3000 à Rouen, combatifs, venus de tous les secteurs d'activité.
Ils étaient venus d' entreprises très diverses, mais ils représentaient beaucoup plus qu'eux-mêmes. Ils et elles étaient venus au nom des plus 70% qui refusent la loi Travail. Les Renault, les papetiers, EDF, les dockers et les salariés du port, les grands magasins, le secteur de la santé, public comme privé, les étudiants qui avaient un meeting la veille, les cheminots, les territoriaux … Ils ont réclamé l'abrogation de la loi travail et dit bien fort qu'ils ne la laisseraient pas s'appliquer dans leurs entreprises et leurs bureaux. Nombreux : les salariés de l'hôpital psychiatrique de Saint-Etienne du Rouvray en lutte contre un réaménagement du travail qui aggrave leurs conditions d'intervention auprès des malades.
Malgré trois 49-3, la loi promulguée en Août, les premiers décrets, les militantes et militants sont toujours là. Ils n'ont rien oublié. Ils n'oublieront pas de si tôt. Les primaires, les discours pompeux sur la sécurité, le burkini, aucune ruse médiatique et politicienne ne pourront gommer des mois de lutte et de résistance. Maintenant les salariés, fort de l'expérience accumulée comptent bien organiser la résistance contre la loi Travail dans les entreprises. Et il y avait une grande diversité des entreprises représentées à la manifestation du 15 septembre.
Les salariés sont de plus en plus nombreux à avoir conscience que la politique menée se fait contre eux pour les profits des entreprises et du capital. Beaucoup appellent ça la lutte de classes. C'est ce que les médias et les politiques ne veulent pas voir.
Mais en fin de manifestation un groupe de casseurs s'en est pris aux militants de la CGT et l'un d'entre eux a agressé à coups de casque le secrétaire de l'UD-CGT 76, Pascal Morel. A qui cela profite ? Qui sont ces jeunes nervis qui veulent imposer leurs modes d'action dans les défilés syndicaux, qui - de fait - cherchent à freiner le développement des luttes, à empêcher les salariés de manifester, et qui s'attaquent, comme le ministère de l'intérieur, le gouvernement et les médias, à la CGT ? Manuel Valls et Pierre Gattaz peuvent les remercier.
Y.G.