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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 12:42
L’initiative populaire peut poser les bases pour cela, si les citoyens et citoyennes prennent les choses en main

Nombreux sont ceux qui, en dehors de toute appartenance politique, ont pris conscience du problème depuis l’acceptation par le ministère de l’Intérieur le 7 janvier 2015 de l’initiative populaire [«Volksbegehren»] optant pour la sortie de l’UE. Ils veulent maintenant – et c’est louable – participer eux-mêmes à la diffusion des arguments en faveur de ce retrait du pays en vue d’une reconquête d’une Autriche libre, indépendante et neutre.

Il s’agit d’un phénomène unique dans l’histoire

Notre petite équipe s’est battue pendant cinq ans pour faire accepter officiellement cette initiative orientée vers l’avenir. En un premier temps, le ministère et la Cour constitutionnelle refusèrent les presque dix mille signatures d’introduction dûment validées. En un deuxième temps (nous dûmes à nouveau récolter dix mille signatures validées par les communes ou des notaires, donc en tout vingt mille signatures) cela ne fut plus possible de refuser. L’initiative populaire, le moyen le plus puissant de la démocratie directe encore aux mains de la population autrichienne, a dû être approuvée par la ministre de l’Intérieur – donc par un membre du gouvernement. Ce même ministère a décidé de fixer la période d’enregistrement publique de l’initiative elle-même entre le 24 juin et le 1er juillet 2015, soit d’un mercredi à l’autre. Pendant huit jours, tous les Autrichiens et les Autrichiennes pourront s’inscrire sur des listes officielles dans leur commune ou mairie, pour exprimer officiellement, par leur signature, leur volonté de quitter l’UE, ceci également le samedi et le dimanche. De nombreux citoyens d’autres Etats ne jouissent pas d’un tel droit, par exemple nos voisins allemands. Au niveau fédéral, cet instrument de l’initiative populaire n’existe pas.

Justification officielle de l’initiative en faveur de la sortie de l’UE (extrait)

En réalité, presque toutes les promesses faites avant l’adhésion à l’UE il y a 20 ans et ayant mené au «oui» à l’adhésion, n’ont pas été tenues. Au lieu de la croissance, nous avons assisté à une détérioration de la situation dans presque tous les domaines, qu’il s’agisse du chômage, du surendettement, du pouvoir d’achat pour la grande majorité de la population, du taux de criminalité, de la disparition continue des petites exploitations agricoles et de la détérioration de l’environnement. Selon l’avis d’une grande partie de la population, les décisions prises au niveau de l’UE sont très souvent dictées par les entreprises internationales de la pharmaceutique, de l’énergie nucléaire et du génie génétique, ainsi que des multinationales agroalimentaires ne laissant aucune chance à un approvisionnement local et régional favorable aux classes moyennes.
La politique de paix est particulièrement mise en danger suite à notre appartenance à l’UE. Cette dernière contredit de plus en plus le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, fondement de la paix et la liberté. La participation aux sanctions économiques contre la Russie est incompatible avec
la neutralité perpétuelle ancrée dans la législation autrichienne. Nous voulons de nouveau vivre dans un pays libre et neutre sans être une «colonie» de Bruxelles et de Washington. Nous ne voulons surtout pas être entraînés dans des conflits à l’étranger qui ne nous regardent en rien et représentent un réel danger pour la paix. Stoppons de telles exigences dès le début, sinon il sera trop tard.
Seul le fait de quitter l’UE, nous permettra d’échapper aux fameux accords transatlantiques de libre échange entre l’UE et les Etats-Unis (TTIP) et le Canada (CETA) ainsi qu’aux paiements annuels dus à l’UE du fait que nous sommes un contributeur net depuis 20 ans. L’Autriche ne récupère qu’une petite part des milliards d’euros annuels, servant à la «promotion» de l’UE. En outre, l’Autriche n’a même pas le «droit» de codécision pour l’utilisation de cet argent. En fin de compte, le fait d’être membre de l’UE est depuis 20 ans une affaire à perte pour l’Autriche pour avoir entraîné la diminution des prestations sociales et des investissements étatiques en faveur de la population.
En cas de sortie de l’UE, il n’est nulle part question d’obligations de paiement, tout au contraire. L’Autriche n’économiserait pas seulement ses paiements annuels en tant que contributeur net mais également les paiements pour les divers «fonds de sauvetage pour l’euro». Les obligations de dépôts à hauteur de milliards pour le Mécanisme européen de stabilité (MES) et les énormes garanties pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF) seraient supprimées. L’Autriche pourrait réintroduire sa propre monnaie et mener une politique monétaire servant tout d’abord son économie nationale.
Le Conseil national a absolument le droit de décider du retrait de l’Autriche de l’UE! En outre, une telle décision doit être soumise à l’aval du peuple par référendum obligatoire afin que celui-ci ait le dernier mot – tant les partisans que les adversaires de l’UE. L’objectif de cette initiative populaire est donc parfaitement démocratique et personne n’a de raisons de s’y soustraire.
Dans l’ensemble, le retrait de la République autrichienne de l’Union européenne évitera davantage de dommage à la population. Celle-ci la ressent comme un instrument centralisé, paralysant, mettant le pays sous tutelle, présentant des aspects toujours plus dictatoriaux, et nullement prometteur. Les petits pays indépendants offrent beaucoup plus de chances pour une économie et une vie respectueuse de la nature et durable qui profitera aux générations futures.

Remis personnellement au ministère de l’Intérieur à Vienne le 17 décembre 2014 (extrait)

Source: WEGWARTE, 25e année, no 2, avril 2015, Mitteilungen der Initiative Heimat & Umwelt (extrait)

Initiative Heimat & Umwelt, 3424 Zeiselmauer, Hagengasse 5, Tel. +43-2242 70?516, ihu@a1.net
Dons: IBAN: AT366000000007483053 –
BIC: OPSKATWW

Retrait de l’Union européenne juridiquement garanti

Le retrait de l’Union européenne est juridiquement garanti suite à un article spécifique du Traité sur l’Union européenne

Art. 50 TUE
§?1: Tout Etat membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.
§?2: L’Etat membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet Etat un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
§?3: Les traités cessent d’être applicables à l’Etat concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l’Etat membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.

Source: www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/swf/carte.swf  

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 15:12

Depuis trente ans nos acquis sociaux disparaissent les uns après les autres.  Depuis trente ans, les intérêts des salariés sont bradés au patronat par les gouvernements successifs avec l’aide et l’accompagnement de Bruxelles.
A chaque fois le pouvoir, quel qu’il soit, et le patronat, ont nommé « réformes » ce qui était en réalité des « contre-réformes » sociales. A chaque fois le « dialogue social » a porté sur des reculs sociaux.


Le gouvernement Valls-Hollande, solidaire de l'UE : Dialogue social, régression sociale et répression
Valls pratique le dialogue social musclé pour obtenir un « nouvel ordre social »
Pour le dialogue social, M. Valls prévient : «  avec tous les moyens que donne la Constitution, nous continuerons sans relâche à réformer"… Il veut une « loi travail » pour réduire l’assurance chômage.  Il s’attaque aux retraites complémentaires, aux comités d’entreprises, aux CHSCT… Conforté par l’appui de l’électorat de, il poursuit sa politique anti-sociale.
Avec le 49-3 ? Manuel Valls ne l’exclut pas.
Pour “défendre les libertés”, Valls et Hollande promeuvent, comme ailleurs en Europe et comme aux Etats-Unis,  une “loi sur le renseignement” qui autorise sans contrôle la surveillance de chaque citoyen.  Et ils laissent les patrons licencier les militants syndicaux et les municipalités de droite tenter de fermer les Bourses du travail.

L’internationalisme, c’est d’abord de développer les luttes des salariés de chaque nation contre l’ennemi commun: le capitalisme mondialisé et son instrument en Europe : l’UE
En Belgique, au Portugal, en Italie, en Espagne et dans d’autres pays européens, des luttes se développent contre l’austérité et des politiques semblables. L’ennemi commun sont les actionnaires, les multinationales et les banques, bref le Capital et ses intérêts financiers.  Et ce sont aussi les gouvernements qui leur obéissent, la commission de Bruxelles et ses institutions.
Et pourtant les salariés, à l’appel de leurs syndicats, se battent quasi uniquement  contre leur propre gouvernement.  En France contre un gouvernement social-libéral, en Espagne et au Portugal contre un gouvernement de droite, en Belgique contre un gouvernement de droite extrême, raciste et xénophobe.  L’UE et l’euro sont rarement désignés comme responsable…  Ces gouvernements ont néanmoins un point commun : ils valident et appliquent tous l’austérité européenne qu’ils ont accepté conjointement au nom de l’euro.

Il faut oser affronter l’Union Européenne
Les Grecs affrontent Bruxelles et ses institutions depuis de longues années. Ils rejettent la politique austéritaire de la Troïka. La commission de Bruxelles soutenue par les chefs d’état européens avec pour tête de file l’Allemagne combat le gouvernement qu’ils se sont donné. En France Valls-Hollande participent à l’élaboration de toutes les décisions européennes austéritaires qu’ils appliquent ensuite.   Qu’ils se soient abstenus ou qu’ils aient voté Front de gauche, la majorité des Français ont rejeté cette politique. Y compris ceux qui ont voté FN sur fond de désespérance sociale et qui ont ainsi voté pour des partisans de la même austérité : les mairies du FN taillent allègrement dans les budgets sociaux au nom de la « crise » …

Les luttes se heurtent aux diktats de Bruxelles et de ses relais nationaux
Contre cette politique la mobilisation des salariés est essentielle.  Mais aussi, la prise de conscience pour les composantes de la gauche radicale que les institutions européennes et leur modèle économique sont mortifères pour les progrès sociaux et pour les droits de la grande majorité.  Vouloir à tout prix rester dans l’Union européenne, c’est se condamner à négocier sans cesse en recul et à désespérer les classes populaires.

Les syndicats, quasiment tous affiliés à la CES – Confédération syndicale européenne qui soutint le traité constitutionnel européen– réclament une “Europe sociale”.  Ainsi le tract intersyndical pour le 1er Mai  réclame “ une construction européenne fondée sur le progrès social, s’appuyant sur le renforcement du dialogue social et des droits sociaux" sans dénoncer ni les traités à l’origine de ces politiques ni l’absence totale de démocratie dans les prises de décisions européennes : les votes souverains des peuples y sont méprisés.

Or les luttes se heurtent aux diktats européens et au dogme de la “concurrence libre et non faussée”. 

C’est le cas des papeteries Chapelle Darblay en Seine-Maritime, propriété d’une multinationale d’Europe du Nord.  C’est à l’Etat d’intervenir, de proposer des solutions ( études de la filière bois et papier, recyclage…) et d’empêcher que l’importation remplace les productions nationales. Les nationalisations permettraient de faire obstacle à la fuite des productions, des emplois industriels et empêcher la spéculation financière et bancaire. 

C’est le cas de la SNCF qui envisage, en Normandie et dans toute la France, au nom de la rentabilité, de supprimer des dizaines de trains essentiels pour les usagers, notamment les salariés.  Sauver les services publics impliquerait de renationaliser tous les services publics livrés au privé et bradés au nom de la rentabilité : SNCF, Hôpitaux, assurances santé, énergie, eau …

Si nous voulons vraiment avancer dans cette voie, cela  implique une bataille féroce contre l'Union européenne, une bataille que l'Union européenne ne peut accepter de perdre.  Il est donc nécessaire d'en sortir.

Les salariés, la classe ouvrière ne croient plus à l’Europe sociale.
Envisageons donc ensemble qu’il est possible de sortir de l’euro et de l’Union Européenne.  L’austérité en Grèce est plus violente que le serait la sortie de l’euro.  En France le maintien de l’euro à tout prix, la politique austéritaire et l’absence de contrôle de notre monnaie, des importations, des investissement et des ventes d’entreprises industrielles sont dévastatrices pour l’emploi et les salaires. Soyons donc prêts à une sortie de l’euro.  Ne disons pas : c’est impossible. C’est parce que la majorité des partis politiques de la gauche radicale, notamment le Front de gauche, mais aussi les syndicats ( adhérents tous de la très européenne CES) n’envisagent pas cette rupture que l'UE et les gouvernements européens soutien de Bruxelles  se sentent forts et utilisent tous les moyens contre les salariés et les peuples.

Il faut en finir avec la dictature de l’Union européenne.
Osons la confrontation et disons le haut et fort dans les assemblées d’élus, dans les partis politiques, dans les syndicats : nous sommes prêts à nous battre contre l’Union européenne et à la quitter pour construire une autre société.
Vouloir à tout prix s’accrocher à cette Union européenne, c’est se condamner aux reculs sociaux sans fin, à la disparition de nos services publics et au contrôle sans limite de nos productions, de notre économie par le capitalisme mondialisé.
Ayons pour objectif de reconquérir notre souveraineté contre l’Union européenne.   Exigeons, avec les Belges, avec les Grecs, les Espagnols, les Portugais … que nos gouvernements fassent passer les droits et exigences de leurs propres peuples avant les décisions bruxelloises.
C’est de cette perspective politique qu’ont besoin les salariés pour se battre.  Pour faire grève, pour se mobiliser, il faut une perspective politique, il faut espérer gagner.

C’est pour cela qu’Action communiste appelle à participer le 30 Mai 2015, à Paris, à la manifestation pour le 10ème anniversaire du NON au traité constitutionnel pour réclamer la sortie de l’euro, de l’UE et de l’OTAN pour construire, si le peuple français en décide ainsi, et en solidarité avec les autres peuples européens, une société débarrassée des diktats du capitalisme et de l’impérialisme.
Avec pour objectif de construire un front populaire, patriotique et antifasciste, pour la reconquête de la souveraineté nationale.

 

Action Communiste
 

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 22:32

Vu sur le site PCF-Bassin d'Arcachon

En 1978 la fédération de la Gironde du PCF réalise un film pour témoigner de ses inquiétudes face à l'élargissement du marché commun. Les élections européennes auront lieu en 1979, et déjà les usines ferment: Lanaverre, les verreries de Bègles qui sont en proie à la concurrence. Nous sommes en plein démantèlement de la sidérurgie lorraine, de la vassalisation culturelle par le modèle américain. Le PCF met déjà en garde le fait que les partis sociaux démocrates acceptent la logique libérale. 
On retrouve dans ce film beaucoup de militants. 

Lacrois Francis

 

Commentaire de B.T : Les raisons qui avaient conduit à l'époque le PCF à ses positionnements sont toujours d'actualité. 55% de NON au TCE en 2005. La question se pose, n'avons-nous pas, nous aussi trahi le peuple ? Non Pierre Laurent : « L’Europe est un atout pour Syriza, pas un obstacle », Non Pierre, le risque est immense pour que cela soit sa tombe. Tu n'aurais jamais dû t'avancer avec de tels propos, tellement le risque d'être brutalement démenti par les faits était grand

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 22:13
Barroso, Juncker, l’Europe et Vichy
21 avril 2015

Par

Le divorce entre l’élite politique et la population que l’on constate à chaque élection est un fait massif depuis ces dernières années. Il se révèle dans le taux d’abstention, qui a considérablement progressé et ce pour l’ensemble des élections depuis les années 1980. Ce divorce alimente un procès en « populisme » contre des forces, de gauche comme de droite, qui conteste l’offre politique aujourd’hui rejeté par environ un tiers à la moitié des électeurs français. Pourtant, on peut penser que si tant le parti ex-gaulliste que le parti dit socialiste exprimait de véritables alternatives, ce taux d’abstention ne serait pas aussi élevé. Ce divorce trouve son fondement dans le délitement de la souveraineté nationale qui est ressenti par la population. Les Français ont le sentiment, de plus en plus justifié, que leur gouvernement, qu’il soit de l’UMP ou du PS, écoute bien plus ce qui se dit à Bruxelles que ce que veulent les électeurs.

Ce délitement marche de concert avec le délitement de la démocratie. Certes, des élections se tiennent régulièrement en France. Mais, ont elles encore un pouvoir de changer la politique, voire de changer l’élite dirigeante ? On peut en douter. Par ailleurs, les choix des électeurs ont été bafoués de manière ouverte et explicite lors du référendum sur le projet de traité constitutionnel de 2005. De là date la crise ouverte de la démocratie en France. Les suites de ce référendum constituent un événement marquant, l’équivalent d’un acte fondateur, qui nous a fait entrer dans une nouvelle époque. Cela en dit long sur la notion de la démocratie qui est professée par les principaux responsables européens, et en particulier de M. Jean-Claude Juncker (un multirécidiviste sur ce point qui avait déclaré à la suite de cette élection du 25 janvier « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »[1]) ou M. Moscovici. Ajoutons que les récentes déclarations de M. Schäuble[2] vont parfaitement dans ce sens. On mesure que le mot « démocratie » n’est qu’un slogan sans contenu pour les dirigeants de l’Union européenne.

Il convient alors d’analyser ce discours anti-démocratique, et ses fondements économiques pour tenter de trouver une solution à la crise de la démocratie que l’on observe en France. Au-delà, ce divorce entre le peuple et les élites peut avoir comme solution la séparation radicale entre le peuple et une certaine élite. Après tout, Thomas Bottomore n’écrivait-il pas[3], il y a de cela près de cinquante ans, que l’histoire est un cimetière d’élites ?

 

[ ... ] Lire la suite sur "Russeurope"

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 08:22
Dans La Tribune

Crise grecque Le premier ministre grec Alexis Tsipras tente de trouver des ressources.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras tente de trouver des ressources. (Crédits : Reuters)

Romaric Godin  | 

Athènes oblige désormais les entités publiques à mettre leurs liquidités à disposition de l'Etat. Les besoins de liquidité de ce dernier sont jugées "urgents" et "imprévus".

Le gouvernement grec a, ce lundi 20 avril dans l'après-midi, pris une nouvelle décision d'urgence. Un décret présidentiel a ainsi réquisitionné les réserves de liquidités de toutes les entités publiques qui devront désormais être déposées auprès de la Banque centrale. La mesure reste cependant limitée, selon Reuters, puisque quelques entreprises publiques et les fonds de retraites ne sont pas concernés. Cette décision est justifiée par le décret par des "besoins urgents et imprévus". La situation des comptes de l'Etat grec pourrait donc s'être à nouveau brutalement dégradée après le paiement de près de 500 millions d'euros au FMI le 9 avril dernier.

Prochaines échéances

La Grèce doit en effet faire face à plusieurs échéances importantes le mois prochain. Outre 2 milliards d'euros de salaires et de pensions, il doit, le 12 mai prochain, rembourser 774,2 millions d'euros au FMI. En mars, le gouvernement avait déjà mobilisé les fonds de réserve de la sécurité sociale, mais, avec la fuite des capitaux, les recettes fiscales fondent rapidement et les besoins de financement augmentent vite. Athènes doit donc mobiliser l'ensemble des fonds disponibles pour faire face à ces prochaines échéances.

Signal aux créanciers

Mais ce décret est aussi un signal envoyé aux créanciers. Alors que, désormais, un accord doit être trouvé entre la Grèce et ces derniers avant le 11 mai prochain, Athènes fait savoir très clairement qu'elle atteint les limites de ses capacités. Autrement dit, si aucun accord n'est trouvé et qu'une partie des 7,2 milliards d'euros restant dans le FESF pour la Grèce n'est pas versée, le défaut deviendra inévitable, peut-être dès le 12 mai.

Mesure de précaution

Du reste, il est possible que cette décision soit également une mesure de précaution. Le décret pris ce 20 avril permet de centraliser le contrôle des euros détenus par l'ensemble des entités publiques. C'est une mesure d'urgence qui peut s'avérer utile en cas de défaut ou en cas de sortie de la zone euro. Il s'agit alors d'éviter que des collectivités locales ou d'autres entités publiques refusent de placer leurs devises à disposition de l'Etat. Là aussi, le message s'adresse aux créanciers : la Grèce se prépare au pire.

Message en interne

Enfin, le message est également envoyé en interne à la population grecque. Il s'agit de montrer combien le pays fait d'efforts pour honorer ses engagements. Mais il s'agit aussi, à l'occasion, de montrer les extrémités auxquelles le pays est contraint suite à la stratégie des Européens. Si le conflit s'amplifie, le gouvernement pourra mettre en avant l'aspect insoutenable à long terme de ces mesures. Et ainsi appeler à la rupture...

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:16

Michel El Diablo

Tension sur les FINANCES GRECQUES, et lancement d’une « commission de vérité sur la dette »
Tension sur les FINANCES GRECQUES, et lancement d’une « commission de vérité sur la dette »

Le 

« Le temps est désormais compté » pour trouver un accord entre Athènes et ses créanciers de l’ex-Troïka. C’est l’avertissement qu’a lancé en début de semaine le Commissaire européen chargé de l’euro, Valdis Dombrovskis.

Les discussions entre l’eurogroupe (ministres des pays de la zone euro) et le gouvernement grec issu des élections de janvier ont connu divers rebondissements. Un accord de principe avait été trouvé le 20 février dernier, permettant de « prolonger » le renflouement de la Grèce jusqu’à juin, mais conditionnant le versement d’une dernière tranche de prêts (plus de 7 milliards d’euros) à la présentation par le ministre grec des finances d’un plan de « réformes ».

Le 1er avril, Athènes avait soumis un tel plan, dévoilé par le quotidien britannique Financial Times (nos informations). Mais, manifestement, pour Bruxelles, cela ne suffit pas.

Or la situation du Trésor grec est particulièrement tendue. Il a remboursé la semaine dernière une échéance de 450 millions d’euros due au FMI, mais doit encore débourser 2,5 milliards cette semaine pour renouveler un paquet d’obligations venant à maturité. Dans les quatre prochains mois, les échéances de remboursement cumulées s’élèvent à 16 milliards. Pour M. Dombrovskis, une telle situation devrait « pousser le gouvernement hellène à accélérer les discussions » avec ses « partenaires » européens.

Parallèlement, une « commission de vérité sur la dette » a été instituée par le parlement grec. Celle-ci, composée d’experts internationaux, aura pour mission d’examiner tout à la fois la légalité et la légitimité de ladite dette. Le spécialiste de sciences politiques belge Eric Toussaint coordonnera l’équipe scientifique. Ce dernier a annoncé qu’un premier rapport serait rendu d’ici la fin juin – une échéance décisive dans les rapports entre Athènes et ses créanciers. L’étude portera sur l’endettement accumulé depuis 2009, avant d’être étendue aux périodes antérieures.

Selon M. Toussaint, il faudra notamment de déterminer dans quelles conditions « l’on est passé d’une dette publique détenue à 80 % par des créanciers privés, en particuliers des banques de la zone euro et du Royaume-Uni, à une dette détenue à 80 % par des créanciers publics ou parapublics ». En outre, la restructuration de la dette de 2012 a réduit les créances – mais pas celles de la Banque centrale européenne (BCE). Ce privilège était-il légal ? Sinon, la BCE n’est peut-être pas fondée à réclamer aujourd’hui l’intégralité de ses prêts.

Mais c’est surtout la légitimité des crédits qui sera examinée par les experts. « Il s’agira d’établir si les crédits ont été accordés en respectant l’intérêt général, ou en favorisant des intérêts particuliers et si oui, de trouver lesquels », a précisé M. Toussaint. Les chercheurs tenteront de déterminer si les conditions imposées à la Grèce ont conduit à ce que soient violés les droits fondamentaux des citoyens, en plongeant des milliers d’entre eux dans la pauvreté absolue.

Les conclusions des travaux de la commission pourraient mettre les dirigeants de l’eurogroupe en difficulté. Cependant, d’ici juin, les événements pourraient s’accélérer. Et même si cela reste une hypothèse très peu probable, certains gouvernements (le finlandais, et, hors euro, le britannique) ont reconnu travailler à des plans d’urgence dans le cas d’une sortie impromptue de la Grèce hors de la monnaie unique, provoquée par un remboursement non effectué (« défaut »).

Ainsi, une source anonyme au sein du gouvernement grec confiait mardi (14 avril) au Financial Times en perspective de la réunion du 24 avril : «nous arrivons au bout du chemin ; si les Européens ne veulent toujours pas débloquer la dernière tranche de prêts, il n’y aura pas d’alternative au défaut de paiement ».

SOURCE: Allez sur le site de

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:15
La Grèce face à l’hybris européen
18 avril 2015

Par

La question d’un possible défaut de la Grèce dans les jours, voire les semaines, qui viennent est désormais régulièrement posée. Mais, cette question est parfois confondue avec celle des liquidités internes. Or cette question est aujourd’hui le principal instrument utilisé par l’Eurogroupe pour étrangler la Grèce et tenter d’imposer des politiques qui ont été rejetées par les électeurs le 25 janvier. Rien que cela en dit long sur la notion de la démocratie des principaux responsables européens, et en particulier de M. Jean-Claude Juncker (un multirécidiviste sur ce point qui avait déclaré à la suite de cette élection du 25 janvier « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »[1]) ou M. Moscovici. Ajoutons que les récentes déclarations de M. Schäuble[2] vont parfaitement dans ce sens. On mesure que le mot « démocratie » n’est qu’un slogan sans contenu pour les dirigeants de l’Union européenne.

La question des remboursements

La Grèce doit de l’argent au FMI, à la BCE ainsi qu’aux différents fonds d’aides (MES et FESF). Les échéanciers des remboursements jusqu’au 19 juin sont les suivants :

Graphique 1

Echéanciers des remboursements

A - chart Detts

On constate qu’a part de petits remboursements à la BCE, l’essentiel, du moins jusqu’au 19 juin, sera les remboursements aux FMI (2,54 milliards d’euros). Or, le Fond Monétaire International s’est distingué pour l’instant par une attitude bien plus « souple » que celle de la BCE ou de l’Eurogroupe qui supervise les paiements à faire pour le MES et le FESF. Il n’est donc pas exclu que l’on trouve un arrangement sur ces 2,54 milliards d’Euros. Mais, un tel arrangement ne peut être que provisoire. La Grèce devra rembourser, entre le principal et les intérêts, environ 7 milliards aux diverses institutions européennes entre la fin du mois de juin et le début du mois de juillet. Le gouvernement Grec a dit, à de nombreuses reprises, qu’il ne ferait pas ces paiements car ces derniers prélèveraient l’ensemble des sommes (et au-delà) sur le (petit) excédent fiscal primaire qu’il réalise et qu’il souhaite affecter tant à des mesures de soutien à la population qu’a des mesures de relance de l’activité économique. On sait aussi que l’Eurogroupe, pour l’instant, refuse cette solution. L’Eurogroupe refuse de même de négocier sur la dette, et cherche à imposer des réformes qui, outre qu’elles sont à tout plein inutiles[3], sont refusées par le gouvernement grec et surtout pas ses électeurs. Nous sommes donc dans une impasse.

Il s’en déduit qu’un défaut de la Grèce peut survenir dans les semaines qui viennent, mais surviendra de toute manière entre la fin juin et le début du mois de juillet. Sauf si, d’un côté ou de l’autre, un changement de position survient.

La crise de liquidité

Pour chercher à faire céder la Grèce, et imposer une politique dont les électeurs grecs clairement ne veulent pas, l’Eurogroupe institue un rationnement dans l’offre de liquidité à l’économie grecque. La Banque Centrale Européenne a « déconseillé » aux banques grecques d’acheter des bons du trésor, elle a exclu de fait la Grèce du mécanisme d’aide d’urgence à la liquidité (ou ELA), et relève très lentement le plafond de ses offres de liquidités. Un auteur de la revue américaine Foreign Policy, qui ne peut être considérée comme d’extrême-gauche, va jusqu’à parler des « dirty tricks » soit des « sales magouilles » de la Commission de Bruxelles vis à vis de la Grèce[4]. Cette situation, couplée avec les retraits des banques grecques et les sorties de capitaux qui ont atteint un niveau très élevé en mars dernier confronte le pays avec le risque que son économie, affaiblie par les mesures d’austérité mises en place par le « protectorat » européen, ne s’effondre rapidement. C’est un autre problème que celui du défaut. Là où ces deux problèmes deviennent liés est que si la Grèce fait défaut sur ses remboursements extérieurs, la BCE ne pourra plus légalement financer les banques grecques. Le défaut provoquera la crise de liquidité.

Une solution pourrait consister en l’émission par le gouvernement grec de dettes au porteur, avec un pouvoir libératoire absolu, pouvant être utilisées par les individus et les entreprises comme une monnaie. Mais, il est clair qu’une telle mesure équivaudrait à la création d’une monnaie parallèle à l’Euro, monnaie qui se substituerait à l’Euro très rapidement dans les transactions. Un taux de change implicite se constituerait très rapidement, une reconnaissance de dette ne donnant accès qu’à 98%, puis 95% puis sans doute encore moins de sa valeur faciale en euros. De fait, la Grèce serait hors de la zone Euro, et elle devrait rapidement régler la question des comptes courants et à terme dans les banques et déterminer une circulation cette fois-ci scripturale et pas seulement fiduciaire de ces « titres de dette ».

L’idée d’une monnaie parallèle permettant à la Grèce de rester dans la zone Euro est une illusion. L’histoire, qui est remplie de cas ou des pays ont utilisé des monnaies en parallèle sur leur territoire nous apprend que ces systèmes sont hautement instables. Une monnaie parallèle, quel que soit son nom, reviendrait en fait à recréer la drachme. Mais, c’est en réalité la meilleure solution pour la Grèce dans la situation politique actuelle.

Le problème politique.

Le gouvernement grec a construit sa stratégie sur le fait que l’Eurogroupe aurait bien plus à perdre que la Grèce à une crise. En cas de défaut grec, les gouvernement de la zone Euro devraient expliquer à leurs populations qu’il faut recapitaliser d’urgence la BCE et couvrir les pertes du MES et du FESF. Par ailleurs, un défaut grec entrainerait l’activation des CDS (credit-defaut swaps) qui ont été émis. Enfin, psychologiquement, cette crise signifierait à tous les observateurs que l’Euro n’est pas irréversible mais aussi que les pays du « noyau » de la zone Euro ne sont pas prêts à assumer les conséquences du fonctionnement de la zone Euro. Il ne faudrait que quelques semaines pour que la crise se répercute dans les pays périphériques (Espagne, Portugal, Irlande et Italie). De proche en proche, on aboutirait à l’implosion de la zone Euro. C’est pourquoi le gouvernement grec ne veut pas céder. Ajoutons, et tout le monde le comprend, que s’il cède il perd immédiatement toute sa crédibilité et sa légitimité, et que Syriza, un parti passé en quelques années de 4% à 36% des sondages, serait condamné à disparaître.

Mais, là où le gouvernement grec erre, c’est qu’il pense que les décisions au niveau de l’Eurogroupe seront prises sur la base d’intérêts économiques. En fait, les gouvernements des pays de la zone Euro ont investi énormément dans la dimension politique et symbolique. L’Euro, comme le dit depuis des années le philosophe italien Diego Fusaro n’est pas une monnaie, c’est un projet politique et symbolique. Et, ce projet ne peut s’accommoder d’un compromis avec la Grèce. Car, en cas de compromis, validant la stratégie de Tsipras et de Syriza, c’est toute la politique d’austérité qui volerait en éclat (avec un encouragement très fort à Podemos en Espagne et au Sinn Fein en Irlande), non seulement au grand dam de l’Allemagne (et de ces alliés) mais aussi des hommes politiques qui, dans d’autres pays, ont construit leur carrière sur ce projet (comme François Hollande).

C’est pourquoi un compromis est en réalité une illusion. Il n’y a pas d’alternative à l’Eurogroupe que d’écraser ou périr. Il n’y a pas d’alternative pour le gouvernement grec que d’aller à l’affrontement ou périr.

L’impasse et la rupture

En fait, aucun des deux adversaires, que ce soit le gouvernement grec ou l’Eurogroupe, n’a de marge de négociation. Cette situation a été voulue par le Ministre des finances grec, Yannis Varoufakis, qui connaît bien la théorie des jeux, et qui a retourné la faiblesse apparente de son pays pour en faire une force. C’est ce que l’on appelle la « coercive deficiency ». Mais, la théorie des jeux ne fonctionne que face à un adversaire rationnel. Or, cela fait des années que les responsables européens sont sortis de tout cadre rationnel et ne sont plus guidés que par l’idéologie mais aussi l’hybris du projet européiste. Ce terme peut être traduit par la démesure. Mais en réalité cela va bien plus loin. C’est un sentiment violent qui est inspiré par les passions, comme dans le cas européen, et plus particulièrement par l’orgueil, et en particulier par l’orgueil politique. Pour les Grecs anciens l’hybris était considérée comme un crime.

La stratégie de Varoufakis se heurte à l’hybris. C’est une figure qu’il doit bien connaître. Il sait, aussi, que face à elle, seule la rupture est possible.

[1] Naulot J-C., « Le défi Tsipras », Libération, 14/04/2015, http://www.liberation.fr/monde/2015/04/14/le-defi-tsipras_1241076

[2] http://www.lesechos.fr/monde/europe/02114542169-passe-darmes-entre-sapin-et-schauble-sur-la-france-1112348.php

[3] En particulier la « réforme » du marché du travail. Voir le World Economic Outlook d’avril 2015, publié par le FMI, et le Chapitre 3, rédigé par Patrick Blagrave, Mai Dao, Davide, Furceri (responsable du groupe), Roberto Garcia-Saltos, Sinem Kilic Celik, Annika Schnücker, Juan Ypez Albornoz, and Fan Zhang, avec l’assistance technique de Rachel Szymanski, disponible à partir du 16 avril sur www.imf.org

[4] Legrain P., « Greece Needs to Start Playing Hardball With Germany », Foreign Policy, 10 avril 2014, http://foreignpolicy.com/2015/04/10/greece-needs-to-start-playing-hardball-with-germany/

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 04:02

Publié par Michel El Diablo

Pour Macron, « nous avons tous besoin de plus d’Europe » [RUPTURES]

« Nous avons tous besoin de davantage d’Europe pour sortir de la crise ». Une telle originalité dans la réflexion, une telle fulgurance créative dans la pensée ne pouvait être le fait que d’un esprit particulièrement brillant, en avance sur ses contemporains attardés. On ne s’étonnera donc pas que la sentence ait été prononcée par le ministre français de l’Economie, le prometteur Emmanuel Macron.

L’ancien banquier discourait ainsi en Allemagne – et en anglais – devant les étudiants d’une institution de Sciences politiques, dans la foulée du Conseil franco-allemand qui s’est déroulé la semaine dernière (notre information). Plaidant pour une « Europe à deux vitesses », M. Macron a appelé de ses vœux « un renforcement de la zone euro avec de nouveaux outils, comme un budget et une assurance chômage coordonnée ». On ne sait pas vraiment ce que signifierait concrètement une « assurance chômage coordonnée ». En revanche, un budget commun à la zone euro marquerait l’entrée de plain-pied dans une architecture fédérale, où les différents Etats membres de la zone abdiqueraient de fil en aiguille toute velléité de maîtriser encore tant soit peu leurs propres finances publiques.

Par petites touches, des responsables européens recommencent d’ailleurs à suggérer que la sortie de crise ne peut passer que par des pas supplémentaires en matière d’intégration économico-politique. Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, manque rarement une occasion en ce sens. Le Conseil européen de juin pourrait se pencher à nouveau sur ce dossier.

Et s’il y avait encore un doute à cet égard, le ministre français a suggéré la création de nouvelles institutions « indépendantes » à qui les gouvernements nationaux transféreraient leurs pouvoirs, une méthode plus radicale et plus efficace selon lui que le renforcement de règles communes. Il est vrai que la France manquera en 2015 et 2016, comme en 2014, l’objectif de déficits limités à 3% imposé par la Commission européenne. Cette dernière avait proposé en février – et le Conseil européen a accepté – qu’en échange de son ultime indulgence, Paris accélère les « réformes structurelles ». La loi Macron, précisément, est un « premier pas dans la bonne direction », mais qui appelle d’autres mesures plus substantielles a par exemple rappelé Jean-Claude Juncker, le président de la Commission.

Aussitôt exigé, aussitôt accepté. Ladite loi Macron n’est pas encore acceptée que se profile déjà une loi « Macron II ». En ligne de mire (entre autres) : la « flexibilisation » du contrat de travail, avec par exemple la généralisation des « contrats de chantier ».

Flexibilité, précarité, austérité… Des menaces contre lesquelles la journée de grève et de manifestations, le 9 avril, doit légitimement mobiliser des centaines de milliers de salariés. Pourtant, dans leur appel commun, les organisations appelantes – CGT, FO, Solidaires, FSU – ne font quelque allusion que ce soit à l’Europe . Cherchez l’erreur…

Article publié par RUPTURES le 7 avril 2015

SOURCE:

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 21:32
10ème anniversaire du "NON" au Traité constitutionnel européen : Manifestation à l'appel des militants des Assises du communisme
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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 15:03
Leçons de Grèce à l’usage d’un internationalisme imaginaire (et en vue d’un internationalisme réel)
par Frédéric Lordon

Rendez vous sur le site du Comité Valmy pour écouter la vidéo.

vendredi 10 avril 2015, par Comité Valmy

 

Leçons de Grèce à l’usage d’un internationalisme imaginaire (et en vue d’un internationalisme réel)

 

Le texte qui suit est une version à peine modifiée de l’intervention au débat organisé par le collectif Penser l’émancipation [1] à l’EHESS, le 2 avril, sur le thème « L’Etat, le capital, l’internationalisme. Leçons de Grèce », en présence de Panagiotis Sotiris, dirigeant d’Antarsya.

Cher Panagiotis, si tu n’étais pas déjà parfaitement au courant de ce qui se passe dans la vie politique française, tu pourrais, tel un Montesquieu contemporain, rentrer chez toi et écrire de nouvelles Lettres Persanes – ou tout simplement des Lettres Hellènes. Tu y raconterais une étrange contrée, la France, où, pour une large part de la gauche se disant radicale, vouloir sortir de l’euro c’est être un fasciste en puissance, réaffirmer le principe de souveraineté démocratique contre les institutions européennes qui nous en infligent le dernier degré de dépossession, c’est être le fourrier du Front National.

Misère du posturalisme

Tu témoignerais ainsi de l’apparition d’un nouveau courant de la gauche radicale, ou de la pensée internationaliste – laquelle, Dieu merci, ne s’y épuise pas – qu’on pourrait nommer le posturalisme. Comme son nom l’indique, le posturalisme a pour unique ressort la recherche des postures – avantageuses il va sans dire, et si possible bon marché, car le posturalisme est aussi régi par un robuste principe d’économie, et cherche la maximisation des bénéfices symboliques par la minimisation de l’effort intellectuel. Il s’ensuit que, de même que l’existentialisme était un humanisme, le posturalisme est un illettrisme – il ne sait pas lire : on peut lui mettre sous le nez autant qu’on veut des textes, des arguments, des mises au point, ça ne passe pas la barrière de la posture. Pour le coup no pasaran ! Mais ce ne sont pas les fascistes qui ne passent pas – avec de pareils opposants, ceux-là ont les meilleures chances de passer, et comme dans du beurre. Non, ce qui ne passe pas, c’est la moindre intelligence dialectique, et le moindre effort d’échapper à une désolante stéréotypie. En tout cas, mon cher Panagiotis, sache-le : tu es un fasciste. Tu veux la restauration de la souveraineté populaire ; constatant son impossibilité dans l’Union européenne, tu veux la sortie de l’euro : tu es un fasciste – je suis bien désolé, mais ici, en ce moment, c’est comme ça.

Evidemment, le problème épineux que tu poses à tous ces gens-là [2], c’est que tu n’es pas un fasciste… Tu plaides pour la souveraineté populaire grecque, tu parles de la sortie de l’euro, mais tu n’es pas un fasciste. Je peux maintenant t’avouer la raison un peu honteuse pour laquelle je suis vraiment content d’avoir ce débat ici avec toi : tu vas me servir de bouclier humain. Car il ferait beau voir que les pitres posturalistes viennent te dire à toi, toi qui arrives d’un pays en état de persécution économique, d’un pays humilié et mis en situation de crise humanitaire par notre belle Europe, que parce que tu veux en finir avec cela, parce que tu n’as pas la patience d’attendre qu’un autre euro soit possible, que l’Union européenne devienne progressiste et que les autres peuples européens enfin soulevés entrent dans les institutions bruxelloises, bref parce que tu n’as pas le goût d’attendre l’été à Noël, tu es un fasciste. Vraiment je voudrais les voir ces gens-là, ces professionnels du pharisaïsme, venir te dire en te regardant dans les yeux que vous êtes des fascistes, toi, Kouvelakis, Lapavitsas et tant d’autres.

Lire aussi Pierre Rimbert, «  Dr Folamour à Athènes », Le Monde diplomatique, avril 2015, en kiosques.

Tu mesures ici le degré de dégradation du débat intellectuel à gauche en France où, pour contrer ce torrent de bêtise, et parfois d’ignominie, qui renvoie spontanément au fascisme toute évocation de souveraineté populaire, toute perspective de se soustraire à la construction européenne qui la fait périr, pour contrer tout cela donc, il n’y a plus que le recours à des boucliers humains… Faute que toute argumentation rationnelle soit permise, il ne reste plus que la solution de présenter des personnes. Des personnes dont il est une évidence incontestable qu’elles sont au dessus de tout soupçon. Autant te le dire, je ne me résous à ce procédé que la mort dans l’âme, avec vergogne, et accablement. Mais c’est qu’on ne sait plus quoi faire pour tirer cette partie-là de la gauche de son sommeil dogmatique, lui faire voir enfin ce qu’elle refuse de voir depuis tant d’années, et qu’il devrait maintenant lui être impossible de ne pas voir à la lumière des deux premiers mois de Syriza : non, un autre euro n’est pas possible. Si bien que les termes de l’alternative sont posés avec une rude clarté : ou bien sortir, pour enfin tenter de faire autre chose, prendre le risque d’essayer, car essayer, c’est cela le propre de la souveraineté démocratique ; ou bien continuer de crever à petit feu mais d’une mort en fait porteuse des pires renaissances qui soient : les renaissances fascistes, mais les vraies !, pas celles dont accusent les posturalistes pour mieux mettre en scène leur propre vertu – et c’est peu dire qu’en Grèce ces renaissances-là vous concernent de très près.

On se demande alors par quel comble de cécité dogmatique on pourrait vous faire le reproche de tout essayer – oui, unilatéralement, c’est-à-dire nationalement ! – pour vous soustraire à cette perspective mortifère. Et il faut vraiment avoir l’internationalisme sens dessus dessous pour s’acharner à préserver le fétiche d’une monnaie européenne au prix de la mort de toute possibilité de démocratie – on notera au passage cette cruelle ironie qu’une fraction d’un internationalisme se disant de gauche se voue désormais à la cause d’une monnaie… On savait que les passions aveugles pouvaient être au principe d’investissements aberrants, mais tout de même pas à ce point.

[...]

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