Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 05:24

Reçu par courriel (Collectif "Indépendance des chercheurs")

Code du travail, fonctionnaires, OCDE, lois Macron... (II)

Après la mise en ligne de notre article « Code du travail, fonctionnaires, OCDE, lois Macron... (I) », Le Huffington Post écrit à son tour « Emmanuel Macron : fonctionnaires, 35 heures, Syriza... des bourdes qui en disent long sur le ministre de l'Economie ». Mais sur le fond, s'agit-il vraiment de « bourdes » ? La réalité est que la politique préconisée par Emmanuel Macron à propos du Code du travail ou du statut des fonctionnaires a reçu publiquement des encouragements explicites de l'OCDE et de Christine Lagarde, réclamant une suite de ces prétendues  « réformes ». Les remarques de François Hollande à la veille des élections régionales ne changent rien à la réalité d'une stratégie qui a bien été mise en place et dont des organismes internationaux préconisent clairement la poursuite. De son côté, un article d'opinion dans Info Chalon souligne « Les salaires baissent tandis que les patrons encaissent ». Et combien de ces capitaux amassés par « les patrons » resteront durablement en France ? Combien seront délocalisés vers des pays à très bas salaires à la recherche d'un profit maximum ? Mêmes questions en ce qui concerne les outils et technologies développés chez nous. S'agissant de l'Union Européenne, l'OCDE défend explicitement « un approfondissement du Marché unique » et un « renforcement de son secteur bancaire et financier » (rapport de septembre 2015 évaluant très favorablement la Loi Macron). La même politique au service du grand capital est depuis longtemps appliquée à l'échelle planétaire avec des vagues incessantes de délocalisations depuis la mise en place de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), voire même dans la période qui a précédé sa création. Les Partenariats Transatlantique et Trans-Pacifique aggraveront encore cette situation. Rien de risible, donc, dans les déclarations d'Emmanuel Macron. Un simple examen des revenus des populations aux niveaux européen et mondial permet de comprendre les dimensions du gouffre sans fond que creuse la politique appliquée en France et dans les pays voisins depuis les années 1980. On a affaire à une véritable course aux bas salaires, avec un nivellement par le bas systématique des standards sociaux des populations.

 

Les « réformes Macron » sont-elles des réformes progressistes de la société à quelque titre que ce soit ?

La réalité est tout le contraire. Les « réformes Macron » organisent la dégringolade des droits et du niveau de vie de la population française pour l'adapter à la mondialisation du capitalisme.

C'est ainsi, par exemple, que l'Indonésie, lieu de préférence des délocalisations, pratique du salaire minimum à peine supérieur à 100 euros mensuels pour 40 heures de travail hebdomadaire. Voir, entre autres, le site Planet Expert http://www.planet-expert.com/fr/pays/indonesie/conditions...

La population indonésienne (250 millions d'habitants) vivant beaucoup moins longtemps que le population française, l'âge de la retraite en Indonésie est de 55 ans. Moins de 6% de la population dépasse cet âge. Voir, notamment, le site Population Pyramids http://populationpyramid.net/fr/indonesie/

L'Indonésie fait également partie d'une zone de la planète particulièrement touchée par la mortalité due à la pollution. Voir, par exemple, le communiqué de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) du 25 mars 2014 « 7 millions de décès prématurés sont liés à la pollution de l'air chaque année », http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/air-pol...

En même temps, l'Indonésie figure à la 16ème place mondiale d'après son produit intérieur brut PIB estimé au taux de change réel mais semble pouvoir dépasser d'ores et déjà la France si l'on exprime le PIB en parité du pouvoir d'achat (PPA). Voir, par exemple, https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_PIB_%28P...

La situation en Indonésie fournit une claire évidence du nivellement par le bas que comporte la mondialisation du capitalisme.

 

Quant à la situation en Europe, de nombreux pays ont un salaire minimum nettement inférieur au SMIC français. Au point que dans plusieurs d'entre eux (Albanie, Bulgarie, ARY de Macédonie, Roumanie, Serbie), il n'atteint même pas 250 euros mensuels. Voir, par exemple, sur le site de l'Union Européenne, http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/File:Minimum_wages,_January_2015_%28%C2%B9%29_%28EUR_per_month%29_YB15-II-fr.png

Que signifie, dans ces conditions, le tant vanté marché unique européen ? Est-ce autre chose qu'une opération au bénéfice du capital et au détriment des populations ?

Tout compte fait, on a affaire à la suite naturelle de l'Acte Unique Européen adopté en février 1986 sous la présidence européenne de Jacques Delors. Une stratégie qui a directement conduit à l'actuelle politique de nivellement par le bas des droits et revenus des populations.

Combien de silences, de passivités et de complicités depuis 1986 ? Y compris, sous la « gauche plurielle » de Lionel Jospin qui a ouvertement cautionné et développé cette politique de casse sociale. La prétendue « gauche de la gauche » a-t-elle jamais clairement désavoué la politique appliquée en 1997-2002, dont les résultats se sont avérés néfastes ?

 

On peut, au vu de ces évidences, s'étonner d'un certain silence des organisations syndicales à l'égard de la Loi Macron. Espérons que cette rentrée soit l'occasion d'une mobilisation conséquente à ce sujet. Il y a réelle urgence.

De même, des prises de position claires de la part des partis politiques qui se prétendent opposés à cette politique sont indispensables.

Deux exigences qui nous semblent nécessiter une réelle mobilisation de travailleurs et citoyens, dans l'intérêt général.

Source : Blog du Collectif  "Indépendance des chercheurs"

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 14:32
Qui peut penser sérieusement que le salarié ne subit jamais de pression face à son employeur ?  La notion de "commun accord" est en contradiction totale avec le lien de subordination qui lie le salarié à son employeur.  Et les employeurs ont intérêt à multiplier ces supposées ruptures de contrat par "consentement mutuel" car le salarié ne peut pas saisir les Prudhommes en cas de "ruptures conventionnelles".  Quelle aubaine pour les patrons! AC

14 Sept. 2015, 19h03 | MAJ : 14 Sept. 2015

 

Le nombre de ruptures conventionnelles signées a explosé sur le mois de juillet, battant le record de l’été 2014

Le nombre de ruptures conventionnelles signées a explosé sur le mois de juillet, battant le record de l’été 2014 (AFP/PHILIPPE HUGUEN)

Le nombre de ruptures conventionnelles signées a explosé sur le mois de juillet : 33 211 ruptures de contrats (sur 35 984 demandes), selon les chiffres du Ministère du Travail publiées ce lundi. Un chiffre qui détrône le record précédent, soit 32 936 homologations (juillet 2014).
Ce système de rupture de CDI, mis en place en août 2008 par le gouvernement Fillon, connaît un succès croissant depuis son lancement.

 

Il permet à l'employeur et au salarié de rompre un CDI d'un commun accord. Le salarié concerné a ainsi accès à l'assurance chômage - ce qui n'est pas valable en cas de démission ou avec certains types de licenciements.

En 2009, quelque 15 899 consentements mensuels ont été signés en moyenne. Six ans plus tard - sur les sept premiers mois de 2015, la moyenne mensuelle s'élève à 28 471.

Une croissance qui s’est maintenue en dépit de l’entrée en vigueur, en juillet 2014, d'une nouvelle convention d'assurance chômage : les salariés touchant d'importantes indemnités de départ «supra-légales» en cas de rupture conventionnelle doivent désormais attendre jusqu'à 180 jours pour toucher leur allocation, au lieu de 75 jours auparavant.

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 14:07

Reçu par courriel (Collectif "Indépendance des chercheurs")

Code du travail, fonctionnaires, OCDE, lois Macron... (I)

Le 19 septembre 2015, Fiscalonline écrit « Selon l’OCDE, la loi "Macron" devrait permettre d’augmenter le PIB de la France de 0,3% ». Le Parisien annonce à son tour « Loi Macron : + 0,3 point de croissance en cinq ans ». Les News Eco souligne le « Satisfecit de l’OCDE au gouvernement sur la loi Macron ». Il y a une semaine, 20 minutes diffusait une vidéo avec le titre « Christine Lagarde espère qu'il y aura des lois "Macron 2, Macron 3" ». Hier, i>TELE rapportait « Pour Macron, le statut de fonctionnaire n'est "plus adéquat" ». Ce qui a donné lieu à une réaction de François Hollande sur laquelle Le Figaro rapporte « Statut des fonctionnaires : Hollande désavoue Macron ». Challenges commente « Macron recadré par Hollande sur le statut des fonctionnaires », et RTL « Fonctionnaires : Hollande et Bercy tentent d'éteindre l'incendie allumé par Macron ». Jean-Marc Morandini évoque encore « La petite phrase explosive d'Emmanuel Macron: "Le statut des fonctionnaires n’est plus adéquat et il faudrait le réformer" ». Après la casse du Code du Travail, les fonctionnaires échapperont-ils à des « lois Macron » après les élections régionales ? Force est de constater que l'OCDE encourage ouvertement la poursuite de la casse sociale en France, et va jusqu'à la présenter comme une sorte de solution miracle. Mais en quoi la casse sociale serait-elle la « solution » aux problèmes de la France et des autres pays de l'Europe occidentale ? Force est de constater que la directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI), Christine Lagarde, et l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) se placent dans l'optique de la mondialisation du capitalisme, avec mise en concurrence des populations, salaires, standards sociaux... Doit-on accepter une telle stratégie ? En réalité, ses perspectives sont catastrophiques et on peut même s'étonner d'une certaine passivité des organisations syndicales dans la situation actuelle.

 

La « stratégie Macron », que l'OCDE et le FMI saluent, est en réalité une entreprise de démolition systématique des acquis de la Libération et des décennies qui lui ont fait suite. Rien d'original, et la passivité relative de la population témoigne d'une évolution inquiétante de la société française.

La LOI n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques est accessible à l'adresse http://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2015/8/6/EINX142682... (Legifrance). Son Titre 1er s'appelle d'emblée « Libérer l'activité », et le premier chapitre, « Mobilité ». En clair, les capitalistes et le patronat doivent pouvoir faire ce qui les arrange.

Telle est la stratégie que Christine Lagarde et l'OCDE applaudissent avec enthousiasme. Mais que peut en penser la population française ?

 

Suivent des extraits du discours du 18 septembre 2015 du Secrétaire Général de l'OCDE Angel Gurría ( à l'occasion de la visite d'Emmanuel Macron). http://www.oecd.org/fr/france/discours-a-l-occasion-de-la... :

Monsieur le Ministre, Mesdames, Messieurs

C’est un grand plaisir, Monsieur le Ministre, de vous accueillir à nouveau aujourd’hui à l’OCDE. Je suis particulièrement heureux de vous recevoir au moment où les premières mesures de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques – qui porte votre nom dans toutes les discussions -- sont mises en œuvre. C’est un projet que l’OCDE a soutenu depuis le début.

Après le débat animé qui a entouré cette loi, je voudrais saluer votre courage et celui du gouvernement d’avoir lancé, depuis 2012, une importante série de réformes pour renforcer l’économie. J’espère que nos discussions d’aujourd’hui contribueront à mettre en évidence le chemin parcouru, mais aussi à identifier, ensemble, les clés d’une amélioration durable des performances économiques et sociales de la France.

(...)

Dans le contexte actuel, les réformes structurelles sont nécessaires. Nous le savons tous, la France ne manque pas d’atouts, mais sa croissance reste faible. Selon nos dernières prévisions, publiées ce mercredi, elle s’établirait autour de +1% en 2015 et de +1.4% en 2016, après +0.2% en 2014. Cette faible croissance nourrit un chômage élevé, et la part des chômeurs de longue durée continue de croître.

C’est pourquoi la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques et la persévérance que vous montrez à vouloir continuer vos réformes, sont bienvenus.

(...)

Ces réformes permettront de libérer l’activité dans certains secteurs où les réglementations étaient excessives ou mal adaptées, de créer des nouveaux marchés, de faciliter la réallocation des employés vers les entreprises les plus productives, et dans une certaine mesure, de redistribuer du pouvoir d’achat vers les ménages les plus modestes, notamment les jeunes (c’est le cas de la réforme de la desserte par autocars).

(...)

(fin des extraits, © OCDE)

Voir également le rapport de l'OCDE de septembre 2015 « FRANCE. Évaluation de certaines mesures de la Loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques et perspectives de futures réformes », http://www.oecd.org/fr/france/france-evaluation-de-certai....

 

Mais que peut attendre la population française de la mondialisation du capitalisme; alors qu'il existe sur la planète et en Europe même des échelles de salaires inférieures d'un ordre de grandeur aux salaires français ?

Les prétendus problèmes économiques de la France et d'autres pays de l'Europe occidentale ont-ils une autre origine que la libre circulation de capitaux et marchandises, les délocalisations financières, industrielles et technologiques, la course à la plus forte exploitation du travail... ?

Des questions qui nous apparaissent essentielles, déjà abordées sur ce blog mais auxquelles nous consacrerons d'autres articles en rapport avec la situation actuelle.

Source : Blog du Collectif  "Indépendance des chercheurs"

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 08:13

Les agents municipaux de la Ville de Rouen qui travaillent dans les crèches, les cantines... mais aussi aux espaces verts ou dans les bibliothèques, étaient en grève aujourd'hui. 

  • Par Didier Meunier
  • Publié le 17/09/2015 | 19:01, mis à jour le 17/09/2015 | 19:01 sur FR 3 Normandie
 

© France 3 Haute-Normandie

© France 3 Haute-Normandie

 
Après une premièr mouvement de contestation en juin dernier, les agents municipaux de la ville de Rouen étaient de nouveau en grève aujourd'hui. Ils ont manifesté leur colère devant l'Hôtel de Ville et réclament que leurs revendications soient enfin prises en compte. 

Les grévistes dénoncent un manque de moyens dans les écoles, les bibliothèques, les musées ... et les répercussions sur leur qualité de vie.  
L'intersyndicale évoque une souffrance au travail et réclame une meilleure organisation et plus de dialogue. La Mairie, consciente du malaise, dit, de son côté, poursuivre en ce sens.
Partager cet article
Repost0
17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 16:09

Envoyé par courriel

L’Union Locale de Sotteville, St Etienne et Oissel organise une exposition les 16, 17 et 18 septembre 2015 sur « La CGT a 120 ans » retraçant le combat de l’organisation syndicale de classe qu’est la CGT contre la bataille idéologique que mène le patronat et le capitalisme.
Ces luttes gagnantes avec de grandes dates comme 1936, 1945 et 1968 mais aussi sa difficulté interne de désunion et de réunification… Son combat pour la paix contre les guerres mondiales et coloniales.
L’Institut d’Histoire Sociale 76 sera donc présente avec des interventions sur ces 3 jours.
Exposition ouverte à partir de Mercredi 16 septembre à 11h00 avec inauguration et restauration sur place les 3 jours à la Maison du Peuple rue Pierre CORNEILLE à Sotteville les Rouen.

 

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 13:30

Lu sur Investig'action

 

En ce moment les syndicats se préparent pour automne chaud. Les réfugiés dans nos rues et les déclarations sentencieuses de politiciens populistes forment un excellent paratonnerre contre cette lutte sociale qui s'annonce.



Nous le savons de par notre propre histoire : la guerre fait fuir les gens en masse. Au cours de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale, des centaines de milliers de nos compatriotes ont cherché refuge dans les pays voisins, où ils ont été les bienvenus et ont reçu un bon accueil. C’est la logique même, car tout pays civilisé ouvre ses frontières aux personnes en détresse qui fuient la violence.

Dans le cas de l’afflux actuel, il y a une raison supplémentaire pour accueillir les expatriés. La majorité d’entre eux viennent d’Afghanistan, d’Irak, de Syrie et de Libye, précisément quatre pays où nous sommes largement responsables de la violence guerrière. L’Occident voulait changer les régimes de ces pays, avec toutes les conséquences possibles. L’invasion de l’Irak a entraîné la naissance de l’État islamique. En Libye, notre intervention militaire a provoqué le chaos total dans le pays. En outre, elle a entraîné une dispersion massive d’armes et donc de violence dans la région. Mais surtout, elle a ouvert les vannes aux réfugiés d’Afrique.

On parle d’une « crise des réfugiés », ce qui n’est pas exact. Ce à quoi nous assistons chez nous n’est pas une crise des migrants, mais bien une crise délibérée de l’accueil, en tout cas en ce qui concerne la Belgique. En ce sens c’est aussi une crise des consciences et du niveau de civilisation dans notre pays. Bien sûr, il y a une crise des réfugiés, mais elle se déroule ailleurs, pas ici. En Syrie il y a dix millions de gens qui fuient leur propre pays. La Turquie accueille 1,7 millions de Syriens, le Liban, 1,1 million, soit un quart de sa population. Heureusement, la Belgique a eu la générosité de bien vouloir en accueillir 5662 …

Ceux qui prétendent ou laissent entendre que nous sommes débordés par les réfugiés sont de mauvaise foi. On s’attend cette année à un million de demandes d’asile en Europe. Cela fait 0,2 % de la population totale. En outre la très grand majorité – 80 % - est accueillie en Allemagne. Ce pays, qui pour ces mêmes politiciens de droite reste le grand modèle, aborde la question sous un angle totalement différent. Là-bas le gouvernement engage justement la confrontation avec les crispations populistes et primitives, au lieu de jeter de l’huile sur le feu. Le taux de vieillissement en Allemagne est le plus élevé d’Europe et à terme, il hypothèque l’économie allemande. Le gouvernement l’a bien compris et il considère l’afflux de réfugiés comme une perfusion bienvenue contre le vieillissement de sa population.

Les populations arabes et africaines sont très jeunes et on aurait du mal à qualifier de fainéants des gens qui ont bravé des déserts et des mers démontées pour arriver jusqu’ici. Des études ont démontré que les immigrants sont toujours plus entreprenants que la population autochtone et qu’ils sont moins enclins à une criminalité lourde. La fable suggérant qu’ils profitent de notre sécurité sociale ne tient pas. Selon une étude récente de l’OCDE (le club des 30 pays les plus riches) la contribution annuelle nette des migrants au trésor représente en moyenne 0,35 % du PIB, et en Belgique ce serait même le double ,soit 0,76 %.

Le refus de prévoir un accueil sérieux et humain est choquant. Pires encore sont les tentatives de certains politiciens d’attiser des sentiments primitifs pour en jouer. L’éditorial de Knack souligne à juste titre : «  On pourrait attendre des politiques qu’ils expliquent à la population que nous ne pouvons abandonner à leur sort des personnes qui fuient la guerre, et qu’elles ont droit à un minimum d’aide. Après les expériences de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale il ne devrait plus y avoir le moindre doute à ce sujet. Le mot « profiter » ne fait rien d’autre que semer le doute ».

Le chaos organisé autour de l’accueil arrange bien ce gouvernement de droite. En ce moment, les syndicats se préparent pour un automne chaud. Les réfugiés dans nos rues et les déclarations sentencieuses de politiciens populistes constituent un excellent paratonnerre pour la lutte sociale qui s’annonce. La question des réfugiés doit nous faire oublier que la facture de l’énergie augmente de 30 %, que nous devons travailler plus longtemps pour une pension réduite, que nous devons avaler un saut d’index, que les malades sont débusqués, etc. Au début de cette année, les militaires déployés dans la rue ont dû détourner l’attention de l’opposition sociale. A présent, c’est au tour des réfugiés. Les images des demandeurs d’asile qui campent autour du bâtiment de l’Office des Etrangers sont carrément honteuses et elles dégradent l’image de marque de notre pays. Dans le passé des ministres ont dû démissionner pour moins que cela.

Références : Knack 2 septembre 2015 ; The Economist 29 août 2015 ; De wereld morgen ; OECD.

Traduction du néerlandais par Anne Meert pour Investig’Action.

Source : Investig’Action

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 08:39

Les assassins des droits des travailleurs!

Publié le par FSC

Les assassins des droits des travailleurs!

C'est aujourd'hui que "tombe" le rapport COMBREXELLE commandité par Vals.

On en connaît la logique : voir ci-après le texte paru hier dans "les Echos" et se référer à l'excellent travail d'information réalisé par le site de la Filpac CGT depuis longtemps.

Parallèlement au travail idéologique contre le code du travail il s'agit de contourner toutes les lois de protection par là où les salariés sont - pour l'heure en ce temps de crise - les plus vulnérables : les branches et surtout les entreprises.

Le couteau sur la gorge, dans les déserts syndicaux des PME et dans les plus grandes entreprises au moyen des syndicats de collaboration et le cas échéant en créant des syndicats maisons à l'instar de la CFT d'antan sont dans la mire : le temps de travail (les 35 heures), les salaires, les conditions de travail ...

Les travaux pratiques sont déjà en chantier comme on vient de le voir avec l'usine SMART d'Hambach (les 39 heures payées 35) et ce qui se passe chez Amazon à l'occasion des élections professionnelles où les outils de mise en condition sont testés.

Pas d'autres voies que la résistance là où la force de proposition paraît bien désuette.

_____________________________

L'article des Echos sur le rapport COMBREXELLE :

 

EXCLUSIF - Le rapport sur le droit du travail qui sera remis ce mercredi veut ouvrir considérablement le champ de la négociation collective.

 

Le président de la République l’a annoncé : le fait majoritaire va devoir aussi s’imposer dans les négociations entre employeurs et syndicats. C’est, sans surprise, une des propositions du rapport que l’ancien directeur général du Travail, Jean-Denis Combrexelle, doit remettre ce mercredi au Premier ministre et dont « Les Echos » ont eu connaissance. Mais la mesure, que le conseiller d’Etat veut généraliser « à compter de 2017 », ne résume pas, loin s’en faut, son contenu.

 

Manuel Valls, qui l’avait chargé de réfléchir sur des mesures permettant d’ « élargir la place de l’accord collectif dans notre droit du travail », ne va pas être déçu. C’est une profonde évolution du droit du travail que propose Jean-Denis Combrexelle. S’il ne donne pas toutes les clefs aux entreprises, comme l’a proposé l’Institut Montaigne , il suggère de réduire singulièrement la place de la loi dans notre édifice juridique social et de modifier en ce sens la Constitution « en inscrivant dans son préambule les principes de la négociation collective ». 

 

La 26ème de ses propositions, au nombre de 44, est sans doute la plus osée. Le rapport forme le « projet à moyen terme, c’est-à-dire dans un délai maximal de quatre ans, d’une nouvelle architecture du Code du travail faisant le partage entre les dispositions impératives, le renvoi à la négociation collective et les dispositions supplétives en l’absence d’accord ».

 

Un dispositif centré sur les accords d’entreprises

 

Jean-Denis Combrexelle veut limiter le caractère impératif de la loi à quelques règles d’ordre public social (les 48 heures de durée maximale de travail par semaine en matière de temps de travail, le SMIC en matière de salaires). Une bonne partie de l’ordre public serait renvoyé au niveau des branches, dont il veut accélérer la concentration sur trois ans. Il leur reviendrait de définir l’ « ordre public conventionnel qui s’applique à l’ensemble des entreprises du secteur et qui est opposable, sous réserve de l’application du principe de faveur [d’être plus avantageux pour les salariés] , à l’ensemble des accords d’entreprises », dont la durée de validité serait limitée à 4 ans. Le dispositif préconisé serait donc centré sur ces derniers, qui s’appliqueraient en priorité, sous réserve, certes, de l’ordre public social législatif et conventionnel, mais dont le champ serait réduit.

 

A court terme, soit dès le « courant de l’année 2016 », seraient « cibl[és] les domaines sur lesquels, du point de vue social et économique, il y a une urgence à développer la négociation collective et à adapter, en conséquence, les dispositions du code du travail ». En l’occurrence, ce que Jean-Denis Combrexelle appelle les « quatre piliers de la négociation que sont le temps de travail, les salaires, l’emploi et les conditions de travail ».

 

Autre point clef : « Lorsque l’emploi est en cause et que l’accord vise à le protéger, le maintenir, le préserver et le développer, l’accord et l’intérêt collectif qu’il incarne priment sur l’intérêt individuel concrétisé par le contrat de travail », écrit Jean-Denis Combrexelle. Dans le cas où un salarié refuserait les conséquences de l’accord sur son contrat de travail, il ne propose pas de revenir sur le fait qu’il bénéficie d’un licenciement pour cause économique, mais prône des indemnités spécifiques de licenciement « moins attracti[ves] ». Seraient concernés les accords de mobilité, de GPEC et de maintien dans l’emploi.

 

Parmi les autres propositions, figurent des propositions très diverses. Côté Etat, il y a notamment la « limitation du nombre de réformes législatives du droit du travail en fixant un agenda social annuel et en le respectant » ou encore l'« application du principe selon lequel toute disposition nouvelle du code du travail doit être gagée par l’abrogation d’une disposition devenue obsolète du même code ». Jean-Denis Combrexelle préconise l’« encadrement dans le temps des conditions de recours judiciaire contre les accords collectifs avec application de règles inspirées du contentieux réglementaire » mais également de reconnaître aux services déconcentrés de l’Etat la capacité de « contester les accords collectifs d’entreprise (à l’exception des accords portant sur les PSE) devant le tribunal de grande instance ». Il suggère encore une « assimilation législative de l’accord de groupe aux accords d’entreprise ». Et évoque le lancement d’une expérimentation relative aux accords collectifs concernant les filières et les sous-traitants dans le cadre de la notion d’« entreprise étendue », également évoquée par le DRH d’Orange, Bruno Mettling, dans un rapport qu’il doit remettre dans quelques jours à la nouvelle ministre du Travail, Myriam El Khomri .

__________________________

 

L'article de l'Humanité d'hier sur ce qui se passe chez Amazon :

 

Vote sous influence chez Amazon

 

Le premier tour des élections professionnelles dans l'entrepôt de Saran se tient ce jour. La CGT dénonce l'arrivée d'une obscure organisation maison.

Listes maison ?

 

Mercredi 2 septembre, lors d'une journée de négociation du protocole d'accord préélectoral (PAP) visant le prochain scrutin de l'entrepôt de Chalon-sur- Saône (Saône-et-Loire), les quatre syndicats implantés sur le site ont eu la surprise de découvrir deux membres d'une organisation inconnue et non représentative : la Confédération autonome du travail (CAT), dont le logo est un soleil jaune. En 1947, année où la tendance réformiste de la CGT fit scission afin de créer Force ouvrière, d'autres trans- fuges cultivant une ligne farouche- ment anticommuniste créèrent la CAT. Lors des élections prud'homales de 1979, la CAT noua d'ailleurs une alliance avec la Confédération des syndicats libres (CSL), le « syndicat » d'extrême droite jadis implanté dans l'industrie automobile né sous le nom de Confédération française du travail (CFT) et qui changea son nom pour celui de la CSL suite à l'assassinat, par des militants CFT, du syndicaliste CGT Pierre Maître, en 1977. La CAT est aujourd'hui un groupuscule dont le site Internet n'a pas été mis à jour depuis 2013, implanté es- sentiellement dans l'entreprise Darty. « C'est le syndicat maison par excellence, explique Jean-Marc Miduri, de la CGT Darty. La direction l'a monté de toutes pièces à la fin des années 1970. La CAT valide tout ce que la direction met en place. Quand Darty a supprimé 500 emplois en 2013, la CGT a attaqué le plan en justice mais la CAT l'a voté sans discuter. »

 

Hasard du calendrier, l'arrivée de la CAT dans plusieurs entrepôts Amazon correspond à celle d'un tout nou- veau juriste dans l'entreprise, Pierre- Loïc Courtel. « C'est très étrange car ce cadre porte un badge vert, celui des intérimaires. Il est présent depuis plusieurs mois mais ne nous a jamais été présenté officiellement, observe Alain Jeault. Lors des négociations du PAP, les quatre syndicats ont refusé la présence de la CAT, non représentative. Mais pendant sept heures, la direction a cherché à nous l'imposer, en demandant à trois reprises des suspensions de séance de vingt minutes, à chaque fois pour consulter ce conseiller de l'ombre. » Un conseiller dont le dernier employeur n'est autre que l'Union des industries métallurgiques et minières (UIMM), le syndicat patronal. CGT, CFDT, FO et CFE- CGC viennent d'adresser un courrier commun à la Direccte afin de dénoncer les agissements d'Amazon en fa- veur de la CAT : « Face à l'insistance de la direction à valider la présence de ce syndicat en tant que signataire du PAP, nous avons refusé d'entrer dans la négociation » et « avons quit- té la réunion », y font-ils savoir. La CAT vient également de déposer des listes dans l'entrepôt de Montélimar (Drôme), sans qu'aucun PAP n'ait été voté. La CAT assure cependant que ses nouveaux militants issus de dif- férents sites « ont découvert (l') orga nisation par Internet ».

 

De son côté, Amazon n'a pas souhaité répondre à nos questions.

La logistique représente en France plus de 800 000 emplois non délocalisables et concentre un très grand nombre de travailleurs pauvres, pour beaucoup intérimaires. Les conditions de travail y sont extrêmement pénibles, la moyenne d'accidents du travail est supérieure à celle du bâ- timent. Avec le déploiement continu de l'e-commerce ainsi que des points-retrait où les clients viennent toujours plus nombreux retirer au volant de leurs automobiles des courses commandées sur Internet, la logistique créera ces prochaines an- nées de nouveaux emplois précaires pour en détruire bien davantage dans le commerce de proximité et la grande distribution. « La logistique sera l'un des enjeux majeurs du com- bat syndicaliste européen », prévient Heiner Reimann, du syndicat alle mand VerDi. Amazon, et plus large- ment l'e-commerce, est une terre de mission syndicale. « En Allemagne, VerDi a beaucoup investi en y déta- chant des permanents : nous avons réussi à syndiquer des jeunes dépolitisés de plus en plus nombreux sur les piquets de grève, et qui apportent une pugnacité que nous avions per- due en Allemagne », observe Heiner Reimann. Avant d'encourager ses ca marades : « Nous sommes tous derrière la CGT Amazon pour ces élections. Dans ces entrepôts, s'écrivent de nouvelles pages d'histoire sociale. » ■

 

par Jean-Baptiste Malet

__________________________________

 

Un certain nombre d'articles parus sur le site de la Filpac CGT :

 

http://www.filpac.cgt.fr/spip.php?article10310

 

http://www.filpac.cgt.fr/spip.php?article10309

 

LE RAPPORT COMBREXELLE ? LA STRATÉGIE DU CHOC ! C’EST LA SUITE NATURELLE DE LA LOI MACRON - REMIS LE 9 SEPTEMBRE À MIDI À VALLS - MISSION ? TOUT LE POUVOIR AUX PATRONS !

http://www.filpac.cgt.fr/spip.php?article10307

 

Contre la violence libérale des relations sociales, Combattons l’austérité"

http://www.filpac.cgt.fr/spip.php?article10279

Ainsi que d'autres articles ...

Partager cet article
Repost0
8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 16:41

Lettre d'Espagne

 

Le Parti Communiste espagnol a une longue histoire glorieuse de luttes, durant la guerre contre le fascisme franquiste, et durant quatre décennies de clandestinité.
L'Espagne et la France ont un passé différent: Nous avons hérité des révolutionnaires de 1789 une Nation unie malgré ses différences régionales, alors que les Communistes d'Espagne ont depuis longue date reconnu l'existence de Nationalités (Catalogne, Euzkadi, etc ) au sein de leur État : Le PCF et le PCE ont cependant mené des combats communs, au service de la République de Front Populaire, et dans la Résistance antifasciste. Ils ont connu aussi les mêmes dérives opportunistes et électoralistes à la fin du XXème siècle, qui ont entraîné la même perte d'influence.
Comme en France, certains Communistes d'Espagne fidèles à leur idéal, ne se résignent pas à ce déclin: A preuve, ces réflexions de militants d'Andalousie commentant le document-programme proposé par la direction d'Izquierda Unida (l'équivalent du Front de Gauche français). On peut ainsi voir à quel point les préoccupations des Communistes de part et d'autre des Pyrénées se rejoignent.

Collectif Communiste Polex
publié le : 8 Septembre, 2015

 

Contenu du processus d'unité populaire (extraits)
1 S'agit-il d'une dénonciation claire du mode de production capitaliste et de ses manifestations dans les divers cadres géographiques? Ou, au contraire, consiste-t-il à légitimer les politiques social- démocrates pratiquées par le PSOE, comme cela s'est fait, par exemple en Andalousie ( où IU et PSOE dirigeaient ensemble la Région de 2012 à début 2015 ).
Le document ne mentionne pas le socialisme comme objectif absolument nécessaire de l'Unité Populaire: un socialisme qui combatte efficacement l'inégalité sociale, le chômage et la misère, qui fasse la promotion d'une nouvelle démocratie politique et économique, et qui en finisse avec les agressions contre l'environnement; un socialisme qui mise résolument sur la paix.
Au contraire, l'expression utilisée, confuse et ambiguë, est le " changement de modèle productif " inclus dans un programme permettant la " sortie sociale de la crise " ( ? ). Le document n'indique pas en quoi consisterait ce changement, ni ce que serait ce " nouveau modèle."
S'il s'agit d'un oubli, c'est énorme, si c'est délibéré, c'est encore pire.
La stratégie d'Unité Populaire n'a de sens que si elle a pour objectif, de manière constante, la construction d'une société socialiste. Tout autre démarche conduit au renforcement du capitalisme et transforme l'Unité Populaire en une organisation au service de la social-démocratie et du bipartisme, ne pouvant déboucher que sur des changements cosmétiques, perpétuant un régime d'oppression et d'exploitation qui bénéficie à une minorité.
2 Il nous paraît au contraire pertinent, et même indispensable, d'appeler à la rupture démocratique comme objectif de base de l'Unité Populaire.
Mais pour que cette stratégie de rupture démocratique soit crédible aux yeux des protagonistes appelés à construire cette Unité Populaire, il faut que soit pratiquée l'autocritique correspondante. Pourquoi s'évertuer à passer sous silence les responsabilités -politiques- de ceux qui ont participé à la mise en place du régime de 1978, fruit d'un pacte entre les forces sociales, politiques et économiques de la dictature franquiste, avec celles de la Droite parlementaire et Nationaliste, de la Social-démocratie, et de " l'Euro-Communisme "?
Aujourd'hui, il n'est pas crédible d'appeler à une rupture démocratique, si, en même temps, on s'acharne à éviter l'analyse d'une " transition", qui a si fort lésé les intérêts des ouvriers et des couches populaires.
Parce que cette " transition " de 78 eut, entre autres, pour conséquences: la légitimation a la tête de l'État du personnage désigné par le Dictateur, en oubliant les aspirations de renouer avec le régime républicain, et en méprisant tous les citoyens qui avaient lutté et souffert pour lui; que le pouvoir de la Finance est aujourd'hui plus grand que dans les dernières années du Franquisme; que les privilèges de l'Église catholique n'ont pas diminué, bien au contraire, depuis 1978; que depuis 78, un extraordinaire processus de privatisations et d'expropriations a entraîné une accumulation accélérée du Capital dans les mains d'une minorité; que les réformes successives du Droit du Travail et de la protection sociale adoptées par les gouvernements du PSOE et du PP ont sévèrement rogné d'importantes conquêtes du mouvement ouvrier, avec la connivence d'un syndicalisme de collaboration de classe promu au détriment de celui de combat ( Accords de Moncloa en 1977 ); que se sont multipliées les atteintes à la souveraineté nationale, territoriale, économique et financière ( OTAN, boucliers anti-missiles, bases états-uniennes, disparition de la monnaie nationale, limitation du déficit de l'État, base permanente US de déploiement rapide en Afrique, etc ); que la Loi d'Amnistie de 1997 a laissé impunis les crimes du Franquisme. Et, plus récemment, s'y sont ajoutées des atteintes multiples aux droits sociaux, économiques, et aux libertés (loi " bâillon "), sans oublier le sauvetage des banques privées, alors que le chômage dépasse toujours 25 pour cent des salariés.
Nous avons le droit et le devoir d'analyser notre passé avec un regard critique, si nous voulons éviter de commettre de nouvelles erreurs: le projet d'Unité Populaire doit être formulé à partir de l'autocritique.
3. Il n'y aura pas d'Unité Populaire ni même pas de réponse électorale efficace au bipartisme, si elle ne s'appuient pas sur une large mobilisation sociale et ouvrière, dans les villes et les entreprises, contre l'oppression et l'exploitation dans les usines, contre les expropriations, les privatisations et les régressions de toutes sortes en dehors des lieux de production......
4 Le projet d'Unité Populaire ne peut passer sous silence les agressions de l'Impérialisme dans et hors de notre aire géographique. Unité Populaire doit signifier appui et solidarité effective avec les peuples en lutte pour leur émancipation politique, économique, et sociale, contre l'Impérialisme, et la dénonciation constante et ferme des positions opportunistes et complices de la Social-démocratie: le rôle honteux de valet de l'Empire contre les gouvernements progressistes d'Amérique Latine joué par Felipe Gonzalez en est un bon exemple...
Les responsabilités ( au sein de l'Unité Populaire ) doivent être confiées par des élections directes des militants de base en Assemblées...
L'intégration des militants syndicaux et sociaux est prioritaire au sein de l'UP: les militants de l'UP doivent s'impliquer de manière active dans les mobilisations sociales, ouvrières et populaires en cours et à venir, avec le souci de favoriser leur développement...
Le renforcement de l'organisation et le réarmement idéologique sont des tâches urgentes au sein de l'UP: combattre les positions réformistes, revivifier les valeurs supérieures du Socialisme,....provoquer la rupture démocratique, l'ouverture d'un processus constituant, la récupération de la souveraineté par la sortie de l'UE, de l'OTAN, de l'Euro, le démantèlement des bases militaires étrangères.....
Les positions réformistes sont celles qui font le plus de tort au caractère démocratique de l'organisation. Les conduites et les actes d'autoritarisme dans notre organisation, à tous les niveaux, sont basés sur ces déviations. C'est la tâche de chacun, y compris des militants de base, de s'y opposer, et de défendre sans cesse un mode d'organisation et une réflexion vraiment collective.

Traduction du collectif polex

Partager cet article
Repost0
6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 15:00

L'Union Européenne en gestation-le point de vue de la CGT en 1957

Lu sur Réveil communiste.

Source : http://hlguemene.over-blog.org/page /LUnion_Europeenne_en_gestationle_point_de_vue_de_la_CGT_en_1957-1400140.html

Lors du congrès de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) qui se tient à Leipzig du 4 au 15 octobre 1957, Benoît Frachon, secrétaire général de la CGT de France,  prononce un discours dans lequel il pointe les dangers du Marché commun qui allait donner naissance à l'Union européenne

[...]

"Je veux limiter mon intervention à deux points sur lesquels il me semble nécessaire d'apporter une contribution à leur approfondissement.

Le premier est le Marché commun des six pays d'Europe.

A première vue, cette question semble intéresser plus particulièrement les syndicats membres du Marché commun. En réalité, elle soulève des problèmes qui ont une valeur internationale.

 

La CGT française s'est prononcée à l'unanimité contre le Marché commun sans rémission.

Cependant, les promoteurs de ce Marché ont fait beaucoup de propagande pour le présenter comme une réforme progressive, une mise en commun des ressources de l'Allemagne, de la France, de l'Italie, de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, et comme un moyen d'améliorer le sort des peuples de ces pays.

Cette propagande cache des visées bien différentes.

Le Marché commun fait partie d'un ensemble de mesures conçues et mises en œuvre par les impérialistes américains en vue de poursuivre leur objectif de domination mondiale.

Les six pays intéressés font partie de cette machine de guerre qu'est l'OTAN et qui a déjà abouti à la création de nombreuses bases militaires américaines en Europe, à la militarisation à outrance des pays membres, à imposer à leurs peuples des charges militaires écrasantes, à la remilitarisation de l'Allemagne de l'Ouest.

Rien qu'en France, il y a actuellement sous les armes un million deux cent mille hommes, beaucoup plus qu'il n'y en a jamais eu en période de paix, même immédiatement avant la Deuxième Guerre mondiale. Ce serait déjà suffisant pour rejeter et combattre une telle forme de mise en commun des ressources et des moyens de production.

Elle n'est cependant pas la seule raison.

Le Marché commun constitue en fait un grave danger pour l'économie nationale des pays les plus faibles et une menace non moins grave pour les travailleurs de l'ensemble de ces pays. Contrairement à ce qu'en disent les promoteurs, le Marché commun ne fait pas disparaître les contradictions internes du régime capitaliste. Ces contradictions s'expriment déjà dans notre pays par les craintes exprimées par certains dirigeants d'industries ou d'entreprises menacées par la concurrence d'industries similaires d'autres pays du Marché commun mieux placés qu'eux. Le Marché commun ne peut favoriser le développement économique dans tous les pays intéressés, il ne peut aboutir qu'à l'hégémonie des capitalistes et des monopoles les plus puissants, en l'occurrence les monopoles allemands étroitement associés aux monopoles américains.

 

Ce en quoi cette question du Marché commun a une importance internationale pour les syndicats réside notamment dans les moyens employés par les monopoles et les gouvernements qui mènent leur politique pour essayer de le faire admettre par les masses populaires et la classe ouvrière, alors qu'il constitue une véritable trahison des intérêts nationaux de la plupart des pays qui y participent. Ce qui intéresse les travailleurs de tous les pays, ce sont les moyens que ces mêmes monopoles et gouvernements utilisent pour troubler la conscience de classe des travailleurs et pratiquer une politique réactionnaire en essayant de la parer des vertus du progrès, en utilisant même parfois ou en faisant utiliser par des dirigeants d'organisations ouvrières un langage à prétention socialiste. C'est ainsi que la concentration toujours plus poussée des moyens de production entre les mains de quelques monopoles, l'expropriation et la disparition de petites et moyennes entreprises au profit des grands capitalistes sont présentés comme un moyen d'enrichissement du peuple et d'amélioration de la situation de la classe ouvrière. Mais nous savons bien que le renforcement des monopoles signifie, au contraire, une exploitation renforcée de la classe ouvrière, l'augmentation des prix par rétablissement des prix de monopole. Les propriétaires des mines en Allemagne de l'Ouest viennent de nous en donner l'exemple par la récente augmentation des prix de l'acier en France.

 

Je rappelle que le pool charbon-acier qui devait, aux dires de ses promoteurs, aboutir à une réduction des prix, a provoqué, au contraire leur augmentation de 30 %.

 

Le renforcement des monopoles signifie également une domination plus grande des capitalistes sur l'État et l'utilisation de l'appareil de cet État contre les libertés et les droits de la classe ouvrière. Le Marché commun prévoit la libre circulation des travailleurs dans les six pays intéressés. On nous présente cela comme une grande conquête dans la voie de la liberté, une espèce de préface à la suppression des frontières. La vérité est beaucoup plus prosaïque.

 

Pour s'opposer aux revendications de la classe ouvrière, pour réduire les salaires réels, imposer de longues journées de travail et des conditions de travail toujours plus dures, les capitalistes ont besoin d'une armée de réserve de chômeurs. La soi-disant libre circulation des travailleurs leur permettra d'utiliser à leur gré cette armée, de la transporter d'un pays à l'autre suivant les besoins.

 

En ce qui concerne le niveau de vie des travailleurs, tous ceux qui veulent cacher les véritables buts du Marché commun affirment que les salaires et conditions sociales seront nivelés par le haut. Mais comme le rappelait le camarade Di Vittorio, c'est au contraire vers le niveau le plus bas que s'orientent les capitalistes de tous les pays. Chez nous, bien avant que le Marché commun ait été voté par le Parlement, les patrons répondaient aux demandes d'augmentation des salaires formulées par les syndicats par la nécessité de faire face à la concurrence dans le futur marché et faisaient peser la menace du chômage.

 

Chez nous, les dirigeants social-démocrates de droite, ainsi que les dirigeants réformistes et les partisans de la collaboration des classes dans les syndicats présentent le Marché commun comme une tranche de socialisme.

 

Une plus grande centralisation des moyens de production, une division du travail plus poussée, à une échelle plus grande, est présentée par eux comme une voie ouverte vers le socialisme.

 

Mais le développement de la forme sociale du travail en même temps qu'une plus grande concentration de la propriété privée des moyens de production n'est pas du socialisme. Il y manque une simple petite chose : la transformation de la propriété privée des monopoles en propriété collective. Mais cela ne se réalise pas par des dissertations prétendument théoriques, ni par des appels à la bonne volonté des propriétaires, ni par une collaboration avec eux dans l'espoir de leur faire abandonner bénévolement tout ou partie de leurs privilèges.

 

Ce n'est pas pour réaliser le socialisme que les monopoles et les gouvernements des six pays ont mis debout le Marché commun, ni pour aller si peu que ce soit dans cette voie. Non seulement aucun de ces gouvernements n'est socialiste, mais aucun d'eux n'est un gouvernement s'appuyant sur les larges masses populaires. Alors, si l'on pense que la libération de la classe ouvrière exige une lutte acharnée contre les monopoles, on avouera que c'est une singulière façon de préparer la lutte et de s'orienter vers la victoire que de commencer par renforcer son ennemi.

 

Cette présentation du Marché commun européen comme un progrès n'est pas une nouveauté.

 

Voilà plus de trente ans, nous avons connu des discussions qui s'apparentent à celles d'aujourd'hui. Elles se déroulaient à propos d'une conception émise alors dans certains milieux ouvriers sur les États-Unis d'Europe. Elle s'était terminée par la confusion de ses protagonistes à qui il avait été facile de démontrer qu'il n'était guère possible de développer une discussion sur ce sujet sans s'occuper de ce que pourraient être ces États-Unis d'Europe, ou capitalistes ou socialistes. Dans le premier cas, il n'est pas possible de concevoir que puissent être surmontées les contradictions internes du régime capitaliste.

 

Il est possible, disions-nous à ce moment-là, que les capitalistes de différents pays essaient de surmonter leurs difficultés croissantes en organisant des ententes, dans le genre de celle du Marché commun. Elles ne peuvent aboutir à un progrès social et économique quelconque, mais au renforcement des monopoles et si, dans un cadre limité, ces monopoles peuvent ainsi atténuer momentanément certaines contradictions, ces contradictions sont reportées à une échelle plus élevée, à l'échelle internationale.

 

Dans les organismes du Marché commun, les monopoles et leurs gouvernements ont réservé une place aux représentants des syndicats, pas tous les syndicats mais ceux qui soutiennent ce Marché, ce qui indique qu'ils ne tiennent pas du tout à voir dans leurs doctes assemblées des représentants authentiques de la classe ouvrière dénoncer leurs manigances et informer les travailleurs de la réalité des choses. Eux-mêmes, les représentants des syndicats admis, se plaignent qu'on ne leur offre qu'un strapontin. Mais les monopoles n'ont besoin de représentants ouvriers dans leurs entreprises de brigandage que pour donner le change, pour servir de paravent et non pour autre chose.

 

Il faut faire preuve de beaucoup de naïveté pour croire que dans le Marché commun, dans cette assemblée de rapaces, les monopoles s'embarrasseront des avis des représentants des syndicats.

 

Nous avons, dans l'histoire des luttes de la classe ouvrière en France, un exemple célèbre de cette espèce de collaboration entre la bourgeoisie et la classe ouvrière. En 1848, lorsque par son action révolutionnaire, la classe ouvrière renversa le pouvoir absolu, la bourgeoisie lui ravit le résultat de sa victoire et prit le pouvoir pour son propre compte. Mais elle aussi avait besoin de faire croire à sa volonté de collaboration avec la classe ouvrière. Elle institua une Commission à la tête de laquelle elle plaça un socialiste opportuniste bien connu, Louis Blanc, qui consentit à lui donner sa caution. Cette Commission n'avait aucun autre pouvoir que celui de discourir, et tandis que la bourgeoisie, avec son gouvernement et son Parlement, votait des lois antiouvrières, organisait la répression contre les travailleurs, assurait ses privilèges, la Commission du Luxembourg, comme on l'appelait, palabrait à longueur de journée sur les droits des ouvriers, ce qui désorientait et décourageait la classe ouvrière.

 

Nous, nous sommes convaincus de la nécessité impérieuse pour les travailleurs et les syndicats des six pays du Marché commun de s'unir pour se défendre ensemble contre les menaces nouvelles qui pèsent sur eux du fait de ce marché. Ce n'est pas d'une Commission du Luxembourg qu'ils ont besoin, mais d'une solide unité d'action.

 

Nous sommes aussi convaincus que cette union permettra de nouvelles conquêtes sociales. Les travailleurs des six pays de la petite Europe ont beaucoup de revendications communes et ils luttent déjà dans leurs pays respectifs pour les faire triompher. Le Marché commun, l'union des monopoles pour les exploiter en commun sera un élément de plus pour leur faire comprendre que leur union à eux est possible et nécessaire. Nous sommes décidés à tout mettre en œuvre pour qu'elle se réalise sur la base de la lutte contre les monopoles unis dans le Marché commun. Nous avons établi quelques contacts avec les travailleurs des syndicats de la République fédérale Allemande. Nous ne négligerons rien pour les affermir et les étendre. Nous multiplierons nos efforts unitaires auprès des syndicats de la République Fédérale allemande pour une action commune. Mais nous ne nourrissons pas de l'illusion dangereuse de domestiquer cette machine infernale forgée par les monopoles sur l'initiative des impérialistes américains qu'est le Marché commun.

 

L'intérêt des travailleurs de tous les pays du Marché commun est de combattre pour sa destruction et nous ne pensons pas que le fait qu'il ait été voté par les Parlements soit une raison pour que nous abandonnions la lutte pour sa liquidation. Nous ne nous inclinons pas devant le fait accompli. Nous savons qu'une partie du peuple de France, trompé ou mal informé, réagira contre les conséquences inévitables de ce Marché commun.

En tout cas, la CGT française poursuivra sa lutte, non seulement avec la classe ouvrière, mais en s'appuyant sur toutes les forces nationales qui veulent sauvegarder l'indépendance de notre pays et assurer un développement de son économie nationale.

 

[...]

 

Extraits de l'intervention de Benoît Frachon, secrétaire général de la CGT de France sur le Marché commun devant le Congrès de la Fédération Syndicale Mondiale (Leipzig -du 4 au 15 Octobre 1957)-publiée dans dans  Cahiers internationaux. Novembre 1957, n° 90; 9e année, pages 91-94.

Partager cet article
Repost0
5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 10:29

Bravo aux Fralibs.  Allez voir dans votre supermarché si la marque y est présente.  Réclamez la.  C'est le moins que nous puissions faire.  Monter une SCOP, c'était leur seule solution pour sauver l'emploi.  1336 jours de lutte pour cela contre un géant mondial de l'agro-alimentaire, Unilever, qui voulait liquider l'entreprise et fabriquer en Pologne.

Les Fralibs ont mis l'emploi en tête de leur lutte.  Nous les remercions au nom de tous ceux qui luttent contre les plans de licenciements aujourd'hui et la disparition de leurs entreprises en France et de leurs emplois. Action Communiste.

Les anciens salariés de Fralib ont relancé la production de l'usine de Géménos, sous la marque 1336, en référence aux 1336 jours de lutte avec leur ancien propriétaire Unilever.

 

Scop-TI, la coopérative de production lancée par les ex-salariés de Fralib à Gémenos, a signé ses premiers contrats avec la grande distribution. La production a repris le 13 août et les premiers sachets de thés et infusions vendus sous sa marque 1336 arriveront en rayons début septembre.

 

C'est la concrétisation de plusieurs années de lutte. Cinq ans pile après la décision du géant anglo-néerlandais Unilever de fermer son usine de thés et d'infusions (Lipton, Éléphant) Fralib à Gémenos (Bouches-du-Rhône), les premiers sachets de Scop.Ti -qui a repris l'activité de l'usine en 2014- vont rejoindre les rayons de la grande distribution française. La Société Coopérative Ouvrière Provençale de Thés et Infusions a ainsi signé cet été des contrats avec 300 Franprix, 7 Auchan, ainsi qu'avec plusieurs Géant Casino, Casino, Carrefour, Intermarché au niveau national.

Ces centaines de magasins vendront d'ici quelques jours sa gamme «1336», en référence aux 1336 jours de lutte avec Unilever pour empêcher la fermeture et la délocalisation du site en Pologne. Le site fournira aussi Système U pour six variétés de thés à marque de distributeur (MDD), malgré la présence sur le marché d'un gros fournisseur de MDD, Pagès.

Appel d'offres avec Leclerc

Après que la coopérative qui regroupe une soixantaine de salariés (sur les 182 que comptait l'usine au temps d'Unilever) a repris la production le 13 août, ses premiers sachets seront livrés début septembre dans les Auchan de Bouches-du-Rhône et du Vaucluse s'étant engagés à les référencer, puis en octobre dans les autres enseignes. Un appel d'offres est par ailleurs en cours avec Leclerc, toujours pour la marque 1336. En revanche, aucun référencement n'a encore été acté pour la deuxième marque de la coopérative: «Scop-Ti», une gamme bio qui vise les réseaux spécialisés comme Biocoop, Naturalia, Bio C'Bon ou la Vie Claire.

La gamme à marque propre «1336» est déclinée en 16 parfums.

 

«On est en train de démontrer la pertinence de notre projet», estime Gérard Cazorla, ex secrétaire CGT de Fralib désormais président de Scop-Ti, même si beaucoup de chemin reste à faire. Après plus de 3 ans et demi de lutte avec Unilever et l'annulation de plusieurs plans de sauvegarde de l'emploi, les ex-Fralib avaient en effet réussi à solder le conflit avec le géant anglo-néerlandais, moyennant 19,3 millions d'euros. Une somme ajoutée à leurs indemnités de licenciements pour lancer leur projet. La coopérative compte désormais étendre le nombre de magasins référençant ses marques. Elle compte produire au terme de sa première année 250 tonnes (à comparer avec 6000 tonnes produites par an du temps d'Unilever) et frôler les 3 millions d'euros de chiffre d'affaires. À plus long terme, Scop Ti vise les bénéfices dès mi-2016 et veut atteindre 9 à 10 millions d'euros de vente d'ici 2019.

D'autres journaux relaient l'information, parmi lesquels l'Express.  Extraits.

 

Marseille - Les produits de la coopérative de production Scop-TI, lancée par les ex-salariés en lutte de Fralib, arriveront dans les rayons des supermarchés "fin septembre, début octobre", ont indiqué les responsables lors d'une visite du secrétaire national de la CGT Philippe Martinez sur le site.

Olivier Leberquier, ancien délégué syndical CGT des Fralib, aujourd'hui directeur général délégué de la société coopérative ouvrière provençale de production (Scop.Ti), a indiqué que la société avait reçu "des réponses favorables de toutes les enseignes" de grande distribution, soit au niveau régional, soit au niveau national. 

"Nous avons déjà rempli avec trois d'entre eux les papiers" pour le référencement, a-t-il expliqué. 

Symboliquement, le premier magasin approvisionné, mi-septembre, devrait être le supermarché Auchan d'Aubagne, que les salariés en lutte avait régulièrement "dévalisé" pendant leur longue lutte, retirant des rayons les produits Unilever. 

Pendant quatre ans, après la décision du groupe anglo-néerlandais de délocaliser la production de Gémenos en Pologne, les "Fralib", ex-producteurs des thés Lipton et infusions de l'Eléphant, étaient devenus le symbole du combat contre les délocalisations, veillant jour et nuit sur leurs machines et multipliant les actions d'éclats pour médiatiser leur conflit. 

[...]

"Cette victoire est d'abord celle des salariés, avec l'aide de la CGT", a salué Philippe Martinez, qui estime que la coopérative est "la démonstration que quand on donne un peu moins de pouvoirs aux actionnaires, quand on privilégie moins, ou pas du tout les actionnaires, on peut avoir des salaires et de la production. C'est un symbole du fait que l'industrie française a de l'avenir", a-t-il poursuivi. 

:

 

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents