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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 13:35

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Nous avions relayé l'appel à la grève lancé par le principal syndicat des cheminots de Belgique, pour ce 30 juin. L'appel à la grève a été massivement suivi contre les conséquences de la casse de la SNCB.

 

Le mouvement des cheminots belges, lancé à l'appel du seul syndicat CGSP (affilié à la FGTB, de tradition socialiste), a paralysé le pays, du dimanche 29 juin 22 h jusqu'au lundi 30 juin 22 h, une infime partie des trains circulait en Wallonie, Flandres et à Bruxelles.

 

Aucun train en Wallonie et à Bruxelles, le trafic international perturbé

 

Selon les données de la SNCB, à peine 20 % des trains circulaient en Belgique pendant cette journée de mobilisation.

La mobilisation a toutefois été fortement différenciée selon les grandes régions : aucun train ne circulait en Wallonie comme à Bruxelles, tandis qu'en Flandres, selon les lignes un train sur trois ou deux trains sur trois étaient opérationnels sur le réseau ferré. 

La grève a également fortement perturbé le trafic international, puisqu'aucun Thalys n'a traversé le territoire belge le 30 juin selon la communication de la société Thalys, tandis que les Eurostar en provenance et à destination de Bruxelles finissaient leur trajet en gare de Lille.

Le trafic dans le petit Etat du Luxembourg a également été fortement perturbée par l'action des travailleurs du rail de Belgique, à en croire les compte-rendus de la presse du Grand-duché.

 

Une grève contre les effets des « réformes ferroviaires » et la casse de la SNCB

 

Le syndicat CGSP a d'abord lancé ce mouvement de grève pour protester contre les plans de réduction des effectifs – encore de 500 à 1 000 salariés cette année – ainsi que contre l'accumulation d'1 million de « jours de repos » non accordés par la SNCB, soit 36 jours de congé par cheminot !

Plus largement, c'est la casse de la SNCB en 2005 par une « réforme ferroviaire » qui est en cause. La SNCB était alors scindée en trois entités – Infrabel pour l'infrastructure, SNCB pour l'opérateur, SNCB-Holding pour gérer l'ensemble.

En 2014, l'holding de tête a été supprimé, révélant le but véritable : séparer nettement le gestionnaire de l'infrastructure (public) de l'opérateur (privatisable) pour faciliter la mise en concurrence du transport de voyageurs intérieur.

Ce fut le prélude au plan de suppression des effectifs, au développement des emplois non-statutaires, à la floraison de « filiales » semi-privatisées dans des branches du rail (logistique, fret, informatique), à la dégradation de la qualité du service.

 

Devant l'ampleur de cette mobilisation, la CGSP – connue historiquement pour ses positions réformistes, en dépit de bases combatives, notamment en Wallonie – a calmé le jeu, espérant que « la direction de la SNCB a bien compris le message ».

Elle a également regretté d'être contrainte d'aller à la grève, gênant les usagers et pénalisant les salariés, préférant le terrain de la négociation.

Toutefois, la CGSP a franchi le pas de la grève, entraînant derrière elle la quasi-totalité des salariés du rail. Les deux autres centrales, la CSC-Transcom (de tradition chrétienne), la SLFP-Cheminots (de tradition libérale), ont elles refusé de prendre part à la grève.

Ces deux fédérations ne souhaitent pas rompre le « dialogue social » pourtant stérile, ne conduisant qu'à entériner la casse ultérieure de la SNCB, la dégradation des conditions de travail des cheminots ainsi que de la qualité du service.

 

L'absence de convergence de lutte des cheminots d'Europe : la CES en cause

 

Dix jours après la fin du mouvement massivement suivi des cheminots français, alors qu'en Allemagne, les cheminots sont prêts à aller au conflit, qu'en Suède les travailleurs du secteur avaient suivi une grève historique contre les opérateurs privés du type Veolia, une question se pose :

 

Que fait la CES (Confédération européenne des syndicats) si prompte à demander la constitution d'un « syndicalisme européen », d' « euro-manifestations », si ouvertement absente quand il s'agit de faire converger les luttes concrètes qui se font jour en Europe ?

 

Son véritable agenda se révèle dans ces moments de vérité, elle qui n'a pas adressé de message public de solidarité aux grévistes des différents pays : sous la direction de la française (qui n'a jamais milité dans un syndicat français !) Bernadette Ségol, ses objectifs sont tout autres.


Le programme officiel de la CES est bien de favoriser le « dialogue social » entre employeurs et salariés, d’œuvrer pour la « construction d'une Europe unie, avec une dimension sociale », faisant de l'Europe une « région prospère et compétitive ».

La CES regroupe en Belgique les syndicats socialistes comme la FGTB, démocrates-chrétiens comme la CSC et libéraux tel la CGSLB. Pour la grève du 30, cela veut dire que deux des trois syndicats de la CES ont refusé la grève.

Le silence de la CES se comprend mieux tant celle-ci voit ses affiliés des deux côtés du piquet de grève, tant elle ne trouve de cohérence que lorsque toutes les confédérations-membres sont réunies à la table de négociation avec le patron.

 

En France, la CES unit la CGT, la FSU mais aussi FO, l'UNSA, la CFDT ou la CFTC.

Au vu des dernières luttes en France, en particulier celle des cheminots, on peut se demander comment une organisation internationale peut donner une perspective commune à ces syndicats issus de traditions si différentes …

à moins que l'objectif de la CES, clairement assumé, soit justement d'uniformiser tous les syndicats, d'aseptiser les confédérations sur des positions de lutte de classe, de les aplanir sur des positions de conciliation sociale, favorables à la construction d'une Europe unie pour le capital.

 

La lutte de nos camarades belges est source d'espoir pour une rentrée des luttes en France, en Europe, dont les cheminots pourraient encore être le moteur … même s'il ne faudra pas compter sur la CES pour l'organiser !


Article sur les luttes des cheminots en Europe :

 

En Belgique : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-greve-dans-le-rail-confirmee-en-belgique-ce-30-juin-pour-defendre-le-statut-des-cheminots-123972284.html

 

En Grande-Bretagne : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-ou-nous-mene-la-reforme-ferroviaire-retour-sur-les-effets-desastreux-de-la-privatisation-du-rail-bri-123882482.html

 

En Suède : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-les-cheminots-suedois-entament-leur-deuxieme-semaine-de-greve-contre-l-operateur-francais-veolia-123891604.html

 

En Allemagne : Les conducteurs de train allemands prêts à aller au conflit avec la direction de la Deutsche Bahn pour la semaine de 37 h

 

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 13:16
Vote Juncker : le vrai visage du PGE et de Tsipras
par  Pascal Brula


Comme Daniel Cohn-Bendit et José Bové, l’ancien et le nouveau rentier vert de l’Assemblée européenne, Alexis Tsipras, le "timonier" de la direction du PCF aux élections européennes, appelle à voter Jean-Claude Juncker, représentant officiel du Capital, pour présider la Commission européenne… Certains font la gueule, comme à juste titre le sieur Mélenchon. Dans une lettre adressée le 3 juin dernier au groupe GUE-NGL, il écrit :


« Je découvre avec surprise le contenu du document approuvé par notre présidente sortante du groupe, Gabi Zimmer [1], lors de la Conférence des Présidents du Parlement réunie le 27 mai. Il s’agit d’une déclaration commune avec les partis qui cogèrent le Parlement et la Commission (PPE, PSE, ALDE…) concernant la désignation du candidat à la présidence de la Commission.

Cette déclaration nous "engage à tenir un dialogue et des consultations entre les présidents des groupes politiques du Parlement, avec pour objectif de déterminer quel sera le candidat européen à la présidence de la prochaine Commission européenne, issu de la famille politique capable de rassembler la majorité qualifiée au Parlement européen". Cette déclaration constate ensuite que "le candidat du groupe politique le plus important, M. Jean-Claude Juncker, sera le premier à tenter de former la majorité nécessaire". Et elle "invite le Conseil européen à débuter les consultations interinstitutionnelles" "sur cette base". La déclaration se conclut en missionnant messieurs Daul (PPE) et Swoboda (S&D) pour porter cette position auprès du président du Conseil européen Van Rompuy.

Je suis totalement opposé à une telle déclaration. Notre groupe ne doit être engagé d’aucune manière dans cette logique institutionnelle conduisant à soutenir directement ou indirectement un candidat de droite à la Présidence de la Commission. Nous devons refuser toute implication dans cette logique non démocratique qui découle de traités européens que nous condamnons et que nous voulons refonder. Je refuse de même que nous puissions, en quelques circonstances que ce soient, missionner des représentants du PPE et du PSE pour porter nos positions.

Je déplore donc que nous ayons engagé notre soutien à une telle déclaration sans débat dans le groupe. »

A quelques scories près (notamment les traités européens que Mélenchon souhaite "refonder"), nous ne pouvons que partager ce nécessaire rappel à l’ordre.

Il faut quand même se souvenir que le PGE et donc le Front de gauche et le PCF, ont fait d’Alexis Tsipras, leader grec de Syriza, leur champion, à l’occasion des dernières élections européennes. Il était même leur candidat à la présidence de la Commission européenne. Et puis, cette candidature semble faire pschitt, une fois les ors de l’UE retrouvés… Les électeurs du Front de gauche qui ont voté pour ce "héraut", ne se sentent-ils pas un peu cocus, car il me semble que les listes FDG étaient placées sous l’"aura lumineuse" de ce triste personnage.

En réalité, comme nous l’avons informé sur ce site, Tsipras est l’homme du sauvetage du capitalisme grec, le recycleur du PASOK, la social-démocratie grecque, celui qui fait de la défense de l’euro sa priorité, et qui va jusqu’aux USA faire le pèlerin donner des gages de sa soumission à Obama. Et pourtant, comme chacun sait, il a été porté aux nues en France par… Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent. Comme toujours, le gauchisme finit par mordre la queue de la social-démocratie, celle de la gestion loyale du capitalisme.

C’est ainsi que le fameux Tsipras, dans un communiqué du 30 mai dernier, annonce : « M. Jean-Claude Juncker, devrait être le premier à tenter de former la majorité requise, en entamant des négociations avec les autres groupes politiques ». Dans ce communiqué, il déclare qu’il s’agit d’un principe démocratique fondamental, car le Conseil européen aurait « l’obligation morale » de mettre en avant le candidat ayant obtenu le plus de voix lors des élections européennes. Par le fait du prince, il entraine le PCF et le Front de gauche dans une logique d’adhésion jusqu’au-boutiste à l’intégration européenne, par la vénération des institutions antidémocratiques européennes.

Cependant, au sein du groupe GUE-GNL, tout le monde n’est pas près à suivre Tsipras. Par exemple, la direction de Die Linke ou encore Mélenchon appellent à voter… Tsipras ! Comprenne qui pourra. A noter que ceux qui ont suivi mon appel à ne pas voter Front de gauche dans le sud-est aux dernières élections européennes, n’auront pas à s’en mordre les doigts : la tête de liste social-démocrate, M.C. Vergiat votera Jean-Claude Juncker…

Finalement, le KKE n’aurait-il pas plutôt raison de vouloir se sortir de ce panier de crabes, dont Mélenchon avoue dans son courrier, qu’il prend des décisions importantes engageant toutes les composantes, sans aucun débat.

Pascal Brula


[1Députée Die Linke.

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 16:00

Lu sur le blog de Laurent Pinsolle

 

 

Michel Sapin avoue que le traité transatlantique favorise les Etats-Unis
Mais qu’est-t-il passé dans la tête du ministre du budget, qui n’est pourtant pas un perdreau de l’année, pour affirmer qu’une sanction injuste de BNP Paribas « pourrait affecter les discussions en cours sur le traité de libre-échange » ? Quelques mots très révélateurs…

 

Une admission révélatrice
En effet, ces quelques mots sont très riches de sens. En utilisant le traité transatlantique en cours de négociation entre l’Union Européenne et les Etats-Unis pour menacer Washington alors que BNP Paribas pourrait être soumise à une amende délirante, Michel Sapin indique de facto que ce traité va davantage profiter aux Etats-Unis qu’aux pays européens. Car si le traité profitait davantage au vieux continent, ce devrait être les Etats-Unis qui menaceraient d’interrompre la négociation devant l’interférence du gouvernement français et il n’aurait aucun intérêt à évoquer une telle option dans le cadre du dossier BNP Paribas. Là, parce que le gouvernement français menace la négociation, cela signifie de facto que cette négociation représente un bénéfice potentiel pour Washington, et donc globalement que le traité transatlantique favorise les Etats-Unis.
Voilà une admission effarante de la part d’un ministre de la République qui est tout de même sensé défendre les intérêts de la France et des Français. Bien sûr, les plus libéraux affirmeront que tout le monde a à gagner au libre-échange et que ce que gagneraient les USA ne serait pas au détriment de la vieille Europe. Mais un tel raisonnement ne tient pas parce que dans ce cas-là, la France y perdrait aussi, ce qui rendrait la menace non crédible. En outre, personne n’a démontré sérieusement les bénéfices de l’anarchie commerciale et le développement des pays asiatiques montre au contraire l’intérêt du protectionnisme, partie intégrante de leur modèle économique. Bref, soit Michel Sapin est un néolibéral dogmatique de la pire espèce, soit il était prêt à sacrifier les intérêts du pays dont il est le ministre jusqu’à ce que les abus caractérisé de l’Oncle Sam sur le dossier BNP Paribas ne le pousse à un peu moins de docilité à l’égard de Washington.
Un traité révoltant

J’ai déjà consacré plusieurs papiers au traité transatlantique pour rappeler tous les dangers qu’il porte pour la France et l’Europe. Danièle Favari a écrit un bon livre qui synthétise les principaux enjeux de ce traité dont on ne parle pas assez : le dogmatisme de la libéralisation des échanges, le risque d’un abaissement des normes sanitaires pour permettre aux produits venus des Etats-Unis d’être vendus en Europe, malgré des normes plus laxistes, mais aussi la poursuite du développement des RDIE, ces mécanismes qui soustraient à l’autorité publique la capacité de décider du destin collectif, dont l’autorité serait placée sous la coupe d’une poignée d’avocats internationaux pour qui les Etats (et donc la démocratie) ne vaudraient pas davantage que les intérêts des multinationales, qui attaquent aujourd’hui les pays pour des législations anti-tabac trop restrictives !

Ce que révèle Michel Sapin malgré lui, c’est que parce que les Etats-Unis ont beaucoup de multinationales, et des normes souvent moins exigeantes que celles de notre continent, ils ont bien davantage intérêt que nous à signer ce traité (malgré une opposition grandissante outre-Atlantique pour des soucis de normes comme de protections commerciales). Il est effarant que personne n’ait semblé noter les implications pourtant extraordinaires de sa déclaration, qui en disent encore long sur la décomposition idéologique complète du Parti Socialiste, qui, dans ce cas précis, semble céder à la fois à un dogmatisme néolibéral sans nuance mais aussi à un atlantisme tellement servile qu’il les pousse à tout simplement abandonner la défense de la France.

En un sens, merci monsieur le ministre de dévoiler le pot aux roses. Le traité transatlantique est mauvais pour notre pays. Et ce n’est pas uniquement pour protéger BNP Paribas qu’il faut s’y opposer. C’est une question de principe absolument fondamentale.

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 09:46

Lu sur le blog Investig'action

Consciente de la menace que le projet de traité transatlantique (TTIP : Transatlantic Trade and Investment Partnership) fait peser sur notre démocratie ainsi que sur nos législations sociales autant qu’environnementales et sanitaires, j’avais décidé de me joindre le 15 mai dernier à l’action « Je cours pour nos droits », dans l’optique de participer concrètement à l’encerclement symbolique du Palais d’Egmont où se tenait ce jour-là le Business European Summit.

 

 

 



Tandis qu’elles autorisaient sur leur territoire une réunion susceptible de conduire au contrôle des institutions démocratiques par les entreprises multinationales, les autorités bruxelloises ont voulu confiner en un rassemblement place Poelaert la manifestation de la réprobation citoyenne contre la tenue de cette réunion, nous condamnant à rester invisibles de ceux à qui nous voulions clairement signifier notre refus de laisser nos droits se dissoudre dans le libre échange.


Ne souhaitant nullement la confrontation avec les forces de l’ordre, mais considérant légitime une action non violente fondée sur la défense de la démocratie, j’ai quitté la place Poelaert, brandissant un petit panneau « Je cours pour l’accès de tous aux soins de santé » et entamant avec une dizaine d’autres personnes munies elles aussi de leur pancarte une course relais en direction du Palais d’Egmont.


Nous engageant dans la rue du Grand Cerf vers le boulevard de Waterloo, nous apercevons une rangée de policiers barrant la rue à hauteur de son intersection avec ce boulevard. Les voyant s’écarter lorsque nous nous approchons d’eux, je pense, bien naïve, qu’ils ont compris que nous manifestons pacifiquement et acceptent de nous laisser passer. Mais aussitôt, ils nous rabattent vers un autre groupe encerclé sur la droite, devant l’entrée de la station de métro Louise : la souricière… et sans qu’il y ait eu la moindre sommation, nous voilà d’emblée piégés !


D’autres personnes - dont plusieurs manifestants qui étaient en chemin pour rallier le rassemblement place Poelaert, mais également de simples passants totalement étrangers à la manifestation - se font encore coincer de la sorte après nous. Et plus nous devenons nombreux à l’intérieur du cercle, plus les policiers resserrent le cordon qu’ils forment autour de nous, l’un d’eux usant de sa matraque tenue à l’horizontale pour me pousser violemment dans les reins tout en m’invectivant avec hargne.


Au bout d’un moment, un groupe de manifestants arrive de la place Poelaert par la rue des Quatre Bras et, toujours pacifiquement, interpelle les policiers pour tenter d’obtenir qu’ils nous relâchent. Rien n’y fait, pas même les frasques d’une petite troupe de clowns inoffensifs venus détendre l’atmosphère ! Au contraire, la répression policière s’intensifie de tous côtés et le canon à eau anti-émeute s’avance, aspergeant d’un jet puissant pour les disperser, tous les manifestants regroupés de l’autre côté de la barrière policière qui nous encercle. Tandis que commencent parmi nous des arrestations tout à fait arbitraires, musclées quelquefois lorsque d’aucuns font mine de résister.


Je fus arrêtée peu avant 11h par un jeune policier casqué, m’empoignant le bras gauche avec une force démesurée que rien dans mon attitude ne justifiait, puisqu’étant l’une des deux dernières personnes de notre groupe à se faire emmener, je ne tentais absolument pas de résister. Comme je lui répétais qu’il me faisait mal, il déserra toutefois progressivement son emprise. Plus loin sur le boulevard, à hauteur d’un magasin Hermes, je fus fouillée par une policière avant que mes mains soient menottées dans mon dos à l’aide de trois colsons en plastique. Je fus alors contrainte d’aller m’asseoir par terre, jambes écartées pour me coller en file indienne derrière d’autres femmes déjà au sol. Pendant près d’1 heure, il nous fallut attendre dans cette position très inconfortable qu’arrive le car de police à bord duquel nous allions nous faire embarquer.


J’assiste là à une interpellation policière d’une violence totalement gratuite : une dame se tenant à une dizaine de mètres de nous s’enquiert amicalement de notre sort et nous encourage, lorsqu’un policier lui ayant intimé l’ordre de s’éloigner l’arrête également pour n’avoir pas obtempéré sur-le-champ ; et bien qu’elle ne lui oppose aucune résistance, il l’attrape en l’enserrant avec ses bras par la gorge, la traîne ainsi jusqu’à nous où il la plaque au sol visage contre terre, lui appuyant fortement un pied sur le corps pendant que des collègues lui menottent les mains dans le dos avant de l’emmener.


En mode Fangio, ralentissant à peine au passage des brise-vitesse, le car nous conduira aux casernes d’Etterbeek, où nous resterons de longues heures dans des cellules glaciales, sans pouvoir ni boire, ni manger, ni même nous rendre aux toilettes. Tout cela ne fut possible que peu avant le terme de notre détention, survenu vers 17h30, après que tous aient été fouillés une nouvelle fois et dûment fichés.


Pendant quelques jours s’ensuivirent dans mon cas des contractures musculaires au niveau des jambes et de l’abdomen, ainsi qu’un sentiment d’insécurité en croisant en ville des policiers en uniforme - un comble alors qu’ils sont supposés assurer notre sécurité !


Je reste profondément scandalisée de la disproportion de cette intervention policière, tant par le nombre d’arrestations (près de 300 aux dires d’un policier à Etterbeek) que par la débauche de moyens mis en œuvre.

Mon impression est que les autorités, anticipant peut-être des mouvements sociaux de plus grande ampleur, aient voulu se servir de notre action pour rôder un dispositif répressif…


Je conclus ici mon témoignage, appelant à ne pas nous laisser intimider par de telles manœuvres, et à continuer de nous mobiliser ensemble chaque fois qu’il s’agira de défendre le droit inaliénable à une vie digne pour toutes et tous !



Marie-Françoise Cordemans, le 30 mai 2014

 


 

Plus d'infos sur le Traité Transatlantique USA-UE : 

http://www.d19-20.be/fr/documentatie/ Lien général 

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 07:49

Le livre noir de la guerre

roberta-pinotti

Photo : la ministre Roberta Pinotti


Après avoir reçu l’imprimatur du Conseil suprême de défense, convoqué par le président Napolitano, la ministre Roberta Pinotti (ministre de la défense du gouvernement Renzi, ndt) a publié les lignes directrices du futur « Livre blanc pour la sécurité internationale et la défense », qui tracera « la stratégie évolutive des Forces armées à l’horizon des 15 prochaines années ». Stratégie qui, comme l’indiquent les lignes directrices, continuera à suivre le sillon ouvert en 1991, immédiatement après que la République italienne avait combattu dans le Golfe, sous commandement étasunien, sa première guerre. Sur le modèle de la réorientation stratégique du Pentagone, la Ministre de la défense du gouvernement Andreotti annonça alors un « nouveau modèle de défense ». Violant la Constitution[1], il établissait que le devoir des Forces armées est « la tutelle des intérêts nationaux, dans l’acception la plus vaste de ces termes, partout où c’est nécessaire » et définissait l’Italie comme « élément central de la zone qui s’étend du Détroit de Gibraltar à la Mer Noire, en se raccordant, à travers Suez, avec la mer Rouge, la Corne d’Afrique et le Golfe Persique ». Ce « modèle de défense » est passé d’un gouvernement à l’autre, d’une guerre à l’autre toujours sous commandement USA (Yougoslavie, Afghanistan, Irak, Libye), sans jamais être discuté en tant que tel au parlement. Il ne le sera pas plus à présent : la ministre de la Défense –a décidé le Conseil suprême de la défense présidé par Napolitano- enverra les lignes directrices aux présidents des commissions Affaires étrangères et Défense des deux branches du parlement, « afin qu’en puissent éventuellement venir des évaluations et des suggestions utiles à la définition du Livre blanc, dont le gouvernement assume l’initiative et la responsabilité ».


Reste donc inchangé l’orientation de fond, qui ne peut être mise en discussion. Le devoir des forces armées –rappelle-t-on dans les lignes directrices- est non pas tant la défense du territoire national, aujourd’hui beaucoup moins sujet à des menaces militaires traditionnelles, que la défense des « intérêts nationaux », surtout les « intérêts vitaux », en particulier la « sécurité économique ». Sécurité qui consiste dans la « possibilité d’avoir l’usufruit des espaces et des ressources communes mondiales sans limitations », avec une « référence particulière aux ressources énergétiques ». A cet effet l’Italie devra opérer dans le « voisinage oriental et méridional de l’Union européenne, jusqu’aux pays du dit voisinage étendu » (y compris le Golfe Persique). Pour la sauvegarde des « intérêts vitaux » -explique-t-on –« le pays est prêt à avoir recours à toutes les énergies disponibles et à tout moyen nécessaire, y compris l’utilisation de la force ou la menace de son emploi ».

Dans le proche avenir les Forces armées seront appelées à opérer pour la poursuite d’objectifs toujours plus complexes, puisque « des risques et des menaces se développeront à l’intérieur d’aires géographiques étendues et fragmentées, soit proches soit éloignées du territoire national ». Se référant en particulier à l’Irak, la Libye et la Syrie, le Conseil suprême de défense souligne que « tout Etat en faillite devient inévitablement un pole d’accumulation et de diffusion mondial de l’extrémisme et de l’illégalité ». En ignorant que la « faillite » de ces Etats dérive du fait qu’ils ont été démolis par la guerre de l’OTAN, avec la participation active des Forces armées italiennes. Selon les lignes directrices, ces forces doivent de plus en plus être transformées en « un instrument ayant un ample spectre de capacité, intégrable dans des dispositifs multinationaux », à employer « dans toute phase d’un conflit et sur une période prolongée ».

Les ressources énergétiques à destiner à cet objectif, indique le Conseil suprême de défense, « ne devront pas descendre au-dessous de niveaux minimaux infranchissables » (qui seront de plus en plus hauts) car –souligne-t-on dans la ligne guide- «l’instrument militaire représente pour le pays une assurance et une garantie pour son propre avenir ». À cette fin on annonce une loi de budget quinquennal pour les plus grands investissements de la Défense (comme l’acquisition du nouveau chasseur F-35), de manière à fournir « l’indispensable stabilité de ressources ».

Il convient en outre de « pousser l’industrie à évoluer selon des trajectoires technologiques et industrielles qui puissent répondre aux exigences des Forces armées ».

En d’autres termes, il faut donner une impulsion à l’industrie guerrière, en misant sur l’innovation technologique, « rendue nécessaire par l’exigence d’une adéquation continue des systèmes », c’est-à-dire du fait que les systèmes d’arme doivent continuellement être modernisés. En même temps, est nécessaire non seulement un meilleur entraînement militaire, mais un rehaussement général de la «condition sociale du personnel militaire », à travers des ajustements juridiques et légaux.

Comme elle naît de l’ « exigence de protéger les intérêts légitimes de la communauté », affirme-t-on dans les lignes directrices, « la Défense ne peut pas être considérée comme un thème d’intérêt essentiellement des militaires, mais de toute la communauté ». La ministre Pinotti invite ainsi tous les Italiens à envoyer d’ « éventuelles suggestions » à la boîte aux lettres électronique librobianco@difesa.it. Espérons que les lecteurs du manifesto soient nombreux à le faire.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 24 juin 2014 de il manifesto 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

La rubrique hebdomadaire L’art de la guerre étant généralement traduite en 5 langues (en anglais, directement de l’italien, puis à partir de la version française en arabe, espagnol et portugais), nous espérons que des lecteurs appartenant à « toute la communauté » désirant « protéger [ses] intérêts légitimes », y compris hors du territoire italien, feront parvenir à la ministre Pinotti, pour le futur « Livre blanc pour la sécurité internationale et la défense », d’« éventuelles suggestions » compatibles avec l’art. 11 de la Constitution de la République italienne de 1947, que nous encourageons le lecteur à lire intégralement. NdT.

 

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 17:00

greve-cheminots-belg.JPG

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

L'été sera chaud sur les rails, pas seulement en France mais aussi en Belgique où le principal syndicat cheminots, la CGSP, a lancé un appel à la grève nationale pour le 30 juin pour lutter contre la politique de casse du service public du rail incarné par la SNCB.

 

 

 

Les cheminots français ne sont décidément pas seuls. Mais les travailleurs du rail belges ne se contentent pas de messages de solidarité, effectivement envoyés à leurs camarades français. Place à la solidarité de fait, avec une journée de grève générale dans le secteur pour le 30 juin.

 

36 jours de congé en retard par an et par cheminot en Belgique !

 

Un mouvement de grève lancé par la CGSP – la centrale des services publics de la FGTB (proche des socialistes historiquement) –, alors que la CSC Transcom et la SLFP, respectivement syndicats chrétiens et libéraux du secteur, ont réservé leur participation à l'action.

Si la direction de la SNCB, préoccupée à l'approche des vacances, a tenté une ultime conciliation ce vendredi par l'intermédiaire de son nouveau gestionnaire du personnel, HR-Rail, la CGSP a considéré qu'aucune concession n'avait été faite sur les revendications des salariés de la SNCB.

La revendication numéro un, souvent la seule relayée par la presse belge, c'est la régularisation des « jours de liberté », de repos, accumulés mais non octroyés aux salariés de la SNCB : en tout 1 million de jours pour les 35 000 cheminots, soit 36 jours de congé en retard par personne !

 

Les « réformes ferroviaires » depuis 2005 :

précarisation du personnel, privatisation de la SNCB, dégradation du service

 

Toutefois, la colère des cheminots belge va au-delà de cette question. Elle remet en cause les « réformes ferroviaires » qui ont touché le secteur depuis 2005 et n'ont contribué qu'à précariser le personnel, dégrader le service public, et progressivement casser la SNCB.

Les craintes des syndicats cheminots portent avant tout sur le recrutement du personnel de la SNCB, tant en quantité qu'en qualité.

En quantité, car les effectifs de la SNCB fondent depuis une dizaine d'années, ce sont en moyenne 500 à 1 000 emplois qui sont perdus cette année. De 2004 à 2014, on est passé de 40 à 35 000 employés à la SNCB.

En qualité également, avec le développement des emplois non-statutaires dénoncés par les syndicats depuis des années, qui se sont nichés dans les filiales de la SNCB, et qui remettent en cause le statut unique du cheminot qui est la norme d'emploi dans l'entreprise publique.

Les secteurs pionniers de cette filialisation ont été, comme ailleurs : la logistique-l'entretien (« B-Logistics »), le fret (« B-Cargo »), sans oublier l'essor des activités de consulting liés aux projets informatiques (« Ypto »).

Or, ce processus de dégradation des conditions d'emploi est indissociable de la casse de la SNCB, but ultime des différentes « réformes ferroviaires » menées depuis 2005.

 

L'éclatement de la SNCB, un cas éclairant pour la France

 

Une réforme en deux phases.

 

En 2005, la SNCB a été éclatée en trois groupes, avec la séparation de l'infrastructure, coûteuse et confiée à l'entreprise publique « Infrabel », et de l'exploitation du réseau, laissée entre les mains de la SNCB, se préparant à l'ouverture à la concurrence du transport de voyageurs intérieur.

Trois groupes car une troisième entité avait été créée, chapeautant les deux autres, la « SNCB Holding », propriétaire du patrimoine immobilier, employeur de l'ensemble du personnel et chargée de coordonner les efforts entre les trois entités.

 

Cette troisième entité, « SNCB-Holding », avait été présentée comme une contre-partie aux syndicats, une façon de garantir le maintien d'un statut unique des cheminots, et d'une structure unifiée dans la nouvelle SNCB.

L'évolution des conditions d'emploi à la SNCB a prouvé que ceci n'était que poudre aux yeux : l'éclatement de la SNCB en trois entités a été le point de départ de la casse du statut par la filialisation accélérée, concurrence intégrée au sein même de l'entreprise publique.

 

En 2014, ces trois entités ont été officiellement fusionnées en deux : la SNCB Holding était ré-intégrée à la SNCB, opérateur historique du réseau, tandis qu'Infrabel restait à la tête de l'infrastructure …

Ce qui n'empêche pas la création d'une nouvelle troisième entité, HR-Rail gérant l'ensemble du personnel. L'usine à gaz dénoncée avec l'éclatement de la SNCB en trois continue.

 

Le faux argument de la dette, prétexte à l'éclatement de la SNCB

 

L'argument avancé alors en 2005, et encore en 2014, pour la séparation de l'infrastructure et de l'opérateur est celui de la dette du ferroviaire : 4 milliards d'euros en 2014.

Là encore, un argument de la dette qui ne tient pas à l'analyse, même sommaire. Dernier scandale en date, le service de la SNCB dédié à la liaison avec l'aéroport de Bruxelles et construit en PPP (Partenariat public-privé) entre Infrabel et l'entreprise privée Diablo.

Diablo a financé 300 des 678 millions d'euros du projet en échange de la propriété du projet pendant 35 ans

Entre la rente payée par Infrabel (9 millions par an), la taxe sur les billets versée par les voyageurs (4,40 € par ticket), et même un montant forfaitaire par billet vendu par la SNCB (0,5 % de tous les billets) : c'est 922 millions d'euros assurés pour Diablo, soit trois fois l'investissement initial !

Comble de cette chère politique de privatisation, Infrabel a intégré une clause qui lui permet de poursuivre la SNCB et de récolter 1 milliards de dommages si le nombre de voyageurs par an est inférieur à 4,5 millions. Actuellement, il peine à dépasser les 3,5 millions de voyageurs par an.

 

Un hold-up sur le dos du contribuable qui pourrait faire passer la dette du ferroviaire de 4 à 5 milliards par an.

 

« Plan transport 2014 » de la SNCB : les usagers, premiers pénalisés

 

Le prétexte de la dette légitime dans le « Plan de transport 2014 » de la SNCB une dégradation inédite du service public du rail.

C'est d'abord la suppression de centaines de trains – notamment les premiers et derniers, mais aussi la quantité de trains aux heures de pointe –, la hausse des tarifs et des trains aux trajets toujours plus longs. Un exemple, le Bruxelles-Namur mettait 48 minutes en 1938, contre 51 minutes aujourd'hui !

Les usagers sont les premiers pénalisés par les réformes ferroviaires et la casse de la SNCB : le taux de ponctualité des trains est passé de 93 % en 2004, contre 86 % en 2012.

 

Les cheminots belges, comme ceux français, se battent non seulement pour défendre leurs droits, leurs conditions de travail mais aussi le droit des usagers à un service public de qualité et accessibles.

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 10:51

meeyer-luxembourg.jpg

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La nouvelle a secoué les camarades espagnols : une figure historique du PC espagnol et d'Izquierda Unida a annoncé sa démission de son poste de député européen, après l'annonce d'un « scandale » financier qui l'a éclaboussé ainsi que trois autres députés espagnols.

 

Sic transit gloria mundi. Il y a un mois, Willy Meyer était réélu pour la deuxième fois consécutive à son siège au Parlement européen, en tant que tête de liste de la « Gauche plurielle » (Izquierda Plural) menée par IU et qui obtenait près de 10 % des voix.

 

Pester contre la « domination de la finance » …

 

puis participer à un fonds de pension en SICAV pour les députés européens !

 

En l'espace d'une journée, Willy Meyer vient sans doute de clôturer sa carrière politique vieille de plus de trois décennies, lui qui occupait encore hier des postes de membre du Comité exécutif du PCE et de la direction fédérale d'IU, en tant que secrétaire à l'international.

Meyer met un terme à une longue carrière dans les salons feutrés des Parlements : député provincial d'Andalousie de 1987 à 1991, député national entre 1996 et 2000, et enfin député européen depuis dix ans (2004) sous la bannière d'Izquierda Unida.

Mais il a fallu moins de 24 heures pour contraindre Meyer à la démission, sous pression de la direction nationale d'IU, comme de sa fédération d'Andalousie qui exigeaient « une explication convaincante ou la démission immédiate ». Il n'y avait plus d'autre choix que se démettre.

 

Pourtant Willy Meyer n'a rien commis d'illégal, c'est bien ce qui rend le scandale dans lequel il est englué d'autant plus susceptible de soulever l'indignation des citoyens espagnols.

Le député d'IU a en effet participé activement à un fonds de pension volontaire des députés européens géré sous la forme d'une SICAV enregistrée au Luxembourg. Un fonds à très haute rentabilité, et à très faible taxation, de l'ordre de 0,01 %.

 

Meyer prétend ne jamais avoir su que la contribution volontaire qu'il apportait pour sa retraite s'intégrait à un circuit contribuant à des mécanismes d'évasion fiscale, profitant de l'existence de paradis fiscaux au sein même de l'Europe.

L'explication ne fut pas jugée convaincante par l'organisme dirigeant suprême d'IU, convoqué hier de toute urgence.

Ce qui a contraint, en présence du coordinateur d'IU Cayo Lara et du secrétaire-général du PCE, José Luis Centella, Willy Meyer à démissionner de son poste de député européen et de « toute responsabilité politique ».

 

Willy Meyer n'est pas le seul député européen éclaboussé par le scandale. Au moins trois autres noms sont sortis : ceux du député de droite (PP) Miguel Arias Canete, administrateur de la SICAV, de la député centriste (UpyD) Rosa Diez et de la socialiste Elena Valenciano.

Toutefois, la position de Meyer était de loin la plus intenable, révélant une hypocrisie, un hiatus entre discours et pratique, mettant en péril l'avenir même de la formation Izquierda Unida.

Lui qui a construit sa campagne de 2014 sur l'indignation face au « règne de la finance » et à la corruption « du système bi-partisan PP/PSOE », sur des propositions (utopiques) de « taxation des revenus financiers » à l'échelle européenne, est pris à son propre piège.

 

Une tête pensante du PGE déboulonnée ...

 

mais un départ susceptible d'accélérer la liquidation de l'organisation communiste

 

La démission de Meyer ne concerne pas seulement nos camarades espagnols. Meyer était bien plus que cela, en tant que membre du Comité exécutif du PGE (Parti de la gauche européenne).

Il représentait depuis la fondation du PGE, en 2004, une des têtes pensantes – avec les allemands Lothar Bisky et Gregor Gysi, le français Francis Wurtz ou l'italien Fausto Bertinotti – de ce projet de transformation des Partis communistes révolutionnaires en formations de gauche réformistes, euro-compatibles.

Depuis son élection au Parlement européen, Willy Meyer a incarné toutes les ambiguïtés – piur ne pas dire hypocrisies – de la ligne IU sur l'Europe : euro-constructif, Meyer a relayé pendant des années la ligne de réforme de l'UE au sein d'IU, avant d'infléchir, de radicaliser son discours lors de la dernière campagne … sans jamais remettre en cause ni l'Euro, ni l'UE, ni même l'OTAN.

Le retrait de la vie politique de Meyer représente un coup dur pour le projet liquidateur, réformiste du PGE. Toutefois, son instrumentalisation pourrait paradoxalement renforcer la liquidation de l'organisation communiste en Espagne.

 

Les médias dominants – qui ont tout fait pour mettre en avant les Indignés, avec leur représentation politique officielle, le mouvement sociétal-populiste « Podemos » – utilisent le scandale pour discréditer le « communiste » Meyer, et le « parti » Izquierda Unida.

Une campagne intégrée au dénigrement de tout ce qui est lié à l'héritage communiste, et tout ce qui est organisation partisane structurée autour d'une idéologie.

Au sein même d'IU, la démission de Meyer ouvre un espace à des courants liquidateurs prêts à utiliser également le score de Podemos pour proclamer la nécessité de « l'élargissement d'IU » à toutes les forces politiques, de la remise en cause de la forme-parti, d'une idéologie figée (communiste) qui empêche l'expression d'une « gauche plurielle ».

 

Le PGE est en crise, au-delà de sa recomposition. La course à la droitisation touche les Tsipras, Gysi, Vendola, toujours plus prêts à la compromission avec la social-démocratie, la défense de l'Union européenne, la liquidation de l'organisation communiste.

 

Le « scandale Meyer » ne fait qu'ajouter à la confusion. Au-delà de la vérité sur le personnage, l'hypocrisie mise à jour, il ne préfigure rien de bon pour la continuité d'un parti communiste en Espagne.

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 18:31

INFO REPRISE SUR
BANDERA ROSSA 

Le projet de casse de la SNCF

été voté à l'Assemblée nationale

par le PS, l'UDI et 24 UMP

0ù sont passés les "rebelles" du PS ?

le rêve de la droite et du PS

 

Le projet de casse de la SNCF a été voté à l'assemblée nationale par 355 voix pour.

 

 

Il y a eu 168 contre, dont celles du Front de Gauche

 

Une grande partie de la droite ne l'a pas voté parce que "pas asez libéral"

 

L'opposition était divisée sur le sujet : l'UDI (centriste) a voté pour et

l'UMPcontre, sauf 21 élus qui se sont abstenus et 24 qui ont voté pour. 

Au regard des votes, Thierry Mariani, Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bernard Debré, Jacques Myard, Frédéric Lefebvre ou Henri Guaino peuvent soliciter leur entrée au Parti Socialiste.

Les 17 EELV ont voté pour

Courage et démocratie, le gouvernement ayant décidé d'utiliser la procédure dite « accélérée », qui réduit le nombre de navettes entre les deux assemblées, la réforme pourrait être adoptée définitivement avant les vacances parlementaires du mois d'août.

Le texte doit à présent être examiné par le Sénat, à partir du 9 juillet.

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 15:47
D'après FR3 Paris-Normandie
Fécamp : mobilisation pour sauver la ligne ferroviaire vers Bréauté

Une centaine de personnes a manifesté samedi 14 juin en gare de Fécamp pour réclamer le maintien de la ligne SNCF vers Bréauté. Elle doit fermer à l'automne prochain.


© France 3 Haute-Normandie
© France 3 Haute-Normandie

La ligne ferroviaire entre Fécamp et Bréauté, ce sont vingt kilomètres de rail en mauvais état. Le coût estimé de la remise en état s'élèverait à 18 millions d'euros, trop cher pour Réseau Ferré de France (RFF) qui  a décidé de fermer la section dès octobre 2014.

La ligne est en sursis : un train sur deux a déjà été supprimé et remplacé par des autocars. La vitesse des trains est réduite à 40 km/h. 

 

 

Le mauvais état des voies conduit Réseau Ferré de France à fermer la ligne Bréauté-Fécamp dès octobre 2014. © France 3 Haute-Normandie
© France 3 Haute-Normandie Le mauvais état des voies conduit Réseau Ferré de France à fermer la ligne Bréauté-Fécamp dès octobre 2014.


Pour les 600 usagers quotidiens de la section, la perspective de fermeture est une catastrophe. Certains d'entre eux ont créé une association. Cette dernière a lancé une enquête en partenariat avec RFF pour mieux cerner les besoins des voyageurs. Elle est ouverte jusqu'au 20 juin. 

Les collectivités locales mobilisées


Dans les rangs des manifestants ce samedi, il y avait des voyageurs, mais aussi des élus locaux. Car ces derniers s'inquiètent de l'impact que pourrait avoir la fermeture de la ligne sur l'économie de leurs communes. 

La région, par l'intermédiaire de son président Nicolas Mayer-Rossignol, se dit prête à investir aux côtés de l'Etat, mais demande aussi à la ville de Fécamp de participer aux frais de rénovation des rails : 

De son côté, la marie de Fécamp, qui ne refuse par de participer au chantier de rénovation de la ligne, rappelle que l'entretien des voies est de la responsabilité des régions et de l'Etat. 

 

Commentaire :

Ainsi donc la majorité et l'opposition se renvoient la balle.  Les nouveaux élus locaux sont UMP.  La région est "union de la gauche" ( majorité ?) et dirigée par un socialiste.  Les socialistes et la droite sont pourtant responsables, les uns et les autres, de cette ouverture à la concurrence qui fait mourir la SNCF service public, société nationale créée en 1936 dont nous sommes tous co-propriétaires.  Droite et PS ont voulu éclater l'entreprise nationale en plusieurs établissements ( EPIC) et filiales privatisées comme Kéolis qui utilise l'argent de la SNCF pour investir au Royaume-Uni.  Ils avaient décidé auparavant, de concert, avec le conseil européen, de la politique de privatisation du rail.


Aujourd'hui, par exemple, la SNCF, par le biais de sa branche Keolis, s'occupe de se tailler une partie de plus en plus importante du réseau anglais. La conquête de « parts de marché » a commencé en 2007, essentiellement par la mise en place de « joint ventures » (entreprises co-gérées par plusieurs maisons mères), notamment dans « Govia » avec le groupe britannique « Go-Ahead ».  Keolis, filiale de la SNCF, contrôle désormais 4 500 km de réseau en Grande-Bretagne, 920 trains, 7 500 employés, pour un trafic annuel de 420 millions de passagers. Elle s'occupe en partenariat de quatre ligne de trains : le Transpennine express (reliant les villes du nord), le London Midland (entre Londres et Birmingham), le Southern et le Southeastern faisant la liaison entre Londres et le sud de l'Angleterre.  

Keolis ne compte pas s'arrêter là. Il est en concurrence avec « Virgin » et « Stagecoach » pour récupérer une des cinq lignes majeures du pays : la « East coast main line » qui mène de Londres à Edimbourg, un contrat d'un milliard d'euros par an qui commence en 2015 … pour un réseau comparable au réseau Corail inter-cités français !

 

Ainsi la SNCF a besoin d'argent pour se développer en Angleterre et pour cela elle abandonne des lignes en France!


Qui peut encore prétendre après que les caisses de la SNCF sont vides, et qu'elle manque d'argent pour entretenir le réseau, pour garantir des prix accessibles, pour maintenir des liaisons, et assurer aux salariés des conditions de travail décentes, quand une filiale de la SNCF investit des milliards à l'étranger ?

Elle investit des milliards en Angleterre et supprime des trains en France (comme les 5 corails direct Dieppe Paris supprimés le Week-end) et la ligne de Fécamp!  RFF ( Réseau ferré de France) n'a pas entretenu le réseau, l'a laissé se dégrader et prétend maintenant que les travaux coûteraient trop chers.  C'est RFF le premier responsable, avec les gouvernements successifs et la direction de la SNCF, du mauvais état des lignes ferroviaires.

 

 

( Nous avons utilisé des informations recueillies sur le blog de l’UL-CGT de Dieppe.  Les commentaires strictement politiques sont les nôtres).

 

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 09:01

Lu sur "Comité Valmy" : cette déclaration est d'une criante actualité.

 

COMITE VALMY

 

 dimanche 27 avril 2014

 

Paris le 26 avril 2014

Le Comité Valmy dénonce avec indignation la perspective de la vente à l’étranger d’un nouvel élément majeur de l’industrie de notre pays, braderie qui ne pourrait se faire sans l’accord du pouvoir compradore de la France vassalisée et prisonnière du carcan de l’euro dictature atlantiste.

 

Les Français généralement patriotes, ont appris avec consternation et révolte que General Electric envisage de racheter la partie "énergie" d’Alstom, laquelle représente 75% de l’activité du groupe français. Tout un pan supplémentaire de notre industrie passera dans les mains d’investisseurs américains. Alstom construit notamment les organes vitaux des centrales électriques (turbines, alternateurs).

 

Après avoir été privatisée, après avoir cédé les chantiers de l’Atlantique, Alstom, un des fleurons de l’industrie française, va désormais être vendue à l’étranger. Les mêmes socialistes qui menacent aujourd’hui de rompre les contrats des navires de classe Mistral sous la pression de l’OTAN et du Pentagone continuent à vendre notre appareil productif aux compagnies états-uniennes.

 

Celles-ci (GE, General Atomics, Lockheed Martin, Northrop,...) nous feront payer au prix fort leurs produits, fabriqués à partir de notre propre savoir-faire, et parfois même avec notre propre main d’oeuvre. C’est le cas pour les chasseurs JSF F-35 fabriqués en Italie pour la compagnie privée Lockheed et rachetés ensuite, à prix fort, avec les deniers publics de l’Etat italien.

 

Les difficultés rencontrées par Alstom ont pour cause l’ouverture à la concurrence européenne, imposée par l’idéologie du libre-échange américaine. Le marché commun a favorisé les guerres économiques fratricides ("concurrence"). Ainsi l’allemand Siemens, en concurrence directe avec Alstom, propose également le rachat de l’entreprise française. La pseudo concurrence "libre et non faussée", imposée par Bruxelles à la solde de Washington, a fait éclater notre industrie et a brisé les synergies nationales (type EDF -Alstom).

 

Quant aux compagnies américaines, protégées par une politique unilatéralement nationaliste et s’appuyant sur des élites européennes corrompues, elles accentuent leur position de monopole, en rachetant les entreprises affaiblies.

 

De son côté, le capital flottant de l’actionnariat d’Alsthom (Bouygues en possède 29%) va réaliser une immense plus-value. L’actionnariat privé apatride est le premier responsable de la trahison industrielle nationale. Alsthom privatisé en 1987, fait partie intégrante du secteur économique stratégique dont le Comité Valmy préconise une nouvelle nationalisation, une appropriation sociale accompagnée de l’intallation de critères de gestion tripartite, impliquant le peuple souverain.

 

Conformément à cette vision exprimée notamment dans notre récent communiqué "Réindustrialisation ! Nationalisations !", nous réaffirmons l’urgence de confisquer aux oligarques les moyens de production nationaux, afin de restaurer un contrôle démocratique et national sur notre industrie.
La pression populaire si elle est forte, est bien plus susceptible d’empêcher ce nouvel abandon national, que le discours d’Arnaud Montebourg sur le thème de la vigilance patriotique qui comme d’habitude, risque malheureusement de rester dans le domaine de la communication démagogique. Pour rester français ou le redevenir, à un moment ou à un autre, Alstom devra être nationalisé !

 

Déclaration du Comité Valmy
Mis en ligne le 26 avril 2014

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