoral qui soit accepté par tous, tant pour le Parlement que pour le Président.

(3)  Symétriquement, il doit demander à toutes les autorités de déclarer un moratoire sur les référendums sur le rattachement à la Russie. En tout état de cause ces référendums ne devraient avoir lieu que si cette conférence échoue. Il s’engage aussi, pour le temps de la conférence sur le pacte national à ne pas introduire de nouveaux éléments des forces armées en Crimée.

(4)  Il doit alors s’interdire de modifier les traités existants ou de signer de nouveaux traités. Ceci ne pourra être fait, en tout état de cause, que par les autorités issues des nouvelles élections. Il pourrait même faire une déclaration d’intention renonçant solennellement à demander l’admission de l’Ukraine dans l’OTAN pour autant que les pays membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies s’engagent à garantir l’indépendance du pays.

 

Telles sont les conditions minimales pour geler la situation et avoir quelques chances de la voir évoluer de manière favorable. Il est cependant clair qu’un volet économique important devrait accompagner ces décisions, car la situation de l’Ukraine est réellement dramatique aujourd’hui. Ce volet n’est pas, en partie, du ressort des autorités de Kiev. On peut néanmoins donner quelques précisions à son sujet. Il impliquera :

(a)   Dans l’immédiat un accord entre les pays européens et la Russie pour éviter à l’Ukraine un défaut de paiement et lui permettre de faire face à ses engagements immédiats.

(b)  Dans le moyen terme, des réformes doivent être mises en place, mais l’Ukraine devra développer son intégration avec l’économie russe, ce qu’elle fait en réalité depuis la Révolution Orange (et oui…l’économie a ses lois que l’on ignore à ses dépens), car seule cette intégration est en mesure de fournir à l’Ukraine la croissance dont elle a besoin.

 

Je ne sais si ces conditions sont réalisables, mais en tout état de cause elles devraient former la base du discours de la diplomatie française, quitte à offrir à M. BHL de longues vacances aux îles Kerguelen.


[1] Sapir J., « La Crimée et le Droit », RussEurope, posté le 7 mars 2014, URL : http://russeurope.hypotheses.org/2062

[2] Sur Twitter @ohanasteve

[3] Sapir J., « Sauvegarder l’unité de l’Ukraine », RussEurope, posté le 3 mars 2014, URL : http:// http://russeurope.hypotheses.org/2045  

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 13:23
Décision de la Cour de cassation dans l’affaire des héritiers Renault
Communiqué de l’association « Esprit de Résistance »
samedi 8 mars 2014
Lu sur le site "Le canard républicain"

La Cour de cassation vient de prendre une décision de non admission du pourvoi en cassation interjeté par les héritiers Renault. En clair, cela veut dire que la Cour de cassation trouve le pourvoi tellement évidemment infondé qu’elle décide de ne même pas l’examiner sur le fond.

C’est une victoire pour ceux, au premier rang desquels notre association, qui luttaient contre cette révision de l’histoire ; c’est une claque pour les héritiers Renault.

 

Il faut rappeler la chronologie des faits.

En mai 2011, sept des petits-enfants de Louis Renault ont assigné l’État en indemnisation devant le Tribunal de Grande Instance de Paris.

En janvier 2012, le juge de la mise en état a déclaré le TGI de Paris incompétent, fondant son ordonnance sur le fait que, pour être compétent (pour être la juridiction adéquate), il aurait fallu que l’ordonnance de nationalisation des usines Renault soit un acte administratif . Or il a été jugé que l’ordonnance de 1945 a valeur législative, et n’était donc pas une décision administrative, ce que reconnaissaient implicitement les héritiers Renault en posant conjointement à leur requête une Question Prioritaire de Constitutionnalité mettant en cause la constitutionnalité de l’ordonnance de 1945.

En novembre 2012, la cour d’appel de Paris a confirmé l’ordonnance de janvier 2012

En février 2014, la Cour de cassation a rendu une décision de non admission du pourvoi.

 

En pièces jointes, [ sur le site  "lecanardrépublicain" ]vous trouverez : la décision de la Cour de cassation, les annexes de cette décision (l’argumentaire des héritiers) et les arguments qui ont fondé la décision de la Cour de cassation.


Cette victoire met partiellement un terme à l’imposture des héritiers Renault : la chef de file des héritiers a bien été obligée de reconnaître, dans un article de presse récent qui vous a été adressé, que non seulement elle n’avait pas connu son grand-père, mort avant sa naissance, mais que son propre père ne lui en avait jamais parlé (les rapports entre Louis Renault et son fils ne semblant pas très chaleureux). Il s’agit donc simplement d’une affaire de gros sous, qui relativise les larmes d’une arrière-petite-fille montrées à la télévision par des journalistes complaisants. L’affaire a d’ailleurs été bien orchestrée en matière de campagne de presse via, entres autres Le Monde, France 2 France 3, Europe 1, etc. et en abusant d’à-peu-près se référant à « la confiscation des biens de Louis Renault », alors que seuls les biens industriels de la SAUR (Société Anonyme des Usines Renault) ont été nationalisés, et que le fils a hérité de tous les biens « personnels », comprenant aussi bien les propriétés (2000 hectares en Normandie, 50 hectares dans la presqu’île de Giens, hôtel particulier avenue Foch, yacht, etc.) que des biens comme la propriété de la DIAC, la filiale de financement de crédit automobile de Renault, tellement indispensable au fonctionnement de l’entreprise que la Régie Renault la rachètera au fils en 1947 !


C’est une première victoire, pour laquelle nous devons tenter de briser le mur du silence de la presse, et chacun d’entre nous peut agir dans ce sens.

Nous devons rester vigilants, car il se peut que les héritiers Renault tentent d’autres actions et que nous ayons encore à les combattre, tant au nom du respect de l’Histoire et de la lutte contre ce révisionnisme, mais aussi au nom des résistants des usines Renault qui ont payé de leur vie ou de la déportation leur combat pour la Libération de la France.


Association « Esprit de Résistance »
http://www.espritderesistance.fr/


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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 14:11

Hommage à nos femmes palestiniennes

Ziad Medoukh

Les Palestiniens célèbrent cette journée mondiale de la femme avec une pensée particulière pour les femmes détenues dans les prisons  israéliennes, et pour les femmes de Gaza qui souffrent, comme toute la population civile, de ce  blocus israélien inhumain.


Nos femmes  fêtent le 8 mars dans les larmes et avec beaucoup de peine, en pensant aux martyrs, aux blessés, aux prisonniers, et aux enfants de Gaza privés de  loisirs et de  fournitures scolaires à cause de ce blocus.


Les femmes palestiniennes, en première ligne du conflit, sont très engagées. Elles ont un rôle  important dans notre société, elles continuent de se sacrifier pour que les enfants et les futures générations aient un plus bel avenir. Ce sont elles qui donnent à la Palestine ses héros.


En ce début  de mars 2014, au sud de la bande de Gaza, une femme de 52 ans a été tuée par des balles israéliennes aveugles, alors qu’elle cultivait sa terre.


La femme palestinienne qui mène son combat sans relâche avec dignité, a un courage exceptionnel, elle est à la fois la mère du martyr, la femme du prisonnier,  la grand-mère des jeunes désespérés. Elle est toujours présente pour soutenir son mari, pour aider ses enfants, et pour participer au développement d’une société en crise.


Elle est  fortement investie dans la vie sociale et économique, elle a un rôle essentiel dans la vie des familles, des villages, des villes et des organisations, elle est en fait un élément majeur de la cohésion dans la société palestinienne.


70% des personnes qui fréquentent les universités en Palestine sont des femmes, et le taux de scolarisation chez les femmes palestiniennes dépasse 80%.


Quand elle perd son mari, martyr pour la Palestine, la femme palestinienne sacrifie sa vie pour ses enfants, elle ne pense pas à sa vie privée, elle s’occupe d'eux et les élève dans le respect et l'attachement à leur patrie.


Dans la situation économique très difficile qui prévaut en Palestine, beaucoup de ces femmes travaillent pour aider leur mari et leur famille, elles créent des coopératives, vendent des produits artisanaux afin de vivre dignement sur leur terre.


Elles sont toujours présentes dans tous les secteurs : dans le travail, dans les partis politiques, dans les associations, dans les manifestations, sur les marchés ; elles participent et défendent leurs droits et les droits de leurs enfants.


Par leur courage et par leur détermination, elles les encouragent à aller à l’école en dépit des barrages et des check-points israéliens, elles vont souvent récolter les olives au côté des hommes, malgré les menaces des colons et des soldats israéliens, elles mènent une résistance exemplaire contre l’occupation et ses mesures, elles luttent pour une place dans la société.


Nous pensons en ce jour du 8 mars aux femmes palestiniennes, qui sont mortes pour une Palestine libre, aux femmes prisonnières, aux femmes qui ont accouché à un check point israélien, aux femmes qui, derrière le mur d’apartheid, se réveillent à 3h du matin pour préparer le cartable de leurs enfants et les accompagner  à l’école. Quel courage !


Ce magnifique courage des femmes qui, avant de penser à elles mêmes, pensent  aux autres, à leurs enfants, à leur mari, à leur famille, est une inspiration et un exemple pour nous les hommes.


Les femmes de  Palestine méritent tout notre respect, elles méritent des lois qui améliorent leur statut dans notre pays, elles méritent notre admiration.


Un grand hommage à nos femmes palestiniennes : l’origine de notre savoir, le chant de notre espoir, le remède à nos blessures, la richesse de notre terre, la lumière de notre mémoire, l’ange de notre histoire, le symbole de notre paix, le sens de notre identité, la terre de nos ancêtres, et l’avenir de notre grande Palestine de paix et de justice..

 

Ziad Medoukh : Enseignant - Chercheur

Ziad Medoukh est un professeur de français palestinien. Responsable du département de français de l’université Al-Aqsa de Gaza, et coordinateur du Centre de la paix de cette université.  Conférencier infatigable sur Gaza et la Palestine, il multiplie, surtout en France et en Europe, et autant qu’il le peut, les rencontres avec les associations et les réseaux de jeunes, chaque fois que ses activités académiques et professionnelles lui permettre de franchir les frontières de Gaza.

 

Palestine Solidarité

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 18:46

Lu sur le site "ContreLaCour"

Vous trouverez sur ce site la traduction d'une partie du projet d'accord pour le traité transatlantique.  Il date de juillet 2013.  Les négociations sont tenues secrètes.  Pendant qu'au grand jour Obama menace la Russie et les opposants au nouveau pouvoir ukrainien installé par la violence politique, les négociateurs américains cherchent en catimini à imposer aux peuples européens un traité qui achèverait les contres réformes sociales en Europe et livrerait le marché européen, les salariés européens aux multinationales américaines.   Il n'est prévu de consulter ni les parlements nationaux, ni les peuples. 

 

Marché transatlantique 

 

Jeudi 27 février, le journal en ligne allemand ZEIT ONLINE a publié une version fuitée du projet de traité transatlantique.
Celle-ci, traduite ci-dessous en français, date du 2 juillet 2013, soit quelques jours avant le lancement des négociations. Pour rappel, le mandat de négociation octroyée à la Commission européenne par les ministres du commerce a été validé lors du Conseil du 14 juin 2013.

Ce projet d’accord constitue donc la base de discussion établie par la Commission européenne en lien avec les partenaires américains et les entreprises privées.

Il a donc vraisemblablement évolué au cours des trois cycles de négociations qui se sont tenus depuis juillet 2013.
Cependant, il nous offre un grand éclairage des dispositions qui pourraient figurer dans l’accord final.

Ce n’est qu’une petite partie du projet d’accord, celle relative aux services, au e-commerce et aux investissements.
De nombreux autres chapitres, très importants aussi, ne s’y trouvent pas.

Le chapitre 1 pose les grands principes et les définitions des termes clés de l’accord.

Le chapite 2 traite de la libéralisation des investissements. Il est rappelé que les services audiovisuels ne font pas partie des négociations. Le chapitre indique que les investissements américains et européens devront être traités de façon égale (sans discrimination) de part et d’autre de l’atlantique. Il est également défini le système de protection des investissements permettant aux entreprises de se prévaloir contre un traitement arbitraire, discriminant ou abusif. A cet égard, le projet indique les pistes d’indemnisation des entreprises.

Le chapitre 3 concerne la fourniture transfrontalière de services. Comme pour les investissements, il est rappelé le principe de l’ouverture et l’interdiction des clauses discriminantes.

Le chapitre 4 traite la question de la présence temporaire de personnes physiques qui iraient travailler de l’autre coté de l’Atlantique (visiteurs d’affaires, transferts intraentreprise, diplômés stagiaires, vendeurs d’affaires, fournisseurs de services contractuels et professionnels indépendants).

Cette question est poursuivie dans le chapitre 5 qui traite des qualifications préalables à l’exercice de certaines activités, qui peuvent être données aux personnes physiques ou morales. Il est également question de libération des services informatiques, des services de postes et de courrier, des réseaux de communications électroniques, des services financiers et enfin, du transport maritime international. Ces dispositions doivent notamment être étudiées sur la question spécifique et importante des « services universels« , c’est à dire des services publics.

Le chapitre 6 concerne le domaine du commerce électronique.

Enfin, le chapitre 7 énumère toutes les pistes d’exceptions qui pourraient être posées au principe de libéralisation. Il s’agit, par exemple, des mesures nécessaires à la protection de la santé, de la sécurité, la vie privée, etc. Toutes ses mesures ne doivent cependant pas constituer des restrictions déguisées ou être discriminantes.

A la fin du document, les lecteurs trouveront les principaux éléments que la Commission entend introduire dans le mécanisme de règlement des différends Etat-investisseur. Il s’agit de la question sensible des tribunaux d’arbitrage sur laquelle la Commission devrait lancer une consultation publique dans quelques jours.

 

Note : Il s’agit d’une traduction effectuée par mes soins. Elle n’est pas officielle. Il est possible que des coquilles s’y soient glissées. Merci à tous ceux qui m’aideront à l’améliorer. Vous pouvez également la consulter sur Google Drive via ce lien.
Traité transatlantique : qu'ont-ils voté ?
Le 10 décembre 2013, les parlementaires européens se sont prononcés sur les négociations en vue du Traité de libre échange UE – Canada. Les députés centristes, libéraux et socialistes ont voté pour. Seule Corinne Lepage a voté contre. Les écologistes ont voté contre. Les députés de la gauche radicale ont également voté contre, et ce, en ne respectant pas la consigne de vote du groupe GUE (vote blanc); seul Younous Omarjee a voté blanc.  Plus surprenant encore, Bruno Gollnisch a voté blanc.

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 08:52

Nous publions cette déclaration intersyndicale CGT-FSU-FO-SolidairesVu sur le blog de l'UL-CGT de Dieppe.  Action communiste dénonce la criminalisation des actions syndicales qui se développe dans tout le pays.  Après les 5 de Roanne, ceux de Goodyear, ceux de Lyon ..., les militants du Havre sont victimes de la même chasse aux sorcières.  L'institution judiciaire, encouragée par le rejet de la loi d'amnistie sociale par le PS, la droite et le FN, s'acharne contre les syndicalistes.  Pendant ce temps combien de ruptures conventionnelles forcées, combien de licenciements abusifs, combien de licenciements économiques pour cause de spéculation et profits, combien de suicides, d'accidents du travail et de maladies professionnelles restent impunis ?  Combien de patrons voyoux fraudeurs échappent à la loi et à la justice, protégés par leur classe, leur armée de conseillers juridiques, et défendus par une myriade d'avocats rémunérés grâce aux profits pris sur le travail des salariés ? 6 mois de prison ferme pour avoir défendu des salariés: c'est indigne.  Nous soutenons l'action des Unions syndicales de Seine-Maritime pour la relaxe des militants havrais et pour une loi d'amnistie sociale protégeant les militants syndicaux lors des actions collectives. Action Communiste

Nous publions également la pétition de l'UL-CGT du Havre réclamant la relaxe des 4 militants havrais.  

Communiqué

"INACCEPTABLE ! L’acharnement dont sont victimes les militants syndicaux du Havre : Exigeons leur relaxe

Déclaration intersyndicale des Unions syndicales de Seine-Maritime de la CGT, FO FSU Solidaires:

Les réquisitions du Procureur de la République du Tribunal correctionnel du Havre, dont 6 mois de prison ferme, sont inacceptables.

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires dénoncent cet acharnement judiciaire envers les militants syndicaux qui sont trainés devant la justice pour avoir défendu les droits des salariés dans des actions collectives.

Nous ne pouvons accepter que l’institution judicaire s’acharne contre les militants syndicaux alors qu’elle est plus réservée lorsqu’il s’agit d’actions du patronat et de ses représentants.

Nous avons besoin de justice pour lutter contre les fraudes et les licenciements.

Nous avons besoin de justice pour les salariés et leurs représentants, face aux attaques patronales.

Nous exigeons que le gouvernement vote rapidement une loi d’amnistie sociale portant des droits nouveaux, protégeant les militants syndicaux qui agissent dans le cadre de leur mandat, dans les actions collectives.

Refuser cette loi d’amnistie pour les syndicalistes serait, de la part du gouvernement, un message d’encouragement au patronat pour poursuivre sa politique antisociale dans notre pays et traquer celles et ceux qui s’y opposent.


Rouen, le 5 mars 2014"

 

Nous mettons ci-dessous en ligne le texte de la pétition lancée par l'UL-CGT du Havre réclamant la relaxe des 4 militants.   Vous pouvez la trouver aussi sur le blog de l'UL-CGT du Havre.

 

Le 21 Février dernier, le Procureur de la République du Havre a requis des peines complètement démesurées à l'encontre de 4 militants de l'UL CGT : 2 mois de prison avec sursis et 300 euros d'amende dans une 1ère affaire et 6 mois de prison ferme et 500 euros d'amende contre les 2 secrétaires généraux de l'UL dans une 2ème affaire. Cet acharnement judiciaire fait suite à des plaintes du PS et du PRG havrais fiers d'avoir fait reculer l'âge légal du départ en retraite, d'avoir allongé la durée de cotisations, d'avoir imposé l'ANI et facilité ainsi les licenciements économiques. Ainsi que d'une plainte d'un huissier sans fondement suite au conflit SPB !

La CGT refusera d'être un bouc émissaire et de servir d'exemple à ceux qui tentent, coûte que coûte, de régler des comptes !

SIGNER  et faites signer, LA PETITION POUR EXIGER LA RELAXE TOTALE ET SANS CONDITION DES 4 MILITANTS SYNDICAUX AUJOURD'HUI INCULPES.

* en lien, la pétition : http://chn.ge/1f5Fi5V

 SYNDICALISTES, PAS VOYOUS !

ENSEMBLE REFUSONS LA CRIMINALISATION

DE L'ACTION SYNDICALE !

 



 
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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 15:46

BRN-titre

 

 

En janvier 1991, une armada déferlait sur l’Irak. Cet Etat fut ensuite soumis à un embargo qui fit probablement un million de victimes. Avant que George Bush fils ne « termine le job » avec l’invasion de 2003. Le pays, jadis l’un des plus développés – et des plus laïcs – du monde arabe a été ramené économiquement et socialement un siècle en arrière. Le départ de l’occupant a en outre légué des affrontements intercommunautaires sans fin. Un habitant de Bagdad n’est jamais sûr de rentrer chez lui sain et sauf, tant les attentats sont monnaie courante.

 

 

Le sort d’un Kaboulien n’est guère plus enviable. Treize ans après que l’Afghanistan eut été envahi, victime expiatoire des attentats du 11-Septembre, la seule activité économique florissante est la culture de l’opium. Les Talibans sont militairement plus puissants que jamais dans un pays saccagé par la guerre. Plus à l’ouest, suite à la brillante opération lancée par MM. Sarkozy et Cameron, la Lybie est désormais livrée à la rivalité sanglante des clans et des milices. Faut-il aussi citer le cas du Soudan du sud ? La partition de l’ex-plus grande nation du continent africain, préparée de longue main par les dirigeants occidentaux et israéliens, débouche sur une guerre civile. La Syrie, enfin, illustre l’extraordinaire cynisme de ceux qui rêvent depuis trois ans de faire tomber Bachar el-Assad : le long martyr du peuple syrien ne se prolonge que grâce à l’aide ininterrompue de Washington et de ses alliés à l’opposition armée, sans même que celle-ci puisse désormais espérer une victoire militaire.

 

 

C’est du reste un paradoxe : si les stratèges impériaux réussissent sans peine à semer chaos, ruines et désolation, ils ne parviennent pas pour autant à renforcer leurs intérêts. Au contraire : c’est un pouvoir chiite, proche de l’ennemi iranien, qui trône désormais à Bagdad ; Hamid Karzaï, qui débarqua à Kaboul dans les fourgons de l’armée US, fait mine de tenir tête aujourd’hui à ses parrains ; et les arsenaux de feu le colonel Kadhafi irriguent désormais du Mali à l’Egypte. Seul, le démantèlement de la Yougoslavie fait exception. Certes, les récentes émeutes en Bosnie-Herzégovine viennent d’illustrer le désespoir de populations plongées dans la misère, privées de toute perspective, et qui se souviennent avec peine de la modeste prospérité qui régnait du temps de la République fédérale de Yougoslavie. Mais cette dernière a éclaté en morceaux assimilables par l’Union européenne, ou pour longtemps neutralisés, ce qui était bien le vœu de ses promoteurs – allemands, en l’occurrence.

 

 

La tonalité qui prévalait lors de la récente Conférence de Munich pour la sécuritéconfirme que l’autocritique n’est nullement à l’ordre du jour. Le président de la République fédérale d’Allemagne a plaidé pour que son pays sorte de sa réserve diplomatique et militaire. Il a ainsi fait mine de s’interroger : « est-ce que nous faisons vraiment tout ce que nous pourrions faire pour stabiliser notre voisinage(sic !) à l’Est comme en Afrique ? ». Puis a proposé sa réponse : « nous, Allemands, sommes sur la voie d’une forme de responsabilité que nous avons encore peu exercée » ; et le ministre de la Défense de rappeler la « recette à succès » testée dans les Balkans il y a vingt ans.

 

 

Mais c’est à l’égard de l’Ukraine que l’arrogance et l’ingérence s’exercent aujourd’hui sans retenue, au point que Washington et Bruxelles se disputent sur le nom des futurs gouvernants à promouvoir. Le cas de la Suisse n’est certes pas comparable ; mais comment ne pas ressentir un malaise quand un ministre luxembourgeois intime aux Helvètes l’ordre de « respecter les valeurs européennes », et que politiciens de droite comme de gauche supplient l’UE de ne pas accepter le référendum du 9 février « sans réagir » ? On se demande si certains ne rêvent pas d’un blocus de la Confédération helvétique.

 

 

 « Leurs ravages provoquent des déserts, et ils appellent cela la paix », notait l’historien romain Tacite à propos des empires. C’était il y a vingt et un siècles.

 

 

PIERRE LÉVY

 

 

source: http://www.brn-presse.fr/

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 18:32

 

Lu sur Agoravox grâce à El Diablo.  Nous ne partageons pas toutes les conclusions de l'article, mais nous partageons cette analyse : "Mais l'OTAN, cela ne fait de secret pour personne, a toujours été le faux nez des Etats-Unis".

SÉCURITÉ EUROPÉENNE: Le danger n’est pas la RUSSIE, c’est L'OTAN.

OTAN-membres.jpg

 

Dans l'espèce de frénésie qui s'empare ces jours-ci des médias français, face aux évènements d'Ukraine, pour condamner les réactions de défense de la Russie, pourtant menacée d'encerclement, personne le souligne que le plus grand danger pour la sécurité de l'Europe ne sont pas « les chars russes », mais l'offensive menée depuis des années par l'Otan pour faire reculer l'influence de la Russie, voire la dissuader militairement.


OTAN.jpg

 

Il y a deux jours c'était le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, qui appelait la Russie « à la retenue » autrement dit qui la menaçait d'une réaction militaire de l'Otan. C'est le même qui écoute sans réagir les appels à intervention venant de l'actuel gouvernement occidental de l'Ukraine. C'est le même qui depuis des mois travaille à consolider, en Europe même, des bases de missiles (le BMDE ou Ballistic Missile Defence in Europe) lesquelles sont directement tournées vers la Russie pour désarmer une frappe en retour de celle-ci en cas d'agression. Ce sont, avec le soutien implicite du Secrétaire général, les plus anti-russes des membres de l'Otan, qui multiplient les intrusions, au coeur même de la Russie, par le biais d'associations et d'organisations visant à mener une véritable guerre civile interne contre les institutions.


Mais l'Otan, cela ne fait de secret pour personne, a toujours été le faux- nez européen des Etats-Unis. Ce faux nez était peut-être acceptable pour les Européens du temps où le stalinisme menaçait l' « Occident ». Aujourd'hui, cette menace, contrairement aux propos des va-t-en guerre, n 'existe plus. Cependant, pour l'Amérique du lobby militaro-diplomatique, la Russie, nous l'avons souvent écrit ici, continue à être présentée comme un danger, du fait qu'elle possède l'arme nucléaire. Les Etats-Unis voudraient être les seuls à disposer de la bombe, au service de leur entreprise pour dominer le monde. Il leur faut donc, quels que soient les risques pour l'Europe, placée en première ligne, provoquer de plus en plus la Russie dans l'espoir qu'elle finira par envoyer les chars, non seulement en Ukraine, mais dans les pays de l'Union européenne limitrophes. Alors les Etats-unis pourront anéantir militairement la Russie, prétendument en toute légitimité.


Dans l'immédiat, Obama, fort de l'appui des gouvernements européens membres de l'Otan, menace aujourd'hui la Russie de rétorsions économiques. Il invite ces gouvernements, au mépris de leur intérêt évident, à boycotter le prochain G8 devant se tenir à Sotchi et à ne plus acheter de pétrole aux Russes (?). Il fait par ailleurs tout ce qu'il peut pour pousser les membres de l'Otan à refuser le dialogue avec Moscou, à soutenir les plus extrémistes des européophiles en Ukraine et en Crimée, à refuser à tous prix une partition de l'Ukraine qui serait pourtant le seule solution pour ramener le calme dans ce pays divisé. Bien tranquille à Washington, Obama peut le faire sans risques. Ce serait moins risqué pour lui qu'affronter en Asie le nouvel ennemi que s'est donné le lobby militaro-diplomatique américain, la Chine.


Mais pourquoi les quelques voix clairvoyantes qui avaient demandé, en France comme dans d'autres pays européens, une sortie de l'Otan, ne sont-elles pas plus écoutées ? Pourquoi ces mêmes voix qui demandent, en substitution au prétendu parapluie de l'Otan, la mise en place d'une véritable force de défense européenne, pouvant permettre à l'Union de choisir ses alliées et ses adversaires en toute indépendance, sont-elles de plus en plus inaudibles ? Pourquoi en France le gouvernement socialiste ne se distingue-il aucunement des autres dans l'acceptation de la servilité ? Parce que l'Amérique ne le veut pas, et aussi parce que, dans l'Union européenne, les intérêts politiques et économiques inféodés au grand allié atlantique se sont donné pour mission, avec un esprit collaborationniste qui devrait évoquer des souvenirs dans les pays de Vichy et de Sigmaringen, de suivre en tous points ce que demande Washington.

 

 

source: AGORAVOX

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