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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 18:27

Contre la politique sociale et économique du Medef, appliquée par Hollande et son gouvernement, mis en scène par Yvon Gattaz et le Berger du patronat

LE PRINTEMPS SOCIAL S'EST ECLATE DANS 140 VILLES DE FRANCE

 

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mardi en France, comme ici à Marseille, contre le pacte de responsabilité, clé de voûte de la nouvelle politique de François Hollande, à l'appel de quatre syndicats (CGT, Force ouvrière, FSU, Solidaires). Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a jugé cette mobilisation "très disparate". /Photo prise le 18 mars 2014/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

Par dizaines de milliers, les salariés comme les retraités on t manifesté ce  mardi dans toute la France contre le pacte de responsabilité, clé de voûte de la nouvelle politique de François Hollande, comme ici à Marseille;

 

 Par dizaines de milliers, les salariés et les retraités  ont manifesté mardi en France contre le pacte de responsabilité, clé de voûte de la nouvelle politique de François Hollande, à l'appel de quatre syndicats (CGT, Force ouvrière, FSU, Solidaires).

Cette journée du "front du refus" dans 140 cortèges  a mobilisé 240.000 manifestants, selon la CGT.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a jugé cette mobilisation "avant tout contre le pacte de responsabilité", confirmant pourtant son souhait d'aller "vite". "Les choses avancent, on est tout prêt de l'aboutissement sur les parties coût du travail et fiscalité", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec les agences de presse.

Pour Jean-Claude Mailly, le leader de FO, cette mobilisation "constitue un avertissement pour les pouvoirs publics, tant vis-à-vis du pacte de responsabilité que sur les revendications et attentes en matière de salaires, d’emploi, de Sécurité sociale".

Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT, reproche pour sa part au gouvernement de faire le jeu du Medef, la principale organisation patronale, et l'appelle à changer de cap.

A Paris, où Thierry Lepaon et Jean-Claude Mailly ont pris la tête du cortège, 60.000 personnes, selon les syndicats,  ont défilé derrière une banderole proclamant "Non au pacte de responsabilité".

Environ 42.000 personnes selon les organisateurs  ont manifesté à Marseille.

"C'est une forte mobilisation et une pression supplémentaire mise sur le gouvernement qui n'entend toujours pas la colère des salariés", a dit à la presse Thierry Pettavino, le secrétaire général départemental de la CGT.

A Toulouse, la manifestation a rassemblé  12.000 personnes, de source syndicale, tandis qu'à Bordeaux l'intersyndicale ne revendiquait que 5.500 personnes.

Jean-Claude Mailly a accusé sur France 2 le gouvernement d'être dans une "logique libérale au sens économique du terme" et dans une "logique de dumping" en cherchant à réduire le coût du travail.

Thierry Lepaon n'hésite pas à parler de "pacte d'irresponsables", dénonçant un "deal personnel entre François Hollande et Pierre Gattaz", le président du Medef.

 

ET A PARIS AUSSI

Reportage repris sur

LE BLOG DE DIABLO

 

 

montage-manif-18-03-2014.jpg

 

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 23:04

Des défilés très revendicatifs à Dieppe ( 500), à Rouen (2500) et au Havre ( 7000) : contre le Pacte patronal Hollande-Gattaz, pour la relaxe des militants havrais, contre les licenciements.  Dans un contexte difficile, à 5 jours des élections municipales, 10000 manifestants en Seine-Maritime, ce n'est pas rien.  Ce n'est cependant pas encore à la hauteur des enjeux, ni de la colère.  

 

A Rouen : 2500

 

1803143

La manif à Rouen

 

Le CHU, les Petroplus, les Renault, des territoriaux, les retraités, l'Energie, ceux des CIO ... Et des drapeaux CGT par dizaines.  Quelques drapeaux FO, Sud, FSU aussi.  "  NON, NON, NON, au pacte Hollande-Gattaz " fut scandé avec vigueur mais aussi " Rien n'est à eux, tout est à nous, Tout ce qu'ils ont, ils l'ont volé...". 

 

1803144

Devant le palais de justice

 

Devant le palais de justice, un arrêt pour réclamer la relaxe des 4 du Havre, le vote de la loi d'amnistie sociale, et pour dénoncer la criminalisation des actions syndicales et la hargne, de classe, du procureur du Havre, de celui de Lyon contre les militants de Roanne ...  Rendez-vous est pris pour le 31 mars au Havre devant le Tribunal du Havre pour soutenir les militants havrais. Puis la manifestation a rejoint la Préfecture où une délégation a été reçue.

 

Près de 7000 au Havre

lehav 

 

Au Havre ( photos envoyée spéciale)

 

Près de 7000 manifestants ont défilé au Havre. Ils sont partis depuis plusieurs points de l'Agglo pour arriver au Tribunal (TGI).. La manifestation unitaire a poursuivi sur l'Hôtel de Ville et a fini à la Sous Préfecture. Une délégation unitaire a remis au sous-préfet, plusieurs milliers de signatures de la pétition pour la REL4XE des 4 du Havre ! 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 15:57

18 mars

 

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 15:20

Lu sur le blog de l'UD-CGT 76

Emploi-Salaire-Protection sociale


LE 18 MARS :

Pour les salaires, l’emploi, la protection sociale, les services publics.

Contre  le pacte de responsabilité.

 Pour la relaxe des 4 militants du Havre.

 

Manifestations :

  • Au Havre à 10h00,
    Franklin.
  • A Rouen à 10h30,
    cours Clémenceau.
  • A Dieppe, à 10h30,
    gare SNCF.

     

Pour information :
Evreux
à 14h00, Bourse du travail
.


 

Au moment même où d’après leurs discours, le « dialogue social » serait une priorité, patronat et gouvernement n’acceptent pas que les intérêts des salariés, soient défendus.

Ils ne veulent plus nous voir dans la rue à manifester

et dans les entreprises à revendiquer lors des arrêts de travail.

 

Le dialogue social, pour le patronat et le gouvernement, c’est accepter des compromis et renoncer à nos acquis, comme viennent de le faire les organisations syndicales et patronales CFDT, CFTC, CGC MEDEF, UPA, CGPME, avec le Pacte de responsabilité.

La CGT, elle, ne négociera jamais des reculs sociaux !

 

A travers l’acharnement judiciaire, envers les militants syndicaux qui sont trainés devant les tribunaux, les 5 de Roanne, les 2 de Lyon, puis les 4 du Havre, ce sont les droits et les acquis des salariés qui sont visés.

Et c’est ce que le patronat et le gouvernement veulent remettre en cause dans notre pays.

 

Si on laisse faire, demain, faire grève pour défendre nos revendications et manifester sera un délit
puni d’une peine d’emprisonnement…


 

Le 18 mars, au-delà de nos revendications pour les salaires, l’emploi, la protection sociale, les services publics et contre le pacte de responsabilité, exigeons la relaxe pour nos 4 camarades du Havre.

Exigeons également, que le gouvernement vote rapidement, non pas une loi anti-casseurs *, mais une loi protégeant les militants syndicaux qui agissent dans le cadre de leur mandat, dans les actions collectives.

* (En juin 1970, sous le gouvernement Chaban-Delmas une loi anti-casseurs avait été votée, afin de poursuivre toute personne, pour le simple fait, d’avoir fait partie d’un groupe ayant commis des violences ou dégradations, sans besoin de rechercher si elle était personnellement responsable. Cette loi a été supprimée en 1981),

 

Pacte de responsabilité :

Les mêmes ont encore signé !
La CGT n’est pas dupe, les autres organisations syndicales CFDT, CFTC, CGC ont signé avec les organisations patronales MEDEF, UPA, CGPME, un accord concernant le Pacte de responsabilité sans que le MEDEF et son chef de file, GATTAZ ne s’engagent sur l’emploi. Aucun objectif chiffré, personne ne peut dire si des emplois vont être créés, et combien ? en dehors des 200.000 par an qui sont en moyenne normalement créés chaque année. Après l’accord ANI de 2013, les autres organisations ont signé.

Il y a nécessité et urgence à manifester le 18 mars, prochain

contre le Pacte de responsabilité

et pour exiger de véritables mesures

pour l’emploi, les salaires, les services publics et  

contre le démantèlement de la protection sociale, prévu avec le Pacte de responsabilité.

 

 

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 08:52

Nous publions cette déclaration intersyndicale CGT-FSU-FO-SolidairesVu sur le blog de l'UL-CGT de Dieppe.  Action communiste dénonce la criminalisation des actions syndicales qui se développe dans tout le pays.  Après les 5 de Roanne, ceux de Goodyear, ceux de Lyon ..., les militants du Havre sont victimes de la même chasse aux sorcières.  L'institution judiciaire, encouragée par le rejet de la loi d'amnistie sociale par le PS, la droite et le FN, s'acharne contre les syndicalistes.  Pendant ce temps combien de ruptures conventionnelles forcées, combien de licenciements abusifs, combien de licenciements économiques pour cause de spéculation et profits, combien de suicides, d'accidents du travail et de maladies professionnelles restent impunis ?  Combien de patrons voyoux fraudeurs échappent à la loi et à la justice, protégés par leur classe, leur armée de conseillers juridiques, et défendus par une myriade d'avocats rémunérés grâce aux profits pris sur le travail des salariés ? 6 mois de prison ferme pour avoir défendu des salariés: c'est indigne.  Nous soutenons l'action des Unions syndicales de Seine-Maritime pour la relaxe des militants havrais et pour une loi d'amnistie sociale protégeant les militants syndicaux lors des actions collectives. Action Communiste

Nous publions également la pétition de l'UL-CGT du Havre réclamant la relaxe des 4 militants havrais.  

Communiqué

"INACCEPTABLE ! L’acharnement dont sont victimes les militants syndicaux du Havre : Exigeons leur relaxe

Déclaration intersyndicale des Unions syndicales de Seine-Maritime de la CGT, FO FSU Solidaires:

Les réquisitions du Procureur de la République du Tribunal correctionnel du Havre, dont 6 mois de prison ferme, sont inacceptables.

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires dénoncent cet acharnement judiciaire envers les militants syndicaux qui sont trainés devant la justice pour avoir défendu les droits des salariés dans des actions collectives.

Nous ne pouvons accepter que l’institution judicaire s’acharne contre les militants syndicaux alors qu’elle est plus réservée lorsqu’il s’agit d’actions du patronat et de ses représentants.

Nous avons besoin de justice pour lutter contre les fraudes et les licenciements.

Nous avons besoin de justice pour les salariés et leurs représentants, face aux attaques patronales.

Nous exigeons que le gouvernement vote rapidement une loi d’amnistie sociale portant des droits nouveaux, protégeant les militants syndicaux qui agissent dans le cadre de leur mandat, dans les actions collectives.

Refuser cette loi d’amnistie pour les syndicalistes serait, de la part du gouvernement, un message d’encouragement au patronat pour poursuivre sa politique antisociale dans notre pays et traquer celles et ceux qui s’y opposent.


Rouen, le 5 mars 2014"

 

Nous mettons ci-dessous en ligne le texte de la pétition lancée par l'UL-CGT du Havre réclamant la relaxe des 4 militants.   Vous pouvez la trouver aussi sur le blog de l'UL-CGT du Havre.

 

Le 21 Février dernier, le Procureur de la République du Havre a requis des peines complètement démesurées à l'encontre de 4 militants de l'UL CGT : 2 mois de prison avec sursis et 300 euros d'amende dans une 1ère affaire et 6 mois de prison ferme et 500 euros d'amende contre les 2 secrétaires généraux de l'UL dans une 2ème affaire. Cet acharnement judiciaire fait suite à des plaintes du PS et du PRG havrais fiers d'avoir fait reculer l'âge légal du départ en retraite, d'avoir allongé la durée de cotisations, d'avoir imposé l'ANI et facilité ainsi les licenciements économiques. Ainsi que d'une plainte d'un huissier sans fondement suite au conflit SPB !

La CGT refusera d'être un bouc émissaire et de servir d'exemple à ceux qui tentent, coûte que coûte, de régler des comptes !

SIGNER  et faites signer, LA PETITION POUR EXIGER LA RELAXE TOTALE ET SANS CONDITION DES 4 MILITANTS SYNDICAUX AUJOURD'HUI INCULPES.

* en lien, la pétition : http://chn.ge/1f5Fi5V

 SYNDICALISTES, PAS VOYOUS !

ENSEMBLE REFUSONS LA CRIMINALISATION

DE L'ACTION SYNDICALE !

 



 
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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 15:16

Nous reproduisons une affiche de l'UL-CGT du Havre qui invite à se mobiliser contre la criminalisation des actions syndicales et des militants syndicaux. 

A Kiev, les manifestants ont le droit de tout casser, d'envahir les bâtiments officiels, ce sont pour les journalistes des partisans de la liberté, entendez de l'Union Européenne.  A Quimper, tout est permis quand les patrons sont partie prenante de la manifestation. 

Au Havre les syndicalistes qui défendent les droits des salariés dans une action collective sont traduits en justice et condamnés à 6 mois ferme par un procureur zélé, qui défend la classe au service de laquelle il s'est mis : le patronat. 

A Roanne, 5 militants sont poursuivis pour avoir refusé de laisser prélever leur ADN tout comme les syndicalistes du Havre.  Ils ont été relaxés mais le procureur de Lyon ( même classe, même culture anti-ouvrière et anti-syndicale que celui du Havre) a fait appel !

GOODYEAR : 5 syndicalistes menacés de prison! Même procureur et même justice anti-ouvrière.

Sur tout ceci, silence sur les télés et les radios.  Les patrons de presse veulent bien laisser leurs journalistes s'apitoyer sur le drame social vécu par les salariés, mais pas trop souvent ni trop longtemps.  Et quand ceux-ci se défendent, ils s'indignent et condamnent les syndicalistes qui se révoltent.

Ces condamnations ont un nom : c'est la justice de classe.

Tout comme le rejet de la loi d'amnistie sociale a un nom : c'est un vote de classe.  On y retrouve pêle-mêle des députés socialistes, UMP et FN ...

Et ça c'est une question politique à laquelle sont confrontés les salariés, les militants syndicaux. 

 

 

 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 15:01
Nous avons reçu cette lettre ouverte de Charles Hoareau.  Nous la mettons en ligne.  Nous avons ajouté le texte de l'interview de Thierry Le Paon au "Nouvel économiste".
   
 
Lettre ouverte à Thierry Le Paon.
mercredi 26 février 2014
par  Charles Hoareau


 

A Thierry Le Paon
Secrétaire général de la CGT

 

Le panorama de presse que la CGT envoie à ses organisations, nous apprend que tu as déclaré au Nouvel Economiste du 21 02 2014 [1] : « Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents - et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. ».

Comment un dirigeant de la CGT, le syndicat qui dans ses statuts (c’est-à-dire le texte qui fait son identité) se réclame de la charte d’Amiens peut-il faire une telle déclaration en contradiction totale avec elle ?

Faut-il rappeler ce que cette charte déclare ? « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat… : Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en oeuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière ».

Non nous n’appartenons pas à la même communauté que celle de nos employeurs. Oui il y a « opposition de principe » entre le grand patronat et nous et cela s’appelle la lutte des classes. Celle-ci est plus que jamais d’actualité et elle est toujours moteur de l’histoire.

Que le syndicalisme, en tenant compte du rapport de forces, soit en permanence obligé de se poser la question de jusqu’où la lutte peut mener et quel compromis [2] il peut momentanément accepter, ça c’est le B-a Ba du syndicalisme. Mais ce compromis ne doit pas nous faire lâcher l’objectif – une société sans classe – ni être synonyme de compromission. Sinon nous ne sommes plus syndicat révolutionnaire.

De plus, de par le monde, quel exemple avons-nous de syndicat prônant la cogestion qui ait montré que celle-ci ait eu une quelconque efficacité face à un capitalisme toujours plus vorace et obsédé par le taux de profit, seul critère de gestion à ses yeux ?
Sans compter que le résultat de l’enquête publiée par Le Monde de ce jour et indiquant que 61% des jeunes de notre pays sont prêts à se révolter situe à lui seul l’ampleur du décalage entre ton propos et les attentes...

Il y a quelques années, Jean Christophe Le Duigou (membre du bureau confédéral de la CGT) avait, avec Jean Gandois (président d’honneur du MEDEF), préfacé et post-facé un livre intitulé « Changer le travail oui mais ensemble », hymne à la collaboration de classe. Nombre d’entre nous avions alors parlé de « dérive ». Ton propos d’aujourd’hui montre que tu assumes de passer de la dérive au changement d’orientation….tout seul ?

Car la dernière question que pose cet entretien est : où est-ce qu’un tel changement, à savoir passer de la notion de lutte des classes à celle de « communauté » d’intérêts, a-t-il été débattu ? Venant après l’initiative décidée on ne sait où, de rencontre de l’obscurantiste CRIF qui se « nourrit de l’antisémitisme » (comme le dit l’UJFP) et, fait aggravant, ton refus d’en débattre au CCN [3] cela commence à faire beaucoup.

La CGT est, elle, une véritable communauté où les débats doivent avoir lieu, au risque de provoquer en son sein des colères pouvant conduire à des fractures.

Charles Hoareau
Syndiqué CGT.


[1] Contactée, la journaliste nous a indiqué que Thierry Le Paon avait relu l’article avant parution. L’article est d’ailleurs publié en entier sur le site de la CGT

[2] titre du paragraphe d’où est extraite la citation

[3] Comité Confédéral National, parlement de la CGT

 

 

 

« Pour que le consensus émerge,

 il doit y avoir affrontement »


Il ne croit ni au consensus mou ni aux oppositions de principe. En matière d’emploi, il croit à la vertu de l’action collective et à la force de certaines convictions. Brutal et utile

(Propos recueillis par Caroline Castets, article publié dans l’édition du 19 février 2014)

*****

 

   Il se défend de toute opposition de principe face aux dirigeants d’entreprise, parle compromis et pragmatisme syndical. Pour autant, il est certains sujets sur lesquels Thierry Lepaon a la rancune tenace, le ton dur et les convictions chevillées au corps. Des sujets trop lourds de conséquences pour se satisfaire de la tendance au “consensus mou” qui, selon lui, gagne la société. Des sujets dont la simple évocation pousse le nouveau patron de la CGT à renouer avec sa vision d’un“syndicalisme combatif” et à réaffirmer sa certitude qu’en entreprise comme en démocratie, “il doit y avoir affrontement”.

   En tête de sa liste noire : les accords dits du 11 janvier – qui favorisent “le risque de mise en concurrence des salariés et tirent l’ensemble du marché vers le bas”, la course à l’abaissement du coût du travail – qui, la menace du chômage aidant, permet de ne pas rémunérer le travail à sa juste valeur et, ce faisant, condamne la croissance et nous conduit “tout droit dans l’impasse” -, le pacte de solidarité – un “deal conclu à deux” sans concertation préalable ni garantie pour l’emploi –, les aides aux entreprises – fondées sur un système de distribution égalitaire et donc, inéquitable car ne tenant pas compte des disparités de profils et de besoins – et surtout, l’actionnaire ; déterminant, invisible et seul, au sein de l’entreprise, à ne consentir à aucun effort. Au point que “l’unique paramètre qui ne soit jamais remis en question soit le montant de sa rémunération”. Au point même qu’être compétitif aujourd’hui signifie “lui verser plus de dividendes”. Autant de sujets qui poussent aujourd’hui Thierry Lepaon à revendiquer l’émergence d’un “syndicalisme utile”,capable non seulement de protéger le salarié mais aussi d’influer sur le monde du travail et d’animer le débat public. De dénoncer, certes, mais aussi de réguler.

   La société française est fragilisée, divisée, fragmentée même. Au point qu’on ne sait plus ce qui nous rassemble ; on ne sait plus ce qui peut encore nous permettre de“vivre ensemble”. 
   Ce qui autorise n’importe quel groupement politique, n’importe quel groupuscule même, à se présenter en rassembleur. D’autant plus qu’il existe une défiance croissante à l’égard des corps constitués, du politique et même de la République qui s’explique notamment par le fait que l’emploi, en dépit des promesses du gouvernement, continue à se détériorer et avec lui les conditions de travail –une enquête de l’INSEE révèle que 70 % des salariés français estiment que les conditions nécessaires pour bien faire leur travail ne sont pas réunies– par la prise de conscience beaucoup plus marquée que par le passé de la répartition inéquitable des richesses dans notre pays faisant que les riches sont toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvr

  A cela s’ajoutent une dégradation de la qualité des services publics lesquels constituaient jusqu’alors un élément fort de cohésion interne et, enfin, le sentiment grandissant que, pour certains, le travail n’est pas rémunéré à sa juste valeur, ceci dans le public comme dans le privé. Au final cela aboutit à une situation intenable dont la République ressort détériorée.


Accords de compétitivité

   On ne réfléchit pas assez et c’est dommage à la place de l’entreprise dans la société française, à son rôle. Dès que j’ai été élu secrétaire général de la CGT, j’ai proposé au président de la République d’engager un débat national sur la question et notamment sur cette problématique essentielle : le travail peut-il encore payer le hors-travail ? Autrement dit : est-il judicieux de poursuivre cette course effrénée vers l’abaissement du coût du travail ou la vraie question ne porte-t-elle pas plutôt sur la répartition de la richesse créée ? Sur ce plan, deux courbes se sont croisées il y a quelque temps et je trouve cela extrêmement inquiétant : pour la première fois, la courbe des dividendes est passée au-dessus de celle des investissements dans l’entreprise.

   Cela signifie que la rémunération des actionnaires augmente quand le montant des investissements diminue et que, désormais, ce qui va aux actionnaires dépasse ce qui est consacré à l’investissement et notamment à l’investissement industriel. Voilà à quoi servent les accords de compétitivité négociés avec des salariés à qui on demande de faire “encore un effort”. Mais la compétitivité, c’est plus d’investissement, plus de création de valeur ; ce n’est pas plus de rémunération à l’actionnaire !


Pacte de responsabilité 

   Le pacte de responsabilité ne me convainc pas. D’abord parce que, sur la forme, ce pacte n’engage pas la nation représentée par les élus, l’Assemblée nationale, etc. mais se résume à un deal entre deux personnes : le président de la République et le patron du Medef, le second disant au premier : “si tu me donnais 50 milliards je pourrais créer 200 000 emplois par an”. Cette décision prise sur la seule volonté du Président, sans que les ministres concernés aient été consultés, sans que les partenaires sociaux aient été informés, comporte un côté entre-soi qui, selon moi, illustre une conception nouvelle de la politique en France. Ensuite parce que, concernant les termes de l’accord lui-même, je pense, sans être un négociateur averti, que lorsque l’on paye avant que l’autre partie ait rempli sa part du contrat, il y a toujours un risque.

   Or ce risque se confirme aujourd’hui : on fait cadeau de 50 milliards aux entreprises sans exiger qu’elles remplissent au préalable certaines conditions – et ce faisant, on met à bas une partie du principe de financement de la Sécurité sociale en transférant les cotisations familiales sur le budget de l’Etat, on s’engage à diminuer le nombre de fonctionnaires sans préciser sur quel secteur ni sur quelle base, le tout avec des propos si vagues qu’on ignore encore s’il s’agit de 30 ou de 50 milliards puisqu’on ne sait pas si le CICE est comptabilisé dans cette promesse – et on sent le Medef extrêmement critique sur les contreparties demandées. Si les partenaires sociaux avaient été associés sur le montant de l’aide accordée et sur son objectif, nous aurions pu définir des pistes d’application ensemble, contribuer à l’élaboration de solutions. Cela n’a pas été le cas.


Emploi

   Pour créer de l’emploi, il faut de la croissance. Or deux critères sont nécessaires au retour de cette croissance : la confiance – laquelle implique une vision dégagée de l’avenir – et le pouvoir d’achat pour consommer et ne pas se réfugier uniquement dans l’épargne. Aucun de ces deux critères essentiels n’est rempli aujourd’hui. Ce sont pourtant deux leviers qu’il faut actionner. Pour l’heure, les salariés qui pourraient dépenser, investir, etc. ne le font pas parce qu’ils estiment qu’une menace pèse sur leur emploi et donc sur leur avenir et celui de leurs enfants.

   Face à cela ils mettent en place une stratégie d’épargne qui est le pire qui puisse arriver à l’économie nationale puisque cela signifie que les gens renoncent à la consommation. C’est pourquoi j’insiste : le fait de sacrifier du pouvoir d’achat par la non-augmentation du salaire minimum et du point d’indice pour les fonctionnaires pour la quatrième année consécutive empêche de libérer la consommation et condamne la croissance. C’est pourquoi le pacte de responsabilité, sans croissance, je n’y crois pas.


Aides aux entreprises

  Pour faire repartir l’emploi je pense qu’il faut commencer par arrêter d’aider les entreprises de manière égalitaire. En vingt ans, on est passé d’une politique d’aides aux entreprises à une politique de droit pour les entreprises. 
   La CGT, contrairement à ce qu’on pense, est favorable aux aides aux entreprises mais à condition que celles-ci soient accordées à celles qui en ont besoin. Toutes ne sont pas confrontées aux mêmes difficultés, toutes n’ont pas besoin des mêmes aides. Pourtant le déni politique de ces disparités et le fait que les mêmes montants soient accordés à tous indépendamment des besoins aboutit à un système inéquitable. J’en veux pour preuve le fait que les principaux bénéficiaires des 20 milliards du CICE ne sont pas les entreprises les plus en difficulté mais les grandes enseignes de distribution, les machines à jeux… alors que les premiers bénéficiaires du dispositif devraient être les acteurs du secteur industriel qui sont soumis à la concurrence internationale, les sociétés qui ont du mal à opérer une mutation économique ou sociale, celles dont l’activité est délocalisable… C’est pourquoi le nouveau pacte entre Pierre Gattaz et François Hollande doit être l’occasion d’une remise à plat de l’ensemble des aides aux entreprises : afin qu’on accompagne celles qui s’efforcent de maintenir l’emploi, qu’on pénalise celles qui ne le font pas et qu’on ne donne pas à celles qui n’en ont pas besoin.


“L’actionnaire”

   Aujourd’hui la première menace qui pèse sur l’emploi tient à la place qu’on accorde au travail dans notre civilisation, au fait qu’on l’appréhende comme une contrainte, comme une variable d’ajustement. Et pendant ce temps, l’unique paramètre qui ne soit jamais remis en question, jamais discuté même, c’est le rôle de l’actionnaire et le montant de sa rémunération. Au point qu’aujourd’hui, c’est le grand absent de toute négociation ; on ne le voit jamais alors que c’est lui qui oriente la stratégie de l’entreprise et que, j’insiste, la courbe des dividendes qui lui sont versés progresse pendant que celle des investissements baisse.

   Les entreprises visent toutes à abaisser le coût du travail soi-disant pour être plus compétitives, mais être compétitif aujourd’hui signifie simplement verser plus de dividendes à l’actionnaire. Je pense donc qu’il faudrait contraindre ces derniers à prendre leurs responsabilités. Leur imposer plus de transparence, plus de visibilité et surtout, leur demander un effort comme on en demande aux patrons et aux salariés. Pourquoi ne pourraient-ils pas abaisser leur exigence de rémunération ? Est-il normal aujourd’hui que certains puissent exiger dans l’industrie des taux de rendement de 10 ou 12 % sans que, par ailleurs, l’entreprise ait les capacités d’accroître son outil de production, d’investir, de recruter ? Cette dimension de l’équation n’est jamais discutée et je pense qu’il est temps que cela change.


Le coût du travail

   Nombre de salariés d’entreprises en difficulté ont le sentiment que, même lorsque la santé de leur entreprise s’améliore, leurs conditions de travail et de rémunération ne progressent pas. Sur ce plan, il est vrai que le chômage est une arme : les patrons seraient moins arrogants s’il n’y avait pas cinq millions de chômeurs : cela leur permet de ne pas rémunérer le travail à sa juste valeur. La peur du chômage est telle que les salariés sont prêts à tout accepter. Y compris en termes de rémunération.

   Il faut savoir que, dans le prix de vente d’une voiture produite et commercialisée en France, le poids du salaire brut est désormais inférieur à la remise accordée au client. Cela signifie qu’on a franchi une nouvelle étape dans l’obsession d’abaissement du coût du travail laquelle nous conduit tout droit dans l’impasse ; tous les pays au monde qui ont eu pour ambition de sortir de la crise en abaissant les conditions de rémunération du salarié, comme l’Espagne, la Grèce ou le Portugal, l’ont payé cher. Or notre politique actuelle a beau prétendre s’inspirer du modèle allemand, elle n’en reste pas moins similaire à celle qui a été mise en place dans les pays d’Europe du Sud et tout laisse à penser qu’elle produira chez nous les mêmes effets.

 

L’Europe 

   Le problème de la construction européenne est qu’elle s’est faite sur des bases économiques et monétaires sans que la question sociale soit réglée. D’où le fait que beaucoup de Français y voient aujourd’hui une contrainte, une instance lointaine incapable de répondre à leurs besoins. C’est pourquoi je crains un net rejet de l’Europe et une montée du FN à l’occasion des prochaines élections européennes. Car en France comme dans d’autres pays membres, on sent monter cette accusation “c’est la faute de l’Europe” face aux difficultés du moment. _ Ce n’est pourtant pas l’Europe qui dicte la rigueur ; ce sont les partis politiques qui composent les politiques européennes.

   Concernant les autres pays et le fait que certains soient décrits comme sortant de la crise, je me méfie des chiffres et du sens qu’on leur donne. L’Allemagne est continuellement citée en exemple et pourtant, je ne suis pas certain que le peuple allemand se porte si bien. Même chose pour la Grande-Bretagne : les contacts que j’ai avec mes homologues des trade unions donnent à penser que la situation y est extrêmement dégradée pour les salariés. Quant à l’Allemagne, on n’y compte plus le nombre de travailleurs pauvres.


Dumping social

   Même si la convention au détachement permet de répondre en partie au risque de dumping social, la possibilité de mise en concurrence de salariés français avec d’autres salariés européens existe toujours. Cela contribue au fait qu’on assiste aujourd’hui à une précarisation de l’emploi via, entre autres, un recours accru à des CDD toujours plus courts. C’est la raison pour laquelle, contrairement à plusieurs syndicats, j’ai refusé de signer les accords du 11 janvier 2013 : parce qu’ils imposaient une flexibilité grandissante pour les salariés, que l’emploi y faisait office de variable d’ajustement et qu’ils permettaient de renoncer à ses droits à titre individuel ou collectif, ce qui accroît le risque de mise en concurrence des salariés et tire l’ensemble du marché de l’emploi vers le bas. C’est pour cela que nous nous y sommes opposés.


Compromis 

   Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents – et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. Sur ce plan, il est évident que le pragmatisme syndical s’impose. Cette perspective ne me gêne pas, pas plus que celle du compromis qui s’inscrit dans les réalités de l’entreprise depuis toujours : encore une fois, dès lors que nous sommes contraints de vivre ensemble, il faut bien trouver les conditions de ce vivre-ensemble. C’est pourquoi je considère que la vocation d’un syndicat ne se résume plus aujourd’hui à protéger les salariés mais consiste à agir pour faire évoluer non seulement le monde du travail mais aussi la perception qu’on en a ; à incarner une forme de régulation sociale.


Syndicalisme utile 

   C’est pourquoi nous voulons une CGT accessible, tournée vers les salariés, mieux représentée. Si l’on veut créer de la solidarité entre salariés il faut leur fournir un outil et cet outil, c’est le syndicalisme. A nous, ensuite, d’incarner un syndicalisme utile. Pas uniquement lorsqu’une difficulté se présente mais de façon permanente, en tant que levier d’action capable d’agir sur le monde du travail au sens large, d’influer sur les politiques de rémunération, sur les conditions d’emploi et au final d’animer le débat public. Pour cela nous devons rétablir un sens du collectif. Le monde du travail, comme la société, en est de plus en plus dépourvu et il est urgent d’y remédier. Trop de salariés en France pensent que le fait de mettre un coup de pied à l’autre leur permettra de pérenniser leur emploi. Cela, c’est la mort du vivre-ensemble et aussi de toute action efficace car c’est une évidence : on n’y arrivera pas les uns contre les autres.


La CGT 
   La CGT incarne un syndicalisme combatif, c’est indéniable. Un syndicalisme porté par une vraie culture ouvrière et dans lequel le mot solidarité a un sens. C’est aussi un syndicalisme qui fait appel à l’intervention individuelle, à la capacité qu’a chacun de se prendre en main, d’agir pour sa propre cause. On ne dit jamais “Votez pour nous, on s’occupe de tout” mais “Votez pour nous et décidez de ce qui est bon ou non pour vous, de ce qui est acceptable ou non”. Un syndicat ne devrait jamais imposer quoi que ce soit aux salariés. C’est leur vie, leur choix. On ne peut les supplanter.


Goodyear 

   Je connais bien le monde industriel pour y avoir passé trente ans et y avoir vécu 17 plans sociaux. Chaque fois que je vois des salariés confrontés à des situations de ce type, je sais ce qu’ils vivent et ce qu’ils ressentent : la peur de l’avenir – le leur, celui de leurs enfants, parfois de leurs parents – la honte, le fait que, pour beaucoup, la rupture du contrat de travail soit vécue comme un véritable déchirement. Chez Goodyear ce déchirement a duré 7 ans. L’actionnaire était totalement absent, il a donné l’ordre à l’entreprise d’aller vers une liquidation et on n’a jamais pu discuter avec lui. Les salariés de Goodyear se sont beaucoup investis dans leur travail – preuve en est le montant des dividendes versés aux actionnaires – l’attitude de Titan à leur égard – et à l’égard des salariés français dans leur ensemble – a été révoltante ; tout cela a fini par provoquer des réactions extrêmes.

  Il est bien évident que la séquestration n’est pas un mode d’exécution normal du mandat syndical, les syndicalistes ne sont pas des terroristes et priver quelqu’un de liberté est inacceptable, pour autant je comprends comment ces gens ont pu en arriver là : parce qu’une liquidation, surtout lorsqu’elle s’éternise, c’est beaucoup de souffrances individuelles. C’est pourquoi lorsque j’arrive dans une entreprise je demande à voir le bilan social et le bilan médical : lorsqu’on voit la courbe des arrêts de travail progresser fortement, on comprend que l’entreprise va mal. Beaucoup l’oublient mais le bilan économique d’une entreprise est la traduction de sa politique sociale. Pas l’inverse.



Consensus mou

   Je crois au consensus. Mais pour que le consensus émerge, il faut qu’il y ait affrontement. Or je trouve que nous vivons dans une société où il n’y a pas suffisamment de réactions. Une société marquée par une passivité grandissante, où l’on ne s’affronte pas suffisamment. Sur le terrain idéologique, économique, social, on voit se dessiner une espèce de France molle dans laquelle le bon ton c’est être dans le ton, quel que soit le ton. Je pense qu’il faut sortir de cela. Que pour avancer, il faut savoir confronter ses idées, oser être en désaccord. _ C’est pourquoi il faut qu’il y ait, dans les entreprises, des affrontements sur le sens du travail qui nous est confié, sur la façon de le faire, de le faire différemment, de le faire mieux… On ne peut être toujours dans l’acceptation : le consensus mou nous enterre les uns les autres. C’est pourquoi je trouve désastreux que le monde des intellectuels soit absent du débat public et incroyable que dans un pays comme la France, qui a cette diversité, cette histoire, cette culture, on ne trouve pas une voix pour s’élever et nous parler non pas de ce qui va mal mais de ce qu’il serait possible de faire. Les intellectuels ont le devoir de nous emmener à réfléchir sur ce que signifie le fait de vivre ensemble, sur les contradictions qu’il nous faut résoudre, sur la façon dont toutes ces cellules – professionnelles, familiales, sociales, religieuses… – peuvent s’accorder. Et aussi sur la valeur de l’affrontement qui, pour moi, est la base même de la démocratie. Après tout, tant qu’on ne frotte pas les deux pierres on ne produit pas d’étincelle.


Reculades 

   J’attendais de François Hollande et d’un gouvernement de gauche qu’il fasse une politique de gauche. En clair, j’attendais de lui qu’il mette en œuvre la politique pour laquelle il avait été élu. Ce n’est pas le cas. Lorsque je regarde les engagements pris en campagne et la politique menée depuis l’élection, je mesure des décalages sur quasiment chaque point. Je comprends parfaitement qu’un chef d’Etat puisse modifier certaines positions, en réorienter d’autres en fonction de l’environnement économique, international, etc. Le problème c’est qu’aujourd’hui il ne s’agit pas de réorientations mais de renoncements.

   Deux aspirations nous font généralement voter à gauche : un rapport capital-travail différent et la volonté de voir la société évoluer sur certains points. Or dans ces deux domaines, le gouvernement revient sur tous ce qui avait été promis. Les patrons bretons ne veulent plus de l’éco-taxe, on brûle trois portiques ? Réaction du gouvernement : on remballe tout et on perd 800 millions d’euros. Des groupuscules d’extrême droite crient “Hollande démission” ? Le Président répond “Très bien, je remets la loi à plus tard”. En revanche, lorsque les salariés se rassemblent, manifestent, expriment des propositions et des oppositions, ils ne sont pas écoutés. Un tel écart de traitement me donne à penser que le gouvernement est fort avec les faibles et faible avec les forts. Et cela, c’est tout l’inverse de sa vocation.

 

source : La CGT

 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 13:59

Nous publions l'appel de l'UD-CGT 76 à la grève et aux manifestations du mardi 18 mars.

 

Emploi-Salaire-Protection sociale


Pour une loi d’amnistie sociale

Pour nos salaires, nos emplois.

Pour notre protection sociale, nos services publics

Grèves, manifestations le 18 mars.



Le 18 mars, nous avons toutes les raisons d’agir, de se mobiliser, de faire grève et de participer aux manifestations prévues dans l’ensemble du pays.

Pour les salaires, l’emploi, les services publics et la sécurité sociale

Pour que les salariés, les privés d’emploi, les retraités soient écoutés, et non le MEDEF et les banquiers :


Tous en grève le mardi 18 mars !

Manifestation :

  • A Rouen à 10 h 30 Cours Clémenceau
  • Au Havre (lieu et horaires à déterminer)
  • A Dieppe, en attente de décision.
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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 14:25

Nous republions cet excellent article de Jean Lévy sur "le meilleur moyen de combattre le Front National".

LE MEILLEUR MOYEN DE COMBATTRE LE FRONT NATIONAL par Jean LEVY

Sur le terrain syndical…

 

LE MEILLEUR MOYEN DE COMBATRE LE FRONT NATIONAL

 

par Jean LEVY

 

Les infos, ce matin, nous apprennent que les syndicats s’inquiètent de la perméabilité de leurs organisations aux idées du Front national.

De plus en plus nombreux seraient les syndiqués qui franchiraient la « ligne rouge » de l’adhésion au Front, et même, en deviendraient militants.

 

Face à cette réalité, la CGT, la FSU et Solidaires veulent développer ensemble une campagne d’explications, visant à éclairer leurs  adhérents sur les véritables objectifs du parti de Marine Le Pen, de la démagogie des propos de cette dernière comme ceux de ses lieutenants. Et de mettre en lumière, les contradictions frontistes qui illustrent les thèmes développés par eux, au cours des dernières années, opposants les uns aux autres pour en déceler le caractère mensonger ou profondément réactionnaire.

 

Pourquoi ne pas, en effet, se saisir des positions successives et contradictoires du FN pour contrer sa propagande ?  Cette démarche devrait davantage concourir au but recherché,  que les clameurs sentencieuses de « FN= fachos » ou « FN=nazis », en s’appuyant sur les relations historiques de Jean-Marie Le Pen avec  les ex-collabos  et sur les propos provocateurs de ce dernier.

 

S’il y a, aujourd’hui, une attirance de militants syndicaux vers le Front national, ce n’est pas par sympathie pour cette mouvance factieuse, mais sur la base de l’orientation « nationale » et « sociale » prise par l’équipe dirigeante de Marine Le Pen. C’est donc à partir de ce corpus idéologique que les centrales syndicales doivent orienter leurs réflexions.

 

Celles-ci devraient se poser la question :

« Nos syndicats et leurs dirigeants répondent-ils, dans leur activité et leurs mots d’ordre,  aux questions concrètes que se posent salariés et retraités ? Ceux-ci, dans leur vécu quotidien, trouvent-ils dans les préoccupations syndicales, et l’orientation qui en découle, des réponses en phase avec leur colère grandissante, leur mal-vivre, leur désespérance ? »

 

Non, bien sûr.

 

Le monde du travail, et tous ceux qui en sont exclus ou qui risquent de l’être,  constatent, jour après jour, que le pouvoir politique, aujourd’hui assumé par les soi-disant « socialistes », comme hier par la droite, non seulement trahit ses promesses, mais aggrave  les conditions d’existence du plus grand nombre et fait sombrer dans la pauvreté, sinon dans la misère, des millions de Français.

 

Cette chute s’accentue au rythme de l’enrichissement continu d’une minorité de privilégiés, qui tient le haut du pavé, étale son luxe provoquant, dicte sa loi à tous ceux qui nous gouvernent.

 

Il est clair que cette situation est douloureusement ressentie par la population, qui s’en inquiète et cherche désespérément une issue moins désastreuse.

Malheureusement, elle ne trouve pas dans les syndicats – ou dans le monde politique – des explications, des réponses et des propositions de solution pour sortir de la « crise »,  terme employé par les responsables de celle-ci, pour justifier les « sacrifices » demandés aux victimes.

 

Aussi, cette population se tourne chaque jour davantage vers ceux qui, dans leurs propos,  dénoncent par ;le verbe cette situation. Le Front national est, en effet,  la seule force visible qui semble mettre en cause l’Union européenne, la suppression des frontières, et qui se prononce, en parole, pour le retour à la souveraineté nationale.

 

Certes, Marine Le Pen et les siens se gardent bien de désigner le capital comme le responsable et le bénéficiaire de l’intégration européenne, derrière laquelle se tient BusinessEurope.

 

Le Front national ne cache pas son adhésion au « libre échange »,  au marché et à la « concurrence libre et non faussée », qui constituent le fondement de l’Union européenne.

 

Mais le FN sait dissimuler son choix de société, derrière ses critiques visant « les étrangers », tenus pour responsables des malheurs des Français.  Et il met en avant les effets, mais pas les causes de l’UE.

 

A l’inverse, mettant en avant leur « humanisme », les Centrales syndicales semblent, aux yeux de l’opinion, s’intéresser davantage aux ouvriers immigrés, et souvent sans papiers, qu’aux effets de la concurrence patronale sur les salariés français…

 

 

Pourtant, Il serait aisé, pour une organisation syndicale de lutte de classe, d’éclairer les salariés sur la véritable nature du Front national.

Mais les dirigeants de la CGT, de la FSU et de Solidaires  ont jeté par-dessus bord la lutte des classes comme moteur de la société.

 

Aussi les responsables de ces syndicats se gardent bien de mettre en cause l’existence de l’Union européenne et d’appeler notre pays à s’en sortir  comme de sa monnaie, l’Euro. Ils en sont réduits à réclamer une impossible « Europe sociale », qui n’est qu’en fait que l’adhésion fondamentale à l’idée d’intégration européenne. D’un même mouvement, les directions syndicales condamnent toute idée de protectionnisme protégeant notre peuple, abusivement qualifiée de « nationaliste »…

 

Comment, dans ces conditions être crédible aux yeux des travailleurs ?

Comment ouvrir une voie différente, de véritables perspectives de changement ? Comment combattre efficacement le Front national, en laissant à celui-ci le monopole de l’opposition à l’Union européenne, même si cette attitude n’est qu’apparence ?

 

D’autre part, les Confédérations, en se refusant à la lutte frontale contre le Patronat et le pouvoir politique qui le sert, égarent les salariés sur les enjeux véritables et laissent à ceux-ci la route ouverte aux mirages frontistes.

 

Ce ne seront pas des harangues véhémentes contre « l’extrême-droite », dans des meetings communs, qui réduiront l’audience populaire du Front national.

 

Seule la lutte sociale, avec sa dimension nationale, permettrait aux syndicats - et aux forces politiques – de changer la donne des rapports de force en France.

 

C’est le meilleur moyen de combattre efficacement le Front national.

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 15:23

Nous publions une " déclaration commune  Fédération CGT des Travailleurs de la Métallurgie,  du Havre -  Fédération CGT des Finances - UD CGT 76 "appelant à défendre les militants syndicaux pourchassés.  Comme à Roanne, comme à Elbeuf, comme à Annecy et dans maints autres endroits des militants syndicaux sont intimidés, objet de plaintes ou traduits devant les tribunaux.  Leur faute : défendre les salariés et refuser d'être traités comme des criminels.  Parce que le PS avec la droite et le FN refusent d'amnistier les condamnations portant sur des actions menées pendant des luttes syndicales, le patronat se sent encouragé et continue de pourchasser les militants.

 

UL-CGT-LeHavre.jpg

 

Déclaration commune Fédération CGT des Travailleurs de la Métallurgie, Fédération CGT des Finances, UD CGT 76

 

Mardi 21 janvier 2014 , les deux co-secrétaires généraux de l'Union Locale CGT du Havre étaient convoqués au Commissariat Central de Police du Havre, accompagnés de 200 camarades venus les soutenir, dont le secrétaire général de l'UD 76.

 

Le motif ? Une plainte d'un huissier officiant pour la société SPB pour « dégradations », alors que l'UL soutenait les salariés en lutte pendant 14 jours pour leurs salaires et leurs conditions de travail.
 

Pendant 4 heures, nos camarades, Reynald Kubecki de la Fédération CGT des Travailleurs de la Métallurgie, et Jacques Richer de la Fédération CGT des Finances, ont dû s'expliquer devant les forces de l'ordre. Il leur a été demandé les traditionnelles photos de face - de profil, les empreintes digitales, mais aussi et surtout leurs empreintes ADN !

Nos camarades ont bien sûr refusé et ils ont eu raison !

Après 3 heures d'intense réflexion, durant lesquelles nos camarades se sont retrouvés en cellule, le Procureur de la République a décidé de reporter l'affaire au Tribunal Correctionnel du Havre le 21 février 2014.

Stop à cet acharnement

Heureuse coïncidence, nos 2 camarades étaient déjà convoqués en Correctionnelle ce même 21 février avec 2 autres camarades de l'UL, suite à une plainte déposée par l'antenne havraise du Parti Socialiste, qui avait peu apprécié de voir sa façade redécorée à l'occasion de la manifestation du 10 septembre 2013 contre la réforme des retraites.

 

 

Le 21 février verra donc « l'union sacrée » du patronat et d'un parti politique pour tenter de stopper l'action de la CGT au Havre.

La CGT dérangerait-elle ?

L'affaire des « 5 de Roanne » est encore dans tous les esprits, n'oublions pas que le Parquet a fait appel de la décision de relaxe de nos 5 camarades. Nous ne laisserons pas nos militants seuls face à une justice qui tente d'assimiler le syndicalisme à la délinquance. 

  

Notre syndicalisme œuvre pour le progrès social, il est la voix des salariés qui luttent pour l'amélioration de leurs conditions de travail et de vie.
 

Le dépôt d'empreinte ADN était à l'origine destiné aux délinquants sexuels : il est hors de question de laisser l'action syndicale être traitée comme une criminalité dure.
 

Quand un pays traite ses syndicalistes de la sorte, cela ne peut que nous renvoyer à des époques très sombres de notre histoire.
 

L'Union Départementale CGT 76, la Fédération CGT des Travailleurs de la Métallurgie, et la Fédération CGT des Finances, réaffirment la légitimité de notre combat, exigent que cesse l'acharnement qui est pratiqué contre nos camarades partout sur le territoire, et assurent Reynald et Jacques ainsi que les 2 autres camarades de l'UL de leur plein soutien.

 

RASSEMBLEMENT DEVANT LE TGI DU HAVRE 
LE 21 FEVRIER 2014 A 08H30

Source : http://www.cgt94.fr/spip.php?article1087

 

 

havre-libre-20fev2014.jpg

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