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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 15:20

Lu sur çanempechepasnicolas, cet article repris sur "20 minutes"

 

20minutes.fr

 

La Grèce, pratiquement privée de transports, tournait jeudi au ralenti en raison d'une grève générale de 24 heures contre les politiques de rigueur.

Des ferries à quai dans le port du Pirée, à Athènes, pendant une grève générale de 24 heures, le 27 novembre 2014 en GrèceDes ferries à quai dans le port du Pirée, à Athènes, pendant une grève générale de 24 heures, le 27 novembre 2014 en Grèce - Angelos Tzortzinis AFP

© 2014 AFP

 

La Grèce, pratiquement privée de transports, tournait jeudi au ralenti en raison d'une grève générale de 24 heures contre les politiques de rigueur.

A l'origine du mouvement, les centrales GSEE du privé et Adedy du secteur public dénoncent «les mesures gouvernementales qui entretiennent le Moyen-âge social, le chômage à un niveau de cauchemar, les politiques qui font des travailleurs la variable d'ajustement de la crise et des déficits».

Les contrôleurs aériens se sont ralliés à la grève entraînant la suppression des vols au départ et à destination d'Athènes et tous les bateaux étaient à quai du fait de l'arrêt de travail des dockers.

La grève devait aussi affecter écoles, hôpitaux, banques et grandes entreprises publiques tandis qu'une série de syndicats, dont ceux des employés du commerce et de l'hôtellerie, ont appelé leurs adhérents à suivre le mot d'ordre.

Les transports en commun de la capitale reprendront en milieu de matinée, pour permettre l'acheminement à la manifestation syndicale prévue à la mi-journée, avant de s'interrompre de nouveau.

C'est la deuxième grève générale de l'année en Grèce qui a vécu depuis 2010 au rythme des arrêts de travail répétés contre les politiques d'austérité. La mobilisation a cependant sensiblement marqué le pas depuis un an.

Le pays a commencé à renouer cette année avec un rythme positif de croissance qui devrait s'accélérer en 2015, mais après avoir traversé six années de récession qui lui ont fait perdre un quart de sa richesse.

Un emploi sur quatre a disparu durant la crise, selon l'Organisation internationale du travail (OIT) qui a mis en garde cette semaine contre le risque «d'une crise sociale prolongée».

Le taux de chômage s'établissait à 25,9% en août. L'indice des salaires, toutes professions confondues, a reculé de 23,8% en moyenne depuis début 2010.

Le parlement devrait voter le 7 décembre un budget 2015 qui poursuit une politique de baisse des dépenses, notamment dans le domaine de la santé et de l'éducation.

 

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 06:52

zone-euro

Depuis le 4 novembre 2014, l’Union Européenne a mis en place l’Union Bancaire. 130 banques d’Europe dépendent directement de la Banque Centrale Européenne. Quelle  est la signification de cela ? 


Rendant brièvement compte de ce fait les média ont insisté sur la sécurité qu’il représente pour les déposants. En cas de faillite de leur banque ils seront sûrs que leurs dépôts leurs seront remboursés. Surtout les plus gros, ceux de moins de 100.000 euros étant depuis longtemps garantis.


La réalité est donc ailleurs. Le journal banquier  "les Échos", propriété du multimilliardaire Bernard Arnault écrit avec juste raison le 4 novembre : Le lien entre la sphère bancaire et étatique vient d’être officiellement coupé et cela justifie qu’on parle du plus grand saut fédéral en Europe depuis la création de l’euro. Dit autrement cela signifie la domination renforcée du capitalisme sur le système bancaire au détriment des nations, une nouvelle perte de la souveraineté nationale.  80% des lois votées en France ne sont que de simples transpositions des directives européennes, l’Etat français n’est plus maître de sa monnaie ni de son budget depuis que Sarkozy a négocié le Pacte de Stabilité qu’a fait voter Hollande. Les soi- disant défenseurs de la souveraineté française, FN en tête n’ont pas protesté contre ce nouvel abandon. Ils sont comme tous les autres des défenseurs des intérêts du capital.


Le système bancaire une arme au service du capitalisme.

La deuxième guerre mondiale n’est pas terminée, qu’en septembre 1944 les Etats Unis mettent sur pied le futur système bancaire mondial qui va leur donner la domination du monde capitaliste jusqu’à aujourd’hui. Ils créent  la Banque Mondiale, le Fond Monétaire International (FMI) qu’ils vont diriger, le dollar comme monnaie du commerce international. Comme le disait un de leurs présidents : « le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème ».

Avec les bouleversements  qui se sont produits dans le monde ces dernières années les nouveaux venus supportent de plus en plus mal cette domination US. Ils prennent des dispositions pour la contrer. La concurrence entre capitalistes  se manifeste fortement dans ce domaine comme dans les autres.

Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud (Les BRICS) ont mis sur pied en juillet 2014 leur propre banque multilatérale, ainsi qu’un fonds de réserve, dans le but d’offrir une alternative à la Banque Mondiale et au FMI.

Il y a quelques jours 20 pays se sont réunis en Chine, parmi lesquels  l’inde, Singapour, le Kazakhstan, le Vietnam, le Qatar. Ils ont mis sur pied la ‘Banque asiatique d’investissements dans les infrastructures’ (AIIB), visant à concurrencer la Banque Mondiale et encore plus la Banque asiatique de développement dirigée par le Japon. Son capital de départ est de 50 milliards de dollars, la moitié venant de la Chine qui de fait contrôle cette nouvelle institution.

Les américains ont réagi avec violence à cette initiative. Ils ont déclaré avoir « des inquiétudes sur la nature ambiguë du projet de l’AIIB dans sa forme actuelle ». Le Japon a réagi dans les mêmes termes. La venue d’un nouveau  n’est jamais une bonne chose dans la concurrence acharnée que se livrent les grands  capitalistes  et leurs Etats pour la conquête  des marchés à l’échelle mondiale.


C’est dans ce cadre qu’il faut apprécier la création de l’Union Bancaire Européenne. Un instrument au service du capitalisme européen contre les peuples.           

 

 

source: www.sitecommunistes.org

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 11:04

Lu sur Rouge Midi

Qui gouverne la France ? Bruxelles !
Voici les réformes exigées par Bruxelles pour encore plus d’austérité !
mardi 25 novembre 2014

Les luttes pieds à pieds des Français empêchent le « gauleiter » Hollande d’aller trop vite dans la destruction de l’État providence et des services publics pour atteindre le déficit de 3 % en 2015 demandé par l’U.E. Donc Bruxelles se fâche !


Voici la liste des réformes structurelles qu’elle exige aujourd’hui. Le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne vont que dans un seul sens, celui de l’aggravation de la misère, de la précarité et de l’exclusion sociale. L’urgence d’un sursaut citoyen et d’une remise en cause radicale de ce système libéral capitaliste représentée ici par l’U.E, est de plus en plus à l’ordre du jour. Lire notre Éditorial de Une.

Cette liste des exigences de l’U.E figure dans un document de trois pages, adopté par le Conseil européen en juillet 2014, sous forme de « recommandation » pour 2014-2015.

On croit rêver car Bruxelles ose écrire « Une correction durable des déséquilibres budgétaires requiert la mise en œuvre crédible de réformes structurelles ambitieuses pour accroitre la croissance et l’emploi » indique le document européen.

 

Or comme l’écrit Frédéric Lordon :

 " Ah ! la riche idée : faire confiance aux entreprises... Faire confiance au preneur d’otages en se jetant dans ses bras, persuadé sans doute que l’amour appelle invinciblement l’amour — et désarme les demandes de rançon. "
Car les entreprises ne créent pas l’emploi !

Pour créer des emplois « encore faut-il que les carnets de commandes se remplissent... » (Jean-François Roubaud, président de la CGPME dans Les Echos, 3 janvier 2014.)

En effet, les entreprises ne produisent pas leur propre carnet de commande, elles ne font que répondre à des demandes extérieures. Or ces demandes extérieures ne dépendent que de la capacité de dépense de leurs clients. En situation de passivité face à cette formation de commandes, qu’elles ne font qu’enregistrer, les entreprises ne créent donc aucun emploi, mais ne font que convertir en emplois les demandes de biens et services qui leurs sont adressées. Donc aucun geste « créateur d’emploi » de la part des patrons.

Mais si l’emploi n’est pas créé par les entreprises, par qui l’est-il donc, et à qui devraient aller nos soins ?

La création d’emploi résulte d’un processus dont le nom le plus connu est « la conjoncture économique ».

Et, gérer « la conjoncture économique » est une action essentiellement POLITIQUE !

Mais, de cela, le gouvernement « socialiste » a manifestement abdiqué toute velléité d’évolution : ligoté par les contraintes européennes qui ont si bien neutralisé toute possibilité de politique économique active, il a renoncé par avance à tout effort de retrouver quelque marge de manœuvre en cette matière.

Relancer la consommation par l’augmentation des salaires et des prestations sociales est justement un bon moyen de faire évoluer « la conjoncture économique » dans le bon sens.

Mais le bon sens pour qui ? Pas pour les banques et les actionnaires bien sûr.


Tour d’horizon des réformes réclamées par Bruxelles.
Tout ce qui nous attend y est écrit noir sur blanc.


Coût du travail
Veiller à ce que la réduction des coûts du travail résultant du crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) soit maintenue ; prendre des mesures pour réduire encore les cotisations sociales patronales ; réduire de manière neutre sur le plan budgétaire les coûts salariaux notamment au niveau les plus bas de l’échelle des salaires par des réductions ciblées des cotisations sociales patronales.

Traduction : réduire le salaire et sa partie socialisée et donc en conséquence diminuer la protection sociale.

Allocations-chômage
Prendre des mesures supplémentaires pour « lutter contre la rigidité du marché du travail ». Réformer les accords de maintien dans l’emploi en vue d’accroître leur utilisation par les entreprises en difficulté ; réformer le système d’assurance-chômage, en association avec les partenaires sociaux, pour garantir la viabilité du système tout en faisant en sorte qu’il encourage le retour à l’emploi.

Traduction  : casser encore plus le code du travail et la législation sur les licenciements, baisser les cotisations sociales et diminuer les prestations sociales pour le chômage.

Dépenses de santé
Réduire comme prévu les l’augmentation des dépenses en matière de sécurité sociale à partir de 2015. Contrer l’augmentation prévue des dépenses publiques dans le secteur des soins de santé, à moyen et long terme, « y compris dans le domaine pharmaceutique ». Fixer des objectifs plus ambitieux pour limiter les dépenses annuelles de santé.

Traduction : diminuer encore plus les remboursement de la sécurité sociale, instaurer une médecine des riches et une médecine des pauvres.

Retraites
Prendre des mesures supplémentaires pour « ramener durablement le système des retraites à l’équilibre d’ici à 2020 », dans tous les régimes, « en se concentrant tout particulièrement sur les régimes spéciaux et complémentaires existants ».

Traduction  : alors que le rapport du COR de 2000 a montré que grâce à l’augmentation de la productivité il y aura au minimum jusqu’en 2040 de plus en plus d’argent pour payer les retraites, ils veulent augmenter l’âge de la retraite et casser par exemple les statuts de la SNCF, RATP et des intermittents du spectacle.

Simplification
Simplifier les règles administratives, fiscales et comptables des entreprises, et prendre des mesures concrètes d’ici décembre 2014 pour mettre en œuvre le plan de simplification lancé par l’État ; revoir les critères de tailles fixés dans la réglementation dans le but « d’éviter les effets de seuils » ; simplifier la politique d’innovation, en renforcer l’efficacité, y compris en adaptant le crédit impôt recherche.

Traduction : tout pour les patrons, rien pour les salariés.

Collectivités locales
Éliminer les doublons administratifs, faciliter les fusions entre les collectivités locales. Inciter les collectivités à rationaliser leurs dépenses en fixant un plafond annuel des recettes fiscales tout en réduisant comme prévu les dotations octroyées par l’État.

Traduction : la fin programmée des conseils généraux au profit de métropoles et de grandes Régions directement pilotées par Bruxelles et le désengagement de l’État provoquant des inégalités entre régions riches et régions pauvres.

Professions réglementées
Supprimer les restrictions injustifiées à l’accès aux professions réglementées, réduire les coûts d’entrée et promouvoir la concurrence dans les services ; réduire les contraintes réglementaires dans le secteur du commerce de détail notamment en simplifiant les autorisations d’ouvertures de points de vente et en supprimant l’interdiction de vente à perte.

Traduction  : obligation du travail le dimanche, casser les monopoles des notaires, médecins et pharmaciens et ouvrir leur activité (lucratives) au capital bien sûr.

Concurrence
S’assurer que les tarifs réglementés du gaz et de l’électricité pour les ménages ne constituent pas une entrave à la concurrence ; renforcer l’interconnexion électrique et gazière avec l’Espagne ; ouvrir le marché intérieur des transports de passagers à la concurrence conformément aux directives en cours d’adoption et au calendrier qu’elles fixeront.

Traduction  : libéraliser encore plus le marché de l’énergie et sacrifier la SNCM et la RATP par exemple.


Alors, jusqu’à quand allons nous accepter que l’U.E dicte notre politique économique, jusqu’à quand allons nous accepter de courber l’échine devant la séquestration de notre propre gouvernement ?

Quand les multinationales mettent en concurrence les salariés du monde en nous faisant le coup de la compétitivité soit on l’accepte, soit on affronte le capital et on protège nos emplois, nos activités et nos droits de travailleurs.

Aujourd’hui, l’idéologie dominante s’efforce de nous persuader de l’impossibilité d’un changement radical, de l’impossibilité d’une abolition du capitalisme, de l’impossibilité de la création d’une démocratie qui ne se réduirait pas à un jeu parlementaire corrompu, de l’impossibilité du peuple à prendre la parole et dire ce qu’il veut.

Ne nous laissons pas hypnotiser par les sirènes des médias, prenons notre avenir et celui de nos enfants en main et décidons nous même ce qui est bien pour notre pays.

La_peniche avec CH

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 15:52
Lu sur Investig'action, le blog de Michel Collon

Entretien avec Bruno Poncelet, animateur de la plateforme No-Transat (www.no-transat.be), et auteur des livres "Europe, une biographie non autorisée", et "Le Grand Marché Transatlantique".

Quelle est votre analyse des révélations de l’espionnage de la NSA, exposées au grand jour par son ex-agent et lanceur d’alerte Edward Snowden, qui ont été à l’origine de réactions très variées de la part de chefs d’état comme Dilma Roussef, Angela Merkel ou François Hollande il y a un an ?

Les ingérences américaines dans la vie européenne ne sont pas nouvelles, notamment au niveau sécuritaire. Rappellons-nous l’épisode des armées de l’ombre : après la Seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont encouragé le recrutement de nazis et de criminels de guerre pour constituer des armées secrètes en Europe, à l’insu des Parlements nationaux. Seules quelques élites européennes triées sur le volet (Premiers ministres, hauts gradés militaires, services secrets) étaient au courant et participaient activement à l’organisation de ces réseaux militaires clandestins…

Donc, l’ingérence américaine n’est pas une chose nouvelle, pas plus que l’accord tacite (ou la complicité active) d’une partie de nos dirigeants à développer ces projets à l’insu des populations. À la limite, le fait nouveau avec la NSA et l’espionnage des conversations téléphoniques d’Angela Merkel, c’est que l’ingérence américaine se fasse dans le dos… de nos décideurs politiques. Est-ce pour autant un cas majeur de casus belli entre eux et les Etats-Unis ? Franchement, je ne le crois pas.

Revenons un instant sur les armées de l’ombre de l’OTAN : quand ce scandale a éclaté (dans les années 90), le Parlement Européen exigeait de faire toute la lumière sur cette affaire dans laquelle on suspectait notamment des morts et des attentats… avec la complicité de nos services secrets et de certains militaires occidentaux (1) !

Mais la suite de l’histoire, c’est très peu de lumière sur ce qui s’est réellement passé… et beaucoup de nouveaux accords d’entente sécuritaire entre l’Europe et les Etats-Unis ! Il a donc de la marge, beaucoup de marge, entre les discours officiels d’un moment et les pratiques réelles qui s’inscrivent dans la durée…

Croyez-vous alors que la complicité entre les élites politiques et économiques européennes et états-uniennes va rester totale ?

Comme je viens de le dire, quand l’Europe est prise la main dans le sac, ou quand elle surprend les Etats-Unis la main dans le sac, à faire des trucs pas très démocratiques, pas très citoyens, eh bien on pousse certes des cris d’orphraie... mais ensuite c’est "business as usual", même si ce business, c’est la sécurité. Je veux dire par là qu’on revient vite à des méthodes d’entente et de complicité entre les etats-Unis et l’Union européenne. Ainsi, suite aux révélations d’Edward Snowden, le Parlement Européen a voté deux fois sur le sujet (2), il y a un an.

Lors du premier vote (le 23 octobre 2013), les députés européens se sont demandés si l’espionnage de la NSA ne justifiait pas d’interrompre, au moins provisoirement, le programme d’échanges de données SWIFT (3).

Par ce programme, les Etats Unis ont accès aux données bancaires d’organisations et de citoyens européens, à condition qu’Europol, l’agence de police européenne, donne son accord. Ils ont donc un accès légal, mais conditionné à l’accord d’Europol. Or, on soupçonne fortement la NSA d’avoir espionné le serveur SWIFT pour accéder à l’ensemble des données, c’est-à-dire également celles auxquelles les Etats-Unis n’ont normalement pas accès. D’où le questionnement des Parlementaires européens : fallait-il interrompre, provisoirement, cet accord SWIFT avec les Etats-Unis (le temps de mener une investigation indépendante pour apprendre ce qui s’était réellement passé) ?

Une majorité du Parlement Européen a voté pour suspendre l’accord. C’est donc une très bonne chose. Malheureusement, ce vote était purement consultatif car le pouvoir de décision, dans ce dossier, est entre les mains de la Commission européenne qui a dit : « on continue comme avant notre programme d’échanges de données financières avec les Etats-Unis ».

Le second vote du Parlement Européen a eu lieu le 18 novembre 2013 et la question posée était la suivante : pour montrer aux Etats-Unis qu’on est fâché de leur espionnage illégal, ne faut-il pas geler les négociations transatlantiques sur le TTIP (autrement dit, le projet de création d’un grand marché commun UE-USA) ? Sur ce point précis, le Parlement européen a estimé que l’espionnage illégal des Etats-Unis n’était pas un motif suffisant pour arrêter les négociations transatlantiques (TTIP) en vue de créer un grand marché commun.

Donc voilà, ces deux exemples récents sont une illustration concrète du maintien d’une très vieille réalité politique : que les Américains nous espionnent ou que nos dirigeants s’entendent avec eux pour développer des stratégies sécuritaires antidémocratiques, cela fait certes scandale si c’est découvert et mis sur la place publique… Des instances élues (comme le Parlement Européen) vont notamment réagir et s’indigner… Mais tout compte fait, ces indignations sont comme des tempêtes dans un verre d’eau et rien de fondamental n’est remis en cause dans la politique commune européenne et américaine...

Ainsi, Angela Merkel n’aura vraisemblablement pas du tout apprécié le fait d’avoir été espionnée personnellement, mais ça ne suffit pas à remettre en cause le lien structurel entre l’Europe et les Etats-Unis.

Vous venez d’illustrer parfaitement ce que beaucoup de gens ressentent aujourd’hui, à savoir la méfiance vis-à-vis de tout ce qui concerne la vie politique. Pensez-vous que les élites financières puissent avoir un quelconque intérêt à décrédibiliser les répresentants politiques ?

Honnêtement, je pense que non. Tout simplement parce que les élites financières ont besoin d’une partie du monde politique pour faire avancer leur projet de société. Prenons les négociations en vue de créer un marché transatlantique (TTIP) : ces négociations sont politiques et réclament donc des représentants politiques dotés d’une certaine légitimité.

En l’occurrence, il s’agit ici d’« experts » - ou plutôt de technocrates - désignés par la Commission européenne avec l’aval des gouvernements nationaux. Bref, les élites financières (mais aussi industrielles et marchandes) cherchent à déplacer, au sein du monde politique, la légitimité du pouvoir. Ce qu’elles veulent promouvoir, ce sont des formes de gouvernance opaque, éloignées des gens, et peuplées de décideurs non élus. À contrario, ce qu’elles ont intérêt à décrédibiliser, c’est la légitimité du pouvoir politique à une échelle locale (notamment nationale), ainsi que les finances publiques lorsque celles-ci sont au service de la solidarité.

On l’a bien vu avec la crise de la zone euro où, grosso modo, le scénario s’est joué selon moi en trois temps. Le premier temps est celui de la crise financière proprement dite, soit le moment où les banques (à force d’avoir spéculé sur les subprimes, qui incitaient des millions de pauvres à emprunter bien au-delà de leurs capacités financières) devaient logiquement faire faillite. Le deuxième épisode, c’est quand les gouvernements sauvent les banques de la faillite.

Selon la Commission européenne, ce sauvetage bancaire a coûté aux finances publiques européennes (autrement dit : à nous qui payons des impôts) la somme totale de 1.600 milliards d’euros (4).

À ce moment précis, nos élus politiques ont dit : « certes, ce n’est pas très moral de sauver les banques de la faillite alors qu’elles ont spéculé massivement, mais… on vous promet qu’on va mettre une muselière aux marchés financiers ».

Vient alors l’épisode suivant, c’est le moment qu’on vit aujourd’hui lorsqu’on entend : « oh la la, les finances publiques ont vraiment trop déconné, la sécurité sociale est dans le rouge, on ne peut plus se permettre le luxe de la solidarité, il faut faire de l’austérité ».

À partir du moment où nos gouvernements acceptent ce scénario de l’austérité et lui donne même une force juridique contraignante en adoptant de nouveaux traités européens (ce qu’on appelle la nouvelle gouvernance économique européenne), je suis persuadé que les élites financières n’ont pas du tout intérêt à décrédibiliser les représentants politiques… qui agissent exactement dans le sens souhaité par les grandes multinationales. Le véritable enjeu, pour les réseaux d’affaires et leurs lobbies, consiste plutôt à rendre illégitime certaines politiques, et plus particulièrement les politiques de solidarité et de services publics. Ainsi, décrédibiliser les finances publiques, par exemple en disant des Grecs « qu’ils ont vécu au dessus de leurs moyens », etc...ça oui, je pense que c’est clairement à l’oeuvre.

Pouvez-nous nous expliquer quel est le volet sécurité du TTIP ?

Je parlerais plutôt d’un volet « sécuritaire » que d’un volet « sécurité ». Après le 11 septembre 2001, les gouvernements américains et européens ont surfé sur la vague d’émotion et de peur pour faire passer de nouvelles législations, notamment antiterroristes. Officiellement, il s’agit de nous protéger contre les « méchants ». Le problème, c’est que ces législations sont conçues de la manière suivante : tout citoyen est un terroriste potentiel et doit pouvoir être surveillé de près par les autorités. Chemin faisant, on perd des libertés fondamentales (comme le droit à la vie privée) qui ne sont pas là par hasard…. mais qui résultent d’expériences historiques tragiques, notamment des répressions étatiques contre des mouvements sociaux jugés dérangeants. C’est pourquoi je parle de politiques « sécuritaires » : sous couvert de mieux nous protéger, on met en place un nouveau cadre juridique qui donne de nouveaux droits aux pouvoirs répressifs des Etats (forces de police, tribunaux), le tout étant basé sur une interprétation très libre – j’entends par là : trop floue et arbitraire - de qui est (ou n’est pas) un terroriste. Dans ce cadre-là, les Etats-Unis et l’Union européenne ont mis en place plusieurs accords sécuritaires transatlantiques.

En 2010, deux accords sont entrés en vigueur. Le premier est un accord d’enquête judiciaire transatlantique, qui prévoit que des enquêteurs américains puissent travailler sur le sol européen mais autorise également l’usage de vidéoconférences pour auditionner des témoins ou des experts situés aux Etats-Unis lors de procès en Europe, et vice-versa. Le deuxième accord entré en vigueur facilite grandement les extraditions judiciaires transatlantiques : à l’instar du mandat d’arrêt européen, son but est d’extrader beaucoup plus rapidement des détenus ou des suspects de l’UE vers les Etats-Unis. Pour y parvenir, on laisse tomber toute une série de garde-fous visant, par exemple, à garantir un procès équitable ou à s’assurer que la personne ne soit pas recherchée pour des raisons politiques. De fait, la seule réserve importante qui reste de mise, c’est la possibilité pour l’Europe de refuser l’extradition si la personne extradée risque d’être condamnée à la peine de mort aux Etats-Unis. Toujours dans le cadre de l’antiterrorisme, des accords transatlantiques d’échanges de données sont aussi en vigueur aujourd’hui. L’accord nommé Passenger Name Record transfère aux Etats-Unis, de façon automatique, toutes les données des compagnies aériennes sur les personnes qui vont atterrir ou survoler le territoire des Etats-Unis. Cela comprend votre numéro de compte en banque, votre adresse privée, le poids de vos bagages, les personnes en compagnie desquelles vous voyagez…

Il y a de cela quelques années, un avion a ainsi été détourné en plein vol parce qu’il avait parmi ses passagers… un juriste du groupe de la GUE (Gauche unitaire européenne) au Parlement Européen. Pour avoir critiqué la politique européenne en Amérique du Sud, ce passager était considéré comme potentiellement terroriste et dangereux pour les Etats-Unis ! Concrètement, l’avion a été obligé de refaire son itinéraire en plein vol, de modifier ses escales, ce qui a prolongé le voyage de plusieurs heures imprévues. Quant au juriste (qui se rendait en Amérique du Sud), il a été obligé de renégocier de nouveaux billets (et un temps de voyage beaucoup plus long) pour son vol retour, la compagnie aérienne refusant de l’embarquer pour un vol devant passer au-dessus du territoire des Etats-Unis.

L’autre grand accord transatlantique d’échange de données, c’est l’accord SWIFT dont nous avons parlé plus tôt : pour autant qu’Europol (l’agence de police européenne) donne son accord, les Etats-Unis reçoivent toutes les informations bancaires (comme les virements effectués) de telle personne ou de telle organisation… Ces accords sont en vigueur aujourd’hui et le restent malgré les viols de notre vie privée dont se sont rendus coupables les Etats-Unis (notamment via les écoutes de la NSA, mais aussi par l’enlèvement, sur le sol européen, de personnes extradées clandestinement par la CIA dans des pays tiers pour y être torturées). (5)

Quelle est selon vous la menace fondamentale que présente ce traité transatlantique ?

L’ambition première des actuelles négociations en vue de créer un grand marché transatlantique (le TTIP), est d’accorder davantage de pouvoirs aux multinationales. Notamment en leur laissant le choix des législations sous lesquelles elles veulent travailler : aujourd’hui, avec le marché unique européen, les multinationales peuvent déjà choisir entre 28 pays différents - donc entre 28 normes fiscales, salariales, sociales différentes – tout en ayant l’assurance que leurs produits peuvent circuler librement. Voilà ce qui tue, concrètement, les bons salaires, la sécurité sociale et les politiques de solidarité…. qui sont effectivement trop chers quand on décide de les mettre en concurrence avec des systèmes de travail (je devrais plutôt dire : d’esclavage) dignes du XIXème siècle. Or, l’enjeu des négociations transatlantiques, c’est d’offrir aux multinationales encore plus de choix de délocalisations opportunistes en ajoutant, aux 28 pays européens, 50 Etats américains qui ne sont vraiment pas des paradis sociaux pour travailleurs.

Dans ces négociations transatlantiques, l’enjeu prioritaire n’est pas sécuritaire. L’un des enjeux prioritaires consiste à transférer des pouvoirs politiques vers des instances de décision de plus en plus éloignées du citoyen. Un autre enjeu déterminant vise à mettre en concurrence des régimes démocratiques à forte protection sociale ou environnementale avec des régions aux normes juridiques bien plus faibles. L’arbitre de cette concurrence entre démocraties et zones de non-droit étant constitué de multinationales, il n’est pas très compliqué de deviner comment et pourquoi les législations écologiques et sociales protégeant le mieux la population sont appelées à disparaître ou à s’étioler… Sur certains points précis, ces négociations transatlantiques peuvent embrasser des thématiques sécuritaires : c’est notamment le cas des négociations touchant aux nouvelles technologies et au secteur numérique, dont de nombreuses applications (caméras, drones, robots) peuvent servir à « surveiller et punir ». Il y a donc moyen de faire des liens entre les accords sécuritaires (déjà en vigueur) et les négociations politiques (en cours). À mes yeux, le lien principal résumant toute l’affaire est celui d’un manque crucial de démocratie et d’une confiance, bien trop aveugle, dans des pouvoirs éloignés de nous, à commencer par celui qu’exercent les multinationales.

Réferences citées au cours de l’interview :

1. Résolution adoptée par le Parlement européen sur l’Affaire Gladio : http://eur-lex.europa.eu/legal-cont... le version française, l’affaire Gladio est abordée page 201 (débats), page 202 (vote) et page 214 (texte de la résolution dont les références officielles sont les suivantes : JO C 324 du 24.12.1990, p. 201)

2. Les deux votes au Parlément Européen suite à l’affaire Snowden : http://www.no-transat.be/plus-infos... ; http://www.no-transat.be/plus-infos...

3. Les échanges de données PNR (passagers d’avion) et Swift (données financières), dans le cadre de la lutte anti-terroriste : http://europa.eu/rapid/press-releas...

4. Ce sont des chiffres fournies par la Commission Européenne.

5. Enlèvement de personnes sur le sol européen : http://www.europarl.europa.eu/meetd...)0032_/p6_ta-prov(2007)0032_fr.pdf

Source : Periodico Diagonal

Traduction : Investig’Action

Soyez nombreux à manifester le 19-20 décembre à l’initiative de l’Alliance d19-20 !!!

Quelques liens appellant à la mobilisation citoyenne :  

En Belgique, sur le site www.no-transat.be qu’on a lancé en 2011, on peut signer la pétition (http://www.no-transat.be/adhere/tex...) et s’inscrire à la Newsletter (sur la même page, juste à droite de l’écran) pour être informé des futures actions et mobilisations, dont la manifestation prévue le 19 décembre prochain à l’initiative de l’Alliance d19-20

En France, on peut signer la pétition : https://www.collectifstoptafta.org/

En Europe, on peut signer la pétition européenne : http://stop-ttip.org/

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 17:29

 

pcp affiche 

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les communistes portugais ne se posent plus la question de la sortie de l’euro, mais de comment la préparer. Ils ne se font d’illusions ni sur l’Euro, ni sur le rôle du parlement : y proposer la sortie de l’Euro, c’est une tribune pour les idées communistes, l’occasion de démasquer les faux amis du peuple portugais. A gauche aussi.

 

Critique depuis sa création d’une monnaie unique perçue justement comme outil d’imposition au Portugal de la casse des acquis démocratiques et sociaux, de paupérisation du peuple portugais, le PCP a longtemps été sceptique sur la faisabilité de la sortie de l’euro.

 

 « Sortir de l’Euro » : une position progressivement adoptée par le PCP

 

C’était avant. En décembre 2012, au dernier congrès du PCP, son analyse a été réaffirmée avec force : l’UE n’est pas réformable, comme l’Euro. Depuis, il a organisé plusieurs rencontres avec des économistes du parti ou non pour d’abord poser la question de la sortie de l’euro (mars 2013) puis envisager les conditions de sa sortie (septembre 2014).

 En septembre 2014, les trois députés européens du PCP ont officiellement manifesté leur position consistant en une préparation du pays à la sortie de l’Euro, au vu de l’incompatibilité entre le maintien dans l’euro et la concrétisation d’une politique alternative et de gauche.

  Ils se sont engagés à porter cette position à Bruxelles, à Strasbourg, au Parlement européen.

 Le PCP a franchi une nouvelle étape le mois dernier. Le 15 octobre, le député Paulo Sá a proposé un projet de résolution à l’Assemblée de la République, en trois points : « renégociation de la dette, préparation de la sortie de l’euro et contrôle public des banques ».

 

Renégocier la dette, sortir de l’euro, nationaliser les banques

 

Renégocier la dette ? Oui, dans ses « délais, taux et montants » pour Paulo Sá car la « dette devient impayable » et surtout « plus on paye, et plus on doit ». Les intérêts s’élèvent à 7,7 milliards d’euros en 2014, 60 % de plus qu’en 2011. La dette a augmenté de 54 milliards d’euros en 3 ans !

  Sortir de l’euro ? Clairement. Il s’agit de « se libérer de la soumission à la monnaie unique, de retrouver sa souveraineté monétaire, que le pays se prépare à cette nouvelle réalité ».

  Après avoir rappelé les avantages économiques de la sortie, le député rappelle tout ce qu’a signifié l’Euro pour le Portugal : destruction de l’apparel productif, endettement externe, baisse des salaires, privatisation des entreprises.

  « Il est impératif de libérer le Portugal de la contrainte de l’Euro », bien que le député évoque ensuite plusieurs scénarios – dont celui de la dissolution concertée, ou de la sortie unilatérale subie ou voulue –, le pays doit être prêt.

  Nationalisation des banques ?  Une évidence quand « les banques privées, reconstituées à partir des privatisations du secteur public, ne servent pas les travailleurs, les populations, les entreprises, les producteurs, l’économie nationale et le pays ».

  Refuser la proposition du PCP, c’est « défendre un secteur bancaire qui continue à engraisser les profits des actionnaires, des spéculateurs, de quelques familles ».

  Le PCP cite le cas des scandales financiers récents, dont celui de la Banque Espirito Santo, renflouée à coups de milliards par l’Etat portugais !

 

Une bombe dans l’hémicycle rejetée par la droite et le PS

Ce projet de résolution a été reçu comme une bombe dans l’hémicycle. Il a rencontré l’hostilité de la majorité de l’Assemblée, alors qu’il bénéficie du soutien de la majorité du peuple portugais.

  Tel est la mission que le PCP confie à ses parlementaires. Point de « crétinisme parlementaire », d’illusion sur le fait de « pouvoir peser à gauche ». Le Parlement est une tribune pour déclarer la guerre au consensus dominant, l’occasion de révéler la contradiction entre les partis défendant le système et la volonté du peuple.

  Sans surprise, on a retrouvé un vote unanime de la « troika », donc de la droite représentée par le PSD (Parti social-démocrate), le CDS (Centre démocratique et social), de la « gauche » incarnée par le Parti socialiste. Un vote contre les trois propositions, donc pour le maintien dans l’euro et des banques privées.

 

Le Bloc de gauche refuse de voter la sortie de l’Euro !

 

  Plus éclairant, le vote du Bloc de gauche – soutenu par le PGE (Parti de la gauche européenne) – qui a voté la proposition du PCP sur la renégociation de la dette et sur le retour des banques dans le giron public.

Par contre, le Bloc de gauche a refusé de voter le projet de résolution, pourtant prudent, pour « préparer le Portugal à la sortie de l’Euro ». Le Bloc s’est abstenu.

  La question européenne est une des questions qui fait le clivage entre le Bloc et le PCP : le Bloc de gauche a toujours été un parti pro-européen, défendant l’Euro et l’UE, même au nom d’une hypothétique « Europe sociale » à inventer.

  D’autres questions séparent les deux partis : les alliances avec le PS, fréquentes pour le Bloc au niveau local, possibles au niveau national comme aux dernières présidentielles, où il s’est rallié dès le premier tour derrière le candidat PS !

  Ou encore la question de classe, secondaire pour le Bloc de gauche qui mise plus sur les questions sociétales, tandis que le PCP – avec le syndicat CGTP, dirigé par un responsable communiste – met la priorité sur la lutte de classes, contre la politique anti-sociale du pouvoir.

 

Les communistes à 13 %, le Bloc à 4 % : la clarté paye !

 

Les Portugais ont fait leur choix. Longtemps au coude-à-coude dans les sondages, les urnes, depuis deux ans, c’est la Grande divergence en pleine crise de l’euro et de l’UE : en 2009 le Bloc et le PCP étaient au même niveau aux européennes, avec 11 % des voix.

  En 2014, le PCP a réalisé son meilleur score depuis 20 ans, avec 13 % des voix. Le Bloc s’est lui écroulé, victime de ses propres contradictions sur l’euro dont il refuse d’envisager la sortie. Avec 4,5 % des voix, c’est son existence même qui est menacée.

 

Voilà de quoi nous inspirer. Combien de temps encore avant de se rallier à cette position de bon sens, correspondant à notre identité de communiste tout comme aux nécessités du moment ? Le PCP l’a compris, sa ligne paye et elle est utile au peuple portugais dans sa lutte quotidienne.

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:49
Si l’Italie sortait de l’Euro… 

La possibilité d’une sortie de l’Italie de l’Euro, sortie qui pourrait survenir à la fin du printemps 2015, est de plus en plus souvent évoquée dans la presse internationale, italienne bien sur mais aussi allemande, américaine[1] et britannique[2]. Le silence de la presse française n’en est que plus assourdissant…Il faut alors comprendre pourquoi le processus de destruction de l’Euro pourrait bien commencer par l’Italie, et quelles en seraient les conséquences pour la France.

Une situation devenue intenable.

Il est clair, désormais, que la situation de l’Italie est devenue intenable dans le cadre de la monnaie unique. L’Italie est plongée dans une situation de stagnation de son PIB depuis la crise de 2008 qui semble même plus grave que ce que l’on connaît en Espagne.

Graphique 1

A - PIB

Source : Base de données du FMI, octobre 2014.

La situation est particulièrement critique si l’on regarde les gains de productivité de l’Italie, comparée à ses concurrents de la zone Euro depuis 1999. On constate que l’Italie est à la traine, et pas seulement par rapport à l’Allemagne et la France mais aussi par rapport à l’Espagne. Dans ce pays, cependant, la fermeture de nombreuses entreprises a entraîné la disparition des moins productives et, ici, le gain de productivité peut directement s’expliquer par l’effet de la contraction de la production.

 

Graphique 2

 A - Prod du t

Source : Base de données du FMI, octobre 2014

En fait des discussions avec des conseillers économiques du gouvernement Renzi montrent que ces derniers sont désormais très pessimistes quant à l’avenir économique du pays. Ils estiment que, sauf à connaître un tournant important dans la politique économique allemande cet hiver, l’Italie n’aura guère d’autre choix que de quitter l’Euro vers l’été 2015. Notons qu’un parti, le Movimente 5 Stelle de Beppe Grillo appelle à la tenue d’un référendum sur l’Euro, et que cette idée est en train de gagner du terrain dans les milieux politiques italiens.

L’Italie fait une large part (55% du commerce des biens, et près de 64% en comptant les services) de son commerce extérieur avec les pays de la zone Euro. On comprend dès lors que la baisse, toute relative, de l’Euro face au Dollar ne l’avantage guère. L’économie italienne souffre d’un problème de compétitivité à l’intérieur de la zone Euro.

Les conséquences pour la France

Si l’Italie devait donc prendre cette décision, les conséquences seraient importantes pour l’économie française. En raison d’une spécialisation comparable à celle de l’économie italienne, il n’est guère possible pour la France de rester dans la zone Euro si l’Italie en sort (et réciproquement). Mais, cette réalité économique risque de se heurter à l’entêtement d’un gouvernement qui est paralysé par la peur de voir sa stratégie politique s’effondrer à ce moment. Il faut ici répéter que rien ne serait pire pour la France que de rester dans une zone Euro, qui se réduirait alors à une zone Mark, si l’un des grands pays, et l’Italie constitue la troisième économie de la zone Euro, devait en sortir. Le choc adverse de compétitivité serait très certainement catastrophique pour l’industrie française.

Dès lors, il faut penser un tel cas de figure et se demander s’il n’offre pas, en réalité, une importante opportunité pour l’économie française. Si la France et l’Italie sortent ensemble de la zone Euro, cela impliquera une sortie à court terme de l’Espagne, du Portugal de la Grèce et de la Belgique. En effet, on comprend immédiatement que l’Espagne, qui est affaiblie par des tensions politiques profondes, ne pourrait rester dans l’Euro si l’Italie et la France en sortaient. Or, une sortie de l’Espagne implique celle du Portugal, et après ces 4 pays le maintient dans l’Euro de la Grèce ne se justifie plus. Compte tenu de ses liens avec l’économie française, il est très probable que la Belgique devrait suivre après quelques semaines d’hésitations. Une sortie de l’Italie provoquerait bien la dislocation de la zone Euro, et l’Allemagne, très probablement, reprendrait sa monnaie. Mais ce scénario, loin d’être une catastrophe, ouvrirait immédiatement de nouvelles opportunités et en particulier la possibilité – une fois les parités des monnaies de ces pays stabilisées – de reconstituer un bloc commercial. Ce dernier ne devrait pas se fonder sur une monnaie unique (un « Euro-Sud »), dont on a déjà eu l’occasion de dire qu’elle impliquerait une très fort appauvrissement de l’Italie et de l’Espagne, mais devrait plutôt se fonder sur des règles de co-variation des taux de change, étant acquis que les parités respectives des pays de ce bloc pourraient être révisées de manière régulière (tous les ans) afin de tenir compte des mouvements différents de la productivité.

 

Il convient donc de surveiller de près l’évolution du débat en Italie dans les mois qui viennent, et surtout la manière dont la presse française, sur laquelle hélas on ne se fait plus guère d’illusions, en rendra compte.


[1] Baker D., « Italy’s Stagnation: The Need to Share the Pain » in INSIGHT, Center for International SocialStudies, http://www.insightweb.it/web/content/italy’s-stagnation-need-share-pain

[2] « Lira looks set for a comeback », The Guardian, 16/11/2014, http://www.theguardian.com/world/2014/nov/16/lira-looks-set-for-comeback/print

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 11:58

Pour accéder au site du M'Pep et au tract que diffusera le M'Pep sur le parcours de la manifestation du 15 novembre, cliquez sur le titre ci-dessous.

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 11 novembre 2014.

C’est en s’attaquant aux causes que le mal pourra être éradiqué. Encore faut-il avoir la lucidité et le courage d’affronter les véritables adversaires : la clique néolibérale au gouvernement et ses institutions internationales, l’UE, l’euro, l’OTAN, l’OMC, le FMI, la Banque mondiale. Pour sauver la France de la dégringolade programmée, indispensable étape pour mater son peuple, sortons du piège. Luttons pour la sortie de toutes les institutions internationales néolibérales, et en priorité de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN.

C’est comme cela que nous pourrons lutter contre l’austérité !

Le 15 novembre, les militants du M’PEP seront sur le parcours des manifestations organisées contre l’austérité et distribueront un tract que vous pouvez vous-aussi télécharger, photocopier ou imprimer, et diffuser.

 


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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 11:50

Lu sur canempechepasnicolas.  Cliquez sur le titre ci-dessous pour accéder au blog.

 

 

emmanuel-macron

Emmanuel Macron, ministre « socialiste » de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, était parti à Bruxelles, jeudi dernier, exposer devant les nouveaux commissaires européens sa proposition de « New Deal européen« .

A cette occasion, Emmanuel Macron a accordé un entretien au quotidien belge Le Soir publié sur deux pleines pages dans l’édition de vendredi. Alors que Jean-Claude Juncker, ex-premier ministre luxembourgeois nommé à la tête de la Commission européenne, est pris dans la tourmente du Luxleaks, surnom donné aux révélations sur l’existence d’accords fiscaux secrets passés entre le Luxembourg et des centaines d’entreprises afin d’éluder « légalement » l’impôt, Emmanuel Macron lui renouvelle tout son soutien !

Extrait :

« Je suis frappé par la ressemblance entre notre période et celle des années 30. Nous sortons d’une crise, les peuples se rétractent, les indicateurs économiques sont inquiétants, les démocraties sont fatiguées, les dirigeants politiques sont conspués. Le plus grand risque est que les responsables politiques laissent s’installer l’idée qu’ils sont impuissants, que les démagogues prennent le pouvoir et que les égoïsmes nationaux reviennent. Ce sont les risques que nous voyons dans mon pays, le vôtre, en Allemagne, en Grande-Bretagne. C’est dans ces moments-là que se révèlent les grands décideurs politiques, ceux qui mettent de grandes ambitions sur la table, comme M. Juncker l’a fait. C’est cette même préoccupation qui habite le président de la République et le Premier ministre lorsqu’ils annoncent l’accélération des réformes en France et les grands chantiers nécessaires.

(…) J’ai confiance en M. Juncker : il a la capacité de promouvoir des idées courageuses pour porter l’idée européenne. »

Ancien énarque, ex-banquier d’affaires à la banque d’affaires Rothschild, ex-secrétaire général de l’Elysée, Emmanuel Macron est décidément bien éloigné des préoccupations des Français et se montre incapable de toute remise en question.

Que pensent les Français, qui doivent se serrer la ceinture et sont assaillis de taxes et d’impôts, du soutien d’Emmanuel Macron, ministre socialiste de l’Economie, à Jean-Claude Juncker, protecteur d’un système qui permet à Pepsi, Apple, Amazon, FedEx, LVMH, AXA, la Banque Populaire, la BNP, le Crédit Agricole, etc, d’éluder l’impôt.

340 entreprises, dont 230 américaines et 58 françaises, ont ainsi trouvé un refuge fiscal au Luxembourg grâce à Jean-Claude Juncker et ses petits camarades.

Comment les milieux populaires, les travailleurs, les artisans, les agriculteurs, les commerçants, les indépendants, les petits entrepreneurs, pourraient-ils faire confiance à un gouvernement socialiste qui a confié l’Economie à un banquier d’affaires formé chez Rothschild et qui défend un système qui bénéficie exclusivement aux multinationales ?

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 09:30
Lu sur Le Grand Soir
Ce projet de loi fera voler en éclats la souveraineté des parlements
Traité Transatlantique : Une conspiration explosive contre la démocratie
George MONBIOT

Journaliste
George Joshua Richard Monbiot est un journaliste, éditorialiste, auteur, universitaire et activiste environnemental et politique au Royaume-Uni, qui écrit chaque semaine dans le quotidien The Guardian. Wikipédia

Il y a un an, jour pour jour, j’étais désespéré. Un nuage sombre se levait sur l’Atlantique, menaçant d’effacer certaines libertés arrachées par nos ancêtres au prix de leur vie. La capacité des parlements des deux côtés de l’océan de légiférer au nom de leur peuple était mise en danger par un traité étonnant, qui accorderait aux sociétés des pouvoirs spéciaux pour poursuivre les gouvernements. Je ne voyais pas comment l’arrêter.

Presque personne n’avait entendu parler du Partenariat Transatlantique pour le Commerce et l’Investissement (Transatlantic Trade and Investment Partnership - TTIP) entre l’UE et les Etats-Unis, à l’exception de ceux qui étaient tranquillement en train de le négocier. Et je pensait que pratiquement personne n’en entendrait parler. Même le nom semblait parfaitement conçu pour repousser l’intérêt du public. J’ai écrit à ce sujet (1) pour une simple raison : pour pouvoir dire à mes enfants que j’ai essayé.

À mon grand étonnement, l’article a été largement diffusé. À la suite de la réaction massive du public et l’engagement de certains militants remarquables, la Commission européenne (2) et le gouvernement Britannique (3) ont été obligés de réagir. La pétition Stop TTIP compte à présent 780 000 signatures (4) ; la pétition 38 Degrees en compte 910 000 (5). Le mois dernier, il y a eu 450 actions de protestation dans 24 États membres (6). La Commission européenne a été contraint d’organiser une consultation publique sur l’aspect le plus controversé (7), et 150 000 personnes ont répondu (8). Ne laissez jamais dire que les gens sont incapables de s’engager sur des problèmes complexes.

Rien n’est encore gagné. Les entreprises et les gouvernements - avec le Royaume-Uni à leur tête - se mobilisent pour contrecarrer ce soulèvement. Mais chaque mois ils perdent un peu plus pied. Lorsque le ministre britannique responsable à l’époque, Kenneth Clarke, a répondu à mes premiers articles (9), il a insisté que « rien ne serait plus absurde » que de rendre public la position de négociation européenne, comme je l’avais proposé (10). Mais le mois dernier, c’est justement ce que la Commission européenne a été obligée de faire (11). On dirait que la lutte contre le TTIP pourrait devenir une victoire historique contre le pouvoir des entreprises.

Le problème central est ce que les négociateurs appellent le règlement des différends entre Etats et investisseurs (ISDS). Le traité permet aux entreprises de poursuivre les gouvernements devant un comité d’arbitrage composé de juristes d’entreprise, les seuls et uniques à être représentés, et qui ne fait l’objet d’aucun contrôle judiciaire (12).

Déjà, grâce à l’insertion de l’ISDS dans de nombreux traités de commerce de moindre importance, les grandes entreprises se livrent à une orgie de litiges, dont le but est d’attaquer toute loi qui pourrait porter atteinte à leurs profits futurs. La firme de tabac Philip Morris poursuit à la fois l’Uruguay et l’Australie qui tentent de décourager les gens de fumer (13). La compagnie pétrolière Occidental a reçu 2,3 milliards de dollars en compensation de l’Equateur, qui a rompu la concession de forage en Amazonie accordée à la société, lorsqu’il a été découvert qu’Occidental avait violé la loi équatorienne (14). La société suédoise Vattenfall poursuit le gouvernement allemand pour avoir arrêté son programme nucléaire (15). Une société australienne poursuit Le Salvador pour 300 millions de dollars pour avoir refusé l’autorisation d’une mine d’or qui aurait empoisonné l’eau potable (16).

Sous le TTIP, le même mécanisme pourrait être utilisée pour empêcher le gouvernement du Royaume-Uni de revenir sur la privatisation des chemins de fer et le Service national de santé, ou de défendre la santé publique et l’environnement contre la cupidité des entreprises. Son effet global est d’empêcher l’émergence d’une politique qui placerait les gens avant les profits.

Les juristes d’entreprise qui siègent dans ces organismes n’ont de comptes à rendre qu’aux sociétés dont ils jugent les affaires, sociétés qui par ailleurs sont aussi parfois leurs employeurs (17). Comme a commenté l’un d’entre eux (18), « Quand je me réveille la nuit en pensant à l’arbitrage, je suis toujours surpris que les États souverains aient accepté l’idée même de l’arbitrage d’investissement... Trois individus se voient confiés le pouvoir d’examiner, sans aucune procédure de restriction ou d’appel, toutes les actions du gouvernement, toutes les décisions des tribunaux, et toutes les lois et règlements émanant du Parlement ».

Cette mesure est si scandaleuse que même The Economist, d’habitude le champion des entreprises et des traités commerciaux, a pris position contre (19). Il qualifie le règlement des différends entre Etats et investisseurs de « moyen pour permettre aux multinationales de devenir riches au détriment des gens ordinaires ».

Lorsque David Cameron et la grande presse ont lancé leur campagne contre la candidature de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne, ils ont fait valoir qu’il menaçait la souveraineté britannique. Ce fut une inversion parfaite de la réalité. Juncker, constatant la tournure que prenait le débat public, avait promis dans son manifeste que « je ne sacrifierai pas la sécurité, la santé, les normes de protection sociale et de protection de données en Europe... sur l’autel du libre-échange... Je n’accepterai pas non plus que la compétence des tribunaux des États membres de l’UE soit limitée par des régimes spéciaux pour les litiges avec les investisseurs. » (20) Le crime de Juncker était qu’il promettait de ne pas abandonner notre souveraineté à des avocats d’entreprise comme le demandaient Cameron et les barons de la presse.

Juncker est maintenant sous forte pression. Le mois dernier, 14 Etats lui ont écrit (21), en privé et sans consulter leurs parlements, pour exiger l’inclusion du règlement des différends entre Etats et investisseurs (la lettre a été divulguée il y a quelques jours). Et qui est à la tête de cette campagne ? Le gouvernement britannique. Tant de duplicité laisse rêveur. Tout en prétendant être tellement attaché à notre souveraineté qu’il est prêt à sortir de l’UE, notre gouvernement insiste secrètement pour que la Commission européenne abandonne notre souveraineté au nom des profits des entreprises. David Cameron est à la tête d’une conspiration explosive contre la démocratie.

Lui et ses ministres n’ont pas répondu à la question qui brûle les lèvres : quel est le problème avec les tribunaux ? Si les entreprises veulent poursuivre des gouvernements, elles peuvent déjà le faire, devant les tribunaux, comme tout le monde. Ce n’est pas comme si, avec leurs vastes budgets, elles étaient désavantagées dans ce domaine. Pourquoi seraient-elles autorisées à utiliser un système juridique distinct, auquel le reste d’entre nous n’a pas accès ? Qu’est-il arrivé au principe de l’égalité devant la loi ? (22) Si nos tribunaux sont qualifiés pour priver les citoyens de leur liberté, pourquoi ne le seraient-ils pas pour priver les sociétés de profits futurs anticipés ? Il ne faut pas lâcher la pression sur les défenseurs du TTIP avant qu’ils n’aient répondu à cette question.

Cette question ne peut pas être esquivée beaucoup plus longtemps. Contrairement aux traités précédents, celui-ci a été exposé à la lumière par des militants, lumière sous laquelle ses justifications se ratatinent. Le combat sera difficile, et le résultat est loin d’être certain, mais mon sentiment est que nous allons gagner.

George Monbiot

Traduction « le problème avec la Justice, c’est sûrement le mot justice » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» http://www.monbiot.com/2014/11/04/a-gunpowder-plot-against-democracy/

1. http://www.theguardian.com/commentisfree/2013/nov/04/us-trade-deal-ful...

2. http://www.theguardian.com/commentisfree/2013/dec/18/wrong-george-monb...

3. http://www.theguardian.com/commentisfree/2013/nov/11/eu-us-trade-deal-...

4. https://stop-ttip.org/

5. https://secure.38degrees.org.uk/page/s/eu-ttip-petition#petition

6. http://ttip2014.eu/blog-detail/blog/Highlights%20Oct%2011.html

7. http://trade.ec.europa.eu/consultations/index.cfm?consul_id=179

8. http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2014/july/tradoc_152693.pdf

9. http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/mar/13/eu-us-trade-deal-...

10. http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/mar/10/eu-us-trade-deal-...

11. http://bit.ly/1xYr3L6

12. http://blog.oup.com/2014/01/van-harten-q-a-investor-state-arbitration/

13. http://www.wdm.org.uk/multinational-corporations/cameron%E2%80%99s-tra...

14. http://kluwerarbitrationblog.com/blog/2012/12/19/icsids-largest-award-...

15. http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21623756-governmen...

16. http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/oct/03/australian-mining...

17. http://blog.oup.com/2014/01/van-harten-q-a-investor-state-arbitration/

18. http://corporateeurope.org/trade/2012/11/chapter-4-who-guards-guardian...

19. http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21623756-governmen...

20. http://t.co/fQkoZWsZJX

21. http://blogs.ft.com/brusselsblog/files/2014/10/ISDSLetter.pdf

22. http://eu-secretdeals.info/upload/2014/07/Van-Harten_Comments-id2466688.pdf

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 18:10

Le Luxembourg au coeur

de la faude fiscale

au détriment des Etats 


"canempechepasnicolas" pose la question :

QUI ETAIT LE CHEF DE GOUVERNEMENT DU GRAND-DUCHE QUI A NEGOCIE LES ACCORDS SECRETS ENTRE LE LUXEMBOURG ET LES MULTINATIONALES PERMETTANT LA FRAUDE MASSIVE AU BENEFICE DE CELLES-CI ?

 

REPONSE EN FIN DE TEXTE

 

francetvinfo.fr

Le Luxembourg,
la boîte à outils de l'évasion fiscale
des grandes multinationales

Des documents, révélés par Le Monde mercredi, détaillent comment 340 entreprises se servent du Grand-duché pour payer moins d'impôts. Des accords qui représenteraient des milliards d'euros de recettes fiscales perdues pour les Etats où ces entreprises réalisent des bénéfices.

 

Le Suédois Ikea est l'une des sociétés qui profite le plus de la fiscalité luxembourgeoise (photo prise à Eching, à Munich, Allemagne, le 16 octobre 2014). 

Le Suédois Ikea est l'une des sociétés qui profite le plus de la fiscalité luxembourgeoise (photo prise à Eching, à Munich, Allemagne, le 16 octobre 2014).  (PETER KNEFFEL / DPA / AFP)

Par 

 

 

 

Mis à jour le 06/11/2014

Des milliards d'euros d'impôts évaporés grâce à des accords secrets avec le Luxembourg. Des documents récupérés par le consortium de journalisme d'investigation ICIJ, et révélés mercredi 5 novembre par 40 médias, dont Le Monde, détaillent "comment les géants du Net, des télécoms, de la finance ou de la grande consommation s’appuient sur le Luxembourg et ses règles fiscales souples, mais aussi sur les failles de la réglementation internationale, pour y transférer des profits afin qu’ils n’y soient pas taxés, ou très faiblement".

 

Quels sont ces accords secrets ?

Il s'agit de "tax rulings", des accords fiscaux passés entre le Grand-Duché et 340 grandes entreprises. A chaque fois, le point de départ est le même. L'entreprise décide de créer une holding ou une filiale au Luxembourg, avec peu de salariés et d'activités, dans le seul but de payer moins d'impôts. Elle mandate alors la société d'expertise comptable PricewaterhouseCoopers (PwC), pour négocier un accord avec l'administration fiscale du Luxembourg.

Quelles sont les entreprises impliquées ? 

Le champion européen de l'évasion fiscale est le Suédois Ikea, mais parmi les 340 sociétés citées par l'enquête de l'ICIJ, on trouve aussi, dans une moindre mesure, les Français Aviva, Axa, CNP Assurance, Crédit agricole, Caisse d'Epargne, LVMH et le groupe Rotschild. Le Guardian cite, en outre, Pepsi, Dyson, Accenture, Burberry, Procter&Gamble, Heinz, JP Morgan et FedEx.

Comment trichent-elles ?

Les outils proposés et utilisés varient ensuite d'une entreprise à l'autre. Le Monde cite le cas d'Ikea, dont la holding luxembourgeoise bénéficie du statut de Soparfi : cela lui permet ainsi "d’empiler les avantages offerts par les 'meilleurs' paradis fiscaux de la planète" au point de ne payer aucun impôt, sous certaines conditions, sur les revenus provenant de ses filiales à l'étranger.

Dans certains secteurs, les entreprises bénéficient d'un taux de TVA réduit. D'autres groupes utilisent, eux, un régime très favorable sur l'utilisation des brevets et des marques. Les derniers profitent d'exigences faibles en matière d'endettement ou cumulent carrément plusieurs types d'opérations. Au final, le résultat est le même : chaque multinationale obtient un taux d'imposition effectif très bas, voire nul.

Selon Le Monde, les documents mettent au jour "des montages complexes d’évasion fiscale dans lesquels le Luxembourg n’est qu’un maillon de chaîne, aux côtés de centres financiers offshore plus exotiques".

Dans un entretien au quotidien, le ministre des finances luxembourgeois, Pierre Gramegna, défend le système. Il explique ainsi que "la pratique des tax rulings fait partie du patrimoine" du Grand-Duché et qu’il entend la "perpétuer dans le respect des règles."

Autrement dit, le gouvernement luxembourgeois a délibérément LEGALISE la fraude et entend poursuivre son trafic..

C'est ça l'Europe, une machine de guerre au service des multinationales.
 

D'où viennent les documents ?

Ces 28 000 pages, dont une bonne partie sont consultables en ligne (en anglais), sur le site de l'ICIJ, ont été rédigées et négociées avec les autorités luxembourgeoises par le cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers entre 2002 et 2010, avant de fuiter. PwC affirme que les documents ont été volés et justifie l'aide qu'il apporte à ces entreprises pour réaliser ces opérations en insistant sur leur légalité.

 

QUI A PERMIS CES ACCORDS SECRETS

ORGANISANT LA FRAUDE GENERALISEE

AU DETRIMENT DES ETATS, DE LA FRANCE ENTRE AUTRES

QUI ETAIT CHEF DU GOUVERNEMENT DU LUXEMBOURG ?

"canempechepasnicolas" répond à cette question

 

Le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker devant la presse le 28 juin 2013.

 

Le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker devant la presse le 28 juin 2013. | THIERRY CHARLIER /AFP

 

Membre du gouvernement depuis 1982, Jean-Claude Juncker, 58 ans, était premier ministre depuis 1995. Il a donc côtoyé les présidents François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande.

C'est lui, cette année, en 2014, que chrétien-démocrates et sociaux démocrates choisissent pour présider la nouvelle Commission européenne - le gouvernement de l'Europe - pour les cinq ans qui viennent, avec la bénédiction de François Hollande !

 

C'est bien là l'illustration de l'Europe des multinationales qui organise l'austérité pour les peuples  et la fraude généralisée pour les grands groupes industriels et financiers...

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