Le ministère du Travail a communiqué les chiffres mensuels du chômage. Ils révèlent une hausse de 1,4% de demandeurs d’emploi de catégorie A, par rapport au mois de juillet, toutes classes d’âges confondue.
En réalité, plus de 6 millions de chômeurs !
La catégorie A progresse de 1% sur trois mois (+36500 personnes) ( 2,2% pour les moins de 25 ans).
Mais si l'on prend les vrais chiffres du chômage en prenant le total des catégories A, B, C, on approche des 6 millions de chômeurs en France, soit près de 10% de la population totale. Encore ne tient-on pas compte des radiés et de ceux qui cessent de s'inscrire.
En Normandie, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A a augmenté de 0,6% en un mois. Toutes catégories confondues, les chômeurs sont 289 310, fin août 2016. Les chiffres sont ainsi en hausse dans tous les départements : +0,9% dans le Calvados, +0,7% dans l’Eure, +0,3% dans la Manche, +1,5% dans l’Orne et +0,4% en Seine-Maritime. Le nombre de demandeurs d’emploi toutes catégories augmente aussi sur ces trois derniers mois : +2,2% dans le Calvados, +2,3% dans l’Eure, +1,5% dans la Manche, +2,4% dans l’Orne et +1,9% en Seine-Maritime. ( Source Normandie-actu). Une fois de plus, il est fort à craindre que ce soient les emplois industriels qui soient les plus sévèrement touchés. Mais la Fonction publique n'est pas à l'abri. Les réductions de subventions et donc de dépenses dans les collectivités territoriales, ou dans les hôpitaux, ont des conséquences sur la réduction des effectifs. Et la logique se poursuit dans les banques, les services. Et comme davantage de chômages, de précarité, de gel des salaires entraîne moins de confiance, moins de consommation, moins de construction de logements … c'est la spirale du chômage.Chaque destruction d'emploi, dans le public comme dans le privé, crée un chômeur ou une chômeuse de plus. Car si beaucoup de suppressions d'emplois – par souci de paix sociale - sont des départs à la retraite anticipé ou des départs volontaires, ce sont effectivement des emplois en moins pour les jeunes ou les privés d'emploi qui cherchent à travailler.
Plus de 3 millions de salariés précaires
De plus la précarité ne cesse de croître ! On compte aujourd'hui plus de 3 millions de salariés précaires à quoi il faudrait ajouter une grande partie des travailleurs indépendants ( 3 millions de travailleurs indépendants ), contraints de se déclarer comme tels sous la pression des employeurs qui ne sont ainsi plus soumis aux obligations liés à l'emploi d'un salarié (pas de reconnaissance du droit syndical, cotisations sociales transférées alors au travailleur « indépendant »...). Ce statut est souvent utilisé abusivement – et illégalement - par les employeurs qui emploient ces indépendants comme des salariés.
Quand sortirons-nous de ces politiques d'austérité imposées par l'UE ? Quand la France reprendra-t-elle son indépendance pour construire une politique industrielle - y compris celle de nationalisations nécessaires dans les secteurs vitaux, énergie, transports ...- au lieu de se soumettre à la concurrence libre et (non)faussée du moins disant social, fiscal et environnemental voulue par l'UE ? Quand la question du temps de travail sera-t-elle discutée alors que le numérique et les nouvelles technologies bouleversent dès maintenant le travail et les conditions d'exercice de celui-ci ?
Y.Genestal