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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 16:34
Lu sur le blog de Jacques Sapir, "Russeurope"
Lettre perdante
24 octobre 2014

 

Ainsi, François Hollande se refuse à publier la lettre envoyée par la Commission de Bruxelles sur le budget français. Le Premier-Ministre italien, M. Renzi, n’a pas eu cette pudeur, et il en a profité pour attaquer de front la dite Commission. On pourrait croire que c’est là une différence de style et, on le sait, le style c’est l’homme. Mais il y a quelque chose de plus dans ce comportement timide, et pour tout dire puéril, de notre Président.

La lettre révélatrice 

Ce que cette lettre révèle, car de bonnes âmes, MEDIAPART pour les nommer, en ont publié le texte obtenu par des fuites venant soit de Bruxelles soit de Paris, c’est l’arrogance d’une Commission européenne. Mais, pourquoi donc cette dernière prendrait-elle des gants ? Après tout, c’est bien François Hollande qui signa le Traité sur la stabilité et la gouvernance, le TSCG, qui met la France sous la tutelle de Bruxelles, c’est à dire en fait de l’Allemagne. Ce que François Hollande redoute, tout comme un mauvais élève craint le courroux de ses parents et cherche à leur cacher une mauvaise note, c’est d’être confronté aux conséquences de ses actes. Ce traité, le fameux traité « Merkozy », négocié par Mme Merkel et Nicolas Sarkozy, organise la soumission institutionnelle de la France à un pouvoir étranger. Oh, bien sur, il est aujourd’hui facile d’affirmer qu’il n’est pas question que Paris modifie son budget pour satisfaire tant Bruxelles que Berlin. Mais, le mal est fait. Soit nous nous plierons, de mauvaise grâce, à cette règle inique et nous l’entérinerons, soit nous allons au conflit ouvert tant avec Bruxelles qu’avec Berlin, qui a refusé les 50 milliards d’investissements quémandés, toute honte bue, par le triste duo Macron-Sapin.

Le comportement de François Hollande sur cette fameuse lettre est révélateur de l’échec de sa politique. Il est révélateur de son incapacité fondamentale à assumer les conséquences de ses actes et de ses politiques. Mais, de cela, nous nous en doutions un peu. Sa vie privée en porte constamment témoignage.

La lettre accusatrice

Il n’en reste pas moins que le problème est bien réel et ne disparaîtra pas parce que notre Président n’a pas le courage de l’affronter. Sa politique économique est un échec, ce que les chiffres du chômage, publiés ce vendredi 24 octobre, viennent nous rappeler. L’économie française est à l’arrêt et n’engendre plus les recettes fiscales escomptées, ce qui creuse encore plus le déficit. Au-delà, sa politique européenne est un champ de ruines. Il n’a su ni gagner l’amitié ni gagner le respect de ses partenaires. La France se trouve aujourd’hui sur une trajectoire de collision avec l’Allemagne, ce qu’il prétendait éviter, en raison même de la politique qu’il a menée, toute faite de demi-mesures et de gros mensonges. Si, devant l’insensibilité et l’obstination allemandes, le gouvernement français avait menacé de quitter l’Euro, peut-être aurions nous été pris au sérieux. A tout le moins, une sortie de l’Euro aurait redonné à l’économie française les marges de manœuvres qui aujourd’hui lui font si dramatiquement défaut.

Si François Hollande n’a pas voulu révéler le contenu de cette lettre, c’est parce qu’il sait, au plus profond de lui, qu’elle le condamne. Elle le condamne par son existence même. Cette lettre n’aurait jamais dû pouvoir être écrite. Elle le condamne par son contenu, cette inquisition à laquelle est soumise la représentation nationale française. Elle le condamne enfin et ce qu’elle témoigne de l’inévitabilité d’un conflit qu’il n’a pas voulu admettre mais qui s’impose à lui. Comment ici ne pas penser aux mots terribles de Winston Churchill lors des accords de Munich : « nous avions le choix entre le déshonneur et la guerre ; Nous avons choisis le déshonneur ; nous aurons la guerre ».

Une lettre volée ?

On se souvient peut-être de la nouvelle d’E.A. Poe, La lettre volée, qui met en scène un détective et un policier autour d’une lettre dérobée susceptible de provoquer un effroyable scandale. Toutes choses étant égales par ailleurs, comme adorent le dire les économistes, et le talent en moins, c’est à une variante de cette lettre volée que nous convie François Hollande en prétendant nous dérober son contenu. Mais, nul n’est besoin de le connaître précisément, de savoir si Bruxelles a mis une virgule ou un point d’exclamation. Ce qu’il est impossible de dérober, c’est ce que cette lettre établie de manière fort claire : nous ne sommes plus un Etat souverain. Cette lettre signe la honte de François Hollande, et celle-là il ne l’a pas volée…

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 03:58

Otan, de l’Ukraine à la Turquie

L'art de la guerre
turquie-ukraine

Il est allé en Pologne rencontrer le président Komorowski, il a reçu à Bruxelles le ministre ukrainien des Affaires étrangères Klimkin, il est ensuite allé en Turquie pour des entretiens avec le président Erdogan : le nouveau secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, ne pouvait pas mieux commencer. Ancien leader du Parti du travail et chef de gouvernement, soutenu par la coalition « rouge-vert », il a emporté la prestigieuse charge -lit-on dans la biographie officielle- parce que, quand il était premier ministre en 2005-2013, il a fait de la Norvège un des pays Otan ayant la plus grosse dépense militaire par habitant.

Un secrétaire dynamique pour une Alliance toujours plus dynamique dans le domaine militaire. En Pologne, où s’est déroulée la manoeuvre Otan Anaconda 2014 avec la participation de forces  étasuniennes, Stoltenberg a assuré que « l’Otan est ici pour vous protéger », rappelant que, depuis le début de la crise en Ukraine, les Alliés maintiennent en Europe orientale « une présence et une activité militaire aérienne, terrestre et maritime continue». L’objectif est d’ « envoyer un signal fort à la Russie », définie par le secrétaire lituanien à la défense Vejonis comme « un agresseur qui représente une menace potentielle pour tous les pays européens ».

A la conférence de presse à Varsovie, le président Komorowski a demandé au secrétaire général de l’Otan d’accélérer la construction du « bouclier de missiles » en Europe, en rappelant que la Pologne s’est engagée à le renforcer par son propre « bouclier », lui aussi réalisé avec des technologies étasuniennes, pour un coût prévu de 33,6 milliards d’euros. Il a pour cela reçu les félicitations de Stoltenberg. Au même moment s’est déroulé en Pologne le Symposium sur la politique nucléaire de l’Otan, avec la participation de tous les pays de l’Alliance, y compris ceux comme l’Italie qui ont adhéré au Traité de non-prolifération formellement comme non-nucléaires. Dans la déclaration du récent Sommet au Pays de Galles, l’Otan spécifie : « la défense de missiles intègre le rôle des armes nucléaires, elle ne les remplace pas » et « tant que les armes nucléaires existeront, l’Otan restera une alliance nucléaire », parce que les forces nucléaires stratégiques des Etats-Unis (que l’administration Obama est en train de potentialiser), intégrées par les forces britanniques et françaises, constituent « la garantie suprême de la sécurité des Alliés ». Comme garantie ultérieure, le Prix Nobel de la paix Lech Walesa propose : « la Pologne doit prendre des armes nucléaires en prêt ou en leasing pour montrer à Poutine que si un seul soldat russe met le pied sur notre terre, nous attaquerons ».

À la manoeuvre Anaconda 2014 en Pologne a aussi participé le Landcom, le commandement des forces terrestres des 28 pays de l’Alliance, activé à Smyrne en Turquie. Où l’Otan a plus de vingt bases aériennes, navales et d’espionnage électronique, renforcées en 2013 par des batteries de missiles Patriot en mesure d’abattre des vélivoles dans l’espace aérien syrien ; où elle a constitué des centres de formation militaire pour des combattants à infiltrer en Syrie, en favorisant le développement des forces de l’Emirat islamique. Où Stoltenberg est allé pour exprimer à Ankara « la solidarité de l’Alliance » face à la « grave menace de l’EI ».

Stoltenberg s’est ensuite félicité du récent vote du parlement qui « autorise un rôle encore plus actif de la Turquie dans la crise », et a déclaré que « l’Otan est prête à appuyer tous les Alliés dans la défense de leur propre sécurité » : donnant ainsi le feu vert au plan, officiellement proposé par le président turc, qui prévoit la création d’une « zone tampon » en territoire syrien, renforcée par une « no-fly zone » (de fait déjà existante aujourd’hui). Le « plan Erdogan », même si la Turquie a ses propres objectifs nationaux (comme celui d’empêcher la création d’un Etat kurde), entre dans la stratégie USA/Otan.

La déclaration du Sommet prétend même que « le régime d’Assad a contribué à l’émergence de l’EI en Syrie et à son expansion au-delà de ce pays ». En d’autres termes, il dit que le président Assad, en proie à une manie suicidaire, aurait favorisé la formation du mouvement islamiste qui veut le renverser.

Manlio Dinucci

 

Edition de mardi 14 octobre 2014 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/dalla-polonia-alla-turchia-e-ritorno/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 18:15
Le Parti Communiste d'Ukraine (KPU) malgré les persécutions dont il est victime, tant de la part de la junte fasciste au pouvoir que des militants nationalistes, pourrait, selon les sondages, conserver des députés à la Verkhovna Rada - article et traduction Nico Maury
Le Parti Communiste d'Ukraine (KPU) parviendrait à sauver sa représentation à la Rada
Les trois dernières études d'opinions qui ont été publié dans le cadre des élections législatives anticipées du 26 octobre montrent que le Parti communiste (KPU) serait en mesure de conserver des députés (mais vraisemblablement sans pouvoir constituer de groupe). Le KPU devrait donc dépasser les 5% nécessaires pour obtenir des élus par représentation proportionnelle (225 candidats sont élus par représentation proportionnelle et 225 par un système majoritaire dans des circonscriptions uninominales).

Le Parti communiste d'Ukraine a réussi, malgré les percussions, son éviction du parlement, les tentatives d'interdiction, les attaques de militants néonazis contre ses militants et locaux, à déposer et valider auprès de la Commission Électorale Centrale (CCE) une liste de 205 noms pour le scrutin proportionnel, cela en plus de candidats sur les circonscriptions. La liste est conduite par Petro Simonenko, Premier secrétaire du Comité central du KPU.

Entre 4,5% et 6,8% pour les communistes

Les trois dernières enquêtes pour les élections et qui datent toutes du 10 et 13 octobre donnent au KPU un score compris entre 4,5% et 6,8% des voix. Certes il s'agit d'un recul par rapport à 2012 où les communistes avaient reçu 13,2% des suffrages.

- Dans l'enquête de KMIS pour l'institut sociologique d'Ukraine réalisée auprès de 1200 personnes, le KPU recueillerait 5,6% des voix
- Dans l'enquête de l'institut «Рейтинг» réalisée auprès de 2000 personnes, le KPU recueillerait 4,5% des voix (score insuffisant pour entrer à la Rada) et la participation ne devrait pas dépasser 55%.
- Dans l'enquête pour Interfax-Ukraine" réalisé auprès de 1200 personnes, le KPU remporterait 6,8% des voix.

Le Parti Communiste d'Ukraine sera handicapé aussi par plusieurs facteurs autre que les persécutions. La majeure partie de son électorat se trouve à l'est et dans les Républiques populaires.

Dans le Donbass : En 2012, le KPU obtenait ses meilleurs scores dans l'Oblast de Lugansk, or celui ci est aujourd'hui en guerre et une partie de ce dernier a fait sécession. 1.220.000 personnes (sans tenir compte des réfugiés) ne sont plus aujourd'hui concernées par les législatives d'octobre 2014. Même situation dans l'Oblast de Donetsk, le KPU faisait ses meilleurs scores dans les régions de Marioupol, Slaviansk et Kramatorsk. Dans le reste de l'oblast la situation est identique à Lugansk, la guerre règne. De plus avec la sécession de Donetsk se sont 1.867.000 personnes (sans tenir compte des réfugiés) qui sont sorti du giron de Kiev.

Les scores du KPU en 2012
Les scores du KPU en 2012
En Crimée le KPU a perdu aussi ses appuis notamment à Sébastopol, Krasnoperekopsk et Kertch.

Dans les zones à fort vote communiste du sud-est de l'Ukraine la participation s'annonce très faible du fait des tensions politiques et des actions des militants nationalistes qui sévissent autour des zones de stationnement de la Garde nationale. Ainsi dans les région de Dnipropetrovsk, Kharkov, Kherson, Odessa, Nikolaïev et Zaporojie, le KPU ne pourra faire le plein des voix.

Lors des Présidentielles anticipées, l'abstention nationale était de 40,13 % et de 44,53% dans l'oblast de Dnipropetrovsk, 48,39% dans l'oblast de Nikolaïev, 48,58% dans l'oblast de Kherson, 48,86% dans l'oblast de Zaporojie, 52,10% dans l'oblast de Kharkov, 53,99% dans l'oblast d'Odessa et plus de 61% dans les zones "libérées" de Lugansk et 84% dans les zones "libérées" de Donetsk. Les sondages d'opinions fixent la participation aux allant-tours de 55%.

Pour de nombreux habitants d’Ukraine, ces élections ne les concerneront pas, eux qui sont considérés comme des citoyens de seconde zone, du fait de la russophobie étatique qui s'impose dans le pays. De plus la chasse aux communistes et aux vestiges, et les fraudes annoncées, vont pousser de nombreux électeurs à s'abstenir.

Les nationalistes renforcés lors des élections

Ces enquêtes montrent que le "Bloc Porochenko" (dirigé par le Président et le parti UDAR de Vitali Klitschko) remporterait largement les élections avec un score compris entre 32% et 34,3% des voix. Le rival le plus proche serait le Parti Radical Oleg Lyashko (nationaliste) qui remporterait entre 11% et 13,6% des voix. Les néonazis du parti Svoboda, malgré la présence renforcée du Parti Radical recueillerait quand même entre 4% et 6,4% des voix.

Le parti de l'oligarque Ioulia Timochenko (Patrie) ex-égérie de la Révolution orange continuerait son effondrement et ne recueillerait plus que 6,9% à 9,6% des voix. La scission de ce parti conduit par l'actuel Premier ministre (Arseni Iatseniouk) et Président de la Rada (Alexandre Tourtchinov) recueillerait entre 5,6% et 8,9% des voix. Le parti d'Anatoly Gritsenko, Citoyenneté, obtiendrait entre 4,6% et 7,5% des voix.

Les restes du Parti des régions, organisés dans la coalition "Ukraine Forte" pourraient obtenir entre 5,8% des voix et 7,8%. Le "Bloc d'opposition" constitué d'ancien du Parti des région recueillerait entre 2,3% et 5,1% des voix.
Nicolas Maury
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 09:18

 

 

Il suffit de lire sa "UNE" datée des 12 et 13 octobre 2014 pour se convaincre du contraire.  Les sous titres du quotidien du soir confirment notre état de dépendaénce vis-à-vis de Bruxelles :

 

"Le président de l'Eurogroupe, M.Dijsselbloem, a assuré que " le projet de budjet de la France est assez loin de l'objectif".
"Certains pays du nord et de l'est de l'Europe considèrent que la France n'a pas fait les réformes nécessaires".

Le Monde résume :

"la pression sur la France a montée d'un cran vendredi, à quelques jours de la transmission du budget à la Commission".

 

En clair, ce ne sont plus les députés, élus par le peuple français, qui décident de la politique de notre pays. Ce sont les puissances étrangères - l'Union européenne - qui imposent ce que sera la vie de nos compatriotes les prochaines années.

Le gouvernement le reconnaît, mais tente de minorer cette énormité :

"Le contrôle de notre budget par Bruxelles est prévu dans les textes européens..."

Certes, mais qui a donné son aval à cet abandon de souveraineté ?

Les élus de "gôche" comme de droite, refusant au peuple français d'user de son droit de référendum.

L'excuse vaut son pesant d'euro : le peuple aurait répondu NON !

C'est ça la démocratie dans notre pays !

La réponse est dans "Le Monde", daté du 14 octobre :

 

 

 

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 17:23

Lu sur canemepechepasnicolas

 

Marianne

 

ENTRETIEN

Alors que le septième volet des négociations sur le traité transatlantique a débuté lundi près de Washington, "Marianne" s'est entretenu avec l'économiste Thomas Porcher, co-auteur avec Frédéric Farah de l'essai "TAFTA : L’accord du plus fort", sur la question de la création d'emplois.
NICOLAS MESSYASZ/SIPA

TAFTA : L’accord du plus fort, Thomas Porcher et Frédéric Farah, Ed. Max Milo, octobre 2014, 64 p., 6,90 €.

 

Alors que le septième volet des négociations sur le traité transatlantique a débuté lundi près de Washington, "Marianne" s'est entretenu avec l'économiste Thomas Porcher, co-auteur avec Frédéric Farah de l'essai "TAFTA : L’accord du plus fort", sur la question de la création d'emplois.

NICOLAS MESSYASZ/SIPA
NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Marianne : Le traité transatlantique vise à créer une vaste zone de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Europe. Karel de Gucht, le commissaire européen au Commerce, promet la création de « millions d’emplois ». Qu’en pensez-vous ?
 
Thomas Porcher Je ne pense pas que cela soit possible. En 1994, l’Accord de libre-échange nord-américain (NAFTA), qui a donné lieu à la création d’une vaste zone de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, promettait déjà de la création d’emploi. Pourtant en la matière, on peut constater aujourd’hui que le bilan est mauvais : les Etats-Unis ont perdu plus d’un million d’emplois entre 1993 et 1999, quand le Mexique a également perdu à peu près un million d’emplois dans la culture du maïs. En ce qui concerne le traité transatlantique, quatre études ont été commandées par la Commission européenne afin d’évaluer l’impact économique de ce partenariat. Seule l’une d’entre elles prévoit la création de deux millions d’emplois de part et d’autre de l’Atlantique. Mais pour arriver à ce chiffre, l’étude part de l’hypothèse que les barrières non tarifaires, à savoir les normes qui protègent les consommateurs, seraient réduites de 25 %. Et ça, personne ne le dit. Les négociateurs ne parlent que de l’impact prétendument positif sur le marché du travail.
 
Et qu’en serait-il de l’impact sur la croissance ?
 
Dans les meilleurs scénarios, on arrive à une augmentation de 1,3 % du PIB européen… dans dix à vingt ans ! Autant dire que ça ne répond en rien à l’urgence que représente les 25 millions de chômeurs qu’il y a actuellement en Europe. La majorité des études estiment, quant à elles, que cette augmentation sera inférieure à 1%. Ces prévisions, en outre, se basent sur une évolution linéaire et constante du monde et qui font fi de tout changement politique ou économique. Mais des événements peuvent venir altérer ces prévisions, à l’image de la crise des subprimes à la fin des années 2000. Enfin, ces études partent également du principe que la baisse des prix induira forcément une augmentation de la consommation, comme si les consommateurs étaient des robots, des homo economicus. Hors, des études autrement plus concrètes sur le comportement des consommateurs montrent que ceux-ci ne sont pas forcément attirés par les produits à prix bradés, mais se réfugie plutôt vers les valeurs simples et le durable.
 
A qui profite ce double discours ?
 
Aux multinationales. C’est dans leur intérêt que la protection des consommateurs soit rognée. Quand il s’agit de rendre les législations moins contraignantes pour faciliter leur business, les firmes américaines et européennes oublient leur rivalité et parlent d’une même voix. Il y a aussi derrière ce traité un enjeu géopolitique majeur. Si les Etats-Unis convainquent l’Europe de s’aligner à la baisse sur leurs normes, dans l’électronique notamment, les pays extérieurs au traité seront contraints, eux-aussi, de s’y mettre, sous peine de se faire distancer. La volonté d’endiguer la montée en puissance de l’Inde et de la Chine est clairement à l’œuvre dans cette histoire. Là encore, pourquoi le cacher ? 


Traité transatlantique : le mythe des créations d'emplois
TAFTA : L’accord du plus fort, Thomas Porcher et Frédéric Farah, Ed. Max Milo, octobre 2014, 64 p., 6,90 €.
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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:55

11 OCTOBRE : JOURNÉE D’ACTION EUROPÉENNE CONTRE LES PROJETS DE TRAITÉS DE LIBRE-ÉCHANGE
 
Manifestation à Paris le 11 octobre, départ 14h30 place de Stalingrad

 
Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
 
Le 27 septembre 2014.

 
Le collectif STOP TAFTA, dont fait partie le M’PEP, s’est inscrit dans la journée d’action européenne du 11 octobre contre les projets de traités de libre-échange.
 
Ces accords (traités) de libre-échange et d’investissement sont négociés dans le plus grand secret. S’ils sont adoptés, ils se traduiront par une domination encore plus vaste des firmes multinationales sur nos sociétés, au détriment de la qualité de vie des populations, de la démocratie, de l’environnement. Sous prétexte de relancer la croissance et l’emploi – ce qui est faux -, ces projets s’attaquent aux normes sociales, financières, sanitaires, culturelles et environnementales. Si elles s’estiment lésées, les firmes multinationales, avec l’accord enthousiaste des gouvernements des pays concernés, pourront poursuivre les Etats devant des tribunaux d’arbitrage privés, hors de tout contrôle démocratique.
 
Il faut exiger que dans chaque pays les gouvernements et les parlements décident de se retirer unilatéralement de ces négociation. Ainsi, si ces accords voyaient le jour, ils ne seraient pas appliqués dans les pays qui se seraient retirés des négociations.
 
TAFTA : Trans-Atlantic Free Trade Agreement (ou TTIP, Transatlantic Trade and Investment Partnership). En français : Partenariat Transatlantique de Commerce et d'Investissement(PTCI). C’est un projet d'accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis. Il concerne des domaines aussi variés que l'accès aux médicaments, la sécurité alimentaire ou le règlement des différends privés-publics. Les négociations sont censées durer au moins jusqu'à fin 2014.
 
CETA : Canada-EU Trade Agreement. En français : Accord Économique et Commercial Global (AÉCG). C’est un vaste accord commercial négocié depuis 2009 entre le Canada et l'Union européenne. Actuellement en phase de finalisation, il doit être approuvé par le Conseil et le « Parlement » européen. Ce projet représente une menace majeure pour la liberté d'expression en ligne et est porteur d'insécurité juridique pour les acteurs de l'Internet.
 
TISA : Trade in Services Agreement. En français : Accord sur le commerce des services en français (ACSF). C’est une négociation commerciale lancée début 2013 entre 23 Etats. Leur objectif est de poursuivre la libéralisation des services engagée par l’Accord général sur le commerce des services (AGCS, GATS en anglais) de 1994, qui combattait le protectionnisme et ouvrait certains secteurs à la concurrence.
 

 
Collectif national Stop TAFTA :
http://www.collectifstoptafta.org

 

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:45
Lu sur le site du M'Pep.  Une analyse de Jacques Nikonoff du traité transatlantique ( appelé aussi TAFTA).  Cliquez sur le titre pour lire l'article intégralement.

La réunion du G8 qui s’est tenue à Lough Erne, en Irlande du Nord, les 17 et 18 juin 2013, a été l’occasion de lancer officiellement les négociations pour aboutir à un Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI), Transatlantic Trade & Investment Partnership (TTIP) en anglais. Quelques jours avant à Luxembourg, dans une opacité totale, les ministres du Commerce des Vingt-Sept avaient adopté le mandat à confier à la Commission européenne pour conduire les négociations au nom de l’Union européenne.

Le gouvernement français PS-EELV qui, avant cette réunion, avait annoncé qu’il allait faire un malheur en brandissant la menace d’utiliser son droit de veto si une « exception culturelle » n’était pas accordée, s’est finalement, comme prévu, lamentablement couché, contrairement à la propagande massive qui tente de faire croire l’inverse. En effet, selon le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht : « le mandat est très clair. D’un côté, il est dit que audiovisuel est exclu du champ des négociations. Dans un autre paragraphe, il est dit très clairement que nous pouvons faire de nouvelles propositions au Conseil sur un mandat additionnel, sur n’importe quelle question y compris l’audiovisuel  ». Cette façon de procéder est un grand classique de la diplomatie : on rédige un texte qui dit une chose et son contraire en organisant volontairement le flou artistique pour éviter que l’une des parties ne perde la face. Chacune peut alors crier victoire, les larrons jouant la comédie. Si la France avait vraiment voulu mettre son veto, elle aurait empêché que la question de l’audiovisuel, dans le mandat, puisse revenir sur le tapis. En réalité, tout le battage organisé autour de l’ « exception culturelle » avait pour but de répandre un rideau de fumée sur les autres sujets, précisément en les faisant oublier au profit d’une victoire à la Pyrrhus du gouvernement, programmée d’avance dans un jeu de rôle savamment orchestré avec monsieur Barroso dont les talents de comédien sont certainement ce qu’il y a de meilleur en lui. Le journal Le Monde a encore été pris la main dans le sac de sa mauvaise foi en indiquant, dans son éditorial du 19 juin 2013 : « la France a fini par imposer ses vues et à remporter une victoire politique ».

Il n’y aurait rien à redire si ces négociations entre les USA et l’UE avaient pour objectif de rapprocher les peuples des deux côtés de l’océan. Un tel partenariat, s’il avait pour ambition d’améliorer la prospérité générale, de s’attaquer radicalement aux désastres environnementaux, d’établir des normes de haut niveau en matière de protection sociale, tant du point de vue des soins de santé que de retraites ou de conditions de travail, d’éradiquer définitivement le chômage et la précarité, et donc la pauvreté, susciterait un enthousiasme universel. Il serait un exemple pour le reste du monde.

Hélas, non seulement il ne s’agit pas du tout de cela, mais de l’inverse. La décision prise en Irlande les 17 et 18 juin 2013 est monstrueuse à tous égards. Il s’agit ni plus ni moins de mettre en place un empire euro-atlantique pour restaurer le leadership mondial des États-Unis, de privatiser le droit et la justice en les remettant dans les mains des firmes multinationales, anéantissant ainsi la démocratie, de parachever le libre-dumping qui met en concurrence les travailleurs des différents pays et n’est profitable qu’aux très grandes entreprises. La grande presse évoque un accord de « libre-échange ». Bien sûr, la composante libre-échangiste est présente (parlons plutôt de « libre-dumping » pour ne pas salir les jolis mots de « libre  » et d’ « échange  »), mais elle est loin d’être l’essentiel. Derrière la perspective impériale des États-Unis il y a, pour la consolider, la volonté de s’attaquer principalement aux « barrières non-tarifaires » que sont les normes sociales, environnementales, alimentaires, techniques, etc. Car en matière de droits de douane il n’y a plus grand-chose à gratter.

C’est un tournant de la géopolitique mondiale qui est train de s’amorcer sous nos yeux, c’est un « OTAN économique » qui se met en place.

Ce projet ne date pas d’hier et résulte d’une série d’étapes aisément traçables depuis la création de l’OTAN (militaire !) en 1949 et du Marché commun en 1957 (voir l’annexe 1 pour un résumé des principales étapes de ce projet depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale).

Le PTCI est le résultat direct d’un intense travail mené par les lobbies américains et européens, financés par les grands groupes industriels, de services ou financiers. Les plus actifs ont été les chambres américaines de commerce, le Transatlantic Business Council (TBC) et le Transatlantic Policy Network (TPN). Ce dernier est composé pour moitié de représentants des firmes multinationales surtout américaines comme AT&T, BASF, Bayer, Dow Chemical, Hewlett Packard, Nestlé, Time Warner, Walt Disney Company, etc. L’autre moitié est composée de 60 députés européens et d’élus du congrès des États-Unis. Une partie du monde politique, manifestement, n’a pas été insensible aux « arguments  » de ces lobbies. Ainsi 8% des parlementaires européens sont membres du Transatlantic Policy Network (TPN)…

Il est vrai que les intérêts en jeu sont considérables. Les États-Unis et l’Union européenne comptent pour presque la moitié du PIB mondial et 30% du commerce international. Chaque jour, 2,7 milliards de dollars (2 milliards d’euros) de biens et de services sont échangés entre les deux rives de l’océan. Les investissements directs représentent quant à eux 3,7 trillions de dollars (2,8 trillions d’euros). Un trillion = 1 000 milliards. Selon le « mémo  » 13/95 du 13 février 2013 de la Commission européenne, «  les relations commerciales transatlantiques constituent l’épine dorsale de l’économie mondiale ». Ce mémo ajoute que « d’ici 2027, des gains annuels totaux se traduisant par une hausse du PIB de 0,5% pour l’UE et de 0,4% pour les États-Unis » devraient intervenir, soit « des revenus annuels supplémentaires de 86 milliards d’euros pour l’économie européenne et de 65 milliards d’euros pour l’économie américaine ». Un rapport du Center for Economic Policy Research fait des prévisions encore plus mirobolantes, l’Union européenne gagnerait 119,2 milliards d’euros par an, les USA 94,9 ! Les exportations de l’Union européenne vers les États-Unis augmenteraient de 28%.

Le PTCI aborde trois sujets : d’abord « les règles, les principes et les nouveaux modes de coopération permettant de répondre aux défis partagés et aux opportunités communes du commerce mondial  » ; ensuite « les questions de réglementation et les obstacles non tarifaires » ; et enfin « l’accès au marché » (l’annexe 2 détaille le contenu des négociations).

Au total le PTCI vise à redonner le leadership mondial aux États-Unis en faisant de l’Union européenne son arrière-cour. Si par malheur cet accord était conclu, une nouvelle vague de libéralisation destructrice s’abattrait sur la planète. La lutte contre cet accord ne doit pas se limiter à la revendication de l’ « exception culturelle ». Elle doit se fixer pour perspective d’empêcher la conclusion de cet accord, dans son intégralité, et de construire un ordre mondial fondé sur la coopération entre les peuples dans le respect de leur souveraineté nationale. [...]. 

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:41
Lu sur le site Contrelacour, un site bien informé sur les négociations en cours à Bruxelles.  Tout confirme que tout est à craindre des discussions avec les Etats-Unis, négociations secrètes dont sont exclus les Parlements nationaux et les citoyens.  Se mobiliser pour que le parlement français se prononce contre ce traité transatlantique et contre le traité avec le Canada est urgent.  Samedi 11 octobre est un moment de cette mobilisation.
TTIP marché transatlantique été 2014

Ignacio Garcia Bercero chef négociateur européen, lors du septième cycle de négociations

« Nous avons pris un engagement sans équivoque et ferme: rien ne sera fait qui pourrait réduire ou compromettre la protection de l’environnement, la santé, la sécurité, les consommateurs ou d’autres objectifs de politique publique poursuivis par les organismes de réglementation de l’UE ou des États-Unis. »
Ce sont là les dernières déclarations d’Ignacio Garcia Bercero, négociateur en chef du partenariat transatlantique pour l’UE.

Ainsi, au sortir du septième cycle de négociations, qui s’est tenu à Chevy Chase, dans le Maryland, aux Etats-Unis, du 29 septembre au 3 octobre, la Commission européenne se veut rassurante.

ContreLaCour vous propose de faire le point sur les événements de cet été.

La revue de presse du printemps est disponible en cliquant ici.

Le manque de transparence

L’Italie, qui préside l’Union européenne (UE) pour six mois depuis le 1er juillet, a pris l’initiative d’une lettre, qu’elle a adressée aux 27 autres Etats européens, le 20 août dernier, leur demandant d‘accepter que soit rendu public le mandat donné à la Commission européenne. Pourtant, encore aujourd’hui, certains Etats européens continuent de refuser la divulgation du texte, pourtant largement diffusé officieusement.

Tout juste entré en fonction, le nouveau secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl, a lui aussi exigé la publication du mandat de négociation. Il réitère ainsi une action déjà menée par ses prédécesseures, Fleur Pellerin et Nicole Bricq, sans succès.
Le 17 septembre, lors de son passage devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, il a annoncé qu’une «de [ses] toutes premières décisions a été d’écrire à la Commission européenne, au nom de la France, de faire toute la transparence sur les mandats de négociations». Un courrier qui ne servira pas à grand-chose, la décision de publication ne relevant pas de la Commission, comme cette dernière l’a déjà précisé en 2012 suite aux demandes de Nicole Bricq.
Durant cette même audition, Fekl s’est engagé à faire des points réguliers sur les avancées des discussions devant cette commission des Affaires économiques.

Un peu plus tôt, dans deux courriers transmis le 29 juillet 2014 au Conseil de l’Union européenne et à la Commission, la Médiatrice européenne, Emily O’Reilly, a demandé aux institutions d’accroître la transparence relative aux négociations en cours entre l’UE et les USA en publiant davantage de documents. A cet égard, je vous conseille la lecture de l’article, très complet, du site europaforum.public.lu.
Concernant le mandat de négociation, la Médiatrice estime « qu’il n’est pas immédiatement évident de voir de quelle manière sa divulgation porterait atteinte à la protection de l’un des intérêts publics ou privés ».
Concernant les documents directement liés aux discussions entre les négociateurs, elle suggère la mise en place d’un registre public des documents relatifs au TTIP et demande des explications à la Commission quant aux accusions d’inégalité de transparence selon l’auteur des demandes.

L’initiative de la Médiatrice prend ainsi le relais d’un arrêt de la Cour de Justice de l’UE du 3 juillet 2014. Cet arrêt fait suite à un recours déposé par une eurodéputée néerlandaise libérale (ALDE) suite au refus de la Commission européenne de lui transmettre l’intégralité des documents relatifs aux négociations entre l’UE et les USA sur l’accord dit TFTP-SWIFT.
Les dispositions de cet arrêt peuvent largement être transposées à l’ensemble des accords commerciaux actuellement négociés par la Commission, notamment l’accord général négocié avec les Etats-Unis : le TTIP.

La CJUE est venue rappeler à la Commission ses obligations en matière de transparence : les négociateurs doivent permettre un large accès du grand public à tous les documents du TTIP, et ne censurer que les paragraphes qui pourraient affecter les importantes stratégies de négociation et qui ne sont pas déjà connues par l’autre partie aux négociations.

Dans une réponse en date du 30 septembre 2014, le Conseil indique ne pas donner suite aux demandes de la Médiatrice européenne. Il estime en effet que :
- aucune plainte relative à une mauvaise administration en matière de transparence des négociations transatlantiques n’a été enregistrée,
- il n’existe aucune obligation dans le règlement 1049/2001 exigeant la publication des documents non législatifs.

Une initiative citoyenne européenne rejetée

Ce début d’année a été marquée par le rejet par la Commission européenne de l’initiative citoyenne déposée 250 organisations réclamant plus de démocratie concernant la négociation du traité transatlantique. Motif du refus: la « proposition d’initiative citoyenne est manifestement en dehors du cadre des attributions de la Commission en vertu desquelles elle peut présenter une proposition d’acte juridique de l’Union aux fins de l’application des traités ».

Dans un article publié le 22 septembre dans La Tribune, Hervé Guyader rappelle que si la décision de rejet « est parfaitement justifiée et, finalement très opportune », la méthode politique reste désastreuse.

L’avancée des négociations

Comme indiqué plus avant, les négociateurs viennent tout juste de clôturer le septième cycle de discussions. Dans sa conférence de presse, le négociateur en chef européen nous apprend que « les négociations sont en train de passer doucement dans la phase textuelle« . Désormais, « les discussions sont basées sur des propositions de textes spécifiques« .

Au cours de ce cycle de négociations, l’accent a été mis sur le pilier réglementaire du futur accord. Tous les éléments de régulation ont été discutés, tant en termes de disciplines horizontales (cohérence réglementaire, Obstacle technique au commerce, Sanitaire et phytosanitaire). Les discussions ont également porté sur des secteurs spécifiques identifiés lors des cycles précédents tels que les produits pharmaceutiques, l’automobile, les produits chimiques, l’ingénierie, les matières premières, les douanes et la facilitation du commerce, les droits de propriété intellectuelle et enfin, les petites et moyennes entreprises.

Concernant les produits chimiques, la Commission européenne a récemment publié une note en réponse à des attaques formulées par des associations environnementales. Selon Karel de Gucht (commissaire en charge du commerce), les réglementations européennes et américaines sont si différentes qu’il n’est pas encore possible d’envisager une harmonisation et une reconnaissance mutuelle complètes. Le travail actuel ne porte que sur l’identification des règles d’évaluation et des étiquetages.

Pour finir, les négociations ont porté sur les services : « Les offres de services sont très complexes et techniques. Nos négociateurs ont consacré l’essentiel de la semaine à expliquer à l’autre partie, dans les moindres détails, tous les éléments de ces offres. »

Ignacio Garcia Bercero a précisé que l’approche européenne exclut tout engagement sur les services publics: « les gouvernements restent libres de décider à tout moment que certains services doivent être fournis par le secteur public« .
A noter que cette « liberté », si elle existe aujourd’hui dans le cadre des Traités européens, est souvent limitée par l’obligation qu’ont les services fournis par l’Etat de se mesurer à la concurrence d’autres entreprises privées. A cet égard, ce n’est pas le Traité transatlantique qui doit être surveillé, mais bien l’Accord sur le commerce des services (TISA), autre Traité en cours de négociation.

Fin juillet, le site Euractiv.fr nous informait que la Commission européenne entendait ajouter un chapitre sur l’économie numérique, « mais en laissant de côté les sujets trop sensibles, tels que la protection des données ». La fédération des entreprises européennes du secteur du numérique, DigitalEurope a demandé qu’un tel chapitre soit ouvert et a rencontré dans cette perspective les principaux négociateurs, le 16 juillet dernier.

Enfin, le 16 juillet, la Commission européenne a publié une note relative aux questions culturelles. Celle-ci rappelle toutes les dispositions qui ne sont pas inclues dans les négociations.

Le point controversé des tribunaux d’arbitrage

L’une des questions les plus controversées est celle des tribunaux d’arbitrage. Le 27 mars 2014, la Commission a lancé une consultation publique pour savoir si ce thème devait faire partie des négociations. La consultation s’est clôturée le 13 juillet et a suscité « près de 150 000 réponses », dont l’analyse ne devrait pas être terminée avant novembre, a indiqué M. Garcia Bercero.

Pour l’heure, une note de la Commission indique les principales statistiques liées aux réponses déposées. La plupart des contributions proviennent du Royaume-Uni (34,81%), d’Autriche (22,59%), d’Allemagne (21,76%), de France (6,55%) et de Belgique (6,29%). Seules 569 réponses proviennent d’organisations. Seul un petit nombre de réponses (738 répondants, représentant 0,5% du total) ont indiqué avoir déjà fait un investissement aux Etats-Unis.

Le compte-rendu du fond des contributions postées devrait être mis en ligne bientôt par la Commission européenne. Les nouveaux commissaires auront donc la charge de débattre de cette épineuse question avec les gouvernements nationaux et les eurodéputés, de plus en plus rétifs.

D’ores-et-déjà, face à une opinion publique très alertée, le gouvernement allemand a fait connaitre sa volonté de retirer le chapitre ISDS du Traité UE-Canada, conclu très récemment.
Pareillement, le groupe Socialistes et Démocrates (S&D) du Parlement européen, dont un de ses membres – Bernd Lange – est Président de la Commission du commerce international, a indiqué être vivement opposé au mécanisme de règlement des différends investisseur-État.

Doit-on prendre au sérieux ces déclarations gouvernementales et parlementaires ? Cela s’avère difficile. En effet, les institutions européennes ont récemment adopté un règlement relatif aux responsabilités financières Etat-UE en cas de différends Etat-investisseur. Un règlement qui devrait être particulièrement utile. Pour cause, les Etats ont donné mandat à la Commission de mettre en place des tribunaux d’arbitrage dans nombre d’accords actuellement négociés (Chine, Myanmar, Canada, Inde, Japon, Maroc, Singapour, Thaïlande, Vietnam et Etats-Unis).

Cette discordance entre la parole et le geste se retrouve également au sein de la nouvelle composition de la Commission européenne. Alors que le nouveau Président de la Commission Jean-Claude Juncker se dit opposé au maintien des dispositions ISDS dans l’accord transatlantique, la Commissaire en charge du commerce s’avère bien plus mesurée. Lors de son audition devant les eurodéputés, le site Romandie rapporte : « Cecilia Malmström est restée ambiguë sur l’inclusion de tribunaux d’arbitrage dans l’accord de libre-échange en cours de négociation avec les Etats-Unis. Je n’exclus pas que ça soit exclu de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis, a-t-elle déclaré, mais discutons-en, a-t-elle ajouté, jugeant toute décision prématurée. » Une déclaration qui se révèle contradictoire aux documents préparatoires fournis aux eurodéputés.

Pourtant, malgré l’opposition de toutes les institutions européennes, l’inquiétude des citoyens et une consultation en cours d’analyse, le compte-rendu du sixième cycle de négociations mentionne que les Etats-Unis et l’UE ont déjà échangé leur proposition de texte : « Pour les dispositions de règlement des différends, des discussions fondées sur des textes ont commencé étant donné que les deux parties ont déposé des dispositions textuelles. Comme dans d’autres domaines où les deux parties ont déposé des propositions, les deux parties ont produit un texte de support consolidé et tentent de parvenir à des propositions de compromis. »

Le rôle des Parlements

Une récente réponse ministérielle a confirmé le caractère vraisemblablement mixte du futur Traité et, de fait, la consultation obligatoire des Parlements nationaux pour les dispositions de compétences nationales :

Le partenariat commercial transatlantique contiendra majoritairement des dispositions relevant de la compétence exclusive de l’Union européenne (dispositions de nature commerciale, notamment), mais également des dispositions qui relèvent de la compétence des États membres, qui auront été négociées en leur nom. L’accord final sera bien un accord mixte, comme le sont la quasi-totalité des accords de libre-échange conclus par l’Union européenne.
Dès lors, conformément aux traités européens et à la Constitution, à l’issue de la négociation, le texte final devra être ratifié par les parlements nationaux des États membres et obtenir l’approbation du Parlement européen.

Dans un article du 11 septembre 2014, le site Contexte met en avant la frilosité des parlementaires français pour ces négociations, tandis que les entreprises les appelaient à soutenir le projet d’Accord.

Du côté du Parlement européen, le nouveau Président de la Commission du commerce international – Bernd Lange – a récemment mis en garde la Commission européenne sur son devoir de bien prendre en compte l’avis du Parlement européen : « Au final, c’est le Parlement qui décide des accords. Je recommande donc à la Commission européenne d’en tenir compte. »
A noter que c’est un parlementaire français, Gilles Pargneaux, qui a été nommé rapporteur du groupe Socialistes et Démocrates (S&D) pour le suivi des négociations transatlantiques.

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 07:21

Lu sur le blog de José Fort

 

Les barbares qui sèment la terreur en Irak et en Syrie sous le sigle EIIL ne sont pas si barbares que cela pour plusieurs pays membres de l’Union européenne. Les bandes EIIL sont riches à milliards de dollars fruit des pillages, notamment la réserve irakienne, de financements « privés » en provenance des monarchies régionales et… de la vente à bas prix de pétrole.

L’ambassadrice de l’Union européenne en Irak, Mme Jana Hyboskova, a déclaré devant une commission que « plusieurs membres de l’UE ont acheté du pétrole non-raffiné à l’EIIL.» Elle a refusé de nommer les noms des pays incriminés. Depuis, le silence total est observé sur ce scandale à Bruxelles et dans toutes les capitales européennes, notamment à Paris.

On ne peut à la fois vouloir combattre la barbarie et financer les monstres. Voilà pourquoi, alors que la France s’engage dans un conflit aux prolongements longs et dangereux, la clarté doit être faite et une réponse nette et rapide doit être exigée à la Commission de Bruxelles : qui sont les pays membres de l’Union européenne acheteurs du pétrole à l’EIIL ?

José Fort

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 17:30
Le modèle allemand a un cœur de ténèbres (Sinistra in Rete)
Rossella LAMINA

 

Arrêtons de dire du mal de l’Allemagne, demande Renzi, « dans le domaine du travail, elle est notre modèle ». Mais si vous vous préparez à déboucher le champagne, savourant d’avance un bond salarial vers les niveaux allemands tant vantés, gardez la bouteille pour une meilleure occasion : ce « modèle » a un cœur de ténèbres, fait de précarité et d’exploitation légalisée...

 

Nous croyons être informés sur tout ce qui se passe en Europe, surtout en ce qui concerne les plus grands pays ; en réalité – et ce n’est pas notre faute – beaucoup de ce qui arrive chez nos voisins nous échappe.

Dans ce sens, l’Allemagne est un cas d’école. Sur son « modèle vertueux », son statut de « locomotive de l’Europe », monde magique où déficit et PIB vivent en parfait équilibre, (« comme des petits pois dans une même cosse », diraient Laurel et Hardy), on a écrit des milliers de pages. Mais, d’autres pages, tout à fait fiables et autorisées, nous parvient un tableau bien différent de l’actuel modèle allemand ; il s’agit du terrible et splendide livre-enquête Allemagne années dix. Face à face avec le monde du travail, publié par les Editions L’Orma, qui aurait dû éclater comme une bombe de vérité et, qui, en fait, circule surtout (tiens, tiens...) parmi les « spécialistes ».

Pourtant, l’auteur en est Günter Wallraff, un véritable mythe du journalisme d’investigation, connu aussi en Italie pour une autre enquête fracassante, cette Tête de Turc réalisée par le reporter dans les années 80 après avoir vécu déguisé en Turc dans son propre pays, dont Wallraff réussit à mettre à nu les très fortes inégalités mais aussi les composantes sournoises de racisme et de nazisme.

Le journalisme de Wallraff est un journalisme « extrême », vécu dans son corps et dans sa peau. Pour Tête de Turc, il était allé jusqu’à servir de cobaye pour des expériences médicales (puisque les immigrés gagnaient réellement leur vie ainsi), arrêtant seulement quand il avait commencé à se sentir mal ; dans Allemagne années dix, le reporter n’hésite pas à plonger dans l’enfer de l’exploitation d’aujourd’hui, travaillant sans pause et sans conditions de sécurité dans les hangars brûlants des fournisseurs de la grande distribution, pénétrant dans le « monde merveilleux » des esclaves enchaînés des cafeterias, ou testant à la première personne la façon dont on broie les coursiers des messageries express.

Le chapitre peut-être le plus effrayant de tout le reportage concerne le processus parfaitement documenté de privatisation des chemins de fer allemands, objectif poursuivi sans bruit mais selon une méthode et une efficacité toutes teutonnes : en manipulant des données, espionnant les employés, calomniant et harcelant les dirigeants qui s’y opposaient, détruisant une entreprise publique en bon état, et écrasant les délégués syndicaux.

Le syndicalisme allemand si célébré, et qu’on nous vend en Italie comme un modèle de « modernisme » et de bon sens, en sort bien mal en point, ce syndicalisme qui co-gère avec les entrepreneurs, garantissant -toujours selon la vulgate – les meilleures conditions possibles. Dans l’enquête de Wallraff, conduite dans le domaine des conditions de vie réelles et matérielles des travailleurs, ce syndicat qui ne pratique pas le conflit montre toute l’inefficacité d’une arme désormais émoussée.

Particulièrement pénibles sont les conditions de travail des nombreux immigrés, à qui l’Allemagne doit beaucoup de son développement passé et récent : en effet elle réserve aux « étrangers » les travaux les plus durs et les moins protégés. Avec les récentes mesures du gouvernement Merkel, même la présence des citoyens de l’UE sera soumise à restrictions : le séjour sur le sol allemand à la recherche de travail ne pourra pas dépasser 6 mois.

En lisant « Allemagne année dix », on pense à une autre importante enquête réalisée sous fausse identité, « Un salaire de misère », de la journaliste Barbara Ehrenreich qui, au tout début des années 2000, a mis en lumière les très dures conditions de vie et de travail des « working poors » américains.Mais il s’agissait là des Etats-Unis, pensais-je en lisant le reportage d’Ehrenreich, l’Europe, et surtout celle du Nord, a choisi un autre modèle, celui de l’Etat-Providence... Et je me trompais. Ou plutôt, j’en étais restée à cette Europe issue du deuxième après-guerre (si bien décrite par Ken Loach dans L’Esprit de 45), où l’intérêt général, la lutte contre la pauvreté et pour une plus grande égalité étaient des priorités politiques, portées par l’opinion générale – et c’est de ces principes que s’est inspirée aussi notre Constitution.

Au contraire, l’Europe d’aujourd’hui a, en son centre, un cœur de ténèbres.

Lisez un peu ce qu’écrivait Il Sole 24 Ore sur les mini-jobs, « petits boulots » institutionnalisés à 500 euros par mois, inventés justement en Allemagne en tant que mesure anti-chômage, et subis par plus de 8 millions de personnes, environ un quart des travailleurs dépendants allemands. L’inventeur des mini-jobs, l’ex-dirigeant de Volkswagen, Peter Harz, est aussi l’artisan d’une autre admirable proposition pour résoudre le chômage dans l’UE : délocaliser « de façon temporaire les jeunes sans travail dans un autre pays européen qui les accueillera pour les former et les employer » – ainsi le travail les rendra tous libres...

Mais au moment où même la « locomotive de l’Europe » subit un coup de frein, avec un PIB qui, en août, recule de 0,2 %, et la confiance des entreprises allemandes en nette baisse, au moment où toutes les données du chômage et de la croissance dans les pays de l’UE démontrent de façon évidente l’échec tragique des politiques d’austérité et du libéralisme économique lui-même, c’est à ce moment-là que, en Italie, Rienzi nous « promet » une belle réforme du travail qui s’inspirerait du modèle allemand – lequel, ne l’oublions pas, prévoit aussi une allocation pour tous les sans-travail et d’autres formes de soutien indirect au profit.

« A la fin des 1000 jours, le droit du travail sera totalement transformé », a annoncé le « Premier ». mais l’automne qui s’approche, pas à pas, pourrait faire réfléchir le Président du Conseil : en automne, écrit Ungaretti, « nous sommes comme les feuilles sur l’arbre ».

Rossella Lamina

Traduction : Rosa Llorens

»» http://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/4043-rossella-lamina-il-...
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