Carlos Ghosn veut obtenir un contrat de compétitivité» sur la période 2017-2019, avec «des engagements de part et d'autre», «très clairs», «assumés» et qui «garantissent une paix sociale». Le futur accord visera à «définir les conditions et moyens permettant d'assurer l'avenir de Renault en France» dans la «poursuite» de l'accord de 2013 signé par trois syndicats (CFE-CGC, CFDT et FO). Bref le président du groupe Renault, ancien groupe français nationalisé brandit, une fois de plus, à mots couverts la menace de la concurrence des sites à l'étranger pour peser sur les négociations. Cela a un nom : dumping social.
Cédant au chantage à l'emploi et à la fermeture de sites en France, les trois syndicats avaient accepté en 2013 une réduction de 15% des effectifs, la suppression de jours de congés et l'augmentation du temps de travail, plus de mobilité et de flexibilité, et gel des salaires la première année. 7.200 postes nets ont de plus été supprimés depuis début 2013.
En 2016, la situation de Renault est florissante : les immatriculations sont en hausse de plus de 12% en Europe sur les huit premiers mois de l'année, les bénéfices sont passés de 536 millions d'euros en 2013 à 2,96 milliards d'euros en 2015.
Les syndicats qui ont signé l'accord en 2013 réclament maintenant "un partage de la richesse avec les salariés» que les dividendes ont explosé entre 2013 et 2015 (de 509 à 710 millions d'euros) et que les salariés qui ont fait l'expérience des précédents accords de 2013 ne sont peut-être pas prêts à accepter de nouveaux sacrifices. La CGT, non-signataire du précédent accord, demande l'embauche de «14.000 salariés en CDI au minimum dans les trois ans» pour stopper «la précarisation de l'emploi qui fragilise l'entreprise» et la qualité de la production, explique le coordinateur national CGT de Renault, Fabien Gâche. " Presque toutes les usines de montage tournent avec 80% d'intérimaires». Entre 2013 et 2015, leur nombre dans les usines automobiles du groupe en France a plus que triplé.
En outre le temps de travail allongé, la disparition de RTT, l'augmentation de la productivité pèse sur la santé des salariés. «Il y a eu une montée des cadences très fortes. Il faut maintenant regarder les conditions de travail, les salaires et le climat social», estime le délégué FO.
Dans ces conditions, à l'ouverture des discussions sur le nouvel accord de compétitivité, il n'est pas sûr que la paix sociale si chère à Carlos Ghosn soit pleinement assurée.
AC
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Renault : la CGT dénonce les ravages de la compétitivité
Chiffres à l'appui, le syndicat du constructeur au losange a tenu à démonter point par point les bienfaits supposés de l'accord de compétitivité conclu en 2013 alors que Renault entend bien o...
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